All language subtitles for leure du loup

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Original subtitles

Un peintre, Johan Borg, s�journe avec sa femme

dans la petite �le frisonne de B�ltrum.

Alma, en lisant lejournal intime de Johan,

d�couvre les fantasmes de son mari,

qui sont la base de ce film.

L'HEURE DU LOUP

SiIence ! On tourne !

Cam�ra !

Non...

je ne pense pas m'en aIIer.

Pourquoi je reste ?

Nous vivions ici depuis 7 ans,

tous les deux.

L'hiver, je peux aller sur le continent

et travailler � la boutique, je l'ai fait,

quand nous �tions � court d'argent.

Le b�b� doit na�tre dans un mois.

J'ai vu le docteur avant de venir ici pour la derni�re fois.

C'�tait un vendredi.

ll �tait tard, 10h environ.

ll faisait encore jour.

Nous pensions rester ici jusqu'en ao�t.

Nous �tions isol�s.

ll ne voulait voir personne.

ll avait peur...

Je parlais peu, �a lui plaisait.

ll m'aimait bien.

Nous �tions arriv�s vers 3h du matin.

Dans l'abri, il y avait une brouette.

On �tait heureux de s'installer ici,

de d�couvrir des pommiers en fleurs.

Puis, on a vu les empreintes,

sous la fen�tre de la cuisine.

�a a contrari� Johan,

mais on n'y a plus pens� jusqu'�...

Nous �tions heureux.

Heureux d'�tre chez nous.

Johan �tait agit�

quand son travail ne marchait pas.

C'�tait le cas, ces derniers temps.

ll dormait tr�s mal.

ll avait peur.

Peur de l'obscurit�.

�a ne faisait qu'empirer.

J'ai une id�e !

Je vais te dessiner.

Va t'asseoir l�.

Remue-toi, tu engraisses !

Recule un peu.

Tu as froid ?

Assieds-toi, sois naturelle.

Ne te redresse pas. D�couvre tes �paules.

Rel�ve tes cheveux, que je voie ta nuque.

C'est �a. O� sont mes lunettes ?

La branche est encore cass�e !

Bien. Reste comme �a.

Je devrais te dessiner jour apr�s jour.

Regarde.

Je ne l'ai montr� � personne.

C'est le sp�cimen le plus commun.

Pratiquement sans d�fense.

Je crois qu'il est homosexuel.

La vieille dame

redoute de retirer son chapeau.

Sais-tu ce qui se passerait ?

Son visage viendrait avec !

�a, c'est le pire de tous.

Je l'appelle l'Homme-Oiseau.

J'ignore si c'est un bec ou un masque.

ll est tr�s rapide.

C'est cens� �tre le Papageno de La Fl�te enchant�e.

Les autres, les carnivores, les insectes...

surtout l'Homme-Araign�e.

Et le ma�tre d'�cole, avec sa baguette...

Toutes ces...

ces femmes qui jacassent...

Reste encore �veill�e.

Dans une heure, ce sera l'aube...

alors je pourrai dormir.

Une minute peut sembler une �ternit�.

On commence...

10 secondes.

Oh, ces secondes !

Qu'elles sont longues !

Pas encore une minute.

�a y est !

Ce n'est pas important.

Dis quelque chose.

Parle-moi, Alma.

Je me demande depuis longtemps...

Tu m'�coutes ?

On vit ensemble depuis 7 ans...

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Voil�.

N'est-ce pas que les vieux couples

finissent par se ressembler ?

lls ont tellement de choses en commun.

Non seulement leurs pens�es...

leurs visages ont la m�me expression.

A quoi cela tient, selon toi ?

Je veux qu'on vieillisse ensemble si longtemps

qu'on saura les pens�es de l'autre.

On aura les m�mes visages rid�s.

Qu'en dis-tu ?

Tu dors ?

Viens, Johan.

Allons nous coucher.

N'aie pas cet air apeur�. Je ne suis pas dangereuse.

Donne-moi la main.

Tu sens ma main ?

Les doigts, les veines ?

A mon �ge, on a les mains froides.

Somme toute, j'ai 216 ans.

Je veux dire 76 !

Je dois m'en aller.

Attends ! Que voulais-je dire ?

Oui, �a me revient.

Dans sa sacoche,

sous le lit...

Encore une chose.

ll y cache son journal intime.

Lis-le !

Mercredi 22juillet : je viens d'�tre malade.

Rien de grave, mais c'�tait d�sagr�able.

Pardonnez mon intrusion. Depuis plusieurs jours,

je cherche la meilleure fa�on de lier connaissance.

J'ai choisi de venir carr�ment.

Je suis le baron von Merkens.

Vous devez le savoir, cette �le m'appartient.

J'habite le vieux ch�teau.

Voulez-vous venir d�ner avec votre femme, vendredi ?

C'est tr�s aimable.

En toute simplicit�, mais j'ai une bonne cave,

et le saumon, ici, est r�put�.

Au revoir.

Ma femme et moi comptons parmi vos admirateurs,

j'ose dire, les plus fervents !

Lundi 27juillet :

journ�e chaude et brumeuse.

Je suis encore souffrant.

Vois-tu ce bleu ?

Fais attention, mon ch�ri.

Sinon �a finira mal.

Te souviens-tu ?

J'allais � une soir�e, je portais ma robe verte.

J'avais eu un mal fou � me coiffer.

J'avais oubli� mes gants.

ll faut que je te dise.

Je dois te montrer une lettre.

Je l'ai re�ue hier.

Voici ce qu'elle dit.

''Tu ne peux pas nous voir, mais nous te voyons.

''Des choses horribles peuvent arriver.

''Certains r�ves peuvent �tre r�v�l�s.

''La fin est proche.

''Les sources vont se tarir.

''D'autres liquides mouilleront tes blanches cuisses chaudes.

''ll en a �t� d�cid� ainsi.''

�a m'a rendue malade !

Comme tes mains sont chaudes !

As-tu de la fi�vre ?

Quand je viens te voir, je suis perturb�e.

Je passe l'apr�s-midi comme dans un r�ve.

Tout est irr�el, inutile.

Aide-moi � d�faire ma robe.

La fermeture se coince toujours.

C'est tr�s �vent�, mais magnifique, n'est-ce pas ?

ld�al pour un peintre.

Vous vivez ici depuis un certain temps.

On revient toujours sur les lieux du crime !

Et on y commet d'autres crimes.

Vous semblez fatigu�. N'en faites pas trop.

A notre �ge, il faut se m�nager.

Les jeunes sont plus r�sistants.

Je sais ce dont je parle. Je suis curateur.

J'examine les �mes. Et qu'y vois-je ?

Je ne vous apprendrai rien. Vous �tes un artiste.

Vous savez sonder les coeurs, il n'est que de voir vos toiles.

Pourquoi ce regard ? Etes-vous f�ch� ? Enerv� ?

Pr�occup� ?

Fermez-la !

ll faut me donner de l'argent.

Je n'en ai presque plus.

Je dois payer l'�picier quand on ira...

On lui doit 1 76,50 couronnes.

Et il y a le lait.

Ne te contente pas de me donner l'argent.

Je veux que tu voies �a de pr�s.

J'ai d�j� eu 500 couronnes.

Puis tu m'as offert le plaid qui m'en a co�t� 35.

Mais c'est douillet quand je dors seule.

Ensuite, il y a eu une grosse facture :

farine, sucre, conserves.

�a faisait plus de 200. 219 !

Et l'argent de poche

et ma cha�ne de v�lo et les piles pour la radio...

et l'�pluche pommes de terre...

le savon, la lessive et la brosse � ongles.

ll te faut une brosse � dents, la tienne est en piteux �tat.

Et 50 couronnes pour l'anniversaire de ton fils.

Plus le timbre...

Total : 500 couronnes.

Reste : 7,36.

Tu fais l'addition et tu v�rifies ?

On est invit�s au ch�teau vendredi.

Je sais.

Comment le sais-tu ?

Puis-je vous pr�senter ma femme Corinne ?

C'est gentil d'�tre venus.

Ma m�re, la comtesse von Merkens.

Mon fr�re, Ernst.

Enchant�.

M. Lindhorst.

Je suis un de vos fervents admirateurs.

Et M. Heerbrand.

Nous nous sommes d�j� vus.

Voulez-vous un verre ?

Le d�ner va enfin �tre servi.

Cette domestique est atroce, mais pas ch�re.

Mon fr�re n'a pas d'argent. Ce n'est pas sa faute.

Nous sommes s�dentaires, mais avons beaucoup voyag�.

Vous aimez les voyages ?

''Alma'', c'est joli et original.

lncapable d'agressivit�...

Un certain d�sir de revanche...

Se complaire � �tre humili�...

Nos crocs sont intacts !

Un jour, j'ai achet� une toile d'un peintre connu.

L'�poque �tait diff�rente, ne dites rien, mon cher Ernst.

J'ai eu l'id�e g�niale de l'accrocher

� l'envers, dans mon salon.

Et j'ai convi� l'artiste, avec des amis qui savent plaisanter.

Ce que nous avons ri !

Les plaies ne cicatrisent jamais, elles restent purulentes.

L'infection est chronique, la fin ne tarde pas,

tout d�pend du coeur.

Je ne cesse de maigrir.

Je consulte les sp�cialistes du monde entier.

Parfois, il y a r�mission. Ainsi, cet �t�.

Puis �a recommence. Mon mari dit que c'est psychique,

que �a date de nos revers de fortune.

Quand j'ai d�tourn� la fortune familiale.

C'est moi, le coupable.

Pourquoi Lindhorst est-il � cette table ?

Ne peut-on tout liquider et partir ? Non, par ma faute.

Tout est de ma faute !

J'ai �crit : au diable vos rem�des !

Je n'irai jamais mieux.

ll faut op�rer. Je suis une vieille peau.

ll y a des limites.

ll a rican�,

ce professeur stupide, et m'a dit :

''Non ! Comtesse ! Je n'ai connaissance d'aucune limite !''

Oui, j'ai des enfants. Deux fils.

Pas ici, non ! lls vivent avec leur oncle.

lls doivent �tre de vos amis.

Vous connaissez bien Veronica Vogler, non ?

Une tr�s jolie femme.

Veronica Vogler est charmante. Vous la connaissez ?

Que de haine dans ces yeux !

Passons dans la biblioth�que.

Mesdames et Messieurs !

Place au th��tre de marionnettes !

Nous �teignons ?

Nos invit�s d'honneur. Notre invit�e d'honneur !

La Fl�te enchant�e est le grand exemple !

Les guides de Tamino l'ont abandonn� dans le noir,

hors du temple de la sagesse,

et il implore :

� nuit �ternelle, quand finiras-tu ?

Quand la lumi�re touchera-t-elle mes yeux ?

Mozart, malade, ressentait l'intensit� de ces mots.

Et le choeur r�pond :

Bient�t, jeune homme, oujamais !

La plus jolie et peut-�tre la plus troublante

musique jamais compos�e.

Tamino demande :

Pamina vit-elle encore ?

Le choeur invisible r�pond :

Pamina vit encore !

Notez l'�trange fa�on de d�tacher les syllabes.

Ce n'est plus le nom d'une jeune femme,

c'est une formule magique,

une incantation.

Livret naif, oeuvre de commande,

et pourtant la plus haute manifestation de l'Art.

Notre artiste est-il de cet avis ?

Je me dis artiste, faute d'un meilleur mot.

Dans mon travail cr�atif, rien n'est �vident,

si ce n'est la contrainte.

Malgr� moi, on m'a catalogu� ''�tre d'exception'',

veau � 5 pattes, monstre.

Je n'ai jamais lutt� pour le devenir,

et ne lutterai pas pour le demeurer.

M�galomanie ? Elle m'a parfois menac�,

mais je suis immunis�.

ll me suffit de penser au peu d'importance

de l'Art dans notre monde actuel.

Pourtant la contrainte est inchang�e.

Quel artiste !

Quel courage ! Quelle lucidit� !

Buvons � notre artiste, non seulement g�nial,

mais �galement penseur !

Une rose dans ta chevelure...

Oh ! Je t'ai griff� avec mon ongle !

�a saigne. Voici mon mouchoir.

ll est propre. Comment ai-je pu �tre si maladroite ?

Calme-toi. Tu as trop bu. Viens.

ll est insomniaque, alors l'alcool lui monte � la t�te.

Allons respirer sur la terrasse.

Le coeur du ch�teau date du XVe si�cle.

ll appartient � la famille depuis le XVle.

Nous sommes excessifs car nous vivons trop confin�s.

On vous a fait peur. Allez-vous nous abandonner ?

Cet endroit n'est pas si mal, la nuit.

La nuit, �a va.

Oh ! Ma jarreti�re ! M. Heerbrand.

O� est pass� Ernst ? O� �tiez-vous ?

J'ai pris un autre chemin.

J'ai honte de voir ce parc si n�glig�.

ll y a 10 ans, c'�tait un lieu touristique !

On ne s'embrasse pas, pourquoi ?

Je peux compter nos baisers.

J'ai eu une peur effroyable.

J'ai rencontr� un homme.

ll a parl� de choses et d'autres.

Et soudain, m'a frapp� sur la joue.

D'une p�leur cadav�rique, avec des yeux haineux.

Je me suis senti mal, mon nez s'est mis � saigner.

J'ai bredouill� des excuses...

et me suis interrog� quand il a disparu.

Est-ce vrai ? Doit-il en �tre ainsi ?

Jamais je n'oublierai ces yeux...

Vous �tes pr�ts ?

Vous allez voir o� j'ai mis le portrait de Veronica Vogler.

Ch�re Alma, venez avec nous.

Elle dort. ll ne faut pas la d�ranger.

Non, je ne dors pas.

Tu veux venir ?

Alors venez tous les deux.

Alma, vous allez voir une belle toile de votre mari.

La voici. En face de mon lit.

Je la vois matin et soir.

Elle fait partie de ma solitude.

Je l'aime.

Vous avez v�cu ensemble longtemps ?

Pardonnez mon indiscr�tion.

5 ans.

Oh ! ll vous l'a dit !

ll l'a aim�e, non ?

lnutile de poser la question.

�a a fait scandale. Mais c'�tait si romantique !

Jalouse ?

Je ne crois pas.

Mon mari est jaloux. C'est un merveilleux amant !

Regardez cette marque.

Une cicatrice due aux ''avances'' d'un autre.

Source perp�tuelle d'excitation.

C'est trivial, certes,

mais �a m'excite !

ll va falloir que je trouve autre chose.

Cette marque ne suffira pas toujours.

Pouvez-vous m'aider ? Ne soyez pas f�ch�e, Alma.

Je plaisantais ! B�tement, n'est-ce pas ?

Allons rejoindre les autres.

N'emp�che que je me suis offert une part de votre mari !

N'est-ce pas ?

Je veux te dire : j'ai lu ton journal et j'ai peur.

Non, laisse-moi finir.

Je veux te dire ce que j'ai pens� ces jours-ci.

Voil�...

ll se produit une chose terrible,

ind�finissable...

Mais ne crois pas que je vais te laisser.

Je ne te laisserai pas malgr� la peur.

lls veulent nous d�truire.

lls te veulent, toi. Si je suis pr�s de toi, ce sera plus dur.

lls ne me forceront pas � te laisser.

Je resterai avec toi aussi longtemps que...

Johan, aide-moi !

L'HEURE DU LOUP

Tu entends ce silence ?

ll fut un temps o� les nuits �taient faites pour dormir...

d'un profond sommeil, sans r�ves.

Dormir et s'�veiller sans peur.

Fatigu�e ?

Pas trop.

Nous avons attendu l'aube, chaque nuit.

Mais c'est l'heure la pire.

Sais-tu son nom ?

Les anciens l'appelaient ''l'heure du loup''.

Celle o� meurent la plupart des gens,

o� naissent la plupart des enfants.

A pr�sent, c'est celle de nos cauchemars.

Et si nous sommes �veill�s...

Nous avons peur.

Nous avons peur.

Qu'est-ce que c'est ?

Rien. �a me rappelle mon enfance.

C'�tait une sorte de punition.

On m'enferma dans la penderie.

Pas un bruit, et le noir.

J'�tais terroris� et cognai dans la porte.

On m'avait dit qu'un petit homme vivait dedans,

qui rongeait les orteils des enfants pas sages.

Cessant de cogner, j'entendis un bruit...

Je crus que mon heure �tait venue.

Paniqu�, je me mis � grimper

sur les �tag�res.

Essayant de me hisser, je fis d�gringoler les v�tements.

Je perdis prise et tombai.

Je luttai contre cette cr�ature...

et hurlai...

demandant pardon !

Enfin la porte s'ouvrit et je sortis...

� la lumi�re.

Mon p�re dit : ''Ta m�re m'assure que tu regrettes.''

Je criai : ''Oui, piti� !''

''Va sur le sofa'', me dit-il.

J'allai sur le sofa vert de sa chambre,

empilai les coussins,

puis allai chercher sa canne, baissai mon pantalon,

et me penchai sur les coussins.

P�re dit : ''Combien de coups as-tu m�rit� ?''

Je r�pondis : ''Le maximum.''

ll me frappa,

fort, mais c'�tait supportable.

A la fin, je me tournais vers ma m�re

et demandai : ''Me pardonnes-tu ?''

Elle pleura et dit : ''Oui, bien s�r.''

Elle me tendit la main,

que j'embrassai...

Tu dors ?

Non, je ne dors pas.

Quel calme !

C'est �trange quand la mer est calme.

Mais c'est effrayant.

Le silence nous entoure

et la mer reste calme.

Tu pleures ?

Non, je pense � l'enfant.

Et � l'obscurit� silencieuse,

comme si le jour n'allait plus revenir.

N'aie pas peur.

Prends ma main.

�a va mieux.

Tu sais, quand j'ai dit avoir �t� mordu par un serpent ?

Ce n'�tait pas un serpent.

Je pensais ne jamais le dire � personne.

Dis-le-moi.

Tu ne le r�p�teras pas.

Non, sois tranquille.

Tu sais, ce rocher o� l'eau est profonde ?

O� nous sommes all�s au d�but de l'�t�.

Tu as bien ferm� ?

Oui, j'ai v�rifi�.

Bonjour. Pardon de vous d�ranger.

On dirait un orage. J'ai fait un saut...

J'ai un message.

Puis-je m'asseoir ? Ce sera bref.

C'est une invitation.

Nous donnons une petite f�te.

Histoire de distraire ces gens pitoyables.

lls se tapent sur les nerfs mutuellement.

L'une des invit�es vous int�ressera.

Veronica Vogler. Vous viendrez ?

Bon, ils vont �tre ravis.

Von Merkens et moi

avons discut� de vos chances

de r�sister � notre petit jeu.

Ce sera tout. Au revoir.

J'esp�re vous voir � la soir�e.

On peut ranger cette arme ?

Non, pourquoi ?

Que fait-on aujourd'hui ?

Parle-moi de Veronica Vogler.

Que te dire ? �a a dur� 5 ans.

Tu le sais. On a �t� d�couverts, �a a fait scandale.

On l'a �touff� et �a a �t� fini.

Ce n'est pas ce que dit ton journal.

''Mon obsession de Veronica devient un tourment pour nous.

''Je la suivais, l'�piais, par jalousie.

''Ma passion la stimulait, sans doute,

''mais elle demeurait passive.

''Nous avons eu une ou deux sc�nes,

''sans raison.

''Nous avons chang� de ville,

''pour fuir parents et avocats...''

''Nous avons suivi ce qu'ordonne la Bible :

''lls ne formeront qu'une seule chair.

''Puis, son mari l'a emmen�e.

''On m'a hospitalis�.

''Nous sommes rest�s sans nous voir, des ann�es.''

Tu m'as dit un jour que ce qui te pla�t en moi,

c'est que Dieu m'a faite d'une seule pi�ce.

Sentiments et pens�es.

Tu disais qu'il fallait des gens ainsi.

J'ai trouv� �a merveilleux.

J'�tais heureuse.

J'avais tort.

Je ne comprends pas.

Je ne peux pas te d�finir.

J'ai seulement peur.

Tu crois que je veux rester et risquer d'�tre tu�e ?

Que �a me pla�t de te voir courir apr�s cette femme ?

Parler � tes fant�mes, �tre sur mes gardes ?

Mais je reste.

L�ve-toi de table.

Va � la porte.

Sors.

ll ne fait plus nuit.

Va. Tu y verras clair.

Quelle agr�able surprise !

Portez mon plateau s'il vous pla�t.

Merci. C'est mon souper.

Lindhorst, qui conna�t le monde, dit que les catins

ont un app�tit morbide !

Vous ne voulez vraiment rien ?

N'y a-t-il pas une f�te ce soir ?

Pas que je sache.

Ne partez pas !

Aidez-moi � �ter mes bas.

Vous aimez me toucher.

Je le sens.

Je vous connais !

Veronica Vogler est arriv�e.

Moi seule peux vous dire o� elle est.

Regardez mes pieds, cher artiste !

En avez-vous vu de plus jeunes et de plus cambr�s ?

Regardez bien. Voyez mon talon.

Si joli, si doux.

Et mes orteils, mes jolis ongles.

Baisez mon pied.

C'est �a !

Je vous dirai o� elle est.

Regardez dans l'aile ouest.

Elle s'y trouvait il y a 5 minutes.

Soyez le bienvenu.

Allez, venez, vous �tes libre !

Soyons francs : vous cherchez Veronica Vogler.

Peut-�tre dois-je vous pr�venir

qu'elle a �t� ma ma�tresse des ann�es.

Elle a eu l'amabilit� de me raconter en d�tail votre liaison pass�e.

J'ai souffert, je vous assure.

Ce soir, je serai pr�s de votre couche.

Chaque mot, chaque baiser, chaque geste,

rien ne m'�chappera.

Venez, je vais vous guider.

Ce n'est que par jalousie. Allez-vous-en.

Oui, je vais partir.

C'est M. Kreister qui joue.

Un virtuose !

Veronica a-t-elle assez attendu ?

Elle a commenc� t�t � vous r�clamer.

Elle est plus jolie que jamais.

Mon mari souffre.

ll est si jaloux.

Et votre path�tique compagne.

Trois coups, l'un d'eux est fatal.

Quelle merveilleuse musique !

Je vais �ter mon chapeau pour mieux entendre.

Quelle odeur de colle !

Elle pr�tend que c'est du synth�tique,

mais c'est de la colle !

On conna�t les ficelles, non ?

Voyons si nous sommes pr�sentables.

Comme vous voil� p�le !

Vos l�vres sont bleues, comme tach�es de m�res !

ll nous faut arranger �a !

Le sourcil voluptueux...

la moue sensuelle...

Vos yeux sont inject�s de sang et gonfl�s.

Att�nuons �a.

Un trait sur les paupi�res.

Un peu de couleur...

Quoi encore ? Mettez mon peignoir.

ll vous va.

Un pyjama de soie s'impose !

Du parfum ?

Non, votre propre odeur sera mieux.

Chacun a la sienne.

Un peu tout de m�me !

Regardez-vous.

C'est vous et ce n'est pas vous.

ld�al pour une rencontre amoureuse.

Venez.

Voyez l'objet de votre d�sir.

Ne fais pas attention � eux.

Je te remercie.

La limite est enfin atteinte.

Le miroir est bris�,

mais que r�fl�chissent les morceaux ?

Peux-tu me le dire ?

Oui, il a tir� trois coups :

l'un m'a atteint au bras, j'ai une cicatrice.

Effray�e, j'ai pens�

qu'il valait mieux ne pas bouger.

Je l'ai entendu aller et venir,

puis courir.

J'ai lav� le sang, et mis un pansement.

J'ai jet� l'arme, me suis assise et j'ai attendu.

ll est rest� dehors quelques minutes.

Puis il est revenu en courant.

Je me suis cach�e.

ll semblait avoir perdu la t�te.

ll marchait en parlant tout seul.

ll a pris son journal et s'est mis � �crire.

ll a �crit durant des heures.

A l'aube, il a pris sa sacoche

et il est parti dans les bois.

Je l'ai suivi de peur qu'il se fasse mal.

Ne me vois-tu pas ?

O� est-il ?

Je sais o� le trouver.

Appelez-le.

Une chose m'intrigue :

Etes-vous press� ?

J'aimerais vous poser une question.

Une femme qui vit longtemps avec un homme,

ne finit-elle pas par �tre comme lui ?

Elle l'aime et essaie de penser comme lui.

De voir comme lui.

On dit que �a peut changer un �tre.

Etait-ce pour �a que je cherchais les autres ?

Ou bien �taient-ils d�j� l� ?

Je veux dire...

si je l'avais aim� moins

et pas ennuy� avec ce qui l'entourait,

l'aurais-je mieux prot�g� ?

Ou bien ne l'aimant pas encore assez,

ai-je �t� jalouse ?

Est-ce que ces ''cannibales'', comme il disait...

Est-ce pour �a que nous nous d�chirions ?

Je me croyais si proche de lui.

Parfois, il disait se sentir proche de moi.

Une fois, il me l'a dit vraiment.

Si seulement j'avais pu rester avec lui toujours !

Je me suis pos�...

tant de questions.

Parfois je ne sais plus et je deviens...

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