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Original subtitles

LA MAISON AUX FEN�TRES QUI RIENT

Mes couleurs...

Mes couleurs � moi...

Elles coulent de mes veines.

Elles sont si douces...

mes couleurs...

Si douces...

Mes couleurs sont aussi douces que l'automne.

Aussi chaudes que le sang frais.

Elles m'envahissent...

mes bras...

Elles envahissent l'esprit des gens...

Elles se propagent comme une infection...

Mes couleurs...

Mes couleurs...

Comme ces couleurs qui m'entra�nent en bas.

Celles qui...

Lointaines...

Bien lointaines sont mes couleurs.

Bien loin.

Mes couleurs sont loin.

Elles se propagent,

comme une infection.

Oh, Messieurs !

Je vous en prie...

Oui !

Oui !

Vous tous !

Je vous le promets. Je vous le promets...

toutes mes couleurs...

toutes mes couleurs...

Elles peindront cela.

La mort... Elle la d�peindront.

La mort...

On ne peut en parler... Elle arrive...

La mort est l�... enfin. La purification...

La purification...

Mort ! Purifiez-moi ! Mes couleurs !

Je me meurs ! Purifie-moi !

Purifie-moi ! Purifie-moi !

Bonjour ! Je suis Salmi.

Enchant�.

Attendez, prenez sa valise...

Ah, eh bien, dites...

Pas un bon syst�me pour lier connaissance !

Je vous souhaite la bienvenue quand m�me !

Coppola !

C'est moi qui vous ait �crit � l'acad�mie.

Une de nos fresques commen�ait � se d�grader.

Il fallait la r�nover.

Ici, avec toute cette sale publicit� dans vos journaux...

Ce n'est plus qu'une ville de thermes pour touristes.

Et il n'y a plus gu�re de touristes,

mais c'est toujours �a.

Chauffeur ! Emmenez-nous � l'�glise.

Je suis certain que vous ferez du tr�s bon travail.

J'esp�re aussi.

Celui qui a peint la fresque Legnani,

est mort, il y a d�j� 20 ans.

Mais on ne peut m�me pas lui donner le moindre nom de rue.

On lui filera un nom de rue afin d'honorer sa m�moire !

Compris.

Il n'a pas eu le temps de terminer son travail...

Il devait �galement peindre un triptyque sp�cial...

Il nous manque la Femme, l'Eau,

et le Silence...

Qu'est-ce que tu fais ? Tu es d�j� bourr� ?

Moi, ivre ? Mais non !

La fresque se trouve dans l'�glise du village.

Je vais vous pr�senter � notre pr�tre.

C'est lui

qui avait command� le travail � Legnani.

Cette �glise a �t� d�truite et reconstruite si souvent,

que si je n'avais pas la Foi, je l'aurais abandonn�e...

mais le Seigneur est avec moi.

Salmi m'a dit que vous �tes arriv� pendant la guerre.

Exact, pendant cette p�riode, les SS l'ont utilis� comme entrep�t.

Ils d�posaient ici la plupart des cadavres.

Les pauvres diables se fichaient bien de l'�tat de ce lieu.

C'est bien simple, tout �tait d�vast� et je voulais tout remettre en l'�tat.

Et puis j'ai d�couvert que cette cro�te

avait �t� peinte par le grand Legnani.

Elle �tait inachev�e. Il fallait la restaurer.

La paix �tant revenue, on a pu travailler tranquillement.

C'est du tr�s grand art !

Seul un v�ritable artiste

peut illustrer la mort de fa�on si vraie.

Il avait tout compris.

C'est vrai.

Mais, il avait des probl�mes. Je crois que quelqu'un donnant

tant de sa personne pour un art si... lib�r�

ne peut pas tout avoir. Il ne savait m�me pas s'habiller tout seul.

Le pauvre gar�on.

Comme si Dieu l'avait dot� de ce g�nie en lui �tant toute intelligence.

On le disait fou... et je crois qu'il l'�tait.

Mais que faites-vous ? Vous commencez tout de suite ?

Non, je jette juste un coup d'�il.

Bien... je vous laisse travailler.

Je vais vous sembler impoli mais...

Je n'ai encore rien mang� depuis ce matin.

Ne travaillez pas trop dur...

car si vous esp�rez une quelconque gratitude...

il va vous falloir des tr�sors de patience !

Y en a

qui peuvent pas s'emp�cher de se montrer, c'est comme �a !

Tenez.

Oui ?

C'est pour vous... au bigophone.

- C'est l�. - Oui, merci.

- All� ? - Allez vous-en !

Tout de suite.

Il ne veut pas de vous !

All� ? Qui est � l'appareil ?

Ne touchez pas � la peinture !

Bonjour, madame, vous �tes superbe ! Comment allez-vous ?

Bonjour.

Quand vous �tes l�, je vais � merveille !

V'l� le fromage.

- Je vous mets un caf� ? - Merci.

Vous �tes l'homme qui m'a fait peur � l'h�tel aujourd'hui.

Enfin un nouvau visage dans ce trou !

Vous �tes l� pour le travail ?

Si on veut, oui.

Asseyez-vous.

Excusez-moi, mais la place est prise.

Antonio !

- Tu me pardonnes, j'esp�re ? - Je vais m'asseoir l�.

- Mais qu'est-ce que tu fous l� ? - Comment, ce que je fous l� ?

Je viens rejoindre un ami de longue date.

Je viens voir un grand restaurateur, un ma�tre.

� chaque cro�te, je pense � toi.

Mais comment vas-tu, toi ?

J'ai presque fini, ici.

Je pr�f�re.

Il sont pas marrants. Ils ont le don de m'�nerver.

- Je pr�f�re changer d'air. - Et tu as quitt� Marcella ?

Cette vieille garce ?

Ne faites pas d'allusions !

Bordel,

mais qui c'est ?

C'est une institutrice.

Et elle s'est fait sauter par tout le monde.

Si tu veux te la faire, prot�ge-toi, si tu veux rien choper.

- T'es all� � l'�glise ? - Oui, ce matin.

- Alors, tu as d� voir la fresque. - Oui, pourquoi ?

J'aurais pr�f�r� que tu la voies avec moi.

Tu ne dois absolument en parler � personne.

Je vais devoir te raconter l'histoire

la plus �trange que tu aies jamais entendue.

Je te demande de me croire sur parole.

Tu es s�r que �a va ?

Oui, �a va.

Vraiment, tout va pour le mieux.

Je vais bien, vraiment.

Mais peut-�tre qu'on se verra plus tard.

Salut, je dois y aller.

Je crois bien que votre pote marche aux m�docs !

T'as une chouette chambre,

- elle est � toi ? - Non, je la loue � la mairie.

Antonio m'a dit que tu �tais instit'... c'est vrai ?

- Oui, c'est vrai. - Tu enseignes � qui ?

Aux enfants ! � qui d'autre enseigner ?

- Ben, je sais pas. - Du sucre ?

Pas beaucoup. Merci, �a va comme �a.

Fais attention, c'est chaud.

Essaie de ne pas en renverser, je viens de laver la couverture.

Avec toi, je me sens rejeunir.

Tu veux que je te dise ?

Tu as un visage triste...

Attends... tu as l'air tr�s sympathique.

Mais cela veut dire aussi que mon physique

mon visage... le poids des ann�es commence � se faire sentir...

Si tu te sens seul, tu peux revenir. Tu connais le chemin.

J'attendrai ta visite. Mais pas le matin, j'ai �cole...

Je m'en souviendrai.

Si tu veux comprendre ce que je t'ai dit,

je t'emmenerai quelque part.

Je t'y emm�ne demain.

C'est une maison avec des fen�tres qui rient.

Ah oui... ton histoire hallucinante d'hier soir ?

Une de tes blagues fantaisistes.

Tu sais comment on l'appelait, Legnani ?

Le Peintre de l'Agonie.

- Tu comprends ? - Que oui !

Tu crois savoir...

Essaie de penser qu'� cette �poque, on ne manquait vraiment pas de morts.

Viens ! Approche, Foresti !

- Voil�, docteur. - Merci.

- Alors, on se voit demain matin ? - Ouais.

Antonio, que voulais-tu dire avec ton histoire d'agonie ?

Eh, vous !

Bonjour � tous ! Comment vont les analyses ?

� propos, Docteur, les appareils que vous nous avez command�s sont arriv�s.

Ne d�pensez pas tout votre argent Solmi,

vous aviez dit que ce n'�tait pas tr�s urgent.

J'aurais pu terminer mon travail avec ce que j'avais.

Bon, vous savez quoi ?

Faut que je file bosser aussi.

� plus tard !

- �a vous d�range si je vous accompagne ? - Pas du tout.

- Je vous ai interrompus. - Bah, on parlait.

Rien de bien important.

De ce peintre et de son obsession pour la mort.

Vous avez un dr�le d'ami

et parfois, il ne fait pas trop attention � ce qu'il dit.

Enfin, bon...

Quelqu'un m'a menac� au t�l�phone !

Je ne sais pas qui.

Une fois, il y avait un gars, un certain Zanotti...

Il t�l�phonait aux femmes.

On l'avait � l'�il.

On l'a arr�t�.

Faut le laisser parler. Il arr�te quand il en a marre.

Qui a mis toutes ces fleurs ?

Ben, j'en sais rien.

Pourquoi, t'aimes pas les fleurs ?

�a suffit ! Laisse-moi !

Allez, tu es en train de casser toute coh�rence !

Allez, arr�te !

Arr�te !

Stop ! Arr�te �� !

Ne me frappez plus jamais !

Foutez-moi la paix !

Vous savez bien, si je parlais...

Vous savez bien...

Vous savez ce que je peux faire !

�a suffit, maintenant...

compris ?

Ne me parle plus jamais comme �a.

Et tu sais ce que je veux dire.

Rentre chez toi, allez ! File !

Vous avez une cigarette ?

- Je crois que... - On ne peut pas le...

C'est termin�.

Merci, Mar�chal.

Pas de quoi, M. Poppi.

Merci. Merci beaucoup.

Et veuillez m'excuser.

D�sol� pour le d�rangement. C'est le seul restaurant

du pays.

Fatalement, cela attire tous les trouble-f�tes du coin.

Au fait, comment avez-vous trouv� les tagliatelles ?

Tr�s bonnes.

- Nous avons eu bien des probl�mes. - Comment vous en �tes-vous sortis ?

Avec de gros efforts, mais je ne m'en serais pas sorti sans aide ext�rieure.

Tout s'est arrang� quand notre brave Solmi est arriv� ici.

J'�tais alors au creux de la vague.

Il me paraissait un gars bien.

Il m'a aid� � remonter la pente.

Il est pas bien grand, mais il est formidable.

Vraiment un grand bonhomme.

Il a rendu � ce village

de l'unit� et une belle prosp�rit� et il en a tir� profit, bien entendu.

Je trouve celui-ci tr�s beau, ne me demandez pas pourquoi.

C'est le m�me artiste que celui de l'�glise.

Solmi a fait beaucoup pour cet artiste.

- C'est extraordinaire ! - Eh oui.

Ma femme... toutes ces peintures lui appartiennent.

Comme elle a souffert...

Elle est tr�s malade. Elle vit � l'�tage, d�sormais.

C'est un peu sa maison.

Elle s'y prom�ne parfois. C'est son tableau favori.

- Puis-je ? - Oui, je vous en prie.

Faites... C'est le premier tableau de Legnani.

Mon �pouse fut le mod�le.

Regardez. Admirez les surprenants d�tails.

La joie venant du Peintre de l'Agonie.

Le pauvre homme, vraiment.

Il avait d�j� cette manie de fabriquer ses couleurs avec son sang.

La l�gende a commenc� � circuler.

Il n'a jamais trouv� la femme

qui aurait pu �tre son mod�le id�al.

Et puis, un jour,

il a d�cid� de se d�shabiller

et � commenc� � se peindre...

� se peindre le corps.

All� ? Oui, qui est-ce ?

Un instant.

C'est pour vous.

Ne prononce pas mon nom.

Il faut que je te parle. Je dois t'apprendre quelque chose,

une histoire horrible.

Je suis � ton h�tel. Viens vite !

Quelqu'un l'a pouss� dans les escaliers !

Mon Dieu.

- Faut appeler une ambulance. - Il est d�j� mort.

Qu'est-ce qui se passe ?

C'est pas possible !

Oh, mon Dieu ! Il est mort !

Mon Dieu ! C'est pas possible !

Je vous en prie.

�coutez, je vous comprends,

vous �tes secou� par la mort affreuse de votre ami.

On avait pass� plusieurs soir�es ensemble

On commen�ait � �tre un peu amis.

Voyez-vous, Mar�chal,

je suis s�r qu'on l'a pouss�.

J'ai vu une ombre.

Il n'avait aucune raison de se tuer.

D'accord.

Mais il n'y aucun motif, pas l'ombre d'un indice

absolument rien qui justifie

que quelqu'un ait voulu le tuer.

Aucune preuve. Aucune !

Croyez-moi,

votre ami n'avait rien pour l'aider � supporter son s�jour dans le coin.

Il �tait seul, il n'y a rien faire ici � part picoler.

Y a m�me pas de gamines ici. Elles foutent le camp. Votre ami �tait seul.

En tout cas, on enverra le corps � Ferrara pour l'autopsie.

�a servira sans doute � rien mais sait-on jamais ?

- Bonsoir. - Salut.

All� ?

Monsieur !

C'est pour vous, le t�l�phone est l�-bas.

All� ?

Allez vous-en !

Ne touchez pas � la fresque !

Si vous pensez me faire peur en soufflant dans un t�l�phone

c'est rat�, compris ?

Je ne veux pas de vous.

Je ne partirai pas.

Pardon, Monsieur...

demain, un de nos bons clients arrive de la ville pour les termes...

Vous me comprenez ?

Qu'est-ce que vous dites ?

Il avait r�serv� une chambre. C'est un habitu�, il vient tous les ans.

C'est la v�tre... Je suis d�sol�e. Si j'avais su, je...

�a te pla�t ?

Il m'en reste encore de ma derni�re chasse.

Si un jour, tu te sens un peu seul, je t'en ferai une.

Je suis le meilleur dans le coin, pour �a.

Il en reste quelques-uns ici qui cuisinent encore bien les taupes.

Ils faut les jeter dans l'eau bouillante.

Je t'assure, c'est d�licieux et �a change.

T'as quoi, dans ta bo�te ?

Quoi ?

Une commission.

Suis-moi.

Bon, on fait quoi ? On y va ou pas ?

D�p�che-toi, il est tard.

Sur le v�lo, c'est le printemps,

Le printemps dans la campagne

Sur la bicyclette

La fille d'un scooter et d'une pute

Je tue des centaines d'insectes, en p�dalant

Joyeusement...

Qu'est-ce que t'en dis ? C'est pas mal, hein ?

Bon alors, tu viens ou pas ?

Allez !

Regarde comme c'est beau !

Si tu t'installes l�, tu fais ce que tu veux.

Viens.

Et voil�.

Elle appartient � qui, cette maison ?

T'occupe pas, y a pas de risque.

Entre.

Par l�.

C'est toi ?

Vous n'avez rien mang�, pourquoi ?

C'est tout empoisonn�, vip�re !

Tu ne fais que profiter de l'argent que je te donne, voleur !

Si �a vous pla�t pas, ce que j'apporte, allez au restaurant !

Qu'en dites-vous ?

Maudit sois-tu ! Pourquoi t'amuses-tu

� me faire souffrir ainsi ?

Qui est-ce ?

Bonjour.

Il est tr�s gentil.

Il est nouveau, l�.

Il va rester un peu l� le temps de trouver o� se loger.

Il y a si longtemps que je n'avais pas re�u de visites.

Je suis toujours si seule.

Le silence est insupportable.

- Quand arrive-t-il, ce curiste ? - Quel curiste ?

Celui qui me remplace.

Qu'est-ce que vous racontez ? Le dernier touriste que j'aie vu ici

c'�tait un officier nazi en 40 !

Qui est-ce ?

- Ah, c'est vous. - Je ne voulais pas vous d�ranger.

Vous dormiez, peut-�tre ?

Dormir, moi ? Oh non !

Comment une vieille dame comme moi percluse de douleur pourrait dormir ?

Je peux vous poser une question ? Vous n'entendez pas de bruits la nuit ?

Des bruits ?

- Oui. - La nuit derni�re ?

C'est �a.

La seule personne que vous pouvez rencontrer

dans cette maison, c'est moi, jeune homme.

Et je ne suis pas en �tat de vous faire ce genre de farce.

Je voulais savoir si vous alliez bien et rien d'autre.

Venez pr�s de moi, jeune homme.

Approchez.

Il y a si longtemps que je n'avais pas parl� ainsi avec quelqu'un de sain.

�a me fait plaisir, vous savez, que quelqu'un s'int�resse � moi.

Quel temps fait-il dehors ? Il fait beau ?

Oui.

C'est une belle journ�e.

Vous reviendrez me voir souvent ? Vous me le promettez ?

- Au revoir. - Au revoir.

� tr�s vite.

Il y a quelqu'un ?

Mes couleurs.

Ce sont mes couleurs.

Je les sens couler dans mes veines.

Elles sont douces.

Mes couleurs...

douces...

Elles sont douces comme l'automne.

Chaudes comme du sang frais.

Elles sont liquides et elles coulent le long de mes bras.

Elles se glissent � l'int�rieur des gens

en leur transmettant l'infection.

Mes couleurs... Mes couleurs...

Elles coulent dans mes veines, mes couleurs...

dans mes veines...

Tous ces ignobles qui me jugent,

je les maudis, mon Dieu, mon Dieu...

Les couleurs, elles r�clament la mort

la mort � l'int�rieur,

la mort, la puret�...

La puret�, la mort, la purification de la mort.

Elles me tiennent � leur merci.

Mes couleurs, chaudes et douces...

chaudes et douces, elles se glissent � travers leurs yeux.

Mes couleurs... la puret� des couleurs.

La puret� des couleurs.

Elles sont douces.

La purification de la mort. Douces...

Douces, chaudes, la mort... La puret� � travers mes veines...

Donorsi !

Donorsi !

Donorsi !

Il y a quelqu'un ?

Oui ?

Pardonnez-moi, mais... je voudrais voir la dame qui vit ici.

Elle n'est plus l�.

Vous savez l'heure qu'il est ?

Excusez-moi.

Elle est partie il y a trois jours. Je la remplace � l'�cole.

Elle a �t� mut�e. Mais entrez !

Maintenant que je suis r�veill�e.

Je dormais. Je ne suis pas tr�s pr�sentable.

Je vous en prie, entrez.

J'ai command� un plat au restaurant d'en bas.

Ils m'ont apport� un �norme plat d'escargots.

Encore vivants.

Je n'ai pas eu le courage de les tuer.

Vous savez comment �a se cuisine ?

Non.

Et en plus, je ne sais pas si j'aurais le courage d'en manger.

Vous vous appelez ?

Francesca.

Bon, je vais retourner dormir.

J'esp�re qu'on se reverra.

De Profundis Clamavi Ad Te Domine

Domine, exaudi vocem meam

H� ! Je lui ai mis une taupe vivante

dans sa bo�te. �a lui tiendra compagnie !

Seigneur Dieu ! Mais pourquoi ces deux femmes l�-dessus ?

Qu'ont-elles � voir avec ce sujet sacr� de cette peinture ?

�a ne vous ferait rien de me donner votre avis sur cette fresque ?

Je pense qu'on en a une id�e fausse. Ce peintre

n'avait pas l'intention de repr�senter l'agonie du Christ.

Je crois qu'il y a beaucoup d'hyprocrisie.

Finalement, il voulait repr�senter le martyr

et la mort de chacun d'entre nous.

Ici, vous serez pas d��u. �a mord � tous les coups.

Vous avez vu des changements dans le pays ?

Le village avait subi les horreurs de la guerre.

Les gens reconstruisaient avec beaucoup de courage et d'espoir.

Nous n'�tions pas les seuls.

Que faisait la propri�taire de la maison o� j'habite ?

Qui ? La paralytique ?

Oui.

Je la voyais rarement...

C'est une de ces personnes qui ne me demande jamais d'aller chez elle.

�a fait des ann�es qu'elle n'a pas quitt� son lit.

On dit qu'elle a une maladie v�n�rienne.

Ce pour quoi, elle n'aurait pas une telle envie de sacr� !

Mon P�re...

la vieille dame �tait amie avec Legnani ?

Arr�tez donc !

Ne me g�chez pas ma journ�e de p�che avec ce pingre !

Je suis s�r que �a fait peur aux poissons. Allons !

Elles coulent...

Elles coulent dans mes veines.

Elles y entrent.

Oh, Mon Dieu !

Mon Dieu, oui...

Elles... Elles...

Toutes � moi...

Elles coulent...

Chaudes, mes couleurs.

Elles sont l�.

Elles coulent... elles enflamment dans mes veines.

La puret�. La purification par les yeux.

La mort. La puret� par la mort et les yeux.

La mort me purifie...

C'est quoi ce truc ?

- Je ne pensais pas que reviendriez. - Ben, je suis venue quand m�me.

D'ailleurs, je vous attendais bien plus t�t.

Je suis l� depuis 2 heures, alors, je me suis permise.

- Qui est l'homme qui parle ? - Je ne sais pas. J'ai trouv� �a ici.

Pourquoi vous habitez ici ?

C'est Lidio, le sacristain, qui m'a amen� ici.

Vous �tes tout seul ?

Non, il y a une vieille dame qui dort en haut.

Elle est clou�e sur son lit.

Je n'arr�te pas de fumer. Faut que je me calme.

Vous voulez une petite le�on de cuisine ?

- Des escargots ? - Non !

Quelque chose de bien meilleur ! Venez.

- Vous savez dresser une table ? - Oui.

Vous trouverez tout ce qu'il faut dans ce tiroir et pendant ce temps,

- je passe � la cuisine ! �a vous va ? - Oui.

J'ai trouv� un livre dans la biblioth�que de la vieille dame :

"La Cuisine d'Amour" !

Comment trouviez-vous l'institutrice

que je remplace ?

- Elle vous plaisait ? - Pardon ?

Vous avez un briquet ?

Juste l�.

Vous avez fait l'amour avec elle ?

C'est vrai qu'elle �tait nymphomane ?

Arr�tez.

B. L. ?

� qui appartient ce briquet ?

Vous avez connu un certain Bruno Legnani, un peintre ?

Non, c'est un cadeau.

C'est le briquet d'un ami.

H� ben, comme ambiance romantique, on fait mieux, non ?

"En mangeant ce plat, Madame et son chevalier servant,

"verront le feu de l'amour

"s'emparer de leurs corps tout entiers."

Tu as beaucoup de valises ?

Une seule.

Tu peux l'amener, si tu veux.

Oh ! Qu'est-ce que vous foutez l�-dedans ?

C'est ici que vivait Legnani, non ?

Qui ?

Le peintre qui a fait la fresque � l'�glise.

Dites ? Vous pourriez me reconduire chez moi ?

Ouais, d�p�chez-vous, montez.

Montez devant.

Je vous d�pose � l'auberge ?

Pourquoi on irait pas boire un coup ?

Ben, par ici...

y a plus personne qui veut me servir � boire.

Hier, pour boire un jus de fruit, j'ai d� aller � Ferrare.

Merci.

La prochaine, c'est pour moi, hein ?

- Oui, mais pas aujourd'hui. - Pourquoi pas ?

- Continuez votre histoire. - Tout de suite ?

Oui, allez-y.

Ben alors, le peintre...

il est parti au Br�sil

avec sa m�re et ses deux s�urs pour chercher fortune.

Et puis, ils sont revenus.

Seulement lui et ses deux s�urs bizarres.

Il para�t qu'ils ont trouv� la fortune, l�-bas.

Mais la m�re est morte au Br�sil...

Ils sont revenus et ont construit cette petite maison.

Excusez-moi...

Mais de quoi est-ce qu'ils vivaient ?

- Quoi ? - De quoi est-ce qu'ils vivaient ?

Ils �taient pauvres.

Lui, il devait des sous partout.

En guise de fortune, ils �taient insoldables.

Enfin, vous voyez le truc, quoi.

Vous savez que je l'ai bien connu, le peintre ?

Je devais avoir 7 ou 8 ans.

Il �tait venu faire un portrait...

celui de ma m�re sur son lit de mort.

Elle �tait malade et mourante.

Il �tait venu dessiner ses derniers instants.

Et puis, les gens l'ont surnomm� "Le Peintre de l'Agonie".

On l'appelait comme �a parce que

Il aimait bien peindre les gens

sur le point de mourir.

Il �tait un peu fou, quoi.

Faut dire aussi...

Enfin, ses s�urs �taient de vraies garces !

Elles ont commenc� � raconter partout

que rien ne pourrait l'arr�ter.

Qu'on ne pouvait pas aller contre la nature.

C'est � cause d'elles qu'il est devenu timbr�.

Mais alors, vous ? Vous pourriez reconna�tre le son

de sa voix ?

Vous pourriez la reconna�tre ?

Je ne crois pas que cela me soit tr�s difficile.

Quand on a entendu sa voix, on s'en souvient toute sa vie.

Il parlait comme les malades. C'�tait comme... une mitraillette...

Et puis soudain, il pouvait s'arr�ter et chanter dans une langue inconnue.

Un vrai cingl� !

Attendez un moment !

Tout �a, c'est � cause de ses s�urs.

- Branche-le vite. - �a y est.

�coutez �a.

Il n'y a rien sur votre truc.

Tu y as touch� ?

Pas depuis l'autre soir.

Tu y as touch�, hein ?

Ce qu'il y avait sur cette bande �tait tr�s important pour moi, idiote !

Mais �a va pas ? Je te dis que je n'y ai pas touch� !

Oh, c'est pas vrai...

Pardonnez-moi...

Je reviens tout de suite.

Francesca !

Coppola ?

Tu es r�veill�e ?

J'ai dormi un peu.

Mais j'ai fait un mauvais r�ve.

Je suis d�sol�...

J'ai peur, tu sais...

Moi aussi.

Mais pour moi, C'est diff�rent.

C'est quand je veux m'endormir dans ce lit.

Eh ben, dites donc ! Il en avait des affaires, votre ami !

Et puis, c'�tait lourd !

Tout est dans la malle.

Tr�s bien. Portez-l� en bas.

Incroyable !

Regarde, ma ch�rie.

"V�rifier l'existence de ces mod�les...

"contr�ler la l�gende sur la maison du peintre...

"Ses s�urs lui procuraient des cadavres d�terr�s..."

Ses s�urs...

Pourquoi a-t-il �crit cela � la 3e personne comme une formule ?

"Retrouver la tombe...

"de Bruno Legnani..."

Il parle de communion, de sacrifice...

de rites � base de sacrifices humains.

De la possibilit� qu'un homme, aujourd'hui encore,

puisse �tablir le contact avec les personnes mortes au cours...

de cette pratique.

�a suffit !

Arr�te !

�a suffit !

Ne parle plus de �a ! Je t'en prie !

Je suis d�sol�e. Mais je ne supporte plus tout cela.

Je veux m'en aller de cette maison.

Rio de Janeiro.

Rio de Janeiro.

�a vient de Rio de Janeiro !

Quoi ?

- Qu'est-ce que c'est... dis ! - Peut-�tre la cl� de tout !

Elles sont moches.

Mais qui c'est ?

- Je crois bien que ce sont elles. - Elles ?

�coute, je dois absolument sortir ce soir.

- Emm�ne-moi ! - Non, tu restes l� !

Tu vas au lit, et surtout tu n'ouvres � personne ! Compris ?

"De belles fleurs,

"Mon amour,

"De belles fleurs dans le jardin,

"pour te dire, pour te dire...

"De belles fleurs,

"Amour,

"De belles fleurs dans mon jardin,

"Juste pour vous signore, Juste pour vous."

Ses s�urs, encore aujourd'hui,

continuent de fournir des cadavres.

Mais � qui ?

Qui est l� ?

Ah, c'est vous ! Mais que faites-vous � cette heure ?

Ce sont elles ! Ce sont elles ! Les s�urs du peintre ! Vous comprenez ?

Elles qui frappent le corps du martyr ! Regardez !

C'est vrai, elles sont vaguement ressemblantes, mais...

o� avez-vous trouv� cette photo ?

Ce n'est pas important, ce qui compte, c'est le concret.

Mon ami avait tout d�couvert avant de mourir.

Mais quoi ? Qu'est-ce qui vous met dans cet �tat ?

J'en sais foutre rien ! Mais je sens que cette histoire est � moi !

D�j�, la mort d'Antonio. Tout �a est bien trop myst�rieux.

Oui, je le crois aussi.

Je regarde cette croix et je doute �galement.

- Pourquoi ? Vous avez peur aussi ? - Oui.

Le courage est l'une des choses que Dieu ne m'a pas donn�,

je vous le confesse, mais...

promettez-moi de pas continuer dans cette voie.

Pourquoi ?

J'ai vu tellement de gens comme vous

d�filer en confession.

Vous saviez

que votre vieille dame va bient�t mourir ?

Elle m'a demand�. Je lui ai port� les derniers sacrements.

Faites-moi voir.

Eh, oui...

oui, effectivement... ce sont elles.

Mais dites-moi, o� avez-vous trouv� cette photo ?

�a m'�tonne beaucoup que ces deux femmes

se soient laiss�es photographier.

Pour des femmes sauvages comme elles, cela aurait l'�quivalent d'un...

Oui, oui, je sais.

On ne peut rien contre la folie.

Et je peux vous en t�moigner.

Voyez ! Voyez ! Voyez !

Quand ma femme �tait jeune, elle �tait magnifique.

D'une grande famille. Elle s'est amourach� de ce peintre.

Mais lui, ne croyait pas en elle,

on ne parlait que de ce qu'il faisait avec ses s�urs

dans cette maison pr�s de la voie ferr�e.

La l�gende s'est greff�e sur cet endroit.

Et puis, ce voyage au Br�sil, �a d�rangeait les enfants, ici.

Un pays de sauvages aux religions plus que douteuses.

Et puis, ce gar�on d�cida de se supprimer.

C'�tait environ 2 ou 3 mois

apr�s qu'il ait termin� la fresque de l'�glise.

On l'avait d�j� entendu plusieurs fois parler d'arr�ter la peinture.

Mais les deux s�urs �taient toujours l� pour le reprendre.

Le soir de la San-Sebastiano,

il avait d�cid� d'en finir une fois pour toutes.

Mon �pouse fut t�moin de la sc�ne.

Il voulait qu'elle le voit.

Il s'est asperg� d'alcool � br�ler...

il a couru sans fin et on n'a jamais retrouv� son cadavre.

- Ici, �a dit : "Mort pr�sum�e". - Comment �a, "Mort pr�sum�e" ?

Vous n'allez pas me faire r�p�ter 10 fois ce que je viens de dire ?

Si �a dit "Mort pr�sum�e", c'est que c'est "Mort pr�sum�e".

4 juin 1931.

�a dit que c'est "pr�sum�".

Vous comprenez �a ? C'est "pr�sum�".

On parle d'homme d�c�d� � cette date en se foutant le feu, ben...

Legnani Bruno, peintre de profession.

- Je dois le r�p�ter ? - Non, non.

"Mort pr�sum�e".

Alors il pourrait �tre encore en vie.

Un type qu'on a vu se consumer en un rien de temps ?

On aurait d�j� du mal � le reconna�tre !

J'ai besoin de 3 copies de ce certficat pour demain.

Quatre ap�ritifs pay�s pour toi au bar.

Je t'ai d�j� dit que je n'aimais pas les ap�ritifs !

� propos, vous n'avez pas fini votre travail � l'�glise ?

Non, pourquoi ?

Parce qu'il reste encore pas mal � faire.

Lidio, dis-moi qui a fait �a !

Bah, j'en sais rien, moi !

Mais faut bien que ce soit quelqu'un.

Peut-�tre le Saint-Esprit.

Pauvre d�bile.

Il vaudrait peut-�tre mieux appeler un vrai sp�cialiste !

Quand vas-tu me foutre la paix ?

Qui est-ce ?

Qui est l� ?

Francesca !

Mais o� es-tu ?

Ah, te voil� !

O� �tais-tu ? �a fait une heure !

J'�tais en ville pour passer un coup de fil.

� qui ? Qu'est-ce qui se passe ?

Rien du tout.

J'ai appel� mon travail � Rome.

J'ai d�missionn� de mon boulot d'institutrice.

- Tu veux pas rester ? - Non.

Stefano, tu sais que je veux pas rester l�.

Je me sens mal dans cette maison.

Je veux partir.

J'ai la sensation qu'il peut nous arriver malheur � chaque instant.

Tu m'as dit qu'on serait toujours ensemble.

Et tu n'es jamais l�.

Je me sens si seule, la nuit.

Tellement seule.

Et j'ai peur.

J'ai peur, tu comprends ?

Tu veux me quitter ?

Non, je ne quitte pas.

Il y a un train qui part demain � 9 heures.

Tu penses qu'on peut se lever � l'heure ?

Si tu es sage, pourquoi pas ?

Pourquoi tu ne m'as pas r�veill�e ?

Tu retournes � l'�glise ?

Tu m'avais dit qu'on partait.

�a ne sera pas long.

Je dois v�rifier quelque chose.

Fais-moi confiance.

Je m'abandonne � toi, mon amour.

� tout � l'heure.

Il y a quelqu'un ?

Bonjour.

Bonjour, je vous rapporte votre v�lo.

Alors, vous partez ?

Oui, je m'en vais.

Je peux vous demander un renseignement ?

Dites toujours.

Vous vendez de l'acide muriatique ?

Qualit� sup�rieure, oui. Vous en voulez ?

� qui en avez-vous vendu r�cemment ?

Quelqu'un en a mis sur la fresque de l'�glise.

De l'acide muriatique ?

J'en ai vendu un litre

un jour ou l'autre � chaque famille de village.

- Alors... - Sans jamais noter � qui ?

Pourquoi je ferais �a ? Je les connais.

Tout le monde en ach�te. Et je risque pas le contr�le fiscal.

�a sert � nettoyer. J'en vends � tout le monde !

Emmenez-moi � la maison, je dois passer prendre Francesca.

Pardon, monsieur ?

Apr�s tant d'ann�es de service,

- Ils m'ont vir�. - Qui ?

Mais eux...

Eux tous.

Je sais pas ce qui leur a fait peur

mais ils ont eu peur que je parle.

Que croyaient-ils tous ces gens bien-pensants ?

On croyait pouvoir acheter mon silence

pour un peu de grappa.

Mais je n'en peux plus.

Celui-l�, c'est le dernier !

Les s�urs du peintre...

elles sont encore ici.

Si vous voulez savoir... elles sont encore en vie.

Approchez.

�coutez...

je suis le seul � les avoir vues � l'�uvre.

C'est horrible.

- De quoi parlez-vous ? - Elles ont essay� de m'avoir,

mais j'ai r�ussi � m'�chapper.

Quand j'�tais gamin, si vous aviez vu, je d�talais comme un lapin...

Les autres me prenaient pour un d�bile parce que j'allais pas � l'�glise.

J'y allais pas parce que j'avais une bonne raison.

Moi et quatre des mes copains, on le savait. M�me si c'�tait beau.

Les autres fermaient les yeux, voulaient l'ignorer.

Mais moi, je suis encore vivant !

Le Coppola est vivant ! Sur ses pieds !

Parce que Coppola se m�fie de tous ! C'est compris ?

- Vous pensez que je suis bourr� ? - Non.

- C'est vrai ? - Je vous le jure.

Ici, les murs ont des oreilles.

Mon ami est mort � cause de �a. C'est vrai ?

Je ne sais rien au sujet de votre ami.

Je sais seulement...

que tout a commenc� quand on a rammass� ce type

qui a peint ces trucs.

Vous �tes du genre curieux, hein ?

Je connais un endroit

o� les curieux comme toi

perdent rapidement la t�te.

Allez, viens !

Je vais te faire faire une balade. Grimpe !

C'est toi ?

C'est ici.

Legnani tenait beaucoup � ce coin de terre.

Un vrai pi�ge � rats, cette maison.

Beaucoup de gens ont disparu, ici.

Pourquoi m'avez-vous amen� dans cet endroit ?

Je sais qu'ils sont tous ici.

Tous les disparus... enterr�s l�.

En voil�

un exemplaire.

Elles croyaient que, moi aussi, j'allais finir dans ce trou !

Stefano ?

Stefano ?

Tu m'attendais pas, hein ?

Tu t'occupes bien des gosses, hein ? Occupe-toi de moi !

Mais, dis-moi ?

Ne me dis pas que tu as peur de moi ?

Personne n'a peur de Lidio.

- Non ! - Je te plais, hein ?

Je sais faire plein de choses qu'il ne sait pas.

Tant de choses qu'il ne sait pas.

Et toi non plus ! Pute !

Donne-toi � moi, esp�ce de pute !

Non ! Laissez-moi !

Gueule pas, tu vas r�veiller tout le monde !

Viens !

Laisse-toi faire, salope ! Viens !

Laissez-moi !

Arr�te de gueuler !

Tu cherches quoi ? � r�veiller la vieille, l�-haut, hein ?

- Non ! - C'est �a que tu cherches ?

Viens ! Te d�bats pas !

Je t'emmenerai � la maison aux fen�tres qui rient.

Va chercher la fille, je vous attends.

D�p�che-toi.

- Stefano ! - Oui ?

Ne prends pas trop de temps.

Ram�ne-l� tout de suite.

Francesca !

Francesca ! Tu es pr�te ?

Francesca ! Tu es l� ?

Madame, avez-vous vu... ?

Francesca...

Francesca.

Coppola...

Oui, c'est ici.

Suivez-moi ! D�p�chez-vous !

Non, c'est par ici !

Je sais o� ils l'ont emport�e.

Ici, juste ici.

Allez-y, creusez !

Cigarette ?

Mar�chal, excusez-moi ?

On fait quoi ? On continue ?

�a vous suprendra sans doute, mais il n'y a rien dans ce trou.

Je suis s�r que c'�tait l�. C'est vrai !

J'ai vu plein d'ossements.

Qui vous a montr� �a ? Qui vous a amen� ici ?

Coppola, le chauffeur de M. Solmi.

Il a creus� devant moi !

- Coppola, vous �tes s�r ? - Oui.

On remballe, messieurs !

Coppola est un farceur alcoolique. imbib� de vin.

Il s'est foutu de vous et vous n'�tes pas le premier !

H�, vous ! O� l'avez-vous rep�ch� ?

Du c�t� de l'�cluse. C'est le vieux qui l'a trouv�.

On vous l'am�ne tout de suite.

Il est aussi lourd

qu'un b�uf !

Allez Gino, tire !

Allez, tire un peu !

Voil�.

Il doit y avoir plus d'alcool que d'eau l�-dedans.

Et c'est quoi, toutes ces cicatrices ?

Je ne lui avais jamais vues avant.

Des blessures de guerre. Il a saut� sur une mine.

�a n'y ressemble pas, pour moi.

Emmenez le corps � Ferrare pour l'autopsie.

Et que ce soit fait pour demain.

Quelqu'un sait-il o� il �tait toute la journ�e ?

Non, il n'est pas rentr� chez lui de la semaine.

Tant pis, continuez � chercher.

Je vous demande de rester � ma disposition.

De plus, vous passerez � mon bureau demain matin,

pour faire votre d�position, on y verra peut-�tre plus clair.

C'est compris ? Vous m'avez bien compris ?

J'ai compris, Mar�chal.

Partons d'ici.

Vous n'allez pas retourner chez vous, je vous accompagne � l'h�tel.

Non, il faut que je les trouve, d'abord.

Je ne crois pas que ce soit le moment.

Venez.

Oui ?

Un moment.

- On vous d'mande au t�l�phone ! - Qui ?

- Qu'est-ce qu'j'en sais ?

All� ?

Mon amour !

C'est moi, Francesca.

Viens.

Viens, je t'attends � la maison.

� la maison, mon amour !

J'ai peur !

Viens !

Viens, mon amour !

Viens vite !

J'ai peur !

J'ai peur...

Je t'attends � la maison.

Vite !

Emm�ne-moi d'ici !

Emm�ne-moi d'ici !

D�p�che-toi !

Fais vite !

D�g�n�r� !

N'as tu pas honte de vivre ?

La purification t'attend.

La puret�.

C'est toi ?

Approche.

Viens par l�. Approche.

Suis-moi.

Je vais te montrer. Viens.

C'est pour lui.

Pour lui. Notre petit fr�re.

Peut-�tre qu'il repeindra, un jour, pour nous deux.

Nous continuons � lui apporter des mod�les.

Pour lui, peindre la mort, c'est comme vivre.

Viens. Viens avec moi.

Tu es bien l'ami de notre petit fr�re, n'est-ce pas ?

Toutes � moi.

La plus belle voix que j'aie jamais entendue.

Laissez-moi.

Toutes mes couleurs.

Elles sont � moi, mes couleurs.

Fils de pute ! Oui !

Tu sais comment nous le conservons ?

Le formol.

Lidio nous en apportait du propre tous les jours.

Aujourd'hui, il est venu, mais il est all� voir ton amie,

celle que tu as amen�e ici pour vivre avec toi.

C'est devenu un de nos mod�les...

il l'a g�ch�e, mais on l'a remplac�e.

Viens, viens avec moi. Viens.

Viens, n'aie pas peur. Viens...

Il ressemble assez � l'homme de la fresque, non ?

Bravo !

Tu ne l'as pas rat� !

Tiens-le !

Il remue trop !

Reste l� ! Pense � notre fr�re ! Ne bouge pas !

Attends !

De l'autre c�t� !

Il se doit se cacher dans les buissons !

Inutile de continuer � chercher.

Il n'ira pas bien loin.

Demain matin, nous viendrons r�cup�rer son corps.

Tr�s bien, Laura. Tr�s bien.

Je vous en prie...

Mar�chal !

Solmi !

Solmi !

All� ? Passez-moi la police de Ferrare.

Donorsi !

Donorsi !

Mon Dieu, Stefano ! Que vous est-il arriv� ?

Vous �tes mon seul espoir !

Il faut faire quelque chose !

Je sais ce qui se passe. Ce sont elles !

Ce sont elles !

Je sais tout...

Absolument tout. Je sais tout.

Appelez un docteur, s'il vous pla�t.

Les deux s�urs du peintre...

ce sont elles.

Les s�urs de Legnani...

elles sont encore en vie, elles sont encore en vie !

Encore en vie... Oui...

Encore en vie... oui, toujours en vie, oui...

Les s�urs...

L'une d'entre elle poss�de la maison.

La paralytique ?

Oui. Elles sont encore en vie ! Oui...

L'autre... l'autre... je n'ai pas vu son visage.

Quelle belle cicatrice. Vous savez que Lidio,

lui, est mort ?

Lui, il s'est laiss� faire.

Mais vous �tes...

"De belles fleurs

"D'amour

"De belles fleurs dans mon jardin,

"Pour vous dire..."

Laura ? Laura, viens voir un peu par l� !

Traduction : Matduha

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