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Original subtitles

Musique intrigante

- -

- -

- -

- T'as eu mon message ?

- Oui. Pour le chiffre, je suis sûr.

- 0,25, j'y crois pas. Il faut vérifier, Yazid.

Monte. - J'arrive.

- Ça va, beau gosse ?

- Ça va et toi ? - Tranquille.

- Yazid, tu viens ? - Oui.

(- Elle a mal dormi.)

On se basait sur un taux brut.

- En effet, mais mon taux est net et c'est 0,25.

Soit 823 unités d'habitation, 6,5 hectares d'implantation,

647 300 tonnes de béton. - Too much, non ?

- Non.

Pas pour 63 millions d'euros.

- C'est pas moi qui les achète.

- Et la veste noire que t'avais mise pour tes vœux ?

- Ouais. Rappelle Chaumette, s'il te plaît.

Pour vérifier.

- On est content de venir te chercher.

- On n'était pas obligé d'accepter le job, M. Jabbi.

*- Cabinet Chaumette… - Messagerie.

- Je l'appellerai dans la voiture.

- Je raccroche ? - Qui.

- On peut parler du taux d'engagement du devis.

- Il y a un problème ? - Non.

Mais je peux t'en trouver un.

Il faut que tu te chauffes pour la commission.

- Ça va.

- Non, les noires plutĂ´t.

- Bonjour quand même. - Bonjour, Clémence.

- J'ai coupé l'eau.

LeĂŻla, reste pas lĂ .

C'est coupé, Fatima.

- Merci, Michel.

- Tu sais d'où ça vient ? - Non.

- C'est coupé !

* Musique d'attente

* Chaumette et Dunoyer, administrateurs judiciaires,

*nous sommes actuellement fermés…

- Bonjour.

- Ça va ? - Ouais.

- ÇA VA ?

- On est en avance ? - Ouais.

Mais eux sont bien en retard, d'une heure.

- Darshana.

- OK.

- SaĂŻd.

- Hein ?

- SaĂŻd.

- Il y a encore une fuite, il faut couper la flotte.

Merci.

Bonjour.

- Un souci, M. Kupka ?

- Vous avez vu ce tableau ?

- Ouais, j'ai vu. On va vite régler ce problème.

- L! faut isoler et faire un coffrage.

- Une société est prévenue, vous inquiétez pas.

- Elle vient quand ?

- Pourquoi vous cassez les couilles pour des câbles ?

- Si ça crame, vous toucherez plus rien.

- Clémence.

- Bonjour, Jérôme. Vous allez bien ?

- Ça va.

- Naidra, ma première adjointe. - Enchanté.

- Yazid, mon dircab. - BONJOUR.

- M. Chaumette, administrateur judiciaire.

- On se connaît.

- M. Grand Paris, Jérôme Narvaux.

- Bon… On a un petit souci.

C'est qui exactement, Michel Kupka ?

- Le président de l'amicale des Bernardins,

le chef des propriétaires. C'est quoi, le souci ?

- On a reçu ce matin un courrier de sa part.

"Ă€ l'attention de M. le Haut-Commissaire", donc moi.

"Après avoir tenté d'alerter la mairie sur la gravité de la situation,

"vous ĂŞtes notre dernier et ultime recours.

"En février 1986, j'ai acquis un F3 aux Bernardins, je m'y suis installé…”"

l raconte les 30 dernières années.

"L'inéluctable processus d'insalubrisation…”

Il parle comme un technocrate, ce monsieur.

"Pauvreté, misère, faillite, défaillance de l'État", etc., etc.

Il est en colère contre M. Chaumette.

"Augmentation injustifiée des charges de copropriété.

"L'administrateur judiciaire refuse toutes communications :

"téléphone, courrier…"

- Ma porte reste toujours ouverte.

- D'après lui, au lieu de rétablir lles comptes

et entretenir les parties communes, vous vous "nourrissez sur le cadavre

"de la bĂŞte."

- Je fais des messes noires aussi.

- Quelques mots sur vous. J'y mets les guillemets qui s'imposent.

"Clémence Collombet,

"une maire aussi bornée qu'incompétente.”

Et ça continue, comme ça, avec la même verve.

Enfin, bref, j'en arrive Ă  la conclusion.

"Dans ces conditions, les adhérents de l'amicale

"suspendent le paiement des charges.”

- ll veut quoi ?

- Votre tête. Vous dégager de la gestion.

Combien vous demandez pour votre plan de sauvetage ?

- 63 millions.

- Avec un plan de rénovation sur 31 mois.

L'État rachète 68 % des logements, les transforme en HLM,

y maintient les ménages pauvres,

et on garde 32 % de propriétaires

solvables et responsables.

- Responsables ?

- Mais désespérés, oui.

- Plus ça se dégrade, plus ils paient.

Ce matin, une fuite a ravagé 5 appartements. On doit les aider.

- Une aide de 63 millions d'euros. Eux-mĂŞmes n'en veulent pas.

Si l'État rénove l'ensemble

et que les habitants ne paient pas, ça va se dégrader.

Et ce sera encore pareil.

Avec 63 millions d'argent public partis en fumée.

Je suis désolé, les amis, mais on ajourne.

- Pardon ? Je vous préviens, Jérôme,

pour m'arrĂŞter, il faudra envoyer la police.

- On repousse Ă  juin.

- Mais il y aura plus d'argent et je serai plus maire.

- Comment ça ?

- J'arrĂŞte.

Naidra prendra ma suite.

Je veux pas partir ainsi, je veux régler les Bernardins avant.

- Bon, écoutez, j'ai lu votre dossier, hier.

Il est bon. Enfin, il était bon. Entretemps, j'ai reçu cette missive.

- Vous n'allez pas planter ce plan pour 100000 euros de charges ?

- Il y a d'autres cités, pas que les Bernardins.

Ça s'appelle un arbitrage et malheureusement, ça fonctionne

par élimination.

- OK.

- OK quoi ? On ajourne ?

- Yazid, fais entrer les gens. La pause est finie.

Je vais vous ramener les charges.

Tout sera en ordre quand vous déciderez.

Vous avez ma parole.

- Mesdames, messieurs.

S'il vous plaît, on reprend.

- Bon.

- Vous parlez pas de ce courrier.

- Vous plaisantez ?

- IIs vont m'écouter et mettre mon dossier

Ă  la poubelle. Le deal n'a aucun sens.

- Quel deal ?

- Les charges plus tard.

- C'est pas un deal, c'est une faveur que je vous accorde.

- En échange d'un règlement rapide des charges.

- Je suis obligé de rendre compte du courrier.

- Non, gardez cette lettre pour vous.

Le temps que je règle ça. Sinon, y a plus de deal.

- Vous croyez qu'en répétant "deal”, je vais croire qu'on en a un ?

Bon. D'accord.

On est en retard, vous avez 20 minutes.

- Merci.

- Pas de quoi.

Musique calme

- T'as vu les plombiers ? * Yen a pour la nuit.

*- Et Michel! Kupka ?

- Il s'est barré.

*- Putain.

- Je lui ai laissé deux messages.

- Le rêve de Kupka, avoir sur son répondeur ta voix défaite.

- Tu me le trouves demain et tu lui martèles le plan.

Si on le gagne, y a plus de Chaumette.

Tu lui dis et tu lui répètes.

* D'accord. - Attends.

M. Hadjemi. - Madame la maire.

- Vous avez été inondé ?

- Oui. Juste le plafond de la cuisine.

*- Comment va votre épouse ? * Ça va.

*- Saluez-la de ma part.

Bon courage. - Merci. Au revoir.

Le laisse pas partir sur ses théories.

Il va te refaire l'histoire du capitalisme.

*- D'accord, OK.

- Tu fais quoi ?

- Je prends un bain.

* Ah.

*Brosse-toi bien les dents après.

Bonne nuit.

*- Bonne nuit, Clémence.

Ça va, Michel ?

On peut se parler, non ?

T'ignores Clémence, mais dis-moi bonjour.

- Bonjour.

- Comment tu peux planter ce pour quoi tu te bats depuis 20 ans ?

- Des plans, ça fait 20 ans que j'en vois passer.

L'État trouvera toujours une raison pour ne rien faire.

LĂ , au moins, on garde nos sous dans nos poches.

- Tu sais pourquoi on en est lĂ  ?

Dans ce pays, beaucoup de gens pensent que l'insalubrité,

c'est d'abord un problème d'écran plat.

Ben ouais.

Les gens préfèrent s'acheter d'immenses écrans plats,

des consoles plutĂ´t que payer leurs charges.

Peu de gens comprennent qu'un bel écran,

c'est une manière de garder les enfants à la maison.

- Tu nous comprends, merci.

Ça me réchauffe le cœur.

- Chaumette, c'est pas juste un enfoiré, il a la loi avec lui.

Il va vous mettre une meute d'huissiers au cul.

- Ça suffira pas.

- Pardon ?

- Quand il s'agira de nous expulser, il faudra des flics.

Les gens avec moi ont payé un appart qui vaut plus rien.

Certains pensent mĂŞme que leur vie non plus vaut plus rien.

C'est pas un huissier qui les empĂŞchera de se battre.

On devait changer deux ampoules.

Chaumette facture 18 euros l'ampoule.

C'est pas une erreur. La compta de Chaumette, c'est au cordeau.

Les marchands de sommeil payant pas, d'autres compensent.

C'est du libéralisme. - On fait quoi, maintenant ?

- J'ai tort ou pas ?

- L'État vous demande de faire un effort pour l'aide,

vous voulez l'aide pour faire un effort.

Ă€ ce jeu, vous ĂŞtes perdants.

- Si on joue pas, on peut pas perdre.

Tu vis plus ici, t'es Ă  la mairie.

Tu peux pas comprendre. - Michel !

Depuis quand je suis pas venu aux Bernardins ?

- Je sais pas. - Moi non plus.

J'ai vécu ici 15 ans, ils pourraient bien tout raser,

j'en aurais rien Ă  foutre.

Après les élections, je veux travailler à Paris et manger des courgettes bio.

T'as de la chance que Clémence soit maire.

Ça fait 12 ans que je la vois se bagarrer pour les Bernardins

comme si notre avenir en dépendait.

Elle pourrait être réélue,

mais elle tient sa promesse de faire que 2 mandats.

J'appelle ça le sens de l'honneur.

Fais-lui confiance.

- Bonjour, les enfants.

- Merci.

- Bonjour, Clémence.

- Bonjour, Jérôme. - Bonjour.

- Bonjour, monsieur. Vous allez bien ?

- Très bien, merci.

C'est assez discret ?

Vous voulez vérifier qu'il y a pas de micros ?

- C'est parfait.

Hier soir, j'étais à Matignon.

Une réunion informelle entre personnes de confiance.

Le PM est tendu. Je l'ai jamais vu comme ça.

Pourtant, je le connais bien.

Il joue sa tĂŞte sur les municipales, il veut muscler son jeu.

Il va faire un remaniement. Juste avant les élections.

Je lui ai parlé de vous.

- Ah bon ? - Oui.

Vous avez le profil dont ce gouvernement a besoin.

- Une chieuse ?

- Non. Non, ils cherchent des gens

qui savent parler aux gens.

Des hommes et des femmes de terrain, vivant dans le réel.

Ministère de la ville, du logement, de l'aménagement du territoire.

Peut-ĂŞtre les trois, je sais pas. On va voir.

C'est pas des bruits de couloir.

Quelqu'un va vous contacter pour caler un rendez-vous.

- Avec ?

- Le Premier ministre.

- Je sais pas si j'ai envie de ça.

- Ça quoi ?

- Ce monde, votre monde.

- Vous avez peur de quoi exactement ?

D'assumer un peu d'ambition ?

De perdre votre différence et de devenir une toxico de la politique ?

Vous avez prévu de faire quoi après ?

- J'ai pas eu le temps d'y penser, mais ça m'inquiète pas.

J'ai pas peur du vide.

Je rĂŞve de prendre un aller simple.

Pour aller n'importe oĂą.

Prendre la vague.

J'ai eu une vie avant la politique, j'en aurai une après.

- Bon, Clémence.

La conversation qu'on a lĂ , vous l'aurez pas deux fois.

Après la mairie, on vous oubliera, pas besoin d'aller en Patagonie pour ça.

- Je sais.

- Ministre.

C'est mettre une encoche dans l'histoire de France.

MĂŞme une toute petite.

Le truc que vos petits-enfants raconteront aux fĂŞtes de famille.

- J'ai jamais rêvé de ça.

Ou alors j'étais très jeune.

- Ouais, ça va ?

*- Oui, et toi ? T'es encore Ă  la maison ?

- Je vais pas tarder à décoller.

*- Tu m'appelles dès que t'arrives. - Oui.

On me propose d'ĂŞtre ministre.

- Ministre de quoi ?

*- Je sais pas. La ville, peut-ĂŞtre.

- C'est énorme.

* Ça arrive au bon moment, en plus.

- Pourquoi ?

* T'avais rien prévu après la mairie,

il y a que toi pour croire que ça va être facile d'arrêter.

* Thésites ?

- C'est pas simple comme décision.

*- Pourquoi ?

- Je vais me faire broyer.

- Yazid, il dit quoi ? *- Je lui en ai pas parlé.

*- Tu le prendrais pas avec toi ?

- Si, bien sûr, il serait fou de joie.

Mais je lui en parle pas tant que c'est pas sûr.

- Toi, t'en as envie ou pas ?

- Oui, évidemment.

* Tu m'appelles dès que t'arrives.

- Ouais.

- Pourquoi pas ? - Naidra ?

- Qui.

Ah, on va pouvoir commander.

Ça va ?

- T'as eu Kupka ?

- Il va jamais me rappeler.

Je vais récupérer les charges moi-même.

- Comment ça ?

- Je vais aux Bernardins pour récupérer les chèques.

- Faire du porte Ă  porte ?

- C'est infaisable. - Je sais pas.

On n'a pas essayé. Tu proposes quoi ?

- On avait parlé de faire une réunion avec les gens des Bernardins.

C'est le moment.

- Une réunion, oui. On va leur parler du plan,

mais si on annonce rien de nouveau…

- Ils veulent la tĂŞte de Chaumette, il faut leur donner.

On annonce qu'on lance une procédure contre lui.

- Sauf qu'on fera pas ça contre Chaumette.

- On a demandé conseil

sur la procédure pour changer d'administrateur.

Action en justice déconseillée.

- On annonce qu'on attaque Chaumette

pour mauvaise gestion de la copro,

charges abusives et atteinte à la santé publique.

Tu promets pas de gagner, juste de te battre.

- À Échirolles, ils ont tenté. Ça a fini au conseil d'État

et les copros se sont mangé une taule.

- On n'est pas obligés de leur dire.

- Je suis honnĂŞte, mais je mens.

- Pas du tout. On lance la procédure.

- Qui est perdue d'avance.

- Une promesse non-tenue, c'est pas un mensonge.

- Si on sait qu'elle peut pas ĂŞtre tenue, si.

- On sait qu'elle pourra pas ĂŞtre tenue ?

- Oui, sinon on aurait lancé la procédure depuis longtemps.

- Rien ne dit que c'est ingagnable.

- En gros, si.

- Ça veut pas dire qu'il y a pas une chance.

- Ça serait déraisonnable. - Mais elle existe.

- Pas pour moi. - Mais en soi, elle existe.

Bref…

C'est pas une fausse promesse, ni un vrai mensonge.

- Ça dit quoi ? - Quatre bacalhau.

- Quatre. - S'il vous plaît.

Madame la maire, une salade ? Du vin ?

Vinho verde ? - Oui.

- Deux ?

- Le mensonge, ça marche rarement.

- D'abord, tu vas les écouter, longtemps.

Tu vas les laisser hurler leur colère contre Chaumette.

- Qui ici comprend les chiffres de Chaumette ? Personne !

- 153,60 euros pour un parking inondé.

- Les fuites d'eau dans le bâtiment G.

- 70 euros pour une cave squattée.

- Etles ascenseurs !

- 50,23 euros pour un ascenseur qui est en panne depuis 10 ans.

- Vous entendez ?

- Ça va pas leur faire payer leurs charges.

- Si, justement.

Ils doivent payer leurs charges pour attaquer Chaumette.

- On va pas en justice quand on est en faute.

- Naidra, si tu es élue après moi, ce qui arrivera,

tu devras gérer les conséquences.

- Je te suivrais les yeux fermés, mais c'est la seule solution.

- Jamais ils te croiront.

- Si t'y vivais, t'y croirais.

Ils sont Ă  2 g de Lexomil par nuit parce que

Kupka les a lancés dans une bataille perdue d'avance.

Et voilĂ  qu'une figure rassurante s'engage avec eux.

Ils font les fiers, mais ils attendent qu'on les aide.

Exactement ce que tu vas faire.

- Ce vote purement indicatif, ce vote

à main levée, informel, c'est pour savoir

oĂą vous en ĂŞtes et comment nous pouvons joindre nos forces.

Alors…

que ceux qui sont favorables à cette procédure

destinée à obtenir le changement d'administrateur judiciaire,

lèvent la main.

- Excusez-moi.

On va faire un vote à main levée ?

- Bonjour, monsieur.

- Bonjour. Enfin, c'est n'importe quoi.

C'est légal ?

- Ce vote n'a aucune valeur juridique, c'est Ă  titre indicatif.

- C'est de l'intimidation. On est chez vous, dans votre mairie.

En plus, c'est vous qui comptez les votes.

On va écouter des salades d'avocats… C'est ça, la démocratie ?

- Ce que vous faites

est vieux comme la politique.

Vous venez ici pour foutre le bordel,

empĂŞcher les gens de s'exprimer,

et vous n'avez rien Ă  faire ici.

- Je représente des propriétaires.

- Non, vous ĂŞtes un marchand de sommeil, M. Esposito.

Vous payez pas vos charges.

Votre intérêt est l'inverse des gens ici.

Plus la cité se dégrade

et moins cher vous rachetez les appartements.

- Bravo. - Madame la maire.

C'est qui, ces avocats ? - C'est le cabinet Loiseau,

avec qui nous collaborons souvent. Excellente réputation.

- Ça aurait été bien qu'ils soient là.

IIs ont recommandé d'attaquer Chaumette ?

- Oui.

- Ça fait plus d'honoraires pour eux.

Ils vous ont donné une probabilité de succès ?

Sans ça, on décide comment ? - Vous savez,

les avocats se risquent pas Ă  ce genre d'engagements.

Mais je les ai appelés.

J'ai insisté, j'ai obtenu un chiffre.

80 %.

80 % de chance de réussite.

Je ne viens pas vous dire qu'on doit se battre, mais qu'on va gagner.

Voilà, je crois que nous avons une majorité largement favorable.

Je vous remercie d'ĂŞtre venus.

Nous allons avancer ensemble.

Merci beaucoup.

Et bonne nuit.

- On était tout le temps à la plage. La résidence était près.

C'est pour ça que ça s'appelle "Les pieds dans la mer”.

- "Les pieds dans l'eau”. - Oui.

C'est un bon programme, Oléron.

C'est bien ce que fait la maire pour les jeunes des Bernardins.

Donc ben…

je voulais savoir pour cet été.

- Pour cet été ?

- Oui. Si c'était possible. Si je pouvais y retourner.

J'ai fait ma demande, j'ai pas eu de réponse alors que d'autres, oui.

- Il y a un problème.

- Ah bon ? - Qui.

Y a cet été et puis, il y a l'été d'avant.

L'avenir se construit à partir du passé,

c'est comme un champ qu'on cultive.

Il y a le temps de la récolte, mais avant, il y a de la patience, du soin.

Vous comprenez ?

- Qui.

- Et au niveau du soin, l'an dernier, on a eu un problème.

L'appartement a été vandalisé. La mairie a dû payer

6000 euros de réparation.

- J'étais pas là, c'est les petits.

- Ah bon ?

Vous étiez parti avant la fin du séjour ?

- Ma tante était à l'hosto.

Enfin, Ă  l'hĂ´pital. - D'accord.

Pourtant, la mairie a payé tous les billets de train.

- J'ai fait du stop, monsieur.

- Depuis Oléron ? - Oui.

- Sans prévenir personne ?

- Ma mère était en stress, je suis parti directement.

- Donc vous,

vous n'avez pas participé aux dégradations ?

- Je vous promets, monsieur.

- OK.

- Du coup, je peux m'inscrire ?

- Non.

- Pourquoi ?

- À cause des étrons.

- C'est quoi, des étrons ?

- Un étron, c'est une merde. Des étrons, c'est plusieurs merdes.

Et y avait plusieurs étrons dans la baignoire,

au milieu du bordel.

- J'étais parti !

- Vous vous souvenez pas.

Y a des photos dans le dossier d'assurance.

Vous voulez les revoir ? Regardez.

Prenez-le. - Ferme ta gueule !

Ferme ta gueule, petite salope !

T'as trop pris la confiance, toi !

- Madame Collombet.

Très heureux de vous rencontrer.

Guillaume Mars, chef de cabinet.

J'étais au Congrès des maires de France lors de votre intervention.

J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi applaudi.

Il y a eu une tempĂŞte de neige au Karakoram au nord du Pakistan.

Le Premier ministre aura deux heures de retard.

L'agenda de sa journée est explosé.

Désolé, je viens d'avoir l'info.

On va vite recaler un rendez-vous.

Je vous offre un café ?

- Volontiers.

Le plus souvent, on a un chef d'établissement,

le responsable du CMPP,

parfois un cadre de l'office HLM.

Les réunions sont longues, mais nous parlons de chaque famille.

C'est la seule manière de bien faire ce travail.

Je pense que c'est un bon dispositif, qui mérite d'être pérennisé.

- Alors si ça va au bout, ce que je vous souhaite évidemment,

il va falloir désapprendre ce que vous savez.

Pas sur les dossiers,

personne ne doute de votre expertise.

Je parle de votre rapport à l'autorité.

Aujourd'hui, vous travaillez pour vos électeurs, vos administrés,

vous leur devez tout.

Demain, vous ne rendrez des comptes qu'Ă  une personne, le Premier ministre.

Vous aurez plus de pouvoir,

mais… - Moins de liberté.

- On cherche des personnalités.

Des gens avec un vrai parcours. Pas des pirates de la politique.

- Je comprends.

Le Premier ministre a fixé son cap, il a juste besoin de rameurs.

- Madame Cuaron, on vous a convoquée

car neuf constats d'insalubrité,

onze constats de suroccupation ont été faits

en un an sur des appartements de la SCI Cuaron dont vous êtes gérante.

Nous vous avons adressé des mises en demeure

restées sans réponses.

La SCI Cuaron, c'est bien vous ?

- Oui.

- Avec ses problèmes de santé,

Mme Cuaron était moins attentive à son courrier.

Elle est venue pour pouvoir s'exprimer. Allez-y, Mme Cuaron.

- Vous savez, quand j'ai quitté l'Espagne,

en juin 1949,

avec mes parents et mes trois petits frères,

on avait rien.

On a trouvé à se loger

dans un cabanon au fond d'un jardin pendant un an.

C'était

Ă  un artisan de Toulouse.

M. Pithivier, il s'appelait.

C'était un homme très gentil.

- Si je peux me permettre…

Mme Cuaron sent en elle comme un devoir

d'aider les migrants.

- Quel humanisme…

- Madame,

je sais pas combien il vous paie

pour faire le prĂŞte-nom, mais devant le juge,

vous serez toute seule. - Mais…

moi, j'ai voulu rendre service à un réfugié.

Pour lui venir en aide. Vous connaissez ces gens,

ils s'arrangent entre eux. Ça défile, ça défile.

Je contrôle plus rien. C'est… - Un squat.

- Oui, c'est ça.

C'était un squat, quoi.

- Ça, c'est le top.

L'an dernier, on a fait la sécu sur un concert aux Tournelles.

C'est grand, lĂ -bas. - Oui.

- Avec ça,

en champ libre, tu portes Ă  10 km.

C'est les normes militaires.

- Super.

- Ettoi sinon ?

Quoi de neuf Ă  Gotham City ?

Ă€ part porter des belles pompes, tu fais quoi ?

- Tu connais Frédéric Esposito ?

- Tout le monde le connaît.

Le roi des shlags.

- Le roi des shlags ?

Il a 30 apparts aux Bernardins.

- Lui ? Non.

Il est pas proprio. Il doit tapiner pour quelqu'un.

- Qui ça ?

- À part le gros… - Belkacem ?

Il était pas parti à Dubaï ?

- Ça n'empêche pas.

Les clapiers, ça crache l'oseille.

Et tu tiens mieux les immeubles.

Un petit café ?

- Non, merci, je suis speed. T'as mon truc ?

- Hein ? - Mon stylo.

- Ah.

Ton beau stylo.

Viens.

- Non, pas lui.

- Yaz, t'inquiète.

T'as rien Ă  dire ?

- Désolé, Kamel.

- Tu m'as rien volé à moi.

- Laisse tomber. - Non.

On t'écoute.

- J'ai pas Ă  m'excuser.

- Wayne…

- J'ai pas chié dans ta baignoire, putain.

Je suis parti garder mes petites sœurs.

Comment il m'a parlé dans son bureau… Et là, il fait sa pleureuse.

- Je t'ai dit quoi ? - Je te mens pas.

Je te respecte Ă  2000 %.

Mais lui, c'est une merde…

- Oh! Il t'arrive quoi ?

- Ça va. - Me touche pas.

- C'est un mineur !

- Je gère. - Je suis le dircab !

Tu le soignes, tu te démerdes.

- Ça va ? - Ça va et toi ?

- J'ai pas faim.

- Faut que tu manges.

Je te l'épluche.

- Allez.

Ton texto sur Belkacem, t'y crois ?

- Ouais.

Tu te souviens des Ukrainiens qui vendaient sur la tour B ?

Ils logeaient dans un clapier d'Esposito.

Je m'étais dit que c'était un moyen qu'ils paient leur loyer.

Mais bon, qu'est-ce que ça change ?

- Ça change tout.

C'est dur de motiver le procureur

pour vérifier les mensonges d'une dame, mais Belkacem, il en rêve.

Il va mettre les moyens.

Je vais lui vendre ça à la AI Capone.

Excuse-moi.

Bonjour, Jérôme.

- Bonjour, Clémence.

Ça se complique.

- Ah.

* Y aura pas d'autres rendez-vous. Ça s'arrête là.

*Je suis désolé, c'est comme ça.

*Je sais que c'est brutal.

- Je comprends.

- Donc Ă  la AIl Capone ?

Je vois le truc.

Faire tomber Belkacem pour les clapiers au lieu de la came.

Comme AI Capone qui s'était fait avoir pour fraude fiscale.

- Bonjour.

- BONJOUR.

- Bonjour, Clémence.

- Commencez sans moi.

* Oui. - C'est con, on peut pas en rester lĂ .

J'avais des idées, des propositions. Je voudrais les défendre.

*- Je suis désolé, Clémence. Je me suis trop avancé.

“J'aurais pas dû.

- Juste 20 mn avec le Premier ministre.

- Non. Quand ça bloque, ça bloque.

- Ça bloque où ?

*- Guillaume Mars.

C'est un sociopathe, je sais pas ce qu'il a.

Apparemment, vous l'avez croisé.

* Ça s'est passé comment ? - Bien, il me reproche quoi ?

*- Vous vous êtes dit quoi ? - Rien de spécial.

- Vous avez parlé des Bernardins ?

- Bien sûr que non.

Pourquoi ? *- Non, rien.

Il était hostile.

- J'ai joué le jeu, il m'a testée,

j'ai courbé l'échine, plus bas que terre.

- Je vois.

- Vous avez parlé avec le Premier ministre ?

- J'ai déjeuné avec lui et quelques autres.

- Etalors ?

*- Votre nom est sorti, Guillaume vous a flinguée.

- Il m'a flinguée ? Il a dit quoi ?

*- Peu importe.

- Ben non !

Le Premier ministre voulait me voir et plus maintenant. Je veux comprendre !

- Y a rien Ă  comprendre.

* IL a dit quoi, Guillaume ?

- Il Ă  dit :

* "C'est pas avec elle qu'on va faire rĂŞver les gens."

*Mais bon, je pense qu'il a juste voulu vous flinguer

“et qu'il a quelqu'un d'autre à placer.

*Clémence ?

* Ça va, maman ?

*“Je t'ai appelée 10 fois.

- Tu vas pas t'inquiéter dès que je réponds pas.

* Tu te souviens que tu devais venir hier soir ?

- Oui, je sais. J'ai été prise, excuse-moi.

* T'as eu des nouvelles ?

*Pour le ministère ?

- Ça va pas se faire, mais ça me soulage.

C'est mieux comme ça. *- Ah bon ?

- T'inquiète.

*- Y aura d'autres opportunités.

- Oui, on verra.

Et toi, comment ça se passe ?

Musique sombre

- -

- Clémence ?

Ça va ?

- Ça va, oui. Et toi ?

- Je suis en stress pour samedi.

Mon lancement de campagne.

J'ai écrit une première version de mon discours, en suivant tes conseils.

- Faut pas toujours m'écouter, tu sais.

- Tu pourras y jeter un œil ?

- T'es contente de toi ?

- Ben oui, un peu…

- Alors tout va bien, Naidra.

Musique hip-hop électronique

- -

- Clémence ?

Musique calme intrigante

- -

Bonjour.

Clémence n'est pas encore arrivée ? - Non.

- Tu sais oĂą elle est ?

- Non. Peut-ĂŞtre qu'elle travaille de chez elle.

- Faudrait que la réponse parte cette semaine.

- Merci.

- Ah. Bonjour.

Viens.

Ça va ?

- Ça va et toi ? - Ça va.

Al Capone est innocent.

Belkacem, ça colle pas.

- T'as eu le procureur ?

- Oui, je l'ai eu.

Belkacem avait 11 ans quand la SCI a été créée.

- Désolé. - De quoi ?

- C'était des bruits de chefs de cité.

J'aurais pas dĂ» t'en parler.

- Quand le plan sera validé, je pourrai lancer les expropriations.

Et on dégagera Esposito et les autres.

- La taule aurait été mieux.

- Je vais continuer Ă  harceler le procureur.

Le temps joue pour nous.

Ferme la porte, s'il te plaît.

- "Le temps joue pour nous" ?

- Je vais me représenter.

- C'est ça qui te prenait la tête ?

- Ça n'a pas été une décision facile à prendre.

- C'est pas trop tard ?

- Non.

- Les gens du parti en ont dit quoi ?

- Je l'annonce à Messac vendredi soir, il vient dîner.

J'aimerais que tu viennes.

- Mais il va péter un câble.

- Ça va un peu grincer.

Faut que je me surpasse en cuisine.

- Mais pourquoi ?

- Tu vois bien tout ce qu'il reste Ă  faire dans cette ville.

Comment j'ai pu imaginer m'arrĂŞter lĂ  ?

T'inquiète pas.

Je te garde pas en otage. T'as une belle carrière devant toi.

Tu sais tout faire dans cette mairie,

mais assumer la direction d'une campagne, tu l'as jamais fait.

Et dans les états-majors parisiens, ça vaut cher.

- Et Naidra ?

- Je vais lui parler.

T'inquiète pas, on va bien faire les choses.

C'est une fille remarquable.

- C'est trash.

- Elle est très jeune, Naidra.

- T'as peur d'ĂŞtre seule ?

- Hein ?

- Ton fils qui s'en va…

- Pas de psychologie, s'il te plaît.

Je veux une très belle élection.

- Alors, pour le E305, on a Babayaro, 370.

Siaka, 310.

N'Gozi, 330.

Garang, 190. Etles Libériens,

420.

- Et le E315 ?

- On a du taf encore.

Y a la porte Ă  remplacer et les travaux de la salle de bain.

- Faudra le remplir.

Vite.

Vous avez payé Mme Cuaron ? - Qui.

J'ai écouté le speech de la mairesse.

- Hystérique.

Complètement folle.

- Elle ou une autre…

Mais leur plan, c'est pas bon.

Avec sa stratégie de flinguer l'administrateur…

Ça tient la route ?

- Il dit quoi, votre avocat ?

- Il sait pas trop. C'est pointu comme sujet.

Et Chaumette ?

L vous connaît ?

- Je sais qui c'est.

Mais on s'est jamais parlé.

- Bizarrement, après la Porte de Bagnolet, ça roule.

On prend de la vitesse.

On se détend, on met France Musique, et là,

Mozart nous révèle la splendeur de cette six-voies pompidolienne.

Mais soudain,

on s'approche d'une bretelle d'autoroute et je m'inquiète.

Je regarde l'appli pour savoir quelle sortie

nous conduira Ă  la terre promise

et à ce moment-là, mon téléphone bascule sur un appel téléphonique.

C'est le président.

Ça fait deux jours que j'attends son appel,

il doit me valider des investitures.

Et d'un autre côté, je peux pas rater la sortie.

Je regarde Catherine…

- J'essaie de lancer l'itinéraire sur mon téléphone.

- J'ai un 40 tonnes au cul qui me klaxonne.

Pas le choix, je prends une décision. Je m'engouffre dans la sortie 7a.

- AĂŻe. Grave erreur.

- Je te le fais pas dire.

J'ai pas le temps de dire un mot,

le président me dit : "Je te rappelle plus tard."

Ça raccroche.

- L'horreur.

- On a mis 50 minutes pour faire les 4 derniers kilomètres.

- Ça apprend la patience.

- Toi, la patience ?

- Une patience infinie.

- Et déterminée.

- Ça existe ça ?

- C'est l'arme des pauvres.

- Et des banlieusards.

- Tu vas rester là après ?

- T'as pas envie d'autre chose ?

- Je vais me représenter.

- T'es pas sérieuse ?

- Je peux pas arrĂŞter.

Pas maintenant.

On en a beaucoup parlé, avec Yazid.

Ça serait une folie d'arrêter.

- C'est quoi, ces conneries ?

(- Pierre…) - Désolé, ma chérie.

Clémence, la campagne démarre demain.

Naidra a été choisie par le parti et par toi.

Ă€ moins qu'elle renonce, tu rĂŞves.

- J'ai pas besoin de Naidra ni du parti pour gagner.

Naidra est pas au niveau.

- C'est faux et tu le sais très bien.

Naidra coche toutes les cases.

Je te croyais différente des autres, t'es prête à tout pour le pouvoir.

- Cette ville, je lui ai donné ma vie pendant 12 ans. Respecte ça.

- Je respecte les gens qui tiennent leur parole.

Yaunan, je t'ai demandé si tu voulais continuer.

Maintenant, c'est trop tard.

- Je lancerai ma campagne le 22.

- Bien. On s'en va.

- Non.

- Bravo pour le traquenard.

La dernière fois qu'on est venus ici ?

Hein ?

Combien de mois que vous aviez pas parlé ?

Combien de fois tu l'as pas rappelée ?

Ben oui.

Tu te comportes comme ça.

Comme une princesse.

- Il Ă  raison, Pierre.

On donne du temps aux gens qu'on aime. Moi, je suis dans mon tunnel.

Je suis désolée, Catherine.

- T'inquiète.

- Bonsoir, M. Chaumette. Frédéric Leroux.

J'ai pas pris rendez-vous. - J'ai pas le temps.

- Je suis représentant d'une association de contribuables.

IIs veulent savoir oĂą va l'argent public.

- Ça s'appelle comment ?

- Vigilance 93.

- C'est politique ? - Non.

Une initiative citoyenne.

Notamment concernant le dossier des Bernardins.

Vous avez serré les boulons et ça dérange pas mal.

La mairie et la copro veulent vous attaquer en justice.

- Pure démagogie de Madame la mairesse.

- Incroyable.

Et donc ? Rassurez-moi, vous comptez vous défendre ?

- Je suis pas inquiet.

- Elle a dit ça : "Moi, je ne bouge pas” ?

- Un truc du genre,

"T'as qu'à appeler les flics, je bouge pas.”

- J'ai jamais dit ça. - Si.

- D'abord, je dis pas "flics". - Non, c'est vrai.

"Faites appel aux forces républicaines en charge du maintien de l'ordre."

- Je pouvais pas faire moins, avec Yazid.

- Pourquoi ?

- Pour Yazid, c'est pas que du béton.

C'est toute son enfance.

- T'as grandi en cité ? - Oui.

J'étais pas malheureux.

- On fait de la politique avec ce qu'on est.

- Et du coup, la politique,

ça s'est fait comment ?

- Obama.

Le soir de sa première élection, Yazid avait voulu qu'on diffuse CNN

Ă  la mairie.

Il faisait la traduction,

en direct. - Tu parles bien anglais ?

- En tout cas, il parle le Barack Obama couramment.

Tu nous fais un bout de discours ?

- Ça va.

- Le dîner des correspondants avec Trump.

- Tout le monde l'a vu.

- Non, pas moi.

- J'ai l'air de quoi ?

Je suis issu des minorités, alors je devrais idolâtrer Obama ?

- Bon, bon…

- Alors pas un discours, une histoire.

- Ah.

- Alice Palmer.

- Je connais pas.

- Obama avant Obama. Sa première campagne.

Chicago, 1996.

Barack est prof de droit constitutionnel

et il milite dans les quartiers défavorisés

avec leur copro dégradée.

Son objectif, c'est d'être élu à l'Assemblée de l'Illinois,

où siège une certaine Alice Palmer.

Qui est Alice Palmer ?

Elle est noire, elle a été une grande figure des droits civiques

dans sa jeunesse et elle fait partie de la branche progressiste démocrate.

Elle donne sa bénédiction à Obama pour lui succéder.

Pourquoi ce cadeau ?

Elle a une autre ambition : nationale.

Elle vise un siège au Congrès.

Elle lui présente du monde,

elle l'aide Ă  trouver des soutiens financiers.

Sauf que… Tintintin !

Se dresse face Ă  elle

un nouvel adversaire dans la course au Congrès,

le fils du révérend Jesse Jackson, un des compagnons de Martin Luther King.

Du lourd.

Et qu'est-ce qui se passe ?

Pierre.

Catherine.

- Le fils Jackson bat Alice Palmer,

elle veut récupérer son siège.

- Exactement.

Le parti fait pression sur Obama pour qu'il renonce.

- Mais Obama refuse.

- Ça fait six mois qu'il se démène, 24 heures sur 24.

Et derrière son physique de jeune premier, c'est un tueur.

- C'est l'affrontement.

- Un massacre.

Tout se joue dans les dernières 24h, au moment du dépôt des parrainages.

Alice Palmer ayant démarré sa campagne en retard, elle triche.

Barack sent l'embrouille, il demande à son équipe

d'éplucher chaque candidature, chaque parrainage.

Et sur 2000, la moitié n'est pas conforme.

Du coup, il pose une réclamation.

Et la candidature d'Alice Palmer est invalidée par le Comité électoral.

Rideau.

- Elle est devenue quoi, Alice Palmer ?

- Quelques lignes dans la biographie d'un des plus grands hommes politiques.

- Tu me l'avais jamais racontée, celle-là.

J'aime beaucoup.

- Bonsoir, M. Kupka. - Qu'est-ce que vous faites lĂ  ?

- Je m'inquiétais. Je voulais savoir si ça va.

- Si ça va quoi ?

- Votre sapin dans le cul.

Ça doit faire mal avec les épines.

Musique douce intrigante

- -

*- La maire a fait un beau discours devant les gens des Bernardins.

* Il paraît.

*- Elle vous a pas épargné, ça a duré des heures.

*- Tous ces politiques…

*Leur niveau de cynisme, j'arrive pas Ă  m'habituer.

*- M. Chaumette, je comprends plus.

*Le discours du maire, son baratin…

*c'est du pipeau ?

*- Ben oui. La mairesse sait que leur histoire de me virer, c'est du flan.

*Le match a été joué il y a longtemps à Échirolles.

*Et pas de bol, j'ai vu le match.

“J'ai lu la jurisprudence.

*À l'époque, ça m'avait intéressé…

Musique inquiétante

- -

- C'est très bien. Tu peux publier.

AllĂ´ ? * Yaz ?

Aide-moi. La mairie me l'a fait Ă  l'envers.

Mon dossier est nickel.

* On a cassé les prix.

- Tu me parles de quoi ?

*- De la sécu du championnat de volley.

*J'ai tout présenté et je me suis fait sortir au premier tour.

- Je peux te rappeler ? J'ai pas le temps.

- Arrête ça, à d'autres.

C'est important pour ma boîte.

- Je m'occupe pas de ça, moi.

- Quel fils de pute faut payer pour décrocher un marché ?

* Hein ?

*Yazid, rends service au moins une fois.

- C'est quoi le principe des commissions d'appel d'offres ?

- Je sais pas. Choisir la meilleure offre.

- Et empêcher les pressions, donc éviter que tu me casses les couilles.

Ça va ?

- Le plan de sauvetage est planté.

- Quoi ?

Pourquoi ?

- Les charges.

- Ils ont pas payé ?

- Pas suffisamment.

Kupka a dû décoder l'embrouille.

Il répond pas à nos appels.

C'est mort.

On n'aura pas la sub.

- Il reste quelques jours. - Non.

Le président fait les derniers arbitrages demain matin,

et demain soir, les annonces.

- Il a dit quoi, Narvaux ?

- C'est son cabinet qui m'a appelée.

- Ils disent que c'est mort ?

- Tant que c'est pas officiel, ils le disent pas comme ça.

- Tu vas l'appeler.

- Qui ? - Narvaux.

- Non.

- Faut vous parler.

- Mais ça sert à rien.

- T'en sais rien.

- Si, je sais.

- Tant que c'est pas officiel…

- On va gagner l'élection, repartir au combat. On aura cette subvention.

Tu voulais me dire autre chose ? - Putain, Clémence.

Retourne-lui le cerveau.

- Je sais comment il fonctionne. L'autre jour, y avait un coup Ă  jouer.

- Tu veux mĂŞme pas tenter ?

- Ça sert à rien !

C'est un lâche, ce type.

- Bercy lui chie dans les bottes, on a qu'Ă  chier plus fort !

- C'est fini.

- On parle de 63 millions d'euros.

Tu laisses passer 63 millions sans rien faire ?

J'ai pas été élevé comme ça, et toi non plus.

- ArrĂŞte ! - J'essaie de comprendre.

- Non, t'essaies juste de me faire la leçon.

Tu vas encore me raconter une de tes belles histoires ?

Surtout pas rater une occasion de montrer comme t'es intelligent.

La politique, c'est aussi utiliser ses jambes.

- Ah bon ? - Oui, ah bon.

Tu veux pas aller Ă  la fĂŞte des Serbes Ă  ma place ?

J'ai pas le temps, j'ai du travail.

Y a des voix Ă  prendre lĂ -bas.

- Bonsoir.

Yazid Jabbi, de la mairie.

- Enchanté.

- De mĂŞme.

Bonjour.

Yazid Jabbi, de la mairie.

- Une boisson ?

- Avec plaisir.

Bonjour. Comme monsieur.

C'est pas ça ?

-"Mater" ? Oh lĂ  !

Ça veut dire "mère". Nique ta mère ? C'est ça ?

Ça commence à niquer beaucoup de choses…

Ça veut dire ?

- Tes origines, ton sang et ta famille.

- Tout l'arbre généalogique ! Comme ça, c'est complet.

C'est exhaustif.

- Une grosse patate ? Yazid ?

- Oui, un bon coup de poing. Ça pissait le sang.

- Vous avez porté plainte ?

- J'ai ramené le gamin à l'hôpital pour qu'on le recouse.

FĂŞlure de l'os zygomatique. Montre.

- Vous avez été au commissariat ?

- J'y ai pensé.

Mes gars l'ont vu, ils pourraient témoigner.

Mais j'aime bien Yazid. On se connaît depuis gosses.

Et contrairement à d'autres, je veux que vous soyez réélue.

- Je vous suis pas.

Pourquoi vous ĂŞtes lĂ  ?

- Pour vous parler franchement.

Votre directeur de cabinet qui agresse un mineur. Ouah.

Vous imaginez le bordel ?

Avec les réseaux sociaux, tout va très vite.

Ça serait bête que l'élection se complique pour ça.

Musique traditionnelle serbe

- -

- L'ouverture d'une école de la 2e chance,

on disait que c'était impossible.

La réhabilitation de la friche 44, on disait pareil.

Le désendettement de la ville sans un euro d'augmentation, même chose.

Pour nous, l'impossible est un appel au défi, à la volonté et à la débrouille.

Nous savons pourquoi nous aimons cette ville,

pourquoi nous nous battons et pourquoi nous ne lâcherons rien,

jusqu'Ă  la victoire !

Merci.

Merci.

- T'étais où ?

Ton ami Kamel

est venu voir Clémence avec un gamin que t'aurais cogné.

Il a fait tout un chantage.

- Je l'ai pas frappé.

- Ouais. La vérité n'est plus le problème.

- Je suis désolé, Clémence.

Je l'ai pas frappé.

- Je sais bien.

Les dégradations à Oléron, c'était Wayne ?

- Je crois pas.

La solution est simple.

Tu me vires et tu portes plainte pour tentative d'extorsion.

Reste transparente pour ta campagne.

- J'aurais pu faire ça, mais c'est pas la décision que j'ai prise.

- C'est-Ă -dire ? - C'est-Ă -dire,

Kamel aura un bout de la sécu du volley

et personne ne portera plainte.

- Merci.

- C'est un tout petit merci, ça.

- Je lâche l'affaire.

Je ferai pas la campagne.

Tu verras, ce sera plus simple sans moi.

- M. Yaz !

Je suis à la bourre à cause des gosses. J'ai raté le discours ?

- Je trace. - Attends, oh !

J'ai le nom du seigneur des clapiers.

- Qui ça ?

- Dark Vador. Tu m'avais demandé le boss d'Esposito.

J'ai dû être gentil avec une ex très conne.

Jean-Marc Forgeat. Son adresse.

De rien.

C'est normal qu'on s'entraide, non ?

Promets-moi de pas lui défoncer la gueule.

- On va voir si c'est bien souple.

VoilĂ .

La patte. Ça bouge bien.

On va te libérer.

Tu l'as mérité.

Vous inquiétez pas, Mme Vogel,

il a plus mal Ă  sa patte. Regardez.

- Merci, docteur.

- Au revoir, madame.

Bonsoir, vous avez rendez-vous ?

Je vais fermer.

- M. Forgeat, c'est ça ? - Oui.

Qu'est-ce que vous voulez ? - Juste un renseignement.

Je cherche une location.

Aux Bernardins.

Vous pourriez m'aider ?

- Je suis désolé.

- Je cherche une surface de 10 m” environ,

un loyer de 600 à 700 euros, insalubre, bien sûr…

avec des cafards…

- Foutez le camp.

- Vous allez me trouver ça.

Musique intrigante

- -

- Je te ramène ? - Je vais marcher. À demain.

- À demain, Clémence.

- Oui, Pierre. * Ça va ?

- Oui, je viens de lancer ma campagne.

- Je viens de me faire pourrir par le Premier ministre, alors écoute-moi.

- Je t'écoute.

*- Tu veux continuer la politique, pas de problème.

*On te demande de changer de boutique. On a une proposition.

- Y a pas mieux qu'ĂŞtre maire.

- On m'a dit que tu voulais bien ĂŞtre ministre.

On te propose le Sénat.

C'est pas une proposition, c'est un cadeau.

Tu te retires au profit de Naidra

* et dix mois plus tard, tu représentes la 3e au Sénat.

- Ça pue la mort, le Sénat.

- Je te demande cinq minutes.

Juste cinq minutes.

Bonsoir, Karine.

Demain, il y a une réunion à l'Élysée

pour décider du sort des Bernardins.

Ça va se jouer vite, on peut encore rafler la mise.

Je te propose le plus gros braco du 9-3.

- 80 %.

- Je sais.

Clémence a menti. J'ai menti.

- Assieds-toi.

- Merci, Karine.

OK, Michel, t'avais raison.

T'avais raison pour Clémence et moi. Mais je suis pas là pour elle.

Faut apporter les charges Ă  Chaumette.

- Les gens ici y ont cru. J'avais les chèques.

Je les ai déchirés.

- C'est pas grave.

Il est quoi, 21h ? C'est l'heure idéale.

On fait le tour des apparts,

on récupère les chèques, vous payez,

et demain soir, on sait si on a la subvention.

Et sinon, vous faites opposition.

T'as rien Ă  perdre.

Non ? - Non.

- Ça vient d'Esposito ?

- Ouais.

*- Leur niveau de cynisme, j'arrive pas Ă  m'habituer.

*- M. Chaumette, je comprends plus.

*Le discours du maire, son baratin…

*c'est du pipeau ?

*- Ben oui.

*La mairesse sait que leur histoire de me virer, c'est du flan.

*Le match a été joué il y a longtemps à Échirolles.

- T'as tout plaqué pour ça ?

J'ai vu le boss d'Esposito, c'est un gentil vétérinaire.

Il est dans une clinique Ă  soigner des jolis chiens,

quand il exploite pas des sans-papiers.

Pour te venger de la mairie, tu te fais niquer par ces fils de pute ?

Et ça va ?

T'assumes ?

On fait quoi ? On abandonne, on en reste lĂ  ?

Hein ?

Je suis pas d'accord.

- Tu peux pas récupérer 160 chèques en une nuit.

Les gens se couchent tĂ´t.

- Bonsoir, madame. Je sais pas si on s'est déjà croisés.

Je suis Yazid Jabbi, je travaille Ă  la mairie

sur le plan de réhabilitation de votre cité.

Vous êtes propriétaire ?

- Mon frère est propriétaire.

- Je peux lui parler ? - ll est pas lĂ .

Il sera lĂ  vendredi.

- D'accord, bonne soirée. Merci.

Excusez-moi du dérangement.

- Non, non, non.

IIs ont un bébé, arrête.

J'ai le listing Ă  la maison.

On va essayer par téléphone.

- Merci.

- Garde ta salive.

Tu vas en avoir besoin.

- Je demande à voir Naidra. Elle m'a hurlé dessus.

- Tu disais "place aux jeunes".

- Tu te teins les cheveux, ne commence pas.

- T'as conscience que tu vas laisser cette ville Ă  nos ennemis ?

Vous vous neutralisez, Naidra et toi. Vous allez vous fracasser.

* Tu vas avoir une fin de carrière classique,

“tu vas partir sur une défaite et tu la rumineras.

- Comment va Catherine ?

- Super. Et Yazid ?

- C'est pas mon mec.

- J'ai bien vu, l'autre soir. Ça va mieux entre vous ?

- Je l'ai viré.

- Je peux te le prendre alors ?

Il est brillant, un profil intéressant.

* Ça peut l'intéresser de rejoindre un cabinet ministériel ?

- C'est tout ce dont il rĂŞve.

Je l'ai maintenu en cage trop longtemps. Il m'en veut.

Ă€ Paris, il serait comme un poisson dans l'eau.

- Ça va prendre du temps.

Mais on va y arriver. On va tout rénover.

Le bâti, le chauffage,

l'ascenseur,

la peinture, les isolations…

Ça va amener de la propreté et forcément de la sécurité.

On parle d'un montant de 63 millions d'euros.

Pour tous les travaux.

- Y a rien d'officiel ?

Vous ĂŞtes de la mairie ? - Oui.

- Je vous donnerai pas de chèque.

- Vous ĂŞtes pas le premier Ă  nous vendre du rĂŞve.

- C'est pas du rĂŞve, c'est concret.

- Vous pensez que ça va marcher ?

- La question ne se pose pas.

Le directeur du Grand Paris s'est engagé.

- Ça fait 10 ans qu'on s'engage.

- Je ne vous parle pas de 10 ans, mais de 24 heures.

- C'est gentil de me rappeler.

Il s'appelle Yazid.

Il sera lĂ  dans 10 minutes.

* File au bâtiment C.

"Au 6e étage.

*Bouzini.

On n'est pas des girouettes, promis.

Chaumette, c'est plus le problème. L'objectif, c'est la subvention.

- Bonsoir, madame.

Pardon, je vous réveille ?

- Le président ? Vraiment ?

- Il ne va pas examiner le projet, il va le valider.

C'est un arbitrage.

- Allez, viens.

Musique de tension

- -

- Bonjour, madame. Je suis Yazid Jabbi de la mairie.

Désolé de vous déranger à cette heure.

- Pas de souci. - Bonne soirée.

- De rien.

- Merci. - Au revoir.

- Merci, au revoir.

- -

Bonjour, madame.

- -

Merci, Mme Gorakis.

- Montre-moi ton costume.

Il est beau.

Tu travailles dur Ă  la mairie.

T'as toujours bien travaillé à l'école.

- Je vous tiens au courant.

Mme Ben Youssef n'a pu donner que la moitié.

- On prend quand mĂŞme.

95, 96, 97.

MĂŞme pas 100.

- Faut que j'aille au boulot.

- Je vais me démerder.

- Il a pris que les espèces.

- Y avait combien ?

- 4530.

Je l'appelle et c'est la messagerie. - Pareil.

- Yazid a des problèmes d'argent ?

- Il est pas chez lui.

Les voisins l'ont pas vu.

Mais Justyna de l'accueil l'a croisé tôt ce matin aux Bernardins.

Il parlait avec Kupka.

On fait quoi ?

Clémence ?

J'appelle la police ?

- Non.

- À la semaine prochaine.

- Bonne journée.

- …pour chaque propriétaire,

le restant des charges dues.

- Les Bernardins ? - Qui.

- C'est quoi, ce bazar ?

- J'ai besoin d'un reçu.

- Un reçu ? Pour qui ?

- Pour gagner la subvention.

Regardez. Vous avez ici 97 magnifiques chèques.

- Ça ne va pas suffire, M. Jabbi.

- Non, mais…

on a 4500 euros en cash.

Les copropriétaires vont payer.

Je récupère le reste d'ici ce soir. J'ai besoin d'un reçu.

Il y à une réunion à l'Élysée à 11h30.

M. Chaumette.

Vous en avez pas marre des Bernardins ? Vous voulez pas que ça finisse bien ?

- On aimerait tous avoir une baguette magique.

- Bon.

Il me reste quoi ?

20 chèques, je prends les gros montants.

Les Sayadas, il leur restait quoi ?

634,30.

- Rien ne dit que vous avez l'argent.

- Mettez-le sur le papelard !

Vous prenez les précautions d'usage : "Reçu aujourd'hui, X euros,

"sous réserve d'encaissement définitif de la banque."

Vous risquez rien.

Musique intrigante

- -

* Vous êtes sur le répondeur de Yazid Jabbi.

*Laissez un message et je vous rappellerai.

- Bon, Yazid, rappelle-moi.

Tu fous quoi ? Tu veux me prouver quoi ?

- -

- Bonjour.

- Allez-y, monsieur.

- -

- Bonjour, monsieur.

- Bonjour.

Votre pièce d'identité, s'il vous plaît.

- Yazid Jabbi. Voici mon passeport. Et ma carte de mairie.

- Parfait.

- Je n'ai pas rendez-vous, mais j'ai besoin de voir

Jérôme Narvaux, directeur du Grand Paris.

Il a une réunion avec le PR dans 30 mn

et j'ai besoin de lui parler. Vous pouvez lui dire que je suis ici ?

- Je suis désolé, ce n'est pas possible.

- Je dois lui transmettre un document décisif concernant un arbitrage.

- Je comprends.

Appelez votre contact, votre contact appelle la cheffe de cabinet,

elle nous prévient, je vous fais entrer. - C'est ce que j'ai fait.

Et son portable ne répond pas. Il doit être éteint.

Je le connais bien.

C'est juste deux minutes.

Faites-lui savoir que je suis ici. Je ne bouge pas, je l'attends.

- Désolé, monsieur. Bonjour, M. Verdier.

- OK, je comprends.

Je vous demande juste une chose.

Vous pouvez lui transmettre ce papier ?

De ce papier dépend l'avenir d'une cité, plus de 3000 personnes.

Il faut le confier Ă  M. Narvaux.

S'il vous plaît.

- Je suis désolé, monsieur.

Je vous demanderais de regagner la sortie.

S'il vous plaît.

Bonne journée, monsieur. - Bonne journée.

- Bon.

Je voulais vous remercier d'ĂŞtre lĂ  toutes les deux.

On va pas faire semblant, Naidra.

Ce que je t'ai dit, je peux le redire devant Clémence.

Ce qui t'arrive est dégueulasse. Y a pas d'autres mots.

Je sers un parti qui a des règles.

Sans règles, pas de renouvellement, et donc pas de démocratie.

Sinon, c'est juste une jungle.

- Madame, Yazid Jabbi, vous vous souvenez de moi ?

Le plan de sauvetage des Bernardins. Vous m'aviez posé une question.

- Vous faites erreur.

- Vous travaillez pas avec Narvaux ? - Absolument pas.

- Désolé.

- Je connais Jérôme.

- Vous pourriez lui remettre ce document ?

Et dites-lui d'appeler Clémence Collombet.

C'est une urgence. Elle attend son appel.

- Je t'ai présenté mon père.

- Oui, on avait déjeuné dans la petite cour de L'Alexandrie.

C'était au mois de juin.

C'était il y a sept ou huit ans.

- Il avait peur de me voir faire de la politique.

Et t'as su le rassurer.

T'as dit que tu me protègerais.

- Oui, je me souviens.

- Ça te fait quoi ?

T'as honte ou pas ?

Je pense que ça m'aiderait de comprendre comment tu fonctionnes.

- Un jour, tu comprendras.

- Je suis trop jeune ?

- C'est une des raisons.

Mais tu vas changer. T'auras pas le choix.

Tiras chercher le pire et le meilleur en toi.

T'as choisi cette vie, Naidra.

C'est toi que tu méprises, là.

Me parler de ton père ne me fera pas renoncer.

- Clémence…

- Je serai candidate.

- Attends. - On doit parler de l'avenir de Naidra.

Ta jeunesse fait partie de la solution.

Pour ĂŞtre maire, tu devras attendre encore.

On fait la campagne ensemble. Je suis élue, tu restes mon adijointe,

et en cours de mandat, je te passe le sceptre.

C'est ni glorieux ni inventif, mais au moins, on évite le carnage. Non ?

- Naidra…

Si aucune ne fait un effort, vous allez perdre toutes les deux.

Clémence aura ruiné sa carrière et t'en auras pas.

Maintenant qu'on est dans la jungle, c'est ça le rapport de force.

Coupons la poire en deux.

Les trois premières années pour Clémence,

la fin du mandat pour Naidra.

-Et….

je vais distribuer des tracts pour sa campagne aussi ?

Hein ?

*- Jérôme ?

- Je rentre en réunion, je vous écoute.

- De quoi vous parlez ?

- Vous plaisantez ?

*- Non, pourquoi ?

- Le reçu pour les charges. Votre collaborateur au château.

- Yazid ?

*- C'est trop tard, Clémence.

Clémence ?

- Vous avez vu le président ?

- C'est maintenant.

- Alors vous allez pouvoir respecter le deal.

- Notre deal…

- Il est pas trop tard pour tenir sa parole.

Vous avez les charges, Ă  vous de jouer.

- Non, Clémence.

* C'est plié.

- Ça vous excitait, de croire que vous pouviez changer ma vie ?

- Clémence, je vous l'ai déjà dit, je suis désolé.

*- Vous avez pas le pouvoir de faire un ministre.

Mais sauver une ville de banlieue du désastre, oui, et c'est plus important.

- Comment je fais ? Je les prends sur qui, les millions ?

Sur Melun ? À Grigny ? À Saint-Denis ?

* Je déshabille Pierre pour habiller Paul ?

- Faites comme vous voulez !

* Tant que vous respectez votre parole !

- Clémence, j'ai du travail. Je vous laisse.

Musique calme intrigante

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- Tu veux que je me retire pour elle ?

- Hein ?

- Appelle le Premier ministre.

- Pour lui dire quoi ?

- Tu lui dis d'appeler Narvaux

pour valider le plan de sauvetage des Bernardins.

C'est en arbitrage à l'Élysée dans 2 mn.

En échange, je renonce à l'élection.

- C'est pas qu'on s'en fout de ta cité, mais tu mélanges tout.

Reprenons cette conversation où on l'a laissée.

- Si tu l'appelles pas, tu oublies ce qu'on s'est dit.

Je me présenterai seule et sans le parti. Désolée.

- T'es folle.

T'es juste folle.

Tu crois que je vais obéir à une folle ?

- Allez, encore un effort et tu seras débarrassé de la folle.

- Nous allons commencer.

- Bien sûr.

Très bien. Je m'en occupe, M. le Premier ministre.

Jérôme…

Faut qu'on se parle des Bernardins.

- -

- C'est chez nous.

Michel…

*- la Seine-et-Marne, la grande Borne dans l'Essonne,

*Le Clos Saint-Lazare et Les Bernardins en Seine-Saint-Denis.

*Au total, 380 millions d'euros vont ĂŞtre investis

“pour sauver ces quartiers du délabrement.

*Selon les prévisions, 100000 ménages

*s'installeront en ĂŽle-de-France d'ici 2025

Musique pesante

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Musique calme intrigante

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Musique calme

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