All language subtitles for Hippocrate.S03E05.V2

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Original subtitles

- On se laisse plus envahir. Maintenant,

on trie, on trie, on trie.

- On va les mettre oĂą ?

- Dans les hĂ´pitaux alentour.

Sirènes

On est le SAMU. On va s'occuper de vous.

La régulation a dit que vous aviez une place.

- Ils se sont trompés.

- C'est un ancien service.

Hier, j'y ai mis un malade.

- A qui est la vieille Alzheimer ? - Mme Jeanin ?

Brun veut que je transfère une patiente.

- On dit qu'on a une place

et on la transfère jusqu'ici, ni vu ni connu.

- Et pour les tours de garde ?

- Je vais commencer.

Régale-toi.

La porte claque.

Merde.

Y a quelqu'un ?

Cri

Bips qui s'accélèrent

- Avicenne l'a pas pris.

Ca fait 3 jours qu'il est en crise.

- On s'en occupe.

- Ton cardiologue t'a pas vue depuis 2 ans.

- Je fais mon suivi, je vais bien.

- Refais-moi une épreuve d'effort.

- Je peux pas remplacer Arben.

- Brun veut que t'examines sa fille.

Maux de ventre.

- Va remplacer Arben.

- Je me pose 2 secondes.

- Je l'ai examinée, elle est enceinte.

- Grossesse extra-utérine.

Faut le dire Ă  Brun.

- Tais-toi ! - D'accord.

- ArrĂŞte !

- Il faut le piquer, lĂ  ! - Laisse-le s'asseoir !

- Stop.

Chloé, arrête.

C'est bon, t'as gagné !

Bips qui s'accélèrent

- Calmez-vous. Calmez-vous.

Vous m'entendez ? Je fais de mon mieux !

Aboiements

Hurlement

Générique

Musique lente

Pardon.

- Viens lĂ ,

Otago.

- Ca va mieux ?

- Oui.

J'ai l'impression de m'ĂŞtre battu.

- Je vous laisse avec Rachid.

Si besoin tu m'appelles.

- T'inquiète.

- Merci.

A tout Ă  l'heure. - Ouais, ouais.

- J'aime bien quand il bouge pas.

- Sucre ? - Sans sucre.

- Sans sucre. - Et lĂ , sucre.

- Je pique.

Gémissements

Ca va ? - Ouais.

- Tu t'es pas loupé.

- Cinq points.

- Tu veux un café,

aussi ? - Ouais.

- Sans sucre ? - Merci.

- Bon, on fait quoi ?

- Il faut les ramener aux urgences.

- Tu dis quoi Ă  Brun ?

- Je m'en fous.

J'ai vu ce que c'était, je recommencerai pas.

- Cette nuit, ça a merdé.

Si t'avais pas claqué la porte

et oublié ton portable, ça serait pas arrivé.

- Si t'étais venue, ça serait pas arrivé.

T'es pas venue. Personne est venu.

De toute façon,

c'est pas ça, le problème.

Le problème, c'est le California.

- Après...

Brun peut comprendre.

- Non, il comprendrait pas.

Il a rien à proposer. C'est pour ça qu'on en est là.

Toi, tu dis quoi ?

- C'est bien qu'on ait essayé.

Mais c'est pas la solution.

- En période

de pénurie, il y a pas de solution.

Moi, je continuerai.

Le California, c'est mon affaire.

- Ca va, madame ?

...

- Excusez-moi !

Pourquoi vous les avez amenés ici ?

- On nous l'a dit.

- Qui vous l'a dit ?

- Ils étaient à l'EHPAD.

Certains sont Ă  Bondy, d'autres Ă  Gennevilliers.

- On vous a dit Poincaré ? - Ouais.

- On vous a tous dit pour Poincaré ?

Musique rythmée

- C'est bon. - Pas besoin de la carte vitale ?

- Non, j'avais besoin du numéro. C'est noté, c'est OK.

- Pour combien de temps il y en a ?

- Deux heures minimum.

- T'as accepté les vieux ?

- Quoi ? - Les vieux en bas, c'est toi ?

- Des vieux ? Non, pas du tout.

Lazare !

Viens, s'il te plaît.

- Attendez. Ne quittez pas.

- T'as accepté des vieux ?

- Quels vieux ?

- Ils arrivent d'un EHPAD.

- On a rien accepté. On est sous l'eau.

Soupir

- On va faire un nouveau tri.

- A la place de celui-lĂ  ?

- En plus de celui-lĂ .

- Un quatrième tri ?

- Voilà, un quatrième.

Un troisième, un cinquième, j'ai pas compté.

- Ne dis rien, je sais.

Oui, pardon.

Larouch !

- Oui ?

- Quand t'acceptes du monde, tu me préviens.

- Accepter qui ?

Je fais mes transmissions. Je pars dans 10 min.

- Tu rentres chez toi ? - J'ai terminé ma garde.

- T'as vu le bordel ?

- Je viens de faire 12 h, c'est le temps maximum.

- Si tu le dis.

- Excusez-moi.

- Je suis revenu de vacances.

Faut pas abuser.

- On fait comment ?

On les met oĂą ? - Quoi ?

- Les résidents de l'EHPAD.

On a nulle part oĂą les mettre.

- J'y suis pour rien. Je les ai pas acceptés.

- Salut.

- Tu as donné ton feu vert pour les vieux ?

- Je sais pas de quoi tu parles.

On me confie plus aucune responsabilité.

J'évite d'en prendre.

- Huit vieux débarquent et personne a donné son accord.

- C'est pas Ă  nous

de prendre ces décisions.

- T'as demandé à Simoni ?

- Simoni...

Les petits vieux,

- Non, c'est Wagner. Pourquoi ?

- C'est Wagner qui va s'en occuper ?

- Pourquoi tu t'énerves ?

- On est débordés, on peut pas s'en occuper.

Je décide qui on prend ou pas.

Viens avec moi.

Musique lente

Elle est lĂ , Wagner ?

- Je sais pas, pas vue.

- Vous allez oĂą ?

- On va voir Muriel. - Vous avez rendez-vous ?

- T'es sérieux ?

Tu m'expliques de quel droit vous acceptez des vieux

dans mon service sans m'informer ?

Depuis quand les autres décident ?

-L'EHPAD s'est engagé à les reprendre ce soir.

- Il faut les réhydrater, le temps qu'ils réparent la climatisation.

- Il a fait chaud, cette nuit.

Quoi ? C'est vrai. - VoilĂ .

Il faut juste les réhydrater.

- Juste réhydrater, ça existe pas.

Vous vous rendez compte de la surcharge de travail ?

Je vous dis pas comment gérer vos services.

- Ta fille, ça va ?

- Oui, ça va.

Elle est en gynéco.

- Chez Maroni ?

- Oui.

- C'est bien, ça.

Heureusement que t'as pu utiliser le service et le personnel.

- T'es un peu dure, lĂ .

- Peut-ĂŞtre.

- Je te laisse.

- C'est comme un nouveau tri, mais définitif.

Là, comme d'habitude, nom, prénom...

Dossier de couleurs, etc.

Le tri se fait entre la passerelle et le couloir, d'accord ?

Là, par exemple, vous avez été triée ?

VoilĂ , c'est bon.

A partir de ce moment-lĂ , ils peuvent partir.

Et ceux qui arrivent,

pareil.

On les trie. Et ceux qui restent

dans le couloir,

on les retrie encore et on voit ce qu'on fait d'eux.

- On fait que du tri ou on soigne ?

- Tout dépend de leur état. La gravité...

- Tu leur as expliqué ? - Ouais, c'est bon.

- On a compris que c'était un tri.

Le dispositif, pas sûr.

- C'est pas compliqué. - Bah non. Il est simple.

- Je réexplique. Premier tri,

Stella, Lazare sélectionnent les malades.

2e tri, ils s'inscrivent Ă  l'accueil. 3e tri,

Fred donne des couleurs. 4e tri, ici.

- Ouais.

- C'est ce que j'ai expliqué.

- Bon. - Si.

- Non. - C'est de la médecine fast.

- Exactement. C'est bon ?

- Ouais.

- Dans médecine fast, le mot en trop est "médecine" ?

- Attention Ă  toi.

Dorothée ! - Oui ?

- Il t'en reste combien ? - Trois.

- Arben ! Je le mets oĂą ?

- Sur la gauche. - Arben !

- Oui ? - C'est quoi, ce bordel ?

- On fait ce qu'on peut. - Faut faire un Tetris.

Tous les lits du même côté. Dégagez le couloir.

Rachid !

A partir de lĂ , mettez-les Ă  gauche !

Il faut un couloir de libre.

Il reste quoi, comme lits ?

- Euh... Trois. - Ouais.

- Ceux-là, on les gère après.

Laura !

Arben !

Venez avec moi.

S'il vous plaît. Viens, viens.

C'est bon, Dorothée ?

On bilante, NFS, iono, pas plus.

On perfuse et on hydrate. Surtout pas de zèle.

On va chercher les autres.

La dame de ce côté-là.

- Je prends le tensiomètre.

- De ce côté-là.

- Quelqu'un a vu le tensiomètre ?

- LĂ , il y a rien.

- J'ai la virgule d'escalier,

les spatules !

- Attendez, monsieur.

Restez calme.

Doucement.

- Maud, je prends le relai. - Les mouches !

- Qu'est-ce qui vous arrive ?

Propos incompréhensibles

Calmez-vous, regardez-moi. Monsieur. Monsieur.

- La virgule des spectacles. - OĂą vous avez mal ?

OĂą vous avez mal ?

Je comprends pas ce que vous dites. Vous avez quoi ?

- Varbe.

- Vous avez vomi ? Propos incompréhensibles

D'accord.

Respirez, calmez-vous, j'écoute votre coeur.

Expiration

Propos incompréhensibles

Vous allez venir avec moi.

- J'externe la permanence du fractionnement...

- Chut.

- J'arrive, le château...

Cornélien.

- Allongez-vous.

D'accord.

- L'escalier !

- Je reviens, monsieur.

- Marylise.

- Madame ?

- Oui, madame ? - Vous accompagnez M. Vesse ?

- Oui, c'est moi. Je suis son aide-ménagère.

- Vous comprenez ce qu'il raconte ?

- Non, je ne comprends rien du tout.

Personne comprend depuis son AVC.

- MĂŞme sa famille ?

- Il n'a pas de famille. C'est que moi.

Je suis arrivée ce matin, il était pas bien.

J'ai eu peur, je l'ai amené ici.

Est-ce que I did well ?

- Oui, vous avez bien fait. On s'occupe de lui.

- Je peux lui dire au revoir ?

- Bien sûr.

- Ah !

Propos en langue étrangère

Propos incompréhensibles

Propos en langue étrangère

- Merci, madame.

- Je vous en prie.

- Je trouve pas de veine.

- Passe à l'autre bras. - J'ai déjà regardé.

- Mets-toi dans le pli du coude. On peut ?

- Ouais.

- C'est bon, le pli du coude.

- Je mets un sérum phy ?

Arben, il a 17,7.

Je mets un sérum phy ?

Rachid !

- Ouais. Arben !

Attends, mets-le sur le côté.

- T'as fait un malaise vagal,

c'est pas grave.

Tu t'es fait quoi ?

- Il s'est coupé. - Je me suis coupé.

- Avec quoi ?

- Bah...

Avec le couteau Ă  pain.

- Tu vas te reposer,

Hugo te remplace.

- Non, c'est bon. Ca va aller. - Sûr ?

- C'est bon.

- Hop, hop, hop.

- Oh lĂ  lĂ .

Tu vas te reposer, maintenant. Allonge-toi.

Ca va ?

T'es bien lĂ  ? - Ouais.

- Je peux te laisser ?

Tu restes avec lui.

- Pourtant, t'as fait une bonne nuit.

Repose-toi, je te remplace.

- Merci.

- C'est la virgule du pantalon.

- Ah. - Je l'ai...

- D'accord.

Très bien. Vous allez monter là.

Regardez. Vous montez sur la marche.

Tranquillement, on monte sur la marche.

Regardez oĂą vous allez.

Je vous touche. On tourne la tĂŞte.

Voilà. Les épaules comme ça. Très bien.

Bougez plus. J'allume ma lumière.

Je passe de l'autre côté.

- C'est l'annexe du pain dans...

La semaine dernière !

- C'est pas un infarctus ?

- Non, l'ECG est normal.

- Monsieur, gonflez votre poitrine et bloquez la respiration.

Il comprend rien du tout ?

- Non, je crois pas.

C'est une aphasie de Wernicke.

- Bougez plus.

- On dirait un bouton, non ?

- Ca peut être une pièce.

- Monsieur.

Vous avez avalé quelque chose, c'est bloqué dans votre oesophage.

On va essayer de le retirer.

Propos incompréhensibles

Non, soyez pas triste.

Vous inquiétez pas.

Je vais m'occuper de vous.

Venez, je vais m'occuper de vous.

Remettez votre chemise.

- On va se remettre sur le dos.

Voilà, très bien.

Merci beaucoup.

Hugo.

- Quoi ? - Je lui ai changé sa couche.

Il a un énorme érythème fessier.

Il a des rougeurs au coude, au talon.

Faudrait faire des pansements anti-escarre.

Ca va prendre un temps fou.

- On s'est engagés à les réhydrater.

Le reste, c'est pas nous.

- On peut pas les laisser dans cet état.

- Tu t'en sors ?

- Ils ont pas été lavés.

Je te parle pas des couches. Ca fait plusieurs jours.

Avec la chaleur, ils marquent vite.

Vous pouvez poser votre bras.

- Souleymane. - Oui ?

- C'est comment ? - Galère.

Ils sont abîmés de partout.

- On peut pas se limiter à une simple réhydratation.

- Ils sont dans un état déplorable.

- Ils sont dégueulasses.

Faut appeler un chat un chat.

- Déplorable comment ?

- Ils ont pas été changés, pas lavés. Ils ont des rougeurs.

Des débuts d'escarre au talon.

- Des mycoses.

Ils sont grabataires.

- C'est toujours comme ça.

- Il nous faut du renfort.

- J'en ai pas,

du renfort.

Mes ASH et IDE sont tous occupés.

Il y en a pas,

des renforts.

C'est clair, il y en a pas.

Laura devrait ĂŞtre chez elle.

Elle a travaillé toute la nuit.

Elle fera pas la garde de ce soir.

- Martine, ça me dérange pas.

- Je m'en fous. - Martine.

- Quoi ?

Je m'en fous que ça te dérange pas.

OK ? Moi, ça me dérange.

Les médecins qui enchaînent les jours

et qui font des malaises,

ça leur va ? Très bien !

Mais pas mes IDE, bon sang !

Passe, passe ! Elle claque la porte.

- Bon...

Je vais trouver du renfort.

- Merci.

- Je vais la voir.

- Elle voudra pas, pas la peine d'insister.

- Juste une IDE et une ASH.

- C'est impossible.

- C'est toi qui décides ?

- Quand elle est pas disponible, oui.

- Sans elles, on peut pas s'en sortir.

- On est tous en sous-effectif. C'est compliqué.

- Laisse-moi passer. - Je peux pas.

...

- Muriel, j'aurais besoin que tu me détaches une IDE et une ASH.

Muriel ?

Muriel, tu m'entends ?

Il marche pas ?

- Si, il marche.

- Muriel, tu m'entends ?

Muriel !

Muriel !

laisse-nous travailler.

Musique intrigante

- J'ai mal au bras. - D'accord.

Depuis quand ? - Une semaine.

- Vous suivez un traitement ? - Fred.

Tiens.

- Je défalque ?

- Oui. File-moi des verts et des bleus.

- Tiens.

- Merci.

Téléphone

Alyson !

Il a mis le turbo, David ? - Ouais.

- Vous vous alimentez ?

- David ?

David. Viens voir.

- Quoi ? - Viens.

- Ca fait une heure que t'es avec ce gars.

- Je suis sur un gros truc.

Homme, 40 ans, suspicion de botulisme.

- Un botulisme ? - Ouais.

Tu connais pas ?

- C'est hyper rare, le botulisme.

- Et alors ?

Attends.

Vas-y, sens.

Alors ? - Je sais pas, ça pue.

- Ca pue quoi ?

- Le poisson pourri. C'est avarié. - Non.

Ca sent la toxine botulique.

Essaie d'aller vite.

- Ouais.

- Mme Montagnier Marie.

- Oui.

- Vous avez avalé un noyau ?

Non.

Une pièce ?

Un bouton ?

Un bouton comme ça ?

Non.

Vous avez avalé un thermomètre ?

Ah non.

Il y a pas de ça ici. On casse pas le matériel.

- La...

La virgule de... salade.

- Les enfants avalent des piles, pas les adultes.

- Il a un gros déficit psychomoteur.

- La pile est coincée avant le cardia.

- Et ?

- Elle va pas descendre toute seule. Elle est bloquée.

Il l'a avalée quand ?

- Je sais pas, dans la matinée.

- T'as 2 h pour la retirer ou tu risques une fuite de lithium.

- Je peux vous l'amener ?

- Comment ça ?

- Le malade. Je peux vous l'amener ?

- Non, c'est pas possible. On est mercredi.

Les endoscopistes sont pas lĂ .

- Il y a pas d'endoscopistes ? - Si.

Le mardi et jeudi. Sinon ils sont Ă  Huguenin.

- Et toi ?

- Non, c'est pas possible. Je suis qu'au second semestre.

J'ai pas été formé à l'endoscopie.

- Tu fais quoi ?

- Je suis interne.

La gastro, c'est pas que des endoscopies.

Si j'étais toi, je le transférerais.

- Merci pour le conseil.

- Faut pas traîner.

- Je te promets rien.

S'il y a du monde, je peux rien faire.

Tiens, tu vois ?

C'est mort.

- Il est où, l'endoscope ? - A l'intérieur.

Qu'est-ce que tu fais ? On peut pas rentrer.

- On peut pas rentrer ? - Non.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Je vous le ramène.

- Tu fais chier. Vraiment.

- Excusez-nous.

- Aide-moi.

Arben ?

Téléphone

- AllĂ´ ?

- T'es pas Ă  l'hĂ´pital ?

- Viens m'aider pour une endoscopie.

- J'en fais plus, j'ai pas le droit.

C'est une urgence.

Le type a une pile au lithium au niveau du cardia.

- Ils sont pas lĂ , je peux pas attendre un transfert.

Tout va bien ? Il acquiesce.

Arben ?

- Je peux vraiment pas.

T'as oublié les varices oesophagiennes ?

- Je veux plus travailler comme ça.

J'ai le droit de faire des choses et d'autres non.

Faut que je te laisse.

Bip

Respire.

Ca passe bien.

- Fais-moi voir.

Ca crépite un peu.

Je suis fatigué.

- Non.

Je dois retourner à Poincaré.

- Tu vas plus t'occuper de moi ?

- Bien sûr que si. T'es bien ici,

je suis pas loin.

- Alors ?

- Ca sent les sardines, c'est des rillettes.

J'y crois pas. Il a quoi, ton gars ?

Paralysie faciale et douleur abdominale,

c'est un peu maigre.

- Ca a commencé 4 h

après l'ingestion de la conserve.

Il y a des nausées, des douleurs abdos, des signes neuro.

Ca coche pas mal de cases. Ah oui.

Et...

Il a une CRP Ă  4 fois la normale.

- C'est pas une conserve artisanale. - J'ai regardé.

Un botulisme sur deux vient d'une conserve du commerce.

- En France ?

- Quoi, en France ? - Tes recherches.

- Je sais pas.

- Voilà, t'as pas assez d'éléments.

Lancer une déclaration de botulisme, c'est lourd.

Le plus simple, c'est qu'il rentre.

Si ça s'aggrave, il revient.

- Je suis d'accord.

On peut temporiser un peu.

- Sérieux ?

Je travaille pas comme ça.

La médecine, c'est le principe de précaution.

- En temps normal, oui.

On est pas en temps normal.

Le patient rentre et il revient si ça s'aggrave.

- Il est irresponsable.

- Désolée, je suis pas...

Je pense pas qu'il ait tort.

- OK. On m'empêchera pas de faire de la médecine comme je veux.

On toque.

- Je te dérange ?

- Non, vas-y.

- J'ai une suspicion de botulisme, secteur 4.

- Un botulisme ? T'es sûr ?

- Oui, Ă  90 %.

Brun veut pas que je le garde.

- C'est rare, les botulismes.

- Je sais, mais bon.

On peut pas le laisser partir.

On peut peut-ĂŞtre le mettre au California ?

- Non.

- Pardon ? - Non, je le prends pas.

- Pourquoi ?

- C'est fini, le California.

Je m'en occupe seule.

- Bien.

D'accord.

- David !

Tu t'y connais en endoscopie ?

- Un peu. Ca dépend, c'est pour quoi ?

- Un corps étranger dans l'oesophage.

Une pile au lithium.

- T'es sûre ? C'est rare, les piles au lithium.

Coincée à quel niveau ?

- Au-dessus du cardia.

- Bon état général ? - Ouais, ça va.

- Il a quel âge ? - 62 ans.

- Des antécédents ?

- Non, Ă  part son aphasie.

Tu pourrais le faire ?

- Qui ? Moi ?

- Ouais.

- Non, j'ai jamais fait d'endoscopie.

Désolé.

Musique mélancolique

- On va se mettre sur le côté, on fait le dos.

- Brun me saoule.

Pourquoi il fait pas les toilettes ?

Je suis pas payée à faire ça.

- On fait des soins.

Laura et Rachid sont payés pour ça ?

Stella. Viens voir.

Il y a une énorme escarre.

- Oh la vache !

- On peut vous parler ? - Bien sûr, venez.

Ca va, les vieux ? - Non, pas trop.

Il y a de la négligence dans l'EHPAD.

Il y a aucune hygiène, ils ont tous des escarres.

- Ce serait bien de faire des bilans complets.

Et des radios aussi.

- Je comprends.

Mais si on cherche, on va trouver.

Ils ont 90 ans de moyenne d'âge, polypathologiques.

Les résultats seront mauvais.

- Alors, on fait rien ?

- Vous voulez pas les voir ?

- T'as vu les couloirs ?

Désolé, je peux pas.

- Ca va vite passer. Restez concentré.

Je lubrifie la sonde.

Je la rentre progressivement. Ne parlez pas,

regardez vers le bas et respirez.

D'accord ? Détendez-vous.

Restez concentré sur ma voix.

Restez avec moi, d'accord ?

Il faut chercher à déglutir comme si vous avaliez

la sonde.

On se laisse faire.

Je descends tranquillement.

On va arriver Ă  la pile.

- Respirez. - Attends. Je m'y reprends.

On est mal parties. Je remonte.

Ne bougez pas. - Respirez.

- Vous vous faites mal. - Tenez-moi la main.

A droite. T'as un coude, en fait.

A droite, vas-y. Tu tournes Ă  droite.

Tourne Ă ...

- J'essaie. Je fais ce que je peux.

Essayez de pas bouger.

- OĂą est la pile ?

- Respirez. - C'est bon.

On y est.

Je la vois.

- Respirez.

- On l'a trouvée.

On l'a trouvée.

VoilĂ , ouvre.

Il y a un peu de sang.

Attends, décale à gauche.

- C'est bon ? - Ferme.

Ferme. Ferme.

- Tu veux essayer ?

Je fais ce que je peux. J'ai pas l'habitude.

- Attends. Regarde.

- Je peux vous aider ?

- Ca va bien se passer.

Le Dr Bascha prend le relai.

- Restez tranquille, on y est presque.

- Respirez bien.

- Serrez ma main.

- Tu fermes.

Continuez Ă  respirer.

Ferme. - Ouais.

OK.

- On y est presque. - Courage, monsieur.

- VoilĂ . Continuez Ă  respirer, c'est bientĂ´t fini.

VoilĂ . - On y est.

Musique triste

- T'as les examens de Mme Golec ? - Oui.

Il y a deux tricycliques en plus

et cinq anémies.

- J'ai trois ECBU positifs.

Et des créat à quatre fois la normale.

- Viens voir.

Mme Guérin.

- Laura, t'as vu Kaminski ?

- Alors ?

- C'est catastrophique.

Regarde.

- C'est comment ?

- Présence de benzos,

fracture ancienne non traitée.

- Anémies, infections urinaires, insuffisances rénales chroniques,

carences de vitamines.

- Je peux voir ? - Ouais.

Soupir

- Et ça, vous avez vu ?

Radio du bassin de Mme Viera.

- C'est carrément de la maltraitance.

- Ouais.

- Vous faites quoi ?

- Les examens des vieux.

...

- Ca va, monsieur ?

Non ?

Respirez bien fort.

Vous avez de la fièvre, non ?

- Non, ça va.

- Dites-moi. - J'ai mal ici.

- C'est localisé ici ?

D'accord.

- Merci.

Merci.

Venez tous.

...

Bon...

Je suis d'accord avec vous.

On peut pas les laisser repartir Ă  l'EHPAD.

On peut pas les laisser dans le couloir.

J'ai décidé de rouvrir les chambres de Simoni.

Pour qu'on s'occupe d'eux

avec dignité.

C'est totalement illégal.

Mais...

Parfois, faut aller contre le règlement.

C'est ma responsabilité, c'est ma décision.

J'assumerai les conséquences.

- Nous aussi, on assumera.

- Non, non, non.

C'est moi qui assumerai les conséquences. D'accord ?

Ils acquiescent.

Bon.

- Excusez-moi.

Vous pensez que ma suspicion

de botulisme peut aller en chambre ?

- Tu l'as gardé ?

- Ouais.

J'ai lancé une recherche de toxine botulique.

on la mettra en chambre.

Vous savez où sont les clés des chambres ?

- Martine doit les avoir.

- Elle peut les avoir amenées chez elle.

Rires

- Quelqu'un sait crocheter une serrure ?

- Mets la lumière au milieu que je voie le loquet intérieur.

- Tu vas y arriver ?

- J'ai déjà réussi une fois.

- Vas-y plus franchement.

- Attends ! Tu vas me bloquer les ciseaux.

- T'es trop au bord. - Tu t'y connais ?

- Non.

- Les ciseaux sont trop larges. File-moi la pince.

- Tu mets un coup de pied.

- Dans ce cas-lĂ , on va tout casser.

- Ca va, les machos ?

Fais-lui confiance, elle a déjà réussi.

- Ca a rien Ă  voir avec macho. - Si.

- Si je peux me permettre, tourne...

- Te permets pas.

- On lui laisse un peu de place.

On se met lĂ .

Exclamations

- J'y arrive ou pas ? - On amène

quatre brancards dans cette chambre.

- Je vais chercher mon botulique.

- Dans la deuxième.

- Dans celle-lĂ . - Ouais.

Musique dramatique

- Elle a le macho facile. Moi, je suis macho ?

N'importe quoi.

- Allez, s'il vous plaît, on y va.

On fait la réunion maintenant.

Vous avez été prévenu ?

Allez, s'il vous plaît, on y va.

Bonjour.

S'il vous plaît. Pardon.

Vous savez pour la réunion ?

- Bonjour.

- Ils sont pas arrivés ?

- Ca va ? - Ouais.

- Dépêchez-vous.

Il y a personne ? - Ils arrivent.

- Allez-y. - On lâche les téléphones.

- On fait ça vite, s'il vous plaît. C'est bon ?

On a tout le monde ?

- Larouchi arrive.

- On commence sans lui.

- Très bien. Euh...

Je suis là pour faire le procès de personne,

juste en qualité de responsable, j'ai besoin...

d'avoir des réponses.

Pourquoi cette décision ?

- Dans l'intérêt des malades. - Dans ?

- Dans l'intérêt des malades.

- Vous n'aviez pas le droit.

- J'ai fait ce que je devais faire.

- Il y avait aucune urgence.

L'EHPAD devait les reprendre.

- Ouvrir mes chambres sans mon accord,

c'est interdit.

- Avec ou sans...

- Excusez-moi. Ca va ?

T'étais à Bali ? - S'il vous plaît.

Allez-y.

Allez-y.

- Avec ou sans votre accord,

c'était interdit.

On a un décret du ministère.

- On fait pas de la médecine avec des sentiments.

Hospitaliser illégalement des personnes âgées,

c'est irresponsable.

- Qu'est-ce qui est irresponsable ?

- Je suis pas d'accord.

Dans leur état, on pouvait pas les gérer en une journée.

Hier soir, on avait pas terminé les soins.

Les renvoyer aurait été inhumain.

Pour pas les garder, fallait pas les accepter.

- Un partout.

Tu nous le fais payer ?

C'est ça ? - Pas du tout.

- Et le botulisme ? - Quoi ?

- Pourquoi hospitaliser un type pour botulisme,

alors qu'il a aucun symptĂ´me ?

La recherche de toxine est négative.

- S'il y a une suspicion, on fait une recherche.

- Excusez-moi, je suis désolée.

Le botulisme... je suis perdue.

On s'éloigne du sujet.

- C'est assez clair.

On fait avec ce qu'on est.

On peut pas faire contre nos principes.

- Vous étiez là aussi ?

- Non, mais j'aurais fait pareil.

- Des principes, tout le monde en a.

Moi, c'est de respecter le droit du travail.

On fait travailler

des IDE et des ASH

hors du cadre légal.

- Pareil pour les médecins.

- On est pas traités à la même enseigne.

- Martine. - Quoi ?

- Si on respectait le code, on ferait rien.

Je suis censé être en néonat. Je fous quoi là ?

- Je sais pas ce que tu fous lĂ , Lazare.

Je sais que ton temps de repos est important.

- On était d'accord pour enchaîner. - Laura, on en a parlé.

- Les médecins et les IDE n'y sont pour rien.

J'assume tout.

Muriel, comme tu décides, on fait quoi des malades ?

On les renvoie ?

- Tu vas me faire jouer le mauvais rĂ´le ?

On a pas les moyens de les prendre en charge.

Oui, ils doivent retourner Ă  l'EHPAD.

- On les renvoie en EHPAD ?

C'est moi qui vais gérer ça ?

- Vous ĂŞtes le chef des urgences.

Vous allez gérer ça.

Merci Ă  tous.

Brouhaha

- C'est n'importe quoi.

- La décision a été prise.

- Ca s'appelle de la non-assistance Ă  personne en danger.

...

- Ca va, votre fille ?

- Ca va.

C'est pas facile, mais ça va.

Je te remercie.

- Et vous ?

- Moi ?

Ces petits vieux, je les ai sauvés et je dois les remettre à l'eau.

Je peux pas faire ça.

Je peux pas faire ça.

...

Musique dramatique

Sous-titrage TITRAFILM

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