All language subtitles for The.Great.Man.2014.

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Downloaded from YTS.BZ

Official YIFY movies site: YTS.BZ

C'étaient des éclaireurs,

c'est-à-dire des gens qui vont là où personne ne connaît rien.

Là où les autres ont peur, d'habitude.

Eux, ils n'avaient pas peur,

car ils étaient toujours ensemble, ils faisaient toujours tout ensemble.

Quand l'un buvait, l'autre n'avait plus soif.

Quand l'un était blessé, l'autre avait mal,

comme un seul corps.

C'étaient le caporal Hamilton et le caporal Markov,

les meilleurs éclaireurs de l'unité.

Ils devaient surveiller des montagnes aux mains de l'ennemi.

Mais souvent, il n'y avait rien à voir,

parce qu'il ne se passait rien.

"Patience," disait Markov, "c'est quand c'est le plus calme

"qu'il faut être le plus vigilant."

Ils pouvaient marcher longtemps, sans manger et sans boire, ni dormir.

Mais ils revenaient toujours au camp de base dire ce qu'ils avaient vu.

Des bergers leur avaient parlé d'un monstre

qui s'attaquait aux troupeaux et mangeait toutes les chèvres.

Une nuit, ils l'aperçurent.

Hamilton pensait qu'il rêvait. Markov dit que non.

Ou alors, ils auraient fait le même rêve.

C'était lui : un immense léopard,

qui avait franchi de très hautes montagnes et qui était là devant eux.

Ils demandèrent à leur chef s'ils pouvaient partir à sa recherche.

Leur chef dit non, et leur interdit de quitter leur poste.

Mais ils partirent quand même. C'était plus fort qu'eux.

Sur les traces de l'animal,

ils décidèrent de franchir les frontières du monde connu,

et s'enfoncèrent dans l'inconnu.

Ils marchèrent pendant des heures et des heures...

sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.

Ils arrivèrent dans une vallée où coulait une rivière.

Ils la longèrent comme le léopard.

Parce que comme eux, il devait avoir soif.

Hamilton !

Merde, merde !

Les yeux ! Ouvre les yeux ! Ouvre !

Ils étaient tombés dans une embuscade.

Hamilton perdait beaucoup de sang.

Peut-être qu'il allait mourir.

Markov dit : "Non, tu ne vas pas mourir."

Les yeux ouverts !

Parce que si Hamilton mourait, alors Markov mourrait aussi.

C'était aussi simple que ça.

Regarde-moi.

Tu ne vas pas mourir.

Alors, Markov sauva Hamilton.

Pour cela, il avait abandonné leurs armes à l'ennemi.

Markov savait que c'était une erreur.

Mais il avait fait son choix.

Légionnaires, vous voilà aujourd'hui au seuil d'une nouvelle vie.

Vous avez valeureusement servi le drapeau français,

contribué à défendre la démocratie, la liberté,

l'égalité, la fraternité à travers le monde.

Légionnaires, je suis fier de vous. Fier de ce que vous avez accompli.

J'ai tremblé pour vous.

Et vous m'êtes revenus indemnes d'Afghanistan et de Côte d'Ivoire.

Vous nous quittez, et je vous regretterai.

Pour ceux d'entre vous, une large majorité,

qui quittent la légion étrangère avec les honneurs,

vous intégrez la société française

avec tous les droits que votre engagement vous confère.

Mais ce droit n'est pas donné, il se mérite.

Certains d'entre vous l'ont oublié.

Ils en tirent les conséquences.

Caporal Markov, tu sors du rang.

Le reste, à la remise du certificat de bonne conduite.

Allez.

Garde à vous !

Markov !

Massaev. Mourad Massaev.

Comme tu veux.

- Ça y est, tu es un ancien ? - Oui.

Tu vas voir, on s'y fait vite.

On y va ?

- Merci. - Au revoir.

Allez, viens.

Voilà.

Tel quel, 3 mois cash.

- Où habitent Madina et Issita ? - Vous êtes qui ?

C'est le papa à Khadji. C'est ça ?

Correct. Et toi, tu es Sabina ?

Maman !

Magomed.

- Khadji, viens ici ! - Je vais le chercher.

D'accord.

Bonjour.

Je vais dehors.

Non, je n'ai pas faim.

Pour toi.

C'est une peluche.

Enlève ton blouson.

Enlève ton blouson.

Ta chambre.

On ouvre ?

- Non. - Pourquoi, "non" ?

- Il faut ranger tes affaires. - Je veux retourner chez moi.

- On sort. Remets ton blouson. - Non.

J'avais école, aujourd'hui !

Je parle que français !

Je suis ton père.

"La discipline et la camaraderie sont ta force,

"le courage et la loyauté tes vertus. Fier de ton état de légionnaire,

"tu le montres dans ta tenue toujours élégante,

"ton comportement toujours digne mais modeste,

"ton casernement toujours net.

"Soldat d'élite, tu t'entraînes avec rigueur,

"tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux,

"tu as le souci constant de ta forme physique.

"La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout

"et s'il le faut, en opérations, au péril de ta vie."

C'est impossible que tu aies mal.

"Au combat, tu agis sans passion et sans haine,

"tu respectes les ennemis vaincus, tu n'abandonnes jamais ni tes morts,

"ni tes blessés, ni tes armes."

C'est ça, le serment du légionnaire.

Allez, c'est fini.

Plus de poux.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour, M. Massaev. - Bonjour.

Bonjour, Khadji. Tu viens ? Je te présente ta nouvelle maîtresse.

OK.

Viens.

Le pain, c'est sud-est.

Correct.

Viens manger.

- On répète ? - Encore ?

OK. Alors, le protocole. Que fais-tu si quelqu'un vient ?

Pas ouvrir.

Et si tu as un problème ?

Pas la police, le café.

Mon numéro ?

06...

34, 26...

73 et 90.

Madina et Issita ?

06...

47...

39, 54, 28.

- Voilà. - J'aime trop le protocole !

Oui, oui. Mais maintenant, tu manges.

C'est lui, Hamilton.

Ça va, il est pas si grand.

Un petit peu moins grand que moi, mais il a les meilleurs réflexes.

Comme quoi, par exemple ?

Une fois, dans le désert,

tout le monde avait faim est soif, mais pas Hamilton.

Hamilton, il est comme le lézard. Il aime le soleil, les cailloux.

Trois jours il peut rester sans manger et sans boire.

Quand tous criaient qu'ils avaient faim et soif,

Hamilton leur a dit de se taire.

Et il a écouté le désert.

Personne n'entendait rien, mais Hamilton, si.

Il a écouté à l'est,

il a écouté à l'ouest,

et soudain, il a lancé sa main comme l'éclair

et il a attrapé un serpent que personne n'avait vu,

qui se cachait, un serpent énorme,

comme ça, d'une seule main.

Il a serré si fort que les yeux du serpent sont sortis de sa tête.

Tu as fait quoi avec le serpent ?

Moi, je l'ai découpé avec mon couteau et je l'ai cuisiné.

J'ai nourri dix hommes, avec. Et tous, on a bu du jus de serpent.

C'était délicieux.

Vous auriez pu faire des flèches avec le venin.

On n'y a pas pensé. Dommage que tu n'étais pas avec nous.

Vous étiez toujours ensemble ?

Bien sûr. On faisait toujours tout ensemble.

Et quoi d'autre... Hamilton ?

Tu vois, ton bonhomme que tu as toujours ?

Hamilton, il est exactement comme ça.

Maintenant, tu dors. Je serai là à ton réveil.

- Sûr ? - Sûr.

Hamilton, debout !

Markov !

- Tu es en civil, Markov ? - Comment tu trouves ?

T'as l'air d'un clown.

- Oui, comme... un blanc d'oeuf. - Un blanc d'oeuf !

On dit "un blanc-bec".

Regarde. Ils m'ont mis un bout de métal.

Tu vois ? Tout là.

Regarde, sens.

Tu le sens ?

Regarde là.

Nickel, hein ? On voit presque plus rien.

Ils l'ont chopée là, juste là.

T'es jaloux, hein ?

Je la sens encore dans ma tête quand tu fais ça, ça me fait mal.

- Non ? - Je te jure.

La balle est restée trop longtemps.

- T'as cru. - Pas du tout.

Si, si, t'as cru ! Ah si, purée, t'as cru !

Exfiltration, ce soir ?

Quoi ?

Bah... je suis pas encore sorti.

Bon...

Je peux prendre une douche, au moins ?

Quand tu m'as réveillé, j'étais en train de rêver.

J'était au milieu de nulle part, je te jure, c'était...

Il n'y avait plus aucun bruit, et moi, j'étais tout seul.

Je sais pas pourquoi, mais ça me faisait flipper,

c'était tellement vrai.

C'est bon signe.

Ah ouais ? Pourquoi ?

C'est signe que tu es pas mort. Et aussi,

c'est signe qu'il faut vite sortir d'ici.

Dépêche-toi, j'ai faim.

Markov...

Je ne m'appelle plus Markov, mais Mourad Massaev.

Pour moi, tu seras toujours Markov.

À toi, Hamilton. Encore cent ans de vie.

Bon appétit, messieurs.

C'est toi qui payes.

Alors, c'est tellement bien, la vie normale ?

Ça va, normal.

Normal comment ? Vas-y, dis.

Normal de merde.

Je vis avec mon fils. C'est bien, mais... pas de travail.

Peut-être quelque chose sur un chantier.

J'ai pas les papiers.

Quoi ?

Trop de jours d'arrêt.

À cause du léopard ? C'est bon, moi aussi je vais payer.

- Je te prends des jours d'arrêt. - C'est pas seulement ça.

C'est tout ce que j'ai fait pendant 5 ans.

Ils ont tout regardé et... voilà, je ne suis pas un bon légionnaire.

Ah ouais ? Ben si toi, t'es pas un bon...

Au caractère de chien.

- Je suis pas un chien. - C'est une expression.

- Je suis pas un chien. - OK !

Et la boîte qui reprend les anciens ? Tu as essayé ?

Tu dois te refaire. Ça devient une question d'honneur.

- Ils le voulaient. J'ai dit non. - Eh ben t'as eu tort.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je te dis que t'as eu tort.

Tu m'attends, et on y retourne ensemble.

- Et Khadji ? - Quoi, Khadji ?

Mon fils.

Ton fils s'est débrouillé sans toi pendant 5 ans.

Et puis t'es pas irremplaçable, mec.

"Irremplaçable" ?

"Irremplaçable"... "qu'on ne peut pas remplacer".

- Personne ne l'est. - Personne n'est quoi ?

Irremplaçable.

C'est pas vrai, je rêve !

Ah, d'accord.

On est devenu un monsieur, c'est ça ?

Tu sais quoi ? T'es pas le seul.

Moi aussi, je suis un monsieur.

"Michaël Hernandez." C'est ça, ton vrai nom.

Non. Moi, c'est Hamilton. C'est écrit sur ma carte militaire.

Tu prends ça.

Je te donne mon numéro de Sécu. Comme ça, tu peux bosser.

Tu crois ? On me dit : "Comment tu t'appelles",

je dis "Michaël Hernandez" ?

Markov à la Légion, Hernandez dehors.

Allez, prends-la, et arrête de psychoter.

Vas-y.

Et puis souris.

Hein, souris. Ho, ho !

Ben voilà. Une bonne tête d'Hernandez.

Et alors ? C'est qui, le monsieur ?

Combien tu veux ?

Attends...

Tu m'insultes, là.

Non... Tu me donnes ton nom, c'est beaucoup.

C'est juste un nom sur une carte. Rien de plus.

Bon... Appelle les anciens. Je veux entendre ça, moi.

T'as les jetons ou quoi ?

T'as les jetons !

La petite soeur !

Monsieur Vincent ?

Bonsoir.

Michaël Hernandez au téléphone.

C'est Sakis qui m'avait donné votre carte.

Je suis un ancien de Saint-Christol.

J'ai terminé mon engagement et je cherche du travail ici,

à Paris.

OK.

Affirmatif.

Où ça ?

OK.

- J'ai rendez-vous demain. - Ben voilà.

Salut.

- Comment tu t'appelles ? - Camille.

- Et toi ? - Maeva.

- Lui, c'est Michaël. - Salut, Michaël.

- Et toi, c'est quoi ? - Hamilton.

Non ? J'avais un hamster qui s'appelait Hamilton.

- Un quoi ? - Un hamster.

Allez !

Hernandez !

Elle me l'a donné. Elle était jolie, hein ?

- Pas mal. - Bien !

- Très bien. - Je vais la baiser.

C'est bon. Encore une fois.

On lève bien haut, allez.

Ouais ! Super.

- Pas de maux de tête, de vertiges ? - Négatif.

Pas obligé de faire ça tout le temps.

Alors ? Vous mettez quoi ?

Pour l'instant, rien. Ta rééducation n'est pas terminée.

Détends-toi, Hamilton. Ça va bien se passer.

- Et ta famille ? - Quoi ?

Ta famille. Ça aide, dans ton genre de situation.

Les gars savent où me trouver... Je suis pas tout seul.

Mon colonel.

Bonjour, chef.

- Caporal Hamilton. - À vos ordres, chef !

Sergent-chef Gao, chargé du reclassement.

- Caporal, comment on se sent ? - Bien, chef. Impeccable.

- Le moral ? - Nickel, chef. Et le physique aussi.

Bravo.

Alors, que va-t-on faire ?

Je demande ma réaffectation au même poste.

Dans mon régiment, chef. À Saint-Christol.

C'est noté.

Et si l'avis était négatif, on envisagerait une reconversion ?

J'y ai pas pensé, chef. Je travaille le positif à fond.

J'aime le terrain, chef.

C'est noté.

Docteur ?

Moi, je me fais pas trop de souci. Ça va aller. Faut qu'il se détende.

Il peut quitter l'hôpital ce week-end

et revenir lundi, si vous êtes d'accord.

Tu peux rentrer chez toi ce week-end.

À Saint-Christol ?

Non, pas à Saint-Christol. Chez toi.

- Si je veux rester ici, je peux ? - Comme tu veux.

Mais surtout, détente.

Oui ?

Regarde à 1 h.

- C'est la moto d'Hernandez ? - Dans tes rêves !

Tes clés.

Bon, tu finis à quelle heure ?

Je passe et on va faire un tour ?

17 h pile.

17 h pile, Hernandez !

Bonjour.

C'est bizarre, chez toi.

Mais c'est bien.

C'est bizarre.

Ben... tu veux pas...

Tu te fous de moi?

Cinq minutes. Il fallait trop que je décharge.

- Dans 5 minutes... - Moi aussi, il faut que je décharge.

5 minutes, OK ?

Je suis désolé.

- Tu te fous de ma gueule ? - Mais non...

Mais... c'est improbable.

Figure-toi que Maeva se meurt d'amour pour Michaël.

- Dis-lui qu'elle prenne un ticket. - Jamais.

Ben quoi ?

Sur chaque continent,

il y a une femme qui pleure en pensant à Michaël Hernandez.

Attends... tu me fais mal.

Oh putain, je vais être en retard.

- Déjà ? - Ouais.

Tu veux pas discuter ?

On discute, là, non ?

Bon, rhabille-toi, toi aussi.

Là, mon cher, nous bavardons.

De quoi tu veux parler ?

Je sais pas, moi... Que fais-tu dans la vie ?

Je suis légionnaire.

C'est ça ! Et je suis danseuse au Crazy Horse.

Sans déconner ?

Banane ! Non, je suis en master de lettres. Et toi ?

Je t'ai dit : je suis légionnaire.

Allez, tiens.

C'est quoi, ces cicatrices ?

Accident de travail. J'ai pris 2 balles.

- On m'a rapatrié. - D'où ?

Afghanistan. C'est la guerre, là-bas.

Tu dis ça comme si ça te faisait plaisir.

Un soldat hors combat, ça s'emmerde.

- C'est horrible. - Tu voulais qu'on discute.

Allez, dépêche-toi.

Je fais une soirée, dans 15 jours. Une soirée déguisée.

Viens en uniforme, tu serais trop beau.

C'est pas un déguisement.

T'as raison, c'est mieux quand on discute pas.

Et dans 15 jours, je retourne dans mon régiment.

- C'est comme dans la chanson, alors. - Laquelle ?

Laisse tomber.

Attends !

Adieu !

Bonjour. Excusez-moi, je suis un ami de... Hernandez, un collègue à vous.

- Vous savez pas où il est ? - Ça fait un moment qu'il est parti.

- Il vous a rien dit ? - Non. Pourquoi ?

Pour rien.

Tu te fous de moi ? J'étais pas en retard.

C'est pas ma faute. Tu aurais pu m'attendre 5 minutes.

Bon, merde... Je vais pas te courir derrière,

donc si tu veux faire un tour, rappelle-moi. Ciao.

Markov !

Ouvre !

Tu es malade ?

Markov !

Tu fais la gueule ?

Markov ?

Bonjour. Je cherche un ami,

Mourad Massaev. Costaud, les cheveux courts, brun.

Je vois qui c'est. Il est où ?

Je sais pas. Je le cherche.

Pourquoi ? Que s'est-il passé ?

Ce qui s'est passé ?

Son gamin a débarqué hier, à la fermeture.

Son père est pas rentré, il demande à téléphoner.

J'ai essayé de l'appeler, il répond pas.

Le gamin, pareil. Il est tombé sur le répondeur, trois fois.

Il a fini par appeler des amis. Deux femmes sont venues le récupérer.

Le gamin n'a pas paniqué, rien, mais bon.

On laisse pas un gamin tout seul, ça se fait pas.

Il a pu se faire choper par la police.

Je sais pas s'il a des papiers.

Attendez.

95... 55.

Très bien. Merci.

Allô, bonjour. On m'a donné votre numéro.

Parce qu'en fait...

j'appelle à tout hasard parce que j'ai un copain qui a disparu.

Enfin, qui a disparu... plus de 24 heures.

Oui. Et voilà, je me demandais s'il lui était arrivé quelque chose...

un accident, enfin n'importe quoi...

Ah, je sais pas.

Essayez Hernandez. Michaël Hernandez.

Très bien, merci.

De quoi ?

C'est pas possible.

Mais non, c'est impossible.

OK, j'entends. Mais c'est pas possible.

Vérifiez. Ça doit être une erreur, madame.

Je dis que ça doit être une erreur !

Où ça ?

Où ?

C'est n'importe quoi. C'est n'importe quoi !

Oui. C'est ça, oui !

Entrez.

Le rapport a indiqué un AVP : accident sur la voie publique.

Les témoignages concordent. Il est décédé sur les lieux. Désolé.

Il faut orienter le corps. Donc j'ai besoin de vous demander

si vous reconnaissez formellement qu'il s'agit de Michaël Hernandez.

Reconnaissez-vous le corps de Michaël Hernandez ?

Ouvrez !

Ouvrez ! Police !

Tu sais, je suis pas là pour te faire du mal.

Tu comprends ?

Tu comprends quand je parle ?

On va commencer par ton identité. Ça veut dire comment tu t'appelles.

Je m'appelle Massaev Khadji Mouradov.

Massaev : M-a-s-s-a-e-v.

Je suis né le 21 novembre 2002,

à Grozny, en République de Tchétchénie.

C'est qui, par rapport à toi ?

Madina et Issita.

- Vous êtes de la même famille ? - Presque.

Comment ça, "presque" ?

C'est qui, pour toi ? Hein ?

Des tantes, des cousines ?

Non, c'était des voisins, en Tchétchénie.

Donc tu n'as pas de lien avec la famille Gourjiev.

Tu as de la famille en France ?

- Mon père. - Oui.

Et il est où, ton père ?

- Je sais pas. - Tu sais pas ?

Tu veux pas me dire ?

OK.

Je t'explique le problème.

Les Gourjiev sont sous le coup d'une OQTF. Tu sais ce que ça veut dire ?

Tiens, regarde.

OQTF : obligation de quitter le territoire français.

Mais elles ont rien fait !

Elles sont restées illégalement en France.

Ça fait 2 ans qu'elles doivent retourner au pays.

Ils peuvent pas. C'est dangereux !

On n'est pas là pour parler de ça. Je dois savoir ce que je fais de toi.

Tu comprends ?

Et pour moi, à ce stade...

tu es MIE :

mineur isolé étranger.

Si tu veux pas me dire où est ton père,

je te transfère à l'aide sociale à l'enfance.

Ils vont te placer en foyer ou dans une famille.

Tu seras bien là-bas, en sécurité.

Avec ton père, ce serait mieux, quand même.

Alors, où il est ?

Il devait me prendre chez Madina et Issita. Et s'ils ne sont plus là ?

Quand doit-il venir te chercher ?

Je sais pas.

Bon...

Tu veux pas me le dire ?

Tu préfères le foyer ?

Non ! Je veux pas y aller !

"Assis...

"Debout...

"Plus vite...

"La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout,

"et s'il le faut, en opérations, au péril de ta vie."

Nord-est.

Silence !

Tu es le fils ?

Tu sors d'où ?

Il est où ?

Il a eu un accident.

Mort ?

Un tube d'aspirine, s'il vous plaît.

- Ça va pour les enfants ? - Non, il faut du paracétamol.

Il a quel âge ?

Laissez tomber.

- Je vous dois combien ? - 2,50 euros.

Merci.

Qu'est-ce que c'est ?

Des pastilles de sauvetage anti-stress à base de plantes,

en cas de crise, ou en prévention d'un événement stressant.

Des gommes à sucer.

J'en prends un.

Je m'appelle Hamilton.

Bon, allez. Sors de là.

Sors !

C'est toi qui devais mourir, pas lui.

Alors tu vas mourir.

Et ta mère va mourir. Et ton père aussi, il va mourir.

Vous serez tous morts.

- J'ai pas de père. - Menteur !

J'en ai un sûrement, mais... je ne le connais pas.

De toute façon, vous allez tous mourir. Surtout toi.

Tu vas où ?

Tu t'en vas ?

Je vais prendre l'air.

Allez, viens.

C'est quoi ton nom, déjà ?

- Massaev Khadji Mouradov. - Quoi ?

Khadji.

Il faut prévenir les gens chez qui tu étais.

Non. La police les a emmenés.

Moi, on m'a dit que j'étais MIE.

Ils m'ont mis dans un foyer à Mantes-la-Jolie.

À Sevran, il n'y avait plus de place.

- Et je me suis enfui. - Quoi ?

MIE, ça veut dire mineur isolé étranger.

Tu t'es enfui d'un foyer ?

Tout seul ?

Ben oui, tout seul.

Est-ce que c'est possible que quelqu'un soit mort par erreur ?

Tu sais, quelqu'un est mort, mais c'est une erreur,

et il revivrait si on allait le chercher.

Ce serait bien.

Mais non, c'est pas possible.

Il est dans une tombe ?

Pas encore.

Il est où, alors ?

Dans un endroit, en attendant.

On peut aller les délivrer, Madina et Issita, et Magomed et Sabine ?

Pourquoi non ? T'es soldat, tu pourrais.

Je l'étais. Je ne le suis plus.

- Pourquoi ? - Parce que. C'est comme ça.

J'aurai jamais d'enfants.

Bonne idée.

Bon... allez. Mange, au lieu de parler tout le temps.

Moi... j'avais dormi dehors la veille.

Parce que j'avais fait des conneries et qu'il fallait que je me planque.

Enfin...

Et ton père...

il était sale. Je me souviens, il était dégueu de la tête aux pieds.

Le pantalon, les chaussures pleines de terre.

Il était bizarre, il ne parlait pas.

Il était dans son coin.

Et puis après, on nous a fait rentrer.

Alors... ton père s'est levé, et il s'est écroulé direct.

En fait, il crevait la dalle.

Il avait pas mangé depuis... je sais pas.

Et...

au début, on pouvait pas s'encadrer.

Moi...

je savais pas... Je pensais qu'il était russe.

Je faisais pas la différence entre tchétchène et russe.

Enfin voilà... pour déconner...

pour faire rire les collègues, je l'appelais Popov.

"Souris, Popov !"

"Popov, reviens là !"

Ça le rendait fou.

Alors il me montrait sa cicatrice :

"Regarde ce que les Russes m'ont fait !"

Mais moi, c'était pour rire.

Et...

à la première manoeuvre,

en entraînement,

on devait sauver des otages. Moi, je faisais le terroriste.

Et lui, il devait m'arrêter.

Et ce jour-là...

il m'a sauté dessus comme un sauvage. Il m'a attrapé...

on s'est battus. Personne n'arrivait à nous séparer.

Jusqu'au moment où le chef est arrivé, et là...

on a dégusté. Quatre jours au trou.

C'est comme ça qu'on a commencé à se parler.

On s'est fait des excuses, et...

Puis on est partis au combat.

Cinq ans...

ensemble, jour et nuit.

Les meilleurs éclaireurs de l'unité.

C'est quoi, un éclaireur ?

Un éclaireur, c'est ceux qui vont là où on ne sait pas ce qu'il y a.

C'est... les premiers en territoire inconnu.

Comme les explorateurs ?

Oui, un peu.

Mais un éclaireur qui revient jamais, ça sert à rien.

Nous, on est au camp de base. Et si notre éclaireur revient jamais,

ça sert à rien qu'il soit parti.

C'est du gâchis, et c'est injuste.

Ouais. Bon...

Bon, je vais me coucher.

Allez, bonne nuit.

Bonne nuit.

J'ai été absent, il faut expliquer, s'excuser,

sinon je peux pas y aller. Tu peux me mettre un mot ?

Je peux pas faire ça.

Pourquoi ? Un adulte doit le faire.

Ben justement. Tu verras ça avec les gens du foyer.

- Quoi ? - J'y retournerai jamais.

T'as pas le choix. Je peux pas m'occuper de toi.

Tu sais pas où c'est !

À Mantes-la-Jolie, tu crois qu'il y en a 36 ?

J'ai appelé. Ils sont OK pour te reprendre.

Ils ont l'air cool.

Par rapport à ce que je connais des foyers, ils sont cool.

Tu as de la chance, crois-moi.

- N'importe quoi. T'y connais rien ! - Tu te calmes !

Je m'en fous, je m'enfuirai encore.

Et comment tu feras pour vivre ?

Je vivrai dans la forêt, caché. On ne me retrouvera jamais.

Et pour manger ? Pour les courses ?

Je chasserai avec le couteau de papa, je cueillerai des racines

et je récupérerai l'eau de pluie.

Et l'école ?

L'école, tu fais comment ?

C'est pas gagné, ton truc.

Arrête de me regarder comme ça.

On dirait ton père, quand tu fais ça.

Arrête !

Tiens.

Pour ta collection.

- Merci. - De rien.

- On y va ? - J'y vais tout seul.

- Je prendrai des nouvelles. - OK.

Eh ben dis donc. J'aurais bien aimé, moi,

que quelqu'un m'attende chaque fois que j'ai déconné.

Tiens.

T'étais bien barré, avec ton couteau et ta lampe-torche.

La prochaine fois, tu t'équiperas mieux. D'accord ?

Bon, t'as pigé, pour le feu ?

T'es pas fatigué ?

Non, ça va.

Tiens...

allonge-toi sur ma veste.

Tu restes là, Hamilton ? Tu pars pas ?

Où tu veux que j'aille ?

Et toi,

tu pars pas, tu restes là ?

Parfois, il vient dans mes rêves.

Il vient chez toi aussi ?

Il est là.

"Décrivez un animal ou une personne de votre quotidien."

Il ronfle.

C'est parce qu'il travaille la nuit. Donc le jour, il dort.

Mes copains disent qu'il est comme une ombre

qu'on ne voit pas,

qu'on n'entend pas,

et qu'il a tué des enfants quand il était soldat.

Ce qui prouve qu'ils ont peur de lui.

Il me laisse faire des choses interdites normalement.

Exemple : démarrer la moto.

Exemple : utiliser ses couteaux de chasse.

Etc., etc.

Quand je me demande à quoi il pense, je le lui demande, et il me le dit.

Il doit toujours dire la vérité, car on a un pacte.

Parfois il dit : "Je ne pense à rien."

Et là, il ment.

Mon père était son meilleur ami.

Il était bien plus grand et plus fort

car il avait plus de muscles aux épaules.

Khadji !

- Tu viens ? - J'arrive !

Lui, il s'appelle Michaël Hernandez.

Ou "le lézard", parce qu'il aime le soleil et les cailloux.

Adaptation : Marion Roché pour Eclair Group

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.