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Ce qui suit est basé sur les récits de ceux qui l'ont vécu.
Et de ceux qui en sont morts.
Adolf Hitler est mort.
Le Haut Commandement nazi est en déroute.
Soixante-dix millions d'êtres humains sont morts,
davantage que lors de tout autre conflit dans l'histoire de l'humanité.
7 MAI 1945
Dernier jour de la guerre en Europe
Dégagez, dégagez !
Les mains en l'air!
Seigneur ! C'est Hermann Goering !
Qui ?
Le bras droit d'Hitler.
Le Führer désigné.
Il a dit quoi?
Il veut qu'on prenne ses valises.
M. le juge Jackson?
Ça dépend de la raison pour laquelle vous frappez chez moi à 3 h du matin !
Hermann Goering a été capturé. Vivant.
- Où ça ? - En Autriche.
- Que vont-ils faire de lui ? - C'est là la question.
- Je peux entrer ? - Non.
- Il pleut... - Je vois ça, oui.
- Vont-ils le fusiller ? - Pas que je sache.
- Ils comptaient le fusiller, non ? - Oui.
Churchill et Roosevelt avaient signé l'ordre.
Auquel vous vous êtes opposé.
Je suis juge à la Cour suprême.
Je désapprouve l'exécution d'un homme sans procès.
C'est de cela que je veux parler.
C'est impossible.
- Tu n'arrêtes pas de le dire, oui. - Forcément !
Donne une bonne raison.
Il n'y a aucun précédent légal.
Pas de lois internationales sur quoi se baser.
Personne n'a jugé de criminel de guerre hors de la juridiction d'un pays.
Le principe du droit international,
c'est qu'un pays ne dicte pas son code aux citoyens étrangers.
Elsie...
Les juger dans un tribunal allemand serait différent,
mais tu me parles d'un flou juridique qui n'existe même pas,
en te servant d'une jurisprudence non existente.
Et au cas où tu ne suivais pas,
voilà quatre bonnes raisons.
Tu as besoin d'un verre.
Je n'en veux pas !
Je m'en fais un autre. Le tien est pour l'apparat.
Qui traduirais-tu en justice ?
Les commandants allemands ?
Les soldats engagés ?
Et les juges qui ont appliqué les lois raciales ?
Ce serait à discuter.
Une fois qu'on saurait qui juger,
quelles seraient les accusations ?
Conspiration en vue de mener une guerre d'agression.
Et ce serait la base de la poursuite défendue par les États-Unis ?
Oui.
Contre l'Allemagne ?
Un pays qui ne nous a jamais attaqués.
- Imagine que ce soit possible. - Robert !
Tu ne veux pas savoir ?
Il faudrait que ce soit...
une mission entièrement internationale.
Toutes les nations alliées y participeraient.
Les États-Unis, la Grande-Bretagne,
la France, la Russie.
Impossible de procéder sans les Russes.
Quatre juges internationaux.
Tu parles d'un tribunal ?
Exactement.
Le monde doit savoir ce qu'ont fait ces hommes.
- Un vrai cauchemar logistique. - Je sais !
Mais on doit le faire.
INITIATIVE SOVIÉTIQUE POUR EFFACER LA SOUILLURE NAZIE
Piochez.
Je ne crois pas, non.
Hermann n'en aura plus besoin
Demandez-moi de piocher.
Piochez.
Demandez-moi de mémoriser la carte et de la replacer.
Mémorisez la carte et replacez-la dans le paquet.
Battez les cartes.
Et maintenant ?
Ma carte était un trois de pique.
- Ce n'est pas de la magie. - Soulevez celle du dessus.
Qui êtes-vous ?
Je suis psychiatre.
Et pourquoi allez-vous à Mondorf ?
J'aimerais le savoir.
On charge les psychiatres de missions secrètes ?
Je crois bien être le premier.
Dites comment vous avez fait.
Avec les cartes.
Je n'ai rien fait !
Vous êtes une vraie magicienne !
Dr Kelley ?
Sergent Howie Triest, à votre service ! Je vous amène au bureau du commandant !
- Les Tigers ? - Oui, monsieur!
Peut-être à la prochaine !
Mazette !
Qui est-ce ?
Ça, c'est une femme très séduisante.
Vous avez dit "commandant" ?
Oui. Le colonel Andrews.
Vous pouvez me dire ce que je fais ici ?
Je croyais que la guerre était finie !
Je ne saurais dire.
Parce que vous l'ignorez
ou qu'on vous a ordonné de ne rien dire ?
Je ne saurais dire...
Ne le prenez pas mal, je ne suis qu'interprète.
Et vous traduisez quoi ?
Vous verrez.
Palace Hôtel de Mondorf NOM DE CODE : Ashcan
Dr Kelley !
Le commandement central pense que vous êtes un psy de haut vol.
J'imagine que vous avez des questions ?
- Pas qu'un peu. - Alors, allons-y.
Vous vous trouvez dans une prison militaire secrète.
Elle héberge ce qu'il reste du haut commandement nazi.
Les gouvernements de Russie, France, Grande-Bretagne et États-Unis
décident s'ils vont traduire ces hommes en justice, où leur vie serait en jeu.
Vous avez été appelé afin de surveiller la santé mentale de ces prisonniers
au cas où le procès aurait lieu.
Le suicide.
C'est l'inquiétude principale.
Hitler, Goebbels et Himmler se sont déjà enlevé la vie.
On ne peut pas en perdre davantage.
Himmler et Goebbels ont utilisé ceci.
Une capsule de cyanure cachée.
C'est Goering qu'il faudra surveiller de près.
Goering ?
- Hermann Goering ? - Celui-là même.
Il est ici?
Sergent, est-il possible qu'il ait subi un choc à la tête en route ?
Pas que je sache.
C'est beaucoup d'informations.
- J'imagine. Essayez de suivre. - Oui.
Quand Goering s'est rendu, il voyageait avec sa famille.
Avec plus de huit millions de dollars en devises allemandes et bijoux,
et une quantité impressionnante de ceci.
On les a envoyés faire analyser aux États-Unis.
De la dihydrocodéine.
Un analgésique très puissant. J'adore.
Il dit que c'est pour son cœur.
Dans ce cas, j'ai un très joli pont à vous vendre, à Brooklyn.
Rien à voir avec le cœur. Ce sont des opiacés.
Combien en prend-il par jour ?
- Sergent ? - Quarante, monsieur.
Alors le Reichsmarschall a un problème de drogue.
- Où est sa famille ? - Libérée. Ça ne vous concerne pas.
Votre seul travail sera d'évaluer Goering et les autres. C'est tout.
Je suis un excellent docteur,
mais les membres du haut commandement nazi dépassent peut-être mon champ d'expertise.
Cette idée n'était pas de moi.
Rompez !
Ce n'est pas lui qui motive les troupes.
Le colonel n'est pas réputé pour sa bonhomie.
Je veux le voir.
- Qui, ça ? - Goering.
- Immédiatement. - Ne voulez-vous pas vous installer ?
Je veux voir à qui j'ai affaire.
Ne vous laissez pas intimider.
Je ne le suis pas. Parlez-moi de lui.
Reichsmarschall Hermann Goering, président du Reichstag.
Ministre de l'Aviation, commandant en chef de la Luftwaffe.
Ministre de l'Économie,
membre fondateur de la Gestapo, la police secrète d'État.
Nommé successeur désigné de Hitler en 1939,
l'officier allemand le plus haut gradé de tous les temps.
D'accord...
Me voilà légèrement intimidé.
Mais non, ça ira.
Reichsmarschall !
Reichsmarschall, je suis le Dr Douglas Kelley.
Il dit : "Merveilleux, un médecin."
En effet. Puis-je prendre votre pouls ?
Il veut ses cachets. Il voudrait que vous vous en chargiez.
Des problèmes cardiaques ?
"Plusieurs petites crises et les médicaments m'aident."
Pourriez-vous déboutonner votre chemise ?
Sa respiration est rapide et courte. Ne traduisez pas.
Les cachets soulagent également votre douleur ?
Son avion a été descendu lors de la Première Guerre
et il a une balle dans la hanche droite.
En 1923, il a reçu une balle dans l'aine pendant le putsch de Munich.
On vous a beaucoup tiré dessus.
"Les risques du métier !"
La meilleure façon de soigner votre cœur serait de perdre du poids.
"Ceci est le corps le plus séduisant de toute l'Allemagne.
"Demandez à mon épouse !"
J'en suis sûr, mais les gardes vous appellent Gros Tas.
Je suis convaincu...
qu'un homme moins grandiose que vous aurait du mal à perdre du poids, mais...
vous avez une force morale et une discipline dont les autres sont dénués.
"Vous voyez ? Cet homme est différent."
"Nous serons de grands amis, je n'en doute pas."
Je m'en réjouis.
Bonne journée.
Estime de soi exagérée.
Charmant...
Comprend notre langue.
Quoi ? Quoi ? Euh, pardon ?
Quand j'ai dit qu'il était gros.
Il a tout compris. Il se joue de vous.
Mais non ! Pourquoi faire semblant ?
La traduction lui laisse le temps de réfléchir à ses réponses.
Il croit que ça joue en sa faveur.
Attendez un instant.
J'aurais passé ces trois derniers mois à marmonner alors qu'il comprenait tout ?
C'est un peu ça.
Bon sang !
- Allez-vous lui dire que vous savez ? - Sûrement pas !
Il me le dira. Quand il sera prêt.
Et ce sera quand ?
Quand il aura jugé que je ne suis pas une menace.
Je veux voir les autres ! Qui est le suivant ?
Le docteur Robert Ley.
Directeur du Front allemand du travail.
Un des tout premiers disciples de Hitler.
Auteur d'un ouvrage si élogieux envers Hitler
que ce dernier l'a fait détruire tant il était gêné.
Ley, à la tête du programme de travail forcé des nazis,
a été capturé en pyjama.
Il se faisait appeler "Dr Distelmeyer".
"Je ne suis pas comme ces autres prisonniers avares de pouvoir."
"Je peux sentir le juif."
Grand-amiral Karl Dönitz.
Commandant en chef de la marine de guerre.
Architecte des attaques des U-Boots contre la marine britannique.
Dönitz a cautionné le meurtre de prisonniers en haute mer.
L'arrestation de Dönitz, un nazi fanatique,
achève pour de bon le Troisième Reich.
"Je suis détenu depuis 76 jours
"et on ne m'a pas officiellement arrêté ni accusé de quoi que ce soit,
"ce qui va à l'encontre des conventions de Genève.
"Accusez-moi ou relâchez-moi."
Julius Streicher. Directeur de la propagande sous Hitler.
Éditeur du journal antisémite, Der Stürmer.
Streicher, appelé le grand prêtre de l'antisémitisme,
et la bête de la Franconie, a coordonné le boycott antisémite...
en plus de diriger Nuremberg d'une main de fer.
Il veut savoir si vous êtes juif.
Non.
"Mais vous avez une profession de juifs."
"Au nom de quoi vous battez-vous ?"
La clé, c'est Goering.
Chef d'une nation en exil, c'est lui qui les unit.
Il s'est imposé un régime alimentaire strict, assorti d'exercices physiques,
en plus d'avoir arrêté les cachets.
On dirait qu'il s'entraîne en vue d'un objectif.
Si quelqu'un écrivait un ouvrage à son sujet, ce...
Il y a une bibliothèque en ville?
- Vous voudriez y aller ? - Oui.
- À 2h33 du matin ? - Oui. Votre manteau !
J'y vais.
Au nombre de narcissiques enfermés dans cet hôtel,
il y a des livres écrits au sujet de la moitié d'entre eux, ou écrits par eux !
On va parvenir à les cerner.
Ah ouais ? Vous parlez couramment l'allemand ?
Pas du tout. Comment l'avez-vous appris ?
Ma mère parlait allemand et je voulais être comme elle.
- Vous croyez vraiment y arriver ? - Arriver à quoi ?
Eh bien... à ce que ces hommes se livrent à vous ?
Bien sûr.
Mais comment ?
Tout le monde veut être écouté. C'est un instinct naturel.
Je découvre qui ils sont, je gagne leur confiance...
ils finiront par se confier.
Ça semble si facile !
Imaginez disséquer le Mal.
Qu'est-ce qui distingue ces hommes des autres ?
Qu'est-ce qui les a poussés à commettre ces crimes ?
Ils ont presque pris le contrôle du monde.
Les camps de travail pour les juifs ?
On dit qu' il ne s'agissait pas que de travail...
Oui, j'ai entendu.
Comment peut-on se transformer ainsi ?
Nous avons l'occasion de résoudre cette énigme !
De découvrir en quoi les Allemands sont différents.
Différents ?
De nous !
L'homme qui écrira cet ouvrage se fera de l'argent !
J'ai cru que vous poursuiviez un objectif noble.
Vous voulez de la noblesse ?
D'accord.
Si on pouvait définir le Mal en termes psychologiques...
on s'assurerait que ces événements ne se produisent plus.
HALTE
- Quoi ? - Hermann Goering n'arrive pas à respirer.
- Vite ! - Howie !
- Voies respiratoires dégagées. - Bien, non ?
- Crise cardiaque ! - Quoi ?
- Où est le foutu médecin ? - En route !
Dites-lui de faire vite ! De la bonne vieille aspirine !
J'y vais !
Votre cœur bat toujours, donc vous êtes en vie,
et je vais m'assurer que vous le restiez.
Restez calme, d'accord ?
Respirez... inspirez, expirez...
Inspirez, expirez...
Je suis là ! Regardez-moi.
Je ne vous laisserai pas mourir, d'accord ?
Inspirez...
C'est votre épouse ?
Elle est là.
Elle est là... respirez...
Le médecin arrive. Voici l'aspirine.
File-moi des cachets. Merci, Howie.
C'est le meilleur pour le cœur.
Avalez ça.
Faites-moi confiance.
Respirez profondément.
Oui, mâchez, mâchez.
Votre pouls ralentit.
Oui !
Devinez quoi ? Vous êtes vivant !
Vous êtes vivant...
Eh bien, dites donc...
Merci.
On l'envoie à l'infirmerie. Allons.
C'est quoi, ce sourire ?
Il m'a remercié en anglais.
Truman veut être réélu en 48.
Il ne peut pas dorloter les nazis.
En effet.
Un procès leur offrirait l'occasion de raconter leur version de l'histoire.
Que craint-on qu'ils racontent ?
On a gagné la guerre, Bob.
Si le procès a lieu, ça deviendra le plus gros gâchis de tous les temps.
- Des caméras... - Et s'ils étaient sympathiques ?
Et si ce procès leur offrait une plateforme
pour propager leur antisémitisme ?
Vous aimeriez être celui qui permet ça ?
Vous voulez savoir si ça me va d'exécuter quelques nazis sans procès ?
Et comment, que ça me va !
Ça importe peu, finalement.
Les Russes n'accepteront jamais.
Les Russes acceptent.
- Quoi ? - Les Russes sont d'accord.
Vraiment ?
Truman lui-même a appelé Staline.
Il veut Nikitchenko comme procureur principal.
Ce sont d'excellentes nouvelles. Vous êtes qui, exactement ?
Colonel John Amen. Avec le juge-avocat général.
Ainsi donc, l'armée nous envoie un avocat.
Oui, monsieur.
Le général Eisenhower vous salue.
Il n'est pas friand à l'idée de pendre qui que ce soit sans procès.
On progresse...
Et il espère que le procès ne s'étirera pas, pour procéder aux pendaisons.
Asseyez-vous.
J'ai beaucoup entendu parler de vous.
On dit que vous êtes le prochain juge en chef.
Le président lui a promis le poste.
Et m'a dit de garder le secret.
N'en faisons pas la promotion à tous ceux qui entrent dans mon bureau.
Dans mon bureau, personne ne croit que ce procès aura lieu.
Et vous ?
Moi, j'aime les outsiders.
Bonjour, Julius.
Je vais vous montrer une série de taches d'encre.
Vous me direz ce que chaque tache évoque pour vous.
Ça révélera peut-être une facette de votre personnalité,
de votre intellect ou de votre créativité.
Tout ce que vous direz ici restera entre nous.
Oui ?
Je peux vous parler dans votre langue, si ça peut aider.
Seulement si ça vous convient.
Allons-y.
"Papillon."
"Sorcière."
"Frappe de torpille."
Quelqu'un a fait un dégât.
Je vois 10 000 chevaux.
Je vois la chevauchée des Valkyries.
"Un vagin."
"Un vagin."
"Un vagin juif."
C'est du sang.
Le sang de qui ?
Ou de l'encre.
On peut faire dire bien des choses à de l'encre.
Désolé, Bob. On vient d'avoir la nouvelle.
C'est non.
Le Congrès va refuser le procès.
Ils ne veulent que des exécutions.
- Je suis à court d'idées. - Le président ?
Il a besoin de quelqu'un derrière qui se cacher. Le Congrès.
L'un ne le fera pas sans l'approbation de l'autre.
Il faut l'appui de quelqu'un de plus important.
Qui est plus important que le président ?
Seigneur Dieu...
Littéralement.
- Êtes-vous catholique? - Maintenant, oui.
Le Saint-Père est prêt à vous recevoir.
Les hommes que vous souhaitez juger risqueraient la peine de mort...
et vous demandez la bénédiction de l'Église.
Votre soutien nous aiderait à consolider un consensus international.
Ces hommes sont mauvais.
Mais œil pour œil...
ce n'est pas la réponse.
Mais je me souviens du livre dans lequel j'ai lu à ce sujet.
Êtes-vous catholique?
Non, monsieur.
Vous avez la foi, cependant ?
Pas spécialement.
Et pourtant, chez vous, vous représentez la justice.
Ce n'est pas moi qui le dis.
Si vous jugez les autres durant une longue période,
vous finirez par croire que les lois des hommes éclipsent les lois divines.
Ce n'est pas ce que je crois.
Alors...
en quoi croyez-vous ?
Je crois en l'Homme.
En notre capacité à nous préserver d'hommes comme les nazis.
Je crois que c'est une bonne action.
Si bonne que vous devez contourner vos propres lois pour y arriver ?
Je suis désolé...
mais l'Église catholique ne peut vous accorder son soutien.
Mais vous les avez soutenus en 1933 !
Pardon ?
Vous avez vous-même signé le concordat avec Hitler.
C'était une tout autre question.
Vous étiez le nonce apostolique dans l'Empire allemand.
L'Église catholique a été la première puissance mondiale
à reconnaître l'État nazi.
Vous leur avez donné de la crédibilité.
Pour protéger les catholiques de l'Allemagne !
Quel dommage que les juifs n'aient pas eu quelqu'un pour faire la même chose.
Vous pensez que j'approuve ce qu'ils ont fait ?
Les gens se souviendront...
de ce que vous avez fait en 1933.
Ce que vous ferez aujourd'hui...
ils le raconteront à leurs enfants.
L'Église catholique se tenait du côté des nazis...
ou pas ?
Vous avez fait chanter le Pape ?
Je ne veux pas en parler !
La nouvelle est tombée hier :
il y aura un procès.
Un procès ?
Comme il se doit.
Ces cartes que vous m'avez montrées...
que vous ont-elles appris à mon sujet ?
Que vous êtes extrêmement intelligent.
J'aurais pu vous le dire moi-même !
Que vous êtes un narcissique...
enclin à un imaginaire débordant et agressif,
doublé d'une puissante ambition à subjuguer le monde
et à le modeler selon votre manière de penser.
Et cela vous a surpris ?
Non.
Alors, ces cartes n'auront servi à rien !
Herr Triest me dit que vous faites de la magie.
Mes excuses.
Oui.
Si ce n'est pas trop demander...
on manque de divertissement.
Pourquoi pas ?
Voici un dollar en argent tout ce qu'il y a de plus normal.
Un jour, je vous ferai la démonstration d'un tour de magie.
Lequel ?
Je vais échapper au nœud de la potence.
Comment ferez-vous ?
Si je vous le disais...
ça ne serait pas de la magie.
Nuremberg...
"Regardez ce que font les Alliés. La ville est en ruine."
"Sauf ceci."
Le Palais de justice !
Le toit a subi les dommages des raids aériens.
Un incendie a ravagé les étages et a fait s'écrouler la tour de l'horloge, mais...
cette salle d'audience pourrait accueillir 600 personnes, une fois restaurée.
Et ces boîtes de provisions ?
C'est ici que les nazis ont mené leur dernière bataille.
Et ils le feront à nouveau.
De toutes les jolies villes de ce territoire conquis,
c'est dans cette coquille vide que vous voulez tenir le procès ?
Je vous présente Sir David Maxwell Fyfe, procureur adjoint des Britanniques.
Oui, monsieur, c'est ça.
Cet espace est plus facile à gérer, et la prison peut accueillir 1 200 détenus.
On aura seulement besoin d'en loger 22.
Pardon ?
Vingt-deux ?
Le nombre d'hommes inculpés pour ce premier procès.
Vous voyez...
Si on perd ce procès, il n'y en aura pas d'autres par la suite.
Vous, moi et le juge Jackson, ainsi que nos gouvernements respectifs,
serons la risée du monde entier,
vaincus par les hommes que nous aurons capturés.
Une franche rigolade.
On me dit que l'opinion publique s'est retournée contre vous.
Seigneur !
Que vous n'obtiendrez pas le poste de juge en chef une fois Stone à la retraite.
Qui Truman pourrait-il choisir ? Vinson ?
Il est trop politisé.
Mais il est sur place !
Ce procès devient accessoire avant même d'avoir commencé !
On dit...
que vous écrivez tous les dossiers, refusant l'aide des autres avocats ?
Ils doivent être impeccables.
Oui, mais vous ne pouvez pas travailler seul.
Tout ira bien après le début du procès.
Vous dites ça comme si juger le haut commandement nazi
sur la base d'une jurisprudence non éprouvée
devant le monde était une partie de plaisir.
Vu sous cet angle...
Seule une victoire écrasante ne sera pas vue comme une défaite.
Donc il ne s'agit pas juste de gagner, Robert, mais d'être irréprochable !
Pas de pression.
La même chose.
Vos cellules sont en pierre !
2,7 m par 4 m.
Vos lits sont boulonnés au mur.
Vos matelas sont fourrés de paille, pas de ressorts.
Les bureaux sont en carton et ne peuvent absorber le poids d'un homme.
Il est interdit de placer vos chaises contre un mur.
Elles seront retirées de vos cellules chaque soir au coucher de soleil.
La nuit, votre tête et vos mains devront être hors de la couverture, à la vue.
Vous n'aurez aucune ceinture,
aucun lacet, aucun siège de toilette.
Vous n'aurez rien...
qui pourrait vous servir d'arme afin de mettre fin à vos jours.
Bienvenue à Nuremberg.
Ça, c'est une cellule.
Elle passe le test ?
Construction allemande.
Impossible de faire autrement.
Des accusations vont être portées, non?
Vous avez hâte ?
Je crois bien que oui.
Je pourrai enfin, comme vous dites...
faire valoir mes droits devant la justice.
Vous connaissez ce Jackson ? Le...
juge Jackson ?
Non, je ne le connais pas.
Il va tenter de se montrer plus malin que moi.
Mais il va échouer.
Vous êtes bien sûr de vous.
Docteur...
aucun homme ne m'a vaincu.
Des livres sont remplis des noms de ceux qui ont essayé.
Mais vous êtes assis ici.
De construction allemande.
Vous pensez que ma présence dans cette cellule joue en ma défaveur ?
Laissez-moi vous rappeler...
que c'est moi qui me suis rendu.
Je suis exactement là où je voulais être.
Goering est toujours une énigme à mes yeux.
Plus les accusations approchent, plus il fait preuve de confiance.
Je dois trouver un moyen de me rapprocher de lui.
Et comment on fait ?
On lui demande de l'aide.
Pour faire quoi ?
Rudolf Hess.
Rudolf Hess sera bientôt ici ?
Rudolf Hess, représentant du Führer.
Troisième en lice pour la succession, après Hitler et Goering.
Hess a transcrit Mein Kampf pour Hitler quand ils étaient prisonniers,
et il est connu comme un de ses disciples les plus fanatiques.
Pas de ça dans ma prison !
Le 10 mai 1941, en pleine guerre,
Hess décolle seul aux commandes d'un avion Messerschmitt
et traverse la mer du Nord.
Il saute en parachute au-dessus de l'Écosse
et se casse la cheville.
Une fois découvert, il déclare qu'il est Rudolf Hess,
troisième en lice pour succéder à Hitler, et qu'il veut proposer un traité de paix.
Il veut parler avec Douglas Douglas Hamilton,
le 13e duc de Hamilton,
que Hess avait rencontré lors des Jeux olympiques de 1936 à Berlin.
Après quelques obstacles, Hess a droit à sa rencontre.
Il annonce alors qu'il souhaite rencontrer le roi George VI,
renvoyer Winston Churchill,
et négocier une trêve avec la Grande-Bretagne,
permettant aux deux nations d'unir leurs forces
afin de vaincre l'Union soviétique.
Hess est jeté dans la Tour de Londres.
Il clame qu'il n'a aucun souvenir des événements du passé,
même de son enfance !
Cette situation a perduré jusqu'en février 1945,
lorsqu'il avoue qu'il avait simulé son amnésie.
Il change d'idée lorsqu'il dit que son amnésie est revenue en juillet 1945
quand l'Allemagne est défaite.
Vous demandez son aide à Hermann Goering
afin de discréditer mon vieil ami.
Qu'est-ce que j'en tirerais ?
Que voulez-vous ?
Ma femme.
Et ma fille.
Personne n'a pu les localiser depuis que je me suis livré.
Trouvez-les pour moi, docteur.
Et remettez-leur...
ces lettres.
Parlons d'abord à Hess.
Puis on parlera de votre famille.
Qu'en dites-vous ?
Ce gars a failli dominer la planète et il veut qu'on livre son courrier ?
Doc !
Je suis plus proche de lui que personne auparavant,
et rencontrer sa famille m'en dira plus sur sa personnalité.
Alors, Rudolf...
te souviens-tu de moi ?
Nous étions ensemble, oui.
Ça a dû être le cas.
Mais je ne me souviens de personne !
On était trois, Rudolf.
Toi,
moi...
et Adolf.
On régnait sur un empire.
Je suis désolé...
Vous étiez peut-être mon ami...
mais je ne vous connais plus.
Il ment.
Il a passé une heure à dire qu'il ne se souvient plus de moi.
Mais quand il est arrivé dans la prison et qu'il m'a aperçu,
qu'est-ce qu'il a fait ?
Le salut.
Excellent.
C'est stupide.
Je suis stupide.
Je savais que tu m'aiderais !
Oui, car je suis un idiot !
Comment les as-tu trouvées ?
Des rumeurs disaient qu'elles étaient à Veldenstein.
Une cigarette ?
Je ne t'ai jamais vu fumer...
Oui, j'ai arrêté.
Mes parents détestaient ça.
Mais tu en as toujours sur toi...
Pour faire copain-copain avec les officiers.
Je me dis que j'en fumerai une à la fin de la guerre.
La guerre est finie, Howie.
On y est presque.
Mme Goering ?
Mme Goering ?
Je m'appelle Douglas Kelley.
Je travaille à la prison. Je suis psychiatre.
Votre mari m'a chargé de vous apporter ces lettres.
Hermann ?
Oui.
- "Comment va-t-il ?" - Bien.
Il tient le coup.
Edda...
C'est toi qui jouais ?
C'était joli.
Elle a dit que vous étiez un ami de son père.
Edda ?
"Comment va papa ?"
Il va très bien.
- "Il est brave ?" - Très brave.
Il veut que tu sois brave, toi aussi.
Il t'a écrit une lettre.
"Elle va la relire des centaines de fois. Merci."
Docteur !
Je ne suis pas sûr de pouvoir.
Revenez.
C'est bon, Doc ?
C'est quoi, ce bordel ?
Que se passe-t-il ?
La nouvelle est tombée. Nous inculpons les prisonniers.
Où étiez-vous ?
Hermann Goering.
Je suis le Reichsmarschall Hermann Goering.
Hermann Wilhelm Goering, les États-Unis d'Amérique, la République française,
le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord
et l'URSS vous inculpent des quatre crimes suivants.
Crimes contre la paix, crimes de guerre, crime contre l'humanité,
et complot visant à commettre ces crimes.
Les crimes contre l'humanité incluent : meurtre,
extermination, esclavage, déportation et d'autres actes inhumains.
Une copie des chefs d'accusation. Des questions ?
Bonne journée.
Qui est le prochain ?
Streicher.
Des questions ?
Il a dit quoi ?
Qu'il veut un avocat juif.
"Je n'irai pas à ce procès."
Vous irez, docteur Ley.
"Je n'ai jamais tué personne."
Gardes !
- Ça va, ça va. - Ne me touchez pas.
- Robert ? - Ne me touchez pas !
Mais retenez-le !
Ne me jugez pas comme un criminel ordinaire ! Allons !
Fusillez-moi !
Fusillez-moi !
Dure journée ?
La demoiselle du train !
Le magicien.
Cette mission secrète ?
J'ai dû affronter quelques obstacles.
Je vois ça, oui.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Je couvre l'événement avec la presse.
Hermann Goering et les nazis ont été accusés.
C'est pas vrai ?
Bouclez votre ceinture...
Cette ville deviendra le théâtre du plus grand spectacle du monde.
De la part de votre femme.
Vous l'avez vue ?
Nouvelles de Nuremberg.
Alors que de sombres rumeurs circulent
sur la raison d'être des camps de travail nazis,
l'équipe légale se rassemble en vue de ce qui sera certainement le procès du siècle.
C'est par ce tunnel que les nazis iront à la salle d'audience,
actuellement en pleine rénovation.
Là, les lumières des caméras seront si aveuglantes
que les visiteurs recevront des lunettes de soleil.
Hermann Goering et ses acolytes adorateurs de Hitler
feront face à nos gars dans une semaine.
La justice vaincra-t-elle ?
Ou les fascistes recouvreront-ils leur liberté ?
Ce journaliste espère que les Alliés ne rencontrent aucune embûche.
Il y a un souci.
L'opération Weserübung était l'invasion du Danemark et de la Norvège, en 1940.
Guerre d'agression de base.
Les nazis se sont déployés pour occuper des pays neutres.
Ils vont toutefois arguer que l'invasion était un assaut préventif.
Afin de prévenir quoi ?
Le plan britannique d'envahir la Norvège.
- C'est ridicule ! - Complètement ridicule !
Je suis d'accord.
Je suis préoccupé par le fait que vous soyez ici.
En plus d'être ridicule,
c'est la vérité.
L'idée était d'utiliser le pays afin de contenir les nazis.
On ne pourra pas accuser les nazis de planifier une guerre d'agression
si vous planifiiez la même chose !
Je peux voir la logique.
Ils ont de quoi le prouver ?
Les avocats allemands ont demandé des documents,
- mais ils n'ont rien ! - Alors, ça va !
Peut-être.
Ça soulève toutefois un enjeu plus important.
Nous devons savoir ce qu'ils savent, ainsi que leur stratégie de défense.
Et comment comptez-vous y arriver ?
Dr Kelley.
Ce soir, vous allez rencontrer quelqu'un de très important.
C'est peut-être l'occasion de vous montrer enfin utile.
Impressionnant, non ?
Hitler voulait en faire le plus grand stade au monde.
Vous êtes le juge Jackson.
Et vous êtes le psy.
Ils organisaient ici les rassemblements.
Chaque année, Hitler le remplissait et s'adressait aux membres du parti nazi.
Ils l'ont même filmé.
C'est ici qu'en 1935, il a annoncé les lois de Nuremberg.
Vous les connaissez ?
Les lois de Nuremberg stipulaient qu'un juif était quelqu'un
dont trois ou quatre grands-parents étaient juifs.
Peu importe si on était pratiquant ou s'était converti au christianisme,
c'était une question...
de sang.
Les lois avaient privé tous les juifs de leur citoyenneté allemande.
Ils ont rendu illégaux les mariages entre juifs et citoyens allemands.
Ils craignaient trop le Rassenschande.
La souillure du sang.
Sous ces lois,
les juifs étaient interdits d'accès dans les hôpitaux d'État.
Et ils étaient privés d'éducation publique après l'âge de 14 ans.
Les bibliothèques, les parcs et les plages étaient interdites aux juifs.
Les noms juifs inscrits sur les monuments aux morts ont été supprimés.
Tout cela...
a été annoncé ici même.
Sur ce terrain.
Qu'attendez-vous de moi ?
Vos... patients...
je veux que vous commenciez à leur poser les bonnes questions.
Et quelles sont-elles exactement ?
Ce qu'ils disent à leurs avocats, comment ils comptent se défendre.
Vous voulez que je les espionne.
Que vous serviez votre pays.
Non. Vous voulez que je rompe le secret professionnel.
Je pense que c'est déjà le cas. Nous lisons tous les rapports.
Il nous en faut plus.
Pourquoi ne pas les fusiller ?
Tout le monde le souhaite.
Tant qu'à tricher...
Ce n'est pas tricher.
Si vous me demandez de trahir mon serment...
pourquoi ne pas les fusiller, pour en finir ?
Après la Grande Guerre, nous avons mis l'Allemagne à genoux.
Nous les avons humiliés, leur avons fait payer des indemnités exagérées.
Ils nous ont tant détestés qu'en moins de deux décennies,
ils sont passés d'une nation brisée à frôler la conquête du monde entier.
Il faut bien faire les choses. Sinon...
si dans 15 ans, ils rappliquent avec encore plus de force...
j'ignore si nous pourrons les vaincre.
Si nous les fusillons, ils deviendront des martyrs.
C'est inacceptable, à mes yeux.
Aucune statue ne sera érigée.
Aucune chanson ou louange.
Je vais faire venir Hermann Goering à la barre...
et je vais lui faire dire ce qu'il a fait.
Ainsi, ça ne se reproduira plus.
Je suis ici à cause de Goering.
Non.
Vous êtes ici...
pour vous montrer qu'avant que les balles fusent...
avant que des millions d'hommes meurent...
tout a commencé par des lois.
Cette guerre se conclut dans une salle d'audience.
Avec Goering.
C'est lui, le visage des nazis.
S'il tombe, ils tomberont tous.
Mais pour en arriver là...
je dois me préparer à l'affronter.
Allez-vous m'aider ?
Parlons de Hitler.
Intéressant que vous n'ayez pas abordé le sujet avant...
Je suis curieux de comprendre son pouvoir d'attraction.
Il était un peintre raté,
un soldat pas terrible, et pourtant...
il était vénéré et adoré.
Il nous faisait sentir allemands.
Comment ?
On avait vécu l'anéantissement de l'Allemagne.
Puis, arrive un homme qui affirme
qu'on pourrait retrouver notre gloire d'antan.
Un homme comme cela, ne le suivriez-vous pas ?
Ça dépendrait de ses autres objectifs.
La première fois que j'ai vu Hitler parler, c'était...
en 1922.
Il parlait à 30 personnes, à l'étage d'un café.
Le pays était en paix, mais on était privés de vivres, emplois, chaussures.
Il s'est levé et a déclaré que les ventres des Français
étaient bien remplis grâce à la douleur allemande.
Ensuite...
"Si vous faites des menaces, armez-vous de baïonnettes.
"Réarmons-nous ! À bas Versailles !"
Ce soir-là,
je suis devenu national-socialiste.
À cause d'un seul discours ?
Oui.
Il saurait embrigader les vieux soldats.
Si les anciens embarquaient, on aurait les effectifs.
Même son antisémitisme...
avait son utilité.
Ça nous a amené des hommes qui avaient besoin de canaliser leurs émotions,
besoin d'un bouc émissaire.
Qu'en est-il des camps ?
Ils devaient être des camps de travail
pour nos adversaires politiques. Rien de plus.
Vous avez donc approuvé ?
Pour les camps de travail, oui.
Ne croyez pas que les Japonais internés aux États-Unis après Pearl Harbor
n'ont pas été mis au travail. Évidemment que oui.
J'ai créé les camps au bénéfice de l'effort de guerre allemand.
Pas pour la mort.
Himmler...
Heydrich...
Ce sont les responsables ?
Si ce qu'on raconte au sujet des camps est vrai,
c'est une immense tache sur le Reich allemand.
Vous l'avez dit à votre avocat ?
Douglas, je ne vais pas prendre position contre le Führer.
Même si ça pouvait vous aider ?
Personne n'a à savoir cela, docteur.
Seulement vous.
Il sait se montrer sympathique.
Ça vous compliquera la tâche.
Il dit avoir cru qu'il s'agissait de camps de travail ?
- En effet. - Vous le croyez ?
C'est Himmler qui gérait les camps.
Il était à la tête de la SS.
Goering dirigeait les forces aériennes.
Aux États-Unis, le chef de l'armée de l'air sait
ce que font les services secrets ?
Je refuse de croire que cette conversation ait lieu !
- Je fais ce que vous vouliez. - Non !
- Vous l'excusez ! - Je vous en prie !
- Ce n'est pas moi qui défends ce nazi ! - Je le défends ?
Je l'analyse, imbécile heureux !
Goering est un narcissique, d'abord et avant tout.
Il veut juste redonner sa grandeur à l'Allemagne,
puis en guider la destinée.
Les juifs ne l'intéressent pas.
- Leur mort l'indiffère ? - Tout comme leur vie !
Tout ce qui compte pour lui, c'est Hermann Goering.
Ça concorde avec l'idée qu'on se fait d'un homme dédié à exterminer une race ?
Je vous remercie de partager ces réflexions,
mais c'est très difficile...
à croire.
Vous voulez entrer dans cette salle d'audience avec des idées reçues,
allez-y.
Mais il vous mangera tout cru.
"J'aimerais vous demander pardon de m'être emporté.
"Je vais mieux."
Très bien, Dr Ley.
"Et vous ? Vous semblez préoccupé."
Tout va bien.
"Ne vous inquiétez pas."
"Tout cela sera bientôt fini."
L'humeur de Ley s'est beaucoup améliorée.
Il nous a dit qu'il avait commencé à organiser sa défense.
J'ai l'impression que c'est la première fois qu'il connecte réellement.
Merde.
Doc ! Venez vite !
Il a déchirésa serviette pour faire une corde.
Il a mis ses sous-vêtements dans sa bouche et puis...
il s'est penché vers l'avant.
Il était manifestement très déterminé.
Vous n'avez rien vu venir ?
Il m'a dit qu'il allait mieux.
Il vous a dit...
Vous êtes censé les garder en vie !
Je fais venir un autre docteur.
Une seconde opinion soit nécessaire pour certains de vos patients.
Le Dr Gilbert arrivera cet après-midi.
Vous le mettrez au courant.
Quelle est votre opinion au sujet du suicide ?
C'est le dernier refuge des lâches.
Ou le dernier acte d'hommes désespérés ?
Il y a des exceptions, bien sûr.
Vous êtes en difficulté.
Pourquoi dites-vous ça ?
Un nouveau docteur... de nouveaux tests...
Depuis la mort de Ley, ils ne vous font plus confiance.
Vous avez tort.
Douglas...
tant que vous êtes en situation de pouvoir...
ils ne vous lâcheront pas.
Il faut vous protéger.
Pourquoi devrais-je me protéger de mes alliés?
Même si un homme est votre allié,
ça ne garantit pas qu'il vous soutient.
Je vous avais dit que mon père était diplomate ?
Non.
Oui.
Il avait été envoyé en Afrique.
C'est là qu'il a rencontré celui qui allait devenir son meilleur ami.
Un homme du nom de Hermann von Epstein.
On m'a donné son nom !
Oui.
Je porte le nom d'un juif.
On adorait notre oncle Hermann !
Il était plein aux as !
Il habitait dans le château de Veldenstein.
Quand j'ai eu six ans...
toute ma famille a emménagé chez lui.
Vous imaginez ?
Vivre dans un château, c'est le rêve de tous les enfants !
Je courais dans les couloirs en jouant au chevalier.
Depuis les remparts, j'imaginais des armées se regroupant pour attaquer.
Oncle Hermann dormait dans la chambre la plus somptueuse,
à l'étage supérieur.
La chambre de ma mère se trouvait tout près, très belle aussi.
Mon père...
dormait dans une petite chambre, au rez-de-chaussée.
J'ai donc découvert à quel point oncle Hermann était riche.
Si riche qu'il pouvait faire déménager ma famille.
Si riche qu'il pouvait installer mon père au rez-de-chaussée.
Si riche que lorsque ça lui chantait...
il pouvait arpenter le couloir...
et jouir de ma mère.
Même si un homme est votre allié,
ça ne veut pas dire qu'il vous soutient.
Vous trouvez que Hermann Goering déborde d'imagination ?
Ce n'est pas moi qui le dis. Les tests l'ont démontré.
C'est à ça que sert un deuxième avis.
Ce qui nous amène à Rudolf Hess.
J'ai tendance à croire en son amnésie.
Quand il raconte qu'il a oublié qu'il était nazi ?
Écoutez, Dr Kelley...
je ne suis pas ici pour marcher sur vos plates-bandes.
Je partagerai mes découvertes. On écrira à deux.
Écrire quoi ?
Ne jouez pas l'étonnement. On est ici pour la même raison.
Deux ouvrages au sujet du haut commandement nazi entameront le marché.
Je propose qu'on en écrive un ensemble.
Bonne chance avec les tests.
Elle était surprise ?
Elle était... renversée !
Enseignez-moi ce tour de magie.
La pièce derrière l'oreille ?
Oui, enseignez-le-moi afin que je puisse, moi aussi, la renverser.
J'ai donné ma pièce à votre fille.
C'est le tour le plus facile !
Ça fonctionne parce que les gens veulent y croire.
Je soulève la pièce...
je dis : "Les amis !
"J'ai entre mes doigts une pièce vraiment banale !"
Je la passe dans l'autre main...
que je fixe des yeux.
Alors qu'au fond, elle est restée là.
Je la laisse au fond de ma paume droite !
Dans la paume, d'accord.
Enserrez-la entre ces deux doigts,
et placez votre paume autour,
et attirez l'attention vers la main gauche !
Vous faites semblant de soupeser la pièce.
Et si vous, vous y croyez...
les autres y croiront aussi.
Ensuite, il suffit de placer sa main près de l'oreille...
Abracadabra !
Que veut dire "abracadabra" ?
C'est une formule magique.
Ça confère à votre tour de magie une portée cosmique...
Et il faut toujours dire "abracadabra" ?
Non, non, ça pourrait être n'importe quoi. Ça pourrait être... "presto" !
Je préfère "abracadabra".
Votre père vous a enseigné ce tour de magie ?
Mon père ? Non.
Vous le dites comme si c'était impensable.
Il se contentait d'exercer son métier. Il était d'un naturel joyeux.
Il n'a pas accompli de grandes choses.
Mais vous croyez...
être destiné à de grandes choses.
Vous voulez être vu comme un grand homme.
Oui.
Et je suis votre tremplin vers la gloire.
Une fois le procès terminé, vous rentrerez en tant qu'expert des nazis,
et moi, j'aurai un tour de magie qui saura impressionner ma fille.
Je ne t'accompagne plus aux rencontres.
Je ne voulais pas te déranger.
Tu lui as beaucoup parlé en mon absence.
Tu fais quoi exactement ?
J'essaie d'en savoir davantage.
Il ne s'agit que de ça ?
Bonne nuit, Howie.
Comment allez-vous vous défendre, Hermann ?
- Vous aimeriez le savoir. - Je suis sérieux !
Sommes-nous amis, docteur ?
Je crois que ce mot est trop simple pour nous définir.
Me posez-vous cette question...
en tant qu'ami ?
Oui.
Demain,
quand je prononcerai mon plaidoyer...
je vais lire une déclaration.
Je vais dire
que j'assume toute responsabilité pour mes actions passées.
Cependant, je refuse...
d'assumer toute responsabilité pour des actes commis par d'autres...
dont je n'avais pas connaissance...
et que je n'aurais pas approuvés.
Ce que j'ai fait...
je l'ai fait pour ma patrie.
Vous n'auriez pas fait la même chose pour la vôtre ?
On m'a dit que je vous trouverais ici.
Dans sept heures...
l'attention du monde entier sera tournée vers cette pièce.
Ça y est.
Tout se joue ici.
Voici la déclaration que Goering compte lire demain.
Merci !
Garde-à-vous !
Allons-y.
Les voilà !
Seigneur !
Veuillez vous lever !
Plaise à la Cour...
Le privilège d'ouvrir le premier procès de l'histoire
pour des crimes contre la paix mondiale s'accompagne d'une lourde responsabilité.
Les torts que nous cherchons à condamner et à punir
ont été d'une préméditation,
d'une malignité et d'une dévastation telles
que la civilisation ne peut tolérer qu'on les ignore,
car nous ne pourrions survivre s'ils étaient commis de nouveau.
Sur le banc des accusés
se trouve une vingtaine d'hommes brisés.
Nous démontrerons qu'ils incarnent les symboles vivants de la haine raciale,
du terrorisme et de la violence,
de l'arrogance et de la cruauté associés au pouvoir.
Notre civilisation ne peut accepter aucun compromis
en agissant de manière ambigüe ou indécise
avec les hommes chez qui ces forces survivent de manière incertaine.
Les guerres ne sont plus circonscrites localement.
Toutes les guerres modernes
deviennent ultimement des guerres mondiales.
Aucune des nations importantes ne peut s'en soustraire.
La dernière étape afin d'éviter des guerres périodiques
au sein d'un système de non-respect des lois,
est de rendre les hommes d'État responsables devant la loi !
Permettez-moi de préciser
que même si ces lois sont appliquées aux agresseurs allemands,
elles doivent condamner l'agression par toute autre nation,
incluant celles qui président cette salle d'audience !
Nous pourrons nous débarrasser de la tyrannie domestique,
de la violence et de l'agression
imposées par le pouvoir contre les droits des concitoyens...
seulement si nous forçons chaque homme à répondre de ses actes devant la loi.
Hermann Goering.
Les prévenus vont prononcer un plaidoyer de culpabilité ou non-culpabilité
aux accusations.
Ils le feront à tour de rôle
devant le microphone placé au centre du banc des accusés.
Je m'appelle Hermann Wilhelm Goering.
Aujourd'hui, je me tiens devant la Cour et le monde entier
et je promets de ne dire...
Le Tribunal a décidé
d'interdire aux prévenus de faire une déclaration.
Ils pourront s'adresser à la Cour avant l'annonce de leur verdict.
Étant Reichsmarschall de l'Allemagne...
Vous n'êtes pas Reichsmarschall ici.
Vous n'êtes que Hermann Goering, le prisonnier.
Plaidez-vous coupable ou non-coupable ?
Qu'est-ce qui se passe ? Où sont-elles ?
Quoi ? Où sont-elles ?
- Ils les ont emmenées ! - Qui ?
Les Américains !
Emmy !
Emmy !
Edda !
Emmy !
Edda !
Emmy ! Emmy Goering !
Je dois vous demander une faveur.
Vous vous foutez de moi ?
Merci. Je vais en avoir besoin.
Emmy Goering a été arrêtée car soupçonnée de complicité
dans les affaires de vol d'œuvres de son mari.
La fillette ira dans un couvent. Pas de contact.
C'est une femme et son enfant !
Oui.
Nous valons mieux...
Ça ne dépend pas de moi !
Et de rien.
En passant...
pourquoi saviez-vous où elle se cachait ?
Edda a encore joué du piano ?
Oui.
Elle a beaucoup de talent.
Elle vous aime bien.
Vous avez des lettres ?
Non.
Pas cette fois, malheureusement.
Non ?
La prochaine fois.
Voici mon nouveau docteur.
On parlait justement de ma famille.
Oui. Je regrette d'avoir appris cela.
Appris quoi ?
Leur arrestation.
Elles ont été arrêtées il y a cinq jours.
Il ne vous l'a pas dit ?
C'était quoi, ça ?
Je faisais preuve d'honnêteté envers mon patient.
Vous pourriez essayer, un de ces jours !
- Ça l'a anéanti ! - Et alors ?
C'est quoi, votre problème !
Arrêtez !
Bordel de merde ! Vous êtes des spécialistes de la santé mentale !
Pour l'amour de Dieu !
Dr Gilbert, souhaitez-vous que je fasse arrêter le Dr Kelley ?
Non, monsieur.
Alors, sortez de mon foutu bureau !
Veuillez vous lever !
Plaise à la Cour,
le Ministère public voudrait présenter en preuve les images suivantes.
Ce que vous vous apprêtez à voir n'a jamais été diffusé.
Ce film offrira, je l'espère, une explication sommaire
de ce que les mots "camp de concentration" signifient.
LES CAMPS DE CONCENTRATION NAZIS
Ce sont les sites des plus grands camps de concentration et prisons
détenus dans toute l'Allemagne et l'Europe sous le régime nazi.
CAMP DE TRAVAIL DE OHRDRUF
La 4e division blindée de la 3e armée du général Patton a libéré ce camp.
Ils voient le hangar en bois où une rangée de corps couverts sont empilés
et la puanteur est accablante.
Le camp de travail de Nordhausen libéré par la 3e division de la 1re armée.
Au moins 3 000 prisonniers sont morts ici aux mains brutales des troupes SS
et des criminels allemands gardiens du camp.
C'était un dépôt pour les esclaves jugés inaptes à travailler
dans les usines souterraines de bombes V et d'autres camps et usines allemands.
Parmi les cadavres, des squelettes humains trop faibles pour bouger.
Nos bataillons médicaux ont travaillé deux jours et deux nuits
pour soigner et donner des médicaments,
mais pour les cas avancés de faim et de tuberculose, souvent sans remède.
Les survivants sont évacués pour être soignés dans les hôpitaux alliés.
Je suis le lieutenant principal Jack H. Taylor,
de la marine américaine d'Hollywood.
Mais c'est la première fois que je fais du cinéma.
J'ai été capturé le 1er décembre.
J'ai été emmené dans le camp de concentration de Mauthausen,
un camp de la mort.
Nous avons été affamés, battus et tués...
Heureusement, mon tour n'est pas venu.
Comment étaient-ils exécutés ?
De cinq ou six façons. En les gazant, en les fusillant,
en les battant, avec des bâtons,
par exposition,
c'est-à-dire debout, nu, dans la neige, pendant 48 heures
et se faire jeter de l'eau froide dessus en plein hiver,
la famine,
les chiens
et en les poussant de falaises de plus de 30 mètres.
Tout cela est vrai, cela a été vu et est maintenant enregistré.
CAMP DE CONCENTRATION DE BUCHENWALD
Les nationalités et numéros de prison sont tatoués sur le ventre des détenus.
Dans le rapport, le camp de Buchenwald est appelé l'usine d'extermination.
Des corps empilés ont été retrouvés à l'extérieur du crématorium.
Une usine d'élimination des corps.
À l'intérieur, les fours qui offraient au crématorium
la capacité de se débarrasser d'environ 400 corps en une journée de dix heures.
Dachau, près de Munich... l'un des plus anciens camps nazis.
Voici ce que les libérateurs ont découvert à l'intérieur des bâtiments.
Suspendus en rangées, les vêtements des prisonniers
qui avaient été asphyxiés dans une chambre à gaz.
On les avait convaincus de retirer leurs vêtements
sous prétexte de prendre une douche,
pour laquelle serviettes et savon avaient été fournis.
CAMP DE CONCENTRATION DE BELSEN
Les conditions sanitaires étaient si épouvantables
qu'il a fallu la machinerie lourde pour accélérer le travail de nettoyage.
C'était cela, Bergen-Belsen.
Comment est-ce possible ?
Ce que je viens de voir...
comment est-ce possible ?
Himmler.
Himmler n'était pas le second de Hitler.
C'était vous.
1 200 camps ?
Je suis censé croire que vous ne le saviez pas ?
- On peut contrefaire des atrocités. - Le film est un faux ?
- C'est votre défense ? - Je devrais dire quoi ?
- La vérité, pour une fois ? - Et à quelles fins ?
Pour que vous racontiez tout à Jackson ?
Mon ami...
votre hypocrisie est stupéfiante.
Mon hypocrisie ?
Les bombes et les balles américaines ne tuent pas ?
D'un seul clic, vous avez vaporisé 150 000 Japonais,
et vous croyez pouvoir m'inculper de crimes de guerre ?
Légitime défense !
Comment ça ? Ce n'était pas sur votre territoire !
Il y a une différence entre bombarder des usines d'armement
et tuer des civils en guise de dommages collatéraux,
et construire 1 200 abattoirs
conçus pour exterminer une race entière !
Et vous le savez !
Qu'est-ce que la guerre, selon vous ?
Pas ce que j'ai vu aujourd'hui.
Que font subir les Russes aux prisonniers allemands ?
Vous êtes libre et je suis coincé dans une cellule
parce que vous avez gagné et qu'on a perdu.
Pas à cause d'une supériorité morale !
Dans 15 ans, ce procès sera vu comme une farce !
Les grands conquérants ne sont pas vus comme des meurtriers.
Genghis Khan, Alexandre le Grand.
Vous n'êtes pas Alexandre le Grand !
Vous êtes un obèse dans une cellule.
Et vous étiez au courant !
Je me suis trompé.
Vous n'êtes pas destiné à de grandes choses.
Vous aurez une vie malheureuse, j'en ai peur.
Ces heures passées avec moi vous porteront toujours ombrage.
Vous écrirez votre ouvrage, espérant revivre ces instants.
Cet instant précis, le seul de votre vie...
où vous avez côtoyé la grandeur.
Vous pensez être un grand homme ?
Vous croyez que ce sera votre héritage ?
Au moins, j'en aurai un.
Vous ne marquerez pas le monde.
Votre livre, c'est moi !
Vous êtes à peine une note de bas de page.
Ils vont vous tuer !
Vous serez pendu...
la corde autour du cou, jusqu'à ce que vous vous pissiez dessus...
et que vous mourriez.
Votre femme sera veuve.
Votre fille, une orpheline.
Et ce sera votre faute.
Je sais qui vous êtes.
Il est comment ?
Vous ne voulez pas savoir.
Jackson va l'appeler à la barre après-demain.
Jackson va se faire démolir.
Pourquoi vous dites cela ?
Parce que Goering s'est préparé pour l'affronter.
Il est prêt à tous nous affronter.
Pourquoi...
ne pas tout me raconter ?
LE DOCTEUR RACONTE TOUT
Dites donc !
Vos conversations privées avec Hermann Goering font la une !
- Je... - C'est fini.
J'ai demandé votre transfert ce matin.
Vous rentrez et vous serez démis de vos fonctions.
Vous nous avez humiliés, moi et cette fonction, pour la dernière fois.
Pardonnez-moi, colonel.
Vous méritiez mieux.
En effet.
Et sachez...
qu'on libère l'épouse et la fille de Goering.
C'est vrai. Nous valons mieux que ça.
Merci, monsieur.
Votre train part à 17 h.
Ne le prenez pas mal, mais je ne veux plus vous revoir.
T'es venu dire au revoir ?
Tu penses vraiment que Jackson n'a aucune chance ?
Bien sûr.
C'est qu'un spectacle pour les caméras.
Peu importe ce qui arrivera demain...
Si Goering gagne, ainsi soit-il.
Je ne suis pas d'accord.
Et toi non plus.
Tu en sais plus sur lui que quiconque.
Oui, c'est le cas.
J'ai passé des milliers d'heures avec lui, je l'ai soumis à des tests.
Ce qui le distingue de nous ?
Rien.
Je sais.
Tu le sais ?
Je suis l'un d'entre eux.
De quoi tu parles ?
Je suis un Allemand moi aussi.
J'ai grandi à Munich.
Tu as dit avoir grandi à Détroit, que ta mère parlait allemand.
En effet.
Mon père aussi.
Puisque j'ai été élevé ici.
Tu es un soldat de l'armée américaine...
Pourquoi tu es parti ?
Pourquoi, à ton avis ?
Tu es juif.
On ne m'a pas trop inquiété, avec mes yeux bleus et ma blondeur.
Mon père était un patriote.
Il a défendu l'Allemagne lors de la Première Guerre.
Nous aimions ce pays.
Pui mon père a compris qu'on devait le quitter.
Comment vous avez fait ?
Le plus dur était d'obtenir des visas de voyage.
Les autres pays nous refusaient.
Mon père avait un cousin à New York. Il nous a aidés.
On a reçu nos visas de sortie en 1940.
Mais on avait de l'argent que pour un billet.
Ma petite sœur Margot...
n'avait que 11 ans à l'époque.
Mes parents ne voulaient pas qu'elle voyage seule...
et c'est moi qui suis parti.
J'ai eu le mal de mer toute la traversée.
En arrivant, j'ai vécu chez ce cousin.
Les nazis ont envahi la Hollande.
Ma famille n'est jamais venue.
Alors je suis allé à Détroit.
J'ai obtenu un boulot dans une usine d'outillage.
Et j'ai appris l'anglais en écoutant le baseball.
Pour l'attaque de Pearl Harbor...
j'étais le premier en file au bureau de recrutement.
Tu sais ce qu'ils ont dit ?
Ils ne pouvaient pas m'accepter.
Je n'avais pas la nationalité américaine.
Il fallait attendre la conscription.
J'ai donc attendu.
Deux ans durant, j'ai attendu, regardant la boîte aux lettres tous les jours.
Le 6 juin 1944,
j'ai fait le Débarquement sur la plage d'Omaha.
Quatre ans plus tôt...
j'avais quitté mon pays en pleine nuit, seul et effrayé...
et je suis revenu accompagné d'une armée.
J'ai retrouvé Margot.
Elle vit avec de la famille en Suisse. Elle a 16 ans, aujourd'hui.
Elle va bien.
Elle y est arrivée.
Et tes parents ?
Les registres indiquent...
que mes parents sont arrivés à Auschwitz le 12 août 1942.
Le camp a été libéré le 27 janvier 1945.
Aucune trace d'eux.
Les nazis avaient un terme pour ce qu'ils nous ont fait.
La solution finale.
Comme si on était...
une sorte de puzzle pénible qu'ils avaient enfin su résoudre.
Je suis désolé, Howie.
Je vais le dire à Streicher...
Je vais le lui dire.
Juste avant qu'on lui mette la corde autour du cou,
je vais dire à ce fumier qu'il se confiait à un juif.
Tu dis que ce qui arrivera demain importe peu.
C'est important.
Plus que tu le crois.
C'est important à mes yeux...
aux yeux de ma famille...
et aux yeux de l'Allemagne.
Goering doit tomber.
Si tu penses qu'il va avoir raison de Jackson...
Doc, je t'en prie...
fais quelque chose.
Je ne peux pas.
Tu ne peux pas ?
Je suis juste un psychiatre.
Tu veux savoir pourquoi c'est arrivé ici ?
Parce que les gens l'ont permis.
Ils ont commencé à résister trop tard.
Bon retour à la maison, Doc.
Oui, monsieur. Bien sûr.
Non, je...
Je comprends parfaitement.
Merci.
Incroyable !
Truman vient de nommer Frederick Vinson comme juge en chef de la Cour suprême.
Je ne voulais pas ce poste.
Qui en voudrait ?
Cul sec.
Vous allez tomber dans le piège.
Je croyais que vous étiez démis de vos fonctions.
Appeler Goering à la barre, c'est lui donner ce qu'il veut.
C'est pour ça qu'il s'est livré !
C'est sa dernière chance de sauver l'honneur du Reich !
Après avoir lu le journal, je me fous de ce que vous pensez.
- Vous ne le coincerez pas ! - Gardes !
Pas sans mon aide.
C'est tout ce que j'ai à son sujet.
Des dossiers et des conversations privés.
J'en sais davantage sur cet homme que quiconque !
Et tout est là-dedans.
Pourquoi avez-vous ce cahier ?
Je voulais écrire un livre.
Me faire un nom.
C'est bon.
Vous croyez que je suis incapable de le battre ?
Franchement...
je l'ignore.
J'étais sur le point d'être nommé juge en chef.
Là, je serai chanceux s'il reste de la place en Cour suprême pour moi.
J'ai reçu mon congé de l'armée il y a six heures.
Il ne nous reste pas grand-chose à faire...
Pourquoi ne pas aller gagner la guerre ?
Le truc, c'est d'utiliser sa vanité contre lui.
Il est le Reichsmarschall,
et le Reichsmarschall n'a jamais tort.
C'est impossible.
Chacune des décisions qui l'ont mené à ce sommet est donc juste.
Il ne voudra pas parler des camps, de la SS et de la solution finale,
mais vous pouvez le lui faire assumer.
Kelley a raison.
Réussis à lui faire admettre qu'il les a autorisés,
et tu l'auras !
Je vais l'avoir.
C'est un grand jour pour toi.
Tu es prêt.
Qu'est-ce que Doug Kelley fait encore ici ?
Je l'ignore, monsieur.
Veuillez vous lever !
Monsieur le juge Jackson,
vous êtes prêt ?
Le Ministère public appelle Hermann Goering à la barre.
Subsiste-t-il un doute dans votre esprit quant à la mort d'Adolf Hitler ?
Je n'ai aucun doute.
Alors, vous savez...
que vous êtes le seul homme encore vivant
qui pourra nous expliquer les objectifs du parti national-socialiste
et les mécanismes internes de sa direction ?
Oui, je le sais parfaitement.
Dès le début, votre parti comptait renverser la république de Weimar.
C'était notre ferme intention.
Quoi ?
Dès votre arrivée au pouvoir,
vous avez aboli le régime parlementaire en Allemagne.
Nous trouvions qu'il n'était plus nécessaire.
Parce que vous croyiez la population incapable de se gouverner elle-même ?
Nous avions été élus par le peuple...
qui nous avait donné un mandat pour le changement.
Le système en place auparavant avait mené l'Allemagne au bord de la faillite.
Votre propre président Roosevelt a dit :
"Certains peuples européens ont renoncé à la démocratie,
"pas parce qu'ils n'en voulaient pas...
"mais parce que la démocratie avait engendré des hommes bien trop faibles."
Passe aux crimes de guerre...
Une fois au pouvoir, vous avez jugé bon de supprimer les partis de l'opposition,
c'est bien ça ?
Nous trouvions important d'éliminer toute opposition politique, oui.
Trouviez-vous important et urgent d'instaurer des camps de concentration?
Les camps ont été conçus comme mesures pour contrer les communistes
et leur violence.
C'était donc nécessaire d'ériger des camps pour eux.
Deux ou trois. Quelque chose comme ça.
Il vous fallait également certains groupes pour exécuter les ordres
et se battre pour vous si nécessaire.
Des groupes ?
Si vous vouliez la tête de quelqu'un, par exemple...
une organisation pouvait s'en charger pour vous.
L'Allemagne avait une police politique de haut niveau, comme d'autres pays.
La SA et la SS étaient les organisations qui exécutaient ces ordres
et géraient les gens sur le plan physique, c'est bien cela ?
La SA n'a jamais reçu d'ordre d'éliminer qui que ce soit.
La SS non plus. Pas sous ma gouverne.
Je n'avais plus d'influence sur ces organisations.
Les gardes SS procédaient pourtant à des arrestations.
Ils supervisaient les déplacements vers les camps de concentration.
Vous souvenez-vous quand les officiers SS ont commencé
à remplir la fonction d'organe exécutif du parti nazi ?
Ça serait immensément difficile d'expliquer à un étranger
les sphères où les officiers SS ou de la Gestapo étaient actifs.
Essayez.
Peut-être que plus Himmler avait la mainmise sur la police,
plus les attentes changeaient.
C'est bien connu que certaines unités de la SS
gardaient les camps, puis ont effectué certaines fonctions de la police.
Ainsi que...
d'autres fonctions, au sein des camps ?
À quelles fonctions faites-vous référence ?
Ils exerçaient toutes les fonctions dans les camps, n'est-ce pas ?
Si une unité de la SS surveillait un camp,
et qu'un dirigeant SS était le commandant du camp,
il est donc logique d'imaginer...
que cette unité remplissait toutes les fonctions au sein de ce camp.
Achève-le.
Vous avez dit que vous vouliez un État allemand puissant
afin de renverser les conditions de Versailles, n'est-ce pas?
Nous voulions un État allemand puissant avec ou sans Versailles.
Le premier pays absorbé par l'Allemagne fut l'Autriche,
qui n'avait pas fait partie de l'Allemagne avant la Première Guerre,
et n'avait pas été enlevée à l'Allemagne par le traité de Versailles, non ?
Ce n'est pas tout à fait cela, non.
Le deuxième territoire conquis par l'Allemagne
fut la Bohème, suivie par la Moravie et la Slovaquie.
Ces pays n'ont pas été pris à l'Allemagne par le traité de Versailles
et n'avaient jamais fait partie de l'Allemagne
avant la Première Guerre mondiale.
Ces parties du territoire tchèque
ne faisaient pas partie du petit deuxième Reich
pour la signature du traité de Versailles.
Néanmoins, elles étaient partie intégrante du Reich allemand
depuis des centaines d'années.
Vous n'avez toujours pas répondu à ma question !
J'y ai répondu.
Si les faits ne vous conviennent pas, je ne peux pas vous aider.
Répondez : oui ou non.
Peut-être que vous avez tout votre temps, contrairement à nous tous...
Monsieur le juge !
Le Tribunal pense que le témoin devrait être autorisé à donner les explications
qu'il juge adéquates.
J'ose espérer que la Cour n'ignore pas qu'à l'extérieur de ces murs
se joue une importante question au sujet d'un renouveau du nazisme.
Un des objectifs de l'accusé Goering
est d'encourager et de perpétuer cette idée à travers ce procès même !
Monsieur le juge...
Ce témoin a adopté, sur le banc des accusés et à la barre des témoins,
une attitude arrogante et méprisante envers ce Tribunal,
qui lui offre pourtant la chance d'avoir un procès,
alors qu'il n'en avait cure !
La décision est finale, monsieur le juge.
Je dois évidemment m'en remettre au jugement de la cour,
et demanderai simplement au témoin de répondre de manière plus succincte.
Pouvez-vous répéter la question ?
Le traité de Versailles ne vous a pas privé de ces territoires.
Mais bien sûr que l'Autriche nous a été enlevée par le traité de Versailles,
tout comme la région des Sudètes !
Car ces deux territoires auraient appartenu à l'Allemagne
si leurs populations avaient eu accès à l'autodétermination.
Ça me semble peu probable,
vu que vous avez dit que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
a été le premier dont vous les avez privés.
Dès le tout début,
vous considériez l'élimination des juifs de la vie économique de l'Allemagne
comme la 1re phase d'un plan quadriennal relevant de votre administration.
C'est juste ?
- En partie. - En partie...
Je vois.
J'aimerais qu'on jette un œil rapide
aux lois d'intérêt public que vous avez instaurées sur la question juive.
Tout d'abord, avez-vous proclamé les lois de Nuremberg ?
Oui, en effet. En tant que président du Reichstag, c'était mon travail.
Quel jour était-ce ?
Le 15 septembre 1935.
Et le 1er décembre 1936,
vous avez adopté une loi menaçant de peine de mort
les Allemands qui transféraient des actifs hors du pays ?
C'est le cas, oui.
Le Décret régissant les restrictions sur les devises étrangères.
Puis, le 22 avril 1938, vous avez ordonné des pénalités
pour camouflage de la nature juive d'entreprises au sein du Reich.
Camouflage, oui.
Puis, le 26 avril 1938, vous avez signé un décret ordonnant l'enregistrement
de tous les biens juifs, dans et hors de l'Allemagne.
Si c'est ma signature...
Puis, un décret signé le 12 novembre 1938
imposant aux juifs une amende d'un milliard de Reichmark pour réparations.
Oui, mais...
Et que tous les dégâts à des propriétés juives
lors des émeutes de 1938 devaient immédiatement être réparés par des juifs
à leur charge, avec réclamation d'assurance confisquée au profit du Reich.
Il y a bien des détails. Les compagnies d'assurance...
Et le décret signé le 17 septembre 1940
ordonnant la saisie de tous les biens des juifs en Pologne.
Dans cette région de la Pologne, une ancienne province allemande...
- Et le 31 juillet 1941... - ... retournée à l'Allemagne !
Un décret demandant à Himmler et Heydrich
de planifier la solution finale de la question juive.
Non, c'est faux.
Je connais très bien ce décret.
Je voudrais présenter le document 710, pièce numéro USA 509.
Il devrait être lu au procès-verbal pour s'entendre sur la teneur de la traduction.
Ce document est signé de votre main, n'est-ce pas ?
C'est juste.
Corrigez-moi si je me trompe.
"En complément de la tâche dont vous avez été chargé le 24 janvier 1939,
"portant sur la mise au point, par le biais de l'émigration et de l'évacuation,
"d'une solution au problème juif aussi avantageuse que possible,
"je vous charge de prendre toutes les dispositions nécessaires
"sur le plan organisationnel et financier en vue de la mise en œuvre...
"d'une solution finale de la question juive."
Ça y est.
Est-ce bien exact ?
Non, votre traduction est erronée.
Donnez-nous votre version de la traduction.
"En complément de la tâche qui vous a été confiée,
"le 24 janvier 1939,
"de trouver une solution à la question juive avec l'émigration et l'évacuation
"de la manière la plus avantageuse possible,
"je vous charge par la présente de prendre toutes les dispositions nécessaires
"sur les plans organisationnel et financier..."
Maintenant, voici la phrase :
"... pour une solution globale", pas finale,
"pour une solution globale de la question juive."
Une solution complète et globale.
Complète et globale, oui.
Une solution complète et globale que vous avez confiée au chef des SS.
Oui, mais j'aimerais vous offrir une explication.
Mais je vous en prie.
J'ai envoyé cette lettre à Himmler et Heydrich,
parce que 18 mois s'étaient écoulés depuis la déclaration du 24 janvier 1939,
et Heydrich avait fait très peu de progrès.
Ainsi, je l'ai enjoint d'accélérer le mouvement d'émigration des juifs.
L'émigration...
Vous prétendez que cette lettre évoque l'émigration des juifs.
C'est ce qui est écrit dans la toute première ligne.
de l'émigration
Ce n'est que la première phrase. Le reste de la lettre parle de...
De mon vœu...
pour une solution globale au problème juif,
et pour mettre un terme à leur influence financière
avec des mesures d'émigration et d'évacuation hors de l'Allemagne.
Tel qu'indiqué dans le document que vous venez de me présenter.
Avez-vous d'autres questions pour le témoin, monsieur le juge Jackson ?
Monsieur le juge ?
Le témoin peut quitter la barre ?
J'ai une question !
Le Tribunal avait cru comprendre que c'était le Ministère public américain
qui interrogeait ce témoin aujourd'hui.
Les États-Unis sont contents d'entendre leurs distingués collègues britanniques.
Il ne s'agit que de quelques questions.
Je serai bref.
Vous avez admis devant cette cour
que dès 1942, vous aviez perdu de l'influence auprès d'Adolf Hitler. Exact ?
C'était le cas, je le crois, oui.
Mais vous étiez Reichsmarschall en 1942, successeur de Hitler.
Oui ?
Oui, j'étais Reichsmarschall.
Et vous ignoriez que trois millions de juifs avaient été tués en 1942 ?
Oui, je l'ignorais.
En 1943,
au moins 800 000 juifs ont été exécutés dans les camps.
Vous étiez toujours Reichsmarschall en 1943, n'est-ce pas ?
C'est juste.
En 1944, 800 000 juifs additionnels sont morts dans les camps.
Vous étiez toujours Reichsmarschall en 1944, n'est-ce pas ?
C'est juste.
En 1945,
250 000 autres juifs, pour un total estimé de 6 millions de juifs,
en plus de citoyens soviétiques et polonais,
de Tziganes, d'artistes, de scientifiques, d'auteurs, de journalistes,
de photographes, de réalisateurs,
de gens ont été tués non pas au combat,
non pas par des tirs ennemis,
mais exterminés par l'État allemand.
L'État duquel vous étiez Reichsmarschall,
le poste politique le plus important de votre pays !
Et vous prétendez n'en avoir rien su ?
Dites-moi au moins ceci...
Sachant ce que le monde sait désormais,
sachant ce qui est arrivé à six millions de juifs, je me dois de vous demander...
vous rallieriez-vous encore au Führer, Adolf Hitler ?
Oui...
je le ferais.
À l'ordre ! À l'ordre !
Pas d'autres questions.
Je profite de ce moment pour lever la séance d'aujourd'hui.
Une brillante bataille. Tout à fait brillante.
- J'ai survécu. - Tu as réussi.
Vous aviez raison.
J'étais incapable de le vaincre.
Pas sans aide, du moins.
"Goering ne peut prendre position contre le Führer."
Une information très précieuse.
Et maintenant ?
Si Goering tombe, ils tomberont tous.
Ça va aller.
Tenez.
Vous partez ?
J'ai une dernière chose à faire.
Docteur...
Vous les avez aidés, n'est-ce pas ?
En effet.
Je pars.
Partir ?
Je rentre chez moi.
Je suis venu vous faire mes adieux.
Et maintenant, on fait quoi?
On se serre la main ?
Je sais que nous avons été amis, Douglas.
Pendant un moment.
Au revoir, Hermann.
Dans plusieurs années...
je me demande ce que vous direz à notre sujet.
Admettrez-vous au moins notre humanité ?
Le jugement du Tribunal militaire international sera maintenant lu.
30 SEPTEMBRE 1946
Les accusés entendront leur verdict à tour de rôle.
Hermann Goering.
Les preuves démontrent qu'après Hitler,
vous étiez l'homme le plus important
du régime nazi.
Votre culpabilité est aussi unique qu'immense.
Vos actions sont inexcusables.
Le Tribunal militaire international vous condamne
à la mort par pendaison.
Rudolf Hess...
vous êtes reconnu coupable des quatre chefs d'accusation.
Les exécutions auront lieu ce soir, à minuit.
Afin de maintenir un climat ordonné,
les prisonniers n'en seront informés qu'à 23 h 45,
lorsqu'on les réveillera afin qu'ils reçoivent les derniers sacrements.
À 20 h, huit journalistes triés sur le volet arriveront à la prison.
Deux Français, deux Britanniques, deux Américains et deux Russes.
L'extinction des feux se fera à 21h30,
et le médecin fera sa dernière ronde, comme d'habitude.
Qui voudra des somnifères recevra un placebo fait de bicarbonate de soude.
À 22 h,
nous amènerons la presse à la salle de l'échafaud,
où je leur ferai part des derniers préparatifs pour ce soir.
Abracadabra...
Les prisonniers seront emmenés un par un,
et ils pourront alors prononcer leurs dernières paroles.
Par la suite...
Excusez-moi.
- Qui est-ce ? - Goering !
Merde !
Non ! Non, non !
Non !
Non, enfoiré ! Tu n'as pas le droit !
Il est mort, monsieur. Du cyanure.
Bordel de merde !
Espèce de salopard.
Je suis désolé, monsieur.
Il faut prendre une décision.
Nous remettons les exécutions à plus tard ou procédons comme prévu.
Finissons-en.
Monsieur...
Streicher refuse de s'habiller...
Lâchez-le. Lâchez-le !
Julius...
Julius !
Vous...
vous avez été mon ami.
Allez !
Faisons-le ensemble.
Allons...
Donnez-moi sa chemise.
Demandez-lui son nom !
Vous connaissez mon nom.
Dernières paroles ?
Fête de Pourim, 1946 !
Merde...
Ah, le salopard...
SUICIDE DE GOERING
Il y a échappé.
Pour être franc, Dr Kelley,
certains énoncés de votre livre sont difficiles à croire.
Vous étiez en présence de nazis. Admettez qu'ils sont une race à part !
Ils ne sont pas une race à part.
Il y a aujourd'hui des gens comme les nazis dans tous les pays du monde.
- Pas aux États-Unis ! - Mais si, aux États-Unis !
22 CELLULES à NUREMBERG
Leur profil n'a rien d'obscur !
Ce sont des gens avides de pouvoir.
Vous dites que de telles personnes n'existent pas ici,
je suis d'avis qu'il y a des gens aux États-Unis
qui n'hésiteraient pas à se hisser sur les cadavres de la moitié du pays
s'ils savaient pouvoir contrôler l'autre moitié !
Je vous en prie, docteur...
Ils attisent la haine !
C'est ce que Hitler et Goering faisaient et c'est typique !
Si vous croyez que la prochaine fois,
on sera alertés par des uniformes militaires effrayants...
vous vous foutez le doigt dans l'œil !
Notre discussion continue après cette courte pause.
EN ONDES
Vous ne serez pas du segment suivant.
Allons-y !
Sachez que...
dénigrer notre pays n'est pas la meilleure technique pour vendre votre livre.
Robert Jackson est retourné travailler à la Cour suprême.
La jurisprudence qu'il a établie à Nuremberg a formé
la base des poursuites modernes pour crimes de guerre.
Suite aux procès, Howie Triest a quitté l'armée
et emmené sa sœur Margot avec lui aux États-Unis.
Il a vécu jusqu'à l'âge de 93 ans.
Le livre de Douglas Kelley fut un échec. Il n'en a jamais écrit d'autres.
Il devint de plus en plus nerveux à l'idée
que personne ne tienne compte de ses avertissements.
En 1958, après un long combat avec la dépression, Kelley s'est suicidé.
Il a utilisé du cyanure, la même méthode que Hermann Goering.
"Le seul indice de ce que l'homme
"est capable de faire est ce que l'homme a déjà fait."
BASÉ SUR LE LIVRE "LE NAZI ET LE PSYCHIATRE"
Sous-titres traduits par : Nathalie Sappey
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