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NETFLIX PRÉSENTE
Viens là.
D'accord.
Bon.
T'es prête ?
Attends.
C'est bon.
Respire, d'accord ?
- Tu respires ? - Oui, vas-y !
Bon. Un...
Deux...
- Trois. Quoi ? - Merde !
- Bon sang, Richard ! - Désolé.
- Ça fait mal, putain. - Désolé.
- Mon Dieu. - J'ai presque fini.
J'ai presque fini.
C'est bon.
T'as touché un nerf.
Désolé, chérie, j'ai suivi les consignes de l'infirmière.
C'était pas plutôt par là ?
Non, c'est le quadrant supérieur externe.
Alors pourquoi ça fait si mal ?
Sur les forums, personne n'a dit que ça faisait mal.
Je sais pas, Rachel.
C'est une grosse aiguille. Tu es peut-être un peu douillette.
Je sais pas.
Je suis pas médecin, je te rappelle.
T'es fâché ?
Non.
Je suis pas fâché, je...
J'en sais rien.
Je suis crevé.
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LA PONCTION
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Il faut vos deux signatures sur la deuxième page.
Notre politique en matière de conservation d'embryons,
les programmes sont au dos.
Inscrivez vos initiales devant chaque paragraphe,
- puis signez ici. - Très bien, merci.
C'est pour vous.
- Les instructions sont incluses. - Bien.
- Te voilà. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien, ça caille, là-dedans.
Détends-toi. Ne te prends pas la tête.
Non, j'ai froid, c'est tout.
Il faut que tu signes ça.
Bon sang, qu'est-ce qu'on fait là ?
- On va vraiment faire ça ? On est fous ? - Non, on est normaux.
C'est pas normal, c'est le contraire de normal.
Et douteux sur le plan éthique.
Tu te rappelles ce qu'a dit Marty ?
"Avoir un bébé est un acte immoral."
Marty est un abruti.
"Surpopulation, changement climatique,
montée du néofascisme..."
- Tu as pris ton Valium ? - Oui, pourquoi ?
Mme Biegler ?
- Une seconde. Bon. - Allez.
On va vraiment le faire, alors.
- N'aie pas peur, d'accord ? - D'accord.
Tu vas y arriver. On a besoin d'un seul bon ovule.
D'accord. Toi non plus,
n'aie pas peur, tu vas y arriver.
- Je t'aime. - Moi aussi.
Putain ! C'est bon, je la sens bien !
Baise-moi comme une salope.
Baise-moi comme une pute !
Je veux sentir ta bite tout au fond !
Mets-la-moi !
Putain ! Mon Dieu !
Oui ! Oui !
Oui, mon Dieu !
Putain ! J'adore quand tu me chopes le cul !
Tu l'aimes, mon cul ?
Ouais !
C'est bon ?
Tu veux me baiser comme une petite pute ?
Oui !
Un jour, ma fille de huit ans est venue me voir au travail.
Pour une journée "Invitons nos enfants au travail."
Et bien...
Elle a dit que j'avais le travail le plus ennuyeux du monde.
Tout ce que je fais,
c'est endormir les gens.
Excusez-moi, madame ?
Infirmière ?
Où est mon mari ?
Votre partenaire n'est pas venu ?
C'est mon mari.
- Excusez-moi... - Mon partenaire, c'est mon mari.
M. Grim ?
Grimes, Richard Grimes.
Un médecin va passer vous voir. Je vais le chercher.
- Un problème ? - Un instant.
Pourquoi vous ne me dites pas ?
Hé !
Merde.
Il n'y avait pas de sperme.
Pardon ?
Votre mari n'avait pas de spermatozoïdes.
Comment ça, il n'a pas pu...
le faire ?
Non, il a produit du sperme, mais pas de spermatozoïdes.
Le Dr Dordick vous donnera les détails.
Voyez ça comme une machine à soda.
Vous avez déjà travaillé dans un cinéma ?
L'eau gazeuse arrive d'un endroit,
le sirop arrive d'un autre endroit,
et ensemble, ils forment du Coca Light, ou autre chose, si vous préférez.
Mais si le tuyau est bouché,
pas de Coca Light.
Seulement de l'eau gazeuse.
Richard est probablement bloqué.
Mentalement ? C'est psychosomatique ?
Non, pas mentalement. Physiquement.
- Comme la machine à soda. - Oui, pardon.
J'ai appelé l'un de mes amis.
C'est un urologue, la crème de la crème.
Il écrit un livre sur le sujet. Joel Fisher.
LA MÉNOPAUSE MASCULINE
Bon sang.
C'est vraiment déprimant.
Pas du tout, Rich.
A priori,
vous avez des spermatozoïdes là-dedans. Il faut juste les faire sortir.
- Bon. - Il existe une procédure,
et Joel est celui qu'il vous faut.
Ça s'appelle la TESE.
Extraction testiculaire de spermatozoïdes.
Mon Dieu.
N'ayez pas peur du nom.
Vous savez qu'il n'a qu'un testicule ?
Quoi ?
Il doit le savoir.
Oui, je sais.
Je n'ai qu'un testicule.
- Oui, j'ai lu votre dossier. - Bien.
J'ai informé Fisher.
Selon lui, ça ne devrait pas poser problème.
Il va contourner le canal déférent et aller directement à la source
pour faire une biopsie testiculaire.
- Comme pour le cancer ? - Non, Rach.
J'ai pas le cancer, j'ai le canal bloqué.
Désolée, il a dit biopsie.
Si nous faisons un TESE,
nous devrons faire une IICS.
Une injection intracytoplasmique de spermatozoïde.
C'est un coût supplémentaire, mais c'est inévitable.
La bonne nouvelle est que Fisher est disponible.
Il est en ville aujourd'hui.
La mauvaise, c'est qu'il lui faut un chèque de 10 000 $.
Je sais, le délai est court.
Pas de problème.
- Ah bon ? - Non.
Prenez une minute.
Discutez-en.
Quand vous serez prêts, j'appellerai Fisher.
En attendant, Moira va vous équiper
et en piste ! Boum !
Bon.
Richard, on n'a pas 10 000 $.
Je sais, je vais appeler Charlie.
On ne devait en parler à personne.
Je sais, mais on n'a pas le choix, Rach.
- Mon Dieu. - Tu as onze ovules qui poireautent
et on n'a rien pour les inséminer.
Si on ne l'appelle pas, on est foutus.
Tout ça n'aura servi à rien
et on aura jeté une grosse partie de notre budget bébé par la fenêtre.
Super. Non, ce n'est...
Si tu es là d'ici... Bon, c'est bien.
À tout à l'heure. Salut.
- Il nous apporte un chèque. - Vraiment ?
- Ouais ! - Cynthia a dit quelque chose ?
Quoi ? Bien sûr que non.
- Elle nous juge, c'est sûr. - Mais non.
Si, même pour l'insémination, elle était bizarre.
CONCEPTIONS CLINIQUE DE FERTILITÉ
- Ils recommencent ? - Non, c'est différent.
C'est un autre docteur, à la pointe.
Un truc avec les ovules, "IISS", je crois.
Tu as vu mon pantalon ?
Je croyais qu'ils avaient arrêté et qu'ils allaient adopter.
Ils continuent. Après l'histoire avec cette fille,
ils essaient sur tous les fronts,
- les deux en même temps. - Bon sang.
On dirait des parieurs compulsifs.
C'est technique, j'ai du mal à suivre,
mais Richard a un problème de sperme et il a besoin de 10 000 $.
Maintenant.
- Tu ne vas pas lui donner. - Oh, si.
- Quoi ? Charlie ! - Ils vont me rembourser.
Tu entretiens leur délire !
- Quel délire ? - Ce rêve de fertilité,
alors que de toute évidence, ça les stresse.
Ils sont au bout du rouleau.
Leur mariage est un naufrage, ils se disputent constamment.
Ce sont des drogués de la fertilité !
N'importe quoi.
Franchement, ça fait des années que ça dure.
Il est temps qu'ils passent à autre chose.
Maman ! Sadie au téléphone. Ça a pas l'air d'aller.
- Mon Dieu. Allô, chérie ? - Je dois y aller.
Réfléchis bien à ce que tu fais.
Maman, qu'est-ce qu'il y a ?
Rien, c'est juste que Charlie va en ville....
Je passe chercher à manger. Tu veux du saumon ?
Charlotte, tu veux du saumon ?
Quoi ?
Papa va à Manhattan, tu veux quelque chose à manger ?
Un bialy et un bagel complet.
Un bialy et un bagel complet,
et prends-moi 200 grammes...
Non, 100 grammes de saumon !
Allô, chérie. Excuse-moi. Tout va bien ?
Pas vraiment.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu fumes ?
Non, j'ai arrêté, je t'ai dit.
J'ai un rhume, c'est tout.
Je suis dehors, il caille.
Tu as l'air bizarre.
Ça va pas fort.
Tu vas rater ton année ?
Non, maman...
Émotionnellement, je veux dire. Y a que la réussite qui t'intéresse.
Finir la fac à 25 ans n'est pas ce que j'appelle réussir,
mais limiter la casse.
Désolée, je n'aurais pas dû dire ça.
- C'est ce que tu penses. - Non, c'est faux.
Je veux que tu trouves quelque chose qui te plaît,
qui va donner du sens à ta vie et te permettre de t'épanouir.
J'ai trouvé.
Tu te rappelles ?
L'écriture.
Ah oui, c'est vrai.
Et tu es vraiment douée,
mais si tu veux en faire ton métier,
tu dois être motivée et disciplinée.
Si tu as déjà du mal, imagine comme ce sera difficile
dans la vraie vie, quand tu auras un loyer.
Je ne vais pas rater mon année, j'ai bien travaillé ce semestre,
je suis fière de moi. C'est juste que...
Je suis coincée,
je suis en retard pour rendre mon portfolio en atelier d'écriture,
c'est 80 % de ma note, mais j'ai une super prof
qui croit en moi, et la bonne nouvelle,
c'est qu'elle va noter "incomplet" sur mon dossier, c'est génial parce que...
Sadie ?
J'imagine que tu vas me dire que dans la vraie vie,
"incomplet" n'existe pas.
Et si tu rentrais, qu'on en parle en personne.
- Je peux pas rentrer, maman. - Pourquoi ?
Parce que je veux vivre en ville.
Mon Dieu, Sadie, comment tu vas faire ?
Je vais travailler, je serai serveuse, je ne te coûterai pas un centime.
Oncle Richard et Tante Rachel m'ont proposé de venir quand je veux...
Richard et Rachel ont d'autres préoccupations.
Ils ne sont pas en mesure de s'occuper de qui que ce soit en ce moment.
Dis bonne nuit à tout le monde !
Dis bonne nuit !
- Bonne nuit ! - Bonne nuit !
Le lundi et le jeudi, ils nettoient le côté nord de la rue.
Le mardi et le vendredi, le côté sud.
Le weekend, ils ne font rien. Je ne vois pas le problème
avec le stationnement alterné. Les gens se demandent
"Qu'est-ce qu'on fait de la voiture ?"
Ce ne sont que des fêtards qui se soûlent le weekend.
- Vraiment ? - Oui.
J'ai dû mal à promener les chiens le soir.
La vache.
Je veux pas me retrouver à 50 ans à une réunion de quartier
pour empêcher l'ouverture d'un bar.
Richard...
On ne sera plus ici, à 50 ans.
J'ai 47 ans.
Quand sort ton livre ?
- En avril. - Super !
J'ai pas écrit une ligne depuis la naissance de Talia.
Il faut que tu goûtes ça, je suis accro.
- J'en ai bu tout l'été. - Non merci.
Vraiment ? C'est du Prosecco. C'est pas ton truc ?
Si, j'adore, mais...
je peux pas.
Mon cycle.
Oh, tu fais du vélo ?
Ma sœur en fait, son cul a l'air d'une paire de noix de coco. Ça te plaît ?
Non, pas ce genre de cycle.
La FIV.
Mon Dieu.
- Désolée, quelle idiote. - Non !
Pourquoi... C'est pas grave.
Si, je suis trop bête.
Ouah !
Je savais pas que c'était reparti. Vous deviez pas adopter ?
Si, mais on s'est dit qu'en attendant,
on avait peut-être une fenêtre.
Sans mauvais jeu de mots.
Fenêtre, in-vitro...
C'est notre première fois. On a fait plusieurs IIU, mais jamais...
sorti la grosse artillerie.
Ça devrait augmenter vos chances, non ?
J'en sais rien.
Nos chances ne sont pas énormes.
Tu devrais en parler à ma cousine, Erin.
- Ah oui ? - Elle a fait une FIV,
les médecins lui ont dit de ne même pas essayer.
Elle avait 1 % de chances. Elle est tombée enceinte deux fois.
Après 40 ans, avec un seul ovaire.
Elle serait contente de t'en parler. Et ses enfants,
ils sont géniaux. Regarde.
Mignons !
Non ?
LE TRANSFERT
C'est un super embryon.
Vous voyez les cellules ?
Il piaffe d'impatience.
Je vais transférer les deux, mais je parie sur celui-là.
Prête ?
D'acodac.
En piste ! C'est parti.
Détendez-vous et respirez, d'accord ?
Ça va être un peu froid.
Détendez-vous.
Voilà.
Vous aimez le rock progressif ?
Non.
Prête à tomber enceinte ?
On prend celui-là.
- Bon sang ! Richard, attrape-le ! - Merde !
Richard ! La vache...
Excusez-moi. Coucou !
- Vous pouvez ouvrir... - C'est bon.
Non, j'essaie de tomber enceinte.
Monsieur, vous pouvez ouvrir la vitre ?
Bonjour.
Je viens de subir une intervention médicale.
Gynécologique.
Si vous pouviez ralentir et éviter les secousses, j'apprécierais.
L'ÉVALUATION DU FOYER
- Tu t'en sors ? - Oui.
Bon.
Ça y est,
- plus une trace de matériel de FIV. - Super.
On enlève le tableau de Lisa Yuskavage ?
Quoi ? Non !
Je me mets à la place de Beth.
Nous, on a l'habitude, mais...
Si on se met sur le canapé
et que Beth s'assoit en face, elle l'aura sous le nez.
Quoi donc ?
Le vagin.
On devrait au moins le déplacer, qu'il ne soit pas si...
central.
Non. Non.
Si notre assistante sociale nous empêche d'adopter parce qu'on a
un vagin sur notre mur, alors...
qu'ils aillent chier !
Non !
Y en a marre ! Y en a plein le cul !
- Bon. - Tous ces gens qui nous jugent,
qui nous disent quoi faire.
Les médecins, les travailleurs sociaux, les groupes de soutien...
Fermez vos gueules, putain !
Collez-vous vos conseils au cul !
Avant que Kyra ne parte en congé maternité,
elle m'a tout expliqué, je suis au courant de tout.
- Bien. - Mais...
rien ne vaut une rencontre en personne.
- Oui. - J'espère qu'il n'est pas trop chaud.
Merci.
- Tu en veux ? - Non, ça va.
C'est une bonne amie.
Pas le modèle, la peintre.
C'est une amie.
- C'était un cadeau de mariage. - Oui...
Vous vous êtes tournés vers l'adoption après des traitements de fertilité.
Oui.
Ce n'était pas pour nous. Ça ne nous convenait pas.
En plus, Richard n'a qu'un testicule, alors...
Vous avez été mis en contact avec une mère biologique l'hiver dernier.
Pouvez-vous m'en parler ?
Oui.
Alors...
On attendait officiellement depuis plusieurs mois,
sans aucune nouvelle,
- ce qui nous déprimait. - Oui.
- Kyra a parlé de Portraits de Parents. - Oui.
On a décidé de tenter notre chance.
Au bout d'une semaine,
- on a reçu un appel. - Oui.
Merde !
Allô ?
Oui, c'est nous.
On est très heureux de votre appel, c'est parfait.
Oui, tout à fait, New York.
Il y a des avantages et des inconvénients, mais on adore.
D'où venez-vous ?
Ouah, vraiment ?
Le lieu de naissance de Bill Clinton !
LITTLE ROCK ARKANSAS
13 SEMAINES
Non, jamais, mais c'est un endroit où
on a toujours voulu aller.
Non, on regardait la télé.
C'est ça, la ville qui ne dort jamais.
On a parlé presque tous les soirs pendant un mois.
Il était bizarre, maigrichon et...
Il m'a invité à manger une glace, un truc du genre,
enfin, ce qu'on fait en sixième, et j'ai refusé.
J'étais en seconde.
Il m'a invitée à nouveau. Il était déterminé.
On l'a adorée.
Ça vient d'où, ce truc ?
Elle était si jeune, c'est comme si on était ses parents.
Non ?
- Ça s'est bien passé chez le médecin ! - Bien !
Avant d'entrer, j'ai fait ça...
- C'est adorable ! - Super.
Le pouls est bon.
Les analyses de sang...
J'ai passé une échographie, il grandit à la bonne...
vitesse.
TIFFANY LITTLE ROCK, ARKANSAS
- Vous avez organisé une rencontre ? - Oui.
- D'accord. - Oui.
Deux jours avant Noël.
On a eu de la chance d'avoir des billets.
Terre en vue.
- Les côtes grillées. - Ça a l'air délicieux, merci.
Le thé glacé.
Vous ne voulez rien d'autre ?
Non merci.
- Bon appétit. - Merci.
Rach, calme-toi.
Elle est en retard, c'est tout.
Tiens, prends de la purée.
Et après...
pouf.
Elle n'est jamais...
venue et on n'a jamais eu de nouvelles.
On nous avait prévenus.
Mais ce n'est pas comme si elle nous avait demandé de l'argent.
À notre retour,
on a réalisé qu'il n'y avait ni nom ni date sur les échographies.
Selon Kyra, ces filles font ça pour attirer l'attention.
Et il n'y a pas de bébé.
On ne sait même pas si...
c'était vrai ou non.
C'est plus simple quand il s'agit d'argent.
Au moins, c'est plus logique.
Mais les arnaques émotionnelles sont juste...
vraiment dures.
La plupart des gens ayant vécu ce que vous avez vécu
auraient abandonné.
Ou auraient immédiatement retenté de concevoir en clinique.
C'est vraiment un signe fort de la solidité de votre couple
d'avoir persévéré
et renouvelé votre démarche d'adoption.
Merci.
ASPIRINE, ACIDE FOLIQUE, COMPLÉMENTS DE FERTILITÉ
Eno ! Lazlo !
Rich ?
Un message de Rachel.
Quoi ?
C'est personnel.
Ils ont pas l'air plus gros ?
Merci.
DR LAWRENCE DORDICK DR DANIEL SCARFO
L'EXAMEN
On croise les doigts.
Rach ?
Allô ?
Oui, ne quittez pas.
Rach !
C'est Dordick.
Vous pouvez retenter le coup.
C'était votre première FIV, Rachel a bien réagi.
Un bon ovule suffit.
D'un autre côté,
vous essayez depuis longtemps.
Si l'argent est un problème...
sans parler de l'âge de Rachel, vous pourriez réessayer,
mais vos chances seraient meilleures avec un don d'ovocytes.
C'est un sacré pas, je sais.
Il faut se faire à l'idée.
Je ne veux pas minimiser la perte d'un lien génétique pour Rachel.
Mais il y a de nombreux avantages.
Rachel porterait l'enfant, contrôlerait l'environnement prénatal,
accoucherait,
et allaiterait.
Et bien sûr, il y aurait la contribution génétique de Richard.
Ça fait beaucoup d'informations.
Prenez votre temps.
En attendant, étudiez notre programme,
réfléchissez-y et on en reparle la semaine prochaine.
IL FAUT PARFOIS ÊTRE TROIS POUR FONDER UNE FAMILLE
Il est complètement fou.
C'est hors de question.
On devrait au moins y réfléchir.
Je ne dis pas qu'on doit le faire.
Pensons-y, voyons ce que ça donne.
Faisons une liste des pour et des contre.
On en a parlé, on s'est juré de ne jamais le faire.
Non, tu as juré de ne jamais le faire. Moi...
Je n'ai rien dit pour ne pas te forcer à faire quelque chose
que tu devras assumer toute ta vie.
Pendant tout ce temps, je pensais qu'on était d'accord sur le sujet
pendant que tu fantasmais secrètement sur le don d'ovocytes ?
C'est pas un fantasme.
On dirait que si.
Je l'ignorais, je pensais qu'on avait décidé,
ensemble, en tant que couple,
de ne pas franchir la limite de...
la science-fiction !
Ce n'est pas de la science-fiction.
C'est assez basique, en fait. C'est fréquent chez les animaux d'élevage.
Je suis pas une chèvre !
- D'accord ? - Mauvais exemple, désolé.
Bon sang.
Tu es tout feu tout flamme, ça me fait flipper.
Non, je suis pragmatique, c'est tout.
Si on recommence avec tes ovules, on a 4 % de chances.
Avec un don d'ovocytes, on passe de 4 à 65 % !
Il faut miser sur les meilleures probabilités.
Mon Dieu.
T'es Guy Woodhouse.
Quoi ?
Le mari dans Rosemary's Baby. John Cassavetes. C'est toi.
C'est ça, je suis le mec
qui ne fait rien pendant que tu te fais violer par un démon.
Je propose juste d'écouter le médecin et d'envisager toutes les options.
On cherche déjà à adopter, quel est le problème ?
Déjà, je ne mets pas des parties d'autres gens
dans mon utérus.
- Pardon. - Désolé.
Je sais que c'est plus dur pour toi.
- Et pas pour toi ? - Si, bien sûr.
Mais tu l'as entendu.
Il y a plein d'avantages.
- Tu pourras porter le bébé. - Youpi !
Je suis quoi, un groom ?
Non.
Va te taper une jeunette, alors !
- De quoi tu parles ? - Regarde.
En voilà une. Va te la faire !
Je ne veux pas me la faire !
Bon sang, on fait tout notre possible,
hormis le kidnapping, pour fonder une famille.
Je ne comprends pas pourquoi c'est inenvisageable.
Facile à dire pour toi. Tu auras ta...
contribution génétique et moi...
je serai...
Quoi ?
Exclue.
Non, lâche-moi.
Arrête.
C'est qui ?
Les gamins du troisième.
Qu'est-ce qu'ils veulent ?
Des bonbons.
C'est Halloween.
Merde.
N'ouvre pas.
Ils sont là, je les ai entendus.
Ils répondent pas.
- Mais c'est une fête. - Pas ce genre de fête.
Tout le monde fête pas Halloween.
Ils l'ont fait l'année dernière.
Bêtises ou friandises !
On dirait l'eBay des ovules.
Celle-là a une bourse sportive en golf.
Tu savais que ça existait ? Une fac de golf ?
Tu ne devais pas travailler ?
Qu'est-ce que tu en penses ?
- Quoi ? - Qu'elle ait ton bébé.
C'est toi qui auras mon bébé, pas elle.
Bon. Qu'est-ce que tu en penses ?
Elle est bien.
- C'est tout ? - Il ne faut pas exagérer.
Ce n'est qu'un ovule.
Une seule cellule.
Une cellule qui contiendrait la moitié des chromosomes de notre enfant.
- Je ne vois pas ça comme ça. - Tu es dans le déni, c'est dingue.
Le déni, ça a du bon.
C'est pratique, des fois. Tu devrais essayer.
Sans ça, tu finiras comme ce type.
Écoute.
Diplômée en philosophie et en sciences politiques
d'une université prestigieuse. Elle y est entrée à 16 ans.
C'est intimidant.
Oui, tes spermatozoïdes vont faire les timides.
Son livre préféré, La Source vive ?
Elle a un astérisque. Ça veut dire qu'elle est réservée.
Elle doit avoir une liste d'attente, comme les facs prestigieuses.
Clique sur elle.
Elle est mignonne.
Elle a une licence en journalisme et cinéma.
Normal qu'elle vende ses ovules, elle trouve pas de travail.
J'aime bien son nez.
J'aime bien le tien.
C'est un peu coquin, non ?
Ça fait un effet...
un peu coquin.
Mon Dieu.
Richard.
Attends, est-ce que c'est...
Fiona du Café Mogador ?
C'est bizarre.
C'est un simple exercice. Pas de bonnes ou de mauvaises réponses.
- Bon. - D'accord ?
D'accord.
Bien.
Elle est belle, de toute évidence.
Elle est toujours gentille quand on vient, c'est bien.
Même si c'est bondé.
Elle a un joli rire.
Un corps magnifique.
En été, quand elle porte
ses robes en coton, avec ses cheveux attachés...
Bon sang.
Quoi ?
Tu disais qu'il n'y avait pas de mauvaises réponses.
C'est troublant, j'ai jamais fait ça avant.
Moi non plus, mais arrête de penser à te la faire.
D'accord ?
Dis-toi que c'est ta fille, pas ta...
copine.
C'est toi qui as voulu faire ça.
Tu crois que ça me plaît ?
Demander un ovule à une femme pour le mélanger au sperme de mon mari
pour me le coller dans la chatte et faire un bébé ?
Merde !
Au moins, Fiona est une vraie personne,
pas une simple photo de profil.
- On devrait lui demander. - Tu es folle ?
- Bon sang ! - Rachel, tu es folle ?
On peut pas lui demander comme ça.
- Elle a mis sa photo sur le site. - Ça ne veut pas dire...
Bonjour.
Qu'est-ce que je vous sers ?
Mon Dieu.
On dirait The Handmaid's Tale.
Ce serait différent si j'avais
une petite sœur ou une cousine.
Ou une amie de la famille.
Quelqu'un avec qui on a un vrai lien, pour ne pas avoir
à convoiter les corps de jeunes femmes.
Quoi ?
C'est nul, ce qui t'arrive.
Oui, c'est vrai. Merci.
Merci ?
De confirmer que ma vie est nulle en ce moment.
- D'accord. - Ça me fait plaisir.
Je t'en prie.
Je sais que vous n'êtes pas vraiment mon oncle et ma tante,
mais je me sens plus proche de vous que du reste de la famille.
Vous me comprenez.
Les autres me gonflent pour que je me ressaisisse,
comme si j'avais décroché.
Mais tu as décroché de Bard, non ?
Non, on m'a autorisée
à terminer mon cursus in absentia.
- Ça existe. - Oui, c'est du latin, non ?
Ça veut dire "décrocher".
- Arrête ! - Doucement, je conduis.
La vache, même toi, Tonton Cool.
C'est toi qui as choisi ce surnom, pas moi.
Et le fait qu'on dise de moi que je suis cool
en dit long sur à quel point notre famille ne l'est pas.
- C'est vrai. - Oui.
Je croyais que l'embourgeoisement avait tout changé.
On dirait que notre quartier a été épargné.
On se croirait dans Serpico.
Et voilà.
Salut !
Mon Dieu ! Salut, les toutous !
Salut, Sade !
Salut !
La vache !
Ça va ?
Comment comptes-tu terminer ?
En ligne.
Vraiment ?
Pourquoi ?
Ça m'évite d'avoir à parler à des étudiants délirants
qui pensent que le monde s'intéresse à leur nouvelle débile,
qui n'est rien de plus
qu'une autobiographie à peine masquée au sujet de leur enfance pourrie gâtée.
Merci.
Je n'aurai pas à les écouter se vanter
d'avoir été publiés dans un magazine littéraire obscur
comme Tin House.
Tin House ?
C'est un magazine très réputé.
Oui.
- Ils t'ont publiée, non ? - Oui, une fois.
Tout le monde passe dans Tin House, dans ton école ?
Pas tout le monde.
En général, ils friment,
convaincus de leur talent artistique, et je me dis,
"Mon oncle est un génie du théâtre
et ma tante est une auteure et dramaturge
invitée à Yaddo et qui apparaît dans des publications célèbres
que les gens normaux connaissent,
comme The New Yorker, par exemple."
Ils ont la quarantaine
et vivent encore dans un appart à loyer modéré de l'avenue A
avec des ivrognes et des tags partout, alors qu'ils ne me parlent pas
de leurs "sacrifices" d'artistes.
C'est trop bon.
Ça ne te manque jamais ?
Vous étiez géniaux.
Dis ça à la NEA.
J'ai oublié de te dire,
notre ancien local de Walker Street, tu sais ce que c'est devenu ?
- Non. - Une banque.
Mon Dieu.
Essaie de jouer du Grotowski devant un DAB.
"Un petit collectif de théâtre du centre-ville
nous rappelle le pouvoir d'étonnement singulier du théâtre.
Dans Tray, qui suit le parcours d'employés de cafétéria dans un lycée de banlieue,
le metteur en scène Richard Grimes propose une comédie politique
qui examine avec finesse les divisions raciales et socio-économiques
qui gangrènent notre nation."
Qui a écrit ça ?
Jonathan Saks, The Village Voice.
Quelle tristesse.
On vient d'une époque où l'avis de The Village Voice avait un intérêt.
Chéri.
Chéri, tu es réveillé ?
- Richard. - Oui, quoi ?
Tu crois qu'on devrait le faire ?
Faire quoi ?
Demander à Sadie.
Elle est si jeune.
C'est le principe, non ?
Bon.
- Salut. - Ouah.
Ça mérite d'aller sur Instagram.
Tu veux une serviette ?
Miam.
Merci.
Regardez-nous, on est une pub pour blaireaux.
Tu veux dire qu'on est des blaireaux ou que la pub cible les blaireaux ?
Non, c'est juste...
Le loft, les cappuccinos, l'ordi portable, les chiens, les cheveux en bataille...
Tout ça.
Vous y êtes pour rien, vous êtes sincères, vous avez juste été
cooptés par des mécanismes culturels qui créent du désir.
J'ai eu un cours sur les médias et la société de consommation.
Ça m'a changé la vie.
Sadie.
On a quelque chose à...
Écoute...
Tu sais que je n'ai qu'un testicule ?
Oui, je sais.
- Ah bon ? - Charlie en a déjà parlé.
- Vraiment ? - Pas à moi, à ma mère.
À Thanksgiving, il y a quelques années.
Je me souviens plus.
Quand vous étiez dans vos histoires de fertilité.
On est encore dans nos histoires de fertilité.
- Je croyais que vous essayiez d'adopter. - C'est vrai.
Mais, récemment, on s'est dit qu'il vaudrait mieux tout essayer
en même temps.
Parce qu'on ne rajeunit pas.
- C'est clair. - On vient de rater une FIV.
Attends, quoi ?
- Je suis vraiment désolée. - Merci.
C'est nul.
Mais vous allez réessayer, non ?
Et bien...
Le médecin préconise une autre approche.
Ma mère m'a dit que vous aviez des problèmes, mais...
C'est pas le moment de venir squatter chez vous, hein ?
- Tout va bien. - J'ai des amis à Bushwick.
On est très contents de t'avoir.
- Vous êtes sûrs ? - Oui.
Moi aussi.
Je vous adore.
Bon.
- Je vais faire griller du pain. - Bonne idée.
Ça vous embête si je fais les mots croisés ?
En fait, on voulait te parler de tes œufs.
Brouillés, c'est bien. Sinon, comme vous préférez.
- Ça roule ? - Salut.
Tu demandes si ça roule
- à cause du chariot ? - Non, je te demande si ça va.
- Sam, ma nièce Sadie. Sadie, Sam. - Bonjour.
- Bonjour. - Sadie va nous filer un coup de main.
Montre-lui les ficelles.
D'accord, super.
Bien. Viens.
- Enchantée. - Enchanté.
J'aime bien me préparer autant que possible la veille du marché,
parce que, bon,
on s'installe vers 5 h du matin,
et à cette heure-là,
je suis quasi-handicapé et incapable de prendre des décisions.
La vache, je te mets mon string sous le nez, non ?
Désolée.
Pas de souci.
- Je voudrais un... - Vous venez souvent ?
- Tu serais surprise. - T'es jamais venue.
Pas de crème.
Supplément guacamole.
- Arrête. - Tu as pris pico de gallo ?
C'est pas sa première fois.
Mon burrito est bien sans fromage ?
- Oui. - Ça sent trop bon.
On a tout.
C'est censé vouloir dire quoi ?
LE LUXE POUR LES PUNKS.
C'est une invitation pour les connards.
C'est bien vrai.
Mon œsophage est en feu. J'adore.
Sadie.
Rachel et moi cherchons une donneuse d'ovocytes.
Tu sais ce que c'est ?
Oui, je sais.
On en a parlé à la fac. Je connais une étudiante en ciné qui l'a fait.
Ils l'ont payée 10 000 $, c'est comme ça qu'elle a financé sa thèse.
Ça a couvert tout le budget de son court-métrage.
Elle a appelé sa boîte "Ovule Productions".
C'était super marrant.
Ça l'est moins, là.
Non, c'est marrant.
- Tu sais... - C'est vrai, c'est drôle.
On voulait te parler de tes ovules.
Dans tes ovaires.
Oh, d'accord.
Quoi ?
Et bien...
On se demandait si tu pourrais envisager...
d'en donner.
À nous.
- Comme ta copine. - Sauf que non.
- Non, non. - Parce que...
Parce que...
Tu nous connais, ce serait différent.
Ouah.
Oui.
Qu'est-ce que ça impliquerait ?
Techniquement, ça se passe à peu près comme la FIV, sans le...
- transfert. - Le transfert ?
Quand on remet les ovules fertilisés dans ton utérus.
- Mon utérus, en l'occurrence. - Oui, voilà.
Ce ne serait pas le tien, mais celui de Rachel.
Donc...
Ton utérus n'aurait rien à voir avec ça.
Ce serait fini juste après la ponction.
Avant, il faudrait que tu passes des examens à la clinique.
Des tests sanguins, une évaluation psychiatrique.
Non, rien de grave.
Juste pour s'assurer que tu sois capable de gérer la situation,
psychologiquement.
Que je ne vous fasse pas le coup de Mary Beth Whitehead.
Qui ?
Rien, laissez tomber.
- Qui ça ? - Oui ?
Un cas qu'on a étudié en cours d'éthique médicale.
La mère porteuse dans l'affaire Bébé M,
dans les années 80.
Ah oui, elle a refusé de donner le bébé, c'est ça ?
Oui. Désolée.
- Référence flippante. C'est déplacé. - Non.
C'est pas grave.
Alors...
Quoi d'autre ?
- Les médocs ? - Oui, les hormones de stimulation.
J'allais oublier.
Tu dois te faire des injections pour augmenter le nombre d'ovules.
Oui, beaucoup de piqûres.
Regarde, tu vois ?
- La vache. - Oui.
C'est moins pire que ça en a l'air.
Mais les médicaments peuvent causer
des troubles de l'humeur.
Ma psy avait un nom marrant. Comment elle appelait ça ?
"L'incontinence émotionnelle."
Oh, dégueu.
Mais puisque ce n'est pas toi qui souhaites tomber enceinte,
ce serait bien moins stressant émotionnellement.
- Non ? - Oui, c'est sûr.
Et bien sûr, on te paierait.
Quoi ? Pas question de prendre votre argent.
On insiste.
On te paierait exactement ce que tu toucherais ailleurs.
Dix mille dollars, comme ton amie.
Ce n'est pas beaucoup, mais c'est le tarif habituel et...
On ne peut pas faire plus.
Tu n'es pas obligée de répondre maintenant.
C'est...
C'est juste un résumé.
Ça fait beaucoup d'infos,
prends ton temps et réfléchis-y.
D'accord.
- Bien. - D'accord.
Bon.
- Qui veut une autre bière ? - Moi.
Je veux dire, d'accord, j'accepte.
Le truc des ovules, j'accepte.
Réfléchis bien, c'est une sacrée décision.
- Ne réponds pas tout de suite. - Ça me va.
C'est pas comme si j'étais occupée. J'ai même pas de boulot.
Et...
Quoi de plus gratifiant que d'aider
deux personnes que j'aime à fonder une famille ?
Vous êtes mes modèles.
Vous m'avez toujours soutenue...
et vous ne m'avez jamais jugée.
Vous serez des parents géniaux.
Bien meilleurs que les miens.
Ne dis pas ça. Tu as de très bons parents.
Il va falloir qu'on leur en parle.
Pas de secrets, tout doit être transparent.
Pas de problème.
Ah non ?
- Vraiment ? - Ma mère me gonfle tout le temps
pour que je trouve un truc significatif à faire de ma vie.
Quoi de plus significatif que ça ?
Attention !
Tu m'entends ?
Cinglée, tu me filmes de là-haut ?
On verra juste ma calvitie.
Ils sont là !
Salut !
Allez.
Ça va ? Vous avez bien roulé.
Tu as apporté ton linge ?
Oui.
- Bien. - Salut !
Bonjour.
La laverie ne prend que les pièces et...
- Salut, Sadie ! - Salut !
- Ça va ? - Mon Dieu !
C'est bon de te voir !
Charlotte ! Ça va ?
Tu as amené une tarte ?
Je te rendrai le reste avant la fin de l'année.
Viens là.
C'est vraiment gênant, je...
Ne t'excuse pas, je ne savais pas que tu étais si sensible.
- Ça t'embête si j'y retourne ? - Je t'en prie.
Maman ? Combien ?
Combien de quoi ?
- Salut, Nellie. Salut, Jennifer. - Salut !
Tu vas jouer tout à l'heure ?
Merci.
- Ils sont confortables. - Tu le veux ?
J'adorerais.
Je ne vais pas utiliser...
Vous savez comment sont les diplômés de fac.
C'est trop dégueu.
Ils nous matent quand on marche,
on n'a rien à faire.
Je suis dans toutes les classes avancées.
C'est de ta faute, alors.
Non, j'ai pas le choix.
Je veux être prise.
Tu vas être prise.
Mais si je faisais pas tout ça... J'ai pas le choix.
Charlie.
- J'y arrive pas. - Parce qu'on l'apprend pas à l'école.
Charlie et moi avons décidé de faire Thanksgiving correctement, pour une fois.
Alors, avant d'attaquer,
nous aimerions faire un tour de table
pour que chacun dise de quoi il est reconnaissant cette année.
- Allez. - Ce sera un vrai Thanksgiving.
Merci, Charlie, mon mari d'un grand soutien.
Je vais commencer.
Je suis reconnaissante envers Richard et Rachel.
- Ouais. - Ouah.
Ils donnent à notre fille Sadie
l'amour et le soutien dont elle a besoin pour démarrer sa nouvelle vie à Manhattan
et lui offrent un foyer accueillant.
Et, sur une note plus personnelle, je sais que
vous vivez une période compliquée,
et le fait que vous vous occupiez de l'enfant de quelqu'un d'autre
pendant que vous luttez pour avoir le vôtre
est une preuve supplémentaire de votre incroyable générosité.
Et j'espère qu'un jour
nous pourrons vous rendre tout ce que vous avez fait pour nous. Santé.
- Bien dit ! - Santé !
- Bon. - Je peux enchaîner ?
Oui, vas-y, Sadie.
Bon.
C'était magnifique.
Et c'est l'introduction idéale pour ce que j'ai à vous dire.
Je veux aussi remercier Richard et Rachel
- pour ce qu'ils ont fait pour moi. - On n'a jamais été si populaires.
De me proposer un stage dans leur théâtre...
Disons plutôt du bénévolat.
De m'offrir ce travail à Pickle Guy et...
plus récemment, de me laisser habiter chez eux le temps de trouver ma voie.
Je remercie particulièrement Rachel,
qui a lu toutes mes piètres tentatives d'écriture de pièces et de nouvelles.
Et pour me voir comme une artiste sérieuse quand j'ai du mal à le faire moi-même.
Pour finir,
je crois que c'est l'occasion rêvée de vous annoncer une grande nouvelle.
Je prends une initiative, là.
Je n'ai pas demandé à Richard et Rachel, mais le moment est idéal.
- C'est bon. - Je ne crois pas...
La raison pour laquelle je suis vraiment reconnaissante, c'est cette occasion
d'aider Richard et Rachel à réaliser leurs rêves.
- Sadie, ce n'est pas... - En donnant un peu de ma personne,
j'ai l'occasion de leur offrir le plus beau cadeau de tous.
La vie.
Un ovocyte.
Je ne comprends pas, c'est quoi, un ovocyte ?
C'est pas...
un ovule ?
J'ai décidé d'être la donneuse d'ovules de Richard et Rachel.
Si tout se passe bien,
d'ici l'année prochaine,
on sera reconnaissants d'accueillir le nouveau membre de notre famille,
le bébé de Richard et Rachel.
Santé.
- Oui. - C'est...
Oui !
Oui, bonne nouvelle ! Santé !
On n'a même pas...
- J'allais... On n'a pas organisé... - C'est mon tour, non ?
- Je peux te dire un mot ? - Quoi ?
À l'occasion de ce merveilleux Thanksgiving,
que j'ai le bonheur de passer avec mes proches,
je suis reconnaissant
d'être sobre depuis 31 jours.
Totalement sobre depuis 31 jours.
Il faudra me passer sur le corps.
Ça n'a rien à voir avec toi, c'est mon corps...
Ce n'est pas donner du sang ou cocher la case de donneuse d'organe sur ton permis.
Tu vivras avec ça toute ta vie. Ça va affecter notre famille.
- J'y ai beaucoup réfléchi. - Vraiment ?
- Je veux les aider. Ça compte pour moi. - Là, tu t'amuses.
Tu es au centre de l'attention, mais après la naissance du bébé ?
Je serai sa tante ou sa cousine, peu importe ce qu'ils veulent. Maman...
Et si tu avais une maladie du rein, que j'étais ton amie et que j'en avais deux ?
On n'a besoin que d'un rein, non ? Bien sûr que je te le donnerais !
Une maladie du rein, c'est mortel.
Rachel veut un bébé, elle n'est pas mourante.
- Comment tu le sais ? - Désolé, on comptait t'en parler.
C'est sympa.
Et comment vous comptez payer, par Kickstarter ?
Maman !
- Et si on montait un peu... - Tu es dans quel camp ?
Aucun.
On ne le fera pas sans ton accord.
Vous ne l'avez pas.
Attendez, et si on...
Putain !
On va manger, on en reparlera plus tard, d'accord ?
- Tu vas où ? - Chercher mon linge !
Maman, t'es vraiment anti-Rachel.
- Je ne suis anti-personne. - Franchement !
C'est parce que tu te sens menacée.
Elle aura un livre et un bébé, et toi, tu n'auras rien après le départ de Charlotte.
Tu crois que c'est ça qui m'inquiète ?
Je me fais du souci pour toi, Sadie.
Tu risques de gaspiller ta future fertilité.
Tu devrais congeler tes ovules, pas les vendre.
N'importe quoi. Plein de filles le font et elles vont très bien.
De toute façon, j'aurai pas d'enfants.
Tu n'en sais rien.
Si, je veux pas d'enfants, je veux une carrière.
Tu peux avoir les deux.
Quoi ?
Combien de fois tu m'as dit
qu'on doit faire des sacrifices quand on a des enfants ?
Que tu as dû quitter l'école quand tu m'as eue ?
J'ai mes règles tous les mois, je jette un ovule aux toilettes.
Pourquoi ne pas leur en donner ?
Qu'y a-t-il de plus important
que de donner à ceux que j'aime le bonheur de fonder une famille ?
Mon Dieu.
Ils t'ont lobotomisée.
Pourquoi t'es aussi hargneuse, maman ?
Et si je peux simplement tenir une journée,
juste une journée...
Je serai à un tiers de la route du Triangle des Bermudes.
Je ne suis pas contente !
On aurait peut-être dû choisir une donneuse anonyme.
- Merde. - C'est une mauvaise idée !
Chérie !
Je sais que vous voulez un enfant,
- mais c'est du mien qu'il s'agit. - Je suis pas une enfant !
- On a compris, Cynthia. - Si c'était votre fille,
vous accepteriez ?
- Bonne nuit. - Cynthia, on n'a même pas...
- Merci ! - Sadie !
- C'est de la folie. - On vous appelle.
La reproduction avec tiers donneur est généralement un arrangement
entre des anonymes ou des étrangers.
Mais certains couples préfèrent impliquer un membre de la famille
ou un ami proche, et c'est très bien.
Tant que toutes les personnes impliquées sont des adultes consentants,
ça ne devrait pas poser de problème.
Ça ne veut pas dire que ce genre de collaboration
ne donne pas lieu à de fortes réactions chez chacun,
y compris la famille élargie.
C'est évident.
C'est un territoire inconnu pour la plupart des gens.
Mais n'allons pas trop vite en besogne.
Nous ne savons même pas si Sadie est une candidate adéquate.
Je vous conseille de lancer le processus
et d'utiliser ce temps pour bien réfléchir
aux conséquences qu'il peut avoir pour vous et votre famille.
Quand nous aurons les résultats,
et que Sadie aura passé son examen psychologique...
VRAI OU FAUX : 1. Ma vie est dure.
...vous pourrez alors prendre votre décision.
FAUX
2. J'ai rarement des problèmes de constipation.
VRAI
3. Je suis parfois possédée par des esprits maléfiques.
4. J'aimerais devenir chanteuse.
5. Personne ne me comprend.
6. J'ai parfois envie de casser des choses.
Je l'appelle oncle Richard, mais c'est en fait
le frère de mon beau-père Charlie.
Nous ne sommes pas liés par le sang.
Ce qui est sûrement mieux pour ce genre de procédure.
Oui.
Parce que, sinon, ce serait de l'inceste.
Je tiens à te dire que ça ne me pose aucun problème.
Je dis pas que c'est pas bizarre, ça l'est, mais...
Je suis parodontiste.
Je greffe des os de cadavres lyophilisés dans la bouche de personnes vivantes.
Bizarre, ça me connaît.
Mais Cynthia ?
C'est différent, elle est plus sensible, surtout en ce moment.
Elle traverse une période difficile,
d'un point de vue hormonal.
Chérie.
Ils l'examinent.
Qui ça ?
La clinique, pour le don d'ovules.
- Tu devrais lui en parler. - Elle n'a pas besoin de mon accord.
C'est vrai.
Et si Richard et Rachel étaient homos ?
- Je t'en prie. - Non, sérieusement. Tu dirais quoi ?
Si c'était un couple homosexuel qui voulait fonder une famille
et que Sadie voulait les aider.
Je dirais "Mazel tov.
Allez chercher une fille sur le net et laissez-nous tranquilles."
Sadie ne comprend pas ce qu'elle fait.
Elle dilapide son matériel génétique comme du pop-corn.
Elle vend le patrimoine familial aux enchères comme si de rien n'était.
Ils sont de la famille.
- Quoi ? - Richard et Rachel sont de la famille.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Tu as quelque chose sur le menton.
- Arrête, s'il te plaît. - Ça saigne.
C'est rien, c'est un bouton. Arrête, Charlie.
Ne me touche pas, j'essaie de me concentrer.
Je suis prise à Berkeley !
- Quoi ? - Ça vient d'arriver. Je suis prise !
- Fais voir ! - Je vais à Berkeley !
Tu as réussi ! Je suis fier de toi !
- On est fiers de toi ! Hein, Cyn ? - Oui, chérie, je suis contente pour toi.
Qu'est-ce que tu as au visage, maman ?
Rien, ce n'est qu'un petit...
C'est un...
bouton.
C'est bête, je...
On te rejoint en bas.
D'accord.
Ça va.
"Sadie Barrett s'est portée candidate pour le programme
de dons d'ovocytes Conceptions.
Le but de cet examen est d'évaluer
son bien-être psychologique et émotionnel.
Les tests psychologiques n'indiquent aucune trace de troubles psychologiques.
- Ouais ! - Génial !
Attendez, voilà le meilleur.
"Mlle Barrett semble être une jeune femme brillante, sophistiquée et charismatique
à l'aise avec sa décision de devenir donneuse.
Elle semble avoir la maturité et l'intelligence nécessaires
pour respecter les exigences médicales de la procédure.
En conclusion, la candidature de Mlle Barrett est approuvée."
- Ouais ! - Oui !
- Je me faisais du souci. - Je m'inquiétais à ton sujet.
Un examen psychiatrique !
Tu as réussi ?
Pourquoi, ça te surprend ?
Non, je...
Je pensais que, peut-être...
Désolée.
Tu sais que je t'aime, pas vrai ?
Et même si je ne suis pas du tout d'accord,
je te respecte
et si ce projet est important pour toi, tu dois le faire.
Alors, c'est cool ?
Non, c'est pas "cool". Je ne suis jamais "cool".
Mais je vois à quel point ça compte pour toi,
et je ne veux pas être un frein. Je veux te soutenir.
Quoi qu'il arrive.
Vraiment ?
Ça ne veut pas dire que ça me plaît.
C'est Noël !
Ça fait quoi ?
Ça neutralise nos systèmes reproducteurs pour synchroniser nos cycles.
La vache.
Ça risque pas de déclencher la ménopause ?
Techniquement, c'est une ménopause. C'est chimique, donc c'est temporaire.
Je commence par Rachel.
- D'accord. - Oui.
- C'est parti. - Bon.
Bon.
Prête ?
Un, deux, trois.
Tu vois ?
- C'est sous-cutané, c'est rien. - À ton tour.
C'est glamour, on se croirait dans Drugstore Cowboy.
Fini.
Je dois faire de l'auto-stimulation.
Attention, ce truc peut te faire perdre la boule.
"L'incontinence émotionnelle", je sais. Ça va aller.
Un, deux, trois.
- Merde ! - Un, deux...
Je l'adore !
T'es sûre que t'en veux pas ? Elle est en parfait état.
Non, elle te va mieux. Je ne peux plus porter ça.
Tu vas pas commencer à t'habiller comme un sac ?
Ma mère a eu une période où elle s'est débarrassée
de toutes ses fringues un tant soit peu moulantes.
Elle n'a plus que des cols bénitiers, des tuniques,
des cordons, des châles, tout le catalogue Eileen Fisher.
On dirait qu'elle n'a même plus de corps,
elle flotte dans du tissu et a effacé toute trace de sexualité de son être.
On dirait qu'elle s'est fait stériliser.
Je peux t'emprunter de la lotion ? J'ai la peau sèche, je pèle.
Oui, sers-toi.
Mon Dieu.
Mes nichons sont énormes à cause des médocs, on dirait une star du porno.
Tu vas être une super maman.
Vraiment ?
Carrément.
J'aimerais trop que tu sois ma mère.
- Tu es folle. - Non.
Des fois, c'est ce que je me dis.
Tu es ma maman artiste, Richard est mon papa artiste,
et je suis votre fille artiste.
Maintenant, ça va être fou, parce qu'une petite partie de moi
mélangée à une petite partie de lui va se développer en toi.
Sam, tu le trouves beau ?
- Quoi ? - Sam, qui bosse à Pickle Guy ?
Je sais pas, j'y ai jamais réfléchi.
Je le trouve beau
comme un personnage torturé d'une pièce de Sam Shepard.
Torturé, mais sexy.
Tu crois que notre bébé deviendra écrivain ?
Celui que tu auras avec Sam ?
Non, le vôtre et le mien.
Merde, c'est mon éditrice.
- Salut, Liz. - Tu l'as vue ?
Non, quoi ?
- Pardon. - La couverture du livre.
Alors, alors...
Attends, attends...
ÇA M'A FAIT PENSER À TOI
MAQUETTE DE COUVERTURE
Bon.
Tu es là ?
ÉTUDES FÉMININES ROMAN
Ça n'a rien à voir avec le roman.
Elle me dit que je ne comprends pas le marketing, ce qui est vrai.
Mais je sais que si un mec l'avait écrit, il serait pas emballé comme un cupcake.
J'en ai marre de ces conneries.
Pareil pour ce cauchemar de fertilité. Je me sens trahie.
Par quoi ?
Par les conneries dont on m'a gavée à la fac.
L'idéologie féministe.
Que je puisse avoir une carrière et des enfants.
Visiblement, ça n'a pas marché.
Je devrais leur envoyer les factures de nos inséminations.
Le féminisme n'est pas responsable de notre hésitation à avoir un bébé.
Je n'ai pas d'hésitation.
Maintenant, non.
Parce que tu réalises que le bateau largue les amarres.
Mais avant, tu repoussais tout le temps, tu te souviens ?
"On le fera quand j'aurai fini ma pièce."
"Quand cette nouvelle sera publiée."
"Quand mon roman sera terminé."
Tu me blâmes ?
Non, je ne te blâme pas.
Je dis simplement qu'on a notre part de responsabilité.
Beaucoup de femmes ont des enfants à 41 ans. Je pensais faire pareil.
Bon.
Je crois simplement que ce n'est pas à cause de Gloria Steinem
que tu ne tombes pas enceinte.
À cause de qui, alors ?
À cause de moi, j'imagine, parce que j'écrivais mon foutu roman.
Je n'ai pas dit ça.
Les médecins ne parlent que
de mon âge avancé, de mes vieux ovules.
En plein milieu d'une FIV, comme par hasard,
tes spermatozoïdes partent en vacances.
- Ça veut dire quoi ? - Rien.
Laisse tomber.
Je dis simplement qu'on ne peut pas blâmer le Dr Dordick,
ou Bella Abzug, ou qui que ce soit d'autre pour notre échec.
Mon échec, tu veux dire !
On se croirait dans une pièce de Wendy Wasserstein.
Peut-être, mais c'est notre anniversaire et je dois aller
me faire coller une caméra-gode dans la chatte
alors on peut éviter le sujet pour le moment et le réprimer ?
Ou le supprimer, peu importe le terme approprié,
pour garder l'objectif en vue ?
C'est "supprimer".
Quand on oublie consciemment quelque chose, c'est de la suppression.
La répression est inconsciente.
- Salut. - Sadie ? Tu...
Surprise !
Joyeux anniversaire.
- Ça sent super bon. - Oui !
Mon Dieu !
"Donny, calme-toi et bois un coup."
Mon Dieu !
Vous avez déjà lu "Innocence" d'Harold Brodkey ?
Non, je ne crois pas.
Moi non plus.
Ça m'a changé la vie.
- Attends, c'est celle du cunnilingus ? - Oui.
C'est un mec qui lèche une fille, c'est ça ?
Oui. Je l'ai lue dans un cours de nouvelles contemporaines.
Pour un exercice, j'ai écrit,
comme j'ai la langue bien pendue, une réponse appelée "Expérience."
Sans mauvais jeu de mots.
La langue bien pendue pour une histoire de cunnilingus, il fallait la faire !
Franchement !
C'est pas terminé, mais...
Je me demandais, si ça vous intéresse,
j'aimerais bien avoir votre avis.
- Bien sûr, quand tu veux. - Avec plaisir.
Ce serait super.
Mais ça doit rester un secret,
ma mère n'arrête pas de me demander de lui faire lire mes écrits,
et lui faire lire une nouvelle où
je m'étouffe sur une bite,
même si c'est fictionnel, ça me dégoûte.
EXPÉRIENCE
C'est intense.
Tu n'es pas obligé de lire ça ce soir.
Hé, c'est notre anniversaire.
Je peux au moins lire une histoire de fellation.
Mon Dieu.
Je plaisante.
Bonne soirée.
Tu vas où ?
Voir Sam.
Cool.
Oui, c'est cool.
Alors, bonne soirée.
Amuse-toi bien.
Mais ne couche pas.
Tu sais, si... Pas tout de suite.
Je ne compte pas coucher avec Sam.
Je sais, mais au cas où.
Tu es très fertile, en ce moment.
- On va au ciné, c'est tout. - Vous allez voir quoi ?
Un truc à la cinémathèque.
Un documentaire sur un musicien.
Le fait que je ne sois docteur dans aucune université
contrairement à Bill Cosby me contrarie.
Même Dylan l'est.
George Martin est un Sir.
Paul McCartney est un Sir. Elton John aussi.
Même Buddy Holly a été honoré.
Vous voyez...
C'est pas un super film de rencard.
Ils devraient mettre un avertissement : "Ne pas choisir pour un rencard."
Ça tue l'ambiance. Littéralement.
Alors, j'ai tout gâché, on dirait.
Quoi ?
Notre rencard.
Non, c'est pas un...
Je croyais que si.
C'est toi qui vois.
C'est...
en rencard ?
Bonne question.
Ne flippez pas.
On n'a rien fait, promis.
On s'est fait des câlins et des bisous.
Rien de vaginal.
Je vais attendre dans la voiture.
Prends ma place.
Je vous rejoins après, d'accord ?
Les trains étaient en retard.
Tu as raté le rendez-vous.
Tu n'as pas reçu mon texto ?
Envoyer un texto, ce n'est pas arriver à l'heure.
D'accord, désolée.
Mais les trains étaient en retard.
Tu vas où ?
Voir s'ils peuvent te prendre.
Elle est arrivée.
C'est possible de la voir ?
- Vous pouvez attendre ? - Sans problème.
- Merci beaucoup. - Je vous en prie.
Alors ?
Ils te recevront dans une demi-heure.
D'accord, super.
Alors, pas de problème.
Je vais attendre dans la voiture, moi aussi.
Chéri.
Hé !
Par ici !
Il pleut à verse !
- Je peux m'asseoir derrière. - Non, va devant.
La vache.
Je t'ai pris une sauce Green Goddess avec de l'herbe de blé.
Ça va ?
- Oh, non. - Mon Dieu.
Chérie, désolée de m'être emportée. J'ai exagéré.
Ce n'est pas ça ?
Le médecin m'a crié dessus, mes ovules ne se développent pas à temps.
- Quoi ? - Dordick t'a crié dessus ?
Dr Russell.
- C'est qui ? - Je crois que c'était son nom.
Il dit que je n'ai pas assez de follicules,
que j'ai une faible réponse ovarienne,
qu'à mon âge, je devrais en avoir plus,
et que mes ovules ne se développent pas assez vite.
Il dit qu'il a des patientes de 41 ans qui produisent plus d'ovules que moi.
Mon Dieu.
Chéri, qu'est-ce que tu fais ?
Je dois parler au Dr Russell.
Désolée, il est pris toute la matinée.
Je peux lui transmettre un message.
D'accord, dites-lui que ma nièce n'est pas une poule pondeuse.
Notez, s'il vous plaît.
Dites-lui que notre donneuse,
qui nous offre le cadeau de la vie,
- est traitée comme une merde. - Parlez moins fort, M. Grimes.
Il y a un problème ?
Dr Russell, voici Richard Grimes.
Bonjour, éleveur de poulets. Ça va ?
Désolé, que...
Vraiment ? Vous êtes désolé ?
Ma nièce est en larmes dans ma voiture,
elle se sent comme un animal détraqué,
parce que vous lui avez dit qu'elle ne produisait pas assez d'ovules !
Dois-je appeler la sécurité ?
À vous de me le dire.
Désolé... Pardon.
Pardon, je m'en occupe.
Désolé.
Je l'ai renversé avec ma veste.
Merde.
Salut !
Les voisins t'embêtent ?
J'ai passé trois mois en chambre universitaire.
C'est vrai.
Tu sais...
Tu arrêtes quand tu veux.
D'accord ?
Ne t'en fais pas pour ces histoires de chiffres.
Un bon ovule suffit.
C'est ce qu'on nous répète, en tout cas.
Bon.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
- Salut. - Salut.
- Ça va ? - Bien et toi ?
- Bien. - C'est bien.
- Je dois... - Oui, désolé.
Sadie ?
Tu paniques ?
- Non, je devrais ? - Non...
Tu as l'air distante.
- Je suis aux toilettes. - Non, l'autre jour, tu...
T'es partie avant que je me lève.
Désolée, je...
J'étais en retard.
Je veux pas te paraître évasive, mais...
c'est que...
j'ai des problèmes personnels en ce moment.
"Gonadotrophine chorionique humaine."
On dirait de la science-fiction.
On appelle ça la piqûre de déclenchement.
Ça te fait ovuler, et 36 heures plus tard, on ponctionne les ovules,
et après, finito !
Tu es prête ?
- Oui. - D'accord.
Bon.
Un, deux, trois.
J'enfonce des portes ouvertes, mais...
On n'y serait pas arrivé sans toi.
Vous savez de quoi on n'a jamais parlé ?
De quoi ?
De l'accouchement.
Vous allez faire ça chez vous,
avec une doula, une baignoire et le placenta ?
Un accouchement naturel ?
Rien n'a été naturel jusqu'ici.
On va pas commencer maintenant.
Elle a dit que j'avais le métier le plus ennuyeux du monde.
Tout ce que je fais, c'est endormir les gens.
D'accord. Ouah.
Vraiment ? D'accord.
Ils ont fait une IICS sur 15 ovules. Six sont fertilisés, deux sont en attente.
C'est bien ?
Je suis contente.
Tu as pris beaucoup de poids, après ?
J'ai pris 5 kilos en trois jours.
Parfois, ton corps met un moment à se réajuster après les hormones.
Ne t'en fais pas pour ça.
Il y a du café, des œufs brouillés et des fraises.
Merci.
- Soigne-toi bien. - D'accord.
- À plus tard. - Salut.
Comment elle peut prendre du poids ? Elle n'a rien mangé en deux jours.
Elle fait de la rétention d'eau. C'est normal.
Ça va ?
Je sais pas. Je sais pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Y a un truc qui va pas...
Ça a commencé il y a quelques jours, après la ponction.
Une FIV est en cours.
- Tu veux tomber enceinte ? - Non.
- C'est moi. - D'accord.
Je croyais que vous étiez ses parents.
- Parents potentiels. - Je vois.
C'est ma tante et mon oncle. Je suis donneuse.
- C'est compliqué. - Je vois ça.
Y a-t-il eu des complications lors de la ponction ?
Non.
En fait...
Oui, en quelque sorte.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je n'étais pas...
- Je n'avais pas assez de follicules. - D'accord.
Alors, j'ai augmenté la dose de Follitropin.
De combien ?
De...
Mon Dieu.
Ce médecin est un vrai connard.
C'était pas lui.
Il m'a pas dit de le faire.
Je l'ai fait toute seule.
Quoi ?
J'ai augmenté la dose toute seule.
Sadie...
Je voulais vraiment que ça marche pour vous.
Vous avez dépensé plein d'argent, je sais combien ça compte pour vous.
Je voulais pas vous décevoir.
Ce n'est pas grave.
Toc toc.
Ça va, maman. Je vais bien.
Je suis juste en observation.
Ma chérie.
Mon bébé.
C'est pas de leur faute.
C'est moi, j'ai fait une bêtise.
Arrêtez la progestérone,
les patchs aux œstrogènes, l'estradiol et les compléments.
Barbara vous appellera la semaine prochaine pour fixer un rendez-vous.
Je suis désolé.
D'accord, merci.
- Tu vas où ? - Promener les chiens.
Je suis triste.
Richard ?
Putain, ils arrêtent jamais de faire la fête ?
Merde !
Merde...
Tu m'entends ?
Oui.
Intellectuellement, je sais que je suis censé faire quelque chose pour toi.
Te consoler, un truc du genre. Mais je suis désolé, je peux pas.
J'ai pas la force.
D'accord.
Tu vas pas aimer ce que je vais dire,
tu vas prendre ça pour un sacrilège, mais...
En fait, je suis content que ça n'ait pas marché.
Parce qu'au moins, c'est terminé.
Je sais que c'est dur, mais c'est ce que je ressens.
Je suis soulagé.
Je crois que je ne veux même plus d'enfant.
Je veux récupérer ma vie.
Regarde-nous, on est pitoyables.
On est mariés, mais on n'est même plus un couple.
Je ne suis pas ton mari,
je suis un mec qui t'injecte des hormones dans le cul tous les soirs.
On ne fait même plus l'amour.
- Quoi, c'est une histoire de sexe ? - Non.
Si.
Peut-être, je sais pas.
Tu en penses quoi ? On fera à nouveau l'amour un jour ?
Tu me poses vraiment la question ou c'est juste théorique ?
Non, je te pose vraiment la question.
Tu crois qu'on fera à nouveau l'amour un jour ?
Je ne sais pas, Richard.
- Tu ne sais pas ? - Je veux dire, oui.
Oui, un jour ou l'autre.
- Et quel jour, exactement ? - J'en sais rien !
Pourquoi tu fais une fixette là-dessus ?
Je ne fais pas de fixette, je remarque simplement que depuis qu'on est obsédés
par ce projet, on a fait l'amour une fois en 11 mois.
Et tu as dû descendre une bouteille de rosé avant même de l'envisager.
Le Dr Dordick est plus proche de ton vagin que moi !
Tu veux qu'on fasse l'amour maintenant ? C'est ça ?
On vient de rater une FIV.
Je sais pas pour toi, mais je me sens mal.
Et abattue. Et déprimée. Et ça ne me met pas dans une...
ambiance particulièrement érotique.
Mais si tu y tiens vraiment,
je pense qu'on peut s'arranger.
Je peux pas te garantir qu'on va franchement s'amuser.
Tiens, il reste de la batterie. C'est notre jour de chance.
Ralentis, qu'on ne rate pas la sortie.
Ici ! C'est là.
- Bonjour. - Salut !
- Bonjour ! - Bonjour, Sadie ?
- Oui. - Je suis Jonathan.
- Enchanté. C'est pour toi. - Enchantée.
Cool.
- Bonjour. Richard, enchanté. - Jonathan, enchanté.
- Rachel. - Ma femme, Rachel.
C'est eux.
Spencer et Katrina Trask.
Nos saints patrons.
- Pas de chance avec les enfants. - Ils n'en ont pas eu ?
Si, quatre, tous morts jeunes.
Certains sont enterrés ici.
Après leur disparition,
ils ont décidé de transformer leur domaine en résidence d'artistes.
Voilà pourquoi nous sommes tous là.
Tout est dans le document.
Ça alors !
Qu'est-ce que...
- C'est sérieux ? - Ouah !
- Regardez. - C'était la chambre de Katrina.
- Ouah. - Sympa.
Regarde, tu as même ta propre méridienne.
C'est ma chambre ?
Mon Dieu !
Je suis venue trois fois, je n'ai jamais eu cette chambre.
C'est...
Alors...
On vient te chercher dans un mois ?
En fait, c'est pas la peine.
Sam dit qu'il peut le faire.
Il a toujours voulu voir Saratoga Springs.
Ça vous économise le déplacement.
Merci d'avoir fait jouer tes relations pour me trouver une place ici.
Je n'ai rien fait jouer du tout.
Vraiment ? Je croyais que c'était pour ça que j'avais été prise.
Bon.
Va chercher !
NEUF MOIS PLUS TARD
Bêtises ou friandises ?
Vous êtes beaux !
Tu es déguisé en quoi ?
En changement climatique.
Et toi ?
Richard Nixon.
Il était président quand j'étais petit.
J'aurais préféré Bill Clinton, mais je l'ai pas retrouvé.
Trop vieux pour vous aussi, j'imagine.
Pardon.
Voilà, ça vous va ?
Merci.
Merci.
Désolé pour l'environnement.
Hé.
Tu l'as trouvé où ?
Dans l'armoire.
- Viens là. Viens là ! - Où ?
C'est le numéro qui commence par 800 !
Tiens, réponds.
- Pourquoi moi ? - Je... Vas-y !
Bon.
Allô ?
Oui, c'est nous.
On est très heureux de votre appel, c'est parfait.
On est sortis fêter...
Halloween.
Oui, New York.
Il y a des avantages et des inconvénients.
D'où venez-vous ?
Ouah.
Non, on n'est jamais allés en Virginie.
BIENVENUE EN VIRGINIE
L'ÉTAT DES AMOUREUX
Terre en vue.
Merci.
- Ça va ? - Oui.
D'accord.
- Merci. - Super, merci.
On attend quelqu'un.
- Je vais chercher un autre menu. - D'accord.
Voilà.
C'est mieux.
POUR MIA
Sous-titres : Béranger Viot-Pineau
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