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Zulu
Vous entendez �a ?
On peut dire que j'ai grandi au son de ce chant.
L'entendre me ram�ne en arri�re
au bon vieux temps de ma jeunesse.
Me ram�ne � Walesburg.
Dans ce chant,
on nous promet une cit� en or dans l'au-del�.
Je trouvais alors que �a faisait long � attendre.
Mais je sais maintenant que cette cit� en or existe
ici-m�me, sur Terre, pour chacun d'entre nous.
c'est la cit� de notre jeunesse.
Walesburg est un nom parmi d'autres pour la d�signer.
Non pas le Walesburg d'aujourd'hui, mais celui d'antan.
Il me suffit de fermer les yeux et je m'y retrouve.
Rien n'a chang�, pas m�me moi.
Je suis toujours un petit gar�on de Walesburg.
Et l�, � c�t� de moi, l� o� il sera toujours, se trouve le pasteur.
Le pasteur Gray.
Passent devant moi tous les gens qui ont peupl� mon enfance.
Mme Belcher qui tenait une pension
et sa ni�ce, Faith Samuels, l'institutrice.
La douce et jolie Mlle Samuels.
Tu entends �a, John ?
Mamie Galbraith qui avait rencontr� George Washington.
Thad Carroll qui avait �t� tambour � la bataille de Bull Run.
Lon Backett qui tenait l'�picerie et investissait partout en ville.
Et m�me Chloroform Wiggins.
Sa m�re d�couvrit le chloroforme le jour de sa naissance.
et trouva que �a ferait un bien joli pr�nom.
Et tous les autres.
Les habitants de Walesburg.
Disparus, pour la plupart
et pourtant aussi proches de moi que les personnages d'une histoire favorite.
Cette histoire commen�a avant ma naissance,
le jour o� le pasteur a d�barqu� en ville.
C'�tait peu de choses alors
dans ces ann�es difficiles qui suivirent la guerre entre les �tats.
mais elle plut au pasteur
d�s qu'il fut descendu du train
et qu'il jeta un premier coup d��il.
Il dut faire son petit effet
lorsqu'il parcourut la rue principale pour la premi�re fois
v�tu de son manteau noir
et de son pantalon de cavalier gris,
sa grosse Bible � la main.
Mais il continua � marcher jusqu'au
saloon de Jerry Higgins.
Il n'eut pas besoin de demander le silence.
Il s'imposa naturellement d�s qu'il entra dans le b�timent.
Les gars, je suis votre nouveau pasteur.
et je vais faire mon premier sermon ici tout de suite.
Merci.
Et puisque c'est aussi nouveau pour vous que �a l'est pour moi,
il vaut mieux commencer par le commencement.
"Au commencement �tait le verbe,
"et le verbe �tait avec Dieu
"et le verbe �tait Dieu."
A partir de ce jour-l�,
Walesburg et le Pasteur �volu�rent ensemble.
Il pr�chait dans les bars
et priait dans les saloons
et faisait chanter des cantiques dans les granges.
Nous nous rassemblerons pr�s du fleuve
Sur la rive que les anges ont foul� de leurs pieds
Devant l'eau cristalline qui, � jamais,
Coulera devant le tr�ne de Dieu.
Oui, nous nous rassemblerons pr�s du fleuve,
du fleuve magnifique,
Avec les saints, nous nous rassemblerons pr�s du fleuve,
Qui coule pr�s du tr�ne de Dieu.
Et lorsque la construction de son �glise commen�a,
il avait remport� la victoire.
Presque tout le monde � Walesburg participa � la construction
et si une seule maison de Dieu fut �rig� avec amour,
ce fut celle-l�.
Oui, l'�glise du pasteur est le plus beau chapitre de son histoire.
et je faisais d�sormais partie de cette histoire.
Aussi loin que je puisse me souvenir.
Mes parents sont morts lorsque j'�tais encore b�b�
et j'�tais venu vivre dans la maison du pasteur.
Je partageais l'affection du pasteur avec son �pouse,
ma tante Harriet.
Quoi? Le d�ner n'est pas encore pr�t.
Garfield, il nous faut une nouvelle cuisini�re.
Le service t'a plu ce matin ?
Content de l'entendre.
Les autres aussi l'ont trouv� bien.
John Kenyon,
tu n'es pas oblig� d'imiter le pasteur en tout.
Compris.
Je l'ai moi-m�me trouv� plut�t bien, � vrai dire.
- Ne vous moquez pas de moi, M. Gray. - Mais enfin, ch�rie,
pourquoi crois-tu que je me moque de toi ?
Je suis l�, sourire aux l�vres,
- parce que je me sens bien, et toi... - Tout ce que j'ai � dire,
c'est que tu devrais avoir honte.
On m'a appris
qu'un homme qui ne tient pas parole
est un �tre m�prisable.
Tu m'as d�masqu�, Harriet.
Je suis un �tre m�prisable.
Je voulais te le dire depuis longtemps mais je n'ai jamais pu.
Tu as d�pass� les bornes.
Tu m'as promis cent fois
que si j'�tais � l'orgue pendant les services,
je pourrais choisir les cantiques.
C'est vrai.
Et tu te contentes de promettre.
Qu'importe ce que veux chanter
ou ce que les gens de Walesburg veulent chanter
Oh, non, c'est toujours
ce bon vieux "Stars in my crown".
J'aime "Stars in my crown".
Je ne le sais que trop.
C'est de notori�t� publique.
�a ne finira jamais dans ce monde,
et si c'est toi qui d�cide, il en ira de m�me dans l'autre.
John, remets tes chaussures imm�diatement.
J'ai chaud aux pieds.
Qu'importe. Tu n'iras pas pieds nus le jour du Sabat.
Ce n'est pas correct.
- Ah, Garfield ! - Sois poli.
John, ob�is � ta tante Harriet.
Une femme qui fait un aussi bon g�teau au chocolat
m�rite d'�tre �cout�e.
Quant � cette histoire de cantiques, Harriet ch�rie...
Tu diras ce que tu souhaites et je t'ob�irai.
N'aie pas peur de dire ce que tu souhaites.
Parle et je n'ouvrirai pas la bouche
sauf pour le sermon.
Tu es incapable de ne pas ouvrir la bouche...
Tu m'as bien entendu, Harriet : sauf pour le sermon.
Y aura-t-il des �toiles
Des �toiles dans ma couronne
Quand le soleil descendra ce soir ?
Quand je me r�veillerai parmi les �lus
Dans les demeures du repos
Y aura-t-il des �toiles dans ma couronne ?
En dehors du Pasteur et de tante Harriet,
les �tres les plus importants pour moi
�taient Oncle Famous Prill et sa vieille chienne Belle.
Oncle Famous �tait le roi de la chasse et de la p�che.
et il n'y avait pas un gar�on ou un homme � Walesburg
qui ne l'avait eu comme professeur.
Des �toiles, des �toiles dans ma couronne
Quand le soleil descend le soir
Salut, John.
Salut, Chloroform.
Salut oncle Famous.
Chloroform.
O� allez vous ?
A la p�che.
C'est ce que je pensais.
Bon, au revoir, John.
Au revoir, Chloroform.
Au revoir, Oncle Famous.
Chloroform.
Arr�te tes b�tises. Laisse cette grenouille.
Elle ne t'aidera pas � attraper des poissons.
�a mord pas aujourd'hui.
Peut-�tre bien que oui, peut-�tre bien que non.
Mais j'ai vu un gros poisson-chat qui venait dans le coin.
Je sais exactement ce qu'il se dit.
"Ce vieil homme est trop malin pour moi
mais ce gar�on est si occup� avec sa grenouille
que je vais manger son app�t, ni vu ni connu.
Comment tu le sais ?
Je connais les poissons-chats
depuis que je suis assez grand pour me gratter de la main gauche.
Si je ne sais pas ce qu'ils pensent, qui le sait ?
- O� est-il parti ? - Il l'a pas dit.
Il est l� !
Pousse-toi !
Oh, c'est un gros. Recule maintenant, recule.
Zut alors.
Je me suis vant�,
et la Bon Dieu m'a entendu et puni.
Va-t-en rejoindre ta m�re.
Famous, j'ai � te parler.
Bonjour, M. Backett.
Il fait chaud.
Oui, monsieur.
J'ai de bonnes nouvelles pour toi.
Tu connais ce filon de mica qui se trouve sur mes 60 acres pr�s de ton terrain ?
C'est un filon qui rapporte.
Eh bien, elle arrive en plein � la limite de ta propri�t�.
J'ai d�couvert �a ce matin.
Alors, qu'est-ce que t'en dis, hein ?
Je ne sais pas, Monsieur. �a me concerne pas.
C'est ton terrain, non ? C'est pas le mien.
Si je peux pas l'acheter, il faudra que je ferme la mine.
Alors, j'ai une proposition � te faire.
60 cents l'acre, comptant, ou l'�quivalent en cr�dit � la boutique.
D'accord ?
- Que je vende ma terre ? - C'est �a.
Merci beaucoup mais
je vis sur cette terre depuis un bout de temps.
Oui, mais ce n'est pas la question.
Oui Monsieur mais je veux dire que
je crois que je suis trop vieux pour aller vivre ailleurs.
Je t'offre pas assez, hein ?
- Pardon ? - Je comprends.
J'aime les gens durs en affaires.
J'aimerais l'�tre.
Je te donne 80 cents l'acre.
La moiti� sous forme de cr�dit � la boutique.
- Eh bien... - 80 cents l'acre, 80 fois 20,
�a fait 16 dollars. T'as jamais eu autant d'argent.
Une question, M. Backett.
- J'ai cette salopette. - Oui.
J'ai un habit pour le dimanche.
J'ai une maison, un lit
et 3 repas pour chaque jour que Dieu fait.
Oui...
Que voulez-vous que je fasse de vos 16 dollars ?
�coute moi bien.
Les gars s'en prendront pas � moi
quand la mine fermera et qu'ils n'auront plus de salaire
et qu'ils ne pourront plus nourrir leurs familles.
Non. Et j'aimerais pas avoir �a sur la conscience.
Penses-y, Famous.
Oui, Monsieur.
Ta canne, mon gar�on.
Remonte-le ! Avant qu'il file !
Ferre-le !
Tire ! Tire !
Regarde �a. C'est un poisson-chat.
Attention � ses nageoires. C'est poison !
Ta main enflerait comme avec une morsure de vip�re.
Va-t-en , Belle !
Belle prise !
F�licitations, fiston.
Bonjour, Famous.
Bonjour, Pasteur.
J'ai crois� Lon Backett, il avait l'air furieux.
C'est vrai que son filon de mica continue sur son terrain ?
Il faut croire que oui.
�a fait beaucoup rire tout le monde.
Moi, je trouve pas �a dr�le.
Je veux faire d'ennui � personne, Pasteur
mais c'est chez moi.
J'en ai jamais eu d'autre.
Qu'est-ce que je vais devenir si je dois le vendre ?
Oncle Famous n'est pas oblig� de vendre, hein ?
Tu es un homme libre, Famous.
C'est vrai, c'est ce que dit la loi.
Tout �a, c'est des belles paroles.
Lon Backett me rappelle un vieux foxhound que j'ai eu,
il s'appelait Gouverneur Dobbs.
Il avait une voix de clairon � 12 dollars et adorait s'en servir.
Il ne semblait heureux de vivre
que lorsqu'il donnait des ordres.
Au point que, � chaque fois qu'il �tait dans la meute,
il se mettait � aboyer qu'il ait une piste ou non.
Pour montrer qu'il �tait le chef.
Certaines personnes se comportent de la m�me fa�on.
- Bonne histoire. - Attends la fin.
Le probl�me c'est que, � la chasse,
il ne distinguait pas un lapin d'un bourdon.
Vous savez ce qu'a fait cet idiot de chien ?
Il a conduit la meute � un groupe de putois.
Il faudra que Lon Backett se cogne � un mur
avant de changer de fa�on de faire.
Pr�t � partir, John ?
On va passer chez les Isbell en rentrant.
Revenez vite.
On n'y manquera pas.
Le Pasteur et moi passions chez les Isbell tr�s souvent.
Pour le Pasteur la ferme Isbell �tait la ferme mod�le
Salut, Jed.
De plus , on aurait dit qu'il pensait
que Jed Isbell avait toutes les qualit�s.
Enfin, presque.
Allez, descendez !
Venez boire la meilleure eau du comt�.
- Comment va ta jambe ? - �a peut aller.
Beaucoup trouvaient cette amiti� entre Jed et le Pasteur �trange.
Mais le Pasteur et Jed avaient combattu c�te � c�te
de Fort Donelson � Missionary Ridge.
La guerre avait forg� des liens que rien ne pouvait rompre, semblait-il.
- Comment vas-tu, J.D. ? - Bien, bien.
Au fait, tu es au courant ?
Salut, Chase !
Tu as assez de blondinets ici pour remplir une salle de cat�chisme.
Bonjour, Pasteur.
Que voulais-tu me dire ?
Oh, rien. Je viens d'acheter 40 acres de terre
� la veuve Matthias, c'est tout.
Encore !
Les gar�ons m'y ont pouss�. Ils n'ont pas assez � faire ici.
Une bonne affaire. De la terre de premier choix.
On en tirera une balle par acre.
Sans aucun doute.
Le seigneur est avec toi. Tu ne t'en es pas rendu compte ?
Voyons un peu, Pasteur.
Je n'ai engag� personne r�cemment.
Y a moi, ma femme et les gar�ons.
Et deux bonnes mules, Sam et Ike.
On s'en tirera tr�s bien sans l'aide du Seigneur.
On peut vivre sans yeux aussi.
Mais alors on ne voit pas.
Viens, John.
Vous devriez mieux vous occuper de ce vieux bouc,
lui �viter des combats qu'il perdra.
A bient�t, Pasteur. Au revoir !
- Comment allez-vous, Sarah ? - A merveille, merci.
- �a grandit vite ! - En effet !
- C'est pour Harriet. - Merci.
Et si vous pouviez porter cette soupe au Docteur Harris...
Dis � Bessie d'ajouter de l'eau. D'accord ?
Rappelle-le moi, John.
Quand viendras-tu � l'�glise, Jed ?
D�s que Dieu viendra m'aider � labourer mes champs.
Honte sur toi !
Je lui demanderai.
En route !
Qu'as-tu, Chloroform ?
Pourquoi t'enfuis-tu ? Il ne va rien te faire.
Te laisse pas faire, Chloroform.
Perry, je t'ai pas dit que tu n'y arriverais pas.
Je t'ai demand� de pas le faire.
T'as dit que j'y arriverai pas. Pas vrai, les gars ?
- C'est vrai. - Il l'a dit !
Vous avez vu �a ?
Il a peur.
Il a la trouille.
�coute, Perry... Je plaisantais.
Je vais inscrire ta silhouette sur ce mur.
�coute, Perry... Perry !
Dis donc, Perry... Tu crois pas que �a suffit ?
A moi d'en d�cider.
Ramasse ton chapeau et fiche le camp.
Perry me rappelle un colonel.
Il ne sait pas prot�ger ses arri�res.
Doc ?
- Oui ? - Dan Harris...
Vous venez de rentrer ?
Je suis rentr� hier soir.
Vous venez voir mon p�re ?
C'est de la part de Sarah Isbell. Il faut ajouter de l'eau.
Il se repose. Il ne faut pas le d�ranger.
- Son �tat n'empire pas ? - Il est �puis�.
Et moi aussi. La moiti� de la ville est pass�e ici.
Et l'autre moiti� doit venir demain.
Impossible qu'il aille mieux dans ces conditions.
Je vous saurais gr�...
de faire savoir qu'on n'entre pas ici comme dans un moulin.
Du calme, Dan.
Tout le monde souhaite qu'il aille mieux.
Alors, laissez-le un peu tranquille.
S'il y a des messages... - Dan !
Sur qui tu n'�nerves, Dan ? C'est le Pasteur ?
Oui, c'est le Pasteur.
Qu'il vienne ! C'est moi qu'il vient voir, pas toi !
Sous le porche !
Content de vous voir.
Asseyez-vous, mettez-vous � la aise.
Je ne peux pas rester.
Faites pas attention � Dan.
Je traitais des cardiaques avant de rencontrer sa m�re.
Faites comme chez vous !
Vous �tes s�r que �a ne va pas ?
Vous me paraissez en pleine forme.
En fait, si vous voulez tout savoir,
J'ai franchi mon seuil pour la derni�re fois.
La prochaine fois, ce sera en grande pompe
et vous ferez partie des porteurs.
Pour une fois, docteur, j'esp�re que vous vous trompez.
Pour une fois, ce n'est pas le cas.
Voici Dan qui veut vous faire partir.
Il se dit m�decin.
J'en ai plus appris en tenant le cheval du Docteur Gilbert
qu'il n'en saura jamais.
Attends, qu'est-ce... que fais-tu ?
J'ai droit � une pipe par jour, non ?
Une pipe par jour, Pasteur !
Ordre du docteur.
Elle est ti�de.
Tu n'es pas m�decin. Tu n'es qu'un fichu d�tective.
Et il ne conna�t pas Walesburg en plus.
Esp�rons que cette fois il va rester un peu ici.
Dan est rentr� pour de bon.
- n'est-ce pas, Dan ? - Si tu le dis, papa.
Tout est pr�t pour ton installation.
Tu n'auras m�me pas � changer la plaque.
Ce n'est pas le moment d'en parler.
Walesburg n'a pas besoin d'un nouveau m�decin.
Ce n'est pas interdit de faire des projets.
Le jour o� tu es n�
j'ai couru dans la rue, excit� comme un gamin;
en disant � tous :
"On a un nouveau m�decin dans la famille."
Tu �tais dans tous les projets que je faisais.
Mais ces temps derniers,
ce que je ressens pour toi se confond totalement
avec ce que je ressens pour la ville, et les gens qui y vivent.
J'ai �t� si proche d'eux,
je les ai soign�s si longtemps
qu'ils font autant partie de ma famille que toi.
A pr�sent tu prendras soin d'eux � ma place...
Toi et le pasteur.
Allons, papa, ne...
Oui, Bessie, qu'y a-t-il ?
- On demande le docteur. J'ai dit... - Le docteur se repose.
- Qui me demande, Bessie ? - La veuve Smith.
Elle a des douleurs � la poitrine. �a ne va pas.
Annie Smith ?
Tu devrais y aller.
Je ne crois pas... Ils demandent le docteur Harris.
Bessie, tu es stupide. Dis-leur que le Dr Harris arrive.
Eh bien, fiston...
J'aurais pr�f�r� que ce ne soit pas Annie Smith.
Il n'a aucune chance de gagner
et c'est bien de gagner la premi�re fois.
Vous le savez aussi bien que moi, Pasteur.
Vous n'avez s�rement pas oubli� votre premier sermon
dans le saloon de Jerry Higgins.
Et quand on y pense, c'est plus difficile pour Dan.
Moi, je ne vous succ�dais pas.
Il n'aura pas de probl�me.
Pour l'instant, il a trop de connaissances et manque de bon sens.
Il a beaucoup � apprendre.
Mais il est d�j� meilleur m�decin que moi.
Ne lui r�p�tez pas.
Vous avez une allumette ?
Il vaut mieux que je fume maintenant.
On ne fume pas dans l'au-del�.
Mon Sauveur marche � mes c�t�s.
Et nous communions ici ensemble
Il me prend par la main
Car nous sommes...
la Terre Promise, la douce Terre Promise
Et depuis la montagne
Je vois au-del� des mers
Les demeures qui m'attendent.
Pasteur, on vous demande chez la veuve Smith.
- Comment va Annie ? - Pas tr�s bien.
Que voulez-vous ?
Je suis venu prier pour Annie.
Mme Smith est au plus mal.
Vous l'aiderez plus en me laissant la soigner.
Pasteur ? Pasteur ?
Je suis l�, Annie.
Pasteur...
C'est fini.
Non, Docteur, tout commence.
Vous pouvez la voir.
Vous autres, rentrez chez vous.
Dites-moi,
qu'avez-vous � la main ?
Je l'ai coinc�e sous le couvercle du po�le. Ce n'est rien.
Ce ne sera pas rien si elle n'est pas soign�e.
Avez-vous un m�decin ?
Le Docteur Harris est malade, non ?
Venez demain. Je m'en occuperai.
Ce n'est rien.
- Dan ? - Bonsoir.
Dan...
Je pensais � ce que dit votre p�re :
si le Seigneur veut rappeler quelqu'un � Lui,
il n'a pas � s'en m�ler.
M. Gray...
Mettons d�s � pr�sent les choses au clair.
J'admire et j'aime mon p�re.
Ce n'est pas pour autant que je vais faire comme lui.
Tant que je suis le m�decin de cette ville,
Vous voudrez bien me demander la permission
avant de venir perturber mes patients.
Vous parlez de perturber.
Mais je suis venu ce soir parce qu'on m'a appel� comme vous.
On se rencontrera souvent ainsi et il vaut mieux vous y faire.
Les �mes ne sont pas toujours en bonne sant�,
pas plus que les corps.
Les �mes ne m'int�ressent pas, M. Gray
et si j'ai envie d'un sermon � ce sujet,
je viendrai l'entendre � l'�glise.
Bien. Je serais heureux de vous le faire entendre.
Ce serait perdre votre temps
et le mien.
Bonne nuit.
Bonne nuit, Dr Harris.
Oui, il est l�.
Quelqu'un pour vous voir.
Dr. Harris, voici Bobby Sam Carroll.
Bobby Sam, calme-toi, mon ch�ri.
Le docteur ne va pas te faire de mal.
Nous avons eu un accident avec un hame�on.
Oui, o� cela ?
Au pique-nique du cat�chisme.
Oh... Il est pris dans sa jambe.
On ne pas le sortir dans un sens � cause de l'ardillon
et pas dans l'autre non plus � cause de l��illet.
De la ligne, vous voyez ?
Oui.
Bobby Sam !
Les grands lui ont fait peur, je le crains.
En parlant de moi ?
�a n'a pas d'importance.
Enfin, John, qu'est-ce que je t'ai dit ?
Il ne va rien t'arriver.
John montrait � Bobby Sam comment lancer
et voil� que...
Docteur Harris !
Donnez-moi une des �pingles de votre chapeau.
Suffit ! Arr�te !
Regarde...
�a, c'est toi.
et �a, c'est l'hame�on plant� dans ta jambe.
Voici l��illet.
Pour la ligne, tu sais ?
Je vais prendre et couper l��illet
de la ligne comme �a.
Et puis je tirerai la tige d'un coup,
comme �a.
Tu vois ? C'est aussi b�te que �a.
Tu ne vas pas faire tout un plat pour un si petit truc, hein ?
10 bouteilles vertes accroch�es au mur
Si une des bouteilles tombait par terre
Il resterait 9 bouteilles accroch�es au mur.
9 bouteilles vertes accroch�es au mur.
9 bouteilles vertes accroch�es au mur.
Si une des bouteilles tombait par terre
Il y aurait...
Huit !
8 bouteilles vertes accroch�es au mur.
- Huit bouteilles vertes ! - Une autre fois, Bobby Sam !
Viens, idiot !
Et on dit merci au Dr Harris.
Ce n'est rien, Mlle...
Samuels, Faith Samuels.
Je devais �tre encore une petite fille quand vous �tes parti �tudier.
Je suis l'institutrice. J'habite � c�t�.
Mlle Samuels... Pourquoi pensez-vous que je n'ai jamais vu d'hame�on ?
- Je n'ai pas... - Je vous parais le genre d'homme...
qui n'es pas du genre � aller � la p�che ?
- Eh bien... - Oui ou non, Mlle Samuels.
Oui, en effet.
Je vois.
Merci.
Je dois rentrer.
Docteur Harris !
Mlle Samuels,
Je suis venu vous demander si vous accepteriez
que je vous emm�ne en promenade un matin, tr�s bient�t.
Nous pourrions emporter un pique-nique
et aller jusqu'� Tom's Creek.
Nous pourrions m�me aller � la p�che.
Eh bien...
J'en serais ravie
Bien. Nous partirons demain matin � 8 heures.
Les gens se demandaient ce que qu'une fille comme Faith
trouvait au jeune Dr. Harris.
La seule personne qui connaissait la r�ponse
�tait Faith elle-m�me.
Quant au jeune m�decin,
quand il la reconduisit cet apr�s-midi-l�,
il alla lentement
comme s'il voulait retarder la fin de la journ�e.
Dix bouteilles vertes accroch�es au mur,
Dix bouteilles vertes accroch�es au mur,
si une bouteille tombait par terre,
il y en aurait... - 9.
Mais il oublia son bonheur
en voyant la foule silencieuse devant la maison de son p�re.
On les entend mieux tout � coup, non ?
Le vent fra�chit.
Je sais.
Papa avait un chien qui chassa un renard pendant dix jours.
Il abandonna quand il mourut de faim.
papa m'a donn� son nom : Chase.
C'est juste une plaisanterie.
Je sais.
On dirait que le renard se dirige vers le creux
derri�re chez Oncle Famous.
Son terrier doit �tre l�-bas.
Il veut s'y cacher.
T'as pas besoin de me dire tout ce qui se passe.
Je le disais pour moi.
D'accord.
Tu veux qu'on s'arr�te voir Oncle Famous en rentrant ?
Pour quoi faire ?
Tante Harriet a fait du pain d'�pice hier.
- Je lui en ai apport�. - Il n'y en a peut-�tre plus.
Il y en avait beaucoup.
On dirait que le renard ne cherche plus � se terrer.
On dirait qu'il a fait demi-tour.
Je sais ce qu'on dirait.
Je parle. T'es pas oblig� de m'�couter.
Famous !
Viens par ici.
Famous, que s'est-il pass� ? Il y a eu un accident ?
Non, Monsieur, ce n'est pas un accident.
Je t'avais dit ce qui arriverait � la fermeture de la mine.
Non, les hommes n'attendent pas sans rien faire
quand on leur prend le pain de la bouche.
Voil� ce que je vais faire.
Je vais de faire une nouvelle offre.
50 cents l'acre. Au comptant.
- Qu'en dis-tu ? - C'est tr�s aimable � vous.
Ah, non, c'est rien.
Mais je vous l'ai d�j� dit,
je ne vois pas pourquoi je vendrais ma terre
Rien ne s'est pass� qui me ferait changer d'avis.
Il ne s'est rien pass� ?
Non, Monsieur.
Tes b�tes sont parties, pas vrai ?
Tes r�serves sont parties. Ton grain, tes l�gumes,
toute ta r�colte de ma�s.
O� vas-tu trouver l'argent pour acheter des graines ?
Comment vas-tu reconstruire ?
De quoi vas-tu vivre ? O� trouveras-tu de l'argent ?
Pauvre imb�cile, tu vas mourir de faim.
Tom...
Va � la maison chercher des semences.
Cabe, va dire � ta m�re qu'on a besoin de poulets
et toute la nourriture qu'elle a en trop.
Jeb, va chercher les mules et la charrue.
Rolfe, viens m'aider � remettre ce champ en �tat.
M. Isbell ?
Ce n'est rien, vraiment rien.
Non, Monsieur.
Vous �tes un bon chr�tien.
Quand viendras-tu � l'�glise, Jed ?
En avant !
Dis... si tu �tais Dieu...
que ferais-tu en premier ?
Des tas de choses.
Non, en premier.
Je sais pas. Et toi ?
D'abord,
je ferais en sorte que ce soit toujours l'�t�.
Plus de No�l ?
No�l serait l'�t�.
Je mettrais tout l'�t�.
Parce que ce serait l'�t� tout le temps.
Dis donc ! Et l'�cole alors ?
Y aurait plus d'�cole.
T'as d�j� vu de l'�cole en �t� ?
T'as d�j� vu No�l en �t� ?
Dieu pourrait le faire s'il voulait.
Bon sang !
Si t'�tais Dieu, que c'�tait tout le temps l'�t�,
et qu'il n'y avait pas d'�cole, que feraient les ma�tres d'�cole ?
Je sais pas. J'en suis pas encore l�.
Mais je sais qu'il y aurait tout le temps la guerre
des combats tous les jours, mais pas de morts.
Qui gagnerait ?
Mon c�t�, bien s�r.
Et je serais le g�n�ral.
J'aurais un cheval blanc comme Robert Lee.
Et je ne porterais pas de souliers.
C'est pas juste. T'aurais tout le plaisir.
A quoi �a sert d'�tre Dieu sinon ?
Idiot !
Quelqu'un vient.
Vite, ferme le puits.
C'est l'ennemi.
D�p�che-toi !
Je n'en ai pas pour longtemps.
Puis-je avoir une r�ponse, une vraie r�ponse cette fois ?
�coute, j'ai fait tout ce que tu me demandais.
J'ai attendu. J'ai essay� d'�tre patient.
Dan, s'il vous pla�t.
Je sais ce que je demande.
Je vous demande de quitter cette ville,
l'endroit o� vous avez toujours v�cu,
o� on vous aime et vous �tes en s�curit�.
Je vous demande d'abandonner tout �a
pour �tre pr�s de moi.
Vous savez que je veux �tre pr�s de vous.
Oh, ces souliers dor�s
ces souliers dor�s
Ces souliers dor�s que je vais porter
Car ils sont si beaux.
John !
Oui, maman ?
Portes-tu tes nouvelles chaussures ?
Montre-moi comment tu marches avec.
Je veux que tu les fasses � tes pieds avant la rentr�e.
Pourquoi dois-je les mettre pour l'�cole ?
Je suis pas plus intelligent avec.
On peut toujours l'esp�rer. Marche !
Voici le presbyt�re, Professeur.
Bonjour, mon gar�on. Ton p�re est � la maison ?
C'est pas mon p�re.
P�re ou pas, dis-lui que je veux lui parler.
Je vais aller le chercher.
Attends un peu.
Qu'est-ce que t'as dans l'oreille ?
Pasteur ? Pasteur ?
Pasteur ! Pasteur !
Un homme vient de sortir une montre de mon oreille.
- Pasteur Gray ? - Oui.
Votre serviteur, madame.
Je m'appelle Sam Houston Jones. Je viens du Texas.
Je suis un homme d'affaires.
Mon travail, c'est d'apporter du bonheur aux gens.
Et dans ce but,
Je donne un petit divertissement en ville ce soir.
Et je vous serais reconnaissant de venir y assister.
10% des b�n�fices seront pour votre �glise si vous venez.
Pratique inhabituelle.
Du tout. �a inspire confiance.
Si je dis aux gens d'ici que leur pasteur sera l�,
ils seront incit�s � venir aussi.
En quoi cela consiste-t-il ?
Il y a un orchestre,
il y a Frank et Zeke l�.
Ils jouent de tous les instruments.
Frank chante aussi, comme
une alouette qui louche.
Je suis la vedette. Je fais des tours de magie
et donne des conseils de sant�.
Avec des �chantillons gratuits
Qu'en dites-vous, Pasteur ?
Je suis d�sol�, Monsieur... Professeur Jones.
Je ne peux accepter votre offre g�n�reuse.
Cependant...
Si vous venez � l'�glise dimanche prochain
et que vous donnez � la qu�te,
c'est votre affaire.
Et si je d�cidais d'emmener ma famille
� votre spectacle ce soir, c'est mon affaire.
Je ne promets pas d'acheter d'�lixir, cependant.
Viens ici, mon gar�on.
Viens ici, fiston.
Qu'as-tu dans l'autre oreille ?
Ce n'est pas dans ton oreille. C'est ici m�me.
Oncle Famous. Bonsoir, Famous.
- Bonsoir. - Bonsoir, pasteur.
Laissez passer le pasteur.
- Bonsoir, Mme Gray. - Bonsoir.
Bonsoir.
C'est un nouveau chapeau, Mme Gray ?
Non, c'est le vieux avec un nouveau ruban.
Par ici, bonnes gens. Par ici !
Laissez passer le pasteur s'il vous pla�t.
Salut, Jed.
Salut !
Comment va ta jambe ?
�a peut aller, J. D., �a peut aller.
Tu devrais acheter cet �lixir. �a fait du bien aux vieux.
�a a pas l'air de marcher pour toi.
Je ne trouve pas �a dr�le.
Qu'est-ce que tu as ? �a ne va pas ?
C'est vraiment une dr�le de fa�on de gagner sa vie, hein ?
Tr�s bien. Un peu de calme maintenant, braves gens.
Du calme. Silence.
Mes amis, vous allez assister pour la premi�re fois sur sc�ne
� un tour de magie noire, de passe-passe
que m'a enseign� un vieil ami Indien.
Une prouesse �tonnante, �bouriffante et quasi impossible.
Vous allez voir �a.
Il me faut pour cela l'aide d'un jeune homme dans le public.
Toi, cow-boy.
Tu veux bien m'aider ?
Viens ici. Ne sois pas timide.
Tu n'es pas oblig� d'y aller si tu n'as pas envie.
Voil�, c'est le gar�on du pasteur.
Ah bon sang !
Vous avez l� un sacr� beau gaillard, pasteur.
Que caches-tu l�-dedans ?
Voyons un peu.
Qu'est-ce que �a peut bien �tre ?
Voyez un peu !
Regardez �a !
C'est � toi ?
Faut pas que �a t'inqui�tes. Bouge pas.
Il a quelque chose ici aussi. Qu'est-ce que c'est ?
�a alors : des saucisses !
3 saucisses, 4 saucisses, 5 saucisses. Tout un chapelet.
Vous voyez ? Il a apport� son d�ner.
Tu as faim, cow-boy ? Bien s�r. On a toujours faim � ton �ge.
On va arranger �a.
Apportez le mat�riel.
Regarde par ici, cow-boy.
�a te dit de go�ter � certaines de mes sp�cialit�s ?
Le populaire et subtil pudding Pickapoo du Prof. Jones ?
Ce sera pr�t en moins d'une minute.
On met un peu d'eau et de farine.
Puis du bon jus de pickle vieilli.
On m�lange.
Un trognon de pomme en poudre, et de l'extrait de vieilles semelles.
Mesdames,
si vous d�sirez cette recette originale,
venez me voir apr�s le spectacle et vous l'aurez.
Apportez de quoi �crire
et des sels, c'est tout.
Une pinc�e de bicarbonate.
On met �a l�.
De la cire de bougie.
Messieurs, n'�tes-vous pas las de voir toujours la m�me chose sur la table ?
Bien s�r !
Alors, demandez mon d�licieux, pernicieux pudding Pickadoo.
Et enfin on assaisonne
avec une goutte du c�l�bre extrait de pickadoo.
On le garnit avec une plume de dindon.
On laisse mijoter,
en tenant le couvercle bien ferm�.
Tiens �a, tu veux ?
Et on prononce la formule magique, abracadabra,
duzza duzza buzza da buzzadabalou presto chango.
Et le pudding est pr�t.
Tu ne veux pas voir le r�sultat, fiston ?
Allons-y, regardons !
Ce sera tout. Merci beaucoup.
Maintenant, braves gens, vous vous rapprocherez un peu.
quand vous entendez le nom de mon produit : "Tonique Magn�tique"
je veux que vous vous rappeliez ces deux mots.
Quels sont ces mots ?
"Il y a de l'espoir", tout simplement.
Quelque soit le mal dont vous souffrez,
poumons ou foie, nerfs ou organes
que ce soit chronique ou �pid�mique...
Allez chercher le jeune docteur.
Il n'a pratiquement rien mang�.
On pensait qu'il �tait �nerv� � cause du spectacle.
Je crois que c'est la typho�de.
- La fi�vre lente ? - Que pouvons-nous faire ?
Pas grand chose.
Qu'il soit le plus au calme possible.
Donnez-lui une cuiller�e de ceci s'il est agit�.
Et de la glace pour la fi�vre.
�coutez.
Il est jeune et robuste.
Il a toutes les chances de son c�t�.
Avec un peu de chance, il devrait s'en tirer.
Allons � la rivi�re.
Allons nous baigner.
Buvons. J'ai tr�s soif.
Le soleil est si chaud.
Trempons-nous la t�te dans l'eau.
Tu ne dors plus. Je vais te mettre au lit.
Je ne suis pas fatigu�e.
Va t'allonger un peu, ch�rie. Je resterai � ses c�t�s.
Je t'appellerai si...
Tu te souviens de ce qu'a dit le docteur ?
�a ne d�pend plus que de John.
C'est bien.
Le temps ne passe pas vite dans ces moments-l�.
Je ne pense plus qu'� ces moments o� j'ai �t� dure avec lui,
ces moments o� je l'ai r�primand�.
Je ne sais pas s'il comprenait toujours.
Un petit gar�on ne comprend pas toujours
qu'on peut � la fois l'aimer et le gronder.
C'est si dur � savoir.
Je l'ai toujours consid�r� comme mon propre fils.
Pour moi, c'�tait pareil.
Peut-�tre que, pour lui, ce n'�tait pas pareil.
Je suppose que c'�tait stupide de ma part
de croire que �a pouvait l'�tre.
Ne dis rien, ch�rie.
J'aurais d� �tre plus gentille avec lui.
C'est un si bon gar�on.
Il n'a jamais rien fait de mal.
J'aimerais pouvoir lui dire quel bon gar�on il a �t�,
un cadeau du ciel.
Harriet !
Tante Harriet ?
Oui, mon ch�ri ?
J'ai faim.
Y aura-t-il des �toiles, des �toiles dans ma couronne ?
Vous allez �tre en retard, M. Gray.
Allez, rel�ve-toi.
Et toi ? Tu vas � l'�glise dans cette tenue ?
Je fais l'�cole buissonni�re, comme toi.
M. Gray...
J'ai le temps, Harriet, j'ai le temps.
Tu dis toujours �a. Voil�.
Je vous le dis, M. Gray, je pourrais pr�parer
toute votre congr�gation
avant que vous soyez pr�t.
Reconnais que le r�sultat en vaut la peine.
Tu n'as pas l'air convaincu.
Tu cherches encore le bon b�ton.
Quelle blague �cul�e !
Ta voix douce va me manquer.
Parfois tu parles comme un marchand de rubans.
Va.
John, laisse la fen�tre ouverte, tu entendras les cantiques.
Chanteras-tu "Stars in my crown" ?
�a peut se faire.
Arr�tez vos �illades tous les deux. Je sais ce que vous pensez
et �a ne vous avancera � rien.
Gussie Lou Lyles sera � l'orgue aujourd'hui,
et les cantiques sont choisis. Tu veux savoir lesquels ?
Tu vois, John ? Ta tante a toujours le dernier mot.
Le bon b�ton !
Quel b�ton ?
C'est une vieille histoire.
Je ne la connais pas.
Il s'agit des jeunes gens qui me courtisaient.
Raconte, tante Harriet.
Avant de rencontrer le pasteur,
je n'�tais jamais satisfaite de mes soupirants
Je me moquais d'eux et je raillais leurs mani�res.
Un jour, ma m�re m'a dit:
"J'ai connu un homme qui allait dans les bois
chercher un b�ton bien droit pour faire une canne.
"Il n'eut pas � aller loin
"avant de trouver la branche de ch�ne ad�quate.
"Au moment de la couper,
"il ne la trouva plus tout � fait assez droite.
"Je vais chercher encore un peu, se dit l'homme.
"Et ce fut la m�me chose avec tous les arbres.
"Et bient�t, il fit nuit,
" il avait pass� la journ�e dans les bois
"en n'ayant obtenu absolument aucun r�sultat."
Maman dit :
"Harriet, tu es ainsi vis � vis des hommes.
"Pour toi, dit-elle, tout homme
"a quelque chose qui ne va pas.
"Et si tu cherches l'homme parfait,
tu ne le trouveras jamais."
Mais d�s que j'ai vu le pasteur,
je savais qu'elle se trompait.
Tante Harriet ?
Oui, mon ch�ri.
Je suis content de vivre avec toi et le pasteur
au lieu d'un papa et d'une maman comme tous les autres.
Tu as entendu ce que j'ai dit ?
Y aura-t-il des �toiles, des �toiles sur ma couronne
Quand le soleil descendra le soir
Quand je m'�veillerai avec les Elus
dans les Demeures Eternelles
Y aura-t-il des �toiles sur ma couronne ?
J'�tais toujours alit� � la rentr�e
mais le pasteur se rendit � l'�cole comme d'habitude.
J'ai autre chose � vous demander.
Qui parmi vous dit ses pri�res r�guli�rement ?
Bravo. C'est parfait.
Mais vous ne devez pas compter que sur Dieu.
n'omettez pas de vous aider vous-m�mes.
�a me rappelle le pass�...
C'�tait en 63 � la bataille de Chattanooga.
Mon cheval �tait tomb� et j'ai saut� me mettre � l'abri.
J'atterris � c�t� d'un caporal qui m�chait sa chique.
Il me regarda, �tendu sur le sol,
et il a vu la Bible qui d�passait de ma poche.
Il me dit: "Mon gars,
"C'est pas parce que tu pries
"que tu dois pas mettre ton derri�re � l'abri."
Bien. L'�t� a �t� long et
vous �tes tous press�s de revenir � vos livres.
Ces livres attendront bien une journ�e de plus, n'est-ce pas ?
Vous �tes libres.
M. Gray, j'ai � vous parler.
Puis-je savoir ce que vous faites l� ?
Pourquoi cette question ?
R�fl�chissez un peu. Il y a un cas de typho�de chez vous.
Si vous ne voulez pas contaminer toute la ville, rentrez chez vous.
Attendez !
La typho�de s�attrape par l'eau infect�e
pas par les mauvais sermons, ni les bons d'ailleurs.
Je connais mon m�tier.
- Vous avez vu John ce matin ? - Oui.
Vous l'avez touch�, vous �tes assis sur son lit ?
Sans doute.
�a fait de vous un porteur potentiel. Le savez-vous ?
Savez-vous qu'en venant ici aujourd'hui
vous avez expos� les enfants et Mlle Samuels � la maladie ?
Arr�tez !
Je suis all� dans la chambre de John, mais vous aussi.
J'ai fait des visites, des sermons, comme d'habitude.
Vous aussi.
Si vous avez raison, il faut nous enfermer tous les deux.
Comment ferait cette ville sans moi
ou un autre m�decin. Qui ferait mon travail ?
Qui ferait le mien ?
L'�cole avait � peine ouvert qu'elle dut fermer.
Faith Samuels avait attrap� la typho�de.
Bient�t, les lumi�res br�l�rent toute la nuit dans la ville
� mesure que la maladie continuait sa progression.
Vous �tes en retard, M. Gray.
Je suis all� chez les Isbell. Chase a la typho�de.
Chase aussi ?
Ne le dis pas � John.
Je n'ai jamais vu Jed dans un tel �tat.
Il a peur.
Il veut crier � l'aide mais ne sait pas � qui s'adresser.
A vrai dire, moi aussi, j'ai peur.
Viens manger.
7...Non, 8 cas cette semaine.
Faith Samuels, Kim Aldridge, Effie Meyers, les deux filles Ware,
La petite Carol Bowie, Bobby Sam.
Et Chase maintenant.
Et demain, un autre. Sauf si on trouve l'origine.
Il faut la trouver.
Quand M. Backet est venu me livrer mes courses,
Il a dit qu'il trouvait bizarre que vous n'ayez pas pens�
examiner le puits de l'�cole.
Si Lon Backett utilisait la moiti� de son cerveau,
il �liminerait cette hypoth�se.
John a �t� le premier contamin�.
L'�cole n'avait pas commenc�.
C'est vrai.
Cette tourte au poulet est bonne.
De la tourte au poulet ?
M. Carroll !
Qu'y a-t-il, Thad ?
Ma femme m'envoie, Pasteur. C'est notre Bobby Sam.
Il est...
Venez, Pasteur.
Je viens.
Entrez si vous voulez. Je renonce � vous faire entendre raison.
Un enfant est mort dans cette maison
qui serait peut-�tre encore en vie sans vous.
�a suffit !
Il est mort.
- J'y vais. - Non, attends.
Je t'ai parl� de cette dispute
avec Dan Harris devant l'�cole.
�a s'est reproduit ce soir.
Il dit que tout �a est de ma faute.
J'en arrive presque � le croire.
Comment �a, de ta faute ?
Il pense que John m'a contamin�
et que j'ai contamin� les autres enfants.
Ainsi que Faith.
- Et je ne sais qui d'autre. - Ce n'est pas vrai.
Comment pouvons-nous l'affirmer ?
C'est un m�decin. Et un bon. Il sait ce qu'il fait.
J'aurais d� l'�couter ce jour-l�, mais il m'avait �nerv�.
Je n'arr�te pas de penser qu'il avait peut-�tre raison.
Il a peut-�tre toujours eu raison. Et il est trop tard maintenant.
Trop tard pour Bobby Sam, en tout cas.
Harriet, que vais-je faire ?
Tu vas continuer, bien s�r. Comme avant.
C'est maintenant que les gens ont le plus besoin de toi.
- Ils... - Sais-tu ce que m'a dit Dan Harris ?
Rentrez chez vous et restez-y.
Je n'ai pas eu ce courage.
Je ne sais pas si j'en ai le courage maintenant, mais...
Je vais le savoir.
Et demain , Les offices ?
Il n'y aura pas d'office.
"Il n'y aura plus d'office dans cette �glise
"jusqu'� nouvel ordre.
"Priez pour les malades.
J.D. Gray, Pasteur."
Quand le pasteur ferma la porte de l'�glise
il ferma aussi la porte sur lui-m�me.
C'est tout ce qu'il pouvait faire pour ceux qui lui faisaient confiance.
Le reste �tait entre les mains du jeune Dr. Harris.
Et ces jours de d�solation marqu�rent
le vrai retour du jeune m�decin.
Il connut, pour la premi�re fois, la joie d'�tre utile,
la joie d'�tre attendu et accueilli comme un ami.
Il trouvait m�me de la joie � �tre �puis�,
dormant quand il le pouvait, sur la route, entre deux visites,
afin que d'autres puissent mieux dormir, gr�ce � lui.
Il ne pouvait plus se sentir �tranger parmi ces gens
dont les vies �taient devenues une partie de la sienne.
�a va. Il se remettra.
Dieu soit lou�.
Les chanceux, comme les Isbell,
dont les visages disaient mieux la gratitude que les paroles.
Et les autres, comme Kate et Harry Ware
dont il partageait le chagrin.
J'ai fait tout ce que j'ai pu.
Je sais, docteur.
A pr�sent, il nous fait une autre sorte d'aide.
Alors le jeune m�decin ressentit, lui aussi,
le besoin d'une aide d'une autre sorte.
Mais il ignorait que, derri�re cette fen�tre �clair�e,
se tenait un homme qui avait plus besoin d'aide que lui.
Tout ce que nous avions alors venait des gens de Walesburg :
la maison qui nous abritait,
la nourriture que nous mangions, les v�tements que nous portions
Mais ce qui avait de la valeur � nos yeux n'�tait pas cela,
c'�tait la foi vibrante de ceux qui nous les donnaient.
C'�tait notre unique richesse.
et nous �tions bien pauvres alors.
Personne n'avait plus frapp� � notre porte depuis bien longtemps.
Et pour la premi�re fois
nous ne mangions pas � notre faim.
Si tu sors, mets ton autre manteau.
J'ai parl� de sortir ?
J'ai pens� que tu irais peut-�tre au cimeti�re.
La petite Ware a �t� enterr�e.
J'ai vu passer le cort�ge.
J'ai pens� y aller.
M. Gray, �a fait bient�t deux semaines.
�cris � l'�v�que qu'il envoie quelqu'un ?
Quelqu'un qui fera mon travail � ma place.
C'est toujours mon travail.
Si les gens veulent me remplacer, ils le demanderont.
C'est � eux de d�cider, pas � moi.
Tu penses qu'ils ne vont pas tarder � le faire.
Peut-�tre m�me le souhaites-tu.
Non.
John croit en toi autant que moi.
�a devrait suffire � tout homme.
Mais pas � toi.
Pas besoin de me faire de beaux discours.
Si John et moi te suffisions, tu ne serais pas l'homme que tu es.
Je sais �a.
Et il te faut bien plus que ce que nous pouvons te donner.
Plus que de la nourriture, un abri, des louanges ou de l'amour.
Tu veux que ta ville revienne vers toi.
Si mon p�re
s'en contentait,
je peux m'en contenter aussi.
Quelle surprise ! Entre donc !
Depuis le temps, je croyais que tu m'avais oubli�.
Je viens pour Belle. Elle est l� ?
Ma Belle ?
Tu penses pas aller chasser � cette heure-ci, hein ?
Si. Il nous faut...
Tante Harriet, elle veut.
Tu ferais mieux d'entrer. Je suis en plein courant d'air.
Je suis venu chercher Belle.
Belle n'accepte pas les invitations en ce moment.
Il y a du nouveau depuis ta derni�re visite.
Quel est ton probl�me ?
Qui vous a parl� d'un probl�me ?
Ton visage parle pour toi.
J'y peux rien. C'est horrible � la maison.
C'est comme la prison. Sauf que c'est encore pire.
parce qu'on n'a rien fait. - Bien s�r.
Pourquoi est-ce que la typho�de existe ?
�a fait du mal aux gens, c'est tout.
On ne sait pas tout. Il y a peut-�tre un bon c�t�.
Attendons et nous verrons.
J'ai attendu et je ne vois rien.
La typho�de, ce n'est pas nouveau.
C'est comme les mauvaises herbes dans les champs.
�a revient de temps en temps.
J'ai vu de l'eau d�licieuse et limpide
donner la typho�de aux gens.
Elle contamine un puits ou une rivi�re
quoiqu'on fasse.
�a peut pas �tre la rivi�re.
Je n'ai jamais bu de son eau.
J'ai pas dit que c'�tait la rivi�re.
En fait, quand j'ai vu tous ces enfants tomber malade,
je me suis dit :
"Le puits de l'�cole est malade."
Mais je pense... - Quoi ?
- J'ai dit... - No, je parle du puits.
C'est peut-�tre lui la cause.
Oh, je crois pas. Ils ont d� l'examiner.
Qu'est-ce qu'il te prend ?
O� cours-tu, mon gar�on ?
John Kenyon !
John ?
Je sais ce qui a provoqu� la typho�de.
Du calme, mon gar�on.
C'est le puits de l'�cole.
Oncle Famous a des chiots. Je peux en avoir un ?
�a ne peut pas �tre ce puits, ch�ri.
Le pasteur y avait pens�.
Tu es tomb� malade une semaine avant la rentr�e.
Mais j'ai bu l'eau de ce puits.
R�p�te �a.
C'est vrai.
J'y suis all� un jour avec Chase Isbell,
mais on savait pas que ce puits avait la typho�de.
Harriet, o� est mon chapeau ?
Qui va dire � Gene Caldwell de condamner ce puits ?
J'y vais. - Bien.
Dis-lui de me retrouver l�-bas.
On le fera ensemble.
John... Quand tu l'auras fait, tu m'aideras
� le faire savoir.
Toi aussi, ch�rie. Nous devons nous assurer
que ce puits ne fera plus de mal.
Pasteur, on vous demande chez Mme Belcher.
Mlle Faith Samuels est sur le point de mourir.
Faith.
On fait le n�cessaire. Vas-y.
D'accord.
Qui t'envoie, Chloroform ?
Ceux de chez Mme Belcher.
Mais qui ? Mme Belcher ?
Non, Pasteur. C'est le jeune docteur qui m'envoie.
Merci.
Bonsoir, Mme Belcher.
Je vous ai fait venir
parce que je sais qu'elle voudrait que vous soyez l�.
Je ne peux plus rien pour elle.
Attendez dehors, s'il vous pla�t.
Un jour, vous m'avez demand� de sortir.
Aujourd�hui, c'est mon tour de le demander.
C'est ta derni�re chance.
"Tu as 24 h pour �vacuer les lieux.
"Barre-toi ou c'est la corde qui t'attend.
Ce n'est pas une plaisanterie. Les cavaliers de la nuit.
Je peux voir ?
Je comprends pas.
Je comprends vraiment pas.
Il n'y a personne par ici
que je connais pas aussi bien que votre gar�on.
Tu ne veux toujours pas vendre ?
Je ne vois pas comment je pourrais.
C'est ma ferme. Tout le monde le sait.
Si je dois mourir, je mourrais chez moi.
M. Backett...
Ce que vous faites subir � Oncle Famous n'a que trop dur�.
- Vous dites... - Un instant, pasteur.
Je vais � l'�glise.
Mais �a ne vous donne pas le droit de vous m�ler de mes affaires.
A vrai dire, M. Backett, vos affaires me regardent.
Je vous le demande devant Dieu: voyez-vous
ce que vous �tes en train de faire ?
Tuer un homme, voler ses terres,
prendre votre profit et dire que tout va bien.
�a n'en restera pas l�. Ne croyez pas �a.
Et vous tous...
O� �tiez-vous ces temps derniers ?
Vous avez vu les ravages de la typho�de ?
Vous avez vu le chagrin et le deuil caus�s par
un puits empoisonn� ?
Le poison de ce puits n'�tait rien compar� � ceci.
Si on laisse ce poison se diffuser
il se r�pandra et d�truira les �mes
et les consciences de tout Walesburg.
Je veux que...
Attendez voir !
On ne pendra personne
tant qu'il y aura un homme pour l�emp�cher.
Cavaliers de la nuit !
Des l�ches en habit de carnaval.
Vous me faites honte ainsi qu'au Seigneur
qui vous a faits hommes.
Et si je n'�tais son serviteur, c'est avec un fouet que je vous parlerais.
On va accepter �a ?
- Au diable le pasteur. - Faisons le taire.
S'il veut la bagarre, il l'aura.
Je suis impatient d'�tre � ce soir.
Rolfe me dit que Lon Backett et ses gars te cherchent des ennuis.
On peut dire �a comme �a.
Il y a des ennuis pour 6 ?
Jed, tu ne changeras jamais.
Comme autrefois !
Voil� un cheval,
va chercher tes pistolets et en route !
Je ne prends pas de pistolets cette fois.
Je risquerais de m'en servir.
Ils sont faits pour �a, non ?
Peut-�tre, mais je ne suis pas fait pour �a.
Dieu sait que j'ai besoin de vous.
Vraiment. Mais si vous venez,
il faudra faire ce que je vous dis.
Alors je prends les armes.
Oh, pas question !
Tu n'as plus un seul ami dans ce groupe,
et si tu veux g�cher leur f�te,
tu vas avoir besoin d'aide.
J'aurai de l'aide.
J.D. Gray, je ne te reconnais plus.
Quand vas-tu balancer cet habit
et redevenir un homme ?
Quand viendras-tu � l'�glise, Jed ?
Partons, les gar�ons.
Fais attention.
Je n'oublierai jamais ce que je ressentais
en regardant le pasteur s'�loigner sans moi.
Mais je connaissais le chemin pour aller chez Oncle Famous.
Et si la ville l'avait abandonn�,
ce n'�tait pas une raison pour que je fasse de m�me.
Sors, Famous, sinon on va aller te chercher.
Bon, allons-y.
Vous perdez votre temps, Pasteur. Il est fichu.
Poussez-vous.
Poussez-vous, pasteur.
Sors de l�, Famous.
Attendez un peu. Vous tous !
Et avant que vous alliez plus loin,
j'ai quelque chose � voir avec vous.
Sachez que je ne suis pas l� pour vous dissuader.
Si vous �tes toujours d�cid�s apr�s,
je ne vois pas comment je pourrais vous arr�ter.
Je suis venu ici pour...
Oncle Famous ! Ne les laisse pas faire.
Ne les laisse pas ! L�chez-moi !
Pasteur ! Arr�tez-les ! Vous devez les arr�ter !
Vous le devez ! Vous le devez !
Il n'est pas d'ici !
Je n'ai pas pu finir.
Je suis venu ce soir � la demande d'Oncle Famous.
Il sait qu'il va mourir.
Mais comme tout le monde,
Il voulait �tre en r�gle avec Dieu et ses semblables avant de partir.
Nous avons pri� ensemble et nous avons parl�.
Oncle Famous a m�me fait un testament.
Un testament ?
Qui aura ses terres ?
Oui, qui aura le filon de mica ?
Pour �viter tout litige, je vais vous lire le testament
devant Oncle Famous.
Et apr�s l'avoir entendu, et authentifi�,
vous pourrez poursuivre.
Le testament est �crit � la fa�on d'Oncle Famous.
Ce n'est pas du travail d'avocat mais ses mots � lui.
"Je n'ai pas pu mettre beaucoup d'argent de c�t�,
"mais ce que j'ai,
"je veux que �a aille � mes amis.
Ma maison, je la laisse � M. Ernest Cumberly
"dont le papa m'a affranchi.
"Je ne pouvais pas partir sans laisser
"quelque chose au fils de M. Cumberly.
"et apr�s ma libert�, ma maison est mon bien le plus pr�cieux.
"Je veux que mes cannes � p�che reviennent
"� M. Clem Elkhart.
"Quand il �tait enfant, je lui ai appris � p�cher.
"Il a eu moins de chance que moi,
"et je lui ai dit que j'avais une canne magique.
" Ses yeux brillaient d'envie.
"Elle lui portera chance.
"Je laisse � M. Perry Lokey mon carr� de past�ques.
"Il �tait adulte qu'il m'en volait encore,
"et il sait que je l'ai vu faire.
"Je laisse mon vieux fusil de chasse
"� M. Len Childers.
" Quand il �tait enfant, il a tir� avec sur un lapin,
"qui a �t� projet� sur la voie de chemin de fer.
" Je pense qu'il a suffisamment grandi pour savoir s'en servir.
"Mes cochons et mes poulets, je les laisse � M. Thad Gabry.
"Comme ce gar�on raffolait du barbecue.
"Il le sentait de loin.
"Il organisera un grand barbecue et invitera tous nos amis.
"M. Bill Cole pourra avoir mon rasoir.
"D�j� haut comme trois pommes,
"ce qu'il voulait plus que tout, c'�tait avoir une barbe.
"A pr�sent, il est plus que bien servi.
"A chaque fois qu'il l'aiguisera,
"j'esp�re que �a lui rappellera que la Seigneur pourvoit � tout.
"Mes outils, je les laisse � M. Matt Gibson.
"Un jour, en m'aidant � couper du bois,
"il s'est sectionn� l'orteil avec ma hache.
"Aujourd'hui, y a pas meilleur patron de scierie.
"Ma vieille chienne Belle, je la laisse � M. Justin Briley.
"Il n'avait pas de chien � lui lorsqu'il �tait petit gar�on.
"Je veux qu'il la laisse courir
et pas qu'elle soit attach�e � une corde."
"Je veux que tout le mica de ma propri�t�
"Revienne � M. Lon Backett.
"Il semble y tenir plus que tout au monde.
"Il est � lui.
"Je veux laisser autre chose � M. Backett.
"Je veux qu'il ait ma Bible.
"Elle vaut pas grand chose. Elle est tr�s us�e.
"Mais je veux que M. Backett l'ait.
J'esp�re qu'il la lira."
Il est � vous.
Il n'y a rien d'�crit l�-dessus.
Ce n'est pas un testament.
Mais si, mon gar�on.
C'est la volont� de Dieu.
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