All language subtitles for Darkest Hour (2017)

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Original subtitles

FOCUS FEATURES PRÉSENTE

EN COLLABORATION AVEC PERFECT WORLD PICTURES

UNE PRODUCTION WORKING TITLE

UN FILM DE JOE WRIGHT

9 MAI 1940

HITLER A ENVAHI LA TCHÉCOSLOVAQUIE, LA POLOGNE, LE DANEMARK ET LA NORVÈGE.

3 MILLIONS DE SOLDATS ALLEMANDS, MASSÉS À LA FRONTIÈRE BELGE,

SONT PRÊTS À CONQUÉRIR L'EUROPE

EN GRANDE-BRETAGNE, LE PARLEMENT A PERDU CONFIANCE

EN SON PREMIER MINISTRE NEVILLE CHAMBERLAIN.

ON LUI CHERCHE DÉJÀ UN REMPLAÇANT...

LES HEURES SOMBRES

Silence !

M. le président de la Chambre.

Silence !

Le chef...

Silence ! Le chef de l'opposition, Clement Attlee.

M. le président,

il semble que je n'aie pas été assez clair.

Je ne laisserai planer aucun doute sur ce que je pense

de l'avenir de M. Chamberlain en tant que Premier ministre.

Honorables députés, laissez-le parler !

En raison de ses longues années d'inaction

et d'incompétence,

nous le tenons pour personnellement responsable,

personnellement responsable

d'avoir laissé la nation

dans une désastreuse impréparation face au péril nazi.

C'est une honte !

Nous sommes en guerre, M. le président,

en guerre.

Sans même aborder

ses aptitudes à gouverner en temps de paix,

il s'est révélé incapable de gouverner en temps de guerre !

J'ai demandé le silence.

Par conséquent,

dans l'intérêt national,

notre parti d'opposition souhaite former

une grande coalition

avec le parti conservateur qui se prétend au pouvoir.

Silence !

Toutefois, je le souligne,

jamais sous la direction de M. Chamberlain,

qui a perdu la confiance de la Chambre !

Dans l'intérêt du pays,

démissionnez,

retirez-vous et nous trouverons un nouveau dirigeant.

C'est une honte !

Où est Winston ?

Il s'assure que ses empreintes ne sont pas sur l'arme du crime.

L'opposition refusant d'entrer dans un gouvernement sous mon autorité,

il nous faut choisir mon successeur.

Un homme porteur d'une force nouvelle,

qui formera un gouvernement de coalition.

Je me retirerai demain.

Mais...

je souhaitais que mon parti,

les hommes que je respecte au plus haut point,

en fussent informés les premiers.

Il faut nommer Halifax,

de toute évidence,

notre ministre des Affaires étrangères.

Sans conteste, Halifax.

Je vous remercie de votre confiance,

cependant, mon heure n'est pas encore venue.

Alors, qui ?

La personne à qui incombera la tâche

devra explorer toutes les voies.

Notamment celle de la diplomatie.

En effet.

En vue du retour de la paix en Europe.

Messieurs, il n'y a qu'un candidat que l'opposition validera.

Non, impossible.

Certainement pas.

C'est totalement absurde.

9 MAI

10 MAI

S'il tend la main et dit : "Donnez",

vous devez deviner ce qu'il veut.

Stylo noir ou rouge, papier,

ou son clop,

c'est sa perforeuse.

C'est égoïste de démissionner à un moment pareil.

J'irai à Downing Street s'il est nommé ?

Pas après votre pudding aux raisins de la semaine dernière.

Il marmonne, on ne saisit pas tout.

Tapez vite, en courtes rafales, double interligne.

Il déteste l'interligne simple.

Bonne chance.

À l'ambassadeur de France.

Les forces allemandes

étant entrées en Hollande...

la Hollande seule...

Allons, télégramme.

La Hollande seule

sollicite la garantie

que les forces françaises vont s'avancer maintenant...

vont s'avancer immédiatement

pour protéger la Belgique.

Stop.

L'ambassadeur de France, Monsieur.

Ils ont déjà envahi la Belgique ?

La Hollande et la Belgique ?

Je fais part de votre requête au Premier ministre.

Oui, la situation est toujours très confuse.

Au revoir.

"À l'ambassadeur de France..."

Laissez ça.

Nouveau télégramme.

Au général Ismay.

Quoi encore ?

Votre fils.

Randolph, sois bref.

Hier, ils ont dit que je pourrais devenir Premier ministre,

mais c'était hier.

Voyons ce qu'il advient aujourd'hui.

Voyons ce que...

Voyons ce que Neville fait aujourd'hui.

Merci, mon garçon.

Oui, on ne les lâche pas !

Où en est-on ?

"Au général Ismay..."

Sawyers,

débarrassez-moi de ça.

Au général Ismay.

À la lumière des événements survenus aujourd'hui,

le moment est opportun

de lancer de nombreux préparatifs...

Est-ce que...

vous frappez les touches normalement ?

Ça fait un raffut, je ne m'entends pas réfléchir.

Relisez.

"Au général Ismay.

À la lumière des événements, le moment est important...

Opportun ! Pas "important" !

Sacrebleu !

J'ai dit : "Opportun."

Relisez.

"Le moment est opportun..."

De faire...

De nombreux, nombreux...

Nombreux, nombreux...

Vos "nombreux" sont trop nombreux, petite nigaude !

Un seul "nombreux" !

De faire de nombreux préparatifs.

Interligne simple.

Interligne simple !

On ne vous a pas prévenue, jeune fille ?

C'était réglé sur simple.

Et vous avez continué ?

Bon Dieu !

Dites à Evans de m'envoyer

quelqu'un qui y arrive, c'est important !

Allez ! Sortez.

C'est important !

Il vous a crié dessus.

Il a crié ?

Quel grossier personnage !

C'est ma faute.

Vous aviez le trac, et il a le chic pour martyriser ses fidèles soutiens.

Ce n'est pas lui, c'est moi. C'est...

C'est un homme.

Il est comme les autres.

Allez, viens.

Mon cher.

Le Cabinet de guerre est convoqué.

Ce satané chat est encore sous le lit.

Puis-je te dire une chose essentielle ?

Récemment, j'ai remarqué une détérioration de tes manières.

Tu es moins aimable.

Tu es devenu rude,

sarcastique, autoritaire et grossier.

Est-ce au sujet de la secrétaire ?

- Si tu deviens Premier ministre... - Rien n'est sûr.

Je ne veux pas que tu sois malaimé.

Plus que je ne le suis déjà.

Mon chéri, tu es sur le point

d'avoir un pouvoir immense, que seul surpasse celui du roi,

alors, tu dois essayer d'être plus aimable.

Et si possible, calme.

Je veux que les gens t'aiment et te respectent, autant que moi.

Télégramme pour M. Churchill.

L'armée allemande a envahi la Hollande et la Belgique

ce matin par voie terrestre...

Vous avez un télégramme.

Les troupes des Pays-Bas résistent encore.

Un appel a été lancé aux pays alliés...

Ça vient du Palais.

... et les troupes alliées s'apprêtent à les soutenir.

Une centaine d'avions de combat ont survolé Bruxelles,

et on annonce que les premiers raids aériens

ont fait des centaines de victimes

et détruit plusieurs bâtiments.

Je vous remercie.

Mademoiselle...

Layton.

- Tu trembles. - Toi aussi.

Toi, d'impatience, moi, de peur.

Tu espérais ceci depuis des années.

Non, depuis toujours ! Mais le peuple veut-il de moi ?

Tu devras surtout convaincre le parti.

Je suis nommé parce que le bateau coule.

Ce n'est pas un cadeau, c'est une vengeance.

Montre-leur tes qualités. Ton courage.

- Mes errements. - Ton humilité.

- Ma volonté de fer. - Ton humour.

Très drôle.

- Allez. - Allez ?

- Sois... - Sois quoi ?

Toi-même.

Moi-même.

Quel moi devrais-je

être aujourd'hui ?

Il eût fallu avoir le pouvoir étant jeune,

alors qu'on avait l'esprit vif et le corps vigoureux.

Je vous rejoins, allez.

Quand la jeunesse nous quitte,

puisse la sagesse la remplacer.

POUR PAPA, AVEC AMOUR DE DIANA, RANDOLPH, SARAH, MARY, NOËL 1927

On ne se croirait pas en guerre.

Savez-vous que je n'ai jamais pris l'autobus ?

Pardon ?

Je n'ai jamais acheté de pain.

Je crois que je saurais faire cuire un œuf,

seulement parce que j'ai vu d'autres le faire.

La seule fois où j'ai tenté de prendre le métro,

c'était pendant la grève générale de 1926.

Clemmie m'a déposé à la station de South Kensington,

je suis entré et je me suis perdu.

Je suis ressorti tout de suite.

Ce fut effroyable.

Pourquoi pas Halifax ? Je le préfère.

Je voulais Halifax.

Les lords voulaient Halifax.

Peut-être qu'Halifax voulait Halifax.

Dans ce cas, pourquoi me force-t-on

à convoquer Churchill ?

C'est le seul membre de notre parti qui a le soutien de l'opposition.

Son bilan est une succession de catastrophes.

Les Dardanelles, 25 000 morts,

notre politique en Inde, la guerre civile en Russie,

l'étalon or...

l'abdication, et à présent,

l'épisode en Norvège. Combien, 1 800 hommes ?

Un porte-avions, deux croiseurs,

sept destroyers et un sous-marin.

Winston manque de jugement.

Il avait raison sur Hitler.

Une montre cassée donne l'heure juste deux fois par jour.

Le Premier Lord de l'Amirauté M. Winston Churchill.

En avance.

Enthousiaste.

J'accepte votre démission,

mais sachez que je pense

qu'on vous a traité avec cruauté.

Merci, Votre Majesté.

Par ici, Monsieur.

- Votre Majesté. - M. Churchill.

Je pense que vous savez

pourquoi je vous ai fait venir.

Monsieur, je n'en ai pas la moindre idée.

Il est de mon devoir de vous inviter

à accepter le poste de Premier ministre du Royaume-Uni.

Acceptez-vous de former un gouvernement ?

J'accepte.

Fort bien.

Ce fut assez facile.

Oui, en effet.

Je crois que nous devrons nous rencontrer régulièrement.

Une fois par semaine, je le crains.

Que dites-vous du lundi ?

J'essaierai de me rendre disponible

- le lundi. - 16 h ?

C'est l'heure de ma sieste.

Est-ce permis ?

Non, mais nécessaire. Je travaille tard.

Dans ce cas, l'heure du déjeuner ?

Le déjeuner ?

Le lundi ?

- Votre Majesté. - M. le Premier ministre.

Bonsoir, messieurs.

Bienvenue au 10 Downing St.

Merci, monsieur.

- Que comptez-vous faire ? - Moi ?

Boire une coupe de Pol Roger.

À bientôt.

Vous aurez vos photos.

- M. le Premier ministre. - Anthony.

Comment va le roi ?

Il est inquiet.

Il ne m'a jamais pardonné d'avoir approuvé

le mariage de son frère avec Wallis Simpson.

Vous le verrez seulement une fois par semaine.

Vous aimeriez qu'on vous arrache une dent une fois par semaine ?

Composition de votre Cabinet de guerre.

Qui devrait y siéger ?

Chamberlain, naturellement.

Notre révérend Holy Fox.

Halifax.

Vous gardez vos ennemis sous la main ?

Pas seulement.

Si je ne les nomme pas, le parti me congédie.

Et l'agneau déguisé en agneau, Attlee.

Venez, papa, tout le monde attend.

J'arrive dans un instant, mon trésor.

On dit qu'avant vous, on a proposé le poste à Lord Halifax.

J'en doute.

Halifax n'aurait jamais décliné,

il est le 4e fils d'un comte.

Un 4e fils ne décline rien.

J'aurais souhaité que ce poste arrive en des temps meilleurs.

Votre tâche est immense.

J'espère qu'il n'est pas trop tard.

Mais je crains que ce ne soit le cas.

On peut faire seulement au mieux.

Dieu du ciel, quelle vision d'horreur !

- Portons un toast ! - Oui, un discours.

Maman.

Mon cher époux.

Savez-vous qu'à la veille de nos noces, j'ai failli me rétracter ?

Mais ayant déjà rompu avec deux fiancés à 21 ans,

je risquais de passer pour une déserteuse.

Il aurait été mal vu d'en éconduire un 3e.

Papa a eu de la chance.

Mais la vraie raison de ma réserve,

c'est que je savais,

même à l'époque,

qu'il privilégierait sa vie publique.

Je trouvais affreux de passer ma vie reléguée au second plan.

C'est pourtant ce qui est arrivé.

En temps voulu, nos enfants ont dû accepter

cet état de fait, eux aussi.

Nous avons tous accepté, chacun à notre façon.

Et voici qu'aujourd'hui,

nous recevons notre récompense.

La preuve que notre petit sacrifice a servi une plus noble cause.

Je vous annonce que votre père,

mon époux bien-aimé,

est Premier ministre.

Au Premier ministre !

Je fais un vœu.

Ne bousillons pas tout !

Ne bousillons pas tout !

La Belgique était une ruse.

Ils ont pénétré en France par les Ardennes.

Ils ont traversé la Meuse en moins de 24 h.

Personne ne traverse la Meuse en 24 h. Apparemment, les Allemands l'ont fait.

10 MAI

13 MAI

Regardez le mouchoir de Chamberlain.

S'il l'agite après le discours de Churchill, nous l'acclamons.

Sinon, nous restons silencieux.

M. le Premier ministre.

C'est parti.

M. le président de la Chambre,

vendredi dernier dans la soirée,

Sa Majesté m'a confié la mission

de former un nouveau gouvernement.

C'était le vœu, la volonté clairement exprimée

du Parlement et de la nation,

qu'il reposât sur les bases les plus larges possibles

et qu'il inclût tous les partis.

Un Cabinet de guerre

a été convoqué...

Non.

Corrigez.

... a été formé.

Formé.

Un Cabinet de guerre

a été formé, il compte 5 membres,

qui représentent,

avec les partis d'opposition,

l'union nationale.

Lisez.

"Les trois chefs de partis ont accepté de servir

dans le Cabinet de guerre, ou aux plus hautes fonctions de l'État."

Cet accord étant conclu,

j'invite maintenant la Chambre,

par la résolution présentée en mon nom,

à exprimer son approbation

et à voter

sa confiance au nouveau gouvernement.

Mademoiselle !

Je sors en tenue d'Adam.

N'oublions pas

que nous sommes

au premier stade d'une des plus grandes batailles de l'histoire,

et que de nombreux

préparatifs doivent être faits dans le pays.

M. le président, j'assume ma tâche

avec enthousiasme et espoir,

et je tiendrai à la Chambre,

le même langage qu'à mes collègues du gouvernement.

Je n'ai rien à offrir

que du sang, du labeur, des larmes et...

de la sueur.

Nous avons devant nous une très grande épreuve.

Nous avons devant nous

de nombreux mois de lutte

et de souffrance.

Vous me demandez ce qu'est notre politique ?

Je vous réponds, c'est faire la guerre

sur mer, sur terre, et dans les airs,

par tous les moyens

et avec toute la force que Dieu pourra nous donner.

Faire la guerre

contre une odieuse tyrannie,

sans égale dans le sombre et lamentable catalogue des crimes humains.

La voilà, notre politique.

Vous me demandez quel est notre but ?

Je vous réponds en un mot.

La victoire !

La victoire à tout prix.

La victoire, en dépit de toute terreur.

La victoire,

quelque longue et difficile que puisse être la route.

Car sans victoire,

il n'est point de survie.

Quel mépris !

C'est mieux que rien.

Chips.

"Notre politique est de faire la guerre.

À tout prix."

"Point de survie" ?

Seigneur, il ne parvient même pas à prononcer le mot paix,

alors, ne parlons pas de négociations.

Je pense avec effroi que je ne reverrai jamais mon pays en paix.

J'ai un cancer.

Neville...

Winston doit être révoqué.

Si nous le poussions à déclarer

qu'il refuse d'envisager la paix avec l'Allemagne,

cela nous donnerait un motif de démission.

Ceci entraînerait une motion de censure.

Le parti devrait vous soutenir, vous en êtes le chef.

Il serait fini.

Et vous accepteriez d'être Premier ministre.

Une fois Winston écarté, qui sait ?

Mais ce qui compte, Neville,

c'est que votre politique soit remise en avant.

La paix et la protection de notre nation.

Officiellement.

Pardon ?

Il doit déclarer officiellement son refus d'engager

des pourparlers de paix.

Il faut que ce soit écrit.

Merci.

- Mlle Layton. - Bonjour.

Suivez-moi.

Bonjour.

Merci, monsieur.

Merci, madame.

Que se passe-t-il, ici ?

L'information est réservée

à d'autres que vous.

Les toilettes ?

Pour le Premier ministre.

Le dortoir, au cas où vous rateriez le dernier train.

Là, c'est la salle des cartes.

Interdite aux femmes.

C'est quel ministère ?

Toute indiscrétion, commise en ce lieu ou ailleurs,

au sujet de ce qui se passe ici, est une infraction

passible de deux années de travaux forcés.

Est-ce clair ?

Limpide.

Bien.

C'est la salle du Cabinet de guerre.

Interdite.

Je ne cherche pas à vous brimer,

c'est le règlement.

Voici la salle des dactylos.

- Bonjour, monsieur. - Mesdames.

Là, c'est vous.

La Belgique et la Hollande vont capituler.

Et les Français ?

La 9e armée, composée de 200 000 hommes, a capitulé.

Tous les soldats ?

Ils ont capitulé,

déserté, une vraie déroute.

Nos forces terrestres, environ 300 000 hommes,

battent en retraite.

Nos troupes ont un soutien aérien ?

La Luftwaffe contrôle le ciel.

Nous avons trop peu d'avions pour les contrer.

Il est inutile d'envoyer nos précieux avions de chasse en France.

Gardons-les pour nous défendre.

Et la Royal Navy se tourne les pouces, neutralisée,

inutile.

Dès que nos flottes approchent l'ennemi,

elles essuient de cinglantes attaques aériennes.

Il avance à une allure dévastatrice.

Les panzers progressent rapidement vers l'ouest.

Ils devront s'arrêter pour se ravitailler en carburant.

Nous ne sommes plus en 1918.

Ils peuvent

faire le plein à un poste à essence.

Un poste à essence ?

La voie vers Paris est ouverte.

7 millions de réfugiés sont sur les routes.

L'Europe de l'Ouest devrait s'effondrer d'ici quelques jours.

Faut-il avertir le peuple ?

Pas encore.

Incitons d'abord nos vieux amis

à faire preuve d'une résistance héroïque.

La France doit être sauvée.

M. le Premier ministre.

Peut-être en anglais, M. le Premier ministre.

Nous avons survécu à des crises par le passé,

je suis certain que nous survivrons à celle-ci.

Quel est votre plan de contre-attaque ?

Il n'y a aucun plan.

Mais vous devez contre-attaquer.

Il le faut.

Je ne puis croire que cette...

percée de panzers soit une vraie invasion.

Pas une vraie invasion ?

Si les chars ne sont pas appuyés par des unités d'infanterie,

ce sont

de petits drapeaux

plantés sur une carte.

Car les équipages de chars ne sont pas autonomes.

Je refuse de considérer cette attaque spectaculaire de chars allemands

comme une vraie invasion.

Il délire.

Il délire complètement.

Ces Anglais...

C'est un acteur,

il est amoureux du son de sa voix.

J'adore l'écouter.

Mais il ne faut jamais suivre ses conseils.

Il a 100 idées par jour.

4 sont bonnes,

les 96 autres sont très dangereuses.

Son père était comme ça.

Un grand orateur, mais...

Puis la syphilis l'a rendu fou.

Les nations pâtissent des péchés de leurs pères.

Mon avis ?

À ce moment charnière pour l'Empire,

nous avons un ivrogne à la barre.

Un scotch au réveil,

une bouteille de champagne au déjeuner,

et une autre au dîner.

Cognac et porto jusqu'aux aurores.

Je ne lui prêterais pas ma bicyclette.

C'est un conservateur converti aux libéraux,

qui nous agresse pendant 10 ans,

puis revient chez les conservateurs

quand ça lui chante.

Navré,

mais il défend un seul intérêt,

le sien.

Nous devrons peut-être le remplacer, Bertie.

Le remplacer ?

Il faut conclure la paix

pour que nos fils et nos filles

sortent de cette crise avec un toit sur leur tête.

Voilà qui est parlé comme un Premier ministre.

13 MAI

19 MAI

Le V de la victoire.

Vous devez répondre au Lord du sceau privé.

Dites au Lord du sceau privé,

que je suis sur mon seau privé

et que je traite une seule merde à la fois.

Le discours est retransmis ce soir,

ne m'épargnez pas, Anthony.

Soyez franc.

Je ne pense pas.

C'est-à-dire ?

Vous suggérez que nous gagnons.

Ce n'est pas vrai.

Non, mais...

cela va les inspirer.

- Winston, je sais... - Anthony.

Je vais leur insuffler

un état d'esprit qu'ils ignorent posséder.

Vous m'avez demandé mon avis.

Je vous mets en garde.

Cicéron.

Cicéron !

"Si la fortune t'est contraire...

etc."

Où est-il ? Je l'avais laissé là.

Clemmie !

Chatte ! Clemmie !

On ne peut honorer nos factures.

Mon ouvrage de Cicéron, tu l'as rangé ?

Tu entends ?

- Quoi donc ? - Nous sommes fauchés.

Dehors !

Allez, tout le monde dehors.

Je n'ose plus faire de chèques.

Je vais me rationner.

Seulement quatre cigares par jour.

Tu es insupportable !

Autre chose ?

Oui, mon amour pour toi.

Tu as déjà bu, ce matin ?

Je te vois à présent,

comme je t'ai vue la première fois,

en 1904.

J'étais resté sans voix.

Je devais être belle pour accomplir ce miracle.

On ne s'est revus qu'au bout de quatre ans.

Ils sont passés en un éclair.

Tu étais très courtisée.

Ton fidèle serviteur, Sidney Peel.

- Un homme brillant. - Lionel Earle.

Un admirable danseur.

Puis un soir, chez Lady St Helier,

qui est arrivé ?

Cochon.

Lui-même.

Sommes-nous des vieillards ?

Toi, oui.

Chameau !

Accepterais-tu que je te lise mon discours de ce soir ?

M. le Premier ministre, la situation en France ?

Est-il vrai que nous battons en retraite ?

La France est-elle perdue ?

Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archisèches ?

Veuillez vous asseoir ici,

à votre bureau.

Parlez lentement et distinctement.

Dans le microphone.

Bien,

si vous êtes prêt,

à 21 h précises,

la lumière rouge s'allumera, nous serons en direct devant la nation.

21 heures,

lumière rouge,

vous commencez.

Oui ?

Un instant.

M. le Premier ministre,

sommes-nous prêts ?

Encore un instant.

Nous allons être en direct.

Un instant, bon Dieu !

Et

quatre,

trois,

deux,

un.

Je vous parle

pour la première fois

en tant que Premier ministre,

à une heure solennelle

de l'existence de notre pays,

de notre Empire,

de nos alliés,

et par-dessus tout,

pour la cause de la liberté.

Une immense bataille

fait rage en France et dans les Flandres.

Les Allemands,

grâce au remarquable emploi combiné

de bombardements aériens et de chars lourdement armés,

ont enfoncé les défenses françaises

au nord de la ligne Maginot,

et de puissantes colonnes de blindés

dévastent à présent la campagne exposée

qui, les deux premiers jours,

est restée sans défense. Cependant,

LES FRANÇAIS DISENT TOUT EST SOUS CONTRÔLE

j'ai une confiance inébranlable

dans l'armée française et dans ses chefs.

Seule une petite partie de cette splendide armée

a été jusqu'ici lourdement engagée,

et seule une petite partie de la France

a été jusqu'ici envahie.

Côte à côte,

le peuple britannique et le peuple français

ont avancé...

Avancé ?

Comment ose-t-il, bon sang ?

... contre la tyrannie la plus infâme et la plus écœurante

qui ait jamais obscurci et souillé les pages de l'Histoire.

À présent,

un lien nous unit tous.

La volonté de faire la guerre

jusqu'à la victoire,

et de ne jamais nous soumettre

ni à la servitude ni à la honte.

Quel que soit le prix,

quelle que soit la souffrance,

nous devons vaincre,

et nous vaincrons.

Bravo, Monsieur.

Je t'ai trouvé formidable.

Depuis dix ans, j'étais le seul à leur dire la vérité,

jusqu'à ce soir.

Il n'y a aucune avancée.

C'est la débâcle.

Nous sommes en pleine retraite.

Mais est-ce leur rendre service que de les priver de sommeil

et de terroriser leurs enfants ?

Même si le pire arrive ?

Justement parce qu'il arrive.

Il y aura un temps pour la vérité.

Tu as vu ça ?

Qu'y a-t-il de si drôle ?

M. le Premier ministre ?

Qu'y a-t-il ?

Peut-être...

Je ne suis pas sûre que vous le sachiez mais...

Votre façon de faire le V de la victoire,

dans les quartiers populaires, ce geste signifie autre chose.

- Quoi donc ? - Je ne peux pas le dire.

J'ai été capturé par les Boers,

j'ai été prisonnier en Afrique du Sud.

Va te faire foutre,

Monsieur.

Va te faire foutre ?

Dans ce sens-là, oui, Monsieur.

Mais si vous tournez la main, ça va.

Des millions de gens pourraient être choqués.

Absolument.

Va te faire foutre !

Votre Majesté.

Je ne vous dérangerai pas longtemps.

Je vous ai entendu à la T.S.F.

Ai-je été intelligible ?

Le peuple a besoin d'être guidé,

et non berné ou livré à lui-même, pour se faire son opinion.

Bien.

Ce sera tout, Votre Majesté ?

Oui. Au revoir, M. le Premier ministre.

Au revoir.

Je viens de me faire royalement taper sur les doigts.

19 MAI

25 MAI

Depuis 20 h hier, les Allemands ont encerclé

60 divisions britanniques, belges et françaises.

Nos forces, commandées par Lord Gort,

se replient ou tentent de le faire, vers la côte française,

à Dunkerque, qui est inaccessible.

Combien d'hommes sont piégés ?

Tous.

La totalité de l'armée de métier de notre pays.

Et nous n'avons aucun plan de sauvetage.

Général, êtes-vous en train de dire

que nous aurons perdu la totalité de l'armée britannique

dans les prochains jours ?

C'est exact.

L'Allemagne est supérieure à tous égards

et se trouve à seulement 80 km de la côte.

Ils nous poussent dans la mer.

Non, les Allemands ne doivent pas atteindre la mer.

Pas avant que nous ayons évacué

nos hommes.

Ismay, qu'en dites-vous ?

En l'état actuel, nous avons peu d'espoir

de récupérer aucun de nos soldats.

Pas un seul homme ?

Nous ne pouvons pas être totalement à leur merci.

Que va-t-on faire ?

Qui répond ?

Allons, parlez !

Il nous reste une garnison à Calais, à 40 km à l'ouest.

- Combien sont-ils ? - Environ 4 000.

Il fallait le dire.

Oui, donc,

on les envoie vers l'est,

combattre les Allemands qui se dirigent vers Dunkerque,

pour gagner du temps.

Nous détournons l'attention des nazis de Dunkerque,

tandis que nous procédons, par voie maritime,

à l'évacuation de nos forces. Est-ce possible ?

Ce serait un immense sacrifice.

4 000 jeunes hommes.

Pour en sauver 300 000.

Qui commande la garnison de Calais ?

- Le général de brigade Nicholson. - Très bien.

Dites-lui qu'il est absolument vital pour notre île

qu'il attire l'ennemi, ses blindés et ses bombardiers loin de Dunkerque,

qu'il attise sa colère...

et qu'il continue le combat,

s'il le faut

jusqu'à la destruction de sa garnison.

C'est du suicide.

M. le Premier ministre,

j'ai des réserves.

Qui n'en a pas ?

Ce sacrifice est inutile quand il y a une alternative.

Laquelle ?

L'Italie s'offre en médiateur de paix

entre nous et l'Allemagne.

J'ai répondu qu'à condition

que la liberté et l'indépendance de l'Empire soient assurées,

nous étudierions toute proposition.

Avec Hitler

qui tient le manche du fouet.

Vous le voyez vraiment honorer sa parole ?

Il aurait tout intérêt à le faire.

La seule chose à faire,

c'est de montrer à ce forcené

qu'il ne peut conquérir notre île, et pour cela, il nous faut une armée.

Nicholson doit empêcher les Allemands d'accéder à la mer.

Car d'abord,

nous devons récupérer nos soldats sur cette satanée plage !

J'en assume la responsabilité.

- Vraiment ? - Parfaitement !

C'est pour cette raison

que j'occupe ce siège !

Je sais qu'avant d'assumer

la responsabilité de la mort de 4 000 hommes,

vous souhaiterez explorer

toutes les voies.

Comment cela ?

Que dites-vous du principe des pourparlers de paix ?

Devons-nous comprendre

que vous excluez ne serait-ce que l'idée d'y participer ?

Je souhaite parler au vicomte d'Halifax et à M. Chamberlain,

en privé.

Donnez l'ordre à la garnison de Calais.

Prévenez-moi quand ce sera fait.

Rompez.

Vous aussi, allez, sortez.

Bridges !

Allez, plus vite que ça ! Dehors.

Winston,

nous allons subir une défaite terrestre,

notre armée va être anéantie,

et l'invasion est imminente.

Soyons rationnels.

Nous sommes une nation de marins,

nous le sommes

depuis l'âge de Bronze.

La Manche nous appartient.

Elle est nos douves, notre rempart,

et les Allemands n'ont jamais vu une étendue d'eau

plus grande qu'un foutu lac.

Il faudrait d'abord qu'ils atteignent notre île, Edward.

Des hommes, des femmes et des enfants,

parce que nous aurons manqué à notre devoir de protection,

seront sans défense.

À qui la faute ?

Face à la plus grande armée jamais créée.

La France capitulera, et l'Allemagne augmentera sa production d'avions.

Elle s'appropriera la flotte française.

Qu'est-ce qui arrêtera Hitler ?

Des mots, des mots, rien d'autre.

Si vous refusez les pourparlers de paix, je devrai...

Ne pourrait-on permettre à Edward

une simple rencontre

avec l'ambassadeur d'Italie, Bastianini,

afin d'évoquer le rôle éventuel

des Italiens dans la médiation entre nous et l'Allemagne,

et ce qu'il en coûterait ?

TOILETTES

OCCUPÉ

M. le Président.

Winston !

Franklin.

Comment allez-vous ?

Bien.

Et vous, M. le Premier ministre ?

Je suis en grande forme.

Dites-moi,

je vous téléphone au sujet

de vos navires.

Si vous pouviez nous prêter ne serait-ce...

50 destroyers d'occasion,

ou même 40 suffiraient.

C'est-à-dire que...

je me suis renseigné

mais c'est impossible, je le crains.

La Loi sur la neutralité signée l'an dernier me lie les mains.

Je ne peux pas la contourner.

J'ai essayé.

Puis-je...

Ai-je votre permission

d'envoyer un porte-avions

prendre les avions P-40 que l'on vous a achetés.

M. le Président ?

Là aussi, nous sommes coincés.

Une nouvelle loi interdit le transbordement de matériel militaire.

Mais nous les avons payés.

Nous les avons payés avec l'argent que nous vous avons emprunté.

Je suis vraiment navré, Winston.

Il est inutile que je vous rappelle

les difficultés qu'affronte l'hémisphère occidental.

Privé d'un soutien de votre part...

Je sais bien.

Vous êtes dans mes pensées jour et nuit.

Attendez, nous pourrions peut-être...

M. le Président...

Ce que je veux dire...

Nous sommes

dans une situation désespérée.

On peut déposer vos avions

à environ 1 km de la frontière canadienne.

Si vous envoyez un attelage de chevaux depuis le Canada,

pas des véhicules motorisés,

vous pourrez leur faire traverser la frontière.

Qu'en dites-vous ?

Des chevaux ?

Vous avez bien dit un attelage de chevaux ?

Sinon, vous pouvez les pousser vous-même,

ces fichus engins ont des roues.

C'est vous qui voyez.

On pourrait faire ça.

M. le Premier ministre ?

Tout ce que vous pourrez faire, Franklin,

sera grandement apprécié.

Bonne nuit, Winston.

Il doit être tard chez vous.

Bien plus tard

que vous ne pouvez l'imaginer.

Appelez l'amiral Ramsay sur une de ces lignes.

Bien, M. le Premier ministre.

Passez-moi l'amiral Ramsay.

Amiral Ramsay.

C'est le Premier ministre.

Bertie ?

J'espère que je ne vous réveille pas.

Pas du tout, je lisais la Bible.

L'Exode ?

Écoutez-moi, Bertie.

Nous devons évacuer nos soldats.

La Royal Navy dit qu'avec un croiseur, 6 destroyers et avec...

la Luftwaffe qui contrôle le ciel,

au mieux, on en sauvera 1 sur 10.

Je veux que vous ordonniez

un rassemblement de bateaux.

- De bateaux ? - Oui...

Des bateaux civils.

Tous ceux que vous pourrez trouver.

Que ce soit des clippers, ou des yachts de luxe,

tout bateau de plus de 9 mètres, qui peut aller en France.

Vous êtes toujours là ?

Entendu.

Aidez-moi à monter cette opération.

Essayons au moins de ramener quelques soldats.

Je transmets l'ordre à la BBC.

Bien.

Bertie, vous êtes encore là ?

Oui, Monsieur.

Il nous faut un nom

pour cette opération.

GÉNÉRATEUR

Bonjour, M. le Premier ministre. Un mot pour nos lecteurs ?

25 MAI

26 MAI

Comment faites-vous pour boire durant la journée ?

J'ai de la pratique.

Je souhaitais vous parler...

On m'a demandé s'il fallait planifier

mon évacuation et celle de ma famille

vers le Canada.

Quel est l'avis du Premier ministre ?

Je pense que vous devez faire ce que vous estimez juste pour vous,

votre famille,

et la nation.

Votre survie est primordiale.

Nous autres, Premiers ministres,

nous nous succédons à un rythme stupéfiant.

Votre position au Parlement

me dit-on, n'est pas solide.

Mon parti

n'apprécie pas la manière

dont Chamberlain a été écarté.

On ne me fait pas confiance.

Ils veulent Halifax,

mais pourquoi remplacer le joueur d'orgue de barbarie par son singe ?

Lord Halifax est un ami intime.

On ne veut pas de moi.

On se méfie de moi depuis les Dardanelles.

On ne veut pas de moi.

Peut-être parce que vous effrayez les gens.

Qui ?

Vous m'effrayez.

C'est absurde.

En quoi puis-je vous effrayer ?

On ne sait jamais quels mots vont sortir de votre bouche.

Des mots qui flattent,

des mots qui blessent.

J'ai des émotions débridées.

Une fougue que j'ai dans le sang,

et que je partage avec mon père.

Et ma mère, également.

Nous ne connaissons pas la modération.

Étiez-vous proche de vos parents ?

Ma mère

était fascinante,

mais peut-être trop aimée.

Mon père était comme Dieu,

occupé ailleurs.

Bonjour, messieurs.

J'ai convié

le ministre de la Guerre à se joindre à nous.

Neville, voulez-vous...

Anthony !

De toute évidence,

la situation est périlleuse.

Mais le président du Conseil français

m'assure que même si

des unités blindées allemandes ont atteint la mer,

la situation semble maîtrisée.

Quelles nouvelles de Calais ?

L'attaque de nos soldats a échoué et la garnison est encerclée.

Elle essuie un déluge d'obus et de bombes.

Nos pertes se montent à 60 %.

M. le Premier ministre,

les pourparlers de paix.

Il nous faut avoir du nerf.

Montrer que nous entendons en découdre jusqu'au bout.

Proposer la paix,

- c'est se montrer faible. - Exact.

Si nous sommes battus,

ce ne sera pas pire que de renoncer maintenant.

Évitons de nous laisser entraîner

sur le terrain glissant

des pourparlers de paix.

Le terrain glissant ?

Je soupçonne l'Italie et l'Allemagne

de vouloir nous piéger dans les négociations

pour nous empêcher de faire machine arrière.

Faux. Bastianini dit...

- Je propose... - Le seul terrain...

Cessez de m'interrompre quand je vous interromps !

En composant mon Cabinet de guerre, j'ai pris soin de m'entourer de rivaux.

J'ai peut-être forcé la dose.

Vicomte d'Halifax,

l'approche que vous proposez

est non seulement futile,

mais elle nous fait courir un danger mortel.

Le vrai danger mortel,

c'est le rêve romantique de se battre jusqu'à la fin.

Qu'est-ce que la fin,

sinon la destruction de tout ?

Mourir au combat n'a rien d'héroïque si cela peut être évité.

Il n'y a aucun patriotisme dans la mort ou la gloire

si l'on est certain de mourir.

Il n'y a aucune honte à vouloir abréger une guerre

que nous perdons.

Nous perdons ?

L'Europe est toujours...

L'Europe est perdue.

Et avant que nos troupes ne soient totalement anéanties,

le temps est venu de négocier

afin d'obtenir les meilleures conditions possibles.

Hitler n'imposera pas des termes scandaleux.

Il connaît ses faiblesses. Il sera raisonnable.

Quand apprendrons-nous ?

Quand apprendrons-nous ?

Combien de dictateurs

devra-t-on encore courtiser,

apaiser, et abreuver de privilèges,

avant de retenir la leçon ?

On ne parlemente pas avec un tigre

quand on a la tête dans sa gueule !

M. le Premier ministre !

Winston.

- Hier, vous avez accepté. - Accepté quoi ?

Que je rencontre Bastianini.

J'ai permis l'exploration théorique

du prix qu'exigerait l'Italie, c'est tout.

Si vous n'autorisez pas la recherche d'un accord de paix

alors, vous aurez ma démission.

Ne soyez pas idiot. J'ai besoin de vous, vous le savez.

Je refuse de voir une autre génération de jeunes hommes

mourir sur l'autel sanglant de votre orgueil.

Il faudrait mourir comme des agneaux ?

- Les Dardanelles n'ont pas suffi ? - Vous osez ?

Nos troupes mâchaient du barbelé dans les Flandres,

je les ai vues.

Ouvrir un deuxième front

pour contourner les Turcs

était une idée militaire sérieuse

qui aurait très bien pu fonctionner

si les amiraux et le commandant de la Royal Navy

n'avaient pas gâché notre effet de surprise.

À vous de trancher.

Entamez des pourparlers dans les 24 h, ou je démissionne.

SULFATE DE MORPHINE

Je l'ai prévenu.

Ça l'a ébranlé.

J'imagine.

Je lui ai laissé 24 h.

Je pense qu'il refusera.

Je démissionnerai le premier, vous suivrez.

C'est crucial pour présenter une motion de censure à la Chambre.

Je l'annoncerai.

Le roi nous soutiendra.

M. le Premier ministre.

Quand souhaitez-vous parler au Cabinet extérieur ?

Aujourd'hui, l'Amirauté a donné l'ordre

à tous les propriétaires de bateaux de plaisance à moteur

mesurant entre 9 et 30 mètres de longueur

de se faire connaître immédiatement.

Au général de brigade Nicholson,

30e brigade d'infanterie,

Calais.

Chaque heure qui passe,

où vous continuez à tenir,

apporte une aide incommensurable

à nos forces à Dunkerque.

J'ai la plus grande

admiration qui puisse être

pour votre superbe résistance.

Votre évacuation, toutefois,

n'aura pas lieu.

Je répète...

n'aura pas lieu.

Signature.

Tenez.

Puis-je sortir ?

Certainement pas.

Que se passe-t-il ?

On ne nous dit rien.

Tout est confidentiel.

On entend des bribes et c'est encore pire.

Que voudriez-vous savoir ?

Combien d'hommes survivront ?

Suivez-moi.

- Je n'ai pas le droit d'entrer. - Maintenant, si.

Repos, messieurs.

Les Allemands contrôlent tous les ports français

sauf Dunkerque ici, et Calais à l'ouest,

où la garnison du général de brigade Nicholson

attire le feu ennemi

et retarde l'avancée allemande sur Dunkerque.

En ces deux points,

nos troupes sont encerclées.

Nous essayons toujours

de dégager les épaves du port de Dunkerque

afin de faire accoster des bateaux pour évacuer nos soldats.

Mais l'aviation ennemie nous pilonne.

Notre seul espoir serait une couverture nuageuse

pour contrecarrer ces attaques, mais le ciel est clair.

Et même si c'était le cas,

on me dit qu'il faudra un miracle

pour évacuer seulement 10 % de nos hommes.

Courage, Mlle Layton.

Courage.

Général.

Il leur reste combien de temps

si on ne va pas les secourir ?

Un...

peut-être

deux jours.

Des nouvelles de Calais,

la 30e brigade d'infanterie.

Ils se sont repliés à la citadelle

pour livrer leur dernier combat.

L'ordre de sauve-qui-peut leur a été donné.

Mon général, un télégramme.

Bien joué, les gars.

Ça va, soldats ?

Votre évacuation, toutefois,

n'aura pas lieu.

Je répète, n'aura pas lieu.

CALAIS EST TOMBÉE.

NOMBRE DE VICTIMES ET DE PRISONNIERS INCONNU.

Au lit, cochon.

Tu dois dormir.

Laisse-moi, Clemmie.

J'en ai eu l'occasion mais c'était il y a longtemps.

À qui voulez-vous parler ?

- Passez-moi Ramsay. - Un instant.

Bertie ?

Quelle est la réaction ?

Ça va prendre du temps, il est trop tôt.

- Combien de bateaux ? - Winston, il faut attendre.

L'appel aux bateaux civils n'était pas un appel !

C'était un ordre !

26 MAI

27 MAI

- Mlle Layton. - Monsieur.

Je dois contacter...

contacter,

parler à

Oui ?

- 15 h. - 15 h, Monsieur ?

Dites à Bridges de convoquer...

Bon sang,

le Cabinet de guerre

à 15 h, merci.

Monsieur.

De Lord Gort en France.

La Belgique a capitulé.

Ils se rendront à minuit.

La France suivra de près.

Selon nos informations,

la stratégie d'attaque que l'Allemagne compterait employer

serait d'envoyer une flotte de navires,

environ 200, transportant 100 hommes chacun,

en vue d'effectuer un raid de grande envergure.

Ainsi, une force ennemie considérable

débarquerait en divers points simultanément,

appuyée par des raids aériens.

Nous pensons ne pas avoir les moyens maritimes ou aériens

d'empêcher cette attaque.

Pouvez-vous répéter ?

Il faut nous préparer à l'invasion imminente de notre île.

Il faut nous préparer à l'invasion imminente de notre île.

Nous vous recommandons d'avertir le pays du danger.

Tout le personnel qualifié pour mettre le pays en état de défense

devrait être mobilisé

dans les plus brefs délais.

Lumière.

Merci, général.

Faites procéder aux préparatifs.

Veuillez noter que l'ambassade d'Italie à Londres m'a contacté.

L'Italie est prête à servir d'intermédiaire

entre la Grande-Bretagne, ses alliés, et l'Allemagne.

Peut-être, dans ce cas,

que le moment

d'accepter cette proposition viendra lorsque...

viendra lorsque...

lorsque l'Allemagne aura tenté vainement d'envahir ce pays.

Vainement ?

Dans ce cas, vous m'obligez à donner...

Winston !

Vous refusez

de comprendre la réalité

de la fragilité de notre situation.

Notre armée est sur le point d'être anéantie.

Un accord doit être trouvé !

Anthony ?

Il semble donc que

nous soyons contraints

d'envisager au moins

la voie de la négociation.

Si les conditions d'Hitler sont

la suzeraineté sur l'Europe centrale,

le retour de certaines colonies allemandes,

et...

s'il nous laisse

notre indépendance,

alors, je serais heureux

de pouvoir mettre un terme

à nos difficultés.

Mais il est peu probable

qu'il nous fasse une telle proposition.

Si l'on me disait

quelles sont les conditions allemandes,

je serais disposé

à les étudier.

Merci, M. le Premier ministre.

Nous rédigeons un mémorandum sur-le-champ.

J'en suis venu à me demander,

ces jours-ci,

s'il n'était pas

de mon devoir,

de mon devoir...

d'envisager...

d'envisager...

S'il n'était pas...

Ce sera tout, Monsieur ?

S'il n'était pas de mon devoir

d'entamer des...

des négociations avec...

HITLER NOUS DÉFIE

UN AGRESSEUR SANS PITIÉ

Ce caporal...

Ce tyran...

Ce monstre de méchanceté...

Ce boucher...

Ce monstre...

Ce sauvage...

Ce peintre...

Ce peintre en bâtiment !

Où en étions-nous ?

Eh bien ?

Je n'ai pas compris, Monsieur.

Vous...

Oui ?

Vous marmonniez.

Je marmonnais.

Les mots justes

ne viennent pas.

Ils viendront.

Personne n'a votre talent pour trouver les mots.

C'est votre amoureux ?

Mon frère.

Où est-il ?

Il se repliait vers Dunkerque.

Mais il n'est jamais arrivé.

Quoi ?

Je vous regarde, c'est tout.

Je lis ce que nous avons ?

S'il vous plaît.

"J'en suis venu à me demander ces jours-ci,

s'il n'était pas de mon devoir d'envisager des négociations

avec..."

Avec ?

Je me trouve ici, en train d'imaginer

que je pourrais ne plus être là.

Soit parce que j'aurais perdu la vie,

soit parce que le Palais aurait disparu.

Le Canada.

Vous devez décider, Votre Majesté.

Vous régneriez en exil.

Est-ce là mon destin ?

Vous savez qu'à cet instant, j'éprouve de la colère.

Une colère noire.

Mon chéri ?

Winston chéri.

Quelqu'un te demande.

Tu as une visite.

Mon chéri, tu portes le poids du monde sur tes épaules.

Je sais.

Mais ces combats intérieurs

t'ont précisément préparé

à ce moment précis.

Tu es fort car tu es imparfait.

Tu es sage car tu as des doutes.

Je le fais entrer ?

Qui ?

Le roi.

Quel roi ?

Notre roi ?

Si ce n'est pas lui, l'imitation est parfaite.

M. Churchill.

J'espère que vous pardonnerez l'heure tardive mais...

votre épouse a pensé que c'était le soir idéal.

Peut-on s'asseoir ?

Oui, je vous en prie.

Un verre, peut-être ?

J'ai...

reçu...

une visite.

- De qui ? - Du vicomte d'Halifax.

Il semble que la perspective d'un accord de paix

se précise

d'heure en heure.

Le Cabinet de guerre prépare un courrier à Mussolini

lui demandant d'agir en médiateur

auprès de Herr Hitler.

Dans ce cas, Halifax avait raison.

J'aimerais connaître votre avis.

Vous m'obligeriez en me donnant d'abord le vôtre.

J'aimerais le connaître moi-même.

Les nations

qui tombent en se battant se relèvent

et celles...

qui se rendent docilement, sont finies.

La Belgique ?

Effondrée.

- La Norvège ? - La Hollande.

La France sous peu.

- L'état d'esprit du Parlement ? - La peur, la panique.

Et vous ?

N'avez-vous pas peur ?

Je suis absolument terrifié.

Le soutien

dont je disposais au Cabinet de guerre,

en faveur de l'idée de résister,

s'est effondré.

Plus tard dans la journée, je m'adresserai à la Chambre

en conséquence.

Vous avez mon soutien.

Votre Majesté ?

Vous avez mon soutien.

Je l'avoue,

j'avais mes réserves vous concernant, mais...

si certains ici redoutaient votre nomination, personne,

personne ne la redoutait autant qu'Hitler.

Quiconque peut inspirer la peur à cette brute épaisse,

mérite notre entière confiance.

Nous travaillerons ensemble, vous aurez mon soutien indéfectible.

On les battra, ces salopards !

J'irai au Parlement.

Mais sans le soutien de mon parti,

je dois demander la paix.

Un jour, vous m'avez donné un conseil, peut-être est-ce mon tour.

Allez à la rencontre du peuple, il vous conseillera.

En peu de mots, comme toujours.

Mais dites-lui

la vérité sans fard.

Si l'invasion est imminente, si nos troupes en France sont perdues,

ils doivent être prêts.

Sur certaines questions,

il y a très peu de gens avec qui je puisse

parler franchement.

À présent, nous pouvons parler.

Et je ne vous fais plus peur.

Un peu.

Mais je fais face.

27 MAI

28 MAI

Nous sommes parés ou à peu près.

Pourquoi à peu près, Bertie ?

Donnez-moi un chiffre.

Au total, 860 embarcations.

La plus grande flotte civile jamais formée.

L'opération Dynamo attend vos ordres.

Amiral,

déclenchez l'opération Dynamo.

Puisse Dieu veiller sur eux.

Nous avons perdu le Premier ministre.

- Savez-vous lire cette chose ? - Oui, monsieur.

Comment va-t-on à Westminster ?

La District Line, vers l'est. Une station.

La District Line, vers l'est. Une station.

- Ce n'est pas si compliqué. - Non, monsieur.

Merci.

C'est moi, monsieur.

Le mémorandum s'intitule

Suggestions d'approche de l'Italie, en voici le contenu :

"Si M. Mussolini accepte de coopérer avec nous

en vue d'un règlement de toutes les questions européennes,

qui garantirait l'indépendance

et la sécurité des Alliés,

et qui pourrait être le fondement

d'une paix juste et durable pour l'Europe,

nous nous engagerons sur-le-champ à discuter

et à trouver une solution aux questions

qui intéressent plus particulièrement M. Mussolini.

Nous croyons savoir qu'il désire régler

certaines questions méditerranéennes,

et s'il veut bien nous les préciser en secret,

la France et la Grande-Bretagne

feront leur possible pour combler ses vœux."

Alors,

c'est ça, le métro !

Merci.

Quelqu'un a-t-il une allumette ?

Merci.

Que regardez-vous ainsi ?

Vous n'avez jamais vu le Premier ministre dans le métro ?

Comment vous appelez-vous ?

Oliver Wilson, monsieur.

- Quel est votre métier ? - Je suis maçon.

Maçon.

Nous aurons bientôt besoin de maçons.

Les affaires vont reprendre.

On avance !

- Quel âge ? - 5 mois.

Il vous ressemble.

Tous les bébés me ressemblent.

Quel est votre nom ?

Mme Jessie Sutton.

Je suis enchanté.

Abigail.

Abigail Walker.

Marcus Peters.

Agnes Dillon.

Maurice Baker.

Alice Simpson.

Mlle Margaret Jerome.

Jerome !

C'est le nom de jeune fille de ma mère.

J'imagine que nous sommes proches parents.

Je vous en prie, asseyez-vous tous.

Merci, M. Baker.

Alors, comment vous...

comment vous tenez le coup ?

Ça va, vous gardez le moral ?

Oui.

C'est tant mieux.

Nous allons en avoir besoin.

J'ai une question à vous poser.

Voilà un moment que cela me préoccupe.

Peut-être aurez-vous une réponse.

Vous,

le peuple britannique,

quel est votre état d'esprit ?

Êtes-vous confiants ?

Si oui, à quel point ?

Très confiants.

On dit que la cause est perdue.

Ce sont les seules causes qui vaillent qu'on se batte.

- Bien dit. - Encore une question.

Envisageons le pire,

si l'ennemi

surgissait dans nos rues, que feriez-vous ?

- On se battrait. - Contre les fascistes.

Avec ce qu'on trouverait.

- À coups de balai, au pire. - Rue par rue.

Ils n'auront pas Piccadilly.

Pas de danger.

Et si je vous disais

que nous pourrions,

si nous le demandions gentiment,

obtenir des conditions favorables de M. Hitler

en entamant des pourparlers de paix tout de suite.

Qu'en diriez-vous ?

Jamais !

Jamais !

Jamais.

Jamais.

Tu n'abandonneras jamais ?

Non, jamais.

"Puis, on entendit parler le vaillant Horace,

capitaine de la porte :

À tous les hommes vivant sur cette terre, la mort

survient tôt ou tard.

L'homme peut-il avoir plus belle mort

qu'en affrontant d'immenses périls...

Pour les cendres de ses ancêtres

et les temples de ses dieux ?"

Vous pleurez ?

J'ai la larme facile.

Il va falloir vous y faire.

Quelle est cette station ?

Westminster, monsieur.

Westminster. C'est ma station.

M. le Premier ministre.

Le Cabinet de guerre.

Monsieur, ils vous attendent.

Je dois m'adresser au Cabinet extérieur.

- Quand ? - Maintenant.

Je ne leur ai pas parlé depuis la formation du gouvernement.

Bonjour, messieurs.

Je vais parler à mon Cabinet extérieur dans mes bureaux,

et j'invite ceux qui le souhaitent à se joindre à nous.

Cet après-midi,

je m'adresserai à la Chambre

sur la question de la sécurité nationale.

À l'heure où je vous parle,

le Cabinet de guerre

rédige un texte exprimant notre volonté

d'entamer des négociations de paix avec Herr Hitler

par le biais de...

son laquais, Mussolini.

J'ai mûrement réfléchi,

ces jours-ci, pour décider s'il n'était pas de mon devoir

d'envisager d'entamer des négociations...

avec cet homme.

Mais ensuite,

j'ai parlé à...

Oliver Wilson,

Mme Jessie Sutton,

Mme Abigail Walker,

Marcus Peters,

Maurice Baker,

Alice Simpson et Mlle Margaret Jerome.

Ces concitoyens courageux et honnêtes

ont affirmé qu'il était illusoire de penser

qu'en tentant de conclure la paix maintenant,

nous aurions de meilleures conditions qu'en combattant jusqu'au bout.

Les Allemands,

pense M. Baker,

exigeraient, au nom du désarmement, nos bases navales et bien plus,

et je crois qu'il a raison.

Jessie Sutton, parlant en leurs noms,

pense que nous deviendrions

un état asservi.

Le gouvernement britannique deviendrait le pantin d'Hitler.

Un gouvernement dirigé par Mosley, le fasciste.

Et je me joins à eux pour poser une autre question,

une question que je vous pose, à présent.

Que devrait-il advenir de nous, à la fin de tout ceci ?

Certains pourraient y gagner.

Les puissants parviendront peut-être à tirer leur épingle du jeu,

abrités dans leurs fortins campagnards, loin de la croix gammée

qui flottera au-dessus

du palais de Buckingham !

Du château de Windsor !

Et partout sur ces bâtiments.

Jamais !

Alors, je viens à vous...

Je viens à vous

pour connaître votre opinion, en cette heure grave.

Voyez-vous,

je me suis laissé dire par mes nouveaux amis

que vous pourriez vous soulever

et me tailler en pièces

si j'envisageais un instant de négocier ou de me rendre.

- Avaient-ils tort ? - Non !

Avaient-ils tort ?

Avaient-ils tort ?

À présent, je vous ai entendus.

Je vous ai entendus.

Il me semble que, comme eux, vous souhaitiez

que si la longue histoire de notre île devait prendre fin,

alors qu'elle ne s'achève que lorsque chacun d'entre nous

sera à terre, noyé dans son propre sang !

Lorsque j'ai demandé à connaître leur opinion,

certaines réactions, compte tenu de la nature de la réunion,

m'ont grandement surpris.

Il ne fait aucun doute

que si l'on montre la moindre faiblesse dans la conduite de la nation,

nous serons chassés du gouvernement.

Je suis certain qu'à présent, les ministres de tous bords

seront prêts à se faire tuer

et à sacrifier leur famille et tous leurs biens

plutôt que de renoncer.

En cela, ils représentent presque tout le peuple,

et il m'incombe

dans les jours et les mois à venir

d'exprimer leurs sentiments.

Il n'y aura pas

de paix négociée.

Chacun de vous réagira

comme bon lui semblera.

Veuillez m'excuser, messieurs.

Je crois que j'ai un discours à donner au Parlement,

et je n'ai pas encore écrit un mot.

Les voilà !

- Minuscule. - Monsieur.

- Mlle Layton. - Monsieur.

J'ai besoin de vous.

Il faut démissionner et voter la motion de censure.

Allons d'abord aux Communes, rejoindre nos collègues.

Nous prendrons la parole après l'allocution du Premier ministre.

"Voici une femme toujours épuisée,

car d'elle on a toujours trop exigé."

Le Premier ministre.

Pour en revenir à la question de l'invasion,

j'observerai qu'il n'y a jamais eu une époque,

durant les siècles d'histoire qui font notre orgueil,

au cours de laquelle une garantie absolue contre l'invasion

aurait pu être donnée à notre peuple.

Mais je suis moi-même

tout à fait confiant

que si tout le monde fait son devoir,

si l'on ne néglige rien,

et si l'on prend les meilleures dispositions,

comme c'est déjà le cas,

nous nous montrerons une fois encore capables

de défendre notre île,

de surmonter la tempête de la guerre,

et de survivre à la menace de la tyrannie.

S'il le faut,

des années durant,

s'il le faut,

seuls.

En tout cas, c'est ce que nous essaierons de faire.

Telle est la résolution du gouvernement de Sa Majesté,

et de tous les hommes qui le composent.

Telle est la volonté

du Parlement et de la nation.

L'Empire britannique et la République française

unis au service de la même cause et des mêmes besoins,

défendront jusqu'à la mort

leurs sols natals.

Ils s'aideront l'un l'autre

en bons camarades

jusqu'à l'extrême limite de leurs forces.

Bien dit !

Bien que des pans entiers de l'Europe et des États anciens et illustres

soient tombés ou puissent encore tomber

dans les griffes de la Gestapo

et de l'ignoble appareil de l'autorité nazie,

nous ne faiblirons, ni ne faillirons.

Nous tiendrons jusqu'à la fin !

Nous nous battrons en France,

nous nous battrons sur les mers et les océans,

nous nous battrons avec une confiance et une force croissantes dans les airs.

Nous défendrons notre île,

quel que soit le prix à payer.

Nous nous battrons sur les plages,

nous nous battrons sur les terrains d'aviation,

nous nous battrons dans les champs

et dans les rues,

nous nous battrons dans les collines.

Nous ne nous rendrons jamais !

Même si...

même si,

et je n'y crois pas un instant,

cette île ou une grande partie de cette île

était subjuguée et affamée,

alors notre Empire au-delà des mers,

armé et gardé par la flotte britannique,

poursuivrait le combat

jusqu'à ce qu'au moment choisi par Dieu,

le Nouveau Monde, dans toute sa force et sa puissance,

s'avance pour secourir et libérer l'ancien.

La victoire !

Vous avez changé d'avis ?

Ceux qui ne changent pas d'avis,

ne changent jamais rien.

Que vient-il de se passer ?

Il a mobilisé la langue anglaise

et l'a envoyée au combat.

LA QUASI-TOTALITÉ DES 300 000 SOLDATS DE DUNKERQUE

FURENT RAMENÉS DANS LEUR PAYS PAR LA FLOTTE CIVILE DE WINSTON.

NEVILLE CHAMBERLAIN MOURUT SIX MOIS PLUS TARD.

WINSTON CONGÉDIA LE VICOMTE D'HALIFAX DU CABINET DE GUERRE

ET L'ENVOYA À WASHINGTON.

LE 8 MAI, CINQ ANS PLUS TARD,

LA GRANDE-BRETAGNE ET SES ALLIÉS DÉCLARÈRENT LA VICTOIRE.

LA MÊME ANNÉE, WINSTON FUT ÉCARTÉ DU POUVOIR

LORS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.

"LE SUCCÈS NE DURE PAS, L'ÉCHEC NE TUE PAS,

CE QUI COMPTE, C'EST LE COURAGE DE CONTINUER."

WINSTON CHURCHILL

LES HEURES SOMBRES

Sous-titres : Isabelle Audinot

Sous-titrage DELUXE Paris

French

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