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...

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Musique douce

...

- Dag Hammarskjold,

Secrétaire général des Nations unies depuis 1953,

est un dirigeant courageux et déterminé,

ayant une vision.

Il souhaite que les Nations unies

deviennent un vecteur de paix et de justice dans le monde.

Noir ou blanc, riche ou pauvre,

il défend le droit de chacun à la liberté

et à l'autodétermination.

Il a négocié la libération

des soldats américains capturés par la Chine communiste.

Il a évité une guerre mondiale en résolvant la crise de Suez

en Egypte.

A présent, c'est une figure de la diplomatie internationale

qui oeuvre sans relùche pour la décolonisation de l'Afrique.

Il exhorte les puissances coloniales

Ă  rendre leurs pouvoirs et privilĂšges

aux peuples indigĂšnes de ce continent.

"Laissez faire Dag", une expression

inventée par le président Eisenhower,

est reprise dans le monde.

Les grands changements s'accompagnent

de grandes opportunités.

Rien ne peut s'opposer à la libération de l'Afrique.

Il suffit de laisser faire Dag.

Il tape sur une machine à écrire.

... Musique douce

... ...

- Tant de questions m'empĂȘchent de dormir

aux heures les plus calmes de la nuit.

Ai-je bien agi ?

Pourquoi ai-je agi comme je l'ai fait ?

Je parcours le mĂȘme chemin, je prononce les mĂȘmes mots,

sans jamais trouver de réponse.

Priez pour que votre solitude

vous pousse Ă  trouver

une raison de vivre

assez puissante pour ĂȘtre une raison de se sacrifier.

Les villageois discutent.

...

Musique troublante

Coups de feu Cris

... ...

...

- Bonjour, M. Hammarskjold.

- Est-ce vraiment un bon jour ? - Excellent, monsieur.

Vous ĂȘtes en 1re page.

Votre petit-déjeuner est servi.

- Merci.

Musique douce

...

Il soupire.

Merci.

...

Ding de l'ascenseur

...

Bonjour, Bill.

- Bonjour.

- M. Ranallo.

- Merci, Rolf.

- C'est quoi ?

- Nora a fait sa confiture de myrtille.

- Junior a fait le dessin ?

- Comment vous le savez ?

C'est un futur Picasso ?

- Ce petit a du talent.

Merci, c'est trĂšs gentil.

Musique solennelle

Merci.

...

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bel article dans le New York Times.

- Merci. Oh, bonjour.

- Bonjour, Monsieur le Secrétaire. Rires

- BONJOUR. - Bonjour.

Bonjour.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, Hannah.

- Vous avez ceci Ă  signer. Bunche attend dans votre bureau.

- Pourrions-nous avoir

2 pùtisseries danoises de la cafétéria ?

- Vous n'ĂȘtes pas au rĂ©gime ?

- Non.

Je devrais ?

- Vous devriez aller chercher vos gĂąteaux

vous-mĂȘme.

- Merci.

Bonjour, Ralph.

- Bonjour, Dag.

Il y a des réactions à votre discours sur votre bureau.

- Bonnes ou mauvaises ? - Bonnes.

Mais nous avons des renseignements selon lesquels

il y aurait un coup d'Etat

en cours au Congo.

Dans une région du Katanga.

Moïse Tshombé.

Les Belges lui auraient fourni un soutien armé.

Sans doute une 1re réaction à la décolonisation.

- Connor O'Brien est au Katanga.

Organisez une conférence téléphonique.

- Hm.

- Puis-je ĂȘtre mis en relation

avec Elisabethville ?

Oui. La liaison avec Elisabethville.

*Grésillement

*-Vous m'entendez ?

- Oui, on vous entend.

*-Moi aussi, je vous entends.

- TrĂšs bien, M. O'Brien.

C'est le Secrétaire Hammarskjold.

*Quelle est la situation ?

- Tshombé a déclaré l'indépendance du Katanga.

Pour le moment, c'est plutĂŽt calme.

Mais selon des rapports récents, les populations baluba

*se feraient massacrer par des bandes partisanes.

- C'est une guerre civile ? *-Pas encore.

Mais elle risquerait d'éclater à la moindre provocation.

Tant du cÎté des Baluba que du...

Du gouvernement congolais officiel. Euh...

Tshombé est soutenu

*par les Belges.

Ils patrouillent partout dans Elisabethville.

- Pour compromettre l'indépendance

et garder le contrĂŽle des ressources.

Le Katanga est le territoire de l'Association miniĂšre.

Cette compagnie miniÚre représente à elle seule 75 % du PIB

de tout le Congo.

- Et c'est un fournisseur d'uranium

pour la bombe atomique américaine.

- Moïse Tshombé est un homme d'affaires raté,

un opportuniste qui cherche

Ă  se frayer un chemin en politique.

L'industrie miniĂšre le contrĂŽle.

A travers lui, elle conservera tout son pouvoir,

mĂȘme aprĂšs la dĂ©colonisation.

- Bienvenue, Monsieur le Président.

- Allez ! Allez, plus vite !

Plus vite !

Allez, allez !

- Ah.

Monsieur le Président.

Bienvenue.

- Je vous remercie. Léger rire

- Permettez-moi de vous présenter

nos amis, M. Renard,

M. Baldini. - Votre Excellence.

Félicitations pour la création de l'Etat du Katanga.

Sachez que le gouvernement belge vous adresse ses voeux.

- Voici mon conseiller et chef de la sécurité,

M. Hunter.

- Voyez en moi un ami, Monsieur le Président.

- Je vous en prie.

Nous soutenons votre lutte contre ces communistes

aux Nations unies.

La décolonisation a fracturé le Congo.

Nous avons tous vécu au Katanga

pacifiquement.

Blancs et noirs, cĂŽte Ă  cĂŽte. - Non, merci.

- Depuis des décennies.

Pourquoi changer ça ?

- Tout à fait, M. Hellemans. Votre soutien est précieux.

- Peu importe vos besoins,

n'hésitez pas à nous solliciter.

- Nous nous attendons Ă  des attaques des Baluba

et du gouvernement de Léopoldville.

Nous avons besoin d'armes

et peut-ĂȘtre d'une force aĂ©rienne.

- La force aérienne, ce sera compliqué.

Mais nous pouvons vous fournir les armes.

- Le plus gros problĂšme,

c'est le Premier ministre, Patrice Lumumba.

Il échange avec les Soviétiques

pour obtenir leur appui

et renforcer son gouvernement illégitime.

- A quoi pensez-vous ?

- L'emploi de mesures radicales.

C'est pas simple, je sais.

Lumumba est à Léopoldville

et protégé par l'ONU. - Je vous rassure,

aucun de ces communistes n'est assez protégé

pour que je ne puisse vous le livrer au Katanga.

Mais vous devrez vous charger du sale boulot.

- Non.

Nous ne pouvons autoriser la Belgique

à mettre ses forces armées au service de Tshombé.

Je veux une déclaration officielle.

Les Nations unies sont engagées aux cÎtés d'un Congo libre et uni

et n'acceptent pas

la sécession du Katanga.

Nous ferons tout

pour réunifier le pays.

Les intĂ©rĂȘts des puissances coloniales

au Katanga sont considérables.

S'ils s'avĂšrent ĂȘtre Ă  la base de la sĂ©cession du Katanga...

l'ONU agira avec détermination.

- C'est un peu brutal.

Ca peut avoir de lourdes répercussions

sur les grandes puissances

ayant des intĂ©rĂȘts financiers dans les anciennes colonies.

Nous devons faire preuve de prudence.

- Le Katanga est le point zéro

de la réussite de la décolonisation.

Notre position doit ĂȘtre claire.

- Le Premier ministre congolais,

Patrice Lumumba,

sollicite une rencontre au plus tĂŽt Ă  New York.

- Bien.

Merci, Hannah.

Musique de tension

...

Sachez que l'ONU travaille jour et nuit

Ă  une solution pacifique afin que le Katanga revienne dans le Congo.

Toutes nos forces diplomatiques... - La diplomatie

avec Tshombé ne vous conduira nulle part.

C'est un démon.

Et un traĂźtre.

Protégé par les capitalistes belges et leurs alliés.

Si vous croyez en la décolonisation,

des actions militaires appuieront vos paroles.

- La mission de l'ONU

est de bĂątir la paix, monsieur Lumumba.

Pas de faire la guerre.

- Je trouverai de l'aide autre part.

- Si vous parlez de l'Union soviétique,

je vous le déconseille.

Cela nous impliquerait dans la guerre froide.

Une nouvelle guerre mondiale serait Ă  craindre.

- Je suis Congolais.

Je représente le Congo et son peuple.

- Oui.

- Moïse Tshombé n'a pas le droit de proclamer

la sécession du Katanga. - Je suis d'accord.

- Cette province fera toujours partie

du Congo. - Je vous demande

du temps. - J'en ai pas !

Vous le savez. - Laissez Ă  la diplomatie

une chance d'agir. - Vous devez comprendre

que c'est trĂšs dangereux pour moi et ma famille.

Je vous le demande, M. Hammarskjold...

Je vous en conjure.

S'il vous plaĂźt.

Aidez-nous. - C'est ce que nous faisons.

Nous ne nous déroberons pas.

Je vous promets de tout faire

pour vous protéger vous et votre famille.

Je m'y engage personnellement.

Musique de tension

...

Acclamations

...

- Peuple katangais !

Aujourd'hui, je déclare le Katanga

libre !

...

Je déclare notre sécession du Congo !

A partir d'aujourd'hui,

nous sommes une nation indépendante.

L'Etat libre

du Katanga !

...

Moi, Moïse Tshombé, et mon gouvernement

travaillerons vers un avenir prospĂšre et pacifique.

Mais sachez que nous défendrons notre nouvelle nation

contre tous ceux qui oseraient remettre en cause

notre souveraineté !

...

*-Le programme de décolonisation de l'ONU

est tenu pour responsable de la crise

et de l'instabilité dans toute l'Afrique.

Au Congo, des tribus rivales

se battent dans les rues et la population blanche fuit,

passant les frontiĂšres pour se mettre Ă  l'abri.

Le roi Baudoin de Belgique devrait se rendre à Léopoldville

et rencontrer un nouveau gouvernement

dirigé par Patrice Lumumba.

Les forces armées tentent de contenir...

Brouhaha

...

- Comment l'avez-vous eu ?

- Ca nous a été envoyé par nos sources à la CIA.

Apparemment,

Lumumba a été enlevé hier à Léopoldville et...

emmené au Katanga.

- Sait-on si Lumumba est encore en vie ?

- Non.

Musique douce

...

Nous essayons de joindre O'Brien.

- Quand vous l'aurez,

dites-lui que notre priorité

est de dĂ©couvrir oĂč se trouve M. Lumumba.

Et convoquez

le Conseil de sécurité.

Mesdames et messieurs,

vos Excellences.

Je souhaite adresser

un message à Moïse Tshombé.

Je le tiens responsable

de la sécurité de Patrice Lumumba au Katanga.

Qu'il soit assuré

que tout sera fait pour découvrir qui est derriÚre ce complot.

- Toute la faute vous en revient,

Monsieur le Secrétaire général.

C'est votre manque de jugement

qui est Ă  l'origine de cette crise. - Nous avons eu

confirmation que la Belgique a envoyé des troupes

pour soutenir Tshombé et son gouvernement illégal.

Ce n'est pas acceptable.

- Monsieur le Secrétaire.

Nos soldats sont au Katanga pour maintenir la paix.

- Ca n'a pas de rapport avec les Ă©normes intĂ©rĂȘts

que vous avez dans les mines ?

- La Belgique n'a aucun lien

avec la disparition de M. Lumumba.

- C'est évident !

La CIA

a organisé le renversement de Lumumba

et l'a remis Ă  ces criminels

au Katanga ! - Les allégations

de l'ambassadeur soviétique

sont monstrueuses. - Dites la vérité !

Vous avez peur

d'interfĂ©rer avec les intĂ©rĂȘts

militaro-industriels occidentaux !

L'Union soviétique exige...

- Pour vous. - ... que les Nations unies

interviennent immédiatement

en recourant à la force si nécessaire.

- Je viens de recevoir...

mesdames et messieurs...

vos Excellences,

l'information suivante.

Musique troublante

...

Patrice Lumumba...

ancien Premier ministre

du Congo...

a été assassiné

au Katanga.

- Nous connaissons les assassins !

- Ce crime abominable est une violation

de tout ce que représente l'ONU.

Brouhaha

S'il vous plaĂźt !

Silence !

... Musique grave

... ...

...

... S'il vous plaĂźt ! Silence !

Silence ! S'il vous plaĂźt !

Silence, mesdames et messieurs. S'il vous plaĂźt, un peu de silence.

- Les Nations unies

et le Secrétaire général ont une responsabilité

dans la mort de M. Lumumba ?

- Non.

Les Nations unies ne l'ont pas tué.

*-Des manifestations ont eu lieu

partout dans le monde en réaction à l'assassinat de Patrice Lumumba,

Premier ministre du Congo.

A Léopoldville, l'ambassade de Belgique a été prise d'assaut,

et le personnel contraint

de s'Ă©chapper par les fenĂȘtres.

Les manifestants ont exprimé leur indignation

à l'égard des Nations unies et du Secrétaire général

Hammarskjold.

*-Monsieur le Secrétaire !

*-S'il vous plaĂźt, mesdames et messieurs.

Suite à la tragique et criminelle exécution de Patrice Lumumba,

je tiens Ă  souligner

que la politique des Nations unies au Congo demeurera inchangée.

Merci Ă  tous.

*-Au Caire,

des manifestants ont incendié

le centre d'informations des Nations unies,

exigeant la démission

du Secrétaire général Dag Hammarskjold.

Au Kremlin,

le président du conseil Nikita Khrouchtchev

a également sommé Hammarskjold

de quitter son poste.

L'ONU n'a pas répondu aux exigences

de l'Union soviétique.

- Nous devons connaĂźtre la position de Kennedy

sur ma démission du secrétariat.

- Il est Ă  New York vendredi.

Dois-je demander une entrevue ?

- Oui.

- Dag, ce n'est pas votre faute.

- Hélas, si, Bill.

C'est ma faute.

Ding de l'ascenseur

- Bonsoir, M. Hammarskjold. - Bonsoir, Rolf.

- Nous sommes jeudi. Je vais manger chez ma soeur.

Votre dĂźner vous attend, tout est prĂȘt.

- Merci.

A demain, Rolf. - Bien, monsieur.

Bonne soirée, monsieur. - Merci.

Long soupir

Machine à écrire

Je recherche le déraisonnable

pour que la vie ait un sens.

Je mĂšne des combats...

impossibles...

pour que ma vie trouve un sens.

Je n'ose croire...

Je ne sais comment croire...

que je ne suis pas seul.

Il soupire.

Musique troublante

...

- Ah !

- Bienvenue, Monsieur le Président. - Secrétaire général

Hammarskjold, j'étais impatient

de vous rencontrer, je suis votre travail.

Je suis mĂȘme un grand admirateur.

- Merci.

Félicitations pour votre élection.

- Merci. - Je vous en prie.

- Ah.

Musique patriotique Que de monde ! Oh, merci.

C'est trop. Merci, c'est gentil. Merci Ă  tous.

Vous avez cet accueil chaque matin ?

- Oui. - Stupéfiant.

- Hannah, ma secrétaire. - Bienvenue.

- Bonjour. Enchanté.

Merci. Je vous suis.

En quoi puis-je vous aider ?

- L'Union soviétique réclamera ma démission

lors de l'Assemblée générale demain.

A cause de la crise du Congo.

Il me faut connaĂźtre votre position.

- Les Etats-Unis vous soutiennent.

- Merci. - Vous et vos efforts

concernant la décolonisation.

Mais je vais ĂȘtre clair, M. Hammarskjold.

Un communiste comme Lumumba,

dirigeant l'une des plus riches régions d'Afrique,

fournissant de l'uranium pour la bombe A

aux ennemis de la démocratie,

c'est inacceptable. - Oui.

- Nous en avons vu les consĂ©quences. - Et cela aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©...

si la CIA n'avait pas fait passĂ© certains intĂ©rĂȘts amĂ©ricains

avant les objectifs de paix et de sécurité des Nations unies.

- Quels sont vos projets au Congo ?

- Je veux un retrait total des troupes étrangÚres au Katanga,

qu'elles soient remplacées par les forces de l'ONU.

- Une vaste opération.

- 10 000 hommes pour commencer. Peut-ĂȘtre plus.

Ca forcera Tshombé à abandonner.

- Vous constituez une armée ?

- Une force de paix.

Il faut parfois décourager les pays riches

de continuer à s'accrocher aux trésors

de leurs anciennes colonies.

- Respectueusement, vous avez besoin d'amis.

Khrouchtchev n'est pas le seul à réclamer votre démission.

Mais rassurez-vous,

les Etats-Unis ne soutiennent pas cette demande.

Pour l'instant.

- Je vous en suis reconnaissant.

- Je savais que vous apprécieriez.

*-Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev

est arrivé à New York

oĂč il parlera Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies.

Les observateurs sont nombreux Ă  penser

qu'il exigera à nouveau la démission de M. Hammarskjold,

en raison de la crise en Afrique.

- Est-il possible de rencontrer Khrouchtchev avant l'Assemblée ?

Pour tenter de résoudre cette affaire à l'abri de la presse.

- J'ai déjà essayé de le contacter.

Il est évident qu'il souhaite un débat public.

Il espÚre un vote de défiance à l'Assemblée.

Vous devriez alors démissionner.

- Excusez-moi, une délégation scandinave est ici.

L'un d'entre eux dit vous connaĂźtre et souhaite vous saluer.

- Hm. Quel est son nom ?

- Monsieur Peter Levin.

Il vous attend au restaurant.

- Euh...

Venez me chercher dans 10 min. - Bien, monsieur.

- Peter.

Quelle joie.

Ca fait longtemps. - 30 ans au moins.

- Tant que ça ?

- Nous avons des amis communs.

Bo Beskow. - Ah oui.

Bo et Greta sont de vieux amis Ă  moi.

- Je sais. Je viens d'emménager en Osterlen.

Bo et Greta m'ont suggéré de...

venir te voir. - Tu as bien fait.

Tu veux un café ou autre chose ? J'ai peu de temps...

- Non, merci. - Mais on peut s'asseoir un instant.

Que fais-tu Ă  New York ? - Mon dernier livre

va ĂȘtre publiĂ© en AmĂ©rique.

- Heureux de l'entendre. - Je viens

rencontrer plusieurs éditeurs et quelques écrivains.

- J'ai lu tous tes bouquins.

Je dois dire que ce que tu écris...

est trĂšs beau. - Merci.

Ma femme et moi t'avons aussi suivi de loin.

Tu as...

accompli tant de choses.

- Tu es marié ? - Oui.

Malheureusement, je l'ai perdue.

Elle est décédée l'an dernier.

- Je suis désolé.

Tu as des enfants ? - Joséphine.

Elle a 24 ans.

Elle est journaliste.

Ca la passionne.

Musique douce

...

Tu fais encore de l'escalade ?

- Non.

Il soupire.

Je n'ai plus le temps, je suis trop pris.

Mais... Tu en fais encore ?

- J'essaie de trouver du temps pour aller en montagne

une fois par an.

- Tu te souviens de l'ascension du Kebnekaise ?

- Oui... - Excusez-moi.

Votre présence

est requise en salle de crise. C'est urgent.

- Oui... - Je dois retourner travailler.

- Oui. - J'ai été heureux

de te revoir.

- Attends une minute.

La 1re traduction anglaise sera publiée en Amérique,

mais... - La 1re édition ? Merveilleux.

- Je te note mon tĂ©lĂ©phone et mon adresse au cas oĂč tu voudrais...

passer voir un vieil ami. - Je te remercie.

Ding de l'ascenseur

- Bonsoir, monsieur.

- Bonsoir, Rolf.

- Dois-je servir le dĂźner ?

- Non, ça ira.

Merci.

Grande inspiration

Musique douce

...

- J'ai quelque chose pour toi.

Un cadeau.

...

Dag...

Dag, excuse-moi.

Dag !

...

... Machine à écrire

...

- Je suis dans le néant.

Je dors dans le silence.

Je pleure dans l'obscurité.

Petit incube.

Quand ?

Quand ?

...

Quelqu'un approche.

- Monsieur Hammarskjold, désolé.

Monsieur ?

Monsieur Hammarskjold, pardon de vous réveiller.

Monsieur ?

Monsieur Ranallo est lĂ  pour vous. - Bonjour, monsieur.

Vous ĂȘtes restĂ© lĂ  toute la nuit ? Il soupire.

- Je ne pouvais pas dormir.

J'ai dĂ» m'assoupir.

- Le vote de la motion de censure commence dans 2 heures.

- Je vais prendre une douche. - Monsieur.

- Pas de petit-déjeuner.

Musique troublante

...

Bonjour. - Vous ĂȘtes en retard.

- Oui, Hannah, je sais.

- Un café ? - Non, merci.

- Vous voulez revoir votre discours ? - Non.

J'ai besoin d'ĂȘtre seul 5 minutes.

- Nous avons été suivis aujourd'hui.

- Je vais demander à la sécurité de vérifier ça.

(-Oui.)

Musique troublante

...

- Excusez-moi, je vais aux toilettes.

- Secrétaire général Hammarskjold.

J'espĂšre ne pas vous importuner, je voulais vous dire

que vous ĂȘtes une source d'inspiration.

- Oh, c'est gentil. Vous ĂȘtes ?

- Désolé. Donald Smith.

- Vous travaillez ici ? - Je viens de commencer

comme assistant Ă  la Force d'urgence de l'ONU.

- Parfait. C'est bon Ă  savoir,

si je devais avoir une urgence. - Bien sûr.

Si je peux vous aider, je suis Ă  votre service.

- Merci.

- Voici ma carte, si vous souhaitez prendre un café...

- Ce ne sera pas nécessaire.

- C'est le type de la voiture.

- Personne du nom de Donald Smith

ne travaille ici.

- C'était un piÚge. - Probablement du KGB.

- Ca peut venir de n'importe qui.

Nous devons ĂȘtre prudents. Ne risquons pas d'autres rumeurs.

- Prudents ? C'est-Ă -dire ?

- Ils sont nombreux à avoir été détruits par de simples rumeurs.

- Je n'ai rien Ă  cacher.

- Désolé que vous ayez à subir ça, monsieur.

- C'est absurde.

C'est Ă  vomir.

Et totalement absurde.

*-Prochain orateur, Nikita Khrouchtchev.

Union soviétique.

*-Le Secrétaire général a échoué à faire preuve

de l'impartialité minimum que requiert sa fonction

aux Nations unies.

Par conséquent,

la responsabilité de l'assassinat de Patrice Lumumba pÚse lourdement

de M. Hammarskjold et de son inconséquente politique au Congo.

Comment peut-il se regarder en face ?

S'il n'a pas lui-mĂȘme le courage de dĂ©missionner

et de quitter ses fonctions,

nous en tirerons ensemble les conclusions qui s'imposent.

Applaudissements

...

*-L'Union soviétique a parlé de courage.

Je dirais qu'il est trÚs facile de démissionner.

Il n'est pas aussi facile de rester Ă  son poste.

Il est facile de se plier aux exigences

des grandes puissances,

c'est une autre affaire que de leur résister.

Comme tous les membres de cette Assemblée le savent,

je l'ai fait auparavant, en de nombreuses occasions,

dans de nombreux contextes,

et je continuerai Ă  accomplir ma tĂąche

pour les autres nations moins favorisées

qui voient en cette organisation

leur meilleure protection dans le monde actuel,

oĂč les idĂ©ologies s'affrontent, oĂč de violentes guerres d'intĂ©rĂȘts

opposent les superpuissances.

Musique triomphale Applaudissements

... ...

*Je resterai Ă  mon poste durant tout le temps de mon mandat

et je servirai cette organisation.

Je resterai le garant de la justice

et de l'intĂ©rĂȘt de ces autres nations

aussi longtemps que leur volonté sera de me voir tenir ce rÎle.

... ...

(-Félicitations. C'était vraiment remarquable.)

... ...

*-Sous les applaudissements

les plus longs de l'histoire des Nations unies,

Hammarskjold renforce son mandat

et continuera ainsi sa mission au Congo.

- Monsieur le Secrétaire général !

Avez-vous prévu de boire une vodka avec Khrouchtchev ?

Rires - Je pense qu'il préfÚrera

boire sa vodka tout seul.

Afin de prévenir guerres civiles et conflits violents

au Congo, des mesures seront prises pour un retrait immédiat

de toutes les forces belges au Katanga.

Le représentant spécial, Conor O'Brien,

sera sur le terrain sous l'autorité de l'ONU.

En renfort, un contingent de 10 000 hommes sera déployé

afin de maintenir la paix et la stabilité.

- Craignez la réaction de Tshombé ?

*-Il n'a aucun droit légitime à revendiquer cette fonction.

*-Et la réaction des pays

qui le soutiennent ?

*-Nous exhortons les grandes puissances

Ă  ne pas se prĂ©occuper uniquement de leurs propres intĂ©rĂȘts,

mais Ă  faire pression sur lui pour qu'il se retire.

Les temps de la colonisation sont révolus.

Merci Ă  tous.

- Il va livrer ce que nous avons mis des générations à construire

Ă  ces barbares.

Hors de question de rester planter lĂ ,

sans bouger, et de le laisser faire.

- Si vraiment il y a départ de l'armée belge,

je n'ai plus ni protection ni moyen de pression.

Nous avons besoin d'une armée. - Ne vous inquiétez pas.

Je m'occupe de vous trouver ça.

- Merci.

Applaudissements

...

- A vous tous, la meilleure équipe du monde.

Aujourd'hui, nous célébrons une victoire...

- DEMAIN, NOUS TRAVAILLERONS 2 FOIS PLUS DUR !

- Skal ! - SKAL !

- Santé. - Oui.

- A vous.

Musique douce - Santé.

- Aujourd'hui,

l'une des plus grandes puissances a dĂ» faire profil bas.

Elles ne pourront plus décider seules des actions à mener,

elles devront rendre des comptes

à la communauté mondiale, aux Nations unies.

- Et Khrouchtchev à son présidium.

Rires

Musique douce Conversations indistinctes

... ...

...

*-AllĂŽ ?

- C'est... c'est Dag Hammarskjold.

*-En voilĂ  une surprise. - Cette semaine,

je rentre chez moi en Osterlen. Je passe voir Bo et Greta.

Nous allons fĂȘter mon anniversaire.

Tu pourrais peut-ĂȘtre venir. Je dois rester 3 jours.

*-Oui. C'est quand exactement ?

- Ce sera jeudi.

Viens pour déjeuner, il n'y aura que toi, moi, Greta, Bo

et mon garde du corps, Bill.

*-Je serai heureux de venir.

- Oui ? *-Oui.

- Oui, mais... *-A jeudi, alors.

- Jeudi, oui, c'est ça. *-Parfait.

- Oui. *-Au revoir.

...

- Bienvenue en Osterlen, Bill.

- Ravi de vous voir.

- Oui, moi aussi. Dag.

- Bo. - Bienvenu.

- Maria ! Quelles jolies fleurs, elles sont magnifiques.

Tu les as cueillies toi-mĂȘme ? - Avec maman.

- Que c'est gentil, merci.

- Dag. Tu es enfin lĂ . - Greta.

- Ca va ? - Heureux de vous voir.

- Je te sers un café.

- Merci de votre accueil. Ma femme vous salue.

- La prochaine fois, amenez-la ! - Elle serait ravie.

- On s'entraßne beaucoup. - Je vois ça.

- Je vais sortir vos bagages.

- Je vais le faire. - Bill, détendez-vous.

Greta a prévu quelque chose. - Tais-toi, ne leur dis rien !

- C'est vrai ?

Qu'as-tu prévu ? - Non, rien.

- Comment ça, rien ? - Je t'assure.

C'est rien. - Qu'est-ce que c'est ?

- Une petite surprise pour toi,

que j'aimerais te montrer avant le dĂźner.

- J'adore les surprises.

Dag rit.

Musique douce

...

- Voilà, regarde. C'est ça notre surprise.

Le propriétaire va bientÎt la mettre en vente.

- Il a promis de te donner la priorité.

Si tu es intéressé.

- C'est Ă  deux pas de chez nous.

- On se verra tous les jours.

- Ici, tu auras la paix et la tranquillité.

Je me suis dit qu'elle te plairait. - Je ne sais pas...

C'est soudain.

En fait, je n'ai jamais pensé à ce que je ferai aprÚs l'ONU.

- On peut y jeter un oeil.

- J'ai le temps de réfléchir ?

- Bien sûr. Le propriétaire peut attendre quelques semaines.

Musique douce

...

Rires

...

- Comment vas-tu ?

- Je vais trĂšs bien.

Dis-moi,

pourquoi tu m'as invité ?

- Je voudrais redevenir ton ami, comme avant.

Petit rire

...

Peter soupire.

...

Je suis désolé d'avoir coupé les ponts...

de la façon dont je l'ai fait.

- Ca va, c'est oublié.

Je dois aller Ă  New York le mois prochain.

Pour la sortie de mon livre.

- Alors, appelle-moi.

Rires - C'était quoi ?

- C'était impossible à identifier.

On était assis là, à manger,

ce n'est qu'aprÚs l'avoir avalé qu'on nous a dit

que c'était des vers qu'on avait mangés.

- Non ! - Si !

Rires - Vous allez les Ă©coeurer, arrĂȘtez.

- On s'en souviendra.

Tintements des verres - Je souhaiterais

dire quelques mots.

Mes chers amis,

cela fait trÚs longtemps que je n'avais pas eu une journée

sans que je doive gérer une catastrophe naturelle,

une famine, ou l'horreur d'une guerre meurtriĂšre

quelque part dans le monde.

Euh...

Ici, avec vous,

ici, en SuĂšde,

tout est si paisible,

si serein, je dormirai bien cette nuit,

entouré par des amis

que j'aime.

C'est pour cela que j'ai décidé

d'acheter cette maison.

- Quoi ? - C'est formidable !

- C'est vrai ? - Oui.

J'aurai besoin d'aide pour la rénover.

Il y en a besoin. - Pas de souci.

Plein de gens ici seront ravis de t'aider.

Ce sera une joie.

Musique troublante

- Votre Excellence, M. le Président,

je vous présente la toute nouvelle armée

du Katanga.

- 1 000 soldats de plus sont à la frontiÚre de la Rhodésie du Nord.

Ils ont tous de l'expérience acquise au Vietnam et en Algérie.

PrĂȘts Ă  vous servir, M. le PrĂ©sident.

- Messieurs, bienvenue dans l'Etat libre du Katanga !

Nous allons montrer au monde que nous,

citoyens libres, nous contrĂŽlons notre pays.

Ce ne sont pas les Nations unies,

ce n'est pas le communiste Dag Hammarskjold.

Nous dirigeons le Katanga.

Et je dis : l'ONU doit quitter le Katanga.

Acclamations Vive le Katanga !

...

Musique de tension

- Dag Hammarskjold.

...

D'accord.

Merci.

Il soupire.

- C'est bon, on lĂšve.

...

Cris

...

... ...

*-Il y a eu d'autres attaques contre les troupes de l'ONU

lors des derniĂšres 24 heures.

Ils suivent une stratégie. - Que proposez-vous ?

- Prendre le contrĂŽle des infrastructures essentielles.

Les bureaux de poste, la station télégraphique,

les locaux de la radio, l'hĂŽtel de police...

Ensuite, nous arrĂȘtons et expulsons les mercenaires.

- Nous en avons les capacités ?

*-Nous avons 10 fois plus d'hommes que Tshompé.

Il n'aura pas prévu notre réaction, donc c'est possible.

- Et le Conseil de sécurité ?

- Ils ne bougeront pas.

- Oui, mais nous devons les avertir. - Non.

La résolution 161 nous autorise à intervenir en cas d'attaque.

- Oui.

Mais ils doivent le savoir.

- O'Brien. *-Oui, monsieur.

- Elaborez

un plan d'action. Je gÚre les modalités.

*-Je m'y attelle.

Nous l'appellerons "l'opération Rum Punch".

- Ainsi soit-il.

Musique de tension

...

Selon les directives établies,

l'opération Rum Punch

commencera Ă  6 h du matin

le 28 août.

Le but en est l'expulsion de tous les mercenaires.

- Vous ĂȘtes prĂȘt ?

- Opération Rum Punch.

Doit ĂȘtre chiffrĂ©.

Pour Conor O'Brien. - Oui, monsieur.

...

- Quelles options avons-nous ? - Nous ne pouvons

intervenir sans dévoiler les écoutes.

Nous pourrions diffuser des informations

par des réseaux parallÚles,

ce qui priverait l'opération de l'effet de surprise.

- Tshombé n'est pas un homme à nous ? - Non, monsieur.

C'est le colonel Mobutu.

- Que se passera-t-il si Rum Punch réussit ?

- Tshombé sera affaibli, le rÎle de l'ONU renforcé,

ce qui augmenterait les chances de négocier

une réunification.

- Votre pronostic ? - Ils sont supérieurs en nombre.

Si l'opération reste secrÚte, ils ont de fortes chances.

- D'accord.

Laissons-les faire. - Monsieur.

- Rien ne sort de ce bureau. - Oui, monsieur.

- Merci.

*Grésillement

- AllĂŽ ?

Oui. J'ai besoin d'une ligne.

- L'opération Rum Punch commence

dans 5 minutes !

Vous allez me dire que vous n'avez pas la liaison ?

- Je suis désolé. Il y a une heure, ça fonctionnait.

- Il y a une heure ?

Il soupire.

Musique troublante

...

- Monsieur. Nous avons O'Brien en ligne.

- Oui ? O'Brien ?

*-Nos troupes ont pris le contrĂŽle du bureau de poste principal

et de la station télégraphique.

Aucune perte. Aucun blessé. - Fantastique.

Que... Qu'est devenu Tshombé ?

*-Il est enfermé au siÚge du gouvernement.

J'y vais maintenant.

- Bien.

Musique de tension

...

- Vous ĂȘtes prĂȘts ?

...

Votre Excellence, M. le Président. Connor O'Brien.

Comment allez-vous ?

- Venez-vous m'arrĂȘter ? - L'ONU s'est vue

contrainte d'initier des mesures de sécurité puisque vous,

M. Tshombé, avez refusé toutes négociations.

- L'ONU agit comme une vulgaire armée d'occupation.

Dont le Secrétaire général serait le...

commandant en chef. - Nommez-nous comme vous voulez,

mais nous garderons le contrĂŽle jusqu'Ă  ce que tous les mercenaires

soient expulsés

et que vous retourniez à la table des négociations.

Si... Si vous acceptez de...

vous soumettre aux exigences de l'ONU,

comme je vous le conseille,

nous retirerons immédiatement nos troupes.

Je faciliterais

une réunion entre vous et le gouvernement central

sur le rĂŽle du Katanga en tant que province

dans un Congo réunifié.

Musique grave

...

Téléphone

- Oui ? Oui, d'accord.

*-Tshombé a accepté toutes nos conditions.

Tous les mercenaires sont expulsés

et transportĂ©s hors du Katanga en ce moment mĂȘme.

Aucun coup de feu n'a été tiré.

Il n'y a aucune victime.

Actuellement, les Nations unies ont le contrĂŽle total

de la situation ici, Ă  Elisabethville.

Rum Punch est une complÚte réussite, monsieur.

- La Belgique va rédiger une protestation officielle.

Vous avez franchi la ligne. - Je suis d'accord.

Rum Punch est une inacceptable

atteinte à la souveraineté d'une nation.

- La situation était instable.

- L'occupation d'une nation souveraine

va à l'encontre de tout ce que les Nations unies représentent.

- Nous sommes garants du maintien de la paix.

L'opération s'est déroulée sans qu'un seul coup ne soit tiré.

- Le Secrétaire général déclarera-t-il ici

que jamais nous n'aurons recours Ă  la force au Katanga ?

- Les troupes se retirent en ce moment mĂȘme.

- Que ferons-nous en cas d'escalade ? - Notre possible

pour protéger et garantir

la sécurité et l'unité du Congo.

Brouhaha d'approbation - Oui. Oui.

- Monsieur. Peter Levin au téléphone.

- Passez-le-moi.

Ceci est privé.

- Bien sûr.

- Merci.

Dag Hammarskjold. *-C'est Peter.

Je suis Ă  New York. Mais tu n'as peut-ĂȘtre pas le temps.

- Si, si, bien sûr. J'ai le temps.

Nous pouvons nous retrouver chez moi.

Disons 20h, ce soir ? *-Ce soir ?

- Si tu es libre, bien sûr. *-Avec plaisir.

- Alors, faisons ça.

Je suis ravi. A ce soir. *-A ce soir.

Musique douce

...

Ding de l'ascenseur

...

- Bienvenue, Peter.

Je te présente mon colocataire, M. Greenback.

M. Greenback,

Peter Levin. Peter Levin, M. Greenback.

- Enchanté, M. Greenback. Ils rient.

...

- C'est un petit gars plein de vie.

Allez.

Il est trĂšs amical et intelligent. - Salut.

Je vois ça.

- Je l'ai eu quand j'étais en Somalie.

- Nous avons vécu 18 ans à Copenhague. Ca a été...

une sacrée période.

Et maintenant, c'est...

le temps du silence en solitaire.

Et toi ? Tu vis seul ?

- Non, avec M. Greenback. - Ah oui.

Et Rolf.

- Rolf ? - Mon majordome.

Ils rient.

Il y a aussi Bill,

qui n'habite pas loin.

- Tu écris toujours ? Tu as continué ?

- Oui, de temps en temps.

Quelques poĂšmes.

Tu voudrais les lire ? - Oui. Si tu permets.

Montre.

- Non, c'est...

Personne ne les a jamais lus.

C'est trĂšs personnel.

Musique douce

(-"Je suis dans...")

...

- Je cherche le déraisonnable pour que la vie ait un sens.

Je mĂšne des combats impossibles pour que ma vie ait un sens.

Je n'ose croire...

je ne sais comment croire que je ne suis pas seul.

Je suis dans le néant.

Je dors dans le silence.

Je pleure dans l'obscurité.

...

Priez pour que votre solitude

vous pousse Ă  trouver une raison de vivre

assez puissante

pour ĂȘtre une raison de se sacrifier.

- C'est remarquable, courageux et...

plus encore.

Tu t'abandonnes aux sentiments.

Tu exprimes une nostalgie universelle, la tienne, la mienne.

- C'est juste une façon d'affronter la solitude

et les difficultés de mon travail.

- Dag, sincĂšrement, tu devrais les publier.

Je peux te trouver un éditeur.

Je t'assure que ça le mérite.

- Non. Ca ne peut pas ĂȘtre publiĂ©.

Merci de m'avoir lu.

Musique troublante

...

Cris

Coups de feu

... ...

Musique troublante

Cris Un bébé pleure.

... ...

... ...

- M. Hammarskjold ?

Je vous demande pardon,

M. O'Brien demande Ă  vous parler. Il appelle d'Elisabethville.

- Merci.

- Monsieur. Dag décroche le téléphone.

- Oui ? *-Dag, désolé de vous réveiller.

Nous sommes dans une situation compliquée.

Tshombé revient sur tous les accords conclus.

Les mercenaires sont de retour,

encore plus nombreux qu'auparavant.

Tshombé cible ses vieux ennemis, les Baluba.

*Il crée délibérément le chaos,

tuant des Baluba par milliers,

pour nous obliger Ă  utiliser toutes nos ressources

pour aider les réfugiés.

Nous avons 30 000 réfugiés, actuellement, sous notre protection.

Ils sont installés dans des camps de fortune sordides.

Nous manquons de produits de 1res nécessités.

*C'est une situation impossible, Dag.

Nous devons agir.

Il y a de trÚs sérieux risques de génocide.

*Dag, ils massacrent la population baluba.

- Nous pouvons arrĂȘter TshombĂ© ?

*-Nous devons l'arrĂȘter.

- Je trouve cela aussi bouleversant que vous.

Peut-ĂȘtre mĂȘme plus.

Mais nous devons passer par les voies appropriées.

- Mais... C'est une situation d'urgence.

- Nous ne pouvons ainsi faire l'impasse sur la diplomatie.

- Tshombé vient de prouver que dans cette crise,

la diplomatie ne mĂšne nulle part.

- Ce n'est pas de votre responsabilité.

- Bien sûr que si.

- Nous ne pouvons pas mener une telle guerre

tout seuls. Nous avons besoin d'alliés

pour faire pression sur Tshombé.

- Et pendant que nous les attendons, dites-moi,

devons-nous regarder tout un peuple se faire tuer ?

- Une nouvelle offensive nous mettrait en délicatesse

avec le Conseil de sécurité.

- Des milliers de pauvres gens vont mourir !

- Ce n'est pas votre responsabilité. - C'est mon devoir

de faire tout ce que je peux pour les protéger, non ?

- Ce n'est pas Ă  vous... - C'est mon rĂŽle !

- Bien sûr.

Mais vous ne pourrez jamais gagner cette bataille seul.

Musique de tension

...

- Messieurs, voici M. Radcliff

- Bienvenue au Katanga libre.

Voici M. Baldini.

M. Renard

et, naturellement,

le président Tshombé.

Il soupire.

Nous tenons

à remercier le gouvernement de Rhodésie du Nord

pour son soutien à la création

de l'armée de l'air du Katanga. - Je ne le tolÚrerai pas.

Je ne tolĂšrerai pas ce comportement.

Je suis le président.

Je ne tolĂšrerai pas cela ! - Je comprends.

Mais nous avons besoin de lui.

- Le Fouga Magister français.

TrĂšs efficace contre toutes les forces terrestres.

Nous pouvons en livrer 4 immédiatement.

Dans 2 semaines,

nous en livrerons 3 autres, si vous le souhaitez.

- Avec cette puissance aérienne,

nous résisterons à toute attaque des forces de l'ONU.

- Nous vous remercions, M. Radcliff.

- L'ONU... Rire

Je suis né ici, en Afrique.

Ce sont les Blancs, c'est nous qui avons civilisé ce continent.

Sans nous, ils grimperaient encore aux arbres.

- Un verre ?

- Merci.

- Supervisons une rencontre entre Tshombé

et le gouvernement central. L'ambassade britannique

peut tout Ă  fait l'organiser. - S'imaginer

que TshombĂ© stoppera ses provocations n'est qu'une rĂȘverie.

Nous devons faire pression sur lui.

- Sans sa coopération, il n'y aura pas de paix au Congo.

La rĂȘverie, c'est s'imaginer le contraire.

- Les mercenaires de l'armée de Tshombé sont-ils entrainés

par d'anciens officiers belges ? Répondez.

- Nous n'avons aucun contrĂŽle sur les actions des citoyens belges

installés au Katanga.

Ni oĂč que ce soit dans le monde. - Si ça donne ce rĂ©sultat,

vous devriez peut-ĂȘtre l'envisager.

Rires

Musique intrigante

...

- Monsieur, vous avez une minute ? - Bien sûr, Bill.

- J'ai fait un contrÎle de sécurité sur Peter.

Il a un casier. Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par les moeurs en SuĂšde.

Pour activité homosexuelle.

Je suis vraiment désolé, monsieur.

J'ai pensé qu'il fallait que vous sachiez.

- OK, merci...

L'avez-vous dit Ă  Wieschhoff et Bunche ?

- Oui.

J'ai eu tort ? - Euh... Non.

Merci.

Merci, Bill.

Vous avez bien fait. Merci.

Musique grave

...

- Heureux de te voir.

- Tu as fait l'objet

d'un contrÎle du service de sécurité.

C'est la routine.

Ca arrive souvent, mais...

ils ont découvert

que tu avais Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© pour atteinte Ă  la moralitĂ©

en SuĂšde.

- C'était il y a si longtemps.

Je... Je ne pensais pas que c'était important.

- Ma fonction m'a valu d'ĂȘtre la victime

de 2 campagnes de diffamation.

Certains cherchaient à tout prix à se débarrasser de moi.

- Donc nous ne pouvons pas ĂȘtre amis ?

- Peter,

je te respecte, tu le sais.

Je respecte tes choix,

la voie que tu empruntes, mais... - Tu fuis encore.

- Ce n'est pas ce que j'ai choisi. - Tu es comme moi.

Je le vois

dans tes écrits.

- Je ne suis pas...

homosexuel.

Je suis un homme politique,

le Secrétaire général des Nations unies,

et Dieu me montre le chemin.

- Monsieur. - Oui ?

- J'ai une mauvaise nouvelle.

Greenback est mort.

Il a dû trébucher dans les escaliers, on ne sait pas trop.

La laisse s'est emmĂȘlĂ©e

autour de son cou, il s'est étranglé.

Je suis vraiment désolé.

Si je peux faire quoi que ce soit...

- Oui. Vous pouvez faire en sorte

qu'il ne soit plus dans l'appartement Ă  mon retour.

Vous pouvez faire ça ?

Je ne tiens pas Ă  voir son cadavre.

Musique triste

...

Oh, Seigneur...

...

Et seul.

C'est lĂ  que l'esprit regarde sa souffrance.

C'est à cet instant, cet instant précis,

que tu ne dois pas faillir.

Pleure, si tu le peux encore.

Pleure,

mais ne te plains pas.

La route t'a choisi,

tu lui dois reconnaissance.

L'opération Morthor débutera le 13 septembre à l'aube.

A précisément 6h.

Elle ira beaucoup plus loin que Rum Punch.

Nous prendrons le contrĂŽle du Katanga par la force

avec le soutien du gouverneur de Léopoldville.

AprÚs, la loi martiale sera instaurée.

Au contraire de la derniĂšre fois,

nos soldats demeureront au Katanga.

Quand le statut de la province

sera négocié, alors, seulement, nous partirons.

Je vais personnellement me rendre au Congo,

prĂȘt Ă  nĂ©gocier avec les dĂ©lĂ©guĂ©s officiels du gouvernement

et Tshombé.

- Que ferons-nous si Tshombé refuse de négocier ?

- Si nous contrĂŽlons le Katanga, il le devra.

- Et le Conseil de sécurité ? - Il sera informé

une fois que l'opération sera lancée.

- Vous franchirez la ligne,

vous le savez ? - Objection notée.

- Alors, désolé, vous la franchirez sans moi.

Je refuse de participer à ça.

Messieurs.

Musique de tension

La porte se ferme.

...

- L'opération Morthor débutera le 13 septembre à 6h.

- Hammarskjold a autorisé

une offensive armée au Katanga qui va au-delà de Rum Punch.

- C'est un véritable coup d'Etat ? - Oui, monsieur.

- Cette fois, il va trop loin.

Comment justifie-t-il une telle chose ?

- Selon le département d'Etat,

c'est une violation de la charte des Nations unies.

Devons-nous intervenir ?

- L'ONU a planifié une offensive

pour demain, 6h du matin, Ă  Elisabethville.

- Quoi ?

- Hammarskjold serait en route pour le Congo.

- De qui tenez-vous cela ?

- De plusieurs sources plutĂŽt fiables.

Je connais une organisation

ayant les moyens et l'expertise. Puis-je l'approcher ?

- Je m'en remets Ă  vous. - Bien.

D'accord.

- Il est 6h du matin

Ă  Elisabethville.

Morthor commence dans quelques secondes.

- Je suis sûr que tout va bien se passer.

Musique de tension

...

- Allez, tout le monde descend. Coups de feu

...

- A couvert ! A couvert !

A terre, les gars !

- Ennemi Ă  3 heures.

...

- Attention !

Musique douce

...

- Morthor a échoué.

C'est un désastre total.

Il y a de nombreuses fusillades dans Elisabethville.

Les soldats de l'ONU se font massacrer.

Ils ont des avions de chasse.

On ne sait pas comment ils les ont eus.

Ils savaient qu'on venait.

Autre chose,

les renseignements parlent d'une liste de cibles.

Votre nom y est au sommet.

- Que fait Tshombé ? - Il s'est évaporé.

Personne ne sait oĂč il est.

- Allons voir la presse.

- Secrétaire général Hammarskjold,

ĂȘtes-vous au courant des affrontements Ă  Elisabethville ?

Les troupes de l'ONU ont lancé des attaques ce matin,

vous aviez dû approuver l'opération ?

- L'ONU lance-t-elle des offensives armées ?

- Je vous le ferai savoir

en temps voulu. Merci Ă  tous. Merci.

- Dag. - Sture.

- Bienvenue à Léopoldville.

Voici mes collaborateurs. - Enchanté.

Enchanté. - Désolé pour ces circonstances.

- Je voudrais rencontrer Tshombé rapidement.

- Oui, nous y travaillons. - Est-ce ennuyeux

si je me dispense d'assister aux festivités de ce soir ?

- Vous devez venir.

C'est important.

- Entendu.

Musique troublante

...

- Congo Red. Voici M. Baldini

et M. Renard, les clients dont je parlais.

- Bonjour.

- Suivez-moi.

- M. Hunter dit que vous offrez des solutions à certaines difficultés.

- Je fais partie d'une organisation

qui fournit des services particuliers.

Nous éliminons les problÚmes à la racine.

- C'est pour ça que nous sommes là. - Parfait.

Quel genre de ressources pouvez-vous nous mettre Ă  disposition ?

- Tout ce que vous voulez. - Il doit ĂȘtre sous surveillance.

De jour comme de nuit. - Je m'en occupe.

- Ca doit avoir l'air d'un accident. - Ca sera plus cher.

Et pour les dommages collatéraux ?

- A éviter, autant que possible. Mais le résultat est la priorité.

- Parfait. Allez.

Mangeons.

Le pain. Il claque des doigts.

- Merci. - Vous vous en doutez,

beaucoup de gens veulent vous parler.

- Je m'en doute.

- Secrétaire Hammarskjold, Bill Gallway,

ambassadeur des Etats-Unis. - Monsieur, bonsoir.

- Je suis ici

au nom du gouvernement américain pour objecter

aux actions des troupes de l'ONU

au cours des derniĂšres 24 heures.

- C'était une opération d'autodéfense nécessaire.

- Inacceptable.

- Pour prévenir le génocide du peuple baluba.

- Vous ne vous facilitez pas la vie.

- Ce n'est pas mon but,

monsieur. - Négociez un accord de paix

au lieu de vous embourber

dans un coup d'Etat.

- Une rencontre avec Tshombé

et le gouvernement officiel est ma priorité. Nous le ferons.

- La France exige la fin de cette opération.

- Réfléchissez à votre situation. - Si des négociations

en vue d'un cessez-le-feu ne sont pas entamées,

mon gouvernement devra retirer son soutien aux actions de l'ONU.

- Il arrive un moment oĂč les adversaires sont si nombreux

qu'il vaut mieux abandonner.

- Bonsoir. Des messages pour moi ? - Oui.

Brouhaha

- Toujours aucun signe de Tshombé.

Le rencontrer demain me semble impossible.

- Nous aviserons demain.

- Besoin de quelque chose avant que j'aille me coucher ?

Ca va, monsieur ?

- Ils se désintéressent tous de ma politique.

Ils ne veulent pas que ça change.

Ils veulent le pouvoir.

Les ressources.

Ils vont se partager l'Afrique comme une tarte.

Comme ils le font depuis toujours.

Vous pouvez aller vous coucher, Bill.

Merci. - D'accord.

Bonne nuit, monsieur. - Bonne nuit.

Musique de tension

...

On frappe Ă  la porte.

...

...

...

...

- Mains en l'air.

Tournez-vous. Lentement.

Qui ĂȘtes-vous ?

- George Lansdowne, l'émissaire du gouvernement britannique

au Congo. - Que voulez-vous ?

- Pouvez-vous baisser votre arme ?

Il frappe. - Dag ?

C'est Bill, vous pouvez sortir.

- Monsieur le Secrétaire général,

le président Tshombé accepte de vous rencontrer.

- Eh bien, c'est une excellente nouvelle.

Entrez, je vous en prie.

- Mes contacts avec le gouvernement katangais

m'ont permis d'organiser un face-Ă -face.

- Dans quelles conditions ? - Notre gouvernement

n'impose pas d'autres conditions

que l'heure et le lieu, pour des raisons

de sécurité. Ce sera votre rencontre.

Votre politique.

Vous vous retrouverez

à l'aérodrome de Ndola, à 10 miles de la frontiÚre du Katanga,

sous l'égide de la fédération rhodésienne

et du gouvernement britannique.

Vous décollerez demain et je vous souhaite

bonne chance,

M. Hammarskjold.

- Merci.

Lord Lansdowne, merci.

Allez réveiller Wieschhoff.

- Vous devriez y réfléchir... - Rendez-vous dans 15 min.

Prévenez Linner.

- Voler en territoire ennemi,

sans escorte de sécurité, c'est faire preuve de naïveté,

d'obstination et de stupidité.

Nous devons exiger que Tshombé vienne à Léopoldville.

- Si vous croyez vraiment que nous sommes en position

d'avoir des exigences, c'est vous qui ĂȘtes naĂŻf.

Cette rencontre avec Tshombé, c'est la seule chance que j'aurai.

J'ai encore le prestige de la fonction.

On frappe Ă  la porte.

- Entrez.

- Nous pouvons affréter un DC-6 de Transair.

Avec un équipage suédois, tous fiables.

- Une escorte ?

- L'Ethiopie envoie 4 avions de chasse.

Mais ils doivent se ravitailler en route.

Soit en Ouganda, soit au Kenya.

- Les Britanniques doivent approuver.

- Ca ne sera pas un problĂšme.

- Eh bien, c'est parfait.

Je vous remercie.

Asseyez-vous.

- Un café ? - Oui, merci.

On frappe Ă  la porte. - Monsieur,

le courrier.

- Merci, Bill.

- Du courrier pour New York ? - Non.

- Nous partons dans 10 min. Je vous retrouve en bas.

Bill ferme la porte.

Musique douce

...

- Cher Dag, j'ai réfléchi encore et encore.

Je pense que je dois te faire part de mon sentiment.

Je pense que tu commets une grave erreur.

Je comprends que tu défendes ta position,

mais notre amitiĂ© ne peut ĂȘtre une menace pour personne.

Et je vois que tu sacrifies tout pour les autres,

mais tu as aussi droit Ă  une vie, Dag.

Droit au bonheur et Ă  l'amour.

Alors je t'en supplie,

ne me repousse pas encore une fois.

...

- J'ai quelque chose Ă  poster, finalement.

C'est trop tard ? - Je ne sais pas.

Je vais voir. - Oui.

- Le courrier pour les Etats-Unis est parti ?

- Non. - Tenez, merci.

C'est bon. - Bien.

Soupir - Nous n'avons pas l'escorte.

- Quoi ?

- Les Britanniques ne répondent pas. - Ce qui veut dire ?

- Ils ne veulent pas prendre part au conflit,

donc ils ne veulent pas dire oui ou non.

Pas d'autorisation, pas d'escorte.

- Vous ne pouvez pas voler sans.

Vous devez annuler.

C'est beaucoup trop dangereux.

- Je vais monter dans cet avion.

Vous concernant, la décision vous appartient.

Commandant. - M. Hammarskjold.

La durée du vol est estimée à 8 heures.

- Nous devrions y ĂȘtre avant minuit.

- Exact. Pour des raisons de sécurité,

nous volerons dans un silence radio total. Aucun contact

avec le sol possible avant l'approche de Ndola.

- J'ai confiance en vous. Tout ira bien, j'en suis sûr.

- Merci, M. Hammarskjold.

Clics d'appareil photo

- Je veux que l'un de nous reste ici,

à Léopoldville. Si quelque chose arrive

et que nous sommes tous les deux...

Quelqu'un doit rester ici.

- C'est une demande ou un ordre ?

- Une priĂšre.

- Bonne chance.

- Merci.

*-Hunter pour Congo Red. Hunter pour Congo Red.

Hunter pour Congo Red. - Congo Red, je vous reçois.

*-Ils approcheront Ndola vers minuit.

Pas d'escorte.

Silence radio, mais ils devront activer les communications

avant l'atterrissage.

*-Pas d'escorte ? - C'est ça.

*-Reçu. Terminé.

Minuit.

Ils voleront sans escorte, en silence radio.

- Comment on connaĂźtra leur position ?

- Ils doivent activer les communications avant d'atterrir.

- Quel délai entre la localisation et l'atterrissage ?

- Je dirais 15 ou 20 minutes.

- Ca suffira.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Hm... Rien.

- Courage.

- Bienvenue à Ndola. C'est une joie, M. le Président.

- Merci.

- Mme la Présidente, bienvenue. - Bonjour.

- Bienvenue. Par ici, s'il vous plaĂźt.

Brouhaha des journalistes

...

C'est par lĂ .

...

Je vous en prie, entrez.

- M. Tshombé ! - M. Tshombé !

...

- Fermez les stores.

S'il vous plaĂźt, installez-vous. Mettez-vous Ă  l'aise.

Musique douce

...

- La route, tu la suivras.

Le bonheur,

tu l'oublieras.

Le calice, tu le videras.

La douleur,

tu la cacheras.

La réponse,

tu la découvriras.

La fin,

tu la supporteras.

- L'avion

du Secrétaire général n'a pas établi de contact,

mais devrait le faire sous peu.

Je vous prie de nous excuser.

- Une nouvelle humiliation des Nations unies.

- Je vous présente mes excuses

les plus sincĂšres.

Je vous assure que le Secrétaire général

n'a pas de telles intentions.

Il s'agit de protocoles de sécurité.

En attendant, j'ai fait préparer un repas pour vous,

votre famille et vos collaborateurs. Je vous en prie.

- Posez-le. - Merci, ça ira.

- Le lac Tanganyika devrait ĂȘtre sous nos pieds

d'ici peu. 190 degrés dans 2 minutes.

- Compris.

190 degrés dans 2 minutes.

- HĂ©. 23h15.

Ils doivent pas ĂȘtre loin. On se prĂ©pare.

Musique dramatique

...

- Dans 20 min, on atterrit.

...

- C'est Ndola.

Sierra Echo Bravo Delta Yankee.

*Nous avons un visuel sur vos lumiĂšres.

- Ici l'aéroport de Ndola.

SE-DBY, veuillez indiquer

*votre position.

*-Au-dessus de Kasama, vers Ndola. Arrivée dans 20 min.

*-Bien reçu.

- La cible est en approche.

Plein sud. Go.

...

- C'est Ndola.

- Enfin.

...

*-Je vois un avion de transport Ă  basse altitude.

Tous les feux sont allumés.

Je descends vérifier.

...

*Affirmatif, c'est le DC-6 Transair.

*C'est lui.

- Bon sang... Bill, vous n'auriez pas un lacet de rechange ?

- Non.

Tenez. Prenez. - Non, non, je ne veux pas de...

Non, non.

Merci. Que ferais-je sans vous ?

Coups de feu rapprochés

Bourrasques de vent

...

Grincements métalliques

...

*-Cible abattue.

9 miles à l'ouest du point zéro.

- C'est lĂ -bas.

Allez ! DĂ©pĂȘchez-vous, dĂ©pĂȘchez-vous !

Par-lĂ .

Allez.

Quelqu'un entre.

- C'est terminé.

Une solution...

définitive a été trouvée

au problĂšme Dag Hammarskjold.

Vous pouvez partir.

Rentrez chez vous.

On reste en contact.

Téléphone

- Oui ?

Merci.

C'est confirmé.

Ils sont morts.

C'est déjà aux infos.

*-Ceci est une émission spéciale d'information.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjold,

est mort dans un accident d'avion en Afrique.

Hammarskjold se rendait de Léopoldville au Congo

pour rencontrer le président du Katanga, Moïse Tshombé,

lorsque son avion s'est écrasé à cÎté de la ville de Ndola,

en Rhodésie du Nord.

La cause de l'accident n'a pas encore été déterminée.

Musique triste

...

- Cher Peter,

tu as réveillé en moi des sentiments

que je croyais disparus Ă  jamais.

Je tiens Ă  t'en remercier.

La solitude et le devoir ont été mes compagnons

pendant si longtemps...

que j'ai étouffé toute douleur

et tout désir.

Dans quelques mois, mon mandat prendra fin.

Si tu veux me revoir,

ma porte te sera ouverte.

Ton ami, Dag.

...

- Tout ceci part en SuĂšde.

Ca, au dépÎt.

Les toiles retournent au MoMa.

- J'ai écrit ces notes toute ma vie,

sans penser que quelqu'un d'autre les lirait.

Mais aujourd'hui,

avec les évÚnements récents,

et ce qui a été dit et écrit sur moi,

les circonstances ont changé.

Ces notes

sont mon seul véritable portrait.

Une sorte de livre blanc.

Une confrontation avec moi-mĂȘme

et avec Dieu.

Musique mélancolique

...

...

*-C'est une Stockholm endeuillée que nous avons vue aujourd'hui.

Rarement une nouvelle aura suscité

autant de consternation et d'inquiétude.

A 18h, une minute de silence sera observée

pour le plus grand des compatriotes du peuple suédois.

C'est non seulement Stockholm, mais toute la SuĂšde qui s'arrĂȘtera.

...

...

Musique triste

...

Musique douce

...

Sous-titrage : VDM

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