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Dans le systĂšme judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particuliÚrement monstrueux.
Ă New York, les inspecteurs qui enquĂȘtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.
Voici leurs histoires.
Bonjour. Le week-end a été calme ?
Oui. Sauf pour les coupures de courant vendredi soir au 58e.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Friedman & Sons.
- Ils refont l'électricité ? - Oui.
- Les caméras sont reconnectées ? - Tony vérifie.
Chef, venez voir.
- Quoi ? - Elle est lĂ .
Puis le courant est coupé.
- On l'a entraßnée dans les toilettes. - Appelle les flics. On y va.
- HĂ© ! Sortez ! - Pardon.
Madame !
Je n'ai rien trouvé.
Regardez la photo.
Un homme a entraßné une femme dans les toilettes. Un viol.
Il n'y a pas de viol sans victime.
Merci. On s'en occupe.
La femme de ménage, Valérie Martin, est entrée avec son badge
vendredi Ă 18 h et n'est jamais ressortie.
Elle n'a pas pu sortir sans son badge ?
L'alarme aurait sonné.
- Elle travaille à quels étages ? - Ici et au 57e.
On a déjà fouillé le 57e.
MĂȘme les placards ?
- Oui. - Il y a des bureaux vides ?
Il y a une suite vide. Elle sert d'espace de stockage.
PrĂȘt ?
Debout, c'est l'heure !
- Valérie Martin ? - Martin.
- Vous avez passé le week-end ici ? - J'ai des colocs.
J'avais besoin d'intimité.
Faites-les s'habiller et sortir.
Allez, on s'en va.
Mais alors qui est-ce ?
Et oĂč est-elle passĂ©e ?
NEW YORK UNITĂ SPĂCIALE
Quelqu'un a entraßné une inconnue dans les toilettes du 58e étage.
On sait d'oĂč elle venait ?
Son entrée n'a pas été filmée
et on ne voit pas son visage.
Quelqu'un d'autre que la femme de ménage passe le week-end ici ?
Tous les employés et visiteurs entrés vendredi sont ressortis.
- On a interrogĂ© les employĂ©s ? - Il n'est mĂȘme pas 8 h.
Ce ne sera pas terminé avant quelques heures.
Demandez de l'aide Ă un agent.
Hopkins ! Que se passe-t-il ?
Richard Morgan. Le propriétaire.
La police est lĂ . La victime d'un crime se trouve peut-ĂȘtre ici.
Capitaine Cragen. Voici les inspecteurs Stabler et Benson.
Ils ont un mandat ? Nos locataires ont droit au respect de leur vie privée.
Ce droit sera respecté, madame...
Block. Ingrid est mon avocate. Elle dirige ma vie.
Si on les laisse fouiller tous les bureaux,
cela risque d'aller Ă l'encontre des baux.
Cette femme se trouve quelque part ici.
Peut-ĂȘtre blessĂ©e, ou mourante.
Il nous faut votre coopération.
Que pouvons-nous faire ?
Demandez Ă vos locataires
de nous donner les noms des employés absents.
Bien. Hopkins, tenez-moi au courant.
Des infos toutes les heures.
Oui, madame. Unité une, répétez.
- Qu'est-ce qui se passe ? - On vous demande au 58e. Les toilettes.
Il y a des traces de sang partout ici.
- Mais rien dans les cabines. - Ni sur le lavabo.
Ni au sol. Comment est-ce possible ?
Aucune idĂ©e. MĂȘme en nettoyant Ă la javel, il reste des traces.
Un fantĂŽme ne saigne pas. Elle est ici.
On a un cadavre et cinq minutes d'obscurité.
- Que fait-on ? - Les ascenseurs de service.
- Au bout du couloir. - Il y a une caméra ?
Oui, et la coupure ne l'a pas affectée.
On a vu la vidéo. Ni agresseur, ni victime.
- Des caméras dans l'escalier ? - Non. Il ne sert jamais.
Il a pu sortir par là sans déclencher l'alarme ?
Oui, s'il avait la combinaison.
- Vous ĂȘtes prĂȘts ? - Allez-y.
- Le sol est propre. - Les murs.
Regardez la poubelle !
Du sang à l'intérieur.
OĂč sont vidĂ©es les ordures ?
Dans les bennes du quai de chargement.
Elles vont ĂȘtre vidĂ©es.
HĂ© ! Attendez !
ArrĂȘtez ce truc ! HĂ© !
Reposez ça ! Police !
Alors ?
Des serviettes ensanglantées.
- C'est avec ça qu'il a fait le ménage. - Chacun sa benne.
Oh ! Pas la peine.
Mon Dieu !
Bien emballée.
J'espÚre qu'il a laissé des preuves pour Warner.
On a passé les bennes au peigne fin.
Rien d'autre que le cadavre.
Comment le tueur est entrĂ© dans les WC sans ĂȘtre vu ?
Il a dĂ» entrer pendant la premiĂšre coupure.
Il savait donc qu'elles auraient lieu.
La victime passe dans le couloir.
Il l'attrape une fraction de seconde avant la deuxiĂšme coupure.
Il n'a pas pu frapper au hasard.
Il a dĂ» l'attirer lĂ -bas. Mais ensuite ?
Il lui a fracassĂ© le crĂąne. D'oĂč le sang sur le mur.
Une bùche protégeait le sol.
Il l'a enroulée dans la bùche, essuyé le sang
et l'a traßnée dans le couloir jusqu'aux poubelles.
Il connaissait les horaires des coupures et du ramassage des ordures.
Il savait par oĂč sortir. Il travaille lĂ -bas.
On interroge les gens de la maintenance et de la sécurité.
Ce crime est incroyable.
- Surtout que c'est déjà arrivé. - Quand ?
Octobre 1987.
Nancy Pierce, 27 ans.
Violée, étranglée et cachée dans un conduit d'aération des Trent Towers.
- Le coupable s'en est tiré ? - Non.
Daniel Hardy, agent de maintenance.
En perpétuité à Sing Sing.
Il est enfermé depuis 20 ans. Ce n'est pas lui.
Sauf s'il avait un complice.
Espérons que la victime nous en dira plus.
- Des nouvelles de Warner ? - Dans quelques heures.
Allez lire un livre au labo, John.
Liv, Elliot, allez Ă Sing Sing.
Découvrez si M. Hardy avait un complice.
LUNDI 14 DĂCEMBRE
Je n'ai pas de complice. Je suis innocent.
Vous pourrez demander une conditionnelle dans 3 ans.
Si vous avouez, ça vous aidera.
Je n'ai rien Ă avouer.
- Alors pourquoi ne pas la regarder ? - Je l'aimais.
- Et elle m'aimait. - Puis elle a arrĂȘtĂ©.
Alors, vous l'avez tuée.
Le sperme trouvé correspondait à votre groupe sanguin.
Mais ce n'était pas le mien.
J'ai été condamné avant les tests ADN. Prenez un prélÚvement.
- Comparez. - Ce n'est pas notre travail.
- Appelez un avocat. - Vraiment ?
Mon avocat a renoncĂ© suite Ă la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme.
Je n'avais pas le droit de demander un test ADN pour prouver mon innocence.
Si j'avais violé et tué Nancy,
pourquoi vous le demanderais-je ?
Tenez.
Si on a de l'ADN pour ce meurtre, on devrait le comparer.
Tu le crois innocent ?
J'ai déjà mis un innocent en prison avant qu'on ait l'ADN.
Benson.
Liv, Warner déballe notre inconnue.
Je vais t'envoyer une photo.
Traumatisme crĂąnien, large trace de ligature autour du cou.
Vous la connaissez ?
Renee Simmons.
Une secrétaire du service de comptabilité de M. Morgan.
- Vous n'avez pas signalé sa disparition. - Elle n'avait pas disparu.
Elle ne vous parlait pas.
J'ai renvoyé Renee et 12 autres employés vendredi matin.
On a récupéré leurs badges.
Ils ont tous quitté le bùtiment.
Pourquoi Renee est-elle revenue ? Pour vider son bureau ?
- On l'a fait pour elle. - Laisse-moi parler.
- Tu n'es pas obligé de leur répondre. - Renee est morte.
On va devoir interroger ses collĂšgues. Ils auront peut-ĂȘtre une piste.
Tout le monde sait qui en voulait Ă Renee.
Son mari, Matt Simmons. Il a pété les plombs quand elle a divorcé.
- Ă quel point ? - Elle a obtenu une ordonnance contre lui.
Mais on ne pouvait pas le chasser du bĂątiment.
Il est agent de change chez Friedman & Sons au 58e étage.
Simmons n'a pas quitté le bùtiment avec son badge.
Si Renee est partie aprĂšs son licenciement,
comment son ex l'a fait revenir sans qu'elle soit vue ?
Demandons-lui. HĂ©, Matt !
Vous avez une seconde ?
Vous alliez oĂč comme ça ?
De la weed. Un bon gros sachet.
- Au moins 200 grammes. - Pas étonnant que vous ayez faim.
S'il vous plaĂźt, ne dites rien. La SEC va me retirer ma licence.
Votre licence ? C'est votre vie qui va partir en fumée.
Renee ? Oh, mon Dieu !
C'est elle qui est morte au 58e ?
Vous devriez le savoir. Vous l'avez assommée et étranglée.
- Non. Je n'ai pas fait ça. - Si.
Vous l'avez emballé dans une bùche et jetée aux ordures.
- Je n'ai pas tuĂ© Renee. Je le jure. - C'Ă©tait l'occasion rĂȘvĂ©e.
Vous saviez pour la coupure de courant
et pour son renvoi.
Et qu'elle avait besoin d'argent.
C'est comme ça que vous l'avez attirée là -haut ?
Vous lui avez dit d'entrer par le quai de chargement
et vous l'avez entraßnée dans les toilettes.
Mais enfin ! Pourquoi je l'aurais tuée ?
Pourquoi elle a demandé une ordonnance restrictive ?
- Vous étiez obsédé. - J'étais furieux.
Elle se tapait son ordure de patron, Morgan.
Richard Morgan ? Comment vous le savez ?
Je les ai suivis.
Ils dĂ©jeunaient au mĂȘme hĂŽtel tous les mardis.
Et ce qu'ils mangeaient n'était pas au menu.
Je voulais que Renee sorte de ma vie.
Mais pas comme ça.
Richard Morgan, 56 ans, PDG de RichMo Investments.
Quinze ans sur la liste Fortune 500.
Grand philanthrope. Fan d'arts martiaux.
Il enseigne le karaté à des enfants défavorisés.
Il travaillait aux Trent Towers en 87, au moment du meurtre de Nancy.
MĂȘme mode opĂ©ratoire, mĂȘme arme du crime.
MĂȘmes marques de ligature.
Vingt-deux ans d'Ă©cart ? Ăa fait long s'il est coupable.
- Pourquoi pas d'autres meurtres ? - Il n'a peut-ĂȘtre pas eu besoin.
Ou on n'a pas trouvé les autres.
Vous pensez qu'il se tapait Nancy ?
Il couchait avec Renee Simmons.
Il a pu les tuer pour couvrir ses coucheries.
Ou ses confidences sur l'oreiller.
Et c'est Daniel Hardy qui a été accusé.
Il n'y a rien qui puisse nous aider dans le dossier de Nancy ?
On a des échantillons de sang et de sperme.
Le greffier les examine.
Je voulais dire, rien qui puisse nous aider
Ă comprendre le mobile de Morgan ?
D'aprÚs le témoignage de Morgan au procÚs de Hardy...
Hardy était coupable.
"Daniel Hardy avait le passe-partout du bĂątiment."
"Daniel Hardy avait un sale caractĂšre."
Ah, écoutez ça :
"Ce soir-lĂ , je l'ai vu crier sur Nancy dans le couloir.
Juste avant qu'elle disparaisse."
Morgan était le maßtre de l'univers.
J'étais un esclave insignifiant.
Je le suis toujours.
Nancy.
- Elle était comptable ? - Associée dans un petit cabinet.
Juste avant sa disparition...
- Elle semblait nerveuse ? - Non. Tout le contraire.
Elle était excitée.
Elle me disait qu'elle allait me payer des études.
Qu'elle allait acheter un appartement, devenir riche.
- Riche ? - Un demi-million de dollars.
De la part de Morgan.
Il voulait acheter son cabinet.
Nancy voulait prendre sa part du gùteau et démissionner.
Il a piqué une crise.
Il a dit qu'elle devrait rester pour toucher l'argent.
Le lendemain, elle est venue chercher ses affaires au bureau.
Et le dimanche...
on l'a trouvée morte.
Nancy est morte le vendredi 23 octobre 1987.
Quatre jours aprĂšs le crash boursier du lundi noir.
Le marché s'effondre à nouveau.
Morgan doit ĂȘtre sacrĂ©ment nerveux.
C'est une raison pour virer des gens, pas pour les tuer.
Sauf si elles savaient quelque chose.
- Au sujet de son argent, par exemple. - Ah ?
Morgan est fauché.
Ses investissements s'élÚvent à prÚs de 800 millions.
Mais sur ses comptes en banque, il n'a que cinq millions.
Il aurait tout perdu si un de ses gros clients avait encaissé.
Ou plusieurs clients plus petits. Morgan tarde Ă les rembourser.
Bernie Madoff lui a appris Ă investir ?
C'est logique.
C'est un mobile pour les meurtres de Nancy et Renee.
Elles étaient dans la compta.
Elles avaient accĂšs Ă ses comptes.
Elles ont dû découvrir l'escroquerie.
Renee ne l'a pas juste découverte.
Un pote du fisc vient de me dire qu'elle les informait.
Il l'a tuée et a voulu faire accuser son ex.
Encore une fois.
Et deux femmes sont mortes.
- Il sait qu'on est aprĂšs lui. Il va fuir. - Pas si on l'arrĂȘte.
Le type me montre le yacht qu'il s'achĂšte avec sa prime.
Et vous savez ce qu'il me dit ?
"VoilĂ l'argent de vos impĂŽts."
Cessez de harceler mon client.
- On ne fait que commencer. - Levez-vous, M. Morgan.
Je vous arrĂȘte pour fraude et vol qualifiĂ©.
Vous ruinez sa réputation.
Gardez ça pour la mise en accusation.
Tout va s'arranger.
Excusez-moi.
AUDIENCE PRĂLIMINAIRE 21 DĂCEMBRE
Affaire 245.
Richard Morgan.
- Les charges... - Il n'y a pas erreur ?
Deux cent trente chefs d'accusation pour vol qualifié et fraude
et 20 pour évasion fiscale ?
Cet homme est Bernard Madoff.
Version Karaté Kid.
C'est préjudiciable. Je veux qu'elle soit censurée.
Je ne vois pas de jury.
Et elle ne m'influencera pas.
- Que plaidez-vous ? - Non coupable.
L'accusé a un jet privé et les moyens de fuir le pays.
Je demande la détention préventive.
C'est excessif.
Mon client n'est pas un criminel.
M. Morgan fait l'objet d'une enquĂȘte pour viol et homicide.
Quand il sera accusé de ces crimes, il attendra son procÚs en prison.
L'accusé remettra son passeport
et sera confiné à domicile avec un dispositif de surveillance électronique.
La caution est refusée. La séance est suspendue.
La presse bloque toutes les sorties.
Le procureur fédéral a appelé. Ils le mettent en accusation demain.
Si on veut le coincer pour meurtre, c'est maintenant.
Vous lui faites perdre son temps.
Il faut qu'il s'habitue Ă perdre son temps.
Et ce n'est pas tout ce qu'il va perdre.
Vous trouvez ça drÎle ?
Je pensais Ă votre accusation
comme quoi j'aurais volé des centaines de millions.
Vous avez ruiné beaucoup de vies.
Y compris celle du type coincé en prison
pour le meurtre que vous avez commis il y a 22 ans.
Daniel Hardy a été condamné par un jury.
Intéressant. Vous n'avez pas oublié son nom.
OĂč voulez-vous en venir ?
Si vous aviez de l'ADN pour le prouver, nous n'aurions pas cette conversation.
Ă moins que vous vouliez arrĂȘter mon client encore une fois...
il rentre chez lui.
Je vais faire sortir Daniel Hardy de prison
et il récupérera tout l'argent qu'il vous reste.
Amusez-vous bien sur votre roue Ă hamster.
On y va ?
Il est prĂȘt Ă tout pour protĂ©ger son argent.
MĂȘme la reine des glaces ne pourra pas l'aider.
- Vous m'avez ruiné ! - Couchez-vous !
LĂąchez votre arme. Vite !
Calmez-vous, monsieur. Contre le mur.
- Pas de pouls. - Que s'est-il passé ?
On faisait sortir Morgan, et ce type lui a tiré dessus.
Il m'a tout volé.
Le travail de toute une vie.
Ăa va ?
Ăa va.
Je l'ai entendu la premiĂšre fois.
Il a pointé son arme sur moi. Et il a tiré.
Deux fois.
J'ai vu du sang sur moi. Je me suis crue touchée.
Ce sera tout.
Voulez-vous que j'appelle quelqu'un pour vous ramener ?
Non. Merci.
Je suis désolée pour votre client.
Thomas Rooney, 80 ans. Sa femme est morte d'un cancer.
Morgan ne lui rendait pas son argent.
Il n'avait rien Ă perdre.
Comment savait-il qu'il était là ?
El. Greffier sur la ligne deux.
Stabler.
J'ai des bordereaux qui disent que si.
Mais... D'accord.
Oui, merci.
L'ADN du dossier de Nancy a disparu.
Daniel Hardy est foutu.
Il va rester en prison pour le reste de sa triste vie.
Madame Block !
- Tout va bien ? - Excusez-moi.
En fait... J'aurais d'autres questions Ă vous poser.
Si ça ne vous embĂȘte pas.
Je vous ai tout dit.
Il ne s'agit pas des coups de feu.
Il s'agit des photos des deux femmes que votre client a tuées.
J'ai vu Ă quel point ces photos vous perturbaient.
Et pourtant...
quand l'homme qui a été votre client pendant 25 ans...
se fait assassiner sous vos yeux...
vous semblez soulagée.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Si, vous le savez.
Vous l'avez toujours su.
Qu'attendez-vous de moi ?
La vérité.
Avez-vous aidé Richard Morgan à réaliser son montage financier ?
Absolument pas.
- Ătiez-vous au courant ? - Non.
J'avais des doutes.
Mais j'étais son avocate, donc...
Le secret professionnel m'empĂȘchait
de révéler ce qu'il pouvait me dire.
Ce salopard a volé des millions de dollars.
Il a tué deux femmes.
Il ne m'a jamais dit qu'il comptait tuer quelqu'un.
Allez, Liv. Demande-lui pour Hardy.
Je vais la faire parler.
Vous n'irez nulle part.
Que voulez-vous ?
La libération de Daniel Hardy.
Je ne peux rien pour vous.
Vous ĂȘtes sa seule chance.
Thomas Rooney y a veillé en tuant votre client.
J'ai un devoir de confidentialité.
- Il est mort. - La loi s'en fiche.
Richard Morgan a fait accuser un innocent d'un meurtre qu'il a commis.
- J'ai prĂȘtĂ© serment. - Vous protĂ©gez un cadavre !
Le protéger, c'était toute ma vie.
Vous ne comprenez pas ?
Si je le trahis maintenant, je trahis tout ce que j'ai défendu !
Ingrid...
Morgan n'est plus lĂ .
Vous n'avez plus besoin de le couvrir.
Un innocent va passer le reste de ses jours en prison
si vous ne faites rien.
J'ai compris que Richard avait tué Renee Simmons le vendredi aprÚs-midi.
C'était déjà trop tard.
Parce qu'il vous l'a dit ?
Il n'avait pas besoin de me le dire. Mais je l'ai compris.
Parce que je savais que 22 ans plus tÎt, il avait assassiné Nancy Pierce.
Comment le saviez-vous ?
Vous avez déjà vu une boßte d'ombre ?
Bien sûr. Une petite vitrine qu'on accroche au mur ?
Richard en avait une dans son bureau.
Il y mettait toutes ses ceintures de karaté.
Je ne l'ai pas vue dans son bureau l'autre jour.
Vendredi aprÚs-midi, il l'a apportée dans mon bureau
et m'a demandé de la garder pour lui.
AprÚs avoir tué Renee Simmons.
Vous ĂȘtes en train de me dire...
que Richard Morgan...
a fait exactement la mĂȘme chose...
il y a 22 ans dans les Trent Towers ?
Ce jour-là , Richard m'a aussi apporté sa boßte d'ombre.
Il a dit qu'il rénovait son bureau et m'a demandé de la garder pour lui.
On était tous sous le choc aprÚs la découverte du corps de Nancy.
Et Richard rénovait son bureau.
Ăa m'a fait rĂ©flĂ©chir.
Je savais qu'il venait de racheter le cabinet de Nancy
et qu'elle voulait partir.
Pas besoin d'ĂȘtre un gĂ©nie pour comprendre. Alors...
j'ai fini par lui demander s'il avait quelque chose Ă voir lĂ -dedans.
Il m'a dit...
"En fait, oui."
Je l'ai supplié. Je lui ai dit : "Richard...
Dan Hardy, le gars de la maintenance, va aller en prison pour l'avoir tuée."
Vous savez ce qu'il a fait ?
Il a éclaté de rire et il a dit : "Je sais. C'est génial, non ?"
Alors, pendant toutes ces années,
vous saviez
que Daniel Hardy était innocent.
Il n'y a pas un jour qui passe sans que je pense Ă ce pauvre homme.
C'est ça, pleure. Elle l'a laissé pourrir 20 ans en prison.
Elle est folle ?
Si elle avait parlé, elle aurait été radiée.
Peut-ĂȘtre mĂȘme arrĂȘtĂ©e.
Pour avoir fourni des preuves afin de faire libérer un innocent ?
Seul le Massachussetts autorise un avocat Ă briser le secret professionnel
pour protéger un innocent.
Le secret ne meurt pas avec le client. Sa carriĂšre est fichue.
à l'époque, qu'avez-vous fait de sa boßte
quand vous avez compris pourquoi il vous l'avait donnée ?
Je suis rentrée chez moi. Je n'ai pas dormi de la nuit.
Et le lendemain, quand je suis arrivée au travail
elle avait disparu.
Elle était de retour sur le mur de Richard.
Et maintenant ?
- Elle est dans votre bureau ? - Oui.
Au fond de la crédence derriÚre mon bureau.
C'était vrai.
Il y a les cellules épithéliales de Nancy sur la ceinture.
Et celles de Morgan.
Il ne l'a mĂȘme pas lavĂ©e.
- Il se croyait vraiment intouchable. - Heureusement.
Heureusement qu'Ingrid a parlé. Elle nous a fait une belle faveur.
Vingt-deux ans trop tard.
J'ai aussi trouvé le sang de Renee Simmons sur la ceinture.
D'oĂč la ressemblance des marques.
Ce salopard a utilisĂ© la mĂȘme ceinture.
On a une preuve irréfutable que Morgan a tué Nancy
et que Daniel Hardy est innocent.
COUR SUPRĂME MERCREDI 23 DĂCEMBRE
Qu'est-ce qui se passe ?
Vous sortez, Daniel.
C'est si simple que ça ? C'est fini ?
Richard Morgan.
Il a tué Nancy.
Richard Morgan.
Vous ĂȘtes sĂ»r ?
Leurs ADN étaient sur la ceinture de karaté avec laquelle il l'a étranglée.
La ceinture de son bureau ?
Comment l'avez-vous su ?
Je la leur ai donnée.
Vous ?
Vous ĂȘtes son avocate.
Jusqu'à ce qu'il soit tué il y a deux jours.
Vous saviez que Richard avait tué Nancy ?
Vous saviez que Richard avait tué Nancy ?
Vous le saviez.
Vous le saviez et vous n'avez rien dit.
- La loi m'en empĂȘchait. - La loi ?
Vous pouviez me faire sortir il y a 20 ans et vous n'avez rien dit ?
Vous m'avez laissé ici ?
Comment pouvez-vous vous regarder sans un miroir ?
Vingt ans !
Allons-y.
Le juge anglais William Blackstone a dit :
"Mieux vaut que dix coupables s'en sortent
plutÎt qu'un innocent soit condamné."
Je suis triste de dire que dans ce cas,
notre systÚme n'a pas été à la hauteur.
Cette cour ne pourra jamais vous rendre les années que vous avez perdues.
Je ne peux que vous demander pardon pour cette terrible erreur judiciaire
dont vous avez été la victime.
Ainsi, Daniel Hardy,
j'annule par la présente votre condamnation pour homicide volontaire.
Votre dossier sera effacé
et j'ordonne votre libération immédiate.
La séance est levée.
Merci. Pour tout.
J'aimerais pouvoir faire autre chose.
- On peut. Ingrid Block ? - Inspecteur Stabler ?
Je vous arrĂȘte pour complicitĂ© d'homicide.
- Elliot, qu'est-ce que tu fais ? - Je demande justice pour Renee.
Elle a remis l'arme du crime entre les mains de Richard Morgan.
Comprenez-vous vos droits ?
Je vous ai tout dit. Je serai mon propre avocat.
J'aurais pris quelqu'un de plus éthique.
Inspecteur, s'il vous plaĂźt.
- Comprenez-moi. - Gardez ça pour le jury.
Vous savez ce que vous avez fait ?
Mon travail.
Ni moi ni Alex n'avons validé cette arrestation.
Vous n'avez rien dit à votre équipiÚre.
J'ai suivi la loi.
Ce n'est pas terminé, inspecteur.
- Mais ça pourrait. - Je l'ai arrĂȘtĂ©e dans les rĂšgles.
Je lui ai lu ses droits.
Ăa prouve qu'il est dangereux d'avoir un peu de connaissances.
Morgan lui a donné la ceinture qui a étranglé la premiÚre victime.
- Et elle la lui a rendue. - Elle en avait le droit.
En raison du secret professionnel.
Elle savait qu'il avait tué une fois. Elle savait qu'il pouvait recommencer.
Quand elle lui a rendu cette ceinture noire
elle s'est rendue complice du meurtre de Renee Simmons.
J'en ai assez des avocats
qui se cachent derriĂšre le secret professionnel pour dissimuler des preuves.
COUR SUPRĂME MARDI 19 JANVIER
Mme Block a reconnu qu'en 1987, M. Morgan lui a avoué
avoir étranglé Nancy Pierce avec la ceinture noire de cette boßte.
Et comment savez-vous qu'il a tué Mme Simmons
avec la mĂȘme ceinture ?
Son ADN et celui des victimes s'y trouvaient.
Merci, inspecteur. Rien Ă ajouter.
- Inspecteur, qui est cet homme ? - Objection.
- Crédibilité du témoin. - Rejetée.
Répondez à la question.
C'est Victor Tape.
Je l'ai arrĂȘtĂ© pour viol en 1998.
Avez-vous appris par la suite qu'il était innocent ?
Oui.
OĂč se trouve Victor Tate en ce moment ?
Il purge sa peine Ă Sing Sing.
Comment est-ce possible ?
Le seul à pouvoir prouver son innocence, le vrai violeur, s'est suicidé.
Sous la surveillance de la police.
Donc, un innocent reste en prison alors que vous avez fait votre travail.
Oui.
Inspecteur Stabler...
pensez-vous que je sois responsable de l'emprisonnement de Daniel Hardy ?
Oui.
Ce n'est pas seulement pour ça que vous m'avez arrĂȘtĂ©e.
Vous l'avez fait pour apaiser votre culpabilité au sujet de Victor Tate.
Objection.
Je retire.
Rien Ă ajouter.
En tant qu'avocate, j'ai fait le serment
de ne jamais révéler les secrets d'un client.
Cette confiance est sacrée et protégée par la loi.
Ainsi, si vous, vous ou vous Ă©tiez arrĂȘtĂ©...
vous pouvez ĂȘtre sĂ»r que je respecterais cette confidentialitĂ©.
Le secret professionnel de l'avocat est une base fondamentale
de votre droit à un procÚs équitable.
Richard Morgan m'a donné cette boßte en 1987
et a avouĂ© s'ĂȘtre servi de la ceinture noire
pour étrangler Nancy Pierce, car il savait que je ne pourrais rien dire.
Ăa m'a torturĂ©e. Je ne pouvais pas garder cette boĂźte
sans me rendre coupable de dissimulation de preuve.
Ma seule option légale
était de la lui rendre.
Mais avant que je puisse le faire
la boĂźte a disparu de mon bureau.
à ce jour, j'ignore encore comment Richard l'a récupérée.
Le témoin est à vous.
Donc...
les ceintures ont été volées
et ont réapparu par magie sur le mur de Richard Morgan.
- L'avez-vous interrogé à ce sujet ? - Oui. Il n'a rien dit.
Mais vous ne pouvez rien prouver,
le seul témoin étant feu Richard Morgan.
- Je me trompe ? - Je dis la vérité.
Vraiment ?
Vous venez de dire à la cour que vous aviez le devoir sacré
de garder ses secrets.
Mais vous n'avez pas respecté ce devoir.
Oui, pour faire libérer un innocent.
Si vous vous sentiez si concernée,
pourquoi ne pas l'avoir fait il y a 22 ans ?
Chaque jour...
je voulais le faire.
Un innocent croupissait en prison Ă cause de moi.
Puis vous avez décidé de rompre ce serment.
Et vous l'avez brisé, pas vrai ?
Richard était mort.
Mes révélations ne pouvaient plus l'atteindre.
Alors quoi ?
Tenir le serment, rompre le serment ?
Garder les ceintures, les rendre ?
Je vous l'ai dit.
Elles ont disparu de mon bureau.
Pour revenir entre les mains de Morgan.
Il s'est servi de cette ceinture pour tuer Renee Simmons.
Vous avez raison.
J'aurais dĂ» l'arrĂȘter.
C'est ma faute.
Renee Simmons est morte Ă cause de moi.
Rien Ă ajouter.
Tu l'as vraiment démontée.
- Je vais prendre ça pour un compliment. - Alex...
C'est mal.
J'ai raté un épisode ?
Si on est lĂ , c'est parce que tu as arrĂȘtĂ© Ingrid Block.
Je crois que j'ai commis une erreur.
- Abandonne les poursuites. - Trop tard.
McCoy ne me laissera pas faire.
Et avec mon plaidoyer, les jurés sont obligés de la condamner.
Sauf si je leur donne le choix.
Si je n'avais pas une dette envers vous, je ne serais jamais revenu ici.
Qu'est-ce qu'on fait lĂ ?
- Cet homme, qui nous tourne le dos. - Oui ?
C'est vous.
Comment ça ?
Il s'appelle Victor Tate. Je l'ai arrĂȘtĂ© pour viol il y a 11 ans.
L'an dernier, j'ai appris qu'il était innocent.
J'ai merdé. Il va purger sa peine jusqu'au bout.
- Vous ne pouvez rien faire ? - Non.
Mais vous pouvez aider Ingrid Block.
L'aider ? Moi ?
- Vous vous souvenez des ceintures ? - Oui ?
Je ne pense pas qu'Ingrid les ait rendues Ă Richard.
Quelqu'un d'autre l'a fait.
- Block m'a volé 22 ans de ma vie. - La vengeance ne vous les rendra pas.
Et aider cette connasse le fera sortir, peut-ĂȘtre ?
La loi l'obligeait Ă se taire.
Elle doit ĂȘtre punie pour ce qu'elle m'a fait.
C'est Morgan qui vous a fait ça. C'est lui qui vous a volé 20 ans.
Si Ingrid Block n'avait rien dit, cet homme serait vous.
Vous passeriez la serpilliĂšre pour le reste de votre vie.
COUR SUPRĂME MERCREDI 20 JANVIER
Le mercredi 28 octobre 1987...
je suis revenu travailler aprĂšs l'enterrement de Nancy Pierce.
DÚs mon arrivée, j'ai reçu un coup de fil de M. Morgan.
Que voulait-il ?
Que je prenne cette boĂźte dans votre bureau
pour la raccrocher Ă son mur.
Pourquoi vous a-t-il envoyé ?
J'étais agent de maintenance. J'avais un passe-partout.
- Vous avez obéi ? - Oui.
Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?
M. Morgan a menacé de me virer.
Vous n'avez pas trouvé ça bizarre ?
J'obéissais aux ordres de M. Morgan.
Qu'a-t-il fait quand vous lui avez apporté la boßte ?
Il a souri.
Et il a dit : "Avec une ceinture noire, on peut tout faire."
Puis on m'arrĂȘtait pour le meurtre de Nancy.
Merci.
Rien Ă ajouter.
Je n'ai pas de questions.
La défense se retire.
Monsieur Hardy, vous pouvez vous retirer.
- Une réponse, Mme Cabot ? - Non, Votre Honneur.
En ce cas, la défense plaide non coupable.
La partie civile n'a pas été en mesure de prouver...
ma complicité dans le meurtre de Renee Simmons.
Aussi réticente que je sois à priver le jury de cette décision,
il est évident que l'accusée n'avait aucune intention de commettre un crime.
Et pour information,
je trouve cela détestable qu'un procureur
utilise notre systĂšme de justice Ă des fins politiques.
Accusée, levez-vous.
Ingrid Block, je vous déclare non coupable de complicité d'homicide.
La séance est levée.
Je vous dois des excuses.
Et je dois tous vous remercier.
Je représente Thomas Rooney dans son procÚs pour homicide.
Il a 80 ans. Il est malade.
Pouvez-vous le faire sortir de prison ?
Je vais voir ce que je peux faire.
Ingrid cherche à se punir en défendant l'assassin de son client.
C'est sa façon d'aider une des victimes de Morgan.
Elle devrait aller de l'avant.
Elle lui est peut-ĂȘtre reconnaissante de l'avoir dĂ©barrassĂ©e de lui.
Ou bien elle se sent coupable.
Vous avez appelé Rooney deux heures avant qu'il tue Morgan.
Vous lui avez dit que Morgan était là , pas vrai ?
Lui avez-vous demandé de le tuer ?
Non. Je lui ai seulement dit oĂč il Ă©tait.
Vous saviez qu'il Ă©tait prĂȘt Ă exploser. Vous avez allumĂ© la mĂšche.
J'ai téléphoné, c'est tout.
En sachant que vous seriez intouchable.
Thomas Rooney a fait ce que j'aurais dĂ» faire il y a 22 ans.
J'ai toujours espéré que la loi rattraperait Richard.
La loi ne garantit pas toujours la justice.
Mais je m'en suis occupée.
LES PERSONNAGES ET FAITS PRESENTĂS SONT FICTIFS
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