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Le Dernier Passage
Tiens, mon vieux !
Content de vous voir, mon gar�on !
- Bonjour, Herr Scheffler, - Content de vous voir.
Vous avez une mine superbe.
Merci.
- Faites comme chez vous. - Merci.
Voulez-vous du caf� ou un petit cognac ?
Va pour le cognac.
Cognac pour Mr. Reynolds et pour moi.
Vous avez toujours votre vieille sonnette.
Vous me taquinez, comme toujours !
Je ne suis qu'un vieux fou d�pass� par son �poque.
Je ne vous attendais que demain. Vous �tes venu en voiture?
Par avion, rapide comme le vent. J'ai flair� l'odeur de l'argent.
- Et vos bagages ? - L'h�tel les a gard�s en souvenir.
Charmant ! Vous �tiez � Madrid depuis longtemps?
Quelques mois.
Rien de r�gulier.
Avant, o� �tiez-vous ?
Ici et l�.
On vous suit toujours?
Vous le savez?
�a s'appelle un bookmaker. Exact ?
Ce type encaisse l'argent du bookmaker.
On r�serve ces mesures drastiques aux grosses dettes. Exact ?
Vous avez fait votre enqu�te.
- Vous savez combien je leur dois. - C'est vrai.
Dites ce que vous avez � dire.
Asseyez-vous donc.
Cet homme, au milieu, s'appelle Jansci.
Dans toute la Hongrie,
il est recherch� et quand on le trouvera...
Kaputt.
- Nous voulons l'�vacuer avant. - Qui �a, nous ?
Des int�r�ts priv�s. Je ne peux rien vous dire.
Mais ils savent ce qu'ils veulent et paieront en fonction du risque.
Qui est Jansci ?
Un ancien directeur d'universit�,
leader de la R�volution.
On en sait peu sur ce qu'il fait ces temps-ci.
Il vit cach�, bien s�r.
Qu'avez-vous � faire de lui ?
Cet homme se trouve en disgr�ce vis-�-vis d'un groupe.
Un autre groupe veut le sauver, je n'en sais pas plus.
De quel groupe �tes-vous ?
Vous me taquinez !
Suis-je b�te!
Merci, mais de toute fa�on �a ne m'int�resse pas.
Vous ne voulez pas sauver une vie?
�a ne vous int�resse pas non plus. Sinon vous iriez le chercher.
Mon gar�on, je n'ai pas votre exp�rience de combattant.
vos comp�tences, votre savoir.
Et vous n'avez pas besoin d'argent.
Supposons que j'accepte,
comment trouverai-je ce Jansci ?
Apparemment, sa fille Julia vient de gagner l�Autriche.
Les autorit�s la croient morte.
- Noy�e, je pense. - C'est mince, tout de m�me.
Mais c'est un d�but. Une r�fugi�e,
jeune, jolie, fra�chement arriv�e � Vienne.
- Ce ne sera pas dur pour vous. - Une broutille.
Vous n'agiriez pas � d�couvert.
- �a la mettrait en danger. - Bien s�r.
Et elle a d� changer de nom.
Naturellement.
Je vous ennuie, Michael?
Ecoutez, Herman, c�est trop gros.
Si je la trouve, qu'est-ce que je fais ?
Un Am�ricain � Budapest, �a se suit � la trace.
- En effet. - Et ne me parlez pas de moustache.
On compte sur l'invraisemblance li�e au fait que vous �tes am�ricain.
- Vous voyez? - Non.
Votre nom: Robert Stevens. Profession: �crivain.
Passeport et visa.
Permis de s�jour, carte de presse.
Le journal qui vous emploie, dans l'Ohio.
Vos articles. Votre style est m�diocre, pardonnez-nous.
Et votre billet.
Le train quitte Vienne pour Budapest le 19 juillet � 12h.
Vous aurez un comit� d'accueil � votre arriv�e � Budapest � 16h.
Environ... Leurs trains n'ont pas la ponctualit� des n�tres.
Et vous repartez de Budapest.
le 21 juillet � 21h.
Eh, oui...
�a m'a pris du temps pour organiser tout �a.
Je suis assez fier de moi.
Alors, qu'en dites-vous ?
Vous ne doutez de rien.
Vous vous �tes tromp�, mon vieux, Ce n'est pas pour moi.
A un de ces jours.
Votre h�tel.
Vous ne pourrez y retourner qu'apr�s avoir pay� 200$. Exact ?
Et ce bonhomme qui vous suit r�clame 40 000$. Exact ?
En d'autres termes,
vous n'avez pas le choix.
Exact ?
Comit� International d'Aide aux R�fugi�s
- Il y a tant de nouveaux? - N'insistez pas.
- Vous �tes d�bord�? - C'est �a.
Vous savez bien quelque chose.
M�me si c'�tait le cas, il faudrait que vous soyez un parent.
- J'en suis peut-�tre un. - Prouvez-le. Au revoir.
Bonsoir.
Vous avez du poulet au paprika aujourd'hui?
Avec une petite salade verte, s'il vous plait.
- Comment ? - Salade...
Nouvelle ici ?
Depuis un an. J'apprends l'anglais.
Formidable ! Sehr gut !
Pardon. Je vais...
Vous l'avez effray�e.
Les questions font fuir la plupart des gens ici.
-Sauf moi.
Je m'appelle Elsa. Et vous ?
Stevens.
�a ne vous ennuie pas si je m'assois?
�a semble d�j� fait.
Vous �tes tr�s aimable.
Vous prenez du poulet au paprika. Je pourrai en avoir aussi?
J'adore �a.
Je vous donnerai le mien. Je n'ai pas tr�s faim.
Vous �tes ici pour affaires?
Dans quoi ?
Disons dans les rapports humains.
Rien � voir avec Wall Street ? - D�sol�.
Je cherche quelqu'un de Wall Street.
Je suis s�r que vous trouverez.
Je crois qu�on perd notre temps. Depuis quand �tes-vous ici ?
�a fait quatre ans.
Avant, je faisais partie du Th��tre de Budapest.
C'est vrai?
C'est tellement int�ressant !
Merci.
Je vois que vous avez de quoi faire.
- Vous me feriez une faveur? - Ce soir, je suis prise.
Le veinard ! Vous la connaissez?
L�, je ne reconna�trais pas ma meilleure amie, si j'en avais une.
Vous en aviez s�rement une.
Vous �tes mignonne.
Merci. Revenez quand vous voulez.
Tu n'as pas ch�m� aujourd'hui.
Tu voulais me voir, mon ami?
Je vous accompagne, monsieur?
- Vous voulez un guide? - Va-t-en.
Je connais bien la ville.
- Je suis votre ami. - Du vent !
Beaucoup viennent, je vois tout.
- Quoi ? - Ils ne comprennent pas.
Je suis moi-m�me r�fugi�.
La photo que vous avez, je peux la voir?
Cette personne est hongroise comme moi?
Tu es hongrois?
Par ma m�re.
Si je ne la connais pas, je pars.
Aucune question, aucun nom. Juste la photo.
Eh bien...
Une jeune femme vient d'arriver chez nous.
Je ne suis pas certain que ce soit elle.
Son adresse ?
�a, il faut que �a me revienne pour pouvoir vous aider.
Moi aussi, je t'aime.
Tu veux du caf�?
Oui.
Comment te sens-tu maintenant ?
En compote.
Tu veux que je te masse le dos?
Non, je dois me lever.
Tu as besoin de repos.
Comment aller � cette adresse ?
C'est si important que �a?
Autant que Wall Street.
C'est � quel endroit ?
N'y va pas.
- Il le faut. - Je t'en emp�cherai.
Ecoute, ch�rie...
Raconte-moi des mensonges.
Arr�te.
Il ne faut pas.
C'est � quel endroit ?
C'est pourquoi ?
Je m'appelle Stevens. Je veux vous parler.
Non, je ne re�ois personne.
Un instant, Julia.
Je ne m'appelle pas Julia. Vous faites erreur.
Ne vous emballez pas.
Je ne vous ferai aucun mal. Je veux parler.
Puisque vous m'avez invit�, on s'assoit?
Prenez votre temps. Je suis de mauvaise humeur aussi.
Y a-t-il un caf� correct ?
Je n'ai eu que le pire caf� jusqu'� maintenant.
Sortez !
Calmez-vous un peu.
Restez assise et d�tendez-vous.
Le mal que je me suis donn� pour de malheureuses questions !
Il doit y avoir une autre solution.
- Qui �tes-vous ? - Un espion international.
C'est ce que je pensais.
Mais vous agissez comme un gangster am�ricain.
Merci, Julia.
Je ne m'appelle pas Julia.
Mais Greta Heinrich. il y a erreur sur la personne.
Je suis journaliste.
Je vais � Budapest interviewer votre p�re.
On m�a dit que vous m'aideriez
- Qui �a ? - Qu'importe ?
Vous �tes d��ue, hein? La v�rit� est toujours si simple !
- Simple ? C'est ridicule. - Peut-�tre.
Mais je tente ma chance. Vous allez m'aider?
- Vous blaguez ! - Non.
- Impossible !
C'est insens�.
Je ne comprends rien � ce que vous racontez.
Laissez tomber.
Je vous enverrai l'interview � mon retour.
Un message pour lui ?
Je vous dis que je suis Greta Heinrich.
Alors pas de message.
Au revoir, Julia.
Attendez !
Quand partez-vous ?
Demain � midi.
J'ai chang� d'avis.
- Je veux bien vous parler. - Vraiment ?
Vous voyez le canal sous le pont? Je vous y retrouve.
Pourquoi pas ici ?
- C'est risqu� pour vous. - Vous pensez � moi?
Nous parlerons l�-bas, ou pas du tout.
- A quelle heure ? - 19 heures.
19 heures.
Ravi de vous conna�tre, Julia.
Au revoir.
Inutile d'attendre. Elle ne vient pas.
Vous comprenez? Elle ne viendra pas.
- Pourquoi ? - Elle ne souhaite pas vous voir.
J'attendrai.
Permettez-moi un conseil, Mr. Stevens.
Je suis un ennemi de la violence,
mais vous avez ignor� un avertissement
et votre obstination persiste.
Renoncez maintenant ou je n'aurai pas le choix.
Vous serez oblig� de me tuer?
A mon grand regret, �tant un ennemi de la violence.
Bonne nuit, monsieur Stevens.
- Qui est votre ami ? - Il vous a fait peur?
J'aimerais autant ne pas revivre la soir�e d'hier. Qui est-ce ?
Personne, un r�fugi� comme moi. On l'appelle le Comte.
Le Comte ?
Evidemment. C'est votre mari?
Alors, qu'est-ce qui le rend si nerveux ?
Vous ne comprendriez pas.
Je vois. Encore une histoire concernant votre p�re.
Vous le connaissez?
De nom.
En quoi vous int�resse-t-il ?
Votre p�re int�resse tout le monde. C'est un homme d'exception.
Vous n'y allez que pour lui?
Je dois aussi prendre les classiques notes de voyage.
C'est moi qui ai eu l'id�e
de faire quelque chose de plus important.
Je sais que c'est quasiment impossible.
Je ne pourrai m�me pas le trouver sans votre aide.
Je vais faire mieux encore.
Je vais vous conduire � lui.
- Quoi ? - Je vous accompagne.
Pas la peine. Ne risquez pas votre peau pour moi.
- Je serai votre femme. - C'est au-dessus de mes moyens.
- Votre secr�taire ? - Inutile.
- Votre interpr�te ? - Non.
Vous vous �tes donn� tant de mal pour me trouver.
Pourquoi, si vous n'avez pas besoin de moi ?
Je ne sais plus.
Je pourrais vous �tre tellement utile !
Vous ne voulez pas de moi?
Une autre fois, peut-�tre.
Une autre fois...
Si je n'y vais pas, vous n'irez pas non plus.
Comment �a ?
- J'irai � la police. - Dire quoi ?
- Un mensonge. - Allons !
- J'ai fait pire. - Je vous crois.
Cette fois, aller � la police attirerait trop l'attention.
Mais c'�tait bien trouv�.
Je n'ai pas de quoi vous payer.
Je ne vous emm�nerais pas pour un million.
- Pourquoi ? - La fille de Jansci ?
On serait faits tous les deux.
Il faut que j'y aille.
Vous �tes timbr�e.
Pourquoi revenir l�-bas ?
C'est lui qui m'a forc�e � partir.
Vraiment ?
C'est vrai. J'ai v�cu des choses incroyables.
Comme quoi ?
Mon p�re devait nous rejoindre,
mais ne le voyant pas, j'ai compris qu'il m'avait leurr�e.
Et me voil�, libre et en s�curit�.
C'est la v�rit�, bien que je le regrette.
Je ne comprends pas.
Vous ne pouvez pas.
Quand on est libre, on pense que rien n'est plus pr�cieux.
Vous, les Am�ricains, vous croyez avoir invent� la libert�.
Jamais vous ne pourriez envisager d'y renoncer,
pour pr�server le reste.
Mais le reste est capital.
Tout �a n'est pas mon affaire.
Je ne veux pas �tre m�l� � vos probl�mes.
Les miens me suffisent.
Je ne vous demande qu'une chose.
Comment trouver votre p�re. Je vous paierai.
Pour le revendre ?
Ne soyez pas th��trale. Restons simples.
Vous vouliez m'amener � lui.
Vous mentiez, n'est-ce pas ?
Vous vouliez vous servir de moi pour rentrer.
Allez...
combien pour me dire o� il se trouve ?
Beaucoup d'hommes comme vous me l'ont d�j� demand�,
contre de l'argent ou de l'amour.
On m'a m�me frapp�e.
Je n'ai jamais rien dit � personne.
Pour une raison tr�s personnelle, Mr. Stevens : je l'aime.
Excusez, s'il vous plait.
Pardonnez mon retard, Mr. Stevens.
J'ai perdu l'�quilibre. Le train va vite !
Vous ne m'attendiez plus?
Ma m�re a eu du mal � me laisser partir.
- Votre m�re ? - J'ai cru que je ne partirais jamais.
Elle est tenace, n'est-ce pas ?
Elle me traite comme une gamine, elle a peur pour moi.
Vous avez d� ruser. Comment avez-vous fait ?
Je tiens �a d'elle.
Qui veut la fin veut les moyens.
J'ai apport� des fruits en cas de fringale.
Vous en voulez?
Non, merci.
Mr. Stevens ?
N'en rajoutez pas. On se croirait partis en pique-nique.
J'aimerais conna�tre vos projets, mademoiselle...
Heinrich. Vous avez oubli�?
Faites-moi rapidement le topo,
mademoiselle... Heinrich.
- Je veux me rendre utile. - Ah bon ?
Je vous suis reconnaissante de m'emmener.
Sans vous, je n'aurais jamais pu partir.
Vous me faites trop d'honneur.
J'ai h�te de vivre des exp�riences nouvelles et enrichissantes.
Vous avez le go�t de l'euph�misme, Mlle Heinrich.
Si je ne peux plus rien pour vous,
je vais en profiter pour travailler mon anglais.
Vous avez fait fort pour le costume.
Puisque vous �tes l�, sachez que j'en suis content.
Cela peut �tre fructueux, pour vous comme pour moi.
- O� sommes-nous ? - A la fronti�re.
A Hegyeshalom.
Heinrich. Greta Heinrich.
Je vous suis reconnaissante
de m'emmener, monsieur Stevens.
Sans vous, je n'aurais jamais pu partir.
Stevens ?
En principe, vous ne deviez pas accompagner Mr. Stevens.
Il me l'a demand� soudainement.
trop tard pour informer les autorit�s.
Int�ressant.
Vous n'�crivez et ne parlez qu'en anglais. Pourquoi ?
Question de pratique.
Mon patron est am�ricain.
Excellente raison.
Redoutez-vous de parler allemand ?
Non. Pourquoi ?
Nous verrons.
Nous avons ici un homme remarquable,
ancien professeur de phon�tique
� l'universit�.
Il lui suffit d'�couter une voix
pour d�terminer non seulement le pays,
mais aussi la province, le canton,
la ville et le village,
la rue m�me o� un homme est n�.
Remarquable !
Je suis s�r que vous affectionnez la po�sie autant que moi.
Voici un po�me qui m'est cher. Venez par ici.
Lisez-le, je vous prie.
En allemand, bien s�r.
L'accent viennois a un tel charme !
Je ne m'en lasse pas.
Excusez mon absence, Mr. Stevens. Pardonnez-moi.
- Cigarette ? - Non, merci.
J'ai tant � faire ! La paperasse.
- Comme partout. - Pas vraiment.
Ecoutez, ce n'est pas pour critiquer,
mais �a fait plus d'une heure. On d�colle, bient�t?
- Pardon ? - Quand pourrons-nous partir ?
Dans tr�s peu de temps.
Une question: Mlle Heinrich dit qu'elle est avec vous.
- Pourquoi l'avoir amen�e ? - C'est ma secr�taire.
Vous saviez qu'on vous en fournirait une � Budapest.
Je pr�f�re la choisir moi-m�me.
Les Am�ricains refusent toujours l'hospitalit� de leurs h�tes?
Il y a des choses personnelles.
On n'emprunte pas une brosse � dents.
Ma secr�taire, c'est mon bras droit.
Mlle Heinrich m'est indispensable.
Vous �tes bien un Am�ricain.
Vous �tes individualiste, Mr. Stevens.
Veuillez m'excuser encore un bref instant.
Mlle Heinrich est � c�t�. Voulez-vous attendre avec elle ?
Entrez, Mlle Heinrich.
Excusez-moi.
Asseyez-vous. Je ne serai pas long.
- D�tendez-vous. - Je ne peux pas...
Du calme. Tout va bien.
II y a de �a 87 ans, nos anc�tres...
Mon amour, mon tr�sor, mon tout...
Lisez cette page.
Je refuse, c'est ridicule.
- Pas question. - Lisez !
Pour faire plaisir au professeur.
Son int�r�t devrait vous flatter.
Je vous en prie.
Excellent !
Elle est...
On ne peut plus authentique.
Vous avez v�cu � Munich
o� vous y avez �tudi�.
J'y �tais �tudiante
Pour mon dipl�me d'enseignement.
Evidemment. Une institutrice, pr�cision et correction.
Ravi de vous avoir rencontr�e.
- Jolie ville, n'est-ce pas ? - On dirait Chicago.
Ce fut une joie de voyager avec vous.
Merci.
Excusez-moi.
Pas de b�tises, Julia. Vous m'accompagnez, n'oubliez pas.
Monsieur Stevens ?
Je suis Olga Kovacs
du Comit� populaire pour la paix et l'amiti�.
Enchant�.
Voici Ferenc Sakenov
du Minist�re de la Culture.
Enchant�.
Enchant�.
Et son assistant,
Peter Molnar
Nicolas Tereny du Comit� pour la protection.
Enchant�.
Ma secr�taire, Mlle Heinrich.
Nous ne vous attendions pas, mais voici un bouquet de bienvenue,
comme il convient.
Votre compagnon de voyage se joint � nous.
Nous avons fait connaissance.
Voulez-vous me suivre ?
Vous laisserez la cl� ici quand vous sortirez.
Elle n'a pas confiance?
C'est pour votre protection.
Naturellement. Merci.
J�esp�re que �a va vous plaire.
En Am�rique, les h�tels sont moins traditionnels,
moins beaux, n'est-ce pas ?
Moins traditionnels, en effet.
Mlle Heinrich, vous dormez ici.
- Ne tardez pas. - J'arrive.
Parfait.
C'est quelque chose !
Et maintenant, Mr. Stevens, venez voir.
Pour votre confort,
une salle de bain rien que pour vous.
Je n'en m�rite pas tant.
Magnifique, n�est-ce pas ?
Une vraie pi�ce de mus�e.
Champagne de Hongrie !
Merveilleux ! Merci.
Nous sommes heureux de vous accueillir.
Passez un agr�able s�jour,
et �crivez des articles enthousiastes.
Les touristes am�ricains sont les bienvenus ici.
Nous avons des villes superbes, les meilleurs h�tels,
et dans les stations de montagne, de multiples distractions.
Sans parler des c�l�bres bains min�raux.
Nous allons vous montrer tant de choses,
nos fermes, nos usines, et une foule d'activit�s culturelles.
Vous allez rencontrer les travailleurs
et voir combien ils sont favoris�s.
Contrairement � ceux des autres pays, ils sont heureux.
Les intellectuels d'aujourd'hui ne m�prisent pas le travail manuel.
Contrairement � ceux d'autrefois.
Nous avons tous un id�al sup�rieur, l'�dification du socialisme.
Nous sommes des volontaires,
les Volontaires pour la Paix et l'Amiti�.
Tous, jeunes et vieux, travaillent ensemble,
� la construction d'un Nouveau Monde
o� nous partagerons la m�me prosp�rit� et les m�mes privil�ges.
Je suis un travailleur de la culture,
semblable aux travailleurs des fermes et des usines.
Pardon de vous interrompre
mais mon verre me semble vide.
Ce discours merveilleux nous rend oublieux.
Je suis tr�s attentif.
Ma curiosit� est � son apog�e. Quand commence-t-on ?
Demain. Pourrez-vous attendre ?
Ce sera dur.
Naturellement, j'avais potass� le sujet avant mon arriv�e.
Vous devinez mon excitation
� la veille de plonger dans la r�alit�.
Avec votre permission, j'aimerais porter un toast.
A la r�alit� !
Monsieur...
sur la paix et l'amiti�. Je dirai ceci...
Jactons, beurr�s � souhait.
On fera plus sur la paix que tous vos sommets.
Juste un petit tour, on sort le lait
au cas o�, le chat en voudrait, �a n'engage � rien.
�a a�re les antennes. Un souci ?
Pas du tout, mais Mr. Sakenov a un rendez-vous.
Navr� d'abr�ger votre expos�, vous m'excuserez.
Je comprends. Les affaires avant tout.
Je serai enchant� de vous retrouver demain.
- Moi aussi. - Je veux saluer Mlle Heinrich.
- O� est-elle ? - La petite dame ?
Le voyage a d� l'indisposer.
Je lui dirai pour vous.
Dormez bien dans ce luxe.
Demain, vous serez �bloui par d'autres merveilles.
Comptez sur moi, j'y serai.
Merci. Bonne nuit � tous.
Faites comme chez vous.
Tiens...
on s'attarde !
Que se passe-t-il ?
- Montrez-moi votre passeport. - Pourquoi ?
Il le faut.
Ah bon ?
D'accord...
- O� allez-vous ? - Je sors.
- Je peux? - Naturellement.
- Pourquoi sortez-vous ? - Pour manger.
- Qui �tes-vous ? - L'assistant de Mr. Sakenov.
- J'ai un bureau et un t�l�phone. - F�licitations.
Vous avez beaucoup voyag�. Vous aimez �a?
- Et vous ? - Je travaille, je n'ai pas le temps.
Un jour, j'irai � Moscou. Tr�s grande ville !
Il para�t. Si vous permettez, j'ai � faire.
- Vous aimez le jazz ? - Une autre fois.
J'ai entendu Louis Armstrong. Il ne vaut pas Kolovski.
Je vous emm�ne?
- Je suis trop fatigu�. - Tr�s bonne musique.
Les filles. La bi�re...
Allez jouer avec des gens de votre �ge.
Un autre soir, on fera la bombe.
Faire la bombe?
C'est une expression.
�a veut dire s'amuser, compris?
A plus tard.
Coucou !
Votre nom ?
Robert Stevens.
Votre vrai nom, s'il vous plait ?
Allons, Mr. Reynolds, nous savons tout sur vous.
Alors, cette entr�e en mati�re n'�tait pas fortuite.
Absolument pas, Mr. Reynolds.
Vous �tes partout, vous.
Je me souviens que vous m'aviez menac� de mort.
Suis-je ici pour �a ?
Cinq d'entre nous, sont pour.
Un seul demeure ind�cis.
O� est Julia ?
Je vous pr�viens, Mr. Reynolds.
Attention � ce que vous direz d'elle.
Vos paroles r�duiront vos chances.
Alors, c�est vous. Jansci !
Cinq d'entre nous ont risqu� leur vie pour la mettre en s�curit�.
Et vous l'avez ramen�e !
Vous savez � quoi vous en tenir. Vous allez r�pondre � nos questions.
Vous pr�tendez �tre journaliste.
Toute cette mise en sc�ne doit �tre l'oeuvre de quelqu'un de puissant.
Qui est-ce ? Qui vous a envoy� ?
Pourquoi vous taire ?
Qui vous a envoy� ?
Vous �tes arriv�e � bon port.
H�las pour vous, Mr. Reynolds, elle y est arriv�e.
Nous pouvons vous garder ici
le temps d'apprendre qui vous a envoy�.
Herman Scheffler.
Nous connaissons Scheffler. Mais encore ?
Que savez-vous ?
C'est un intrigant, un g�neur.
Voil� tout.
Pourquoi �tes-vous l� ?
Pour vous convaincre de partir.
- Par quels moyens ? - Il m'en a laiss� le choix.
Mort ou vif ? Avez-vous ce choix-l� ?
Mort, vous lui seriez inutile.
Qu'en savez-vous ?
Il veut conna�tre les membres et les projets de votre r�seau.
- Dans quel but ? - Je l'ignore.
C'est incroyable ! Vous saviez ce qu'il voulait,
mais peu vous importait la raison.
Ces noms, ce sont des �tres humains
et �a vous �tait �gal !
En effet, �a m'�tait �gal.
Votre salaire ?
60 000 $.
En une fois ?
La moiti� avant, l'autre apr�s.
Sage pr�caution.
Scheffler vous avait-il dit d'emmener Julia ?
- Non. - C'�tait votre id�e?
J'�tais contre.
Mais elle vous a convaincu, elle vous a contraint par la force !
Puisqu'elle voulait venir, j'ai accept�.
Pour vous servir d'elle
et �tre s�r d'empocher le reste de votre prime.
C'est vrai.
Combien doit durer votre visite ?
Encore deux jours, jusqu'au 21.
- Bien, vous la ram�nerez. - Non.
Attendez !
De toute fa�on, elle doit continuer
� passer pour sa secr�taire.
Elle doit rentrer � l'h�tel, elle ne peut pas dispara�tre.
- On la chercherait. - Il a raison.
Excusez-moi. On m'attend au Minist�re.
Demain, vous et moi, nous visiterons une usine.
C'est ironique, n'est-ce pas ?
Inutile, je ne repars pas.
Je reste ici.
Tu sais que c'est de la folie.
Je reste avec toi.
Tu sais que c'est impossible.
Je veux bien retourner � l'h�tel
et redevenir Mlle Heinrich, mais rien que pour 2 jours.
Ensuite, je reviendrai ici, papa, d�finitivement.
- Vous causez tant de souffrance ! - Pourquoi!?
Qu'ils partent tous les deux !
Ce serait pratique, vous avez tout pr�par�.
Vous me sauvez de mes ennemis pour me livrer � Scheffler.
Vous avez oubli� une chose : je ne veux pas quitter mon pays.
Vous n'avez pas le choix, votre temps est compt�.
Dans ce cas, je mourrai ici.
Pourquoi mourir ? Je ne crois pas � ce genre de chose.
Je suis venu sauver votre peau.
Je le ferai avec ou sans votre accord.
Ce que je fais de ma vie ne regarde que moi.
Dans quelques jours, vous aurez perdu la vie.
Nous en savons plus que vous.
Non, c'est faux. Scheffler a des oreilles partout.
S'il dit qu'il vous reste 2 jours, vous n'en aurez pas un de plus.
Soit vous vous tournez les pouces, soit vous agissez.
Mais si vous �tes raisonnables, il vous reste une porte de sortie.
Vous n'y gagnerez rien. Laissez-nous tomber.
D'accord, je suis pay�.
Vous voudriez que j'aie de nobles motifs,
que j'adh�re � votre id�al.
- Je ne le connais m�me pas. - Pas �tonnant.
Qui le conna�t, hors d'ici ?
Vous pouvez toujours hurler. Personne n'�coute.
Les autres sont tous comme moi, ils s'en fichent.
Les id�aux sont pass�s de mode.
On fait tous des compromis. Pourquoi pas vous ?
Accepter un compromis, c'est douter de ses convictions.
Et elles doivent �tre immuables.
Les convictions, c'est bien tant qu'on vit.
Mr. Reynolds, vivre un seul jour
pour sauver une seule personne, cela me suffit.
Mais vous feriez plus de l'autre c�t�.
Enfin, si vous tenez � mourir en martyr et en cingl�...
Je ne ferais pas �a � votre place.
Je peux �tre utile.
Pr�te, Julia?
Je ne suis pas ce que j'ai dit, et le P�re No�l n'existe pas.
Que voulez-vous ?
La vie, c'est la r�alit� sans fard. Vous devriez le savoir.
Je ne pense pas � �a, mais � ce que vous �tes vraiment.
Un pauvre type ?
Il est d'accord avec vous, je fais l'unanimit�.
Assez parl� de moi. Parlons plut�t de vous.
Les autres ne vous inspirent aucun sentiment?
Non, je ne m'attache jamais.
Votre vie doit �tre un d�sert.
Je ne trouve pas, je fais un m�tier de solitaire
et �a me pla�t.
- Et quand vous ne travaillez pas ? - Je joue aux courses.
�a remplace tout le reste?
Vous devinerez � quoi je carbure une autre fois.
Qu'est-ce que vous allez devenir ?
Il y a une chose qui vous �chappe, Mr. Reynolds.
Appelez-moi Mike.
- Nous n'avons pas le m�me objectif. - Ah, non ?
Je ne veux pas quitter mon p�re.
Quoi qu'il fasse pour son id�al,
je le ferai parce que je crois en lui.
Vous �tes aussi t�tue que lui.
Veillez sur elle. Au revoir, monsieur.
Salut, vieux ! �a boume?
Alors, o� �tiez-vous ?
Je devrais vous arr�ter pour avoir �chapp� � ma protection.
O� �tiez-vous ? Dites !
Sois pas rabat-joie. Venez tous !
On fera la f�te chez moi.
- Dites ! - Te frappe pas, vieux.
Te frappe pas.
T'es un chou. Fais-moi un bisou.
D�p�chons, d�p�chons.
Fiches de score pour les courses.
Bonbons, cacahu�tes, pop-corn.
J'ai l� un paquet de d�licieux bonbons
enrob�s de chocolat pour seulement 25 cents.
Chaque paquet contient un cadeau
qui vous captivera et vous ravira tous, messieurs.
Maman, c'est toi !
Ivrogne !
Ici, Stevens et Heinrich.
Dix bombardiers et un Spitfire � 13 heures.
Pas mal avec ce brouillard !
Top secret ! J'oubliais.
�a n'arrivera plus.
Bonne nuit, Mlle Heinrich, ma ch�rie.
Toutes les m�mes !
On leur offre le restau et apr�s, ceinture !
Vous �tes coinc�e, mon petit loup.
T'es un amour, toi !
Chambre 21, s'il vous pla�t.
Bonsoir.
Ah, c'est vous !
Vous allez bien?
Je vous r�veille?
Pourquoi m'appeler ? M�fiez-vous du t�l�phone.
Ils peuvent �couter. C'est purement professionnel.
Mes meilleures id�es me viennent en pleine nuit.
C'est un peu comme un r�ve.
Il faut que je les dicte sur-le-champ.
Sinon, elles sont perdues.
Vous savez ce que c'est.
J'ai de la visite. Je vous rappelle.
- Qui est l� ? - Ouvrez, s'il vous pla�t.
- J'appelle un docteur. - Trop tard.
Votre chambre... micros...
L�-bas... Parler l�-bas.
Retrouvez Jansci.
Emmenez Julia.
Laszlo arr�t�.
Parler...
Vite.
Pas le temps.
Allez, ma poule !
Chambre 21, s'il vous pla�t.
Mlle Heinrich,
je vous parlais de mon inspiration nocturne.
Elle vient de m'�clairer.
Attendez, �coutez.
Prenez note.
Il s'agit d'un homme
qui �tait bless�.
Je suis sorti et je l'ai vu courir vers votre porte.
C'est not�?
Je n'ai pas encore la chute.
Un homme !
Vite.
A la fen�tre.
Non, par l�.
- Qu'y a-t-il ? - Sakenov est mort. Habillez-vous.
Vous �tes pr�te?
Dehors, on se s�parera. Je saurai y aller.
Je me d�brouillerai.
Taisez.-vous. Allez !
�a va.
�a va.
Merci, mon p�re.
Dieu merci, vous voil� !
J'ai un message.
Laszlo ? Nous savons.
Il faut faire vite. On va se s�parer. Vite !
Nous en dernier.
- Je vous retrouve. - Bien.
O� allons-nous ?
Dans une ferme.
Loin d'ici ?
Par les petites routes, 100 km.
Vous avez une meilleure id�e?
�a attendra, c'est trop t�t.
Attendez !
Ne venez pas.
- Pourquoi ? - On nous recherche.
Seul, vous pouvez passer.
Pourquoi me d�tes-vous �a ?
Je vous offre un moyen de fuir.
Pris avec nous, vous mourrez.
C'est ridicule, vous ne trouvez pas?
Peut-�tre pas.
Que voulez-vous dire ?
Je ne sais pas. Si vous avez fini, partons.
- Soyez prudente. - Vous aussi.
Sandor !
C'est le moment ou jamais de triompher, messieurs.
Quel plaisir de voir des hommes intelligents et r�sign�s
qui �vitent les protestations d'innocence !
Avec les satisfaits, les r�leurs, on perd son temps.
C'est pour les imb�ciles.
Messieurs, je suis charg� de gagner votre confiance.
Il s'agit pr�cis�ment
d'une confession de Mr. Stevens
destin�e au tribunal populaire.
Et vous, Jansci,
vous donnerez les noms de votre r�seau.
Vous connaissez nos m�thodes...
passages � tabac, lumi�res aveuglantes...
longs interrogatoires agr�ment�s de coups,
dents et ongles arrach�s, la routine...
Moi seul ai parl� jusqu'ici, messieurs. Pardonnez-moi.
Je suis dispos� � vous �couter.
Vous me connaissez?
Vous �tes le colonel Hidas?
Vous vous souvenez?
Vaguement.
�a se comprend. J'�tais moins exp�riment� � l'�poque.
Vous �tes devenu mon ambition personnelle,
mon obsession, si vous voulez.
Mes coll�gues ayant �chou�, je me suis promis,
que moi, je r�ussirais.
Voici mon assistant.
Du vrai caf�, messieurs.
Il contient une substance chimique.
Vous serez d'abord mieux.
Mais par la suite, vous perdrez tous vos moyens.
avec un trouble assez marqu�.
Buvez.
Major Horvath. Il est seul?
Oui, mais il est occup�.
Vous savez quoi dire.
Tout va bien?
Tr�s bien. Disposez.
Prison de Virga, colonel Hidas.
- Et votre rendez-vous ? - Pas maintenant.
- Commandant, je voudrais... - Plus tard...
Apr�s vous, commandant.
J'esp�re que le commandant, s'attend � les trouver dans cet �tat.
Pourquoi les emmener ?
Le commandant est furieux.
qu'on les ait envoy�s chez vous. Une erreur...
Je n'en fais jamais.
Quelle chance !
Attendez !
C'est moi qui d�cide ici.
Dites au commandant qu'il y a du retard, une heure.
Tr�s bien.
Je ne m'y oppose pas.
Appelez le commandant pour lui demander.
Il ne serait peut-�tre pas d'accord.
Mais vous saurez justifier ce regrettable retard.
Vous serez r�compens�.
J'y veillerai.
Vous m'achetez? Navr�, colonel.
Arr�tez-le !
Vite !
O� est Julia ?
- Pas ici ? - Si.
- O� est-elle ? - Par l�.
- Que se passe-t-il ? - Avancez !
Vous avez une allumette?
Merci.
Garde-�-vous !
Amenez-moi la prisonni�re 245.
O� est l'ordre du colonel ?
Pas le temps.
Ordre du commandant, abruti !
Il nous reste 30 mn. Allons-y.
Allez, allez !
Qu'ils arrivent aux barbel�s !
Baissez-vous !
Continuez !
Tenez-vous bien !
Rattrapez-les !
Content de vous voir, mon gar�on.
Bonsoir. messieurs dames. Bienvenue sur European Airlines.
Vol sp�cial 104 pour Vienne.
Nos h�tesses sont Mlles Lessing et Power et le pilote...
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