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Original subtitles

Chère Lea.

Je ne sais pas pourquoi,

cet après-midi-là, je me suis cachée avec Jens, mon ami d'enfance,

dans le débarras de ma mère.

On a découvert où chacun devait toucher l'autre,

et j'ai éprouvé mes premiers frissons de plaisir.

J'ai tout de suite su que ce qui se passait dans ce débarras

allait jouer un rôle important dans ma vie.

Comme un nouveau hobby auquel on n'arrête pas de penser.

Chère Mette.

J'ai acheté trois kilos de fruits et un grand radis blanc.

Je vais les photographier.

J'étais sortie acheter des cartouches d'encre

et je suis rentrée avec 12 oranges, 10 prunes, plein de fraises,

des abricots et un radis noir.

Arriverai-je un jour à conjuguer l'amour et le sexe ?

Il me faut un hobby.

En attendant, je vais photographier les fruits et les manger.

Chère Mette.

Pas sûr que ces photos dévoilent le mystère de la sexualité.

Préparons un film érotique

basé sur des témoignages authentiques de femmes.

Chère Lea. Merci pour ta lettre.

C'est un bon prétexte.

A travers leurs témoignages,

je verrai si je suis la seule à ressentir

cet abîme

entre mon désir et celle que je suis.

J'ai passé un été

à explorer mon capital érotique.

Puis j'ai eu le courage de photographier mon sexe.

C'est quoi, notre démarche ?

Photographier nos sexes,

est-ce de la recherche pour un film ?

Le côté obscur de la sexualité m'a toujours fascinée.

La limite subtile entre la jouissance et la destruction,

ou le chagrin, si on s'ouvre à la mauvaise personne.

Avec quels mots exprimer notre sexualité et notre désir ?

Nous avons organisé un casting à Copenhague,

ouvert à toutes celles qui se posaient les mêmes questions.

Ce film explore la sexualité des jeunes femmes,

leurs premiers émois

ou leurs expériences de trentenaires,

comme nous.

Nous tournons chez Mette, dans le quartier d'Osterbro.

Les participantes devaient venir à vélo ou en bus,

à leurs frais.

Nous n'éviterons aucune question.

Nico, présente-toi encore une fois.

Je reprends depuis le début ?

Je m'appelle Nico. J'ai 20 ans.

Tu en es où, dans ta vie ?

Rappelle-moi ce que je dois dire.

Je parle d'autre chose que de sexe et d'amour ?

Non, c'est bien comme ça.

Je m'appelle Nico, j'ai 20 ans

et je viens de rencontrer mon premier amoureux.

24 septembre.

Silke, première prise.

Coucou.

- Bonjour. - Bienvenue.

Merci.

Qu'est-ce qui t'a motivée à participer à ce projet ?

- Pardon. Je suis nerveuse. - C'est pas grave.

Tout ce qui touche au sexe m'intéresse.

- Bonjour. - Salut.

Où en es-tu dans ta sexualité, en ce moment ?

Qu'est-ce qui te préoccupe le plus ?

Je crois que...

ce qui compte le plus, c'est de gagner en expérience.

Les jeunes se comparent entre eux.

Comme on n'a pas d'expérience,

on se compare aux autres

pour comprendre où est la norme.

C'est un champ de bataille d'adolescents paumés

qui ne savent pas ce qu'ils font. C'est étrange et maladroit,

mais c'est aussi intéressant,

parce que tout est nouveau.

On est très vulnérables.

Pour moi, le plus important...

Je me suis souvent demandé

si je devais avoir des rapports

uniquement pour avoir de l'expérience,

ou simplement pour dire que je l'avais fait.

On n'est pas mieux considérée si on a eu beaucoup de mecs,

mais avoir de l'expérience, ça compte.

C'est la préoccupation principale de beaucoup de gens.

Pour les jeunes, c'est bien de l'avoir fait comme il faut.

C'était joli quand tu étais assise comme ça.

Je vais rester comme ça.

Tu es courageuse, sexuellement ?

J'ai toujours été très pudique.

Ca a été un grand problème pour moi et pour mes petits amis.

Je n'osais pas me montrer nue. Même devant une femme.

Mais j'y travaille. J'ai décidé d'y travailler.

J'aurai bientôt 30 ans.

J'étais à Berlin récemment et je suis allée

dans un club techno avec des amis.

Des garçons chez qui j'habitais.

J'ai découvert que c'était excitant

de regarder les autres.

J'ai vu deux hommes ensemble. C'était captivant.

Je n'avais jamais vu ça. Je n'ai jamais vu un film porno.

En les regardant, je me suis dit :

"Waouh ! C'est fantastique."

Ca m'a donné des frissons.

J'étais tout excitée.

Pourquoi es-tu aussi pudique ?

Je crois que j'ai lu la Bible quand j'étais trop jeune.

Ca m'a inculqué l'idée que le sexe était un péché.

Que tout ce qui touchait au sexe

était un péché.

Je me suis toujours habillée comme il fallait

et j'ai toujours respecté les conventions.

Tu dis que ta pudeur t'a posé des problèmes avec tes amoureux.

Quelle était ton attitude

dans ce genre de situation ?

Ma pudeur m'a posé des problèmes avec eux.

Quand je devais me déshabiller devant eux,

je me retournais et je me précipitais sous la couette

ou j'enlevais tout sous la couette.

J'avais plein d'astuces pour me déshabiller en douce.

Et paf, j'étais toute nue !

Tu arrives à être nue devant une glace ?

Non.

Je ne peux pas me regarder.

Je fais des progrès, mais j'ai du mal

à me regarder nue dans un miroir.

Salut.

Tu penses souvent au sexe ?

Tous les jours, c'est sûr.

C'est vrai que ce projet m'y a fait penser un peu plus,

mais...

J'y pense plusieurs fois par jour.

J'y pense beaucoup.

Toutes les heures.

Mon Dieu, peut-être bien toutes les demi-heures.

Je ne dirais pas non, là.

Mais malheureusement,

je suis dans une situation

où l'homme avec lequel j'aimerais coucher

est un peu compliqué...

J'espère rencontrer quelqu'un de moins compliqué.

Ce serait agréable de...

Tu pourrais faire l'amour devant la caméra ?

Oui, j'y ai réfléchi.

Si j'ai le bon feeling, oui.

Si je sais pourquoi et comment,

si ça m'amuse et que j'en ai envie.

Mais pas si je ne le sens pas, ou si c'est bizarre.

Ma vie est déjà assez compliquée comme ça.

Tu dis que tu n'es pas sûre de vouloir

que tes parents voient ce film.

Tu oserais nous laisser te filmer pendant que tu es avec quelqu'un ?

Je ne sais pas.

Avec qui ?

J'ai personne en ce moment.

Si tu devais décrire deux tournants dans ta vie,

d'un point de vue sexuel...

Tu pourrais décrire deux moments qui ont compté pour toi ?

Je peux parler de ma première fois.

Je voulais juste en finir.

J'étais assez cynique là-dessus.

J'avais 18 ans, je trouvais ça vieux.

J'avais déjà fréquenté des garçons

et envoyé des signaux sexuels,

mais j'étais incapable de donner suite.

Je me débinais à chaque fois.

J'ai décidé de prendre le premier venu.

Alors j'ai choisi un garçon avec qui j'étais déjà sortie.

C'était à une fête, il était bourré.

"Parfait !

"Il est K.-O., j'en profite, je le ramène chez moi."

Sans entrer dans les détails, ça a été très...

Ca a été très brutal. Ca a duré 4 heures.

Il était très bien monté, mais il n'arrivait pas à jouir.

Il m'a prise par tous les trous. Ca m'a fait mal.

J'ai saigné. J'ai cru que c'était mes règles.

Mais non. C'était la défloration.

Je vois encore les traces de main rouges sur le mur.

Quand ça s'est enfin terminé,

j'ai fumé une clope.

Mon idée, c'était que...

Puisque j'avais...

tellement allumé les mecs, il était temps que j'y passe.

Ca a été violent.

A partir de là, je suis passée en mode rock'n'roll.

J'ai beaucoup expérimenté.

Pendant plusieurs années, je n'ai pas mis...

de tendresse dans mes rapports sexuels.

C'était deux choses distinctes. Pas de place pour la vulnérabilité.

Je ne pouvais pas associer tendresse et sexe.

Bonjour. Entre.

- Bienvenue. - Merci beaucoup.

Tu rêves de quoi, maintenant ?

Tu voudrais sauter le pas ?

Oui, j'en ai plutôt marre.

Pendant très longtemps,

je me suis moquée d'être vierge ou pas.

Mais maintenant,

je crois qu'il est temps pour moi de sortir du célibat.

J'en suis même sûre, mais...

Je ne sais pas comment ça va se passer,

mais je sais ce que je veux

et comment ça pourrait se produire.

Donc...

ce ne sera pas avec le premier venu.

Tu trouves ça cool, de l'avoir fait ?

Il y a un avant et un après la première fois ?

Ca te faisait quoi, d'être vierge ?

J'ai commencé très tard à avoir des rapports.

A la fin, c'était genre : "Bon, faut que je le fasse."

Je voulais en finir avec ça.

J'ai eu des rapports avec des partenaires différents.

Je voulais juste coucher un max.

C'était marrant et très agréable.

Ensuite, je suis tombée amoureuse de ma petite amie.

Là, j'ai réalisé que c'était totalement différent

de coucher avec une personne qu'on aime vraiment

plutôt qu'avec quelqu'un qu'on aime bien, sans plus.

Mais...

Je suis quand même contente d'avoir commencé avec des amis.

Ca m'a permis de m'exercer

sans qu'il y ait beaucoup d'enjeux.

J'ai grandi avec ma mère.

Mes parents sont divorcés.

Je n'ai pas de souvenirs d'eux ensemble.

Mon père est musulman.

Très pratiquant.

Il a toujours voulu que je sois

une jolie petite fille bien sage.

A la crèche, je n'avais pas le droit de jouer avec les garçons.

Il était persuadé que les animateurs me touchaient.

Si tu devais exprimer un dilemme

qui se joue entre toi et ta sexualité,

ce serait quoi ?

Mon plus gros problème,

c'est que je suis parfois gênée de ne pas avoir de limites,

d'aller trop loin.

Parfois, j'ai envie que les gens me voient nue.

Ou bien j'ai envie d'embrasser le premier venu.

Sans aucune gêne. Et j'aimerais que ça me gêne.

Parfois, j'aimerais...

me sentir un peu plus honteuse de ce que je fais.

Je rêve du moment

où je saurai que j'ai rencontré...

la bonne personne.

Sur ce point, je suis une incorrigible romantique.

Tu te rappelles ton premier orgasme, si tu en as eu un ?

Oui.

Tu peux le décrire ?

C'était avec mon ex.

On n'est plus ensemble.

On était en couple depuis un moment.

Et...

C'était fantastique.

Comme un grand frisson.

Je n'avais jamais connu ça.

Parfois j'en avais un, parfois, non.

Mais depuis ce jour-là,

tout a changé.

J'avais une nouvelle raison de faire l'amour.

Le but n'était plus seulement

qu'il jouisse, lui,

ou que ce soit agréable. Il s'agissait aussi de moi.

Tu te vois embrasser quelqu'un d'autre

pour un film ou pour une photo ?

Oui.

Tu te vois nue devant une caméra ?

Pas complètement nue.

Tu aurais envie de nous laisser te filmer

avec plus ou moins de vêtements, comme tu le souhaites ?

Maintenant ?

D'accord.

D'ici jusqu'en haut.

J'ai eu une amoureuse quand j'avais 14 ans.

J'avais des talons aiguilles en cuir,

avec des franges.

Je les portais la première fois qu'on a couché ensemble,

après une fête.

Je les ai gardés parce qu'elle les aimait beaucoup.

Elle voulait que je les porte pendant qu'on faisait l'amour.

A l'époque.

On était chez ses parents. Ils n'étaient pas là.

C'était en pleine journée.

J'étais totalement désinhibée.

Je ne savais pas ce qui se faisait ou pas.

J'ignorais ce qui était pornographique ou gênant.

Je me baladais dans la pièce, toute nue,

perchée sur mes talons.

Ils étaient super beaux, mais...

Je me rappelle l'expression sur son visage.

Elle était là...

"Fuck !"

C'était génial.

Je n'avais jamais été désirée comme ça,

d'une manière aussi respectueuse.

Elle n'avait pas besoin de parler.

Ca se voyait sur son visage.

Puis...

Elle s'est levée, elle m'a prise par la main

et m'a allongée sur le canapé.

On s'est embrassées, caressées...

On s'est léchées.

A un moment, elle m'a demandé de me retourner.

Je me suis allongée sur le ventre.

J'avais encore mes talons hauts.

Elle s'est assise sur moi.

Elle m'a dit de mettre les mains dans le dos.

Je l'ai fait.

Là, elle a pris mes seins dans ses mains.

Puis elle a frotté sa...

sa chatte, son clitoris, contre mes fesses,

tout en me malaxant les mamelons.

J'ai les mamelons très sensibles.

On entendait le crissement du cuir.

On était en nage, tellement on était collées.

Et d'un seul coup,

alors que je ne m'y attendais pas, j'ai eu un orgasme des seins.

Je n'avais pas beaucoup d'expérience,

mais ça, c'était nouveau.

Ca l'a rendue

vraiment fière.

Ensuite, elle m'a léchée, et j'ai joui à nouveau.

Je ne sais pas si c'était le cuir du canapé ou les talons,

mais c'est parti en vrille.

Je n'avais jamais entendu parler d'orgasme des seins.

Tu peux m'expliquer ?

Je ne suis pas une experte,

mais il paraît que si, au lieu de stimuler le clitoris

ou de stimuler le vagin, ce qui est peut-être pareil,

on stimule une autre partie du corps, comme les seins,

ça peut provoquer des spasmes orgasmiques.

Les garçons, c'est un grand dilemme pour moi

parce que j'ai toujours été

convaincue

que je voulais être celle qui décidait, au lit.

Je me souviens,

quand mes copines ont commencé à avoir une vie sexuelle,

elles racontaient toutes que la première fois,

le mec les doigtait et qu'après, elles lui taillaient une pipe.

Je comprenais pas pourquoi les mecs léchaient rarement les filles.

C'était comme un tabou.

Sucer un mec, c'était normal, mais lécher une fille, non.

Ca m'a marquée.

En plus, j'ai grandi avec des frères et des cousins,

et j'ai toujours dû me battre pour me faire ma place

parce que j'étais une fille et que j'étais moins forte.

Ca a créé une colère en moi contre les hommes.

C'est un problème parce que, du coup,

j'ai du mal avec la fellation.

J'ai l'impression de me soumettre.

C'est contre ma nature.

Rien que d'y penser, ça me dégoûte. Se mettre à genoux !

Quand mes copines en parlent, je leur dis :

"Beurk ! Pourquoi tu fais ça ?"

C'est idiot, c'est contre l'égalité des sexes.

Quand on reçoit quelque chose, il faut donner en retour.

Mais je n'en suis pas là.

Bien sûr,

ça pourrait m'exciter de faire quelque chose à un mec,

mais j'ai un blocage à ce niveau-là.

J'ai du mal.

C'est chiant.

Comment tu appelles ton sexe ?

J'utilise le mot anglais. Je trouve que "vagina", c'est bien.

C'est assez neutre. Et puis c'est joli.

En danois, je dirais "chatte", mais ça me semble idiot.

"Touffe", ça fait buisson des années 1970.

"Vagin", ça fait médical.

"Zézette", c'est enfantin. Il n'y a pas beaucoup de choix.

Je n'ai pas envie de le nommer.

Je n'ai pas de mot pour le désigner.

Souvent, ce sont des mots moches,

méprisants et mal utilisés.

J'ai vraiment du mal...

à mettre un nom dessus.

Je dis juste "mon sexe".

J'avais un nom pour ça, avant.

Un truc comme Wonderland ou Graceland...

Dollywood ! C'est ça.

C'est l'un de mes petits noms préférés pour le vagin.

J'aime bien dire "vulve".

C'est chaleureux et mignon.

C'est pas comme "chatte".

Je ne le dis pas très souvent.

Peut-être parce que je ne parle pas souvent de mon sexe.

Je dis juste :

"Salut ! Me voilà !"

Comment tu appelles ton sexe ?

Alors...

J'aime bien le mot "chatte" parce que je trouve que "vagin"...

Le vagin, c'est le début des problèmes.

C'est les mycoses et tout ça.

"Vagin", c'est pour les médecins.

Il y a aussi "minou".

Ca dépend si on se rase ou pas.

Un minou, c'est plus...

Ce sont les femmes minces, sèches et sportives

qui ont un minou.

Peut-être qu'elles le rasent et qu'elles appliquent de l'huile.

Pas comme des stars du X,

mais disons que c'est le genre de femme que je ne serai jamais.

Je suis plus molle et poilue. Je n'ai pas de "minou".

Ca fait un peu trop ado.

J'ai une chatte, mais quand les femmes parlent de sexe,

elles disent plus "lécher le minou" que "lécher la chatte".

Sinon, ça fait celle qui n'y connaît rien.

On peut faire un plan anonyme

de ta chatte ?

Oui.

Tu veux nous montrer une partie de ton corps ?

Je peux enlever mon pull.

Je ne sais pas si j'oserai en montrer plus.

Voilà jusqu'où je peux aller.

Avant, ça aurait été bien au-delà de mes capacités

d'aller en boîte dans cette tenue.

- Tu peux baisser une bretelle ? - Bien sûr.

Mais...

L'autre aussi, ce serait mieux.

Je peux la baisser aussi.

Tu nous montres tes seins ?

Non, jamais de la vie.

Tu peux garder cette pose pour le portrait ?

Oui, bien sûr.

Quand penses-tu au sexe ?

Plusieurs fois par jour.

Combien, à peu près ?

Peut-être cinq fois par jour.

Ca dépend de ce que je fais et de ce que j'ai prévu.

Est-ce que parfois, tu trouves que ton désir est trop grand ?

Non.

Je ne trouve pas.

Avant, il me manquait quelqu'un pour l'assouvir,

mais là, je suis en couple depuis six mois.

Alors tout va bien.

Tu te masturbes souvent ?

Un jour sur deux.

Mais quand je dors avec mon amoureux, je n'en ai pas besoin.

Mais si je suis seule...

Quand on ne se voit pas pendant une semaine, je le fais plus.

Tu utilises un gode ou juste les doigts ?

Juste les doigts.

C'est plus facile dans mon bain ou dans mon lit.

Je le fais avant de m'endormir ou dans mon bain.

Je n'ai pas d'accessoires.

Tu préfères les hommes de quel âge ?

Je préfère les mecs plus âgés.

Je n'ai eu qu'un seul partenaire plus jeune que moi, de six mois.

J'ai couché avec des mecs qui avaient le double de mon âge.

Je préfère les mecs plus âgés.

Là, mon amoureux a presque le même âge que moi.

Il a dix-huit mois de plus que moi.

J'ai hésité avant d'accepter de sortir avec lui.

Combien d'hommes t'ont fait jouir ?

Je dirais six hommes.

- Sur combien ? - Sur trente-deux.

Je vais te poser quelques questions rapides.

Réponds le plus vite possible.

Je ferai de mon mieux.

- Quand penses-tu au sexe ? - Tous les jours.

- Combien de fois par jour ? - Trois, quatre fois.

Si tu devais décrire ton désir, tu dirais quoi ?

Rouge...

Nervuré...

Lunatique...

Mais aussi contrôlé.

Qu'est-ce qui t'excite ?

Les cordes, la soumission, les hommes grands.

Quelques femmes.

Tu penses quoi du porno ?

Je ne regarde pas.

C'est pas mon truc

et ma connexion internet est super lente, alors...

Combien d'hommes t'ont fait jouir ?

Deux.

- Sur combien ? - Vingt-et-un.

J'en étais où ?

Ca m'a un peu perturbée.

Combien d'hommes t'ont donné un orgasme ?

- Tu en as déjà eu un ? - Oui.

- Quel pourcentage ? - Quel pourcentage...

Je ne sais pas parce que je participe toujours.

Je sais pas si on m'en a donné un, à proprement parler.

Tu as l'impression que ton désir est trop grand, parfois ?

Oui.

C'était le cas avec mon ex.

Par exemple, il y avait ce truc avec les sous-vêtements.

J'aime bien la dentelle noire. Lui, non.

Je pense que c'était

parce que c'était une expression trop concrète de ma sexualité.

C'était trop explicite.

Alors que la dentelle blanche,

c'était plus adapté à son univers,

à ce qu'il voulait.

Tu peux nous raconter un fantasme sans l'analyser ?

Je ne sais pas lequel choisir...

Il y en a un qui remonte à des vacances en France.

Il y avait une famille.

J'étais avec ma famille,

et il y avait une autre famille avec des parents

et quelques enfants.

Le père de famille m'a tapé dans l'oeil.

Aujourd'hui, c'est devenu un personnage un peu flou.

Je nage dans la piscine.

C'est dur de raconter ça !

Il vient s'asseoir sur le rebord de la piscine.

Et puis...

Comment on dit ?

Je me hisse à côté de lui.

Je vois qu'il n'est pas indifférent.

Je pose ma main sur son maillot.

Il est blanc et mouillé.

Sa bite est dure.

Sa femme arrive.

Je ne sais pas pourquoi il y a ce couple.

Il saute dans l'eau pour qu'elle ne voie rien.

Moi, je vais derrière l'abri de piscine.

Il y a un abri de piscine.

Je me mets là et j'enlève mon maillot.

Sa femme parle avec lui du déjeuner.

Lui ne sait pas quoi faire.

Je suis en train de l'allumer,

je me caresse.

Puis j'entre dans l'abri et je ferme la porte.

Je m'allonge et je l'attends.

Et là...

Il entre avec son maillot mouillé.

Ca me gêne de raconter ça !

C'est un fantasme très ennuyeux.

C'est pas très inventif.

Lui, il bande super dur.

Et voilà, on baise.

Et c'est génial.

Bref, quand j'arrive là, je suis déjà à deux doigts de jouir.

- Tu utilises encore ce fantasme ? - Oui.

L'autre jour, j'en parlais à une copine.

C'est vraiment par commodité, par paresse.

J'en ai aussi un qui se passe au lycée.

Il y a un prof qui doit me noter.

Je m'assieds, je m'adosse au mur

et j'écarte les jambes pour qu'il me lèche.

Il me supplie de le laisser me baiser

en échange d'une meilleure note.

Franchement, c'est du mauvais porno,

mais ça marche.

J'en ai aussi un autre.

Et le porno, tu en penses quoi ?

Ca t'intéresse ?

Oui, il m'arrive d'en regarder.

Il y a un genre que tu aimes particulièrement ?

Eh bien...

Je ne m'y connais pas beaucoup. C'est tout nouveau pour moi.

J'aime bien regarder du porno lesbien.

Regarder les filles, j'aime bien.

Ca m'excite.

Tu as déjà fait une chose qui te rebutait,

mais qui t'a quand même excitée ?

Oui.

Tu peux nous dire quoi ?

Une fois, j'ai fait l'amour avec un macho vraiment con.

Un type...

très dominateur,

franchement pas cool.

Mais ça m'a vachement excitée.

Cette tenue a une signification particulière ?

Oui. Elle en a une.

Je la porte quand je vois celui avec qui je fais ça.

C'est très important.

Même si je ne garde pas mes vêtements,

j'ai toujours mes tresses.

Tu en es où, dans ta sexualité ?

C'est un vrai bonheur, je me sens complètement libérée.

Je me sens libre

de vivre certains de mes fantasmes.

C'est dur d'en parler.

Des fantasmes que j'ai toujours eus en moi.

Je viens tout juste de rencontrer un homme

qui les partage complètement.

C'est comme si...

Comme si on m'avait retiré un énorme poids des épaules.

D'aussi loin que je m'en souvienne,

j'ai toujours eu des fantasmes liés à l'inceste.

Mon alter ego s'appelle "Fille à papa".

Elle a dix ans.

Je me brosse les dents parce que je dois aller au lit.

J'enfile ma chemise de nuit

et je m'allonge dans mon lit.

Il me borde avec ma couette

et il me donne mon livre,

qui raconte une aventure avec des chevaux.

Il me demande d'aller à une page précise

et de lire à haute voix.

Pendant que je lis,

il soulève la couette,

il me retire ma culotte et m'écarte les jambes.

Puis il s'allonge entre mes cuisses et il commence à me lécher.

Au bout d'un moment,

il s'interrompt et...

il me pénètre,

tout en pressant un vibromasseur contre mon clitoris.

Il me prend lentement, pendant que je lis mon livre.

J'arrive au moment de l'histoire

où l'héroïne,

qui a vraiment envie de monter un étalon sauvage,

passe un accord avec un vieux colonel,

qui est un excellent cavalier,

pour qu'il lui apprenne comment le monter.

Parce que c'est un cheval très dangereux.

C'est un des moments les plus excitants

de ma vie sexuelle.

Lui est super excité,

et moi, je jouis tout en lisant à voix haute.

Ensuite, il s'assied à califourchon sur moi, il me maintient les bras

et il se masturbe jusqu'à m'éjaculer sur le visage.

Salut.

Bienvenue. Assieds-toi.

Tu as préparé une histoire ?

Oui. Une histoire pas top.

J'ai été strip-teaseuse pendant un petit moment.

J'aimerais raconter le jour où je suis arrivée dans ce club

pour passer une sorte d'audition.

Je ne sais plus ce qui m'a poussée à faire ça.

Aujourd'hui encore, c'est un trou noir dans ma vie.

Je ne sais pas pourquoi j'ai appelé ce club.

Il y avait une porte noire, sans rien.

J'ai frappé,

mais personne n'a ouvert.

Trois minutes plus tard, j'ai frappé à nouveau.

Cette fois, un type a ouvert. C'était Carl, le patron.

Il était... gentil,

mais comme il voyait défiler

au moins cinq filles par semaine,

pour lui, je n'étais qu'une nana qui cherchait du boulot.

Il m'a installée près de la porte, sur un tabouret de bar.

Puis il m'a apporté un énorme verre de rosé, plein à ras bord,

sans même m'avoir demandé ce que je voulais.

Et il est parti.

Je suis restée là, avec ce verre de vin,

sans comprendre ce que je devais faire.

Puis il est revenu et m'a demandé d'aller à l'étage.

L'escalier était très étroit, et lui était obèse.

Vraiment énorme.

Il passait à peine dans l'escalier.

Là-haut, il m'a dit : "Vas-y, danse pour moi."

On est entrés dans une petite cabine,

et il s'est affalé

sur une sorte de sofa.

Il y avait de la musique. Il a fait : "Allez, vas-y."

Je n'avais jamais pratiqué ni vu de lap dance.

J'étais larguée.

Je ne me souviens plus de ce que j'ai fait,

mais ce qui m'a marquée,

c'était de le voir en sueur.

Il dégoulinait.

Ca m'a choquée de voir un homme

avec un air aussi lubrique.

Je n'avais jamais vu quelqu'un afficher son désir,

ne pas essayer de cacher son envie.

Ca m'a vraiment choquée.

Ca m'a totalement...

C'est là que le strip-tease a cessé d'être

une chose marrante que je voulais essayer.

C'est devenu réel. Les gens sont devenus réels.

Et tout a pris un tour plus sérieux.

J'ai compris que c'était un business

et que j'allais en faire partie.

Je me rappelle encore son regard. C'était choquant.

Tu as déjà eu honte ?

Oh, putain ! Oui, j'ai souvent eu honte.

Ca m'arrive encore.

La honte, je connais bien.

Je n'étais pas comme les autres. Je n'étais pas jolie ni sexy.

Les hommes me choisissaient faute de mieux.

Certains étaient attirés par les conneries que je débitais.

Comme j'avais la trouille d'être montrée du doigt

parce que j'aimais le sexe,

je rassemblais des infos sur ceux que je m'étais tapés.

Si j'avais une réflexion, je pouvais dire :

"Ouais, c'était Mads, de l'école de théâtre. Il était mignon."

Ca empêchait les gens de se moquer de moi.

Mais j'avais besoin de me détacher de ça.

J'ai eu honte

de regarder ailleurs, alors que j'étais en couple.

J'ai eu honte d'être attirée par certaines choses.

Ca me faisait honte d'aimer la soumission,

alors que je suis forte.

Certains ne comprenaient pas :

"Pourtant, tu es forte et intelligente."

Et alors ? En quoi l'un empêche l'autre ?

J'ai ressenti beaucoup de honte.

Rien que d'en parler, j'ai une boule dans la gorge.

Qu'est-ce qu'on va penser de moi ?

Il y a une tension qui est liée au fait

qu'on doit être sexy, féminine,

innocente, mais aussi...

sauvage.

Tout ça, ce sont des pièges.

On ne peut pas vraiment...

Si on est trop innocente,

trop gentille,

c'est dur de se sentir respectée

et de garder la main.

Mais d'un autre côté,

on est montrée du doigt

quand on ose dire ouvertement ce qu'on préfère.

Le regard des autres, ça compte beaucoup pour toi ?

Comment tu te vois ?

Oui, le regard des autres compte.

J'ai eu beaucoup de mal avec le fait qu'on me catalogue

comme une femme très forte.

Du genre : "Je fais ce que je veux."

J'ai du mal avec ça.

Moi aussi, j'ai la trouille et je suis vulnérable.

Il faut connaître ses points forts.

Ma mère me disait toujours : "Appuie-toi sur tes points forts."

Je commence à comprendre ce qu'elle voulait dire.

Il y a aussi le fait que je suis grosse.

Est-ce qu'on peut être grosse et sexy

sans être un objet de fétichisme ?

J'ai connu des mecs dans ce trip.

Est-ce qu'on peut être grosse et sexy

sans être l'objet d'un plaisir coupable, un peu interdit ?

Quand on a un gros cul, on rencontre forcément

des gens qui aiment ça.

Le truc, c'est d'essayer...

J'essaie d'aimer mon corps, de m'aimer, de me dire :

"Tu sais quoi ? Tu as des cuisses du tonnerre !"

Même si elles ne sont pas terribles.

Ca joue beaucoup dans la sexualité.

Ca m'amène à la question suivante. Quand tu fais l'amour,

quel est ton point de vue ?

Je veux dire, où tu places ta caméra intérieure ?

Eh bien...

J'ai de plus en plus un point de vue de l'intérieur vers l'extérieur.

Mais quand j'étais jeune, la caméra était là, clairement.

Au lycée, une copine m'avait dit :

"Tu dois soulever la poitrine et faire 'ah'."

Alors on s'entraînait à bomber le torse

pour faire genre.

Je me revois, allongée, en train d'essayer de soulever ma poitrine.

Au final, c'était surtout maladroit et totalement artificiel.

Etre un être sexuel, je voyais pas ce que ça voulait dire.

Je comprenais les mots,

mais je ne savais pas ce que ça signifiait pour moi,

pour ma mère ou mes copines.

Je voyais mieux ce que ça signifiait pour mon père ou mon copain.

Comme, apparemment, c'est l'homme qui doit être actif,

qui doit...

C'est lui qui doit t'embrasser, pas l'inverse.

Avec eux, on comprend plus facilement quelle est l'intention,

de quoi ils ont envie.

Mais chez les filles, c'est plus vague.

On ne sait pas ce qu'on attend de nous.

Moi, je ne sais pas ce qu'on attend de moi.

On te dit que tu dois apprendre à t'aimer, à te connaître...

C'est important de...

Mais tout ça, ça me renvoie à moi-même.

Je ne sais pas comment faire l'amour à quelqu'un.

Je me demande...

Je dois me mettre sur le dos, sur le côté ?

Est-ce que...

Je dois dire comment je veux être caressée ?

Ou est-ce que c'est trop directif ?

Est-ce que j'enlève quelque chose à l'autre, si je prends les rênes ?

Ou au contraire, est-ce que je lui donne quelque chose,

est-ce que ça l'aide ?

Nous, on donne moins d'indices.

- Tu as apporté des dessins. - Oui.

- Tu veux voir ? - Oui.

Je n'arrivais pas à choisir, alors j'ai apporté les deux.

Ce sont des empreintes de mon sexe.

Sur celle-ci,

on voit mes poils. C'est mignon.

L'autre, c'est plus...

l'empreinte de mon sexe.

Je trouve que...

Quand je regarde cette empreinte,

ça me rappelle à quel point c'est beau.

Et ça me rappelle aussi

que c'est à ça que je ressemble.

Personne d'autre n'a la même forme.

C'est à ça

que ma chatte ressemble.

C'était il y a un an, je crois.

A l'époque, je n'avais plus...

J'en avais ma claque

des coups d'un soir et des flirts bidon.

Ca m'allait très bien de ne pas avoir d'amoureux.

J'étais très contente d'être seule.

Ca ne m'embêtait plus de dire que je n'avais pas de copain,

ou que je n'en avais pas eu beaucoup.

Je ne me sentais plus obligée de justifier ma sexualité.

Je me suis retrouvée à une fête vraiment barbante.

J'ai croisé des gens,

mais j'avais envie de parler à personne.

Je tournais en rond.

Il pleuvait.

Une pluie diluvienne. Du coup, j'étais coincée là.

J'ai picolé et puis, je suis sortie fumer une cigarette.

Là, j'ai rencontré un mec très gentil.

Il m'a parlé de choses et d'autres.

Mais bon, c'était juste pour flirter avec moi.

Puis il m'a dit :

"J'habite ici. Tu veux monter dans ma chambre ?"

On s'est embrassés, on allait faire l'amour,

et c'est là qu'il m'a demandé

si je voulais le sucer.

J'ai répondu : "Relax.

"Pas de problème, mais mollo."

Deux secondes plus tard, il revient à la charge.

Je lui dis que s'il insiste, il n'aura rien du tout.

Mais il se met à pousser ma tête vers son bas-ventre.

Là, j'explose : "Si c'est comme ça, vas-y,

"lèche-moi d'abord."

Il se met à quatre pattes, il descend jusqu'à mon entrejambe,

et là, il me fait :

"Non, je peux pas."

Et il me regarde.

"Quoi, t'es sérieux ?

"Tu peux pas, alors que tu m'as demandé la même chose ?"

"J'ai pas l'habitude qu'il y ait autant de poils."

J'ai répondu : "Bon, c'est trop con.

"On va arrêter là." Je voulais partir.

Et lui : "Mais non, je voulais pas dire ça..."

"Non, pas question. On se connaît pas.

"Aucune raison de se lancer dans un truc nul. Je me casse."

Il y a une chose que tu t'efforces de faire, maintenant ?

Quel est ton défi dans ta vie érotique ?

Je m'efforce de...

d'avoir une vie érotique, une vie sexuelle,

qui...

qui ne détruise pas ma vie normale.

Je me rappelle avoir entendu parler d'une drogue, le krokodil,

à peu près quand j'ai rencontré David.

J'ai tout de suite fait le lien.

D'ailleurs, il portait toujours un bracelet en crocodile.

Alors...

Quand on se voyait, je savais que ce type était comme du krokodil.

C'est une drogue qui donne le même flash que l'héroïne,

mais dont les effets sont semblables à la lèpre.

Elle ronge lentement le corps de l'intérieur.

Il était imprévisible.

Parfois, il avait envie de sauter une autre fille devant moi.

Dès qu'il se passait un truc, ça me fichait mal au ventre.

Je détestais quand des gens passaient nous voir.

Quand on n'était que tous les deux, c'était le bonheur,

mais dès que quelqu'un venait,

c'était l'angoisse totale.

Un jour, il y a eu cette...

Tamara.

C'était une fille super belle,

charmante, sexy...

Une Allemande, vraiment magnifique.

David était totalement sous le charme.

Ils ont fait une promenade et sont revenus tout sourire.

Tout ça, en allemand.

A un moment, ils se sont installés dans le hamac.

Ils parlaient en allemand, et je les voyais flirter.

Je me suis dit :

"Comment je peux arrêter ça ? Qu'est-ce que je fais ?"

J'ai décidé d'aller sur son terrain,

et je me suis installée avec eux,

dans le hamac.

On a commencé à s'embrasser.

Il s'est mis à me caresser et en même temps,

il a commencé à parler des seins de Tamara.

Tout en me caressant la poitrine,

il lui a demandé s'il pouvait voir la sienne.

Je ne peux pas décrire ce que j'ai ressenti.

Alors j'ai fait

la seule chose que je pensais pouvoir faire,

la seule chose à peu près...

digne, si je peux dire...

J'ai regardé Tamara et je me suis dit :

"Elle est canon. Vraiment canon."

Elle était adorable,

je n'avais rien contre elle

et je comprenais qu'il ait envie d'elle.

Alors je l'ai embrassée.

Je voulais comprendre ce qu'il pensait.

Les choses se sont enchaînées,

et on a fini par faire l'amour dans le hamac,

Tamara et moi.

En réalité, je l'ai fait uniquement

pour empêcher David de le faire.

J'ai baisé cette fille uniquement

pour ne pas qu'il le fasse.

Ca n'a pas été une mauvaise expérience.

Elle était adorable.

A cette époque, j'étais tellement...

paumée et malheureuse.

Je me souviens encore de son visage au-dessus du mien.

Elle avait un regard très chaleureux.

Elle était gentille.

J'avais tellement besoin de cette chaleur.

Ca m'a fait un bien fou.

Le lendemain, il m'a sorti un truc du genre :

"C'était bandant de te voir avec Tamara."

Quand elle est repartie, je me suis dit...

qu'elle me plaisait beaucoup plus que lui.

J'admire les gens qui arrivent à séparer les deux.

Je n'ai jamais vraiment réussi à séparer le sexe et les sentiments.

D'une façon ou d'une autre,

je crée un lien, ou je tombe amoureuse, ou...

j'en veux plus.

Je n'ai jamais été douée pour les coups d'un soir

ou le papillonnage

parce que je crois que j'ai toujours...

Je trouve toujours les garçons

tellement gentils.

Si c'est bien au lit, je veux que ça continue.

J'ai envie de rester.

Donc je tire mon chapeau aux gens

qui arrivent à sortir

et à suivre leurs envies sans y mettre de sentiments.

Moi, c'est un truc qui me passe au-dessus de la tête.

Tu as eu combien de partenaires ?

Oh là là...

Je dirais une quarantaine.

J'ai arrêté de compter.

Je pense que j'en ai eu...

cinq.

Selon mes critères,

trois.

Oui. Mais...

Techniquement, je suis encore vierge.

Je dirais quinze.

Non, c'est pas vrai. Dix.

J'en sais rien.

Quinze, peut-être.

Seize.

Je ne sais pas exactement. Entre vingt et vingt-cinq.

Les femmes tombent plus amoureuses des hommes qui les font jouir ?

Oui.

Je pense.

"Chantons la beauté du monde

"Et la splendeur des cieux

"Le merveilleux pèlerinage

"De nos âmes

"Nous parcourons les magnifiques royaumes

"De notre belle terre

"Et nous irons au paradis

"En chantant"

Tu as eu ce sentiment-là avec combien de personnes ?

Ca m'est arrivé avec deux mecs.

En tout cas, il y en avait un

avec lequel j'étais vraiment bien.

A chaque fois, j'étais à la limite

entre perdre et garder le contrôle

parce que je me sentais en confiance,

même si je ne savais pas ce qui allait se passer.

C'est un chouette mélange.

Mais c'est triste quand ça s'arrête

parce qu'on est vite accro.

Ma dernière histoire...

Le garçon que je viens de quitter

est devenu vraiment psychotique.

La dernière fois que je me suis sentie

vraiment vulnérable avec quelqu'un,

c'était avec lui parce qu'on était très proches et très amoureux.

J'ai croisé peu de gens aussi passionnants que lui.

Mais il a changé, à cause de la maladie.

La dernière fois que...

On a vécu une expérience ensemble.

On a fait l'amour vraiment très lentement.

Je ne me suis pas sentie cantonnée

dans un rôle de partenaire sexuelle.

Je ne me suis pas laissé emporter par l'excitation.

J'avais plutôt l'impression de...

C'était juste moi, dans ma chambre, le soir,

prête à dormir avec mon chéri

qui allait lui aussi s'endormir.

Voilà ce que je ressentais.

On a fait l'amour très lentement,

sans excitation.

On était juste ensemble,

et on faisait l'amour.

J'avais pleinement conscience de tous nos mouvements.

Je trouvais cette proximité incroyable.

A un moment, on s'est retrouvés assis et enlacés.

J'ai détourné les yeux, j'étais submergée par l'émotion.

Je lui ai dit à quel point je me sentais vulnérable.

Pour moi, c'était quelque chose de très positif.

J'étais reconnaissante

de pouvoir être vulnérable avec lui.

Mais ça a tout gâché.

Il s'est mis à angoisser

et il est sorti de la chambre.

Il était persuadé que ma colocataire avait tout écouté.

Ca n'avait aucun rapport.

Mais la dernière fois que je me suis sentie vulnérable,

on m'a laissé tomber.

Et ça, c'est dégueulasse.

Ca ne se fait pas.

En ce moment, je trouve ça dingue

qu'on puisse faire des enfants par ce moyen-là.

Je trouve ça extraordinaire et je pense que...

Je trouve ça vraiment... Je n'y comprends rien.

J'avoue

que ça me trouble un peu.

- Tu veux des enfants ? - Oui, mais pas maintenant.

C'est drôle, cette envie qu'on a

d'être plus grand qu'on ne l'est.

C'est étrange de penser que le sexe puisse avoir ce résultat.

C'est une dimension

à laquelle je pense beaucoup.

Quand on est ensemble, j'ai l'impression

qu'on est deux, mais pas seulement.

C'est dingue qu'un bébé soit conçu par deux personnes.

J'arrête pas d'y penser.

Et puis...

Quand j'y pense, ça me donne encore plus envie de lui.

Et puis quand on fait l'amour,

c'est un peu comme si je disais oui

à un avenir ensemble.

- Tu es très amoureuse ? - Oui !

- C'est marrant. - C'est génial.

Qu'est-ce que tu penses de ton corps ?

Je crois que je ne l'accepte pas.

Avant, c'était pire. Ca s'améliore.

C'est tellement dur de s'aimer, pendant l'adolescence.

Au fond de moi, je ne me trouve pas belle.

J'essaie de me convaincre que je le suis.

Mais à la base, je n'aime pas mon corps.

Je n'en suis pas contente.

Je n'arrête pas de penser à ce que je pourrais changer.

Je me dis que bientôt, je serai une jolie fille.

Je vais y arriver.

Aujourd'hui, je ne vis pas dans mon corps tel qu'il est.

Si tu devais montrer une partie de ton corps que tu aimes...

- Ce serait laquelle ? - Ma taille.

- Tu oserais nous la montrer ? - Oui.

On aimerait faire un portrait de toi nue,

si ça te dit.

- Pas de problème. - Super.

Dis-moi ce que je dois faire.

Avance, mets-toi sur la croix

et trouve une pose dans laquelle tu es à l'aise.

- Je peux y aller ? - Oui, vas-y.

Pendant que tu t'habilles, est-ce qu'il te vient une question

que tu aimerais transmettre aux suivantes ?

"Quand vous sentez-vous la plus attirante ?"

Et aussi...

"Quand vous sentez-vous brisée ?"

Par exemple, si on apprend qu'on ne peut pas avoir d'enfants,

même si on n'a jamais fait l'amour dans ce but,

est-ce que ça altère

l'image sexuelle qu'on a de soi ?

Magnifique.

Regarde-moi.

Adaptation : Brigitte HANSEN et Charlotte DRAKE

Sous-titrage : VIDEO ADAPT

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