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Original subtitles

Tu vis à Paris ?

Ça m'arrive.

On se revoit un jour ?

Peut-être.

J'aime les mauvaises rencontres.

Nathalie ?

- Tu sens le vin, mon amour. - J'ai bu toute la journée.

Et toi, alors ? Raconte.

Comment c'était, le Bassin parisien ?

Écoute, comme d'habitude.

Le marathon dans les couloirs des ministères, la routine.

Pas de naissances, pas de décès ? Pas de coups de fil importants ?

Rien. Le calme plat.

Sauf les vendanges, qui s'annoncent bien.

Au fait, il va falloir que je te parle de quelque chose.

Tu as l'air bien sage. Tu n'as pas encore fini tes devoirs ?

Bonjour, papa.

Je fais des dessins.

Les Américains me proposent

de m'occuper d'un grand cru, là-bas.

Six mois de Californie l'année prochaine.

C'est alléchant, non ?

Toujours la fuite des cerveaux français vers les États-Unis.

"Cerveaux", c'est beaucoup dire. Un nez, à la rigueur.

Maintenant, la fuite des nez ?

Qu'est-ce qui va nous rester, à nous ?

Tu me passes ma serviette ?

De toute façon, je t'empêcherai de partir.

Je donnerai ton signalement aux frontières.

Je me mettrai une fausse barbe.

Ça me rappelle une certaine matinée de Noël,

à la mairie.

Tu m'impressionnais avec ta grande barbe blanche.

Salut.

Oh, ce blond, c'est superbe !

C'était exactement ma couleur quand j'étais petit.

J'avais l'air d'un ange.

Malheureusement, à la puberté,

j'ai horriblement foncé.

Moi aussi, j'étais blond, enfant.

Oh, blondeur perdue,

à jamais disparue.

C'est pas mes 20 ans que je regrette, c'est mes 10 ans.

Ne pas avoir à se raser tous les jours,

à faire la cour à des camionneurs...

qui vous font souffrir.

Une vie séraphique, sans turpitudes.

C'est grave, de laisser traîner des débris alimentaires dans la loge.

Il y a plein de souris qui rôdent, dans cette boîte.

Oh...

Depuis la mort de mon chat,

je suis sans défense.

J'avais un chat que j'amenais partout.

Très féroce.

Il s'appelait Attila.

Mais qui t'a raconté ça ?

Tu me reconnais pas ?

Oh, mon petit garçon boucher qui voulait faire du cinéma !

Du cinéma, j'en ai pas fait.

Mais je me suis accroché à la scène.

Bien dit, mon garçon.

Les applaudissements, on ne peut plus s'en passer,

quand on y a goûté.

- Le baron est là. - Ah, le baron est là.

Dites, pour ma paye... Trois semaines de retard.

T'as pas trop d'ennuis en ce moment, toi ?

Ah, que t'es belle.

Dis donc, tu y crois, toi, à l'homéopathie ?

Pourquoi tu as toujours cet air mystérieux, là ?

Mais je suis mystérieux.

Ah... Ben, tu en as, de la chance.

Les jeunes devraient bien choisir leurs grimaces, parce qu'après,

on n'en change pas facilement.

Regarde, moi, j'ai toujours été un rigolo.

C'est trop tard pour changer.

Rassure-toi. Ce soir, t'es pas très drôle.

Tu dis ça pour me faire plaisir.

- Du strip-tease ? - Non.

Une femme nue ?

Non.

Oh ! 12 ans...

- Une femme ? - Ah ! Enfin, tout de même.

Et alors, qu'est-ce qu'elle fait, cette femme ?

- Elle a l'accent qui roucoule ? - Oui.

Euh... Elle aime les jolis garçons ?

Oui, et c'est très bien comme ça.

Alors, c'est... C'est Dalida !

C'est Dalida, mesdames messieurs ! On l'applaudit très fort.

Je suis toutes les femmes

Je vis vos joies et vos mélodrames

Je suis sentimentale

Et parfois femme fatale aussi

Que l'on me condamne

Si mon cœur s'enflamme

Devant les projecteurs

Qui me visent en plein cœur Chaque nuit

Je suis toutes les femmes

J'aime les paillettes, les strass Les télégrammes

Les soirées de premières

Puis la Lune et la Terre aussi

Et ma vie de star

Finit dans le noir...

Il avait deux fois l'âge du rôle, mais c'était une vedette.

Eh oui.

Oh, on l'a bien oublié, celui-là.

Ah ! Dis donc, au fait,

tu as revu le petit Aiglon ?

Il fait de la pub à la télé, pour un dentifrice.

C'est vrai qu'il avait de belles dents, la petite crapule.

- Tu prends un pot à la maison ? - Non...

Non, pas ce soir.

Tu m'excuses ?

Ça fait bizarre de se retrouver après si longtemps.

Ah oui.

- T'as pas changé, tu sais. - Oh si.

Deux infarctus,

le foie qui se fendille,

la mémoire qui fout le camp...

La vie, quoi.

"Une histoire racontée par un idiot,

"pleine de bruit

"et de fureur,

"et qui ne signifie rien."

- Bonsoir. - Bonsoir.

Jean !

- Salut. - Ah, salut.

Oh, t'es rien chic.

- Oh, le blouson ! - Quoi ?

Oh, le beau blouson !

Il vient d'où ? Montre-moi la marque.

À 2 h du matin ? Tu veux pas voir mes chaussettes ?

Montre-moi la marque.

Bon, oh...

Ce soir, j'ai dansé avec un capitaine complètement soûl.

Il m'a raconté comment on se dirige avec les étoiles.

Il avait une belle voix.

Ce soir, il y a pas d'étoiles.

T'aurais dû le raccompagner chez lui.

J'aime quand t'es jaloux.

Ça veut dire que tu tiens à moi.

Si je mourais, tu serais triste ?

T'as l'air sauvage, comme ça, mais c'est pour te cacher.

Hier, t'as eu un cauchemar.

T'as crié, ça m'a réveillée.

Moi, les rêves, je me rappelle jamais.

- Où est Lefèvre ? - Il a la grippe de Hong Kong.

J'espère qu'il nous enverra une carte postale.

On fait quoi du routier ?

Gardez-le au chaud. J'arrive dans 5 minutes.

Alors, Villedieu...

- How are you today? - Très bien, chef.

Parlez anglais, Villedieu, si vous voulez faire des progrès.

- Very well, chief. - Good.

Did you sleep well? Did you have sweet dreams?

Beautiful dreams, chief.

What did you do yesterday?

Yesterday, the "présentateur" of the Paradis was murdered.

Quoi ? En français.

Jean Morane, du Paradis, s'est fait buter cette nuit sur les quais.

Compression de personnel ? Allons y faire un tour.

Sur les quais, il s'en passe, des choses, question drague.

À votre place...

Je reste à ma place et vous restez à la vôtre, d'accord ?

On a retrouvé 500 g de coke chez lui.

Un peu beaucoup pour sa consommation personnelle.

- Vous n'avez plus besoin de moi ? - Non.

Villedieu, voyez avec lui pour sa déposition.

- Vous prenez un verre, commissaire ? - Non, merci.

Je crois qu'on a vu tout le monde.

Lui, c'est Bernard. Il est en retard, évidemment.

Il en fait toujours qu'à sa tête.

Vous avez quelque chose à dire au sujet de Jean Morane ?

Pourquoi ? On lui cherche une épitaphe ?

"Quand la vie a fini de jouer La mort remet tout en place

"La vie s'amuse

"La mort fait le ménage"

C'est beau.

C'est toi qui l'as écrit ?

Non. Jacques Prévert.

Qui n'avait pas une passion pour les flics.

Il y a quelques années, on a découvert le cadavre d'un notaire

dans la caisse d'une contrebasse.

- Depuis, j'ai envie de les ouvrir. - Allez-y.

Si ça se trouve, il y a une surprise.

Désolé.

Je peux rien pour vous.

Sympa comme endroit pour flirter.

C'est les prisonniers espagnols

qui ont construit cette base en 1940.

Il y avait mon père, dedans.

C'est mon père qui l'a construit, ça.

Et comme remerciement, ils l'ont envoyé en déportation.

Tu dois en avoir, des choses à me raconter.

J'en ai trop raconté, justement. Je suis complètement grillé.

Qui a tué Morane ?

C'est vous, avec vos conneries.

Quand vous avez épinglé l'Italien,

l'autre s'est rendu compte qu'il y avait des fuites.

Alors il a cru que c'était Morane.

Et toi, tu l'as pas contrarié.

Hé...

Alors si je comprends bien, Morane,

il a trinqué pour toi.

Bravo.

On est contents

- que tu sois toujours parmi nous. - Si vous pouviez m'oublier un peu...

Maintenant qu'on a descendu Morane,

si vous continuez à être rencardés, ils vont comprendre.

Sois pas craintif comme ça.

On tient à te garder, nous aussi.

T'es marrant, toi.

T'es marrant.

Il faut que le commissaire comprenne que moi,

je peux pas me mouiller plus.

Tu plaisantes ?

Tes services comptent beaucoup pour nous.

Allez !

Ouais !

Ouais, un essai !

C'est bien.

Viens. Viens, papa.

- Non, c'est pas les nôtres. - Mais si.

Vous jouez au rugby ?

J'y ai joué. 3e ligne.

- Mais c'est fini. - Moi, je joue.

Tu joues, toi ? Je suis sûr que t'es pilier.

- Comment tu t'appelles ? - Thomas.

Je te présente à l'équipe ?

Ça, c'est Gros Momo.

P'tit Doudou.

Et Titi la Mascotte. Embrasse-le, il porte bonheur.

Vous buvez un pot avec les vainqueurs ?

- Vous faites quoi avec ces salauds ? - Ah... Désolé.

- Messieurs, encore bravo. - Merci.

- Au revoir. - À la prochaine.

Ma nièce Caroline, institutrice,

est venue me voir l'autre jour au Palais

avec ses petits élèves pour son cours d'instruction civique,

et elle voulait aussi leur faire rencontrer des policiers.

- Ah. - Eh ouais.

J'ai dit que j'arrangerais ça avec mon gendre.

- Vous ne seriez pas contre ? - Non.

Au contraire.

Il n'y a plus que les enfants pour aimer la police.

Je reconnais bien là votre pessimisme.

Protéger des citoyens qui ne vous aiment pas,

c'est ça, votre grandeur.

J'ai parlé de vous avec votre divisionnaire, Lenorman.

C'est un passionné de rugby, lui aussi, comme vous.

Il m'a dit qu'après le match, vous aviez félicité les vainqueurs,

traître que vous êtes.

Je vous ai défendu, mais votre fair-play vous perdra.

Coucou ! Coucou, papa !

Papi !

J'ai trouvé une taupe dans le jardin.

- Une taupe ? Quelle couleur ? - Noire.

Donc c'est une taupe.

On a beaucoup parlé de vous après l'affaire des sorcières de Bordeaux.

Vous avez suivi ça ?

C'est une affaire complètement rocambolesque,

avec des mineurs, des messes noires...

Ça avait passionné les foules.

On avait reçu des centaines de lettres anonymes. Je les garde.

Un jour, j'espère, je ferai une anthologie de la lettre anonyme,

si ça intéresse un éditeur.

Après ma retraite.

C'est une lettre anonyme qui me vaut le plaisir d'être parmi vous ?

On a trouvé ça

sur la table de chevet de Jean Morane.

C'est quand je suis arrivé à Bordeaux il y a 2 ans.

En dehors du Paradis, vous aviez des relations avec Jean Morane ?

Aucune relation d'affaires, si c'est ce que vous voulez dire.

La coke, c'est pas mon truc.

- Je peux vous en prendre une ? - Oui.

Merci.

Nous avons peu d'informations sur lui.

J'ai pensé que vous pourriez peut-être nous aider.

Pourquoi je vous aiderais ?

Eh bien...

Je ne sais pas.

Peut-être parce que je vous fais peur.

Non ?

Alors parce que je vous suis sympathique.

Ah. Vous ne m'êtes pas antipathique.

Vous voulez savoir quoi, au juste ?

Si je couchais avec lui ?

Entrez.

Commissaire, il paraît que...

Excusez-moi, j'ai oublié de vous prévenir.

C'est l'école de Lacanau. Bonjour, Caroline.

Vous leur faites visiter un petit peu,

vous leur racontez le travail.

Vous m'excusez, Caroline, je suis en rendez-vous.

Avec un suspect.

Venez avec moi.

Amusez-vous bien.

C'est la nièce de mon beau-père.

Bon. Je vous laisse à votre famille nombreuse.

- Pardon de vous avoir dérangé. - C'est rien.

Le frère de Jean Morane est forain.

Il n'avait que lui comme famille.

Lundi, il sera à Bordeaux.

Je peux vous le présenter, si vous voulez.

C'est lui qui a fait la photo.

Ça peut être intéressant.

D'accord pour lundi.

Mon frère,

je le voyais qu'une fois l'an, monsieur le commissaire.

Mais se voir tous les jours ou tous les dix ans,

c'était pareil.

Ça marchait avec la télépathie, entre nous.

Maintenant, j'entends plus rien.

Vérifie les sangles, pendant que je parle avec M. le commissaire.

Mon frère,

il l'aimait bien, le petit.

Pauvre Jean.

Si je tenais l'enfant de salaud...

Vous allez l'attraper, hein, commissaire ?

On va tout faire pour ça, monsieur.

C'est pas facile. Pour qui ? Pour quoi ?

Ça peut être n'importe quoi. Un règlement de comptes,

un camé en manque...

Je sais pas si on vous l'a dit, monsieur le commissaire,

mais Jean, il aimait pas trop les femmes.

Il préférait les messieurs.

C'est pas mon goût, mais c'était son affaire.

Vous croyez pas que ce serait plutôt une histoire de tante ?

- Une histoire d'homo ? - Oui.

C'est pas impossible. On voit tellement de choses.

C'est drôle. Quand on était plus jeunes,

j'avais toujours peur qu'on nous confonde.

J'avais honte à cause de ça, justement.

Mais maintenant...

Ah, maintenant, je regrette.

C'était quelqu'un de bien, vous savez, Jean.

Ça y est, ils planent.

Pas mal.

Et voilà le travail. Qu'est-ce que j'ai gagné ?

Vous avez gagné ça.

Dangereux.

Hands up.

- Ça vous va ? - Oui, oui.

- Cadeau. - Pour moi ?

Merci.

Attention, les amoureux !

Allez, messieurs dames. On vient s'éclater un peu.

Allez, allez, on réserve sa place pour le prochain tour !

On en refera une.

- Allez, au lit. - Bonsoir, papa.

T'as bien joué, c'est bien.

- Bonsoir, maman. - Bonsoir, ma puce.

- Traîne pas trop. - Bonsoir, Mélodie.

Tiens.

Je voudrais prendre une année sabbatique.

- On en ferait, des choses, en un an. - Oh là là.

Je lirais.

Il y a bien longtemps que je lis plus que des polars.

Normal.

J'apprendrais le latin.

Pour pouvoir parler avec ton père.

- Je vais être obligé de ressortir. - Merde, non !

C'est cette affaire du Paradis.

J'ai un truc à vérifier.

- À cette heure-ci ? - Mais oui.

C'est une boîte de nuit, ma chérie.

Les Lenorman voudraient nous avoir à dîner.

- Tu peux arranger ça ? - Mais oui.

Je suis une star à l'intérieur

J'ai une piscine en forme de cœur

Un vison blanc et des paillettes

Qui s'effilochent dans ma tête

Enfant, j'ai traîné dans la crasse

Le long du trottoir de ma rue

Dans mes rêves, j'habillais de strass

Celle que je suis jamais devenue

Je suis une star à l'intérieur

J'ai une Rolls-Royce et un chauffeur

Deux ex-maris et une pension

Dans ma quatrième dimension

J'ai mis mes amours dans ma poche

Avec mon mouchoir par-dessus

Mes espoirs tristement sous cloche

Dans les pages de Ciné Revue

Des News.

Je suis une star incognito

Qui prend tous les jours le métro

Comme la Garbo, l'air mystérieux

Je m'exile au fond de ma banlieue

Et maintenant, permettez-moi de vous présenter

ces charmants petits musiciens de la nature que sont les oiseaux.

M. le pinson, toujours de bonne humeur...

Mon petit Fabio, tu me sers un verre ?

Merci.

Il y a de moins en moins de monde dans cette baraque.

Bientôt, on va licencier les barmans.

On commence toujours par les musiciens.

C'est un tort.

Des clients viennent rien que pour moi.

Alors, commissaire, on est venu faire un petit tour ?

Ici, tout est légal.

Tout ce qui est légal n'est pas forcément autorisé, jeune homme.

Alors soyons prudents.

C'est bien, chez vous.

C'est grand.

- Ça doit être difficile à chauffer. - M'en parlez pas.

Mais c'est bien.

Pas de voisins.

Pas de concierge.

Je peux faire des fausses notes toute la nuit.

- C'est un peu le bout du monde. - Je vous présente Lolita.

Lolita, le commissaire Verta, lui-même.

Viens.

Beaumarchais avait un chat qui s'appelait Beau-Minon.

Il avait fait graver sur son collier :

"M. de Beaumarchais m'appartient."

C'est tout à fait ça, mais sans collier.

Je vous offre quelque chose ?

Vous pouvez essayer de la dompter. On sait jamais.

Une bière ?

Tu te caches ?

Tu te caches ?

Qu'est-ce que t'as ?

T'aimes pas les flics ?

Ho là.

C'est pas mal.

Pour un débutant.

La plus belle voix au monde.

Avec ou sans mousse ?

Sans.

Vous n'avez pas peur de laisser vos empreintes ?

30-A.

T'as pas chaud, toi ?

La folie est dérangeante, dans notre société urbaine.

Mais dans certaines communautés rurales,

le fou tient encore le rôle social qu'il avait avant.

Ma grand-mère me parlait d'un berger, "el foumeu",

"le fumeux".

Il était parfaitement intégré à la vie du village.

C'est bien fini, tout ça.

C'est comme les bossus. Il n'y en a plus dans les villages.

Alors, pas trop vieux, ce matin ?

J'ai 1 000 ans.

Tu m'imaginais dans un endroit comme ça ?

Assez, oui.

- Elle est pas mal, ta femme. - Hmm.

Je suis peut-être passé à côté du vrai bonheur.

Un terrier, une femelle, des petits...

Et un amant, une fois par semaine.

Bref, une vie bien équilibrée.

Et respectable.

Je crois que tu te trompes complètement, mon vieux.

Quand je fais l'amour avec Nathalie, ça n'a rien de respectable.

Et puis, c'est formidable d'avoir un gosse.

- Tu bois un verre ? - Non, merci.

Je vais pas rester.

Je veux t'éviter le constat d'adultère.

T'es con, hein.

De toute façon, Nathalie n'est pas à Bordeaux aujourd'hui.

Et...

j'ai aussi le goût du sacrilège.

Je te présente Mélodie.

Ton père a fait ce meuble ?

Oui. Il travaillait 10 heures par jour

et trouvait le moyen de nous faire des jouets.

T'es un beau chien, toi.

- Tu chasses ? - Je chassais.

On chassait, hein ?

Je ne suis pas très tolérant.

Tu me pardonnes ?

Tiens. Bonjour, commissaire.

- Ça va, frangin ? - Ça va, et toi ?

Ouais.

On ne te voit pas souvent, par ici.

Tu enquêtes sur l'homme de Neandertal ?

J'ai pas le temps, mon vieux. Les flics ont trop de boulot,

avec tous ces Homo sapiens qui s'entre-tuent pour 1,25 F.

Je suis à toi dans une minute. Dès que j'ai fini avec cette dame.

Dis-moi, comment sais-tu que c'est une dame ?

Je sais reconnaître un monsieur d'une dame.

Oui, bien sûr.

Je peux même dire à quel âge elle est morte,

son mode de vie, son régime alimentaire.

Tout, quoi.

Il y a plus de vie privée, quoi. Ça va ?

Alors ?

Je voudrais te demander un service.

Oh, on se rappelle qu'on a un frère.

Tu as toujours ta piaule, là-haut ?

Oui, pourquoi ?

Est-ce que tu pourrais me la prêter de temps en temps ?

Ma piaule ? Si tu veux. T'as emballé une contractuelle ?

Non, non, allons.

Je n'abuse pas de mon droit de cuissage.

Non, mais c'est d'accord.

Seulement c'est un vrai capharnaüm.

Il va falloir que je range un peu, un de ces jours.

À part ça, ça va ?

Oui, ça va. Pourquoi ?

T'es mignon, avec ton épuisette.

T'étais plutôt dodu, hein.

T'aimes pas les dodus ?

Ton épouse, elle sait que tu préfères les hommes ?

Mais je n'ai aucune préférence pour les hommes.

- Ah bon ? - Qu'est-ce que tu imagines ?

Tu crois que je suis entré dans la police

pour rencontrer des jolis voyous ?

D'ailleurs, tu ressembles à une fille que j'ai connue, dans le temps.

Allons bon.

Une fille qui ressemblait un peu à un garçon.

Tu me sembles avoir une vie bien compliquée.

Si, si.

Mais non, c'est pas compliqué.

Si tu étais une fille, tu me plairais autant. Compris ?

On s'aime.

Tu es là ?

Oui, on avait besoin d'un bouquin à ton père.

Je viens chercher mes raquettes de badminton.

- Tu sais où elles sont ? - Elles sont là.

Moi aussi, je me suis inscrit au rugby.

J'ai mal à la gorge. Tu dis pas à maman que je sors ?

- Non. - Merci.

- 21,8, ça va nous donner 12... - 12,2.

On peut démarrer les merlots. À tout à l'heure.

On est bien, là, non ?

Tiens, on sera mieux là-dessus.

C'est du 1978. Tu vas voir ça.

- Tiens. Ça va te remonter. - Merci.

Alors, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

T'as des ennuis ?

Mais non.

Il s'agit pas de moi.

Ah bon ?

Alors je suis tout ouïe. Toute "papilles".

Eh bien...

Je voulais te dire que... ton mari a de curieuses fréquentations.

Obligations professionnelles.

Il s'envoie en l'air par obligation professionnelle ?

Tu fais quoi, du renseignement ou du conseil conjugal ?

Ça se passe chez moi, figure-toi.

En famille. C'est plus pratique.

Oui. Michel a demandé la clé de la chambre de débarras à Gérard.

Ce crétin n'a pas refusé.

C'est le genre de service qu'on peut se demander, entre frères.

Sans doute.

Prends pas mal ce que je te dis, Nathalie.

Tu sais que je vous aime beaucoup,

toi et Michel.

Tu l'as toujours détesté.

Mais non ! C'est pas ça, c'est pas vrai.

Mais dans son métier...

Écoute, Marianne, je sais pas comment tu vis et je m'en fiche.

Michel et moi, on est un couple moderne.

C'est pas sa première aventure et c'est pas dramatique.

Si.

Quand c'est son neveu de 10 ans qui le découvre au lit

en compagnie d'un rugbyman,

on est quand même en droit de s'inquiéter.

On a beau être moderne...

Vivons dangereusement.

Tu reprends du thé ?

Bon. Qu'est-ce que tu me proposes ?

Remarque, je peux toujours te faire convoquer au commissariat.

C'est gentil.

Je te dresserai des procès-verbaux enflammés.

"Motif :

"a troublé l'ordre de son représentant."

Ça te dirait d'aller en boîte ?

J'en connais des pas mal.

- Tu y vas souvent ? - Comme ça,

en sortant du Paradis, quand je m'ennuie.

Tiens.

J'ai envie de toi.

Et toi ?

Moi aussi.

- Comment va Mme Villedieu ? - Tiens, commissaire.

Bonjour, madame. Attention.

C'est la femme de mon adjoint.

Hé, Bernard. Sois sympa, mets-moi un petit tango.

Manuel, on rentre.

Remets-moi une anisette. On fait un strip poker à la maison ?

Oh oui ! Chéri, on va bien se marrer. Ouais !

Ouais, un tango, un tango !

C'est mon père qui m'a appris à danser le tango.

Il a fait la guerre d'Espagne, mon père.

Il a été blessé six fois, mon père. Tu te rends compte ? Six fois !

J'ai compris, ça va.

Il a mangé du rat à Saragosse.

- Ah ? Bon, ça suffit. - Où tu vas ?

T'es bourré, arrête.

- T'aimes pas mon père ? - Je le connais pas.

Je te parle de mon père.

Tu restes là quand je te parle de lui !

Tu me fais chier avec ton père !

Il est chauve.

Il me déprime, ce Lenorman.

Aucun sens de l'humour, esprit borné...

Mme Lenorman doit pas rigoler tous les jours.

Il faut pas se fier aux apparences.

Il est peut-être plein de fantaisie,

- dans l'intimité. - Oh...

Ça l'étonnerait d'apprendre que tu roucoules avec un rugbyman.

Tu aimes le dépaysement,

mais les galipettes devant un enfant de 10 ans, t'y vas un peu fort.

Petit con.

Il s'est absolument rien passé devant ce gosse.

Écoute, Nathalie... On vit ensemble depuis 12 ans.

Je t'ai jamais empêchée de faire ce que tu voulais.

J'ai eu des aventures. Ça ne change rien entre nous,

profondément.

Cette fois, c'est différent.

- En quoi ? - Mais tu le fais exprès ou quoi ?

Tu comprends pas que je me sens trahie ?

Je t'ai servi de couverture.

Le gentil petit couple. Tu me promenais pour la galerie.

- Je suis grande, on me voit de loin. - Arrête ton cinéma.

Je comprends

pourquoi je t'ai plu, avec ma grande barbe de père Noël.

Tu aimes les barbus.

J'aime les deux. J'ai toujours aimé les deux.

- Je te le prouve ? - Ne me touche pas.

Ne me touche surtout pas, tu me dégoûtes.

Si tu trouves ça si normal, pourquoi tu n'as jamais rien dit ?

J'avais peur de te perdre.

Écoute...

Là, on est un peu fatigués. Hein ?

Si tu veux, on reparle de tout ça demain, calmement.

Certainement pas.

Tu es dispensé de devoir conjugal. Tu peux retrouver ton gigolo.

Bonsoir, monsieur. C'est pour le dépannage.

- Quel dépannage ? - Vous venez de m'appeler.

C'est bien ici, la 505 avec les pneus crevés ?

Suivez-moi, elle est là.

Bon. Faites le nécessaire, je reviens.

D'accord.

Je trouve ça navrant.

Si Michel était homosexuel,

ça se soigne ou pas, j'en sais rien,

mais on dirait "le pauvre garçon".

Mais là, c'est pire. Il a toujours été normal.

Gérard,

tu as raconté comment vous alliez courir les filles ensemble

à 15 ans.

Alors quoi, c'est sa vraie nature

qui ressurgit ?

- Je pose la question. - Mais non.

C'est surtout les fantaisies d'un monsieur blasé,

qui cherche des sensations fortes

en se foutant cordialement des autres.

Je ne suis pas endocrinologue, mais...

Michel n'est pas manifestement pas un de ces êtres un peu androgynes

dont on peut dire qu'une insuffisance hormonale est à l'origine...

Ah non. C'est plutôt le contraire, chez lui.

Je suis sûre qu'il a sexuellement toujours eu de très gros besoins.

Victor Hugo aussi avait de très gros besoins, et à ma connaissance...

Un policier devrait être

sans tache.

À la place qu'il occupe, Michel n'est pas fiable.

Je me souviens que dans mon réseau de résistance,

nous avons refusé un inverti.

Ce sont des gens sur qui on a prise trop facilement.

Il faut être plus nuancé.

Michel est sans doute très malheureux.

Pensez au danger qu'il court professionnellement.

Il doit être irrésistiblement attiré vers la transgression d'un tabou

- qu'il cherche à évacuer. - Attention.

Le petit, quand même.

I can't imagine what would happen if Lenorman...

HAPPY BIRTHDAY TO YOU

HAPPY BIRTHDAY TO YOU

Happy birthday

- Bonjour, mon vieux papa. - Ah, ton vieux papa.

Happy birthday to you

- Mais non... - Mais si.

Il fallait pas.

Il faut des occasions comme ça. Ça va bien ?

- Ça va très bien. - N'ouvre pas tout de suite.

- Ça va, mon frère ? - Oui, et toi ?

- C'est toi qui me donnes ça ? - Il l'a acheté avec ses sous.

Et c'est pour faire des farces ?

Tu te rends compte ? Je vais pouvoir m'amuser avec ça.

Oh là là...

Je vais attaquer une banque.

Tu sais comment Bernard arrondit ses fins de mois ?

En se faisant mettre ?

Ah, tu me plais, toi.

Mais il se fait pas mettre par n'importe qui.

Ah non. Par un haut personnage.

Tu me diras qu'il fait ce qu'il veut.

Enfin, quand même,

il pourrait en faire profiter un petit peu les copains.

Ce serait plus gentil.

Mais moi, si je mène bien ma barque,

ça peut arranger mes affaires, ça.

Tu pourrais pas lui foutre la paix, non ?

Tu veux qu'il te remette une patate ?

T'occupe.

Ben voilà. T'es bien plus beau comme ça, mon vieux.

Je suis sûr que c'est elle qui t'avait tripoté.

Il était tout plié. Ça doit être toi en le déplaçant.

Je veux pas que tu touches à mes petits théâtres.

Tu sais pourquoi tu plais aux femmes ?

T'es comme un gosse.

Même sans tes cheveux.

S'il vous plaît.

Oui ?

- Vous savez qui je suis ? - Non.

Enfin, si. La femme de mon copain le commissaire.

Je voudrais vous parler, justement. Vous avez un moment ?

Oui.

- Mais je suis déjà en retard. - J'en ai pas pour longtemps.

Alors ?

Où est-ce que vous voulez en venir avec mon mari ?

Vous espérez quoi ? Qu'il vous épouse ?

C'est ça, oui. Et qu'il me fasse beaucoup d'enfants.

Je crois avoir l'esprit assez large, mais là, il ne s'agit plus de moi.

Vraiment ?

Ce que je ressens, ça me regarde.

Vous devez vous rendre compte que Michel joue avec le feu,

et tout ça, à cause de vous.

J'ai jamais rien demandé à Michel. Il est majeur, il fait ce qu'il veut.

Deux messieurs sous une couette, la police n'en raffole pas.

Ils préfèrent le monsieur avec la dame en dessous.

Vous avez raison de vous en foutre. Vous avez rien à perdre.

Puisque c'est vous qui le dites.

J'ai pourtant un assez grand sens du ridicule.

J'évite toujours les maîtresses de mon mari

et me voilà en plein vaudeville avec un pédé.

Avec deux pédés.

Vous êtes vraiment trop con !

Oh, te voilà, toi.

Hé !

Ça fait deux heures qu'on t'attend.

Sois pas dur avec lui.

Il a dû tailler une pipe à l'agent en chemin.

C'est qu'il est consciencieux, ce petit.

- Qu'est-ce que vous voulez ? - C'est toi qu'on veut, ma biche.

Tu nous offres pas une petite bière ?

Et je vous prépare la chambre d'amis.

Allez, viens là.

Ils ont tout cassé, puis ils sont partis.

Les ordures.

Je sais pas pourquoi je te raconte. Ça changera rien.

J'avais besoin de te le dire.

Calme, calme.

- C'est une bonne surprise. - Oui ?

Tu restes dîner avec nous ?

Non, tu es gentille. Je passais juste comme ça.

T'as tort, tu sais pas ce que tu manques.

Thomas et Michel adorent ça.

J'ai trouvé que t'avais l'air un peu fatiguée, l'autre jour.

Je me faisais du souci, voilà.

Oh, c'est rien. Des petites misères.

Au château, on a une cuve qui a pris un goût d'œuf dur.

Ça m'a flanqué des cauchemars pendant 8 jours.

Enfin...

Pas de quoi écrire à la famille, comme on dit.

Comme tu ressembles à ta mère.

Le même visage lisse, impénétrable.

Il fallait toujours tout deviner.

Mi-Sphinx, mi-Joconde.

Même si on se parle pas beaucoup, je sais que tu es là.

Oui ?

- Qui c'est ? - Garcia.

- Salut. - Salut.

Je passais comme ça...

Je voulais te montrer ma nouvelle coiffure.

Finalement, on s'y habitue.

- Je prépare un café. T'en veux un ? - Ouais.

Dis donc, dis donc, dis donc...

C'est bien, chez toi.

Tu vois, je t'aurais pas imaginé dans un endroit comme ça.

Ah ouais.

Ah, ça me plaît.

Et tu sais pourquoi ça me plaît ?

Parce que ça fait pas pédale.

Ça doit être rassurant, de faire dodo avec un flic.

J'aimerais bien, seulement je leur plais pas.

Je sais pas pourquoi. Je suis pas leur genre.

Si t'es venu pour dire des conneries, fous le camp.

Le prends pas sur ce ton-là. Je suis venu causer sérieusement.

Très sérieusement.

Vas-y. Je t'écoute.

J'ai un service à lui demander,

à M. le commissaire.

Il y a un message pour lui.

Manuel Garcia aimerait qu'on lui foute un peu la paix.

Non, parce que... sinon, votre idylle, en ville,

- eh ben, ça peut se savoir. - Casse-toi !

J'en connais qui seraient étonnés. Le commissaire principal.

Tu te rends compte ? En haut lieu.

Va chier !

Dis donc, je voulais te demander,

avant de t'enfiler, il pose son flingue ?

Non. Je lui demande de le garder.

Comme les putes avec leurs bas. C'est plus excitant.

Tu sais que tu leur as beaucoup plu, à mes petits copains, l'autre fois.

- Allô ? - Allô ?

- Je suis bien chez M. Verta ? - Oui.

- Je peux lui parler ? - Ne quittez pas.

Merci.

Oui ?

Allô, Michel ? C'est moi. Il faut que je te voie.

Ça peut pas attendre demain ? Je t'avais dit de jamais appeler ici.

Qu'est-ce qui se passe ?

Non, non, c'est rien.

Je voulais juste te voir.

Tu es très gentil.

Tu me dis ce que tu as à dire. J'ai des amis à dîner.

Allô ?

Allô ?

Putain !

C'est fini

C'est fini, la comédie

Tout avait commencé

Comme une pièce à succès

Dans le décor tout bleu

D'un théâtre de banlieue

Nous n'étions que nous deux

On s'est aimés longtemps

Au point d'oublier le temps

Qui tout au long des scènes

Transformait les joies en peines

Il a gagné, le temps

Il est content quand il nous voit

Chacun de son côté

Comme des étrangers

Je l'avais jamais vu sans cheveux.

On croit connaître les gens...

J'aurais dû mettre une laine.

La femme de la victime vient d'arriver.

Le médecin légiste.

Bon. Voilà. C'était pas une noyade.

Pas de marbrures sur le corps.

Par contre, j'ai trouvé un hématome occipital.

Ah bon ? Merci.

- Au revoir. - Au revoir.

C'est nouveau, ça.

"Hématome occipital".

L'autopsie est formelle : la mort a précédé l'immersion.

Voilà tout ce qu'on a trouvé sur lui.

C'est tout ce que j'ai trouvé.

Fais pas le con.

Vous connaissez le garage des Quatre-Routes ?

Non, je connais pas.

Vous savez, moi, les voitures...

T'as pas dépanné une 505 grise, ces temps-ci ?

Ah oui, les 4 pneus crevés.

4 pneus, en pleine nuit.

C'était quand, ça ?

Oh, il y a... 3 semaines, environ.

C'était un samedi. Ça tombait mal.

Attendez que je vous dise...

Mirande, Mirangue. Quelque chose comme ça.

C'était pas facile à trouver. C'était du côté de Bacalan.

Un genre de hangar.

- Merci. - De rien.

Vous reconnaissez ces objets ?

Le couteau, oui. C'était son couteau.

Mais le briquet, c'était pas à lui. C'est à Bernard,

le musicien du Paradis.

Vous savez quand votre mari l'a vu pour la dernière fois ?

Non.

Il voyait beaucoup de monde.

C'était pas mon mari, c'était mon compagnon.

Avec Bernard,

il était en bons termes, votre compagnon ?

Ils se rencontraient au Paradis.

Ils s'aimaient pas, mais ils se mordaient pas.

Ils se sont foutus sur la gueule il y a pas longtemps.

Oui, mais ce soir-là, on avait un peu bu.

Il était tard.

On avait dansé le tango.

Manuel s'est énervé. Il aimait pas beaucoup les pédés.

Et alors ?

Il paraît que Bernard fricotait avec quelqu'un de haut placé.

Ça donne de l'assurance.

Épargnez-nous les "on dit" et "il paraît", mademoiselle.

Sinon, on est encore là demain matin.

Je m'en occupe, Villedieu.

Asseyez-vous.

Vous faites allusion à certaines relations de Bernard Mirande.

- Qui vous en a parlé ? - C'est Manuel.

Il savait des choses sur Bernard.

Quel genre de choses ?

C'est Manuel qui savait. Il me mêlait jamais à rien.

Il mêlait personne à ses affaires.

Quand même un peu, puisqu'il vous en parlait.

Ça n'a rien d'extraordinaire.

Bernard, il est mignon. Il s'est trouvé un protecteur.

Enfin, à ce qu'il paraît.

"Il paraît" ?

"Il paraît" ?

Oui.

Faites très attention à ce que vous allez dire.

Vous pensez que ça peut avoir un rapport avec le meurtre ?

Parce que si c'est le cas,

votre déposition est capitale.

Non, ça n'a rapport avec...

Ça n'a rapport avec rien.

C'est pas ça que j'ai voulu dire.

Bon. Si ça n'a pas aucun rapport, on va laisser ça de côté.

À moins que vous ne vouliez dénoncer

- une affaire de mœurs. - Je veux rien dénoncer du tout.

Les gens, ils font ce qu'ils veulent.

Puis de toute façon, ça le fera pas revenir.

Il y a des preuves ?

Oui.

Je pourrai pas faire traîner plus longtemps.

Parce que tu as l'intention de le protéger ?

Je peux pas le laisser tout seul dans ce merdier.

C'est très chevaleresque.

Tu sais ce que tu risques ?

Mais ma pauvre fille, tu débarques ?

Je te signale qu'il s'est passé des choses entre Bernard et moi.

Il va être arrêté, interrogé...

Ils le relâcheront pas comme ça.

Je risque d'être pas mal éclaboussé.

Je crois qu'il vaudrait mieux qu'on se sépare un moment.

Se séparer ?

Tu pourrais essayer de récupérer l'affaire de la Californie.

S'ils ont toujours besoin d'une jolie œnologue pour renifler leur pinard.

Et puis Thomas apprendrait l'anglais.

Tout ça pour une...

Arrête, tu vas dire des conneries.

Je veux pas te mêler à tout ça.

Leurs saloperies dans les journaux...

Tu réfléchis.

C'est toi qui décides.

On était tellement bien, tous les deux !

Pourquoi ?

Ce qui est troublant, c'est que sa voiture a été repêchée

non loin de l'endroit où...

on a tué votre frère.

J'étais au manège. J'avais des clients.

Les témoignages vous mettent personnellement hors de cause.

Mais... vous avez des amis.

Ah non ! C'est moi qui voulais donner le coup.

Dans le ventre.

Il devait sentir la même chose que mon pauvre frère.

Regardez cette main.

Exactement celle de Jean.

Les mêmes lignes.

Petits, on s'amusait à faire des empreintes avec de l'encre,

et puis on essayait de les reconnaître.

On n'y arrivait jamais.

Jamais.

J'ai aucune raison de vous garder. Mais vous restez

à notre disposition.

Je peux avoir besoin d'informations.

Vous voilà sans meurtrier, monsieur le commissaire.

Désolé de pas faire l'affaire.

Bernard Mirande, vous l'avez connu comment ?

À Paris, le petit avait fait des conneries.

L'argent facile, quoi.

Je l'ai pris avec moi pour travailler au manège.

À Bordeaux, je l'ai présenté à Jean.

Au Paradis, ils avaient besoin d'un musicien.

Il s'y plaît beaucoup, hein.

Bon, à un de ces jours, commissaire.

Monsieur le commissaire. Je peux vous être utile ?

Un Ricard.

Tiens, tu m'en sers un aussi.

J'en ai besoin, croyez-moi.

Un musicien a disparu depuis deux jours.

Et ce soir, c'est la ventilation qui est en panne.

Oh, quelle bonne surprise !

T'es en service ou tu fais la java ?

Attends. Bouge pas, t'as un épi.

Laisse tomber.

Me fais pas une scène ici.

Tu vas te compromettre.

Bon. Je t'écoute.

- Tu as du feu ? - Oui.

Tu as perdu ton briquet ?

Oui. J'ai dû l'oublier.

Dommage que ce soit dans la poche de Manuel Garcia.

À quoi tu penses ?

À la fête des Mères.

C'est dans 6 mois. T'as pas une idée de cadeau ?

Tu as fini de jouer ?

Tu vas t'expliquer, nom de Dieu ?

Tu sais ce que tu risques ?

On a trouvé ton briquet sur lui, on t'a vu te battre avec lui.

Ses copains ont parlé. Marilyn a parlé.

Tu es arrivé en retard le soir du meurtre.

Défends-toi, si c'est pas toi qui l'as tué.

Je l'ai tué. Je l'ai frappé.

Il a été se foutre la tête contre le bord de la douche.

C'était chez moi.

Quelle connerie.

J'ai dû me défendre.

C'était lui ou moi.

C'est quand même un meurtre.

Je te dis que c'était lui ou moi.

Tu me crois ?

Mais oui, je te crois.

Bon...

Il y a trop de choses contre toi.

On est complètement coincés.

Je vais être obligé de...

Je peux pas te protéger.

Eh oui, mon vieux, c'est comme ça.

Ou alors je change de métier.

Je suis pas tout seul.

Pauvre petit poulet.

Il n'y a qu'une solution. Que tu foutes le camp.

Que tu disparaisses.

Je t'aiderai à passer les frontières.

Tiens.

C'est de l'argent.

Alors comme ça, on est quittes ?

L'important, c'est de pas faire de vagues.

L'important, c'est de pas être dans mon bureau tous les deux.

Tu comprends ?

Pourquoi pas ? T'as peur, ma chérie ?

Tu mènerais l'enquête, tu finirais par savoir la vérité.

Toute la vérité.

Passionnant, non ?

Qu'est-ce que tu veux de moi, au juste ?

Rien.

Je te contemple.

Il y aura deux inspecteurs chez toi demain matin.

C'est toi qui décides.

- Messieurs ? - Vous êtes bien Bernard Mirande ?

Lui-même.

Veuillez nous suivre.

Je vous demande deux minutes et je suis à vous.

T'es déçue, ma belle.

T'attendais un régiment de zouaves, comme pour la bande à Bonnot.

Tu vois, ils sont que deux.

Allez, raconte pas ta vie. Laisse ton minou faire la sieste.

Habille-toi.

Ça va, t'es beau. Grouille-toi.

Tu veux pas que je te beurre une petite tartine ?

Lolita ?

Bon. Ça va comme ça.

Je suis une star à l'intérieur

J'ai une Rolls-Royce et un chauffeur

Deux ex-maris et une pension

Dans ma quatrième dimension

Grouille ! T'as déplacé le patron, il va pas t'attendre 10 ans.

Il est là, le patron ?

Fais pas le con !

Sous-titrage : EVA France

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