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TENDRESSE
“Pour l'épicier.
Et pour ressemeler les bottines de Katrin.
Maman comptait les pièces d'argent.
Enfin papa demandait : “C'est tout ?“
Et maman souriait. en murmurant : “C'est bien :
nous ne devrons pas aller à la banque.“
Fin.
“Roman. par Kathryn Hanson.“
“Aussi loin qu'il m'en souvienne. la maison de Larkin Street
a été notre foyer.
Papa et maman étaient nés en Norvège.
Ils vinrent rejoindre les sœurs de maman à San Fransisco.
Nous y sommes tous nés.
Nels. L'aîné et seul garçon. ma sœur Christina
et ma petite sœur Dagmar.“
Mais par-dessus tout.
Je me souviens de maman.
Tous les samedis soirs.
J'allais m'asseoir au grenier
pour écrire mes pensées dans mon journal.
Maman m'appelait d'en bas...
C'était l'habitude. Tous les samedis soirs
Maman s'asseyait à la table de la cuisine
pour compter l'argent que papa rapportait.
Voilà deux fois que je t'appelle.
Pardon. maman. J'écrivais.
Christina. si tu veux rire. ne fais pas : “ha-ha !“
Maintenant. tout est là.
D'abord. pour le propriétaire...
Pour l'épicier...
Il n'y a pas de chat aussi brave qu'Elisabeth.
Mets-le à la porte de derrière.
Ni au ciel et ni en enfer. pas de chat aussi brave !
Pour le ressemelage de Katrin...
- Les bottines de Katrin. - Mes bottines.
Ses vieilles bottines.
Et il me faudra un nouveau cahier.
- Combien coütera-t-il ? - Dix cents.
Pour le cahier...
Ne les perds pas
quand tu te moucheras.
C'est tout. maman ?
Oui. pour cette semaine.
Nous ne devrons pas aller à la banque !
Je passerai le brevet dans un mois.
Irai-je à l'école supérieure ?
- Tu veux y aller ? - Oui...
si tu crois que je le peux.
C'est bien.
Ça coûtera un peu... J'ai tout noté.
Va chercher la cassette. Katrin.
La cassette...
L 'objet le plus important de la maison !
On y puisait en cas de besoin,
dans les grandes occasions !
Quand il y aurait assez, maman fachèterait un manteau chaud.
Mais il n'y avait jamais assez.
Tout y est... Tramways. vêtements. cahiers...
tout ce dont j'ai besoin. J'en ai parlé avec Nichols.
Il y est allé.
Y a-t-il assez. maman ?
Il n'y a pas grand-chose dedans. en ce moment.
Pour le dentiste... et pour tes patins à roulettes.
Et le manteau que tu dois t'acheter.
Le manteau peut attendre. Mais même ainsi...
Nels ne pourra y aller ?
Il n'y a pas assez. Nous voulons éviter d'aller à la banque. n'est-ce pas ?
Je travaillerai après l'école.
Ça ne suffira pas.
Je vais renoncer à fumer...
Je m'occuperai des petits Maxwell. le vendredi soir.
Katrin pourra m'aider.
Bon. Il y aura assez !
Nous n'irons pas à la banque !
Si ce sont les tantes. je file au salon.
- Et moi au bureau. - Il ne faut pas vous sauver.
Trina... toute seule !
Un boa ! Il est neuf ? Très joli !
- C'est un cadeau... - Regarde !
Trina a reçu un cadeau !
Jenny et Sigrid ne viennent pas ?
Je ne le leur ai pas dit...
J'ai à te parler. Mana.
Pouvons-nous parler seules ?
Laissez-nous. les enfants. Je vous appellerai.
Oh. non... Je ne puis te le dire!
C'est très personnel...
Non. Lars. veste ici. Allons devant l'entrée...
J'aime le grand air. Fume tranquillement ici.
Mana... je désire me marier.
Tu désires te marier. ou as-tu quelqu'un en vue ?
- Je désire épouser quelqu'un. - Et lui. désire-t-il l'épouser ?
Il le dit.
Trina ! C'est merveilleux !
Oui est-ce ?
- M. Thorkelson. - Des pompes funèbres ?
Je sais qu'il n'est pas beau
et sa profession n'est pas très reluisante. mais...
Tu l'aimes. Tlina ?
Alors. c'est très bien !
M'aideras-tu à le dire aux autres ?
- Jenny et Sigrid Pignorent ? - Elles vivaient de moi.
- Mais si tu leur dis... - Jenny t'en voudra de m'en avoir parlé.
Dis-leur de ne pas se moquer de moi.
Si elles le font. je me jetterai dans la baie !
Elles ne liront pas de toi. Trina.
Je te le promets.
Et l'oncle Chris ?
Lui parleras-tu ?
C'est à M. Thorkelson de lui parler.
C'est au mari de parler au chef de la famille.
Je sais... mais l'oncle Chris est si intimidant.
Il est si grand. Et il crie si fort
et M. Thorkelson est plutôt timide.
Mais. Trina. s'il doit être ton mari.
Il doit surmonter sa timidité.
Tu l'es. Quand on l'est à deux. c'est mauvais.
Non ! Je parlerai à Jenny et à Sigrid.
Mais M. Thorkelson doit voir l'oncle Chris.
Je leur parlerai la première.
Va dans ma chambre. Attends que je t'appelle.
Non. tu peux rester ici.
Attends. Jenny. Oue je reprenne mon souffle !
- Grimper cette côte me tue ! - Tu en grimpais d'autres.
- Au pays. - Mais alors. j'étais jeune !
Trina est venue ?
Elle est sortie... et ne connaît que toi.
C'est ce que tu crois !
Je vais vous donner du café.
Puis nous parlerons de Trina. Ame. les enfants sont en haut.
- Je peux jouer avec ça. tante Mana ? - Oui. mais ne le casse pas.
- Trina est venue ici ? - Oui. elle est venue.
- Oue voulait-elle ? - Me parler...
A quel sujet ?
Mariage.
Trina veut se marier.
Oui voudrait l'épouser ?
Pete le timide ? On se moquerait d'elle !
Elle est ici
et va venir à l'instant. Pour elle. c'est sérieux.
- Vous ne rirez pas d'elle. - Je ferai comme il me plaira.
Non. Jenny.
- Et pourquoi donc ? - Parce que je m'y oppose.
- Comment m'en empêcheras-tu ? - Si tu te moques de Trina.
Je parlerai du jour
où ton mari a essayé de s'en aller.
- Comment ? - Oui t'en a parlé ?
Je le sais.
Erik a essayé de te quitter ?
- C'est faux. - Alors je peux le dire à Trina ?
C'est l'oncle Chris qui te l'a dit!
Erik a voulu partir ?
Peu importe. Sigrid.
Jenny ne riva pas de Trina...
Et toi non plus.
Autrement je parlerai de ta nuit de noces avec Ole.
Quand tu pleurais et qu'il t'a ramenée à maman !
- Je ne savais pas ça ! - Tu n'as pas besoin de le savoir.
Si je parle de tout cela.
C'est pour qu'elles ne se moquent pas de Trina.
Maintenant tu peux l'appeler.
Pardon. Je ne savais pas...
M. Hyde. ce sont mes sœurs.
Les trois Grâces !
Je monte dans ma chambre.
- T'a-t-il payé son loyer ? - Je n'ose réclamer. Il paiera bientôt.
Non ! Si Mana compte acheter son manteau
- avec l'argent de ce vieux cabotin raté... - Jenny. M. Hyde est un gentleman.
Il nous fait la lecture. Des livres merveilleux...
Longfellow. Charles Dickens...
Viens. le café va refroidir.
- Je le leur ai dit. - Pourquoi à Marta d'abord ?
Elle a pensé... que Mana comprendrait.
S'il pense qu'elle aura une dot
comme les filles de notre pays !
Pourquoi pas ? Vous en avez bien eu.
C'était en Norvège et nos parents vivaient !
D'où viendrait ta dot?
- De l'oncle Chris. - Oui le lui demandera ?
Quand M. Thorkelson le verra...
L'oncle Chris l'avalera !
Peter le timide et l'oncle Chris !
Si Chris lui raconte des histoires de famille...
Il en sait beaucoup. L'oncle Chris.
- Où sont les enfants ? - On ne les verra pas ?
Si ! Je vais les appeler.
Je vais débarrasser.
Où vous cachiez-vous ?
Mon Dieu. comme il grandit !
Il va rattraper son papa.
C'est même trop. pour sa force.
Dagmar aussi est pâle.
Seigneur. quel affreux minet !
- Son nouvel ami. Il la suit partout. - Il don avec elle !
Ça coupe le souffle à un enfant !
Tu ne voudrais pas étouffer. n'est-ce pas ?
Elisabeth peut prendre mon souffle.
“Elisabeth...
- quel nom stupide pour un chat ! - Pour ce chat-là.
- C'est un matou ! - Tu n'as pas besoin de dire ça.
Elle devrait en chercher un autre.
C'est Elisabeth. et il le restera !
Tu pourrais l'appeler Oncle Elisabeth...
Dis à M. Hyde que nous sommes prêts pour la lecture.
Rappelle-toi ce que je te dis.
Il serait honteux qu'un locataire roule une Norvégienne.
Ou plutôt : qu'il roule une femme de San Fransisco.
On dirait que San Francisco est le monde !
Oui. c'est mon monde à moi.
M. Hyde va nous lire Un roman dans deux villes.
C'est très beau. mais c'est triste.
J'aime les histoires tristes.
J'aimerais achever cette lecture ce soir.
“A la prison de la Conciergerie.
Les condamnés attendaient leur destin.
Ils étaient là
52 qui allaient affronter. L'après-midi.
Ia fureur de la foule sur le chemin de l'échafaud.“
Je nbublieraiiamais cette soirée...
Il était minuit quand il termina
et personne ne s'en était aperçu.
“L'acte que j'accomplis est bien meilleur
que tout ce que j'ai fait dans ma vie.
Le repos que je vais connaître sera bien meilleur
que tous ceux que j'ai connus.“
Fin.
Je passai des nuits blanches
car cette lecture avait éveillé mon imagination.
"Quelle merveille que la littérature ". eerivais-ie.
"Elle nous transporte dans l'inconnu !"
“Et il baissa la voix pour murmurer :
M. Sherlock Holmes. c'étaient les empreintes
d'un chien géant !“
La suite la prochaine fois.
Si cela vous intéresse !
Si nous étions intéressés ! Nous y pensions sans céssé.
Cela interessait aussi maman parce que Nels restait le soir
à la maison.
Le soir où ses copains pillerent une boutique.
Nels était à la maison.
“Par-dessus tout. sois sincère envers toi-même.
Et il s'ensuivra. comme la nuit suit le jour.
Que tu ne pourras plus tromper ton prochain.“
Ces lectures me firent comprendre
que mon plus cher désir était de devenir écrivain !
Je redigeai quelque chose sur l'une/e Chris
mais la maîtresse me dissuada d'écrire
sur un parent.
Une au deux fais par an,
l'oncle Chris, avec sa grasse voix
et sa forte moustache,
venait de son ranch du nord
jusqu'à San Francisca, dans son automobile.
En I 'entendant arriver de loin,
nous savions que notre tranquillité allait être troublée.
Les enfants parlaient peu de lui.
Maman disait qu'il conduisait vite
pour retrouver une agilité perdue
car l'une/e Chris baitait à la suite d'un accident survenu dans sa jeunesse.
Alors. il n'y a personne ?
On ne répond pas ? Vous ne m'entendez pas appeler ?
Vous ne m'entendez pas appeler ?
Je n'appelle pas assez fort ?
Vous ne m'entendez pas. ou je n'appelle pas assez fort ?
- On a entendu. oncle Chris. - Alors. pourquoi ne pas venir ?
On venait...
Approchez. que je vous regarde !
Près des marques.
Cinq centimètres en six mois ! Bien !
Montre tes dents !
Tu les brosses bien ?
Va chercher la caisse d'oranges dans l'auto !
Où est Dagmar ?
- Elle est malade. - Qu'est-ce qu'elle a ?
Mal à l'oreille. depuis deux jours.
- Maman a fait venir un docteur. - Un bon docteur ? Oue dit-il ?
Il est là en ce moment.
- Comment va Dagmar ? - Pas bien.
Qu'a donc cette enfant ?
Il faut Phospitaliser et Popérer.
Sans attendre le retour de mon mari ?
Non. Il faut opérer immédiatement.
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Une mastoïdite.
Alors. opérez immédiatement.
- C'est ce que j'ai dit... - Immédiatement.
Est-ce assez ?
Je pensais à l'hôpital.
Non. Nous payons. mais... est-ce assez ?
Sinon. nous irons à la banque.
Nous y avons un compte.
Y a-t-il assez sans y aller ?
Mon mari gagne bien sa vie.
S'il faut de l'argent. je paierai !
Elle ira à la clinique.
Vous paierez ce que vous pourrez.
J'y ai déjà un malade. Mon neveu. Ame.
On l'opéra ce matin au genou.
Etes-vous médecin. monsieur ?
J'en sais plus que bien des médecins !
Plus tard. Nels sera médecin !
Très intéressant.
Amenez l'enfant à la clinique
- d'ici une heure. - Elle y sera dans 10 minutes.
J'ai mon automobile.
Je ne puis tout arranger si vite.
Je m'en charge.
Laisse faire le D1 Johnson.
- Allez-Y. nous arrivons. -Très bien. Dans une heure. donc.
Dagmar sera bien soignée. Je ferai l'opération.
- J'y assisterai. - N'y comptez pas. monsieur.
J'y assiste toujours. Chef de la famille.
Je n'admets personne à mes côtés.
C'est si mauvais ?
Je vais voir Dagmar.
C'est très gentil. mais elle est malade.
Tu lui fais peur !
- Je lui fais peur ? - Oui. tu fais peur à tout le monde !
Sauf à moi !
Même Jenny. Sigrid et Trina ont peur de toi !
Et les enfants aussi !
Nels et moi allons chercher Dagmar. Tu nous conduiras à l'hôpital.
Et laisse le D1 Johnson tranquille !
C'est un bon docteur !
Nels. viens avec moi.
Pour porter Dagmar.
Tu as compris ?
C'est vrai ? Je vous fais peur ?
Vous avez peur de moi ?
Allons. dites-moi la vérité !
- Un petit peu. oncle Chris. - Oh. non !
Et toi. Christina ?
Je suis votre oncle Chris ! Pourquoi vous fais-je peur ?
Je ne sais pas...
C'est mauvais. Très mauvais !
Vos tantes. oui. J'aime les effrayer !
Ça vous fait rire.
Vos tantes ne vous plaisent pas.
Allons. dites-moi.
Elles ne vous plaisent pas. Dites !
Pas beaucoup. oncle Chris.
Et laquelle vous plaît le moins ?
Tante Jenny. Elle est si autoritaire !
Et moi. tante Sigrid.
Elle est toujours geignarde.
SÎQVÏÜ- Qeignarde !
Jenny autoritaire ! C'est vrai !
L'oncle Chris... Quelle noirceur dans son âme !
- Sacrant et jurant ! - Il est bon pour les enfants.
Pour sa bouteille ! Et sa maîtresse !
- Sa gouvernante. - Sa “gouvemante“ !
Peter est là. Juste à l'heure !
Contente que vos affaires ne vous aient pas retenu.
En effet. j'attendais...
Ces affaires-là peuvent attendre !
C'est le moment de parler dot à Chris !
Soyez ferme. M. Thorkelson.
Billets. s.v.p.
Dis-lui ce que Chris a fait.
Vous savez la chute que mon petit Ame
a faite sur le genou...
On croyait que ce n'était rien
mais ce matin. tandis que j'étais au marché.
Chris est arrivé !
Ne répétez pas ça à votre maman.
C'est un secret.
Vous n'aurez plus peur; nous avons un secret !
Vos tantes ne me plaisent pas non plus.
Jenny. vois-tu ce que je vois ?
- Cette femme. dans son auto ! - Ouelle honte !
- Est-ce sa femme ? - Oui.
Et non...
Sigrid a à te parler !
- Tu as emmené Ame à l'hôpital. - Oui. je l'y ai conduit!
Et on va y conduire Dagmar.
L'oncle Chris n'en fait qu'à sa tête.
Sigrid. assez de jérémiades ! Va-t'en !
Tu ne nous imposeras plus tes volontés !
Tu es trop autoritaire. Va-t'en aussi.
Nous emmenons Dagmar à l'hôpital.
Tu la tiens bien. Nels ?
- Allons-y. - Tu écouteras Sigrid !
Sigrid. si tu ne féloignes pas de cette porte avant que j'aie compté 3.
je te jette dehors ! Et Jenny aussi !
Mets-la sur le siège arrière.
Je voudrais te présenter M. Thorkelson.
Je te présente M. Thorkelson.
Jenny. Sigrid. nous partons à l'hôpital.
Soyez sages jusqu'à mon retour.
Le lait est dans le garde-manger avec les fruits et la galette.
Ça ira. maman. Sois tranquille.
Tu ne peux monter dans son auto.
Parce qu'elle y est... Cette femme !
Mounai-je de m'asseoir à côté d'elle ?
Je l'ai vue. Elle a l'air très bien !
Mais il faut que je le voie !
Pas de visites pendant 24 heures !
- Mais tu l'as vu. - Pas une “visite“...
- Je fais exception ! - Sa mère aussi. alors.
Je vais voir le docteur.
Je lui ai dit que tu serais néfaste !
Pour mon propre fils ?
Oui.
Tu te mettrais à geindre ! J'y vais.
J'ai à te parler!
J-ai à faire!
- Je voudrais me marier. - Eh bien. marie-toi !
Epouser M. Thorkelson...
Epouse-le donc ! J'ai autre chose à penser.
J'ai ta permission ?
Je ne peux pas t'empêcher de faire l'idiote !
- C'est tout ? - Oui. je crois.
Il y a encore un petit détail.
Trina m'a dit qu'au pays...
Qu'il était toujours d'usage.
Au pays...
Ça se passe comme ça.
Alors ? Oue voulez-vous ?
C'était au sujet... Au sujet de Trina et...
Eh bien. pour parler nettement...
Sa dot !
Trina veut une dot !
A42 ans!
Un mari ne suffit pas ! Une dot !
Ce n'est pas une agence matrimoniale !
Venez dans la salle d'attente.
Je vais vous parler de dot !
MESSIEURS
Tu as entendu. Mana ?
Non...
J'attends le docteur.
Elle est dans la salle d'opération depuis 2 heures.
Oui donne la dot?
Les parents !
Parce qu'ils sont ravis de n'avoir plus à entretenir
leur fille. ils donnent de l'argent !
Je n'entretiens pas Trina ! Pourquoi paierais-je pour la marier ?
- Je ne sais pas. - Vous ne savez pas ?
La laisserais-je épouser un homme qui exige une dot?
- Je n'exige pas cela. - Ouel homme serait-ce. dites ?
Pas un homme recommandable.
- Etes-vous ce genre d'homme ? - Je ne crois pas.
- Alors vous ne voulez pas de dot ! - Non. je ne crois pas...
On va boire du café.
As-tu de l'argent ?
- Oui. J'en ai un peu. - Bon. Alors je vous invite.
Nous allons à côté. Mana.
Dagmar va bien.
Elle don encore sous l'effet de l'anesthésie.
Maintenant je vais la voir !
Je regrette.
Mais c'est contraire au règlement. Vous la verrez demain.
Mais je lui ai promis !
Elle sera inquiète. si je ne tiens pas ma promesse !
Les infirmières la soigneront très bien.
Pas de visites aux malades pendant 24 heures.
Le calme doit régner dans les salles.
Je ne ferais pas de bruit...
Je regrette beaucoup.
A demain.
Oui désirez-vous voir ?
Où puis-je trouver ma fille ?
Son nom ?
- Dagmar Hanson. - Vous ne pouvez pas encore la voir.
Pas de visites les premières 24 heures.
Je ne suis pas une visite. Je suis sa maman !
Je regrette. Le règlement l'interdit !
- Un instant seulement. - Je regrette. Le règlement l'interdit.
Tu pourras la voir demain.
Mais je lui ai promis...
Oue dirai-je ce soir à son père ?
Les infirmières veilleront sur elle.
Tu viens boire un café à côté ?
Non. nous le boirons a la maison.
Où sont les filles ?
Je te fais du café ?
Tu as dis que tu en prendrais.
Plus tard.
Il faut que je réfléchisse.
Ne te tourmente pas ainsi.
Dagmar va bien. Tu le sais.
Tout va bien. maman ?
Oui. tlès bien.
Avez-vous mangé ?
Et bu votre lait ?
Quelque chose qui ne va pas ?
Maman. Dagmar n'est pas...
Non. Dagmar va bien !
Toujours dramatique !
Deux heures avant que papa rentre.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Maman n'a pas pu voir Dagmar.
C'est leur règlement.
Et maman est tourmentée.
Elle m'a parlé en nolvégien. dans le tram.
- Ou'allons-nous faire ? - Pas besoin d'en faire un drame.
Sans cœur ! Songe à la peine de maman !
Tu dramatises toujours tout !
Ça ne fait qu'aggraver sa peine.
Mais c'est dramatique !
Le cœur des gens ne se brise
que dans les livres !
Qu'est-ce que tu fais ?
Je lave le parquet.
Mais tu as lavé le parquet hier.
Eh bien. je vais le refaire.
Il y a des moments où il faut s'agenouiller...
Tu me crois. maintenant ?
Maman. il ne faut pas...
Tu dois être fatiguée.
Laisse-la donc.
Qu'y a-t-il. maman ?
Je songe à quelque chose !
Je crois pouvoir faire quelque chose !
“Il but de la rosée dans un gobelet de cristal
et il aida les étoiles à jouer à cache-cache !“
Faut-il avoir mal comme ça ?
Si tu veux aller bien
et ne pas marcher comme l'oncle Chris. il te faut souffrir un peu.
On va te donner quelque chose
pour dormir.
Peut-être oublieras-tu la douleur et dormiras-tu ?
Ça fait très mal ?
Oui. plutôt...
Tu ne connais pas de jurons ?
Non. pas de vrais jurons !
Eh bien. alors. je vais t'en dire un beau.
Tu le diras si la douleur revient.
Un juron norvégien.
Ça vaut mieux.
Quand la douleur reviendra. tu n'as qu'à dire : “Dam gjett.“
Ça soulage bien.
Je le sais. Je souffre aussi. Et je le dis.
Si la douleur est vive.
Tu dis : “Dam gjett !“
Comme ça.
Mais seulement si tu souffres.
Ça te fait mal ?
Non. ça va un peu mieux.
Je chante encore ?
Si tu veux.
Mais quelque chose de plus... calme. hein ?
- Ça marche. hein ? - Très bien !
Alors. dors un peu.
Apprendre des jurons à un enfant !
Vous ignorez ce que ça veut dire ?
Ai-je l'air d'une étrangère ?
Si vous l'étiez. vous sauriez ce que ça veut dire :
“Vieille bique.“
C'est une autre infirmière.
Vous travaillez bien tard...
Ça en avait besoin.
Oui. On s'y est enfin decidé !
Pas de fièvre...
C'est bien !
Où étais-tu ? Tu m'avais promis...
J'étais inquiète.
Maman est là. maintenant !
Allons. il faut dormir.
Ai-ie jamais vu maman ne rien faire .7
Sun travail n'était jamais fini !
Toujours si occupée
qu'elle ne parlait jamais d'elle, ni de sa jeunesse au pays.
Je me souviens qu'une fais ie me suis sentie très fière
car elle me parla comme à une grande personne.
Ce fut la veille du jour où Dagmar sortit de l'hôpital.
La mienne est au café.
Oui. La mienne aussi.
Quand pourrai-je boire du café ?
- Quand tu seras grande. - Quand j'aurai 18 ans ?
Peut-être avant ça.
Après mon brevet ?
Peut-être. Le jour où tu seras grande. papa et moi le saurons.
Elles sont belles !
Les aimes-tu ?
Veux-tu qu'on en achète ?
Peut-on faire cette dépense ?
Pour le retour de Dagmar. demain.
Nous voudrions des violettes.
Pour dix sous. s'il vous plaît.
Il nous a dit : “ladies“ !
Quand je serai célèbre. j'en aurai tous les jours !
Je fachèterai de belles robes.
En satin. avec de longues traînes ! Et des bijoux.
- Un collier de perles ! - Je préfère ma broche.
Tu n'aimerais pas être riche ?
Comme j'aimerais mesurer 3 mètres de haut !
Ça a son bon et son mauvais côté.
N'as-tu pas émigré pour être riche ?
Non ! Nous sommes venus ici parce que les autres y sont !
La famille doit rester groupée.
- Et tu t'y es plue tout de suite ? - Oui. tout de suite.
En sortant du bateau. quand j'ai vu San Francisco
et toute la famille. j'ai dit : “C'est comme la Norvège.“
Puis vous êtes nés et je suis devenue Américaine.
Songes-tu parfois à rentrer au pays ?
Oui. Peut-être.
Pour voir les montagnes et les fjords. J'aimerais vous les montrer.
Quand Dagmar sera grande. en touristes.
Ici. Minou. Minou !
Ne peux-tu attendre le retour de Dagmar ?
- Qu'en penses-tu ? - Il est mal en point.
Il ne faut pas qu'elle le voie.
Attends...
Il faut que je te dise... Oncle Elisabeth est... malade !
Malade ? Qu'est-ce qu'il a ?
Il s'est encore battu. Il est rentré ce matin...
très malade.
Oh. maman.
- Il a l'air bien mal ! - Viens...
Nels va s'occuper de lui.
Ne vaudrait-il pas mieux pour lui qu'il s'endorme ?
Tu veux dire... pour ne plus jamais se réveiller ?
Je crois qu'il mourra. de toute façon.
Maman le guérira. Maman peut tout faire.
Fais-le vivre. maman !
Fais-le revivre. je t'en prie !
On verra comment il passera la nuit.
Maintenant. monte te coucher.
Je t'apporte ton dîner.
Mais tu guériras oncle Elisabeth ?
- Tu me promets. maman ? - Je te promets d'essayer.
Tu te demandes comment il passera la nuit ?
Et nous ?
Inutile. Il faut endormir ce chat.
C'est cruel de le prolonger.
Va à la pharmacie et rapporte
du chloroforme. peut-être.
- Combien en prendrai-je ? - Demande pour un chat. Ils savent.
Inutile. Mana. C'est le mieux à faire.
Triste retour pour Dagmar...
Elle a été si sage à l'hôpital.
Vous l'avez vu ?
- Il pan pour de bon. - Oue fera maman sans locataire ?
- Elle a besoin de cet argent. - J'espère qu'il lui a payé son dû.
On a vu M. Hyde avec ses valises.
Il t'a laissé ça.
Nels. ôte ta casquette.
Christina. ferme la porte.
De combien est le chèque ?
Cent trente dollars !
C'est pour quatre mois.
Merveilleux !
On va pouvoir tout payer au docteur !
Et t'acheter un manteau d'hiver !
Mais il n'y aura plus de lectures.
Oue dit M. Hyde ?
“Chers amis. je me trouve dans l'obligation
de quitter en hâte votre maison heureuse.“
Quelle jolie lettre.
“Je vous laisse ma bibliothèque pour les enfants.“
- Il laisse ses livres ? - Enfin. il le dit.
C'est merveilleux ! Va les chercher.
Oue dit-il d'autre ?
“Vivre parmi vous m'a été un privilège.
Je n'oublierai jamais votre hospitalité.“
Signé : “Jonathan Hyde.“
Avenue...
atque... valet...
“A ve atque vals.“
“Salut et adieu". en latin !
Les aventures de M. Pickwick.
- Shakespeare. - Aliee au pays des merveilles.
- Poèmes choisis. - Le dernier des Mahieans.
Tu l'as. Nels ?
Tu sais comment ?
Non. Je pensais que...
Christina. monte le plateau à Dagmar.
Katrin. mets le beurre au frais.
Plus vite que ça !
Monte son lait à Dagmar !
Lars.
Tu sais comment ?
Non. mais... ce ne sera pas difficile.
- Si tu tiens le chat... - Moi. tenir le chat?
Tiens-le !
Je crois qu'il vaudrait mieux
prendre une grosse éponge.
Dans la caisse. avec lui. et couvrir.
Va chercher une éponge. On le prépare.
A-t-il payé son loyer ?
Avec un chèque. C'est Lars qui l'a.
Un chèque !
J'étais chez Kruper. au bas de la rue.
M. Hyde y est venu déjeuner ce midi.
Il a demandé si on voulait
prendre un chèque de cinquante dollars.
Votre M. Hyde n'a même pas de compte à cette banque !
Ce... ce chèque ne vaut rien ?
Rien du tout !
Votre M. Hyde est un escroc !
De combien est ce chèque ?
Il vous devait gros. hein ?
Il ne nous devait rien.
Il nous a bien mieux payés
qu'avec de l'argent !
Il vous devait bien cent dollars. n'est-ce pas ?
Peut-être n'as-tu rien à faire.
- Moi j'ai du travail ! - Ou'as-tu à faire de si important ?
Chloroformer un chat !
Comment va oncle Elisabeth ?
Pourquoi te lèves-tu si tôt ?
Je veux voir oncle Elisabeth !
Bonjour. papa. Oncle Elisabeth va mieux ?
Dagmar. il faut que je te dise quelque chose.
Je veux d'abord voir oncle Elisabeth.
Bonjour. Elisabeth chéri...
Tu dors encore ? Vieille marmotte !
Lars. il faut lui dire !
Réveille-toi. Il fait jour !
Mieux vaut qu'elle croie qu'il est mon de lui-même.
On ne peut lui mentir.
Drôle d'odeur !
C'est comme à l'hopital.
Mais je te soignerai comme les infirmières.
Tu seras le mieux portant de San Francisco !
Vous lui en avez mis des couvertures !
Vous croyiez qu'il avait pris froid ?
Dagmar... montre un peu...
montre un peu ce chat !
Oncle Elisabeth. parle-moi !
C'est un miracle !
Je savais que tu le guérirais !
Je vais le montrer à Nels.
Tu n'as fait que l'endormir.
Mais il faut lui dire !
Qu'elle ne croie pas que je peux tout arranger !
Peut-être vaut-il mieux qu'elle le croie.
Et puis. je sais bien ce qu'elle éprouve.
A l'époque, cela me sembla long
mais à présent je sais
que nous fûmes bientôt grandes.
Le jour du brevet prit des proportions considérables.
Je devais jouer Ponia
dans Le marchand de Venise.
La venu de la pitié n'est pas exagérée.
Elle descend du ciel comme une douce pluie
sur tout ce qui se présente.
Elle bénit celui qui donne et celui qui reçoit.
Celui qui reçoit.
Et celui qui reçoit... Ensuite ?
Je l'ignore et je m'en moque!
Je n'entends que ça depuis un mois !
La pièce. ton brevet et l'école supérieure !
Et pas question de ce qui se passe ici. Tu ne songes
qu'aux cadeaux que tu recevras. Tu me rends honteuse d'être une fille !
Tu sais le cadeau que Thyra a reçu ?
- Ou'auras-tu. ici ? - On ne me l'a pas dit.
Mais je crois que j'aurai ça.
Je me la suis fait montrer par ton père.
Elle est vraiment complète !
Et c'est du vrai cellulo'I'd !
- Eh bien. tu ne l'auras pas! - Et pourquoi ?
Je sais ce que tu auras.
Maman te donnera sa broche !
Celle qu'elle a eu de grand-mère ?
Qu'est-ce que j'en ferais ?
Maman y tient beaucoup.
Elle devrait la garder. alors.
C'est tout ce que j'aurai ?
- Oue veux-tu d'autre ? - La trousse de toilette !
Si maman ne se rend pas compte...
C'est l'événement de la vie. le brevet !
- Et tu nies être égoïste ! - Je ne le suis pas!
Alors comment appelles-tu ça ?
Papa ne travaille pas. Il ne faut pas gaspiller l'argent.
Et la cassette est vide.
Mais tu l'auras. ta trousse...
Alors. pourquoi en parler ?
Plus vite. si tu veux être avec moi.
Christina avait raison. J'eus ma trousse.
Ils me la donnèrent le soir du brevet.
Papa n'avait pas pu venir car le comité de grève
se réunissait.
Je vais ranger la vaisselle. maman.
Nous la laverons en rentrant.
Tu ne manges pas ton pudding ?
Je ne peux pas... pas maintenant !
Oui veut un canard ? Dagmar ?
Katrin. ton manteau !
Tante Jenny dit que le café
nous brunira le teint.
Je voudrais être brune comme l'oncle Chris.
Je te préfère blonde. comme maman.
Quand peut-on boire du café sans bruni! ?
Un jour... quand tu seras grande.
Ce sucre a trempé dans du café ?
Ce n'est pas bon pour elles !
Ça les fera brunir. je sais.
Avez-vous vu mon cadeau de brevet ?
Il y a tout. dedans !
Tu devais lui donner ta...
Elle est trop jeune pour l'apprécier.
Tu n'as pas ta broche.
Non. pas ce soir !
- Nous allons être en retard ! - Mais Peter n'est pas là.
Dois-tu l'attendre ?
- Katrin sait son rôle ? - Bien sûr. Je le sais aussi !
Salas-tu rentré avant nous ?
- La réunion ne sera pas longue. - Tant mieux. Nous partons !
Je savais que tu déciderais maman.
Je la lui ai simplement montrée à la vitrine.
Et tu lui as fait vendre sa broche !
Tu ne devais pas le dire !
Il faut qu'elle le sache.
C'est vrai ? Maman a vendu ?
Je ne le crois pas !
- Je vais demander à papa ! - Tu n'as pas le temps!
Ça m'est égal.
Tu es satisfaite. maintenant ?
Maman a-t-elle vendu sa broche pour me donner ça ?
Christina n'aurait pas dû le dire.
Alors. c'est vrai ?
Pas vendue. Echangée contre ton cadeau.
Elle n'aurait pas dû...
Je ne voulais pas...
Maman tenait à ce que tu sois heureuse.
Elle y tenait plus qu'à sa broche.
Mais je n'ai jamais voulu ça !
Elle y tenait tant.
C'est tout ce qui lui restait de grand-mère !
Elle a toujours compté te le donner.
Ne pleure pas. Tu as ta pièce à jouer.
Je ne veux plus. maintenant !
- Mais le public attend. - Ça m'est égal !
Ne dis pas cela !
Ce soir. tu n'es plus Katrin.
Tu es une actrice. qui doit jouer
quels que soient ses sentiments. Tu connais la consigne :
“Le courrier avant tout !“
La représentation doit continuer.
Ne pleure plus et va jouer ta pièce.
Nous en reparlerons.
J'étais ennuyée.
Elle n'a pas bien joué son rôle.
Quand elle répétait ici.
C'était bien.
Ce soir.
Elle n'était pas dans son assiette.
Ce soir.
Katrin a appris la vérité sur ta broche !
Comment ? Oui le lui a dit ?
Tu as dit à Katrin. pour la broche ?
Pourquoi ?
Elle cränait tellement avec sa trousse !
Tu l'as rendue malheureuse ! Elle a mal joué !
Elle t'avait rendue malheureuse.
J'avais décidé de donner la broche.
Tu n'as pas à juger! Tu ne devais rien dire !
Tu m'as fâchée. Christina !
Je le regrette.
Mais pas de le lui avoir dit !
Christina est la plus obstinée.
Alors. cette réunion ?
On reprend le travail demain.
Ce n'est pas possible. maman ?
Voici ta broche. maman.
Je regrette d'avoir mal joué.
Je vais aider Christina à faire la vaisselle.
M. Schiller la lui a rendue ?
Nous sommes allés chez lui.
Il ne voulait pas. mais Katrin l'a supplié.
Et la trousse. Elle l'a rendue ?
Oui. Ça lui a été dur.
C'est une brave gosse.
Voilà. Je vous dis bonsoir.
Nels est le plus gentil.
Mets-la.
Non. elle est à toi !
C'est ton cadeau pour le brevet.
Je te la mets.
Je la garderai
et la porterai toujours !
Christina n'aurait pas dû te le dire.
Maintenant. j'en suis contente.
Moi aussi.
Merci. papa. Je n'en ai pas envie.
Pour moi ?
Pour notre grande fille !
Katrin est la plus émotive !
Sa première tasse de café... et elle ne la boit pas !
Ce n'aurait pas été bon pour elle.
Bois-la.
Il ne faut pas la gâcher !
Mana. tu es la plus pratique.
Il y a temps pour tout.
Un pour naître.
Et un pour mourir.
Je me souviens de l'arrivée du télégramme.
- L'oncle Chris est mourant ! - Pas possible !
Il est trop dur pour ça.
Il y a un train à 11 heures.
Le voyage dure quatre heures.
Préviens Sigrid et Trina !
Quand/e sus que j'y allais,
je fus effrayée.
Certes, manger dans le train
faisait l'effet d'un pique-nique.
Mais l'idée de la mort mbflrayait
bien que ie me sais dit qu'un écrivain
doit tout connaître.
Paurtant/"espérais que tout serait fini à notre arrivée.
Nous arrivämes I 'après-midi.
Le ranch était à 5 km de la ville.
Vieille bâtisse en décrépitude.
Champs immenses, grands arbres et senteur de ehevrefeuille.
La femme vint ail-devant de nous.
J'en veux encore !
Donne-m'en encore !
Il en reste dans la bouteille !
Ça ne te ferait pas de bien.
Si ! Surtout maintenant !
Je crois que tu ne te rends pas compte.
Pas compte... de quoi ?
Oue je vais mourir ?
Pourquoi seriez-vous venues ?
Pourquoi seriez-vous là à me guetter ?
Sortez !
Je ne vous veux pas !
Bien. Nous allons rester devant l'entrée !
C'est la place qui vous convient !
Comment va ton genou ?
Très bien. oncle Chris.
Il ne te fait plus mal ?
Tu ne dis plus : “Dam gjett ?“
Tu marches tout à fait bien ?
- Ame t'aime tant... - Je vous ai dit de sortir !
Excepté Mana.
Katrin peut rester. Nous avons un secret.
Tu t'en souviens ?
Oue fais-tu ?
Il faut rester couché !
Alors donne-moi à boire !
Il ne faut pas gâcher le reste !
Tu ne le boiras pas !
Oui le boira quand je serai mon ?
De toute façon. je mourrai !
Donne-le moi.
D'accord. Je te le donne. Recouche-toi.
Tu vendras ce ranch et tu donneras l'argent à Jessie.
Jessie Brown. ma gouvernante !
Mais pourquoi l'appeler ainsi ?
C'est ma femme !
Il y a plusieurs années qu'elle l'est.
Elle avait un mari à l'asile de Stockton.
A sa mon. on s'est mariés.
Mais je ne le dis pas aux tantes.
Elle l'ont regardée de haut.
AussL
je leur joue ce bon tour !
Pas d'argent pour toi. Mana.
J'aurais voulu aider Nels à devenir médecin.
Mais il y a eu d'autres choses imprévues.
Et je n'ai plus le temps d'en gagner.
Il n'y a pas d'argent.
Mais fais quand-même de Nels un médecin.
- Ça te va ? - Certes.
Lars et moi avons toujours voulu qu'il le soit.
Pour soulager ceux qui souffrent.
C'est la plus belle chose du monde !
C'est avoir en soi un peu du bon Dieu.
Où est Jessie ?
Je crois qu'elle attend dehors.
Appelle-la.
J'aimerais que vous soyez ici. toutes les deux.
Tu bois du café. maintenant ?
Katrin. tu seras écrivain.
Tu n'as plus peur de moi?
Un jour. peut-être. tu écriras l'histoire de l'oncle Chris.
Si tu t'en souviens.
Je m'en souviendrai !
Il vaut peut-être mieux que Katrin sorte.
Adieu. Katrin.
Dis-le en norvégien. comme moi.
Peut-être devrais-je vous présenter !
Jessie.
Je te présente ma nièce. Mana.
La seule nièce que je puisse supporter.
Ma femme. Jessie.
Qui m'a donné beaucoup de bonheur.
Maintenant.
Donnez-moi encore à boire !
Buvez avec moi. toutes les deux.
Comme ça on finira la bouteille.
Donne les plus beaux verres.
Ouelle heure est-il ?
Quatre heures et demi. oncle Chris.
Le soleil donne de ce côté. l'après-midi.
Je tire les rideaux.
Je n'aime pas l'obscurité.
Le soleil fait du bien.
Maintenant. je le bois sans eau !
Toujours sans eau. le dernier !
Coutume norvégienne ! Hein ?
Pas la peine de m'aider.
Je saurai le boire tout seul !
Donne son vene à Mana.
Ah. ces moustiques.
Toujours pires à la fin du jour !
Chéri. cesse de corner !
Tu vas casser cette trompe !
Toute cette dépense pour le voir mourir du delirium tremens !
Il ne faut pas se hâter de...
Je veux dire.
M. Thorkelson croit que...
L'oncle Chris est mon.
A-t-il parlé d'un testament ?
Il n'y en a pas.
Alors.
Étant ses plus proches parentes...
Il n'y a pas d'argent.
Il me l'a dit.
Il a noté ses dépenses.
Au débit de boissons.
Je vais vous les lire.
Vous savez combien l'oncle Chris boitait.
Ce fut sa préoccupation. les boiteux.
Il aurait aimé être médecin et les soigner.
Il les a
aidés autrement.
Voici la dernière page.
“Joseph Spinelli :4 ans.
Tuberculose jambe gauche. 377 dollars et 18 cents.
Maintenant. il marche.
Esther Jensen : 9 ans.
Pied bot. 217 dollars et cinquante cents.
Maintenant. elle marche.
- Ame Solfeldt...“ - Mon Ame ?
“Neuf ans.
Rotule fracturée.
442 dollars et 16 cents.“
On va bientôt manger ?
Qu'y a-t-il ?
L'oncle Chris ?
J'ai plaisir à écrire : “Il marche. maintenant.“
Ou même... “il court“ !
Eues: fini.
C'était bien !
Vous pouvez aller le voir.
Connaissiez-vous la femme de l'oncle Chris ?
C'est vrai.
Je vais laver la vaisselle.
Qu'en dites-vous ?
Voulez-vous venir quelque temps chez nous ?
Ce sera avec plaisir.
Nous avons de la place.
Je ne sais si je dois...
Vous avez été bonne pour l'oncle Chris.
Katrin. viens-tu le voir ?
- Tu veux dire...? - Oui. je veux que tu le vois.
Il a l'air heureux.
Tu sauras ce qu'est la mon.
Et tu n'en auras plus peur.
Tu viens avec moi ?
Cette femme.
Un an plus tard. ma tante Trina
épousa Peter Thorkelson.
Un an plus tard...
Ouel est le plus beau bébé norvégien de Frisco ?
Il s'endort.
Tu sais ce qu'il y a. jeudi ?
Notre anniversaire.
Si nous donnions une réception ?
Il est temps que tu prennes ta place dans la société.
Oue dirais-tu de glace et de brioches pour les dames.
Avec du café. bien sûr.
Et du porto pour les messieurs ?
- Du porto ? - Rien qu'un peu.
Tu pourrais l'apporter dans des petits verres
et je servirais les glaces avec Jenny et Sigrid.
Non.
Tu auras quelqu'un pour t'aider.
Tu veux dire une servante ?
Mais aucune d'entre nous n'en a eu...
Il y a quelque chose que j'aimerais te dire.
Je ne sais pas très bien m'expliquer ni formuler
mes sentiments profonds.
Mais...
je voudrais que tu saches
que non seulement je t'aime beaucoup.
Mais que je suis très fier de toi !
Et je veux que tu aies ce qu'il y a de mieux
dans la mesure où je peux te le donner.
Je veux que tu aies une servante !
Papa avait du travail et la cassette sbmplissait,
mais un continuait à économiser.
J'ai décidé quelque chose.
Si Nels devient docteur. moi je serai vétérinaire !
Je me rappelle un après-midi,
alors que j'allais faire des courses.
Un docteur pour chevaux ?
Il y a plus d'animaux que d'êtres humains.
Et plus de médecins que de vétérinaires.
Ce n'est pas juste !
Nous ne pouvons pas avoir de cheval. hein. papa ?
Peut-être un poney ?
Oue feras-tu quand il deviendra cheval ?
Oh. je n'avais pas pensé à ça!
- Qu'y a-t'il ? - Maman.
Je n'irai pas à l'Université.
Ma seule raison d'y aller
était de devenir écrivain.
- Et je ne le serai pas. - Est-ce cette lettre qui te le dit ?
Une histoire qui te revient ?
C'est la 10ème fois !
- La meilleure que j'aie écrite. - Oue disent tes professeurs ?
Les professeurs n'entendent rien à l'écriture.
Ils ne s'y connaissent qu'en littérature.
Hier soir. j'ai lu quelque chose dans le journal.
Le titre a arrêté mon attention.
“Une romancière donne le secret du succès.“
C'est une certaine...
Florence Dana Moorhead.
Il y a son portrait. Une grosse dame.
Tu as entendu parler d'elle ?
Bien sûr. Comme tout le monde.
- Elle a un succès fou. - Ouel est donc ce secret ?
Katrin. lis-le donc.
“Florence Dana Moorhead. la célèbre romancière
interviewée à son appartement de l'hôtel Fairmont
déclare que seule la sincérité fait la réussite de l'écrivain.“
Avec ça. on est bien avancé !
Si tu lui envoyais tes histoires.
Elle pourrait peut-être te conseiller.
Tu fillusionnes !
C'est une personne trop importante.
Elle ne les lirait pas.
Tu sembles croire qu'écrire c'est comme
faire la cuisine. qu'il suffit d'avoir la recette !
Il faut avoir le don.
Pour cuisiner aussi. il faut être douée.
Et il faut apprendre des choses.
Même si on a le don !
Justement. tout est là.
Je n'ai pas le don.
Je le sais. maintenant !
Papa. si tu as fini le journal.
Je vais lire les annonces pour trouver un emploi !
Cette dame. que dit-elle d'autre ?
C'est tout.
On donne quelques détails sur sa vie.
“En dehors de la littérature. elle s'intéresse à la gastronomie.“
Gastronomie. Les étoiles ?
Non. la cuisine ! “Elle est aussi fière
d'un soufflé réussi que d'une nouvelle
ou d'une recette inédite que d'une édition princeps.“
Maman. je vais voir si j'ai des lapins !
Voyons son portrait.
Elle a l'air bienveillant.
Qu'est-ce qu'une édition princeps ?
J'ai des petits !
On verra ! Comment les appeler ?
On demande Miss Moorhead.
Miss Moorhead. pourrais-je vous parler ?
J'ai lu votre interview sur l'art d'écrire.
Ma fille voudrait être écrivain.
- J'apporte ses histoires. - Je suis pressée.
- Je pars ce soir. - Si je pouvais vous parler
- une ou deux minutes... - Je regrette.
Mais je ne lis jamais de manuscrits inédits.
On dit que vous aimez les recettes.
Oui. J'ai écrit des livres de cuisine.
Je m'intéresse aussi à la... gastronomie.
Je cuisine bien.
Je fais des plats norvégiens. Lutefish... këttbullar...
- boulettes à la crème... - Je sais. J'en ai mangé à Christiania.
Pour le këttbullar. j'ai une recette de ma mère.
C'était un cordon bleu.
Mes sœurs elles-mêmes Pignorent
car elles cuisinent mal.
Si vous m'écoutez. je vous donnerai la recette.
Une bonne recette.
Votre fille
écrit.
- Ou désire-t-elle seulement écrire ? - Oh. elle écrit tout le temps.
C'est dur de renoncer à une chose
à laquelle on tient.
- J'ai ici ses nouvelles. Il y en a 12. - Douze !
Si vous pouviez en lire une...
Pour juger la cuisine. un seul plat suffit !
Vous avez de bons arguments.
- Votre fille n'est-elle pas venue ? - Elle est trop malheureuse.
Et votre célébrité Peffraie.
- Mais j'ai vu votre portrait. - Cet affreux portrait !
Celui d'une femme qui aime bien manger.
Certainement !
Parlez-moi donc du kjodbëller.
Plongez les boulettes dans du consommé bouillant.
Pas dans l'eau. C'est l'un des secrets.
Et la sauce en est un autre.
Moitié crème aigre. ajoutée en dernier.
Cela paraît merveilleux.
Il faut hacher la viande six fois;
ensuite...
Je pourrais vous l'écrire. Pendant ce temps. vous liriez...
Ayant dit un adieu tragique a' mon art
je déchirais tous mes manuscrits
quand/"entendis la voix de maman.
Tu écris ?
Non.
Eues: fini.
Justement. j'ai à t'en parler.
J'ai déchiré mes nouvelles. sans en retrouver la moitié.
Elles sont ici.
Tu les as emportées ?
Je suis allée voir Miss Moorhead.
Miss...
Florence Moorhead ?
Et tu as emporté mes nouvelles ?
Elle en a lu cinq.
J'ai passé deux heures avec elle.
Nous avons pris du Xérès... deux verres de Xérès !
Comment les a-t-elle trouvées ?
Elle dit qu'elles ne sont pas bonnes...
Je le savais.
Il ne fallait pas te donner tout ce mal !
Ce n'est pas tout.
Tu m'écoutes ?
Tu n'écris que ce que tu as lu dans des livres. dit-elle.
Longtemps. elle a écrit de mauvaises histoires sur le temps passé.
Un jour. elle s'est rappelé un incident
survenu dans sa ville.
Et c'est ainsi qu'elle a écrit sa première bonne histoire.
Ecris sur des choses que tu connais !
Mon professeur me le disait.
Elle avait peut-être raison.
Elle dit que tu dois continuer à écrire.
Tu as le don !
Et quand tu auras écrit une histoire vraie.
Envoie-la à son agent dont elle m'a donné l'adresse. Elle te recommandera à lui.
Non. Recette de goulache de sa grand-mère.
Cela t'aidera. ce que je t'ai dit ?
Oui. je crois.
Un peu.
Mais je n'ai été nulle pan. Je n'ai rien vu.
Peut-être pourrais-tu écrire sur San Francisco.
Elle écrit sur sa ville natale.
Je sais. mais il faut un personnage central.
Elle écrit sur son grand-père.
Un homme remarquable.
Peut-être pourrais-tu écrire sur papa ?
C'est un homme remarquable.
Oui. je sais. mais...
Je vais faire le dîner. Papa travaille tard.
J'aimerais que tu écrives sur papa !
Lettre par exprès !
J'ai vendu une nouvelle !
L'agent m'envoie un chèque de 500 dollars !
Lis la lettre !
- L'ai-je bien lue ? - Owachèteras-tu avec 500 dollars ?
Un manteau d'hiver pour maman !
Ça ne coûte pas 500 dollars.
- On mettra le reste à la banque ! - Avant qu'on arrête le chèque !
Tu le mettras à la banque demain ?
Je ne sais pas comment.
A ton compte. comme tu fais toujours.
Tu ferais mieux de le leur dire...
Il n'y a pas de compte:
je ne suis jamais allée dans une banque.
Mais tu disais toujours...
Je sais. Mais ce n'était pas vrai.
Je disais un mensonge.
Pourquoi le prétendais-tu ?
Il faut que les enfants
se sentent en sécurité !
Mais maintenant je peux le dire.
Prends ton histoire. Dagmar doit l'entendre.
Un magazine achète l'histoire de Katrin 500 dollars !
Non. Laisse tes lapins !
Ne faites rien jusqu'à mon retour !
Ecoutez. Katrin va nous la lire !
Prends la chaise de M. Hyde.
Ouel est le titre de l'histoire ?
“Maman à l'hôpital.“
Tu as écrit sur maman ?
- C'est bien ! - J'avais dit : sur papa.
J'ai essayé. mais ça n'allait pas.
“Aussi loin qu'il m'en souvienne. la maison de Larkin Street
a été notre foyer.
Papa et maman été nés tous deux en Norvège
et étaient venus rejoindre ici les sœurs de maman.
Nous y sommes tous nés.
Nels. l'aîné et seul garçon.
Ma sœur Christina.
Et ma petite sœur. Dagmar.“
Je suis dans l'histoire ?
“Il me semble que 1910. c'était hier...
Le samedi soir.
Maman réunissait la famille.
Je me rappelle M. Hyde. la chère tante Trina.
Et mon oncle Chris.
Mais surtout. je me souviens de maman.
Je me souviens que tous les samedis soir.
Maman s'asseyait à la table
et comptait l'argent rapporté par papa.
Il y avait différentes piles.
“Pour le propriétaire". disait maman
en comptant les pièces.
“Pour l'épicier". une autre pile.
A la fin. papa demandait :
“C'est tout ?“
Maman souriait. “C'est bien". disait-elle.
“Nous ne devrons pas aller à la banque.“
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