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Original subtitles

Skar Werner, Julie Christie

dans FAHRENHEIT 451.

Sc�nario de Fran�ois Truffaut et Jean-Louis Richard.

D'apr�s un roman de Ray Bradbury.

R�alis� par Fran�ois Truffaut.

Tire-toi!

Vite!

Tire-toi, bon sang!

Ne reste pas l�!

Qu'est-ce que c'�tait?

Je n'ai pas bien regard�: Romans, biographies, livres de voyage...

La routine, quoi... Pure perversit�!

A propos,

que fait Montag pendant son jour de cong�?

Rien de sp�cial... Tondre la pelouse.

Et si c'�tait interdit?

Je la regarderais pousser.

Bien.

Dans deux jours, Montag recevra peut-�tre une bonne nouvelle.

Benedict va nous quitter.

Le nom de Montag a �t� prononc�.

Une promotion?

J'esp�re que �a fera plaisir � Montag.

Nous sommes voisins. J'habite pr�s du bloc 813. Vous aussi, non?

En effet.

Nous faisons souvent le trajet ensemble.

Ah, oui?

Et je me suis dit qu'on pourrait se parler.

�a vous ennuie que je vous parle?

Mais non, parlez.

Mais quant � vous r�pondre...

Une fois lanc�e, rien ne m'arr�te.

Mon oncle dit que je suis un moulin � paroles.

Et votre 0ncle vous laisse parler � des �trangers?

Il m'a dit de r�pondre,

si on me demande mon �ge, que j'ai 20 ans

et que je suis d�rang�e.

D�rang�e?

F0lle, quoi.

Mais je n'ai pas peur de vous.

Pourquoi auriez-vous peur?

Je ne vois pas de raison.

Peut-�tre � cause de l'uniforme.

Les gens ont peur des pompiers.

Je descends ici.

Moi aussi. Vous �tes officier?

Pas encore. Un officier est...

Je le serai bient�t.

Les yeux ferm�s, j'aurais devin� votre m�tier.

A cause de l'odeur d'essence?

Une odeur bien sp�ciale.

Ma femme ne l'aime gu�re.

Elle dit qu'elle est tenace.

Pour moi, c'est comme un parfum.

Un parfum comme un autre.

Votre femme, comment est-elle?

Elle vous ressemble un peu, avec des cheveux longs.

Juste un peu?

Elle vous ressemble.

Que signifie le num�ro que vous portez l�?

Fahrenheit 481.

Pourquoi "481" et pas "813" ou...

"451", c'est la temp�rature

� laquelle un livre s'enflamme et se consume.

Je vous poserais bien une question.

Je vous en prie.

Est-il vrai qu'autrefois

les pompiers �teignaient le feu au lieu de br�ler les livres?

Votre oncle a raison. Vous �tes folle!

Eteindre le feu! Qui vous a dit �a!

Je ne sais plus. Vrai ou faux?

Mais non, quelle id�e!

Les maisons ont toujours �t� ignifug�es.

Pas la n�tre.

Alors elle sera condamn�e un de ces jours.

On la d�molira. Vous serez oblig�e de d�m�nager.

Dommage.

Pourquoi br�lez-vous les livres?

C'est un boulot comme un autre. Et puis, c'est vari�.

Lundi, nous br�lons Miller, mardi, Tolsto�,

mercredi, Walt Whitman.

Vendredi, Faulkner,

samedi et dimanche, Schopenhauer et Sartre.

"R�duire en cendres et br�ler les cendres." Notre slogan!

Vous n'aimez pas les livres?

Vous aimez la pluie?

J'adore!

Les livres, quelle blague! �a n'a pas d'int�r�t.

Pourquoi les gens les lisent-ils malgr� le danger?

Parce que c'est d�fendu.

Et pourquoi est-ce d�fendu?

�a rend les gens malheureux.

- Vous croyez �a? - Bien s�r!

Les livres troublent les gens, les rendent antisociaux.

Moi, je suis antisociale?

Pourquoi demandez-vous �a?

Je suis institutrice, institutrice stagiaire.

J'ai �t� convoqu�e chez l'analyste.

Je n'ai pas d� dire ce qu'il fallait.

Je ne suis pas contente de mes r�ponses.

Alors, je suis maladroite avec vous. Je vous ennuie?

Pas du tout.

Moi aussi, on m'a interrog�. Je n'ai pas �t� brillant.

J'habite ici.

C'est l�, ma maison.

- Encore une question. - Encore?

- Une toute petite. - Allez-y.

Vous ne lisez jamais les livres que vous br�lez?

Pour quoi faire?

�a ne m'int�resse pas, j'ai mieux � faire

et c'est d�fendu.

Bien s�r.

Vous �tes heureux?

Quoi?

Bien s�r que je suis heureux.

...pour vous d�fendre dans la rue.

L'art de l'auto-d�fense est utile dans bien des occasions.

Et m�me chez vous, si votre mari vous emb�te.

Maintenant, vous allez voir

comment une femme peut tirer profit du poids sup�rieur de l'homme.

Vous avez bien observ�?

Regardez � nouveau cette prise.

Maintenant, regardez bien le ralenti.

Regardez attentivement encore une fois.

Je vais �tre promu.

Tu m'�coutes, Linda?

C'est merveilleux, Montag!

Le capitaine m'a annonc� la nouvelle.

Tu dis?

Je parle de ma promotion.

Tu seras augment�? Combien?

Il ne l'a pas dit.

Nous pourrons d�m�nager. Tu aimerais?

Je pr�f�rerais un deuxi�me mur-�cran.

Il para�t...

que c'est comme si la "famille" vous entourait de partout.

Combien de pilules as-tu aval�es?

Prends-en. J'en ai encore.

Combien?

Tu m'ennuies, Montag. Quelques-unes.

Ce soir, je dois �tre en forme.

J'ai un r�le dans la "famille".

La campagne contre nos ennemis progresse.

Dans une seule journ�e, nous avons pu d�truire...

1375 kilos d'�ditions ordinaires,

418 kilos d'�ditions originales et 8,5 kilos de manuscrits.

Vingt-trois �l�ments antisociaux ont �t� arr�t�s...

La cousine Claudette est rudement chic ce soir!

Qui �a?

- La cousine Claudette. - Qui est-ce?

La cousine speakerine que tu n'aimes pas.

Je n'en aime aucune.

Tu devrais faire r�parer le petit �cran. Tu n'es pas gentil!

D�p�che-toi. �a va �tre mon tour!

Comment? Tu joues dans la pi�ce?

C'est une pi�ce avec un r�le manquant. Le mien.

Les gens vont s'adresser � moi.

Ils me poseront des questions et je devrai r�pondre.

�a va commencer!

Et maintenant, ch�res cousines, notre Th��tre des Familles:

Voulez-vous jouer avec nous?

Toute ressemblance avec des faits

de la vie r�elle serait purement fortuite.

Alors...

voulez-vous jouer avec nous?

Oui? C'est merveilleux.

J'en �tais s�re.

Eh bien, cousines, entrez dans la "famille"!

C'est un probl�me bien compliqu�,

pour ne pas dire insoluble.

Allons, il y a toujours moyen... Pour le moment, nous sommes treize.

Avec Edward, nous serons quatorze.

En cas de maladie, on se retrouvera treize.

Justement, invitons d'autres gens.

C'est une bonne id�e.

Avec Lottie et James, nous serons seize.

Et si quelqu'un tombe malade, quinze.

Et les chambres? Lottie a deux petits gar�ons:

Freddie et John.

Ce n'est pas un probl�me. Mettons les enfants

dans la chambre d'H�l�ne.

Qu'en pensez-vous, Linda?

Vas-y! Ils t'attendent.

Je pense que...

Linda est d'accord avec moi.

Dans la chambre d'H�l�ne. Linda a raison.

Et les places � table?

Je crois que j'ai une id�e.

Richard, � la droite d'Yvonne.

Surtout pas! Ils sont brouill�s.

A cause de Leslie.

Madeleine pr�sidera.

Elle est plus �g�e qu'Yvonne et peut-�tre m�me que Jacky.

Pas de probl�me.

Madeleine pr�sidera.

N'est-ce pas, Linda?

Et comment!

Puisque Linda accepte, soit!

Comment r�partir les chambres?

Il nous reste encore deux chambres libres.

Mettons Lilian dans la rose et Susan, dans la verte.

Et Monica?

O� mettre Monica?

Avez-vous une id�e, Linda?

Dans la chambre bleue?

Tr�s juste, Linda!

Elle a raison!

Linda, vous �tes absolument formidable!

T'as vu, j'ai bien r�pondu. Formidable, non?

J'aurais pu �tre actrice, non?

Etre quoi?

Actrice, non?

Oui, j'en suis s�r.

J'esp�re que Joyce m'a entendue. Je lui t�l�phonerai demain.

Comment tu as eu ce r�le?

Le chef de famille m'a t�l�phon�.

Il me voulait dans la pi�ce de ce soir.

Il a d� t�l�phoner aux 200000 Linda du pays!

C'est pas vrai!

Et m�me si c'est vrai, pourquoi tu me le dis?

C'est pas gentil!

Alors, cette promotion? F�licitations, Montag.

Para�t que tu vas �tre promu.

Il para�t.

Tu dois �tre vachement content.

Surtout pour ma femme.

�a va pour aujourd'hui,

regagnez vos places.

Encore?

Je ne veux pas vous voir assis l'un � c�t� de l'autre!

Je pensais avoir �t� clair!

Oui, vous!

Vous le savez parfaitement. Mettez-vous l�.

Reprenons le cours d'hier:

Nous avons �voqu� les livres dissimul�s

dans les fausses constructions d'une maison.

Proc�d� plut�t rare car on�reux.

Faux planchers, faux plafonds...

Nous avons �galement vu "Cachettes dans les meubles"...

Les �l�ves Stoneman et Black, au bureau du capitaine

imm�diatement.

Nous en �tions aux cachettes pratiqu�es dans le mobilier.

Les plus fr�quentes:

R�frig�rateurs trafiqu�s et t�l�s factices.

Des livres peuvent parfois �tre dissimul�s en petit nombre

dans des ustensiles courants.

Pour chercher des livres,

on a tendance � privil�gier les objets rectangulaires:

Bo�tes � cigares, bo�tes de chocolat ou tout objet ressemblant.

Le m�me usage peut �tre fait

d'objets cylindriques.

Montag,

au bureau du capitaine.

Passez-moi une pile de livres.

Vous les distribuerez � vos camarades.

Que chacun cache son livre quelque part.

A mon retour, je vous ferai une d�monstration.

Qui sait cacher, sait trouver.

Il faut pas dire �a!

Quoi, alors?

- Qu'on l'a fait expr�s? - L'id�e �tait de toi!

Si on ne dit pas la m�me chose, 0n est foutus!

On se d�brouillera.

Montag, j'en ai pour cinq minutes.

Quelle heure est-il?

10 heures, monsieur.

Dehors!

Vous aimez la gymnastique, Montag?

Oui, monsieur.

Le hockey aussi?

Oui, monsieur.

- Le golf? - Beaucoup.

- Le fo0tball? - J'adore.

Le billard? Le basket-ball?

Ce sont des sports �patants!

Alors, donnez-leur du sport, et � haute dose.

D�veloppez l'esprit collectif, organisez leurs loisirs.

Occupez-les,

ils seront heureux. C'est �a qui compte.

Pas vrai?

Oui, monsieur.

Et votre promotion? Parlons-en un peu.

Vous avez pr�venu votre femme?

Et qu'a-t-elle dit?

Elle voudrait un deuxi�me mur-�cran.

Vous n'en avez qu'un seul?

Pour un homme mari�, la promotion, �a compte.

Certainement.

Pas d'enfants, je crois?

Non, pas d'enfants.

Alors votre promotion me semble en bonne voie.

Inutile de vous dire

qu'avec les nouvelles lois nous risquons d'�tre d�bord�s.

Compl�tement d�bord�s.

A moins qu'on nous envoie de nouveaux volontaires.

On en parle beaucoup.

Vous �tes ici depuis quand?

�a fait six ans.

Oui, six ans.

Plut�t cinq ans.

Montag a une qualit� que j'appr�cie.

Il parle peu.

Avez-vous vu la m�daille � mon effigie? Une merveille!

Faites-moi penser � vous en donner une, un jour.

Revenons � votre promotion.

J'ai feuillet� votre dossier.

Les photos de dos, il nous en faut douze.

Deux s�ries de six... Pensez-y, Montag.

L'h�pital.

C'est au sujet de ma femme.

Votre adresse.

Montag, Bloc 813.

Un instant.

En rentrant du travail, je l'ai trouv�e �vanouie.

- Elle prend des pilules? - Ul, bien s�r l

Je vous passe le Centre anti- poisons.

Centre anti-poisons.

C'est ma femme...

Adresse.

Montag, Bloc 813.

Quel genre de pilules?

Un instant.

Les rouges.

"Num�ro 2".

Un stimulant inoffensif. Elle a d� prendre un calmant l�-dessus.

Un instant.

Oui, les dor�es, num�ro 8.

Restez aupr�s d'elle. L'ambulance est en route.

Qu'est-ce qu'il faut faire en attendant?

Rien.

- O� est le docteur? - Quel docteur?

Pour soigner ma femme.

Pour �a, y a pas de docteur. Nous, on s'en charge.

C'est par ici.

Qu'est-ce que vous croyez?

Des cingl�es comme elle, on en voit en pagaille.

On n'a pas encore fini le b0ulot.

Vous en faites pas. On va lui faire un pompage de premi�re.

Une bonne dose de sang frais et elle sera comme neuve.

C'est pas joli � voir. Feriez mieux d'attendre � c�t�.

Laissez-nous faire. On vous appellera.

Le r�gulateur n'a pas l'air r�gulier.

A nous deux, ma jolie.

Aide-moi � enlever ses bas.

Enl�ve sa robe et mets-la sur la chaise.

Vous pouvez venir.

Sage comme une image.

Mais elle est �vanouie!

Endormie... Faut pas confondre.

Allez-vous coucher.

Demain, elle n'y pensera plus.

Elle sera tout � fait gu�rie?

En pleine forme. Faites-moi confiance.

Elle aura tr�s faim.

Faim de tout! Je ne vous dis que �a.

J'ai une de ces faims!

�a va mieux?

Une vraie fringale.

J'avalerais un cheval.

J'ai dormi comme une souche.

Incroyable, ce que j'ai faim!

Tu vas me laisser parler?

Bien s�r, ch�ri.

Parle tant que tu veux, si �a te fait plaisir.

Alors, quoi, hier soir?

Je ne me rappelle plus. Au fond, �a n'a pas d'importance.

Je t'ai achet� un cadeau pour f�ter ton...

Je ne me rappelle plus... �a te pla�t?

Joli, non?

- Tu aimes? - Beaucoup.

�a fait chic. Tout le monde en ach�te.

Je peux jeter le vieux?

J'ai � te parler.

Tu m'�coutes?

Qu'est-ce que tu fais?

Vous ne lisez jamais les livres que vous br�lez?

Vous, l�! Venez voir... Par ici!

C'est quoi �a, hein?

Certains gar�ons boudent encore le coiffeur.

Voici la Brigade des cheveux aux prises avec un beatnik.

Cela prouve que la loi

peut-�tre amusante.

La porte est en panne?

Tu arrives bien. Le d�ner est pr�t.

Qu'est-ce que tu fais?

J'arrive.

"S0uvenirs intimes de David Copperfield,

"de Charles Dickens.

"Quarante gravures de Phiz.

"L0ndres... Editeurs Chapman & Hall et Humphrey Millford...

"New York... Presses Universitaires d'Oxford.

"D�partement am�ricain...

"38, Ouest 32e Rue."

"David Copperfield...

"Chapitre Premier..."

"Je viens au monde.

"Deviendrai-je le h�ros de ma propre vie

"ou ce r�le sera-t-il assum� par quelqu'un d'autre?

"Ces pages en porteront t�moignage.

"Commen�ons par le d�but de ma vie.

"Je suis n�, � ce que l'on dit,

"et je veux bien le croire, un vendredi � minuit.

"On remarqua que l'horloge se mit � sonner

"et moi � crier simultan�ment."

Un instant.

Allez-y.

�a va?

Oui, �a va.

C'est ce qu'on doit dire, non?

�a n'a pas l'air d'aller du tout.

Rien ne va.

Ce serait trop long �...

Parfois, j'en ai assez...

Ne restons pas l�.

Et vous?

J'ai tout mon temps. Venez.

Je vous ai vue l'autre jour. J'�tais sur la voiture.

Oui, et �a m'a rappel� quelque chose.

Une fille attend un soldat

devant la caserne...

Qu'est-ce qui ne va pas?

Vous vous souvenez de ma convocation chez l'analyste?

J'avais raison de m'inqui�ter. J'ai �t� cong�di�e.

Pour quelle raison?

Aucune. On m'a t�l�phon�.

"On se passera de vos services".

Je ne retournerai plus � l'�cole.

Il faut leur demander des explications!

Je ne pourrais pas. Qu'est-ce qu'ils 0nt bien pu raconter aux enfants?

C'est bien �trange...

Je me demande ce qui a pu d�cider l'analyste...

Vous n'auriez pas dit quelque chose?

Je sais que mes coll�gues me d�sapprouvent.

Je n'observe pas toujours le programme.

Des cours anim�s, �a ne pla�t pas forc�ment.

La femme qui faisait la classe avant moi...

C'�tait la m�me chose. Elle aussi, on la critiquait.

Elle a des ennuis terribles.

Ce n'est pas l'analyste.

Vos coll�gues veulent vous �liminer. Vous �tes trop diff�rente.

Regardez ce type, l�-bas.

Qu'est-ce qu'il fait?

C'est la bo�te aux informations.

Il h�site encore.

Mais qu'est-ce qu'il veut?

Rien. Il conna�t quelqu'un qui a des livres.

Alors, il vient jeter sa photo dans la b0�te.

C'est un d�lateur!

Un informateur... Regardez- le l

On dirait qu'il tourne autour d'une femme.

Il a aval� quelque chose!

Un stimulant... pour se donner du courage.

Il ne veut pas qu'on le voie. Regardez...

Il s'en va. Il n'a pas pu se d�cider.

Il reviendra.

Le voil�.

Bon sang, d�cide-toi!

Enfin! Quel soulagement.

Le voil� d�barrass� d'un voisin, d'un parent, ou m�me de sa m�re.

C'est l'heure.

Retournez � l'�cole vous renseigner.

Je ne peux pas faire �a.

Trouvez un pr�texte pour y retourner.

Je pourrais d�barrasser mon placard.

Parfait... Je dois aller au travail. Bonne chance!

Je n'irai pas!

Ou alors, accompagnez-moi!

Et mon travail?

Je m'en charge.

Venez et laissez-moi faire.

La caserne des pompiers.

Cabine 1.

- Pourrais-je parler... - Qui est � l'appareil?

De la part de Montag.

Puis-je parler au capitaine?

All�? J'�coute...

Ici Linda Montag.

La femme de M0ntag?

C'est � quel sujet?

M0n mari vous fait savoir

qu'il doit garder le lit.

Rien de grave?

Ce soir, �a ira mieux.

Tr�s bien, madame, merci.

La femme de Montag... Il doit garder la chambre.

Ah, vraiment?

Bon. On se verra � la r�union.

9 x 11... 99...

9 x 12... 108...

Voil� Robert!

C'est mon uniforme?

Oui, �a a d� lui faire peur.

Je vous attends ici.

Bient�t, je vais �tre promu. Ils m'�couteront.

J'irai le voir, votre directeur.

- Pourquoi? - Quoi donc?

Est-ce possible?

Comment cela a-t-il commenc�?

Quelle id�e...

C0mment avez-vous pu accepter ce genre de travail?

Je vous demande �a parce que...

vous n'avez pas l'air comme les autres...

Quand je vous parle, vous me regardez.

Pourquoi avoir choisi ce m�tier?

�a ne vous va pas du tout.

L'autre jour, vous m'avez demand�...

si je ne lis jamais les livres que je br�le.

Cette nuit, j'en ai lu un.

Qu'est-ce que tu fais?

J'ai trouv� ces "choses".

Je n'en veux pas ici. J'ai peur.

Tu passes toute ta vie devant la "famille".

Ces livres sont ma famille!

Quand et o� nous sommes-nous rencontr�s?

La premi�re fois?

Je ne sais pas.

Voyons...

Non, je ne sais plus.

Lamentable, tu ne trouves pas?

Moi, je trouve �a lamentable.

Derri�re chaque livre, il y a un homme!

C'est cela qui m'int�resse... Va dormir maintenant!

Je ne peux pas dormir.

Tu as tes pilules!

"Rhinoc�ros...

"Animal puissant

"� peau tr�s �paisse. Mammif�re p�rissodactyle

"de la famille des rhinoc�rotid�s."

Tiens, par exemple!

Et alors?

Je te croyais en cong� maladie.

Moi? En voil� une id�e...

Eh bien, j'ai d� me tromper.

Montag, ton casque!

Montag, vous �tes f�ch� avec le m�t?

Regarde maman! Les pompiers...

Il va y avoir un feu!

Soyez un homme, ma�tre Ridley...

Nous allons en ce jour allumer un flambeau

qui ne s'�teindra jamais.

La police n'a pas fait son travail! Que fait cette femme ici?

Elle vaut le coup d'�il.

Sa famille a �t� arr�t�e. Elle n'�tait pas l�.

- O� sont les livres? - Vous devez le savoir.

Montez!

Montag, restez ici.

Vous, l�-dedans!

"Il �tait une fois un pauvre b�cheron..."

Ils n'auront pas mes livres!

Montag, venez voir �a.

Oui, monsieur.

Allez, plus vite!

Un vrai tr�sor!

Je le savais, Montag!

Les autorit�s connaissaient cette biblioth�que secr�te.

Mais impossible de mettre la main dessus.

Je n'ai vu qu'une fois dans ma vie tant de livres r�unis.

Je n'�tais que simple pompier � l'�poque.

Je n'avais pas encore le droit de me servir du lance-flammes.

Tout �a est � nous!

Ecoutez-moi, Montag.

Au moins une fois dans sa carri�re, chaque pompier...

voudrait savoir ce qu'il y a dans les livres.

Eh bien, il n'y a rien!

Les livres n'ont rien � dire!

Tous ces romans...

ils parlent de gens qui n'ont jamais exist�!

Ceux qui les lisent

deviennent malheureux

et se mettent � r�ver des vies impossibles.

Qu'y a-t-il?

La maison est abandonn�e. On doit tout br�ler.

Br�ler une maison est une chose...

Br�ler des livres, c'en est une autre.

Pourquoi tout br�ler ensemble?

On va se d�barrasser de toute cette philosophie.

C'est encore pire que les romans.

Penseurs! Philosophes! Ils ont toujours raison.

Et les autres sont des imb�ciles!

Hier, champion du d�terminisme...

Et aujourd'hui ne jurant que par le libre arbitre.

Simple question de mode, comme;...

la longueur des jupes.

Et ces morts sont bavards... Des autobiographies...

Il n'y en a que pour �a!

MES souvenirs... MES m�moires, MON journal intime.

Au d�but, ils �prouvent le besoin d'�crire.

Mais ensuite, c'est la vanit� qui les pousse.

Se distinguer du commun, �tre diff�rent,

regarder les autres de haut.

"Prix de la Critique".

Laissez-moi rire!

Il avait les critiques pour lui, le veinard.

Dites-moi, Montag. D'apr�s vous,

combien de prix litt�raires �taient d�cern�s chaque ann�e?

Cinq, dix,

quarante?

Pas moins de 1200!

Quiconque griffonnait sur du papier �tait s�r

d'avoir un prix un jour.

Robinson Cruso�.

Les Noirs ne l'aimaient pas � cause de Vendredi.

Nietzsche. Les Juifs ne l'aimaient pas.

Le Cancer des Fumeurs.

Rien ne sert de d�courager les fumeurs!

Br�lons-le!

Celui-ci doit �tre profond...

L'Ethique d'Aristote.

Ceux qui l'ont lu se croient plus malins que les autres.

Cela est mauvais. Nous devons tous �tre semblables.

C'est la seule fa�on d'�tre heureux. Tous �gaux.

Il faut donc br�ler les livres.

Tous les livres.

Qu'y a-t-il?

La femme en bas refuse de partir.

Elle veut rester avec ses livres.

Elle veut rester? Tiens, tiens!

Venez, on va br�ler tout �a.

Vous voulez quoi, le martyre?

Mourir comme j'ai v�cu.

Vous avez lu �a quelque part, hein? Allons, sortez!

Ces livres sont vivants et ils me parlent.

Allez-y!

�a suffit!

Vous avez dix secondes.

Comptez.

Neuf.

9 x 11... 99.

9 x 12... 108.

Elle ne peut rester l�!

Libre � elle.

Il faut l'�loigner de force!

Attention!

Sortez tous!

Vous aussi, Montag!

Montag, sortez de l�!

Montag! Par ici!

Consid�rez les amies de vos amies comme vos amies,

Consid�rez les amies de vos amies comme vos amies,

si bizarre qu'elles puissent vous para�tre.

Midge a le visage boursoufl�.

Elle est enceinte.

Quelle folie que d'avoir des enfants.

Et la conservation de l'esp�ce?

Ces petits minois qui nous ressemblent...

Voil� Montag.

Soyez tol�rants aujourd'hui.

Il ne suffit pas d'�tre jolie.

La femme qui utilise Translucide

sait qu'avec une petite dose quotidienne,

elle r�ussira � affoler les maris de ses amies.

Plus que cinq jours avant la F�te du Patron...

Avez-vous pens� � lui faire plaisir?

Excusez-moi.

Montrez-vous empress�es,

sinon d'autres le seront � votre place.

Viens, sois chic.

Viens un peu avec nous.

�a fait une �ternit� que tu ne les as pas vues.

C'est tr�s impoli.

Laisse-moi.

Tu n'es pas bien?

C'est vraiment pas gentil.

47 citoyens se sont pr�sent�s spontan�ment

aux centres de r��ducation.

Deux foyers d'antisociaux ont �t� d�tect�s.

Les autorit�s se refusent � tout commentaire.

La campagne "Signalez qui vous menace" se poursuit.

Une femme s'est fait br�ler vive avec ses livres.

Si c'est une blague, elle est de tr�s mauvais go�t.

�a vous arrangerait, hein?

Ne soyez pas stupide. �a n'existe pas.

Vous croyez? Je l'ai vue de mes yeux.

M0n mari dit...

Savez-vous m�me o� il est?

Il a �t� appel� pour une p�riode.

Ou pour une petite guerre, non?

Vous exag�rez.

Ces guerres �clair...

Il me t�l�phonera quand �a sera fini.

Il ne risque pas grand-chose.

Il n'y a que les maris des autres qui meurent.

Aucune de mes amies n'a perdu...

son mari � la guerre.

Il arrive qu'ils sautent par la fen�tre,

comme le mari de Gloria.

Mais jamais comme vous dites. C'est la vie.

C'est vivre, �a?

Vous n'�tes que des zombies!

Comme vos maris que vous ne voyez plus!

�a, vivre? Vous tuez le temps!

Il est temps de rentrer.

Merci pour ce merveilleux apr�s-midi.

Partez pas comme �a!

Qu'est-ce que c'est?

Ch�ri!

Un livre?

Parfaitement! Un roman!

Mais c'est contre la loi!

Silence! Ecoutez.

Puisqu'il insiste... J'esp�re qu'ensuite on aura la paix.

"L'incompatibilit� d'humeur est la plaie du mariage.

"Mon caract�re ne convenait pas � Dora.

"Je dus donc m'adapter au sien

"et �tre heureux quand m�me.

"Notre seconde ann�e de mariage fut plus heureuse.

"Je voulais offrir � Dora

"des jours ensoleill�s.

"Mais au fil des ans,

"Dora s'affaiblissait.

"J'avais esp�r� que les mains l�g�res,

"le sourire d'un enfant, feraient d'elle

"une vraie femme. H�las, non.

"Ma j0lie Dora...

"Nous pensions qu'elle trotterait comme avant.

"Il fallait �tre patient,

"encore et encore...

"Mais toujours rien.

"Je dus la descendre le matin, la remonter le soir.

"Je la sentais de plus en plus l�g�re

"quand je la portais dans mes bras.

"Une sensation de froid,

"comme � l'approche d'une terre glac�e,

"envahissait tout mon �tre.

"J'�vitais de donner un nom � ce sentiment.

"Jusqu'� ce soir

"o� il s'est impos� � moi

"quand ma tante eut lanc�, en partant:

"Bonne nuit, Petite Fleur.

"Je me mis � pleurer en pensant

"que la fleur, � peine �close,

"s'�tait fan�e sur son arbre."

Je le savais.

Les romans, �a cause du chagrin, des suicides... �a rend malade!

Vous �tes un homme cruel!

Des mots stupides, m�chants, faits pour blesser!

On a assez d'ennuis comme �a! Pas la peine d'en rajouter.

La soir�e avait si bien commenc�...

Je suis navr�e.

Je ne pouvais pas supporter �a.

Toutes ces choses que j'avais oubli�es...

Elles ne reviendront plus. Je serai seule, abandonn�e.

Je ne ferai plus partie de la famille.

Et tu as fait pleurer Doris...

Parce que c'est vrai!

N'as-tu pas fait assez de mal comme �a?

Laisse-moi... J'ai tant de choses � lire.

Tu es malade?

Ce n'est rien.

Je dois lire.

Je dois partir

� la recherche du temps perdu.

Investissez la maison!

�a y est... D�p�che-toi!

- Et vous, mon oncle? - Ne t'en fais pas pour moi.

Doucement, j'arrive.

Que fais-tu?

Je d�place le fauteuil... Je l'ai assez vu l� o� il �tait.

Et �a, je vais le mettre...

dans ce coin. Voil�.

Je vais changer les rideaux, en acheter d'autres.

Je vais mettre le panier � linge...

Tu as raison, il est mieux l�-bas.

Tu as tant remu� cette nuit. Tu es malade?

Tu devrais rester...

Non, je dois aller � la caserne.

C'est peut-�tre la derni�re fois.

Ta promotion?

�a, c'�tait avant.

La nuit, tu as parl� dans ton sommeil.

Je n'ai pas tout compris.

Je ne comprends pas ce qui se passe dans ta t�te.

D'ailleurs, je ne tiens pas � savoir.

Je veux seulement que tu me d�barrasses de ces "choses"!

Je t'en prie, Montag.

- Je te le promets. - Je peux le faire.

Non, je le ferai apr�s les avoir lus.

Fais-le tout de suite.

Sinon, je te quitte.

�a ne peut plus durer. Tu dois choisir. Alors?

Je ne peux pas choisir. Je ne sais pas.

Vous connaissez la jeune fille

qui vit ici avec son 0ncle?

Ils sont venus.

Les arr�ter.

Ce n'�tait pas la police?

Les pompiers?

Ils font �a, maintenant. Vous devriez le savoir.

On va les rel�cher.

Ils n'�taient pas comme nous. Des gens sp�ciaux.

Vous voyez, l�-bas...

Et l�-bas...

Vous voyez?

Regardez leur toit. Rien.

H�, vous!

J'ai � vous parler!

Est-ce une tenue �a!

Je vous avais pourtant pr�venu!

Que vous ai-je dit dans mon bureau l'autre j0ur?

Faut-il tout vous r�p�ter?

Regardez-moi cette tenue!

Qu'avez-vous donc dans la t�te!

Le capitaine est l�?

Vous ne l'avez pas crois� dehors?

Les photos des gens arr�t�s cette nuit...

Il �tait temps!

- Vous �tes chez nous depuis... - Trois ans, monsieur.

C'est tr�s bien.

Faites-moi penser � vous donner une m�daille � mon effigie.

J'en ai d�j� une, monsieur.

Ah! C'est vous.

Comment �tes-vous entr�?

Je cherche des gens arr�t�s hier soir.

Je voulais voir des photos.

Montag s'occupe des arrestations maintenant?

Non, ce n'est pas �a.

Hier soir? Les photos ne peuvent pas encore �tre l�.

C'est moi qui les ai.

Voyons voir...

Voyons si j'ai votre affaire...

Ces deux-l�.

Elle est un peu jeune pour lui.

C'est son oncle.

Des amis?

Je les connais � peine... Des voisins.

Et vous voudriez leur maison?

Oui, c'est cela.

Faudra la r�quisitionner. Mais d'abord, arr�ter la ni�ce.

Elle est encore en libert�?

Oui, pour l'instant.

Il n'y a pas de tampon sur sa photo.

�a ne sera pas long. Vous l'aurez, votre maison.

Comment �tes-vous entr�?

Qu'est-ce qui vous prend?

Encore faible... Fallait pas venir.

Vous en avez, une mine.

Vous avez besoin de prendre l'air.

Un peu d'air frais vous fera beaucoup de bien.

Si par hasard...

vous aperceviez cette jeune fille dans les parages, pr�venez-nous.

�a avancera vos affaires.

Oui, bien s�r.

- Il faut que je vous parle. - Pas ici!

- Qu'y a-t-il? - Mon oncle a �t� arr�t�.

J'ai pu m'�chapper.

Mais comment?

Quand ils sont arriv�s, on �tait couch�s.

Il faut que je retourne chez moi.

Mon oncle m'a r�veill�e. Je suis pass�e par le toit.

On ne devrait pas venir ici.

Je sais, mais c'est important...

Vous resterez avec moi?

Je reste avec vous.

�a doit �tre cach� par ici.

Quoi donc?

Quelque chose que je dois trouver...

et d�truire.

Laissez-moi chercher.

Vous?

C'�tait mon m�tier.

C'est comment?

Comme �a. Des papiers.

Inutile...

Allez, nous les trouverons.

C'est une liste d'adresses.

Des amis de mon oncle, avec leurs caches secr�tes.

Nous la trouverons.

Que faites-vous?

Il faut la d�truire.

Je voulais vous dire,

notre rencontre dans le monorail n'�tait pas un hasard.

Je vous avais remarqu�.

Je pensais que vous pourriez nous aider.

Quand la vieille dame a pr�f�r� la mort,

j'ai senti qu'il y avait un rapport avec vous.

Elle avait peur de parler, de nous trahir.

Et moi, ce matin, � la premi�re petite alerte,

je me suis �vanoui comme une fillette.

Je vais donner ma d�mission.

Qu'est-ce que c'est, l�-bas?

Un rocking-chair.

Dans le temps, les gens s'y balan�aient

tout en causant avec les voisins.

Oui, ils causaient.

Il faut partir d'ici.

Je connais un endroit.

Mon oncle m'a dit ce qu'il fallait faire

s'il �tait arr�t�.

Longez la rivi�re jusqu'� l'ancienne voie ferr�e.

Suivez-la, et vous trouverez les hommes-livres.

Les hommes libres?

Non, les hommes-livres. Vous ne saviez pas?

Des hommes qui 0nt disparu en �vitant une arrestation...

ou � leur sortie de prison.

D'autres n'ont pas attendu. Ils ont pris les devants.

Dans les for�ts, les collines... ils vivent par petits groupes.

La loi les tol�re. Ils vivent paisiblement.

Mais s'ils revenaient en ville...

Des hommes-livres?

Et la loi les tol�re?

Ils sont des livres!

Chaque homme, chaque femme,

a appris par c�ur un livre. Et il devient un livre vivant!

Bien s�r, il y a parfois des arrestations.

Ils font tout pour les �viter.

Car ils portent en eux

le secret le plus pr�cieux au monde.

Sans eux, tout le savoir humain dispara�trait.

Venez avec moi.

Non, pas tout de suite...

Ce n'est pas encore le moment.

J'ai moi-m�me br�l� des livres...

Plus tard, peut-�tre...

Tout cela est arriv� si subitement dans ma vie.

Je dois rester en ville pour agir.

Je vais cacher un livre chez chaque pompier, et le d�noncer.

Le syst�me mourra avec ses propres armes.

On mettra le feu chez les pyromanes!

Il faut partir.

Il faut nous s�parer.

Allez chez les v�tres... Je vais me d�barrasser de �a.

Nous nous reverrons.

Vous savez que ce n'est pas vrai.

Oui, je sais.

Frais et dispos? Alors, d�p�chons!

Je regrette... J'ai l'intention de d�missionner.

A la veille d'une promotion? Vous plaisantez!

A partir de demain.

Aujourd'hui vous �tes encore sous mon commandement.

Montag, je vous le demande d'homme � homme.

Ne me faites pas �a, pas devant les autres.

Une derni�re mission!

Ensuite, vous ferez ce que vous voudrez.

Mais c'est chez moi!

C'est exact.

Je n'en pouvais plus. C'en �tait trop...

Je crois que Montag sait ce que nous cherchons.

Nous allons le laisser faire.

"Qui sait cacher, sait trouver", hein?

J'aime le travail bien fait.

F0uillez la maison!

Tout est pr�t?

Allez, d�p�chons.

L'igniteur!

C'est sa maison... Alors, � Montag l'honneur...

Que faites-vous?

Vous �tes fou?

Par ici... Les livres seulement!

Pas besoin de d�truire �a!

Les livres, Montag!

Voil� qui me pla�t.

Douce raison...

Les beaux romans...

Que cherchiez-vous dans cette litt�rature?

Le bonheur?

Pauvre idiot...

�a vous embrouille les id�es.

Est-ce que �a vous apprend � marcher sur l'eau?

Montag devrait r�fl�chir.

Autant de recettes de bonheur qui se contredisent...

Laissons toutes ces pol�miques br�ler ensemble!

Nous sommes les gardiens

du bonheur de l'humanit�.

N'est-ce pas beau, ces pages?

Ne dirait- on pas des p�tales de fleurs ou des papillons

rouges et noirs?

Comment expliquer cette fascination pour le feu, cette attirance,

qu'on soit jeune ou vieux?

Vous ne dites rien?

Quel bon sens...

La sagesse m�me...

Qu'avez-vous l�?

Votre livre de chevet?

Br�lez-le! Vous �tes en �tat d'arrestation!

Allez-vous-en!

Nous recherchons un homme qui court dans la ville.

Je r�p�te...

A tous les citoyens!

Recherch� pour meurtre.

Montag... pompier...

Le criminel est seul � pied.

Tenez-vous devant vos portes. Regardez et �coutez.

Guettez un homme qui court dans la ville.

Je r�p�te...

- Je suis... - Je sais qui vous �tes.

Vous �tes l'homme du jour. Venez...

Venez assister � votre capture.

Ma capture?

Oui. Notre belle "cousine" est d�cha�n�e aujourd'hui.

Vous allez voir.

Je suis La Vie d'Henry Brulard, de Stendhal.

M0ntag court touj0urs.

Mais nous le serrons de pr�s.

Le voil�!

La patrouille a�rienne l'a aper�u.

Le public veut un coup de th��tre.

Alors, il leur faut un bouc �missaire.

N'importe qui fera l'affaire.

Vous le voyez nettement.

T�te baiss�e, il donne dans le pi�ge!

Il d�tale comme un rat effray�.

Regardez-le bien.

Ch�res cousines, Montag est mort.

Le tra�tre a expi� son crime envers la soci�t�.

Ils ne montrent jamais l'homme de pr�s.

M�me vos amis

vous croiront mort.

Tenez. De quoi faire peau neuve.

"La lune brillait, maussade...

"...trouvant que �a n'�tait pas

"au soleil de se trouver l�..."

"A la tomb�e de la nuit...

"...C'est fort impoli de sa part..."

Aimeriez-vous La R�publique, de Platon?

Je suis La R�publique.

Je me r�citerai quand vous voulez.

Voici Les Hauts de Hurlevent, d'Emily Bront�.

Et voil� Le Corsaire,

de Byron.

Son mari �tait un chef de la police...

L�, Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Carroll.

Je ne vois pas De l'autre c�t� du Miroir.

Le Progr�s du P�lerin, de J. Bunyan.

Il a d� avaler le livre.

En attendant G0dot, de Beckett.

Regardez la petite blonde qui va rougir.

Je suis R�flexions sur la Question Juive, de J.P. Sartre.

Je suis Chroniques Martiennes, de Ray Bradbury.

Je vous pr�sente...

Les Aventures de Monsieur Pickwick.

Charles Dickens!

J'ai lu un de ses livres: David Copperfield.

N0us en avons un parmi nous.

Dans un autre groupe, au sud.

Je suis Le Prince, de Machiavel.

Il ne faut pas juger un livre sur sa couverture.

Je suis Orgueil et Pr�jug�, de Jane Austen.

Je suis Orgueil et Pr�jug�, de Jane Austen.

Le m�me livre?

- Mon fr�re est le tome I. - Mon fr�re est le tome II.

Enchant� de vous conna�tre.

Nous les appelons

Orgueil et Pr�jug�. Ils n'appr�cient pas trop.

Ici, nous sommes une trentaine,

mais des milliers vivent un peu partout.

Dans des gares abandonn�es, des chemins perdus...

Clochards au-dehors, biblioth�ques au-dedans.

Rien de pr�m�dit�.

Chacun de nous aimait un livre

dont il voulait sauvegarder le souvenir.

Et nous nous sommes r�unis.

Une minorit� d'ind�sirables, criant dans le d�sert.

Mais le temps viendra

o� nous r�citerons ce que nous savons

et on r�imprimera des livres.

Jusqu'au j0ur o� il faudra tout recommencer.

J'en ai un.

Voyons un peu...

Histoires Extra0rdlnalres, d'Edgar Allan Poe.

Apprenez-le, on le br�lera.

Le br�ler?

Sinon, on pourrait nous l'enlever.

Oui, nous br�lons les livres.

Nous les gardons l� o� on n'ira pas les chercher.

Nous venons de br�ler Les M�moires de Saint-Simon.

Le vieil homme l�-bas va mourir.

Il est Le Barrage d'Hermiston, de Stevenson. Il est avec son neveu.

Il lui r�cite le livre pour le perp�tuer.

"Je vais �tre tr�s sinc�re, Archie.

"Je vais te parler avec franchise.

"Je n'aime pas mon p�re.

"Je crois que je le hais plut�t."

"J'en ai honte. Mais devant Dieu je ne suis pas coupable."

"Comment aurais-je pu l'aimer?

"Il ne m'a jamais parl� ni souri. J'ai ignor� toute caresse."

"La mort, il la redoutait par-dessus tout.

"Et il mourut, comme il l'avait craint,

"aux premi�res chutes de neige

"de l'hiver."

"La mort, il la redoutait par-dessus tout.

"Et il mourut comme il l'avait craint,

"aux premi�res chutes de neige de l'hiver."

"J'ai � raconter une histoire pleine d'horreur..."

S0us-titrage NICE FELLOW

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