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Cette histoire est inspir�e
de la vie de Gladys Aylward
qui s'�tait vou�e et se voue encore
� une conviction joyeuse et rare:
Celle que nous sommes tous
solidaires les uns des autres.
L'AUBERGE DU SIXIEME BONHEUR
Je suis Gladys Aylward. J'avais �crit au chef des Missions.
Il a r�pondu qu'il me recevrait si je passais � Londres.
Asseyez-vous.
Entrez.
C'est gentil d'�tre venue si vite.
D�s que j'ai re�u votre r�ponse, j'ai �t� folle d'impatience.
Vous avez tout abandonn�, � Liverpool?
Pour ce que j'y avais... J'ai apport� tout ce que je poss�de.
Vous allez m'employer, n'est-ce pas? Vous m'enverrez en Chine?
C'est impossible.
Pourquoi?
Je m'en veux de ne pas m'�tre fait mieux comprendre, mais...
Pourquoi ne pas m'employer?
�tre missionnaire en Chine devient tr�s difficile.
Je ne parle pas par ou�-dire.
J'y passe trois ans pour chaque ann�e pass�e ici.
Vous n'imaginez pas ce qu'on y affronte.
Une mis�re sordide. Les r�gions perdues manquant de tout.
Je n'ai pas peur des travaux les plus rudes.
Vous ne comprenez pas, mon petit: Vous n'�tes pas qualifi�e.
Nous n'envoyons en Chine que des gens ayant une formation tr�s sp�ciale.
Je sais: Je n'ai pas �t� longtemps � l'�cole.
Et je n'ai jamais �t� que domestique.
Mais je lisais, je travaillais � une mission, mes jours de cong�.
Vos lettres me l'ont appris.
Je comprends le puissant appel que la Chine exerce sur vous, mais...
Mais �a ne suffit pas.
Merci quand m�me.
Avez-vous des projets?
Excusez-moi, mais... au point de vue p�cuniaire.
- Je trouverai un emploi. - Vous savez... le ch�mage s�vit...
Je me d�brouillerai.
Non, attendez. Je peux peut-�tre vous aider.
Nous pouvons parfois placer des gens...
chez des anciens des Missions.
Ils font confiance � notre discernement.
Oui, voici une place vacante: Chez Sir Francis Jamison, l'explorateur.
Je lui parlerai volontiers de vous.
Vous avez d�j� servi comme femme de chambre?
Oui. Pour cela, je suis qualifi�e.
Que co�te un billet pour la Chine?
La Chine? Quel endroit de la Chine?
Celui o� on arrive le plus vite.
- 90 livres, par voie de mer. - C'est la moins ch�re?
Non. La voie la moins ch�re est la terrestre, par le Trans-sib�rien.
- Cela ne co�te que 41 livres. - C'est beaucoup... Mais c'est mieux.
On ne peut h�las pas passer par l�.
Venez par ici, je vais vous montrer.
Il faudrait traverser la Hollande, l'Allemagne, la Pologne,
la Russie et la Sib�rie. La Chine est l�.
S'il �tait faisable, ce serait un voyage dangereux.
Mais pour compliquer tout, il y a la tension russo-chinoise.
Les deux pays massent des troupes � la fronti�re.
�a, ce n'est rien.
Ils se tirent dessus!
Qui s'en prendrait � moi?
Notre Agence emm�ne ses clients � destination...
g�n�ralement sains et toujours saufs.
Vous risqueriez la mort avec le Trans-sib�rien.
Je vais � Chelsea, qui est � moins de 2 km. Y arriverai-je vivante?
Alors voulez-vous faire mon billet?
D'accord. Pour quelle date?
Je ne sais pas. Je n'ai pas les 41 livres.
Je vais vous laisser un acompte que je compl�terai tous les 8 jours.
- Je suis de parole. - S�rement.
Mais on ne vend pas de billet � temp�rament.
Et si vous �conomisiez la somme, chez vous...
Je pourrais me d�courager.
Savoir que j'ai d�j� une part du billet facilitera les choses.
Je garde la petite monnaie seulement.
Voici 1 livre et 5 shillings.
- C'est tout? - C'est trop peu, comme acompte?
Vous ne gardez que 4 pennies sur vous!
J'ai une place qui m'attend.
Mais imaginez que vous ne fassiez pas l'affaire?
Je ferai l'affaire.
Donnez-moi votre nom.
La Mission n'envoie pas des �cervel�es, Dieu soit lou�! Entrez.
Je suis MIIe Thompson, l'intendante. Je vous attendais il y a une heure.
Je suis MIIe Thompson, l'intendante. Je vous attendais il y a une heure.
�pargnons les excuses. Vous savez travailler?
Nous verrons.
19 shillings par semaine et 1 jour et demi de cong�.
N'oubliez pas qu'il y a 50 candidates pour chaque place.
- Le souffle court? - Non, c'est ma valise...
- C'est petit, mais propre. - C'est parfait. Merci.
LES VILLES FORTIFIEES DE CHINE
�a suffit, Gladys! C'est votre jour de cong�!
Ce n'�tait pas net, et avec les gens qui viennent pour le th�...
Bonjour, Sir Francis.
- Il �tait m�content? - Non, il m'a salu�e comme toujours...
Voici votre semaine. Vous allez tout d�penser aujourd'hui?
Jusqu'au dernier sou!
Nous en sommes � 24 livres et 9 shillings. Plus de la moiti� du billet.
Je p�n�tre donc en Sib�rie.
Je la traverserai vite!
Aujourd'hui je fais un m�nage,
puis un extra, en soir�e. 10 shillings, au moins!
Vous travaillez trop. Des mois sans un jour de repos.
Vous allez �tre �puis�e.
Il me reste des tonnes d'�nergie � utiliser en Chine.
Une tranche de g�teau, pour vous.
Qu'avez-vous fait, Gladys?
Mettez votre tablier, Sir Francis vous attend.
Pendant le th� ils ont discut� � propos d'un livre.
"Les villes fortifi�es de Chine".
Sir Francis a voulu le prendre, il avait disparu.
Il a hurl� qu'il ne le pr�tait jamais et a fait tout fouiller.
Il �tait sous votre oreiller. Un livre qui vaut une fortune!
Je crains que ce soit la fin...
Une fille envoy�e par la Mission sait o� sont le Bien et le Mal.
Une fille envoy�e par la Mission sait o� sont le Bien et le Mal.
Expliquez-vous!
Je suis navr�e que vous ayez �t� inquiet.
Mais j'ai fait tr�s attention � tous ces livres.
"Tous"? Ce n'est pas la premi�re fois?
J'ai lu tout un rayon sur la Chine. J'en suis au second.
Vous auriez pu demander la permission avant.
Vous auriez pu refuser, or je dois lire ces livres.
Je vais aller en Chine et il faut que j'en sache le maximum.
Je n'ai pay� que la moiti� de mon billet. Si vous me gardiez...
Ne gigotez pas! Asseyez-vous.
De quoi s'agit-il? Les Missions vous envoient en Chine?
Non, on m'y croit inutilisable. J'y vais pour mon compte.
Vous iriez en Chine, sans emploi, sans amis, sans argent?
J'aurai 5 livres, en plus de mon billet.
5 livres?
Mon petit, pourquoi vous faut-il justement la Chine?
L�-bas je me sentirai chez moi.
C'est comme si j'entendais la Chine m'appeler.
C'est un r�ve absurde et enfantin!
- Je peux y �tre utile. - Utile? En quoi?
Sans aucune formation...
Je veux �tre missionnaire.
Restez donc ici � cirer les meubles, vous serez plus utile.
Pas question!
Je sens que Dieu veut que j'aille en Chine.
J'irai donc, quoi que vous ou n'importe qui puisse dire.
Si vous ne voulez plus de moi, je gagnerai mon argent ailleurs.
Ah, bon... Vous pouvez rester.
Vous �tes sotte et t�tue et vous finirez mal.
Mais je serai moins inquiet si on rend votre projet moins absurde.
J'ai surv�cu � tous mes amis de Chine, sauf...
� Jeannie Lawson, qui vaut dix femmes.
Je ne promets rien, mais je lui �crirai un mot, � l'occasion.
Elle ne rajeunit pas et une adjointe robuste pourrait l'aider.
Voil�! C'est sa derni�re adresse.
Le passeport est bien �pingl� � vos dessous?
Une Anglaise peut toujours exiger de s'isoler avant de le pr�senter.
Voil� M. Murfin. C'est gentil d'�tre venu.
Cela m'int�resse. Des g�teaux, faits par ma femme.
Vous partez en exp�dition?
Je voulais vous donner �a. �a vous sera utile les nuits froides.
On m'a donn� un appareil-photo et des g�teaux.
Sir Francis... M. Murfin, de l'agence de voyages.
Je vais installer vos bagages. L'heure approche.
Vous envisagez du troc avec les indig�nes?
Je pr�parerai mon propre th�, par �conomie.
Faites bien tout bouillir!
Vous aurez l'air bien Anglaise.
De Tientsin on vous emm�nera � Wangcheng chez Mme Lawson.
Au moins vous savez o� aller.
Sans vous, j'aurais pu ne jamais partir.
J'aime mieux ne pas penser � �a.
Vous avez peur, Gladys?
II n'est pas trop tard pour vous raviser. A votre place, je le ferais.
Adieu, chers amis!
Que se passe-t�il? Que dites-vous?
- Moi, sais vous causer. - Tant mieux! Que se passe-t�il?
Nous arriv�s � village Yourga! Vous, dehors, vite!
Non, j'ai un billet pour Kharbine.
Kharbine, c'est Chine. Chine et Russie en grosse bisbille.
J'irai le plus loin possible. Merci.
Moi causer avec science et �l�gance?
Ne criez pas pour me parler! Je ne comprends rien.
Je suis Anglaise!
Vous ne pouvez pas rester. Femme seule, avec soldats... immoral!
Passeport?
Je vais en Chine mais je devais m'arr�ter � Kharbine.
Prochain arr�t, vous descendez!
Profession: "Motions"? "Locomotion"!
En Chine, pas de locomotives. Pourquoi y aller?
Ici, en URSS, bonnes locomotions:
Tracteurs, combin�s, tout. Vous, restez ici.
Locomotions chinoises... Pouah!
Ce n'est pas "Motions", mais "Missions".
Je vais en Chine comme missionnaire. La Bible...
Wangcheng!
Par ici, Mme Lawson. Tr�s gentille.
- Vous �tes Mme Lawson? - Oui. Vous �tes Gladys Aylward!
Bravo! Je ne pensais pas que vous arriveriez.
Descendez! Vous �tes chez vous.
Venez voir notre palais d�cr�pit.
Ne vous d�couragez pas. On le r�parera.
C'est une ancienne auberge. Nous la rouvrirons, nous trois:
Vous, moi et Yang, mon cuisinier.
�a vous �tonne? Vous n'�tiez pas venue pour �tre aubergiste.
Vous veniez pour enseigner la parole de Dieu.
Et pas vous?
Je n'�tais jamais venue si loin dans le Nord.
On est en pays inconnu.
Il y a quelques missionnaires dans les villes.
Mais ici, � Wangcheng, on n'en a jamais vu.
On n'y a m�me jamais vu de Blancs.
Ici, les gens du village voisin sont des �trangers dont on se m�fie.
- Alors nous, qui nous �couterait? - Comment comptez-vous faire?
Je vise les caravanes de mules qui passent ici.
Les muletiers, qui couchent dans les auberges puis repartent,
sont les gazettes de la Chine du Nord.
Si on en convertit un seul,
on aura touch� plus que la population de Wangcheng.
Entrez. Dedans, c'est pire encore.
Viendront-ils chez nous?
Nous ferons payer le m�me prix que les autres,
en offrant des choses en plus.
Pas de punaises, d'abord.
Ensuite des histoires racont�es, chose que les Chinois adorent.
J'ai une excellente histoire � leur raconter.
Il y avait une fois, dans une ville nomm�e Bethl�em, un enfant...
Quelle id�e merveilleuse!
Les Missions ont donn� l'argent, mais sans autant d'enthousiasme.
Voici Yang, mon cuisinier.
Yang, MIIe Gladys, notre nouvelle recrue.
Yang est avec moi depuis 20 ans.
Pour vous donner une id�e de nos difficult�s: Il est rest� pa�en.
Il m'est fid�le parce que les �trangers sont amusants.
A quoi �a sert, �a?
C'est un Kang. C'est chauff� d'en dessous, comme un four.
Et � quoi sert un Kang?
Et � quoi sert un Kang?
C'est un lit commun. Il y en a dans toute la Chine du Nord.
On a des tas de chambres, mais en hiver tout le monde dormira ici.
- Tous ensemble? - Jusqu'� 50 � la fois.
Enti�rement v�tus et s'ignorant l'un l'autre.
Vous verrez ce qu'est le froid, ici.
Je vais aller faire courses.
Allez-y avec lui, vous verrez un peu ce qui vous attend.
Je vais l'habiller d�cemment.
J'attends dehors.
Si on vous voit dans cette tenue, on nous fera payer plus cher.
- Vous faites "riche �trang�re". - Riche?
Avec �a?
Pour des gens aussi pauvres qu'eux, oui.
Mon petit, vous �tes en Chine!
Oui... Je sais.
Vous avez air de femme chinoise.
MIIe Jeannie vous aime. Vous restez apr�s sa mort?
Elle est tr�s vieille. Elle meurt bient�t.
C'est mal, de parler de la mort des gens.
Vous aussi amusante qu'elle!
Vous restez en Chine, je reste avec vous.
J'ai �tudi� le chinois dans un livre, mais...
Livre ne sait rien. On montrera choses et moi vous dirai.
C'est Hsien Chang. �trangers l'appellent "Mandarin".
C'est homme important, comme juge. Il dit "la mort" et tu meurs.
C'est maison � lui. En chinois, Hsien-Cheng-Fu.
Ce sont ses filles?
Non, plut�t comme �pouses. Mais pas vraiment �pouses.
J'ach�te ici.
- Ce sera long? - Oh, oui!
Les cancans, puis il me dit le prix. Je r�ponds "non" et m'en vais.
Lui me fait revenir, on discute encore. Tr�s long...
Je vais faire un petit tour.
Oui, mais pas oublier: Vous diable �tranger, ici.
Excusez-moi! Je ne pensais pas � mal!
C'�tait un assassin. Le Mandarin l'a jug�.
Coupable, il a �t� ex�cut�. C'est leur loi.
Mais lui couper la t�te...
Pendre n'est pas mieux. En Angleterre, on pend.
Mais �a, c'est si affreux! C'est tellement sanguinaire!
Et ces hommes dans la maison du dragon,
qui m'insultaient, pour rien?
Ce n'�tait pas pour rien. C'est une maison r�serv�e aux hommes.
Il y a bien des choses affreuses en Chine.
Il y a bien des choses affreuses en Chine.
Comme partout. Des enfants qu'on laisse mourir,
des pauvres qui volent des pauvres et bien des choses.
Mais ils changeront. Une chose � la fois, avec l'aide de Dieu.
C'est pour �a que nous sommes dans cette crasse: Pour les aider.
C'est dur, pour une femme jeune.
Mais �a ne para�tra plus dur...
quand vous aurez mon �ge et que vous y repenserez, �a semblera beau.
L'Auberge du Sixi�me Bonheur.
�a fait tr�s Extr�me-Orient, pas vrai?
Mais Yang m'a dit qu'en Chine...
l'usage est de souhaiter aux gens "les 5 Bonheurs":
Richesse, long�vit�, sant�, vertu et...
...et mort douce � un grand �ge.
Mais quel est le 6�me Bonheur, alors?
II faudra le d�couvrir vous-m�me.
Chacun d�cide, dans son c�ur, de ce qu'est le 6�me Bonheur.
Il y a tant � faire! Les fen�tres, les balcons, le toit...
Et si on attendait, pour ouvrir?
On n'en a pas les moyens.
J'ai �puis� mon budget pour l'ann�e, avec les r�parations.
Pour continuer, il nous faut de l'argent frais.
Mais il passe des muletiers tous les jours.
- Pourvu qu'il en vienne chez nous! - C'est votre travail.
Postez-vous dehors comme une vraie aubergiste et appelez-les!
- Avec mes vingt mots de chinois? - Yang vous expliquera.
Je mets le couvert pour les mules.
Mais c'est lourd! Laissez-moi faire �a.
Je ne suis pas encore mourante!
Je dois appeler les muletiers. Que faut-il que je leur crie?
Je vous dis:
On n'a pas punaises, pas puces, mais belles histoires!
C'est bon! Venez!
Ils passent sans s'arr�ter!
Attirez la mule de t�te, les autres suivront.
Qu'elles commencent � manger et elles resteront.
L'attirer? De force?
J'ai des mules! Un tas de mules!
Mais pas un homme!
Que veut dire "Yong Gwi Tz�"?
�a veut dire "Diable �tranger".
- Ainsi, vous n'avez pas de puces... - Vous parlez anglais! Quelle joie!
Pour un Anglais, peut-�tre. O� est le Hsien-Cheng-Fu?
Au bout de la route. Pourquoi les hommes ont-ils fui?
Ils n'avaient sans doute jamais vu de Blancs avant.
Dites-leur de ne pas avoir peur.
L'aubergiste est une missionnaire.
La pire sorte de diable �tranger!
Bienvenue � Wangcheng, capitaine Lin Nan.
Le gouvernement nous honore, en vous d�l�guant chez nous.
Vous serez honor� par d'autres d�l�gu�s encore, Hsien Chang.
Le pouvoir central va unifier les provinces actuellement anarchiques.
Vous �tes officier du Service des Renseignements...
�tes-vous venu nous enseigner? Ou vous renseigner aupr�s de nous.
Les deux. On m'envoie surtout en observateur...
pour conna�tre votre r�gion, sa population et ses probl�mes.
La r�gion est montagneuse, la population, rurale.
Le probl�me est de survivre.
On me charge de vous dire que dans certaines provinces,
les lois sur les imp�ts, sur l'�tat civil,
et sur l'interdiction de bander les pieds des femmes sont n�glig�es.
Interdire les pieds band�s heurte une tradition sacr�e.
Nommez un Inspecteur des Pieds qui aidera ainsi
� instaurer l'�galit� des femmes.
L'�galit� des femmes?
C'est tr�s amusant!
Le gouvernement s'int�resse aux opinions des mandarins locaux,
� leur justice, � leurs prisons et � leurs m�urs, corrompues...
ou non corrompues.
Ont-ils des concubines? Sont-ils �conomes?
Portent-ils encore la robe?
Dois-je dire que vous �tes contre l'interdiction des pieds band�s?
Non, capitaine. Il faut plier avec le vent.
Venez prendre le th�.
- Mon s�jour sera bref. - M�me long, il semblerait bref.
Vous devez nous trouver tr�s arri�r�s.
Vous l'avez dit: Nous sommes isol�s du monde.
Mais les Missions vous ont bien trouv�s.
Mes mules ont �t� entra�n�es dans leur auberge.
Vous tol�rez des �trangers chez vous?
Qu'appelez-vous "�tranger"? Comment vous d�cririez-vous?
Mon esprit est chinois. Seul mon sang est m�l�.
Si j'ai offens� mon h�te, je ne me le pardonnerai jamais.
C'est mon sang m�l� qui m'offense. Je veux la Chine aux Chinois.
Je ne suis pas toute la Chine. Mais je connais ma province.
Elle est pauvre et faible mais elle survivra � bien des choses:
Aux lois nouvelles, � la monogamie
et m�me � deux Anglaises toqu�es.
- Oui, j'ai soulev� une marmite! - Et tout � l'heure la paille.
Et demain je m'occuperai des meubles. Ou des balcons.
Vous n'�tes pas ma garde-malade!
Je ne peux encore rien faire d'important.
Je ne sais pas encore leur parler.
Si je ne vous lib�re pas des corv�es, pourquoi suis-je ici?
Parce que j'ai besoin de vous.
Je suis une femme odieuse et je ne l'avoue pas souvent.
Ils mangent fort. Ils doivent aimer cuisine.
Il ne leur reste qu'� aimer mes histoires.
Priez! C'est un ordre!
Ils �coutent? Je ne peux pas voir.
Domestique du Mandarin.
Ordre de fermer, peut-�tre? Ceci peut-�tre Dernier Repas, comme dit Bible?
II veut que muletier porte bagages pour invit� de marque.
Il dit "Invit� de marque attendra"! II veut �couter fin de l'histoire.
Ils ont �cout�, tous!
Un m�decin, vite!
Celui qui irait faire lib�rer les pieds se ferait lapider.
J'ai propos� � bien des gens le poste d'Inspecteur des Pieds.
Je crois qu'en d'autres mati�res vous ordonnez, sans "proposer"...
- Le Hsien Chang va bien? - Oui, je vais bien. Qui �tes-vous?
Je suis le serviteur des deux �trang�res.
La vieille est tomb�e de tr�s haut. Donnez-nous votre m�decin.
Mon m�decin?
Je peux l'accompagner pour servir d'interpr�te.
Ce sera peut-�tre mieux. Deux femmes en pays �tranger...
Le m�decin!
"Bien que je marche � travers la vall�e de l'ombre de la mort...
je n'ai pas de crainte, car Tu es avec moi".
"Tu me r�confortes".
Vous beaucoup appris, en 8 jours.
Il me faudra un si�cle pour savoir raconter La Bible.
Pas besoin s'inqui�ter. Moi la raconterai.
Mais vous n'y croyez pas!
Croire inutile: Ce sont bonnes histoires.
Inqui�tudes plut�t pour manger, plus que deux jours de vivres.
Je savais que vous l'attendiez.
Ne partez pas.
Ils ne croient pas � l'Auberge.
Ils n'avaient accept� l'id�e...
"qu'en hommage � l'exp�rience que Mme Lawson avait de la Chine".
"Sans elle, ou une personne �galement...
qualifi�e, l'id�e est irr�alisable".
"Nous ne pouvons que conseiller d'abandonner".
"En remerciement, votre retour en Angleterre sera pay� par nous".
Le prix du billet suffirait pour faire d�marrer l'Auberge!
Ils se sont expliqu�s.
Mais c'est toujours pareil, ils m'estiment "non qualifi�e".
En Angleterre, j'�tais domestique, bien s�r.
Mais je suis arriv�e ici, sans eux.
J'y resterai, malgr� eux!
Je retourne � Shencheng. Je vous y raccompagnerai volontiers.
Je reste ici.
Vous �tes d��ue. Cela se comprend.
Mais soyez r�aliste: Vous ne pouvez pas rester.
Je parlerai aux fournisseurs...
Ils ne vous feront jamais cr�dit. Vous n'ouvrirez jamais l'Auberge.
Vous n'avez ni amis ni argent et vous ne parlez pas la langue.
Vous �tes dans une province isol�e...
o� menacent les conflits int�rieurs et ext�rieurs.
Ce n'est pas votre pays, tout ceci est �tranger � une Blanche.
Que faites-vous en Chine?
Vous �tes en partie Blanc aussi!
Je le suis � moiti�.
Chez vous, je ne suis qu'un citoyen de 2�me zone.
J'ai choisi la Chine, parce que je peux m'y r�aliser enti�rement.
Moi aussi, c'est pour y r�aliser quelque chose.
En amenant les gens � partager vos croyances?
En sauvant des �mes qui acceptent d'�tre sauv�es le temps de manger un bol de riz?
Mais on discute dans le vide!
Le concret, ce sont les dangers que vous courez.
Partez, pendant qu'il est temps! En Angleterre vous �tes chez vous.
Je sens que Dieu a voulu que je sois "chez moi" en Chine.
En ce cas, je vous laisse entre Ses mains.
Mon aide vous est bien inutile.
Vous me trouvez t�tue, je sais. Mais je ne suis pas ingrate.
Vous �tes tr�s gentil de vous inqui�ter de moi.
Si j'�tais gentil, je donnerais l'ordre qu'on vous fasse partir.
Mais je n'ai pas la passion de sauver les gens.
Bonne chance, donc.
Bon voyage et prompt retour!
Vous n'avez pas pu, me dit-on, persuader l'�trang�re de partir.
Elle est tr�s d�raisonnable.
C'est �vident: Elle a refus� vos conseils.
Quand elle partira, il serait charitable de l'aider.
Si vous le d�sirez... Mais il est possible qu'elle ne parte pas.
Elle partira. Ils partent toujours, les amateurs de Bonnes Actions.
J'envie les jeunes gens de Chine!
Je regrette tant d'�tre n� trop t�t pour �tre s�r de tout...
Je regrette tant de ne pouvoir dire � mes chefs...
que la loi contre les pieds band�s est appliqu�e � Wangcheng!
- Elle est appliqu�e! - En ville, peut-�tre.
Mais s�rement pas dans les villages environnants.
Elle ne peut pas l'�tre!
Voici mon premier Inspecteur des Pieds!
Le 2�me et le 3�me ne peuvent pas encore se lever!
Mes chefs comprendront s�rement vos difficult�s.
Mais comme votre budget sera r�duit tant qu'elles subsisteront,
je vous conseille d'en nommer un 4�me.
Puis un 5�me et un 6�me.
Qui nommer? Ceux qui n'ont pas peur trouvent l'emploi r�voltant.
Ils trouvent indigne d'un homme d'inspecter des pieds de femmes.
Nommez une femme! C'est un probl�me int�ressant.
Je serais heureux si vous le r�solviez.
Soyez donc heureux. Je viens de le r�soudre.
J'en suis enchant�.
Merci de vous r�jouir pour moi.
Mandarin dit que capitaine Lin lui demande de vous aider.
Alors il vous offre emploi.
Inspecteur des Pieds...
Inspecteur des Pieds fera tourn�e pour interdire de bander pieds de fillettes.
Si femme a moins de 30 ans, d�nouer!
J'approuve chaleureusement.
Vous viendrez, comme interpr�te.
- Mais m'�coutera-t-on? - Il enverra soldats. On �coutera.
Demandez-lui combien il me paiera.
Il dit peut-�tre vous valez quelque chose, ou rien.
Quand vous reviendrez de premier village, il dira.
Il dit de d�cider vite. Il offre emploi par gentillesse seulement.
Il est gentil. Le capitaine aussi.
Oui... Et il se peut que �a paie assez pour d�marrer l'Auberge.
J'accepte. Et remerciez-le.
Dites que cette loi est bonne et que je m'adresse aux femmes.
Cette loi est pour qu'elles n'aient pas des pieds mutil�s.
Le Mandarin aurait d� me pr�venir de cette hostilit�.
Avoir Inspecteur, plus important pour lui que votre s�curit�.
Il n'y aura pas une m�re...
qui aime assez sa fille pour me laisser lui d�lier les pieds?
La vieille dit de d�lier ses pieds.
Non! Elle, la douleur la tuerait!
II est impossible de d�lier des pieds band�s depuis longtemps.
Elle veut montrer aux m�res...
qu'elle aime leurs enfants mieux qu'elles ne les aiment.
Aidez-la ou elle fera toute seule!
Non, je ne peux pas!
Elle dit de d�lier pieds de sa fille.
N'ayez pas peur. Ce sera vite fini.
Dieu d�formerait leurs pieds lui-m�me, s'il aimait cela!
Temps perdu! Le p�re remettra bandelettes.
Regardez!
Si vous y tenez, renouez ces pieds vous-m�me!
Ses cris, �coutez-les vous-m�me!
Que se passe-t�il, Yang?
Femmes font peut-�tre d�lier leurs pieds.
Mandarin satisfait de nouvelle servante: Elle a bien travaill�.
En r�compense il vous nomme Inspecteur Officiel.
Vous porterez aussi messages pour lui � villages �loign�s.
En plus de l'honneur, vous aurez un cheval et serez pay� un yuan.
Je ne suis pas rest�e pour �a mais pour faire marcher l'Auberge!
Qu'il m'obtienne du cr�dit chez les marchands!
Si je porte ses messages, j'en profiterai pour exprimer mes croyances.
Je ne peux accepter qu'en toute loyaut� ce poste
qui m'a �t� confi� pourtant de fa�on d�loyale.
Mandarin accepte vos demandes
et vous pardonne fa�on de parler pour cette fois.
Dans monde plein de gens qui ont peur,
il aime courage,
m�me chez femme grossi�re et en col�re.
Je suis la servante du Mandarin.
Ce furent des ann�es de labeur incessant et de joie.
Tr�s vite tous les muletiers connurent
l'Auberge du Sixi�me Bonheur.
Mais mes bonheurs � moi �taient innombrables:
Le bonheur de faire partie de ce peuple qui m'appelait "Jen A�".
"Celle qui aime les gens".
Le bonheur d'apprendre sa langue,
et de parler au gens, sur les march�s,
� mes voisins des champs,
et � mes amis dans tous les villages de la montagne.
Le bonheur de voir se succ�der les saisons,
l'automne laisser la place � l'hiver,
et l'hiver au printemps.
Le bonheur d'entreprendre des t�ches neuves
qui chaque ann�e m'apportaient la joie
d'avoir veill� sur les enfants que Dieu me confiait.
On va apprendre une chanson de mon enfance.
Vous allez bien, Hsien Chang?
Encore assez, Jen A�.
Comme vous peignez bien, Hsien Chang...
Cela demande de la patience, vertu dont j'ai grand besoin.
Les �missaires du gouvernement vous ennuient?
Ces �missaires, j'en ai pris l'habitude.
Ils en sont � vouloir me mettre en uniforme.
Non. La source de mes ennuis est plus proche de moi. C'est vous.
Vous avez pris de l'importance, partout ici, et � juste titre.
Votre nom est aussi connu que le mien.
Le peuple vous aime plus m�me qu'il ne m'aime.
Cela, j'en suis content.
Un Hsien Chang doit �tre craint et ob�i... et non aim�.
Vous �tes aim� aussi.
Ne me noyez pas de compliments! Ne cherchez pas � me manier.
Ne soyez pas si... si Chinoise!
Excusez-moi, j'�tais sinc�re.
Vous �tes aim�e du peuple, mais pas de mes subordonn�s.
Chaque jour, on vient se plaindre de vous.
Aux coolies de l'Agent voyer vous dites de r�clamer une augmentation.
Vous tarabustez le directeur de la prison � propos de ses prisonniers.
Bref, ils me disent tous que vous fourrez votre nez partout.
C'est sans doute vrai.
Mais il le faut, si on veut redresser ce qui ne va pas.
S�rement. Je leur dis "Que faites-vous de si mal
pour que son nez vous g�ne?"
Vous n'�tes pas contre, alors?
S�rement pas. Tarabustez autant que vous voudrez mes subordonn�s.
Harcelez-les de questions...
Mais laissez mes concubines en paix!
Vous leur avez bien dit que la soumission totale est un mal?
Et aussi que l'ob�issance aveugle � un homme est une chose d�mod�e?
Et vous leur donnez des le�ons de lecture?
Jusqu'o� iriez-vous? Jusqu'� les convertir?
Jusqu'� faire chanter des hymnes chez moi?
Je n'ai pas cherch� des conversions.
Pourquoi? L'�tonnant est que vous ne tentiez pas de me convertir, moi.
Je fourre mon nez partout, soit. Mais je ne suis pas idiote.
Je sais quand je trouve mon ma�tre.
Le gardien chef de la prison vient d'arriver. Il y a une r�volte.
O� est le directeur de la prison, gardien?
- Il est introuvable dans tout Wangcheng. - Qu'y a-t-il?
Les prisonniers se sont r�volt�s. Je peux faire tirer sur eux?
Mieux vaut les laisser o� ils sont.
Une fois affam�s, ils nous �couteront.
Mais s'ils d�molissent la prison?
Le directeur m'avait dit de faire tirer.
Son r�le est de garder et non d'assassiner ses prisonniers!
Cet homme devrait aller les raisonner. Aurait-il peur?
II est injuste de le lancer dans le danger.
Je ne l'enverrai pas se faire �gorger.
Ces prisonniers tueraient celui qui voudrait les raisonner.
Son devoir est de ramener l'ordre, non d'assassiner.
Que d'autres y aillent!
Je ne suis pas le responsable.
Vous �tes responsable de l'ordre.
Vous dites que vous avez un dieu...
qui vous prot�ge: M�me en prison on en a entendu parler.
Je n'ai pas de dieu comme �a. Allez-y! Vous ne risquez rien!
C'est l'�me, que ma religion prot�ge et non le corps.
Si le Hsien Chang permet, j'irai � la prison et j'essaierai.
J'ai beaucoup de prisonniers mais un seul Inspecteur des Pieds.
Dois-je perdre vos services pour sauver la face de votre religion?
Si ma religion perd la face, que vaudront mes services?
N'entrez pas. Avouez que vous avez peur.
Oui, j'ai peur. Ouvrez la porte.
On m'appelle Jen A�. Je veux vous parler.
Elle aide les gens.
Donnez-moi cette hache.
Allez vous asseoir contre le mur.
Vous �tes fatigu�, reposez-vous.
Transportez les bless�s � l'ombre.
Choisissez un porte-parole.
Mettez-vous en rang.
Ils m'ont d�sign�.
- Qui �tes-vous? - Je m'appelle Li.
Je suis enferm� depuis 8 ans.
- Et avant �a? - J'�tais instituteur.
- Expliquez-moi cette r�volte. - Nous avions faim.
On vous nourrit trop peu?
Le directeur revend notre nourriture.
- A quoi vous occupez-vous? - On reste assis,
ou on marche, ou on se bat.
Un homme a besoin de travailler. Mais on n'est plus des hommes, ici.
Annoncez que cela va changer.
J'en parlerai au Hsien Chang.
Je vous promets du changement.
Voil� longtemps que nous n'avons bu du th� dans mon humble demeure.
C'est un honneur.
- J'ai interdit qu'on nous d�range. - Je l'ai bien dit � Jen A�.
Elle revient saine et sauve mais furieuse.
Mon Inspecteur des Pieds. Vous nous excusez?
Que Jen A� entre.
Quel nom �tonnant, Jen A�, Celle qui aime les gens...
A Wangcheng, m�me l'Inspecteur des Pieds est �tonnant.
La situation � la prison est une honte...
Oui, elle est encore l�.
J'y suis gr�ce � vous.
A votre d�part, vous aviez demand� au Hsien Chang de m'aider...
C'�tait de l'aider � partir!
C'est moi qui avais mal compris?
Ou moi.
Ne venez-vous pas de dire qu'il n'y a plus d'�trangers ici?
- Je suis Chinoise. - Vous n'�tes plus Anglaise?
Je ne suis chez moi qu'ici.
Le gouvernement l'a admis.
Vous vous trompiez, capitaine.
Notre ami est colonel. Mais il se trompe quand m�me.
- Je vous parle de la prison? - Asseyez-vous.
Il y a eu une r�volte, h�las.
Elle est apais�e, mais le mal qui l'a provoqu�e subsiste.
Le directeur volait la nourriture des prisonniers.
Il sera puni.
Je vais nommer un autre directeur, imm�diatement.
A moins que vous ne r�gliez ceci, au nom du gouvernement?
Votre action correspond � l'intention du gouvernement.
Les hommes ont besoin de travail autant que de nourriture.
J'ai parl� � un paysan, � c�t� de la prison.
Il paierait en nourriture le travail des prisonniers.
Cela leur assurerait le travail et la nourriture.
Accord�.
La prison a �t� endommag�e par la r�volte. Il faut la r�parer.
Le budget annuel d'entretien est d�j� �puis�...
Les fonds de l'�tat ont une destination plus urgente.
- Qu'y a-t-il de plus urgent? - La guerre.
Une agression japonaise est imminente.
Pourquoi le Japon attaquerait-il notre r�gion si pauvre?
Aubergiste, Inspecteur des Pieds, r�formatrice des prisons...
et expert militaire en plus?
Les montagnards ont confiance en elle.
Elle sera utile pour leur adresser les nouveaux ordres. Pour l'imp�t...
J'ai un message pour eux.
Il ne faudra plus accueillir paisiblement l'ennemi.
Il faudra le combattre. Chaque montagnard devra se battre � mort.
Je ne peux pas transmettre cela. Pour moi, tuer est un p�ch�.
Vous �tes Chinoise. Vous ob�irez � nos lois.
Quand la loi chinoise s'oppose � ma Foi,
je sais � qui ob�ir.
La nuit o� le b�b� Seigneur J�sus est n�,
dans l'�table de Bethl�em,
beaucoup vinrent s'incliner devant Lui et devant Sa M�re.
Il y avait trois grands Seigneurs de Guerre...
qu'on appelait Mages et qui apport�rent de beaux cadeaux.
Et un autre homme remarquable,
un capitaine au long cours nomm� No� vint aussi voir J�sus.
Son bateau s'appelait Arche de No�.
No� plut beaucoup � J�sus.
C'�tait un homme intelligent.
Il s'y connaissait en animaux, et il en emmenait souvent en voyage.
No� �tait n� bien avant Seigneur J�sus...
Mais � cette �poque, les hommes vivaient tr�s vieux.
Personne donc ne peut �tre s�r
que No� n'est pas venu saluer J�sus.
Puis-je vous parler?
Puisque vous vous y refusez, c'est moi qui devrai porter les ordres.
Cela vous ennuie que je parte avec vous?
Vous me pr�senterez aux Anciens?
Je pars demain, d�s qu'il fera jour.
Je passerai d'abord � la prison, si vous voulez bien.
Parfait, � demain.
Je vous tenais pour un ami.
Nos opinions divergent parfois
mais pourquoi m'�tiez-vous si hostile au Hsien-Cheng-Fu?
Je n'ai rien contre vous. J'ai peu de sentiments personnels.
Le Hsien Chang et votre nouveau directeur vous autorisent
� cultiver le petit champ � c�t�, pour votre propre compte.
C'est d�j� un d�but.
Nous vous sommes tr�s reconnaissants.
Excellente occasion pour convertir. N�gligeriez-vous votre t�che?
Vous croyez que je collectionne les conversions, comme des souvenirs?
Ce n'est pas cela?
Je cherche � donner � chacun conscience de lui-m�me.
Peu importe qu'on croie au Christ, � Bouddha... ou � rien, comme vous.
- Je crois � la Chine de demain. - Je l'aime comme elle est.
Sale, ignare et arri�r�e?
Si votre maison est sale, on peut la nettoyer.
On peut am�liorer petit � petit, comme dans cette prison.
Si l'ennemi veut br�ler votre maison, faut-il la d�fendre?
L'Ancien du village me dit que tous ceux qui ont plus de 5 ans
connaissent d�j� le cours �l�mentaire. Voici le suivant.
C'est bien plus difficile!
Je dirai au Hsien Chang qu'� Peh Chu...
tous les orteils fr�tillent et que tout le monde sait lire.
Pour moi, j'en ai fini.
�coutez maintenant le colonel Lin.
J'apporte de mauvaises nouvelles et des ordres peu agr�ables.
On s'attend � une agression du Japon contre notre pays.
Si la guerre commence ici, dans le Nord, ceci vous concerne.
Nous sommes un pauvre petit village.
Voici un pauvre petit doigt.
S'il ne m'aide pas � me d�fendre, ce sera un pauvre doigt mort.
Nous formons une grande arm�e.
Pour nourrir cette arm�e, il faut donner la moiti� de vos biens.
La conscription vous prendra beaucoup de vos hommes.
Ceux qui resteront devront se battre eux aussi.
Il faudra br�ler les r�coltes qui pourraient nourrir l'ennemi...
et semer d�s qu'il sera parti.
Lisez les ordres.
Devons-nous lui ob�ir, Jen A�?
Je n'ai pas � dire s'il faut lui ob�ir ou non.
Mais �coutez-le.
Le colonel repr�sente l'�tat.
Ne vous froissez pas, ils se m�fient des �trangers...
On a visit� quatre villages. Quelqu'un m'y a-t-il �cout�?
S�rement. Ils se battront.
Les hommes sont toujours pr�ts � se battre.
Je vous remercie de ne pas tenter de les influencer.
Ma conscience ne regarde que moi.
Ils s'arrangent avec la leur et vous avec la v�tre.
- On vous attend depuis trois jours! - Joli accueil!
Et vous venez avec �a!
Pourquoi pas la police?
Ces bandits sont vos amis. Ils sont nombreux?
20 seulement. De pauvres ignorants, qui ont besoin d'aide.
L'un d'eux est bless�. Je vais le soigner.
Hoka vous laissera m'attendre ici, mais oubliez que vous les avez vus.
D'accord. S'ils me laissent vous accompagner et leur parler.
20 bandits connaissant la montagne! Quels pr�cieux �claireurs!
- Vous ne laissez rien perdre! - Faisons chacun notre travail.
Je vais lui parler.
Il promet, mais � condition de pouvoir venir vous parler.
C'est entendu, colonel.
Le gouvernement pense que les Japonais vont nous attaquer.
Vous pourrez rendre de grands services en surveillant les mouvements de l'ennemi.
Si vous nous aidez, vous serez amnisti�s
et redeviendrez des citoyens honorables et honor�s.
Vous n'aurez plus besoin de vous cacher dans les montagnes.
R�fl�chissez-y.
Vous pourrez �tre pr�cieux, si la guerre commence dans le Nord.
Voil� ce que je peux vous dire.
Votre ami parle bien. Il dit que nous serons tous des h�ros.
Si les Japonais attaquent, on sera tous morts, voleurs ou pas voleurs.
Il gu�rira?
Je ne peux pas en �tre s�re.
Mais la plaie est nettoy�e.
Donnez le m�dicament pour le gu�rir. Il est bon.
Il est mauvais, comme vous, Hoka. Mais je donnerai le m�dicament
si vous passez 8 semaines sans tuer ni voler.
4 semaines!
Je pourrais vous tuer et prendre le m�dicament!
Huit semaines, ou je laisse cet homme pourrir sur place.
D'accord.
Mais vous devenez tr�s dure, Jen A�. Comme un homme.
Si le Dr Robinson me voyait,
entre mes prisonniers, mes bandits et vous!
En Angleterre vous auriez eu une vie plus normale.
Un mari, des enfants...
Certains ne peuvent jamais avoir cela, o� qu'ils vivent.
Je me suis toujours sentie de ces gens-l�.
Hoka a peut-�tre raison, je suis comme un homme.
La nuit est ti�de. Vous ne venez pas nager avec moi?
Hoka a tort.
Vous n'avez rien d'un homme.
Ce village sera le dernier. Puis nous retournerons � Wangcheng.
Il faut le couvrir! Vous voulez le tuer, � le traiter ainsi?
J'en aurai un autre. C'est facile. Demande donc � ton homme!
Silence! Vous avez vol� cet enfant?
Une fille, �a ne vaut rien! Un mendiant me l'a donn�e.
J'esp�re trouver une femme charitable.
Je vous la prends. Je l'adopterai.
- Il faut me payer! - Combien?
10 yuans.
Vous ne pouvez pas.
Je n'ai que cette pi�ce f�tiche. Pr�tez-moi un peu d'argent.
Pas pour cette idiotie!
Six pence! Une pi�ce anglaise.
Si l'enfant meurt, vous n'aurez rien!
C'est absurde!
Vous allez adopter tous les orphelins du pays?
Ceux qu'on m'offre seulement.
Six pence... le nom vous pla�t?
Qu'en ferez-vous? Que savez-vous des enfants?
Quand ils sont sales, on les lave. Quand ils ont faim, on les nourrit.
Je nourrirai l'enfant. J'en ai parl� � mon mari.
Vous nous la laissez? Nous n'avons pas de filles.
Ne soyez pas �go�ste. Elle serait mieux chez eux.
Elle me pla�t. Je la garde.
O� mangerez-vous avec votre ami, Jen A�?
Jen A� et son ami mangeront dehors, pour se quereller en vrais amis.
Pourquoi serait-ce mieux pour Sixpence de rester ici?
Parce que �a la g�nera d'avoir une m�re Blanche?
�a risque de vous g�ner, vous, une fille chinoise.
Comment vous le savez?
Je le sais: Ma m�re �tait Chinoise et mon p�re Hollandais.
Il nous a ramen�s dans son pays.
C'�tait nouveau et original, une jolie �pouse chinoise.
Puis vinrent les humiliations et les injures.
Il la r�pudia et la renvoya en Chine.
C'�tait une femme tr�s douce.
Elle ne s'en remit jamais.
Mon p�re me garda chez lui. Un homme creux a besoin de fils.
Enfant, j'avais le type europ�en.
Mais un jour vint, o� je ne fus plus un enfant.
Je ne veux pas que Sixpence vous dise ce que je lui ai dit.
Vous aviez souffert.
Ferais-je jamais souffrir un enfant?
Vous, non...
- Mais si vous vous mariiez? - �a n'arrivera jamais.
Qu'en savez-vous?
Vous n'avez jamais aim� personne?
Et personne ne m'a aim�e.
Je ne suis pas s�duisante.
Mais vous �tes belle!
Une fois dans sa vie, toute femme devrait s'entendre dire cela.
Merci d'�tre celui qui me l'a dit.
Il est tard. Il faudrait que je rentre.
Puis-je avoir l'enfant?
Elle arrive!
Quelle t�te fera le Hsien Chang quand il verra cet enfant!
II prendra �a calmement.
Ils m'accueillent toujours avec des p�tards.
Ce bruit lui a fait peur.
Ce sont mes enfants.
Ma grande fille, Sui-Lan et ma petite fille, Mai-Da.
Mon grand fils, et mon jeune fils, Bao Bao.
Le colonel Lin.
Tu n'as pas dit mon nom.
Le m�me que le tien: Lin.
Oui, nous l'appelons Lin.
Mes enfants, voici votre nouvelle s�ur. Elle s'appelle Sixpence.
- Une de plus, on s'en tirera? - Cinq pas pire que quatre.
J'ai trouv� Lin peu apr�s votre d�part.
Vous �tiez mon premier ami, en Chine.
Je lui ai donc donn� votre nom. Vous n'�tes pas f�ch�?
Non, pas du tout.
Vous lui avez fait un sermon sur la difficult� d'�lever les enfants?
Les difficult�s, c'est sa vie. Elle est une force de la nature.
Oui. Mais elle est aussi tr�s douce et confiante.
Dans un monde plein de m�chancet� elle ne voit que des enfants.
Des enfants ni difficiles ni cruels, simplement mal tenus,
qui ont besoin d'�tre lav�s, nourris... et aim�s.
Cette tourn�e a compt� pour vous, je vois. Et pour Jen A�?
Je ne sais pas. En tout cas, je repars bient�t.
Vous reviendrez?
Seriez-vous troubl�, colonel?
- Incertain. - Signe de maturation.
Dans le temps, vous ignoriez les incertitudes.
Vous �tiez s�r de tout.
C'est ainsi que ce doit �tre. Ma vie est toute trac�e.
Une vie toute trac�e est une vie renferm�e.
On peut la supporter, peut-�tre... mais on ne la vit pas.
Prenez une lettre pour Jen A�.
Dites-lui...
que le colonel dit grand bien de mon Inspecteur des Pieds.
Cela m'honore.
Priez-la � d�ner ici, ce soir.
Annoncez-lui aussi que je lui envoie quelque chose...
qui devait �tre un cadeau pour sa f�te.
Ce cadeau me semble plus appropri� aujourd'hui.
L'Honorable Collecteur d'imp�ts!
- Vous allez bien? - Je vais bien.
- Voici notre invit�, le colonel Lin. - Un honneur pour notre ville.
L'honorable Inspecteur des Pieds!
J'ai pens� que cela vous ferait plaisir.
Regardez les Anciens! Ils sont stup�faits!
Ils n'ont jamais d�n� avec une femme, ici... officiellement.
Vous allez bien?
Je vais bien et je suis content: Mon Inspecteur est tr�s belle.
Vous voyez: Plus d'un homme l'aura dit.
C'est le cadeau qui est beau.
Oui: Je suis aussi content de mon propre jugement.
C'est l'Inspecteur du Hsien Chang qui est belle.
Vous me troublez.
Le trouble et l'incertitude sont � la mode.
Allons d�ner, buvons, �coutons de la musique et discutons encore.
Allons manger.
Quand vous �tes parti, je vous ai cru f�ch�.
Vous vous trompiez, Jen A�.
C'est la vieille Chine qui touche le c�ur de Jen A�.
Non, tout m'y pla�t.
La beaut� existe ailleurs aussi mais je l'ai d�couverte en Chine.
Il me semble parfois que ma vraie vie y a commenc�.
J'en ai pour un instant.
On dirait que �a commence.
Les troupes ennemies se massent � divers points de la fronti�re.
- Ma ville est-elle menac�e? - Pas encore.
Mais on ne peut rien pr�voir.
Il faut que je parte.
Puis-je demander une faveur?
Un instant avec Jen A�.
Allez dans le jardin.
J'ai peu de sentiments personnels, vous disais-je...
Vous vouliez para�tre dur.
C'est maintenant que je risque d'�tre cruel.
J'ai beaucoup de sentiments personnels quand je pense � vous.
Ce que je voulais vous dire, je cherchais � le taire.
J'avais peur de parler.
Mais je ne peux pas partir sans avoir prononc� ces mots.
Vous pouvez tout me dire.
Seriez-vous offens�e, d'�tre aim�e d'un homme d'une autre race?
J'en serais honor�e.
Cela me rend heureux.
Restons-en l�, Jen A�, jusqu'� ce que je revienne ici.
Regarde!
Descendez de l�!
Attendez-moi ici. Je vais revenir vous chercher.
Il y a � manger dans le panier. Veille sur eux, Sui-Lan.
Emmenez les orphelins dans mon Auberge.
Tout le monde sur la place du village!
- Avez-vous vu Yang? - Je ne sais pas. Allez sur la place, vite.
Citoyens de Wangcheng!
Les soldats japonais sont d�j� proches.
A moins d'un jour de marche.
Nous prendrons refuge dans les montagnes,
dans les fermes, dans les petits villages.
Les �diles et moi-m�me resterons pr�s de Wangcheng pour observer.
Nous vous pr�viendrons quand vous pourrez revenir.
A l'�uvre! Pour votre ville et pour vos fr�res!
Allez � la Porte de l'Ouest!
A la Porte de l'Ouest!
- Que faites-vous ici, Li? - La prison est d�molie.
Les survivants ont �t� lib�r�s. Je viens vous aider.
Jen A�! On a trouv� Yang!
- O� est-il? - Derri�re le march�.
- Il est bless�? - Gravement.
Partez avec les enfants, Li.
Suivez le Hsien Chang. Je vous rejoindrai � Peh Chu.
- Vous restez seule? - J'ai � dire adieu � un vieil ami.
Tr�s fatigu�... Bient�t je meurs...
Pas tr�s mal... de mourir...
Pas bien... mais pas tr�s mal.
Soyez pas inqui�te, MIIe Gladys.
Pas trace d'ennemis ni de personne.
La ville a l'air abandonn�. Depuis plusieurs jours.
On va y entrer. Par groupes de six. Pr�venez les hommes.
Lieutenant.
Venez avec moi.
Vous �tes en vie!
Tant de choses � raconter, tant de questions � poser,
et je ne trouve rien que: "Est-ce que Sixpence marche d�j�?"
Oui. Et elle a dit son premier mot.
- Qu'a-t-elle dit? - Elle a dit "non".
- C'est quoi? - Les Anciens f�tent le retour.
Nous �tions dans la montagne, avec le Hsien Chang, quand on vous a vus.
Le Hsien Chang est au Hsien-Cheng-Fu?
J'ai � lui parler. Et � vous aussi.
Vous vous �tes retrouv�s. C'est ma nuit des nombreuses joies.
On sera content, � Peh Chu, de nous voir partir,
gr�ce � cette jeune femme.
Si vous voyiez les orphelins qu'elle a ramass�s!
Dix... ou 15... je ne sais plus.
Mettez-vous en route, je vous suis.
Le temps presse tellement?
Bient�t nous aurons tout notre temps.
Nos troupes avancent. L'ennemi a �t� repouss�.
Il se retire pour rejoindre une forte arm�e d'invasion.
Nous regroupons nos forces. La guerre ne fait que commencer.
Il faudra qu'ils nous supportent encore, � Peh Chu...
Non. Vous devez partir avec les �diles, d�s ce soir, pour Lao.
Lao? C'est une autre province.
Si vous �tiez pris, l'ennemi vous utiliserait, comme fantoche
pour endosser ses ordres.
Vous parlez comme si nous �tions vaincus, avant la bataille!
Nous serons vaincus.
On livrera un combat de retardement.
Mais nous serons repouss�s, peu � peu.
Et puis l'ennemi d�ferlera, comme un fleuve.
Je vais pr�venir les Anciens. Ils remercient les dieux, au Temple.
Puis nous nous assoirons ensemble, pour la derni�re fois.
Plut�t que de suivre le Hsien Chang, allez donc � Shencheng.
L'�tat-Major y est. Je serai s�r de vous y retrouver.
Vous me trouverez ici, ou dans la montagne, l� o� j'appartiens.
La r�gion est interdite aux missionnaires et aux �trangers.
M�me si c'est vrai, cela ne me concerne pas.
Je ne suis pas accr�dit�e par les Missions et je suis Chinoise.
Mais ce n'est pas vrai. Vous mentez tr�s mal.
Promettez-moi de partir. Je veux vous savoir � l'abri.
Ne souhaitez pas me voir partir et ne cherchez pas � m'y obliger.
Je ne m'en irai pas. Je suis parmi les miens, je mourrai parmi eux.
Je vous veux � l'abri.
J'ai peur pour vous.
J'ai peur pour vous aussi.
Tant d'hommes vont mourir.
Mais je vous aime autant, bien que vous partiez.
Je vous aime autant bien que vous restiez.
La vie a �t� bonne de nous avoir r�unis.
Nous aurions pu mourir sans go�ter � l'amour.
Et ce soir o� tout �tait contre nous, nous nous sommes retrouv�s.
N'est-ce pas trop demander, m�me � Dieu, m�me si Dieu existe,
de nous r�unir encore, si vous restez ici?
Quoi que vous d�cidiez, pr�venez Hoka. Il me tiendra au courant.
Et quoi que vous d�cidiez, je vous aime.
Tant que je vivrai, je vous aimerai.
Disons adieu au pass�, au mien et � celui de la Chine.
Nous quittons notre ville, pour longtemps. Pour toujours, peut-�tre.
Pour ceux de nous qui sont vieux, c'est s�rement pour toujours.
Je vous remercie de votre soutien en ce temps de mis�res.
Mais ces mis�res sont notre lot in�luctable.
L'une de nous pourtant en prend sa part
non par n�cessit�, mais par amour.
Jen A�, nous vous remercions au nom des absents.
Au nom des morts dont vous avez adopt� les enfants.
Au nom des pauvres, des malades et des afflig�s.
Au nom de tout Wangcheng,
pour le pass� et pour l'avenir.
Je rends hommage � votre force.
J'aimerais communier avec vous dans la Foi
qui vous la donne.
Greffier!
Portez cette derni�re mention dans le grand livre de Wangcheng:
"En respectueux hommage � l'honor� Inspecteur des Pieds de la ville
le Hsien Chang de Wangcheng
est devenu un chr�tien".
Je vous remercie de ce don immense.
Je ne peux pas parler...
Acceptez ce que je vous offre avec amour.
Il est temps de partir, mes chers amis.
Restez encore un peu au Hsien-Cheng-Fu.
Vous savoir ici me sera un r�confort.
Nous ne nous reverrons jamais, je pense.
Adieu.
Combien en perdra-t-on encore?
Quand l'ennemi partira, que les survivants soignent les bless�s.
Je ne peux vous donner que �a. Il serait dangereux que vous restiez.
Bonne chance!
Vous auriez �cout� Lin, vous auriez moins d'enfants.
Avez-vous des nouvelles de lui?
Non. Mais une forte unit� est encercl�e dans Tsechow.
J'ai � vous parler.
Entre les Japonais, l�, et nous, ici, il n'y a que Tsechow.
Il n'y a qu'une solution pour vous: Il faut partir.
C'�tait bien mon intention, avant que j'aie 50 enfants.
O� les mettre? II n'y a pas assez de place � Peh Chu.
Ils g�leraient dans la montagne. On est oblig� de rester ici.
C'est idiot! Partez tant que c'est possible!
Je partirais, Hoka, si je savais o� nourrir et soigner les enfants.
On respectera l'Auberge, qui appartient aux Missions.
- Personne ne nous fera du mal... - L'ennemi nourrira vos enfants?
C'est possible: Les Japonais sont des �tres humains. Je ne sais pas.
Vous n'avez pas dormi de la nuit.
Je ne sais pas quoi faire.
J'ai r�fl�chi, j'ai pri�...
Et je ne trouve aucune solution!
J'ai allum� le feu. Je vais vous apporter du th� et...
Attendez!
Ceux qui nous escortaient depuis Tsechow viennent de s'enfuir.
On n'a donc pas perdu Tsechow?
Si. Nous venons de l'orphelinat de la Mission.
Chez qui devait-on vous escorter?
Chez vous, si vous �tes Jen A�.
J'ai une lettre pour vous, de notre missionnaire. Je m'appelle Timoth�e.
Ils se sont enfuis trop vite.
Il y a bien 50 enfants!
J'ai ma solution! C'est le P�re qui me l'envoie, depuis Tsechow.
Il y a une maison qui attend ces enfants � l'int�rieur du pays.
On y acceptera les n�tres aussi, si nous arrivons � temps � Sian.
"Les camions de l'arm�e qui les emm�neront partent le 12 novembre".
J'ai trois semaines?
II suffit de huit jours, par la route de Honan.
"Les enfants seront pris en charge � Sian...
par le chef des Missions, le Dr Robinson".
Le Dr Robinson!
D�p�chez-vous! Retirez vite vos uniformes!
Elle n'y �tait pas. Wangcheng est pratiquement d�sert.
O� est-elle all�e?
Elle est partie pour Sian, par la route de Honan, avec les enfants.
Cette route est barr�e par les Japonais, � 45 km d'ici!
Ils sont partis � pied, hier apr�s-midi.
A pied? Avec 20 enfants pour ralentir la marche!
Avec 100 enfants pour la ralentir!
Cent enfants?
J'arrive � temps! Vous foncez droit sur un barrage japonais.
Mais il faut que j'emm�ne ces enfants � Sian!
On peut passer par la montagne mais c'est plus long.
C'est deux fois plus long et terriblement dangereux!
100 enfants! Et je ne peux pas vous accompagner:
J'ai l'ordre de livrer un combat de retardement.
Une escorte militaire nous mettrait plut�t en danger.
Comme nous sommes, nous pouvons prouver que nous sommes civils.
Si on vous laisse parler! Si vous en sortez vivante!
Non. Je pense que c'�tait l� ma destin�e.
Voici pourquoi Dieu voulait que je vienne en Chine:
Pour sauver ces enfants.
�vitez les routes fr�quent�es et cherchez les chemins abandonn�s.
Je vous ai marqu� vos �tapes, pour que vous arriviez � temps.
D�s que vous serez arriv�e, allez � l'�tat-Major.
On tentera de m'envoyer un message.
Vous ne me demandez pas de rester � Sian?
Ni de me r�fugier � l'int�rieur du pays?
Je vous connais trop, maintenant. Et je vous aime trop.
Je sais que vous ferez tout pour revenir.
Je la donnerai un jour � l'a�n� de nos fils.
Il faut partir tant qu'il fait jour.
Bon voyage... et bon retour!
Prends-la.
Je croyais que les grands portaient la marmite.
Ils se sont fait un jeu. �a leur donne bon moral.
Il faudrait pouvoir continuer ainsi.
Nous n'avons plus que 3 jours de vivres.
Il y a par ici un village o� on nous aidera.
On doit y arriver dans deux jours.
On laisse les enfants se reposer?
II vaut mieux continuer, tant qu'il fait jour.
Du riz!
Cette soupe, c'est de l'eau...
C'est chaud. �a les aidera � s'endormir.
Et ensuite?
J'en aurais mang� dix bols de plus!
Qui ne parle pas, d�ne.
On va chercher un passage plus haut.
Descendez ici, les enfants! Attention!
C'est trop profond et trop dangereux.
- Et c'est glac�. - Il faut continuer!
Si on avait une corde, on pourrait traverser.
On ferait du feu, apr�s.
On a une corde et des couvertures!
Vous savez ce qu'est le bruit le plus froid du monde?
Celui des dents qui claquent. Et je n'entends que �a!
On va chanter pour couvrir ce bruit.
Vous connaissez cette chanson?
Tout est trop calme.
Les enfants le sont aussi.
Ce sont les n�tres.
- O� les emmenez-vous? - A Sian.
On a march� sans arr�t et les enfants sont affam�s.
Il faut nourrir les enfants.
- Cet avion va revenir? - Je ne sais pas. On doit se terrer, nous aussi.
Nous avons aper�u des Japonais dans cette for�t.
- Il y en a peut-�tre d'autres. - C'est notre seule issue.
J'aimerais vous aider mais on va vers le nord.
- Vous passerez par Wangcheng? - Je ne sais pas.
Si vous passez par Wangcheng
et si vous y voyez un colonel Lin, pourrez-vous lui dire
que vous nous avez vus � 6 jours seulement du Fleuve Jaune.
Dites-lui de rester vivant! Qu'il reste vivant!
- Ils ont mang�! Quelle joie! - Mangez aussi.
Buvez. Un soldat m'a donn� du th�.
Dans cette for�t, nous perdrons du temps.
Pas de sentiers, les enfants se perdront...
Un soldat m'a donn� cette craie.
Je partirai en �claireur, d�s qu'il fera jour.
Je marquerai les arbres. Chercher les marques amusera les enfants.
Il vaut mieux rester ensemble. Ne partez pas tout seul.
Tout seul ou ensemble, on n'�chappe pas � son destin.
Je vous attendrai � la sortie du bois.
- Tu es inqui�te? - Je suis fatigu�e.
Nous avons tous besoin de dormir.
Tu crois qu'on arrivera � temps pour les camions, le 12?
Bien s�r, on arrivera � temps.
Il faut arriver � temps.
Quand nous serons � Sian,
tu vas retourner � Wangcheng, n'est-ce pas?
Est-ce que je te reverrai jamais, maman?
Toi, Lin et les trois petits, vous �tes ma famille.
On restera toujours ensemble. Mon absence sera tr�s br�ve.
Tu iras � l'�cole et je serai fi�re de toi.
Et quand la guerre sera finie, nous rentrerons tous chez nous.
On rentrera tous chez nous!
Je veillerai sur les petits, jusqu'� ce que tu reviennes.
Mais reviens-nous, maman! Reviens-nous!
J'en ai trouv� une!
Encore une marque!
Attendez-moi, sans bouger.
Sui-Ian, surveille-les.
Viens avec moi, Timoth�e.
"Si vous gardez ma loi, vous vivrez dans mon amour,
comme j'ai gard� la loi de mon P�re pour vivre dans Son amour".
"Ces choses, je vous les dis pour que ma joie demeure en vous
et que votre joie soit enti�re".
"C'est l� mon commandement".
"Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aim�s".
"Nul n'a un plus grand amour
que celui qui donne sa vie pour ses amis".
- Il faut aller encore loin? - J'ai faim!
Nous ne pouvons pas rester ici, mes enfants.
Vous �tes fatigu�s et vous avez faim. Mais, c'est bient�t fini.
Bient�t... on verra le Fleuve Jaune.
On le traversera et on sera � Sian.
Pensez � notre bon ami Li
qui est au Paradis et qui serait si heureux de vous voir sauv�s.
Essayez d'avoir du courage, encore un tout petit peu.
Mes enfants! Le Fleuve!
Dr Robinson...
- Pas de nouvelles? - Mais nous sommes le 12.
- Il faut partir. - Pas sans les enfants de Tsechow!
Le message du colonel Lin disait qu'ils n'�taient qu'� 6 jours.
C'�tait il y a 15 jours.
L'ennemi tient toutes les montagnes. Elles sont infranchissables.
Il est presque impossible qu'ils arrivent.
Je le sais. Toute la ville le sait.
C'est pour cela que nous avons pri� pour eux
et que nous continuerons.
Les enfants sont arriv�s!
- Ce sont les enfants venus du Nord. - Nous vous attendions.
C'�tait une longue marche. Excusez-nous d'�tre en retard.
Vous me reconnaissez, Dr Robinson?
Je m'appelais Gladys Aylward, jadis.
Oui, je me souviens de vous.
Gladys Aylward.
Vous n'�tiez pas qualifi�e.
Venez au village d'enfants.
Vous nous y serez pr�cieuse.
Merci, mais je retourne � Wangcheng.
Je rentre chez moi.
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