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Original subtitles

INSPIRÉ D'UNE HISTOIRE VRAIE

PLUS OU MOINS

Dr Alders, chambre 7204.

- EJ ? - Oui ?

Je l'accompagne en bas ? C'est bon pour elle ?

Oui, accompagnez-la vers la sortie.

- Son amie est venue la chercher. - D'accord.

Vous ĂŞtes prĂŞte, Mme Franco ?

- Oui, je suis lĂ  pour Laura Franco. - Franco ?

Ne me dites pas : "Chut" !

Laura !

Quoi ? Il y a de la lumière.

Désolée pour le retard.

Comment tu te sens ?

Super mal.

Moi aussi.

Steve.

Moi, c'est Mazie.

Je suis marié.

Évidemment.

Je t'aime.

Cet endroit me rend malade. Heureusement que je suis venue te chercher.

- Cancer du péritoine. - Le pronostic :

cancer du péritoine.

Il te faut un aide-soignant.

Je ne peux pas tout faire. Ça fait presque un an d'examens et de traitements.

J'ai besoin de temps pour moi. Désolé.

- On peut en discuter, Jacob. - Je ne peux pas. Désolé.

S'il te plaît, Jacob.

- Je vous aide ? - Non, ça ira. Un pied à la fois.

Je t'en supplie, non. Tu me largues ?

- C'est une fleur délicate. - Attends !

Jacob !

HĂ©, attention.

TON MONSTRE

On a réussi.

- Vas-y doucement. - Oui.

Bienvenue chez toi.

Je dois faire pipi.

Ça fait quoi de revenir chez ta mère ?

Non pas qu'elle soit toujours lĂ .

Ta mère t'a envoyé 12 tartes, 100 cookies et 5 000 $ ?

Elle envoie du sucre et de la pâte quand elle est au régime.

Elle croit quoi ? Que les glucides mettent fin au cancer ?

C'est quoi ?

- Quoi ? - Il y a une boîte et un sac, là-bas.

Quoi ?

C'est quoi ?

Jacob m'a appelée pour que je récupère tes affaires.

Je sais, ça craint.

Mais tu es rentrée, l'opération s'est bien passée,

et tu as reçu 5 000 $.

Détends-toi, d'accord ?

Ă€ la vie, Ă  la mort, meuf !

Chaque seconde, chaque minute, je suis lĂ  avec toi, d'accord ?

- D'accord. Merci. - Ça va aller.

Merci.

Merde. Il est quelle heure ?

- 15h34. - Merde ! Je dois y aller.

Merde ! Je dois aller en ville.

J'ai une lecture Ă  la con,

mais le producteur veut me baiser, donc ça paie bien.

- Maintenant ? - Oui.

Laura, tu es une héroïne, une championne. Je t'appelle demain, d'accord ?

Mange de la tarte, dors et ne pleure pas. Ne pleure pas.

Pourquoi il ne m'aime plus ?

Un colis pour Laura Franco ?

Je suis dégoûtante !

C'est moi.

Ce sont des mouchoirs.

Super.

- Je n'en ai plus. - Vous avez bien fait d'en commander.

Contente de vous voir, M. d'Amazon.

Vous pleurez toujours ?

Il l'aime. Il l'aime vraiment.

Je n'aime pas celle-lĂ .

Laura ! Content de vous voir.

Merci.

Je peux...

J'ai besoin d'un câlin.

Je ne sais pas si...

J'en avais besoin.

Ravie de te rencontrer...

Tu peux me chanter ça ?

Viens te poser

Café ou thé ?

Que penses-tu de...

Enchantée Mon étranger

Reste un peu

J'adore les nouvelles paroles.

J'aimerais te dire un truc.

Je veux que tu sois la vedette de House of Good Women.

C'est Broadway, Jacob.

C'est mon rĂŞve.

C'est tout ce que j'ai toujours voulu.

Je sais. C'est pour ça que je te le propose.

T'as fait quoi, hier soir ?

J'ai lu.

J'ai fait de la soupe.

J'ai travaillé sur la musique de House of Good Women.

- Ma voix est... - Oh ! J'ai oublié de te dire.

Cette garce de Taylor Gregory

me parlait que du truc de Jacob, la semaine dernière.

- Qu'elle se la ferme ! - Attends...

- Le spectacle est bof, en plus. - Comment ça ?

Une histoire de meufs, écrite par un mec ?

- Mazie. ArrĂŞte. - Quoi ?

Comment ça, "le truc de Jacob" ? Les auditions sont ouvertes ?

- Oui. Tu n'as rien reçu ? - Non.

Pourquoi tu répètes, alors ?

Je veux que mes cordes vocales restent en forme.

- Merde, Laura. - On t'a appelée ?

Oui, Ellyn Michaelson s'occupe du casting. Je ne me mĂŞle pas Ă  elle.

Je croyais...

Je pensais qu'au moins, il...

Tu crois que Jacob veut toujours de moi, pour le spectacle ?

Tu t'es fait opérer il y a quelques semaines. Peut-être...

Peut-être qu'il pense que tu ne peux pas monter sur scène.

C'est peut-ĂŞtre le cas.

Tu as toujours le cancer, non ?

J'imagine que...

On y est.

Je t'aime. Fais-moi un gros câlin.

- Tu ne viens pas avec moi ? - Je ne peux pas. J'ai karaté.

- Je t'aime fort. - Je t'aime.

Appelle-moi après.

Vous avez l'habitude, non ?

Tu me manques vraiment, Jacob.

Je veux faire le spectacle. Ne me retire pas ça.

Dieu merci.

Ça va ?

Salut, toi.

Je ne sais pas quel thé tu bois.

J'espère que le vert te va.

C'est bon, maintenant ?

Super. C'est dommage que tu te sois endormie.

J'ai un numéro monstrueux assez cool.

Je pense que tu le trouverais effrayant.

Tu ne te souviens pas de moi ? Du tout ?

1994 ? TempĂŞte tropicale Beryl ?

Ta mère est rentrée tard. Quelle surprise !

Tu as paniqué, tu m'as vu sous le lit. Non ?

Que se passe-t-il ?

C'est un peu insultant. Et en 2001 ?

On t'a disputée, t'as ouvert le placard. On s'est croisés.

Ma barbe était éparse quand j'étais ado.

Rien ?

D'accord. Le gamin des comédies musicales. Comment il s'appelait ?

- Benji ? - Benji !

J'aurais dû bouffer ce petit enculé.

Tu joues tout le temps la séductrice !

J'étais jeune. Je ne peux pas être dur avec moi-même.

Ce n'est pas possible. Ce n'est pas réel.

Tu vas me faire du mal ?

Je ne sais pas. Tu veux que je te fasse du mal ?

Qu'est-ce que tu veux, alors ?

Les colocs, ce n'est pas mon truc.

Après ton déménagement et les voyages de ta mère,

tout son bordel avec les spas,

j'ai réalisé que je préférais vivre seul.

Mais ce soir, tu m'as vu, je t'ai vue, puis tu étais au sol,

et je ne pouvais pas te laisser comme ça.

Je suis un monstre, mais je ne suis pas un monstre. Tu piges ?

J'ai réfléchi à notre situation, et voilà ce qu'on devrait faire.

Je peux ?

On va se coucher. Repos, pour réfléchir.

Et demain, tu te lèves, tu prends ton café,

tu remballes tes affaires, et tu dégages !

Mais je ne peux pas partir. Je suis chez moi.

C'est chez moi, maintenant.

Mais je n'ai nulle part oĂą aller.

Ce n'est pas un choix.

- D'accord. - Désolée.

Je parle Ă  un monstre, et tu me fais peur.

Tu me fais vraiment peur.

- Arrête. S'il te plaît. - Et je suis triste.

Vraiment très triste.

J'ai besoin que tu dégages de cette putain de maison. J'ai besoin que tu dégages.

D'accord !

Deux semaines. Tu as deux semaines.

- Deux semaines ? - Oui. Après ça, tu dégages.

Tu fais tes valises, et tu te tires.

Et tu sais quoi ? Tant que t'es là, tu suis mes règles.

Primo, ne te mets pas en travers de mon chemin.

Deuzio, ne me dis pas ce que je dois faire.

Tertio,

si tu parles de moi à qui que ce soit, je t'égorge.

C'est ça, fuis.

Je n'ai pas perdu la main.

Ça suffit. Pour l'amour de Dieu, joue une autre chanson.

Joue une autre chanson !

Ça m'énerve !

Je me suis senti obligé de faire ça.

Monstre ?

Qu'est-ce que j'ai dit ?

Oui, je sais. J'ai déjà vécu ça.

Elle est tout ce dont tu as toujours rêvé.

Elle est tout ce dont j'ai toujours rêvé au paradis.

Bien.

- Besoin d'aide ? - Je cherche un truc Ă  lire.

Ça te pose problème ?

Non, pas du tout. C'est juste que...

Jerry ! Tu n'écrivais pas souvent.

Des petits livres.

C'est mignon.

Poulet au sésame ?

Shun Lee ?

Super. Bon resto.

Regarde, un petit chien.

Plein de petites choses.

- Tu as faim ? - Non.

Tu as raison.

- J'ai déjà mangé. - Tu ne veux pas de poulet au sésame ?

Si j'en voulais, j'en mangerais.

C'est bizarre, tu n'arrĂŞtes pas de le regarder.

C'est faux.

Tu n'arrĂŞtes pas de le regarder.

- Je te prépare une assiette. - Je n'en veux pas.

- J'en ai commandé trop. - D'accord.

Tu meurs d'envie de me donner ton poulet au sésame.

Allez, donne-le-moi. Donne-le-moi !

Dès que je t'ai vue...

Tu peux en commander plus ?

La proportion porc-pâte n'est pas terrible.

Mais j'aime le goût.

Tu t'en mets partout.

Eh ben dis donc !

Quoi ? Attends.

C'est censé être un documentaire ?

Clairement pas, en fait. Il s'y prend mal.

Frappe vers le bas, pas sur le côté !

Un coup d'épée dans l'eau.

Je regardais.

Le meilleur film au monde.

La musique...

me donne toujours envie de pleurer.

- Non. - Donne-moi ça.

Donne-moi la télécommande.

Bon, je vais me coucher.

Sérieux ? Tu abandonnes si facilement ?

D'accord.

On n'aurait pas dû se donner tout ce mal. Un petit mariage aurait été bien.

On ne fait plus de films comme ça.

Ă€ chaque fois...

ça me fait pleurer.

Oui, ça m'a plu.

- Tu pleures ? - Non, je ne pleure pas.

- Toi, tu pleures. - Si, tu pleures.

Je ne pleure pas, évidemment.

Tu es aveugle ou quoi ?

J'ai les yeux secs, et toi, tu pleures.

Le film était pas mal, d'accord ?

Tu adores les comédies musicales.

- Non. ArrĂŞte. - Si.

C'est n'importe quoi !

Je ne veux pas ressentir ça.

Putain.

Ne me surprends pas comme ça.

C'est bon, oh !

Tu vas quelque part ?

Qu'est-ce que tu lis ?

Un scénario.

Cool. Qui l'a écrit ?

Un mec. Un ami.

Il s'appelle Jacob Sullivan.

Très intéressant.

En fait, oui, c'est intéressant

parce que j'envisage,

peut-ĂŞtre, d'aller aux auditions, aujourd'hui.

Peut-ĂŞtre. Je ne sais pas.

C'est le spectacle dont tu me parlais ? Celui que tu as créé avec lui ?

Je ne l'ai pas créé avec lui.

Je l'ai juste aidé à le créer.

Ces deux phrases veulent dire la mĂŞme chose.

Ce serait bizarre que je me pointe, non ?

Qu'est-ce que je lui dirais ?

"Donne-moi le rôle parce que tu as pitié de moi" ?

Tu pourrais.

Ou je pourrais menacer de le manger. Je pourrais le manger.

Ça me prendrait deux secondes.

Il m'a larguée.

Pourquoi me voudrait-il dans le spectacle s'il me quittait ?

Parce que tu es douée. Parce que c'est ton rôle.

Je n'ai mĂŞme pas de rendez-vous.

Ils ne me laisseront pas entrer.

Et je ne peux pas faire de comédie musicale. Regarde-moi.

Je viens de me faire opérer.

- Et alors ? - Et alors ?

- Regarde-moi. - Je te regarde.

Regarde !

De cet angle, je peux voir ton dos et ton visage simultanément.

- C'est dire si je te regarde. - Je suis dégueu !

- Mais non. - Je suis une catastrophe !

D'accord. N'y vas pas.

Bonjour, je viens pour l'audition.

Oui, comme tout le monde.

Oui.

Au revoir, diva.

- Vous auditionnez pour quel rĂ´le ? - Celui de Laurie Francis.

Je n'ai pas de rendez-vous.

Pas d'audition sans rendez-vous.

Je sais. J'ai pensé que vous pourriez...

Désolé que vous y ayez pensé, mais je ne peux pas vous aider.

D'accord, merci.

Attendez.

J'ai l'impression de vous connaître.

J'ai joué Laurie dans quelques ateliers,

- lors des essais. - Oh, oui !

Je m'en souviens. Vous étiez géniale.

Pourquoi on ne vous a pas donné le rôle ?

Vous ne sortez pas avec Jacob ?

Eh bien, on était...

En fait, on est... C'est un peu...

Vous avez rompu. J'ai compris. N'en dites pas plus.

VoilĂ  ce qu'on va faire.

On va vous caser. Ne le dites Ă  personne.

Asseyez-vous, et on vous appelle, d'accord ?

Merci beaucoup. C'est gentil.

C'est l'enfer, ce métier.

C'est Jackie Dennon.

Je l'adore.

Elle est...

Jackie, salut.

Scotty. Rayez Sarah Mann et Ari Grace de la liste.

Serait-ce Mme Jackie Dennon ?

Oh, mon Dieu ! J'oublie toujours que tu es si belle.

Attends, c'est fou.

- Merci. - Comment tu fais ça ?

- Je peux avoir le numéro de ton médecin ? - Arrête !

Je suis contente que tu sois lĂ .

Scotty, qui est le suivant ?

Laura Franco.

Laura, suivez-moi.

- Ce ne sera pas long, pour elle. - D'accord. Rien ne presse.

Venez, Lisa.

- Tu plaisantes ? - J'y pense tout le temps.

Laura Franco entre en scène.

Merde.

Que fais-tu ici ?

J'étais dans le quartier.

J'ai eu envie de passer.

Quelle surprise !

Je suis content de te voir.

- Vous vous connaissez ? - Non.

Oui.

Je plaisante.

C'est drĂ´le. Oui. D'accord. Super.

Voici Jacob Sullivan,

notre metteur en scène et scénariste, que vous connaissez, apparemment.

Et quelques membres de notre équipe artistique.

Ravie de vous rencontrer.

Quand vous voulez.

- D'accord. - Merci.

C'est tout ? Deux mesures, seulement ?

D'accord. Compris. Pardon.

C'est parti.

Salut Ravie de te rencontrer

Pose tes pieds

Ça va chauffer

C'est vrai, ce n'est peut-ĂŞtre...

Désolée.

Je peux... Je peux faire mieux.

- Ça a l'air bon. - Je peux la refaire ?

Salut Ravie de te rencontrer

Pose tes pieds

Ça va chauffer

C'est vrai, ce n'est peut-ĂŞtre pas

Comme ça qu'on agit Mais viens, passe la nuit ici

Nous découvrirons

Et les doutes se cesseront

C'est ça

Enchantée

Désolée. D'accord. Encore une fois.

Promis. Maestro, du début.

Je ne sais pas ce qui s'est passé. C'était le vide dans ma tête.

Ma voix s'est bloquée, et je faisais

un truc bizarre avec ma main.

J'avais l'air de ne pas savoir ce que je faisais.

Oh, arrĂŞte.

- Tu sais ce que tu fais. - Apparemment pas. Parce que...

J'ai tout gâché.

Je n'y crois pas. J'ai échoué.

J'ai échoué. Et maintenant...

Ma vie est finie.

C'est fini.

Mais...

Peu importe.

Je n'ai pas tant de talent que ça.

Tu sais qui a beaucoup de talent ?

Qui est un vrai acteur ?

- Qui ? - Moi !

- Tu n'es pas acteur. - Si.

- Non. - Je vais te le prouver.

Je vais réciter un sonnet.

- Quoi ? - Oh, non.

Un truc moderne. Eugene O'Neill ou Sam Shepard.

Je ne suis pas d'humeur.

Pas d'humeur pour un grand dramaturge américain ?

Je peux chanter aussi.

- Non. - Si.

- Non. - Cinq, six, sept...

C'est bon ?

Pas mal.

C'est parti.

- La Comédie des erreurs ? - Non, je ne fais pas du Shakespeare.

Quoi ? Willy, c'est le meilleur.

- Willy ? - Je l'appelle comme ça.

Je ne suis pas ce genre d'actrice.

J'adore les pièces.

Je les ai étudiées, mais...

Je n'ai pas de formation classique.

Pas besoin d'une formation classique pour ça.

Il n'y a pas de sous-texte. Tout est sur la page.

Pas besoin de réfléchir.

Tu suis les mots, au feeling.

Vraiment ?

Bien, Laurence Olivier.

Montre-moi comment on fait.

D'accord. Merci pour l'opportunité.

- Je sais ce que tu devrais faire. - D'accord.

Tiens.

D'accord.

Donne-moi le contexte.

Bon, résumons.

C'est un type

qui dit Ă  une fille qu'il l'aime,

mais c'est compliqué.

Il y a trop d'obstacles.

C'est exact. C'était un test, et tu l'as passé.

- Super. - Tu ne regardes pas ?

Ma chère dame,

Car je ne sais quel autre nom vous donner,

Et par quel prodige Vous avez deviné le mien...

- Pourquoi tu parles comme ça ? - Pourquoi tu te moques ?

- Je me mets dans le rôle. - Tu n'as pas besoin de faire ça.

On est entre nous, parle normalement.

Enfin, tu vois, quoi.

D'accord. Super. On reprend. D'accord. Je suis nerveux.

Ma chère dame,

Car je ne sais quel autre nom vous donner,

Et par quel prodige Vous avez deviné le mien,

Votre science et votre bonne grâce Ne font de vous

Rien moins qu'une merveille du monde

Vous êtes une créature divine.

Enseignez-moi, chère créature, Comment penser et parler

Manifestez À ma vanité grossière et terrestre,

Étouffée par les erreurs,

Faible, légère et superficielle,

Le sens caché de la tromperie de vos mots

ĂŠtes-vous un dieu ?

Pourriez-vous me créer, de nouveau ?

Transformez-moi, Et je céderai à votre puissance

Chantez, sirène,

Pour vous-mĂŞme et je vous aimerai

Déployez sur l'onde argentée Votre chevelure dorée,

Et vous serez le lit oĂą je me coucherai

Et dans cette glorieuse supposition,

Je verrai comme un bien De pouvoir mourir ainsi

Que l'Amour, cet être léger,

Se noie s'il s'y abîme

C'était bien.

Merci.

Merde, c'est Jacob.

- Qu'il crève, on joue. - Quoi ? Non. Faut que je réponde.

- Dis-lui que c'est une bite molle. - Monstre.

- Je dois répondre. - Allez. Non.

Dis-lui que sa pièce est problématique et pleine de clichés.

- Salut ! Merde. - Occupé ?

Je voulais prendre des nouvelles.

- C'est gentil. - Mais...

Je vais ĂŞtre franc. Tu voulais jouer Laurie Francis.

C'est ce que je voulais aussi.

- J'ai écrit ça pour... - Je n'ai pas le rôle, hein ?

Désolé.

Ne le sois pas.

Qui a eu le rĂ´le ?

Tu connais Jackie Dennon ?

Oui, je vois qui c'est.

Elle est douée.

Oui.

Et elle n'a pas auditionné,

mais Mazie se fait un nom en ce moment.

Du coup...

L'équipe lui a proposé un second rôle.

Mais...

Tu pourrais ĂŞtre la doublure de Jackie,

puisque tu connais si bien le rĂ´le.

J'ajouterai que la doublure fera partie de la distribution.

Ça ne doit pas t'intéresser.

- Mais... - J'accepte.

Je suis ravi de l'entendre.

Je dois y aller.

- Bonne journée. - Oui.

- À bientôt. - Oui, à bientôt.

Ă€ amorcer des poissons

Si ça ne nourrit rien d'autre, Ça nourrira ma vengeance

Qu'est-ce que tu fais ?

Rien.

- Cette tarte est vieille. - Je la trouve quand mĂŞme bonne.

Comment ça s'est passé ?

Qu'est-ce qu'il a dit ?

- Il a donné le rôle à Jackie Dennon. - Merde. Elle est douée.

- Mais ça n'a aucun sens. - J'ai regardé sa série.

Tu as vu le dernier épisode ?

Quand elle...

- Ça m'émeut. - Il déteste les célébrités.

Elle a aussi beaucoup de talent.

- Ça va ? - Je me sens...

Je me sens...

- Comment ça ? - Je ne sais pas.

- Ce n'est pas agréable. - Tu as l'air en sueur.

- Tu vas vomir ? - Oui. J'ai l'impression.

C'est idiot.

Qu'est-ce que tu fais ?

- C'est à ma mère. - Encore mieux.

Monstre, non !

- Qu'est-ce qui te prend ? - À toi.

Laura, essaie.

Fais-moi confiance. Tu te sentiras mieux.

ArrĂŞte de te retenir.

Vas-y.

Allez ! Allez !

C'était comment ?

- Ça m'a fait du bien. - Pas mal, hein ?

- Oui. - Une autre.

Donne-m'en une autre.

- Oh, mon Dieu ! - Regarde-toi, vilaine.

- Tu es dans le pétrin. - Ouah ! Merde.

C'est parti.

Non. C'est mon côté. Prends l'autre côté.

Raté !

Tu es dans un sale état.

Tu peux parler.

Les deux semaines sont passées vite.

Vraiment ? Ça fait deux semaines ?

J'imagine...

que c'est l'heure.

Je devrais...

partir.

- Remballer mes affaires. - Oui. Je me souviens.

- Dégager. - Je me souviens de ce que j'ai dit.

Merci de me le rappeler.

Alors...

- je vais m'y mettre. - Oui.

Reste.

Enfin, si tu veux.

ENTRÉE DES ARTISTES

Pardon. Cette place est prise ?

- Enfin, non. C'est la tienne. - Oui ?

- C'est la tienne. C'est ta place. - D'accord. Super.

- Bonjour. Jackie. - Laurie. Pardon.

- Laura. Pas Laurie. Laurie, c'est toi. - Ravie de te rencontrer.

- Moi aussi. Je te connais. - Je peux te poser une question ?

- Oui. - Mes cheveux sont comment ?

Il y a du vent dehors.

- Oui. C'est fou. - Comment ça ?

- Il y a un souci ? - C'est fou comme ils sont bien.

- C'est drĂ´le. - Tu es parfaite.

Shabbat Shalom, enfoirés.

- Je t'ai écrit. - Pardon.

C'est le célèbre metteur en scène Jacob Sullivan.

- Tu te tiens bien, aujourd'hui, Mazie ? - Et toi ?

Don McBride, régisseur. Je m'occupe de...

Enfin, vous le savez tous.

Lecture dans cinq minutes.

Cinq, cinq.

"Nous ne pouvons pas réussir...

si la moitié d'entre nous est freinée."

Malala Yousafzai.

Je voulais commencer par une citation.

Bienvenue à la première répétition de House of Good Women.

Cette œuvre, telle qu'indiquée dans le titre anglais...

est une lettre d'amour aux femmes.

C'est une reconnaissance du terrible fardeau

que la société impose aux femmes,

et un hommage Ă  la force

et au courage des femmes

pour surmonter cette oppression.

Mais avant de commencer,

je veux vous présenter notre actrice principale.

L'incandescente, la brillante Jackie Dennon,

dans le rĂ´le de Laurie Francis.

Merci, Jackie, d'ĂŞtre lĂ .

Très bien.

Vous n'avez pas suivi les règles, Laurie.

Je sais, M. le directeur.

Il y a un savoir-vivre à maîtriser.

Merveilleux. Merci Ă  tous.

N'oubliez pas d'envoyer vos indisponibilités à Don.

Et surtout,

le théâtre organise une fête d'Halloween ici, samedi,

et on est tous invités.

Sympa. L'équipe se rapprochera.

Je te retrouve dehors.

Je peux amener dix voire 20 personnes.

Quoi ?

C'est un chef-d'œuvre.

- Ta 1re lecture. Comment tu te sens ? - Merci.

C'est surréaliste.

Tu t'en sors déjà très bien.

- Je n'ai pas besoin de te le dire. - Merci.

J'espérais qu'on trouverait le temps de...

- Jacob. Je ne voulais pas déranger. - Non. Ça va.

Je me demandais si tu pouvais venir une seconde.

- Oui. Désolé, on me retient. - Oui.

On peut se parler samedi ? Tu viendras ?

Peut-ĂŞtre, peut-ĂŞtre pas.

Don. On va piquer des costumes.

- C'est interdit. - On va le faire.

Tu étais quoi, l'an dernier, pour Halloween ?

Eleanor Roosevelt.

Et l'année d'avant ?

- Abraham Lincoln. - Laura.

- Viens accompagnée. - Je ne suis pas prête.

J'amène quelqu'un.

C'est un mec bizarre que j'ai rencontré au karaté.

Il est un peu stressé, mais j'aime bien ça.

- Qu'en penses-tu ? - Mon Dieu. Non.

Quoi ?

Défense de démarcher.

Très drôle.

Que se passe-t-il ?

Tu as des projets pour ce soir ?

Tu aimerais bien le savoir, hein ?

Non, je n'ai rien de prévu. Quoi de neuf ?

Il y a une fête d'Halloween au théâtre.

Et je me disais...

comme tu es déjà habillé pour l'occasion,

tu aimerais peut-ĂŞtre venir avec moi.

Tu veux qu'on sorte ensemble ?

- Je ne quitterai pas la maison. - Pourquoi ?

D'abord parce que je suis un monstre,

et parce que je ne veux pas traîner avec ton ex

- et des fans de comédies musicales. - J'en suis une.

Pourquoi tu ne restes pas lĂ  ? Ce serait sympa.

On pourra faire peur aux enfants quand ils viennent.

Toute l'équipe y va.

- Dans ce cas... - S'il te plaît.

Bite molle a assez d'amis.

- Arrête avec ça. - Tu vas faire quoi ?

Lui lécher le cul et t'apitoyer sur ton sort ?

Je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort.

C'est ça.

- S'il te plaît. - J'ai dit non !

- Très bien ! - Très bien.

- J'irai seule. - Oui, vas-y.

Tu peux sortir de ma chambre ?

Je dois me changer.

J'allais faire une salade, de toute façon.

Tu es...

Quoi ?

- C'est trop ? - Non.

Tu es jolie.

Merci.

Tu peux encore...

Je devrais...

- Je devrais juste... - Oui.

Bonne nuit.

Joyeux Noël.

C'est une blague.

Joyeux Halloween.

- C'est moi, Don. - Oui, je sais.

C'est super, Don. J'adore ton costume.

- Vraiment ? - Oui.

Ton costume est aussi super.

Elle ne veut pas te parler, Don.

Pardon.

De mĂŞme, mon seigneur.

- Tu es superbe. - Tu...

Ton costume est génial.

Tu es magnifique.

- Vraiment. - Merci.

- Toi aussi. - Merci.

Tout aussi belle.

Vous voulez un verre ? Je vais en prendre.

Bière pour toi, et pour toi. Je reviens.

- D'accord. - Merci.

Vous avez l'air d'ĂŞtre amis. C'est super.

On a mangé un morceau avant la fête.

Un morceau ? Sympa.

Je l'aime bien.

Je voulais te dire...

VoilĂ .

- Deux bières pour les potes. - Super.

- Santé. - Joyeux Halloween.

- Joyeux Halloween. - Joyeux, joyeux, joyeux.

- Tu es venu. - Oui.

Tu es déguisé en quoi ?

En monstre des affaires.

Tu t'amuses ?

Pas du tout, honnĂŞtement.

Dommage.

On va sur la piste de danse ?

On s'en va ?

Je vais aux toilettes. Je reviens.

Putain, tu es vraiment incroyable.

Reste lĂ .

Il y a quelqu'un ?

Évidemment. Il veut être avec elle.

Je le savais. C'est ce qu'il veut.

Tu crois qu'il nous a vus ? Tu crois qu'il m'a vue ?

- Tu crois qu'il nous a vus ? - On s'en fout.

Je ne me sens pas bien.

- Vraiment pas bien. - ArrĂŞte.

Pourquoi tu lui as fait du mal ?

Parce qu'il t'a fait du mal !

Mais...

Mais ça va, en fait.

Je vais bien. C'est bon. Je ne suis pas bĂŞte.

Elle est célèbre.

Elle a plus de talent que moi. Elle est plus belle que moi.

On n'est plus ensemble. Il ne me doit rien.

- Tout va bien. - Je ne suis pas d'accord !

Rien ne va, justement.

Ce connard t'a larguée quand tu étais à l'hôpital...

juste après ton opération.

- Enfin... - Il t'a abandonnée.

Et il ne te doit rien ?

T'es sérieuse, là ?

- Je parlais de... - Et la comédie musicale ?

Il t'a écrit un rôle.

Il t'a dit que c'était le tien,

qu'il réaliserait tous tes rêves.

C'est ce qu'il a dit, non ? Et, juste après,

tout est devenu difficile.

Il t'a tout pris.

Tu as fait ce que tu fais toujours, Laura. Tu l'as soutenu.

Oui. Regarde-moi dans les yeux.

Tu l'as soutenu, tu l'as écouté,

tu as fait ce dont il avait besoin. Il a fait quoi, lui ?

Il t'a tout pris pour ne plus avoir Ă  te parler.

Ça ne va pas.

- Ça ira. - Non.

- Ça doit aller. - Pas forcément.

- Il le faut. - Non.

- Si ! - Non ! Ça ne va pas !

Laura, ça ne va pas.

Non.

Ça ne va pas.

Ça ne va pas.

- Ça ne va pas ? - Ça ne va pas.

Ça ne va pas.

Ça ne va pas.

Ça ne va pas !

Sérieusement : ouah !

C'était génial.

Tu as plus d'un tour dans ton sac.

J'ai beaucoup de temps libre.

Tu connais celle-lĂ  ?

- Oui, je l'adore. - Tu me la chantes ?

Si tu ne la chantes pas, je le fais.

- Prends garde à ce que tu souhaites. - J'ai hâte.

J'ai été à tant d'endroits Dans ma vie et mon temps

C'est bien.

J'ai chanté beaucoup de chansons J'ai fait de mauvaises rimes

- C'est un peu faux. - Non.

J'ai joué ma vie sur scène Devant dix mille personnes

Allez.

Mais on est seuls maintenant Et je chante cette chanson

Merci.

Pour toi

Je sais que l'image que tu as de moi C'est ce que j'espérais être

Je t'ai mal traité Mais chéri, ne vois-tu pas ?

D'accord.

Il n'y a personne De plus important pour moi

Chéri, ne vois-tu pas à travers moi ?

Car on est seuls maintenant Et je chante cette chanson pour toi

Oui, voilĂ .

Tu m'as appris de précieux secrets

D'une vérité qui ne cache rien

Tu es apparu quand je me cachais

Mais maintenant, je suis bien mieux

Et si mes paroles manquent de sens

Écoute la mélodie

Car mon amour est là, caché

Je t'aime d'un endroit

OĂą il n'y a ni place ni temps

Je t'aime car dans ma vie

Tu es mon ami

Et quand ma vie sera finie

Souviens-toi quand on était ensemble

Nous étions seuls Et je chantais cette chanson pour toi

Tu m'as appris de précieux secrets

D'une vérité qui ne cache rien

Tu es apparu quand je me cachais

Mais maintenant, je suis bien mieux

Et si mes paroles manquent de sens

Écoute la mélodie

Car mon amour est là, caché

Tu fais quoi demain ?

Des analyses sanguines.

J'espère avoir de bonnes nouvelles, puis j'ai répétition, et...

- Pourquoi ? - Tu veux faire un truc ?

- Disons 20 h ? - Oui, 20 h, c'est bien.

- Ça me va. - Moi aussi.

D'accord,

on se voit Ă  20 h.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Le bras.

Vos veines sont difficiles.

Mon infirmière est difficile.

Quoi ?

Une seconde.

Que se passe-t-il ? La première est dans deux semaines.

- Vous n'ĂŞtes pas en place ? - Oui, en place.

C'est ce que je dis toujours.

Tu es côté cour pour cette partie, non ?

Oui, je sais. Merci.

Je ne voulais pas te bousculer, c'est tout.

Désolée. Attends. Salut.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Je ne sais pas.

C'est peut-ĂŞtre parce que tu flirtes avec son mec.

- Quoi ? - Laura et Jacob. Oui.

Ils ont rompu il y a quelques mois.

Je l'ignorais.

Tu devrais aussi savoir que Jacob a écrit Laurie pour Laura.

Il a écrit le rôle...

Pourquoi personne ne me l'a dit ? Merde.

Vous n'avez pas suivi les règles, Laurie.

- Je sais, M. le directeur. - Il y a un savoir-vivre à maîtriser.

Je sais, M. le directeur.

Vous savez ce qu'on fait aux filles comme vous ?

Aux filles comme moi ?

Qu'est-ce qui cloche chez les filles comme moi ?

Noir, entracte, chanson.

Continuons, pour nous exercer. Allez.

Qu'est-ce qui cloche chez les filles comme moi ?

Il ne pensait pas que j'avais un problème.

Quand je l'ai rencontré...

il ne pensait pas que j'avais un problème, non.

Je me souviens...

Je me souviens du moment où je l'ai rencontré.

Je me souviens avoir dit...

Je lui ai dit...

Salut

Ravie de te rencontrer

Viens te poser

Café ou thé

J'ai du Darjeeling et du vert

J'ai l'impression De t'avoir déjà vu

Ces yeux brillants et ce...

Pardon.

Sourire...

C'est une fille qu'on a éloignée de tout ce qu'elle connaissait.

Elle raconte la genèse d'une relation

qui a failli la détruire.

Elle va craquer.

Il faut que ça prenne.

Là, on dirait "Joyeux Anniversaire" chez ma mère.

Je ne ressens rien.

Salut

Ravie de te rencontrer

Viens te poser

Café ou...

- Arrête. - Désolée.

- Ça ne marche toujours pas. - Oui.

J'ai l'impression de t'avoir perdue en 24 h.

Je ne sais pas où tu es, là. Je ne veux pas me répéter,

car si je le fais, ce serait comme si mes paroles

- n'avaient plus d'impact. - Sérieux, lâche l'affaire, Jacob.

Quoi, Laura ?

Tu as quelque chose Ă  dire ?

Non ? Tant que je te parle, tu es trop vers l'avant.

Il faut que tu recules. Recule.

- Ce n'est pas une scène sur toi. - C'est drôle, c'était le cas avant.

Ce n'est pas le moment, lĂ .

Et ce sera le moment quand, Votre Altesse ?

Peut-être après la répétition.

Non, en fait, non.

Ça ne va pas être possible. Je veux en parler maintenant.

Laura, tu te ridiculises.

Tu te ridiculises.

Tu crois que...

"Bonjour, je suis Jacob Sullivan.

Je suis un connard prétentieux. Ma merde ne pue pas."

Tu sais quoi, Jacob ?

On a vécu des années dans le même appartement,

j'ai senti ta merde, et elle sent mauvais.

- Elle sent mauvais. - Fais une pause, Laura.

D'accord. Qu'est-ce qu'il te faut d'autre ? Oh !

"J'ai faim, Laura. Tu me fais des pâtes ?

Hein ? Je suis devant mon piano toute la journée,

et je ne peux pas... Je ne sers Ă  rien.

Je ne veux pas faire la lessive. Je ne veux pas faire la vaisselle.

Je ne veux rien faire parce que je suis un don de Dieu !"

Parce qu'il sait aligner quelques mots.

Tu sais quoi ? Moi aussi, je peux aligner des mots.

Espèce de bite molle !

C'est bon, elle se lâche.

- Laura, sortons une seconde. - Je ne veux pas sortir.

- Il fait froid. - Laura ! Baisse d'un ton.

Non ! Ne me dis pas de baisser d'un ton ! Toi, baisse d'un ton !

Sale traître narcissique !

Connard !

D'accord. Très bien.

Ça chauffe dans la cuisine.

Il est temps de faire une pause.

Cinq minutes. Cinq !

Merci Ă  tous.

Ça, c'est "dix", Don.

- Quoi ? - Rien.

Tu trouves ça drôle ?

Oui. J'ai trouvé ça un peu drôle.

Il n'y a rien de drĂ´le.

C'est un connard. Il ne peut pas parler aux gens comme ça.

Les metteurs en scène sont des connards, parfois ils parlent comme ça.

Et Jackie est... Merde, quoi. Elle massacre le personnage.

Je le comprends.

- Tout le monde sort, après. Tu viens ? - Non.

- D'accord. - Tu vas juste partir, du coup ?

- Oui. - Pourquoi tu fais toujours ça ?

Tu es un amie merdique.

- Une amie merdique ? - Oui.

Après ce que j'ai fait pour toi, tu me parles comme ça ?

Merci beaucoup d'ĂŞtre venue me chercher

Ă  l'hĂ´pital et d'avoir toujours fait le minimum.

Merci beaucoup.

Pardonne-moi. T'as d'autres amis, de la famille, un petit ami ?

Ne pousse pas, Laura. Appelle-moi quand tu seras de nouveau toi-mĂŞme.

C'est ce que je suis.

Bonne chance, alors.

Merde !

Il faut qu'on parle.

De mon comportement ? T'es sérieux ?

Bon sang, Laura.

Je ne t'ai pas forcée à auditionner. Tu as choisi d'être ici.

Si tu n'arrives pas à gérer les choses, c'est ton problème.

Mon problème ?

On est ensemble depuis cinq ans, et ça devient "mon problème" ?

Tu m'as offert un rôle, puis tu as tenté de me l'enlever.

- Tu as tenté de m'enlever... - On a rompu.

On a rompu.

C'est dur pour moi d'être avec toi. Je ne veux pas être près de toi.

Je dois regarder quelqu'un d'autre jouer le rĂ´le

que tu as écrit pour moi, que je t'ai aidé à bâtir.

J'ai travaillé chaque chanson

et chaque scène avec toi, Jacob.

J'ai lu toutes les versions de ton livre idiot

pour que tu l'entendes.

Tu étais ma petite amie.

Pourquoi m'avoir offert le rĂ´le ?

Pourquoi avoir projeté tout ça

si c'était pour me l'enlever ensuite ? Pourquoi ?

Parce qu'on couchait ensemble ?

Le rôle de Laurie Francis est donc réservé à la femme

que tu baises ? C'est ça ?

De quoi tu parles ?

Je t'ai vu Ă  la fĂŞte d'Halloween.

Je t'ai vu avec Jackie.

Je t'ai vu. J'aimerais m'en moquer. Je devrais. Mais ce n'est pas le cas.

Je ne sais pas pourquoi. Je n'y peux rien.

Et je t'aime toujours.

Et j'aimerais que ça ne soit pas le cas.

Je me déteste pour ça.

Je déteste te mettre sur un piédestal.

Je ne peux pas m'empêcher de ressentir ça.

J'ai envie que ça s'arrête.

Et je ne sais pas comment faire.

J'ai besoin que tu me dises. Comment tu as fait ?

Comment, Jacob ?

Comment as-tu cessé de m'aimer ?

Comment as-tu pu me faire ça ?

J'ai parlé à l'équipe artistique.

C'est n'importe quoi.

Tu ne peux pas ĂŞtre dans le spectacle.

Tu poses trop problème.

Désolé.

Monstre ? Désolée, je suis en retard.

Monstre, tu es lĂ  ?

C'est quoi, cet endroit ?

C'est lĂ  que je vis, on va dire.

C'est juste... C'est le bazar.

Je dois ranger tout ça.

Je ne sais pas.

Tous les goûts sont...

Enfin, tu comprends.

Oui. La répétition a duré plus longtemps ?

Oui. Désolée.

Tout va bien ?

Oui. Pourquoi ?

Tu ne me regardes pas dans les yeux.

Quoi ?

- Je... - Tu ne me regardes pas dans les yeux.

- Qu'y a-t-il lĂ -haut ? - C'est...

Je suis lĂ .

Oui, pardon. Je suis désolée, d'accord ?

Je suis désolée. J'ai eu une journée de merde.

D'accord. Que s'est-il passé ?

- Je me suis fait virer. - Quoi ? Comment ?

Il se peut que j'ai craqué...

pendant les répétitions.

Et après ça,

je me suis disputée avec Mazie.

Et...

Et après...

Jacob...

voulait me parler après la répétition.

Alors, je suis restée.

- Comment ça s'est passé ? - Ce n'était pas...

C'était plutôt...

Vous vous êtes embrassés ?

Je suis désolée. Je suis vraiment désolée.

Je suis désolée.

- Pourquoi ? - Je ne sais pas.

- Pourquoi tu as fait ça ? - Je ne sais pas.

Il ne t'aime pas. Il ne t'a jamais aimée.

Non. C'est...

- Il ne t'aime pas. - Ne dis pas ça.

- C'est faux. - C'est vrai.

Il ne t'aime pas comme tu mérites d'être aimée.

Je mérite d'être aimée ?

Que sais-tu du mérite que j'ai à être aimée ?

J'en sais des tas. Il suffit de regarder.

Tu ne sais rien de l'amour. Tu es un monstre.

Tu as passé ta vie à te cacher ici.

Je ne me cachais pas.

Tu m'y as enfermé.

Tu ne voulais rien avoir Ă  faire avec moi.

Bien sûr que non. Regarde-toi ! Tu me dégoûtes !

Tu es horrible ! Tu as gâché ma vie ! Et tu as volé toutes mes chaussettes !

Tu n'allais rien en faire.

J'en avais besoin.

Tu sais quoi ? Je suis peut-être dégoûtant,

mais sans moi, tu serais toujours une loque larmoyante,

pleurant dans un coin, jouant la victime impuissante,

laissant le monde te piétiner.

- C'est ça que tu veux ? - Je m'en vais !

Autant de nouveau te laisser aller et crever.

- Comment peux-tu me dire ça ? - Tu t'es vue, Laura ?

- Tu t'es vue ? - C'est ce que je fais !

Sérieux.

- Laisse-moi sortir ! - Non ! Va-t'en !

- Laisse-moi sortir ! - Va-t'en !

Ne recommence pas !

D'accord. Tu veux que je parte ?

Très bien.

Je pars.

Je suis désolée.

Monstre ?

Monstre.

Monstre, je suis désolée.

Monstre, oĂą es-tu ?

Je suis vraiment désolée. Reviens, s'il te plaît !

S'il te plaît.

Ne me laisse pas. Monstre, je t'en supplie.

Ne me laisse pas.

Reviens.

Je suis désolée.

Désolé de vous avoir fait attendre.

Laura, vous avez l'air d'aller mieux.

Je ne me sens pas très bien.

Laissez-moi vous remonter le moral.

Vous êtes guérie, jeune dame.

Vous n'avez plus de cancer. Bonne nouvelle !

Qu'est-ce que je fais, maintenant ?

Je ne sais pas.

Appelez quelqu'un. Fêtez ça.

Sortez. Mangez un bonbon. Vous voulez un bonbon ?

Prenez-en plusieurs...

JE SUIS DANS TON QUARTIER. JE PEUX PASSER ?

Écoute, je voulais te dire...

Merci de m'avoir défendue l'autre jour.

Et aussi...

- Je suis vraiment désolée. - C'est bon. Tu n'as pas à être désolée.

Je ne savais pas que je te volais...

Oh, non. Tu ne me volais rien. Tout va bien.

- Ça arrive. Les gens couchent ensemble. - Attends...

- Pardon. "Coucher ensemble" ? - Oui.

Je t'ai vu faire des trucs avec Jacob Ă  la fĂŞte d'Halloween. Ce n'est pas grave.

- Je m'en fiche. C'est fini entre nous. - Mon Dieu. Non.

Je n'ai jamais couché avec Jacob. Pas le moins du monde. Jamais.

- Mais je t'ai vue avec lui. - Non.

Il flirtait avec moi.

Je ne savais pas quoi faire, c'est mon patron.

J'ai joué le jeu, mais...

- D'accord. - La vérité, c'est que...

Je voulais savoir comment tu allais. Je ne savais pas que tu étais malade

ni que Jacob et toi étiez ensemble et que vous veniez de rompre.

Je ne savais rien de tout ça. Et j'ai appris qu'il t'avait virée.

- Oui... - Ça va, dans sa tête ?

C'est de la folie. "Laurie" et "Laura" ?

- Il ne devrait pas s'en tirer comme ça. - Il peut.

Et ce sera le cas.

Ă€ moins que...

Laura, ne me fais pas regretter ça.

Il y a quelqu'un ?

Laura, qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

On passait de plus en plus de temps ensemble.

J'attendais le bon moment pour te le dire, et tu étais malade.

J'avais peur, il avait peur, et je sais que c'est grave.

C'est vraiment grave !

Je suis trop conne. Je suis désolée.

Pardonne-moi.

- Mazie. - Laura, s'il te plaît.

- Je suis désolée, Laura. - Sors de ma loge.

D'accord. Je suis désolée.

Bien reçu. Vous pouvez y aller. Feu vert.

Bonne chance, mesdames. Bonne chance.

Laurie Francis, bienvenue au pensionnat de M. Baker.

Ravi de vous accueillir.

Nous attendions votre arrivée avec impatience.

Comment vous sentez-vous, Laurie ?

Père a dit...

Père a dit que je ne me comportais pas comme une fille.

Je veux m'améliorer, M. Baker.

- Je veux ĂŞtre... - Une femme bien ?

Vous avez frappé à la bonne porte.

Je n'ai besoin que de quelques petites choses.

Tentation, vieille fripouille

Vous n'avez pas suivi les règles, Laurie.

Vous savez ce qu'on fait aux filles comme vous ?

Aux filles comme moi ?

Tu veux beugler, jurer Prends un oreiller du canapé

Mets-le sur ton visage Et crie très fort

Et lâche-toi

Qu'est-ce qui cloche chez les filles comme moi ?

Vile avec un V majuscule Sale avec un S majuscule

Ces infractions capitales Contre une sensibilité féminine

Vraiment

Tu sais utiliser un gant Quand le four est chaud

Il ne pensait pas que j'avais un problème.

Il ne pensait pas que j'avais un problème, non.

Alors, dis-moi, petite dame Ă  pois Pourquoi tu cherches les ennuis ?

Je me souviens.

Pourquoi tu cherches les ennuis

Pourquoi tu cherches les ennuis...

Je me souviens du moment où je l'ai rencontré.

Je me souviens avoir dit...

Je lui ai dit...

C'est l'entracte.

OĂą est-elle ?

C'est quoi, cette histoire ?

Quelqu'un sait comment elle...

Tout le monde dehors. Dehors, tout de suite !

Dehors !

C'est depuis quand ?

Que tu couches avec Mazie ?

Quoi ? On s'en fout.

C'est vraiment le moment de parler de ça ?

Laura, que fais-tu ici ?

OĂą est Jackie, putain ?

C'est totalement différent du spectacle que je prépare depuis six semaines.

Tu détruis tout !

Pourquoi il faut que ça évolue comme ça ?

Laura, s'il te plaît.

Dis-moi. Qu'est-ce que je peux faire ?

Qu'est-ce que je peux faire

pour que tu ne foutes pas ma vie en l'air ?

Tu crois que je fous ta vie en l'air ?

Le New York Times est lĂ .

Le New York Times.

Jesse Green est assis à la rangée J avec un bloc-notes

pour que je devienne le chouchou des critiques !

Tu es pitoyable.

C'est la première.

C'est ma première !

Je me fous de ta première, Jacob.

Je m'en fous.

Tu es jalouse.

Tu as toujours été jalouse de moi.

Tu n'es qu'une putain d'égoïste.

Fais attention Ă  ce que tu dis, Jacob.

Sinon quoi ?

Sinon quoi, Laura ?

Sinon quoi ?

Ou

je t'égorge.

Je me souviens...

du moment où je l'ai rencontré.

J'ai dit... Je lui ai dit...

Salut Ravie de te rencontrer

Viens te poser

Café ou thé

J'ai du Darjeeling et du vert

J'ai l'impression De t'avoir déjà vu

Ces yeux brillants et ces cheveux bruns Et ce sourire osé

Enchantée

Mon étranger Reste un peu

Salut Ravie de te rencontrer

Pose tes pieds

Ça va chauffer

C'est vrai, ce n'est peut-être pas Comme ça qu'on agit

Mais viens, passe la nuit ici

Nous découvrirons Et les doutes se cesseront

C'est cela Enchantée

Mon étranger

Reste un peu, que je te touche Exprime-toi, que ça fasse mouche

Je le veux de tous les côtés Pas besoin de se presser

Reste un peu, juste un court temps Je veux qu'on m'aime, et ce vraiment

J'ai été bonne trop longtemps Méchante, il est temps

Car ce cœur déchaîné De plus en plus fort

Ce cœur déchaîné Ne me retiendra plus longtemps

Je suis allé trop loin ?

Je n'en peux plus

Monstre.

Salut Donne-moi tout

Enflamme-moi Le mur s'écroule

Le destin s'en est douté Quand tu as enfoncé la porte

Tu es lĂ .

Ça fait un bail.

Je ne retourne plus en arrière

Je pensais t'avoir perdu

Me perdre ?

Tu ne pourras jamais me perdre, Laura.

Je suis ton monstre.

Mon étranger

Doux étranger

Mon étranger

Ravie de te rencontrer

Ça fait partie du spectacle ?

Je ne sais pas, mais j'adore.

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