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Original subtitles

...

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Une porte s'ouvre.

Sifflement et grondement de machine

...

- Allongez-vous la tête ici, s'il vous plaît.

...

Ne vous inquiétez pas, ça fait pas mal.

...

- Jean-Pierre.

Jean-Pierre.

Tu comprends ce que je viens de dire ?

- Hum...

Tumeur temporale gauche.

I n o pé ra b le.

- Je dois m'assurer que tu aies bien compris.

- Avec la chimio, je peux m'en sortir ?

- Oui.

Faut que tu te fasses remplacer.

Tu dois arrêter de travailler si tu veux guérir.

- T'as une tache.

Une tache d'encre ou de café.

Musique douce

- Ah oui.

...

- C'est moi.

...

Allez, on se déshabille.

Qu'on regarde un peu tout ça.

...

On en a déjà parlé. Il faut vous habiller

plus simplement quand je viens vous voir.

...

...

Bonjour, monsieur.

Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

- Je me suis coincé avec ça.

- Ouh lĂ ...

- J'ai du mal Ă  plier la main. - Bah ouais.

Musique douce

...

- Baisse la télé.

- Elles sont à qui, ces baskets ? - À Enzo.

- Il est lĂ  ?

- Je peux l'appeler.

Musique douce

...

- Et l'autre ?

C'est bien.

- Y a un problème ?

- Non, y a rien de grave.

Je voudrais juste qu'il fasse une radio des lombaires.

Il y a un petit déséquilibre.

...

- J'enlève le bas ?

- Non, non.

...

Aboiements

Commencez pas Ă  m'emmerder.

Allez, allez.

300 litres.

Montre voir.

Ils t'ont facturé 500 litres. - Bah oui.

- La jauge marche ?

- Bah, je ne sais pas.

Je sais que ton père vérifiait en mettant un bâton

directement dans la cuve.

- Où est ce bâton ?

Elle est pleine Ă  ras bord, maman.

C'est ta jauge

qui marche pas.

Discussions

...

- BONJOUR.

- Oui. Je sais, je suis en retard.

Sandana ?

Mets-toi lĂ -dedans que tu vas vivre avec 720E par mois.

Combien tu paies le loyer ? - 455 euros.

- Comment tu vas faire ?

- Je sais pas. - Il va pas te rester beaucoup.

Je crois qu'il y a une solution avec ton entreprise.

Tu as droit à un complément de salaire.

Attends, c'est pas gagné.

Je vais te faire un courrier.

Et tu vas aller voir l'assistante sociale.

- D'accord.

- Alors...

Cette dame s'appelle...

Madame...

Le... bre...

ton.

Mme Lebreton, tu reconnaîtras les lettres ?

Non, y a pas de tiroir.

- Pas mal, lĂ .

Ah bah lĂ ... c'est juste lĂ .

- C'est le ménisque interne.

Hey, c'est bien.

Vous avez repris 2 cm. Vous vous redressez.

Vous reprenez confiance. C'est bien.

- ArrĂŞtez, je vais me remettre Ă  chialer.

- C'est pas grave. J'ai un stock de kleenex.

Enlevez tout ça que je vous examine.

Allez, on va y arriver.

Quand on est dans une situation dépressive,

et qu'en plus on vous dit que vous valez plus rien, c'est dur.

C'est bien, ce que vous faites. On sort du trou, on fait des projets.

Au lieu de ressasser, on regarde vers l'avenir.

C'est pas les comprimés qui vont vous guérir.

Je sais qui va vous sortir de lĂ . C'est vous.

- Merci, docteur.

Au revoir.

Musique mélancolique

...

On toque.

- Excusez-moi ? - Oui ?

- Je suis Nathalie Delezia.

- Entrez.

lnstallez-vous.

- Bonsoir. - Bonsoir.

On va faire vite, il est déjà 20h30.

Alors ? Qu'est-ce qui vous arrive ?

- Le docteur Norès vous a pas prévenu ?

Il m'a dit que vous cherchiez quelqu'un.

- Vous êtes médecin ?

- Bah oui.

- Vous avez déjà pratiqué à la campagne ?

- Non. - Vous avez pratiqué en ville ?

- Oui, à l'hôpital. - Vous n'avez jamais fait de libéral ?

- Je viens de finir mon internat.

- Les études sont longues, mais vous avez redoublé, non ?

- J'ai commencé tard, j'ai été infirmière pendant 10 ans.

- Ah bon ? - Ouais.

J'ai soutenu ma thèse il y a 1 an

et je travaillais aux urgences en attendant.

- En attendant quoi ?

- De m'installer Ă  la campagne.

L'hĂ´pital, c'est pas mon truc.

- Norès a dit que j'avais besoin de quelqu'un ?

- Oui.

- Il vous a parlé d'autre chose ?

- Non. Je connais

la région, j'y ai passé pas mal de vacances chez mon père.

- Entre travailler ici et y passer des vacances, c'est pas pareil.

- Ah bon ?

- Vous êtes une idéaliste, quoi.

- Si vous le dites...

- Médecin de campagne, ça s'apprend pas.

- Je viens parce que j'ai mal Ă  la tĂŞte.

Les douleurs ont commencé y a 2 semaines.

Je sais plus comment.

Assez brutalement, je crois.

Mais le soir, j'avais...

- Ça dure toute la journée ?

- Le matin, surtout. - Au réveil ?

- C'est vrai que quand je me lève, j'ai mal, mais...

- Au réveil, donc, surtout ? - Oui.

- Hum...

C'est d'un seul côté du crâne ? Devant ? Derrière ?

- C'est variable.

- Oui ? - En général, c'est devant.

- Devant, donc.

- Euh... oui.

- PlutĂ´t devant. - Oui.

- Très bien. Je vais vous examiner.

- Vous avez pas le sentiment

de souffler les réponses ?

Nicolas, tu trouves pas qu'elle t'a orienté ?

Qu'allais-tu dire

quand elle t'a interrompu la première fois ?

Tu as dit que les douleurs avaient commencé y a 2 semaines.

''Je ne sais plus comment, mais je me souviens que le soir...

''j'avais...''

- Je venais de commencer mon traitement pour le diabète.

- Je vais t'ausculter.

Un médecin coupe la parole en moyenne toutes les 22 secondes.

Le secret, c'est de laisser parler le patient.

90% du diagnostic est donné

par le patient.

- Un peu de musique ? - Non.

Vous allez y aller toute seule.

Elle sonne.

- C'est pour quoi ?

- Je suis le docteur Delezia.

- Il est oĂą, Werner ? - C'est moi qui fais les visites.

- Demain, il peut venir ?

- Il me fait confiance, c'est lui qui m'a dit de venir.

- Je préfère voir le docteur.

- Alors lĂ ...

Non, mais lĂ ... Je suis surpris parce que...

c'est plutĂ´t un type gentil. Franchement.

Autant y a des caractériels, autant là...

Je comprends pas.

Vous réessayez d'y aller seule ?

Je passe un appel et je vous rejoins.

- OK.

Les jars criaillent.

...

C'est quoi, ces canards ?

- Oui, d'accord.

Quels canards ?

- Vous avez pas vu ? Ils ont voulu m'attaquer.

- C'est pas des canards. C'est des jars.

Le mâle de l'oie.

Je me suis fait attaquer, un jour : 22 points de suture.

La seule solution : les humilier. - C'est-Ă -dire ?

- Il faut leur mettre le bec dans le cul.

Alors là, ça les humilie et ils mouftent plus.

Le bec dans le trou du cul.

C'est risqué, mais... - C'est bon, j'ai compris.

- Quoi ?

- Pourquoi vous me traitez mal ?

Allez, tirez-vous, les oies, putain !

Allez, tirez-vous ou je vous bouffe !

- C'est à mon fils. Il est étudiant en architecture.

Il est dans l'équipe de Von Leron.

L'architecte de l'opéra de Madrid. Vous voyez ?

- Non.

Médecine, ça lui plaisait pas ?

- Médecin, ici, c'est jour et nuit.

Ça l'a vite dissuadé.

Il a préféré suivre sa mère à Paris.

- Demain on pourrait se partager le travail.

Moi, les visites, vous, les consultations.

- Non.

Par contre, demain je démarre à 7h, vous pouvez venir avec moi.

- D'accord.

Ă€ demain.

Aboiements

...

- Bon...

Fanny, vous pouvez pousser ce chien, qu'on entre ?

- Je suis infirmière, pas véto. - Ah.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bon, alors, comment il va ?

- Il a pas avalé grand-chose.

Je lui ai fait la prise de sang que vous m'avez demandée.

C'est pas la grande forme.

- Doucement.

Pivotez.

Asseyez-vous.

- Merci.

- Ça va ? Vous êtes bien ? - Oui.

C'est toi, Jean-Pierre ? - Comment tu te sens ?

- Bof.

- Je te présente le docteur Delezia.

Elle travaille avec moi. - Bonjour, monsieur.

- Il te fait pas trop souffrir ? - Si, mais je tiens bon.

- C'est bien, ça.

Faut jamais lâcher, hein.

- Pas mal.

Pas mal.

Ouvre la bouche, tire la langue et c'est terminé.

Très bien.

Ouvre tes beaux yeux.

Ouais.

- J'ai toujours ce poids dans la poitrine.

- Détends-toi.

Calme-toi.

Ouais... l'examen est bien. Tout va bien.

Salut, Guy. Ça va ?

- On fait aller.

- C'est le type le plus sinistre que je connaisse.

Jamais un sourire.

Quand y a besoin de quelqu'un pour une animation dans le village...

c'est lui qui se propose.

Vous en pensez quoi ? - Oui, il est...

- Non, du dossier. Vous en pensez quoi ?

- Euh... c'est Beyrouth. Y a au moins 10 raisons

de l'hospitaliser.

Il a aucun traitement, alors qu'il a

une artériopathie, un diabète, une surinfection pulmonaire, un INR

qui est Ă  3.2.

Le dernier ECBU montre une infection urinaire.

Ça vaudrait le coup de faire un nouvel antibiogramme.

- Vous en savez, des choses.

- En médecine interne, ils le prendraient pour quelques jours.

On y verrait plus clair.

- Pas dans ce cas précis.

- Pourquoi ?

- À chaque fois que je l'ai fait, il est revenu affaibli.

Il était moins bien après qu'avant.

Je le maintiens Ă  domicile.

C'est ce qu'il veut. Rester chez lui.

Alors on y croit et on assume.

- Ouais... Enfin, s'il fait une septicémie,

une embolie, un trouble du rythme...

- Ce serait plus simple de l'envoyer Ă  l'hosto.

Tu en penses quoi, toi ?

- De ? - De l'hospitaliser.

- Pourquoi ? On assure pas ?

- Qu'est-ce que tu en penses ?

- Il faut l'hospitaliser ? - J'ai jamais dit ça.

- Ça fait 2 ans qu'on se démène pour le garder ici,

grâce à Jean-Pierre. Faut pas changer ça.

- Attention, on fait de la place.

- Merci. - C'est bien que vous travailliez ici.

On manque de médecins. - Tout le monde le sait.

La porte s'ouvre. - Ah !

VoilĂ  Francis. Il va vous le dire, lui.

- Bonjour, je suis le maire. - Enchantée. Nathalie Delezia.

- Ça va, toi ?

Bonjour, bon appétit.

Vous connaissez la région ?

- Oui. Un peu.

- Son père était de Thorigny.

- J'ai un projet de maison de santé.

- Un projet immobilier.

Qui vas-tu y mettre, dans ta maison de santé ?

- Un kiné, une orthophoniste,

une infirmière.

D'ailleurs, Fanny serait d'accord pour s'y installer.

Ils sont contre le progrès, ici.

Ils vivent dans le passé, faut pas que ça bouge.

Un terrain de foot : ça râle.

Vous coupez deux malheureux arbres : ça râle.

Vous plantez des fleurs pour le label ''villages fleuris'' : ça râle encore.

- Vous connaissez le syndrome de Maroini ?

- Maroi... non.

- Non, vraiment ? - Ça ne me dit rien.

- On fait le diagnostic de façon fortuite,

face à un déficit intellectuel progressif.

Vous voyez ? - Oui.

- Un cas

intéressant parmi mes patients. Je vous le présenterai.

Syndrome de Maroini.

Regardez sur Internet. - Oui.

Maroini avec un ''i'' ?

- Oui.

- Non, non, pas du tout.

Comment ça se passe ?

*-Je prends mes marques.

*-Et avec Jean-Pierre ? - Ça va.

*-Tu prends tes marques aussi ?

- VoilĂ .

*-Je te l'ai déjà dit, mais tu as le droit de changer d'avis.

- Je sais, je te remercie.

*-Est-ce que le syndrome de Maroini ça te parle ?

- Le syndrome de... ?

- Syndrome de Maroini avec un ''i''.

Ce serait un déficit intellectuel.

- Déficit intellectuel ?

*Écoute, je vais regarder de mon côté etje te rappelle.

*Je t'embrasse.

- Je t'embrasse.

- Tiens. Regarde.

- C'est pas mal.

- Tes plaquettes sont basses.

- Les blancs, ça va.

- Il faut que tu te reposes, tu peux pas continuer sur ce rythme.

Pourquoi tu crois que je te l'ai envoyée ?

- Pour m'emmerder.

- Non, franchement, c'est une fille bien.

Elle a repris ses études donc elle a du tempérament.

C'est une infirmière qui maîtrise les gestes d'urgence.

- Je fais pas d'urgence, mais de la médecine.

- Pourquoi tu veux pas qu'on t'aide ?

Pourquoi tu dis pas que t'es malade ?

- À qui tu veux que je le dise ? - À ta famille, à ta mère.

À la mère de ton fils, à tes amis.

À Nathalie, plutôt que de l'emmerder. Elle est médecin.

Elle pourrait comprendre.

Laisse-la consulter seule, laisse-la faire des visites,

laisse-la t'aider.

Tu viens que de commencer. Ça va être costaud.

- Je me sens pas si mal.

- ArrĂŞte, enfin !

Musique mélancolique

...

- Oui ? Bah oui, tout va bien.

Oui, j'ai tout noté. J'ai les noms et les adresses.

Il faut pas vous inquiéter.

D'accord.

Je vous appelle s'il y a un problème.

Oui. Et si je sais pas, je vous appelle aussi.

Très bien. J'arrive à Omerville, je vous laisse.

- Vous m'appelez, hein ?

On toque. Oui ?

- Allez, entre.

Il s'est planté un hameçon dans la cuisse,

ce petit con.

- Bonjour, excusez-moi, je cherche la maison de Mme Caillon

Ă  la Fare-basse. - Mme Caillon ?

Vous prenez Ă  la sortie du village. - Oui ?

- Et vous avez un chemin de terre sur 500m.

Musique rythmée

...

- Bougez pas ou je vous fous le bec dans le cul.

Les jars criaillent.

- AĂŻe. - Pardon.

Vous me dites si je vous fais mal. J'y vais doucement.

Hop. Et voilĂ .

Ça va faire un peu mal.

Je vais mouiller et vous dites, hein ?

Vous me dites si vous avez mal.

Je vous fais pas mal ? - Non, c'est...

C'est douloureux, lĂ . C'est douloureux.

- Oui, j'y vais doucement. Doucement.

Et merde !

- Eh ben...

Si cette fille prend ta place, tu peux prendre celle du boucher.

- Ta gueule.

- Elle est oĂą ?

Elle a fui, déjà ?

- Elle fait les visites. - Seule ?

Tu l'as envoyée voir qui ?

- Ma mère.

- Oh putain.

- 21...

21 428. C'est bon.

- 22 075.

- 22... un peu... voilĂ . 22...

22 combien ?

Le téléphone sonne.

Oui ?

Oui, allĂ´ ?

Ouais...

Oui, tout va bien, pas de souci.

Non, ne vous en faites pas.

Ouais ?

Encore deux et puis je rentre.

D'accord...

Bon allez, je vous laisse.

Au revoir.

- Ça va ? Ça va ?

Ça va ? T'es pas blessé ?

Je vous jure, je l'ai pas vu.

- Laissez-moi, je suis médecin.

Appelez les secours.

Comment ça va ? Parlez-moi. - Ça va.

J'ai pas mal. Non, non, j'ai pas mal.

- Je vous mets en position de sécurité. Ne bougez pas.

Comment vous vous sentez ? - J'ai pas de réseau.

- Par lĂ -bas.

- Non !

Je suis pas un poilu, je suis loustic !

- Restez tranquille.

Vous avez eu un choc.

Il faut pas bouger, je suis médecin. Je m'occupe de vous.

- Que s'est-il passé ? - Elle m'a pris pour un poilu !

- Que s'est-il passé ?

- Maman !

- Ne vous inquiétez pas, je suis médecin.

Il a fait une chute, c'est rien.

- Laissez-le, c'est mon fils. - Ouais.

- C'est mon fils. - Rien... rien... rien...

- Tu as mal où, mon chéri ? - Nulle part !

Il bredouille.

- Il est comme ça depuis la naissance.

Il bégaie. Non, ça va. Ça va.

Non. Elle t'a pas pris pour un poilu.

La porte claque.

- Alors ?

- Bien.

- Bien bien ?

- Bien très bien.

- Pas de difficulté particulière ? - Non, non. Et vous ?

- Aucun souci, alors ?

- Non.

Ah. Si.

2-3 syndromes de Maroini, rien de méchant.

Les blagues de carabins,

j'ai l'habitude. Mais je pensais que vous aviez passé l'âge.

- Vous connaissez, ça ?

''Récit d'un jeune médecin'' ?

- Non.

- Tenez, je vous l'offre.

C'est l'histoire d'un jeune médecin... - Qui a tout à apprendre ?

- Exactement.

- Merci.

- Ça sent pas le brûlé ?

- Non.

- J'ai dĂ» laisser quelque chose sur le feu.

Le téléphone sonne.

- Docteur Delezia.

Oui ?

D'accord.

Très bien. Sur la route de Magny ?

Parfait. Absolument. J'arrive.

C'est une urgence dans le camp de gitans.

Vous avez pas fini

votre assiette.

- Si, j'ai fini.

Bah quoi ?

Il fait nuit, c'est pas éclairé.

Je vais pas vous laisser y aller seule.

- Bonsoir.

- Docteur Werner. - Bonsoir.

- Docteur Delezia. - Suivez-nous par ici.

Un chien aboie.

...

Un bébé pleure.

- Bonsoir. - Bonsoir, docteur.

Vous allez bien ? - Bonsoir. Bonsoir.

- C'est pour maman, elle est vraiment pas bien.

- C'est ma consceur qui va s'en occuper, allez-y.

- D'accord. - Allez-y.

- Bonjour. - Bonjour, docteur.

Y a trois jours qu'elle est couchée, qu'elle est pas bien.

- Oui ?

- Elle mange pas, elle a juste bu un peu d'eau.

- Bonsoir, madame.

Je vais vous manipuler un peu. Vous avez mal oĂą, alors ?

Ici, c'est ça ?

Je regarde juste si vous avez la nuque qui bouge.

Est-ce que vous avez vomi ? - Non.

- Pas de fièvre non plus ?

Non... on dirait pas.

Vous avez une petite cuillère ? - Une petite cuillère !

Prends une propre.

Donne-moi une cuillère.

Donne-moi la cuillère.

- Merci.

Ouvrez la bouche.

Je vous la rends.

Je vais manipuler un peu ici.

Respirez doucement.

Vous avez mal dans le bras ?

Ça irradie dans la main ? (-Oui.)

- Essayez de serrer.

D'accord.

Névralgie cervico-brachiale.

- Est-ce que c'est grave ? - Non. C'est juste douloureux.

- D'accord.

- Je vais faire une piqure d'anti-inflammatoire.

- Elle craint les piqures.

- Oui. - Elle supporte pas.

- Laisse faire le docteur. - Bon, d'accord. Allez-y, madame.

- Ça va pas faire mal.

- Bouge pas, bouge pas.

- Bougez pas.

Je vais piquer, hein.

- AĂŻe... aĂŻe... aĂŻe...

- Ça y est.

C'est quasiment terminé.

Et voilĂ .

- Eh ben...

- Ça va aller, docteur ?

- Ça va aller très vite beaucoup mieux.

- Merci, docteur. - Mais je vous en prie.

- Merci bien.

Brouhaha

...

- À Lagny. En face du cinéma.

Brouhaha

- Bonjour, docteur. - Bonjour.

- On aurait voulu que vous nous voyiez tous.

- Tous ? - Oui, tous.

- Tout le monde a voulu venir vous voir.

- C'est vrai ? - Oui.

- Ça me fait plaisir. - Surtout les enfants.

Ils sont pas bien.

Une gastro ou la grippe. - D'accord.

- Merci, docteur.

- La grand-mère va bien ?

- Très bien. - Elle a bien dormi ?

- Oui. On est bien contents.

- Vous allez faire un dossier pour chaque patient ?

- Bah oui, pourquoi ?

- Vous informatiser,

vous y pensez ? - Pour quoi faire ?

- Pour quoi faire ? Pour gagner du temps.

- Gagner du temps ? - Ouais.

- Informatiser une fiche, c'est moins long ?

- La retrouver, c'est 20 secondes.

- Donnez-moi un nom au hasard. - Quoi ?

- Le nom d'un patient ?

- Euh... Poinard.

- Poinard.

Poinard.

Poinard.

- Oui, non mais attendez... Poinard, on l'a vu hier.

Non, du concret, maintenant. Le dossier...

de M. Barda.

- Barda... Barda...

- 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7...

8, 9, 10, 11, 12, 13...

- Barda ! Barda ! Barda !

Elle rit.

- Super.

- Une autre idée ?

- Le dossier...

de Nathalie Delezia.

- Très drôle.

- Il me faut un certificat pour le conseil de l'Ordre.

- Allez voir un confrère.

- J'ai pas le temps. - Oh...

- C'est une formalité, il faut me le signer.

- Je fais pas de certificat de complaisance.

Vous pouvez cacher une maladie. - Allez.

- Non, non.

- Vraiment ? - Oui.

- Ben vous avez qu'Ă  m'examiner.

- Bon, je vais vous prendre votre tension.

12/7.

Vous prenez la pilule ?

- Ouais.

- Vous fumez ? - Bah oui.

- Vous avez des antécédents ?

- Non.

- Des allergies ?

- Je me déshabille ? - Oui. Euh...

Non. Euh...

Ça va aller.

Remontez un peu votre chemise.

Respirez un peu plus fort.

C'est bon.

C'est bon. Bon pour le service.

Musique douce

...

C'est tout bon.

- Oui.

...

- AllĂ´ ?

Oui, c'est papa.

...

Comment ça va ?

...

...

*Annonce

- La tension est bonne.

- Ça va, monsieur ?

- Oui.

- Oui, j'arrive.

- Vous vous reposez entre les cures ? - Oui, ça va.

- Donc là, on va démarrer.

Ce sera cette poche-lĂ , d'accord ?

Vous en avez à peu près pour 2h.

Vous m'appelez si vous vous sentez pas bien.

Vous n'hésitez pas, je suis à côté.

- Merci. À tout à l'heure. Je vous en prie.

- Il va falloir que je regarde.

On doit vérifier que ta copine t'a pas transmis ses condylomes.

Ça va, ça vient. Ça peut venir d'une infection ancienne.

Comme l'herpès, par exemple.

Tu t'allonges ?

- Hmm...

Je pensais que ce serait le docteur Werner.

- J'ai l'habitude. - Elle en a déjà vu.

- Hmm...

Vas-y.

Ça va aller.

Tu baisses ton caleçon ?

On y va.

Ouais.

C'est bien un condylome.

- Tu vois ? T'entends ?

- Bah ouais, j'ai entendu. Pardon, je t'ai dit !

- Je me rhabille ? - Oui.

*-J'ai bien peur qu'ils reviennent.

*Allez-y, descendez.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je peux savoir ce que tu fais ?

- Je regarde un film.

- Depuis quand tu regardes la télé debout ?

- J'ai peur de m'endormir si je m'assois.

Tu peux t'asseoir, toi, si tu veux.

- Non, c'est bon.

- Tu vas me regarder longtemps comme ça ? T'as pas du travail ?

*Télévision en fond

*...

(-Je t'aime.)

*...

Il ferme la porte.

- C'est votre 1re grossesse ? - Oui.

Mon copain m'a raconté qu'une fille avait perdu son bébé.

Elle a accouché dans la voiture parce que la maternité était trop loin.

- Ne vous inquiétez pas, on va pas vous laisser y aller seule.

Vous vous allongez ?

- Oui, parce qu'à Magny, elle a fermé.

Je dois aller Ă  Gisors, y a 1h de route.

- Je sais.

Pour le moment, c'est nous qui nous occupons de vous.

On va pas vous laisser aller à la maternité toute seule.

- J'espère que je serai à la hauteur. - Bien sûr. Vous le serez.

C'est normal

d'avoir peur. Posez-moi toutes vos questions.

- Est-ce que tu peux me mettre...

des croix sur les cercles ?

C'est tout ce que tu vois ?

- Ouais.

- C'est un syndrome de l'hémisphère mineur.

Tu ignores ce qui se passe sur ta gauche.

- Que peut-on faire ?

- Surtout continuer la chimio.

Espérer que la tumeur diminue pour que le syndrome disparaisse.

- L'autre jour, j'ai senti une forte odeur de brûlé.

J'étais avec Nathalie en train de travailler, j'ai tout arrêté.

J'ai foncé dans la cuisine, y avait rien sur le feu.

- Il faut lui dire.

- Je sais.

Je vais le faire.

Je vais le faire.

- Il respire difficilement.

- Oui...

Montrez-moi un peu vos mains ?

On va regarder vos jambes. Vous m'aidez ?

Je vais regarder un peu vos mollets.

Vous me dites si je vous fais mal.

Je vous fais mal, lĂ  ?

Comment ça va, là ?

- Oh... - Et lĂ , cette jambe-lĂ  ?

(Inaudible)

Je comprends pas ce que vous dites.

- Il veut voir Jean-Pierre.

- Il répond pas.

- S'il fait une embolie,

ça craint. - Ouais.

Il a besoin d'antibiotiques par voie veineuse

et d'anticoagulants Ă  grosses doses.

- Je peux pas prendre le chien.

(-Ouais...)

Bon, ben, on l'hospitalise.

- Nathalie ?

Nathalie ?

Nathalie,

je dois vous parler. - Oui.

- Qu'est-ce qu'il fait lĂ  ?

Vous l'avez hospitalisé ?

- Bah oui.

- Qu'est-ce que j'avais dit ? - Il souffrait.

- Il fallait le soulager.

- Il a une phlébite, une douleur thoracique,

j'ai eu peur d'une embolie. - Et alors ?

- J'avais pas le choix,

il fallait l'hospitaliser.

- Inutile de revenir, vous avez terminé. - Quoi ?

- Vous me rendez les clés, tout !

- Vous pouvez pas. - Je lui avais promis !

- Y avait des risques d'embolie massive.

- Il a 92 ans, il est épuisé.

Je vais vous dire comment ça se passe à l'hôpital.

Il va attendre 4h dans le froid des urgences.

Ils vont pas savoir quoi faire de lui.

Il est désorienté.

Une personne de 92 ans, malade, à l'hôpital, c'est désorienté.

Ils vont lui mettre une sonde gastrique.

Il voudra l'arracher. Ils l'attacheront.

S'il fait une embolie pulmonaire massive,

ils feront rien. Pourquoi ?

On ne réanime pas un monsieur de 92 ans désorienté.

Il mourra dans une chambre, loin de sa famille.

- C'est pas ça, l'hôpital. Vous voyez tout en noir.

- En voyant les choses positivement, il mourra peut-ĂŞtre pas.

Ils le reverront chez lui, affaibli et moins bien qu'avant.

Je vous avais demandé de ne pas l'hospitaliser

quoi qu'il arrive.

Musique douce

...

...

Un téléphone sonne.

...

AllĂ´ ?

Non, attends, je comprends pas.

Quoi ?

Non, calme-toi.

Calme-toi, je comprends pas.

OĂą ?

Le tonnerre gronde.

...

Il crie.

Il geint.

...

(Un homme hurle.) - Jean-Pierre !

Le tonnerre gronde.

...

Je me suis mis un coup de meuleuse.

- Il faut suturer ça. Je peux pas le faire ici.

Le téléphone sonne.

...

- Oui ?

- Oui, Nathalie. Oui, c'est Jean-Pierre.

Je suis sur le chantier de Maroini.

Il s'est sectionné la fémorale. Ça pisse le sang.

- Oui, oui, je comprends.

Appelez les pompiers. Je serai lĂ  avant eux.

D'accord.

Attendez, répétez calmement.

La petite route après le dernier éclairage.

Ouais...

Et à 500 mètres...

le panneau ''chantier''.

Il hurle.

Il geint.

...

Cri de douleur

Le tonnerre gronde.

...

- Il est en hypothermie.

Il a un pouls filant.

- Je le perfuse.

Il gémit.

- Qu'est-ce qu'ils foutent les pompiers ?

- Ils vont pas tarder. - Je prends le relais.

Il geint.

Le tonnerre gronde.

...

- Parfait.

Faites glisser l'appareil.

VoilĂ .

- C'est lourd.

- Tirez-le vers vous.

Descendez-le.

VoilĂ .

Allumez la lumière témoin à l'interrupteur.

VoilĂ .

Couvrez toute la plaque.

Il faudrait que la cheville soit bien au centre.

VoilĂ ...

Oh... parfait.

Mettez le D de l'autre côté.

VoilĂ ...

Allez, on y va.

Mettez vos protections.

Alors, ensuite...

Vous voyez le réglage ? Mettez 50 kg, 15 masse.

50 kg, 15 masse.

C'est bon ?

- Ça y est.

- Bon, allez...

On y va.

- Attention, bougez pas.

- Je me demande si je me suis pas aussi pété la clavicule.

VoilĂ .

- C'est bon, lĂ  ? - Non.

Encore un peu.

Faites voir.

Plus haut.

Non. Encore un peu.

C'est fort, ce que vous avez fait tout Ă  l'heure.

Ça doit être bon.

Ouais.

Égouttez un peu.

VoilĂ ...

On va le mettre sur l'étendoir.

- C'est juste une entorse.

- Et la clavicule ?

Alors ?

- Je regarde.

Musique douce

...

- Alors ? - Alors, tout va bien.

Vous voulez un coup de main ? - Non, ça va.

- La tumeur semble bien circonscrite.

Mais il y a des localisations secondaires

dans le poumon droit.

On a commencé le protocole,

ça fait 5 semaines qu'il est sous chimio.

- Il a une chance de s'en sortir ?

- C'est difficile Ă  dire.

1 chance sur 2, peut-ĂŞtre un peu plus.

- Pourquoi tu me l'as pas dit avant ?

- J'avais pas le droit de te le dire.

- Le secret médical a bon dos.

Qu'est-ce que je fais, moi ?

- Apprends ton métier, c'est ce que tu peux faire de mieux,

pour toi et pour lui.

- Et si je lui dis que je sais ?

Musique douce

...

Merci.

...

Salut.

...

...

- Je pourrais pas travailler ici.

Je sais pas comment vous faites.

- Tout est normal.

- Y a un truc qui n'est pas normal.

- C'est rien, ça. C'est sans importance.

- Pourquoi c'est en gras ?

- C'est pas dans la norme mais pas significatif.

C'est un peu au-dessus.

- Je comprends pas ce que vous dites. C'est dans la norme ?

- Non. Mais pris isolément, le chiffre n'a pas d'importance.

C'est pas grave. - Ah oui ?

Hmm hmm...

Pourquoi vous l'avez dosé alors ?

- C'est une vision d'ensemble qui compte, pas chaque résultat.

- Ah, OK.

Donc vous dosez des choses qui comptent pas.

- Ouais. VoilĂ .

Vous allez vous asseoir, je vais prendre votre tension.

- Encore ?

Ça sert à quoi ?

Hein ?

- C'est une constante importante. - Je sais, merci.

Alors ?

Combien ?

- 11/7, vous pouvez vous rasseoir.

- Je suis venu pour rien, quoi.

Vous avez vos diplĂ´mes ?

- Non.

J'ai fait que la 1re année. Après, j'ai appris sur le tas.

C'est 23 euros. Par chèque ou espèces ?

- C'est moi.

C'est Jean-Pierre.

- Hum hum.

- Comment tu te sens ?

On s'occupe de ton chien,

en attendant.

- En attendant quoi ?

Hein ?

Brouhaha

...

- Tu peux faire une rangée pour chacune.

- Qu'est-ce que tu as ? - Occupe-toi des bouchons.

- Bonjour !

Comment ça va ? - ÇA VA.

- Ça va, Guy ? - Ça va, Nathalie ?

C'est le docteur.

- Vous êtes très belle. Ça m'étonne pas du tout.

- Tout le monde connaît le docteur ? - Non.

- Bon, je viens voir Nicolas en consultation.

VoilĂ  Nicolas !

Comment ça va ?

- Bonsoir.

- Bonjour. - Bonne année, bonne santé.

- Vous êtes amoureuse, ça se sent.

- Nicolas, on y va ? - Il faut y aller.

- Demain ?

- Comment ça ? Demain, Nathalie ne vient pas.

S'il vous plaît, un peu de calme.

Et nous, on continue.

Brouhaha

...

Vous, vous faites le vĂ´tre.

- Tu te souviens de moi ?

- Vous m'avez pris pour un poilu.

J'aurais préféré fabriquer les obus.

C'est mieux que les cartons, les obus.

- Ça n'a pas la même utilité.

C'est quoi, les cartons ? - C'est les femmes

qui les fabriquaient pendant la guerre 14-18.

C'est dommage. Ils m'auraient pas laissé faire.

- Je t'aurais laissé m'aider.

- Vous auriez été une super munitionnette.

- C'est quoi ?

- C'est une femme qui fait des obus.

Vous connaissez la légende

allemande ? Non ?

- Qu'est-ce que c'est ?

- Celle du coup de poignard dans le dos.

Une tentative de disculper l'armée allemande de la défaite de 18,

en attribuant la responsabilité à la population civile.

Ce mythe a gangréné la République de Weimar

et a contribué à l'essor du parti nazi.

- Tu t'y connais en histoire.

- Je m'y connais en 14-18.

Musique rythmée

...

...

...

- Bonjour. Tout va bien ?

Ça se passe bien ?

Bonjour !

Bonjour.

- C'est con que tu danses pas.

- C'est ça, marre-toi. Marrez-vous.

Vous vous rendez pas compte, j'ai failli y rester.

J'ai rampé 100m pour trouver mon téléphone

qui était dans ma veste.

J'aurais bien voulu t'y voir.

Musique rythmée

...

Cris de joie

...

- Vous voyez les types

qui vendent la bière ? C'est des chasseurs.

Ceux qui tiennent le bar, c'est des non chasseurs.

LĂ , vous avez compris tout le village.

- Votre père est où ?

- Mon père est au-dessus de ça. C'est Dieu, ici.

Le jour oĂą il meurt, parce qu'il prendra pas sa retraite,

y aura plus de village.

Les gens vont arrĂŞter de respirer, de vivre.

Ils vont se laisser mourir.

Après lui, c'est la fin du monde.

Vous savez, je m'inquiète un peu.

Je l'avais pas vu depuis un moment.

Je le trouve fatigué.

- Ça va ?

Je vous interromps pas ? - Non, pas du tout.

- Nathalie ?

Vous savez que j'anime le yoga du rire ?

Il faut venir.

- Le yoga du rire ?

- Oui. C'est très sérieux.

C'est prouvé. Le rire est bon pour la santé.

Ça favorise la circulation sanguine

et la fabrication des anticorps.

- D'accord. - Moi, je peux pas, je suis sur Paris.

- Allez, Nathalie, il faut s'inscrire !

- Mais... ouais.

OK. - Ouais, il faut venir.

- Non, je viens, d'accord. J'essaierai.

Merci.

Je reviens.

- Elle est sympa, hein ? - Ouais.

Quoi ?

- Ça va ?

- Ça va.

- Et le bébé ?

Vous ĂŞtes pas revenue me voir.

- En fait...

on l'a pas gardé.

Avec mon copain, on s'est dit que c'était pas le bon moment.

Merci.

- Vous êtes sûre que ça va, Ninon ? - Oui. Au revoir.

- VoilĂ . - Merci !

- Et voilĂ  vos couverts.

Tenez. - Merci.

Musique country

...

- Je peux avoir une bière ?

...

- J'ai vu Sorlin, c'est pas la forme.

...

- Je suis désolée.

...

J'ai parlé à Norès.

...

- Il a dit que c'était une connerie d'hospitaliser Sorlin ?

...

*-Merci d'ĂŞtre venus si nombreux

*Ă  ce 8e festival de country.

*Merci beaucoup.

*Je remercie mes collaborateurs Ă  la mairie

*qui m'aident à organiser ce genre d'événements.

*Ça nous permet

*de nous retrouver tous ensemble.

- Nathalie. Nathalie. - Ouais ?

*-Amusez-vous bien ! Passez une bonne soirée.

*Ça va danser toute la nuit.

- Vous connaissez le général Gallieni ?

- Général Gallieni, non. - C'était un militaire.

Mais aussi un grand danseur.

Vous savez danser ? - Ouais.

Un peu.

- Moi, je suis un grand danseur.

- C'est vrai ?

Pourquoi tu danses pas ?

- Vous voulez danser avec moi ?

*-... de bien vouloir enlever

*le véhicule parce qu'il gêne la sortie du minibus.

''Hallelujah'' (Leonard Cohen)

...

- HALLELUJAH

HALLELUJAH

HALLELUJAH

HALLELUJAH

...

- HALLELUJAH

HALLELUJAH

HALLELUJAH

HALLELUJAH

...

...

- Ça va ?

...

- Ouais.

...

Ă€ demain.

...

- Vas-y, je t'écoute.

- J'espérais mieux. La tumeur n'a pas disparu.

Ce que je te propose,

c'est un nouveau protocole.

On va associer des rayons

Ă  la chimio.

Il faut pas que ça t'effraie.

On n'a pas le choix.

Et puis sincèrement...

ça peut avoir d'excellents résultats.

- Non.

Je suis désolé, Michel. Je ferai pas de rayons.

Un homme crie. - Qu'est-ce qui se passe ?

- Il était calme, mais là...

Suivez-moi.

- Envoyez le soldat !

Allons-y !

Brancardiers !

N'approchez pas ou je tire !

- Ne vous inquiétez pas, j'y vais.

- Nathalie, viens. Avance.

Y a tous les équipements militaires. - Ah ouais.

Je peux me mettre à l'abri ? - Regarde les équipements.

- Ouais. OK.

Ben dis donc... Ça, c'est quoi ?

- Ça, c'est un casque militaire.

- Il est génial. - Ah non, c'est un faux.

C'est un faux. - Il date de quand ?

- Il date de 1918.

- Eh ben... - C'est de la guerre de 14-18.

- Celui que tu portes aussi ? - Ouais.

Ça n'a pas la même utilité. - Ouais.

- Je connais plein d'histoires de guerre. - Je vois ça.

- Les histoires de 14-18.

- T'as appris ça où ? - Je les ai entendues à la télé.

- Des documentaires ? - Oui.

- T'en as vu beaucoup ? - Oui.

Quand j'avais 12 ans.

- Tu les as vus plusieurs fois ? - Oui, j'en ai vu.

Je les ai regardés.

Je les ai déjà vus.

Der Spiegel,

der Spiegele föss... Der Spiegel blage...

- Tu parles allemand ? - Oui.

- Ça veut dire quoi ?

- Frau Bahnhof, an Bahnhof Köss. Bahnhof Köss.

''Bahnhof Köss'', ça veut dire ''gare centrale''.

- Gare centrale ? - Bahnhof Köss.

- Oui. - Et comment ils disent Roger Zabel ?

Tu sais ce qu'ils disent ? ''El Rojolof Zabelouf''.

- Ouah... - El Rojolof Zabelouf.

- Il a toujours été comme ça.

Quand un sujet l'obsède, y a que ça qui l'intéresse.

- Hmm hmm...

Je vais lui alléger son traitement.

Vous me direz comment ça se passe.

(-D'accord.)

- Il a des capacités de mémoire exceptionnelles.

En fait...

Ça me fait plus penser à de l'autisme qu'à un retard mental.

- Mais...

On m'a dit qu'à la naissance, il avait manqué d'oxygène.

Il était tout bleu.

- J'ai aucune certitude, mais ça vaut le coup de l'envisager.

- Qu'est-ce que ça changerait ?

- Ben, vous savez...

Si c'est une forme d'autisme, il peut y avoir une prise en charge.

Il pourrait faire

des progrès, apprendre à lire et à écrire.

(-Ah.)

- VoilĂ . On essaie. Hein ?

Y a pas d'urgence. On y réfléchit, on en reparle.

- D'accord.

Oh, attendez.

Tenez.

On ne sait plus quoi en faire.

- Merci. Merci beaucoup.

- En tout cas...

C'est gentil, ce que vous faites pour lui.

Je crois qu'il vous aime beaucoup.

Ça se passe mieux qu'avec Werner.

- On lui dira pas. - Non.

- Au revoir. - Au revoir.

- Alors ? Cette maison de santé ?

J'y tiens, moi.

J'y tiens beaucoup. C'est mon projet.

Pourquoi ?

Y a 10 ans, y avait encore deux médecins

sur le canton. Une porte s'ouvre.

Voilà Cécile. Entrez, Cécile, entrez.

- Excusez-moi.

Pardon.

- Le département toujours en avance. Je plaisante.

Qu'est-ce que je disais ? Nous avions...

deux médecins sur le canton. Aujourd'hui, Jean-Pierre est seul.

Et il n'est pas immortel.

Je pense que nous devons envisager le futur.

- Oui.

La région connaît vos arguments. Maintenant...

moi, j'aimerais entendre le docteur Werner.

- Oui, bien sûr.

Mais attention, parce que Jean-Pierre a une vision...

très personnelle sur la chose.

Jean-Pierre ?

- Non, comme l'a dit Francis, je crois...

Il faut préparer l'avenir.

Il faut trouver des solutions, inciter les jeunes médecins

Ă  s'installer.

- Je comprends pas.

Vous étiez opposé

à ce projet, on en a parlé, déjà.

- Il faut bien trouver des solutions.

- Bon. Fanny.

Notre infirmière.

- Eh ben...

Je pense que ça peut être bien.

- Oui, c'est très bien. Guy ?

- Moi, c'est pareil. J'envisage mon métier

plus comme un travail d'équipe.

On en a parlé souvent entre nous.

On se serre les coudes.

- Non, attendez.

On veut tous travailler en équipe, non ?

C'est ce qu'on fait. Fanny, Guy, Hélène.

On communique tous ensemble, non ?

- Ouais. - OUI, OUI.

- Vous prenez le problème à l'envers.

Y a pas de médecin. Maison de santé ou pas,

ils viendront pas. - Ça se fait ailleurs.

C'est pas compliqué. En deux ans,

le nombre de maisons

a été multiplié par 4. - Attention aux chiffres.

C'est d'abord des affaires immobilières,

de la spéculation simple.

Ça marche pas toujours.

Ça marche en ville quand y a une pharmacie, des kinés...

Mais ici, en pleine campagne...

- Le département aide à l'installation de médecins de l'UE.

- Ouais.

À Verneuil, par exemple, y a eu un Roumain qui est resté deux mois.

Pas facile de s'adapter. Depuis, la maison de santé est vide.

Ça a coûté cher.

- Bon. C'est très bien.

Et nous, on crève la gueule ouverte ?

- Non, mais Francis...

Elle a pas tort, Nathalie.

Sinon, on a pensé à un truc :

un transport municipal, ce serait pas mal.

Les personnes âgées pourraient venir nous voir

et aller consulter des spécialistes à Magny, non ? Oui ?

- Et aussi...

la mairie pourrait aider à l'informatisation du cabinet médical.

- Exactement.

- Excusez-moi, mais la région

n'a plus rien Ă  voir lĂ -dedans.

- On est à la frontière de 2 départements.

Pour les urgences, le médecin fait 40 km

pour se rendre Ă  l'autre bout du Val d'Oise.

Mais pour une urgence Ă  4 km en Normandie,

on en appelle un autre, qui fera 2h de voiture aller-retour.

C'est absurde !

- Tu serais tombé 50m plus bas,

tu étais en Normandie.

Rires

- Au revoir. (Maroini) -Ils m'ont gonflé.

- Au revoir, Ă  bientĂ´t, hein.

- Au revoir.

Musique douce

Quelqu'un siffle. Aboiements

... ...

Coups de fusil

Musique douce Sifflets

... ...

...

...

...

Musique rythmée

...

...

- AllĂ´ ?

J'ai fait une connerie. Je suis avec Sorlin.

Non, en voiture, je l'ai pris avec moi.

Une connerie, je sais.

OK. J'arrive. OK.

OK.

VoilĂ  ce qu'on va faire.

Dès demain, on se relaie.

Toi, Guy,

tu passes vers 11h.

Ça fait le relais avec Gisèle qui viendra lui donner son repas.

Fanny.

Tu viens 2 fois.

Le matin et le soir, pour les soins. - OK.

- D'accord ?

Et vous Brigitte,

vous lui donnerez son dîner.

La mairie peut livrer les repas ?

- Bien sûr.

- Parfait.

Vous pouvez rentrer chez vous. Je vais rester avec lui.

Merci.

Salut, Guy.

Vous savez...

C'est un métier très angoissant.

Ça fait 20 ans que j'exerce avec souffrance.

Avec difficulté.

Avec souci.

On répare.

On répare, dans la médecine.

On répare les conneries de la nature.

Il faut voir les choses telles qu'elles sont.

Pour les croyants, c'est peut-ĂŞtre autre chose.

Qu'on me dise pas que la nature est une belle chose.

Dans la nature, y a des belles choses, mais y a des choses horribles.

La nature, c'est une barbarie.

On se bagarre en permanence contre une barbarie.

Bon...

C'est bien.

MĂŞme si on sait qu'Ă  la fin, elle gagnera.

Parce que ça continuera toujours.

Je suis content que vous soyez lĂ .

Je suis content.

- C'est Ă  nous, Ninon.

Attendez-la ici.

- Bien sûr.

- Tu gardes mon manteau ?

- Bonjour. - Bonjour.

Elle ferme la porte.

- Depuis quelques temps, je dors plus très bien.

- Depuis quand ?

- Je sais pas trop. Trois semaines, un mois.

Je suis pas sûre.

- Vous vous sentez déprimée ?

- Ouais. - Ouais ?

Il s'est passé quelque chose ?

- Bah...

J'ai encore avorté.

- Vous ne prenez pas de contraception ?

- Non.

Non, puisqu'on veut un bébé.

- C'est votre ami qui vous demande de ne pas le garder ?

- Oui, mais...

il a raison.

Je sais pas si je pourrais m'en occuper.

Par moment, je débloque.

- Comment ça ?

- Par exemple... quand il rentre tard,

la nuit...

je me mets en colère.

Je sais que j'ai tort de mal réagir,

mais j'arrive pas Ă  me contrĂ´ler.

Alors il dit que ça peut pas continuer entre nous.

Il dit que je suis qu'une gamine.

Que je suis pas assez mature pour avoir un enfant.

- Vous sortez voir vos copines, des fois ?

- Non.

Il aime pas trop que je sorte.

De toute façon, j'aime pas trop sortir.

- J'en ai rencontré, un sale type comme le vôtre.

Il faut partir.

Musique dramatique

...

- Il était quelle heure ? - 7h25.

...

- Vous me passez la boîte à aiguilles ?

...

Ne vous inquiétez pas. On s'occupe de tout.

On a prévenu la mairie, vous arrivez quand vous pouvez.

D'accord.

...

- Je dois y aller.

Sa fille sera lĂ  dans 1h au plus tard.

- Très bien, je vais l'attendre.

- Merci.

...

- Vous la sentez pas cette odeur de brûlé ?

- Non.

- Vous l'avez jamais sentie ? - Non.

- C'est Norès qui vous l'a dit ?

- Non.

J'ai vu les taches dans vos poumons sur votre radio.

Musique dramatique

...

- Le bras va tourner autour de vous.

On va sortir. Ne vous inquiétez pas.

Il va tourner de l'autre côté.

...

- Allez, on y va.

On y va.

Musique mélancolique

...

- Je vois rien.

- Tu vois rien ?

Regarde bien.

- Bah non, je vois rien du tout.

- Fais un effort. Juste lĂ .

LĂ .

- LĂ  ? - Oui, lĂ .

- Écoute, je suis myope ou quoi ? Je vois rien.

- T'es sûre ? - Bah oui.

- T'as raison.

Y a rien.

- Elle apparaît plus au scanner ?

- Elle a beaucoup diminué.

Le téléphone sonne.

Docteur Werner ?

Oui.

J'arrive.

Une urgence.

''Wild Is The Wind'' (Nina Simone)

...

- Elle est blanche.

Elle nous attire, on s'approche.

On s'approche, vous pouvez venir.

On va poser les mains dessus.

VoilĂ .

Voilà. Ça va être une bulle de bonheur.

On pose les mains dessus. On va tourner un peu avec elle.

On tourne tous ensemble. On tourne avec.

VoilĂ . Et maintenant...

On prend cette boule. On va la lancer.

Elle va s'envoler et puis redescendre.

- OOOOHHH...

Ils rient.

- Elle redescend.

- OOOOHHH...

OOOOHHH...

Ils rient.

''Wild Is The Wind'' (Nina Simone)

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

Sous-titrage : HIVENTY

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