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Original subtitles

...

*Musique jazzy enlevée

...

- Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- Dis donc... Pas mal, la caisse.

- Ouais ? T'aimes bien ?

- Ah ouais.

Elle rit.

- Je viens de l'acheter.

Sur un coup de tĂŞte. Je peux mĂŞme pas

te dire pourquoi. - Ouais...

Parce que tu viens de passer une super nuit

avec le capitaine Bach et tu sais plus oĂą t'en es ?

Changer de bagnole sur un coup de tête, ça te donne

l'impression de contrĂ´ler quelque chose, non ?

- Mais... Tu comptes vraiment

me psychanalyser au milieu de la route ?

...

Un portable vibre.

- Dr Balthazar, j'écoute.

OK, OK, j'arrive.

Il faut que...

Musique intrigante

La voiture redémarre.

...

Communications radio

- C'est votre caisse ?

Evidemment, que c'est votre caisse.

Elle est discrète, en plus.

- Je suis ravi qu'elle vous plaise.

- Vous avez vu Bach ? J'arrive pas Ă  la joindre.

- Bizarrement, je suis pas étonné. Je vous montre ?

- Oh merde !

C'est un mĂ´me ?

- J'ai pas encore déterminé l'âge de la victime.

- Après 27 ans de médecine, vous devez savoir

si c'est un mĂ´me ou...

Ah, OK.

- Le vétérinaire en charge m'a appelé.

- Pourquoi ?

- A cause de ça, là. C'est des blessures

par arme blanche. - C'est bizarre, ça.

Pauvre toutou. - Y avait beaucoup de sang autour.

J'ai fait un test avec du sérum

antiglobuline humaine, ça a agglutiné.

- Traduction ?

- Ca veut dire que c'est du sang mêlé.

Une petite quantité de sang animal, une grande

quantité de sang humain. - Oh putain, merde !

Il a un tatouage, une puce ?

- On va vérifier.

Non.

Y a un truc en dessous.

C'est quoi, ça ?

C'est un doudou.

Y a un prénom : Joseph.

- Oh putain, j'aime pas ça.

Musique sombre

Rentre-moi le prénom Joseph dans les fichiers.

Un mĂ´me.

...

OK, prévois-moi les renforts.

Joseph Keller, 8 mois. Il était avec sa nounou.

Ses parents ont signalé leur disparition il y a 2h.

- Merde.

Générique

...

...

- C'est quoi, ce bordel ?

Elle s'exclame.

Oh merde.

Merde, merde, merde...

Musique sensuelle

...

...

Oh putain, non, non !

- OK, les gars, pour l'instant, on a un chien avec du sang humain.

On traite la zone comme une scène de crime.

Si vous trouvez quoi que ce soit, prévenez-moi.

On reste sur le canal 2, on cherche partout. Allez.

Balthazar !

J'ai eu le collègue qui a parlé aux parents.

D'après eux, la nounou s'appelle Clémentine Charlier,

mais c'est une fausse identité.

L'agence de baby-sitter n'en a jamais entendu parler.

- OK... Vous pensez Ă  quoi ?

- Une cinglée en mal d'enfant, une demande de rançon, une vengeance

personnelle... En 20 ans de maison, j'en ai vu.

- Le chien est bien Ă  la nounou ?

- D'après les parents, oui. Pourquoi ?

- Parce que les blessures

sont sur le ventre, le chien était en position de défense.

Il défendait son maître, donc il y avait

un agresseur extérieur. - Elle était visée.

- OĂą est mon fils ?

Vous pouvez le retrouver ? - On le cherche, madame.

- Qu'est-ce qu'elle lui a fait ?

C'est pas vrai ! Joseph ! - Madame, non !

On ne passe pas, attendez.

Elle pleure. - Joseph !

- Attendez ! Madame, madame !

... - Non !

Elle l'a tuée ! - Madame, madame.

Je suis médecin. Vous êtes en train de faire

une crise de panique. C'est normal, mais on a besoin

que vous vous calmiez pour votre fils, d'accord ?

Là-bas, c'est un chien qu'on a retrouvé.

C'est pas votre fils, c'est le chien de votre nounou.

Il est décédé en essayant de les protéger, ils ont dû avoir

le temps de s'enfuir.

On garde espoir.

Elle halète.

Elle pleure.

...

- Désolé, je vais devoir vous poser quelques questions.

Vous pouvez me décrire un peu la nourrice ?

- Je sais pas...

Taille moyenne...

Brune, cheveux courts, la quarantaine.

- Vous avez une idée de sa vie ?

Elle est mariée, elle a des enfants ?

- On la connaissait

depuis une semaine. - Elle était

discrète. - Vous avez vérifié ses papiers ?

L'avez déclarée à l'administration ?

- Elle était envoyée par une agence et on...

Elle avait l'air vraiment bien, Joseph l'adore et...

...

- Retrouvez-le. Retrouvez mon fils.

Musique intrigante

...

- Oh, capitaine ! Ca va, bien dormi ?

Pas trop fatiguée ?

- Parlez moins fort.

- Te voilà, toi ! Il s'est passé quoi ?

- C'est mon réveil, il a pas sonné.

- Le réveil a pas sonné ?

- On m'a briefée, y a du neuf ? - On va lancer une battue

mais vu la superficie de la zone,

ça va prendre du temps. Faudrait

resserrer les recherches mais on n'a pas d'indices.

J'ai pas un cerveau de médium... - Un cerveau !

Le cerveau. Venez avec moi.

Imaginez...

Imaginez, vous vous baladez tranquillement avec un bébé

et quelqu'un vient vous attaquer.

Qu'est-ce que vous ressentez ?

- De la terreur ? - Exactement, de la terreur.

A ce moment-lĂ , c'est le cerveau reptilien qui prend le relais.

C'est celui qui répond à l'instinct de survie.

Et le premier process qu'il met en place,

c'est la fuite.

- Pourquoi par lĂ  ?

- Le cerveau reptilien déclenche aussi un regard fuyant

pour discerner les issues possibles

et les obstacles qui empĂŞchent la fuite.

Là, clairement, sur la gauche, y a une maison abandonnée.

Sur la droite, un lac.

Derrière, une étendue vaste,

dur de se planquer. Le cerveau reptilien

a abandonné toutes ces options.

Il y avait du humus frais sur les coussinets du chien.

La nounou a dĂ» prendre ce chemin,

un chemin qu'elle connaît et qui la rassure.

Le reptilien, c'est le cerveau de tous les réflexes acquis

pendant l'enfance. Et oĂą est-ce qu'on se planque

quand on est enfant ? - Derrière un arbre.

Des chiens aboient au loin.

...

- Secteur nord,

RAS pour l'instant.

*-Secteur sud, RAS.

Ca fait 2 heures qu'on cherche.

J'imagine mĂŞme pas le cauchemar pour les parents.

Balthazar ?

- Hmm ?

- Pour hier soir, je... - Ah non.

Il rit. Non, non !

Je vous propose qu'Ă  propos d'hier soir, on n'en parle pas.

On fait comme s'il s'était rien passé.

Bon...

A moins que vous vouliez, évidemment, qu'on remette ça...

Il rit. - Pardon ?

- Non, je vous explique.

Si on fait ça plus d'une fois par semaine,

je ne tiendrai jamais le coup. Je suis trop vieux pour ça.

Je ne pensais pas

que vous aviez Ă  ce point-lĂ  la forme.

Vous avez fait des trucs hier...

- Non, non, non ! Non, je... Cette conversation n'existe pas.

- Pourquoi vous réagissez comme ça, capitaine ? Oh !

Ca arrive mĂŞme aux meilleurs,

de se lâcher de temps en temps. - Je me lâche pas.

- LĂ -bas, regardez.

Musique intense

...

- Secteur sud.

Envoyez les secours.

*-Bien reçu. On arrive. - A mon avis,

c'est trop tard. Asystolie, mydriase

bilatérale aréactive.

- Le bébé.

Il est où, le bébé ?

- Rigidité en train de se mettre en place.

Il hume.

...

Il hume.

... - Il est parti avec.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Sa main colle et sent la bière.

C'est récent.

La benne Ă  ordures.

...

HĂ© !

- C'est fini. C'est fini.

- Pour commencer, un détail qui aidera

Ă  identifier la victime :

elle a les racines plus claires, quasiment blondes.

Ce n'est pas sa vraie couleur.

Elle se teignait

depuis peu :

le bulbe n'est pas abîmé.

- Il y a de la corne Ă  l'annulaire.

Il y avait une alliance.

Peut-être divorcée.

- J'ai aussi remarqué

une cicatrice abdominale basse : accouchement par césarienne.

A peine visible. C'était il y a 10 ans. Elle a eu un enfant.

- Les résultats de la toxico à la levée du corps

révèlent la présence de perchloroéthylène,

un solvant présent dans l'industrie lingère,

comme les pressings.

- A défaut de son identité, vous savez ce qu'il s'est passé ?

- Lésions de défense des avant-bras,

24 plaies au niveau du thorax et de l'abdomen,

hémopneumothorax gauche majeur, visible au scanner post mortem.

Décès consécutif à un choc hémorragique et une détresse

respiratoire aiguë. - On a scruté

les lésions sur les vêtements.

J'ai mis des scotchs sur les plaies pour distinguer les formes.

Ca correspond à un ciseau pointu, fermé,

comme celui à côté du corps.

C'est bien l'arme du crime.

- Pas d'empreintes, mais des traces de crème,

au labo pour analyse.

- Dans l'aire de jeu, l'agresseur plante ses ciseaux dans le corps

de la nounou. Son chien la défend. Il tue le chien.

Ca laisse le temps Ă  la nounou

de partir dans la forêt avec le bébé

et de le cacher avant que l'agresseur la trouve et la tue ?

- Quelque chose ainsi. C'est bizarre, les berges

des plaies sont irrégulières.

- Ah ouais.

C'est de l'hésitation ?

- Ca ne collerait pas avec la rage

et la détermination des coups.

Peut-ĂŞtre un tremblement,

ou une dystonie. Prends des photos, on vérifiera plus tard.

Déclenchement

Fatim, c'est toi qui ouvres ? - Oui.

- Allez.

...

- Les organes sont d'apparence normale.

L'aspect exsangue du foie confirme l'hémorragie massive

comme cause... - Stop.

C'est ça. - Quoi ?

- Ah, c'est fou. - Mais quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Non ! - C'est quoi ?

- Tu crois que c'est ça ?

- J'en ai jamais vu un aussi net, mais...

C'est émouvant, non ?

- Un peu.

- Excusez-moi, mais vous parlez de quoi ?

...

Le tatou quoi ?

- Le syndrome du tako-tsubo.

Autrement nommé, également, le syndrome du coeur brisé.

Quand vous avez...

Quand vous avez un chagrin d'amour,

je ne parle pas de vous,

mais quand vous avez un chagrin d'amour,

on dit que vous avez le coeur brisé. En fait, vous l'avez vraiment.

Il y a des gens qui l'ont vraiment.

Pas aussi net comme sur le cadavre,

mais c'est incroyable Ă  quel point le corps humain est bien fait.

- Le corps est formidable. Ca veut dire quoi, en fait ?

- Le syndrome du tako-tsubo surgit à un choc émotionnel grave.

La libération massive de catécholamines,

les hormones du stress,

provoque un dysfonctionnement cardiaque

qui mime...

qui mime un infarctus.

Surgissent alors des cicatrices sur le coeur,

qui finit par prendre la forme d'un vase traditionnel servant

de piège à poulpe chez les pêcheurs japonais,

d'oĂą le tako-tsubo,

donc on sait que notre victime a vécu un choc traumatisant,

il y a...

environ six mois, selon les cicatrices.

- D'accord.

Je vais chercher par lĂ . - "Merci, Balthazar."

- OK, merci.

Je vais y aller. Elle rit.

Balthazar, je vais y aller.

- On va en parler, non ?

De ce qui s'est passé hier soir ?

Parce qu'hier, vous étiez chaude !

- Non, mais on arrête tout de suite avec ça.

On crève l'abcès à propos de ce qui s'est passé.

Stop, vos allusions lubriques.

- Mes allusions lubriques ? - Vous faites des allusions.

- Vous vous souvenez de quoi ?

- Ben je me souviens de... de...

J'ai quitté mon mari, parce que.. Bref, ça, vous savez.

Après, je... J'ai...

Après, j'ai des absences.

- Vous avez des absences ? - Oui, j'ai des absences.

- Ah, d'accord. Sonnette

Vous vous souvenez ĂŞtre venue chez moi ?

- Oui. Ca, je me souviens.

- Et après...

vous avez voulu sortir.

- Ah ?

Bris de verre - On a bu un verre.

Ou deux...

Ambiance festive

...

Et après, vous avez voulu danser.

Musique dansante Sifflements

...

Et c'est là que ça a dégénéré.

...

La musique cesse. - Ah oui, je me souviens.

- Vous vous souvenez ?

La musique reprend.

...

Si c'est ça, votre définition de "lubrique",

je plains votre vie sexuelle.

Allez, capitaine.

- Oui, donc...

On n'a pas...

- Ben non, on n'a pas. Non. Non, on n'a pas. Non.

Ca va, capitaine ?

Vous êtes déçue ? - Non.

Il faut arrĂŞter avec votre arrogance, lĂ .

"Pas plus d'une fois par semaine".

Pas de quoi fanfaronner non plus.

- Ca n'avait rien à voir. Je ne parlais pas de ça.

Je ne parlais pas du tout de ça. Si on l'avait fait,

vous vous en souviendriez. J'ai bonne réputation !

- C'est ça !

Elle claque la porte.

Musique énigmatique

Alors, ça donne quoi ?

- La femme Keller est la seule que la victime a approchée,

il y a 10 jours.

Elle s'est réclamée de l'agence à laquelle ils étaient abonnés.

A priori, ça tombait à pic, car leur nounou les avait plantés.

- Elle a dĂ» se renseigner, choisir la famille.

Pourquoi faire ça ? - De toute façon,

tant qu'on ne sait pas qui elle était,

on ne va pas avancer. - On va mettre le paquet.

On appelle les gendarmes,

l'assistance aux personnes disparues et on croise.

Blonde, divorcée, mère d'un enfant,

travaillant dans un pressing,

ayant vécu un événement traumatisant.

Ca va donner quelque chose.

Claquement

Musique intrigante

...

...

...

...

- Surprise !

Il soupire.

- Putain, tu m'as fait flipper. Elle rit.

Tu es partout, toi, en ce moment.

- Ca te perturbe, hein ?

C'est parce que tu es perturbé que tu me vois partout, justement.

- Je ne suis pas per... Une porte s'ouvre.

Je ne suis pas perturbé. - Mon caramel.

Tu sais que le mec en taule pour mon meurtre est innocent

et que le tueur est dehors. Le capitaine Bach quitte son mari

et débarque chez toi en pleine nuit.

Tu perds le contrĂ´le.

- Je ne perds pas le contrĂ´le. - 12 ans que tu cloisonnes tout.

Normal que ça pète.

C'est plutĂ´t sain, mĂŞme.

D'ailleurs, tu aurais dĂ» en profiter,

hier soir, avec Bach.

- Je ne profite pas de la faiblesse des femmes en détresse.

Surtout quand elles sont alcoolisées.

- Tu ne peux pas tout maîtriser, Raph.

Perdre le contrĂ´le, c'est vivre aussi, tu sais ?

- Je fais quoi, alors ?

- D'abord, tu règles ton plus gros problème.

Tu dis la vérité à Bach sur ce que tu as découvert sur mon tueur.

Tu ne peux plus gérer ça tout seul, tu as besoin d'elle.

On ouvre une porte.

Musique intrigante

(Raph.)

...

- Hélène, il y a du nouveau.

On a un nom pour la victime.

- C'est bien Charlotte.

*Ce n'est pas sa couleur de cheveux, mais c'est elle.

- Vous pouvez nous parler d'elle ?

- Elle était super, Charlotte.

On se connaissait depuis toujours,

on bossait beaucoup, tous les deux.

Elle au pressing et moi sur des chantiers.

Et puis avec...

Avec le gamin...

Paul, on était heureux.

Une petite vie tranquille, quoi,

jusqu'Ă ... - Jusqu'Ă  la mort de Paul,

il y a six mois.

On a lu le dossier.

- Il avait 14 ans.

C'était un bon gamin,

gentil, bosseur.

Pas le genre à problèmes, vous voyez ?

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Musique triste

...

- Son truc, c'était le piano.

Il était doué.

...

Il travaillait comme un fou,

mais il y a six mois, il a foiré une audition.

Et sur le retour, en scooter...

Il a raté un virage.

Il est mort sur le coup.

...

- On est désolés.

- Moi, depuis, je...

Je surnage.

Mais Charlotte, elle a plongé.

...

- M. Courtin,

ces gens, vous les connaissez ?

...

- Non.

Non, je ne les ai jamais vus.

Musique intrigante

...

L'enfant tousse.

...

- Super.

...

OK.

41.

L'appareil bipe.

...

C'est parfait.

Il est magnifique, ce bébé.

- Le procureur a dit que vous pouviez savoir si Joseph

avait subi des sévices.

- On lui a tout fait, M. Keller :

scintigraphie osseuse,

radio du squelette, échographie de l'abdomen...

IRM cérébral... Bref, tout va bien, M. Keller.

Il est en pleine forme, Joseph.

- Et vous pensez qu'il a compris, qu'il a vu sa nounou se faire...

- Avec les tout-petits, c'est dur d'évaluer

l'impact psychologique, mais si vous décelez quelque chose,

vous m'appelez. - D'accord.

- Comment tu t'appelles ?

- Ninon. - Ninon ?

C'est joli, Ninon. Tu es la grande soeur ?

Ca va ? Ca ne doit pas être évident,

pour toi. - J'aimais bien Clémentine.

Elle était gentille.

...

Et Joseph l'adorait.

- Merci pour ce que vous avez fait.

Sans vous, Joseph serait peut-ĂŞtre mort dans cette poubelle.

Merci, vraiment. - C'est normal.

Bonne journée.

Son téléphone vibre.

...

- Balthazar, comment allez-vous ?

*-Super et vous ?

Pas de panne de réveil, aujourd'hui ?

- On oublie cette soirée, on a dit.

- Le problème, c'est que j'ai pas mal de vannes sur le sujet.

Ca va être compliqué de faire une croix dessus.

Une question : il jouait quoi comme instrument,

le fils de Charlotte Courtin ? - Du piano, pourquoi ?

- Parce que la petite Keller n'arrĂŞte pas de faire des exercices

pour se délier les doigts, comme une musicienne.

- Elle aussi est pianiste ?

Merde.

Elle a eu le 1er prix au conservatoire le jour

de la mort de Paul.

C'est pour ça que Charlotte est allée chez les Keller.

Ils sont liés à la mort de son fils.

Air de piano

- J'ai étudié le dossier de la mort de Paul.

Pas de traces de frein, pas d'intervention d'un tiers.

Il s'est planté volontairement.

Il venait de rater le concours le plus important de sa carrière.

- Charlotte Courtin a pu tenir Ninon responsable de la mort de son fils.

Elle a voulu se venger, on l'en a empêchée.

- On tente le coup de la conversation informelle ?

- Oui, Ninon est mineure,

on a le droit Ă  une retenue de 12 heures avec un avocat.

Il est trop tĂ´t pour griller cette cartouche.

Elle joue "Clair de lune", de Claude Debussy.

...

- Pourquoi vous me parlez de Paul Courtin ?

- Tu le connaissais bien ?

- Non, on se croisait en audition.

Il était sympa.

- Tu te souviens du jour de sa mort ?

Il avait raté son concours ?

- Oui, carrément.

On pensait qu'il ferait une carrière internationale.

Quand on a appris pour l'accident, on a tous halluciné.

- C'est toi qui as eu la place, ici ?

- Oui.

- C'est le top pour une carrière de jeune soliste.

Ca devait ĂŞtre important pour toi.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Quel est le rapport avec sa mort ?

- La nounou de ton frère s'appelait Charlotte Courtin.

C'était la mère de Paul.

- Sa mère ? - Elle s'était

teint les cheveux. Tu ne l'as pas reconnue ?

- Non. C'est quoi, cette histoire ?

- Tu étais où, hier, entre 8h et 10h du matin ?

- J'étais ici, en cours.

Que faisait la mère de Paul chez moi ?

Qu'est-ce que ça a à voir avec mon frère ?

- Salut, Ninon. Ca va ?

- Oui, ça va. Ils sont de la police.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien.

On discute juste un petit peu avec Ninon.

- OK, mais vous avez le droit de lui parler

alors qu'elle est mineure ?

- Je ne savais pas que les cours de droit commençaient si tôt.

- Bon, nous, on doit

reprendre les répétitions.

On a un concours, ce soir. - Oui.

- Au revoir. - Au revoir.

- Au revoir.

Il joue "Sonate pour piano no. 1, op. 11", de Robert Schumann.

...

- C'est magnifique.

...

C'est magnifique.

Ton fils avait du talent. - Attends.

...

Il joue une fausse note.

- C'était quoi, ça ? Le stress ?

- Paul a remporté ses premiers concours à 8 ans,

il avait l'habitude du stress.

C'est forcément autre chose.

*Paul continue de jouer.

...

...

Musique intrigante

Balthazar joue la vidéo au ralenti.

- Trouble de la coordination.

Dyskinésie avec contractions involontaires

de la nuque et du tronc.

Je sais ce que c'est.

Je sais ce que c'est.

Eddy ! Fatim !

- "L'amour viendra Ă  votre rencontre lundi."

- C'est précis.

- "Une amie qui vous est chère pense à vous."

- Tu sais qui c'est ? - Non.

- Et toi, papa, c'est quoi ?

- Alors moi, c'est...

"Consommez moins, partagez plus, appréciez la vie."

- Et toi, maman ?

- Moi, c'est sans intérêt.

Tu leur expliques ?

- Comme tu veux. - Vous parlez de quoi, lĂ  ?

- Entre votre père et moi, en ce moment,

c'est compliqué. - C'est compliqué ?

- On a besoin de prendre un peu de recul,

de réfléchir.

- Vous divorcez, quoi. - Non, Hugo, non.

On prend juste un peu d'air. - Prenez-nous pour des cons.

- Pourquoi vous vous séparez ? - On ne se sépare pas.

Sachez que c'est que ce n'est pas de votre faute.

- C'est parce que tu travailles trop ?

- Hugo !

- Quoi ? Elle n'est jamais lĂ .

- Quand on n'en a rien Ă  foutre de son couple,

c'est normal que ça pète, non ?

Tu vas bosser tranquille,

tu dois ĂŞtre contente. - Hugo !

- C'est bon, ça va.

C'est vrai que je ne rentre pas souvent Ă  la maison.

- Je vais chez un pote.

- Bon, s'il te plaît,

on peut rentrer Ă  la maison ?

- Je m'en occupe.

Je t'appelle.

Musique douce

...

On joue "Polonaise no. 3, op. 40", de Frédéric Chopin.

- Attendez, on ne va pas y croire,

je ne suis pas crédible en génie du piano.

- Pas plus que médecin légiste. - Changer de coupe

de cheveux tous les 3 mois révèle une grande instabilité.

- Viens voir.

- Sérieux, pourquoi on est là, hein ?

Pourquoi ce ne sont pas les flics

qui s'occupent de ça ? - On n'a rien de solide.

On vérifie une intuition.

Excusez-moi, madame, on cherche l'entrée des artistes

pour le jeune homme. - LĂ , Ă  gauche.

- Merci beaucoup. Allez, tu vas ĂŞtre super.

- A ta dernière intuition,

tu as fini torse nu, ligoté à un arbre.

Moi, j'étais coincé en haut d'une meule de foin !

- Rends-nous fiers.

On joue "Valse no. 17", de Frédéric Chopin.

...

- OK, tu m'entends bien, là, Eddy, ça va ?

- Je t'avoue que je me sens un peu seul.

*-Tu as travaillé tes gammes ?

Je ne pouvais pas venir, les Keller m'auraient

reconnu tout de suite.

...

OK, écoute, le jeune garçon

qui va rentrer dans la loge est le favori de la soirée.

Il s'appelle Oleksandr Jankovitch.

C'est un jeune Ukrainien.

Ne le lâche pas des yeux et raconte-moi

tout ce qui se passe autour de lui. *-Pas de "cette mission,

"si jamais vous l'acceptez", non ?

...

Il est lĂ , il est lĂ , je le vois, je le vois.

Il est passé devant moi. Il va vers le buffet...

Il vient de prendre une bouteille,

il boit Ă  la bouteille.

Attention, il a posé la bouteille d'eau.

Je répète : il pose la bouteille.

C'est passionnant.

...

Il y a le père de Ninon qui s'approche de la bouteille.

Je ne vois pas ce qu'il fait, lĂ .

...

*-OK, va récupérer

la bouteille d'eau. *-Attends, lĂ ,

le pianiste l'a prise. *-Récupère-la.

- Je ne peux pas.

Je ne vais pas

la lui prendre de la bouche.

...

OK, il l'a jetée.

Je la récupère.

...

Euh, ça va être galère, en fait.

- OK, on enclenche la phase 1.

On se retrouve sur zone.

*-Sur zone ?

Sur zone de quoi ?

Musique trépidante

...

C'est encore un bon plan de merde.

- Ne fais pas ta mauvaise tĂŞte.

- Il faudra quand mĂŞme que tu nous expliques.

...

- Et c'est parti pour la phase 2.

Et voilĂ  la phase 3.

- C'est quoi, son délire avec les phases ?

- Bon, alors, vous m'expliquez ?

- Oui.

Tenez ça.

Ceci...

C'est l'urine d'Oleksandr Jankovitch.

Le favori de la soirée.

- Et ? - Je lui ai fait passer

un test de dépistage. Je vous la fais courte :

neuroleptiques, antihistaminiques...

Je doute qu'il gagne la compétition.

- Il se droguait. - Non.

Hervé Keller l'a drogué,

comme il a drogué Paul Courtin et causé

l'accident qui l'a tué. Une porte s'ouvre.

Applaudissements

Musique intrigante

...

- M. Keller, vous ĂŞtes plus bavard qu'hier soir ?

- Je n'ai rien Ă  vous dire.

- Le concurrent de votre fille a été drogué.

On a vos empreintes sur sa bouteille.

On a retrouvé chez vous des ordonnances

correspondant aux médicaments retrouvés

dans cette bouteille. On a aussi

exhumé le corps de Paul Courtin

et on a récupéré les prélèvements de l'époque.

Le jour de sa mort, Paul a ingéré les mêmes médicaments.

Il y a 6 mois, mes collègues étaient passés à côté,

ils s'étaient contentés de l'alcool et des stup'.

C'est parce que vous l'avez drogué que Paul a eu cet accident.

Et tout ça pour quoi ?

Pour que votre fille gagne un concours de piano.

Vous trouvez que ça vaut la vie d'un gosse de 15 ans ?

Vous voulez qu'on demande Ă  votre famille

ce qu'elle en pense ?

- Ninon a...

Elle a un grand avenir devant elle,

mais c'est un milieu de chien.

Moi, je veux juste l'aider.

Je m'arrange pour que son adversaire soit moins fort, mais c'est tout.

Je n'ai jamais voulu ça pour Paul, j'en suis malade.

C'était un accident. - Non.

Vous avez recommencé, hier.

Qu'est-ce qui s'est passé avec Charlotte ?

Elle avait des doutes sur la mort de son fils.

C'est pour ça qu'elle s'est fait

engager chez vous.

Elle a vu les médicaments et donc, vous l'avez tuée.

- Bien sûr que non.

Je lui ai dit que je regrettais,

que ça me bouffait. Je l'ai suppliée de ne rien dire.

Mais elle...

Elle a hurlé qu'elle allait me dénoncer.

Et elle est partie.

Je vous jure que je ne l'ai pas tuée.

...

- Toi, je ne t'embĂŞterai plus.

Pour toi, l'affaire est réglée. - Maman ?

- Oh, mon chéri...

Ca va, tout va bien.

Tout va bien, on est tous les deux.

D'accord ? Paul sanglote.

Maman est lĂ , tout va bien.

Tout va bien.

- "Et ils ne se quittèrent plus

"pendant des siècles et des siècles. Amen."

- Ne sois pas amer, Raphaël.

Ca ne te ressemble pas.

- Tu as raison.

Je suis désolé.

C'est juste que...

On s'imaginait comme ça, heureux. Ca donne presque envie.

- Ne dis pas ça.

J'aurais tellement aimé continuer ma musique,

aller jusqu'au bout.

J'étais prêt à... A tout.

J'aurais aimé tout lui sacrifier, ma vie, mon corps, comme Schumann.

- Attends, il a fini comment, Schumann, déjà ?

Merci, Paul.

- Alors ?

- Il est obsédé par la réussite de sa fille.

Il est prĂŞt Ă  tout. Il n'a pas d'alibi

et toutes les preuves sont contre lui.

- Mais il y a un truc qui t'embĂŞte.

- Ce type est bouffé par la peur de l'échec,

mais il aime ses enfants.

Tu crois qu'il aurait attaqué Charlotte Courtin

alors qu'elle avait son enfant

dans les bras ? Il l'aurait pourchassée

et achevée en laissant son bébé dans la nature ?

Son téléphone vibre.

...

Oui, Balthazar ?

Qu'est-ce qu'il y a de si urgent ?

- Eddy.

- Ceci est une crème pour les mains.

L'huile de noix de macadamia, l'eucalyptus et les vitamines A et E

apaisent les muscles et les douleurs.

- C'est une pub de cosmétiques ?

- C'est les résultats des analyses

pour l'onguent sur la paire de ciseaux.

- Le meurtrier de Charlotte

s'hydratait les mains ? Bravo !

Merci. - Non, non, capitaine.

Non, revenez.

Vous vous souvenez des plaies de Charlotte Courtin ?

Les berges irrégulières et dentelées ?

- Oui. - Fatim, démonstration.

- Ces lésions sont caractéristiques

d'une dystonie focale de la main droite,

ou "maladie de Schumann". C'est un défaut

de la coordination musculaire lié à l'exercice répétitif

d'un instrument,

avec des contractions involontaires.

Les douleurs s'apaisent

avec cette crème. - Et ?

- On en a diagnostiqué une

à une élève du conservatoire

il y a six mois : Margot Carron.

- La meilleure amie de Ninon ? Il acquiesce.

- Elle a subi une reprogrammation sensorimotrice

avec un kiné spécialisé, mais sa main droite

ne veut plus jouer. Elle ne sera jamais pro.

- Et pourquoi s'attaquer

Ă  Charlotte Courtin ?

"Les deux prodiges du piano classique."

"Le piano, Ă  la vie, Ă  la mort."

Oui, quand mĂŞme.

"Deux amies pour une mĂŞme ambition."

Margot a appris qu'elle ne sera jamais pianiste,

mais elle peut compter sur Ninon, qui est douée.

Charlotte allait tout gâcher

en parlant.

Musique inquiétante

...

Le moteur vrombit.

... ...

- Je ne t'ai jamais demandé de faire ça.

Tu devais la convaincre de ne rien dire, pas de la tuer.

- Je devais la tuer !

On a tout sacrifié pour le piano

et elle, elle a tout gâché.

- Elle avait mon frère avec elle. Tu aurais pu le tuer lui aussi.

- Et alors ? Il va bien, ton frère !

Tout le monde se serait moqué de toi si elle racontait

pour les conneries de ton père. Tu aurais tout perdu.

Il fallait qu'elle se taise.

...

- Elles ne sont pas en cours, mais on les a vu monter sur le toit.

On y va.

Capitaine Bach. Envoyez une équipe.

- Je ne peux pas faire ça.

...

- BientĂ´t, je ne pourrai plus jouer.

C'est fini pour moi.

...

On fait comme on a dit, d'accord ?

A la vie, Ă  la mort.

...

Ninon, reviens.

Ninon.

Ninon, écoute-moi, OK ?

Viens, reviens.

Ninon, écoute-moi, reviens. Allez.

Ninon.

Une porte s'ouvre.

- Les filles, non !

Margot, ne fais pas ça.

Sirènes de police

...

Musique Ă  suspense

...

Musique sombre

...

Musique douce

...

- Je suis mort ?

- Non.

Et Margot non plus, d'ailleurs. Tu lui as sauvé la vie.

Mais tu es perdu, tu as besoin d'aide.

Mais moi, je ne peux pas t'aider.

Tu ne trouveras pas mon tueur tout seul.

Alors, vas-y, va lui dire la vérité,

mĂŞme si tu as peur qu'elle t'en veuille.

- Balthazar !

Raphaël.

Ca va ? - Oui.

- Occupez-vous d'elle.

Vous êtes blessé ?

- Il faudra...

Il faudra vérifier à l'autopsie.

Elle rit.

Oh...

- Il ne faut pas faire des trucs comme ça.

- Ma chérie !

Ninon respire fort.

...

- Ne bougez pas.

- Je vous ai fait peur, lĂ , hein ?

AĂŻe !

AĂŻe...

Il soupire.

- Vous ĂŞtes dingue.

- Oui.

...

En fait, ça ne va pas.

...

Il faut que je vous parle, capitaine.

Musique Ă  suspense

...

Il faut que je vous avoue quelque chose.

SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA

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