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Original subtitles

PSYCHOSE

VENDREDI 11 DÉCEMBRE

14 h 43

Tu n'as même pas déjeuné !

Il faut que je parte.

Quand j'arrive trop en retard, le patron est furieux.

Prends ton après-midi.

C'est vendredi, aujourd'hui.

Pour te conduire à l'aéroport ?

Pour paresser un peu, ici...

On doit rendre la chambre à 3 h.

Ce qui compte, dans ce genre d'hôtels...

c'est l'heure du départ.

J'ai horreur de venir dans un endroit pareil.

Je connais des gens mariés qui y viennent exprès !

Quand on est marié, on peut tout se permettre.

On dirait que tu l'as été.

C'est la dernière fois...

que je te vois, comme ça.

Tu viens ici pour affaires...

On vole une heure ou deux...

et après, je me le reproche.

Que proposes-tu d'autre ?

Qu'on s'écrive des lettres enflammées ?

ll faut que je parte.

Je reviens la semaine prochaine.

On déjeunera ensemble, sans se cacher.

On peut se voir. Dîner ensemble...

Mais chez moi.

Avec la photo de ma mère sur la cheminée...

et ma sœur qui m'aidera à faire la cuisine.

Et après ? On envoie ta sœur au cinéma et on retourne la photo ?

Je tiens à te voir.

Même en respectant les convenances.

Tu en arrives à déprécier le mot respectabilité.

Ne crois pas ça.

Mais il nous faut de la patience et du courage.

Du moment que je peux te voir, qu'importe ?

J'en ai assez de peiner pour des absents.

De payer les dettes de mon père, qui est mort...

et la pension de mon ex-femme...

qui vit à l'autre bout du monde !

Je paye aussi !

Se rencontrer de la sorte, c'est payer cher !

Dans deux ans, mes dettes seront réglées.

Et si elle se remarie...

plus de pension !

Moi, je n'ai même pas été mariée.

Épouse-moi.

Pour vivre dans une arrière-boutique à Fairvale ?

Très drôle !

Quand j'enverrai sa pension à mon ex-femme...

tu colleras le timbre !

Avec plaisir.

Tu cherches à me quitter ?

Tu veux quelqu'un de libre ?

J'y pense.

Tu ne parles pas sérieusement ?

Ne rate pas ton avion.

Partons ensemble...

Je suis déjà en retard.

M. Lowery est rentré ?

ll déjeune avec le client qui achète la propriété sur Harry Street.

Mal à la tête ?

Ça passera.

Les migraines, comme les résolutions...

on les oublie dès qu'elles ne font plus mal.

Tu as de l'aspirine ?

J'ai autre chose...

J'en ai pris le jour de mon mariage.

Teddy a été furieux : c'était un tranquillisant !

Pas d'appels ?

Teddy, pour moi.

Ma mère, pour savoir s'il avait appelé... et ta sœur.

Elle va faire des courses à Tucson.

Elle part pour le week-end.

Quelle chaleur !

Votre patron pourrait vous...

installer l'air conditionné après cette affaire !

Puis-je avoir l'acte de M. Cassidy ?

Demain, le grand jour ! Ma petite chérie...

Je parle de ma fille...

Encore une enfant !

Demain, elle se marie et me laisse tomber.

Vous allez voir sa photo.

1 8 ans !

Et pas un seul jour de malheur.

Venez, Tom.

Mon bureau est à air conditionné.

Vous savez... le malheur, comment j'y remédie ?

J'ai un antidote : l'argent.

Vous êtes malheureuse ?

Pas plus qu'une autre !

J'achète cette maison pour ma fille !

Cadeau de mariage : 40 000 $.

Ça n'achète pas le bonheur !

Mais ça neutralise le malheur.

Je n'ai jamais sur moi que ce que je peux perdre.

Ma parole !

Non déclaré. Comme ça, ni vu, ni connu !

Une telle transaction...

est irrégulière !

Pourquoi ? C'est ma galette !

Maintenant, c'est la vôtre.

Nous allons mettre ça au coffre...

et lundi, on verra.

À propos, où est ce whisky ?

Je sais aussi être discret !

Je crève de soif !

Je ne veux pas de cet argent ici, pendant le week-end.

Portez-le à la banque.

Lundi, on régularisera ça.

ll te faisait du boniment à toi... ll a dû voir mon alliance !

Le contrat.

J'aimerais rentrer chez moi après la banque.

Allez-y.

D'ailleurs, votre patron et moi, on arrose la vente.

D'accord ?

Vous êtes souffrante ?

Une migraine.

ll vous faudrait un week-end à Las Vegas.

Je le passerai dans mon lit.

Prends les cachets.

On ne remédie pas au malheur avec des cachets.

Je vais déposer l'argent à la banque...

et rentrer dormir.

Ça, c'est une surprise !

Bien sûr que je suis heureux de te voir.

Mais qu'y a-t-il ?

Un instant !

Vous êtes bien pressée.

Je ne voulais pas dormir si longtemps.

J'ai failli avoir un accident, cette nuit...

tant j'avais sommeil !

Vous avez dormi ici toute la nuit ?

Mes yeux se fermaient.

ll y a des motels.

C'est plus sûr.

Je ne pensais pas dormir toute la nuit.

C'est interdit ?

Je peux partir ?

Vous avez des ennuis ?

J'en ai l'air ?

Franchement, oui.

Je peux démarrer ?

Vraiment, vous...?

Quoi ?

Je vous ai dit que ça allait.

Mais je suis pressée et vous me retardez.

Arrêtez votre moteur.

Vos papiers ?

Je suis à vous.

Les ennuis commencent.

Le 1 er client de la journée cause toujours des ennuis...

mais je vous servirai si bien que vous ne vous plaindrez pas.

Je veux échanger ma voiture.

Si ça vous chante...

Elle est à vous ?

Oui. Et en parfait état.

Mais vous en avez marre ?

Jetez un coup d'œil...

pendant que mon mécano ausculte la vôtre.

Du café ?

Je suis pressée.

On ne devrait jamais être pressé...

quand on achète une voiture d'occasion.

Mais ne discutons pas. Je gare la vôtre.

Juste celle que je vous aurais choisie.

Elle est impeccable !

Combien, contre la mienne ?

Vous ne voulez pas réfléchir ?

ll y a quelqu'un à vos trousses ?

Bien sûr que non !

C'est la première fois qu'un client harcèle un vendeur !

La vôtre, plus... 700 $.

Maintenant, vous allez discuter.

C'est d'accord.

La voiture est bien à vous ?

Carte grise, et tout...

J'ai les papiers. Où sont les toilettes ?

À l'intérieur.

Par là !

Vous devriez l'essayer.

Ma réputation est en jeu.

lnutile ! On peut régler ça ?

Pour être tout à fait franc...

j'ai confiance, mais...

Mais quoi ?

C'est un crime de se décider rapidement ?

Je ne l'ai pas volée !

Bon. Entrons...

Mettez ça derrière.

La première fois qu'un client harcèle un vendeur.

Quelqu'un à ses trousses ?

Je voudrais jeter un coup d'œil sur ses papiers.

Elle vous paraît louche ?

Dans sa manière d'agir.

Le plus étrange, c'est les 700 $, en espèces.

Oui, M. Lowery...

Marion n'est pas encore arrivée ?

Elle est toujours en retard le lundi matin.

Prévenez-moi dès qu'elle sera là.

Appelez sa sœur, si ça ne répond pas chez elle.

C'est fait.

Elle ne sait pas davantage où est Marion.

Allez chez elle. Elle est peut-être souffrante.

Sa sœur y va. Elle est aussi inquiète que nous.

Votre sœur a quitté le bureau vendredi.

Elle ne se sentait pas bien.

Je l'ai autorisée à partir.

Puis, je l'ai revue, au volant de sa voiture.

Venez à mon bureau.

Caroline, appelez-moi M. Cassidy.

Cassidy, je ne prends pas la responsabilité de cet argent.

Une fille qui est votre employée depuis dix ans !

Oui, je vous attends.

Je ne veux pas être refait de 40 000 $ !

Chaque dollar qui manquera, je le reprendrai sur la peau

de cette petite garce !

Je ne peux pas le croire, Cassidy.

ll y a un mystère là-dessous.

La banque ne l'a pas vue et vous continuez à lui faire confiance !

Elle m'a vu sortir les billets de ma poche.

Elle les a à peine regardés, pardi !

Pour un peu, elle m'aurait fait du plat !

Je ne vous entendais pas, avec cette pluie...

Sale temps !

Vous avez une chambre ?

On en a douze. Elles sont toutes libres !

La grand-route a été détournée.

Je pensais bien avoir quitté la Nationale.

Personne ne s'arrête plus ici.

À quoi bon se lamenter ?

On laisse encore l'enseigne allumée, par habitude.

Votre adresse ?

La ville, ça suffira.

Chambre n° 1 . Si vous avez besoin de quelque chose...

c'est à côté du bureau.

J'ai sommeil et faim.

ll y a un restaurant à la sortie de Fairvale.

J'en suis si près ?

À 25 km.

On étouffe ici.

Le lit est bon et il y a des cintres...

et du papier à lettres avec "Bates Motel".

De quoi faire envie à vos amis !

Et là...

La salle de bains...

Si vous désirez quelque chose, frappez au mur.

Je serai au bureau.

Vous n'allez pas ressortir pour dîner ?

Faites-moi plaisir. Dînez avec moi.

J'allais commencer.

Simplement des sandwiches et du lait.

Venez avec moi jusqu'à la maison.

C'est sans façon, mais la cuisine est confortable.

Je veux bien.

lnstallez-vous... quittez vos souliers mouillés...

Je reviens dès que c'est prêt.

Avec mon grand parapluie.

J'ai dit : non !

Je ne veux pas que tu amènes des filles, ici !

Un souper aux chandelles ?

Une ambiance érotique pour satisfaire...

le goût d'érotisme des jeunes.

Maman, je t'en prie !

Et après le dîner ? Musique ? Mots d'amour ?

Maman, je ne la connais même pas...

Raison de plus pour la désirer !

En voilà assez !

Ces choses-là me répugnent.

Va le lui dire...

Elle n'aura ni ma nourriture, ni mon fils.

J'irai moi-même si tu n'as pas le courage.

Avoue que tu n'oses pas !

Assez ! Assez !

Je vous ai causé des ennuis.

Ma mère... comment dire...

n'a pas tout à fait sa tête, aujourd'hui.

Vous n'auriez pas dû... Je n'ai pas faim à ce point-là.

Je voudrais pouvoir m'excuser pour elle.

Puisque vous avez apporté le dîner, mangeons-le.

Ce serait mieux au bureau.

La pluie a cessé.

Le bureau, c'est trop sévère.

J'ai un coin à moi.

Vous êtes très gentil.

Tout est pour vous. Je n'ai pas faim.

Vous mangez comme un oiseau !

Et vous êtes expert.

Pas tellement.

On dit ça, mais c'est faux, ar... archifaux.

Parce que les oiseaux...

dévorent !

Je ne sais vraiment rien des oiseaux.

Ma marotte est de les empailler.

La taxidermie.

Je crois que j'empaille les oiseaux...

parce que je n'aime pas voir ainsi les autres bêtes...

Les renards, les singes...

On empaille même les chiens et les chats.

Je ne pourrais jamais.

Moi, je préfère les oiseaux. D'abord, ils sont plus passifs.

Quelle étrange marotte !

Pas banale.

Certes...

Et ça ne revient pas cher !

Des aiguilles, du fil, de la sciure.

Seuls les produits chimiques coûtent quelque chose.

Tout homme a sa marotte !

C'est plus que cela !

Ça occupe tout mon temps.

Votre vie est si vide ?

Je m'occupe du bureau, je fais les chambres...

quelques courses pour ma mère.

Celles dont elle me croit capable.

Vous sortez avec des amis ?

Mon meilleur ami... c'est ma mère !

Vous n'avez jamais eu...

de moments creux dans toute votre vie ?

J'ai eu ma part !

Où allez-vous ?

Sans indiscrétion...

Je cherche une île déserte.

Que fuyez-vous ?

Pourquoi cette question ?

On ne s'évade...

jamais vraiment.

La pluie n'a pas duré.

Vous savez ce que je pense ?

On est tous pris à son propre piège.

Et personne ne peut s'en sortir.

Nous grattons, nous griffons, mais dans le vide.

Et en définitive...

nous n'avançons pas d'un pouce.

Parfois, nous nous enferrons délibérément.

Je suis né dans mon piège. Je n'en souffre plus.

Vous devriez...

Je dis ça, mais en fait...

Si quelqu'un m'avait parlé comme je l'ai entendue...

vous parler...

Quand elle me parle sur ce ton...

j'ai envie de la maudire...

et de la quitter pour toujours.

Ou, du moins, lui résister.

Mais je ne peux pas.

Elle est malade.

Sa voix semblait énergique.

Je veux dire...

malade.

Elle a dû m'élever seule après la mort de mon père.

J'ai été une charge pour elle.

Non qu'elle ait eu besoin de travailler...

ll lui avait laissé de l'argent.

ll y a quelques années, un homme...

lui a conseillé de construire ce motel.

ll lui aurait fait faire n'importe quoi.

Quand il est mort, lui aussi, ça a été un choc.

Et la façon dont il est mort...

Mais n'en parlons pas...

pendant que vous mangez !

Ça a été une grande perte pour elle. ll ne lui restait rien.

Sauf vous !

Un fils ne remplace pas un amant.

Pourquoi ne partez-vous pas ?

Sur une île déserte ?

Pas comme moi.

C'est impossible. Qui prendrait soin d'elle ?

Elle serait bien seule.

Le feu s'éteindrait.

ll ferait froid et humide comme dans une tombe.

Quand on aime quelqu'un...

Et même si je la haïssais...

Mais je ne la hais pas.

Je hais ce qu'elle est devenue...

sa maladie.

Ne vaudrait-il pas mieux la placer dans une... maison ?

Vous voulez dire...

un asile de fous ?

Les gens vous disent : placez-la...

Placez-la !

Je ne voulais pas paraître dure.

Vous ignorez tout de la pitié.

Êtes-vous déjà entrée dans un asile ?

Ces rires, ces larmes...

et ces regards cruels qui vous scrutent.

Ma mère, là ?

Mais elle est aussi inoffensive...

qu'un de ces oiseaux empaillés.

Excusez-moi.

J'avais l'impression qu'elle vous rendait malheureux.

C'était dans une bonne intention.

Comme toujours !

Les gens parlent et suggèrent les choses si délicatement...

Bien sûr que j'y ai pensé.

Mais je m'en suis voulu. Elle a besoin de moi.

Elle n'est pas folle à lier...

Elle a une petite crise, de temps en temps.

Ça nous arrive à tous.

Pas à vous ?

Si ! Une fois et ça m'a suffi.

Merci !

Dites : "Merci, Norman."

Vous n'allez pas...

déjà vous coucher ?

Je suis très fatiguée.

Je dois retourner à Phœnix demain.

Je me suis laissée prendre au piège.

ll faut que je m'en sorte.

Avant qu'il ne soit trop tard.

Vous ne voulez pas bavarder encore un peu ?

Si, mais...

Alors, à demain...

J'apporterai le petit déjeuner.

À l'aube.

Entendu, mademoiselle...?

Crane.

Crane, c'est ça.

Mon Dieu, maman... Tout ce sang !

Tu as raison, Marion, cette chambre est bien petite...

mais nous y serions heureux.

Si tu n'as pas changé d'avis et si tu acceptes...

J'ai essayé toutes les marques.

Voyons ce qu'ils disent de celle-ci.

lls décrivent la composition et ils garantissent l'extermination des insectes.

Avec ou sans douleur ?

Et que ce soit hommes ou insectes, on ne devrait jamais faire souffrir...

Celui-ci a l'air de beaucoup meilleure qualité que les autres

Sam, on te demande.

Yes, Miss..

Je suis la sœur de Marion.

Juste, vous êtes Lila..

Est-ce que Marion est ici ?..

Bien sûr que non.

Quelque chose ne va pas ?

Elle est partie vendredi. J'étais en week-end...

Depuis, aucune nouvelle.

Pas même un coup de téléphone.

Si vous êtes son complice, ça ne me regarde pas.

Mais je dois la voir.

Qu'elle me dise que ça ne me regarde pas.

Bob, va te chercher ton déjeuner.

Je l'ai déjà.

Mange-le à côté.

Qu'entendez-vous par complice ?

Excusez-moi...

Marion est en danger ?

Parlons de Marion, tous les trois.

Qui êtes-vous ?

Arbogast, détective privé.

Où est-elle ?

Je ne vous connais pas.

Bien sûr ! Ça m'a permis de vous suivre.

Que cherchez-vous ?

40 000 $.

Expliquez-vous et vite ! J'en ai assez.

Du calme ! C'est simplement qu'elle a volé...

40 000 $.

Elle devait les déposer vendredi à la banque.

Elle ne l'a pas fait et on ne l'a plus revue.

On revoit toujours une fille...

qui détient 40 000 $.

ll n'y aura pas de suites...

si elle rend l'argent.

Sam, est-elle ici ?

Elle n'y est pas.

Mlle Crane, une question.

Qu'est-ce qui vous a poussée...

à venir ?

Un espoir.

Possible.

Croyez-moi ou non.

Je veux voir Marion...

à temps pour la sauver.

Vous êtes-vous informés auprès des hôpitaux ?

Son patron l'a vue quitter la ville.

C'est invraisemblable !

Professionnellement, nous doutons des gens réputés honnêtes.

Je pense qu'elle est ici. Là où se trouve son amant !

Quelque part dans cette ville, en tout cas.

Je la trouverai. Au revoir.

J'ai failli dépasser la maison.

J'oublie toujours d'allumer l'enseigne. J'ai des chambres libres.

Douze exactement !

J'ai vu tant de motels...

Mes yeux sont aveuglés par le néon.

C'est le premier que je vois aussi discret !

Je n'ai pas oublié d'allumer...

mais ça m'a paru superflu.

La grand-route passait par ici, avant !

Vous entrez ?

Quelques questions, simplement.

Bien sûr. Je change les draps, qu'ils aient servi ou non.

Cette odeur d'humidité...

c'est si pénétrant !

Vous voulez acheter un motel ?

Je croyais... Vous disiez que vous en aviez vu des tas.

Alors ?

Je recherche une personne...

Je suis détective privé.

Une jeune fille de Phœnix...

disparue depuis quelques jours.

Affaire de famille. On lui pardonnerait.

Alors, pourquoi la police...

Je ne suis pas de la police.

Nous savons qu'elle a pris cette route.

S'est-elle arrêtée ici ?

Personne depuis 1 5 jours.

Regardez bien la photo...

avant de répondre.

Vous parlez comme un policier.

Regardez.

Marion Crane. Mais elle a pu s'inscrire ici...

sous un autre nom.

J'en arrive à négliger l'inscription sur le registre.

On finit par tout laisser tomber.

Je change encore les draps.

Une vieille habitude.

Ça me rappelle...

Qu'est-ce que c'est ?

L'enseigne.

Ces deux dernières semaines...

sans l'enseigne, on perdait...

deux clients.

J'en déduis...

que vous avez eu deux clients !

Vous parliez de vieilles habitudes...

La fille s'est peut-être inscrite ?

Pas d'objection ?

S'il y avait une date...

Voyez : aucun nom.

J'ai un échantillon de son écriture.

Marie Samuels.

Marie : Marion !

Samuels : son ami s'appelle Sam !

Était-elle différente ?

Regardez encore.

Je ne mentais pas !

Je sais.

Vous ne mentiriez pas.

C'est difficile de se souvenir.

ll pleuvait. Ses cheveux étaient trempés.

Et ce n'est pas...

une photo ressemblante !

Parlez-moi d'elle.

Elle est arrivée dans la soirée.

Elle s'est couchée immédiatement...

et elle est repartie le matin.

Très tôt.

Quel jour ?

Le... le lendemain...

Dimanche !

Quelqu'un l'a vue, ici ?

Elle était accompagnée ?

Elle a téléphoné ?

Vous avez passé la nuit avec elle ?

Pour savoir qu'elle n'a pas téléphoné ?

Elle était très fatiguée.

Ça... ça me revient.

Je revois la scène...

On... on arrive à tout se représenter...

Elle était assise... Non, debout...

Elle disait...

qu'elle aurait beaucoup de route à faire...

le lendemain.

Pour aller où ?

À l'endroit d'où elle venait.

Elle était assise ?

Ou debout ?

Oui, debout.

Je lui ai apporté un sandwich.

Elle était fatiguée.

Elle voulait dormir.

Elle a payé comment ?

En espèces.

Elle n'est pas revenue ?

Pourquoi serait-elle revenue ?

Je pense que cela vous suffit ?

J'ai du travail.

Un mot encore.

Tout cela ne se tient pas.

Ça ne forme pas un tout.

ll y manque quelque chose.

Je n'en sais pas plus.

Les gens viennent et s'en vont.

Elle n'est plus ici ?

Pour inspecter les chambres, il me faudrait un mandat ?

Venez ! Vous m'aiderez à changer les draps.

Vous avez changé d'avis ?

Je dois avoir un visage qui inspire confiance.

ll y a quelqu'un chez vous ?

J'ai vu quelqu'un près de la fenêtre.

C'est... c'est ma mère.

Elle est... infirme.

C'est comme si j'étais seul.

Si Marion Crane était ici...

vous ne la cacheriez pas ?

Même à prix d'or ?

Même pour la protéger...

d'une façon chevaleresque ?

Vous ne vous laisseriez pas entraîner stupidement ?

Je ne me laisse pas rouler...

même par une femme.

Je ne voulais pas vous vexer.

Elle m'aurait peut-être roulé, moi...

mais pas ma mère !

Votre mère l'a vue ?

Je peux lui parler ?

Elle ne reçoit personne.

Un détail a pu vous échapper.

Les vieilles dames sont fines.

Je... je vous ai tout dit...

Vous feriez mieux de vous en aller.

Vous m'auriez facilité la tâche...

Faudra-t-il un mandat pour lui parler ?

lci, Arbogast. Passez-moi Lila.

Marion a passé la nuit de samedi à dimanche...

au "Bates Motel", sur l'ancienne route nationale.

Dans la chambre n° 1 .

L'hôtelier prétend qu'elle a simplement passé la nuit.

Elle serait repartie le lendemain.

Je l'ai interrogé, croyez-moi.

Rien à en tirer de plus.

Je dois me débrouiller avec ça.

Mais je ne suis pas satisfait.

Ce garçon a une mère infirme.

Pour moi, elle a vu Marion.

ll ne veut pas que je l'interroge.

Je vais retourner au motel.

Attendez-moi d'ici une heure.

J'ai la conviction que notre ami Sam...

ignorait que Marion devait venir.

Dans une heure. Moins, peut-être...

Le samedi, la soirée paraît souvent longue.

N'est-ce pas, Lila ?

ll avait dit : une heure !

Ça en fait trois.

Allons-nous l'attendre indéfiniment ?

ll va revenir. Gardons notre calme.

C'est loin, l'ancienne route ?

Vous voulez y aller ?

Voir Arbogast et la vieille ?

Et peut-être tout gâcher ?

La patience n'est pas mon fort.

Arbogast a dit...

"Dans une heure ou moins."

J'y vais.

Vous ne trouverez jamais.

Restez ici.

-Pourquoi ? -Je ne sais pas.

L'un de nous doit rester ici, au cas où il reviendrait.

Et moi, j'attends ?

ll n'est pas arrivé ?

Pas d'Arbogast, ni de Bates.

Rien que la vieille...

qui ne pouvait ou ne voulait pas m'ouvrir.

ll a peut-être suivi une piste.

Sans m'avoir téléphoné ?

ll a appelé sur une vague impression.

ll aurait appelé s'il avait eu un indice sérieux.

Allons voir Al Chambers.

Le shérif.

Je... je dois commencer par le commencement...

Lila Crane, de Phœnix.

Venue ici rechercher sa sœur.

ll y a aussi un détective privé...

qui a retrouvé sa trace.

Dans un motel, sur l'ancienne grand-route.

Le Bates Motel ?

ll a téléphoné qu'il allait interroger Mme Bates.

Norman est marié ?

Non. Une vieille dame. Sa mère...

C'était en début de soirée.

Depuis, plus rien !

Votre sœur a disparu ?

Depuis huit jours.

Pourquoi serait-elle venue à Fairvale ?

Pour me rejoindre !

De son plein gré ?

Elle n'a pas disparu. Elle s'est enfuie.

Pourquoi ?

Elle avait volé de l'argent.

40 000 dollars.

Mais la police...

Si son patron récupère l'argent, il ne la fera pas arrêter.

Ce qui explique le détective privé.

Que vous a-t-il dit, exactement ?

Qu'elle avait passé une nuit au motel et qu'elle était repartie...

Avec les 40 000 $ ?

ll n'en a pas parlé.

Mais ce qui est important...

c'est qu'il devait revenir après avoir vu la mère...

et il n'a pas reparu.

J'exagère, peut-être.

Mais il s'est sûrement passé quelque chose.

Moi aussi, je le crois.

Ce qui m'inquiète, c'est votre détective.

ll a dû apprendre où votre sœur était allée...

en interrogeant Norman Bates...

et il s'est empressé de courir après elle...

et après l'argent !

ll a dit qu'il y retournait.

Si tu appelais Norman ?

À cette heure ?

ll était sorti quand j'y suis allé. ll n'est pas encore couché.

ll n'était pas sorti.

ll n'a pas voulu répondre en pleine nuit.

ll vit en ermite.

Tu te rappelles, cette sale affaire...

il y a 1 0 ans ?

Appelez-le...

Le shérif voudrait le Bates Motel.

Norman ? lci, le shérif Chambers.

On se fait du souci.

As-tu eu une visite, ce soir ?

Pas un client. Un détective privé...

Arbogast...

ll est reparti ?

Norman lui a parlé de la fille.

ll l'a remercié et il est parti.

Sans avoir vu la mère ?

Selon vous, il ne revenait pas directement ici...

parce qu'il voulait interroger la mère de Bates ?

La mère de Bates est morte et enterrée...

depuis 1 0 ans !

J'ai aidé Norman à la mettre en bière.

Tout le monde le sait dans la région.

C'est le seul cas de meurtre et de suicide à Fairvale.

Mme Bates a empoisonné son amant...

quand elle a su qu'il était marié...

puis elle s'est empoisonnée...

avec de la strychnine. Quelle mort atroce !

Norman les a trouvés morts... au lit.

La vieille femme à la fenêtre n'était pas sa mère ?

Tu as vu une vieille femme ?

Oui. Dans la maison.

J'ai eu beau frapper, pas de réponse.

Tu aurais vu la mère de Bates ?

Arbogast nous l'a dit également.

Le fils prétendait qu'elle était souffrante !

Si cette femme est Mme Bates...

qui est la femme que l'on a enterrée ?

Maman, je vais faire monter quelqu'un !

Tu me fais rire, quand tu me donnes des ordres.

Je ne me cacherai pas dans le cellier.

Je resterai ici !

C'est ma chambre, on ne m'en chassera pas.

Mon fils, moins que tout autre.

ll cherchait la fille...

Et maintenant, c'est lui qu'on va chercher.

Maman, quelques jours seulement...

pour qu'on ne te trouve pas.

Quelques jours, dans cette cave obscure ?

Tu m'y as cachée, une fois. Tu ne recommenceras pas. Sors d'ici !

Je te dis de sortir !

Je vais te porter.

Tu oserais ? Ne me touche pas !

Norman !

Pose-moi. Je peux marcher.

Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, nous pensions vous accompagner au motel.

ll y est déjà allé.

Après son service.

Avez-vous déjeuné ?

Avez-vous du neuf ?..

Rien du tout.. Allons-y..

Qu'a-t-il dit au sujet de ma sœur ?

La même chose qu'au détective.

Votre sœur était inscrite sous un faux nom.

J'ai tout visité. ll vit seul.

Tu as eu des visions, Sam.

Je sais que ce n'est pas ton genre...

mais il n'y avait aucune femme et je ne crois pas aux revenants.

Je suis sûre qu'il y a quelque chose.

J'aurais aimé vous rassurer.

Venez cet après-midi déclarer le vol et la disparition de votre sœur.

Le plus tôt sera le mieux...

pour retrouver votre sœur.

Qu'en pensez-vous ?

C'est dimanche. Venez dîner à la maison.

Venez aussi, Sam.

Je suis peut-être du genre à avoir des visions.

Je vous dépose à votre hôtel ?

Je ne serai pas tranquille avant d'être allée là-bas.

Moi non plus. Allons-y !

Comment nous présenter ?

Comme mari et femme. On demandera une chambre.

Et on inspectera tout de fond en comble.

Je me demande où Bates se terre !

ll y a quelqu'un derrière cette fenêtre.

J'allais sonner.

Vous voulez une chambre ?

On pensait rouler jusqu'à San Francisco...

mais le ciel se couvre.

Chambre 1 0.

Je m'inscris sur le registre ?

Je suis en voyage d'affaires.

Mon patron exige une note de frais.

ll faut que je sois en règle.

- Des bagages ? - Non !

Je vais vous montrer la chambre.

Quand on arrive sans bagages...

on paye d'avance.

Dix dollars.

Le reçu...

J'y vais.

Je vous montre la chambre.

Nous la trouverons bien !

ll faut fouiller l'autre chambre.

Peu importe ce qu'on craint de découvrir !

Je sais.

Tout se serait passé là ?

Je l'ignore.

Si vous aviez un motel comme celui-ci...

que vous faudrait-il pour en sortir, et en acheter un autre ?

40 000 $ ?

Comment prouver, s'il ouvre un motel sur la nouvelle route...

ll doit y avoir une preuve...

qu'il a volé l'argent de Marion.

Qu'est-ce qui vous le fait croire ?

Arbogast ! ll me cachait quelque chose.

Comme s'il ne voulait pas nous faire de peine.

J'en suis sûre.

ll ne serait allé nulle part...

sans nous en avertir.

On l'en a empêché. ll a dû découvrir quelque chose.

Commençons !

S'il nous voit, on dira qu'on prenait l'air.

Pas de rideau à la douche.

Regardez ! Des chiffres.

Certains sont soustraits de 40 000.

Marion est venue ici.

Bates ne l'a pas nié.

N'est-ce pas la preuve qu'il a trouvé l'argent ?

Posons-lui la question.

La vieille a dû parler à Arbogast.

Elle nous parlera aussi.

Vous ne pouvez pas y aller.

- Pourquoi ? - À cause de Bates.

Que l'un de nous le retienne. L'autre ira voir la mère.

Vous seriez incapable de le retenir.

Et vous n'irez pas seule là-bas.

Une infirme ne me fait pas peur.

Bon. Je me charge de Bates.

Si vous apprenez quelque chose...

pourrez-vous rentrer seule en ville ?

Oui, bien sûr.

Allez-y sans vous occuper de moi.

Vous me cherchiez ?

Ma femme fait un petit somme.

Alors, je pensais bavarder avec vous.

Votre chambre vous convient ?

Parfaitement.

Je n'ai pas arrêté de parler.

Quand on vit seul, on saisit toute occasion de bavarder.

Vous, vous m'écoutez !

Vous vivez seul, ici ?

Ça me rendrait fou.

Ce serait une réaction exagérée.

Façon de parler.

Je ferais n'importe quoi pour en sortir.

Pas vous ?

J'admets difficilement que vous vous plaisiez ici.

Si une chance s'offrait d'en partir, vous lâcheriez cet endroit ?

ll ne peut pas exister, pour moi, d'autre monde.

J'ai grandi dans cette maison.

Mon enfance fut choyée. Ma mère et moi étions plus qu'heureux.

Vous avez peur ? J'ai dit quelque chose ?

Je ne vous écoutais pas.

Je parlais de votre mère, de votre motel.

Comment ferez-vous ?

Pour en acheter un autre ? Pour ne plus avoir à cacher votre mère ?

Vous feriez mieux de vous en aller.

Où prendrez-vous l'argent ?

À moins que vous ne l'ayez déjà ?

Une grosse somme : 40 000 $ !

Votre mère sait où est l'argent.

Elle va nous le dire.

Où est la femme qui vous accompagnait ?

Où est-elle ?

Madame Bates !

Le psychiatre en tirera peut-être quelque chose.

Moi qui connais Norman, je n'ai pas réussi.

ll vous a parlé ?

Non.

Mais j'ai toute l'histoire.

Pas par Norman.

Par... sa "mère" !

Lui n'existe plus.

ll n'existait déjà qu'à moitié.

Maintenant, c'est l'autre moitié qui domine.

Pour toujours, sans doute.

A-t-il tué ma sœur ?

Oui...

et non !

Comme tout psychiatre, vous essayez de préparer le terrain...

en faveur de ce garçon !

Un psychiatre ne prépare pas le terrain.

ll tente d'expliquer.

Mais ma sœur est...

Oui, et j'en suis désolé.

Le détective privé aussi.

Si on draguait le marais...

près du motel...

Au fait, pas d'autres disparitions ?

Si : deux !

Des jeunes filles ?

ll a avoué ?

Sa "mère" !

Pour bien comprendre...

que sa mère s'est emparée de la moitié de son esprit...

il faut nous reporter dix ans en arrière...

quand Norman a tué sa mère et l'amant de celle-ci.

Son esprit vacillait déjà...

depuis la mort de son père.

Sa mère était autoritaire, abusive.

lls vivaient tous les deux comme s'ils étaient seuls au monde.

Puis, elle a rencontré un homme.

Et Norman a cru...

cesser d'exister pour elle.

Son cerveau a chaviré. ll les a tués.

Tuer sa mère est le crime le plus effroyable.

Surtout pour le fils qui l'a commis !

ll devait effacer ce crime de son esprit.

ll vola le cadavre.

On enterra un cercueil lesté.

ll cacha le cadavre dans le cellier.

ll l'embauma.

Mais ça ne lui suffisait pas !

"Elle" était là.

Mais ce n'était qu'un cadavre.

ll parla, il pensa pour elle.

Lui donnant ainsi la moitié de sa vie.

ll lui arrivait d'assumer les deux personnalités.

Ou alors, la "mère" s'imposait totalement.

ll n'était jamais entièrement Norman...

Mais, souvent, complètement sa mère.

Et comme il était maladivement jaloux de sa mère...

il supposa que la réciproque était vraie !

S'il éprouvait une attirance pour une autre femme...

sa mère, en lui, s'insurgeait.

Quand il rencontra votre sœur...

elle lui plut, il la désira.

La "mère" devint jalouse et tua la jeune fille.

Ensuite, il lui sembla sortir d'un profond sommeil.

En "fils dévoué", il effaça les traces du crime

qu'il était sûr que sa "mère" avait commis.

Pourquoi s'habillait-il en femme ?

C'est un travesti.

Pas exactement.

Un homme qui s'habille en femme pour se donner l'illusion de changer de sexe...

est un travesti.

Mais Norman faisait simplement l'impossible...

pour conserver l'illusion que sa mère était vivante.

Et quand la réalité s'imposait à lui...

quand le danger, le désir menaçaient de rompre l'illusion...

il s'habillait comme elle, mettait une perruque.

ll s'asseyait dans son fauteuil, parlait comme elle.

ll essayait d'être sa mère !

Et il a réussi.

En conclusion...

c'est la "mère" qui m'a parlé.

Quand un cerveau est habité par deux êtres...

il y a conflit !

Dans le cas de Norman, c'est fini.

La personnalité dominante a gagné.

Et les 40 000 $ ?

Qui les a eus ?

Le marais. ll s'agit de crimes passionnels.

ll tremble. Je lui donne cette couverture ?

C'est triste, pour une mère, de condamner son fils.

Mais je ne pouvais pas me laisser accuser de meurtre !

Ils vont l'enfermer, comme j'aurais dû le faire.

ll a toujours été mauvais.

II voudrait Ieur faire croire que j'ai tué ces filles et cet homme !

Comme si je pouvais faire autre chose...

que rester là, comme un de ses oiseaux empaillés ?

Je ne peux même pas lever le petit doigt.

Je vais rester assise là, sans bouger...

au cas où on me soupçonnerait !

IIs doivent me surveiIIer.

lls vont voir quelle sorte de personne je suis !

Je ne vais même pas chasser cette mouche.

IIs vont bien voir et iIs diront :

"Elle ne ferait même pas de maI à une mouche !"

Sous-titres Léon Deutsch

Sous-titrage Titra Film Paris

French

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