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ERREUR FATALE
SERVICE TRIAGE
AllĂŽ ?
J'arrive.
RĂSERVĂ AU PERSONNEL
Elle est en tachycardie, réveillée depuis une heure et fébrile.
Respiration 22, tension basse. D'oĂč notre appel.
Bonjour, Lisa. Bonjour. Je m'appelle Elizabeth Taylor,
chirurgienne consultante.
Voici mon interne, Richard Whitehead.
Savez-vous oĂč vous ĂȘtes ? Vous nous entendez bien ?
Vous avez mal quand vous respirez ?
Pas d'augmentation de douleur Ă la palpation,
ce qui exclut l'appendicite.
Mais elle a reçu 10 mg de morphine depuis 9h30 et 10 mg de Maxolon.
Les antécédents ?
Une journée de douleurs abdominales.
Abdomen sensible avec gĂȘne Ă l'iliaque gauche.
On l'a renvoyée avec du triméthoprime, du diclofénac et du paracétamol.
Merde. Ils l'ont renvoyée.
Elle est revenue trois jours plus tard avec de grosses douleurs
et un pouls élevé.
On l'a mise sous perfusion et transférée ici.
Diminution de la diurĂšse depuis deux jours.
L'imagerie suggÚre une lésion intestinale
et note la présence d'un stérilet.
D'accord. Désolée, Lisa.
Désolée, Lisa.
Alors ?
Catastrophe intra-abdominale.
Il faut détecter une perforation de l'intestin ou de l'appendice.
Transfert au bloc pour une laparoscopie d'urgence ?
Je suis d'accord pour une laparoscopie d'urgence.
La radiologie suggÚre une nécrose de l'intestin
et un abcĂšs qui ne se prĂȘte pas Ă un drainage percutanĂ©.
Il faut l'opérer.
Trois unités de concentré de globules rouges, compatibles.
Préparez le bloc.
Appelez le Dr Colton pour son consentement.
Lisa, Ă tout Ă l'heure.
TrĂšs bien !
On va utiliser la technique de Hasson.
- Alex. - On est prĂȘts.
Scalpel.
Scalpel.
On fait une incision de 10 mm
juste au-dessus de l'ombilic,
à travers le tissu sous-cutané jusqu'au fascia.
Pince.
- Ăcarteurs en S. - Ăcarteurs en S.
- Merci, Robin. Je tiens. - Merci.
Scalpel.
à présent, quelques...
fibres Ă la fois.
Et voilà le péritoine.
Suture.
- VoilĂ . - Merci.
Je coupe ?
- Oui. - Coupé.
Celle-ci est sortie. Merci, Robin.
Merci. Maintenant, on utilise la traction.
Pourquoi ?
Ăviter d'endommager les structures sous-jacentes
quand on pénÚtre la cavité péritonéale.
Bien, Richard.
- Bien. Orifice, Robin. - Orifice.
On va insérer trois trocarts dans Lisa.
C'est parti.
Détendeur, s'il te plaßt, Robin.
L'orifice de gaz, Richard. Merci.
C'est prĂȘt.
- On ouvre le gaz. - Merci.
TrĂšs bien, maestro.
- Oui ? - Le gaz, s'il te plaĂźt.
J'ouvre le gaz. LumiÚre allumée.
VoilĂ .
On y est, Richard. Tu guides.
- Oui. - VoilĂ .
D'accord. Bien.
Pus important.
En effet. Une septicémie.
Bien, j'insĂšre le deuxiĂšme trocart.
C'est bien. Merci, Richard.
Ne bouge pas. Il me faut une visualisation directe.
Recule un peu... VoilĂ .
Merci.
Que se passe-t-il avec le gaz ?
- Quelle pression ? - Dix.
Il faut plus de flux, de séparation des organes.
Le flux est Ă six, on n'est pas encore Ă dix.
Le réservoir était plein.
Mei-Lynn, augmente le débit, s'il te plaßt.
Bien reçu.
Richard, tu veux mettre le dernier trocart ?
Oui.
- Merci, Robin. - On va te trouver une place.
- VoilĂ . - Merci.
Tu as plein de place, Richard. Plein de place.
Tu arrives Ă voir ?
Oui.
Allez, Richard. Le temps presse. Allons-y.
Allez, un peu de force.
Désolé.
Merde ! Vite, il faut ouvrir.
- Conversion. - Conversion.
Plateau B et instruments artériels.
- Plateau B. - Retire le trocart, Richard.
Rappelez Mei-Lynn tout de suite.
Alex, ça dit quoi ?
Systolique Ă 9. La tension chute.
Bien sûr qu'elle chute.
Le plateau B !
Vite !
On se calme.
- Tout le monde se tait. - Diathermie ?
Non. Pas le temps. Je vais le faire moi.
Richard, tiens ça.
- Alex ? - Pouls Ă 160.
- J'injecte le midribonol. - Tiens ça, Richard.
On y va. J'y vais, Alex.
- Merde ! - Aspiration.
Aspiration.
Ăcarteurs. Je tiens. Ăcarteurs.
- Il nous faut... - Bien, Robin.
- Bien. Tiens ça. - Je l'ai.
Prends le gros. Tire, Richard. Tire.
- Josie, s'il te plaĂźt. - Oui.
- Richard. - Je l'ai.
- Tamponnement. - Tamponnement.
- Attention Ă l'uretĂšre. - Oui.
Aspiration. OK. Trouvons la plaie.
Ce n'est pas la VCI. C'est l'artĂšre lombaire.
Mets ton doigt dessus. Appuie.
- Pardon. - Tu la sens ? Juste lĂ .
- Ăa pompe. Tu le sens ? - Oui.
- Garde ton doigt dessus. Clamp. - Merci.
- Je l'ai. - D'accord.
Encore un ici.
Suture.
- 5-0, s'il vous plaĂźt. - Suture.
D'accord.
L'hémorragie de la veine cave est contrÎlée avec des clamps.
On avance par ordre d'urgence.
Richard contrÎle la déchirure postérieure avec son doigt.
Le plus urgent, c'est le vaisseau lombaire
à cause du volume de l'hémorragie, et je me concentre là -dessus.
Il y a une déchirure dans la VCI...
qui est clampée
et il y a une hémorragie lombaire sévÚre dans le psoas
qui est postérieure
et profonde.
Je suture avec du prolĂšne 5-0.
- C'est beaucoup mieux. - OK.
La tension remonte.
Maintenant, l'opération initiale.
Nettoyons ce pelvis, mettons un drain
et retirons l'appendice par précaution.
Oui. D'accord. Je... Elizabeth, je suis désolé.
Contente-toi de refermer.
- Josie. - J'ai besoin de toi.
Oui.
D'accord.
Vas-y, asperge-moi.
- Merci. - Aspiration. Merci.
Merde.
- Oui, eh bien... - Aspiration.
Oui.
- Encore ? - Oui, asperge-moi encore.
Aspiration.
Malheureusement, je dois reporter ma prochaine opération.
Dis aux parents de Lisa que ça s'est bien passé.
- Il ne faut pas... - Elle est tirée d'affaire.
- Mais vous pourriez expliquer... - Richard. Ăa s'est bien passĂ©.
Elle est en salle de réveil. Ils lui parleront aux soins intensifs.
Tu t'y prends bien avec la famille. Merci, Richard.
M. et Mme Williams, je suis Richard Whitehead, l'interne
de Mme Taylor.
Lisa est en salle de réveil et va bien. Je m'excuse pour le retard.
Respirez profondément, Lisa. Doucement, d'accord ?
C'est ça.
- Comment va-t-elle ? - Elle est stable.
Un peu agitée à cause du masque.
Bonjour, Lisa.
Ăa s'est bien passĂ©.
Robin, tu as pris un taxi ?
Oui.
- C'est une belle nuit. - Oui.
- C'est magnifique. - Tu veux du poulet ?
J'enchaĂźne deux services demain.
Trop chiant !
- Je parlerai Ă Alastair. - Non.
Non, s'il te plaßt. Tu ne peux pas faire ça.
Ăa pourrait tout gĂącher.
Ăa va ?
Oui. Ăa va.
Merde !
- Ăa va ? - Oui, bien sĂ»r. Cinq sur trois.
Suis-moi, Richard.
- Comment ça va ? - Ăa va.
Bien. Comment l'as-tu appris ?
Appris quoi ?
On a perdu la septicémie ce matin. J'ai reçu un SMS en venant.
- Mais elle était en soins intensifs... - Oui, en soins intensifs.
- Je l'ignorais. - Oui, c'est terrible.
Vraiment regrettable.
- Ăa ira ? - Oui, bien sĂ»r. Oui.
La septicémie était trop avancée, elle avait peu de chances de survivre.
Est-ce que le trocart...
C'était une septicémie avancée, non ?
Tu l'as vu toi-mĂȘme.
On ne saura jamais dans quelle mesure, le cas échéant,
le temps passé au bloc y a contribué.
Oui, mais la complication...
A pu contribuer, mais on ignore Ă quel point.
N'est-ce pas ? Ăa n'a pas aidĂ©, certes.
On ne peut qu'aller de l'avant.
Passer à autre chose. S'améliorer. Apprendre.
Bonjour, Liz.
Bonjour, Alastair.
Avez-vous vu la photo de l'équipe sur le site ?
Oui. On dirait un groupe de dĂ©tenus sur le point d'ĂȘtre fusillĂ©s.
Peut-ĂȘtre Ă cause du noir et blanc.
- Que puis-je pour vous, Alastair ? - Puis-je vous parler ?
Bien sûr.
Je te rejoins.
- D'accord. - Merci, Richard.
Pas de problĂšme.
- Je suis désolé... - David, c'est ça ? Super.
Alors, Alastair ?
La famille de Lisa Williams, décédée ce matin, demande à vous voir.
Ils sont lĂ .
Je vous préviens, ils sont désemparés.
Ils avaient l'impression que lors de son admission,
c'était une urgence, certes, mais une appendicite, ou autre.
Ils sont pris au dépourvu,
et ne sont pas satisfaits de l'explication des soins intensifs.
- Qui leur a parlé ? - Ben Matthews.
Ben était l'intensiviste.
- Andrew. - Elizabeth, comment allez-vous ?
Je serais heureuse de leur parler.
Qu'allez-vous leur dire ?
Ce qui s'est passé au bloc. Je n'étais pas aux soins intensifs.
D'accord.
Que s'est-il vraiment passé ?
CHEF D'ĂQUIPE
Vous avez lu les notes.
"Insertion incontrÎlée d'un trocart entraßnant des dégùts internes... "
Ce n'était pas lié à l'infection galopante
qui a causé sa détérioration fatale aux soins intensifs.
- Pas lié ? - Oui, c'est ce que j'ai dit.
D'accord. Mais vous savez quoi dire ? Vous avez la situation en main.
Oui, je l'ai bien en main. Merci, Andrew.
Dites-moi, vous venez à la conférence ?
Sur la sécurité chirurgicale et les mesures.
Oui. Je vais me sacrifier pour l'équipe.
Toute l'Ă©quipe doit ĂȘtre lĂ . Richard, Robin.
C'est important. C'est plutÎt intéressant.
- Vraiment ? - Sur la publication des résultats.
C'est notre nouvelle réalité.
Nos résultats chirurgicaux seront publiés dans le journal.
Mortalité, complications...
Donc, mes résultats.
Oui, vos résultats.
Tout sous votre surveillance. Mais je ne pense pas que...
ce soit une mauvaise idée.
Ăa incitera Ă Ă©viter les patients trĂšs malades
et ça nuira aux formations.
Liz, la famille vous attend.
Merci. Andrew.
Elizabeth.
Toutes mes condoléances.
Eh bien...
Voici ce qui est arrivé à Lisa.
Lisa était trÚs malade quand elle est arrivée à l'hÎpital.
Certains de ses organes reproducteurs s'étaient infectés.
On pense que c'était à cause de son DIU.
C'est-à -dire le dispositif intra-utérin.
On a dĂ» faire ce qu'on appelle une "laparoscopie".
C'est une chirurgie endoscopique oĂč l'on fait un petit trou
et on utilise une petite caméra pour voir à l'intérieur de Lisa
et voir... ce qui ne va pas.
On a vu qu'elle était trÚs malade,
que ses organes abdominaux étaient infectés,
et qu'elle avait besoin...
une opération appropriée pour l'aider à se rétablir.
Je peux vous donner les détails, si vous voulez.
On ne comprend pas ce qui s'est passé.
On... On veut en savoir plus !
Il y a eu une complication pendant l'opération.
On a dû faire une plus grande incision que prévu.
Quelle complication ?
Comme je l'ai dit, son DIU s'était infecté.
On ne sait pas encore pourquoi,
mais il y a plusieurs explications possibles.
Lisa a été transférée en soins intensifs aprÚs l'opération,
et je n'ai pas été directement impliquée.
On s'est dit : "Oh, c'est son... "
On pensait que l'appendice avait éclaté, c'est pour ça que c'était si grave.
Je suis désolée.
Je sais que c'est dur, mais ça n'a rien à voir avec son appendice.
Lisa avait du mal Ă respirer en soins intensifs.
L'infection était trop forte pour son corps,
ce qui a entraĂźnĂ© un arrĂȘt cardiaque.
Elle est Ă la morgue.
Notre fille est Ă la morgue.
Comment vous appelez-vous ?
Elizabeth Taylor.
Bienvenue au M&M de cette semaine.
Commençons par le cas Lisa Williams.
Anesthésie,
soins infirmiers et chirurgie.
Ravi de vous voir.
OĂč est le Dr Matthews ?
Le Dr Matthews est excusé.
C'était l'intensiviste travaillant sur Lisa Williams,
- le cas principal. - Eh bien...
Je demande l'ajournement de cette réunion.
Pourquoi, Liz ?
Sans le Dr Matthews, quel est l'intĂ©rĂȘt ?
C'est une réunion sur la morbidité et la mortalité,
oĂč nous allons discuter en particulier de chirurgie et de mortalitĂ©.
Ici, la mortalité n'est pas liée à la chirurgie,
mais à sa septicémie avancée
et aux 12 heures de soins intensifs qui n'ont pas réussi à la sauver.
C'est juste un M&M. On ne rejette la faute sur personne.
La faute ? Non, je...
- Je veux savoir ce qui s'est passé. - La famille veut plus de détails.
Quels détails ? Je leur ai déjà parlé.
Disons qu'ils n'ont pas encore accepté la mort de leur fille.
C'est tellement idiot, putain.
Pourquoi ce serait idiot ?
C'est idiot, Andrew, parce que...
On peut revoir nos notes,
vous pouvez parler à mon équipe des heures,
mais on ne peut pas savoir ce qui est arrivé à cette fille
sans l'équipe des soins intensifs,
car ils se sont occupés d'elle et elle est morte sous leur garde.
Les parents s'interrogent sur les erreurs
de chirurgie, pas des soins intensifs.
Ils veulent connaßtre les complications durant l'opération,
votre opération, car vous leur avez dit
qu'il y a eu des complications pour Liz.
Je veux dire pour Lisa.
Est-ce exact ?
Ou...
suis-je un idiot ?
Bien. Laissez-moi résumer.
- L'anesthésie a commencé à 13h40. - Oui, en effet.
- L'opération à 13h50. - Exact.
L'orifice de gaz a été inséré
dans l'abdomen et l'insufflation a commencé.
Robin ?
Oui. Oui, c'est exact.
Et vous dites dans vos notes
que Mme Taylor a précisé qu'il n'y avait pas de gaz.
Pas suffisamment. J'ai dit dans mes notes
que Mme Taylor a dit que le flux de gaz était insuffisant.
Que voulait-elle dire ?
Que la pression du gaz dans l'abdomen était insuffisante
pour éloigner le sac péritonéal des structures internes
qui pourraient ĂȘtre endommagĂ©es lors de l'insertion d'un instrument.
Et quelle était la pression à ce moment-là ?
Combien de gaz y avait-il dans son abdomen ? Franchement,
l'insertion était-elle sans danger ?
- Je ne sais pas, docteur. - Vous ne savez pas ?
Elle ne doit pas savoir.
L'insufflateur indique "assez" ou "pas assez".
Quand le ventre est gonflé, le gaz ralentit
car la pression l'empĂȘche d'entrer.
La pression théorique nécessaire dans la cavité est de dix,
mais il n'y a pas de jauge précise pour mesurer ça.
Ăa dit juste que le flux est assez Ă©levĂ© ou non
pour gonfler Ă ce niveau.
- D'accord. - D'accord ou pas.
On avait une visualisation directe de l'espace des organes.
Quelle que fût la pression réelle,
selon mon jugement clinique, elle était suffisante...
Pour insérer le dernier trocart ?
Oui, Jason.
Bon sang, Jason. Il n'y a pas de moment de référence.
C'est ce qu'on fait. On se fie Ă notre jugement clinique.
Qui a inséré le dernier trocart, Liz ? Qui l'a mis ?
C'est moi.
Vous avez inséré le dernier trocart qui a causé des dégùts à cette fille :
un trou dans la veine cave inférieure,
une entaille dans la paroi abdominale,
- une déchirure de l'artÚre... - Oui.
Et on a tout réparé, bien sûr.
- D'accord, bien. - Bien. Oui.
D'accord.
Ăcoutez, c'Ă©tait plus compliquĂ© que ça.
J'ai demandé à mon interne, Richard Whitehead,
de faire l'incision et d'insérer le dernier trocart,
et il l'a fait.
Donc, c'est Richard qui a inséré le dernier trocart.
Je suis la chef d'équipe. La chirurgienne en chef.
C'est mon bloc.
Sous mes instructions,
Richard a inséré le dernier trocart,
qui n'a pas pénétré.
Je lui ai dit de pousser plus fort.
- Vous avez dit Ă Richard... - J'ai dit de mettre un peu de force.
"De force."
C'est ça.
Regarde-moi cette superbe créature.
Tu es une maman de chien.
Tu as déjà vu plus photogénique ?
C'est comme ton enfant.
Il est de bonne compagnie.
Quoi de neuf ?
Tu sais, c'est...
compliqué.
J'ai rencontré un mec intelligent.
Et ton mariage ?
C'est fini.
- Oui. - Je suis désolée.
Je sais. C'est moche.
J'ai eu une semaine de merde aussi.
- Oui. - Compliquée, comme tu dis.
Ăa m'embĂȘte de te demander ça, Liz,
mais est-ce qu'Atticus pourrait rester avec toi quelque temps ?
- Le chien ? - Oui.
C'est parce que... J'emménage chez lui,
et ce n'est pas bon pour un gros chien.
Il y a des ascenseurs et tout.
Et Stephen ne veut pas le prendre parce qu'il me punit.
Mais ça ne sera pas long.
Jess, non. Je ne peux pas... Je ne peux pas.
Atticus est trÚs vieux, Liz. Il est bien dressé.
Il ne fait que s'allonger au soleil et dormir.
- Il sera ton ami. - Je ne suis jamais lĂ .
Merde. Ne t'en fais pas.
Nous non plus, il a l'habitude.
Robin, oĂč es-tu ?
J'aimerais que tu viennes.
Ăa te dit ?
Désolée d'avoir été distraite par tout ça,
toutes ces putains de conneries.
Jessica me force Ă prendre son chien.
C'est...
D'accord.
Au revoir. Appelle-moi.
Vous étiez invisibles pour vos patients
et vos niveaux de performance l'étaient tout autant.
Jusqu'Ă maintenant,
car nous allons publier publiquement les résultats chirurgicaux.
Cela soulÚve bien sûr des questions profondes,
car une fois publiés,
les patients et les patients potentiels
évalueront et compareront vos résultats.
Ils ne sauront pas que tel chirurgien,
qui a de meilleures statistiques, n'est diplÎmé que depuis six mois,
et a opéré un total de sept jeunes non-fumeurs blancs,
pendant que vous étiez dans les tranchées,
à opérer les patients de couleur, obÚses, diabétiques,
et ùgés avec des antécédents de chutes, de goutte et de maladies respiratoires.
Vous serez comparés à d'autres chirurgiens,
et chaque cas qui est mort
sous votre scalpel sera exposé au grand jour.
Chaque infection chirurgicale, chaque aorte sectionnée.
Certains seront-ils forcés à partir ?
Peut-ĂȘtre.
Probablement.
Certains seront-ils traités injustement ? Oui, trÚs probablement.
Alors pourquoi l'autoriser, voire mĂȘme l'encourager ?
Par souci de transparence et de consentement éclairé.
Je parle d'un vrai consentement,
pas d'un gribouillis juste avant l'opération.
- Dans un contexte plus large... - Pardon. Excusez-moi.
Oui ?
Liz Taylor.
Oui, Mme Taylor ?
Ăa va bouleverser la chirurgie.
Les bons chirurgiens seront inévitablement traités injustement.
Vous venez de le dire. Et on dirait que vous l'acceptez.
Un bon chirurgien n'est-il pas censĂ© ĂȘtre transparent sur ses rĂ©sultats ?
Pour que les patients donnent leur consentement éclairé.
Désolée si je...
Je passe peut-ĂȘtre pour une garce,
mais c'est important pour nous.
La publication des résultats est une mauvaise idée.
On évitera les patients trÚs malades.
Pourquoi ajouter à nos résultats un patient moribond ?
Pourquoi prendre ce risque ?
Ăa change tout.
Quel chirurgien donnera sa chance Ă son interne
si, quand ça part en vrille,
- ça finit dans son dossier ? - Liz.
C'est... C'est une bonne remarque. Beaucoup de bonnes remarques.
Mais on parle ici de ressources.
Non, on parle de chiffres.
- Eh bien... - Je parle de chiffres.
On parle de classer les gens
du meilleur au pire dans des tableaux comparatifs,
en utilisant des données insuffisantes et partielles.
- Que... - Et les chirurgiens
seront pendus haut et court.
Apparemment, nous sommes passés à la partie questions-réponses
un peu en avance.
Il ne faut pas suivre bĂȘtement l'exemple d'autres pays.
Combien de chirurgiens cardiaques peut-on se permettre de perdre ?
Vous savez combien on en a ?
- Vingt-neuf. C'est trop peu. - Liz.
Merci.
Vingt-neuf.
Et d'aprÚs lui, la moitié va devoir partir.
Oui, d'accord. Vous avez raison, mais laissons...
Docteur.
- Captivant. - N'est-ce pas ?
Intéressant, provocateur.
- Certains seront crucifiés. - Certains doivent se réévaluer.
- Vous ĂȘtes inquiĂšte ? - Les autres spĂ©cialitĂ©s ont peur.
On a des années de retard. Ce n'est pas réfléchi.
Vous n'ĂȘtes pas nerveuse, quand mĂȘme ? Vous ĂȘtes brillante.
Absolument brillante, mais...
Elizabeth, malheureusement, il m'incombe
de vous dire qu'il y a eu une plainte officielle.
- Une plainte ? - Officielle. Les parents de Lisa.
Quand comptiez-vous m'en parler ?
Je vous le dis maintenant.
EspĂšce d'ordure.
Salut.
Salut.
Je vous laisse.
Je t'ai appelée hier soir.
Oui.
Je te sens disparaĂźtre.
Oui, je veux juste me barrer d'ici.
Que voulait Andrew ? Je l'ai vu t'acculer.
Apparemment, il y a eu une plainte
sur l'opération.
Une... Une plainte officielle ?
Je ne l'ai pas lue.
Je ne l'ai pas vue par écrit, mais oui.
Et il voulait me la balancer au visage.
C'est la merde.
- Eh bien. - Oui.
Il ne te supporte pas.
Tu...
Tu sais que Richard est parti quand tu parlais ?
- Richard ? - Oui.
Non.
Il était vraiment contrarié.
Richard est sensible.
Il doit apprendre Ă s'accrocher.
Eh bien...
Je le comprends, Liz. Ăa crevait les yeux.
- De quoi ? - Ce que tu as dit tout haut.
Les internes, quand ça part en vrille.
Oh, j'y crois pas.
Qu'est-ce qui cloche chez les gens ?
- BĂTIMENT PRINCIPAL - URGENCES
- Andrew. - Vous avez vu ça ?
UN CHIRURGIENNE NĂGLIGENTE ADMET QUE L'OPĂRATION BĂCLĂE A TUĂ NOTRE LISA
Merde !
J'y crois pas.
ON PEUT DISCUTER ? RICHARD
Bonjour. Désolé de vous interrompre.
Non, tu ne m'interromps pas.
Que puis-je pour toi, Richard ?
Je trouve ça ridicule.
C'est ridicule et c'est mal.
Tu vas t'en sortir.
Garde la tĂȘte baissĂ©e et travaille.
N'aie pas l'air malheureux.
Qu'en dit ton pĂšre ?
Je ne lui ai encore rien dit.
Tu ne devrais pas lui en parler ?
Vous parlez du travail, non ?
En fait, il vient d'ĂȘtre nommĂ© chef de la chirurgie Ă Dunedin.
Oui. Je ne sais pas dans quelle position ça le mettrait si je lui disais.
- Vous voyez ? - Oh ?
Oui.
Je ne sais pas ce qu'il dirait.
Il dirait que tu vaux mieux que ça.
Probablement, mais...
Et si ce n'était pas le cas ?
- Allons, Richard. - Vous ne comprenez pas.
J'ai rĂȘvĂ© d'elle.
Richard.
On a fait tout notre possible,
dans le bloc et en dehors.
L'erreur est humaine.
Ce sont des rĂȘves effrayants, Liz.
Ce ne sont que des rĂȘves.
Rien d'autre.
Oui.
Peut-ĂȘtre serais-tu intĂ©ressĂ© par un suivi confidentiel ?
Je peux organiser ça pour toi.
Je...
Sachez que je sais ce que vous avez fait pour moi.
Je n'ai rien fait, Richard.
C'était mon erreur.
Je me suis fiée à toi, j'avais tort.
C'est ça, la formation. Il y a des risques.
- J'ai pris la décision de le faire. - C'était moi...
Non, c'était moi.
C'était moi.
Moi.
Laisse-moi la responsabilité.
Tu peux. Tu peux me la laisser.
Vraiment, je peux l'encaisser.
Si tu prenais quelque chose Ă manger ?
Non.
D'accord.
Je dois y aller.
Ă suivre. D'accord ?
Quand est-ce qu'on...
Quand quoi ?
Quand allons-nous poursuivre ?
Demain.
J'ai dit Ă ses parents qu'elle allait bien,
que ça s'était bien passé. Vous l'aviez dit.
Oui, je l'ai dit.
Et c'était vrai.
ArrĂȘte de te raconter une autre histoire.
Putain de merde, Richard.
On va pĂȘcher ce week-end. Tu veux venir ?
- Moi ? - Ăa te plairait.
- Je ne pĂȘche pas. - Tu pourrais essayer.
Tu pourrais apprendre.
Tout est toujours lĂ . Tu pars, tu te reposes et tu reviens.
- Le patient a donné son consentement ? - Oui.
- C'est annulé. - Quoi ?
- Vraiment ? - Ils m'ont dit que c'était annulé.
Merde !
Que s'est-il passé ?
Oh, je suis désolée.
Il a mangé quelque chose en pleine nuit, l'a oublié
et s'en est souvenu pendant le consentement.
J'ai cru comprendre que tu traverses une période difficile.
- Ăa va se tasser. - C'est un systĂšme dĂ©faillant, Liz.
Qui est au courant pour ma plainte ?
On en parle, je ne vais pas te mentir.
Mais comme tu dis, ça va se tasser.
Il avait vraiment mangé ?
C'est ce qu'on m'a dit.
Des spaghettis bolo du frigo en pleine nuit.
Et je n'ai rien d'autre...
Et je n'ai rien d'autre pour toi aujourd'hui.
Désolée de te faire perdre ton temps.
MERDE
Excusez-moi ?
- Vous ĂȘtes Mme Taylor ? - Oui.
J'ai un recommandé pour vous.
C'est quoi, ce bordel ?
Vous ĂȘtes bien sur le portable de Robin. Laissez un message aprĂšs le bip.
Robin.
Ils ont temporairement restreint
ma pratique de laparoscopie et de laparotomie.
Ils m'ont suspendue.
Putain, c'est...
Ce n'est que de la lùcheté pour se couvrir.
C'est pas croyable.
Pas croyable. Bref...
Appelle-moi.
CODAGE CLINIQUE
- Rebonjour. - Mme Taylor.
De la conférence.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Vous venez parler de la publication de données ?
Oui, en effet.
Ăcoutez.
Ce n'est pas facile Ă dire.
Notre priorité n'est pas de protéger les chirurgiens des critiques,
mais de décider ce qui est bon pour tout le monde,
surtout pour le public, nos patients.
Je sais que la méthodologie n'est pas parfaite,
mais la transparence est une bonne chose.
On améliorera la méthodologie à terme.
Les décisions qu'on doit prendre au bloc en quelques fractions de seconde
se résument à "ils sont vivants" ou "ils sont morts".
Pas de contexte, pas de dossier médical, juste "vivants" ou "morts".
Ce n'est pas de la transparence.
Vous recherchez un coupable.
Je comprends vos propos.
- Vraiment ? - Oui.
Mais aprĂšs la premiĂšre tempĂȘte,
on pourra se concentrer sur des choses plus importantes,
comme l'ajustement des risques.
L'ajustement des risques ?
Avez-vous entendu parler du Z51.5 ?
C'est le code pour soins palliatifs au Royaume-Uni.
Un Z51.5 n'apparaßt pas dans les résultats car ça veut dire
que le patient était mourant en arrivant.
Le patient est mort calmement.
Pas de chimio, pas de scalpels, juste de la morphine et des fleurs.
Ma septicémie aurait compté ? Vous comprenez ?
Je n'aurais pas dĂ» intervenir ?
C'est peut-ĂȘtre mieux pour les patients.
Parce que parfois, c'est mieux de ne pas opérer.
Laissez-les mourir dignement.
Et peut-ĂȘtre que la publication
provoquera plus de morts avec moins d'intervention.
Vous savez ce qui est le mieux pour les patients ?
Depuis votre bureau ?
Je connais votre réputation, Mme Taylor.
- La meilleure dans votre domaine. - L'une des meilleurs.
Mais ce que vous faites est toujours bon pour les patients ?
Désolé, ça a l'air dur, je sais.
Mais les hĂŽpitaux cachent ces choses, n'est-ce pas ?
Le personnel apprend Ă cacher des choses.
Les patients ignorent que ça a mal tourné.
Et ceux qui souffrent le plus sont les familles.
On doit s'imposer des normes plus élevées.
J'ai une norme. Le serment d'Hippocrate.
Je n'essaie pas de cacher quoi que ce soit.
- Salut. - Salut.
Comment tu vas ? Ăa va ?
Non, je... Tu avais oublié des affaires ?
Non, je...
Je suis venue tout récupérer.
Ăa alors...
Pourquoi ?
Je ne peux pas ĂȘtre liĂ©e à ça, Liz.
Tu seras le Dr A, Richard sera le Dr B
et les infirmiers seront nommés
- et l'un de nous plongera. - C'est des on-dit.
Non, c'est pas des on-dit. J'ai besoin de mon travail.
Robin.
- Je peux te protéger. - Non, tu ne peux pas.
C'est fini.
Et voilĂ .
- Je suis désolée. - Non, c'est moi.
Va-t'en.
Putain...
FUMIGĂNE
NE PAS DĂRANGER
Oh, lĂąche-moi, Richard.
Merde ! Putain ! Merde !
Atticus !
Atticus !
Merde. Atticus, viens lĂ !
CENTRE VĂTĂRINAIRE
Il est calme. Je ne l'ai pas vu.
J'ai oublié. J'ai oublié le chien.
- D'accord. - Je l'ai oublié.
- J'ai oublié qu'il était là . - OK.
Je vais vĂ©rifier son cĆur.
Oui.
Il ne va pas bien.
Je pense qu'il est temps de lui dire au revoir.
Maintenant ?
- Maintenant ? - Oui.
- D'accord ? - Oui. D'accord.
- Vous ĂȘtes prĂȘte ? - Oui.
Vous pouvez poser votre main sur lui, pour l'aider.
Bon chien.
Oui.
Je vais enfoncer l'aiguille.
D'accord. C'est parti.
Je vĂ©rifie son cĆur.
Il est parti.
Vous voulez qu'il soit incinéré ?
Ce n'est pas le mien.
Ce n'est pas mon chien.
Ce n'est pas mon chien.
Tu as tué mon chien !
- Je suis désolée. - C'est quoi, ton problÚme ?
- Il est mort. - Je suis désolée.
- Je suis vraiment désolée. - Il est mort.
Je suis vraiment désolée.
Il est mort. Mort.
Il est mort.
Je suis... Je suis vraiment désolée.
- 4 MESSAGES VOCAUX - APPEL MANQUĂ DE RICHARD
Bon sang.
Bonjour, c'est Mme Elizabeth Taylor.
J'essaie de joindre Richard Whitehead, mon interne.
Pourriez-vous me donner son adresse ?
Richard ?
Richard, décroche.
Richard !
Richard !
Richard !
Merde ! Putain ! Quel imbécile !
Merde. Putain.
Putain. Putain.
Richard ? Richard !
Richard ? Richard !
Richard ! Putain.
Non, non, non. Non, Richard !
Tu n'as pas fait ça. Non.
Tu n'as pas fait ça. Je t'en prie.
Bon.
Vous étiez la premiÚre sur les lieux.
- Oui. - Je suis désolé.
Merci. Quel imbécile.
Oui, malheureusement. Le personnel n'est pas au courant.
Vous avez la situation en main ?
Oui, bien sûr.
- Je m'en occupe. - Quelle affaire.
Pour l'hĂŽpital, pour le service, pour tout le monde.
Je pense qu'on devrait tuer les ragots et les spĂ©culations dans l'Ćuf.
On doit garder le contrĂŽle de la situation.
Oui.
Que puis-je faire, Andrew ? Que puis-je faire ?
Vous savez sûrement de quoi il s'agit.
Oui.
Le burn-out n'est pas rare.
Mais pour la majorité du personnel, ce sera la premiÚre fois.
On doit faire front commun.
Andrew.
Richard n'était pas en burn-out.
Elizabeth, il nous faut une version de la vérité,
pour le bien de tous.
Comment ça se passe, exactement ?
Saviez-vous que mon pÚre était chirurgien en Corée ?
Un prisonnier de guerre.
Et pour les traumatismes d'un membre,
il les emmenait aux latrines pour les examens,
oĂč il y avait des millions de mouches.
Vous savez pourquoi ? Les asticots.
Ils font trĂšs bien leur travail.
Ils débrident la chair morte, nettoient les plaies,
ne dorment jamais, ne font pas de pause.
Ils sont vigilants, constants, tenaces, dignes de confiance...
contrairement Ă certaines personnes.
Et alors ?
OĂč voulez-vous en venir ?
Vous m'avez traité d'idiot à la réunion de Mortalité et Morbidité.
Vous avez été incroyablement impolie.
C'est pour ça, alors ?
- Non. - Non ?
Non, l'hĂŽpital a beaucoup investi en vous.
Vous ĂȘtes un bien prĂ©cieux.
Vous ĂȘtes brillante, mais loin d'ĂȘtre facile.
Vous ĂȘtes Ă©motive.
Oui, émotive.
Je sais que ce n'est pas Ă la mode,
mais je doute que les femmes soient faites
pour la médecine, surtout les femmes célibataires.
Mais quand j'ai un intĂ©rĂȘt pour quelqu'un,
j'agis sans tenir compte du risque.
Donc, c'est décidé.
Quoi ? Qu'est-ce qui a été décidé ?
HonnĂȘtement,
parfois, Elizabeth, ça m'est égal
de vous garder ou non.
Je vois.
Non, je ne crois pas.
Vous avez droit Ă une seconde chance.
Vous reprendrez aprÚs une semaine de congé.
Voilà ce qui a été décidé. On va publier un article
dans le New Zealand Journal for Medicine.
Vous allez y adhérer. Il parlera de suicide, de burn-out
et de l'effet de Richard sur vos données.
Richard sera montré tel qu'il était :
jeune, inefficace, dépassé, et ayant faussé vos données.
On l'a trop materné. Vous l'avez trop materné.
C'est une tragédie pour l'hÎpital, la communauté,
et ça l'a mené au suicide.
Donc...
Le personnel sera suivi, il y aura une veillée,
et tout redeviendra normal.
Et je veux que vous adhériez à tout ça.
On appelle ça "nettoyer la plaie", Elizabeth.
Comme un asticot.
Ces merveilleux asticots.
Liz ? Liz.
Je suis désolée.
Je suis désolée.
Ăa va aller.
Quoi ?
C'est injuste.
Tu es une bonne personne, Liz.
Je le sais.
J'ai raté ses appels.
- J'aurais pu décrocher. - Oui.
Et tu devras vivre avec ça.
Je suis vraiment désolée.
Moi aussi.
Je regrette tellement.
Quel bordel.
Dr Matthews ?
- Oui. - Excusez-nous un instant.
Je peux vous aider ?
Je voulais vous parler d'une patiente.
- Lisa Williams ? - Oui.
J'aimerais que Jan participe aussi.
Elle dirigeait le service.
- Jan. - Bien sûr.
D'accord.
C'est au sujet de Lisa Williams, la patiente atteinte de septicémie.
Mme Taylor était la chirurgienne et veut des infos sur son admission.
S'il vous plaĂźt.
Bien, alors. On lui a posé les voies habituelles,
on a inspecté les plaies, qui étaient propres.
Le débit des drains était minime. Son abdomen était mou.
Raconte-lui, Jan.
Je me suis assise avec Lisa vers minuit.
Il lui fallait un traitement intensif,
et elle a commencé à décliner.
Son état se détériorait. La septicémie était avancée.
Elle nous a appelés. Elle était anxieuse et agitée.
Ses constantes chutaient, ses lÚvres étaient cyanosées,
elle respirait une fois par seconde.
Elle se plaignait d'avoir froid et d'ĂȘtre fatiguĂ©e,
le cathĂ©ter la gĂȘnait et sa respiration Ă©tait trĂšs rapide.
L'anesthésiste de garde est venu l'intuber.
Lisa a pu parler Ă ses parents ?
Oui, briĂšvement.
Mais ils ont dĂ» sortir.
Elle a fait un arrĂȘt cardiaque et on a commencĂ© la rĂ©animation.
On a travaillé une demi-heure.
Elle avait 29 ans. C'était une jeune femme forte.
Oui. En effet.
Elle a été déclarée morte vers quatre... cinq...
- 4h48. - 4h48, oui.
Aux petites heures.
Oui.
Merci de vous ĂȘtre occupĂ©s d'elle.
C'est... C'est ce dont vous aviez besoin ?
- Oui. En partie. - Je peux consulter d'autres notes.
- Je peux... - Non, ça va.
S'est-elle sentie seule Ă la fin ?
On était tous là .
Et sa famille, jusqu'Ă l'intubation.
J'étais avec elle toute la nuit.
Merci à vous deux. C'était... C'était trÚs utile.
EN MĂMOIRE DE NOTRE COLLĂGUE
Bonjour, mesdames et messieurs.
Je m'appelle Andrew McGrath. Je suis le chef de la chirurgie.
Une bien triste journée.
Malheureusement, nous sommes ici
en mémoire de Richard Whitehead, un de nos brillants jeunes talents
dont l'avenir a été si cruellement écourté.
Dans quelques instants, j'aimerais que nous gardions le silence
en souvenir de Richard et de son travail remarquable,
de son rÎle dans l'équipe
d'une de nos chirurgiennes les plus douées,
Mme Elizabeth Taylor.
Mais avant cela, j'aimerais dire ceci.
Nous savons à présent que le décÚs de Richard
est le résultat d'un terrible burn-out.
C'est une tragédie,
mais dont nous tirerons tous des leçons.
Il le faut.
Le décÚs de Richard nous rappelle opportunément
que tous nos employĂ©s sont vulnĂ©rables Ă ces pressions extrĂȘmes.
Et malheureusement,
Richard en a été l'une des victimes.
Travailler avec la responsabilité de la vie et de la mort n'est pas aisé.
Nous, l'hĂŽpital, l'administration, le conseil,
nous en sommes parfaitement conscients
et nous réagissons immédiatement.
DÚs à présent, nous mettons en place
des mesures pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre du personnel
et notre santé mentale collective,
dans les plus brefs délais.
Parce que nous sommes tous concernés,
en tant qu'équipe et communauté.
C'est un jour triste pour nous tous.
Je vous demande une minute de silence.
J'aimerais dire quelques mots. Je devrais, non ?
- Oui. Dans une minute. - C'était mon interne,
je devrais dire quelques mots.
Pardon.
J'aimerais dire quelque chose, si ça vous va.
Merci.
Bonjour.
La raison de notre présence est, comme l'a dit Andrew,
une tragédie.
Richard Whitehead était mon interne.
Si vous ne le connaissiez pas,
vous pouvez vous identifier Ă lui.
C'était un jeune homme de 26 ans.
En tant qu'interne, il apprenait encore, il était en formation.
Il n'est pas mort. Il s'est suicidé.
Et... il est mort d'une overdose.
C'est la vérité. Il s'est suicidé
dans un garage crasseux, seul.
- Elizabeth, ça suffit. - On parle de travail d'équipe.
On parle de résilience.
Richard manquait-il de résilience ?
Ce jeune homme sous ma responsabilité ?
Si vous me dites qu'il lui manquait quelque chose, je ne l'accepte pas.
J'ai opéré une patiente qui est morte aprÚs l'opération.
Richard était sous ma supervision et il a fait ce que j'ai demandé.
Je lui ai dit de pousser plus fort,
j'ai choisi le moment,
j'ai choisi mes mots et j'ai choisi la façon de les dire.
Et il a juste...
C'est ma responsabilité.
Je suis responsable des risques que je prends en opérant.
Richard est mort parce qu'il s'est reproché
une erreur que j'ai commise.
J'aurais dĂ» ĂȘtre plus claire sur ma responsabilitĂ©.
Il était étudiant en médecine.
Et...
On lui met une cible autour du cou avec cette veillée.
Et je ne laisserai pas ce garçon devenir un bouc émissaire public
par des cadres intermédiaires et des médecins devenus bureaucrates.
Nous sommes en service.
On a un engagement avec nos patients. "Je vous sauverai avec mes compétences."
Mais on a un engagement les uns envers les autres.
On est au service les uns des autres.
Ces deux engagements sont rompus aujourd'hui,
et je ne resterai pas les bras croisés
à aider à prétendre que ce n'est pas le cas.
Ăa suffit.
Repose en paix, Richard.
Repose en paix.
Voilà ce qui s'est passé.
Lisa était trÚs malade.
Elle avait une septicémie.
Bien que l'opération initiale ait été entachée d'une erreur que j'ai commise,
sans cette erreur,
il est fort probable qu'elle serait quand mĂȘme morte.
La septicémie était avancée.
Alors...
MĂȘme...
MĂȘme si l'opĂ©ration s'est mal passĂ©e,
elle aurait quand mĂȘme pu mourir ?
Oui.
Oui.
Oui.
Y a-t-il quelque chose que vous auriez fait différemment ?
C'est ça, le plus dur.
Non.
Je n'aurais rien changé.
J'ai pris toutes ces décisions pour essayer de sauver Lisa.
Si l'opĂ©ration Ă©tait Ă refaire, je prendrais les mĂȘmes dĂ©cisions.
Mais je m'efforcerais de mieux l'expliquer,
et de mieux assumer mes responsabilités.
J'ai laissé le doute s'immiscer.
Lisa s'est battue.
Elle s'est battue jusqu'au bout. Sachez-le.
Mais son corps a abandonné...
malgré notre expérience et nos soins.
Et vous devez savoir
qu'on s'est bien occupés de votre fille.
Je voulais que tout se finisse bien pour Lisa.
Et j'en suis vraiment désolée.
Merci.
Sous-titres : IYUNO Traduit par : Isabelle Brouxhon
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