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Zulu
...
-Oh !
-Du coup...
Au final, je sais pas trop où j'en suis.
Alors, vous en pensez quoi ? -Raphaëlle,
je suis pas
psychanalyste. -Je connais pas de psy.
Et vous me connaissez depuis que je suis toute petite.
-Tu devrais peut-être changer d'air.
-Comment ça ?
-Te faire des nouveaux copains...
-Ils sont nases, vos conseils, doc. -Je suis pédiatre, en même temps.
-Je dois retrouver une amie qui n'aime pas quand on est en retard.
Vous ne voulez pas manger, Astrid ? -Je ne mange pas dans un parc.
-Regardez
dans votre sac.
-Il y a une erreur.
-Comment ça ? -Il y a un "fortune cookie".
-Et alors ?
-C'est chinois et vous avez acheté ça dans un restaurant japonais.
-Vous voulez pas l'ouvrir ?
-Ah...
Ca fait des miettes.
"Vous allez voyager et rencontrer de nouvelles personnes."
Je n'ai pas l'intention de rencontrer de nouvelles personnes.
-Ils se sont tous passé le mot. -Pourquoi dites-vous cela ?
Téléphone. -Pour rien.
Oui, Fournier ?
On arrive tout de suite.
-Tu veux connaître ton avenir ? -L'avenir, ça va, ça vient...
-Tu travailles avec les morts. -Ca sent le formol, c'est ça ?
-Je vois de nouveaux visages et un sac-poubelle aussi.
-Merci, mais il faut que j'y aille.
Mes morts m'attendent.
Sirène.
Oui, Antoine.
Oui.
Où ça ?!
Dans un sac-poubelle ?!
-Il est où, le corps ?
-Là. -Je suis pas d'humeur.
-Le corps est dans le pot.
-On enquête sur la mort par noyade d'une personne
d'une personne de petite taille dans un bo...
C'est quoi, ce bordel ?
-C'est un globe oculaire dans un bocal.
-Voilà !
-Comment ce globe oculaire s'est retrouvé dans ce bocal d'oignons ?
-La dame l'a trouvé,
alors qu'il y avait encore la bague de fraîcheur.
-C'est un prototype.
J'appelle ainsi les circonstances que je n'ai jamais rencontrées.
Il s'agit d'une situation particulièrement peu fréquente.
-Je pense qu'on peut affirmer que son propriétaire est mort.
-Donc il s'agit
d'une scène de crime avec un corps dans la nature.
-Elle me parle de sac-poubelle et hop, tu m'appelles
et tu me parles de sac-poubelle. C'est rare qu'on se parle de ça.
-C'est un ouvrier du chantier qui l'a découvert.
On s'en est débarrassé
comme d'une ordure. -C'est original, ça.
Il a été énucléé.
-Oui... C'est un rituel ?
-Oui, avec un peu de Dr Mengele.
Parce que ses yeux ont été retirés au scalpel et post mortem.
On a découpé large pour garder les yeux intacts.
-Un trafic d'organes ? -Les cornées
n'ont besoin d'aucune compatibilité entre donneur et receveur.
Il faudrait retrouver les yeux.
Téléphone.
-OH, PUTAIN, ON A RETROUVE L'AUTRE MORCEAU.
...
-Astrid,
je sais que c'est difficile pour vous d'être à 500 km de Paris.
-497 km. Mais le jeu en vaut la chandelle.
-C'est une expression imagée, ça. -Oui. Mais je ne la comprends pas.
-Attention à ma 3e valise, monsieur.
-On ne reste qu'un jour à Bordeaux, le temps de récupérer le corps.
-Vous ne pouvez pas en être certaine.
Par en dessous.
Merci.
Lors de notre enquête en Bretagne, des imprévus imprévisibles
avaient rallongé notre séjour.
Je préfère faire de cette situation un imprévu prévisible.
-Je me souviens. -La glacière.
-Je vous laisse passer en premier. -Oui.
-Vous pouviez mettre la glacière dans le coffre.
-Absolument pas.
Le commissaire m'a confié le globe oculaire de la victime.
Je ne peux pas m'en séparer.
Il est 9 h 12. Nous ne sommes pas en retard.
-Le doc avait raison.
-Vous êtes malade ?
-Non. C'est juste que mon docteur m'a conseillé de changer d'air.
Je trouvais ça drôle.
-Ah ?
L'air que je respire habituellement me convient parfaitement.
-Un corps sans yeux, c'est original.
Mais un oeil trouvé dans un bocal d'oignons, c'est surréaliste.
-Oh...
-Je les scanne pour l'anniversaire de maman.
-Oh là là...
J'avais trouvé cet écureuil pour toi.
-Ma première autopsie ! T'es beau, là.
-On a pris un coup de vieux. -Tu es très bien,
et je dis pas ça
parce que t'es mon frère. Je retourne à mon mort.
-Oh là là...
-Il y a un âne mort là-dedans ? -Absolument pas.
-Je peux vous aider ?
-Non, merci. Je peux porter cette valise toute seule.
Oui, je veux bien.
-Bonjour.
-Bonjour.
-Vous cherchez quelqu'un ? -Oui.
Le Dr Ehle, médecin légiste.
-C'est juste là.
-Merci. -De rien.
-Merci pour les valises.
-Raphaëlle ! -Oui. Pardon.
-Le Dr Ehle. -Oui, le Dr Ehle.
On frappe.
-Entrez.
-Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour. -Eh ben, voilà !
Il est là, notre oeil. Vraiment merci. Ca fait une trotte,
de Paris.
-Pas toucher. Pas toucher. -Ca va être compliqué.
(Elle a un problème ?)
-Astrid Nielsen. -Il y a un malentendu.
On vient récupérer le corps.
-Récupérer le corps ? Maintenant ?
-Oui.
-Il rentre pas dans votre glacière. -Elle est trop petite.
-Je vais régler ça avec l'OPJ en charge du dossier. Merci.
-Je regrette, mais l'énucléation a eu lieu post mortem.
Le crime est donc bordelais. Il y a aussi des crimes à Bordeaux.
-Nous avons trouvé l'oeil en premier.
L'enquête dépend donc du parquet de Paris.
Il y a aussi des parquets à Paris.
-Mon "morceau" est plus gros que le vôtre.
-C'est pas la taille qui compte.
-Selon l'article 39-1...
-Pitié ! Pas ces trucs de lois. -Je n'ai pas terminé.
C'est au procureur de décider qui sera en charge de l'enquête.
-Ca va aller vite. Salut.
-Oh... Rebonjour.
-Vous vous connaissez ?!
-On s'est croisés à l'IML. Cdt Doisneau, de la PJ de Bordeaux.
-C'est vous qui... -Allez, on y va.
-Bonjour.
-Pardon.
Allez-y. -Merci.
-(Astrid.)
-Si je comprends bien,
une partie du corps a été retrouvée à Paris et l'autre à Bordeaux.
-La connaissance du terrain fait toute la différence.
-Nous n'avons pas encore identifié le corps.
-Le corps a été retrouvé dans une poubelle bordelaise.
Poubelle de proximité,
donc PJ de Bordeaux.
-Je réfute le concept de "poubelle de proximité".
Une poubelle peut être
de proximité sans que le corps le soit. N'est-ce pas, Astrid ?
-Je ne suis pas certaine de saisir le sens de votre question.
-Bon.
La brigade criminelle de Paris
dispose de l'antériorité.
Mais la PJ de Bordeaux a la territorialité.
-La poubelle.
-Dans ce contexte, j'opte pour une cosaisine.
Vous allez faire équipe.
-Tous ensemble ?
-Oui.
-On va pas
se tirer la bourre. -Vous lâchez rien, vous.
J'aime bien.
-En équipe ? -En équipe.
-Le terme adéquat est "en cosaisine".
-Oui...
-Vous avez raison, Astrid. -Oui.
-D'autant plus qu'on a des choses à partager.
-A partager ? -Des infos...
-Vous voulez venir faire un point avec nous à l'IML ?
Donnez-moi votre numéro
et je vous envoie l'adresse.
-Nous avons déjà l'adresse.
Nous y étions il y a une heure 23.
-C'est plus sûr comme ça.
-Merci. A tout de suite. -A plus tard.
-Vous êtes figée. -Hum ?
-Vous vous êtes figée. -Pas du tout.
-Si, à chaque fois que vous voyez
le Cdt Doisneau.
-Je vois pas pourquoi je me figerais
en présence du Cdt Doisneau.
-Je ne sais pas, mais vous vous figez.
-Vous aviez raison,
on va devoir rester un peu à Bordeaux.
-Il s'agit d'un imprévu prévisible.
J'ai réservé deux chambres d'hôtel.
-Quand avez-vous fait ça ?
-Hier soir, à 20 h 22.
-Un imprévu prévisible. -Voilà.
-Allez.
-Dr Ehle,
disposez-vous d'une chambre froide ?
-Pose-le là, je m'en occuperai plus tard. Merci.
-D'accord.
-Alors, qu'est-ce que vous avez découvert ?
-La victime a reçu un coup à l'arrière de la tête,
peut-être avec un marteau.
-D'accord. Des éléments pourraient nous éclairer sur le contexte ?
-Un coup parfaitement placé,
aucune trace de lutte...
Ca sent la préméditation. -Cdt Coste,
ces constatations
confirment que les yeux ont bien été sectionnés.
-Pour conserver leur intégrité.
-Tout ça pour qu'ils finissent dans un bocal d'oignons.
-Etant donné
le délai d'approvisionnement du magasin où le bocal a été acheté
et la durée moyenne de conditionnement
de l'entrepôt logistique,
les oignons ont été récoltés il y a trois jours.
-Ca correspond à la date du meurtre.
Quelqu'un aurait jeté les yeux dans un champ avant la récolte.
Il y en a un qui a réussi à passer les chaînes de calibrage
et l'autre a été détruit.
-C'est dingue que le premier ait passé les chaînes de calibrage.
Et pourquoi le jeter ?
Le tueur a retiré les yeux de sa victime
parce que sa victime aurait vu quelque chose
qu'il n'aurait pas dû voir ?
-Ca me fait penser au mythe d'Oedipe.
-Le type qui a buté son père et qui couche avec sa mère ?
-Il s'est crevé les yeux pour ne plus voir ses crimes.
C'est pas comme ça qu'on oublie.
-Il faut identifier la victime.
Je vais voir du côté des disparitions des dernières 72 h.
-Je viens avec vous...
Dans le cadre de la mise en relation de nos services.
C'est plus simple si on vient avec vous.
-Je dois me rendre aux Archives départementales de la Gironde.
Le documentaliste
est membre du réseau international de documentalistes criminels.
-Moi, je vais faire parler le mort. -Les morts ne parlent pas.
-Détrompez-vous, ils ont beaucoup de choses à dire.
...
-Bonjour, monsieur.
-Je peux te renseigner ?
-Je cherche M. Fabrice Leforget. -C'est moi. Tu es Astrid Nielsen ?
-Oui.
-Chouette ! Bienvenue dans la grotte.
-"La grotte" ? -Oui.
C'est comme ça
que tout le monde appelle les archives.
-Ces éléments de décoration me paraissent inappropriés, ici.
-C'est mon système de classement. Pour 1982, "Gloomy vortex"
de Astronomic Riders.
1983...
Satanic Sandwiches.
-Pouvez-vous me donner accès au classement alphanumérique
de vos archives ?
-Le classement alphanumérique... C'est plutôt un bordel organisé.
-Un bordel ?
-Mais organisé.
En fait, le classement, c'est moi.
-Ah... -Bon.
Tu cherches quoi ?
-La victime faisait
un métier physique.
Lésions arthrosiques sur articulations des épaules
et phalanges.
Taches de vieillesse prématurée
sur les mains qui font penser
à un travail en extérieur.
Hyper pigmentation des ongles
qui pourrait être causée par des produits chimiques.
La couleur jaune est souvent caractéristique du soufre :
sulfates, sulfites...
Antoine ? Un viticulteur !
-Non. Sa disparition a été signalée ce matin par son employeur.
Ca faisait deux jours qu'il était absent.
-Il s'appelle Mathis Roussel. Ingénieur dans l'agroalimentaire.
-Il était viticulteur.
-Bonjour. Je suis parvenue à trouver l'identité de la victime.
Son nom apparaît dans une déclaration de disparition.
-On a l'info.
-Mathis Roussel. Sa disparition a été signalée ce matin.
-Ce n'est pas l'information
que j'ai trouvée.
La disparition de Mathis Roussel date d'il y a 5 ans.
Il était viticulteur.
*-Ah !
Tu vois ?
-C'est bien le même homme, avec quelques années de plus.
-La disparition de Mathis Roussel a été déclarée par son frère Bruno,
le 16 juin 2018.
N'ayant pas été considérée comme une disparition inquiétante,
elle a été classée sans suite.
-Donc elle n'est plus dans le fichier.
-Mathis Roussel avait changé de vie,
mais pas d'identité.
Pourquoi fuyait-il sa vie d'avant ?
-J'ai eu l'employeur de la victime au téléphone.
Mathis était un employé modèle, très peu d'amis, discret...
Il vivait dans une chambre de bonne
dans un quartier pas très chic. -Pourtant, il gagnait bien sa vie.
-Ca correspond pas.
Vous connaissez un peu Bordeaux ?
C'est la première fois que vous venez ?
-Oui. -Moi, non. Je venais ici
quand j'étais petite avec mes parents.
-Je pourrai pas vous faire découvrir la dune du Pilat.
-Si, je ne connais pas.
-Tant mieux.
Sinon vous avez quoi sur la famille ?
-Le père s'est suicidé, la mère est morte d'un cancer.
Son frère, Bruno, est propriétaire d'un domaine viticole.
-On pourrait aller y faire un tour. -Oui. Astrid, vous venez ?
-Je préfère que vous me déposiez à l'Institut médicolégal.
-Vous êtes sûre ? -Oui.
-On y va ? -Hum.
On frappe. -Oui !
-Oh...
La glacière. Vous n'avez pas rangé la glacière.
-Je finis ça et je le fais. -Vous avez déjà dit ça.
Je vais la garder, c'est plus prudent.
Vous utilisez une fourchette ? -C'est hyper polyvalent.
-C'est une fourchette. -T'inquiète, elle est stérilisée.
-Ce n'est pas très protocolaire.
-D'accord.
-Vous riez.
-Oui. -Je ne comprends pas pourquoi.
Je rencontre des difficultés avec la communication non verbale.
Je pense qu'il est utile que vous sachiez que je suis autiste.
-Ah ! Très bien.
-Je ne sais pas si c'est très bien.
-Deux points de vue sur les choses,
c'est toujours très bien.
...
...
-Est-ce que...
Enfin, je...
-Je vous écoute. -Je vous laisse parler en premier.
-D'accord.
Attendez... De quoi on parle, là ?
-Euh...
-Pour interroger le témoin ?
-Euh, oui...
-Bien sûr. Evidemment.
Bonjour.
-Vous venez pour une dégustation ? -Non, pas du tout.
Police judiciaire. Vous êtes madame... ?
-Roussel. -La femme de Bruno Roussel ?
-Non, de Charles, son père.
Entrez. -Merci.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-On voudrait vous parler
de Mathis Roussel. -Vous l'avez retrouvé ?
-Je suis désolée...
-Il y a des cicatrices rondes,
là, là, là
et elles sont
légèrement déprimées. -Oui.
J'ai déjà vu des traces de ce type à la documentation criminelle.
-Et regarde leur position : que des endroits cachés par les vêtements.
-C'est caractéristique dans les affaires de maltraitance.
-Vu l'âge des cicatrices, ça a dû lui arriver enfant.
-Il semble que Mathis Roussel était un enfant maltraité.
-Quand j'ai déclaré la disparition de mon petit frère,
les gendarmes n'ont pas considéré que c'était inquiétant.
-Il n'est pas interdit de disparaître en France.
-Mathis, vous l'avez jamais cherché et vous le retrouvez mort.
-Votre frère n'est pas mort
d'une mort accidentelle. Il a été assassiné.
-Est-ce que vous savez
s'il aurait pu voir quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir ?
-Je comprends pas votre question.
-Son meurtre a quelque chose...
d'inhabituel.
On lui a retiré les yeux juste après son décès.
-Nous croyons
au caractère symbolique de cette mutilation. D'où ma question.
-J'en sais rien.
C'est tellement barbare.
-Savez-vous
pourquoi il est parti ?
-Non...
Je sais pas.
Mon frère était quelqu'un d'instable.
Il était trop sensible.
-Son taux de triglycérides est un petit peu élevé, mais bon...
Même sa vitamine D
est dans les normes. T'as quelque chose, toi ?
-Quelque chose ne va pas avec ses mains.
Là, là.
-Elles sont plus fines. Comme s'il avait maigri des doigts.
-Il peut s'agir d'un symptôme.
-Syndrome de Marfan, sclérodermie, dystrophie musculaire,
maladie dégénérative... Les quatre cavaliers de l'Apocalypse.
On va faire
des recherches. Tu veux m'aider ? -Oui !
Je ne peux pas, je ne suis pas qualifiée.
-On le fait ensemble.
-D'accord.
-Merci.
...
Tu vois la zone la plus sombre...
-Oui. Il s'agit d'un tissu fibreux.
-Une dégénérescence neuronale.
-Le nombre de neurones de Mathis Roussel diminuait.
-Et ces neurones commandent les muscles qu'on utilise
de façon consciente.
-Mathis Roussel effectuait moins de mouvements.
Ca pourrait expliquer
que le volume de ses mains ait diminué.
A quelle maladie ça correspond ? -C'est une vraie saloperie.
Sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot.
-J'ai déjà été confrontée à cette maladie dans plusieurs dossiers
à la documentation criminelle. Elle entraîne une paralysie des membres.
-C'est ça. Jusqu'à la mort du patient.
-Un enfant maltraité ?
-Son frère disait
qu'il était "instable". -Il avait la maladie de Charcot.
Une vraie saloperie. -Ca fait beaucoup
pour un seul homme. On va pouvoir
interroger son neurologue.
On a retrouvé le médecin qui s'occupait de Mathis.
-Il faut aller reparler à son frère.
La maltraitance et la maladie de Charcot ouvrent des pistes.
-Alors ça avait déjà commencé ?
-Vous saviez, pour sa maladie ?
-Notre père avait la maladie de Charcot.
-D'où son suicide ? -Oui. Il a commencé à ressentir
les premiers symptômes.
Il savait ce qu'il avait. Il avait vu son père mourir de ça.
Il ne voulait pas dégénérer comme lui.
-Ca a dû être très dur pour lui. -Oui.
Mais je le plains pas.
Je l'ai jamais plaint.
Vous avez dû voir les brûlures
sur le corps de mon frère.
-C'est votre père
qui lui faisait ça ? -Il vous faisait
subir la même chose ?
-Il essayait.
Mais avec moi, c'était plus compliqué.
J'ai essayé de protéger Mathis comme j'ai pu.
Mais j'ai échoué. -Ca a été une libération
pour votre frère quand votre père est mort. Pourquoi disparaître ?
-Quand mon père est tombé malade, on s'est retrouvés devant un choix.
Faire le test pour savoir si on était porteurs du gène
ou vivre sans savoir. Mathis a fait le choix du test.
-Et pas vous. -Je voulais continuer de vivre.
Si le test avait été positif,
c'était la fin de l'insouciance. Une bombe à retardement.
-Votre frère a fui parce qu'il était porteur.
-Un moyen de laisser la maladie derrière lui.
-Probablement.
-Pourquoi vous n'avez pas essayé de retrouver votre frère ?
-Les gendarmes ne m'ont pas suivi.
-Il n'a pas changé d'identité...
Vous auriez pu insister, non ?
-Il y a autre chose ? Hum ?
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
-On a arraché les yeux de votre frère.
Si vous voulez qu'on découvre qui l'a tué,
il va falloir jouer franc jeu.
-Je comprends pas ce que vous attendez de moi.
-Quelque chose me trotte dans la tête.
-Vous trotte...
-M'obsède. Le sparadrap du capitaine Haddock.
-Je ne le connais pas.
-Quand je bloque sur un problème, je pense qu'à ça.
-Je comprends. Tant qu'une énigme n'est pas résolue,
je ne parviens pas à penser à autre chose.
-Si Mathis Roussel savait qu'il était malade,
il aurait dû prendre un traitement. Il y a des protocoles palliatifs.
-Aucune trace dans ses analyses.
-Exactement.
On pourrait poser la question à son neurologue.
-Absolument.
Le Cdt Doisneau doit l'interroger. -Il n'est pas là, alors allons-y.
-Impossible. -Si, c'est possible.
-Non, impossible. -Viens.
-Hum, hum.
Impossible.
Vous n'êtes pas habilitée à mener une audition.
-C'est pas interdit d'échanger avec un confrère
sur la maladie de Charcot. Je ne parlerai pas de Mathis Roussel.
Viens. Comme ça, tu me surveilles.
-Il y a des matières organiques
dans des bocaux.
-C'est ma collection de viscères d'hommes célèbres.
Regarde.
Les fosses nasales de Victor Hugo.
T'as vu la polypose ?
Il devait éternuer souvent.
On sait peu de choses sur les grands hommes.
Et ça... Le prépuce de Descartes. Il y en a un autre à Buenos Aires.
On ne sait pas lequel est le bon. Ca te plaît ?
-Je ne sais pas.
-Vas-y, installe-toi.
-C'est très mal rangé. -Ca, c'est sûr.
Ca va être sympa.
-J'accepte de vous accompagner pour vérifier
que vous n'allez pas conduire une audition.
Claquement. Je ne suis pas là pour vivre
une expérience sympathique.
-Tu devrais, Astrid. La vie passe tellement mieux quand on s'amuse.
On frappe. -Entrez !
-Bonjour, docteur. -Bonjour.
-(Je viens pour ma soeur. Elle a la maladie de Charcot,
(mais elle est
(dans le déni.)
C'est une ancienne championne de télémark.
-Je comprends.
Elle présente déjà des signes de raideur manifestes.
Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
-Mathis Roussel m'a beaucoup parlé de vous.
Il ne tarit pas d'éloges.
-Vous ne deviez pas parler de la victime.
-La victime, c'est toi. -Je ne comprends pas.
-Il y a plusieurs mois que je n'ai pas vu Mathis.
-Et son traitement ?
-Il suit les prescriptions
d'un spécialiste qui a conçu un traitement révolutionnaire.
Pourquoi ces questions ? -J'appelle le Cdt Coste.
-Qui c'est ?
-(Le nom du spécialiste.)
-Ah.
Damien Aubert.
Que fait votre soeur ?
-Le Cdt Coste ne répond pas.
-Viens, on va voir
le spécialiste.
-Votre manteau. -Attendez... Vous êtes qui ?
-Astrid Nielsen. Vous aviez promis, Dr Ehle.
Vous avez transgressé 14 articles du code de la procédure pénale
et vous m'avez rendue complice.
-On aurait perdu du temps à demander des autorisations.
C'est la maison des fous, le palais de justice.
Il manque toujours un papier...
-Vous parlez comme le Cdt Coste. -C'est quelqu'un de très bien.
-La procédure protège les citoyens de toute erreur judiciaire.
-Tu crois à ça ?! -Ce n'est pas une croyance.
-Un truc ne colle pas : Damien Aubert a prescrit
un traitement révolutionnaire à Mathis.
-Seulement il n'y a aucun signe d'un traitement médicamenteux
dans le sang de la victime. -Bah, non.
Tiens. -Merci.
Astrid m'a raconté votre escapade
chez le neurologue.
-Le Dr Ehle a transgressé quatorze articles du code de la procédure.
-(Bravo. C'était culotté.)
-(Merci.)
-Et qui trafique les rapports ? -C'est juste un rapport.
-Il a trafiqué un rapport. -Donc prochaine étape,
Damien Aubert, c'est ça ?
Sa clinique se situe à Arcachon.
Ce que j'ai trouvé sur son site est... folklorique.
-Ah oui.
Il est médecin, lui ?! -On va lui faire un petit coucou ?
-Oui, je suis partante.
-J'ai fait une demande au parquet. On attend les autorisations.
-Le Cdt Doisneau a raison. C'est comme ça qu'il faut procéder.
-Merci.
-De rien.
-Je retournerais bien chez Mathis Roussel.
Vous venez, Coste ?
-Non.
Allez-y avec Astrid. C'est un radar.
-Je ne suis pas un radar. -Rien ne vous échappe, Astrid.
-Venez avec nous.
-Non... J'ai une migraine qui me tombe
sur le coin de la gueule. Il faut que je me foute
dans le noir.
-Vous êtes malade ? -Non, mais je rentre à l'hôtel.
-Moi,
je rentre à l'IML. Je peux vous déposer.
-Déposez-moi. Astrid, je vous laisse avec Antoine.
-Oh...
-C'est hyper joli,
le coin où est la clinique.
-Je suis très mal installée. J'ai un truc dans les pieds.
Votre voiture, on dirait mon bureau.
Le bordel.
Merde.
-Quoi ?
-Astrid a oublié son oeil.
-Oh, merde !
Téléphone. -Elle m'appelle.
Oui, Astrid ?
-J'ai oublié la glacière dans la voiture du Dr Ehle.
Ses entorses procédurales
m'ont perturbée.
-Je comprends. Je suis certaine
qu'elle garde un oeil dessus.
*-J'entends un bruit de moteur.
Ce qui signifie que vous êtes dans sa voiture.
*-Pas du tout. Je suis à l'hôtel.
Ce que vous entendez, c'est la clim.
Il doit y avoir une mouche coincée dedans.
J'appelle le Dr Ehle et je lui dis de prendre votre glacière.
*-Ce n'est pas
"ma" glacière. C'est une pièce à conviction.
-Elle veille dessus comme sur la prunelle de ses yeux.
Enfin, j'en suis sûre.
Je vous laisse.
Merde.
-Elle a raccroché. Il faut dire au revoir
avant de raccrocher.
Sirène. -Merde !
Oui, Antoine ?
*-T'es à l'IML ? -Non, je suis sur la route.
*-En route vers où ? -Fais-moi confiance, Antoine.
-Astrid a oublié sa glacière dans ta voiture.
-Ce n'est pas "ma" glacière. -La pièce à conviction.
-J'ai vu. Je la ramène à l'IML.
-Euh... Sois prudente.
-Oui.
-C'est dingue, cette complicité. -C'est mon frère.
-Il est sympa, professionnellement. Il est professionnellement sympa.
-Très sympa.
-Le Dr Ehle a-t-elle la glacière ? -Oui. Elle la ramène à l'IML.
On peut y aller ? Fracas.
-Doucement, le tiroir.
-Alors, ça dit quoi ?
"Régression du coefficient stoechiométrique de sa poulie..."
C'est quoi, ce charabia ? -C'est la description
d'un carburateur. Si Damien Aubert mord à ce truc,
il est aussi médecin que mon garagiste.
-Ca fait un siècle que j'ai pas mis des escarpins.
Je suis pas contre un peu d'action.
-Ca, ça, ça... -Stoechiométrique...
Stoechiométrique...
Oh, le col. -Toi aussi.
-Le coffre... Attention, la tête.
C'est parti ?
La réduction schizo... Oh là là.
Ischio... La quoi ?
-Vous l'avez bien dit, là.
-Ischio... -Oui, ischio.
-Bonjour, docteur. -Bonjour.
Que puis-je pour vous ?
-Emma Guillotin. -Juliette Bonaventure.
-Nous sommes journalistes
pour la revue "Médecines parallèles".
-Nous avons appris la guérison
d'un de vos patients. -Hum, hum. Quel patient ?
-Secret médical.
-Je suis très content pour lui. -Ca vous étonne ?
-Pas du tout. Il n'y a pas de miracle, il n'y a que des gens
qui suivent mon traitement. Il a fait des examens ?
-Bien sûr. D'ailleurs, les médecins ont constaté une régression
du coefficient stoechiométrique
de sa poulie damper cérébrale.
-Même chose au niveau
de sa rampe de distribution rachidienne.
-Je vois.
-Nous aimerions partager cette découverte
auprès de la communauté scientifique.
-Je n'ai pas une très haute estime pour mes confrères,
et c'est assez réciproque.
-Il faut faire reconnaître votre travail
pour qu'il profite à d'autres.
-Pourrions-nous avoir
la composition de votre traitement ?
-Pourquoi ?
-Pour notre article. -C'est confidentiel.
-C'est dommage.
-Il s'agit d'un mélange
de principes actifs
issus de plantes.
-Quelles plantes ?
Et son prix ?
-Il est à la hauteur du temps de recherche nécessaire.
-Une petite estimation ? -Mme Guillotin et...
-Mme Bonaventure. -Je vais faire une note au journal.
-C'est pas la peine. -Je vais aller sur votre site.
Ca ne sera pas long.
-Le site a disparu. On a eu un énorme problème de routeur.
-Il est bien là.
-Il est revenu...
-Vos noms n'apparaissent pas au comité de rédaction.
-Je sais pourquoi.
C'est parce qu'on vient d'arriver.
-C'est un stagiaire qui a fait les mises à jour.
-On a beau lui dire ! -Aucune rigueur !
-Vous vous foutez de ma gueule ?
-Vite.
-Auriez-vous des gants ?
Merci.
Une vraie cellule
de moine,
l'appartement de Mathis.
-Je ne vois pas de crucifix.
...
-Ce pseudo-médecin... Escroc de première catégorie.
-Vous avez vu
le prix
de son traitement magique ?
J'ai pris ça sur son bureau.
-Oh !
130 000 euros ?! Putain ! Qui peut se payer un truc pareil ?
-Pas Mathis Roussel, en tout cas.
-Des mouvements
sur son compte ? -Rien.
-Hum ! Il se boit bien.
Le vin, ça m'aide à réfléchir.
-Moi aussi.
Donc Mathis Roussel
se faisait dépouiller par ce charlatan depuis des mois.
Y a pas un truc qui vous étonne ?
-Dites toujours.
-Mathis était ingénieur. Ce sont plutôt des gens cartésiens,
avec un esprit rationnel. Comment il a pu se faire avoir par Aubert ?
-Aubert ne s'adressait pas à son intelligence.
-A sa peur de mourir ? -Oui, peut-être.
Ou à ses émotions. Mathis Roussel a vécu quelque chose dans son enfance
qui a abîmé ses mécanismes de défense.
-La maltraitance. -Exactement.
-En tout cas, ce docteur n'est pas net.
-Ca, c'est sûr.
-Il aurait pu tuer quelqu'un qui aurait découvert sa supercherie.
-Peut-être.
-Hum.
Cdt Doisneau.
Là. Les planches
ne sont pas découpées
de manière régulière. Avez-vous une carte de crédit
à me prêter ? -Oui...
Voilà. -Merci.
J'ai ma carte de cantine, mais je ne voudrais pas l'abîmer.
Un coffre. Tenez.
Merci.
-Une serrure
à reconnaissance d'iris. -Nous avons trouvé
le mobile de l'énucléation de Mathis Roussel.
-Tu pratiques le polyamour ?!
-A la base, c'était plutôt Aurélien.
-T'es pas jalouse ?
-Non, j'aime bien. T'apprends vachement des autres.
C'est intéressant au niveau sociétal
et il y a toujours du monde
à la maison. Je rigole, j'ai arrêté.
Ca t'intéresse ?
-Non ! C'est déjà compliqué avec un seul mec, alors avec plusieurs...
-Y a pas un petit truc avec Antoine ?
-Antoine ?
Antoine... Ton frère ?
-Oui.
-Non, non... Il t'a parlé de moi ? -Oui.
Il m'a dit
qu'il trouvait
que t'étais vraiment une très bonne flic.
-Ca, c'est gentil, très gentil.
Je connais un peu la région.
Mes parents louaient un bungalow à Arcachon.
-Nous aussi. Où ça ? -C'était un camping
avec un nom à coucher dehors.
C'était
une petite bête avec des poils...
Comme un petit ourson qui nage avec des dents comme ça.
-RAGONDIN !
-Le Ragondin hospitalier.
Tu connais ?
-On y allait, nous aussi ! C'est dingue !
-C'est pas vrai !
-On y va ?
C'est à côté. On peut y aller à pied.
-Il vaudrait mieux avec tout ce qu'on a... On va pas laisser ça.
Tu connais
la famille P'tite goutte ? Corinne P'tite goutte.
-Attends...
-Tout se ressemble. -Procédons par ordre.
-Je me souviens pas du numéro.
-C'était à côté du lac...
Il est là. -Tout se ressemble.
-Bah, oui.
Moi, j'ai l'impression...
-C'est celui-là. -Nous, on était juste à côté.
-C'est pas possible ! -Je te jure !
-C'était toi, la petite blonde qui disséquait des cadavres de souris
près des sanitaires ?!
-Oui ! -C'est pas possible !
-J'avais demandé à mon frère de me ramener un écureuil à moitié noyé.
Il était maître-nageur...
-Antoine ?! Le maître-nageur ?!
-Oui ! -Tu déconnes ?
J'étais folle amoureuse de lui.
-Non ?!
-Mon plus bel amour de vacances.
-J'ai une photo. Tu vas me dire si tu reconnais.
Attends.
Regarde.
-C'est lui ! -T'as vu sa coupe mulet ?
-La coupe de cheveux...
-Il osait se traîner avec cette coupe.
Téléphone. -Oh, c'est Astrid.
Attention.
Oui, Astrid.
-Dans le petit appartement de Mathis Roussel,
nous avons découvert un coffre-fort.
Sirène. -Antoine ?
Je suis à l'IML.
-Un petit coffre dans... -On va avoir besoin de l'oeil.
-Il est là, sous la table d'autopsie.
Je le vois, je le touche même.
Pourquoi t'as besoin de ça ?
-Un coffre dans le petit...
*-Votre articulation est approximative.
Cela pourrait être le symptôme d'un AVC.
-Non, j'ai juste un petit mal de tête. Rien de très grave.
-J'entends des mouettes ?!
*-Non...
C'est mon écarteur thoracique qui grince.
-Revenons à ce coffre. *-Il possède une ouverture
à reconnaissance d'iris.
Le coupable s'est sans doute servi
*de l'oeil de Mathis Roussel. -Très bien. On arrive.
-Vous et le Dr Ehle ? -Non... Moi et ma migraine.
-OK.
Oui...
-Vous êtes à l'hôtel ? -Je raccroche.
-D'accord.
Elle a raccroché.
Cdt Doisneau,
je crois que le Cdt Coste n'est pas à l'hôtel.
-Et Alex n'est pas à l'IML.
-Elles sont ensemble.
-Elles ont dû aller voir Damien Aubert.
Alex avait envie d'y aller.
Et quand elle a envie de faire quelque chose...
-Comme le Cdt Coste. -Ah bon ?
-Il m'apprenait à nager.
Rires. Je te raconte pas...
-Attends... Je crois que j'étais là.
La bagnole !
Je crois que j'ai laissé les clés sur le contact.
-Non ?! -Si.
-Qu'est-ce que je vais dire à Astrid ?
Le cauchemar !
On n'a plus la glacière, on n'a plus l'oeil...
-Un vieux pote qui travaille à la morgue
peut nous filer un oeil.
-C'est tentant. Mais Astrid verra que c'est pas le bon oeil.
On peut pas faire ça.
-M. Aubert ? -Oui, c'est moi qui vous ai appelé.
Vous êtes de la gendarmerie ?
-Non, police criminelle. -Vous mettez le paquet.
-Pourquoi appeler les gendarmes ? -Deux folles viennent de passer.
Des pseudo-journalistes.
Vous êtes bien de la police ?
-Oui. -Oui. Cdt Doisneau.
On a été mal briefés.
Que vous ont-elles posé comme questions ?
-Je les ai vus à côté de votre voiture.
-Ils étaient combien ?
-Deux. Un garçon en sarouel et une fille.
-Ils disaient quoi ?
-Le garçon devait venir
avec la voiture de son père. -Pourquoi ?
-Bonnie a fait ses affaires, je suis rentrée.
-On est samedi, c'est des jeunes,
ils ont sûrement pris la bagnole pour aller dans un bar.
-Tu connais des bars de jeunes ?
-Juste ceux où Aurélien allait draguer.
Ca doit être Le Rio
et La Flèche.
-Un jeune en sarouel irait dans quel bar ?
-Le Rio. -Allons à Rio, alors.
-Comment ?
-Ah oui.
-(Fais gaffe. Fais gaffe.)
Je crois que c'est bon.
T'es pire que moi, en fait.
-Ca s'appelle de la réquisition de véhicule
pour le bon déroulement d'une enquête.
Hop ! Dépêche-toi.
Pédale.
Pédale !
Pédale !
-Sans les mains.
Oh !
Ca fait des années que j'ai pas fait de vélo.
-Profite. C'est pas beau, tout ça ?
-C'était où ? -Je sais pas.
On aurait dépassé le...
J'ai pas vu de chemin.
Oh là là... J'en peux plus !
Elle est où, cette bagnole ? -Je sais pas.
-Oh ! C'est quoi, ce délire ?
-Il y en a plein. C'est dégueulasse.
-Oh.
-Oh ! C'est ma voiture.
-C'est sa bagnole ! -C'est des trucs humains ?!
-Entre autres.
Il y a aussi du chat, du chien...
-On veut pas d'emmerdes. On vous dénoncera pas.
-Encore heureux !
-Manquerait plus que ça !
-On vous laisse pas le choix. Il reste du formol.
-Oui, un petit pied dans...
-C'est une blague ?!
-Tu piques ma voiture.
-Vous savez à qui vous avez affaire ?
-Des serial killeuses !
-Allez ranger votre chambre !
-Monsieur ! -Non !
C'est une blague ! -C'était pour rire !
Appelez l'IML de Bordeaux.
-Vous avez aussi une attestation de "Médecines parallèles".
-C'est rien, ça.
C'est pour notre infiltration. -Une infiltration
de quoi ?
-Pour l'enquête ! -Avec madame...
-Cdt Coste. C'est marqué
sur la carte que vous m'avez prise. Je vous explique : la PJ de Paris
expérimente de nouvelles méthodes
afin de...
-D'accélérer la résolution... -De réduire le temps
de résolution
des enquêtes.
-Trouver les coupables plus vite.
-Avec votre taux d'alcoolémie, ça promet d'être efficace.
Vous faites aussi des pleurotes ?
-C'est le prépuce de Descartes !
-Vous vous foutez de notre gueule ? -Non !
-Cdt Doisneau. Astrid Nielsen. On vient chercher ces dames.
-Enfin !
-Veilleuse, Alex.
Bravo !
Toute seule, tu es ingérable, mais avec elle, vous êtes championnes.
Quelle image tu donnes de la PJ ? -Ca va ! Elle s'en remettra.
-Astrid, trouvez-moi de l'aspirine.
-Le Cdt Doisneau m'a expliqué que vous aviez simulé une céphalée
pour échapper à sa vigilance.
-Je simule pas, là.
-Ah oui, vous avez bu de l'alcool.
-On a retrouvé la glacière.
C'est ça, le plus important. -Et pas que.
-Arrête de faire ta tête de mulet.
On a aussi trouvé une bonne piste.
-On y va.
...
Magique. -Incroyable.
-C'est quoi ? -Un livre.
-"Oedipe Roi" de Sophocle. -Le type qui s'est crevé les yeux ?
-Hum.
-C'est vide.
-C'est vide.
-Il y avait de la poudre. -Quel type de poudre ?
-Vu la taille du coffre, une arme de poing.
-De la poudre
à canon.
-D'après l'historique, le coffre a été ouvert après l'heure du crime.
-Donc le coupable a ouvert ce coffre avec l'oeil de Mathis
et a volé une arme qui s'y trouvait.
-Et il a laissé le livre dedans.
-Ah. Vous l'avez
retrouvée.
-Personne ne me cherche.
C'est moi qui vais vous interroger.
-Je comprends pas, là.
-Connaissez-vous Mathis Roussel ?
-C'est un de mes patients. -C'était. Il a été assassiné.
-Quand ça ?
-Parlez-nous de votre traitement.
-Vous n'allez rien y comprendre. -Je m'y connais en carburateur.
-Pardon ?
-"Rampe de distribution rachidienne..."
Sérieusement ?! -Vous êtes un escroc.
Votre "traitement", c'est bidon.
-Pensez ce que vous voulez. Mais le plus important
n'est pas la molécule
qu'ingère le patient, mais c'est qu'il croie
en cette molécule. C'est un principe d'influence positive.
-Que vous vendez une fortune.
-Plus c'est cher, plus le patient y croit.
-Et quand il se rend compte qu'on lui a vendu des salades ?
-Comme Mathis. Et vous avez eu peur qu'il vous dénonce.
-Mathis croyait en son traitement.
-Il avait des preuves contre vous dans son coffre
et vous lui avez arraché les yeux. -Quoi ?!
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
-Nous n'avons pas retrouvé de traces de virement sur ses comptes.
-Il le faisait en liquide. -Où trouvait-il tout cet argent ?
-Aucune idée. J'ai rien fait, je vous jure.
Je comprends pas.
On frappe.
-Oh, ma petite Astrid !
Je t'ai mis de côté le dossier d'enquête que tu cherchais.
2017.
Les Fat Sparrows sortent "Crapping on people".
Un vrai chef-d'oeuvre.
-Merci, Fabrice.
Sonate au violon de Bach.
...
...
La musique s'arrête net.
Hum, hum.
-Alors c'est ça, ton QG ?
-Ce n'est pas mon quartier général.
Il s'agit de la grotte de Fabrice Leforget.
Son classement est peu orthodoxe. -Hate Crasher, 81...
Annie Lennox, 82.
Hellbenders, 83. C'est génial !
-Je ne sais pas si c'est génial. C'est un bordel organisé.
A gauche.
-C'est quoi ?
-Le dossier d'enquête concernant le suicide
de Charles Roussel, le père de Mathis et Bruno.
Ma pensée est entièrement visuelle.
J'ai besoin de donner à un concept abstrait
une réalité physique. Donc j'étale le dossier.
-Pourquoi tu m'as fait venir à cette heure-ci ?
-L'angle de tir
et la présence de l'arme dans la main
de la victime ont conduit les gendarmes à conclure à un suicide.
Seulement le projectile n'a jamais été retrouvé.
Or, Charles Roussel possédaient deux armes.
-Deux armes identiques ? -Hum, hum. De même calibre.
Là, là. En l'absence du projectile,
impossible de savoir laquelle de ces deux armes a tiré.
-Les deux armes auraient pu être interverties ?
-Rien ne permet d'affirmer qu'il a été tué par l'arme qu'il tenait.
-C'est très intéressant. Mais pourquoi tu m'as fait venir ?
-Pour que vous m'aidiez
à réexaminer le dossier médicolégal.
-Le légiste qui a procédé à l'autopsie est nul.
-C'est-à-dire ? -Le père avait des contusions
dans le dos qui seraient dues
à la chute
qui a suivi l'impact de la balle. -Seulement...
l'environnement ne peut pas occasionner
ce type de contusions. -Bah, non.
Il est tombé sur un tapis.
-On a déplacé le corps. -C'est probable.
Il faut que j'étudie les données plus en détail.
Pour moi, il y a eu lutte.
-Charles Roussel ne s'est pas suicidé, il a été assassiné.
-Exactement.
-Le père de Mathis a été assassiné.
-On peut penser que le flingue qui l'a tué
était dans le coffre.
-Si Mathis le conservait, c'est qu'il aurait pu le faire accuser.
-Il avait un mobile.
Mathis a subi des mauvais traitements, enfant.
-Alors...
Celui qui a tué Mathis voulait peut-être venger le père.
-Sa femme : Tania Roussel.
-Charles était allongé là quand je l'ai trouvé.
Il baignait dans son sang.
Il y en avait partout.
-Ca a dû être terrible.
-Je le vois toutes les nuits. Je le verrai jusqu'à ma mort.
-Votre grande différence d'âge
entre vous et Charles, 30 ans, n'a jamais posé de problème ?
-Pensez ce que vous voulez. J'en ai déjà tellement entendu.
J'aimais Charles et peu m'importait son âge ou son argent.
-Vous avez hérité du domaine à sa mort ?
-En indivision avec Bruno.
Pourquoi ?
-Mathis n'était pas couché sur le testament ?
-Il avait des compensations.
Charles a toujours voulu que le domaine revienne
à son aîné.
-Je ne comprends pas à quelle méthode de classement
correspond un bordel organisé. -C'est pas vraiment une méthode.
C'est plus un...
un feeling, un truc d'intuition.
Ah, tiens.
J'ai trouvé.
Dusty Storm, "Toilet bruh", 1992.
Ca doit être par là.
Et voilà !
-Doucement, le dossier.
-C'est ça que tu cherchais ?
-Exactement. Je ne comprends pas cette méthode de classement,
mais elle est efficace. Merci, Fabrice.
-De rien, Astrid.
-Où se trouvait Mathis,
le jour où son père s'est suicidé ?
-Au Salon de l'agriculture, à Paris.
Un téléphone vibre.
-Excusez-moi, je dois répondre.
Pardonnez-moi.
-Allô, Raphaëlle.
*Nous nous sommes trompés.
A 15 ans, Bruno Roussel
a été placé dans un internat disciplinaire.
-C'est-à-dire ? Expliquez-moi un peu.
-J'ai retrouvé le procès-verbal
établi au moment des faits.
*Bruno Roussel avait fait subir
des tortures à un élève
de son ancien établissement.
*Des brûlures de cigarette. Comprenez-vous ce que ça signifie ?
*Allô, Raphaëlle ? Comprenez-vous ?
-(Astrid,
(c'est Bruno qui torturait Mathis, pas son père.
-Vous vous intéressez à Sophocle ?
-Pas du tout.
*Mais pourquoi vous, il vous intéresse ?
-Vous avez une autorisation pour fouiller dans ma bibliothèque
et interroger la veuve de mon père ?
-J'enquête sur la mort de votre frère.
Alors...
ça ne m'a pas paru nécessaire.
*J'ai pensé que vous auriez eu à coeur d'aider la police.
-Il faut croire
que vous vous êtes trompée.
Sortez d'ici.
-C'est Bruno
qui torturait son frère.
C'est lui qu'il a cherché à fuir quand il a disparu il y a 5 ans.
-C'est quoi ?
-Les relevés téléphoniques de Bruno Roussel.
Un vrai charabia.
Ils viennent tous d'un même portable prépayé.
-Cdt Coste, vous avez bien vu dans la bibliothèque des Roussel
une édition d'"Oedipe Roi" identique à celle du coffre ?
-Oui, et ça n'a pas eu l'air de plaire à Bruno.
-Un code. -Hum ?
-Il pourrait s'agir d'un code qui ne peut fonctionner
que si l'émetteur et le récepteur possèdent
le même ouvrage, même édition.
Le 1er chiffre indique le numéro d'une page
et le 2e indique
l'emplacement d'une lettre.
Bruno pouvait déchiffrer le message grâce au livre
qu'il avait en sa possession.
...
-Alors ? -Chut !
Alors ?
Pardon.
-J'ai déchiffré le 1er message.
"Donne-moi ce que je veux si tu veux que je continue à me taire."
-On est certain que Mathis était l'émetteur de ces messages ?
-Le livre était dans un coffre qui ne s'ouvre qu'avec sa rétine.
Pourquoi utiliser un code pour se parler ?
-Parce que Mathis voulait que son frère
soit le seul à les comprendre.
-Et si c'était pas Mathis qui a tué son père,
mais Bruno ?
-Donc Bruno aurait tué Mathis qui le faisait chanter pour financer
son traitement.
Il lui aurait arraché les yeux pour accéder à l'arme dans le coffre.
-Les yeux ont été sectionnés, pas arrachés.
-Il ne pouvait pas se trouver devant le coffre
au moment où celui-ci a été ouvert. Il était à une foire au vin.
On a de nombreux témoignages. Il nous manque une pièce du puzzle.
-En procédant à une infiltration,
Bruno Roussel pourrait être amené à livrer son complice.
-Vous proposez l'infiltration ? -Oui. Je suis qualifiée.
J'ai pris
l'initiative de déposer une demande préalable d'infiltration,
dans le cadre de l'article 706-81,
en y intégrant les éléments nécessaires
à la constatation des infractions
et ne mettant pas en danger la sécurité de l'agent infiltré.
Les Roussel ne connaissent pas le visage du Dr Ehle.
-Oui...
-Oh là là...
-Bravo, Astrid.
Soupir.
-Bonjour. Hélène Berger, de l'Agence sanitaire des aliments.
Je souhaite parler au responsable. -C'est moi.
*Bruno Roussel. *-Enchantée.
*-En quoi puis-je vous être utile ?
*-Vous allez voir. *-Vous avez retrouvé un oeil
dans une de nos bouteilles ?! -Pas moi, mais un consommateur.
Cette bouteille sort bien de chez vous ?
-Un oeil de quoi ?
-Un oeil humain.
Un peu de la même couleur que les vôtres.
Nous avons prévenu la police, une enquête est en cours.
-Une enquête ?
-C'est un oeil humain, quand même. On voit pas ça si souvent.
D'habitude, on nous appelle surtout pour des mouches.
Vous n'avez rien remarqué sur vos chaînes de mise en bouteille ?
-Pas que je sache.
-Il va falloir rappeler toutes les bouteilles mises sur le marché
au même moment que celle qui contenait l'oeil.
Vous voyez ? -Oui, je vois.
Je comprends pas
comment cette bouteille est arrivée entre vos mains.
La distribution, l'acheminement, ça met plus de temps.
-Plus de temps que quoi ?
-Vous êtes qui ? Téléphone.
-Excusez-moi.
Oui.
Oui... Oui.
Où ça ?
Une queue de souris dans un riz au lait...
D'accord.
J'arrive.
Désolée, le devoir
m'appelle.
*On se dit à très vite.
-Ecoutez, Raphaëlle... -Chut ! Pas un mot, Antoine.
-J'ai même pas commencé.
-Antoine...
La piscine du Ragondin hospitalier, 1989, j'avais 8 ans.
-Je comprends pas. -Laissez-moi parler.
J'avais flashé sur vous. J'étais raide dingue.
Un fantasme de petite fille. Mais maintenant
que j'ai compris, je peux plus me taire.
-La petite brune avec des tresses et un appareil dentaire,
c'était vous ?
-Oui.
-Mais oui.
Un jour vous êtes tombée dans le fond de la piscine
et j'ai dû plonger pour vous remonter.
-Alors que je savais nager.
-J'ai bien cru que ça passait pas ce coup-ci. Je vous dérange ?
-NON.
*Sonnerie. -Attendez, il appelle, il mord.
Je mets sur haut-parleur.
*-Tania, on a un souci. -"Tania"...
-Une nana m'a annoncé
qu'ils ont trouvé l'oeil de Mathis. *-C'était qui ?
*-Je sais pas. Comment elle sait ?
*-Je comprends pas. J'ai jeté les yeux
*de Mathis dans un champ d'oignons. *-Comment elle sait, putain ?
*-Je sais pas, mon amour.
-"Mon amour"... -Si c'est pas oedipien, ça...
-Tout le monde en position, on interpelle, maintenant.
Vous savez pourquoi vous êtes là ?
Je vais vous le dire.
Vous avez assassiné votre frère.
Vous lui avez arraché les yeux afin d'accéder au coffre-fort
dans lequel il détenait l'arme qui a tué votre père.
-C'est n'importe quoi. -On a un enregistrement.
Et les messages de Mathis
où il vous faisait chanter. Il faut arrêter de mentir.
Vous avez tué des innocents.
-Mathis était pas innocent. Il m'a tout pris.
Ca a toujours été le préféré de mon père.
Mathis, c'était le bon fils, celui qui arrondissait les angles.
Moi, j'étais le mouton noir.
J'étais le seul qui osait défier mon père.
-Donc si je vous écoute,
vous les avez tués, mais c'est vous, la victime.
-Vous savez pas.
-Expliquez-moi. -Quand mon père
a compris qu'il avait Charcot, il était comme ces fous
qui massacrent leur famille avant de se foutre en l'air.
-Votre père ne s'est pas foutu en l'air,
vous l'avez tué.
-Il voulait me sortir de l'exploitation
et tout donner à Mathis avant de mourir. Il est allé trop loin !
Il savait à quel point je voulais ce domaine.
Je me suis rendu justice.
Personne l'aurait fait pour moi.
-Tuer votre frère, c'était juste ?
-Après avoir tué Charles...
Bruno a maquillé la scène en suicide.
Et il s'est rendu au Salon de l'agriculture pour avoir un alibi.
-Mathis avait tout vu, c'est ça ?
Et il a volé l'arme avec les empreintes qui incriminaient Bruno.
-Ca, on l'a su plus tard.
Il fallait faire quelque chose, alors...
Alors j'ai mis une autre arme dans la main de Charles.
J'ai cherché la balle et je l'ai jetée.
C'était pas possible que Bruno aille en prison.
-Pourquoi vous l'avez aidé ?
-Je sais pas.
-Votre liaison a commencé avant la mort
de votre mari ?
-A la seconde où je l'ai vu...
j'ai su que je pourrais pas y échapper.
Vous savez, ces moments
où vous avez l'impression
qu'une force extérieure choisit pour vous.
Je suis tombée amoureuse.
Eperdument.
-Vous n'étiez pas obligée
de céder à cette force.
-Il y a un proverbe qui dit...
que le destin conduit celui qui veut
et traîne celui qui ne veut pas.
De toute façon, le destin m'aurait traînée jusqu'à Bruno.
J'ai peut-être voulu m'imaginer que j'étais maîtresse de quelque chose.
-En l'aidant
à cacher son crime ? -Je faisais ça pour lui.
-Et vous avez recommencé
avec Mathis. -Non, j'ai rien fait.
Je suis juste allée chercher l'arme dans le coffre.
-Vous avez ouvert son coffre avec son oeil
et vous l'avez balancé dans un champ d'oignons !
-J'ai jamais fait de mal à Mathis.
C'est Bruno.
Il était dans une telle rage.
-Pourquoi Mathis gardait l'arme ?
Il aurait pu vous dénoncer.
-Il voulait que je me tienne à distance de sa vie.
-Peut-être parce que vous le torturiez quand il était petit.
-Je le haïssais.
Il avait du charisme. Dès qu'il était là, je n'existais plus.
Mon père l'aimait trop.
-Bruno... Pourquoi vous avez tué Mathis ?
Il y a autre chose. Pourquoi ? -Il était en train de me ruiner.
J'allais devoir vendre la propriété. J'avais que ça.
-C'était pas qu'une question d'argent. Pourquoi ?
-Quand il a disparu il y a 5 ans, il m'a dit que si j'essayais
de le retrouver, il me dénoncerait pour avoir tué notre père.
Je l'aurais jamais recherché.
-Vous avez signalé
sa disparition. -Pour les apparences.
J'allais enfin pouvoir vivre.
-Vous avez assassiné votre frère et vous lui avez arraché les yeux.
Quel frère fait ça ?
Pourquoi ?
Vous vous rendez compte ?
-De toute façon, il était malade.
En le tuant, je l'ai soulagé. Je lui ai rendu service.
-Non...
Vous l'avez tué parce qu'il n'avait plus peur de vous.
Voilà pourquoi.
-Il y a des trous dans la table.
-Ca n'a pas toujours été facile, mais on a fini par y arriver.
-J'en ai jamais douté. Il te reste du muscadet ?
-Ca, c'est pour toi.
Cadeau ! -Merci.
-Ca, c'est pour toi, Astrid. Cadeau.
-Astrid n'aime pas les cadeaux. -Et s'il ne me plaît pas ?
-Disons que c'est une contribution
de pièce scientifique
dans le cadre de notre échange.
-Ce n'est pas un cadeau. -Non.
-D'accord.
La pleurote. C'est une blague.
-Oui.
-C'est le prépuce de M. Descartes. C'est une pièce
très intéressante. Je vous ferai parvenir une pièce de mon service.
-Veillez à lui changer son formol de temps en temps.
-On a un cadeau pour toi.
-Ah bon ?
Merci. -Ouvre.
-Oh !
Un écureuil empaillé !
J'en ai toujours rêvé. Merci. -Ca n'a pas été facile à trouver.
-Il y avait surtout des renards. -Mesdames !
C'est l'heure.
-Oui. -Il ne faut pas être en retard.
-Bon...
On se revoit, hein ? -Oui.
A Paris. -Au revoir, Astrid.
-Pas toucher. Pas toucher.
-Au revoir.
-Au revoir, Dr Ehle.
Merci.
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