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Original subtitles

Quand je calcule ça, je pense que j'ai commencé à croire

que j'étais un artiste quelque part au milieu de mon cégep.

Puis, selon le mĂȘme calcul, je pense que j 'ai arrĂȘtĂ©

d'y croire quelque part au milieu de l'université.

À la base, mon impression d'ĂȘtre un artiste sortait pas de nulle part.

J'avais fait deux shows de kiss dans mon sol au primaire.

J'avais joué dans une piÚce de théùtre obligatoire au secondaire.

J'avais suivi un cours de cinéma au cégep.

Je faisais de l'impro, puis j'avais presque terminé

mon certificat de scénarisation à l'université.

Moi, je trouvais que c'était un pas pire CV.

Mais bon, j'avais jamais réussi à trouver de job dans le domaine artistique à Québec.

Le plus proche que je m'étais rendu, c'était un genre

d'entrevue dans une boßte de pub sur la Grande Allée.

Puis sincÚrement, cette entrevue-là avait duré moins longtemps

que le temps que ça m 'avait pris pour me trouver un parking.

Ça fait que c'est pour ça que, rendu au printemps de 1994, ben,

je m'étais déjà fait à l'idée que j'allais

ĂȘtre comme tout le monde, comme vous autres.

J 'étais destiné à devenir un membre actif de la société, un travailleur anonyme,

un numéro parmi tant d'autres.

Puis l'autre raison qui m'avait ramené les pieds sur terre, c'est que...

...fallait que je paye mon nouveau char.

En fait, le char, c'était pas si pire, mais bon, j'étais tellement énervé quand j

'avais acheté ça que j'avais oublié un détail.

Combien?

Ben voyons donc, madame.

Les assurances.

À bas de 25 ans, pour un homme cĂ©libataire, ça coĂ»tait pratiquement le

mĂȘme prix que mon terme mensuel tabarnak.

Ok, j'ai jamais eu d'accident avant, ça change rien, ça?

Puis si je l'assure juste d'un bord?

Bref, j'avais abandonnĂ© mon rĂȘve de devenir cinĂ©aste.

J'avais besoin de gagner ma vie.

Fait que pour l'instant, j'étais vendeur itinérant.

En théorie, ça m'a l'air facile, je vendais quatre livres.

Juste quatre.

Un livre de recettes, un livre pour enfants, un

atlas, pis un autre crise de gros livres de recettes.

Bonjour, madame, ça va bien?

Oui, oui.

Qu'est-ce que je peux faire pour vous?

Je sais pas si vous vous souvenez de moi, mais la semaine

passée, je suis passée pis j 'ai laissé des livres en consigne.

Ah, ben oui, ben oui, ben oui.

Je me rappelle de vous, le gars au lit.

Ben oui.

Ça, c'est des livres en consigne.

Ici.

Bon, on a besoin de deux atlases.

J'en ai un.

Super.

Un autre.

Qu'est-ce qu'on mange?

J'en ai besoin de trois, j'en ai un.

Deux?

Parfait.

AprÚs ça, quatre livres pour enfants, j'en ai un.

Trois.

Parfait, c'est un excellent choix, ça.

Parfait.

Les cheveux sont lĂ .

VoilĂ .

Super, c'est parfait, ça.

Oui, tout est lĂ .

Ben oui.

Parfait.

Merci beaucoup, hein.

Ah, pis avant que j'oublie, le monsieur de la sécurité voulait vous voir.

Ah oui?

Le... le... lui, lĂ .

Oui, oui.

Parfait, mais je vais jaser ça.

Ben oui, c'est fait.

Bye bye.

Hey!

Hey!

Oui, comme je disais, la seule affaire plate avec ce job-là, ben c'était ça.

C'était pas illégal, mais criss, c'était clairement pas légal non plus.

Il me semble qu'il y avait un affaire de permis de vente en lieu public,

lĂ .

Pis comme vous pouvez le voir, ben je l'avais pas, ce petit permis-lĂ .

Ben sérieux, là, on aurait dit que vendre des ligues de recettes du cercle des

fermiÚres à l'Université Laval, ben c'était aussi grave

qu'importer de la coke de Colombie, c'est mon Ăąge.

Pis si je vous raconte ça, c'est parce que ce

jour-lĂ , ma vie allait prendre un nouveau tournant.

Ben non, là, c'était pas ça, le nouveau tournant, là.

Ça s'en vient.

As-tu acheté le parmesan?

Non, non, j'ai oublié.

HĂ©, taille!

J'ai été ici à acheter le parmesan.

Non, non, regarde oĂč il va y aller.

C'est lui qui t'a supposé y aller, c'est lui qui

va y aller, il a un char de l 'année à cette heure.

Ben non, non, non, j'ai pas le temps.

Vous mangez quoi, vous autres?

J'ai une recette du lit que tu nous as vendu pis ça parle du parmesan,

ça fait que c'est eux qui vont y aller.

T'es pas tout court.

C'est sûr que ça se mange sans parmesan, ça.

Pas une question de ça se mange pas avec du parmesan, c'est une

question qu'on t'a demandé un service pis t'as encore oublié.

Ben voyons, on va pas se poigner pour du parmesan.

C'est pas le parmesan, le problĂšme, je te dis, c'est

que t'es en crise quand t 'as demandé des services.

Mangez-vous, moi, j'y vais.

Non, Benito!

Ben comment non?

Ben il a oublié, il a oublié le porco de Dior.

Tu veux la recette puis on oublie.

Oh oui, on va la faire, la recette qui c 'est Ricardo

qui va y aller là cette année, pas c'est tout.

Oui, allĂŽ?

Oui, bonjour, est-ce que je peux parler Ă  Ricardo Tregui, s'il vous plaĂźt?

Oui, oui, c'est moi.

Oui, bonjour, Ricardo, Vicky l'anglais de l'émission La Course.

Non, pas dans la... c'est tout cette année, j'en peux plus.

La Course, oui, oui, attendez-moi deux secondes.

Ok, match, Chris, c'est La Course.

Oui, ça va bien, merci.

Écoute, Ricardo, on a une bonne nouvelle pour toi.

Ah oui?

Ricardo, on a beaucoup aimé ton film de sélection puis ton dossier, donc j'ai le

bonheur de t'annoncer que tu fais passer des 40

finalistes pour la prochaine saison de La Course.

Wow, c'est super ça.

Tu as franchi la premiÚre étape, mais c'est pas fini, hein?

Non, non, non, je sais.

Mais oui, c'est pas assez simple, bravo.

Mais ça, c'est La Course, là!

Donc, j'ai une date et une heure de convocation pour ton entrevue.

Comme tu sais déjà, probablement, là, suite aux entrevues, on va retenir 15

candidats qui vont devoir faire deux films chaque.

Des films qui vont ĂȘtre notĂ©s par l'Ă©quipe ici.

Puis bien, les huit candidats qui ont ramassé le plus de points seront les

candidats qui vont partir pour la grande aventure de 180 jours.

Est-ce que c'est clair?

Oui, c'est trĂšs clair.

Je connais le processus.

Je l'écoute, La Course.

Oui, qu'on l'écoute, La Course.

Bon, bien, on se voit à Montréal.

Euh... Attends un peu.

C'est oĂč que je t'ai mis, toi?

Ah, écoute, est-ce que le 24 mai 10 heures, ça te convient?

Hein?

Oui, euh... Oui, euh... Deux secondes.

Oui, le 24.

Le 24, oui, je pense que j'ai pas d'autre meeting ce jour-lĂ , lĂ .

On a rien, 24.

OK, ben, j'ai hĂąte de te rencontrer.

Ben, moi aussi.

Moi aussi, merci.

OK, bye.

Bye.

B, c'est ce qu'il voulait?

Qu'est-ce qu'il voulait?

J'ai été choisi pour l'entrevue de La Course.

Oh, mon Dieu!

Mon fils va passer à la télé.

Quelle course?

LĂ , relaxez, lĂ .

C'est juste l'entrevue.

Oh, mais tu penses à la télé ou non?

Mais c'est quoi, La Course, ça?

Non, ben oui, ben... Tu le sais, tu l'écoutes, La Course, là.

Avant, lĂ , il faut se caler les pieds.

Puis là, faut que je réfléchisse.

Mais je sais pas qu'elle s'écoute pas.

Moi, ben, tantĂŽt, quand je vous ai fait le CV de mes tentatives artistiques,

je vous ai pas parlé de ça.

Probablement parce que j'y croyais pas vraiment, mais lĂ , pour une fois,

les planĂštes avaient l'air de s'aligner pour moi.

Le monde artistique m'ouvre enfin un peu sa porte.

Il fallait juste qu'une fois dedans, je me fasse pas sacrer d'or.

Ricardo, dis-moi dedans ce qu'il faut que tu fasses pour ĂȘtre choisi.

Faut que j'y crois.

Bonjour.

Mais dĂšs que je me suis assis, j'ai senti le rythme de mon coeur monter solide.

C 'est-tu que je suis tan nerveux?

Comme ma mÚre des fois, pis ça, tu veux pas ça?

Excusez-moi, je veux juste remettre mon...

OK.

Parfait.

Ça va bien, Ricardo?

Oui, ça va.

J'ai un peu chaud, mais ça va ĂȘtre correct.

Vous autres, ça va bien?

Ça va bien, merci.

J'ai une petite question pour toi, pour commencer.

Ricardo Troggy, ça vient d'oĂč, ça?

C'est Troggy.

Ça se prononce avec un D, mais ça s'Ă©crit pas avec un D.

Je l'écris sûrement sur mon petit dossier.

Mon pĂšre est d'Italien.

J'ai pas écrit que mon pÚre est d'Italien sur mon dossier, mais mon nom,

Troggy, T-R-O-G-I, ça, c'est sûrement écrit sur le dossier.

Oui, on l'avait compris.

Merci.

Et toi, tu parles Italien?

Non, je parle pas.

Je parle un petit peu, oui pis non.

En fait, je parle un petit peu, mais comme un enfant de huit ans, six ans, mĂȘme.

J'ai passé un été de temps dans une université en Italie pour apprendre la langue.

Je sais comment demander des directions ou comment dire ce que je veux manger,

parler un petit peu avec le monde, mais encore là, ça dépend avec qui,

parce que comme vous savez sûrement, en Italie, chaque région a son dialecte.

C'est pas comme ici, avec nos accents.

Je m'en vais aux Ăźles de la Madeleine, il y

a quelqu'un qui me parle, mais je comprends.

C'est la mĂȘme langue, c'est pas un dialecte.

Les dialectes, c'est quand mĂȘme vraiment diffĂ©rent.

Il y a des mots qui changent complĂštement.

Pis l'Italien, moi, que j'apprenais dans ces cours-là, c'était

l'Italien qu'on parle à la télévision, l'Italien officiel.

Pis ils disent que l'Italien qui se parle à Florence, ben ça, c'est sûrement lui qui

se rapproche le plus de l'Italien officiel.

Je me souviens pas exactement, mais je pense que c'est ça, celui à Florence.

Oui.

Parce qu'à Cécile, elle parle pas mal.

Je dis oui, elle parle italien, mais quand

ça le tente, j'ai vu un bonhomme avec un ùne.

T'sais qu'il y en a qui vivent encore comme en 80.

J'ai demandé si je pouvais prendre en photo son ùne.

J'ai rien compris de ce qu'il m'a répondu.

Non seulement j'ai rien compris, mais rien, mais

il a fini de me resserfer chez BenoĂźt Benigny.

C'est pour dire que oui, oui, oui, je parle, mais des fois, ça peut mĂȘme venir.

Gillette!

Je sais pas, je vais juste prendre un petit verre.

Merci.

Merci, merci.

Moi aussi, j'ai une question.

On a beaucoup aimé ton film de sélection, mais ça nous dit pas tout sur toi.

OK.

Sans trop élaborer, disons, qu'est-ce qui te touche le plus dans «Viricardo»?

Ce qui me touche?

Le plus, oui.

Sans trop élaborer, ce qui te touche le plus, ce qui te bouleverse?

Ce qui me bouleverse?

Bon, je comprenais la question, mais c'était pas le genre

d'affaire auquel je pensais souvent, souvent, honnĂȘtement.

Je veux dire, j'essayais de penser Ă  quoi de grave, une guerre, une injustice

quelconque, l'affaire qui me faisait pleurer, mais rien me venait.

En fait, oui, j'avais une chose de prĂ©cise dans la tĂȘte qui me bouleversait,

mais je pouvais pas le dire, ça avait pas rapport.

Je repensais Ă  Chantal avec un L.

C'est comme ça qu'elle écrivait, la fille avec qui j'étais

en amour depuis une couple de mois, puis qui m'avait dit?

Je trouve que toi pis moi, ça fait trop chum blonde.

Trop chum blonde!

Comprenez-vous de quoi, lĂ -dedans, vous autres?

Si ça peut t'aider dans ton dossier de

candidature, t'as écrit quelque chose de trÚs beau.

Je pourrais jamais empĂȘcher les hommes de tuer leurs enfants.

TrÚs touchant, ça.

Bien, merci.

T'as écrit ça parce que t'aimes vraiment les enfants ou au sens plus large?

Oui, c'est ça, bien, j'adore les enfants, puis c'est ça, c'est au sens plus large,

comme vous dites, c'est un peu ma position sur le monde.

C'est tout pour moi.

Merci.

Oui.

SĂ©rieux, lĂ , j'ai jamais pu empĂȘcher les hommes de tuer leurs enfants.

C'est clair que j'avais écrit ça pour faire artiste.

Je veux dire, oui, j'Ă©tais d'accord avec le principe, mais honnĂȘtement,

je pensais pas à ça souvent, souvent.

Je sais pas vraiment oĂč vous avez pris ça sans joke.

Tout ce que je sais, c'est que j'ai passé la semaine à me demander si ma station 6

enfants allaient faire la job ou si ça allait me caler.

Moi, plus la semaine avançait, plus je me disais que j'avais pas l'ADN de la course.

J'ai repensé au candidat des années précédentes, puis clairement, il y avait

plus de fans de Léonard Cohen là-dedans que de fans d'Aerosmith comme moi.

J'étais probablement pas un artiste, puis finalement, ça commençait à paraßtre.

Gardeau!

Gardeau!

Gardeau!

Bien, Gardeau, Pierre, j'ai hors de la course.

Tu as franchi une grosse étape.

C'est vrai?

Oui, mon gars, j'ai le plaisir de t 'annoncer que

t'as été sélectionné dans les 15 derniers finalistes.

C'est super, lĂ .

Ils l'ont pas encore pris.

Ils tressent encore deux films de sélection à faire, puis si tu fais ça

comme du monde, tu pars pour la grande aventure.

C'est une bonne nouvelle, ça.

Vicky va t'appeler pour te donner un détail.

Bravo encore, mon gars.

Merci beaucoup.

Pis, c'est quoi?

Qu'est-ce qu'il voulait, lĂ ?

Tu veux que tu fasses en TV?

Tu fasses en TV!

Tu fasses en TV!

Tu fasses en TV!

Mais arrĂȘtez de gueuler.

Ça change quoi qui passe Ă  la tĂ©lĂ©?

Bien, ça change tout, innocent!

Vous vous appelez Maria?

Fait que c'est ça.

DĂšs le lendemain, je me suis mis au travail.

Je vous résume ça vite.

Mon premier film de sélection, je l'ai fait sur un

ancien militaire iranien qui s'était converti à la poise.

Ça avait donnĂ© de quoi, de bain beau, je trouve.

Pis le deuxiÚme, ben... Ah, ça, c'est con, là.

J'ai tournĂ© ça aux Îles de la Madeleine, mais tout ce qui me reste, c'Ă©tait un plan

large de l'ßle d'entrée pis un plan de ce cheval de dos.

Je sais pas pourquoi, mais j'ai effacé le reste.

Anyway, c'est pas grave.

Ça racontait l'histoire d'un cheval qui Ă©tait parti de l'Ăźle

d'entrée pis qui avait traversé à nage jusqu'à Cap-au-Meul.

Rien de controversé, mais assez original, je dirais.

On voulait commencer par vous dire un gros merci.

Fait que deux semaines plus tard, on s'est ramassé ici, les 15 finalistes.

C'était aujourd'hui qu'on allait connaßtre le nom des huit

qui partaient pis oublier celui des sept qui restaient.

Pis ce qui est drÎle, c'est qu'à mon souvenir, tout le monde était pas mal

souriant, comme si tout le monde pensait qu'elle allait partir.

Pis pour ça, vous avez raison d'ĂȘtre fiers.

Bravo!

Applaudissements Durant les deux derniĂšres semaines, on vous a vu aller.

On a vu comment vous étiez passionnés.

Pis, sincĂšrement, moi, j'ai juste envie de vous dire un gros je vous aime.

Rires Dans mon coeur, vous ĂȘtes tous capables de faire la course.

Ça, ça fait pas de doute.

Vous ĂȘtes tous bons.

Applaudissements Alors, sur ce, c'est Ă  moi que revient l'honneur et Ă  la

fois la tĂąche ingrate de faire l'annonce des Scorfido

et ainsi dire les participants de la course 94-95.

Alors, sans plus tarder, en premiĂšre place, avec un total de 83 points,

Ricardo Trojille.

J'ai figé.

Je sais pas pourquoi, là, je suis resté bien calme, mais j'entendais plus rien.

Pis bien honnĂȘtement, lĂ , finir premier, c'Ă©tait bien le fun, mais jamais comme

réaliser qu'enfin, on me donnait ma chance.

Je pensais juste Ă  une affaire, lĂ .

Mon ancienne vie était terminée.

Adios!

AprĂšs 24 ans de questionnements sur ce que j'allais faire dans la vie, de job plate,

de dĂ©tour inutile, d'anonymat, d'envie d'ĂȘtre quelqu'un d'autre,

de gamir pour m'en sortir, tout ça était enfin fini.

J'étais enfin sur mon X.

Et finalement, avec 66 points, François Parenteau.

Parenteau a tellement crié fort que je me suis dit que le vrai tril dans une

sĂ©lection de mĂȘme, c'est pas de finir premier, c'est de finir huitiĂšme,

parce que neuviĂšme, c'est la fin du monde.

Alors, en neuviĂšme position...

Éric TĂ©lande... Fait que c'est ça.

Deux, trois photos plus tard, je faisais officiellement

mon entrée dans la grande famille artistique québécoise.

Quand je suis sorti de Radio-Canada, j'étais craqué, salide.

Bon, je sais pas si c'est parce que j 'avais pris pas mal de vins mousseux, mais.

..

Mais j'ai pas pu m'empĂȘcher de penser Ă  eux autres.

Eux autres.

Ah, j'y revoyais toutes, lĂ .

Toutes ceux qui allaient rester bĂȘtes en crise de me voir apparaĂźtre Ă  TV.

Toutes ceux, lĂ , qui m'avaient empĂȘchĂ©s d 'avancer dans la vie.

Les frĂšres lavardiĂšres qui, en 76, m'avaient attendus

aprÚs l'école pour scraper mon bicyc, flambant neuf.

Lui, Jasmine, mon prof dent plastique de secondaire 3, qui me crissait dehors du

cours une fois par mois parce que je faisais trop de jokes.

Monsieur Dupuy, le coach de Bantam 2B qui m'avait descendu dans

le B pour faire une place Ă  son fils, le petit Chris de Danny.

Le gérant du restaurant Teuf, qui m'avait clairé aprÚs juste un chiffre parce que,

supposĂ©ment, j'avais pas ce que ça prenait pour ĂȘtre un ostie de busboy.

La directrice du programme de communication de l'UQAM

qui m'avait refusé je sais plus combien de fois.

Pis l'autre, son chum, le ministre de l 'Éducation qui

chargeait ben trop cher d 'intĂ©resse sur mon prĂȘt Ah!

Pis un coup parti.

Pourquoi pas lui aussi?

Elle fut rĂŽde des oraliers.

Parce que j'ai jamais compris un Chris de mots de ce qu'il racontait.

Mais le plus drÎle là-dedans, c'est que cette gang-là, c 'était pas si grave que ça.

Oh non!

Y'en avait une gang Ă  qui j'en voulais encore ben plus.

Pis j'avais quasiment les oubliés.

Eux autres.

Oui, eux autres.

Toutes ces filles-lĂ  qui avaient jamais rien voulu savoir de moi.

Anne, Nadine, Stephanie, Pascal, Sarah, GeneviĂšve,

la Brune, GeneviĂšve, la Foquet, Chati, pis toi.

Oh, ma promise, ma belle Marie-Eve Bernard.

Comment ça que tu t'es jamais aperçue que j'étais l'homme de ta vie, Simonac?

J'aurais pu te marier, toi.

Ben non!

À la place, ma passĂ©e Ă  TV, pis mon poignĂ©e des filles en tabarnache.

Parce que c'est ça qui arrive quand on est pas ce map avec moi.

Prodigy for president!

Hey, trottin!

Hey!

Hey, on se rejoigne-tu quelque part nous deux pour le jour de l'an?

Ben oui.

Oh oui, mais oĂč?

Oh, je sais pas n'importe oĂč.

On s'organisera nos itinéraires, là.

Tu viens me rejoindre, je viens te rejoindre, ça me dérange pas.

Mais ça serait le fun, me semble.

Ben oui.

Ben oui, ça serait le fun.

Je suis content qu'on ait accepté tous les deux.

Je sais pas pourquoi, lĂ , mais on dirait que toi pis moi on est des vieux chums.

Trouve pas?

Ben oui.

Ben oui.

Ça clique.

Ok.

Ciao!

Ciao!

Parento.

Parento, là, c'était la quatriÚme fois qu 'il s'essayait pour la course.

Jour de l'an!

Tout pis moi se prennent bien, mon chum.

Trois fois on l'avait refusé, pis lui, c'était

quand mĂȘme prĂ©sentĂ© une quatriĂšme fois.

Pis lĂ , paf!

Ah, j'aimais sa confiance, je pense.

Sa détermination.

Ce gars-lĂ  m'inspirait.

Ben oui, oĂč lui?

Il est oĂč, il regarde oĂč?

Ben, je sais pas, moi.

Mais vous le cherchez?

C'est Gondot, lĂ !

Gondot, lĂ !

Ben, c'est sûr que j'aurais aimé ça que tu sois là, Chantal.

Ben, pas mal toute la famille, je te dirais.

Mais toi, tu... tu faisais quoi aujourd'hui?

Tu quoi?

Du scrapbooking?

Ok.

Chantal, je te rappelle, ok?

Ok, bye!

Merci.

Oui, j'y allais.

Attends.

Qu'est-ce qu'il y a?

Qu'est-ce qu'il y a?

Ça va?

Ben oui.

Je savais pas que tu voulais faire l 'artiste.

Ben là, tu le sais que j'aime ça, le cinéma.

Mais tout le monde aime le cinéma.

Ouais, mais moi, j'ai un peu étudié là -dedans aussi.

C'est con.

Je pensais que ce serait ta sƓur qui faisait l'artiste.

Elle?

Elle a toujours été rebelle.

Elle foutait rien à l'école et fait jamais ce qu'on lui demande.

Elle aime pas l'autorité.

Elle a une rage en elle, tu sais, comme les grands artistes, tu vois?

Ouais, mais un travail au provigo.

C'est difficile d'ĂȘtre un artiste.

C'est pas donné à tout le monde.

Ben, toi, tu le fais?

Je suis pas un artiste.

Ben, t'es... t'es musicien?

Marqué musicien.

Ça fait 30 ans que je rĂ©pĂšte le mĂȘme morceau.

Mais t'as vu, on habite.

Ben, c'est pas une vie de rĂȘve, ça.

Chris, t'es pas super encourageant?

Je veux juste que tu sois pas déçu.

Ben, je peux au moins essayer.

Mais oui, tu peux essayer.

Mais promis-moi.

Si ça fonctionne pas, tu t'acharnes pas.

Bon, tu vas d'oĂč?

Ah, ben, France, Hollande, Belgique, Portugal, Italie, Turquie, Égypte,

Tunisie, Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Népal, Thaïlande, Chine, Japon.

Ok!

Génial!

Ah oui, non, je me promĂšne.

Et pendant ce temps, qui va payer ta voiture?

T'as pas pensé à ça, l'artiste?

Ta voiture, l'assurance, ou ce bordel?

Comment tu vas faire pour payer ça quand t 'es au bout du monde?

Ben, justement, lĂ , je me disais que ça pourrait ĂȘtre toi.

Ok.

Tu t'acharnes pas.

J'Ă©tais content de partir, c'est sĂ»r, mais bon, en mĂȘme temps, j'avais un genre

de culpabilité.

J'allais bientÎt me ramasser à TV alors que lui, il avait joué de l'accordéon

toute sa vie, puis comment dire?

Je savais pas si il était vraiment heureux de son sort.

J'imagine que oui, mais en mĂȘme temps, plus

jeune, il avait dĂ©jĂ  rĂȘvĂ© Ă  plus grand, j'pense.

J'ai dit ça parce que quelque part dans le garage, il y avait un vieux 33 tours que

mon pĂšre avait enregistrĂ© en 1966, Ă  peu prĂšs au mĂȘme Ăąge que moi.

Ça s'appelait Trio Adduro Vol.

1.

Puis ben, il a jamais eu de Vol.

2.

Sur 459 candidatures, aprÚs 3 films de sélection et 6 semaines de préparatifs,

voici François Parenteau, Hugo Latulipe, Brunil de Pradier, Robert Victor,

Emmanuel Maurice, Etienne Leblanc, François Prévot et Ricardo Trojy,

8 globetrotters qui vous invitent à les suivre à la découverte du monde.

Bonsoir Ă  tous.

Soyez les bienvenus à cette premiÚre de la course qui vous est présentée encore une

fois cette année en direct de nos studios de Montréal.

Alors, voilà, nos candidats sont partis déjà depuis quelques semaines.

On verra dans quelques instants les premiers reportages de chacun d'entre eux,

juste le temps de vous présenter nos juges pour l'émission de ce soir.

Alors, il s'agit de Michel Coulombe, directeur de rendez-vous du cinéma québécois.

Ça va commencer, viens, Binto!

Tiens, Nadia, appelle ma tante Alphonsine.

J'ai recadouille de la soirée.

Pourquoi tu ne l'appelles pas, toi?

Je ne la connais pas, moi.

Ma tante Alphonsine a marié le frÚre de ton pÚre.

Nadia, c'est pas grave si tu ne la connais pas.

Il est quelle heure lĂ -bas?

Ils savent qu'on va téléphoner.

Je vais appeler pendant le film Ă  Ricardo.

On ne sait pas ce que ça va ĂȘtre.

Ça peut commencer par Ricardo.

Pourquoi on ne l'enregistre pas?

Nadia, calisse!

Ton frÚre m'a demandé de faire ça demain.

Oui, il appelle.

Binto!

Oui, oui.

C'est Hugo Latulipe qui nous présente le premier document cette année.

Hugo qui voudrait bien retrouver les traces de Tintin

et qui voulait absolument faire un film sur le grunge.

Alors, il s'est rendu Ă  Seattle.

Binto, Chris!

C'est pas Ricardo, ça.

Fais écouter tout le programme pour comprendre mes points.

Tu m'appelleras quand c'est lui.

Laisse faire!

Oui, bonjour, c'est Nadia, la soeur de Ricardo.

Bonjour, c'est Nadia, la soeur de Ricardo.

Ricardo, serait-il lĂ ?

Oui?

Oui, oui, je sais.

C'est lui lĂ .

Ah oui, Nadia, rappelle, rappelle!

Ça fait deux fois que je rappelle.

Il est pas là cette année.

Je parle Ă  Tintin-Alphonsine, je la connais pas.

Oui, allĂŽ?

Tintin-Alphonsine, c'est toi, lĂ ?

OK, je veux vous entendre.

Oui, oui!

Ricardo s'est d'abord rendu Ă  Amsterdam, la capitale du pays, oĂč il a fait la

rencontre d'un personnage assez particulier.

Et c'est ici à Amsterdam que j'ai rencontré un homme merveilleux qui est par

pied et qui fait son travail, et qu'on dirige de façon formidable.

Il s'appelle Pascualé.

Hein, Pascualé?

OK, donc voici un film sur Pascualé.

...dont les noms ne sont impossibles Ă  prononcer, il existe un petit endroit oĂč

tous les hommes acceptent volontiers de troquer la traditionnelle coiffeuse Ă 

poitrine parfumée en faveur d'un petit bout d'Italie Chauve de 59 ans.

...

...

... Ici, on est traités comme un roi.

Qu'on soit président directeur de la Bromding Company, qu'on

ait simplement pas les moyens de se dériller des cheveux.

Ce n'est pas pour les cheveux qui viennent tous ici, mais pour la thérapie.

Une thérapie quelquefois douteuse qui vise à exterminer vos angoisses.

Et combien ça coûte ce Pascualisé?

Eh bien, c'est simple.

Vous ĂȘtes amplement Ă  l'aise, et ça, habituellement, il le devine.

Vous devrez laisser un chĂšque en blanc qui le remplira lui-mĂȘme.

Cet élan de confiance peut vous coûter entre 80 et 300 $.

Or, si vous avez la chance d'ĂȘtre pauvre, ce sera gĂ©nĂ©ralement gratuit.

Eh oui, aprÚs Robin des Bois et Robin la Fusée, voici Robin des Ciseaux.

Un petit barbier, mais un grand homme.

Et 300 $ pour une coupe de cheveux.

Jean-Michel?

Ben, moi, j'ai trouvé ça excellent.

Ricardo a rencontré Figaro.

Il habite Ă  Amsterdam.

C'est trĂšs sympathique.

J'ai beaucoup aimé le rapport qu'il fait entre la coiffure, la thérapie,

l'Ăąme, les cheveux.

Et le barbier, qui est aussi sculpteur, enlevé peu pour rajouter beaucoup.

J'ai beaucoup aimé.

18.

Super.

Michel, maintenant.

Pascualé, Pascualise et Ricardo, Ricardise?

Et c'est trĂšs bien.

On l'a vu, la carte maĂźtresse de Ricardo, c'est l'humour.

Il a trouvé un personnage à sa mesure pour débuter.

Et son film commence d'ailleurs, mais vraiment trĂšs, trĂšs fort.

Il lui reste enfin à avoir la caméra aussi souple que son sujet l'exigerait.

On a vu parfois qu'on est un peu à cÎté et à mesurer ses effets.

Mais tout de mĂȘme, je ne boude pas mon plaisir.

18 pour Michel.

Louise?

Ricardo présente un illustre inconnu dont il fait un portrait savoureux.

Son sens de la scénarisation, aussi.

Il a des images délicieuses.

Un petit problĂšme de cadrage durant l 'entrevue,

mais aussi une musique qui est fort bien choisie.

C'est trĂšs sympathique.

Je lui donne 17.

Oh!

C'est bon ça.

HĂ©!

52 pour Pascualé!

Bravo, frérot!

T'as entendu ça, Pascualé?

Cris, ils ont aimé ça?

Ils t'avent-tu vraiment sacré une claque au début?

Regardes-en!

T'as eu 53!

Bien oui, je sais, j'ai entendu.

T'as deux émotions, les juges!

C 'est une tripe superbe!

Attends, c'est juste le premier film?

Les autres se plantent.

À part l'autre, comment il s'appelle?

Je sais pas.

Parenteau, c'est ça, c'est Parenteau.

Lui, c'était bon.

C'est un film sur le baseball.

T 'as la premiĂšre position.

Pareil, es-tu lĂ ?

Oui!

Attends un peu.

Mais non!

Il est parti travailler.

Y a-tu vu le film?

Bien oui!

Pis tu aimais ça?

Bien oui!

Pis, ça va ĂȘtre quoi, ton prochain film?

AllĂŽ Chantal, comment vas-tu?

Moi, je vais bien.

J'espÚre que t'as reçu mes derniÚres cartes.

Ma course va assez bien.

Aux derniÚres nouvelles, j'étais en 4e position.

Mais bon, mes retards m'aident pas beaucoup.

Comme le chante si bien Aerosmith, I'm living on the edge!

Je suis présentement en Turquie, dans un endroit... comment dire?

Si le rocher percé est une femme, j'ai trouvé son match.

Ha!

Ha!

Ha!

Je pense souvent Ă  toi et surtout, j'essaie

encore de comprendre ce que tu voulais dire par...

Troutchum blonde.

Alors, je vous explique, Ricardo devait nous faire parvenir son film depuis la

ville de Kayseri, au centre de la Turquie, lĂ  oĂč il devait se rendre.

Mais pour une raison que lui-mĂȘme arrive trĂšs mal Ă  s'expliquer, une fois arrivĂ© Ă 

Istanbul, il est monté dans le mauvais avion, qui s'est retrouvé à Chypre.

Alors, ne vous inquiĂ©tez pas, il est prĂ©sentement en direction de l'Égypte,

oĂč il doit faire son prochain film.

On aura des nouvelles de sa part la semaine prochaine, si bien sûr,

cette fois, il prend le bon avion.

...

... ... ...

...

...

...

...

... ... Business trip.

HĂ©, Boy!

HĂ©, ça faisait quand mĂȘme une couple de fois

que j'entendais cette réponse-là, Business trip.

Je n'en ai pas demandé davantage, Dany Weis, s'il

c'est toujours fou ce que ces gars-lĂ  te racontent.

Tu ne sais jamais si ils vendent des armes ou des sauts.

Tu sais jamais si ils vendent des armes ou des sauts.

Dis -moi, euh... Small films.

On prend des animaux avec des films petits.

Non, mais je n'ai pas d'argent.

Je cherche un bon sujet.

Donc, si vous avez des idées pour mon film...

Je pense que j'ai une trÚs bonne idée pour votre film.

Vraiment ?

Oh oui.

Oh oui, c'est trĂšs bien.

Pas vraiment, je sais que c'est de l 'argent,

mais j'ai eu ça comme cadeau de mon amie.

Ok, ok.

Elle vit en Cairo.

Ok.

Je veux la marier, tu sais.

Ok.

Mais elle est trĂšs difficile.

TrĂšs difficile, Ricardo.

Ouais, ben, on s'entend que n'importe qui aurait

bien vu que ce gars-lĂ  avait une vis de slack, hein.

Ben, pas moi.

Alors, on part un taxi ?

Non, taxi.

J'ai ma voiture.

C'est pas trop loin.

Bon, je le sais bien, jus de l'extérieur, ça peut sembler

un peu épais d'embarquer dans ce char-là avec ce gars-là.

Mais le fait que je l'aie rencontré dans un avion, ben,

on dirait que ça me donnait un genre de confiance, là.

Je sais pas si vous pouvez comprendre.

Mon calcul, les malfaiteurs, ça se promÚne pas en avion.

Ils peuvent pas, ils ont des casiers judiciaires.

Clear.

Pis anyway, si ce gars-là avait une idée pour

mon film, ben, c'est tout ce qui comptait.

Pis gars, là, ça me dérangeait pas de laver des vites de char.

J'avais déjà été pompé, c'est pas de honte là-dedans.

Ok, good.

Ça prenait de l'ouverture pour voyager comme je le faisais.

Le monde est pas partout pareil sur la planĂšte.

Comme Eunice, lui, là, ben, Eunice, ben, c'est ça, tu sais, il faisait pas

comme on faisait au parking à l'aéroport à Québec.

Il était différent, c'est tout.

Comme moi, là, j'ai compris assez vite que Eunice, ben, il aimait pas ça vraiment,

payer le parking.

Fait que, ben, pour ça, on fallait juste rouler ensemble, c'est le contraire, là.

In -ter-way, in-ter-way... In-ter-way.

In-ter-way, in-ter-way... Stop!

Knock, man!

Ouais, me semble que j'avais l'air moins nerveux que ça, là, mais, ben en tout cas,

Eunice, il était pas fou.

On avait juste pris une coupe de drink dans l'avion.

Ok, I see you soon!

Ok, and for my film, Vous m'avez dit que vous aviez une idée avant ?

Oui, oui, oui.

Je vous le dirai demain.

Ok, donc vous venez ici demain ?

Oui.

Pas de soucis.

Ok, Ă  quelle heure ?

La meilleure heure !

Bonjour.

Bonjour.

J'ai besoin d'une chambre.

Prends.

Tu restes ici.

Et la chambre, est-elle grande ou petite ?

C'est la suite de nuptial.

Vous verrez.

C'est trĂšs, trĂšs joli.

C'est la folle.

Hey !

Ça faisait quand mĂȘme trois mois que je croisais des coquerelles Ă  peu prĂšs

partout oĂč je dormais, faque au lieu de se rester avec ça, je m'Ă©tais Ă©quipĂ© un peu

comme si je faisais du camping Ă  chaque soir.

AllĂŽ ?

AllĂŽ, Vicky ?

AllÎ, François ?

Ah non, c'est Ricardo.

Ah, excuse-moi, Ricardo.

AllĂŽ ?

T'es oĂč, toi, lĂ , lĂ  ?

Le showcar, je viens d'arriver.

Écoute, Vicky, tu m'avais laissĂ© deux contacts ici, hein.

Un, Simon La Tendresse, puis l'autre, Hamed Fiki, hein.

C'est ça ?

Non, en fait, Simon, puis lĂ , il est juste Hamed Machin.

Ok, ok, puis c'est qui, lui ?

Ben lĂ , Ricardo, je le connais pas personnellement, mais

c'est écrit ici qu 'il est journaliste pour le HALR.

Il est journaliste.

Bon, ok.

LĂ , Ricardo, avec ton histoire de chiffre, t 'as pris beaucoup de retard, hein.

Va falloir que tu nous envoies ton prochain film rapidement.

Oui, oui, oui, je sais, mais justement, j'ai croisé un gars

sur l'avion qui a peut -ĂȘtre quelque chose pour moi, lĂ .

Ok.

Quoi, Monique ?

Ok, ouais, je lui demande.

Ricardo, t'as-tu commencé à prendre ta Miflokin ?

Il y a la malaria en Egypte, c'est écrit dans votre guide quelque part.

Mifle... Non, ben, je... Ok, mais je vais l'apprendre.

La formule chimique de la Miflokin, c'était ça.

C17H6F6N2O.

MĂȘme si j'avais coulĂ© ma chimie T5, j'Ă©tais quand mĂȘme capable de dĂ©duire que

ça avait l'air pas pire fort, cette affaire-là.

En mĂȘme temps, la formule de la porte Ă  dents, c'Ă©tait C12H7CL3FNA02.

Fait que je sais pas trop de quoi je parle.

Chers téléspectateurs, c'est avec beaucoup de tristesse qu'on doit vous annoncer la

disqualification du concurrent Ricardo Trudgy.

Je vous explique, le département d'éthique de l'émission a intercepté une carte

postale dans laquelle Ricardo exprimait sans

équivoque son appréciation du groupe rock Aerosmith.

Euh, oui ?

AllĂŽ, Ricardo ?

Euh, oui, qui est-ce ?

Eunice !

Eunice, euh... yeah, what time is it ?

Ah, it's the best time.

Bring your camera for your film.

I wait for you downstairs.

Oh, yeah, OK, OK.

Give me one minute.

Ma course, c'est comme ça que je la faisais.

J'avançais au fil des rencontres, pis jusqu'à maintenant, ça m'avait plutÎt souri.

Une bonne idée de film, là, ça se trouvait sur le terrain, pas dans le Lonely Planet

ou National Geographic, qui souvent présentaient des

sujets trop larges pour un film de quatre minutes.

Non, moi, ce que je cherchais, c'était des trucs inédits, originaux, surprenants.

Ces histoires-là, ben, ils étaient souvent juste à cÎté de nous.

T'allais juste savoir les reconnaĂźtre quand elles passaient.

Hey !

You have your camera ?

Euh, yeah, yeah.

OK.

Who will see your movie ?

Euh, well, people in Canada.

No people in Egypt ?

Euh, in Egypt, yeah, well, some people.

Some people in Egypt ?

Yeah, I think, yeah.

You think ?

Well, yeah, no, I'm sure.

No ?

Or yes ?

No, no, yes, I'm sure.

Yes, yeah.

Some people in Egypt on the TV.

Yeah, on the TV.

OK.

All right.

Let's go.

OK.

OK.

Now I'm going to show you my girlfriend.

She doesn't live too far.

Your girlfriend ?

Yes, I told you yesterday.

OK, and that's your idea for my film.

Yes.

What ?

No, it's just... Your girlfriend, does she have something special ?

Because I need something to make a film.

You know, a reason at least.

Oh, reasons.

Oh, I have reasons, you'll see.

People love love stories.

Especially love stories with vengeance.

OK.

Bon, je veux bien l'ouverture sur le monde pis tout lĂ ,

mais sérieux, il commence à me foutre la trouille, lui.

OK, so where are we going ?

Not too far, don't worry.

OK.

Film me.

Yeah, OK.

Just before, just tell me a bit more about what you have in mind, OK ?

Because I can't make a film about anything.

I just have 20 minutes on the tape, so... Don't worry.

Just film me, OK ?

Yeah, OK.

And what did you mean when you said vengeance ?

Eunice.

Nothing.

Don't worry.

Just you film me, OK ?

Please.

OK.

OK, I go ?

Yeah, you go.

OK, cut it, cut it.

What ?

Can you speak in English, please ?

Because the people in Canada, they don't speak English.

I don't speak Arabic.

I don't care.

I cannot talk to my girlfriend in English.

It's not natural.

It's just I'm not making the film only for your girlfriend.

I'm making it for people in Canada.

But you told me that the film will be on TV here.

Yeah.

People here, they speak Arabic.

OK, OK, I see.

OK, well, I will put Arabic subtitles.

How will you do that ?

Well, it's not me, it's not me.

It's the people in Canada, the TV people.

OK, fuck it, I talk in English.

Do you understand English ?

I go ?

Yeah, you go.

Salima, my love, look.

Look.

I still have it around my neck.

Every day.

Every day I have it.

Remember what you said to me.

Remember, you said to me it's forever.

So now I come to take you back.

I know where you live.

Your brother, I don't care about your brother.

Your brother, I shit on your brother.

I will kill him.

OK, OK, cut it, cut it.

Well, what's wrong ?

I mean, you want to kill the brother ?

The brother does not want me to be with Salima.

Yeah, but I mean, to kill, it's a lot.

The father is dead.

The brother is now the man of the house.

You understand ?

But I don't kill.

It's just... I want to show Salima that I will do anything.

Ricardo, Ricardo.

Do I look like a killer to you ?

Come on.

No.

No.

No.

No.

No.

No, you don't.

No.

You don't look like a killer.

OK.

OK.

Now we go see Salima.

Yes, we go see Salima.

Good.

Smile a little bit.

It's OK.

We're making a movie.

This is fun.

So,

what are we doing exactly ?

Yeah, but where does she live ?

What building ?

Somewhere around here.

Yeah, but where ?

I don't know.

Stop, stop, stop, stop.

The brother will not be a killer.

Salima !

Open your window.

What ?

No, no, no.

Open your window.

Come on, come on.

Open your window !

Salima !

Help me.

Say Salima !

Say Salima !

Salima !

Salima !

Yes, go more !

Salima !

Si jamais vous vous demandez ce qui vient de se passer,

dites vous que je me suis demandĂ© la mĂȘme affaire.

Aucune idée.

Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il me restait 3 jours pour envoyer mon film.

Pis lĂ , j'avais rien de bon encore.

Hello.

Hi.

Écoutez, la prochaine fois que quelqu'un arrive dans le matin pour moi,

Riccardo Trudy, une petite chambre, s'il vous plaĂźt, dites-le moi, d'accord ?

Oui, pas de problĂšme.

Ok, merci.

Oh, bonjour.

Bonjour.

Le bleu est fini.

Oh oui, oui, bien sûr.

Désolé, monsieur, je peux prendre ça ?

Oui, pas de problĂšme.

Riccardo.

Ahmed.

Ahmed, enchanté.

Ahmed.

Non, Ahmed.

Ahmed.

Bon, c'est presque ça.

On va dire que c'est bon.

Bon, ben, enchantĂ© quand mĂȘme.

Enchanté.

Est-ce que je peux t'offrir quelque chose ?

Non, merci, ça va.

Je suis un peu pressé.

Le président Mubarak revient de Paris cette semaine.

Je dois retourner au journal.

On a un truc urgent à régler, du coup.

Je dois faire vite, mais tiens, je t'ai amené ça.

Tu cherches un sujet de film ?

Qui ?

C'est un train ?

Oui.

Regarde sur le toit.

Je vois pas trop, lĂ .

Oui, bon, la photocopie est un peu merdeuse.

Ce sont des enfants, tu vois.

Ah oui ?

Ok.

Ces enfants voyaient sur le toit des trains clandestinement.

Ils font le trajet de Caire Ă  Alexandrie.

Sur le toit des trains.

T'imagines le délire ?

Tu trouves pas ça intéressant ?

J'ai lu ça tout à l'heure.

Ah non.

Non, non, je peux pas faire un film comme ça ici.

Pourquoi ?

CNN, ils sont essayés de faire un reportage là-dessus le mois dernier.

Et tous les égétiens qui ont participé ont été mis en prison.

Ah oui ?

Ok.

C'est dangereux.

Le gouvernement ne veut pas qu'on parle de ça ici.

Tu vas te faire arrĂȘter, c'est sĂ»r.

Ils vont pas te laisser faire.

Mais qui ça, ils vont pas te laisser faire ?

La police, les gens, le gouvernement.

Enfin, personne voudra faire ça devant toi et ta caméra.

Les cadeaux écoutent.

Tu es beaucoup mieux avec les enfants du train.

Crois-moi.

En plus, les enfants du train, je peux t'aider.

Mais l'excision, je peux pas.

Tu comprends ?

Je peux pas.

Ok.

Ben, merci.

Avec plaisir.

Dis, la télé canadienne m'avait envoyé le dossier

de tes concurrents de ton émission de télé.

J'ai lu le tien avant de venir.

Ah oui ?

Oui.

J'ai jamais pu empĂȘcher les hommes de tuer leurs enfants.

Je trouve ça trÚs bon.

Allez, ciao, habibi.

Ciao.

En fait, en temps normal, j'aurais sauté là-dessus sans me poser de question.

Les enfants sur le toit des trains, c'est super beau puis sûrement touchant.

C'est une trÚs bonne idée, mais bon...

L'excision, ça c'était une crise de mauvaise idée.

Pis fallait le dire.

AllĂŽ Chantal, je sais pas comment tu vas, mais moi, assez moyen, je dirais.

Je me sens seul comme rarement ça m'est arrivé.

J'aimerais ça que tu sois ici.

Ce serait moins dur, je pense.

CÎté films, j'ai plus vraiment envie de faire des trucs amusants.

J'ai le goût de faire des films qui changent quelque chose.

Je m'ennuie de toi.

Je t'embrasse.

PS, je pense savoir maintenant ce que trop chumblon veut dire.

Probablement qu'on se voyait trop souvent, que j'étais trop intense.

Si c'est le cas, je suis désolé.

Ricardo.

Yes?

Ricardo!

Ah, Ahmed.

Yallah, I wait for you.

Come downstairs.

Oh, Eunice.

Yes, it's me.

Come, quick.

No, no, no, no.

Ok, listen, Eunice, you have to understand, ok?

I can't make a film about you and your girlfriend.

It's not a good subject, ok?

You understand?

Yes, I understand.

Come down.

I have a better idea.

Hostie... Ah, pis si jamais y'a vraiment une bonne idée ce coup-là.

Hostie que j'aurais dû rester couché.

Sir, I asked you yesterday if anyone comes here in the morning like anyone,

please don't wake me up, ok?

I'm not there.

Yes, no problem.

Yeah, yeah, no problem.

Yes, yes, no problem.

D'écrire un moment d'inspiration, c'est pas facile.

Si vous avez vu le film Back to the Future, vous vous rappelez sans doute que

le personnage de Doc avait eu la vision du

convecteur temporel aprĂšs s'ĂȘtre connu Ă  la tĂȘte.

Ou signez-le que ça.

Ben moi, j'ai eu la vision de mon film sur l'excision

en regardant la femme de mon Ăąge faire mon lit.

Paf!

J'ai tout vu le film en une seconde.

Puis moi, vous le direz direct, j'avais feeling de cheddar.

Une vidéo clip sur l'excision dans ce dessert.

Mais ce que je vois, c'est que pendant qu 'elle danse, elle tiendrait une espĂšce de

voile rouge comme ça, puis elle tiendrait,

puis elle ferait un peu de danser dans le vent.

Je sais pas trop.

Mais moi, avec la narration, j'explique mon truc.

Je parle d'excision pendant que la fille, elle danse dans le désert.

Fait que tout ce que j'ai besoin, c'est d'une danseuse.

Fait que toi, penses-tu que tu peux me trouver une danseuse?

Oui, mais je t'ai dĂ©jĂ  dit, ils se sont fait arrĂȘter ceux qui ont parlĂ© d 'excision.

Non, non, je sais, mais lĂ , on trouve pas une excision.

Justement, on filme une fille qui danse dans le désert.

On se fera pas arrĂȘter parce qu'on filme une danseuse.

Mais tu veux faire quoi avec la fille?

Elle doit dire quoi?

Elle, rien.

Elle dit rien.

Elle fait seulement danser.

L'info que tu vas rajouter.

Tu vas dire quoi?

Moi, je parle d'excision.

Mais ça prend un témoignage.

Quelque chose qui implique les femmes d 'ici, alors?

Oui, non, mais tu viens de me dire que je pouvais pas...

Justement, Ricardo, je t'ai déjà dit, c'est trop compliqué.

Je devrais le faire ailleurs, ce film.

Ça sera moins compliquĂ©.

Non, non, non, je m'en fous d'ailleurs.

C'est ici que j'ai envie de parler de ça.

Quoi?

Quoi?

Quoi?

Je sais mĂȘme pas si j'arriverai Ă  trouver une fille qui acceptera de faire ça.

Tu connais aucune danseuse.

Je connais peut-ĂȘtre une comĂ©dienne qui accepterait de faire ça.

Mais on doit absolument pas lui dire que c 'est pour l'excision.

OK, OK, c'est parfait.

On parle pas d'excision.

Non, c'est tout.

C'est parfait, on n'en parle pas.

Allez.

Regarde.

Regarde, tac.

Hop lĂ .

C'est quoi ça?

Ça, c'est ce qu'on fait ici lorsqu'on est heureux

ou quand deux copains se mettent dans la merde.

La course?

Vicky?

AllĂŽ, Etienne?

Non, c'est Ricardo.

Ah ben oui, excuse-moi, Ricardo, il est de bonne heure encore ici.

Ça va?

Ouais, Vic, peux-tu vérifier une toune pour moi, s'il vous plaßt?

J'aurais besoin des droits pour mon prochain film.

Ouais, vas-y, c'est quoi le titre?

Ok.

Quoi?

Non, non, non.

Avec un Y pour L.

AprĂšs?

Encore Y?

Si tu me niaises.

Non, non, non.

Ok.

Euh...

Ok, attends, attends.

Je te dis comment je l'écris, ok?

Y, A, L, I, L, I, Y, A, U, N, I?

Yes!

C'est parfait, ça.

Bon!

Mais c'est quoi le sujet de ton prochain film, dis -moi, lĂ , donc?

Ben, tout ce que je peux te dire, c'est que ça va ĂȘtre mon meilleur.

Ah, dis-le moi!

Bye!

Ok, j'avais un bon sujet, j'avais la bonne

musique, les affaires commençaient à bien aller.

Et maintenant, chers téléspectateurs, c 'est une mauvaise nouvelle, cette

semaine qui nous parvient d'Égypte, oĂč, vous

le savez, Riccardo Troggi se trouve depuis peu.

Riccardo a été mis en état d'arrestation par les autorités locales, alors qu'il

était en plein tournage d'un film sur l 'excision.

Oh mon Dieu!

Riccardo!

Riccardo, c'est moi, Eunice!

Quoi?

Quoi?

Tu viens?

Nous allons faire le film de ma copine.

Eunice, écoute, ok?

Il y a quelque chose de tout ça que je ne comprends pas, ok?

Je ne sais pas ce que c'est, et je ne veux pas ĂȘtre rude, mais ça doit arrĂȘter,

je ne peux pas aller chaque matin avec toi et faire de la merde.

Ok, ok, je vais te dire la vérité.

Salima n'est plus ma copine.

Tu comprends?

Elle a abandonné toi?

Comment le sais-tu?

Un sentiment.

Je veux la reprendre.

Eunice, je ne peux pas aller avec toi, ok?

Tu dois aller par toi-mĂȘme.

Je ne sais pas quoi dire.

Peut-ĂȘtre que tu dois lui donner un peu de space, tu sais?

Space?

Oui, oui, space.

Je ne sais pas.

Tu as l'air trĂšs intense, tu sais?

Je ne sais pas.

Peut-ĂȘtre que ton relation est un peu trop boyfriend et girlfriend.

Qu'est-ce que tu veux dire, trop boyfriend et girlfriend?

Juste trop, tu sais?

Trop quoi?

Trop boyfriend et girlfriend.

Je ne sais pas ce que tu parles.

Trop boyfriend et girlfriend.

Ça n'a pas de sens.

Je ne sais pas ce que je parle, ok?

C'est juste que les filles, parfois, elles ont besoin de space, Carlis.

Elles ont besoin de relation, pour ne pas ĂȘtre trop boyfriend et girlfriend.

C 'est tout ce que je sais.

Peut-ĂȘtre que je...

Peut-ĂȘtre que je suis trop intense.

Oui, peut-ĂȘtre.

Peut-ĂȘtre que je suis trop boyfriend et girlfriend.

Oui, oui, peut-ĂȘtre.

Peut-ĂȘtre un peu, oui.

Désolé.

Désolé, Ricardo.

Je vais lui parler.

Je vais lui parler.

Et le frĂšre?

Je vais le gérer.

Il est seulement 13 ans.

Ben non, Carlis.

LĂ , c'est drĂŽle, parce que juste au moment oĂč je pensais m'ĂȘtre dĂ©barrassĂ© de Eunice,

puis pouvoir enfin faire mon film, ben, c 'était ça, là, s'étant fargé dans

le fil de mon chargeur à caméra, pis là, ben, devinez quoi!

Carlis!

Eunice!

Est-ce que ça va?

Non, non, non!

C'est pas ça!

Non!

Regarde, tu as brûlé ma caméra!

Je suis désolé.

Laisse-moi t'aider.

Non, non, non!

Ok?

Maintenant, tu vas!

Tu vas partir!

Oui, j'ai essayé de remplacer la lentille, mais oublie ça, là.

Oui?

Oui, mĂȘme dans le viseur, il n'y a plus rien qui apparaĂźt, lĂ .

Elle capote ben raide, lĂ .

Oui, c'est bon.

On a... une caméra à Paris pour ce genre de situation-là.

Ah oui?

À Paris?

Euh... Le coeur à Paris, ça, c'est un vol d'à peu prÚs 4 heures.

Euh... Ça devrait arriver cette nuit.

Sauf pour la récupérer demain matin à l 'aéroport du coeur.

Ok, c'est parfait.

C'est good.

...

Alors?

Comment tu la trouves?

...

Super.

... C 'est un grand comédien.

Ah oui?

Je lui ai dit que tu étais un grand réalisateur canadien.

Non, non, non.

Mais non, non, pourquoi ?

Allez, allez, viens, faut le parler.

Non, non, non, attends, mais moi, je dis quoi ?

Parce qu'on s'est dit, Yannick, tu clippes ton film sur la danse,

et puis c'est tout, elle part trÚs bien français.

Elle est allée au lycée français avec moi.

Allez, viens.

Et au Canada, tu fais quoi comme film ?

Du documentaire, surtout.

Ahmed m'a dit que tu faisais aussi des films d'art, c'est ça ?

Ah oui, il te dit ça ?

Les... oui, bien, les films d'art.

Oui, je fais ça.

Comme quoi ?

Comme quoi, les films d'art.

Ricardo, tu m'as fait parler de ton film.

J'ai jamais pu empĂȘcher les hommes de tuer leurs enfants.

Non ?

Ah oui.

Oui, Ricardo.

Oui, oui, peut-ĂȘtre.

Mais c'est pas mon meilleur, celle-lĂ .

J'en ai fait un autre derniĂšrement sur...

Ça faisait un bout que j'avais pas autant menti.

Sur les tasses.

Puis dans ce temps-là, bien, la premiÚre idée, c'est la meilleure.

Je sais pas pourquoi, mais la seule image qui m'est venue,

c'est ma mĂšre puis son hostil de collection de tasses.

Ici, t'avais celle-lĂ .

Ça, c'est ma tante Huguette qui avait rapportĂ© ça.

Elle est morte, ma tante Huguette, mais ça venait de Terre-Neuve.

Un moment donné, j'ai regardé et j'ai dit, bien non, c'est ses chouanets.

C'est ses chouanets, ça.

Et puis aprÚs ça, je me suis dit, comment elle est, une Terre-Neuve ?

Pourtant, je pensais que ça faisait de la poterie, mais pas en tout.

J'ai fait un film sur une vieille dame qui collectionnait les vieilles tasses de thé.

C'était des tasses, là, des tasses.

Surtout des vieilles tasses d'Angleterre.

Oui, de toute façon, on s'en fout des tasses, Ricardo.

Rania, tu avais des questions pour le film que Ricardo veut faire avec toi, non ?

Ahmed m'a touché un mot sur ce que tu voulais faire.

Et... et tu dois savoir que je suis pas une danseuse.

Je sais danser, mais... mais j'ai pas de formation, tu comprends ?

Oui, OK.

Non !

Non, c'est pas OK.

Rania, c'est OK.

C'est OK.

Attends.

Tu veux faire un film d'art sur la danse ?

Oui.

Oui.

C'est pas logique de pas prendre de vraie danseuse, non ?

Au fond, ce que je cherche, c'est pas vraiment une danse.

C'est davantage un mouvement, un mouvement du corps trĂšs simple.

C'est ça ?

Oui.

C'est vraiment pas des trucs compliqués.

Je veux juste que tu...

Je veux que tu t'exprimes avec ton corps sur une

musique que je te ferai entendre le jour mĂȘme.

Exactement.

En gros, ce que tu veux, c'est capter une émotion pure, c'est ça ?

Oui.

Oui, c'est ça.

OK.

Je comprends.

En fait, tu veux capter une émotion qui...

Comme... qui viendrait du... Comme on dit, du...

Oui, qui naĂźt devant moi.

NaĂźt devant toi, oui.

C'est ça.

Pas comme un mouvement pratiqué ou comme on répÚte une danse.

Non.

Oui.

OK.

Oui.

Oui.

C'est ça.

C'est pour ça que j'ai rien préparé.

Parce que moi, je veux qu'on explore.

Qu'on explore.

VoilĂ .

On explore.

Oui.

On explore.

Oui.

Ah, et... Et ton film...

Comment tu m'as dit qu'il s'appelait ?

J'ai jamais pu empĂȘcher les hommes de tuer les enfants.

De tuer leurs enfants.

Lors enfants.

Pardon.

Lors enfants.

Il parle de quoi ?

Mais c'est quoi cette histoire de tasse de thé ?

Ah non, mais c'est toi, couillon, lĂ , avec tes vibes en lard.

J 'ai jamais parlé de ça.

Toi, tu parles, tu parles.

Tu voulais une fille qui danse dans le désert.

Tu voulais que je dise quoi ?

C'est ma documentaire, ça.

TrÚs compliqué, cette fille-là.

C'est une actrice, tu sais.

Oui, mais elle a dit qu'elle avait plein d 'amis danseuses.

Pourquoi t'as insisté pour que ça soit elle ?

Pourquoi ?

Parce que je l'aime bien, voilĂ .

Ah, c'est ça !

Sir, message for you.

Thank you.

AllĂŽ, Ricardo ?

Voici l'endroit oĂč tu dois te rendre si tu veux rĂ©cupĂ©rer ta nouvelle camĂ©ra.

HĂ©, t'attends.

Vicky.

PS.

Là, on a reçu les films de tout le monde, manque juste le tien.

Merci.

Excuse me.

Listen, I told the man who works here many times

to not let anybody call me in the morning time.

If you can make sure that he gets the message.

Yes, no problem.

Yes, yes, that's exactly what he keeps telling me.

Yes, no problem, but I don't think he understands.

No, you don't understand.

Yes, no problem is his nickname.

Always answer, yes, no problem.

He doesn't speak English.

Ok.

Taxi ?

Taxi, yeah.

Hello.

Hi.

To the airport, please.

No luggage ?

No, no, no, I'm going to the cargo zone.

Ah, cargo.

I know cargo.

Ok.

Hello, sir, what is your name ?

No, no, it's ok, it's ok.

Wait.

No, I don't want to buy anything, thank you.

I don't sell nothing, sir.

I'm a guide, you need a guide.

No, a guide ?

No, no, no, thank you.

It's ok.

Me, I'm a good guide, you see.

Ok, but I don't want to buy anything.

I don't want to visit the building, it's ok.

Yes, but you will need a guide.

Ok, you're cute, but it's ok.

Sir, not this way.

This way.

Sir, the flight deck.

Hello.

Hello.

You have a package for me.

It's a camera.

This is my passport.

The name, Rika Montrogi.

And the package number is nine... Can I see your form, please ?

Yes, of course.

No, no, no, the form, I need the form.

Form, what form ?

The form for the customs.

I don't have that form.

No form, no package, no camera.

Ok, and where can I find this form ?

Look, you go to custom officer, other building, ok ?

Oh, hello.

Hello.

The flight deck people, they tell me I need a custom form.

What ?

The flight deck people, they tell me I need a custom form.

What form ?

The custom form.

To get my camera.

Because it's in the flight deck's office, and they tell me I need a custom form.

What kind of camera ?

VHS.

No, big or small.

For TV or tourist.

Ah, tourist.

Oh, tourist.

Ah, you need another form.

What other form ?

Tourist form.

Go to the police office.

To the police ?

Ok, where ?

This way, other building.

Mister.

No, no, no, it's ok.

Here.

Ok.

It's 15 Egyptian bound.

Oh yeah, I have to pay for this ?

Yes, of course.

You need the form, not me.

Ok.

Mister, mister.

No, no, no, it's ok.

Hello.

I have the tourist form.

What are you doing here ?

Well, it's because I have the tourist form.

Fill the form and give it to the transportation company.

Hey.

Ah, perfect.

Now I need the stamp.

Ok, so where can I get the stamps ?

You go somewhere, this way.

Outside, big building.

And I think...

You think ?

Look, I only work here for one week.

So be, be ok.

Ok, so you don't know where to get the stamps, but

you absolutely need the stamps to give me my camera ?

Yes.

Sorry, the stamps ?

Oh, this is...

Mister Rick, you ok ?

No, no, I need to find the stamps.

Ah, the stamps, yeah.

You want me to help you ?

No, no, just tell me where I can find the stamps and I'll be ok.

I understand, but me helping you is my job.

So, yes, I help you ?

Yeah, yeah, ok, you help me.

Ok, come.

Amir !

Wait, wait, wait.

Who is this man ?

Amir, the man who sells stamps.

Ok, and why is he there ?

No office, nothing ?

I know, that's why I told you you need a guard.

Now, give me five pounds and I'll buy the stamps.

Five pounds ?

Excellent.

Now, I just need the signature.

No, no, no, not your signature.

The signature from the costume officers.

Hello.

I need your signature.

Who told you that ?

The man from Phlydex.

He doesn't know what he's talking about.

Great !

Now what ?

No, I can do the signature.

No, no, no, no, if you're not the right person... You want someone else to sign ?

No, no, no, it's ok, no problem.

Now you need the stamp.

No, no, no, no, the stamps.

I have the stamps, look here, the stamps.

No, no, no, not the stamp like this, the horse stamp.

You know, the stamp like that.

Bam, on the paper, you see ?

Ok, ok, but...

Where can I get the... Bam, the stamps ?

Here.

Thirty Egyptian pounds.

Merci.

C'est pire qu'un asterix, c'est ça ?

Now you show this to the custom secretary.

The custom secretary.

I show you.

Hello.

You are the secretary ?

Yes, all secretaries.

Ok.

The woman, the custom officer, she told me to show you this.

Yes.

Ok, well...

I can have my camera now ?

Camera ?

It's electronics ?

Yes, electronics, I told the woman.

Please wait here.

Hello.

Hello.

To get back your camera, you have to pay fifteen hundred Egyptian pounds.

What ?

One thousand five hundred Egyptian pounds for gas stamps clearance.

No, no, no, that's a lot.

It's too much money.

This is a very expensive camera.

It's electronic.

Yeah, yeah, I know it's electronic.

It's my camera.

How do I know it's your camera ?

Maybe you're trying to sell the camera in Egypt.

If so, there is a tax to pay.

No, no, I'm not trying to sell my camera in Egypt.

It's mine.

How do I know that ?

Oh my God, this place is hell.

Listen, I have to be sure this is your camera.

And also I need a letter from your embassy saying you're not a journalist.

Sir, this is very complicated.

No, it's not.

You go to your embassy, have them made a letter for you saying this is your camera

and you're not a journalist.

And we give you back your camera.

It's very simple, my friend.

Okay, I think I will need to talk to your boss.

My boss.

No, I'm really sorry.

You need to have a letter from your embassy.

If you cannot pay the fees, it will be easier for you.

So I really need to go back to downtown Cairo ?

But not today, tomorrow.

Because of the traffic.

Impossible for you to come back here before five.

Really impossible.

Impossible.

Impossible.

Impossible.

Impossible.

Oh, hey, too early.

I suggest you go quickly because most of the embassies, they close at three o 'clock.

Okay.

Sir.

You need to have stamped the paper if you want to go out of the carousel.

Oh, sure.

I could use another stamp.

How much for this one?

This one is free.

This?

Okay.

All right.

What are you doing here?

I'm waiting for you.

You've been waiting all this time?

Yeah, of course.

All of people go to the carousel, always they have a problem.

So I wait.

Okay, okay.

I need to go to the Canadian embassy.

Do you think we can make it for three o 'clock?

Three o'clock?

Yeah.

Hurry up.

Let's go.

To me.

Oh.

I'm sorry.

I must go.

Yes, but me.

You?

I don't know.

You stay here?

No, me.

Oh, you.

Let me show you.

Here you go.

That's all?

Oh yeah, that's life, man.

What do I do with only five pounds?

Well, you can buy stamps.

Voici.

Ça, c'est la lettre qui atteste que vous ĂȘtes bien canadien et touriste,

non pas journaliste, et que la caméra appartient à votre production.

Non.

Carly, sinon, faut que la caméra m 'appartienne.

Mais elle ne vous appartient pas.

Vous m'avez dit que... Oui, non, je sais bien, mais vous ne pouvez pas dire ça.

Ils ne voudront pas me la donner.

Il faut que la caméra soit à mon nom, OK?

Parce qu'eux autres, eux autres, ils capotent avec les journalistes, OK?

Bon, OK.

Il va falloir recommencer la lettre d 'abord.

Mais là, il est déjà trois heures et demie en temps normal.

On ferme Ă  trois heures.

Oui, oui, j'essaie Ă  trois heures, mais s'il vous plaĂźt, vous le savez que

cette situation-lĂ  est quand mĂȘme assez compliquĂ©e.

Puis il y a encore un 15 dollars Ă  payer puis

un autre 20 dollars pour le faire ré -étamper.

Bien voyons, ré-étamper.

Voyons, Carly, j'ai jamais rien fait étamper dans la vie.

Puis là, ça doit bien faire 20 fois aujourd'hui.

C'est la preuve que votre document est validé par le Canada.

Ça, c'est important.

Regardez oĂč est le doigt, lĂ , ce qu'ils ont fait.

Ah, bien oui, hein.

Ah, ben ça.

Ça, c'est la bureaucratie Ă©gyptienne.

C'est des champions du monde.

C'est pas le Canada.

Je ne sais pas, je me fous, j'y retourne demain.

Je comprends.

J'ai fait mon permis de conduire ici, puis ça a été épouvantable.

AllĂŽ, Chantal.

En y repensant bien, notre relation n 'était pas du tout compliquée.

Ton histoire de trop chumblone, c'est n'importe quoi.

Je sais pas ce qu'on est exactement, mais clairement, je le suis plus que toi.

PS, ce que tu vois sur la carte, c'est le tombeau de tout en Camon.

Si ça continue comme ça, moi aussi, je vais mourir ici.

Adieu.

Ricardo.

J'ai repensé au film.

Et...

Et je suis pas sĂ»re d'ĂȘtre capable de faire ça, tu vois.

Ok, mais c'est pas trÚs compliqué, c'est vraiment un exercice de...

De liberté.

De liberté, voilà, tu fais ce que tu veux.

J'ai pas envie de faire n'importe quoi, tu comprends ?

C'est ça, ça se repos n'importe quoi.

Avec la musique, ça va ĂȘtre super facile.

Tu vas suivre un peu le rythme, puis ça va ĂȘtre super fluide.

Ça va bien aller.

C'est quoi la musique ?

Homri, Ricardo va me donner la cassette.

Et moi, je vais l'amener chez toi ce soir.

Comme ça, tu pourras répéter un peu.

Oui.

C'est bon ?

Oui.

AllĂŽ ?

Treddy !

Treddy !

C'est Parenteau, l'appareil live from Brazil !

C'est Parenteau !

Attends une minute, lĂ .

T'inquiĂštes pas.

HĂ© !

Tiens, c'est quelle heure chez vous, lĂ  ?

Je sais pas, je chante un bar, puis... Je pensais Ă  toi, lĂ .

J'ai parlé avec Vicky cette semaine, puis...

Elle m'a dit que t'allais tourner par le fin de décembre.

Genre t'es lĂ  pour les fĂȘtes ?

Euh, oui.

Oui, je pense que c'est ça, oui.

Ben lĂ , moi, j'arrive le 31 pile, mon gars !

La prophétie va se réaliser, là !

On vint ensemble pour le jour de l'an, mon gars !

Ah, Chris, ça va faire du bien, ça !

Ah, je m'en dis tellement de gens en québécois !

Chris !

Pis moi ?

Pis moi, tu penses ?

Sinon, toi, ça va bien, là ?

Qu'est-ce que tu tournes en Égypte ?

Ah, c'est... C'est un peu compliqué, là.

Je tourne un film sur l'Exisie.

Hip-Hop !

Ouais, ouais, c'est pas facile comme sujet, moi, tu sais.

HĂ© !

J'ai commencé à prendre, là, la Mifflokine.

Man, je suis en train de capoter !

Chris, moi, ça, aux poubelles !

J'en ai pris pendant deux semaines !

Moi, je me suis ramassé en crevettes dans ma chambre d'hÎtel !

Ah, ouais, toi aussi !

Ah, je te jure, sacs ça aux poubelles !

Non, je dis pas à point, c'était cette petite pile-là, là !

J'aimerais ça parler aux Saint-Chroquet, ils ont testé ça !

Parce qu'éclamément, ces sages-là, ils ont pas tout dit, man !

Yeah, what do you say, what do you say ?

Hey, Roger, faut que je te lùche ça avec une fille, là !

Ben, transsoigne-toi, man !

To see, man !

Yeah, yeah, we need a taxi !

Vous vous souvenez tantĂŽt quand...

quand je vous ai dit que le coup de fil, la course, avait changé ma vie ?

Ben, celui-là, de parenton, me l'avait sauvé.

Bon, on s'était pas dit grand-chose, mais...

mais d'entendre sa voix, sa joie de vivre, l'idée de me saouler à la gueule avec l

'Ivo Népal... Je sais pas, il m'avait remis sur le piton, on l'avait dit.

Pis il m'a voulu dire, ben, franchement, j'avais le goût de montrer à parenton,

pis à moi aussi, que j'étais capable de le

dépasser, que j'étais capable de faire mon shadow.

C 'est lui qui allait payer la trippe.

J'étais en mission !

Pis ce film-lĂ , il a ce faire, mĂȘme s'il fallait que j'y laisse ma peau, carlis !

To the gargoyle !

Est-ce que tu remettes, toi ?

Oh, not today, buddy !

So,

this is the letter from my embassy.

This is the form.

Ah, you have the letter, finally.

So now, can I have my camera, please ?

There is a problem.

No, no, no, no, no.

It's written here, you see, and this is my camera, and me, no journalist.

I know that, but...

This is not the problem.

The problem is that the letter is written in English.

It has to be in Arabic.

You understand ?

Are you serious ?

Of course.

Why didn't you tell me yesterday that you needed this in Arabic ?

Because it's obvious.

Egypt is Arabic country, not English, and you know that.

Your embassy don't tell you ?

If I go to your country with Arabic letter, do you think they will accept it ?

Ta faute d'Allemagne, c'est Ă  l'avant !

Mr. Ronaldo !

C'est Ricardo, mon nom !

Canada embassy.

Why not ?

Let's go !

En arabe ?

Ça a l'air.

Mais pourquoi ils ne vous l'ont pas demandé hier ?

Écrisse, pourquoi ?

Ah !

Calvo !

No to the pyramids !

Ha ha ha !

Funny !

Funny honesty.

Just one second.

Oh yeah, no problem.

Yes.

Here you go.

Thank you.

Eh oui, mes amis, c'est ainsi que le 17 novembre 1994 vers midi et demi,

à peu prÚs, Ricardo Trotty, concurrent non -journaliste pour l'émission La Course,

devint et ce contre toute attente le premier ĂȘtre humain

équilibré à sortir vivant des astigloines égyptiennes.

Qu'est-ce qu'il veut lui encore ?

Et c'est aussi le mĂȘme jour, Ă  peu prĂšs 45 minutes plus tard, que Vicky Langley,

deuxiÚme assistante à la réalisation, a reçu ce coup de fil large.

La Course ?

Juste pour ĂȘtre sĂ»r que tout le monde a compris, une autre fois.

La Course ?

T'es pas sérieux ?

Oui, j'te dis, d'habitude, la petite lumiĂšre rouge Ă  l'allume, mais lĂ ,

rien, puis rien, notre viseur en plus, je sais plus quoi faire.

Ok, garde, je vais t'en envoyer une autre.

Ici, voyons-nous, jamais, jamais, non.

Ben, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

Ben, je sais pas.

En Tunisie, ok ?

Je m'en vais lĂ  dans deux semaines.

Envoyez-moi ça là-bas.

Mon Dieu, tu vas tellement ĂȘtre en retard.

Je sais pas, je vais en retrouver une autre.

Écoute, c'est sĂ»r que ça va aller plus vite.

C'est impossible que je retourne dans ce petit cercle-lĂ .

Garde, Pierre est pas encore arrivé.

Je te rappelle dĂšs que je le trouve.

Bouge pas, ok ?

Monique !

Yes.

AllĂŽ ?

Ah, Ahmed ?

Oui, écoute, Ricardo, je dois te dire un truc.

Oui, écoute, Ahmed, moi, je reviens de l 'aéroport.

La nouvelle caméra, elle fonctionne pas.

Non, mais tu déconnes ?

Non, non, je dégage, je sais pas quoi faire.

Non, mais c'est pas possible.

ArrĂȘte, Ricardo.

Oui, on arrĂȘte de rire, couillon.

C'est demain qu'on tourne, je sais pas quoi faire.

Désolé, désolé.

C'est trop drĂŽle, c'est pas possible.

C'est-tu oĂč est-ce que je peux trouver une autre camĂ©ra ?

Justement, on va pas pouvoir tourner demain.

Quoi ?

Écoute, ça m'embĂȘte de dire ça, j'ai fait une connerie, c'est ma faute.

Mais voyons, quelle connerie ?

Hier soir, je suis allé chez Rania pour lui faire écouter la musique et...

Comment te dire ?

Je t'avais dit que... Comment te dire ?

Mais voyons, dis-le, merde, ça va tellement mal.

J'ai essayé de l'embrasser, ça lui a pas plu.

VoilĂ .

Quoi ?

Ok, mais lĂ , c'est quoi ?

Elle veut plus faire le film ?

Non, crois-moi que non.

Elle est trĂšs trĂšs en colĂšre.

Tu sais, c'est une actrice, c'est pas simple avec une actrice.

Ah, tabarnak !

Je suis vraiment désolé.

Bon, ok, moi je vais essayer de trouver une autre caméra.

Toi, essaye de me trouver une autre actrice, s'il-vous-plaĂźt.

Ok, ok, promis, promis.

Ok.

Kiki !

Calme-toi, mon ami, je t'attends.

Oh non non non, Eunice, non non non.

Eunice, maintenant n'est pas le temps, ok ?

Oui, mon ami, j'ai une surprise pour toi.

Hey, là, si ça va faire.

Eunice, Eunice, maintenant n'est pas le temps, j'ai un gros problĂšme, ok ?

Ricardo ?

Ouais, ça va pas bien, on dirait, hein ?

Non non, ben oui oui, excuse-moi.

Écoute, je suis vraiment dĂ©solĂ© pour ce qui est arrivĂ©.

Je comprends pas comment ça a pu arriver.

Une caméra de rechange, c'est supposé fonctionner, ça d'habitude.

Là, tu veux qu'on t'en avouille, Eunice, c'est ça ?

Oui, oui, oui, s'il vous plaĂźt.

Écoute, je suis pas sĂ»r que ça va aller bien

plus vite pour ĂȘtre ben honnĂȘte avec toi.

Écoute, sais-tu, je vais prendre la chance parce que je

suis pas mal sûr que ça va aller plus vite qu'ici, ok ?

Bon, ben, je comprends.

Je vois ce que je peux faire.

Voyons, excuse-moi, Pierre, ça loge pas ici.

Va falloir qu'on s'en reparle, ok ?

Merci pour tout.

Ricardo, Ricardo, on va t 'arranger ça.

Pis loge pas, mon grand, tu fais du bon travail.

De ben fin, Pierre, merci.

Eunice, Carlis, je t'ai dit que j'avais un gros problĂšme.

Non, non, non, non, non, je voulais juste s'excuser

pour briser ta caméra, donc j'ai trouvé une autre.

Quoi ?

Ici.

Oh, tu m'as sauvé, mec !

Tu es content ?

Oh mon dieu, Eunice !

Oh, oui !

Oh, qu'est-ce que nous faisons ?

Je ne sais pas, c'est la chose que tu fais.

Je ne fais pas la chose.

Je n'ai jamais fait la chose.

Tu m'as sauvé, mec !

Non, non, non, tu es celui qui m'a sauvé, mon ami.

Salima !

C'est Salima !

Bonjour, Ricardo.

Waouh !

C'est vraiment génial de te voir.

Merci d'avoir parlé avec Eunice de ton boyfriend-girlfriend.

Maintenant, on peut se marier.

Oh, euh...

Sorry.

Yes !

AllÎ, Ricardo, c'est Régret, j'ai parlé à Rania et je me suis excusé.

Elle dit qu'elle aimerait faire le film Ă  une seule condition.

Elle aimerait que tu changes la musique.

Elle dit que ça l'inspire pas tellement.

Donne-moi deux secondes.

You, are you an actress ?

Me, an actress ?

No !

Perfect.

C'était pas si mal.

Laisse-la faire.

Non, non, ça fait du prix, ce qu'on fait.

Elle sait pas danser, c'est un désastre.

Ah, je sais, je sais.

Pourquoi tu n'as pas choisi Rania ?

C'est une actrice, elle.

Non, mais arrĂȘte avec Rania, OK ?

Avec toutes ces petites questions, c'était...

Ouais.

Qu'est-ce que je fais ici ?

Si tu veux, les enfants du train, ils y sont tous les jours.

On pourrait aller mĂȘme demain.

Ahmed, je sais que ça ferait un bon film, les enfants

sur les trains, mais ça, c'est différent, OK ?

Ce qu'il se passe ici, les gens, ce qu'ils font Ă  ces fillettes-lĂ , c'est pas normal.

Excuse, depuis que j'ai vu cette photo-là, ça me...

Je suis douée seconde !

Yes, yes, wait a second !

J'ai une idée.

T'as qu'Ă  mettre les images au ralenti.

Tout le monde sait danser au ralenti.

Tu comprends ?

T'as un barmeuc !

T'es un génie, man !

Il me reste à peu prÚs 12 heures pour finir ce film-là, mais ça allait bien.

J'avais tout mon kit, mes feuilles de montage, ma visionneuse, mes crayons de

dessin, mes écouteurs, un paquet de cigarette, ça a tié réveillé, pis

cibiaire, c'est bourratif, pas besoin de manger.

Quand t'as quelque chose de bon entre les mains, tu le sens.

J'étais en train de faire quelque chose de beau.

Ma seule source d'infos, l'article du magazine République,

mais pour un film de 4 minutes, c'était bien assez.

AprÚs tant d'épreuves, j'ai commencé à comprendre pourquoi les grands artistes

créent dans toute leur... Van Gogh, par exemple !

Ben, saluez-vous que... Yes !

Écoute, Ricardo, j'ai une mauvaise nouvelle.

On pourra pas utiliser ta chanson, il y a Lily Collier.

Ah, c'est-Ă -dire, je suis jamais capable de le dire.

Hé, voyons, t'es pas sérieuse, là.

Oui, je suis capable.

Personne connaĂźt tout cette chanson-lĂ .

OK, parce que là, moi, j'ai tourné en fonction de cette toune-là.

Si c'est de ma faute, j'aurais jamais dĂ» dire

que ce serait pas un problĂšme, je m'excuse.

Ah, c'est pas grave.

Non ?

Non, non, je...

De toute façon, depuis le début de ce film -là, il y a jamais rien qui fonctionne,

donc... Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je pense qu'il va me prendre une biĂšre.

Non, mais sérieux.

Ah, je suis trÚs sérieux.

Bye !

AprĂšs tant de bad looks, n'importe quel ĂȘtre humain aurait crissĂ© ça, lĂ .

Mais pas moi.

Pas moi, parce que ce film-là était trop important pour que je le crisse, là.

Fallait que je change le monde.

C'est la nuit Il y a un clair de lune Je suis dans la brume Et quand le jeu se lĂšve

Je... PrĂ©cier et fidĂšle C'est drĂŽle, mais ça devait bien ĂȘtre le dixiĂšme pays

que je quittais depuis trois mois, pis... Ben, je m'habituais jamais.

Tout ce monde-lĂ  que je rencontrais, qui m'aidait, pis que j'abandonnais.

J'ai leur envie d'aller vivre sans la lumiĂšre AllĂŽ, Chantal !

Je m'excuse pour ma derniĂšre carte.

J'Ă©tais pas moi-mĂȘme, j'Ă©tais sur la mĂ©flockine et ça me rendait un peu dĂ©bile.

J'espĂšre que tu me pardonneras.

Le nouvel an approche et j'ai rendez-vous avec François Parenteau, ici, à Kathmandou.

J 'ai hñte que tu vois le film que j'ai fait en Égypte.

La réalisatrice m'a dit qu'elle présenterait en dernier à l'émission,

car elle trouvait que c'est ce que j'ai fait de mieux jusqu'Ă  maintenant.

Je t'embrasse et j'ai hĂąte de te serrer dans mes bras.

Ricardo.

La condition de la femme Ă  travers le monde varie souvent selon deux choses.

Le crĂ©tin avec qui elle partage sa vie ou encore les traditions imposĂ©es par ce mĂȘme

crétin.

L 'Égypte d'aujourd'hui tĂ©moigne vivement d'un accouplement

forcé entre son histoire pharaonique et sa réalité actuelle.

Il en résulte donc une société moderne évoluer qui se heurte réguliÚrement des

contraintes traditionnelles.

Lorsqu'on apprend qu'encore de nos jours, l'excision est pratiquée non seulement ici

mais également dans 40 pays africains.

On est en droit d'ĂȘtre profondĂ©ment dĂ©goĂ»tĂ©.

Et c'est mon cas.

Contrairement Ă  ce que certains croient, ce n'est pas une coutume musulmane bien

que sa pratique soit concentrée chez les serviteurs de Allah.

Il n'en demeure pas moins un vestige laissĂ©, pense-t-on, par l'ancienne Égypte

ou encore les premiÚres civilisations éthiopiennes.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement égyptien promet d'éradiquer ce barbarisme

mĂȘme s'il en est Ă©galement conscient que sanctionner une tradition aussi lourde que

celle -ci n'aura de bien fait qu'aux yeux des pays étrangers.

Car le problÚme demeura incrusté dans un mode de pensée

qui ignorera la loi au profit d'un purisme utopique.

Il faudra que chaque homme s'arrĂȘte un instant pour regarder la femme dans les

yeux, pour savoir qui elle est, pour la découvrir,

pour la toucher et surtout pour la respecter.

Cesser d'imaginer ce qui est ou n'est pas

bon pour elle, mais plutĂŽt la laisser libre.

Elle sera ce qui est bon pour elle.

Elle est assez grande, c'est une femme.

...

Jean-Michel, Ă  toi l'honneur.

D'abord, je vais ĂȘtre trĂšs nuancĂ© sur ce film.

C'est un film qui est excessivement bien filmé, les images sont magnifiques,

avec la musique de Verdi, les pyramides et cette dame qui danse, la danse du clitoris

en quelque sorte qui nous jette ce voile de sang en pleine figure, c'est magnifique.

Par contre, c'est un film sur l'excision.

Et c'est un problĂšme qui n'est pas simple.

Alors, si effectivement 182 fillettes sont excisĂ©es Ă  chaque heure, peut-ĂȘtre qu'il

faudrait aller voir quel sens ça a pour ces gens.

Je ne pense pas que Ricardo, par contre, avait...

Question de se rappeler aussi, cette pratique est une pratique pratiquée

par les grandes-mĂšres sur les femmes elles -mĂȘmes.

Alors, de dire que le corps de la femme est ce qui est lĂ  de

plus précieux et que la tradition l'oublie, ce n'est pas vrai.

La tradition toujours honorerait le corps de la femme.

On n'a qu'Ă  voir dans chaque culture comment ce corps

est idéalisé, mis en sculpture, en poterie, etc.

Je ne suis pas sûr qu'il aurait eu la chance de rencontrer ces gens-là.

Mais alors, au moins, parler Ă  cette danseuse sur cette affaire, il ne fait

parler qu'un imbécile qui n'a rien à dire, c'est parce que ce n'est pas son histoire.

Bon, alors combien vous donnez?

Je donne 13.

Il l'a lĂ .

Manon, maintenant.

Moi, j'abonde aussi dans le mĂȘme sens, c'est-Ă -dire que je trouve que c'est le

plus beau film de Ricardo, mais je trouve que c'est un piĂšge.

Je trouve qu'on ne peut pas faire d 'esthétisme avec un sujet comme ça.

C'est un sujet beaucoup trop important.

Ils nous disent qu'on sait tous et qu'on pense naturellement comme Occidentaux,

mais il ne va pas plus loin, ni dans l 'émotion,

ni dans l'information que ce qu 'on sait déjà.

Mais on a tendance à adhérer à ce film-là parce que c'est tellement beau et la

symbolique du voile et tout, mais je trouve qu'il a effleuré son sujet,

donc, 13, c'est grave avec un sujet pareil.

Et lĂ , lĂ , lĂ , lĂ .

Michel.

Bon, 18.

Moi, j'ai Ă©tĂ© extrĂȘmement touchĂ©e par ce film-lĂ , touchĂ©e par son Ă©motion,

la surprise qui semble avoir eu, la sincérité et l'utilisation du voile.

Je trouvais que ce n'était pas uniquement esthétique.

Il y avait beaucoup, beaucoup d'émotions.

J'ai été touchée.

Bon, c'est donc un total de 44 points pour le son de

l'ignorance que nous présentait aujourd 'hui Ricardo Trogi.

Passe-moi le téléphone.

Ricardo?

T'as-tu tout entendu?

Ricardo?

Oui, je suis lĂ .

Pas moi d'une gang d'innocents Ă  ces juges -lĂ !

Non, mais la derniÚre a aimé, non?

Mais je te prends des deux autres!

On s'en fout.

Non!

On s'en fout!

Mais non!

Ricardo, c'était ton plus beau film!

Mon retour, quelques mois plus tard, j'ai compris que

j'avais pas fait un chef -d 'Ɠuvre, mais de l'ethnocentrisme.

Si comme moi, vous ne saviez pas ce que c 'était l'ethnocentrisme, bien,

c'est quand on a tendance Ă  prendre comme

modĂšle le groupe ethnique auquel on appartient.

Here's the package for you.

C'était le courrier du public.

Du monde de Saint-Jean-Porgeli, Matane, Montréal, Sainte-Foy.

C'était drÎle ton film Hollande.

Tes images sont tellement belles.

Te souviens-tu de moi?

On Ă©tait dans la mĂȘme Ă©quipe au hockey.

Si tu devais aller en Chine, je connais quelqu'un qui pourrait t'héberger.

Es-tu tombé en amour?

Du monde que je connaissais pas.

Je me souviens plus ce que Chantal m'avait écrit.

Je me souviens juste qu'elle avait pas écrit qu'elle m'aimait.

Yes?

Allo?

Oui, c'est moi.

Papa?

Oui, ça va?

Ben oui, et lĂ ?

Écoute, moi j'ai trouvĂ© que c'Ă©tait trĂšs bien ton film, ok?

Oui, mais... Ben attends.

Il y a pas longtemps, je savais mĂȘme pas que tu pouvais faire des films.

Et là, je vois ça et...

Je peux pas croire que je suis ton pĂšre.

Je suis fier de toi, ok?

Le reste, on s'en fout.

T'as bien compris?

On s'en fout.

Pour moi, t'as déjà réussi beaucoup.

Je savais pas que t'étais un...

un artiste.

Ricardo?

Oui, je suis lĂ .

Bon alors, ça va aller, Fellini?

Oui, oui.

Bravo.

On se voit Ă  ton retour, alors?

Ok.

Ah oui.

J'ai changé le ventil de ta voiture.

Tu me donnes son piastre.

Ok.

Ciao Nino.

Ti amo.

Ciao.

Merci d'avoir appelé.

Faut comprendre que dans toute ma vie, mon pÚre m'avait jamais appelé.

Jamais, lĂ .

Sans joke.

Il faisait pas ça.

Il Ă©tait pas de mĂȘme.

Hey!

Ce soir-là, quelque part entre la fin de 1994 pis le début

de 1995, j'ai recommencé à croire que j'étais un artiste.

Quelques jours plus tard, j'ai repris ma caméra pis... ben, j'ai continué.

Si je fais encore des films aujourd'hui, c'est plus pour faire des chef-d'Ɠuvre.

C'est pour que mon pĂšre les voie.

J'aimerais tellement ça qu'il me rappelle des fois.

Il me manque tellement.

Sous

-titres réalisés para la communauté d 'Amara.org

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