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Original subtitles

SENS

C'est peut-être ce tunnel-là.

C'est arrivé dans un TGV.

Voilà l'océan.

Ça sonnait bizarre.

Je l'ai bien dit.

- Océan. - Ça sonne bizarre.

L'intonation.

Elle est sur la première syllabe.

On peut le dire de l'autre façon.

Océan.

Peu importe.

C'est pas grave.

On ne voit rien.

On ne voit pas Kobe.

C'est beau quand c'est dégagé.

On dirait notre avenir.

Hé, ne sois pas si sombre.

C'est pas si grave.

L'avenir est radieux pour une femme de 37 ans.

C'est vrai.

Mais c'est sombre, là.

Arrête.

Les boulettes de riz sont délicieuses.

C'est vrai ?

Et jolies, aussi.

Je mange le sandwich de Jun.

Bœuf haché.

- Fantastique. - C'est vrai ?

J'ai utilisé du bon bœuf.

Normal que ce soit juteux.

Merci d'avoir apporté ça.

Les grandes cuisinières.

Je suis contente, ma famille ne me fait jamais de compliments.

C'est bon d'être appréciée.

- Délicieux. - Délicieux.

Merci.

Le jus d'Akari est bon.

Super.

Des fruits pour le dessert.

- Merci. - J'en veux.

Servez-vous.

Quelle journée pour un pique-nique !

Pourquoi on ne va pas jusqu'à Arima ?

Il y a des bus.

Aux sources chaudes ? Oui.

Mais il faudrait rester plus longtemps.

J'ai envie de profiter d'Arima.

On se prévoit ça pour la prochaine fois ?

Ensemble ?

- Et on dormira là-bas ? - Oui.

Arima, c'est l'idéal.

Choisissons une date.

Ça dépend du travail d'Akari et Fumi.

Fumi a congé le lundi.

Alors ça dépend d'Akari.

Bon, que diriez-vous de dans deux semaines ?

C'est trop tôt ?

J'ai quelque chose ce jour-là, ça n'ira pas.

Cherchons une autre date.

Début août ?

Ça me paraît bien.

Oui, je dois pouvoir.

Désolée.

Ça ira très bien.

Vous voulez venir ?

C'est ce week-end.

Qu'est-ce que c'est ?

Un truc physique ?

- En fait, je ne sais pas trop. - Arrête !

C'est le 1er événement organisé par Kawano.

Le prospectus est sorti tard, on n'a pas de participants.

Ça a l'air intéressant.

Je peux y aller.

Dimanche. Combien de temps ça dure ?

Jusqu'à 17 h, mais peut-être plus.

Je vois.

Tu peux y aller ?

Peut-être.

Je peux demander à ma belle-mère de préparer le dîner.

Ta belle-mère doit être compréhensive.

Difficile à dire. On en est encore à se découvrir.

Tu n'as jamais vécu avec elle ?

Elle est gentille, mais allez savoir ce qu'elle pense.

Oh là là, c'est stressant.

- Vas-y doucement. - Ça ira.

Et toi, Jun ?

Je suis disponible.

C'est super.

Kohei doit être compréhensif.

Yoshihiko aussi.

J'en suis pas si sûre.

Tu as de quoi faire avec Daiki, ton fils.

Takuya est gentil aussi.

C'est plutôt qu'il s'en fiche.

C'est mon cas aussi.

Ça suffit comme ça !

Donc cet atelier est le week-end prochain.

Et notre sortie, début août.

Oui.

Ça compensera la pluie d'aujourd'hui.

Bonjour.

Bonjour.

Vous avez l'air fatigué, Dr Kurita.

- Akari... - Oui ?

Rends-moi un service.

- Aïe ! - Désolée.

Yuzuki, je vais m'en occuper.

Non, ça ira.

- Laisse-moi faire. - D'accord.

Voyons ça.

Ça ne prendra pas longtemps.

Serrez le poing.

Compresse désinfectante.

Des allergies au désinfectant ?

Non.

Ma veine est dure à trouver ?

Un peu. On est tous différents.

Voilà, c'est fini.

Ne frottez pas, appuyez juste.

D'accord.

Tu prends la suite ?

Désolée.

C'était rapide. Tu es douée.

A charge de revanche, Dr Kurita.

Alors laisse-moi t'inviter à dîner. Qu'est-ce que tu aimes ?

Je plaisantais. Je suis confuse.

Pourquoi ?

Elle n'est pas qualifiée.

Peut-être, mais elle s'accroche.

Pardon ?

Elle t'obéit au doigt et à l'œil.

Allons donc. Ma superviseuse était bien plus dure avec moi.

- Dr Kurita, il est prêt. - D'accord.

Merci de m'avoir remplacée.

- C'est ta 2e année. - Oui.

- Tu dois mieux faire. - Oui.

- Ne te précipite pas. - Oui.

- Ne panique pas. - Oui.

Ne rends pas les patients nerveux.

C'est le pire.

Oui.

Merci pour vos conseils.

C'était un espace de stockage avant ?

C'était le bureau des douanes.

Intéressant.

C'est un bel espace.

Merci.

Je suis confus, je ne connaissais pas le centre d'art.

C'est normal.

Le prospectus a l'air bien. Merci de l'avoir fait.

"Ecoutez votre centre"

Ravi qu'il te plaise.

Est-ce que cet espace conviendra pour ton atelier ?

Très bien.

On ne va pas beaucoup bouger.

Y a-t-il quelque chose à préparer ?

Un projecteur, pour montrer ce que tu fais ?

Pas la peine.

C'est toi qui vas diriger l'atelier ?

Je vais juste suivre ce qui vient.

"Ce qui vient" ?

Je verrai comment ça se passe.

D'accord.

Combien de participants on a pour l'instant ?

Sept.

C'est tout ?

Le prospectus n'explique peut-être pas bien le contenu de l'atelier.

Je vois.

Je commence à être désolé pour vous deux.

On trouvera peut-être d'autres gens.

Les gens réagiront à ça.

C'est un bon prospectus.

Le contenu étant vague, cela peut plaire à certaines personnes.

Mais si c'est vague, il faut toucher des gens qui comprennent.

Oui.

Tu pourrais demander à des gens que tu connais de venir.

Je peux.

C'est normalement notre travail. Désolés.

Ne vous excusez pas. Merci.

Sakurako, ta soupe miso est bonne.

Tant mieux.

Elle est trop liquide.

Daiki, ta mère l'a changée pour moi.

Je lui ai dit qu'elle était trop salée hier.

Je ne l'ai pas vraiment changée.

Mais je suis contente que vous l'aimiez.

J'ai fini.

D'autres croquettes ?

Non, merci.

Je veux pas grossir.

Sans blague ?

Tu pourrais grossir un peu.

Je retourne faire mes devoirs.

Vous voulez du thé ?

Oui, merci.

Daiki aime étudier.

Mais ça ne se voit pas sur ses notes.

C'est vrai ?

Il joue peut-être sur son téléphone avec ses copains dans sa chambre.

Pourquoi tu ne jettes pas un coup d'œil de temps en temps ?

C'est un ado. Il détesterait ça.

C'est vrai.

Quand Yoshihiko avait son âge, je l'ai surpris en train de fumer.

C'est vrai ? Il ne fume plus maintenant.

Les ados...

Et qu'avez-vous fait ?

Je l'ai giflé plusieurs fois.

Ah oui ?

Je ne pourrais pas.

Je serais obligée de demander à Yoshihiko de le faire.

Merci.

J'ai dû être à la fois son père et sa mère.

C'est vrai.

Mais tu es une bonne mère, Sakurako.

C'est pour ça que Yoshihiko peut te confier l'éducation de Daiki.

Pas vraiment.

A bientôt, bonsoir.

- Je t'ai fait attendre ? - Non.

Je sais que oui.

Je lisais, pas de problème.

Je t'ai fait attendre.

Mais non.

C'était délicieux.

Oui, c'était bon.

Tu es sûr ?

C'était bon.

Vraiment ?

Vraiment.

Je parie que tu voulais boire.

Toi, tu aurais dû commander à boire.

Je ne voulais pas me ridiculiser.

Ça n'aurait pas été le cas.

Tu es mignonne quand tu as bu.

On fait ça à Kitano, l'an prochain ?

Tripes grillées à Nagata ?

Des tripes pour notre anniversaire ?

On peut boire du saké coréen.

J'aime ça, mais...

Si on buvait à la maison ?

Je reçois un article vers minuit.

Je dois le relire.

D'accord.

Je m'occuperai de la demande de subventions.

On ne fait que travailler.

Après minuit, on redevient nous-mêmes.

Tu as raison.

Je peux en commander une autre ?

Bien sûr.

Tu as le temps ?

Ça va. Mais toi ? Il y a quelqu'un avec Suzuka ?

- Oh... - Elle est toute seule ?

Elle a invité une copine à dormir.

- Tu es sûr ? - Oui.

Ça tombait bien.

Je me sens mieux alors.

Ça t'inquiétait ?

Je m'inquiétais pour Suzuka.

J'aurais dû te le dire, désolé.

C'est rien.

Tu es si gentille, Akari.

- La même chose ? - Oui.

Je peux demander un truc ?

Oui.

Tu vois quelqu'un ?

Quoi ?

Non, personne.

C'est vrai ?

Pourquoi ?

Je pensais que j'avais peut-être de la chance.

- En fait... - Oui ?

Avoir une relation amoureuse ne m'intéresse pas.

Donc je ne cherche pas.

Je ne suis pas prête.

C'est marrant.

Quoi donc ?

Je veux pas de relation amoureuse non plus.

Une mère pour Suzuka, alors ?

La réponse est oui.

Mais pas n'importe qui.

Je peux te revoir ?

Suzuka ne s'ouvre pas facilement.

Elle est timide.

J'ai confiance en son jugement sur les gens.

Je n'ai jamais vu Suzuka aussi heureuse.

Elle me manque aussi.

Mais je ne veux pas la voir malade.

C'est pas ce que je voulais dire.

Je suis rentré.

Bienvenue.

Tu as mangé ?

Juste une bricole.

Tu me fais du riz et un thé ?

- Ta mère dit... - Oui ?

Que l'État exploite ses fonctionnaires.

Comment ça ?

L'assemblée est terminée.

Elle a demandé pourquoi tu étais encore pris.

Tu n'as qu'à ignorer ses questions.

Facile à dire.

Le travail ne s'arrête jamais.

J'ai un truc à te demander.

Je peux partir deux jours ?

Deux jours ?

Avec Jun et les autres.

Je suppose que oui. Quand ?

Début août.

Ça pourrait tomber un lundi, d'après leur planning.

Je vois.

Je préparerai les repas avant.

Daiki n'aura plus école.

N'y va pas tant que ma mère est là.

C'est exceptionnel.

Je ne veux pas qu'elle fasse des choses.

Je sais.

Je me sens nerveuse quand elle est là.

Ma sœur et ma mère sont têtues. Leur séparation risque de durer.

Elle sait se rendre utile, ça ne me dérange pas de l'avoir.

C'est Jun.

Dis-lui que je veux venir.

Ça va ?

Oui, très bien.

Oui, ne t'en fais pas.

Jun ?

- Sakurako ! - Jun...

On y va ?

Pardon si je t'ai choquée.

Ça m'a fait un choc.

Tu n'as jamais agi comme ça.

Tu as raison.

C'est toujours toi qui pleurniches.

Comment ça ?

Pourquoi tu me l'as dit ?

Je ne pouvais plus le garder pour moi.

Je suis contente que tu me l'aies dit.

- Mais... - Quoi ?

Je ne suis pas aussi bonne menteuse que toi.

Je sais.

Tu penses à Akari et Fumi ?

Je pourrai peut-être pas leur cacher.

Je ne sais pas comment faire aujourd'hui.

A toi de voir si tu veux leur dire.

Bien sûr que je ne leur dirai pas.

Bonjour !

Bonjour. Merci d'être venues.

Écrivez votre nom et scotchez-le sur votre poitrine.

Sur la hanche, ça ira ?

Oui, très bien.

Vous pouvez vous changer aux vestiaires ou aux toilettes.

Salut, vous deux !

Tu as l'air fin prête.

Je sais.

Je suis toujours prête.

Tu es toujours si cool...

Bonjour, je m'appelle Kei Ukai. Ravi de vous rencontrer.

Merci de passer votre dimanche avec moi.

Laissez-moi me présenter d'abord.

Je suis de Kobe, mais après le grand tremblement de terre il y a 3 ans,

je me suis porté volontaire.

J'ai suivi mon ami, mais j'ai fini par rester à Tohoku plus longtemps.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je fais cet atelier.

C'est que...

Je vais aller droit au but et vous montrer.

Quand j'avais du temps pour moi, à Tohoku,

j'ai commencé à faire ça avec les débris sur la côte.

Imaginez tous les débris en train de se balancer comme ça sur la plage.

C'était comme ça.

Les gens du coin n'aimaient pas tous ça, mais je m'y suis mis à fond.

Impossible de m'arrêter.

Et mon obsession m'a fait connaître.

J'ai eu des propositions de diverses organisations.

Pendant mes trois ans là-bas, j'ai été contacté

par des refuges, des centres d'art, et même des groupes religieux.

C'est comme un tour.

N'importe qui peut le faire.

Ça m'ennuie maintenant.

Mais j'ai atteint un stade

où ma renommée me permet de bénéficier de nombreux soutiens.

Ce que je veux comprendre,

c'est comment atteindre son propre équilibre.

Le thème du jour est "Ecoutez votre centre".

Ça vous pose peut-être question.

Je veux explorer des moyens non conventionnels de communiquer.

Voilà mon objectif.

Bon...

Commençons par identifier à quoi vous pensez

quand vous parlez du centre de votre corps.

Nous pensons tous habituellement à cet endroit.

Le ventre.

Le point situé à environ un poing en dessous du nombril.

C'est le "tanden."

Concentrons-nous sur ce point.

Je vais demander à Kawano de venir.

Voyons... Où est ton tanden ?

Mon nombril est là.

Alors il est ici.

Posez l'oreille sur ce point.

J'entends que ça gargouille.

Je dois être en train de digérer mon déjeuner.

J'entends ça en effet.

Bon.

Voilà, c'est ça.

C'est ce point.

Ecoutez votre ventre.

Vous avez tous ces organes à l'intérieur du corps.

Ecoutez-les deux par deux.

On se met ensemble ?

Essayons ça.

Écoute mon ventre.

Un peu plus bas ?

A peu près ici.

Tu entends quelque chose ?

Wow ! C'était quoi, ce bruit ?

Etape suivante.

Ton front...

Contre le mien.

Tu veux bien qu'on essaie ?

On pose les fronts l'un contre l'autre, comme ça.

Tiens-moi la nuque.

Avec la main du même côté, c'est mieux.

Posez la main sur la nuque de votre partenaire.

C'est mieux si on ferme les yeux.

Et on envoie ses pensées.

A vous de décider qui va envoyer et qui va recevoir.

Voyons... Quelque chose de simple, juste un mot.

Et envoyez ce mot.

D'ici ?

Oui, d'ici à ici.

Pour que ta pensée circule chez ton partenaire.

Comme une prière.

C'est un chat ?

Non !

- Je me suis trompé. - Oui, mais...

Ce n'était pas si loin.

- C'était quoi ? - Gorille.

C'était très loin !

Je suis étonnée.

Pourquoi ?

Je m'attendais à ce que tu dises quelque chose de très différent.

Genre "Quelle belle journée, aujourd'hui".

Je ne vous demande pas d'avoir un pouvoir surnaturel, ici.

Alors peu importe si ce n'est pas exact.

Mais en faisant ça, je suis sûr que tu as senti une connexion.

Si on essayait ça deux par deux à nouveau ?

- Tu étais intimidée ? - Tais-toi !

Laquelle de nous ?

Tu veux envoyer ?

J'envoie ?

Un cerf est sorti de la forêt.

Wow, c'était pas un cerf mais une panthère noire.

C'était pas loin. J'ai senti quelque chose sortir.

Tu as saisi l'action.

Je ne sens rien.

Tu l'as envoyée ?

J'ai cru que c'était toi, Kazama.

Je ne savais pas trop qui faisait quoi.

Pas étonnant.

Toujours rien ?

- Je vais envoyer. - Alors je vais recevoir.

Un truc avec des mains.

- Incroyable ! - C'était quoi ?

- Je pensais "manucure". - Manucure ?

- T'es pas stupéfaite ? - Si !

Comment décrire ça au mieux ?

Ce n'était pas juste l'axe central. Écouter le ventre, toucher le front.

Je n'étais pas

vraiment sûre de ce qu'on faisait.

Mais j'essayais d'écouter les autres, et les autres m'écoutaient.

C'était une sensation agréable.

C'est rare que les autres soient disposés à vous écouter dans la vie.

C'était agréable de savoir que les autres se souciaient de moi.

Peu de gens voudraient écouter votre ventre.

Peu de gens seraient contents d'écouter mon ventre.

Ça t'a plu.

C'est mon impression.

Simplement toucher les autres était sympa. Ça m'a fait du bien.

Je ne pensais pas vraiment à ce qu'on essayait d'accomplir.

Ça m'aurait rendue folle, sinon.

Poser mon oreille contre le ventre de quelqu'un et vice versa.

Et le front.

C'était vraiment génial.

C'était un bon moment.

Alors merci.

Je suis infirmière de métier.

Alors je touche des patients tout le temps.

Bien sûr, je fais attention.

Mais je ne n'avais jamais envisagé les choses de leur point de vue.

Il ne m'était jamais venu à l'idée que les patients

puissent sentir à quoi je pense ce jour-là.

Et ça me fait peur.

Mais c'était une belle leçon.

- Merci beaucoup. - Merci à toi.

A qui le tour ?

Voyons ce que tu as à dire, Hinako.

Tu veux que je dise quelque chose ?

- Pardon ? - Tu veux mon avis ?

Seulement si tu as envie de dire quelque chose.

Franchement, je n'ai pas compris la séance d'aujourd'hui.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé que tout restait très vague.

J'aurais aimé plus d'explications.

Tu mets en cause ma responsabilité, je suppose.

Est-ce nécessaire ?

Si tu nous avais donné plus d'explications,

on verrait mieux les failles.

"Les failles" ?

Tu veux partager ça ?

Ce qu'on a fait aujourd'hui a pu vous paraître étrange, je sais.

Mais ce que vous avez appris peut s'appliquer dans votre vie.

Vous ne croyez pas ?

En tout cas, je l'espère.

Voilà, cet atelier est terminé pour aujourd'hui.

- Merci beaucoup d'être venus. - Merci !

Tiens...

Dure journée.

Oui, dure journée.

C'était bizarre comme atelier.

Oui.

Mais c'était sympa.

Sakurako...

Oui ?

Tu es libre après ?

- On va manger quelque chose ? - Désolée.

Je suis avec des amies, désolée.

C'est pas grave, moi aussi.

Quoi ?

Oui ?

Pourquoi tu m'as invitée alors ?

Pour être seul avec toi.

Mais...

je suis pas un dragueur.

Tout va bien.

Au revoir.

Bonsoir.

Que se passe-t-il ?

Je veux écouter le ventre de Fumi.

Non, je ne veux pas !

Elle est obsédée maintenant.

Qui est obsédée ?

Tu n'étais pas intimidée ?

Quand ça ?

La connexion du front.

C'est normal de l'être.

Je l'étais.

C'est normal.

Sacré atelier.

Tu l'as dit.

- Mais j'ai adoré. - C'est vrai ?

Ça m'a bien changé les idées.

Bonne nouvelle !

On doit se retrouver après.

Ukai a suggéré que vous veniez.

- Où ça ? - Au café, là-bas.

Tu es sûre qu'on peut venir ?

Bien sûr. Les autres viennent aussi.

Tu peux rester ?

Je leur ai dit que je rentrerai tard. Tu veux y aller ?

Voyons...

Tu as peur d'Ukai.

Pourquoi j'aurais peur ?

J'ai envie de venir. Je peux ?

Si vous voulez bien.

Je veux bien.

Alors allons-y.

Santé !

Santé !

C'est Kawano qui a eu l'idée ?

Oui.

Ukai est le premier artiste que j'ai invité. Et là, je suis ravi.

Et moi d'être venue.

Pourquoi avoir choisi Ukai ?

J'ai vu les débris qu'il a mis en équilibre sur la côte.

A Tohoku ?

Quand j'étais bénévole là-bas,

j'ai vu ces débris dans des positions impossibles sur une plage déserte.

C'était vraiment stupéfiant et ça a éveillé ma curiosité.

Puis le vent s'est levé, les débris sont tombés les uns après les autres.

Quelle image !

C'était mon premier jour là-bas. C'était vraiment troublant.

J'arrivais pas à oublier ce que j'avais vu.

Puis je suis tombé sur un article sur Ukai et j'ai compris.

Ensuite, j'ai découvert qu'il animait des ateliers.

J'ai eu envie de le faire venir et j'en ai parlé à Fumi.

Et elle m'a encouragé à le faire.

Je ne savais pas.

Il y a eu plein de coïncidences

et j'ai pensé qu'il fallait que ça se fasse.

Merci.

C'est moi qui te remercie.

Vous avez participé à l'atelier...

Hinako.

Yoshie.

Hé, pourquoi tu m'as oublié ?

C'est Kazama.

Merci, Sakurako.

Ça ne te ressemble pas de te rappeler un nom.

J'ai eu mon front contre le sien.

J'espère que mon haleine ne t'a pas gênée.

Pas du tout.

J'aurais pris des bonbons à la menthe si tu nous avais prévenus, Ukai.

Quel abruti.

Même si tu avais mauvaise haleine, personne te le dirait.

Pourquoi tu dis ça ?

Aucune fille ne te le dirait.

Tu n'as pas retenu la leçon.

Hé, arrêtez de me harceler.

Vous êtes tous amis ?

On a plus ou moins grandi ensemble.

Alors je me suis inquiétée sans raison.

Inquiétée ?

Hinako a dit qu'elle n'avait pas compris.

J'ai été surprise de son commentaire.

Tu pensais que cet atelier serait nul ?

Oui.

Je m'attendais à un baratin pour un culte bizarre.

Il a toujours été comme ça ?

Il n'a pas beaucoup changé, je crois.

Je crois qu'il s'est un peu calmé.

Il était pire que ça ?

Il nous aurait demandé de nous embrasser aujourd'hui.

Pour en découvrir plus qu'en se touchant juste le front.

Mettez vos dos en contact, puis les fronts. Et pourquoi pas les lèvres ?

Compte là-dessus !

J'ai vu qu'il se retenait. Il a mûri.

Comment il était ?

Je crois que c'est comme ça qu'il voulait être.

- J'ai changé ? - Oui.

Je te déteste encore plus.

C'est vrai ?

Moi, je t'aime, Hinako.

Mais tu avais l'air de t'amuser, Hinako.

Et c'est le cas. C'est ça, le pire.

Normalement, je n'ai pas l'occasion de toucher les gens comme ça.

C'était agréable.

J'ai été contente d'être touchée par Akari.

Le ventre de Jun n'a pas arrêté de faire du bruit.

C'était agréable de se toucher sans raison spéciale.

On faisait ça quand on était petits.

Je vois ce que tu veux dire. Se toucher juste parce qu'on a envie.

On se touchait mutuellement quand on était petits.

Il y avait plein de jeux comme ça.

Comme "A 3 000 mètres dans les Alpes".

"A 3 000 mètres dans les Alpes

"Au sommet du mont Koyari

"Dansons tous la danse alpine."

Bravo, Kazama.

Ma sœur me l'a apprise.

A nous, Sakurako. Tu te souviens ?

Comment c'est ?

"L'été va arriver, c'est le moment de cueillir le thé

"Les jeunes pousses vertes recouvrent montagnes et vallées

"Voit-on les femmes cueillir les feuilles de thé

"avec leur brassard rouge et leur chapeau de paille à large bord."

Je ne la connaissais pas.

Je me rappelle celle des Alpes.

C'est pas vieux ?

On était au club d'histoire.

On l'apprenait aux enfants.

C'est vrai ?

Je ne voulais pas.

Mais tu l'as fait pour les notes.

Vous êtes copines d'école ?

Depuis le collège.

Depuis 25 ans.

Pas étonnant que je me sente vieille.

On les a rencontrées à la trentaine.

Fumi les a invitées.

Je les invite à nos événements.

Je vous vois souvent, mesdames.

Vous faites toujours les cobayes ?

Seulement si on est intéressées.

Je voulais en savoir plus sur mon corps.

Tu as appris quelque chose ?

Comme je l'ai dit, je trouve ça bénéfique pour mon travail.

Donc je suis contente d'être venue.

Merci.

Comme ça, tu es infirmière.

Ça doit être dur, d'être infirmière.

Tu veux bien m'épargner ça ?

Les questions de pure forme.

Ne le dis que si tu le penses.

Tu as raison. C'est dommage quand on s'est écouté le ventre.

Je sais.

Je m'excuse.

Ne commence pas à t'excuser.

C'est mon ressenti qui m'a fait dire ça, pas ce que je sais.

C'est bon. Arrêtons là.

Est-ce que je peux en profiter pour te poser une question ?

C'est vraiment dur comme travail ?

C'est à vous dégoûter.

J'imagine que ça peut l'être.

Mais pourquoi exactement ?

Je vais essayer d'expliquer simplement. La population vieillit.

Vous ne pensez pas que ça vous affecte.

Mais tout ce qu'on entend aux infos est vrai.

Je vais paraître dure,

mais à cause des progrès de la médecine, les patients meurent moins.

Avant, il y avait un moment où on était considéré comme mort.

Aujourd'hui, la vie peut être prolongée

par la chirurgie et les médicaments.

Quelle est la conséquence ?

Nous avons plus de patients malades qui souffrent de démence sénile.

Ils commencent par errer dans l'hôpital.

Si on ne fait pas attention, ils s'échappent.

Et en dehors de ça,

il y a le problème de la prise des médicaments.

Ils ne sont plus capables de les prendre à heure fixe,

ni de manger tout seuls.

Ils demandent un niveau de soins complètement différent.

Et dans ce genre de situations, on est confrontés à un grave problème.

Imaginons qu'un patient qui s'est échappé ait un accident

ou qu'il mette fin à ses jours.

On parlera

de négligence professionnelle ayant entraîné la mort.

Négligence professionnelle ayant entraîné la mort.

Une infirmière ne peut pas gagner un procès.

C'est horrible.

- N'est-ce pas ? - Absurde.

Mais cette situation absurde, c'est la réalité.

Tant d'infirmières ont l'avenir gâché à cause des indemnités à payer.

On est donc obligées de prendre une assurance.

Ça existe, une assurance pour ça ?

Oui. J'en ai une.

Et les cotisations sont élevées.

C'est dur.

Très dur.

J'en viens à douter moi-même.

- Mais... - Mais ?

Le plus dur,

c'est que tout ça m'éloigne des soins que je veux vraiment prodiguer.

Nous devons nous protéger nous ainsi que les patients.

Ils ont des capteurs de mouvement ou sont surveillés par des caméras.

Certains doivent être attachés.

C'est devenu la norme.

Où est l'éthique des soins, là-dedans ?

On est loin de l'idéal des soins.

On ne peut pas être dans l'empathie. Le travail devient mécanique.

Je me retrouve à devoir justifier mes comportements devant mes subordonnés.

Je leur dis qu'on doit accomplir notre travail.

Et je me retrouve coincée dans mon rôle.

C'est pas normal.

On devient infirmière

parce qu'on a cette image idéale d'aider les malades.

On n'en parle jamais.

On ressent tous la même chose.

Mais quand je vois combien je suis loin du travail idéal d'infirmière,

je me déteste, et c'est ça, le plus dur pour moi.

Vous voyez ? Je savais que j'allais vous déprimer !

- Tu fais quoi, alors ? - Comment ça ?

Quelle est ton échappatoire ?

Je sors !

J'y vais à fond.

Je bois, je vais au concert, je fais du sport ou du shopping.

Ou je passe la journée avec des copines.

Je lâche prise complètement, j'éteins l'interrupteur à l'intérieur de moi.

Et je me suis donnée à fond dans l'atelier d'aujourd'hui.

- Je t'en remercie. - Non, c'est moi qui te remercie.

Et comment est ta vie amoureuse ?

Est-ce que le fait de tomber amoureuse t'aide ?

Je suppose...

Que penses-tu d'Akari ?

Hé, c'est quoi, ça ?

Elle est super.

C'est quoi, cette histoire ?

Je suppose qu'Akari et Jun sont célibataires.

Jun est mariée. Fumi aussi.

Sakurako est mère d'un adolescent.

Je te parais célibataire ?

Tu ne portes pas d'alliance.

Sakurako et Fumi en ont une.

Pourquoi tu es indiscret comme ça ?

Je ne fais qu'énoncer un fait.

Ça m'énerve.

Alors, comment est ta vie amoureuse ?

Tu es obstiné.

Oui, on le retrouve.

Pardon ?

C'est comme ça qu'il était avant.

Son vrai moi ressort, alors.

Avoir une relation amoureuse est important.

Si je veux être honnête...

- Je le dis ? - Vas-y.

Je suis divorcée.

Ah oui ?

C'est pas pour ça, mais j'ai personne actuellement.

Je vois ce que tu veux dire.

Pourquoi ?

Je le dis ?

Tu ferais aussi bien.

- Je suis divorcé aussi. - C'est vrai ?

Mais tu as l'air si jeune. Tu as quel âge ?

28 ans.

Je me suis marié à 26. Ça a duré un an.

Dont la plus grande partie a été passée au tribunal.

Au tribunal ?

Et toi ?

J'ai signé les papiers, et voilà.

C'est cool.

Pourquoi tu as divorcé ?

- A cause de son infidélité. - C'est vrai ?

Kazama, buvons à notre santé.

Avec plaisir !

Comment tu as su qu'elle te trompait ?

Et toi ?

Je n'ai pas demandé, mais il m'a demandé pardon à genoux.

Quel idiot ! Pourquoi se faire avoir par sa conscience ?

Sois un homme et garde ça secret jusqu'à la mort.

Tu n'étais pas au courant ?

Je me doutais de quelque chose.

Il l'a peut-être senti.

Mais pourquoi il l'a dit ?

Et toi ?

- C'est son odeur. - Son odeur ?

Son odeur a changé.

Tu es un chien ?

J'adorais son odeur. Je m'endormais avec son odeur.

Que c'est romantique !

Mais un soir, elle est rentrée tard.

Quand elle s'est couchée, j'ai senti une odeur différente.

La cigarette ?

Non, c'était pas ça. Elle avait une odeur particulière.

Et cette odeur était différente ce jour-là.

Elle avait peut-être changé de shampoing ?

C'est ce que j'ai d'abord pensé, et je lui ai posé la question.

Et elle a piqué une crise.

Elle sait pas mentir.

Je lui ai demandé pourquoi elle s'énervait.

Elle rentrait tard, je savais qu'il y avait quelque chose.

J'ai demandé une explication.

Je lui ai dit que je me fâcherais pas.

Quel dégonflé.

Quand je lui ai dit ça, elle s'est mise à pleurer.

Elle le connaissait avant qu'on se marie.

Elle voulait rompre.

Elle souffrait.

Alors j'ai dit que je lui pardonnais.

Mais après ça, je n'ai jamais pu lui refaire confiance.

Quand elle sortait, je me disais qu'elle allait le voir.

Je connais...

Il fallait que je fasse quelque chose.

Je me suis dit que je devais lui faire confiance.

J'ai décidé d'aller acheter son gâteau préféré.

Pour qu'on parle et qu'on recommence à zéro.

Quel mec super !

Mais...

Je l'ai vue avec l'autre.

Quoi ?

La pâtisserie faisait aussi café.

Je les ai vus près de la vitre. Il lui tenait la main.

Tu as fait quoi ? Tu es entré ?

- Je suis parti. - Pourquoi ?

J'avais le cœur qui battait si fort.

Quel trouillard !

Alors je suis rentré. Et elle est rentrée tard.

Je lui ai dit que je l'avais vue.

Elle m'a accusé de la suivre.

Elle n'a pas cru à la coïncidence.

Elle était furieuse que je ne lui fasse pas confiance.

Elle m'a quitté ce soir-là. Puis un avocat m'a contacté.

La médiation n'a pas marché, on est allés au tribunal.

Sur quoi vous vous êtes battus ?

Vous n'étiez pas d'accord pour divorcer à l'amiable ?

J'étais d'accord pour divorcer, mais elle voulait mon capital.

Quelle salope !

C'est peut-être lui qui l'a conseillée.

Je ne voulais pas, donc j'ai pris un avocat et on a été au tribunal.

Ça a été l'enfer.

Mais toutes les chances de gagner étaient de ton côté.

En théorie, oui.

Mais j'étais complètement novice. Je n'avais aucune preuve.

Comme elle était prête à tout, elle a inventé des histoires,

dit que je la maltraitais.

Mais c'était faux ?

Il ferait pas de mal à une femme.

Je suppose...

On n'a pas été mariés longtemps mais on était ensemble depuis la fac.

Vous savez, on avait été amoureux.

Tu as un côté romantique.

Oui.

Je suis du genre romantique.

Ne l'admets pas comme ça.

Pour gagner, on a dit des trucs

qui ont fait paraître notre mariage minable.

On s'est critiqués mutuellement.

C'est dur.

J'ai fini par demander à régler ça à l'amiable.

Elle a pris la moitié de mon capital.

- Tout le monde était perdant. - Oui.

Mais, Kazama, tu es un type bien.

Buvons !

Merci !

Si vous voulez mon conseil, évitez d'aller au tribunal.

Bon conseil.

J'ai cessé de voir ma femme de la même manière.

Elle est devenue quelqu'un d'autre.

Vraiment ?

Ne sois pas si mélancolique.

Kazama...

Je suis en pleine procédure de divorce depuis un an.

Ta femme a eu de la chance que tu laisses tomber.

Moi, ça ne se passe pas comme ça.

C'est vrai ?

C'est la première fois que j'entends parler de ça.

Je ne te l'ai pas dit.

Seulement à moi ?

J'en parle pour la première fois.

Sakurako était au courant.

J'ai eu une aventure.

Avec un type de l'âge de Kawano ou de Kazama.

Je parie que tu es fâchée.

- Pourquoi je le serais ? - Tu l'es.

Parce que tu m'as rien dit !

Pourquoi tu annonces une chose aussi importante ici ?

Pourquoi tu as parlé de ton travail ?

Tu ne nous avais jamais rien dit.

- Parce qu'on m'a posé la question. - Exactement.

Je n'ai rien dit car on ne m'a pas demandé.

J'en parle là parce que j'en ai envie.

Et comment se passe le divorce ?

Je ne suis pas sûre qu'il soit prononcé.

Mon mari ne veut pas divorcer.

A moins que je ne prouve qu'il est fautif, ça n'arrivera pas.

Pourquoi il ne veut pas divorcer ?

Il dit qu'il me pardonne.

Vous vous aimez ?

Je ne l'aime pas.

Est-ce qu'il est fautif en quoi que ce soit ?

Il n'est pas le seul coupable.

Mais...

Mais ?

Ce n'est pas un bon argument pour gagner.

Alors j'invente des histoires. Je suis vraiment horrible.

- Tu vois toujours l'autre ? - Oui.

Comment tu peux critiquer Kohei, alors ?

Qui est fautif ici ?

C'est quoi, le mariage, si on est aussi égoïste ?

Pourquoi on s'engage ?

Je n'ai jamais été mariée, mais je vois ça se produire.

Je sais que ça arrive.

Mais c'est pas bien.

Que veux-tu qu'elle fasse ? On ne peut changer ce qui s'est passé.

Comment ça ?

Tu veux qu'elle reconnaisse qu'elle a eu tort ?

Ça te regarde pas.

Ça devait finir au tribunal.

On n'y peut rien.

On sait tous que c'est la faute de personne quand il y a infidélité.

Mais on a besoin d'un coupable.

On se demande pourquoi ça fait si mal si c'est la faute de personne.

C'est pour ça qu'il faut un coupable.

Je vais y aller.

J'ai trop parlé.

Je vais la rattraper. Ukai et Kawano, merci.

Au revoir.

J'ai dit un truc qu'il fallait pas ?

Je ne suis pas prête à dire que je suis fautive ou que j'ai eu tort.

Je sais que les gens ne comprennent pas, mais ça ne fait rien.

Je ne comprends pas.

Mais je trouve ça acceptable.

Voilà ce que je pense.

Quoi ?

Je sais pas. Je suis peut-être fâchée aussi.

Sakurako était au courant.

C'est compréhensible. Elles se connaissent depuis plus longtemps.

On est quoi, pour elles ?

Tu peux me laisser ?

Je ne veux rien dire de méchant.

Si je dis quelque chose, ce sera mal interprété.

Bonsoir.

Bonsoir !

Ne fais pas cette tête.

C'est ma faute.

Tu sais que je ne sais pas garder un secret.

Tu te trompes. C'est comme je l'ai dit.

J'avais envie de le dire.

Je me fiche des autres, maintenant.

Je ne pensais même pas à toi.

Désolée.

Je ne te comprends plus, Jun.

Tu veux venir au tribunal ?

Pour le divorce ?

Comme ça, tu comprendras.

Voilà mon train.

Jun !

Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Tu peux te lever ? - Je crois.

- Tu veux une ambulance ? - Non.

Je suis rentrée.

Daiki, c'est l'heure !

- Tu es une si bonne mère. - J'essaie.

Jun, je vais te déposer au train.

Merci.

On peut y aller ?

- Tu pars maintenant ? - Oui. Merci.

Bonjour.

Salut.

Pourquoi t'es là ?

J'ai dormi ici.

- C'était ça, ce raffut. - Désolée.

Regarde-moi ça, Daiki. Comme tu as grandi.

Combien tu mesures ?

1,63 m ou 1,64 m.

On est allés au karaoké quand ?

Je me souviens pas.

Il y a quelques années. Allez, mange.

Au revoir.

- On y va. - Au revoir.

Sakurako, merci beaucoup.

- Je t'appelle. - A plus tard.

Bonjour.

Bonjour. Le café est prêt.

Merci.

Merci pour la couverture.

Oh, de rien.

Tu t'es endormi en travaillant ?

Je lisais l'interview de M. Ukai.

Dans "Art Press" ?

Il est intéressant.

Tu trouves ?

Il utilise tellement de mots pour dire qu'il ne sait pas.

C'est vrai ?

Tu sais, pour la lecture de Mlle Nose que j'organise ?

Si j'invitais M. Ukai ?

Euh...

Il viendrait ?

Il n'est pas compatible avec Mlle Nose.

C'est encore mieux.

Il n'est pas très célèbre.

Elle non plus.

Un problème ?

J'aurais dû te le dire quand tu as accepté l'événement.

Je ne veux pas mélanger travail et vie privée.

D'accord.

Je ne veux pas promouvoir les événements de mon mari.

Je ne te le demandais pas. Je voulais juste ton avis.

Tu as sans doute raison.

Je ne sais pas.

Mais tu m'aidais avant qu'on se marie.

J'adore l'espace du centre d'art.

Je voulais l'utiliser.

Je ferais mieux d'y aller.

Déjà ?

Oublie la lecture de Mlle Nose.

Je chercherai un autre endroit.

- On n'a encore rien imprimé. - C'est pas mieux.

Je trouverai d'autres invités.

Tu es contrarié ?

Non.

Il faut me mettre les points sur les i. Désolé.

- J'y vais. - Bonne journée.

Tu cherches ça ?

Ta clé de voiture.

Je demanderai pour Ukai.

C'est Kawano qui le connaît. Je ne devrais pas te dire non comme ça.

Je demanderai.

D'accord, et dis-moi ce qu'il en est. Merci.

- Bonne journée. - Au revoir.

Tu es heureux ?

Pourquoi cette question ?

Tu as une jolie femme, un fils sympa.

J'ai peut-être l'air heureux.

Mais tu ne l'es pas ?

Ma vie à la maison l'est peut-être.

Mais pas en dehors ?

On peut dire ça.

Comment ça va au travail ?

Je fais ce que j'ai à faire, c'est tout.

C'est dur au bureau ?

Tout travail est dur.

Je ne t'ai encore jamais dit ça.

Quoi donc ?

Tu es devenu un homme respectable.

Où tu veux en venir ?

Mais tu ne ris plus.

Tu crois ?

Hé, regarde la route.

Pardon.

Sois gentil avec Sakurako.

Tu es bizarre.

C'est une chouette fille.

- Elle t'a dit quelque chose ? - Non.

Alors pourquoi tu dis ça ?

Je peux pas m'en empêcher quand je vous vois tous les deux.

Je tiens à elle.

Mais je montre pas mon amour tous les jours,

je lui offre pas de fleurs.

Je m'occupe du boulot, et elle de la maison.

On a chacun ses responsabilités.

C'est sympa.

- C'est normal. - Non.

Vous en parlez ?

On n'en a plus besoin.

Tu l'aimes ?

- J'ai un service à te demander. - Lequel ?

Tu peux arrêter de l'inciter à sortir ?

Vous allez à Arima.

Elle peut pas faire ça tout le temps.

Sakurako t'a parlé de mon divorce ?

Oui.

Et du tribunal aussi ?

Je suis soulagée.

- Pourquoi ? - Vous vous parlez encore.

Tu es bizarre.

Ça t'inquiète ?

On n'est pas comme vous.

Je ne suis pas comme ton mari. Sakurako n'est pas comme toi.

Tu as raison.

C'est une année importante pour Daiki.

Les garçons de cet âge ont besoin de leur mère.

T'inquiète pas, je lui demanderai plus.

Pas pour toujours. Juste cette année.

T'en fais pas. Ce sera comme ça.

Merci.

- A bientôt. - Au revoir.

A Awajishima.

Tu te rappelles ce qu'on a mangé ?

Qu'est-ce que tu as mangé ?

- Je me souviens pas. - Du chocolat.

Du chocolat ?

Allô ?

Oh, salut.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce que tu marmonnes ?

Tu te maries ?

Ah oui ?

Félicitations.

Ça s'arrose.

Au mariage ?

Je n'irai pas. Pourquoi j'irais ?

Comment tu peux être aussi bête ?

Allô ?

Allô ?

Allô ?

Imbécile.

Je ne viendrai pas !

Oh, Sakurako ?

J'ai cru que c'était quelqu'un d'autre.

Pourquoi tu parles de tribunal ?

Oh, le divorce de Jun.

Elle veut que je vienne ?

Je peux pas répondre maintenant.

Je suis pas sûre de pouvoir venir.

Désolée, j'ai un double appel.

Envoie-moi un mail avec les infos. Merci.

Tu as vraiment besoin qu'on te mette les points sur les i.

Aucune mariée ne voudrait voir l'ex-femme de son mari à son mariage.

Je ne t'inviterai pas à mon propre mariage si ça arrive un jour.

Pièce à conviction numéro 2.

Veuillez écouter l'enregistrement.

"Il y a quelqu'un ?

Quelqu'un ?

Un autre homme.

C'est ce que tu penses ?

Tu as raison.

J'aime quelqu'un d'autre.

Je le connais ?

Non.

J'étais avec lui aujourd'hui.

Vous l'avez déjà fait ?

On couche ensemble.

Depuis plus d'un an."

C'est ici.

La plaignante reconnaît clairement avoir commis l'adultère.

Cela contredit votre précédent témoignage,

niant tout adultère depuis votre mariage.

Est-ce vrai ?

Je n'étais pas calme à ce moment-là.

J'ai menti pour le faire souffrir.

Je vois.

Vous voulez le faire souffrir.

Pourquoi ?

Parce que...

Vous avez déclaré

que le défendeur ne vous a jamais maltraitée physiquement.

La violence peut être autre que physique.

J'ai été maltraitée psychologiquement par mon mari.

Vous voulez dire qu'il vous agressait verbalement chaque jour ?

Au contraire, on se parlait à peine.

Depuis quand ?

Vous avez vécu ensemble pendant 8 ans.

Petit à petit.

Mais on se parlait déjà peu dès le début.

Je vous demande si vous aviez des conversations.

"On se parlait déjà peu"

signifie que vous aviez des conversations, en fait.

Ce n'était pas significatif.

Je ne comprenais pas ce qu'il disait

et je crois qu'il ne me comprenait pas non plus.

Mais il y avait des conversations.

Ça ne prouve pas qu'il ne voulait pas communiquer.

J'estime qu'il ne montrait aucun intérêt.

Et sans intérêt, la conversation n'existe pas.

Je vois.

Sans intérêt, vous vous sentiez seule ?

Oui.

Comment faisiez-vous face à cette solitude ?

Grâce à mes amis.

Mes amis me soutenaient moralement.

Vos amis sont des hommes ou des femmes ?

Des femmes.

Vous avez des amis hommes ?

Oui.

Il vous arrive de passer du temps seule avec un ami ?

Oui.

Mais pas souvent.

Mais ça vous arrive.

Aviez-vous des rapports sexuels avec le défendant ?

D'après le défendant, vous aviez des rapports sans aucun problème.

Ce n'était pas "sans problème".

Que voulez-vous dire ?

Le défendant a déclaré que vous preniez souvent l'initiative.

J'ai toujours voulu un enfant depuis que je me suis mariée.

Oui.

Je pensais qu'un enfant résoudrait notre problème.

Mais ce n'était que quelques fois par an.

Et même ça m'était souvent refusé.

Vous avez dit "J'ai menti car je voulais le faire souffrir."

Oui.

A mes yeux, on dirait que c'est par amour.

Qu'y a-t-il ?

Vous êtes romantique.

Vous n'êtes qu'un homme vous aussi.

Évitez les remarques hors de propos.

Le défendant a déclaré que son amour pour vous était inchangé depuis le début

Si vous-même ressentez encore de l'amour pour votre mari,

ne devriez-vous pas essayer de communiquer plutôt que de divorcer ?

Objection. Il induit la réponse.

Objection retenue.

Le défendant a déclaré

que vous refusiez de communiquer depuis un certain temps.

Je crois que c'est vrai.

Mais ce n'était pas un choix délibéré.

Pourquoi alors ?

J'ai été tuée par mon mari.

Expliquez-vous.

J'ai aimé mon mari à un moment, c'est vrai.

J'ai le sentiment de lui avoir donné le meilleur de moi.

J'ai essayé d'être une bonne épouse.

Je voulais lui apporter mon soutien.

Mon mari a piétiné tout ça.

Pendant 8 ans,

il n'a fait que me prouver que l'effort était inutile.

Et j'avais la sensation que la part de moi la plus importante

était tuée petit à petit.

Pouvez-vous être plus explicite ?

En un mot, il ne faisait rien de particulier.

C'est comme ça qu'il m'a tuée.

Je vois ce que vous ressentez.

Mais en l'absence d'incident précis, on ne peut prendre de décision

autrement qu'en votre défaveur.

Merci d'être venues.

Ça a été pire que ce à quoi je m'attendais, là-dedans.

Salut.

Bonsoir.

Chouette !

Quoi ?

J'espérais que l'odeur de curry venait de chez nous.

Tant mieux.

Ah, des champignons.

Au fait...

Oui ?

Comment était Kohei ?

Tu l'as interviewé il y a deux ans environ.

Kohei ?

Le mari de Jun.

Le scientifique. M. Hino.

C'est ça.

Pourquoi ?

Comme ça.

Eh bien...

C'est un scientifique typique.

Je ne l'ai pas compris.

Mais c'est un brave type.

Un brave type ?

- Mlle Nose était enthousiaste. - Vraiment ?

Elle l'a bombardé de questions, mais il a été charmant jusqu'à la fin.

C'était pour Mlle Nose aussi ?

Oui.

On était perdus.

On pensait faire un livre de SF.

Rien à voir en effet.

J'étais jeune à l'époque.

Au fait...

Je peux toutes vous emmener à Arima.

C'est vrai ?

J'y vais pour l'interview de Mlle Nose.

Elle écrit sur les sources chaudes d'Arima.

Mlle Nose et les sources chaudes.

Vas-y.

Merci.

J'ai l'intention de passer la voir.

Donc si j'adapte mon emploi du temps, je pourrai vous conduire là-bas.

Merci.

J'espère que ça ne te dérange pas.

Ne t'en fais pas.

Merci.

C'est bon.

Très bon.

Hier...

Je suis allée au tribunal avec Jun.

- Pour son divorce ? - Oui.

Comment c'était ?

Dur à regarder.

Je vois.

Elle va perdre.

Ah ?

On ne peut pas faire quelque chose ?

Comme quoi ?

Je ne sais pas.

Ne te mêle pas des affaires des autres.

C'est mon amie.

On ne sait pas qui a raison.

Quelle importance ?

C'est Jun.

Me revoilà.

- Bonjour. - Bonjour.

Bonjour.

Jusqu'où tu es allée ?

Jusqu'à la gare.

J'ai vu Daiki en chemin.

Il est matinal.

Il allait à l'entraînement de basket.

- Je croyais la saison terminée. - Oui.

Je pense qu'il devrait arrêter le club.

Vous savez...

Je ne devrais peut-être pas en parler.

De quoi ?

Dimanche dernier, il a ramené une fille à la maison.

Ils sont allés dans sa chambre, réviser ensemble.

- Tu étais au courant ? - Non.

Tu étais parti au golf.

Et Sakurako était à... cette chose que vous appelez "atelier".

La fille était là quand je suis revenue du club du livre.

J'ai fait tout ce que j'ai pu.

J'ai joué les vieilles dames innocentes.

"Toc-toc, vous voulez un jus de fruit ?"

"Tu veux rester dîner ?"

Je suis allée dans la chambre toutes les 30 minutes.

Elle a dit au revoir dans la soirée.

Mais...

Mais quoi ?

Je viens de voir cette fille, là.

Juste après avoir vu Daiki.

Vous pensez qu'ils avaient rendez-vous ?

Tu lui as parlé de la contraception ?

Je suis beaucoup trop vieille.

La jeune génération est différente, même de la vôtre.

Allons-y.

On va se lever.

Oh, ça fait mal.

Vous pouvez faire ça doucement ?

Désolée.

Yuzuki est bien plus gentille.

Désolée, elle est avec les patients en ambulatoire.

Elle est plus douce aussi.

C'est vrai ? Je suis désolée.

M. Toyama, c'est du harcèlement sexuel.

Pas du tout.

C'est vous qui me harcelez.

Hé, Yuzuki !

Quelle vedette !

Bon, allons-y.

Tu reviens dans le service.

Oui, à partir de demain.

J'ai besoin que tu sois utile.

Oui.

Tu sais, Yuzuki...

Oui.

Tu aurais besoin de faire une grosse erreur.

Hein ?

Tu fais des erreurs insignifiantes.

Je suis désolée.

Tu as besoin d'en faire une bien grosse.

Une grosse erreur ?

Une énorme erreur dont tu aies du mal à te remettre.

C'est terriblement difficile.

Tu as besoin de cette expérience,

sinon tu ne saisiras pas le sérieux de ce travail.

Le sérieux ?

Tu manques de concentration parce que tu n'as pas peur.

Alors tu continues.

Je suis désolée.

Vous avez connu ça vous aussi ?

Tout le monde fait des erreurs.

Oui.

J'ai envisagé de démissionner, suite à une énorme erreur.

Une autre infirmière m'a aidée.

Alors je veux que tu fasses cette expérience tant que je suis là.

Merci.

Quoi ?

Vous êtes tellement fiable.

Pas tant que ça.

Tenez.

Ça fait 280 yens.

J'appelle mon avocate.

Vas-y. Je veux juste te parler.

Je peux entrer ?

C'est sympa ici.

Tu paies combien ?

35 000.

C'est pas cher.

Il fait chaud.

Je peux ouvrir ?

Allô ? C'est Mme Yoshikawa.

Oui, s'il vous plaît.

Mon mari est là.

Tout à fait.

Il est entré de force.

Je suis dans la salle de bain.

Vous pouvez venir ?

Oui, s'il vous plaît.

La police ?

Non, ce n'est pas nécessaire.

Au revoir.

Tu ne gagneras pas.

J'ai passé un test psychologique.

Je suis tout à fait normal.

Un test peu fiable.

Finissons-en.

Inutile d'attendre le verdict.

C'est une perte de temps.

En finir, et après ?

Reviens avec moi.

Tu veux du thé ?

Tu ne peux pas dire que je suis entré de force si tu m'offres du thé.

Ouvre la fenêtre.

Je ne reviendrai pas.

Quel que soit le verdict,

je ne reviendrai jamais avec toi.

Quand bien même.

Tu es ma femme.

Seulement sur le papier.

Si je vis seule pendant 6 ans, ce sera invalidé.

Tu veux divorcer, et après ?

Vivre avec ton petit ami ?

Sans doute pas.

Tu seras seule jusqu'à ta mort.

Alors ça reviendra au même.

J'ai toujours été seule.

Tu n'y arriveras pas.

A quoi ?

A me mettre en colère.

Je ne vais pas t'insulter ni te frapper.

Dommage.

Que dois-je faire ?

Je veux changer.

Tu ne peux pas.

Je ne m'attends pas à ce que tu changes.

Je pourrais te tuer, là.

C'est pas très haut.

Te briser le cou.

Tu veux le faire ?

Va-t'en.

- Bonjour. - Bonjour.

Où sont Fumi et Takuya ?

Je vais chercher des boissons.

- Tu étais de nuit ? - Oui.

Tu as l'air fatiguée.

Je pense que je vais fondre, dans une source chaude.

J'ai vraiment une sale tête ?

Tu as un nouveau mec ?

Arrête.

Ça se voit.

C'est ça...

Désolée pour ce que j'ai dit l'autre jour.

Non, c'est moi qui t'y ai poussée.

Tu dois arrêter de mentir.

Je déteste les mensonges.

On ne peut pas être amies si tu mens.

D'accord. Désolée.

Je crois tout ce qu'on me dit.

Alors si tu mens, toute la terre tremble.

C'est un méga séisme.

Ça y est, vous êtes réconciliées ?

On n'était pas vraiment fâchées.

- Pas vrai ? - Oui.

C'est ça...

Bonjour !

Pourquoi vous riez ?

- Bonjour. - Bonjour.

Merci, Takuya.

De rien.

Tu y vas pour une interview ?

Une auteur avec qui je bosse veut écrire sur les sources chaudes.

Il y a des endroits connus, comme Kusatsu ou Hakone,

mais on n'a pas le budget, alors elle écrit à Arima, c'est plus près.

Consignée jusqu'à ce qu'elle écrive.

Comment elle s'appelle ?

Tu connais Kozue Nose ?

Non.

Ah, tu ne connais pas.

Bon...

Elle est jeune ?

Elle a 25 ans.

Son premier roman a eu beaucoup de succès.

"Shiratama" ?

C'est ça. Tu l'as lu ?

On a interviewé Kohei avant.

J'ai beaucoup pleuré.

C'est émouvant ?

Ça correspondait à mes sentiments.

C'est toi qui l'as édité.

Je suis content que ça t'ait plu.

Il y a une lecture au centre d'art.

Je vous inviterai toutes.

- J'ai envie d'y aller. - Oui.

- Et Ukai sera là. - C'est quand ?

Le premier samedi d'octobre.

Oui, il me semble.

Je suis libre.

Ça a été rapide.

Et toi ?

Samedi... le soir ?

Oui, le soir.

Je devrais pouvoir venir.

Je veux y aller.

Tu pourras ?

Je ne suis pas sûre.

Mais j'ai très envie.

Organise ton emploi du temps autour de ce que tu veux.

Tu y vas fort.

Je vous enverrai le prospectus.

Elle lira ce qu'elle écrit à Arima.

Tu vas dormir à Arima aussi ?

Oui.

Avec une jeune romancière ?

On dirait un tabloïd.

Hé Fumi, tu ne devrais pas t'inquiéter ?

Tais-toi.

Je ne vous emmènerais pas, si c'était le cas.

Wow, super vue !

C'est super.

Par quoi on commence ?

Hé !

Ohé !

Elle est mignonne.

On entend la cascade.

Oui.

Faisons une photo.

On va faire une photo.

Vous voulez bien nous prendre ?

Toutes les quatre.

Comme ça ?

On doit sourire, sur une photo.

Fumi aussi.

En voyant les sourires, plus tard,

vous penserez vous être super amusées.

Mais on s'amuse vraiment !

Attention...

Rapprochez-vous.

Un plus cinq égale...

Six.

Encore une. Ne bougez pas.

Voilà, ça y est.

Encore une. Un plus cinq...

Six !

Ça suffit comme ça.

Désolée, mais c'est une super photo.

Merci.

Merci beaucoup.

Oh ! Ça y est...

Oui, c'est "Ron".

Encore ?

"Chi-toi", double "dora".

Oh, non !

C'est le score maximal.

Seule Akari paie pour le "Ron", non ?

Ouais !

Sakurako, tu es douée.

Enfant, je jouais avec ma grand-mère.

"C'est si drôle que ça pourrait ruiner ma vie."

Elle disait ça, et ça m'a donné envie.

Je ne savais pas.

Mais ta vie n'est pas ruinée.

C'est pas drôle.

Je n'ai pas joué récemment.

La plupart des gens ne savent pas jouer.

Et Yoshihiko ?

Non.

Il sait pas que je sais jouer.

Tu fais l'innocente ?

J'ai pas eu l'occasion de lui dire.

Takuya sait jouer.

- C'est vrai ? - Oui.

Il a bien l'air impassible qu'il faut.

Je l'appelle ?

Vous pourriez jouer ensemble pour qu'il t'apprenne.

Non, je préfère pas.

Pourquoi tu es énervée ?

Énervée ? Moi ?

Parce que tu les as vus.

Ils marchaient, c'est tout.

Quoi ?

Je veux que Fumi dise la vérité.

Tout va bien.

Ne t'en fais pas pour moi.

Fumi et Takuya forment un couple étrange.

Pourquoi étrange ?

Vous parlez, tous les deux.

Mais on dirait que c'est juste superficiel.

Rappelle-toi, c'est la vision de quelqu'un d'extérieur.

C'est entre vous deux.

Superficiel...

Je ne suis pas sûre, mais ça fait cet effet.

Comme s'il y avait un fin voile entre vous deux.

Et que vous essayiez de ne pas le toucher.

Ce voile n'existait pas quand il marchait avec Mlle Nose.

Takuya semblait détendu.

Quand bien même...

Que veux-tu que je fasse ?

Rien, à vrai dire.

Tu es fâchée ?

Pas fâchée, juste...

On se fait du souci pour toi.

Du souci ?

Ça me va bien de dire ça.

Je sais que vous vous en faites pour moi.

Pour trouver une solution.

Pour que personne ne souffre.

Ceci mis à part, je me fais du souci.

Tu t'amuses ?

Tu peux dire ce que tu veux ?

Je m'amuse toujours quand je suis avec vous.

- Mais... - Mais quoi ?

Je ne pense pas devoir tout dire.

Et si je le fais, je ne crois pas que vous m'approuverez.

N'importe quoi !

En fait, je suis très égoïste.

On sait.

Je vois.

Tu peux pas le cacher.

Tu es têtue, aussi.

Je n'avais pas besoin de le cacher.

Évidemment.

Fumi et Sakurako sont égoïstes.

Moi aussi ?

Oui.

Et moi ?

C'est ta lâcheté qui m'inquiète.

Évidemment, j'ai peur.

Tu n'as plus peur, toi, Jun ?

J'ai peur de tout.

Tu vois.

J'avance tout doucement.

Mais je ne veux plus renoncer.

J'ai l'impression de voir une partie de ma vraie vie.

De ta vraie vie ?

Je me fiche de ce que disent les autres.

Je dirai ce que je veux.

Je n'ai pas envie de renoncer.

- Tu es vorace. - Oui.

Mais je crois que c'est la vraie Jun.

Comment ça ?

Je te connais depuis longtemps.

Mais c'est comme si je te voyais pour la première fois.

C'est vrai ?

Alors... enchantée.

Ravie de te rencontrer, au bout de 25 ans.

Eh bien !

Un quart de siècle.

Comment tu t'appelles ?

Oh... Sakurako Iba.

C'est un joli nom.

Merci.

Et toi ?

Je m'appelle Jun.

Jun, c'est un joli nom.

Enchantée. Je m'appelle Jun.

Enchantée. Je m'appelle Akari.

Ce nom te va bien.

Ah bon ?

Tu nous rends toutes lumineuses.

Enchantée. Je m'appelle Jun.

Je m'appelle Fumi Tsukamoto. Ravie de faire ta connaissance.

J'allais dire que c'était un joli nom.

Je me sens un peu gênée.

Y a pas de quoi.

On a tout vu les unes des autres.

Ça sonne un peu cochon.

Quoi ?

"Le bruit de ton ventre."

Je n'aime pas ça.

Allez !

Moi aussi !

Non... Arrêtez !

La photographe.

Le quatuor.

Oui, merci.

Comment est la photo ?

Elle est super.

Regardez.

Une vraie bande.

Je trouve aussi.

Vous n'êtes pas d'ici.

Non, je viens de Mie.

Pourquoi ?

Je fais le tour des chutes d'eau.

Ah oui ?

Je m'appelle Yoko Takino. "Taki" signifie "chute d'eau".

Je me sens liée aux chutes d'eau.

Je vois.

Vous rentrez chez vous ?

Un peu plus tôt que prévu, mais je dois retourner voir mes parents.

Je peux vous demander pourquoi ?

Je vous en prie.

Quelqu'un de votre famille est malade ?

Quelque chose comme ça, mais je ne suis pas sûre.

Comment ça ?

Il semblerait que mon père se soit blessé.

Mais mon père est un menteur.

Je ne sais pas si je devrais raconter ça à une parfaite inconnue.

Allez-y.

Merci.

Ma famille fait pousser des oranges sous serre à Mie.

Mon père était en train de réparer une serre ou je ne sais quoi, hier.

Et il est tombé d'un tabouret.

Il va bien ?

Il dit que ça va.

Mais je ne peux pas savoir.

Pourquoi ?

Il raconte toujours des mensonges inutiles.

Mon grand-père est mort quand j'avais environ six ans.

Mon père m'a fait croire qu'il était parti à Osaka pour affaires.

Je peux comprendre pourquoi, mais c'était inutile.

Mais je l'ai cru pendant un an.

C'est vrai ?

Je croyais vraiment que c'était vrai.

Il y a bien eu des funérailles.

Il m'a dit que c'était une fête.

Mais on met des fleurs dans le cercueil.

Je dormais pendant tout ce temps-là.

Je comprends comment le mensonge a été possible.

Et même après...

La famille ne parlait pas de grand-père

parce qu'il n'était pas là.

Je continuais à croire qu'il était à Osaka.

Et puis un soir, à l'heure du dîner, on a eu un visiteur.

On l'a fait entrer et on lui a offert du thé.

Puis il a commencé à raconter ses souvenirs de grand-père.

C'est tout à fait normal.

Je trouvais ça très bizarre.

Cet homme parlait de grand-père comme s'il était mort.

Alors ça m'a un peu énervée.

Grand-père était censé être vivant.

Vous n'aviez pas compris ?

Une fois qu'on croit quelque chose, c'est dur de changer sa perception.

Puis l'homme a demandé à offrir de l'encens à grand-père.

Je me suis dit que je devais dire quelque chose.

Si mes parents étaient trop polis pour le faire,

je devais dire quelque chose à cet homme.

Puis mon père l'a conduit à l'autel familial.

J'ai trouvé ça bizarre.

Alors je suis allée avec eux jusqu'à l'autel.

La photo de grand-père était posée dessus.

La photo...

Oui, elle était là.

Vous ne l'aviez pas remarquée ?

Elle devait être trop évidente pour que je la voie.

C'est bizarre.

Oui, hein ?

Et donc votre menteur de père s'est blessé.

Oui.

Mais je ne sais que croire.

Je vois.

Je me suis dit qu'il était peut-être malade ou je ne sais quoi,

et qu'il avait inventé autre chose.

Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

- Ma mère m'a appelée hier. - Votre mère...

Elle avait l'air bizarre.

Bizarre comment ?

Je pense qu'elle pleurait.

Elle pleurait et elle avait la voix enrouée.

Mais elle a maintenu qu'il était tombé d'un tabouret.

Alors j'ai un peu paniqué.

Et j'ai décidé d'aller les voir aujourd'hui.

Désolée pour cette histoire confuse.

Non, je crois que je comprends.

C'est vrai ? Merci.

Et où sont les trois autres ?

Elles sont reparties.

J'avais un peu plus de temps, alors je suis restée à Arima.

Vous êtes toutes amies d'enfance ?

On s'est connues à la trentaine.

Sauf une que j'ai connue au collège.

Ça fait longtemps.

Oui.

Comment vous vous êtes rencontrées, toutes ?

C'est moi qui les ai présentées.

Quoi ?

Ah, ça ne m'étonne pas.

J'aime réunir les gens.

Vous pensez que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, hein ?

Je les connaissais toutes les trois séparément.

J'ai pensé qu'elles s'apprécieraient.

Et alors ?

Ça a marché.

C'est une super histoire.

Pourquoi ?

Si je peux me faire des amies comme ça à 30 ans, ce sera formidable.

Quel âge avez-vous ?

28 ans.

Alors pas de problème.

Vous vous en ferez plein.

- Plein ? - Des tas.

Il y a tellement de gens merveilleux, c'est plus dur de n'aimer personne.

C'est vrai ?

Si vous aimez beaucoup de gens, certains d'entre eux vous aimeront.

Mais selon votre théorie,

ça arrive parce que vous êtes séduisante.

Oh, merci.

Vous aussi vous l'êtes.

Merci.

Je peux vous demander ce que vous faites ?

Je suis sans emploi.

Pour être exacte, je suis ex-femme au foyer.

Ex ?

En fait, ça finit aujourd'hui.

Je suis en train de divorcer.

Le verdict doit tomber aujourd'hui.

Oh, vraiment ?

Oui.

"Le bus s'arrête au prochain arrêt."

Je descends ici.

Merci.

De rien.

"Attention à la fermeture des portes."

Je vais arranger ça.

SENS

Bienvenue.

Un café frappé.

Alors, de quoi s'agit-il ?

Comme je l'ai dit au téléphone,

mesdames, j'aimerais vous demander où se trouve Jun.

Moi aussi, j'ai des questions à te poser.

Akari, tu n'en as vraiment aucune idée ?

Non.

Depuis combien de temps elle est partie ?

Ça fait déjà trois semaines.

Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ?

C'est une affaire personnelle.

Alors j'ai cherché tout seul.

Sa famille ne sait pas non plus.

Et je crois...

qu'elle est enceinte. Mais je ne lui ai pas demandé.

Elle l'est.

Elle me l'a dit.

Son mec a disparu aussi ?

Il n'était pas au courant.

Ils ont rompu il y a un moment.

Peut-être pas.

J'ai engagé un détective.

Alors je suis sûr.

Kohei...

Le meilleur moyen de la trouver,

c'est d'accepter le divorce.

C'est ce que tu devrais faire si tu tiens à elle

et si tu veux la revoir.

- Je ne peux pas. - Pourquoi ?

Ce qu'elle fait est contraire aux règles.

Quoi ?

Le mariage oblige à suivre un ensemble de règles.

Elle doit donc suivre ces règles.

Bien sûr, ce n'est pas permanent.

Elle peut rompre.

Mais cela doit se faire selon les règles.

Je ne les ai jamais enfreintes une seule fois.

Je respecte les règles.

La ferme. Ça suffit, avec les règles.

Pourquoi tu me dis de la fermer ?

Je ne fais que répondre à ta question.

Je comprends pourquoi elle t'a quitté.

Alors explique-moi, je t'en prie.

Tu manques de chaleur.

De chaleur...

Je ne te sens pas, comme personne.

Je ne peux pas m'imaginer vivre avec quelqu'un comme toi.

Qu'est-ce que je devrais faire, alors ?

Tu ne peux rien faire. C'est ce qu'elle a dû penser.

Si c'est le cas, je veux l'entendre de sa bouche.

Tout ce que je veux, c'est lui parler.

Mais pourquoi le tribunal ?

Ça ne te fait rien qu'elle souffre ?

Le tribunal, c'était son idée.

Je ne la comprends pas.

Tu ne la comprendras jamais.

Elle n'avait aucune chance de gagner.

C'était une perte de temps.

On a perdu toute crédibilité.

Quelle importance ?

Oui, ce n'est pas important.

Kohei, tu n'as aucune idée de l'endroit où elle peut être ?

Non, absolument aucune.

Je me fais du souci pour sa santé.

Je veux lui procurer un endroit sûr où accoucher.

Je veux voir le bébé aussi.

Ça risque de te faire souffrir, tu ne crois pas ?

Il est de moi.

Arrête. Reviens sur terre !

Les dates correspondent. Il est de moi.

Tu l'as forcée ?

Non, jamais.

Alors...

Tu veux dire qu'elle a disparu, enceinte de toi ?

Exactement.

On parlait d'avoir des enfants avant que tout ça n'arrive.

Je crois qu'on pourrait changer les choses si elle revient.

On pourrait rester ensemble.

Appelez-moi si vous apprenez quelque chose.

Si vous permettez...

Je suis écœurée.

Il est vraiment dingue.

Vous croyez que c'est vrai ?

Que le bébé est de lui ?

Dans ses rêves.

Sinon, ça veut dire qu'elle nous a trompées.

Pourquoi elle ferait ça ?

Qui sait ?

Elle a peut-être honte de baiser avec le mec dont elle divorce.

Akari !

J'ai dit "peut-être".

Qu'est-ce qu'on doit faire ?

Comment ça ?

Quelle est la meilleure chose à faire ?

Il n'y a rien qu'on puisse faire.

C'est sa décision à elle.

- Elle a pu avoir un accident. - Mais non.

Apparemment, elle a tout fait comme elle l'avait prévu.

Elle a déménagé en avance, non ?

Je me demande pourquoi... Jun ne m'a rien dit.

Tu crois que tu es la seule à être blessée ?

Fumi et moi, on l'est aussi.

Elle ne t'a vraiment rien dit ?

Même pour sa grossesse ?

Je ne l'ai pas entendu de sa bouche.

Pourquoi tu nous l'as pas dit ?

Je n'étais pas sûre de pouvoir en parler à n'importe qui.

A n'importe qui ?

On n'est pas n'importe qui.

Akari,

Sakurako est dans une position différente.

Pas du tout. On est toutes amies.

Peu importe quand on s'est connues.

Oui, je suis d'accord avec toi.

Mais ça a une importance.

Comment ça ?

Je suis d'accord avec ça.

Si c'est son choix.

D'accord avec ses mensonges aussi ?

A-t-elle vraiment menti ?

Sinon ça n'a aucun sens !

Jun n'a rien dit.

"Si je dis quelque chose, ce sera mal interprété." Tu as dit ça, non ?

Je suis d'accord avec ça.

C'est difficile de parler quand on essaie d'être fidèle à soi-même.

- Alors on devrait tout oublier ? - Je n'ai pas dit...

Je lui ai dit

"On ne peut pas être amies si tu me mens."

C'est quoi, une relation basée sur le mensonge ?

Ce n'est que...

un tissu de mensonges !

Akari,

prends-le comme tu le sens.

Pareil pour Sakurako et Jun.

C'est tout.

Fumi, pourquoi tu fais toujours ça ?

Comment ça ?

Te faire passer avant les autres !

Tu ressens quoi, par rapport à ça ?

En ce qui me concerne,

je suis triste parce que mon amie m'a menti.

Voilà comment on devrait commencer.

Tu ne te sers que de ta tête.

Je dirais... que tu es comme le mari de Jun.

Et toi, Akari ?

Tu ne te dis pas que c'est nous qui l'avons poussée à se taire ?

Nous ?

Elle s'est peut-être dit qu'on ne la comprendrait pas.

- C'est égoïste. - Et qui est égoïste, là ?

Je ne te dirai jamais tout.

Tu ne fais que juger les gens selon tes critères.

Qui voudrait se confier à quelqu'un comme toi ?

Quoi ?

Et toi, alors ?

Ne passe pas tes nerfs sur moi.

"M. Toyama, 10 unités"

Tu peux venir vérifier ?

Oui.

M. Yokota.

- Glycémie avant le repas, 242. - Oui.

Il a mangé 70 % du riz et 90 % de l'accompagnement.

Donc 4 unités.

Oui, 4 unités.

M. Toyama.

Glycémie avant le repas, 290.

Il a tout mangé.

Donc 10 unités, comme la dernière fois.

Oui, 10 unités.

- M. Hirose. - Oui.

Glycémie avant le repas, 189.

Il a mangé 40 % du riz et 20 % de l'accompagnement.

Je descends donc à 2 unités.

- 2 unités. - Oui, 2 unités.

- Merci. - Oui.

- Mme Makino. - Oui ?

- Excusez-moi. - Quoi ?

Qu'y a-t-il ?

Je le savais.

Quoi donc ?

M. Toyama n'a pas tout mangé. Même pas la moitié.

Il faut donc descendre à 2 unités.

- J'ai regardé la mauvaise ligne. - Je crois.

Bien joué. Merci.

Je suis passée voir M. Toyama à l'heure du déjeuner.

- Viens avec moi. - Oui.

Pourquoi tu ne l'as pas dit quand on a vérifié ?

Tu le savais, non ?

Je suis désolée.

Ne t'excuse pas.

Dis-moi juste pourquoi.

J'ai cru que je m'étais trompée.

C'est le genre d'erreur que vous ne faites jamais.

J'ai failli le tuer.

- Je suis désolée. - Arrête de dire ça.

Ça ne sert à rien.

C'est si dur que ça d'être franche avec moi ?

Dis-le-moi quand je me trompe. C'est tout ce que tu as à faire.

Je suis désolée.

Ah, désolée.

Je dois faire un rapport.

- Vous êtes vraiment obligée ? - Idiote !

Qu'est-ce que tu as dans la tête ?

A quoi sert ce genre de rapport ?

Grandis un peu !

C'est la vie des gens qui est en jeu. Ne l'oublie pas.

Oui.

- Descends le chariot. - Hein ?

Je vais revérifier.

- C'est pas la peine. - Je ne te fais pas confiance.

Tu n'as pas vérifié correctement.

Si tu ne prends pas ça au sérieux, va ailleurs.

Tu m'énerves.

Je suis là.

Ah, tu es rentré.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Écoute... - Oui ?

Il faut que je te parle.

De quoi ?

Ben...

Je sors avec une fille.

Et elle est enceinte.

Hein ?

J'ai besoin d'argent.

Attends un peu...

Je ne comprends pas.

J'ai besoin d'argent pour l'avortement.

"Vapeur"

Cette lecture...

Oui ?

C'est ton mari qui l'organise ?

Oui, on compte sur toi tous les deux.

L'écrivain, elle est très jeune.

Je crois.

- Et mignonne. - Oui, je crois.

Je n'ai jamais lu ses livres. Elle est connue ?

Je ne crois pas, non.

Ton mari est son éditeur ?

Oui, je peux t'apporter un exemplaire si tu veux.

Il faut que je le lise ?

A toi de voir.

Tu peux parler de ce que tu ressens après la lecture.

Merci d'avoir attendu.

Voilà le contrat.

D'accord, merci.

La production est prévue pour un an. On couvre toutes les dépenses.

Comme tu as un endroit où loger à Kobe,

l'argent de l'hébergement vient en plus.

Je suis obligé de rester à Kobe toute une année ?

Non, pas vraiment.

Tu peux aller où tu veux, tant que tu es là pour chaque présentation.

Je vois.

Autre chose ?

Non.

Je regrette de dire ça maintenant,

mais je trouve ça gênant d'être appelé artiste résident.

Je commence à me demander si je suis vraiment un artiste.

Hein ?

Je ne fais que mettre des objets debout.

Respecte ce que tu ressens en ce moment.

On pense pouvoir faire quelque chose d'intéressant avec ton appui.

Mais on a tous les deux le droit de choisir.

Non.

Je ne dis pas que je me sens mal à l'aise avec vous, au centre d'art.

C'est juste un problème de ressenti.

D'accord.

On peut attendre.

Et quand tu te sentiras prêt, fais-le-nous savoir.

D'accord, merci.

On peut discuter avec toi, si tu veux.

Reconsidère la question.

Oui, s'il te plaît.

Un problème ?

Tu fais un travail vraiment difficile.

Un problème ?

Quel idiot !

Tu n'as pas d'amis à l'école ?

Si.

Pourquoi tu ne leur as pas demandé ?

Tu es pire qu'idiot.

Quand j'étais jeune,

on mettait la main à la poche

pour n'importe quel ami.

Tu couches pour le plaisir,

et quand elle est enceinte,

tu nous demandes de l'argent ?

Tu trouves ça normal ?

Ça ne l'est pas.

Elle...

Quoi ?

Elle veut le dire à personne.

- Tu aurais dû faire attention ! - Arrête.

- Ça fait mal. - Tu sais

ce qui arrive après, non ?

Comment elle s'appelle ?

Donne-nous son nom.

Tout de suite.

On doit présenter nos excuses.

Tu voulais juste payer ? Ça ne marche pas comme ça !

Yuki Misawa.

Yuki Misawa, c'est...

Tu la connais ?

Ils étaient en primaire ensemble.

Je vois.

Va te coucher.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Tout ce qu'on peut faire, c'est leur présenter nos excuses.

Je les appellerai demain.

Tu peux y aller quand ?

Pas avant deux semaines.

Même le week-end ?

L'an prochain, Kobe accueille le sommet mondial des villes portuaires.

Les VIP sont là en ce moment.

Mais dans 3 semaines, ce sera trop tard.

Oui.

Tu peux y aller ?

Toute seule ?

20 personnes

pendant 10 jours.

Je les ai toute la journée.

Je peux pas prévoir mes horaires.

Impossible.

Je te l'avais pas dit ?

Non.

Tu as dit que tu serais occupé,

mais tu n'as pas dit pourquoi.

Tu vas retirer de l'argent.

Combien ?

500 000.

Une lettre...

Je l'écrirai ce soir.

Mais ça ne veut rien dire si on n'y va pas en personne.

Dans ce cas,

prends ma place et va gagner de l'argent !

Tu ne peux pas ?

Mais tu peux t'occuper des affaires familiales pour moi.

Alors s'il te plaît...

Tu peux me faire un thé ?

Veuillez accepter toutes nos excuses. Nous ne savons que dire d'autre.

- Sakurako... - Oui.

Je sais que ça ne répare rien, mais je vous prie d'accepter ceci.

Pouvez-vous promettre de faire en sorte qu'il ne la revoie pas ?

Vous voulez qu'il change d'établissement ?

Je veux dire en dehors de l'école.

Les examens approchent. C'est une période cruciale.

Je m'assurerai qu'il ne la revoie pas.

Veuillez accepter toutes nos excuses.

C'est vraiment absurde.

Les deux enfants sont responsables.

Mais c'est nous qui devons nous excuser.

Ils n'ont pas prononcé un mot d'excuses.

C'est vrai.

Je me demande comment ils auraient réagi si j'avais dit

"Votre fille a séduit Daiki."

Je te demande pardon.

Hein ?

Pour lui.

Il n'est pas très doué avec les mots.

Vous parlez de Daiki ?

Non, de Yoshihiko.

Oh...

Peut-être que...

Daiki ressemble à son père de ce point de vue.

Sûrement.

Sakurako, tu es trop sérieuse.

Hein ?

Il y a des choses auxquelles on ne peut rien.

Mais tu te rends responsable de tout.

C'est un peu... arrogant, d'une certaine façon.

Arrogant ?

Ce genre de mentalité est usant pour les autres, tu sais.

Oui.

Détends-toi un peu.

Sois plus sereine. C'est le mieux.

Je me croyais sereine.

La sœur de Yoshihiko m'a appelée.

Oui.

Elle m'a demandé pardon.

Je savais qu'elle regretterait bientôt.

Donc

je retourne chez elle ce week-end.

Vous êtes sûre ?

Tu dois être contente.

Non.

Prends bien soin de Yoshihiko.

Non, s'il vous plaît.

On l'a déjà fait, non ?

Ce n'est peut-être pas si facile de rester

avec quelqu'un qu'on aime vraiment.

Un mariage arrangé comme le mien est peut-être plus facile.

J'avais juste à m'accrocher.

Notre mariage...

Oui ?

Comment vous le voyez ?

Supporter un mariage, c'est difficile.

Mais y mettre fin aussi.

Si c'est difficile dans les deux cas, autant le supporter, non ?

Je vais aller me promener.

C'est ma dernière occasion de le faire avant de partir.

D'accord.

Merci beaucoup.

De rien.

Yuki...

Elle était là ?

Oui...

Mais elle n'est pas venue.

Je l'ai aperçue à l'étage.

Je vois.

Elle est mignonne.

Pardon de t'avoir giflé.

Moi aussi, je dois m'excuser.

Rien ne peut réparer ce que tu as fait.

Oui.

Tu devras vivre avec ça.

Peut-être... ne seras-tu jamais heureux de toute ta vie.

C'est horrible, ce que j'ai dit.

Tu penses que ton père et moi sommes mûrs ?

En fait, on ne l'est pas.

Et tu l'es plus qu'on ne le pense.

OK.

Alors tu ne dois plus dépendre autant de nous.

Tu as commencé à sortir avec papa quand vous étiez au collège, non ?

Qui a déclaré son amour le 1er ?

Je ne sais plus.

Je ne te crois pas.

On s'est fait avoir par le baratin de Jun.

De Jun ?

Comment ça ?

Elle a dit à Yoshihiko que je l'aimais bien.

Et elle m'a dit qu'il m'aimait bien.

Eh bien... quelle intrigante.

Sans doute.

Tes copains utilisent ce mot ?

Je ne sais pas.

Mais moi, oui.

Tu ne décroches pas ?

Allô ?

Désolée.

Je ne suis restée à l'hôpital qu'une journée.

Désolée de t'avoir inquiété.

Oui, je vais très bien maintenant.

C'est pas vrai.

Là,

je rentre chez moi.

Ça ira.

Il est tard.

Ça va aller.

Eh bien...

Je suppose que je pourrai sortir avec Suzuka finalement.

Je vais t'accompagner.

Faut que je te fasse du thé ?

Si tu insistes, avec plaisir.

Ne fais rien de stupide, d'accord ?

Mais non, idiote.

Sinon tu te retrouveras avec une prune.

C'est moi qui vais te faire un thé.

Comme ça, tu te reposeras.

"Vapeur".

Akari, tu vas à des lectures ?

Hé, arrête de fouiller.

Tu es assez féminine, hein ?

Tais-toi !

Rentre chez toi !

N'approche pas.

C'est pas gentil.

Rentre chez toi.

Les médecins, je peux pas.

Je te l'ai dit.

Je comprends très bien.

Les infirmières, je peux plus non plus.

Alors fiche-moi la paix.

- Hé... - Akari !

Hé !

Aïe !

Ça va ?

Aïe...

Daiki...

Jun...

Qu'est-ce que tu fais ?

Quoi ?

Tu prends le bateau ?

Non.

Tu as accompagné quelqu'un ?

Ben...

Quoi ?

Tu as un bébé là-dedans ?

Oui, tout à fait.

Tu veux toucher ?

Il bouge ?

Je sais pas.

Tu veux écouter ?

Quoi ?

C'est un peu gênant.

Profites-en, c'est le moment.

Il bouge.

Oui.

Je dois y aller.

Je t'accompagne.

C'est vrai ? Je suis contente.

Merci.

Merci beaucoup.

De rien. Je suis content d'être venu.

Oui ?

Pourquoi tu es venu ?

On devait s'enfuir avec ma copine.

Mais elle m'a posé un lapin.

Ah...

Elle m'a laissé choir, on dirait.

C'est un peu vieillot comme expression.

On me le dit souvent.

Ne dis rien à ma mère.

Bien sûr que non.

- Merci. - Oui.

Fais attention à toi !

- Jun ! - Oui ?

Il paraît... que je suis né grâce à toi ?

C'est vrai.

Merci !

Au revoir !

Daiki ?

Tu veux manger quoi, ce soir ?

Je vais entrer.

"Vapeur"

Bonjour, je n'ai pas réservé.

Ça ne fait rien.

Akari est là ?

Merci d'être venus à la lecture de la nouvelle œuvre de Kozue Nose.

Je suis Takuya Tsukamoto, son éditeur.

C'est moi qui vais présenter cet événement.

Mlle Nose va lire une nouvelle non publiée,

intitulée pour l'instant "Vapeur".

Il est prévu qu'elle paraisse l'année prochaine.

Mlle Nose s'est lancée dans l'écriture d'une série de nouvelles

ayant pour cadre des sources chaudes.

L'artiste Kei Ukai animera une séance de questions-réponses

après la lecture.

Merci d'accueillir Mlle Kozue Nose.

Bonsoir, je suis Mlle Nose.

Bien qu'on m'ait préparé un micro,

je vais lire sans.

J'espère que ça vous plaira.

"Vapeur.

"Je le savais car je ne cessais de le regarder.

"Comme si mes yeux étaient tombés amoureux de lui d'abord.

"Voilà pourquoi je me souviens très bien

"du bleu du T-shirt de Shimada, il y a un an.

"Je me souviens pour la première fois depuis un certain temps

"de son T-shirt bleu et de sa voix légèrement nasale,

"parce que je dois le voir aujourd'hui.

"Derrière la vitre,

"la végétation luxuriante nous suit et défile de gauche à droite.

"Dehors, je ne vois que du vert,

"et je ne sais trop où je suis.

"J'ai l'impression que l'été exacerbe toutes sortes de choses.

"Le paysage défile.

"Peu à peu, il devient moins parallèle à la fenêtre.

"Mon corps pèse sur la gauche, tandis que je regarde dehors.

"Le train gravit une colline.

"Je change de train au prochain arrêt.

"Je serai ensuite à un arrêt de ma destination.

"Le train prend doucement un virage

"et je vois un trou noir devant.

"La voie s'enfonce dans le trou, bordée de verdure de part et d'autre.

"C'est une ligne si droite

"que je me demande si un retour est possible.

"Sans grand changement,

"l'arrière du paysage se rapproche et passe à côté de moi.

"Je regarde le phénomène se répéter.

"Au milieu des cliquetis du train,

"j'entends le sifflement de bouilloire du vent.

"Nous entrons dans un tunnel.

"Comme un explorateur muni d'une lampe frontale,

"le train n'éclaire qu'une petite zone à l'avant.

"A l'intérieur, le tunnel ondule en brun

"comme le fond d'une gorge.

"Au bout d'un moment,

"j'aperçois une lumière blanche.

"Tandis que nous en approchons,

"bruns, verts et bleus apparaissent pour former un paysage.

"Regardant cela,

"je comprends soudain que les hommes ont vu le monde grâce à la lumière.

"Et je suis surprise

"qu'une telle prise de conscience me frappe à cet instant.

"La fin du tunnel approche et nous sortons.

"Nous arrivons à Arima.

"J'aperçois Akane en sortant par le portillon de contrôle des billets.

"Il y a d'autres chercheurs,

"et je vois Shimada parmi eux.

"Son T-shirt n'est pas bleu mais blanc, aujourd'hui.

"'Yayoi-chan !'

"Akane me fait signe en souriant.

"J'agite la main en retour.

"Nous sommes ensemble à l'université mais elle a un an de plus.

"Je l'appelle 'Akane-san'

"et elle m'appelle 'Yayoi-chan'.

"J'utilise 'san' pour montrer mon respect,

"mais cela la déçoit car nous sommes dans la même classe.

"Moi, ça me donne l'impression d'être un vieux couple et ça me plaît.

"Je n'étudie pas la géologie,

"mais Akane m'a à nouveau invitée cette année,

"et j'ai décidé de les rejoindre.

"Nous restons à Arima quelques jours

"pour étudier les failles.

"'Bonjour. Merci de me recevoir à nouveau.'

"Je m'adresse exprès au groupe tout entier.

"Je regarde derrière moi et j'aperçois le professeur Ogata.

"Nous étions sans doute dans le même train,

"mais il vient juste de sortir.

"Shimada marche vite.

"Plus vite que moi.

"Et plus vite que la plupart des gens, la plupart du temps.

"Voilà pourquoi je le vois souvent de dos.

"Ça va, puisque nos yeux sont placés devant nous.

"Et puis le regarder marcher est assez intéressant.

"Son corps saute quand il fait un pas,

"faisant bouger ses épaules.

"Sa façon de marcher lui donne l'air heureux même s'il ne l'est pas.

"Espérons que cela ne le desserve pas.

"La recherche de failles consiste à marcher.

"L'aspect détective de la chose m'a fait rire l'an dernier."

Fumi...

Allons-nous-en.

Toi et moi.

Qu'est-ce que tu racontes ?

C'est bizarre de demander ?

Tu n'y retournes pas ?

Je vais aller aux toilettes.

Oh...

Salut, toi.

Tu as l'air en forme.

Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Rien de grave.

Tu es venue quand même.

Je pensais tomber sur...

Qui ?

Toi.

Tu es bien charmante aujourd'hui.

Je plaisante. Et cette lecture ?

C'est en cours.

Tu n'écoutes pas ?

Akari...

Oui ?

Allons-nous-en.

Quoi ?

Toi et moi.

"Je suis allée aux thermes un peu plus tard.

"L'espace assez petit était plein de gens.

"J'étais surprise que ce soit bondé.

"Mais bizarrement, plusieurs cabines de douche étaient ouvertes.

"J'ai pensé chercher Akane,

"mais je ne voulais pas regarder des gens nus.

"Je choisis une cabine sans personne de part et d'autre

"et me ruai à l'intérieur.

"J'essayai de faire le moins de mouvements possible

"en me lavant rapidement les cheveux et le corps.

"Ne voyant rien à travers l'eau brune du bain,

"j'utilisai mes pieds pour trouver les marches d'accès.

"Faisant attention à ne pas me cogner les orteils,

"j'avançai assez lentement.

"Illustrant le nom de 'bain doré', de fines particules d'or flottaient.

"J'appréciai de tremper là, contrairement à chez moi,

"et regardai les particules.

"Elles me faisaient penser

"à un vieux bouillon cube pas complètement dissout.

"Je mis une serviette pliée sur ma tête

"et m'enfonçai dans l'eau.

"Je pris une inspiration et levai les yeux.

"Le plafond continuait au-delà du mur

"séparant les bains des femmes de ceux des hommes.

"J'entendais des voix masculines,

"mais elles parlaient chinois et je ne comprenais rien.

"Je décidai que c'était pour ça que c'était plus bruyant

"qu'il n'y paraissait."

Tu peux jeter un œil ?

"Je ne suis pas la bonne personne pour le débat

"ni pour être votre artiste résident."

Il ne répond pas au téléphone.

Montre-le à Takuya.

"...quelqu'un que je n'avais jamais vu.

"Cela m'étonnait de les voir tous nus ensemble aux sources chaudes."

Tu l'as eu ?

Non, j'ai appelé plusieurs fois.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Il faut leur dire.

On ne peut pas.

C'est gênant pour Mlle Nose.

Tu as raison.

Mais on n'a pas le choix.

Ukai ne reviendra pas.

Tu as l'air tellement détachée.

Tu peux le faire ?

Quoi ?

Le débat.

Avec Mlle Nose.

Tu es curatrice, ce serait logique.

Non.

Quoi ?

Je ne veux pas.

Je n'ai pas vraiment écouté, ce serait déplacé.

D'accord.

Ça va ?

"Plus tard, Shimada passa au café.

"Il s'assit à côté de nous

"et parla à Akane du travail de terrain de la journée.

"'Quand vas-tu épouser ta petite amie ?'

"lui demanda Akane.

"'Quand j'aurai économisé un peu plus'

"répondit Shimada.

"Je savais déjà

"qu'il avait une petite amie et qu'ils allaient sûrement se marier,

"je n'eus donc pas l'air surprise

"ni ne fis très attention.

"Je regardais une course de chevaux qui repassait au ralenti.

"En partant, je réalisai comme ma respiration avait été superficielle.

"J'inspirai et expirai profondément.

"Le vent du soir semblait plus frais.

"Peut-être parce que mon corps avait été réchauffé par le bain.

"Je sentais encore l'acidité du café."

Ils sont ouverts.

Tu veux y aller ?

Oui, d'accord.

Quoi ?

Tu es superbe aujourd'hui.

Tu es sûr de toi ?

Oui.

Oui ?

Et toi ?

Quoi ?

Tu rates la lecture.

Oui. Jun n'était pas là ?

Non.

Alors ça va.

Tout va bien.

"Je retournai dans ma chambre et m'allongeai.

"Regardant le plafond, je songeai à ce qui s'était passé.

"Je me croyais soulagée de ne pas lui avoir parlé de mes sentiments,

"mais je ne l'étais pas.

"Et ce n'est pas que je le regrettais non plus.

"Sans être amoureuse,

"je ne ressentais pas le besoin de toucher,

"la joie d'être près de Shimada au quotidien.

"Peut-être ne pouvais-je ressentir ce besoin.

"Peut-être qu'à l'époque, je voulais seulement surprendre Shimada.

"Mais dans ce cas,

"je ne comprenais pas pourquoi je regardais Shimada.

"Garder les yeux ouverts ne m'aidaient en rien,

"alors je les fermai.

"Mais cela ne changea rien.

"Je me réveillai tôt le lendemain

"et décidai de prendre un autre bain.

"J'avais encore le temps avant de partir.

"Les thermes étaient calmes.

"Il y avait déjà beaucoup de gens,

"mais le calme régnait

"dans les vestiaires et les bains.

"Je pus prendre mon temps pour me déshabiller

"et me laver lentement le corps.

"Toutes sortes de corps nus entrèrent

"tandis que je trempais.

"Un petit enfant, un grand adulte, un petit adulte.

"Peau blanche, peau bronzée,

"gros seins, petits seins,

"jambes maigres, jambes grasses,

"cou ridé, gros ventre,

"gros grain de beauté et cheveux grisonnants.

"On remarque différentes couleurs et formes de corps quand on est nu.

"Ces corps appartiennent à des gens différents.

"Mais quand ils sont tous ensemble,

"on se rend compte que les corps ne sont que des combinaisons

"de différentes parties du corps.

"Si j'avais été fille de boucher et que j'habitais près de la mer,

"aurais-je eu...

"Aurais-je été la fille au ventre potelé et à la peau bronzée ?

"Tout ce que je voyais devant moi, c'était ces différentes possibilités.

"Ces choix sont-ils encore à faire

"ou ont-il été faits ?

"Les choix sont-ils faits maintenant ou dans le passé ?

"Ces corps se mélangent et vivent leur vie.

"Ils entrent dans le bain dans la vapeur blanche,

"se lavent et se promènent.

"Entourée de ces corps, je sentis que je pouvais mieux m'aimer.

"Bien que mon genou soit tordu,

"il se souvient de mes 22 ans beaucoup mieux que moi.

"Ce genou est le mien.

"C'est ce que je ressens.

"Me sentant un peu étourdie, je sortis du bain.

"Mon corps était plus léger.

"La notion que j'avais de mon corps et mon corps lui-même

"coïncidaient enfin, dans la forme et le contenu.

"Tout le monde voulait rester acheter des souvenirs,

"mais je continuai seule et pris un train pour rentrer.

"Le paysage de l'aller se mit à défiler à l'envers.

"Passant la main sur ma nuque,

"je sentais mon corps

commencer à se rafraîchir à partir de ma colonne vertébrale.

"Un bébé se mit à pleurer.

"Le son déchirant résonnait dans tout le train.

"La mère essayait de calmer le bébé.

"Mais je voulais qu'il pleure plus fort.

"Je voulais féliciter la voix perçante du bébé.

"Une vague d'anxiété me monta à la gorge et dans le dos.

"Je serrai les mâchoires.

"Je pensais à Shimada.

"Un rayon de soleil éclairait le sol.

"Je voulais tout garder.

"Mon corps, les pleurs du bébé, le train et le paysage...

"Les conserver dans une boîte en plastique."

Merci beaucoup.

Nous allons passer au débat.

Je suis désolé, nous avons dû procéder à un petit changement.

L'artiste Kei Ukai étant souffrant, il a dû se retirer.

Mais l'une des personnes présentes, le biologiste Kohei Hino,

va prendre la place d'Ukai.

Merci, M. Hino.

Merci de l'applaudir.

Ravi de vous revoir. Ça fait un petit moment.

Bonsoir, et merci de remplacer Ukai.

Je ne sais trop comment commencer.

Oui, bien sûr, je comprends.

Le livre n'est pas encore sorti ?

Non, l'encre est à peine sèche sur le manuscrit.

- A peine sèche... - Oui.

C'est le début d'une série sur le thème des sources chaudes.

Je vois.

Des sources comme Atami et Beppu.

Et Arima, près de Kobe.

Donc elles sont à venir ?

Tout à fait.

Je ne crois pas avoir dit qui j'étais.

Je suis biologiste, mais j'étudie le développement de l'œuf fécondé.

Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre.

Oui.

Quel genre de recherches faites-vous ?

Eh bien...

En gros, j'observe la division cellulaire de l'œuf fécondé

et la façon dont les cellules acquièrent des fonctions.

Je vois.

Nous savons tous que nous avons des bras ici et des jambes là,

et des organes dans le ventre.

On considère ça comme allant de soi.

Mais le devrait-on ?

Pourquoi les mains ou la tête ne poussent pas sur le ventre ?

J'étudie quand et comment ces fonctions se décident.

Je vois.

Actuellement, on sait seulement que ça se programme au sein de notre ADN.

L'évolution a montré que nos membres fonctionnent mieux sous cette forme,

et nous voilà donc avec cet ADN.

C'est tout ce qu'on sait.

Oui.

Mais quand et où les cellules

se chargent-elles d'un rôle en se divisant ?

C'est une question clé.

Quand un bras devient-il un bras, ou une jambe une jambe,

à partir de ce qui n'était qu'un œuf ?

Une cellule de bras peut-elle remplacer une cellule de jambe ?

Et si oui,

au cours de quel processus cellulaire est-ce possible ?

Ah...

C'est dur à suivre ?

Non, mais je mentirais si je disais que je comprends.

C'est difficile, je sais.

Mais ça devient inexact si je simplifie trop.

Oui.

Pour simplifier au maximum, j'analyse la façon dont les choses se passent.

Je me souviens maintenant vous avoir déjà entendu expliquer ça.

En effet.

Avec la même réponse.

Je suis désolée.

Mais alors,

ce que vous faites n'est pas si différent de mon travail.

Je crois que c'est ce que vous aviez dit alors.

Je suis désolée.

Non, je suis d'accord avec vous.

Ah ?

Puis-je dire le bien que je pense de votre histoire ?

Oh... Oui.

Je la trouve excellente.

Merci.

C'était nouveau pour moi d'approcher la littérature par la voix.

Le personnage principal, Yayoi, a comme vous une vingtaine d'années.

C'est une narration à la 1re personne.

Oui.

C'est gênant, mais...

j'ai eu l'impression d'être devenu une femme, en vous écoutant.

Oui ?

Oui, vraiment.

C'est très gênant.

Non, je suis vraiment ravie.

Les femmes restent un mystère pour moi.

Oui.

Et j'ai eu l'impression d'en être devenu une.

Mais ça n'a pas résolu le mystère.

J'ai vraiment senti

comment les femmes perçoivent leur propre corps comme un mystère.

Oui.

Grâce à votre description saisissante,

votre aptitude à voir.

Ah ?

Vous commencez par une description visuelle.

Celle d'un train.

Oui, le train d'Arima.

J'ai trouvé que ça symbolisait toute l'œuvre.

Les choses ne font souvent que passer devant nos yeux.

Mais nos yeux n'essaient pas de saisir ces événements fugitifs.

Vous les décrivez comme fugaces.

J'ai trouvé ça génial.

Ça ne se passe pas au ralenti.

C'est en temps réel, le monde tel qu'il est.

Et vous montrez que ça peut être décrit avec beaucoup de sensibilité.

En un mot, c'est magnifique.

Ça incite à vivre la vie.

C'est mon interprétation.

Oh, c'est super.

Vous êtes allée à Arima ?

Oui.

Je m'en doutais.

Évidemment.

Donc l'histoire s'inspire de ce que vous avez ressenti là-bas ?

En effet.

Le train et les sources sont tels que je les ai vécus.

Les personnages sont fictifs.

Je n'en suis pas si sûr.

Pourquoi ça ?

C'est lié à l'autre force de votre nouvelle.

La minutie avec laquelle vous décrivez vos propres perceptions.

De la vision à la perception.

C'est particulier à cette nouvelle.

Oui ?

Tant de choses passent devant les yeux de Yayoy,

mais elles ont quand même un impact sur elle.

Oui.

Cette histoire apparemment tranquille est en fait très dynamique.

Parce que Yayoi subit un changement radical.

Elle assume son genou tordu, dont elle avait honte,

grâce à tout ce qu'elle voit.

Oui.

En vous écoutant lire,

le lecteur, ou plutôt l'auditeur, peut endosser le corps de Yayoi,

s'approprier ses sensations.

Je suis touchée. Merci.

On se serait crus dans la partie des bains réservée aux femmes.

Oui.

Vraiment.

Pour moi, c'était nouveau.

Le contraire m'aurait inquiétée.

Vous écouter lire vous-même l'histoire

était encore plus captivant.

Comme si vous, Yayoi et nous tous ici avions fusionné dans cet espace.

C'était un moment de bonheur.

Ah ?

Excusez-moi,

je n'arrête pas de parler

alors que nous sommes venus vous écouter.

Non, pas du tout. Merci.

Avez-vous des choses à dire en réponse ?

Non, je suis juste reconnaissante.

Mais...

Oui.

Si les gens m'assimilent à Yayoi-san,

je dois protester et dire que ce n'est pas le cas.

Même si c'est un équilibre subtil.

Oui.

Je ne devrais pas dire "san" pour mes personnages, mais j'ai l'habitude.

Oui.

J'ai bien sûr prêté à Yayoi-san beaucoup de mes propres sentiments.

Oui.

Mais je dois être Akane-san, par exemple.

Je ne peux pas jouer plusieurs rôles,

mais je dois rendre tous mes personnages réels.

Oui.

Je dois être Akane-san, Shimada-san,

et le professeur Ogata, aussi.

Oui.

Mais s'ils sont tous moi, ça devient franchement ennuyeux.

J'aime beaucoup ce monde.

Il a ses mauvais côtés.

Je ne suis pas assez éveillée pour les inclure aussi,

mais finalement, il me plaît.

Oui.

Alors je ne veux pas le déprécier dans mon travail.

Oui.

Il y a le fait que le monde est bien plus grand que moi, bien sûr,

mais ce n'est également que moi qui écris.

Oui.

Alors comment représenter le monde, et pas seulement moi-même ?

Oui.

En fait, je me fais aussi petite que je peux.

Je deviens minuscule et ignorante.

Yayoi-san me représente.

Oui.

Ce qu'elle ne sait pas, je ne le sais pas.

Oui.

Ce qui se passe est si mineur qu'on ne peut appeler ça des événements.

Mais pour elle,

tout ce qui arrive est soudain et surprenant.

Et je suis là, avec elle, dans chaque réaction,

comme émergeant d'un tunnel.

Oui.

Tout en gardant le même corps,

je voulais la faire parvenir ailleurs.

Je crois que vous avez réussi,

et on vous a rejointe dans ce voyage.

Merci.

C'est vrai, mais...

Il y a un mais...

Non, c'est moi.

Oh !

Je vais encore parler trop.

Non, je vous en prie, allez-y.

Puis-je prendre des questions dans la salle ?

Oui, bien sûr.

Y a-t-il des questions ?

J'aimerais avoir vos points de vue.

Allez-y, je vous en prie.

L'histoire est une journée complète, du matin au lendemain matin.

Vous évoquez si bien les changements subtils des sentiments d'une femme

au fur et à mesure de leur émergence durant cette journée.

Ce que vous venez de nous lire n'est qu'une partie du livre ?

Oui, en fait...

Il s'agit d'une nouvelle parmi d'autres nouvelles.

Dans ce cas,

je me sens un peu frustrée.

J'aurais aimé qu'elle soit un peu plus proactive.

Mais j'ai trouvé que ça exprimait très bien les sentiments féminins.

Merci !

L'idylle de Yayoi-san vous captivait ?

Oui.

Merci beaucoup. C'est super.

Je n'ai pas assisté à beaucoup de lectures.

Vous avez parlé très bas,

sans montrer beaucoup d'émotion en lisant.

Est-ce un choix conscient de votre part ?

Oui, je ne lisais pas parce que je voulais que les auditeurs m'écoutent.

Pas vraiment.

Si j'avais lu pour qu'on m'écoute,

ça m'aurait semblé déplacé, d'une certaine façon.

Avant de lire aujourd'hui, je me disais...

que comme j'avais écrit ça, je connaissais tout, en le lisant.

Mais un personnage surgissait soudain et parlait, tandis que je lisais.

Et j'ai fait des rencontres inattendues.

Alors je veux transmettre le texte tel qu'il est,

sans changer d'inflexion ni élever la voix aux moments dramatiques.

Les mots doivent atteindre tout le monde,

avec le même impact.

C'est pour ça que j'ai lu de façon contenue.

Où en est-on pour le temps ?

Je crains que nous ne devions en rester là.

- Merci beaucoup. - Merci.

Merci beaucoup.

Merci de nous aider en complétant le questionnaire.

Merci. Tu nous as sauvés.

De rien. C'était supportable ?

J'ai trouvé ça super.

Merci. J'ai quelque chose à vous dire.

J'ai eu des nouvelles de Jun.

Au moins, elle a l'air d'aller bien.

Ne vous en faites pas.

Alors tu...

Kohei !

Merci beaucoup.

Ça a été ?

Tu nous as sauvés.

En étant notre invité aussi.

Je suis ravi d'avoir pu vous aider.

Jun n'est pas venue finalement ?

Vous n'êtes pas venus ensemble ?

Non.

Elle voulait venir.

Ah bon ?

Tu veux te joindre à nous pour dîner après ?

Pour dîner ?

Tu semblais avoir d'autres choses à dire à Mlle Nose.

Oh, ce n'était pas important.

Joins-toi à nous.

Tu viens aussi ?

Si ça ne dérange pas...

Je veux bien me joindre à vous.

Parfait.

Je reviens.

Je vais attendre dehors.

A tout à l'heure.

On peut passer ?

J'ai l'impression d'avoir 2 têtes !

C'est dur.

Tu viens souvent ici ?

Quand j'habitais Kobe, oui. Et toi ?

Je ne suis pas venue ici depuis 15 ans.

Quand je faisais la fête.

La fête ?

SENS

J'ai l'impression de remonter le temps.

Tu as l'air...

Quoi ?

Tu as l'air un peu déprimée.

Je croyais que j'étais superbe.

Les deux.

Comment on peut être déprimée et superbe ?

C'est ta voix.

Quelle voix ?

Comme si tu te baladais nue.

Et ça donne quoi ?

C'est superbe.

Je ne sais pas.

C'est peut-être à cause de toi.

Merci.

Tu fais ça avec toutes les filles ?

Salut.

Quelle grossièreté.

Bonsoir.

Bienvenue.

Bonsoir.

Et la lecture ?

Je me suis défilé.

J'en étais sûre !

Ha ha.

C'est pas drôle.

Arrête de fuir.

Oui.

Tu ennuies tout le monde.

Je sais.

Kawano a du travail, alors il ne viendra pas.

Bon.

Et il dit qu'il est vraiment désolé.

Ce n'est pas à lui de s'excuser.

C'est lui qui nous a présenté Ukai.

Dis-lui de ne pas s'en faire pour ça.

D'accord.

Finalement, tout s'est très bien passé.

Grâce à toi, Kohei.

Pas de problème.

Euh...

Oui ?

Pourquoi M. Ukai est parti ?

Je ne sais pas.

Je vois.

Mais ne vous en faites pas,

il est comme ça.

Comme ça ?

C'est tout ce que je sais.

Ça n'a rien à voir avec votre livre, je pense.

Alors ça arrive ?

Oui, ça arrive.

- Sakurako... - Oui ?

- Des commentaires sur la lecture ? - Oh...

Puisque Mlle Nose est juste là.

Oui, s'il vous plaît.

Eh bien...

Ça doit être normal puisque vous êtes écrivain,

mais nous ressentons la même chose tellement différemment.

La même chose ?

Je viens de visiter Arima, moi aussi.

Je suis allée aux bains dorés, j'ai marché dans les hauteurs...

Oui.

Kohei, tu as dit que la force du travail de Kozue, c'est...

qu'elle n'essaie pas de saisir les choses qui passent devant nos yeux.

Oui.

Sans parler de saisir les choses,

j'ai l'impression de ne même pas les voir.

Je ne vois rien.

Je ne sens rien.

J'avoue que ça m'a un peu déprimée.

Ça n'a rien à voir avec votre travail.

C'est pas grave.

Mais j'ai ressenti ça parce que votre histoire est vraiment bien.

Comme si vous me tapiez sur l'épaule pour me transmettre ce que j'ai raté,

me montrer comme ces choses étaient bonnes.

Ah ?

Alors je vous en remercie.

Non, c'est moi qui vous remercie.

Vous voulez bien aussi, Fumi ?

Oui, tu veux bien ?

Ah...

Pardonnez-moi d'avoir utilisé votre prénom.

Non, pas de problème.

Je suis désolée, je n'ai pas arrêté de sortir et je n'ai pas tout suivi.

Je suis vraiment désolée.

Non, vous deviez travailler.

Mais néanmoins...

Oui ?

J'ai trouvé que tu avais une très jolie voix.

Wow.

Dommage que je n'aie pu écouter jusqu'au bout. Je suis désolée.

Non. Merci.

Ça ne va pas.

Pourquoi ?

Si tout est positif, ça ne lui est pas d'une grande utilité.

Et toi, Kohei ?

Tu avais quelque chose d'autre à dire, non ?

J'ai trouvé que c'était une très belle histoire.

C'était mon premier commentaire.

Merci.

Et le deuxième ?

Eh bien...

Oui ?

Je ne suis qu'un amateur, c'est donc un commentaire d'amateur.

D'accord.

Le personnage principal, Yayoi...

Oui.

Elle n'aime réellement personne, n'est-ce pas ?

C'est du moins ce que j'ai ressenti.

Shimada n'est pas du tout important pour elle.

Où avez-vous ressenti ça ?

Quand on est vraiment amoureux...

Oui.

On ne peut pas le cacher à l'intérieur de soi.

Si on veut vraiment quelqu'un,

un soi inconnu émerge et surgit du vieux soi.

Et j'ai pensé que Yayoi, le personnage principal,

n'aimait pas vraiment Shimada, le personnage masculin.

Vous dites en fait que...

peut-être l'auteur, moi, n'a jamais été vraiment amoureuse de personne.

Les personnages ne sont pas l'auteur.

Vous l'avez dit vous-même et je le comprends.

Mais votre travail vise à retranscrire vos sensations en mots,

précisément et fidèlement.

Les limites de la perception de l'auteur

peuvent devenir celles du monde décrit dans son œuvre.

Parce que l'auteur ne sait pas ce que c'est que d'être amoureux.

Oui.

Son monde est donc étroit ?

C'est ce que j'ai trouvé.

Tout faire pour saisir ce qu'on voit passer.

Essayer même si c'est vain.

Je n'ai pas trouvé cette émotion-là dans votre histoire.

Pour autant que je sache, le monde est bien plus cruel.

Comme le vent souffle dans les arbres,

les choses les plus précieuses peuvent soudain nous être enlevées.

Oui.

Écrire ceci reproduit la cruauté du monde.

Et j'ai compris que c'était ce que j'avais envie de lire.

Je pense que les écrivains...

Oui.

...ne devraient jamais écrire en réponse aux ordres de leurs lecteurs.

Oui.

Aussi immatures soient-ils,

ils doivent construire leur travail avec leur connaissance du monde.

Sinon, ils n'ont pas de racines.

Ils ne peuvent pas grandir.

Oui.

J'aime son travail.

Étant son éditeur, je ne devrais peut-être pas dire ça.

Vas-y.

Ce que j'apprécie le plus chez elle,

c'est qu'elle ne saute pas sur des thèmes définis

comme le "monde cruel".

Elle dépeint le monde comme elle le voit.

C'est-à-dire avec ce qu'elle est.

Elle ne connaît peut-être pas beaucoup de choses,

mais si votre monde cruel apparaît un jour devant elle,

elle l'écrira tel qu'il est.

J'ai hâte de lire ça.

Moi aussi.

Désolé de m'être immiscé.

Pas du tout.

L'amateur a fait des commentaires idiots.

Pas du tout.

Merci.

Mais c'est un choc pour moi.

Désolé.

C'est rien.

Je faisais confiance à ma vision de l'amour.

Je ne sais pas trop quoi faire si elle n'est pas vraie.

Je ne sais pas.

Vous êtes en pleine maturation.

Oui ?

Vous prendrez soudain conscience

de quel genre de personne vous êtes.

Votre femme est la personne que vous aimez vraiment, M. Hino ?

Oui.

C'est super.

Non, on vient de passer au tribunal pour une demande de divorce.

Ah.

Ce n'est pas bien.

Et maintenant ?

C'est moi qui ai gagné.

Nous sommes toujours un couple.

L'amour peut-il être aussi égoïste ?

Aussi unilatéral ?

Aucune pensée pour l'autre ?

Tu n'as jamais envisagé le point de vue de Jun, Kohei ?

Je ne peux pas être Jun.

Je ne peux donc adopter son point de vue.

C'est pas ce que je voulais dire.

Le débat que tu as animé avec Kozue était super.

Tu avais l'air de comprendre,

d'être capable de parler de sentiments.

Ça me met d'autant plus en colère.

Pourquoi n'as-tu pas plus écouté Jun ?

J'essaie de le faire maintenant.

Je ne la comprends pas.

Je veux entendre les choses de sa bouche.

Est-ce que c'est mal ?

N'est-il pas trop tard ?

Peut-être.

Mais on n'aurait pas pu parler sans l'épisode du tribunal.

Je m'en rends compte maintenant.

J'ai besoin d'elle dans ma vie.

Sinon rien n'a de sens.

Je n'aurais jamais pensé pouvoir dire ce genre de choses.

C'est grâce au tribunal.

Ça a été la communication la plus intime de notre mariage.

J'ai eu l'impression de rencontrer son âme pour la première fois,

de rencontrer Jun pour la première fois.

C'est une femme passionnée, intelligente et belle.

Je suis tombé amoureux d'elle.

Si tu es amoureux d'elle, que vas-tu faire maintenant ?

Je vais la chercher.

Comment ?

Comme un enquêteur.

En étant persévérant, n'importe qui peut y arriver.

Alors c'est mieux si je m'en charge moi-même.

Et ton travail ?

J'ai démissionné.

Et l'argent ?

J'ai des économies.

Et quand elles auront fondu ?

Je travaillerai si besoin.

J'ai une question à vous poser.

Je ne connaissais pas l'identité de cet homme.

J'ai compris qui c'était grâce au prospectus.

Lui devrait savoir où est Jun.

Où sont Kazama et les autres ?

Ils sont allés à un concert.

Bonne idée.

Tu t'es blessée ?

Oui, je suis tombée dans l'escalier au boulot.

Comment ? En voulant t'enfuir ?

Oui, je suppose.

Fais attention.

Tu es irremplaçable, tu sais ?

Non, ça m'étonnerait.

Tu as beaucoup de patients.

Ah, oui.

Beaucoup de gens comptent sur toi.

Mais je ne dirais quand même pas que je suis irremplaçable.

Les jeunes infirmières ont plus de succès.

Je ne parle pas de ça.

Tu as l'air fiable au travail.

Seulement au travail...

Désolée.

Qu'est-ce que tu veux boire ?

Je prendrai un rhum Coca.

Un gin tonic.

D'accord.

Tu venais souvent ici.

Hein ?

C'est le bar d'Hinako.

Pas vraiment. Elle travaille ici, c'est tout.

J'ai l'air idiote ?

Comment ça ?

Sans ma jambe, je serais déjà partie.

J'ai de la chance.

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu vas te contenter de partir ?

Comment ça ?

Si tu veux quelque chose, prends-le.

Sinon, rien ne changera.

Qui tu es pour me dire ça ?

Hé, vous avez du feu ?

Merci.

Tu es mineure, n'est-ce pas ?

Quand a-t-elle été prise ?

Juste après le départ de Jun.

J'ai d'abord pensé qu'elle sortait avec M. Ukai, mais en fait non.

Qu'est-ce qui te fait croire qu'Ukai sait où elle est ?

J'ai regardé l'historique de ses appels.

Ce n'est pas illégal ?

Non, la loi autorise les maris à le faire.

Après avoir vu Ukai, elle a appelé un refuge pour femmes à Tohoku.

Un refuge ?

Pour les femmes qui n'arrivent pas à divorcer.

Je crois que M. Ukai lui a trouvé un endroit où loger.

Alors elle est à Tohoku maintenant ?

Pas forcément.

Elle peut être n'importe où, c'est un organisme national.

Et ils ne révéleront rien une fois qu'elle sera chez eux.

Alors elle est en sécurité ?

Je suis sûr qu'on s'occupe bien d'elle.

Que comptes-tu faire si tu réussis à joindre Ukai ?

Je n'ai pas l'intention de m'en prendre à lui.

Je veux juste lui parler.

Avec un peu de chance, il saura quelque chose sur elle.

Je ne le connais pas vraiment, et je ne suis pas sûre de le joindre.

Je comprends.

Mais si je réussis à le contacter, je lui parlerai de toi.

Merci.

Si c'est ce pour quoi tu étais venu, tu veux bien partir maintenant ?

Pas de problème.

Attends un peu.

Quoi ?

Je suis sûr que tu as tes raisons, mais il est notre invité ce soir.

Ne fais pas ça.

Alors c'est moi qui pars.

Non, je m'en vais.

Non, c'est moi.

J'ai une question avant que tu partes.

Bien sûr.

Tu comprends qu'elle ne t'aime pas ?

Oui.

Et qu'elle ne t'aimera jamais.

Oui.

Elle continuera à fuir tant que tu n'arrêteras pas.

Ce n'est pas mauvais pour vous deux ?

Ça l'est ?

Cesse de t'accrocher à elle.

C'est le seul moyen de la faire revenir.

Elle ne te reviendra peut-être pas,

mais au moins, laisse-nous la retrouver.

Vous permettez ?

Je voudrais dire quelque chose.

Allez-y.

Je ne connais pas toute l'histoire, mais ça me semble un peu injuste.

Comment ça ?

Je comprends que vous soyez inquiètes pour votre amie.

Mais ce n'est pas correct de parler à sa place en son absence.

Kohei, de son côté, ne parle que pour lui-même.

Ça semble juste.

Mais vous deux semblez un peu...

Vous êtes sûres que tout ça, c'est pour Jun ?

Comment ça ?

J'ai l'impression que vous parlez pour vous, pas pour elle.

On dirait que vous vous servez d'elle.

Mais comme l'a dit Kohei,

rien ne sera réglé tant qu'elle ne sera pas face à lui.

Sans ça, il ne pourra jamais l'accepter.

Vous êtes mal placée pour dire ce genre de choses.

Vous ne savez rien.

Vous avez raison. Excusez-moi.

Ça suffit. Restons-en là pour ce soir.

Oui.

Non, je vais partir.

Mlle Nose, je suis désolé si j'ai gâché votre soirée.

C'est pas grave.

Fumi...

Oui.

Je sais qu'elle continuera à fuir tant que je la poursuivrai.

Oui.

Qu'elle ne me reviendra pas.

Et qu'elle ne m'aimera jamais.

Je sais déjà tout ça.

Un enfer m'attend.

Mais ce n'est pas grave.

Parce que je sais ce qui me rend heureux.

C'est la seule façon, et je dois faire avec.

Je vais vous laisser.

Merci de bien vouloir contacter M. Ukai.

Mlle Nose, vous allez rater votre train.

Je vais vous ramener.

Fumi et Sakurako aussi.

Non, je vais rentrer en train.

Pourquoi es-tu aussi en colère aujourd'hui ?

Tu ne crois pas que c'est grossier envers elle ?

Tu ne sais vraiment pas ?

Tu ne sais vraiment pas pourquoi elle est en colère ?

Tu n'as pas envisagé un instant ce qu'elle garde pour elle ?

S'il te plaît, rentre avec elle.

Mais...

ce n'est pas à toi de me dire ce genre de choses.

Fumi m'en parlera si elle veut.

Tu vas rater ton train.

Tout ce qui s'est passé ce soir est ma faute.

Je ne peux pas laisser Mlle Nose ici.

Tu ne la rattrapes pas ?

Où est mon frère ?

Quoi ?

Je peux laisser son verre ici ?

C'est quoi, ton nom de famille ?

Ukai.

Quoi ?

Pose-le là.

Où il est ?

Je ne sais pas. Il est peut-être déjà parti.

C'est bien possible.

Tu devrais le boire, si tu veux.

Quel genre d'homme c'est ?

Qui ça ?

Ton frère ! Qu'est-ce qu'il veut ?

Il ne veut pas le montrer.

Quoi ?

Qu'il est vide à l'intérieur.

Alors tu le connais ?

Quoi ?

Son intérieur.

Non, mais ça fait du bruit quand je lui cogne la tête.

Alors je crois que c'est vide à l'intérieur.

Vous êtes bizarres tous les deux.

Qu'est-ce qu'on a de bizarre ?

Tout.

J'ai un frère, mais on n'est pas comme vous.

En quoi c'est différent ?

Vous êtes trop proches pour un frère et une sœur.

Je sais. On nous prend souvent pour un couple.

Tu m'étonnes.

Tu ne traînes pas avec ton frère ?

Non, il ne s'intéresse pas à moi et je ne m'intéresse pas à lui.

On est juste nés sous le même toit, c'est tout.

Je ressens la même chose. On est deux personnes différentes.

On ne dirait pas.

Je vois.

Il n'arrive pas à lâcher sa sœur.

Est-ce qu'il est obligé ?

Hein ?

Pourquoi c'est mieux de me lâcher que de rester proche ?

Ça ne me dérange pas si ça vous va comme ça.

Je t'ai demandé pourquoi.

Parce que vous ne serez pas heureux.

Pourquoi ?

Personne ne peut venir entre vous, si vous restez aussi proches.

Tu ne peux pas rester avec lui pour toujours.

On ne peut pas rester toujours ensemble ?

Comme je l'ai dit, ça ne me dérange pas si ça vous va comme ça.

Je me fiche de la relation que tu as avec lui.

Tu es énervée contre moi ?

Oui.

Je vois.

Tu aimes bien mon frère ?

Si je l'aime bien ? Si j'aime bien Ukai ?

Si je l'aime bien ?

J'en ai l'air ?

Oui.

Je ne tombe pas amoureuse comme ça.

Oh, je vois.

Mais je reconnais qu'il m'intéresse.

A partir de quand ça devient de l'amour ?

Quand je le connaîtrai mieux.

De quoi tu as besoin pour tomber amoureuse de lui ?

De rencards, je pense.

Je peux vous laisser seuls tous les deux.

T'inquiète pas.

Tu tombes amoureuse si tu fais l'amour ?

C'est dur de connaître le bon moment pour ça.

Pourquoi c'est dur ?

Le sexe peut t'en dire long sur le mec, mais il faut du temps.

Ah oui ?

Pas pour toi ?

Pas pour moi.

Laisse-moi te demander, alors. Tu peux coucher avec n'importe qui ?

J'ai un critère.

Lequel ?

Le visage.

C'est super simple.

Oui, mais je ne pense pas que ce soit mal.

Parce que ta vie se voit sur ton visage.

Je trouve que mon frère a un bon visage.

Ça t'arrive de tomber amoureuse ?

Oui.

Qu'est-ce que ça te fait ?

J'ai envie qu'il m'aime.

Ça aussi, c'est super simple.

Tu n'es pas simple, toi ?

J'étais très simple avant...

Je sais que j'ai besoin d'un homme. Je le sais.

Ça me fait plaisir de parler comme ça avec toi, tu sais ?

Je suis contente d'apprendre à te connaître,

mais ça ne fait pas battre mon cœur.

Tu as raison.

Finalement, peu importe qu'il soit bête ou mauvais.

J'ai l'impression que j'oublierai que je suis une femme, sans homme.

Tu oublies ça ?

Je me rends compte que j'ai oublié.

Et maintenant, tu te souviens ?

J'ai couché avec deux hommes cette semaine.

Ça t'arrive souvent ?

Pas souvent, non. Jamais, en fait.

Ils étaient bien ?

Je ne sais pas comment dire ça.

Ils m'ont tous les deux bien traitée, mais quelque chose n'allait pas.

Qu'est-ce qui n'allait pas ?

Peut-être...

que ça aurait été mieux si j'avais couché avec un inconnu.

Mais... je ne peux pas faire ça.

Tu as peur ?

Tu l'as déjà fait ?

Avec un parfait inconnu ?

Tu l'as fait.

Oui.

Où vous vous rencontrez ?

Dans un endroit comme ici.

Des expériences dangereuses ?

Eh bien, ça peut être dangereux au départ.

Ta vie est ennuyeuse ?

Tu ne te sens pas vivante, hein ?

Et toi ?

Je dois garder l'esprit clair, alors je suis tendue dans mon boulot.

Oui.

Bien sûr, on devient moins tendu quand on s'habitue au boulot.

Mais si on est trop détendu, on fait des erreurs.

Donc je ne serai jamais complètement détendue

tant que je serai infirmière.

Oui.

Alors je ne cherche pas l'exaltation dans le sexe.

Je préfère plutôt... me sentir en sécurité.

J'aimerais pouvoir fondre comme du beurre...

et oublier qui je suis quand je fais l'amour.

Alors je suppose que le sexe pourrait être dangereux.

Mais je ne peux le faire que si je sais que je peux lui faire confiance.

Confiance ?

Oui, pour pouvoir me laisser aller.

Et je sais qu'il y a une partie de moi

que j'ai très peur de montrer à quiconque.

Oui.

Qu'est-ce que je vais faire ?

Qu'est-ce que vous faites ?

Aide-moi.

J'ai besoin de ton aide.

Juste pour ce soir.

Peut-être que je peux t'aider aussi.

J'ai la tête qui tourne.

Je suis gênée.

Pourquoi ?

Je n'aime pas parler avec des gens intelligents.

Ça va trop vite.

Maintenant, je sais qu'Akari a toujours été de notre côté.

Tu as raison.

C'est vrai.

Fumi...

Fumi...

Quoi ?

Je dis juste ton nom.

C'est un joli nom.

Merci.

Tu sais...

Je n'aime pas ton mari.

Je ne peux pas le supporter.

Désolée.

Pourquoi tu t'excuses ?

Merci d'être en colère.

C'est pas ça.

Je voulais juste me faire remarquer.

Par ton mari ?

Je ne sais pas.

Par qui alors ?

Le fait est que...

On n'a pas fait l'amour depuis longtemps.

Mais il n'y a pas que ça.

Je veux être remarquée.

Et comprise.

Mais je ne sais pas par qui ni ce que je veux qu'on comprenne.

Tu aimes Takuya ?

Tu l'aimes, n'est-ce pas ?

Je ne sais pas. C'est compliqué.

Et toi, tu aimes Yoshihiko ?

Je ne me suis jamais posé la question avant.

Et pourtant...

je l'aime.

Oh...

Tu as une minute ?

"Attention à la fermeture des portes."

Désolé pour aujourd'hui.

Comment ça ?

Désolé.

Fumi n'avait rien dit jusqu'ici ?

Non, rien du tout.

Vous ne...

...lui parlez pas beaucoup ?

Je croyais que si, mais...

Mais ?

Peut-être pas des choses importantes.

Ne pas parler des choses importantes garde la relation intéressante.

Ça ne m'aide pas beaucoup.

Donc vous l'aimez quoi qu'il en soit.

Bien sûr.

Sincèrement ?

Ça n'a pas d'importance.

Ah bon ?

Ça ne sert à rien de douter.

Oh...

Si c'est ce que je ressens, alors c'est vrai.

Dans ce cas...

Quoi ?

J'ai des sentiments pour vous.

C'est vrai ?

Oui.

C'est vrai...

Je suis amoureuse de vous.

C'est vraiment vrai.

Oh, feu rouge.

Bon, je vais m'arrêter alors.

Oui.

Je ne veux pas mourir déjà.

Je suis rentré.

Moi aussi.

Tu arrives juste ?

Oui.

Je vois. Où tu étais ?

Je suis rentrée à pied depuis Ashiya.

Ça fait une trotte.

Oui. Et toi ?

J'étais avec Mlle Nose.

Je vois.

On a parlé et je l'ai ramenée chez elle.

Vous étiez où ?

Dans un café.

C'est tout. Il ne s'est rien passé.

Comment ça ? Tu es resté avec elle toute la nuit.

Elle m'a dit qu'elle m'aimait.

Et c'est "rien" ?

Je pouvais pas la laisser seule.

Toi aussi, tu l'aimes, non ?

Je détestais ta voix quand tu parlais d'elle.

Ma voix ?

Tu avais l'air heureux.

Je ne savais pas.

Alors c'est fini.

Hein ?

J'ai pensé à la façon dont ça finirait entre nous.

Dont ça finirait ?

C'est un des scénarios que j'ai envisagés.

Quoi d'autre ?

Il y en a un autre ?

Tu aurais été là à mon retour.

Et tu te serais excusé...

De ne jamais t'être rendu compte

à quel point tu m'avais fait souffrir.

Et tu aurais juré de ne plus jamais me faire souffrir.

Et je t'aurais répondu

"C'est trop tard."

Je veux divorcer.

Finissons-en maintenant.

Il faut vraiment que ça se passe comme ça ?

On n'a plus aucune chance ?

Je ne travaillerai plus avec Mlle Nose.

Comprends-moi bien.

Quoi ?

Garde ton travail.

Je t'aimais quand tu me parlais de ton travail,

ça m'a fait d'autant plus mal.

"Aimais..."

Tu as eu l'occasion... tant de fois.

Mais tu les as toutes ratées.

Ah bon ?

Oui.

Sans doute.

Tu veux bien partir le temps que je fasse mes valises ?

Je regrette mais je ne peux pas rester ici avec toi.

Ah.

Je sais qu'on doit divorcer.

Mais tu es merveilleuse.

Je ne me suis jamais rendu compte que je te faisais souffrir.

Je suis désolé.

Arrête.

Je voulais juste dire que ce n'est pas juste que tu aies dû souffrir.

Au revoir.

Je suis rentrée.

Il va pleuvoir aujourd'hui ?

Je ne sais pas. Je les rentrais comme ça.

Où est Daiki ?

Sans doute à l'école.

Avant le petit-déjeuner ?

Où tu étais ?

Qu'est-ce que tu faisais ?

J'étais avec un mec.

Tu veux dire...

J'ai couché avec lui.

Tu l'aimes ?

Ça n'a rien à voir.

C'est encore pire.

Mais je lui suis reconnaissante.

Vraiment.

Ça fait mal.

Ça fait mal.

Tu veux faire quoi ?

Je dois faire quoi ?

Je pars, si c'est ce que tu veux.

Mais... je ne m'excuserai pas.

Tu vas retrouver ce type, si je te mets dehors ?

Je n'ai même pas son numéro.

Je ne comprends pas.

Bien sûr que non.

Pourquoi tu dis ça ?

C'est ce que je ressens.

Je ne sais pas si je peux te pardonner.

- "Pardonner." - Je suis pas sûr.

J'aimerais pouvoir...

Mais je ne peux pas m'excuser.

Je ne peux vraiment pas, alors je ne le ferai pas.

C'est ma faute alors ?

Ne me regarde pas comme ça.

Comment ?

Comme ça.

Je regarde, c'est tout.

Je ne peux pas te mettre dehors.

Pourquoi ?

Parce que je tiens à toi.

Je tiens à vous.

Je m'y suis peut-être mal pris.

Mais c'est ma façon de faire.

Et la seule que je connaisse.

Moi aussi.

C'est ma façon de faire.

Je ne partirai pas, mais je ne m'excuserai pas.

Et je ne te demanderai pas de me pardonner.

Tu es déçu ?

Je dois y aller.

D'accord.

Ça va ?

Oui.

Tu es sûr ?

Bonne journée.

Bonjour.

Bonjour.

Qu'est-ce qui vous amène ici aujourd'hui ?

Je mets fin à mon congé maladie.

Je peux faire de la paperasse pendant quelque temps.

La chef n'est pas arrivée ?

Pas encore. Elle a dit qu'elle serait là vers midi.

D'accord. Alors je vais faire une sieste.

Réveille-moi.

Mme Makino,

je suis désolée.

De quoi ?

Je suis désolée de ne pas être fiable.

Désolée de ne pas vous laisser vous reposer alors que vous êtes blessée

et désolée d'être soulagée que vous soyez de retour.

Yuzuki, tu as la fâcheuse habitude de t'excuser trop souvent.

Oui.

Ne le fais pas si tu ne le penses pas.

Désolée... Oh...

Mais je le pense.

En fait, ce que je ressens est un peu différent.

C'est-à-dire ?

Merci. Je suis contente que vous soyez là.

Désolée.

C'est pas grave.

Wow, c'est vrai que tu es douce.

Laisse tomber. Quoi de neuf ?

On a une victime d'accident de voiture aux urgences.

Je vois.

Tu étais de garde ?

Wow, regarde-toi !

La nuit a été longue ?

Comment ça s'est passé ?

On a fait tout ce qu'on a pu.

Ça va de soi.

Et alors ?

Vous avez essayé...

Fumi...

Merci.

Wow, quelle vue !

N'est-ce pas ? Les patients l'adorent.

La clé...

Je lui ai donné la clé de la voiture.

Il avait oublié de la prendre en partant, je lui ai donnée.

Merci, mais ça va.

Non, ça ne va pas.

C'est pas ça.

Plus j'y pense, moins je vois ce qu'on aurait pu faire d'autre.

Alors je ne me reprocherai pas ce qui est arrivé.

Bon.

Je suis même heureuse d'une certaine façon.

J'ai l'impression qu'il nous reste une chance.

C'est fou, non ?

Quand il se réveillera,

je lui dirai "Bien fait pour toi."

C'est flippant ?

Pas pour moi, mais je sais pas comment il le prendra.

Je peux redescendre ?

Bien sûr.

Je veux être là quand il se réveillera.

Ça va aller, toute seule ?

T'en fais pas pour moi.

Fumi,

je vais me réconcilier avec Sakurako.

Je vais m'excuser.

Je veux qu'on se refasse un petit voyage quand Jun reviendra.

Oui.

Et c'est Takuya qui nous emmènera, hein ?

Oui.

Adaptation : Florence Breskoc

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