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Une production de Takabayashi Productions, Eizo Kyoto, ATG
LE TEMPLE DU PAVILLON D'OR
Ăquipe
Producteur exécutif Kinshiro Kuzui
D'aprĂšs le roman de Yukio Mishima
Producteurs Teruo Takabayashi, Yoshinobu Nishioka
Photographié par Fujiro Morita
Avec
Saburo Shinoda
Toshiro Shiba, Katsuhiko Yokomitsu
Yoshie Shimamura
Etsuko Ichihara
Jun Arai
Yuki Mizuhara, Teresa Noda
Yusaku Terajima, Shingo Ibuki
Kazunaga Tsuji, Dan Kenny
Asao Uchida
Mariko Kaga
Ăcrit et rĂ©alisĂ© par Yoichi Takabayashi
"BĂąton de divination 14 : Pas de chance"
"Surtout si vous allez vers le nord-ouest."
NISHI MAIZURU
"BĂąton de divination 14 : Pas de chance"
Uiko.
Les vagues...
leurs flux et reflux Ă©ternel, personne ne peut les arrĂȘter.
Mais...
HĂ©.
Magnifique, n'est-ce pas ?
La beauté du Pavillon d'Or...
est éternelle.
Une telle beauté est...
sans égal.
HĂ©.
Es-tu d'accord ?
Mon fils,
tu ne comprends rien pour l'instant.
Il n'y a rien...
d'aussi beau en ce monde.
Les apparences des humains changent,
mais...
ce n'est pas le cas de la beauté du Pavillon d'Or.
Rez-de-chaussée : Hosuiin.
1er Ătage...
Choondo.
2Úme étage...
Kukkyocho.
Pavillon dâOr dans le Pavillon dâOr.
Un petit Pavillon dâOr Ă lâintĂ©rieur dâun grand Pavillon dâOr.
Je suis à l'intérieur de l'univers qui m'entoure.
En moi,
il y a un univers.
Des douceurs de Tokyo.
Servez-vous.
C'est trĂšs...
difficile d'en obtenir de nos jours.
Prends-en.
Je ne crois pas...
en avoir pour trĂšs longtemps.
Donc...
prends soin...
de lui.
Bien. Je mâoccuperai de lui.
Il est tĂŽt, mais dormons.
je prends...
le train de 6 heures du matin...
pour rentrer Ă la maison.
Qu'est-ce qu'il y a ?
PĂšre.
Tu ne vas pas mourir ?
Quoi ?
J'ai cette impression.
Allons revoir le Pavillon d'Or.
Pavillon d'Or ?
Pavillon d'Or.
"La plus belle chose en ce monde est le Pavillon d'Or."
PĂšre avait raison.
Pavillon d'Or.
Je viens vivre prĂšs de toi.
ton pÚre est décédé ?
Aimes-tu le Pavillon d'Or en souvenir de ton pĂšre ?
La sirÚne de raid aérien.
Depuis la chute de Saipan, elle n'arrĂȘte pas.
Kyoto sera aussi bombardée, je suppose.
Si tel est le cas, le Pavillon dâOr brĂ»lera Ă©galement.
Puis-je ?
TOKYO bombardée la nuit derniÚre
Le Pavillon d'Or pourrait ĂȘtre ciblĂ©.
Les bombardiers B29 arriveront-ils ce soir ?
Je serai tué aussi ?
Brûlé vif ?
Le mĂȘme feu dĂ©truira-t-il le Pavillon d'Or ?
Alarme de raid aérien sur Osaka, Kyoto et ses environs.
Alarme de raid aérien sur Osaka, Kyoto et ses environs.
Selon l'armée de la région centrale, les cibles sont...
Uiko !
Quoi ?
Ui...
Quoi ? Pousse-toi !
Je t'...
Qu'est-ce que tu bafouilles ?
Tu n'as pas appris Ă parler ?
Meurs !
Idiot !
Meurs !
Tu vas mourir, Uiko !
Tu mourras de ma malédiction !
Uiko a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e par la police militaire !
Viens voir !
C'est toi qui lui as apporté ça ?
Elle a essayé d'apporter un bento à un déserteur.
Elle s'est rapprochée de cet homme à l'hÎpital de Maizuru.
Elle est mĂȘme tombĂ©e enceinte.
Quel idiote !
OĂč se cache-t-il ?
Parle !
Je n'avais jamais vu...
un tel air de défi.
Son visage était vraiment magnifique.
C'était comme si elle défiait le monde, mais...
Elle l'a trahi !
Chéri.
Fuis ! Police militaire !
Pour moi, ce nâĂ©tait quâun incident survenu il y a trĂšs, trĂšs longtemps.
les gens insensibles...
ne ressentent rien jusqu'Ă ce qu'ils saignent.
Mais quand ils saignent,
la tragédie est déjà terminée.
Tu la connais ?
Ta mĂšre est venue te rendre visite aujourd'hui ?
Oui.
Rentrons, elle est peut-ĂȘtre lĂ .
Non.
Pourquoi ?
C'est le sanctuaire Heian.
Arashiyama est lĂ -bas.
Quelle est cette montagne ?
Uiko.
TABLETTE MORTUAIRE DE MIZOGUCHI
J'avais le pressentiment que tu viendrais,
pour me dire ça.
Oui.
Mon mari vous a demandé de faire ça avant de mourir.
Tu pourras la voir Ă temps.
Allez, dĂ©pĂȘche-toi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
N'es-tu pas content de voir ta mĂšre ?
Pas la peine de courir.
Marchons lentement.
Je vois.
Tu veux qu'elle ait pitié de toi,
pour qu'elle te traite mieux.
Tu veux que je reste ici jusqu'Ă ...
l'Ăąge adulte. Tu ferais mieux de ne pas venir.
Je vois.
Mais,
J'ai quelque chose Ă te dire.
Ă quel propos ?
Ă propos de notre temple Ă Maizuru...
tu ne l'auras pas Ă ton retour.
- Tu l'as vendu ? - Oui.
Ton pÚre était malade depuis longtemps.
Le temple...
ne couvrira pas toutes les factures dâhĂŽpital.
J'ai également vendu les champs.
Il ne reste plus rien.
Oh vraiment ?
Fils,
ce nâest plus ton temple.
Tu n'as qu'une seule issue. Ătre moine ici.
Fais-toi aimer du PĂšre prieur,
de façon à lui succéder plus tard.
Je ne vivrai plus maintenant que pour cette joie-lĂ .
Et toi ?
Moi ?
J'irai Ă Kasa, chez mon oncle.
Ne t'inquiĂšte pas pour moi.
Ne répÚte à personne ce dont nous venons de parler.
J'ai faim !
Le temps du jeĂ»ne nâest pas encore terminĂ© !
Je...
je ne pardonnerai jamais Ă cette femme !
Cela faisait longtemps que cela n'était pas arrivé.
Mais je n'ai pas pardonné cette traßtrise !
Ne regarde pas l'enfer.
Tu es rassasié ?
Monsieur.
Merci de prendre soin de moi.
Je rentre Ă la maison.
Je vois.
Kurata....
rentre Ă la maison pour se marier.
Sur la route dehors,
un homme a été heurté par un camion.
Je me sens mal.
- Pourquoi ? - Les tripes sont éparpillées !
Ăa te rend malade ?
Nous en avons aussi.
C'est la mĂȘme chose que la peau !
Oui, mais...
Ce ne sont pas les tripes ni le sang qui sont laids.
Est-il mort ?
Il est mort ?
L'homme heurté par un camion.
Est-ce la mort ?
Une créature si impuissante...
Qu'est-ce que la vie pour un ĂȘtre humain ?
Ătrange garçon !
Repos.
Le clairon se joue de cette façon.
Soufflez fort depuis votre ventre !
Compris ?
Tu ne peux pas répondre ?
Mizoguchi est bĂšgue.
Je vois.
Tu rejoins aussi l'armée.
En une seule journée, tu surmonteras ça.
Je ne la rejoindrai pas.
Je deviendrai moine.
- Moine ? - Oui !
Je vois.
Alors j'aurai peut-ĂȘtre besoin de...
tes conseils un jour.
Attends.
Quand nous mourons, que devrons-nous dire ?
Sûrement,
"Vive l'Empereur !"
Allons jouer au sumo lĂ -bas.
Oui.
Allez !
PRĂSERVONS NOTRE PAYS
Tout cela n'est que mensonge.
Notre pays nous a trompés.
Notre école, nos professeurs nous ont trahis pour le pays !
Ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas,
personne ne le sait.
Le nouveau monde dans lequel nous vivons pourrait aussi ĂȘtre un mensonge.
Uiko !
Uiko.
Avec la défaite,
Le Japon n'est plus un Ătat militaire.
L'Empereur a déclaré qu'il était humain,
et non pas un dieu.
Avec un mot étrange "démocratie",
un nouveau monde onirique a commencé.
Ă Kyoto,
rien...
n'a été détruit par la guerre.
Ce temple.
Les bouddhas à l'intérieur.
L'idée que le feu qui brûlerait le Pavillon d'Or,
me dĂ©truirait en mĂȘme temps Ă cette Ă©poque,
ne s'est pas concrétisée.
Le Pavillon d'Or existera pour l'éternité.
Mizoguchi, s'il te plaĂźt...
encore un Yankee.
Nous ne pouvons pas dire non aux Yankees.
Merci.
Je ne veux pas y aller !
Il fait trop froid !
Pourquoi me faire venir ici ?
Ăa suffit !
- Puis-je parler ? - Quoi ?
Un Yankee vient de nous rendre visite.
et il a laissé ceci en retour.
Merci.
Attends.
AprĂšs...
tes études secondaires,
va étudier à l'Université Shogoku.
J'ai promis à ton pÚre décédé.
Travaille dur,
pour entrer à l'Université Shogoku.
- Compris ? - Oui !
Je suis le chef de ce temple.
Que voulez-vous ?
Il y a quelques jours,
Je suis venue ici avec Jack, le matin.
Je me plaignais d'avoir froid et je voulais partir,
il était ivre et s'est mis en colÚre,
puis m'a fait tomber.
Ce n'est pas tout,
Jack a dit à l'apprenti qui nous a emmenés...
de me piétiner le ventre.
Pour faire plaisir Ă Jack,
cet apprenti détestable...
l'a fait.
J'étais enceinte.
Il a fait une chose tellement cruelle.
Et j'ai perdu mon bébé.
Et ensuite ?
On en parle ?
Allez-vous payer mes frais d'hospitalisation ?
De l'argent ?
Je devrais porter plainte contre cet apprenti pervers, mais...
Réglons ça avec de l'argent.
Vraiment ? C'est une bonne chose !
Câest dĂ©sormais rĂ©glĂ©.
Passez-lui le bonjour de ma part.
Il deviendra un bon moine.
Ce matin-là ... c'était Mizoguchi.
Qu'il ait pu faire une telle chose !
Ce qui s'est passé aujourd'hui,
ne lui en parle pas.
As-tu...
vraiment...
fais ça ?
Je n'ai rien fait.
Je n'ai rien fait.
Est-ce qu'il...
croit vraiment que je l'ai fait ?
Ăa !
Il est...
le seul à avoir vu clair dans tout ça, silencieusement.
Il m'a fait confiance,
et ne m'a pas interrogé.
Tsurukawa.
Personne nâa rien vuâŠ
Aucun témoin.
Il n'y a pas de crime.
Le printemps d'aprĂšs,
Tsurukawa et moi...
sommes entrés à l'Université Shogoku.
S'il y a un tournant dans ma vie,
ça doit ĂȘtre lĂ .
J'ai commencé une nouvelle vie.
Puis dans la mĂȘme classe...
J'ai vu cet homme.
Excuse-moi.
Je sais trĂšs bien pourquoi tu veux me parler.
à cause de ça.
Tu t'es dit...
que tu as trouvé quelqu'un à qui parler ?
Es-tu vierge ?
Tu l'es.
Tu ne fais pas un joli puceau,
Tu as juste trop peur pour aller voir une prostituée.
C'est tout.
Je ne suis pas vierge.
Regarde.
Ton visage est dans le miroir.
Pour moi, mon pied est comme un miroir.
Ce handicap montre tout ce que je suis,
avant toute autre chose.
Je ne pouvais pas l'ignorer.
Pour moi, mon pied...
est la condition de mon ĂȘtre.
La raison, l'objectif, l'idéal.
C'est mon ĂȘtre.
Regarde la vieille femme.
Tu pourrais coucher avec elle ?
Mon pied tordu,
est une bénédiction de Dieu.
Quand je suis né,
Bouddha est apparu dans le rĂȘve de ma mĂšre.
"Quand cet enfant aura grandi",
"les femmes qui adoreront ce pied",
"iront au paradis",
dit le Bouddha.
Veux-tu l'adorer ?
Eh bien, alors,
adore-le.
C'était tellement drÎle !
Elle l'adorait !
C'est si absurde !
Et puis,
pendant ce culte laid,
J'ai remarqué que j'étais excité.
Aussi belles soient-elles, toutes les femmes vieillissent.
Ainsi, peu importe Ă quel point le pied est tordu,
mon désir ne se fanera pas.
C'est comme ça que j'ai perdu ma virginité !
Alors, comment sâest passĂ©e ta vie sexuelle ?
Je suis sûr qu'il y a des femmes qui adoreront mon pied.
Il y a des femmes qui ont un tel mauvais goût.
C'est vrai.
De telles femmes,
sont généralement trÚs belles,
avec un nez fier,
et une bouche dévergondée.
Saute !
- HĂ© ! - CĆur de pierre !
Allez-vous me laisser lĂ ? Mon pied est tordu par votre faute !
Et alors ?
Allez donc chercher de quoi me soigner.
Cette femme...
se soucie maintenant de mon pied.
Laisse-lui juste un peu de temps.
Un beau paysage...
c'est l'enfer.
Santé.
Depuis, cette femme est obsédée par mon pied.
C'est incroyable, non ?
Elle est comme ça.
Ăa fait mal !
Ăa fait mal ! Ăa fait mal !
C'est guéri !
Incroyable !
Chaque fois que tu fais ça,
la douleur s'en va.
Les miracles se produisent ainsi.
Occupe-toi dâelle.
Je lui ai demandé de sortir juste pour toi.
Occupe-toi dâelle !
Un miracle va se produire.
Vas-y.
Vas-y.
Ce goût...
c'est la vie !
C'est la porte d'entrée pour obtenir et faire avancer votre vie !
Qu'est-ce qui se passe ? Tu t'es arrĂȘtĂ© brusquement.
Non !
Tu es étrange.
Je ne comprends pas ce qui se passe dans ta tĂȘte.
Alors n'essaies pas.
Je suis si fier de vivre ma vie de maniĂšre que les gens ne comprennent pas.
Je ne les comprends pas.
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai quelque chose Ă te dire.
Au sujet de Kashiwagi.
Tu ferais mieux...
dâarrĂȘter de le voir.
Pourquoi ?
Ne dis pas ça.
Ce n'est pas un bon ami.
Si je...
vivais ma vie Ă sa maniĂšre,
Je ne pourrais pas le supporter.
Sa façon de vivre...
Ă©quivaut Ă se dĂ©truire soi-mĂȘme.
C'est le chemin de l'enfer.
Mais,
mĂȘme si il vit cette vie infernale comme une performance,
il reste mon ami. - Non !
Ăloigne-toi de lui !
- Je ne le ferai pas. - Pourquoi ?
Et pourquoi pas ?
Tu viens d'admettre...
que c'est le chemin de l'enfer !
Alors, quel est ton mode de vie ?
La route vers Bouddha ?
Tu es un homme bon.
Tu devrais ĂȘtre l'ami d'autres hommes bons.
Les gens comme moi conviennent mieux Ă Kashiwagi.
Tu...
as changé.
C'est ce que je suis.
Tu ne le vois pas.
Mizoguchi !
J'ai une triste nouvelle.
Tsurukawa....
est mort Ă Tokyo.
La nuit derniĂšre,
en revenant de chez son oncle,
il a été percuté par un camion,
et est mort sur le coup.
C'était un...
jeune homme brillant et pur.
Tsurukawa !
Sans que tu me le demandes, je ne suis plus jamais venue te rendre visite.
Chaque jour, je passe mon temps Ă cultiver...
dans les champs de Kasa.
Je suis tellement heureuse que tu étudies à l'université.
S'il te plaßt, travaille dur tes études.
Je ne mourrai pas avant de t'avoir vu entrer dans les bonnes grĂąces...
du grand moine et hériter du temple de Rokuon.
HĂ© !
Tsurukawa est mort, n'est-ce pas ?
Les animaux de race pure sont fragiles.
Tsurukawa est comme ça.
Je n'irai pas Ă ses funĂ©railles. MĂȘme si j'en ai envie.
Les hommes bons meurent jeunes.
Les gens maudits comme nous vivent longtemps.
D'ailleurs,
J'ai besoin d'une faveur.
Pour ça.
Mon oncle est mort.
Il m'a laissé ses katanas.
Mais je nâen ai besoin que dâun.
Tu peux en prendre un.
- Pour moi ? - Oui.
Je crois que tu seras seul sans Tsurukawa.
Suis-je gentil avec toi ?
En retour,
Je veux entrer dans le Pavillon dâOr lors de la prochaine pleine lune.
- à l'intérieur... - Oui !
Et jouer de ça Ă lâintĂ©rieur du Pavillon dâOr.
D'accord.
AUCUN CHANGEMENT Ă LA STRUCTURE EXISTANTE SANS AUTORISATION
LES CONTREVENANTS SERONT POURSUIVIS
- MINISTĂRE DE L'INTĂRIEUR
Joli, non ?
La musique...
devrait disparaßtre en un éclair, comme la vie humaine.
Je déteste la beauté éternelle.
La littérature et l'architecture ne sont pas pour moi.
Le Pavillon d'Or ?
Je le déteste !
Cette chose est une insulte Ă la vie !
Il n'est pas maudit donc il ne durera pas longtemps.
Bien !
Puis-je aller chez mon ami ?
Bien sûr. Mais reviens avant 11 heures.
Salut !
Comme je te l'ai demandé,
tu as volé ça au Pavillon d'Or.
Personne ne t'a vu ?
Le moine en chef est absent le samedi.
Seul le deuxiĂšme moine est lĂ .
Les moines du Pavillon d'Or...
adorent jouer avec les femmes.
Juste des rumeurs.
Vraiment ?
Alors,
qu'est-il arrivé à ta jeunesse ?
Il nây a pas que les fleurs qu'il faut prendre.
Les femmes ?
Les femmes aussi,
grandissent pour ĂȘtre cueillies par des voleurs de fleurs.
Je ne suis pas intéressé.
Foutaises.
Dis juste que tu n'en as pas.
Tu es doué pour faire ça !
Comme la musique,
les fleurs ont des courtes vies.
Le lendemain matin,
elles seront mortes.
Les gens ont aussi de courtes vies.
- OĂč as-tu appris ça ? - Quoi ?
Un enseignant qui habite à proximité.
Par une étrange coïncidence,
J'ai appris cela.
Grùce à ça, je peux gagner ma vie.
Mais j'en ai assez.
Elle est encore jeune et belle.
Pendant la guerre, elle s'est liée avec un soldat.
Elle a fait une fausse couche,
et son homme est mort au combat.
Puis elle a perdu sa morale,
et joue maintenant sans fin avec les hommes.
Alors elle...
et toi...
Bonjour.
Un visiteur ?
Non, ce n'est pas un visiteur.
Mon élÚve shakuhachi.
Il dérange.
Il est moine au Pavillon d'Or. Nous sommes camarades de classe.
Il s'appelle Mizoguchi, du Tango.
Oh ?
Kashiwagi....
- Quoi ? - Tu ne viens pas me voir ces jours-ci.
Oui. Je suis occupé à l'école.
N'est-ce pas, Mizoguchi ?
Tu as une nouvelle femme ?
Femme ?
Je le sais.
Tu es jalouse ?
Idiot. Je...
Tu sais l'Ăąge que tu as.
La jalousie d'une vieille femme...
c'est vraiment moche.
Des fleurs si fraĂźches !
Tu les as bien arrangées.
Oui.
Tu n'as plus rien Ă m'apprendre.
Je n'ai plus besoin de toi.
Ces fleurs !
Rattrape-la.
Console-la. DĂ©pĂȘche-toi !
Il est si méchant.
Il joue avec les gens.
Il m'a pris beaucoup d'argent.
Ses frais de scolarité et ses dépenses.
Il a un tel pied.
Quelle stupidité de ma part de tomber amoureuse de ce pied !
Merci de m'avoir raccompagnée à la maison.
Entrez.
Entrez !
Je vais faire une offrande.
Avez-vous...
Avez-vous déjà maudit quelqu'un pour qu'il meure ?
Oui.
Est-ce...
un homme ou une femme ?
Une femme.
Câest effrayant.
Je vous ai déjà vue.
Moi ?
Pendant la guerre.
Je vous ai vue du haut du temple Nanzen.
Le temple Nanzen ?
Vous étiez assise devant un soldat,
- Il a pris un bol... - à l'époque,
- vous m'avez vue désespérée. - Oui !
Au début, je vous ai trouvée aussi jolie qu'une poupée.
Alors...
Je suis tombé amoureux.
C'est vrai ?
C'est vrai ?
Je n'ai plus de lait.
Pauvre garçon.
Je n'ai pas de lait, mais...
Je peux encore...
faire la mĂȘme chose avec toi maintenant.
Tu es...
toujours amoureux de moi ?
J'imaginerai que tu es lui.
Je n'ai pas honte.
Je te ferai la mĂȘme chose.
C'est pareil...
Pareil...
Fais-le !
Maintenant !
Qu'est-ce qui se passe ?
Quel homme étrange.
Il y a un problĂšme ?
Non.
Tu es jeune, mais impuissant.
Homme inutile.
Me tiens-tu loin de la vie pour me protéger ?
Tu...
apparaĂźt lorsque j'essaie de toucher la vie avec mes doigts et me gĂȘne.
Ă cause de toi,
une fois encore, jâai Ă©tĂ© Ă©cartĂ© de la vie !
Ne regarde pas l'enfer.
TraĂźtre !
Les apparences des humains changent,
mais pas la beauté du Pavillon d'Or.
ton école a envoyé un avertissement sévÚre.
Lis-le.
tu as manqué trop de cours.
Tes notes sont mauvaises.
Ils t'ont averti plusieurs fois,
mais tu n'as fait qu'empirer les choses.
Quel chagrin aurait ton pĂšre, sâil vivait !
Réfléchis bien...
Ă ce que tu veux faire.
Te prĂȘter de l'argent ?
Combien ?
3 000.
Pour quoi faire ?
Pour... un voyage.
Reviendras-tu ?
Oui.
Un pyromane !
Pour brûler ce temple, cet étudiant...
fait semblant de fumer et a craqué une allumette.
Que fuis-tu ?
Si cet étudiant...
met le feu Ă ce temple,
il ferait mieux de s'enfuir.
Allumer une allumette,
cela ne brûlera pas le monde.
Mais la flamme...
n'allumera qu'une cigarette,
puis disparaĂźtra.
MĂȘme si un temple est incendiĂ©,
ça ne changera pas le monde. Cela ne changera rien.
Aurais-tu mal compris quelque chose ?
Penses-tu....
que cette petite flamme...
va changer le monde ?
En ce moment,
d'innombrables allumettes brûlent.
Pour les cigarettes,
pour le café,
pour cuire le riz.
Cela ne bouleversera pas lâordre du monde.
Garde cela Ă lâesprit.
Seules les pensées peuvent changer le monde.
Non !
Ce ne sont pas les pensées !
Ce quâil faut, câest agir !
Devenir fou,
ou mourir ?
Lequel des deux ?
Les gens utilisent leurs pensées comme des armes
pour combattre la dureté de la vie.
Les animaux n'en ont pas besoin.
Ils ne savent mĂȘme pas que la vie est dure.
La politique est impuissante.
L'art est impuissant.
Le professeur est impuissant.
L'école est impuissante.
Alors la religion est également impuissante.
Le Pavillon d'Or ?
- Le Pavillon d'Or ? - Oui.
Le Pavillon d'Or.
Le Pavillon d'Or ?
Que comptes-tu faire ?
Tu veux mettre le feu au Pavillon d'Or ?
Le Pavillon d'Or n'est pas impuissant.
Néanmoins,
c'est la source de mon impuissance.
14
Entrez, jeune homme.
Il y a de jolies filles ici, entrez !
Eh bien ? Entrez.
Monsieur.
Je pense...
vous avoir déjà vu.
C'est vraiment votre premiĂšre fois ?
Bien.
Vous tremblez.
Des délits et des peines De Cesare Beccaria
Vous buvez beaucoup d'eau !
Est-ce vraiment votre premiĂšre fois ?
Vous ĂȘtes doux.
Il y a trois ans,
Je suis venue Ă Kyoto depuis Nagoya.
Kyoto est vraiment sympa. J'adore !
Est-ce si spécial pour vous ?
De Beccaria....
"Des délits et des peines".
C'est si difficile.
- Je ne comprends pas ! - Eh bien...
Je serai bientĂŽt dans les journaux.
Alors tu te souviendras de moi.
Quây a-t-il de si drĂŽle ?
Menteur.
Menteur.
Jamais vu pareil menteur !
Ăa chatouille.
Il pleut.
"Bùton de divination n° 14."
"Pas de chance en voyage."
"Surtout au nord-ouest."
AUBERGE DES MARCHANDS
Tu veux mettre le feu au Pavillon d'Or ?
Au lieu de brûler ça,
tu devrais tuer ton professeur.
Tuer le MaĂźtre ne changera rien !
Je ne peux pas couper ce monde impuissant.
Si tu brĂ»les le Pavillon dâOr, sera-t-il coupĂ© ?
Et moi ?
Peux-tu me brûler ?
Brûle-moi !
- Brûle-moi. - Uiko !
- Brûle le Pavillon d'Or. Brûle-moi ! - Uiko !
Oui.
Brûle-moi.
Peux-tu le faire ?
Allume juste une allumette !
Je serais Ă toi pour toujours.
Pour toujours ?
TraĂźtre.
Qui est le traĂźtre ?
AllĂŽ. Est-ce bien le temple Rokuon de Kyoto ?
C'est la police du Tango.
Avez-vous un Ă©tudiant de lâUniversitĂ© Shogoku nommĂ© Mizoguchi ?
Nous le détenons.
TraĂźtre !
TraĂźtre !
OĂč as-tu trouvĂ© l'argent pour venir ici ?
L'argent ?
Un ami me l'a prĂȘtĂ©.
- Vraiment ? - Vraiment. - Tu ne l'as pas volé ? - Non.
Vraiment ?
Tu n'as pas dit au moine en chef que tu venais ici !
Demande-lui de te pardonner.
Excuse-toi du fond du cĆur !
C'est une personne gentille,
Je pense qu'il te pardonnerait.
Mais si tu recommences, je pourrais mourir !
Change d'avis,
deviens un bon moine.
Tu dois hériter de ce temple !
Ce serait ma seule joie de vivre.
Tu n'as fait que me trahir !
Assez !
Sors de ce temple !
Ces yeux ne peuvent rien voir.
Vous ĂȘtes mort il y a 600 ans.
Yoshimitsu Ashikaga.
ĂMES DU PASSĂ, DU PRĂSENT ET DU FUTUR
Ămes du passĂ©, du prĂ©sent et du futur.
Je fais appel Ă vous sincĂšrement.
Je vous prie de vous manifester.
Détruisez ce pays.
Laissez le monde subsister.
Avec leurs mauvaises tĂȘtes,
les gens ont allumé les lampes de la prospérité.
Ils mĂšnent une vie facile...
dans ce monde faux mais ordonné.
Je vous implore, ùmes du passé, du présent et du futur,
montrez votre colÚre, punissez ce pays, détruisez-le.
Ils ne le feront pas.
Uiko.
Maman.
Monde impuissant qui m'attire en toi.
Si ma jeunesse aussi est impuissante,
alors toutes les vies que je vois sont aussi impuissantes.
Pour dominer ce monde impuissant,
et échapper aux ténÚbres fictives,
Je dois brûler ce monde ignorant.
Pour détruire...
cet ordre enraciné et impuissant qui se répand en moi,
et donner naissance Ă un nouvel ordre,
je dois initier ce modeste coup d'Ătat.
Uiko.
FIN Sous-titrage fr: Vanlocke
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