All language subtitles for Little Nicholas - Happy As Can Be (2022) [BluRay] [YTS

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Original subtitles

Pardon !

Eh, oh !

Eh, oh !

ArrĂŞte !

ArrĂŞte !

Ça va, Jean-Jacques ?

Te marre pas, René.

J'ai risqué ma vie pour être à l'heure.

Bois un coup. Ça te fera du bien.

Ouais, t'as raison.

Michel !

M. Sempé !

On a regardé le football à la télé, hier soir ?

Tu parles ! Quel match !

Y en a pas deux comme Kopa pour la mettre dans les filets.

C'est sûr !

- Qu'est-ce que je vous sers ? - Eh ben...

Un petit ballon.

M. Goscinny a toujours le mot pour rire.

Va pour un petit ballon. Merci, Michel.

C'est pour ton journal ?

Ouais.

- Il est marrant. C'est qui ? - Lequel ?

Celui-lĂ .

Ah ouais, je l'aime bien.

Justement, je voulais t'en parler.

Je dois le développer pour l'édition du dimanche.

Mais tu sais, l'écriture, c'est pas trop mon truc.

Mais toi, t'es le magicien des mots.

On peut faire quelque chose tous les deux.

Si tu veux. Mais tu voyais ça comment ?

Tu écris des histoires, je les illustre.

Et voilà, on fait ça entre copains.

Ce serait chouette, non ?

Oui, t'as raison.

Et... il a un nom, ce petit garçon ?

Ben, je pensais Ă ...

- Non, je sais pas. - Oh lĂ  !

Attention ! Et voilĂ  !

- Quel talent ! - À votre service.

Nicolas.

Nicolas ?

Mais oui. Attends. Nicolas.

Ça lui va bien.

Ben voilĂ  !

Les formidables aventures de Nicolas.

Ouais... Attends.

Si on l'appelait simplement Le Petit Nicolas ?

T'as raison, c'est mieux.

On trinque ! Au Petit Nicolas !

Au Petit Nicolas.

Bon, alors...

Pour l'instant, on a ça. Notre Petit Nicolas.

- C'est pas mal déjà. - Mouais.

- Ça te plaît pas ? - Si, si, si. C'est très chouette.

Mais ça suffit pas.

Il est seul sur ta page blanche.

Tu sais ce qu'il lui manque ?

- Un ballon ! - Des parents.

Oui. Des parents, bien sûr. Attends, j'ai une idée.

Ce qu'il mérite, à mon avis,

c'est des parents très smart, très distingués.

Le papa, je le vois bien comme ça.

Et puis, la maman, carrément flamboyante, sublime.

C'est pas la franche rigolade.

Tu connais beaucoup de profs de grec ancien mariés à des harpistes ?

Oui... Non, c'est vrai. Pas énormément, non.

Je les vois pas comme ça.

Nicolas, pour moi, c'est pas un bourgeois parisien. C'est un parigot !

- VoilĂ . Et il devrait vivre... - Attends !

Je sais.

Exactement !

Un pavillon de banlieue.

Pareil pour les parents. Je les vois bien...

Je sais pas, vendeur de cravates et comptable.

Ou institutrice et garagiste.

Enfin...

Ça doit être des gens simples.

Oui, je vois.

Ça va, là ? Ils sont pas trop normaux ?

Pas du tout, c'est exactement ça.

Ils sont parfaits. Parfaits.

Allez, j'embarque ça...

pour l'inspiration.

Bien joué, mon vieux.

Je me mets au travail dès que j'arrive à la maison.

On va bien rigoler.

J'arrive pas Ă  y croire.

Comment ça a pu être aussi brutal ?

René, dis-moi que c'est une blague.

Avec Nicolas, qu'est-ce que je fais ?

Je lui dis ou je lui dis pas ?

"Depuis le temps qu'on l'attendait..."

"Depuis le temps qu'on l'attendait..."

Non, non...

Euh...

"Enfin ! C'est pas trop tĂ´t !"

Tu dirais ça, toi ?

"Enfin ! C'est pas trop tĂ´t !"

Je sais pas. C'est pour quoi ?

Je cherche le titre de l'histoire. Tu sais...

- Ça y est ? On va en avoir une ? - Oui.

Oui, je me suis dit que...

C'est très bien, ça !

Ça y est ! On va en avoir une !

Comme celle chez mon cousin.

Mon cousin, il est dernier de sa classe.

Mais s'il est dernier,

c'est parce qu'il n'est pas fort en maths...

en histoire... en grammaire... en géographie...

En dessin, il se débrouille. Il est avant-dernier.

Parce que le dernier en dessin, il est gaucher !

C'est vraiment bien, ça.

- Au début, papa voulait rien savoir. - Pas si vite.

Ça y est ! On va en avoir une !

Au début, papa voulait rien savoir.

Il a dit que ça m'empêcherait de travailler,

que je serais bon dernier.

Et il a dit qu'on n'aurait plus de conversations dans la famille.

Maman a dit que c'était pas une si mauvaise idée,

donc papa l'a acheté.

Le poste de télévision !

Il est drĂ´lement chouette.

C'est ici, le poste ?

Bonjour, monsieur. C'est par lĂ .

Blédurt !

Blédurt !

Mais enfin, on peut plus ĂŞtre tranquille chez soi ?

Oui ? Que me veut mon cher voisin ?

Viens voir mon poste de télévision !

C'est un tout petit écran.

Un tout petit écran ? T'es pas un peu fou ?

C'est un 54 centimètres !

T'es jaloux !

Moi, jaloux ? J'ai un piano, moi, monsieur !

J'ai des disques de musique classique, moi, monsieur !

Et j'ai des livres, moi, monsieur !

Tu parles ! T'es jaloux, un point, c'est tout !

- Ah ouais ? - Ouais !

Ça va durer longtemps, vos histoires ?

J'ai des livraisons Ă  faire, moi.

- Ah, bonjour, monsieur. - Madame.

Alors...

Où va-t-on poser ce poste de télévision ?

Chérie, décide-toi, ça a l'air lourd.

Oui.

Voyons, voyons.

Et... euh...

Pourquoi pas sur la table du coin ?

Pas question.

Je me sers de la table pour servir le thé à mes amies.

Si on la mettait dans ma chambre ?

La chambre ?

C'est pas évident.

Oui... c'est pas évident.

Ah ! LĂ  !

- Non. - Oh...

Décide-toi !

Oui, vite, ou je lâche.

Ben, euh...

Ici.

C'est trop chouette.

On va pouvoir regarder des matchs de foot, des westerns,

et tous ces gros laids qui font du catch.

Bienvenue dans l'émission Lecture pour tous.

Ce soir, je reçois Jean-Jacques Sempé et René Goscinny.

- Bonsoir, messieurs. - Bonsoir.

Messieurs, dites-moi.

Pourquoi ĂŞtes-vous lĂ  tous les deux, ce soir ?

Ben...

Il pleut.

Oui, on savait pas quoi faire.

Oui, mais il y a peut-ĂŞtre un petit bonhomme entre vous.

Bonne question. Si on parlait de notre Petit Nicolas ?

Oui, c'est une longue histoire.

Le Petit Nicolas est apparu en dessin de presse, dans Sud Ouest.

Nous l'avons ensuite adapté en bande dessinée, avec succès,

avant sa forme actuelle, les nouvelles.

Ils parlent de moi !

- Tu les connais ? - Ce sont mes auteurs !

Depuis qu'on a cette télé, notre fils perd la tête.

À quoi sert d'avoir une télé si on entend parler de livres ?

Mais c'est vrai, Ă  la fin !

61 voitures prennent le départ du Mans.

C'est terrible, les courses de voitures.

AllĂ´ ?

Ah, bonjour, maman.

Nicolas ! C'est mémé !

Bonjour, mémé.

Bisous, mon chéri. On se voit dimanche.

Ah, chouette !

J'aime beaucoup ma mémé.

Elle me donne plein de choses, et je la fais rire.

Elle dit que je suis très intelligent et drôle.

Et que je ressemble beaucoup à maman au même âge.

Papa aussi était content que mémé vienne.

Il a dit : "Bravo, oui, bravo !

Pour une bonne nouvelle, c'est réussi !"

La voilĂ  !

Coucou ! C'est moi ! Hou hou !

Bonjour, mémé !

Ça m'a étonné que papa soit aussi content.

Parce que lui et mémé se disputent tout le temps.

Coucou !

Ah, bonjour, maman.

Mémé !

Oh, mon lapin ! Viens me faire un bisou.

Vous transportez quoi ? Une enclume ?

Tu m'as apporté quoi ?

Nicolas ! En voilà des manières !

Enfin, mon gendre.

Ce pauvre petit n'a pas une vie gaie.

Il faut bien le gâter un peu.

C'est vrai, après chacune de vos visites, il est gâté !

Ouvrez ma valise au lieu de dire des sottises.

Tiens, mon grand.

Chouette ! Un avion ! J'en rĂŞvais !

Merci, mémé.

Ce qu'il est drĂ´le.

Nicolas, range ce jouet. Tu as des devoirs.

Laissez-le s'amuser un peu.

C'est pas souvent qu'il a des jouets comme ça.

Et quand il sera grand et que vous en aurez fait un ignorant,

il deviendra quoi ?

Il deviendra un gendre, probablement.

- C'est l'heure du thé ! - Du gâteau !

Ça va te couper l'appétit !

Oh, mais laissez-le en prendre une tranche ou deux.

Ça lui fera pas de mal.

Maintenant, va jouer dans ta chambre.

Je ne vois pas souvent mon unique petit-fils.

Pourquoi l'envoie-t-on dans sa chambre dès que j'arrive ?

C'est vrai, elle a raison, mémé.

- Enfin, maman... - Laisse-la, elle le fait exprès.

Oh, ça ne fait rien.

Je ne suis qu'une pauvre vieille femme

que personne n'aime, j'ai compris.

Je vais rentrer chez moi et vous ne me reverrez plus jamais.

Maman, ne dis pas ça.

Non, mémé ! Sinon j'aurai plus jamais de cadeaux.

Oh, mon Dieu ! Oh !

T'es vraiment chouette, mémé.

Oh, mon lapin.

Regarde ce que j'ai pour toi.

Allez, mon lapin.

Mange pour faire plaisir à mémé.

J'ai... J'ai vraiment pas faim.

Il ne faut pas le forcer. Les docteurs...

Les docteurs ! Les docteurs !

Ils en savent quoi ?

J'ai élevé trois enfants et j'ai jamais eu d'ennuis.

Vous n'aviez peut-être pas de belle-mère.

Allez, mon lapin.

Mange et mâche bien.

J'ai été malade, très malade.

Papa s'est levé la nuit pour appeler le docteur

qui a dit que c'était rien

et qu'on devait me mettre à la diète.

Là où j'ai eu l'impression que papa n'était pas content,

c'est quand pour surveiller ma diète,

mémé a dit qu'elle allait rester plus longtemps.

Je me méfie de votre façon de nourrir ce pauvre petit.

Tu m'écris une autre histoire ?

Elle est vraiment chouette, mémé. Je l'adore !

Ta grand-mère était comme ça ?

Elle était géniale. Je l'adorais aussi.

J'aurais aimé la voir plus souvent, mais...

c'était compliqué.

Ah oui ? Pourquoi ?

Quand j'avais deux ans, mes parents ont déménagé en Argentine.

Ah bon ? C'est oĂą, l'Argentine ?

Regarde.

C'est très loin d'ici, de l'autre côté de la Terre.

En Amérique du Sud.

Ouah.

Mon père était ingénieur chimiste,

et il a trouvé un poste là-bas.

Ma mère, mon frère et moi, on est allés le rejoindre en 1928.

Mes souvenirs d'enfance Ă  moi, c'est Buenos Aires.

Le tango, la pampa et ses gauchos !

Je suis arrivé en Argentine à deux ans

et j'en suis reparti à 18 ans, peu après la mort de mon père.

C'est là-bas que j'ai commencé à dessiner et à écrire.

Je voyais ma grand-mère et ma famille tous les deux ou trois ans,

quand nous rentrions en Europe.

Pour moi, la France, c'était le pays fabuleux, exotique

oĂą nous partions en vacances.

Nanterre, les Deux-Sèvres, la banlieue parisienne...

Pour moi, c'était Tombouctou.

T'en as de la chance ! J'aimerais bien voyager !

J'irais bien en Chine. Ou Ă  Arcachon.

Moi aussi.

Ouais, c'est ça, la belle vie !

Faire du cheval au lieu d'aller à l'école.

Y a des écoles en Argentine.

Oui, mais des écoles de cheval pour les cowboys !

Oui, mais non. Des vraies écoles.

Oh, c'est nul !

Il faut bien apprendre Ă  compter les vaches.

C'est bien, l'école. Il y a les copains.

Des copains ? Comme toi et moi ?

Oui, voilĂ .

Attends, mais bien sûr.

Jean-Jacques !

Sempé ! Ouvre ! Jean-Jacques !

Ouais, j'arrive !

Il faut lui inventer des copains !

- Ça te plaît pas ? - Si, mais je vois pas l'urgence.

Tu pouvais m'appeler, pas la peine de défoncer ma porte !

Tu veux pas baisser ?

Bon, alors ?

On va lui inventer des copains, Ă  notre bonhomme.

J'ai déjà trouvé les prénoms : Agnan, Clotaire,

Eudes, Alceste...

Tu t'es pris pour Molière ? Alceste ? T'es pas sérieux ?

Mais si, justement ! On s'en souviendra !

Alceste, n'importe quoi.

Mais quoi ?

OK, t'es trop de mauvaise humeur. Je vais y aller, je reviendrai.

ArrĂŞte, t'es lĂ , maintenant.

Il ressemble Ă  quoi, Alceste ?

C'est un peu moi, le meilleur copain de Nicolas.

C'est comme ça que tu me vois ?

Un rondouillard qui mange des tartines ?

- T'as un bon coup de fourchette. - Pff.

Et l'école, tu la dessines comment ?

Je vais rien inventer.

Ça va être une école avec sa cour, le toit de son préau en tuiles,

comme mon école à Bordeaux.

Ce matin, nous sommes arrivés à l'école bien contents.

On va prendre une photo de la classe.

Ce sera un souvenir que nous allons chérir toute notre vie.

Ă€ l'attaque !

- Monsieur, c'est quoi, ça ? - Ça suffit ! Ouste ! Laissez-moi !

- Hé, lâche ça ! - Laisse-moi voir en premier !

Non, non, non !

Eh, ça suffit !

Ça suffit, maintenant ! Tout le monde en place !

Ah, il faut que je vous présente mes copains.

Rufus est un farceur.

Clotaire est très maladroit.

Eudes est très fort.

Geoffroy est le mieux habillé, son papa est très riche.

Maixent a de grandes jambes et les genoux sales.

Joachim, le pauvre, confond sa droite et sa gauche.

Alceste mange tout le temps.

Et Agnan, qui n'est pas un vrai copain

et qui révise tout le temps ses leçons.

ArrĂŞtez ! Tous en ligne !

VoilĂ . On bouge plus.

C'est quoi encore ?

Je veux être pris en photo comme ça, ou pas du tout !

Bon, allez.

Un,

deux,

Ma tartine !

Tu vas voir !

Tu la vois comment, la maîtresse ?

J'imagine qu'elle porte une robe et un chignon.

Tous les enfants l'aiment.

- Attends, comme ça ? - Ouais.

Mais c'est pas Marylin Monroe, non plus.

Plus sévère, avec des lunettes.

LĂ  ?

Pas Ă  ce point-lĂ . Elle doit ĂŞtre sympathique.

Sévère, mais sympathique.

Ah, très bien.

Je comprends. Sévère...

mais sympathique.

Quand la maîtresse a envie de rigoler,

elle se penche sur le côté.

Les enfants l'aiment et lui offrent des cadeaux.

Et elle donne des punitions. Et puis, elle les enlève.

Silence !

Tous en retenue. Privés de récréation.

Bon, je lève la punition.

Vous pouvez aller en récréation, mais dans le calme.

Nous sommes descendus pour la récré

et nous avons vu dans un coin de la cour

un gros tas de sable qui était surveillé.

Monsieur, c'est quoi, ce tas de sable ?

Pour les travaux de la buanderie.

- On peut aller jouer, monsieur ? - Bon, d'accord.

- Ouais ! - Mais soyez sages.

Et n'oubliez pas, je suis responsable de ce tas de sable.

On va faire un château.

Je suis terrible pour les châteaux.

Pendant les vacances, Ă  la plage, il y a eu un concours.

J'aurais pu avoir le premier prix, si j'avais voulu. Parfaitement.

Tu nous embêtes avec ça !

C'est plus amusant, les trous. On va en faire un gros !

Comme celui dans lequel papa est tombé.

Non, on va faire un chemin avec des tunnels

et on jouera avec des autos.

- Et si on faisait des pâtés ? - Tu vas les faire avec quoi ?

Ah bah bravo, c'est gagné.

Eh, ton château est sur ma route !

Je m'en fiche !

Eh ! Cessez de jeter le sable de votre trou sur mon château !

Faites un trou, mais laissez le sable dedans !

Château ? Vous appelez ça un château ?

Vous me faites rigoler !

Voilà ce que j'en fais de ta purée. Aïe !

Ma tartine !

ArrĂŞtez !

Mes lunettes sont tombées dans le trou !

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Arrêtez immédiatement !

Sortez du tas de sable ! Vous n'avez pas honte ?

Mais où est passé le tas de sable ?

Euh...

Il y a eu une sacrée tempête, tout le sable s'est envolé.

Ne me prends pas pour un imbécile.

Regarde-moi bien dans les yeux.

M. Dubon, le surveillant,

il dit toujours : "Regardez-moi bien dans les yeux !"

Avec les copains, on l'appelle "Le bouillon".

Parce que dans le bouillon, y a des yeux.

J'avais la responsabilité de ce tas de sable. Vous serez punis !

Allez, en rang !

Oh.

- Salut, toi. - Ouah, terrible.

Toi aussi, tu voulais ĂŞtre aviateur, petit ?

Non, je voulais ĂŞtre musicien de jazz.

Tu jouais d'un instrument ?

Je voulais faire de la batterie.

Je tapais sur des boîtes à chaussures et des coffres.

Mais je joue du piano, comme mon idole, Duke Ellington.

Enfin, j'essaie.

Et le dessin, t'as commencé quand ?

J'ai arrêté l'école à 14 ans.

J'ai fait plein de boulots vers Bordeaux.

J'étais à bicyclette

pour vendre du dentifrice en poudre.

C'est chouette, la bicyclette !

Oui.

Enfin, je m'ennuyais énormément.

Et pour passer le temps, je dessinais.

Je faisais des dessins rigolos.

Ils faisaient rire mes copains,

alors j'ai décidé de les envoyer au journal Sud Ouest.

À ma grande surprise, ils ont décidé de les publier.

Ça a été un grand moment pour moi. Ça a ouvert une porte.

J'ai décidé d'en faire un métier.

Si j'y arrivais pas, je reprendrais les petits boulots.

Le seul risque, c'était de revenir à la case départ.

Et pour moi, les artistes vivaient Ă  Paris.

Pour m'y rendre, j'ai dû m'engager dans l'armée.

Alors j'ai menti sur mon âge.

Paris. Ses avenues, ses fĂŞtes.

La musique ! Les gens !

Dans ma famille, on riait peu. J'ai trouvé les Parisiens gais...

J'ai adoré.

Par contre, ça a pas été facile pour moi.

À l'armée, j'étais nul.

Je perdais tout. Les clés de la réserve... Même mon arme.

Et du coup, je finissais au trou.

Et niveau dessin, c'était pas mieux.

Je courais les agences et j'avais toujours la même réponse.

C'est à cette époque que j'ai rencontré René, à l'agence World Press.

Il a été le premier à m'encourager.

J'avais 21 ans, et lui 27. On est tout de suite devenus copains.

C'était mon premier ami parisien.

Autant dire mon premier ami.

C'est chouette !

Les copains et moi, on s'amuse tout le temps.

Mais le bouillon et la maîtresse comprennent rien à nos jeux.

Mais ça va pas la tête ? C'est une fille !

Oui, René s'est dit que c'était un peu triste,

ton école pour garçons.

Il faut du changement.

Non, non, non, non ! Les filles, c'est nul !

Tu vas voir, on va te faire changer d'avis.

J'aime pas les filles.

C'est bête et ça joue qu'à la marchande ou à la poupée.

Et ça pleure tout le temps.

Moi aussi, je pleure. Mais c'est pour des choses graves.

Sois gentil avec Louisette. C'est une charmante fille.

Montre-lui que tu es bien élevé.

J'aimerais mieux aller au cinéma voir un film de cowboys.

Et ne sois pas brutal avec elle.

Sinon, tu auras affaire Ă  moi.

Si je t'attrape, ça va mal finir !

- Ah, les voilà ! - Pour montrer que je suis bien élevé,

maman m'habille avec une chemise et un costume bleu.

J'ai l'air d'un guignol.

Nicolas, je te présente Louisette.

Bonjour, Nicolas.

Amène Louisette dans ta chambre et montre-lui tes jouets.

T'as l'air d'un singe.

Ah ouais ? Et toi, t'es... t'es...

T'es qu'une fille !

AĂŻe !

AĂŻe !

Yah !

Alors les enfants ?

- Vous vous amusez bien ? - Oui, madame.

Adorable. Elle est adorable.

C'est un vrai petit poussin.

Ah, ah ! Tu joues à la poupée ?

N'importe quoi ! Et pourquoi pas Ă  la marchande ?

Tu me montres tes jouets ?

Non !

Ouah.

Laisse ça ! C'est pas pour les filles !

C'est mon avion. Ma mémé me l'a donné.

Nia nia nia... "Ma mémé me l'a donné."

Je suis l'invitée. J'ai le droit de jouer avec tous tes jouets.

Si tu ne veux pas, j'appelle ma maman et on verra qui a raison.

Maman, maman ! Nicolas, il m'embĂŞte !

Nicolas !

- Oups. - Non !

Regarde ce que t'as fait ! Mon avion est perdu.

Il est pas perdu, ton avion, bĂŞta.

Regarde, il est tombé dans le jardin.

On a qu'Ă  aller le chercher.

Maman veut pas qu'on sorte parce qu'il fait froid.

Madame, pourrions-nous aller jouer dans le jardin ?

Oh, petit poussin. Mais il fait peut-ĂŞtre un peu froid.

Oh, j'aurais aimé admirer ces jolies fleurs que vous avez plantées.

D'accord, mais couvrez-vous bien avant de sortir.

Merci, madame.

Ouah. Faudra que j'apprenne pour le coup des paupières.

Ça a l'air de marcher drôlement bien.

Eh ! T'as des jouets dans le jardin ?

Non.

Sauf le ballon dans le garage

et c'est pas pour les filles.

Pff.

- Oups. - Nicolas !

J'avais dit "pas de jeux brutaux".

Ah, non mais... t'es incorrigible ! Tu seras puni.

Le soir, j'ai été privé de dessert.

Mais ça fait rien. Elle est chouette, Louisette.

Elle a un shoot terrible.

Quand on sera grands, on se mariera.

Ouh ! Bravo !

Tu touches ta bille.

Ouais, c'est ça. T'es gentil.

Je m'entraîne pas assez.

La musique demande du talent

et surtout beaucoup de travail.

Gamin, pour moi,

la radio était le centre du monde.

Je connaissais les horaires des émissions.

Je m'imaginais sur scène, jouant avec Ray Ventura et ses collégiens.

- C'est bien toi, ça ! - Rigole.

Mes meilleures idées viennent en rêvassant, comme à l'époque.

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ? ♪

♪ La route est prête Le ciel est bleu ♪

♪ Y a des chansons dans le piano à queue ♪

♪ Il y a de l'espoir dans tous les yeux ♪

♪ Et des sourires dans chaque fossette ♪

♪ La joie nous guette, c'est merveilleux ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ? ♪

♪ Y a des noisettes dans le chemin creux ♪

♪ Y a des raisins, des rouges ♪

♪ Des blancs, des bleus ♪

♪ Les papillons s'en vont par deux ♪

♪ Et le mille-pattes met ses chaussettes ♪

♪ Les alouettes se font des aveux ♪

♪ - Qu'est-ce qu'on attend ? Qu'est-ce qu'on attend ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ? ♪

♪ L'écho répète cet air joyeux ♪

♪ Et la radio chante un petit air radieux ♪

♪ Les parapluies restent chez eux ♪

♪ Les canes s'en vont au bal musette ♪

♪ Levez la tête, les amoureux ♪

♪ - Qu'est-ce qu'on attend ? Qu'est-ce qu'on attend ? ♪

♪ Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? ♪

Dis donc, t'as toujours un bon coup de crayon.

Je te rappelle que j'ai d'abord été dessinateur.

À l'école, je dessinais partout dans les marges de mes cahiers.

Ça aurait été plus simple

si on avait mis en marge nos leçons et gardé la page pour nos dessins.

Il faudrait que Nicolas apprenne Ă  dessiner.

On va en parler à sa maîtresse.

Silence !

Aujourd'hui, vous allez dessiner cette pomme.

Vous pouvez parler, mais ne vous dissipez pas.

Aujourd'hui, on a dessin en classe.

C'est chouette, parce qu'on a pas de leçons ni de devoirs.

Et puis, on peut parler. C'est un peu comme une récré.

Mademoiselle.

De loin, je ne vois pas très bien la pomme.

Eh bien, Agnan, approchez-vous.

Ouais !

Silence ! Tout le monde Ă  sa place !

Mais alors mademoiselle, comment je vais faire ?

Si vous ne pouvez pas voir la pomme, dessinez autre chose.

- Mais soyez sage. - Bon.

Je vais dessiner la carte de France

avec les fleuves.

Ben moi, je vais dessiner l'avion rouge que m'a offert mémé.

Ma maman le dimanche, elle fait une tarte aux pommes terrible.

- Je vais dessiner un cowboy. - Et moi, mon chien !

Et moi, un ballon de foot.

Je vais dessiner le sifflet de mon papa.

Moi, le gros camion de pompiers que j'ai eu pour mon anniversaire.

Geoffroy, qui a un papa riche, qui lui achète plein de choses,

a sorti de son cartable une boîte de couleurs terrible.

Je vais demander la mĂŞme Ă  papa.

Clotaire, arrĂŞte de copier !

Dessine la pomme.

Mon dessin ! T'as vu ce que t'as fait Ă  mon dessin ?

Eh ! Tu veux mon poing sur le nez ?

Ouais !

Silence ! Ça suffit !

Ă€ votre place !

Retournez Ă  votre place !

C'est quoi, cette sarabande ?

Debout !

Assis !

Bravo ! Félicitations, mes petits gaillards,

je vous entends depuis la cour. Que se passe-t-il ?

C'est mon cours de dessin.

Nous allons voir ça.

Et que devaient-ils dessiner, ces jeunes artistes ?

Une pomme.

Si c'est comme ça, mes petits gaillards,

vous serez tous collés jeudi !

Jeudi, je vais au cinéma.

T'as toujours voulu raconter des histoires ?

Oui. Mon père était d'une grande largeur d'esprit.

Il m'a demandé

ce que je voulais faire dans la vie et je lui ai dit "un métier rigolo".

Il a dit : "Le rire, c'est essentiel."

- Il a l'air chouette, ton père. - Oui.

J'ai fait des grimaces bien avant de parler.

Moi aussi, je suis fort en grimaces !

Puis, j'ai connu la BD et j'ai su que c'était ce que je voulais faire.

Après l'Argentine, je suis parti tenter ma chance à New York.

Ouah, la vache !

Au milieu des grands immeubles ?

Oui.

Et tu vas rire. Ma vie, c'est une histoire de bateau.

Je me vois arriver à New York avec ma mère.

J'avais décidé de poursuivre ma passion, je voulais devenir dessinateur.

J'avais rendez-vous avec Walt Disney,

mais Walt Disney ne le savait pas.

J'ai fait la tournée de tous les éditeurs pour placer mes dessins.

Mais personne n'en a voulu.

Ça a été une période difficile.

Pendant un an et demi, j'ai essuyé refus sur refus.

Ma mère qui parlait russe,

yiddish, polonais, espagnol et français

a trouvé un boulot de dactylo qui nous a permis de vivre.

Et finalement, un coup de chance !

Je trouve un boulot dans une agence oĂą je rencontre...

Harvey Kurtzman !

Il débutait, mais il allait créer le magazine Mad

qui allait influencer des générations d'artistes.

Il m'a invité à rejoindre son studio.

J'ai rencontré les dessinateurs les plus doués de leur génération.

Will Elder, John Severin, Jack Davis et tant d'autres.

Moi qui ai toujours aimé rigoler,

j'ai vécu une période extraordinaire là-bas.

C'est à New York que j'ai rencontré le dessinateur belge, Morris,

qui travaillait déjà à son Lucky Luke.

Ça a vraiment été une époque épatante.

Ouais, c'est vraiment terrible, le cinéma.

Tu trouves tes histoires dans les films ?

Non, pas vraiment. Le cinéma, c'est pour me détendre.

Mes idées, je les trouve en observant le monde autour de moi.

ArrĂŞtez !

Il y a de la comédie partout. Il suffit de savoir regarder.

Tu m'écrirais pas une autre histoire avec une fille ?

Elle était chouette, Louisette !

J'aimerais avoir d'autres copines.

Ah, tu vois ? C'est pas si nul, les filles.

Un, deux, trois, quatre, cinq...

Y a une assiette en trop. Ça fait une part de goûter en plus.

Non, j'ai invité Marie-Edwige. La fille de nos voisins.

- Mais c'est une fille ! - Ben oui.

On joue pas avec les filles. On lui parlera pas.

Sans blague ?

J'invite qui je veux. Si ça te plaît pas, je te mets une baffe.

Nicolas, tu ne présentes pas ton amie à tes camarades ?

C'est Eudes, lĂ , y a Geoffroy. LĂ , c'est Alceste...

Les copains, c'est Marie-Edwige.

Et voici ma poupée, elle s'appelle Chantal.

Sa robe est en velours.

Euh... Enchanté, Chantal.

Ce que tu manges vite !

Je n'ai jamais vu quelqu'un manger aussi vite.

C'est formidable !

Moi, je peux manger aussi vite que lui. MĂŞme plus vite.

Tu rigoles ?

Plus vite qu'Alceste ? Ça m'étonnerait.

Ah ouais ? Tu vas voir !

J'ai gagné !

Ça vaut pas ! T'avais plus de gâteau.

Non, j'en avais plein !

Vous me faites rire. J'avais le plus gros morceau.

Alors le gagnant, c'est moi.

Vous avez déjà fini le gâteau ?

Moi, pas encore. Je partage mon gâteau avec Chantal.

Allez jouer dans le jardin, il fait beau.

Pour avaler du gâteau, ils sont forts. Mais au foot, c'est autre chose.

Eh, regarde, Marie-Edwige !

- Je vais dribbler tout le monde. - Me fais pas rigoler.

Le plus terrible pour les galipettes, c'est Nicolas.

Je suis le meilleur, ça fait des années que j'en fais.

Vous avez du culot ! Vous savez que le champion, c'est moi.

Tada !

Ce qui m'a étonné, c'est qu'Alceste offre de la brioche à la poupée.

Il n'offre jamais rien, mĂŞme aux copains.

Vous savez faire ça ? Regarde, Marie-Edwige.

Regarde !

Oh, c'est formidable.

Marcher sur les mains, ça sert à rien.

C'est de savoir grimper aux arbres qui est utile.

Pousse-toi, je te montre !

Regardez-moi !

Heureusement que papa est pas lĂ  !

Il n'aime pas qu'on fasse les guignols avec l'arbre.

Terrible !

Marie-Edwige ! Viens ! C'est l'heure de ta leçon de piano !

Au revoir, les garçons.

Au revoir, Marie-Edwige !

Au revoir, Chantal.

Il se fait tard, je m'en vais.

Pareil.

C'était une chouette journée, on a rigolé.

Je me demande si Marie-Edwige s'est amusée.

On n'a pas été très gentils avec elle.

On lui a presque pas parlé et on a joué entre nous sans elle.

On peut rien faire avec les filles.

Mais mon arbre !

Oh...

Elles sont drôles, tes poupées.

Oh, la vache !

C'est toi, là ? Et c'est ta mémé ?

Oui.

Quand on rentrait en France, on prenait une photo

avant de repartir prendre le bateau.

J'adorais traverser l'océan Atlantique.

Ouah, l'Atlantique ! T'es vraiment fortiche.

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'aurais aimé grandir comme toi, à Paris,

entouré de toute ma famille.

Pourquoi ? C'est génial d'être un cowboy.

Non ?

Tu sais, j'étais pas vraiment un cowboy.

Et surtout...

au bout d'un moment, on n'est plus rentrés en France.

Ah bon ?

Oui...

C'est difficile Ă  expliquer Ă  un enfant, mais en Allemagne,

Hitler et les nazis avaient pris le pouvoir.

Et il y a eu la guerre.

Ils ont envahi toute l'Europe.

En France, la situation est devenue très dure pour tous les Juifs.

Léon, l'un des frères de ma mère, a écrit

pour nous dire que nous ferions mieux de rester en Argentine,

qu'Ă  Paris, les nazis imposaient leurs lois.

"Jusqu'au dernier moment, même après l'occupation,

nous avions l'espoir que les hordes hitlériennes seraient arrêtées.

Qu'est-ce qui nous attend maintenant ?

Que va-t-il se passer ?

Nous attendons les évènements avec calme

et nous espérons que ce cauchemar prendra un jour fin.

Estimez-vous heureux

de n'avoir pas su ou vu tout ça

et de vivre dans un pays oĂą l'on peut encore dormir tranquille.

Je t'embrasse de tout mon cœur, ma chère Anna.

Je vous embrasse tous bien fort."

Trois des frères de ma mère, dont Léon, ont été déportés

et ne sont pas revenus.

Mes grands-parents sont morts de chagrin.

Oh...

C'est drôlement triste, tout ça.

Oui.

On s'en est jamais remis.

Pour nous,

il y aura toujours un avant et un après la guerre.

Oh lĂ  lĂ ...

Je t'ai collé le bourdon.

C'est comme ça.

Tu sais quoi ?

Non, quoi ?

Écris-moi une histoire. Ça va te remonter le moral.

T'as raison. Et je sais quoi faire.

Avec mes copains, on faisait les 400 coups !

Des bĂŞtises !

- C'est chouette, ça ! - Oui.

Tu vas voir.

On va vivre ça tous les deux, pour de vrai.

Cet après-midi, j'ai rencontré Alceste qui m'a dit...

Si on allait pas à l'école ?

Je lui ai dit que c'était pas bien, que la maîtresse serait fâchée.

Que mon papa m'avait dit qu'on devait travailler si on voulait ĂŞtre aviateur.

Que ça ferait de la peine à maman et que c'était pas beau de mentir.

Oui, c'est vrai. Mais aujourd'hui, on a arithmétique.

On n'est pas allés à l'école.

Attends-moi, Nicolas !

- J'en peux plus ! - Cours plus vite !

Vaut mieux pas rester lĂ  !

Si nos parents nous voient, on va être privés de dessert !

Et l'école enverra des inspecteurs à nos trousses.

S'ils nous attrapent, on finira dans un cachot,

Ă  l'eau et au pain sec ! Allez !

Han...

Ici, on est tranquilles.

Courir comme ça, juste après le déjeuner,

ça m'a donné faim.

T'as eu une bonne idée, Alceste.

Quand je pense aux copains qui sont à l'école en train de faire des maths...

j'ai envie de rigoler.

Moi aussi.

Et maintenant ?

- On fait quoi ? - On pourrait aller au cinéma.

Regarde, il y a un film de mousquetaires.

Ça a l'air terrible.

Mais... t'as des sous, toi ?

Euh... non.

Pas grave.

Ah, ah !

Bats-toi avec d'Artagnan.

Prends ça !

- À moi, la garde ! Traître ! - Touché !

- T'es mort ! - C'est pas vrai !

Les autres à l'école rigolent pas.

C'est vrai.

Et puis, il est trop tard pour y aller. On serait punis.

On a le temps de rigoler avant de rentrer.

À l'école, ils doivent être dans les problèmes.

Je voudrais pas ĂŞtre Ă  leur place.

Non, à l'heure qu'il est, ça doit être la récré.

Ils doivent jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Ou aux billes.

On va se faire prendre, c'est sûr.

Les inspecteurs vont finir par nous retrouver.

On va finir aux galères.

♪ Je me souviens, ma mère m'aimait ♪

♪ Et je suis aux galères ♪

♪ Je me souviens, ma mère disait ♪

♪ Mais je n'ai pas cru ma mère ♪

♪ Ne traîne pas dans les ruisseaux ♪

♪ Te bats pas comme un sauvage ♪

♪ T'amuse pas comme les oiseaux ♪

♪ Elle me disait d'être sage ♪

♪ J'ai pas tué et pas volé ♪

♪ Je voulais courir la chance ♪

♪ J'ai pas tué, j'ai pas volé ♪

♪ Je voulais que chaque jour soit dimanche ♪

- Bah ? Pourquoi tu pleures ? - C'est ta faute !

Si tu voulais pas venir, j'y serais allé à l'école.

C'est ta faute Ă  toi.

- Ah oui ? - Parfaitement.

Quand demain, avec Alceste,

on va raconter aux copains comme on a bien rigolé...

ils vont ĂŞtre drĂ´lement jaloux.

C'est moi, lĂ  ! Tu sais rien dessiner d'autre ?

J'essaie. Mais j'aime bien t'imaginer en train de jouer.

Qu'est-ce qu'on se marre, avec Alceste.

Toi aussi, tu rigolais tout le temps, petit ?

Tu sais, moi...

j'ai pas eu une enfance très...

À la maison, c'était difficile avec mes parents.

- Même lugubre. - Vous aviez pas de lumière ?

Non, l'électricité, ça allait.

Quand je voyais une mère qui embrassait son fils,

je fondais...

parce que moi, je recevais que des torgnoles.

Mon père, M. Sempé...

je l'adorais.

Il était pas facile, mais je l'aimais.

Il était représentant de commerce.

Il vendait des boîtes de pâté, des choses comme ça.

Et quand il réussissait à vendre à un épicier trois boîtes de thon,

deux boîtes de sardines, une boîte d'anchois,

il allait fêter ça au bistro.

Pour lui, l'apéritif, c'était compliqué.

Le pauvre. Il pouvait pas résister à l'alcool.

- Un centilitre et c'était parti. -

Moi, j'aurais manqué l'école pour rien au monde,

tellement j'étais malheureux à la maison.

T'étais vraiment triste tout le temps ?

Non.

J'avais un grand-père que j'aimais beaucoup,

qui roulait ses cigarettes.

Il était menuisier.

J'avais beaucoup d'admiration pour lui.

Quand on était ensemble,

je me sentais libre.

En sécurité.

C'est la première personne que j'ai réellement aimée.

Il m'a fait découvrir le foot.

J'ai adoré ça.

C'est là qu'est née ma passion.

Ouais !

Avec lui.

Tu vois, c'est pour ça que je t'aime autant.

Grâce à toi,

je vis l'enfance rêvée que j'ai jamais eue.

Y avait une chose que j'adorais par-dessus tout.

Chaque année, avec mes copains, on partait en colo.

Ah ouais, génial !

Mes plus beaux souvenirs.

C'était le seul moment où j'étais moi, sans me soucier de la maison.

Larguez les amarres, capitaine !

Ouais !

Toi aussi, tu lui parles ?

Ouais, j'adore ce mĂ´me.

On l'a pas mal réussi, notre personnage.

Ouais.

Je t'ai raconté mes séjours en colo ?

Pas mal.

Ça va nous faire quitter Paris, ça nous fera du bien.

Au revoir !

Aujourd'hui, je pars en colonie de vacances, je suis content.

Le seul ennui,

c'est que papa et maman sont tristes.

Ils sont pas habitués à rester seuls pendant les vacances.

Le quai 11, s'il vous plaît.

Vous le trouverez entre le quai 10 et le quai 12.

Enfin, il était là-bas la dernière fois que j'y suis passé.

Dites donc !

Ne nous énervons pas, on avance.

Attendez !

Ne touchez Ă  rien !

- VoilĂ , bienvenue. - Nicolas.

Nicolas... Nicolas...

Ah, le voilĂ  ! Nicolas ! Bienvenue, Nicolas !

Je m'appelle Gérard Lestouffe et je serai ton chef d'équipe...

Les "œil de lynx".

D'accord, chef !

Nous vous le confions.

Ne craignez rien, vous ne le reconnaîtrez plus.

- Oh non. - Papa, maman...

Vous inquiétez pas, moi, je vous reconnaîtrai.

Allez, allez !

Prenez vos places !

Le train va partir.

Oui, chef !

Au revoir, mon chéri. Au revoir !

Au revoir, maman ! Au revoir !

Bisous !

J'avais envie de pleurer, mais je l'ai pas fait.

Parce qu'après tout, les vacances,

c'est fait pour rigoler.

C'est Ă  moi !

Eh, les gars ! La mer !

Ouais !

C'est chouette, la mer.

Debout, lĂ -dedans !

Vous voulez aller Ă  la pĂŞche ?

Oui, chef !

J'ai dit au cuisinier qu'on lui rapporterait du poisson.

Ouais !

On offrira la soupe de poisson Ă  tout le camp.

- Pour notre équipe, hip, hip, hip... - Hourra !

- Hip, hip, hip... - Hourra !

Et notre mot de passe, c'est...

Euh...

C'est "courage".

- Et notre mot de passe, c'est... - Courage !

♪ C'est nous, les gars de la marine ♪

♪ Quand on est dans les cols bleus ♪

♪ On n'a jamais froid aux yeux ♪

♪ Partout, du Chili jusqu'en Chine ♪

♪ - On les reçoit à bras ouverts... ♪ - Stop !

Avant tout, pour pĂŞcher, il faut du silence !

Oui, chef !

Pas d'imprudence. Personne Ă  l'eau.

Venez chercher un ver.

Attention à ne pas vous faire mal avec les hameçons.

- Ça me dégoûte. - Beurk !

Dégueu !

Chef ?

Ça mord, un ver ?

Vous me fatiguez, lĂ .

Regardez, ce lancer de ver !

Je vais peut-ĂŞtre en avoir un.

Mais lâche !

Pourquoi j'ai hérité d'une bande de crétins pareille ?

Je parie que tu sais pas nager.

C'était l'occasion d'apprendre, chef.

Allez, vas-y, tu peux y arriver. Dépasse-le.

Ben... Ben...

Vous avez tous un petit pois dans la tĂŞte ?

Et le problème, c'est que le petit pois est creux !

J'ai un poisson !

- Chef ! - Quoi ?

- J'arrive. - Chef, chef !

Ouais !

Chef, chef, venez voir.

On a pêché un poisson énorme.

Je vais craquer...

On a eu un poisson !

C'est moi qui l'ai eu.

Mais c'est parfait ! C'est juste ce qu'il fallait.

Pour les "œil de lynx", hip, hip, hip...

Hourra !

- Hip, hip, hip... - Hourra !

Comment ça se fait que le poisson de la soupe soit si gros ?

Ah, il faut que tu saches, petit, que le poisson,

ça gonfle à la cuisson.

Bonjour.

Je m'appelle Hector Duval. Et vous ?

Nous pas !

Ouais...

Je suis votre professeur de gymnastique.

Vous aimeriez avoir ces biceps ?

- Bof... - Moi, je ne trouve pas ça beau.

Moi, j'aimerais bien !

Si vous ĂŞtes sages,

et si vous suivez bien les cours de gymnastique,

quand vous rentrerez chez vous, vous aurez tous des muscles comme ça.

Allez, échauffement ! Un, deux... Un, deux...

Un, deux, trois, quatre...

C'est pas bientĂ´t fini ?

Bon, on va faire la course.

Mettez-vous en rang. Vous partirez Ă  mon coup de sifflet.

Le premier arrivé au parasol là-bas gagne.

- PrĂŞts ? - Les gars, regardez le joli coquillage.

Partez !

Non, mais...

- Ouah, c'est beau. - Les gars, les gars !

J'en ai trouvé un beaucoup plus grand. Je vais l'offrir à mon papa.

Vous allez

vous décider à m'obéir ?

Bon, on recommence. Tous prêts pour le départ.

Oh non ! Ce n'est pas juste !

C'est moi qui ai gagné, j'étais le premier au parasol !

Je le dirai Ă  mon papa.

Bon.

Le premier arrivé dans l'eau a gagné. Un, deux...

- Ouais ! - À l'eau !

Trois...

Poules mouillées !

Et ça, c'était le meilleur moment du cours de gym.

Le lendemain, on a eu un nouveau professeur de gymnastique.

M. Duval a décidé de prendre des vacances, on nous a dit.

C'est nous, les gars de la marine ♪

♪ Quand on est dans les cols bleus On n'a jamais froid aux yeux ♪

- Maman ! Papa ! - Mon chéri.

Ah, je suis content de te voir, mon fils.

Vous avez vu ? Vous m'avez reconnu.

Alors lĂ , il a dit :

"Je m'appelle Hector Duval. Et vous ?"

Et moi, j'ai dit : "Nous pas."

Je fais quoi, maintenant ?

Je sais pas.

Tu dois être fatigué du voyage. Repose-toi.

Non, je suis pas fatigué.

Alors va jouer.

Avec qui ?

Il est temps que tu retournes à l'école.

Ce que je préfère dans l'été,

c'est qu'après, y a l'automne.

Et l'automne, c'est drĂ´lement chouette

parce qu'on retrouve tous les copains.

Madame, monsieur, il n'y aura pas de nouvel album d'Astérix.

René Goscinny est mort aujourd'hui d'une crise cardiaque.

Il avait 51 ans et il est mort au moment oĂą, dans une clinique,

un médecin pratiquait sur lui un électrocardiogramme.

Parmi les BD dont Goscinny était l'auteur,

on peut citer la série des Petit Nicolas, avec Sempé,

qui a connu un énorme succès en France et à l'étranger.

Les BD de Goscinny s'adressaient Ă  tout le monde...

Mon ami est mort subitement un matin de novembre 1977.

Il a laissé un vide immense derrière lui.

Ça a été terrible.

D'un coup, plus personne n'avait envie de rigoler.

Quand t'es triste,

moi aussi, je suis triste.

Je sais, Nicolas.

Il va tellement me manquer.

Tu sais, René et moi, on était très copains, mais...

Mais quoi ?

Quand on est adultes,

c'est pas toujours facile de voir ses amis.

Et on s'est un peu perdus de vue.

Heureusement, on s'est retrouvés.

Dix jours avant sa mort, on s'est fait un dîner mémorable.

On a discuté sans s'arrêter, comme dans notre jeunesse.

Il m'a parlé de sa famille,

il m'a redit tout l'amour qu'il portait Ă  Gilberte, sa femme,

et combien sa petite Anne le rendait heureux.

Il a connu un succès phénoménal.

Il était devenu très célèbre, un personnage public.

Avec moi, il avait pas besoin d'ĂŞtre Goscinny,

il pouvait être René. Et je crois qu'il appréciait beaucoup ça.

On a même parlé de toi, Nicolas.

De peut-ĂŞtre t'imaginer de nouvelles aventures.

On a passé une soirée formidable.

En partant, j'ai insisté pour payer l'addition.

Ça peut paraître bête,

mais je suis très heureux de l'avoir fait.

C'était ma façon de lui dire qu'il était avant tout mon ami.

Je crois que ce petit geste l'a beaucoup ému.

Et moi ? Est-ce que je vais mourir un jour ?

Non. Toi, mon petit gars, t'es éternel.

René et moi, on t'a inventé.

Et c'est nous qui allons continuer Ă  vivre Ă  travers toi.

Ah, c'est chouette.

On sera toujours tous les trois ?

Oui.

Attendez-moi, les gars !

AĂŻe ! T'as fait tomber ma tartine !

Sous-titrage : EVA France ST'501

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