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- Une des 2 femmes dont tu me parlais est revenue, je pense.
- Leur description physique? - Petites.
Et les deux étaient blondes.
- Ta description de la suspecte, je comprends pas pourquoi.
- Votre père a pas repayé sa dette.
- Il est retourné en Russie.
- C'est un peu ça, le problème.
- Oui, viens nous rejoindre au bunker.
On a quelque chose à te montrer.
Chaque fois, je reviens tout le temps au même constat:
sans Wesley pour témoigner,
notre preuve est pas assez solide.
Là, je me suis demandé s'il y avait pas
un autre gars qu'on pourrait faire changer de bord.
Je me suis rappelé une affaire que Wesley m'a dite.
- Jason avait la chienne.
C'est le seul de la gang qui a choké,
avec Arnaud,
sauf que lui, c'est un cancer qui l'a empêché de continuer.
- Arnaud Laurin, 34 ans.
Et guess what?
Il est encore vivant.
(sonnette de porte)
- Votre mari revient quand?
- Je... Il m'a pas dit ou il allait.
- Perdons pas de temps.
Là-dessus, il y a une trentaine de noms.
Vous allez remplir la clé
avec leurs 30 dossiers médicaux complets,
d'ici minuit demain.
- Je vais essayer.
- Essayer, c'est pas une option.
Il y a aussi les indications pour savoir
comment m'envoyer le contenu.
Tout est bien expliqué. A demain.
- En passant, mon mari va installer
des caméras autour de la maison.
Je voudrais pas que vous ayez de problèmes.
- C'est votre problème.
Pas le mien.
- Arnaud Laurin, 34 ans.
Ancien adjudant-chef, déployé plusieurs fois.
Il a fait 2 ans à JTF.
Depuis un an, il combat un cancer de la prostate.
Il a quitté les Forces l'an passé.
Selon sa page Facebook, il est encore vivant,
mais son profil est privé, sinon.
- C'est ça, le gros lead dont vous parliez au téléphone?
- Bien là, c'est quand même
le seul gars à avoir quitté Whitestone vivant.
- OK, et est-ce qu'on connaît ses positions?
Sa relation avec Craig?
- C'est pour ça que Laroche est là, pour lui passer la puck.
Faut voir si on peut pas trouver quelque chose pour lui,
un angle pour le faire virer de bord.
Aurait-il envie de parler contre Craig?
Je sais pas. - Kim.
On a besoin de Craig en ce moment.
Le pays au complet a besoin de Craig.
- Je comprends, mais éventuellement,
on n'en aura plus besoin.
On perd quoi à monter de la preuve en attendant?
- Mon temps, qui est consacré pour le moment
à se défendre contre un ennemi qui nous a attaqués chez nous.
- De toute façon, si le gars est encore vivant,
il est en bons termes avec Craig.
- OK, mettons qu'on essayait
de trouver son point faible,
quelque chose de compromettant.
C'est peut-être le coup de fouet que ça lui prend?
- Attends, tu veux faire chanter un gars qui a le cancer?
- Je veux faire chanter
un ex-membre d'une organisation criminelle
dans le but que justice soit rendue.
- Voyons donc, c'est pas légal, ça!
- OK, et Craig et ses gars, c'est légal, ça?
- Mais...
(sonnerie de cellulaire)
Oui, major Sergerie.
(raclement de gorge)
- Ton Laurin, là, il est parti avant que Whitestone soit lancé.
Si ça se trouve, il a absolument rien fait de criminel.
- Mais la fin justifie les moyens.
- J'arrive tout de suite.
Meeting d'urgence, il faut que j'y aille.
OK, on lâche Laurin, on lâche Craig,
on fait pas chanter personne.
La réunion est terminée.
- Os...
(vrombissement du moteur)
- Faut être à la shop dans une demi-heure.
Je t'ai ramené hier.
J'ai pogné tes clés.
Tu dormais dans les toilettes.
C'est de l'héro que tu te "shootes"?
- Fentanyl.
- As-tu mal à quelque part?
- Non.
- Pourquoi t'en prends, d'abord?
- Ca relaxe.
- Tu sais ce que Craig en pense de ça,
les junkies et tout?
- Es-tu après dire que je suis un junkie?
- Pas loin.
- Je veux juste te dire que... que je t'aime, man.
Et je serais prêt à prendre une balle pour toi, anytime.
Any fucking time.
- Ca fait 3 semaines que Wesley est mort.
Ca fait 3 semaines que mon chum que j'aurais pu sauver...
s'est fait tuer.
Il y a du monde
qui part sur la brosse pas mal plus longtemps que ça.
- T'es pas sur la brosse, tu te "shootes" avec de la marde.
Moi aussi, je suis en tabarnac,
mais je mets mon énergie à venger mon chum.
Es-tu capable d'arrêter, au moins?
- Je peux y aller, astheure?
- Prends ta douche avant. Tu sens la charogne.
- (Mick): Je suis rentré dans l'armée pour faire
une différence dans le monde,
pas pour me faire une blonde.
Et si je rencontre quelqu'un que j'aime, tant mieux, pour vrai.
Mais mon but, ç'a toujours été d'être dans JTF16.
(vrombissement de moteur)
- La rentrée ici, du petit bureau...
(paroles entremêlées)
- On en est ou avec le système de surveillance?
- Un détecteur de mouvements et 2 caméras installées.
Sinon, tous les angles morts sont couverts.
- Je veux que ce soit installé dans une heure.
- Ca va être serré, colonel.
- Je reçois le premier client potentiel
de Whitestone dans 2 heures.
Je veux que ce soit prêt avant, compris?
- Oui, colonel.
T'as entendu ce qu'il a dit? Envoye!
Caméras dans le stock room.
- La seconde réunion avec les Américains prévue cet après-midi
a été annulée.
L'ambassadeur Kittle
a suspendu indéfiniment les pourparlers
pour une éventuelle opération conjointe avec JTF16.
- Pour quelle raison?
- Il veut prendre le temps d'évaluer ses options.
Il part demain matin. - Je comprends pas.
Il avait aimé le pitch de Craig.
♪ ♪ ♪
- J'ai pas eu droit à d'autres explications.
J'ai pensé demander au colonel de parler directement à Kittle,
étant donné qu'ils ont eu un bon contact.
- Il voudra pas.
- Parce que j'ai refusé d'annuler
les compressions budgétaires à JTF16?
- Parce qu'il est rancunier.
- Vous...
- Pardon?
- Vous allez lui demander de parler à Kittle.
Vous avez réussi à le persuader à reprendre du service.
Je suis convaincue que vous allez trouver les bons mots.
- Le problème, c'est le budget. Il changera pas d'avis.
- Dites-lui qu'il va avoir son argent
seulement s'il convainc Kittle de rester à bord.
- Non, c'est pas une bonne stratégie.
- C'est un ordre.
(ouverture de porte)
(cris indistincts)
- Yes! All right!
Steady, steady, steady, steady!
Yes!
(coup de sifflet)
OK, je veux tout le monde dehors devant la porte dans 10 minutes!
Compris? - Oui, caporal-chef!
- Hydratez-vous!
- Hé, Rose, come on.
C'est quoi? On va faire à semblant que l'autre existe pas
jusqu'à ce que ça se règle?
- J'ai pas fini de digérer ce que tu m'as dit hier.
- Qu'est-ce que j'ai dit à part que l'infanterie,
c'était notre priorité?
- Bien, que le couple,
c'était pas une grosse affaire pour toi.
- Non, ça, j'ai jamais dit ça. - Mick, come on.
- Ce que j'ai dit, c'est qu'on est d'abord membres du rang
comme n'importe quel autre couple militaire.
Mettons que t'étais déployée en Afrique,
on n'était pas dans la même section,
tu partirais 6 mois, tu ferais quoi?
Je vais te le dire, ce que tu ferais.
Tu partirais 6 mois.
On s'écrirait. Moi, je t'attendrais.
Et on reprendrait notre vie quand tu rentres.
- Sauf que c'est JTF16.
Tu partiras pas 6 mois.
- Mais quoi? Huit mois, 9 mois?
C'est quoi, 9 mois, dans une vie?
Là, c'est le temps de les faire, ces expériences-là.
On est jeunes.
Dans 15 ans, on va travailler dans un bureau
jusqu'à la retraite.
Là, ça serait le temps de les faire, les soupers d'amis
et tous les beaux projets de couples.
Oui, à soir, on prend ça relax,
on va au resto, on se colle devant un petit film
et on se donne du temps, du vrai temps...
au lit, de préférence.
- OK, mais... mais je choisis le resto.
- OK. Parfait, t'as gagné.
- T'en as pour combien de temps? - 10 minutes.
- Faut que ce soit prêt dans cinq.
- Je peux pas aller plus vite que ça.
- Tabarnac...
(gémissements)
(halètement)
- Hé! - Hé!
- Santiago est-il là?
- Non, il est en patrouille, pourquoi?
- As-tu 2 minutes pour jaser, mais, genre, dehors?
- OK.
(soupir)
Non, tu me fucking niaises?
- Ce serait arrivé en sortant du bar
pendant que vous étiez chauds.
- Ah, man...
- Là, je me doute bien de la réponse,
mais Santiago, le trouves-tu...?
- Non, es-tu malade? C'est comme mon cousin.
- Il y a des familles ou ça change rien, ça.
- Pas dans la mienne.
- Sans joke, tu te rappelles de rien,
même pas un petit flash, quelque chose?
- Non, Steph.
J'ai vomi ma vie le lendemain.
Je suis restée saoule jusqu'au lendemain midi.
Ah, le pire, c'est qu'il est weird depuis hier.
Hé, j'espère qu'il se fait pas d'idées.
- Il avait l'air mélangé quand on a jasé.
D'après moi, il va le rester un bout si tu lui parles pas.
- Hé, ça va?
- Oui.
- As-tu 5 minutes? - J'allais manger mon lunch.
Mais on peut se parler après ma pause.
- Steph m'a dit ce qui s'est passé.
Je m'excuse de pas être revenue là-dessus avant.
J'ai aucun souvenir, genre zéro.
- Regarde, c'est des choses qui arrivent.
- Oui, mais non.
Je te trouvais weird depuis hier,
mais si on s'était frenché
et que tu faisais
comme s'il s'était rien passé,
moi aussi, je te trouverais poche,
fait que c'est pas anodin, quand même.
- C'est sûr que c'est pas banal.
- Est-ce que c'est moi qui t'ai... en premier?
- Non, t'es tombée, je t'ai rattrapée et on s'est frenché.
Ca se fait tout seul quand t'es saoul.
C'est sûr que c'est pas moi qui ai initié.
Je suis pas ce genre de gars là, je m'appelle pas Foster.
Tu goûtais le gaz à lighter.
- Ah, ta gueule!
(petits rires)
- Tu comprends pas, c'est profitable pour vous.
Vous allez pouvoir récupérer tout l'argent coupé de JTF16.
- C'est le rôle de la générale Drouin
de faire du lobbying, pas le mien.
- Pour quelqu'un qui se dévoue corps et âme pour JTF16,
je m'attendais à une autre réaction.
- Vous m'avez dit que je serais en position de force
pour faire débloquer le budget.
Là, ce que vous me dites,
c'est que je récupère uniquement l'argent coupé
à condition que je convainque Kittle de continuer avec JTF16?
C'est du chantage, ça.
- Wô, je suis le messager, moi.
- Je veux des garanties.
Sinon, je me mêle pas aux discussions.
(coups à la porte)
Oui? Faut que je vous laisse.
- On devrait poursuivre cette discussion-là face à face.
21h00, au mess, ce soir?
- OK. A ce soir.
(bips du téléphone)
(soupir)
Pas trop eu de misère à trouver l'endroit?
C'est assez isolé.
- J'ai connu pire.
- Vous pouvez me suivre.
Je veux remercier
l'adjudant-chef Dallaire pour le tour guidé.
- Vous avez vu? C'est juste le début.
On est en expansion.
- Pourquoi je paierais Whitestone
pour un service que je pourrais avoir gratuitement
auprès des Forces avec de meilleurs soldats?
- Ca dépend.
Par ou je commence?
Un, JTF16 est sous-financé,
alors que l'argent que vous allez investir dans Whitestone
va servir uniquement à votre mission.
Deux, JTF16 a 2 sections de 6 hommes.
Whitestone, on peut engager le nombre d'hommes qu'on veut.
- Trois, vos meilleurs éléments sont à JTF16.
- Trois, mes gars de JTF16
attendent juste mon signal pour venir me rejoindre ici.
Dès qu'on a un contrat d'envergure,
on démissionne en bloc
et on se consacre uniquement à Whitestone.
C'est notre plan depuis le début.
- Vous allez partir avec le commando
que vous avez vous-même mis sur pied?
- Ce sont des départs volontaires.
Les hommes sont libres de rester dans les Forces.
Je connais mes hommes et ils vont me suivre.
(rire)
- Ca goûte rien. - Oui, c'est salé en osti.
(rire)
- Soldat Vanier.
Suivez-moi.
- Il fait son frais, lui, hein!
- Ecoutez, je pense que ce serait pas profitable
pour la relation entre nos 2 pays
que je contribue à vider JTF16 de ses effectifs.
- Le Canada compte beaucoup de bons soldats.
Ils vont en trouver d'autres.
Tandis que vous, en faisant affaire avec Whitestone,
vous allez bénéficier
du meilleur service paramilitaire possible.
- Je vais discuter
avec les responsables au département de la Défense.
Je vous reviens rapidement.
Merci de votre temps! - C'est moi qui vous remercie.
- J'ai "booké" une session d'entraînement d'une heure,
avec un sniper, un des bests au Canada, à 6h00.
- Je suis désolé,
mais ça va pas super bien avec Rose en ce moment
et on a décidé de prendre notre soirée ensemble.
Non, mais vas-y sans moi, c'est pas grave.
- Tu penses qu'on va faire quoi à la Hell Week? Jouer au Uno?
- Je te dis que c'est pas un bon timing, OK?
- Chaque seconde que tu mets pas dans ton entraînement,
il y a 200 autres gars qui la mettent, cette seconde-là.
Fuck, Mick!
Je t'ai choisi parce que je pensais que t'étais sérieux.
- Je le suis, mais je suis aussi en couple,
et ça, ça demande un minimum d'investissement.
- Penses-tu que tu vas rester en couple si tu vas à JTF16?
- Non, mais c'est pas sûr qu'ils me prennent,
et s'ils me prennent pas, je te dis,
je vais content de pas avoir négligé Rose.
Hum. - Oh!
Méchante mentalité de perdant, ça.
Tu trouves pas?
(brouhaha)
- Ca va? Es-tu correct?
- Oui, c'est beau, je suis correct.
- Thomassini, vous allez voir le medic. C'est un ordre.
Metellus, Dauphin, accompagnez-le.
- Beurk...
- Hé!
(petit rire)
- C'est drôle, je disais à Steph
que c'est comme si j'avais frenché mon cousin.
J'espère que tu penses pas que je tripe sur toi
ou quelque chose, là?
- Mais non, non.
- Ce serait vraiment con de scrapper notre amitié
pour une affaire de même.
- En fait, c'est moi qui avais peur que tu te fasses des idées.
- Pantoute. Inquiète-toi pas avec ça.
(coup de klaxon)
♪ ♪ ♪
(sonnerie de téléphone)
- Comment il va?
- Commotion. Il y a rien de sévère.
Côté physique, il a été chanceux.
- C'est le après qui va être roffe.
Il a brûlé un stop et il s'est fait
rentrer dedans par 2 civils,
un couple qui faisait un tour sur la base.
- Sont-ils corrects?
- La femme, oui, le gars, on sait pas.
- Ah, merde!
- Va falloir qu'on se donne la tag pour s'occuper de lui.
Au pire, on se fait un horaire, je sais pas.
- Peut-être qu'il a envie d'être tout seul aussi.
- On va voir selon ses symptômes de commotion.
- On peut peut-être aussi lui demander son avis
au lieu de décider à sa place pour faire changement.
- OK, crime, j'ai compris.
Va falloir que t'en reviennes
que ta méchante chum a commis
l'horrible geste d'essayer de t'aider
en s'y prenant pas de la bonne façon.
Je m'en vais aux toilettes.
- Elle a raison.
Elle est pas parfaite, mais ça partait d'une bonne place.
- C'est de ma faute.
Santiago, s'il est à l'hôpital, c'est à cause de moi.
- Non, t'étais pas dans le char avec lui.
- On venait juste d'avoir la discussion à propos du french.
- Vous êtes des proches du sergent Garcia?
- Oui, comment il va? - Légère commotion.
Le scan montre aucune lésion au cerveau.
On va lui donner son congé bientôt.
C'est bon qu'il soit accompagné, il a encore des symptômes.
- Hum. Est-ce qu'on peut le voir?
- Suivez-moi.
- On change de plan pour ce soir?
Me semble que je nous ferais venir de quoi
et j'achèterais du vin.
Moi, je veux en profiter, du lit.
- Ah oui, pourquoi pas?
- Ca va?
- Hum, hum.
Non, c'est juste que je pensais
que peut-être qu'on pourrait faire ça demain à la place?
On est en congé après-demain
et on pourrait en profiter pour se coucher plus tard.
- Bien, au pire, on fait la même affaire pas de vin
et on se couche de bonne heure?
- C'est sûr.
- Hé!
Tu m'as fait peur, toi!
- Avez-vous des nouvelles des civils?
- Euh...
La femme est correcte, mais le gars, on le sait pas encore.
- Qu'est-ce qui est arrivé, coudon?
Hé, regarde, c'est pas grave.
T'es correct. C'est ça qui compte, OK?
C'est ça qui compte.
- J'ai vraiment eu la chienne pour toi.
(soupir)
- Hé...
Ca va.
(soupir)
- Vous trouverez pas plus méritant qu'Arnaud Laurin.
Il a tout donné pour son pays.
Plusieurs fois déployé, plusieurs fois décoré.
Il a même été en service avec Bastien à JTF.
Il était en Afghanistan en même temps que lui.
- Il était dans la section qui m'a secouru.
- Mais ce gars-là n'a plus une cent.
Il a un cancer de la prostate stade 4.
Il lui reste 6 mois à vivre.
Il habite chez ses parents
et sa fille de 11 ans ne veut plus lui parler.
- Je comprends pas pourquoi vous me dites ça.
Je pensais qu'on s'était entendus.
Pourquoi vous avez continué à enquêter sur lui?
- Quand vous êtes parti, Kim a dit qu'elle irait de l'avant...
avec ou sans vous.
Je suis pas à l'aise avec le fait qu'elle s'acharne
sur un pauvre gars à l'article de la mort.
(sonnette de porte)
- Bonsoir.
Je suis bien à la résidence d'Arnaud Laurin?
- Il est en train de vomir.
Qui le demande?
(écoulement de robinet)
Il en a pour 6 mois.
Si c'était pas des traitements, ce serait quelques semaines.
Sauf qu'avec les traitements, il est malade pendant des jours.
- Vous m'en voyez désolé.
- Je vous cacherai pas
que je tripe pas d'avoir un militaire chez nous.
Quant à moi, son cancer, il l'a pogné dans l'armée.
- Votre fils m'a sauvé la vie.
Je tenais à venir le remercier en personne.
- Je sais.
Il m'a tout dit ça.
(vomissement au loin)
(chasse d'eau)
- Colonel.
Un honneur.
- Honneur partagé.
(bips d'un camion)
- Hé!
- Osti, je savais que tu chokerais pas.
- Mais non.
- Pèse un peu jusqu'à tant que ça bloque.
Ca va faire un départ plus clean.
Quand t'es prêt à tirer.
(coup de feu)
- Shit.
- Relaxe, ça va. C'est ta première shot.
Quand même proche.
- Je veux pas être quand même proche, je veux être dessus.
- Ta technique est excellente.
C'est juste le mental qu'il faut que tu travailles.
A quoi tu penses avant de tirer?
- Je pense à placer ma crosse
entre mon deltolde et mon grand pectoral.
Après ça, j'appuie ma joue juste... Qu'est-ce qu'il y a?
- Penses-tu qu'un joueur de hockey
qui s'apprête à tirer au net se dit:
"Penche-toi, flexe ton bâton, fais ton transfert de poids"?
- Non.
- La technique, ça va, t'as même pas besoin d'y penser.
Pense juste à la cible qui est en avant de toi, rien d'autre.
Là, je vais te dire quand tirer.
OK. OK.
J'y vais, là?
- Quand tu penseras juste à la cible.
- Je pense juste à la cible.
(petit rire)
- Rien qu'à te voir, je le sais que c'est pas vrai, ça.
A quoi tu penses?
- Euh...
Je pense à la Hell Week.
- C'est dans le futur.
Reste sur la cible.
Tu penses encore. - Crisse...
(petit rire)
- Osti, à chaque fois. Je sais pas comment tu fais.
- OK, as-tu déjà fait ça, de la méditation?
- Nope.
- OK, lâche l'arme.
Ferme les yeux.
- Vas-y.
- OK.
Là, je veux que tu visualises
tout ce qui te préoccupe de ce temps-ci.
- J'ai envie de toi.
- Tu vas vite.
On peut juste... comme juste se calmer un peu?
- Se calmer?
- Oui, juste y aller plus doucement.
- Euh, c'est toi qui as proposé
qu'on passe du temps dans le lit.
Pas que je veux te gêner sur ta libido,
je suis juste surprise du changement de mood.
- Aiden m'a invité au champ de tir à soir.
C'est parce qu'il a réservé
une séance d'une heure avec un sniper.
On se pratique avant JTF16. - OK.
- C'est comme une belle occasion.
Je veux pas que tu penses que t'es pas une priorité.
- Non, non, comme tu disais, le militaire passe avant le couple.
- T'es sûre?
- 100%, c'est une belle occasion.
Tu peux pas rater ça.
Va faire tes affaires.
Je vais aller manger de quoi quelque part
et on se voit tantôt, OK?
- Quand je vais claquer des doigts,
tu vas faire disparaître ce qui te préoccupe
et voir juste la cible.
Excellent.
Ouvre les yeux.
Tire.
- Yes!
- No fucking way!
(rire)
- Good job! - Yeah, merci!
- Ca va.
- All right, man!
- J'étais à Kandahar, une sorte de marché.
Une bombe qui venait d'exploser.
- Je m'en rappelle.
(raclement de gorge)
C'était pas cute, mettons.
- On était à quelques jours de rentrer à la maison.
Les gars avaient des femmes et des enfants.
Des plans pour leur famille. C'est...
Il y a rarement une journée qui passe sans que j'y repense.
- Il y a une affaire que je me suis toujours demandée.
Pourquoi vous avez poursuivi les talibans après?
Vous étiez tout seul.
C'était quasiment sûr que vous alliez vous faire tuer.
- Je me sentais coupable d'être vivant.
J'étais prêt à rejoindre mes gars pour les venger.
- Je comprends l'idée d'aller au bout de l'affaire,
de pas avoir de regrets.
- Vous en avez, des regrets?
- Hum... Quelques-uns, oui.
- Votre carrière est exemplaire.
Vous avez servi votre pays comme peu de soldats l'ont fait.
- Hum.
J'ai une petite fille que je ne vois plus.
11 ans.
Sa mère est pas dans l'armée,
fait que quand je me suis mis dans la tête d'aller à JTF,
elle a vu ça comme... comme une trahison.
Elle avait raison.
Je les ai fait passer deuxièmes après mes ambitions.
Même si je les aimais.
Je voulais sauver le monde, moi.
Fait que je suis parti
plus souvent qu'il faudrait pour un jeune père, puis...
un moment donné, je suis rentré chez nous...
ma fille ne me reconnaissait plus.
Fait qu'on a convenu, mon ex et moi,
que ça servait à rien que je continue de voir la petite,
que ça allait juste la "fucker" pour rien.
Oh!
Je suis désolé pour ça.
Euh, ça...
ça vous insulte pas si je vous mets à la porte?
C'est juste que ma dernière chimio était raide,
et là, je sens que...
- Pas du tout.
- OK. C'est fin.
- Merci de m'avoir sauvé la vie.
- Merci de donner un sens à la mienne.
- Ma femme est morte d'un cancer, colonel.
C'était horrible... pour tout le monde.
Pour elle, pour moi.
De voir Kim qui a aucune considération
pour Laurin et sa famille...
j'ai bien de la misère avec ça.
Pouvez-vous, je sais pas,
lui donner l'ordre de lui sacrer la paix, peut-être?
- Je peux donner des ordres pour ce qui est militaire,
mais je peux pas l'empêcher d'aller sonner chez quelqu'un.
- Ecoutez, il y a sûrement
quelque chose que vous pouvez faire.
On peut laisser un vétéran mourir en paix, sacrament?
- Je vais prendre ça en charge.
A partir de maintenant,
vous coupez tous les ponts avec la caporale Falardeau.
- Merci! J'apprécie.
- Cette femme-là veut du mal à votre fils.
Elle s'appelle Kim Falardeau.
C'est pas une mauvaise personne.
Elle a pas les idées claires en ce moment.
- Qu'est-ce qu'elle lui veut?
- J'ai pas le droit de vous répondre.
Mais en aucun cas, aucun,
vous la laissez s'approcher de votre fils.
Hésitez pas à appeler la police s'il faut.
Et s'il y a quoi que ce soit,
mon numéro de téléphone est dans l'enveloppe.
Madame.
(ouverture de porte)
- Rose!
Chérie, t'es là?
(sonnerie de téléphone)
- Oui? - Allô? T'es ou?
- Au Relais.
- OK, t'es au courant qu'on travaille demain?
- Bien oui.
- Parce qu'il y a une bouteille de vin vide sur la table.
Si t'es au Relais, en plus,
ça fait pas mal d'alcool.
- Deux secondes. C'est Mick, ce sera pas long.
- OK.
- A qui tu parles? - A Dad.
Je l'ai invité à prendre un verre chez nous
et on a décidé de prolonger ça au bar.
Je rentrerai pas tard.
Bye!
- Bye.
(bips du téléphone)
OK, on est ready?
- Complètement, let's go.
- Je veux qu'on les pousse
jusqu'à leurs derniers retranchements!
Je veux du monde qui aura pas faim, pas soif, pas peur,
qui va rester concentré même s'il a pas dormi.
Les coups de bâtons, ça m'intéresse pas!
Je veux pas voir de sang. Je veux voir des larmes.
On se comprend bien? - Oui, colonel.
- Oui, colonel.
- Fuck! Ca va être malade!
Sais-tu qu'est-ce que tu veux changer par rapport à avant?
- Ah, je sais pas encore.
- Une couple d'idées, au moins?
- Quelques-unes.
- Genre quoi?
- Euh...
- T'as aucune idée de ce que je te dis, dans le fond.
(soupir)
- Regarde, j'étais dans la lune.
- Comment tu peux être dans la lune quand le colonel te dit
ce qu'il attend de toi pour la Hell Week?
- Regarde, j'étais lendemain de veille.
Ca va aller mieux demain, OK?
- Tom...
si t'es pas sharp, t'en parles à Craig.
- Arrête de me faire chier avec ça, sinon, je te casse!
As-tu compris? Je te fucking casse!
Je suis fatigué, man.
Je vais me reprendre, OK?
Astheure, ouvre l'ostie de porte.
- Tu sais ce que Craig en pense de ça,
des junkies et tout?
- Es-tu après dire que je suis un junkie?
- Pas loin.
(stridulations)
(sonnerie de téléphone)
- Vous êtes bien sur la messagerie d'Ivan Savard.
Veuillez laisser un message après le bip.
- Allô, Ivan, c'est moi.
Tu sais, on les connaît, les règles à Saint-Jean.
On sait que si tu nous rappelles pas,
c'est que t'as pas le goût de nous parler.
(soupir)
Excuse-moi, ça sonne encore comme un reproche.
Bien, je te jure, c'est pas ça.
Je veux juste respecter ton rythme.
Je veux que tu me dises ce que toi, tu veux.
Est-ce que tu préfères que je t'appelle
ou bien j'attends que tu le fasses?
C'est toi qui décides.
Tu sais, moi aussi, j'ai coupé les ponts avec mes parents.
Mais eux autres, ils s'en sacraient.
Moi, je me sacre pas de toi.
OK, bonne nuit, mon gars!
(sonnerie de cellulaire)
- Oui?
- Je vous attends dans la salle de conférence. C'est urgent.
- Ca peut pas attendre?
Je m'en vais rencontrer Craig au mess
comme vous me l'avez demandé.
- Vous faites surtout pas ça
et vous venez me rejoindre immédiatement.
- OK, j'arrive.
- C'est weird comme question, mais elle est ou, Rose?
- J'aimerais que vous me laissiez la chance de prouver
que je peux être un commandant efficace, solide.
- Vous pensez que ça peut donner quelque chose?
- C'est drôle d'arriver et de voir que des dossiers manquent,
comme si quelqu'un me joue dans le dos.
- Vous avez 2 choix:
soit vous rentrez dans le rang, vous et vos hommes,
soit on vous emmène tous en cour martiale.
Sous-titrage: MELS
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