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Votre Majest�, messieurs les ministres sont arriv�s.
Eh bien, qu'ils attendent un peu.
Retiens bien cette r�gle, mon fils.
ll se doit qu'un empereur ne fasse jamais attendre personne,
sauf ses ministres.
Un ministre que tu re�ois tout de suite
se donne trop d'importance.
C'est la 1 re fois que tu assistes � un conseil de gouvernement.
�coute bien ce qui se dira,
et surtout, t�che de deviner ce qui ne se dira pas. Hein ?
Viens.
- Sa Majest� le tsar.
Asseyez-vous, messieurs.
Je voudrais savoir d'abord si vous avez pris connaissance
de la lettre ouverte
que m'a adress�e de Suisse Alexandre Aertzen.
Les journaux qui l'ont reproduite ont �t� saisis � la fronti�re.
Pas un seul n'est entr� en Russie.
Si. Celui-l�.
Heureusement que j'ai ma police personnelle,
parce que si je devais compter sur la v�tre,
je ne serais au courant de rien.
Voici ce que m'�crit Aertzen :
''Sire, donnez la terre aux paysans.
''Abolissez le servage.
''Gu�rissez les cicatrices sur le dos de nos fr�res.
''Sauvez le peuple.
''�pargnez le sang qu'il doit verser.''
Aertzen est un �migr�, un r�volutionnaire, un journaliste :
trois raisons pour ne jamais lire sa prose. N'est-ce pas, messieurs ?
ll y a pourtant ici m�me quelqu'un qui estime qu'Aertzen n'a pas tort
et que le servage doit �tre aboli.
Ah. Et puis-je savoir qui ?
Moi.
Si je n'�tais pas l'empereur, vous m'enverriez en Sib�rie
pour opinion subversive. Oh, Majest�.
Nous reprendrons cette question le moment venu.
Regardons les affaires urgentes :
nomination d'un nouveau gouverneur pour la province de Kazan.
Vous proposiez...
Le g�n�ral Kernovski, notre ami � tous.
Votre Majest� a approuv� ce choix.
Eh bien, j'ai chang� d'avis.
J'ai nomm� le colonel Vernichov.
Vous le connaissez ?
Non. Mais si Votre Majest� l'a d�sign�...
Vous avez quelque chose � reprocher � Vernichov ?
Absolument rien, Majest�.
J'ai toujours pens� que le colonel �tait un homme de valeur.
De tr�s grande valeur.
J'allais proposer de le nommer g�n�ral.
Pas possible...
Messieurs, j'ai le regret de vous annoncer
que le colonel Vernichov
ne pourra pas �tre nomm� g�n�ral. Et pourquoi donc ?
Parce qu'il n'existe pas. Je viens d'inventer son nom.
Je voulais voir jusqu'o� vous pousseriez la l�chet�
et la flagornerie.
Et naturellement, je nomme le g�n�ral Kernovski,
un brave soldat, votre ami � vous tous,
que vous abandonnez si facilement.
Messieurs, la s�ance est lev�e. � demain.
C'est pour toi que j'ai fait cette exp�rience,
pour te montrer que le pouvoir absolu est dangereux
et que ce n'est pas toujours facile d'�tre le tsar de toutes les Russies.
Sa Majest�.
Enlevez tout �a.
Laissez-moi. Le miroir.
Les docteurs sont tous d'accord : vous allez mieux.
Pourtant, je sens mon coeur qui bat, qui bat.
Alexandre... Cigarette.
J'ai �t� inqui�te pour vous toute la journ�e.
Vous �tes encore parti sans escorte.
Ne vous tourmentez pas. Ayez confiance.
Et surtout, ne vous levez pas encore. Si.
Quand on est allong�, on grossit le danger.
ll faut que j'aille lundi � l'lnstitution de jeunes filles.
C'est la pr�sentation des nouvelles �l�ves.
Vous auriez m�rit� d'avoir une femme plus vaillante.
Ne parlez pas tant. Reposez-vous.
On va faire enrager la nouvelle.
Elle cache un portrait du tsar.
Je l'ai vu et je l'ai pris. Regardez.
Oh...
Laquelle de vous m'a pris ce qui �tait sous mon oreiller ?
Rendez-le-moi.
Rends-le-moi. C'est toi qui me l'as pris.
C'est � moi.
Brouhaha.
C'est � moi !
Rends-le-moi !
Eh bien, mesdemoiselles, qu'est-ce qui se passe ?
Les jeunes filles d'un pensionnat imp�rial
ont le droit d'�tre un peu amoureuses de l'empereur.
Quand nous avions votre �ge, mesdemoiselles,
nous r�vions de feu le tsar Nicolas ler.
Mais nous le respections.
Et aucune de nous n'aurait os� jouer avec son portrait.
Pour commencer, je confisque ce portrait.
Vous n'avez pas le droit.
Je n'ai pas le droit ? Vous aurez un z�ro de conduite.
Madame, rendez-le-moi, je vous en prie, je vous en supplie.
Non.
Et si je vous disais que c'est le tsar lui-m�me
qui me l'a donn� ? ''Le tsar'' ?
Parfaitement, le tsar.
� quelle occasion ?
ll est venu un jour nous rendre visite � l'improviste.
Pas possible.
Le tsar vous a rendu visite � l'improviste ?
Pourquoi pas ?
Les Dolgorouki sont une famille aussi ancienne que les Romanov.
Et alors ? Alors...
Nous avons pass� la soir�e ensemble et nous avons bu du champagne.
Voyez-vous �a.
Et il m'a trouv� tr�s bien �lev�e. ll me l'a dit.
Lorsque vous me mettez un z�ro de conduite,
vous offensez Sa Majest�.
J'ai le plaisir de vous annoncer que l'imp�ratrice ne viendra pas
et que c'est le tsar qui s'est annonc� � sa place.
Nous pourrons ainsi v�rifier l'exactitude de cette histoire.
Si vous avez menti,
vous serez sanctionn�e.
Maintenant,
je veux le silence.
Tout le monde au lit.
C'est vrai que tu connais le tsar ? Laisse-moi tranquille.
Vera lvanovna Novanoff.
Premi�re en histoire, premi�re en conduite.
F�licitations.
- Olga Federovna Orlovska.
1 re en r�citation, 2e en conduite.
Bravo.
- Elizabeth Pedrovsna Rosovsky.
1 re en chant, 3e en conduite.
Et...
cette Katia Dolgorouki dont je vous ai parl�
qui, pour nous �blouir, ose pr�tendre
avoir d�n� avec Votre Majest�.
Approche.
D'ailleurs, elle est la derni�re en conduite.
Nous vous demandons la permission
de la renvoyer, si elle nous a menti.
Lorsque nous avons d�n� ensemble,
je t'ai promis une promenade en tra�neau.
Eh bien, aujourd'hui, je tiens ma promesse.
Je ferais remarquer respectueusement � Votre Majest�
que l'imp�ratrice avait l'habitude d'emmener en promenade
la 1 re de conduite.
Eh bien, cette ann�e, ce sera le contraire.
J'emm�nerai la derni�re
pour lui faire la morale. Ce sera sa punition.
Va chercher ton manteau.
Anastasia lvanovna Darichkine.
1 re en g�ographie.
Qu'est-ce qui t'a pris de raconter ce mensonge-l� ?
Elles se moquaient de moi.
Alors... Alors tu as dit n'importe quoi.
Non, pas n'importe quoi.
Petite, je pensais d�j� � vous.
Je vous voyais arriver � la maison, et moi, je vous recevais toute seule.
Toi, une Dolgorouki, comment �a se fait que tu sois ici ?
� ''l'lnstitut des jeunes filles sans dot'',
comme on le disait entre nous.
Mon p�re est mort, le domaine a �t� vendu,
les bijoux aussi,
m�me le collier qui �tait dans la famille depuis 300 ans.
Tu n'as pas un fr�re officier ? Oui. � Saint-P�tersbourg.
P�re aurait voulu qu'il fasse un mariage d'argent,
mais il a pr�f�r� faire un mariage d'amour.
Nous sommes comme �a, les Dolgorouki.
Je me rappelle.
ll n'a pas demand� � �tre mut� au Caucase ?
Si.
En province, quand on est pauvre,
�a se voit moins.
Je voudrais oublier tout �a, aujourd'hui.
Qu'est-ce qui te ferait le plus plaisir, aujourd'hui ?
Je peux le dire ? Bien s�r.
Tu auras tout ce que tu voudras.
Alors je voudrais faire une grande promenade au grand galop.
Au lac. Et pousse les chevaux.
Monsieur l'officier,
j'ai l'impression que je vous ai d�j� vu quelque part.
Je me demande bien o� �a peut �tre.
Ah. �a, je me demande o�.
C'est une vraie arche de No� ici : un chien, une ch�vre,
des cabris, un cheval.
Ton cheval loge avec toi ? Oui.
ll me tient chaud l'hiver, et lui aussi, il a moins froid.
H�las, il va nous quitter.
Le ma�tre a d�cid� de le prendre avec lui.
De quel droit ?
Je n'ai pas � discuter. Je n'ai ni terres, ni biens.
Pourquoi le ma�tre veut ton cheval ?
Quand il perd aux cartes, il prend nos chevaux pour payer ses dettes.
Si je n'ai pas 5 roubles, il me prend le cheval.
Ce n'est pas juste.
Ce n'est pas juste.
Tu as raison, Katia.
La Russie est le dernier pays d'Europe
o� il y ait encore des serfs.
Mais un jour, �a changera.
''Un jour'' ? Quand �a ?
Peut-�tre plus vite que tu ne le crois.
Pourquoi ris-tu ?
Parce que cette ch�vre ressemble � notre professeur de danse.
J'esp�re qu'au cours de danse, tu n'es pas la derni�re.
Si.
�a m'ennuie, de danser avec les filles.
Ah ? Eh bien,
je te ferai danser avec des gar�ons.
Je te pr�senterai � la Cour au prochain bal.
Je n'ai pas envie d'aller au bal. Et pourquoi pas ?
Parce que les bals servent � marier les jeunes filles.
Ah, tu ne veux pas te marier ? Non.
Pourquoi ? Je ne comprends pas.
Bien s�r, vous ne pouvez pas comprendre.
Quelle �trange fille tu fais.
Eh bien, je te promets qu'on ne te parlera pas de mariage.
C'est s�r ? Puisque je te le dis.
Partons.
Voil� pour toi. Merci, monsieur.
Tout �a ?
Oui. Mais... 10 roubles ?
Garde ton cheval.
Merci, monsieur l'officier.
Merci.
Mais...
Cette le�on de morale est bien longue.
lls ont peut-�tre eu un accident.
ll n'aura plus le temps de prendre le th� avec nous.
Les traditions se perdent.
- Le tra�neau, madame la directrice.
Vite ! Sur deux rangs, mesdemoiselles.
La r�v�rence quand je claquerai des mains.
Relevez-vous,
mesdemoiselles.
L'empereur me charge de vous faire ses compliments.
Madame,
il trouve votre �tablissement tr�s bien tenu.
Mais il exige une amnistie g�n�rale pour les z�ros de conduite.
Cris de joie.
''Messieurs les d�l�gu�s de la noblesse,
''l'heure de la r�forme est venue.
''Nous, empereur de toutes les Russies,
''proclamons l'abolition du servage
''et accordons aujourd'hui la libert� personnelle
''� 42 millions de nos sujets.''
Je le veux, je l'exige, je l'ordonne.
Vive le tsar !
Non, je n'irai pas. Faites ce que vous voulez,
je n'irai pas.
Quand on a un fr�re qui vient d'�tre nomm� capitaine,
on ne refuse pas d'aller au bal.
N'en parlons pas trop. Ce sera officiel demain matin.
Je ne sais pas d'o� vient cette faveur.
Je n'ai pourtant rien demand� � personne.
Tu es trop modeste.
On reconna�t enfin tes m�rites, voil� tout.
En tout cas, nous restons � Saint-P�tersbourg tous les trois.
C'est merveilleux.
ll y a un monsieur qui demande � �tre re�u.
Le baron... J'ai oubli� son nom.
Baron Tchernigovski,
du secr�tariat particulier de l'empereur.
Je suis charg� de vous transmettre les f�licitations de Sa Majest�,
� vous-m�me ainsi qu'� votre femme.
Et aussi de remettre ceci � la princesse, votre soeur.
� Katia, de la part de... Sa Majest�.
Un envoi officiel. C'est � moi de l'ouvrir.
Oh...
Michel...
Louise, regarde bien ce collier.
ll a �t� dans la famille pendant 300 ans.
J'ai d� le vendre � la mort de notre p�re.
Et le voici.
ll est beau, n'est-ce pas ?
- ll n'a jamais �t� plus beau.
- Princesse Helena Feodorovna Oblonski.
Comtesse Nadine Petrovna Potolky.
Princesse Ariana Pavlovna Volkovski.
Comtesse Natalia Nicolayevna Mouratoff.
Princesse Katarina Dolgorouki.
Comtesse Nina Pavlovna Javadze.
Tu es heureuse ? Oui.
Tout se passe comme dans un r�ve.
Je me m�fie de ce Dolgorouki.
- Que voulez-vous dire ? Oh, rien.
Voil� celui-ci brusquement nomm� au 1er r�giment de la garde,
et sans m�me avoir rien demand�.
Eh bien, mon cher, je n'aime pas �a.
- Princesse Sofia Alexeiev....
Pauvre Maria Alexandrovna.
J'ai bien peur que ce soit son dernier bal.
Princesse Sofia Alexey Natchevkiaski.
Messieurs, je voudrais vous pr�senter � ma soeur,
dont c'est le 1 er bal.
- Comtesse Alexandrovna Romanov.
La princesse Louise Dolgorouki ne sort pas souvent ?
Jamais, Majest�. On la trouve chez elle tous les apr�s-midi.
J'aimerais qu'on ne l'y trouve plus,
qu'elle soit invit�e souvent � prendre le th�.
� partir de demain, elle sera invit�e tous les jours et partout.
De l'habilet�, de la nuance.
Votre Majest� peut compter sur moi.
Avec qui pensez-vous que le tsar va ouvrir le bal ?
Je pense avec la baronne Kirianov.
Sa Majest� vous prie de lui accorder votre premi�re danse.
Valse.
Alors quoi ? C'est elle ?
Vous n'y �tes pas, madame. Regardez plut�t de ce c�t�.
Que voyez-vous ? L'autre princesse Dolgorouki.
- Avec un tr�s beau collier.
Pay� 200 000 roubles, sur la cassette imp�riale.
Non. 300.
Cher prince, tout le monde trouve votre femme ravissante.
Et je la prie de m'accorder cette danse. Vous permettez ?
Et c'est vrai. Tu as un succ�s prodigieux, ce soir.
Pourquoi n'as-tu pas mis le collier que je t'ai envoy� ?
J'ai eu peur que cela se remarque. Mon fr�re �tant le chef de famille,
c'est sa femme qui devait avoir l'honneur
de le porter le premier soir.
Avec qui danseras-tu la deuxi�me danse ?
Avec personne.
Apr�s vous, je ne danserai plus jamais avec personne.
Une porte s'ouvre.
Votre Majest�.
Tu sais, tu es d�j� � l'amende.
Chaque fois que tu m'appelles ''Majest�'' ici,
tu me dois un gage.
Choisissez.
Euh... Le th�.
ll vous attend.
Tu veux jouer aux cartes ?
Non. Vous trichez.
Moi ?
Oui. Je gagne trop souvent.
Et des cadeaux, je n'en veux plus.
Alors � quoi ? Au trictrac.
Je pourrai mieux vous surveiller.
Bien. Alors commence.
1 2.
� vous.
C'est dr�le.
� chaque fois que vous venez, ma belle-soeur est sortie.
On l'invite partout.
Elle ne te propose jamais de t'amener avec elle ?
Je m'arrange pour rester.
Je ne suis pas aussi b�te que j'en ai l'air.
Que dit ton fr�re, quand il apprend que je suis venu ?
De ne pas trop le dire,
parce qu'on pourrait dire des choses.
Quelles ''choses'' ? Tu n'es qu'une gamine, voyons.
ll para�t que non.
C'est vrai que tu as grandi.
�a a l'air de vous ennuyer.
Oui.
Parce qu'il faudra que je vienne moins souvent.
Voil�, j'ai perdu, et m�me sans tricher.
Alors je peux te faire un cadeau ? Non.
Revenez demain. Ce sera mon cadeau.
Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir.
200 roubles. 300.
J'abandonne.
Qui veut ma place ? Tu permets ?
Dans ce cas, moi aussi, je quitte la table.
Vous refusez de jouer avec moi ?
Je pr�f�re surtout ne pas jouer contre vous.
Me reprochez-vous de jouer d'une mani�re incorrecte ?
Non. Je pr�f�re ne pas me mesurer avec quelqu'un
dont la chance est trop grande, depuis quelque temps.
Que voulez-vous insinuer ? Rien.
Vous avez tr�s bien compris.
Et si je vous envoyais deux de mes amis demain matin ?
Prenez garde. Je n'ai pas la chance d'�tre mari�, mais je tire tr�s bien.
Ce geste vous co�tera cher. Demain, vous serez mort.
Capitaine Petrov, Vassili Novitchenski,
vous me servirez de t�moins pour cette affaire.
Venez, Michel.
Katia ?
Katia ?
O� m'emmenez-vous ? Nulle part.
Je suis venu te dire adieu.
Vous partez ? Non, Katia.
C'est toi qui vas partir.
Tu iras � Paris pour finir tes �tudes.
Non.
Tu refuses ? Tu oserais me d�sob�ir ?
Oui, parce que je vous aime. Tant pis, je l'ai dit.
Je vous aime depuis le 1er jour. Je n'aimerai jamais un autre homme.
Tu pars. C'est un ordre.
Comme vous me parlez.
Alors c'est vrai, vous ne m'aimez pas.
Dites-le,
et bien haut pour que �a me fasse mal.
Dites : ''Katia, je ne t'aime pas. Je ne t'aimerai jamais.''
Dites.
''Katia, je ne t'aime pas. Je ne t'aimerai jamais.''
Bon.
Faites arr�ter la voiture, que je descende.
Arr�tez. Non.
Katia, ce n'est pas vrai.
J'ai menti. Je t'aime.
Je t'aime. Je t'ai menti, Katia.
Mais il faut que tu partes. ll le faut.
Coups de feu.
Je vais partir, Louise.
Je resterai � Paris au moins deux ans.
Quand nous reverrons-nous ?
Tu ne veux pas me dire au revoir ?
Adieu.
Ce n'est pas ma faute, Louise.
- Pr�sentez armes.
Fanfare militaire.
Mon cher cousin.
Acclamations.
J'ai peur de le revoir.
J'ai peur qu'il ait chang� de sentiments.
�a fait si longtemps...
Quand tu �tais enfant, tu te tourmentais pour un rien.
Aie confiance. ll t'�crit chaque jour depuis 2 ans.
Sauf depuis une semaine. � cause du voyage.
On n'oublie pas quelqu'un en une semaine.
�a ne fait rien. Je suis inqui�te.
Coup de feu.
Cris de panique.
Cheval au trot.
C'est incroyable. On ne sait rien. Personne ne sait rien.
Et pas de journaux.
Dans ces cas-l�, on devrait faire une �dition sp�ciale.
Je vais aller � l'ambassade, � l'�lys�e.
ll faut que je sache.
lls ne vous diront rien. lls ne vous laisseront pas entrer.
Si, j'irai. ll faut que je le voie.
Cheval au trot.
Katia ?
Tu es vivant !
Vivant.
Katia, mon amour.
Maintenant, je peux mourir. Tout m'est �gal.
Voil� deux ans que j'attends, 7 1 1 jours exactement.
Je les ai compt�s.
J'aime tes cheveux.
J'aime ta bouche.
Tous les matins, avant d'ouvrir les yeux,
j'essaye de t'imaginer tout pr�s de moi.
Tu es l� pour de bon.
Et je suis ta femme pour un jour. Pour toujours.
Un jour, c'est d�j� bien, tu sais.
J'ai dit : ''Pour toujours.''
Mais, Katia, ce soir, je ne pourrai pas d�ner avec toi.
Je sais. Je l'avais lu dans les journaux.
Ah.
ll y a une soir�e o� tu es avec le roi d'Angleterre.
La reine d'Angleterre. La reine, le roi de Bavi�re...
Ce n'est pas pour les voir que je te quitte.
Ce sont des cousins, et je n'ai pas l'esprit de famille.
Mais apr�s un attentat, un souverain doit se montrer en public.
C'est le m�tier qui le veut. Le fichu m�tier.
Katia...
Dis-moi d'aller faire mon m�tier. ll le faut.
Puisqu'il le faut...
Merci.
�coute, Katia.
Si jamais je devais me retrouver seul,
je voudrais faire de toi ma compagne
devant Dieu et devant les hommes.
ll ne faut pas penser � l'impossible.
Je te revois demain ?
Apr�s-demain ?
Apr�s-demain, je quitte Paris.
Mais je ne peux plus me passer de toi.
Je veux que tu reviennes � Saint-P�tersbourg.
Peu importe ce que l'on dira.
Tu vas avoir ta maison � toi
et je viendrai tous les jours te voir.
Enfin, tant que tu m'aimeras.
Je t'aimerai jusqu'� mon dernier jour.
L'empereur ne se doute toujours pas qu'il est suivi ?
Non, Excellence. Nous changeons les inspecteurs chaque jour.
ll est encore all� chez la princesse Dolgorouki ?
Oui, Excellence. Comme tous les jours depuis 6 mois.
Chaque fois que l'empereur sort avec une sacoche � documents,
c'est qu'il se rend chez elle. Retenez bien ce d�tail.
Et l'enveloppe d'aujourd'hui ?
La voici. Mais l'homme ne veut plus continuer.
ll dit que sa conscience le tourmente.
Donnez-lui 20 roubles de plus.
Je vous remercie, messieurs.
Je ne comprends pas vos inqui�tudes, Koubaroff.
Nous avons int�r�t � ce que le tsar ait une ma�tresse.
Quand le tsar s'amuse, les ministres peuvent danser.
Je crois que vous ne danserez plus tr�s longtemps.
Aussi invraisemblable que �a paraisse,
j'ai l'impression que cette petite princesse
est en train de devenir l'�minence grise de Sa Majest�.
En tout cas, je vous promets une chose :
c'est que je la briserai, cette gamine.
Vous ne devrez recevoir personne, Majest�. Vous �tes trop fatigu�e.
Ce sont vos conseils qui me fatiguent.
Dites-lui d'entrer.
J'ose esp�rer que...
Je vous dispense des politesses. Asseyez-vous.
La vie du tsar est-elle en danger ? Oui.
Des groupes de r�volutionnaires se sont form�s.
On lance des tracts. On menace de mort le tyran.
Koubaroff !
C'est le mot qu'ils emploient.
ll faudrait fermer l'universit�.
Nous y arriverons. En attendant, il faudrait
que l'empereur ne se rende pas chaque jour et sans escorte
en ville.
J'ai essay� de lui parler : il ne m'�coute pas.
ll ne m'�coutera pas non plus. ll est fou de cette fille.
Autrefois, il travaillait souvent le soir, pr�s de vous ?
Oui. Maintenant, il travaille chez elle.
Et elle lui inspire des projets abominables,
des projets qui menacent les principes du r�gime imp�rial.
Par exemple, le droit de vote pour le peuple.
Non ? Oui.
La Russie est perdue.
Tout d�pend de vous, madame.
On peut encore agir.
Mais je n'oserai rien faire sans l'assentiment et la protection
de Votre Majest�.
Que faire d'autre que prier Dieu ?
Dieu exauce bien souvent les pri�res d'un ministre de la Police.
Alors que dois-je demander � Dieu ?
Da la rappeler � Lui, par exemple ?
Koubaroff... ll s'agit de la Russie, madame.
Dieu nous �couterait s�rement.
Oui. Et ce serait merveilleux.
Mais l'empereur aurait tant de chagrin...
Justement, vous le consoleriez.
Je n'en aurais plus la force.
Si l'empereur vous revenait,
vos forces vous reviendraient aussi, peut-�tre.
Alors ? Je ne sais pas.
Vous me torturez.
Je vous donnerai ma r�ponse dans quelques jours.
Et puis j'aime vous attendre chaque jour ici, dans notre maison.
�a me donne l'impression de vous appartenir � distance.
Seulement, je sors tout de m�me le matin, en cachette.
''En cachette'' ? Oui.
Je mets un fichu de paysanne
et j'�coute ce qu'on dit de vous.
Et qu'est-ce qu'on dit de moi ?
On aime beaucoup Votre Majest�.
Mais Ma Majest� exige que tu fasses ton rapport jusqu'au bout.
Eh bien, on n'aime pas vos ministres. Moi non plus.
Changez-les. Mais qui mettre � leur place ?
Quand on a le pouvoir absolu, personne ne vous dit la v�rit�.
Alors � bas le pouvoir absolu.
Heureusement que Koubaroff ne t'entend pas.
ll t'enverrait en prison.
ll faudrait alors qu'il envoie en prison la moiti� de la Russie.
Dis-moi, Katia,
depuis ton retour � Saint-P�tersbourg,
tu lis beaucoup ?
Oui.
Des livres d�fendus ?
O� les caches-tu ?
L�.
Vous n'allez pas me gronder, au moins ?
Mais non. Moi, j'ai les m�mes.
Je les cache dans ma chambre � coucher.
Tiens, donne-moi le dossier que je t'ai confi� l'autre jour.
Ce sont des �bauches de r�formes, encore insuffisantes.
Tout le r�gime doit �tre r�form�.
Cri.
Qu'est-ce que tu as ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Un homme derri�re la vitre.
Mais non.
Mais non, il n'y a personne. Je n'ai pas r�v�, tout de m�me.
Encore un des policiers de Koubaroff.
O� que j'aille, partout des policiers.
J'ai supprim� l'esclavage en Russie.
ll en reste encore un : c'est moi.
Mon manteau.
ll faut que je te quitte. Non.
Pas encore. Je ne suis pas tranquille.
N'aie pas peur.
� demain.
Coup de feu.
Alexandre !
Alexandre !
Mon amour...
Tu vois bien, rien ne peut m'arriver.
''Nous, Marie Alexandrovna, imp�ratrice de toutes les Russies,
"d�cidons d'octroyer � notre f�ale Catherine Mikha�lovna,
''princesse Dolgorouki, la charge de demoiselle du palais
''attach�e � Notre Majest� lmp�riale.''
Je remercie Votre Majest�,
mais je me sens indigne d'une telle faveur
et je lui demande la permission de...
De refuser ? Eh bien, non. Je vous refuse le droit de refuser.
Laissez-moi.
L'empereur risque d'�tre tu� chaque fois qu'il traverse la ville.
Comprenez-vous pourquoi
j'exige que vous logiez ici ? Votre Majest�, je vous en prie.
Petite sotte, vous supposez que je vous tends un pi�ge.
Vous avez peur pour vous-m�me. Pour votre vie, peut-�tre.
lci, je vous jure que vous serez en s�curit�,
et je crois que vous en aurez besoin.
ll ne s'agit pas de moi, madame, mais je crains...
De ne plus voir celui que vous aimez ?
Rassurez-vous.
Ne croyez pas que je sois bonne et g�n�reuse.
Mais pour que l'empereur vive, je suis pr�te � tout accepter.
Qu'il soit heureux, m�me avec vous.
Je devrais vous envier, vous ha�r,
mais quand on voit s'approcher les derniers jours,
on regarde les choses de plus haut.
Vous ressemblez � la jeune fille que j'�tais avant.
Nous nous sommes aim�s, Alexandre et moi,
plus que vous ne vous aimerez jamais.
Madame... Maintenant, tout est fini pour moi.
J'ai pass� ma vie � trembler pour lui,
le jour, la nuit,
sans arr�t.
Chaque fois que j'entends sortir la voiture, mon coeur me fait mal.
C'est parce qu'il m'a fait trop mal qu'il va bient�t s'arr�ter de battre.
Et alors, ce sera � votre tour d'�couter les bruits,
de trembler, d'avoir mal...
� votre tour, maintenant.
� votre tour...
Pri�res.
Cloches.
Tirs de canons et cloches.
Peuple russe, souviens-toi de ceux qui meurent au nom de la libert� !
Vive la r�volution ! Mort au tyran !
Vive la r�volution ! Mort au tyran !
Vive la r�volution !
Vive la r�volution ! Mort au tyran !
Vive la r�volution ! Mort au tyran !
Attendez-moi ici.
Qu'est-ce qui me vaut l'insigne honneur de votre visite ?
La curiosit� ?
Vous vouliez voir votre assassin ? Non.
L'ironie ?
Vous moquer de ma maladresse ?
Je suis venu vous poser une question. Asseyez-vous.
Asseyez-vous !
Quelles sont les raisons de votre geste ?
Comment vous r�pondre ?
Le procureur m'a trait� de ''chien enrag�''.
On ne discute pas avec un chien enrag�.
On le laisse tranquille.
Nous ne sommes pas au tribunal. lci, personne ne vous �coute.
Je veux vous parler d'homme � homme.
''D'homme � homme'' ? Tout simplement.
Pourquoi me ha�ssez-vous?
Vous �tes un fils de paysan, et j'ai donn� la libert� aux paysans.
ll fallait leur donner la terre, aussi.
Qu'est-ce que la libert�, quand on a froid
et qu'on n'a m�me pas de quoi s'acheter des outils ?
J'ai fait construire des �coles.
Je le sais bien.
C'est dans une de vos �coles que j'ai appris � lire.
C'est gr�ce � vous, si je suis devenu r�volutionnaire.
Vous avez trouv� du travail. On vous a nomm� instituteur.
�coutez-moi, Soloviev.
Quand vous �tiez instituteur,
est-ce que vous auriez admis que vos �l�ves fassent la loi ?
Eh bien...
Moi aussi, je suis une esp�ce d'instituteur.
Seulement, dans ma classe � moi,
il y a plus de 1 00 millions d'�l�ves.
J'ai le droit d'exiger de la discipline.
Vous traitez les Russes comme des enfants ?
lls le sont encore, vous le savez tr�s bien.
C'est effrayant de voir � quel point nous nous ressemblons.
Vous, vous avez jou� votre vie, et moi, je risque la mienne
tous les jours. Pourquoi ?
Parce que nous aimons notre peuple.
Si vous n'�tiez pas empereur, j'aurais aim� devenir votre ami.
Seulement voil�, nous sommes
des deux c�t�s de la barricade,
et �a, c'est plus fort que tout.
ll y a une autre diff�rence entre nous.
Laquelle ?
Vous �tes partisan de la peine de mort.
Moi ? Bien s�r.
Vous m'avez condamn�.
Eh bien, moi, je suis venu pour vous annoncer votre gr�ce.
Ma ''gr�ce'' ?
Vous n'avez qu'� signer votre recours,
et ce soir, vous serez libre.
Je ne signerai pas.
Je ne veux rien devoir � un r�gime que je hais.
Les livres vous ont dess�ch� le coeur. J'ai piti� de vous.
Gardez votre piti�.
Vous en aurez besoin un jour pour vous-m�me !
Cloches.
Coup de feu.
Prions le Seigneur.
Orgue.
Embrassez-vous, mes enfants.
Katia, notre mariage doit rester encore secret.
Mais je vous jure qu'avant la fin...
Une bombe plac�e juste sous la salle � manger.
Elle aurait d� exploser pendant le souper.
Des bless�s ? Probablement.
Katia, le g�n�ral va vous raccompagner
� vos appartements.
Je vous rejoindrai tout � l'heure.
Merci, g�n�ral.
Ne criez pas. Ne bougez pas. Qui �tes-vous ?
C'est facile � deviner.
Celle qui a r�ussi � se faire �pouser.
Nous sommes au courant.
Notre cadeau de mariage a �clat� une heure trop t�t,
mais ce n'est que partie remise. Ne bougez pas !
Si vous tirez, on vient. Si vous sortez, on vous arr�te.
Vous �tes prise.
On ne me prendra pas vivante.
Votre main tremble.
Vous allez me signer un laissez-passer.
�crivez.
On a pos� des affiches sign�es ''Terre et libert�''.
Vous appartenez � ce groupe ? Vous lisez nos affiches ?
Cette semaine, on a distribu� des nouveaux tracts.
Vous les avez imprim�s ?
Quoi ? Vous lisez aussi nos tracts ?
Je vous donne raison de r�clamer le droit de vote et la Constitution.
N'essayez pas de m'endormir avec vos paroles.
Signez ou je tire.
Montrez-moi votre blessure. �a ne vous regarde pas. Signez.
Qu'est-ce que vous attendez ? Appelez. Appelez donc.
J'ai le temps.
Qui �tes-vous ? J'ai br�l� mes papiers.
Quand on me pendra, on pendra une femme anonyme.
Savez-vous � qui votre mort rendra service ?
� la cause. Non. Aux r�actionnaires,
� tous ceux qui veulent que le tsar abroge les d�crets,
qu'il r�tablisse le servage et les ch�timents corporels.
C'est pour eux que vous travaillez,
sans le savoir.
Le tsar nous a tromp�s. ll a promis la Constitution.
ll y travaille depuis des ann�es.
Tout est pr�t. Mais vos amis l'ignorent.
Quelqu'un doit les pr�venir.
On frappe � la porte.
Entrez.
Merci, F�dor.
Vous allez les pr�venir, vos amis.
Ce quelqu'un, ce sera vous.
Apr�s cet attentat, le tsar va s�rement renoncer � ses projets.
La violence appelle la violence.
C'est une cha�ne infernale que nous briserons.
Je vous promets que les �tudiants ne seront pas ex�cut�s.
Alors ?
Moi, je ne vous promets rien.
Venez.
M�me avec un laissez-passer, vous risquez d'�tre interrog�e.
ll vaut mieux passer par ici. Ce sera plus s�r.
Vous �viterez le corps de garde.
Ayez confiance.
Je ne peux pas vous dire de qui je tiens ces informations.
Mais je vous demande de me faire confiance.
Avant 2 mois, la Constitution sera promulgu�e.
Nous avons int�r�t � observer une tr�ve.
Qu'en dites-vous ?
Jeliabov ?
Sophie Perovsky n'apporte aucune preuve. Je veux des preuves.
J'en ai une.
Les �tudiants arr�t�s au proc�s Soloviev vont �tre lib�r�s sous peu. Sinon,
� notre prochaine r�union,
j'admettrai qu'on m'a tromp�e.
Accordons-lui un d�lai.
Pourquoi pas ?
Non. � supposer m�me qu'elle dise la v�rit�,
je suis contre toute Constitution octroy�e par le tsar.
�a ne me suffit pas.
Moi non plus. Mais c'est une premi�re �tape.
Je suis contre les �tapes et les compromis.
Je suis pour la terreur.
- D'ailleurs, une Constitution, c'est un mensonge,
de l'opium pour endormir le peuple. Parfaitement.
Nous devons l'emp�cher de s'endormir. Le r�veiller � coups de bombes.
Et les vies humaines, qu'en faites-vous ?
Qu'importent les vies humaines...
Tant pis pour ceux qui ont peur.
Je n'ai jamais eu peur.
Si on m'a tromp�e, je veux �tre d�sign�e pour le prochain attentat.
Mais j'esp�re qu'il n'y en aura plus jamais.
Nous sommes � nouveau en pr�sence des 2 th�ses habituelles :
l'action imm�diate et l'action progressive.
Je mets aux voix la proposition de Sophie Perovsky.
Ceux qui sont pour l�vent la main.
� la majorit�, le comit� a d�cid�
d'ajourner l'action terroriste jusqu'� la prochaine r�union.
Bon.
Messieurs,
il n'y a eu ces derni�res semaines aucune activit� r�volutionnaire.
Et je compte sur cet ukase
pour ramener d�finitivement dans notre pays
le calme et la r�conciliation.
Les tribunaux d'exception sont abolis.
Et la troisi�me section de la Chancellerie secr�te,
celle que vous avez cr��e, Koubaroff, est supprim�e.
Un parlement �lu aura le droit de discuter les lois et le budget.
Je d�sire que cet ukase soit rendu public le jour
o� la princesse Dolgorouki
sera sacr�e � Moscou.
Ce sera le don de joyeux av�nement de la nouvelle tsarine.
Merci, messieurs.
En mon �me et conscience,
je suis convaincu que Sa Majest� va commettre une erreur irr�parable,
mais il r�gne par la volont� de Dieu.
Tout le monde peut commettre une erreur,
et dans le cas pr�sent, Dieu Lui-m�me.
Si je comprends bien, vous osez sugg�rer...
Je ne sugg�re rien du tout.
Aucun de nous n'aurait l'id�e d'attenter � la vie de l'empereur.
Mais dans le camp des terroristes, il suffirait d'un rien.
ll m'appartient de veiller � la s�curit� du tsar.
Mais il pourrait arriver qu'une fois,
mes agents interviennent avec un peu de retard.
Tout le monde peut se tromper,
m�me le ministre de la Police.
Si un malheur arrivait, prince, me le reprocheriez-vous ?
Et vous, Pahlen ?
Et vous, Paskievitch ?
Les terroristes ont int�r�t � se tenir tranquilles,
mais comment ferez-vous pour qu'ils rompent la tr�ve ?
C'est tr�s facile.
Nous avons toujours � la prison les �tudiants qui ont manifest�
au proc�s Soloviev.
J'ai d�couvert qu'ils appartenaient au groupe ''Terre et libert�''.
Eh bien...
ils trouveront demain matin dans leur boule de pain une lime,
et m�me une excellente lime.
Comptez sur moi.
Nous leur ferons croire
que leur gr�ce a �t� rejet�e par le tsar
et qu'ils seront jug�s par un tribunal d'exception.
lls savent parfaitement ce que �a signifie.
lls joueront le tout pour le tout.
Les sentinelles auront l'ordre de laisser faire.
Et un beau jour...
Sciage.
lls sont pr�ts pour cette nuit. Faites relever les gardes.
Vous ferez le rapport :
abattus au cours d'une tentative d'�vasion.
On t'a tromp�e, Sophie Perovsky.
On s'est servi de toi pour gagner du temps
et pour nous paralyser pendant un mois.
Et on a r�ussi.
Si �a continue, nous ressemblerons aux r�volutionnaires de salon
qui p�rorent et ne font rien.
On assassine nos fr�res dans les prisons.
Comment, pourquoi, peu importe.
La tr�ve est rompue. ll faut recommencer la lutte.
Pas de piti� pour ces gens-l�. Je les hais.
- Allons, allons, Catherine.
Vous connaissez notre r�glement.
Nous ne devons mettre aucune haine dans nos d�lib�rations.
Punir, oui. Tuer, oui.
Ha�r, non. C'est du temps perdu.
Si l'un de vous a un plan, qu'il le dise.
Moi.
Chaque dimanche midi, le tsar se rend au man�ge Saint-Michel
pour assister � la rel�ve de la garde. ll y a 2 itin�raires :
la rue Sodovaya et l'h�tel du canal Catherine.
Le tsar ne peut plus nous �chapper.
Mes amis, n'�coutez plus les raisonneurs.
La r�volution se fait d'abord avec des bombes.
Je suis d'accord,
et je demande � �tre d�sign� pour cet attentat.
Toi, Ryssakov ? Oui.
J'ai une raison pr�cise. Je la connais.
Tu as un oncle qui habite en face du canal Sainte-Catherine.
De sa fen�tre, on peut surveiller la rue et...
jeter une bombe au moment exact o� la voiture du tsar passera.
L'oncle de Ryssakov n'est pas des n�tres.
ll ignore qu'on existe.
Tant mieux. ll se m�fiera pas.
ll suffira que Ryssakov aille lui rendre visite le dimanche,
avant midi.
Ryssakov, est-ce que ton oncle trouvera surprenant
que tu t'invites chez lui � d�jeuner � l'improviste ?
ll est avare. ll vaut mieux que j'apporte des provisions.
Bon. Alors tu lui apporteras aussi
deux bouteilles de vin de Crim�e.
Quoi de plus inoffensif en apparence
qu'une bonne bouteille de vin de Crim�e ?
C'est celle-ci qui contient la bombe.
Bon. Tr�s bien.
Que ceux qui approuvent ce plan et la date du 1 3 mars l�vent la main.
''La c�r�monie aura lieu dans la cath�drale de l'Assomption,
''� Moscou.
''La famille imp�riale,
''le corps diplomatique, les hauts dignitaires de l'�tat,
''de l'arm�e et de la marine seront pr�sents.
''Sa Majest� fera son entr�e dans la chapelle sacr�e
''escort�e par le g�n�ral Relaiev
''et le colonel Tchernikov.
''La princesse Dolgorouki
''sera accompagn�e par le colonel Rakounov.''
Tu ne me reconnais pas ?
Je te regarde en me souvenant de la jeune fille de Smolny.
Toi, � Paris, � Moscou...
Tu m'as rendu heureux, Katia.
Nous serons encore heureux longtemps.
J'ai une demande � faire � l'imp�ratrice.
� travers les devoirs et ses charges, qu'elle garde quelques moments
pour Alexandre et pour Katia. De longs moments, je te le jure.
Tu es tr�s belle, Katia.
Le peuple russe t'aimera.
ll b�nira notre mariage,
puisque la Constitution sera promulgu�e ce jour-l�
dans tout l'empire.
Les traits indiquent le quai Sainte-Catherine
et la rue des lng�nieurs.
Et la croix ? La place de l'�tudiant.
Le rond, c'est la voiture du tsar.
La bombe sera lanc�e d'une fen�tre du 3e �tage.
Pourquoi me pr�viens-tu si tard ?
lls ont tout planifi� � la derni�re minute. lls se m�fient.
Je vois.
Je me permets de signaler � Votre Excellence
que nous sommes 9 � �tre au courant.
En les trahissant, je sens que je vais perdre ma propre estime.
Et � combien estimes-tu ta propre estime ?
Je m'en remets � votre g�n�rosit�. Le nom de l'�tudiant.
ll y a des limites.
Je n'ai pas le temps de discuter. Le nom de l'�tudiant.
Ryssakov.
''Ryssakov''...
Voil�. Toi, reste ici.
Tu attendras la nuit pour sortir.
Clochette.
Qui est l� ? C'est moi, St�phane.
Bonjour, mon oncle. Bonjour.
Qu'est-ce qui t'am�ne un dimanche ?
ll y a 6 mois que je ne t'ai pas vu. Rien de grave ?
Non, non.
Je passais par l� et je suis mont� te voir.
Allons, tu mens. Un vieux bonhomme comme moi,
un dimanche, quand il fait si beau ?
�a ne cache pas autre chose ?
Non. Je t'assure que non. Je m'ennuyais de toi.
Tiens, je t'ai apport� quelques provisions
et puis une bonne bouteille de vin de Crim�e.
Et �a, qu'est-ce que c'est ? Surprise pour le dessert.
Et puis, tiens.
Oh, tu me fais bien plaisir, mon petit St�phane.
La vie n'est pas dr�le, quand on devient vieux.
On n'a plus les moyens de se payer toutes ces bonnes choses.
Tu tombes bien, justement.
Moi aussi, j'ai une surprise pour toi.
Viens voir.
Le tsar va passer juste au-dessous de ma fen�tre.
C'est un spectacle � ne pas manquer.
Nous serons aux premi�res loges. Viens boire � la sant� du tsar.
Attends, un tire-bouchon.
Sa Majest� descendra le grand escalier du palais
et se rendra dans le hall. Une 1 re b�n�diction lui sera donn�e.
J'aime ton sourire.
Fermons les yeux,
et nous ne serons alors plus que nous deux.
Nous oublierons les autres.
H�las, les autres ne nous oublient pas.
Tout est pr�t, Majest�. Je viens.
J'ai promis d'assister � la rel�ve de la garde
au man�ge Michel.
Apr�s, nous irons o� tu voudras.
Et si tu n'y allais pas ? Pourquoi ?
Si nous partions tout de suite ? Je ne peux pas.
Je te promets de revenir dans deux heures.
J'ai un pressentiment,
quelque chose...
d'inexplicable.
ll n'y a aucun danger.
Rappelle-toi le pacte.
Au revoir.
Je t'aime.
Je t'aime.
Si Votre Altesse lmp�riale veut bien me suivre.
Son Excellence le g�n�ral Koubaroff.
Qu'il entre.
Ah, Majest�, je craignais d'arriver trop tard.
Au moment de partir, on m'a apport� ces �preuves d'imprimerie.
Je n'ai pas pu r�sister au plaisir de les voir.
La Constitution ? Oui.
Les guerres, qu'on les perde ou qu'on les gagne,
feront toujours le malheur du peuple. Mais avec �a,
je suis s�r que j'aurai fait quelque chose pour lui.
Mon passage sur Terre n'aura pas �t� inutile.
- Nous admirons tous votre g�n�rosit�,
mais elle met en p�ril les bases du r�gime.
Vous parlez au nom de ceux qui, sous le couvert des principes,
d�fendent leurs int�r�ts.
Votre Majest� voit tr�s clair.
Tant qu'il s'agit de principes, une Constitution en vaut une autre.
Celle-ci va ruiner d'immenses int�r�ts, d'o� le danger de la pr�cipitation.
Quel ''danger'' ?
Votre mariage, Majest�, r�jouirait tout l'empire,
s'il ne fallait h�las que cette r�forme...
Elle est li�e � mon mariage.
Je suis un homme heureux,
et mon bonheur m'interdit d'�tre �go�ste.
Je ne c�derai pas. D'o� le danger.
Vous m'avez pr�serv� des terroristes qui �taient � craindre.
Vous me garderez bien contre les gens de la Cour.
N'ai-je pas raison de vous faire confiance ?
Que Votre Majest� me dispense de r�pondre � une telle question.
L'heure passe,
et Votre Majest� est attendue. Ah oui.
J'oubliais.
Vous aviez une chose urgente � me dire.
Elle peut attendre demain.
Tr�s bien. Alors, � demain.
Ah, elle est vide.
Dis donc, si on cassait la gueule � la deuxi�me
pour voir si elle est aussi bonne que l'autre ?
Laisse-moi ouvrir.
L'heure sonne.
Ah, midi.
Le cort�ge ne va pas tarder. Tu as raison. Viens.
La porte s'ouvre.
S�curit� du quartier. Je surveille l'immeuble.
Vous avez du temps � perdre, vous autres.
Je suis trop vieux pour �tre jouer au terroriste.
Qui �tes-vous ? Vous habitez ici ?
Non. C'est mon neveu, un gar�on tout � fait inoffensif.
J'en r�ponds enti�rement.
Je ne fais que passer, le temps de surveiller la fen�tre
pendant le passage de Sa Majest�.
Brouhaha.
Chevaux au trot.
Explosion.
Cris de panique.
Brouhaha.
Cris de panique.
Alexandre !
C'est moi, Katia. Je suis l�, tout pr�s de toi.
Tu m'entends ?
Alexandre...
Je t'en supplie, r�ponds. R�ponds-moi.
R�ponds.
Katia...
je t'aime.
LEGENDAS: jmedeiros17
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