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...
Il crie.
Il halète.
...
Il crie.
...
-Je t'offre un café.
-Faut que j'y aille. On a du boulot en bas.
-Merci pour la sortie.
-La prochaine fois, on pousse jusqu'au glacier.
Ca va aller ?
-Oui.
...
-Arrête de te faire du mouron. Ca va bien se passer.
-Si tu le dis...
Tu sais ce qu'ils ont fait, ces types, au juste ?
-Ca t'avancerait à quoi, de savoir ?
On est là pour les aider.
Vous devez être Olivia. Ravi de vous rencontrer.
-M. Batalla, enchantée.
-M. Batalla, c'est mon père. Appelez-moi Angelo.
Lui, c'est le brigadier Leblanc. Appelez-le Tony.
-Le fusil, c'est obligatoire ?
-Il est un peu nerveux, mais il va s'habituer.
Je suis désolé. -Ne vous excusez pas.
Sans vous, on n'aurait trouvé personne
pour nous accueillir. -En montagne, l'accueil est bon.
On fait les présentations ?
Bonjour. -Bonjour.
-Vous êtes Icham ? -Oui.
-Vous, c'est Aurélien ? -Oui.
-Michel Guivarch...
Moi, c'est Angelo.
Lui, c'est Tony.
On est heureux de vous accueillir ici
et de soutenir le programme d'Olivia.
Elle a dû vous l'expliquer une dizaine de fois :
pour l'administration pénitentiaire,
ce programme fait office de test pour l'avenir.
Si ça se passe bien avec vous,
d'autres détenus pourront bénéficier de ce cadre de vie
et venir ici purger la fin de leur peine
en semi-liberté.
On s'est battus pour obtenir les autorisations.
Je compte sur vous
pour être exemplaires. OK ?
-Oui. -Oui.
-OK. Allez.
...
Voilà Alex.
Le 3e homme.
-Bonjour. -Bonjour.
-Bienvenue.
Vous pouvez vous installer dans la tente.
Vous commencerez par consolider les murs porteurs
puis vous pourrez changer les lambourdes
et poser les bardeaux.
Et s'il vous reste du temps,
vous pourrez attaquer la réfection de l'alcôve.
-Faut pas les tuer à la tâche non plus.
-En une semaine, on aura le temps de tout faire.
Je prendrai la même à la fin des travaux,
pour le site de l'asso. Avant-après.
-Tony restera
avec vous.
C'est un gars sérieux.
-Merci pour tout. -On viendra demain midi.
Je vous ai laissé de quoi manger.
-Ce sera encore mieux qu'à l'hôtel. -Attendez que la nuit tombe.
Vous rigolerez moins.
Dispute au loin.
-C'est pas moi.
Brouhaha.
-Ca suffit !
-Ho !
C'est quoi, ce bordel ? Vous vous foutez de moi ?
Bravo, les prisonniers modèles ! -J'ai rien fait.
-Alors, tais-toi.
-Que se passe-t-il ? -Il m'a pris mon livre.
-Il a pris ton livre ? On est où ? A la maternelle ?
-J'ai pas touché à son bouquin. -Il était dans ton sac.
-C'est fini, oui ?
Je vous préviens,
si demain matin,
il y a le moindre problème,
vous retournez en prison.
N'oubliez pas ce qu'elle fait pour vous. Soyez-en dignes.
-Serrez-vous la main,
qu'on passe à autre chose. -Désolé.
-Allez...
-Dans quelques semaines, vous êtes libres.
Jouez pas aux cons. -Y aura pas de problèmes.
-Je reste dans les parages.
...
Y a un problème ?
-Bien sûr.
Je me suis mouillé pour eux, ils se comportent comme des mômes.
-Je parlais pas de ça.
-Ben, tu parlais de quoi ?
Et Renart, comme il va, avec ses emmerdes ?
-Pas terrible.
Le gars a porté plainte. Il y a des témoins.
-Il risque gros ?
-Une exclusion ou la radiation.
-A ce point-là ?
...
-Tu as dîné ?
Tu m'invites ?
...
Ca va ? Tu tiens le coup ?
-Dans une semaine, je serai comme neuf.
-Tu as des nouvelles de l'avocat ? -Non. Silence radio.
-Ne perds pas espoir.
C'est jamais joué.
-Si tu as autre chose à faire, je ne le prendrai pas mal.
Tu m'accueilles, tu m'aides à me sevrer,
tu ne vas pas, en plus, te taper le baby-sitting.
-Tu ferais pareil pour moi, non ?
-L'avocat a appelé.
Deux autres types ont porté plainte.
Des mecs que j'ai serrés, qui en profitent pour m'enfoncer.
-Le juge fera la part des choses.
Allez.
...
-Pour moi ?
Merci.
-Ils vont pas tout gâcher, ils seront bientôt libres.
-Ils ont fait quoi ?
-Icham a pris deux ans pour coups et blessures.
Aurélien, 8, pour avoir écrasé un piéton, en état d'ébriété.
Guivarch a pris perpète
pour un double homicide pendant un braquage.
Il avait 23 ans au moment des faits.
Il en a 48 aujourd'hui.
Les gens changent, en prison.
-Et vous ?
Comment vous en êtes arrivée à faire ce boulot ?
-Quelqu'un de ma famille a purgé une longue peine.
J'ai vu à quoi ressemblait la vie en prison.
Allez, bonne nuit.
-Bonne nuit.
-Non, je me calme pas !
J'ai pas envie de me calmer.
Non, mais ça va !
Je parle sur le ton que je veux. C'est ça, bien le bonjour !
-Que se passe-t-il ? -Rien, mais...
Sonnerie. Quoi encore ?
Comment ça ?
Ca fait combien de temps ?
Bon, on arrive.
Tony...
Deux détenus
ont disparu.
C'est quoi, cette histoire ?
-J'ai envoyé Aurélien chercher de l'eau pour faire du ciment.
Il ne revenait pas, j'ai envoyé Guivarch.
Lui non plus n'est pas revenu.
Et ça fait environ 30 minutes.
-Tu n'es pas allé voir ?
-Le dernier, je ne pouvais pas le laisser seul.
-Les autres, ça t'a pas gêné. -Où est Olivia ?
-Partie en ville, chercher des fournitures.
-Ceux-là, on s'en occupe.
...
-Angelo !
...
-Alex !
-Il y a des traces qui remontent le torrent.
Il n'est pas loin.
-Qu'est-ce qui lui a pris ?
...
-Coup précis, porté par au-dessus.
L'assassin ne lui a laissé aucune chance.
-Tu penses à quelqu'un de grand ? -C'est possible.
Ou bien la victime était accroupie, et avec le bruit du torrent,
elle ne l'a pas entendu approcher. -Ou il le connaissait.
-Possible aussi.
-Par contre, le rapport,
tu ne le renvoies qu'à moi.
C'est mon bordel.
...
Raconte-moi encore une fois, sans rien oublier.
-Je vous ai dit.
On s'est levés à l'aube. On a pris le café, on a mangé.
-Après ?
-Après rien,
on s'est mis au boulot. On était contents d'être là.
-La dispute entre eux, ça continuait, ce matin ?
-Non.
Cette nuit, le vieux lui a même passé la couverture.
-Et sur le chantier ?
-On était ensemble, on s'aidait.
Monsieur...
Il va se passer quoi, pour moi, maintenant ?
-Le programme est suspendu.
Tu retournes en prison.
Quel con ! Mais quel con !
Je les ai laissés partir seuls. -C'est pas votre faute.
Personne ne pouvait imaginer que ça arriverait.
Michel, ça fait des années que je le côtoie.
Il a toujours été irréprochable. Que s'est-il passé ?
Je ne comprends pas.
-Ils étaient sous ma responsabilité.
-Leblanc !
...
Il halète.
...
-J'y suis pour rien, je vous jure !
Il halète.
Gémissements.
...
Quand je suis arrivé au torrent, il était déjà mort.
-Allez, avance.
-C'est pas moi qui lui ai fait ça.
Pourquoi je tuerais un mec, à deux mois de ma sortie ?
Je connais le tarif
pour les types comme moi.
Je veux pas crever au trou.
-Allez, avance.
Avance !
-Entrez, asseyez-vous.
Je sais que c'est pas le moment,
mais je ne peux pas vous laisser partir sans vous interroger.
-Je n'ai pas l'intention de partir tant que Michel est dans la nature.
Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
-On va tirer ça au clair.
Quand vous vous êtes levée,
vous êtes partie acheter des fournitures en ville.
-Je savais qu'on allait manquer de planches.
-Tout le monde dormait ?
-Votre collègue était debout. Les autres se levaient.
-Aurélien et Guivarch
ont été choisis pour leur conduite exemplaire.
Après, on n'est jamais vraiment au courant de ce qui se passe.
Ils auraient pu traîner un contentieux ?
-Ils ne se connaissaient pas.
Le régime des longues peines est axé sur la sécurité,
alors qu'avec Aurélien,
on travaillait sur des perspectives de réinsertion sociale.
C'est pas les mêmes centres.
-Comment expliquez-vous cette tension entre eux
pour un pauvre bouquin ?
-Quand on passe 25 ans dans 9m2, ça peut avoir de la valeur.
Michel a commis un crime atroce,
quand il était jeune, mais il avait changé.
Le juge, les psys, tout le monde s'accordait à le dire.
Il aidait les détenus,
il a contacté les proches de ses victimes
pour leur demander pardon.
Je le croyais prêt. Sonnerie de téléphone.
-Oui ?
Une seconde.
Excusez-moi. Tony !
Oui, Alex...
Qu'est-ce qui se passe ?
Non, mais dis-moi.
Oui. J'arrive.
Il frappe. Tony, viens voir.
Tu prends sa déposition, tu vérifies son alibi.
Je vous laisse avec mon collègue. En cas de besoin, n'hésitez pas.
-Angelo... -Quoi ?
-Cette affaire, c'est un meurtre. On n'appelle pas la Crim' ?
-Tu veux voir débarquer des cow-boys
qui t'expliquent comment faire ton boulot ?
Dorval a démissionné, Renart est en congé.
On ne connaît plus personne, là-bas.
Je vais appeler le procureur. Et en attendant,
on traite ça en interne. OK ? -OK.
...
-Tu ne l'as pas retrouvé ?
-Je ne l'ai pas tué.
Quand je suis arrivé à la rivière, j'ai vu le marteau dans l'herbe.
Je l'ai ramassé.
J'ai vu le sang après.
Puis j'ai vu le type.
Je me suis approché. J'ai compris qu'il était mort,
que c'était avec le marteau qu'on l'avait tué.
Je sais que tout est contre moi, mais j'ai rien fait.
Je vous promets.
J'ai rien fait.
-Pourquoi tu n'as pas appelé ? -J'ai paniqué. J'ai pas réfléchi.
Pourquoi j'aurais tué ce type ? J'avais rien contre lui.
J'ai eu peur. Un mauvais réflexe.
-Tu penses qu'on va te croire ?
-Dans deux mois, je sors. J'ai un logement,
j'ai un boulot qui m'attend.
Pourquoi j'irais faire
un truc pareil ?
On m'a piégé.
Le marteau était là, bien en évidence.
On ne voyait pas le sang.
Avec mes empreintes, mon CV, je suis mort.
-Quelqu'un serait venu ici et aurait tué un type
juste pour te renvoyer en prison ? -Oui.
J'ai tué deux personnes, il y a 25 ans.
J'ai payé.
Je paye encore.
On a tout fait pour convaincre les juges, les psys,
de me laisser dedans.
-C'est qui, "on" ?
-C'est...
les gens à qui j'ai fait du mal.
-Tu en penses quoi ? -Je pense qu'il a raison.
Il est dans la merde.
-Il n'a pas de mobile. -Non, mais...
Peut-être qu'ils se sont bagarrés et que ça a dégénéré.
-Il n'a pas de marques sur les poings,
pas de traces de coups.
Tony l'a envoyé chercher de l'eau parce que l'autre ne revenait pas.
Pourquoi il tardait à revenir ?
En 10 minutes, il a pu se passer n'importe quoi.
Avec un type comme Guivarch, ça ne pèsera pas lourd,
si on le confie à la Crim'.
Peut-on jouer avec la vie de ce type
sans être sûrs de ce qui s'est passé ?
-Bon. Pourquoi on est ici ?
-On n'est pas obligés de l'avoir retrouvé aussi vite.
-On laisse notre suspect numéro 1 en liberté ?
-On lui laisse une chance.
-OK.
Trouve une planque.
On se donne 48h.
Et après, on appelle toute la clique.
...
-Allez.
On frappe.
J'aurais besoin d'un coup de main.
Faut que tu le gardes ici 2-3 jours,
sans que personne ne soit au courant.
-Je peux en savoir plus ?
-Je préférerais que tu me fasses confiance.
-Il est d'hier, mais il est chaud. -Merci.
-Garde un oeil sur lui. Ne le laisse jamais seul.
-Vous ne préférez pas rentrer chez vous ou aller à l'hôtel ?
Les nuits sont glacées en ce moment.
-Merci, mais ça va aller.
-Je voulais vous dire,
votre association pour aider les prisonniers à la réinsertion,
faut pas penser qu'avec ce qui s'est passé...
C'est bien, ce que vous avez essayé de faire.
Vous êtes généreuse. -Merci.
Ca me touche beaucoup.
-"Pavard Aurélien, 29 ans.
"Bac S, mention assez bien, licence de droit."
Pas habituel, comme profil
de taulard.
-Il a fait quoi ?
-Il a tué accidentellement Alain-Nicolas Dembélé, 23 ans.
Il rentrait en voiture d'une soirée,
sous l'emprise de l'alcool.
Il l'a fauché, et s'est rendu coupable
de délit de fuite.
Il a pris 8 ans,
pour homicide involontaire
avec circonstances aggravantes. Le maximum.
-Il n'avait pas de casier, aucun écart de conduite.
-Avant de creuser du côté des victimes de Guivarch,
il faut s'assurer que ce n'était pas
Pavard qui était visé.
On doit en savoir plus sur lui.
-Niveau famille, il n'y avait que sa mère, Véronique.
-Depuis le début, je savais que ça finirait mal.
Aurélien était un garçon sans histoires.
Il faisait ses études,
il n'avait rien à faire en prison.
Tout ça pour une erreur de jeunesse.
Et ça a changé quoi ? Qui est gagnant, dans l'histoire ?
-Aurélien ne vous a pas parlé
de problèmes qu'il avait en prison,
avec d'autres détenus ?
-Il ne me racontait jamais ce qui se passait.
J'ai essayé de lui poser des questions,
mais il disait rien.
-La famille du jeune homme qu'il a renversé,
vous pensez qu'ils auraient pu vouloir se venger ?
-Non, je leur ai parlé au moment du procès.
Avec Aurélien, on leur a demandé pardon.
On a insisté pour payer les frais de rapatriement du corps au pays.
Ils viennent du Mali.
C'est des gens très religieux. Ils n'étaient pas dans la haine.
Aurélien a pris une vie, c'est vrai.
Mais c'était un accident.
A quoi ça servait, d'en prendre une 2e ?
Tout au long de sa peine,
je l'ai vu se fermer, s'endurcir.
Il ne me disait rien, mais je voyais qu'il souffrait.
-On va perdre notre temps, à chercher du côté de la prison.
Pavard était un détenu modèle,
sinon il n'aurait pas pu intégrer le programme Totem.
S'il a eu des embrouilles en prison,
ça s'est fait sous le radar.
Là, on n'a aucune chance de le savoir.
On peut creuser du côté de Guivarch...
-Oui.
...
-Guivarch a fait plusieurs demandes de libération conditionnelle.
Il a eu des expertises psychiatriques très favorables,
une participation exemplaire à la vie de la prison.
Mais il s'y est pris à 3 fois
pour qu'on le laisse sortir. -Trafic de drogue, recel,
condamné à perpète pour un braquage
sous amphétamines et alcool.
Deux victimes : une gamine de 14 ans et un policier.
Ca a pas dû aider. -C'est pas le juge qui a refusé.
A chaque fois, les parties civiles sont intervenues
pour qu'il reste incarcéré. -C'est qui, les parties civiles ?
-Le père de la gamine,
Philippe Canté,
et Luc Hernandez, qui avait 10 ans quand son père s'est fait tuer.
Aujourd'hui, il est flic.
-Ca ne coûte rien de vérifier. Pour le flic, ce sera facile.
Et le père de la petite ? -Il était prof, agrégé de maths.
-Bon, je m'occupe du flic.
...
-Oui, Tony, c'est Alex.
Tu peux regarder si tu trouves un véhicule
au nom de Canté Philippe ?
Né le 28 décembre 63.
Avec un peu de chance, il a eu des PV. Merci.
Je cherche Luc Hernandez. -2e bureau à gauche.
-C'est vous, Hernandez ?
-Qu'est-ce que vous me voulez ?
-J'ai des questions à vous poser à propos d'un braquage.
-C'est les Stups ici.
Vous avez pas ça, à la campagne ?
-Ce braquage, vous vous en souvenez peut-être.
Un carnage dans une station-service
par un junkie en état de manque.
Ils ont coincé le type tout de suite.
Il a un peu changé en 25 ans,
mais on le reconnaît.
-Pourquoi tu me montres ça ? Tu aimes remuer la merde ?
-A la campagne, on aime l'odeur du fumier.
Alors ?
Vous le connaissez ? -Oui.
C'est le fils de pute qui a tué mon père.
-Vous savez qu'il sort bientôt ?
-Je suis censé en avoir quelque chose à foutre ?
-Dis-moi la vérité. Ca nous fera gagner du temps.
Sonnerie de portable.
-Oui, Tony ?
-J'ai une caravane au nom de Philippe Canté,
avec une dizaine de PV
*pour stationnement illégal. -Il y a une adresse ?
-Oui. Alors... deux au bois des Tocaux.
-Attends, deux secondes.
Oui, Tony. Où encore ? *-Il y a les Mersonnes.
-Oui...
*-Le bois des Bauses, et sur la D88,
entre Vogel et Mende.
-Merci, Tony.
-Michel Guivarch vous a appelé, quand il était en prison ?
Il a cherché à contacter
les familles des victimes. -"Etait" ?
-Quoi ?
-Vous avez dit "était en prison". Il ne l'est plus ?
-Il a purgé sa peine de sûreté
et il est éligible au programme
d'aménagement de peine. -Ils l'ont libéré ?
-Je veux votre emploi du temps de ces dernières 48h.
-Si j'appelle la prison et que je demande à lui parler,
ils vont me dire qu'il est là ?
La place de ce type est en taule. 25 piges, c'est rien.
-Quand il sortira, ça fera 27.
Il va pas rester entre 4 murs jusqu'à la fin de ses jours.
-Il peut aussi finir entre 4 planches.
-Vous étiez où, hier, entre 6h et 10h du matin ?
-Je courais.
-Où ça ? -En montagne.
-Où, en montagne ?
-Qu'est-ce que tu veux savoir ? -Vous courez seul ?
-Je fais du trail. Tu connais ?
-Oui. Ceux qui pratiquent savent où ils s'entraînent,
surtout quand c'était la veille.
-On t'attend, Luc. -J'arrive.
Le devoir m'appelle.
-Vous inquiétez pas, on va se revoir.
-T'es quoi, toi ? Gendarme ?
-Police rurale.
-Fallait faire carrière à l'IGPN. Les flics comme toi, ça me dégoûte.
...
Il frappe.
-Philippe Canté ?
-Vous allez me demander de bouger ma caravane ?
-C'est pas pour ça que je suis là. J'ai des questions à vous poser.
-Quel genre de questions ? -Je peux entrer ?
-Qu'est-ce que vous voulez ?
-Vous avez été interpellé plusieurs fois
pour stationnement illégal.
Et aussi pour effraction, il y a 3 ans.
-J'ai rien pris,
rien abîmé, personne n'a porté plainte.
Mais vous n'êtes pas là pour ça.
Aucun flic ne se déplace pour une caravane mal stationnée.
-C'est au sujet de Michel Guivarch, l'homme qui a tué votre fille.
-Pourquoi vous me parlez de lui ?
-Vous étiez où, hier, entre 6h et 10h du matin ?
-Ici. -Seul ?
-Non,
avec ma nouvelle compagne,
avec monsieur le maire.
Evidemment que j'étais seul.
Pourquoi vous me posez ces questions ?
-Il y a eu un meurtre.
-Je suis concerné ? -A vous de me le dire.
-Guivarch...
Si c'est lui dont il s'agit, j'ai tourné la page.
-Cet homme a ruiné votre vie. Il y a de quoi lui en vouloir.
-Qu'il soit vivant ou mort ne me fait ni chaud ni froid.
Maintenant,
si je suis suspect,
arrêtez-moi.
Sinon, je pense qu'il est temps que vous sortiez de chez moi.
-Je suis désolé pour ce qui est arrivé à votre fille.
-Tony !
-Qu'y a-t-il ?
-J'ai besoin de ton avis. Assieds-toi.
Luc Hernandez, flic aux Stups de Grenoble,
bon élément, quelques dérapages, mais rien de méchant.
Armand Hernandez,
son père,
c'était autre chose. Major de sa promo,
promis à un brillant avenir, mort en héros
en interceptant Guivarch. Ca t'inspire quoi ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-Oui...
On a retrouvé Guivarch.
-Hein ? -On ne l'a pas livré à la Crim',
car c'est peut-être pas lui qui a tué Pavard.
Tout l'accuse,
mais c'est compliqué.
-Si c'est pas lui, c'est qui ? -Justement,
un proche d'une de ses victimes
qui aurait attendu qu'il sorte de prison
pour l'y renvoyer.
Alors ?
-C'est pas un peu tordu ?
-Bon, laisse tomber.
-Non, attends.
Luc Hernandez est devenu flic comme son père...
-Oui.
-C'est pas anodin.
Il a grandi sans père et il a grandi dans son ombre,
en entendant parler de ce héros.
Ca a dû être dur à porter. -Au point de vouloir le venger.
Un flic, c'est censé croire en la justice.
-Parfois, on est irrationnel.
Quand mon père est mort, j'étais trop jeune pour comprendre.
Mais quand j'ai eu l'âge auquel il est mort, ça a été dur.
Plein de trucs sont remontés.
Je n'étais plus moi-même.
-Attends.
Quand il a été tué,
Armand Hernandez avait
44 ans.
Non, Luc en a 35 aujourd'hui. C'est pas...
Ca colle pas.
...
-Regarde.
Il a appelé son gamin comme son père.
Et devenir père,
ça a dû lui en faire remonter, des choses.
...
Bruissement au loin.
...
-Y a quelqu'un ?
Je sais que tu es là !
Qu'est-ce que tu cherches ?
Je te fais peur ? Coup de feu.
-Je ne sais pas si on tient une piste sérieuse,
mais ça vaut le coup de creuser.
Hernandez n'était pas en service, le jour du crime.
Il rattrapait des heures sup. Son téléphone était coupé.
-Il n'a pas d'alibi ? -Aucun.
Et les années n'ont pas effacé sa rancoeur. Il hait Guivarch.
-On rentre pas chez les Stups, quand on n'est pas un bon flic.
Il aurait pu se fabriquer un alibi, faire borner son téléphone
loin du meurtre.
Canté, c'est l'inverse.
Il dit qu'il a tourné la page, mais il ment.
Il savait que Guivarch sortait, il savait pour Totem.
Il n'a pas d'alibi.
-Quand même... Tuer un innocent pour faire accuser
l'autre... -On est d'accord,
mais quand on voit ça...
-Y a pas de vengeance plus cruelle
que de voler la liberté d'un homme qui veut la retrouver.
C'est pire que de le tuer.
-Ca parle de quoi, ce livre ?
-C'est l'histoire d'un hors-la-loi qui veut devenir respectable.
-Et il y arrive ?
-On lui met des bâtons dans les roues,
mais...
à la fin, oui, il y arrive. Il y arrive.
-Vous avez regardé la fin avant le début ?
-Ce livre, je l'ai lu, je l'ai relu,
je ne sais pas combien de fois.
C'est un peu avec lui que j'ai appris à lire.
C'est un maton qui me l'a filé.
-C'est pour ça, les menottes...
-Vous êtes flic.
-Je ne sais plus trop.
-Qu'est-ce que vous avez foutu pour vous retrouver ici ?
-J'ai tabassé une ordure qui se croyait intouchable.
Mais son avocat a décidé de me crucifier.
-Parce qu'on crucifie les flics, maintenant ?
-Ca se voit que vous êtes resté longtemps en prison.
-Si j'avais eu le même avocat que votre ami, ça ferait longtemps
que je serais dehors.
-Au moins, vous avez appris à lire.
-Oui. Il rit.
-Une partie ?
-Allez.
...
Tu vois des insectes ?
Est-ce que tu vois des insectes ?
-Des fois, oui.
-T'es dans la phase la plus dure. Tu vas en chier,
mais après...
Après, on se sent mieux.
...
-Alors, c'est vous, Totem ?
-Je ne vous connais pas.
-Je cherche Michel Guivarch.
Où je peux le trouver ? -Mon association est placée
sous l'égide de la préfecture.
Adressez-vous à eux.
-Pour leur dire quoi ? Que vous avez perdu le meurtrier
que vous avez fait sortir de prison ?
-Michel Guivarch a écrit aux proches de ses victimes.
Vous avez été sensible à cette démarche ?
-Non.
Ce ne sont pas quelques lettres
qui vont me rendre ma fille. -Vous n'avez pas répondu ?
-Je suis allé le voir une fois.
Je lui ai apporté des photos de ma fille
pour qu'il passe un peu de temps avec elle.
-L'association Totem, ça vous parle ?
-Oui.
C'est un organisme qui réinsère les détenus par le travail.
-Vous saviez que Guivarch
faisait partie du programme ?
Vous saviez que Guivarch bénéficiait
d'une liberté conditionnelle ?
-Cet homme a pénétré chez moi
sans mandat.
Il a fouillé.
Il a violé mon intimité.
Et maintenant, je suis là, à répondre à des accusations.
Je dois appeler un avocat ?
-Asseyez-vous. Nous n'avons pas terminé.
On est là pour parler.
Juste pour parler.
...
Vibreur.
-Vous faites quoi, là ?
Flic ou pas, je vais porter plainte.
Vous n'avez aucun droit d'être ici.
Ce que vous faites est illégal.
-Il n'y a qu'un paquetage, ils étaient trois.
-C'est mon sac, ça.
Moteur de rasoir.
-C'est à vous, ça ?
Je vais vous le demander une dernière fois.
Il est où, Guivarch ?
-Il est sur un autre chantier.
-Que faites-vous ici ?
-Je cherche un tueur de flic. Un détenu qui semble
s'être échappé. -Personne ne s'est échappé.
-Cette demoiselle a fait libérer 3 détenus.
Il y en a un à la morgue,
un de retour en prison...
Vous allez me faire croire que le plus dangereux,
vous l'avez envoyé retaper une toiture ?
Je vous conseille de le retrouver avant moi.
-Je n'ai plus de métier,
mon couple a explosé, ma maison est en ruines.
Ma fille me manque toujours autant.
Alors, oui, je me suis juré de le retrouver
à sa sortie de prison.
-Pour lui faire la peau ? -Certainement pas.
-Pour lui coller un meurtre sur le dos,
pour qu'il retourne en prison ?
-Vous étiez au courant du programme de réinsertion.
Vous avez saisi l'opportunité.
-Vous pouvez le prouver ?
Vous avez des éléments à me présenter ?
Messieurs...
-Il a un mobile et pas d'alibi. -Oui, mais on n'a rien contre lui.
-On devrait pas le laisser dans la nature.
Sonnerie de portable.
-Oui, Tony ?
OK, d'accord.
Hernandez est passé au campement. Il cherche Guivarch.
-Tu avais raison. C'est un bon flic.
Il soupire.
Bon, on arrête les frais.
On renvoie Guivarch en prison. C'est la seule façon
d'assurer sa sécurité.
Je veux pas qu'Hernandez soit en tête-à-tête avec Renart.
...
-Il n'a pas le droit de faire ça. On ne va pas en rester là.
-Pour ce que ça change... -Pourquoi vous dites ça ?
-Je me suis beaucoup investie dans ce projet.
Je pensais vraiment pouvoir les aider.
Je me suis plantée.
-Vous ne vous êtes pas plantée. -Ah oui ?
On n'a même pas pu monter un mur. -Je peux le faire.
Maçonnerie, menuiserie, Tony Leblanc à votre service.
Vous souriez ? J'aurai au moins gagné ça.
Vous avez tort de croire que tout est fini.
C'est une trop belle idée pour qu'elle se perde.
Je ne peux pas tout vous dire,
mais continuez d'y croire.
On a tous le droit à une 2e chance.
Votre tatouage est joli.
Je peux ?
C'est une goutte d'eau ? -C'est une larme.
Souvenir d'un amour de jeunesse. Un 1er amour, ça fait mal.
-Je ne saurais pas vous dire.
-Aucune femme ne vous a fait souffrir ?
C'est à cause de votre douceur.
C'est rare, chez un homme.
-Les choses ne sont peut-être pas aussi graves que ça.
-C'est gentil de me réconforter.
-On pense que Guivarch est innocent,
qu'il a été piégé, qu'il n'y est pour rien.
-J'avais tellement peur qu'il ait rechuté...
Je m'en voulais tellement. -Rechuté ?
Rechuté de quoi ?
De quoi vous parlez, Olivia ?
-Michel avait des problèmes de drogue en prison.
Mais il était clean depuis des années.
J'avais peur qu'il ait replongé.
-Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?
-Il était souvent à fleur de peau sans raison.
-Vous l'avez quand même choisi. -Il avait besoin de sortir.
J'étais sûre que ça l'aiderait.
-Ca expliquerait sa dispute avec Pavard.
Pourquoi vous ne nous en avez pas parlé ?
-Je ne voulais pas l'enfoncer.
...
C'est la merde
qui circule en prison.
A force, ça les rend accros.
Il halète.
Remue-ménage au loin.
...
-Ho ! Ho !
Je répare le toit.
Enfin, j'ai peut-être fait plus de dégâts qu'autre chose.
-C'est pas l'idéal, mais ça va te soulager.
-C'est fini, ça.
-Je me suis permis. Tu ne m'en veux pas ?
Il ne rigole pas, Paco, quand il braque les banques.
Même le shérif y passe.
-Non, lis jusqu'au bout, tu vas voir.
-Ces mecs, y a que dans les romans qu'ils changent.
Moi, Paco,
je l'aurais pendu.
...
-Hernandez, c'était mon instructeur.
Un type en or.
-On est seuls, là, alors vas-y.
Fais ce que tu as à faire.
-On y va !
Il n'est plus en sécurité ici.
Allez...
-Je pars avec vous.
Je deviens fou ici.
...
-Vous avez bien fait d'appeler. Surtout, restez chez vous.
N'intervenez pas. Je vois où c'est. On arrive.
On arrive tout de suite.
Un type
s'est introduit
dans une maison.
Il ressemble à Canté.
-On te confie la boutique.
...
Aboiements au loin.
-Viens avec moi.
Je peux vous aider ?
Tu veux quoi ?
-Il est où ?
Je sais qu'il est ici.
-Je te connais, toi.
J'ai bien connu ton père.
Tout le monde le connaissait. -Tout le monde, sauf moi.
Tu l'as planqué où ?
Il crie.
Tu me touches pas.
-Qu'est-ce que tu vas faire ? Le buter ?
Il dirait quoi, ton vieux, s'il voyait ça ?
Il crie. -Tu parles pas de mon père.
-Tu crois qu'il serait fier de toi ?
Ils crient et grognent.
Tu veux finir en taule ? T'es flic, putain !
Arrête.
-C'est bon. C'est bon.
...
Aboiements au loin.
...
-Qu'est-ce que vous faites ici ?
-Elle était partie me chercher des cigarettes.
Elle allait revenir.
Puis la police a appelé.
-Reposez ce fusil.
-Je ne veux plus entendre sonner le téléphone.
-Si tu fais ça, qui sera là
pour se souvenir de ta fille ?
Qui se souviendra...
de son sourire,
de sa joie de vivre...
et de tout le bonheur qu'elle a connu ?
Tu ne récupéreras jamais ce que tu as perdu.
Mais il y a autre chose qui t'attend.
Autrement.
-Merci.
Il va m'arriver quoi ?
-On va t'emmener à l'hôpital.
On va tout faire pour t'aider.
...
-Je t'expliquerai.
...
Hernandez vous a suivis jusqu'ici.
-Il est où ? -Je m'en suis occupé.
On a une conversation à terminer.
-Fais gaffe. Te remets pas en tort. -T'inquiète pas.
-Un des mecs qui témoignaient contre moi est tombé
pour vol à main armée. Il m'a bien rendu service.
Et il y a deux flics qui ont appelé
pour chanter mes louanges.
J'ai de bons anges gardiens. -Apparemment, oui.
-Je suis content pour toi.
-Merci, Alex.
Qu'est-ce qui va lui arriver ? -Il va être inculpé pour meurtre.
-Que s'est-il passé ?
-Un détenu en semi-liberté a été tué. Guivarch a été piégé.
On a essayé de le protéger,
mais on s'est plantés.
-C'est qui, la victime ?
-Un type qui avait pris 8 ans pour homicide involontaire.
-8 ans ? Il devait avoir un sacré casier.
-Non, c'était juste un gamin, un étudiant.
-Pour tenir si longtemps en taule, faut avoir les moyens.
-Il n'avait pas d'argent. -Alors, il a des dettes.
A bientôt, Alex.
-Il y a eu des mouvements de fonds, sur le compte de Pavard,
quand il était en prison ?
Vu son profil, il n'était pas taillé pour survivre là-bas.
Il a dû payer pour qu'on le protège.
-Il recevait 200 euros par semaine. Le maximum autorisé.
-800 euros par mois.
Ca fait beaucoup. -L'argent venait d'où ?
-L'argent venait de sa mère, Véronique Pavard.
-Bonjour.
Vous avez du nouveau ? -On a surtout des questions.
-Comment, avec une pension de 1 100 euros par mois,
on peut en donner 800 à son fils ?
-Mes économies. Je garde toujours de l'argent,
en cas de coup dur. -Sur 8 ans, c'est une somme.
Ca fait 70 000 euros.
-D'où vient cet argent ?
Dites-nous la vérité.
-Je recevais de l'argent tous les mois.
-De qui ?
-Aurélien n'était pas seul, dans la voiture.
C'est lui qui conduisait,
mais il avait 3 copains avec lui.
-Allez, buvez ! Brouhaha.
-Ca va m'aider, tu crois ?
-C'EST PAS LA MER A BOIRE,
QUELQUES BIERES A SIPHONNER.
UNE RIVIERE A PISSER ! Brouhaha.
...
Fracas.
-C'était quoi ?
-Un animal.
-Ouais, un chevreuil. Non, mais va voir.
Aurélien ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vas-y, dis, c'est quoi ?
-Il bouge pas. -De quoi ?
-Non, putain, fait chier.
-Tu déconnes ?
Vas-y, démarre. -Fais pas ça.
-Si, avance. -On peut pas faire ça.
-Démarre.
-C'est pas la question... -Démarre.
-Ses amis l'ont convaincu de ne pas les dénoncer.
Ils risquaient la prison, eux aussi, pour non-assistance
à personne en danger.
-Et à quoi ça sert qu'ils aillent tous en taule ?
Donc ils ont passé un marché. -Ils étaient en master d'économie.
Ils allaient faire des écoles de commerce,
trouver des bons jobs.
Ils ont promis à Aurélien qu'il ne manquerait de rien
et qu'à sa sortie, il aurait une grosse somme
pour repartir dans la vie, rattraper le temps perdu.
-Ils n'ont pas tenu parole ?
-Si. J'avais l'argent dans ma boîte aux lettres
tous les débuts de mois. 1 000 euros.
Je donnais le maximum à Aurélien
et j'économisais le reste,
jusqu'au jour où ils ont arrêté de payer.
-Quand ? -L'année dernière.
Peut-être qu'ils se disaient qu'ils avaient assez payé
ou qu'ils avaient des problèmes d'argent.
Aurélien s'est fâché. Il voulait les menacer,
les obliger à tenir parole.
Moi, je voulais qu'il oublie cette histoire,
qu'il finisse de purger sa peine
et qu'il laisse tout ça derrière lui.
-Ses trois camarades,
enfin, si on peut appeler ça des camarades,
vous connaissez leurs noms ?
-Ils en ont marre d'avoir une épée de Damoclès sur la tête.
Ils réalisent que Pavard pourra toujours les faire chanter.
-Je ne connais pas leurs noms,
mais j'ai une photo.
C'était ses trois grands copains.
Ils étaient tous de la même promo.
-On peut la garder, cette photo ?
-C'est eux qui ont tué mon fils ? -S'ils ont quelque chose à voir
avec sa mort, ils paieront.
-Leur copain Guérin est mort noyé
en faisant de la planche à voile, il y a trois ans.
-Loïc Roche est mort
dans un accident de moto, l'an dernier.
-La dernière publication de Genestier date d'il y a 2 ans.
Depuis, plus rien. -Tu sais quoi ?
Il a fait une chute mortelle en VTT.
Il est tombé
dans un ravin.
-Voilà pourquoi ils ont arrêté de payer.
-Ce serait Pavard ? -Non, il était en taule.
-Il aurait pu rencontrer un malfrat.
Le type exécute
3 contrats puis tue Pavard.
-Pavard est un étudiant sans histoires.
Tu le vois payer un tueur ?
-Ils sont tous morts.
L'assassin de Pavard est le même qui a tué les autres.
-Avec le même mobile : venger le gamin qu'ils avaient renversé.
-Trouve tout ce que tu peux sur ce gamin.
Tu as le dossier de Pavard ?
-Alors...
"Alain-Nicolas Dembélé, étudiant en droit".
Il était dans la même fac
que les 4 autres. Il avait un job étudiant
dans un restaurant,
le Montana.
Montana...
-Olivia travaillait là-bas ?
-Elle était en couple
avec le type qu'ils ont écrasé.
-C'est une larme.
Souvenir d'un amour de jeunesse.
-Elle a tué ceux qui lui ont pris
l'homme qu'elle aimait.
-Elle ne pouvait pas atteindre Pavard en prison.
-Alors elle s'est servie de Totem.
-Elle l'a fait sortir, elle l'a tué
et elle a fait porter le chapeau à Guivarch.
Je vais la chercher ? -Alex, s'il te plaît...
Laisse-moi m'en occuper.
...
Pourquoi vous avez fait ça ?
-Pourquoi j'ai fait quoi ? -On sait tout, Olivia.
Tournez-vous.
Tournez-vous !
-La vengeance, ça fait du bien. C'est moche, mais c'est vrai.
-Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
Si tout le monde pensait comme vous...
-Je voulais mettre ça derrière moi. Il fallait qu'ils meurent.
-On y va.
-On était tous étudiants dans la même fac.
Moi, en psycho, eux en économie, Nico en droit.
Il est mort après une soirée du BDE.
Il rentrait au campus à pied.
Il avait tout sacrifié pour étudier en Europe.
C'était l'espoir de sa famille.
-Comment vous avez su que Pavard n'était pas seul en voiture ?
-Quand j'ai fini mes études de psycho,
mon 1er job était d'aller dans les prisons et de parler
aux détenus en souffrance. Au début, je l'ai pas reconnu.
Puis on a parlé, et j'ai compris qui il était.
J'étais pas en colère contre lui.
Je savais que c'était un accident.
J'ai voulu l'aider à gérer sa culpabilité,
mais c'était pas la mort de Nico qui l'empêchait de dormir.
Il avait protégé ses potes.
Il avait l'impression de s'être fait avoir.
Pas une fois il a parlé de Nico. Il s'en foutait, de l'avoir tué.
Il voulait juste en avoir pour son argent.
-Comment vous avez retrouvé l'identité
des autres passagers ?
-J'avais accès au compte de Pavard, alors j'ai suivi l'argent.
Il venait de sa mère,
mais c'était pas elle qui le gagnait.
Comme il payait en liquide, je savais
qu'il me mènerait aux autres.
C'était tous des anciens de la fac.
Je les ai retrouvés facilement.
-Et vous les avez tués un par un.
Il crie.
-Pourquoi avoir tué Pavard ?
Il avait payé sa dette. -8 ans de taule et on oublie tout ?
La vie, on n'en a qu'une. Ca vaut plus que ça.
-C'était un accident.
Il avait droit à une 2e chance. -Et Guivarch ?
25 ans, ça suffisait pas ?
-J'avais rien contre lui. -Vous l'avez pas choisi par hasard.
Vous avez tout prémédité
froidement, depuis des années.
Je parie que c'est vous
qui avez glissé le bouquin dans le sac de Pavard.
Vous saviez que Guivarch ferait un esclandre devant nous.
-Et la drogue, c'est vous aussi.
Comment vous avez fait pour aller jusqu'au torrent ?
-J'avais repéré un autre accès.
J'avais le temps de tuer Pavard et de revenir avec les fournitures
sans éveiller les soupçons.
...
Vibreur.
...
-Oui, Alex ?
C'est bien.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Les choses vont s'arranger pour toi.
-Quoi ?
-Ils ont trouvé le vrai coupable.
...
Il rit.
...
-Tiens. Cadeau. Il rit.
-Je connais déjà la fin.
...
Il soupire.
...
-Comment je vais dire ça à Tony ?
...
*Musique classique au loin.
...
-Vous faites quoi ?
-Mais on profite, Tony !
...
-A toi, Tony.
... -Tu l'as bien mérité.
On a vu que tu l'aimais bien.
Mais tu as fait passer ton devoir de flic avant tes sentiments.
C'est bien. Il en a fait, du chemin.
-J'étais amoureux d'une femme qui n'existait pas.
La vraie Olivia me fait peur.
Ils rient.
Je peux savoir ce qui se passe ?
-Ben, il se passe que... Tony...
ça y est, pour moi, c'est le bout de la piste.
-Quoi ?
-Ben... la police, la Rurale, voilà,
c'est terminé.
J'ai fait durer le plaisir
le plus longtemps possible, mais je n'ai plus le choix.
-Ben, non.
Non, Angelo. -Personne n'est éternel.
Et puis je pars à la retraite. Il rit.
Pas en Patagonie ! Et puis, dis donc...
Je ne te laisse pas seul.
Il rit.
-Tu... Tu pars quand ?
-Là, tout de suite.
-Ils vont te remplacer ?
-Avec eux,
tout est possible.
-Pour moi, tu resteras toujours le patron de la Rurale.
-Ben, je crois
que je vais garder la veste.
Bon, allez, les gars.
Faut pas se laisser abattre.
Je nous ai ramené des noisettes d'agneau marinées,
avec des petits crottins.
Barbecue ? -Evidemment.
-Allez, viens.
-Salut, mon pote.
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