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Juillet 1493
Certains comptent sur la chance.
Grâce à l'Espagne, Rome est libérée.
Pour récupérer les propriétés, employez la force.
Envoyez le capitaine Borgia.
Je serais heureux de relever le défi.
L'heure est aux états d'âme.
Je n'ai pas la vocation pour devenir prĂŞtre.
Ne pas confondre la foi et la félicité.
Qui est ce bâtard ?
Le tien.
Putain !
Tu n'as pas ta place dans la famille,
ni dans mon cœur.
Est-ce que tu as une mère ? Alors tu sais pourquoi tu meurs.
Ne pas confondre la chance et le succès.
Ma femme n'a pas survécu.
Ă€ cause de toi, je suis veuf.
Tu es une meurtrière.
Bénissez-moi car j'ai péché.
J'ai fait tuer Pedro Luis.
Qui trouvera la paix ?
Si l'enfer existe, on y brûlera ensemble.
Celui qui a de la chance...
ou celui qui a la foi ?
Le Laocoon.
Vestige de la splendeur de la Rome antique.
Un récit très édifiant.
Le grand prĂŞtre a voulu mettre
les Troyens en garde contre le cheval de bois.
"Je crains les Grecs,
et leurs présents", disait-il.
Pour se venger,
la déesse Athéna a fait surgir deux serpents
qui ont tué Laocoon et ses fils.
Les Troyens en ont déduit qu'il avait eu tort.
Dieu peut détruire l'homme, mais l'homme peut avoir raison.
Son Altesse Goffredo Borgia,
prince de Squillace,
et Son Altesse, la princesse Sancha d'Aragon.
Sois le bienvenu, mon fils.
Et Ă toi aussi, notre fille par alliance,
que Dieu a comblée avec un enfant.
Nous avons des petits-enfants que nous n'avons jamais vus.
Comme les enfants du Préfet de Rome.
Nous sommes impatients de voir ces joyaux.
Nous nommons Oliviero Carafa, Doyen du Sacré Collège,
et nous donnons Ă Sansoni,
la charge de camerlingue.
Votre Sainteté, le général de Cordoba et le duc d'Urbino.
Nous avons arrêté le traître,
Virginio Orsini.
Nous vous le livrons afin qu'il soit condamné.
Félicitations.
C'était long ?
Je vous en supplie,
épargnez mon frère de la mort.
Quel autre choix que la mort ?
- L'exil. - Les exilés reviennent.
Souvent avec une armée étrangère.
Père.
Je souhaiterais choisir le châtiment.
Pourquoi pas.
Lequel ?
Avant, je dois réfléchir.
Jetez le criminel dans le donjon.
Qu'il en soit ainsi.
Demain, Général,
nous vous distinguerons
de la Rose d'Or.
Viens t'asseoir ici.
Merci pour le pique-nique.
C'est bon cette fraîcheur.
Il fait plus frais qu'au Vatican.
Veuillez nous excuser.
Pantisilea travaille chez moi.
Elle m'a trahie.
Plus que tu ne le crois.
Depuis le premier jour,
Pantisilea était au service de Giulia.
Chaque lettre,
chaque conversation lui étaient rapportées.
Giulia n'est pas ton amie, elle est ton ennemie.
Détache-moi !
Je ne suis pas stupide.
Je n'ai pas l'intelligence de Cesare, mais...
Tu devais le tuer et il est encore en vie.
Ou tu es incompétent, ou tu es un traître.
Et je sais que tu n'es pas incompétent.
Ma mère organise un dîner pour Cesare.
Quand il partira, il devra rejoindre sa tombe.
Je vous le promets.
Il mourra cette nuit.
Je réfléchis mieux quand je baise.
Quoi ?
Chère sœur,
en tant que préfet,
et prince, je dis ce que je veux.
Tu as un crâne sans cerveau.
Une épée sans bras pour t'en servir !
Pas de brutalité !
Ce que j'aime dans notre famille...
c'est qu'on peut tout se dire et tout se faire,
sans avoir peur des représailles.
Plus que ma vie,
j'adore ma mère.
Et...
mes frères.
Asseyez-vous !
Comme je ne suis plus au couvent,
tu veux revenir ?
- Avec joie ! - Parfait.
Mais il nous faut l'autorisation de Giulia.
Elle m'avait menacée.
Si je refusais de lui obéir...
Tu pensais que je ne pouvais pas te protéger.
Je venais d'arriver.
Je ne savais pas Ă qui faire confiance.
Tu reviendras au Palais ce soir.
Je cherche des plaisirs nouveaux.
Une putain vient d'arriver.
Elle est formidable.
Je te la laisse.
Sois prudent !
Le bruit des grelots sur ta veste,
pourrait alerter tes ennemis.
Nini, suis-moi.
J'ai quelque chose Ă faire.
Prends le garde.
Et va retrouver ta femme.
- Juan est lĂ ? - Pourquoi ?
Tu voudrais le voir me baiser ?
Nous allons pouvoir transférer
les duchés de Benevento, et de Terracina à Juan.
Puisque la couronne nous échappe,
alors hectare après hectare,
nous édifierons un royaume, hors de nos États.
MĂŞme s'il n'est pas digne ?
Le destin de Cesare a été tracé.
Par toi.
Mais Dieu a peut-ĂŞtre d'autres projets.
C'est facile de respirer jusqu'Ă ce que ce soit impossible.
Je ne veux pas mourir.
Lequel de nous est un vrai Borgia ?
C'est toi !
Je dois te parler.
J'ai pris un opiacé pour dormir.
Alors demain.
Dis-moi, salope,
qu'as-tu appris avec les Borgia ?
Prendre ce que je veux,
sans me soucier ni du prix,
ni du mal que je fais.
Il est dit dans les Écritures :
"Le Seigneur est le guerrier des combats".
Heureusement, vous avez suivi l'exemple du Christ.
Étrange que Cesare et Juan ne soient pas là .
Pourquoi tu es dans mon lit ?
Tu ne t'en souviens pas ?
J'ai fait vœu de chasteté.
Oublie cette nuit, comme je vais le faire.
Cette fois,
tu peux me fouetter.
C'est le cheval du Préfet !
Quelqu'un a coupé les étriers.
Le cheval de Juan est revenu seul.
Retrouvez-le.
Dis Ă Cesare de le chercher.
Que chaque maison soit fouillée.
Si personne n'ouvre, enfoncez les portes.
Interrogez tout le monde.
Amenez-moi l'homme masqué.
On ne l'a pas vu.
Je dois lui parler.
C'est très important.
Pour la dernière fois,
quelqu'un a vu quelque chose ?
S'il est arrivé la moindre chose à mon frère,
et que le coupable a un lien avec les Juifs,
je jure de raser ce quartier.
Vous serez tous chassés jusqu'à la mer,
et vous n'aurez aucun Moïse, pour séparer les eaux.
Votre race s'éteindra à jamais.
Je priais pour Juan, Ă la basilique.
Et j'ai entendu d'horribles cris.
J'ai regardé, et il n'y avait personne.
Les flammes des torches ont tremblé,
elles m'encerclaient en dansant.
Et j'ai compris que la voix
qui gémissait avec force,
c'était la mienne.
Venez !
Vous l'avez trouvé ?
C'est Nini.
C'est l'homme qui était avec Juan.
Il est inconscient.
Il est vivant, mais il n'entend pas.
Qu'on le soigne au Palais.
OĂą allons-nous ?
Allons sur les berges.
Fouillons tous les bateaux.
Je vis sur le fleuve depuis que je suis Ă Rome,
il y a vingt-huit ans.
Mais moi je cherche...
Je ramasse du bois
dans la forêt, et je le vends au marché.
Je me bats contre les voleurs.
C'est pour ça que je dors là .
Vous n'avez rien vu d'anormal, hier soir ?
D'anormal ?
Une bagarre ou un corps ?
J'en ai vu un.
Vers deux heures du matin, un cavalier
sur un cheval blanc, sur l'autre berge.
Il a regardé si personne ne le voyait.
Il ne vous a pas vu ?
J'ai échappé aux Turcs.
Le cavalier content de ne voir personne
a fait signe Ă quelqu'un.
La lune n'était qu'un croissant, mais j'ai une bonne vue.
Quatre hommes ont porté le corps sous le pont,
lĂ oĂą on balance les ordures.
Le corps ne coulait pas.
Alors ils lui ont mis une grosse pierre, et il a disparu.
L'homme sur le cheval était masqué ?
Masqué ?
Je n'en ai aucune idée. Je n'ai pas vu leur visage.
Je vous ai demandé s'il y avait quelque chose d'anormal.
J'ai dit la vérité.
J'ai vu des centaines de cadavres,
mais personne venir les chercher.
Je l'ai ! Il est lĂ !
On l'a égorgé.
Il a été poignardé à neuf reprises.
Ses gants sont sous sa ceinture.
Il a encore des ducats.
Ce n'est pas un vol.
C'est une vengeance.
Portez-le au château Saint Ange.
Je vais voir mon père.
Il était mes yeux.
Maman.
Juan est mort.
Vous avez retrouvé de Corella ?
Non, Éminence.
Il n'est pas dans les lieux qu'il fréquente.
Il n'est nulle part.
Merde.
Trouvez-le !
Ne revenez pas sans lui !
Saint-Père ?
Ouvre la porte !
La loi de Dieu gouverne mon cœur !
OĂą est Pantisilea ?
Tu as besoin d'elle...
Je n'ai pas besoin d'elle.
Ni de personne.
Accorde le repos éternel à ton serviteur,
Juan.
Que la lumière éternelle brille sur lui.
"On gardera en mémoire l'homme juste,
il ne craindra aucun mal".
Dieu Tout Puissant,
Juan Borgia,
que tu as rappelé à toi,
a désormais rejoint la communion de tes saints.
Amen.
Que penser d'un fils que sa mère ne pleure pas ?
Ou Juan est tombé dans une embuscade,
ou il connaissait ses agresseurs.
Il était avec son garde du corps à pieds
car ses gants étaient sous sa ceinture.
Ils ont été attaqués par-derrière.
Alors, pourquoi ses étriers étaient coupés ?
Bonne question.
Nous avons des éléments déroutants.
Nous devons enquĂŞter et trouver les meurtriers.
Qui dirigera cette enquĂŞte ?
Moi.
Seuls le pape et le vice-chancelier
peuvent nommer les enquĂŞteurs.
Le pape est souffrant.
Et Sforza n'est plus vice-chancelier.
La décision me revient, en tant que camerlingue.
Savez-vous que vous ĂŞtes suspect ?
Je suis innocent et mon souhait est de connaître la vérité.
Le mieux pour éviter de répondre aux questions,
c'est de diriger l'enquĂŞte.
Ainsi personne ne vous interrogera.
Nous mènerons les interrogatoires ensemble.
Premier jour.
EnquĂŞte sur le meurtre de Juan Borgia.
Ascanio, Cardinal Sforza,
jurez-vous devant Dieu de dire la vérité ?
Je le jure.
Asseyez-vous.
Savez-vous pourquoi vous ĂŞtes ici ?
Parce que vous pensez que je l'ai fait tuer.
Je l'ai souhaité.
Vous aviez donc cette volonté ?
Comme nous tous.
Vous avez menacé Juan, il y a cinq jours.
MĂŞme pas en rĂŞve.
Je ne suis pas revenu Ă la chancellerie depuis...
que mon père vous a donné le palais.
J'ai maintenu son lustre.
Vous connaissez Della Mirandola,
et voici Lord Jaches, mon secrétaire.
Vous avez tué ma fille, ma belle Rosalina !
Elle s'est suicidée.
Et elle n'était pas belle.
- Vous l'avez manipulée ! - Vous vous trompez.
VoilĂ mon analyse :
vous, vous avez refusé de l'épouser,
et vous, vous l'avez reniée.
J'ai aimé Rosalina.
- Vous l'avez détestée. - Sale bâtard !
Je vais te tuer !
J'ai essayé qu'ils fassent la paix,
mais votre frère est...
était, un provocateur.
Est-ce que Della Mirandola est responsable ?
Le comte est un hâbleur.
Et il était à Ostie, ce soir-là .
Alors que votre secrétaire...
Préfère les hommes.
Son mariage était une convenance, non une passion.
En le tuant, vous blessiez Sa Sainteté,
à cause de votre éviction.
Je sais marcher sur les routes sinueuses de la politique,
il n'y a rien de personnel.
Et votre cousin Giovanni ?
Voulait-il se venger du pape, Ă cause de son divorce ?
Une heure avec mon cousin et vous comprendriez.
Giovanni est un bâtard.
Dans son sang dégénéré,
il n'y a aucun courage commun aux Sforza.
Comme il l'a juré il est impuissant.
Parfois les bâtards,
ne surmontent jamais leur passé.
De Corella a été vu pour la dernière fois
le lendemain du meurtre.
Il galopait sur la via Flaminia.
Il quittait Rome.
Alors, je suis perdu.
Pourquoi ?
Que sait-il ?
Où j'étais quand Juan a été assassiné.
Papa ?
J'ai apporté des fruits.
Depuis deux jours, vous ne mangez pas.
Venge le sang de ton serviteur !
Tu m'as dit que nous pourrions ĂŞtre amies.
Mais, tu ne l'as jamais été.
Pourtant,
on a un amour en commun.
On aime un homme désespéré.
Unissons-nous pour l'aider.
Gianbattista, Cardinal Orsini.
L'autre main.
Jurez devant Dieu de dire la vérité ?
Ă€ haute voix.
Je le jure.
Je tiens Ă vous dire...
que Juan Borgia m'a demandé un pot-de-vin
contre la vie de mon frère.
Avez-vous accepté ?
Ça ne suffira pas.
Il doit reconnaître ma supériorité.
Virginio, ne dis rien.
Le Préfet de Rome, dans sa générosité...
Et son appétit énorme.
- D'un cœur généreux... - Et d'une âme méprisable.
Le duc va te rendre ta liberté.
Si je lui présente mes excuses ?
Il y a une maxime de guerre...
Pour ĂŞtre un bon guerrier, agissez comme votre ennemi,
même s'il est insolent et lâche.
Je ne ferai pas ce que vous feriez.
Je ne mendierais pas pour ma vie.
Vous gagnez encore une bataille.
Vous triomphez,
et vous passerez votre vie dans cette cage.
Vous mourrez, dans quelques années,
vous oublierez ce qu'on ressent, quand on déplie les jambes.
Mais moi,
j'irai au paradis en marchant.
Vous aviez de bonnes raisons
de souhaiter sa mort.
Mais vous me connaissez.
Je suis prĂŞtre, et non pas soldat.
Mon âme n'a aucune aptitude pour tuer.
Vous auriez pu le commanditer.
Juan avait les mains attachées, et il était bâillonné.
Comme Virginio, devant le pape. Une coĂŻncidence ?
Ma famille vit Ă Rome, depuis deux mille ans.
Nous avons servi des rois, des empereurs, des papes.
Je suis le dernier.
Quand je mourrai, le nom des Orsini mourra.
Mais nous mourrons, sans être entachés par le péché.
Vos paroles n'ont aucun sens.
Jetez-moi dans une cellule à côté de mon frère.
Je suis prêt à paraître devant Dieu.
Et vous ?
Je n'avais pas terminé.
Vous auriez posé quelle autre question ?
J'ai fait la guerre avec Pedro Luis contre les Maures.
Je l'ai veillé, j'ai porté son cercueil.
Il était le meilleur.
Vous saviez que Juan a assassiné Pedro Luis ?
Je viens de l'apprendre. Pourquoi me le dire ?
Pour vous montrer mon intérêt pour la vérité.
Avez-vous comploté pour le tuer ?
Les Borgia ont quitté l'Espagne depuis trop longtemps.
Un conquistador ne tue pas la nuit.
Nous tuons sur le champ de bataille.
Vous n'ĂŞtes pas Espagnol.
Je ne peux pas prouver que je ne l'ai pas tué.
Vous pouvez, vous ?
Je suis connu en Italie, pour n'avoir qu'une seule parole.
Je jure que je suis innocent.
Nous sommes vos alliés.
Regardez vers notre ennemi, la France.
Je ne serai pas jugé par vous,
comme vous ne l'avez pas été pour mon fils.
Votre refus m'incite à croire que vous êtes impliqué.
Je dirais que vous l'avez tué par jalousie.
- Par jalousie ? - À cause de Lucrezia.
Les rumeurs se répandent de la Sicile à Notre-Dame.
Vous auriez eu des relations avec votre sœur.
Vous répétez ces calomnies ?
Je n'écoute pas ces ragots.
Mon roi non plus.
Mais d'autres, croient facilement les perversions.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique,
qui a été conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie.
Il a souffert sous Ponce Pilate.
Il a été crucifié, et a été enseveli.
Il est descendu aux enfers.
Le troisième jour, Il est ressuscité d'entre les morts,
Il siège à la droite de Dieu, le Père Tout Puissant.
Et Il viendra...
Il viendra pour juger les vivants et les morts.
Le fait est, Fabrizio.
Juan vous a fait cocu.
En conséquence, vous avez tué votre femme.
Un moment de démence.
J'ai payé l'amende.
J'ai confessé mon crime, et promis de ne plus tuer.
Les promesses dans un confessionnal
sont comme la fumée, elles se dissipent.
Vous croyez que toutes les familles ressemblent Ă la vĂ´tre.
Je regrette mon crime.
Et j'ai peur pour mon âme.
Quand tous se sont unis à la France contre votre père,
je n'étais pas là ?
Les Colonna voulaient le tuer.
Ă€ cause du meurtre de Marco Antonio.
Si un seul devait mourir, c'était vous.
Parce que vous l'avez fait émasculer.
Mais nous ne l'avons pas fait.
Il l'a mérité.
Nous savons l'infamie dont vous avez été victime.
Certains secrets resteront enfouis.
Nous n'avons ni réponse, ni preuve, ni suspect.
J'en ai un.
- Vous. - Moi ?
Je ne le connaissais pas.
C'est vous qui avez dit :
"pour éviter les questions, dirigeons l'enquête".
Vous ĂŞtes le cousin de Della Rovere.
Et il déteste le pape !
Il a peut-être commandité le meurtre.
Mais il est en France. On ne peut pas l'atteindre.
De toute façon, vous ne l'auriez pas condamné.
J'aime l'Église, et comme tous ceux qui aiment,
je ferai tout pour la protéger.
J'ai changé de camp
pas par infidélité, mais parce que ma loyauté,
appartient Ă Dieu.
Si mon cousin Giuliano était coupable,
et s'il y avait un seul témoin pour le prouver,
je hurlerais son nom sur le plus haut clocher de Rome.
Alors qui ?
Qui a commis ce crime ?
Caïn s'est révolté contre Abel, son frère,
et il l'a tué.
Romulus a tué Remus.
VoilĂ comment Rome est venue au monde.
Au lieu d'accuser ma famille, les Orsini ou les Colonna,
enquĂŞtez dans votre famille,
posez-vous la question.
Mon épouse est une putain.
Elle est née bâtarde.
Dans une cour corrompue.
C'était de notoriété publique.
VoilĂ pourquoi le roi Ferrante voulait la marier Ă un Borgia.
Toi aussi tu as couché avec elle ?
Il est de toi, l'enfant qu'elle porte ?
Cette créature est de Juan.
C'est toi qui l'as fait tuer ?
- Dis-le-moi ! - Tu me fais mal !
Je n'ai rien fait, je te le jure.
Tu es tout pâle.
Par conséquent, tu es innocent.
Je suis en mission officielle.
Quand je t'ai révélé
que Juan avait fait assassiner Pedro Luis,
tu m'as dit : "Il doit mourir".
Tu me soupçonnes ?
Dis-le-moi si tu es responsable.
Et je jure sur tout ce qui est Saint de ne pas le répéter.
"Sur tout ce qui est Saint" ?
Je dois savoir.
MĂŞme si je pense
qu'il l'a mérité, je ne suis pas Médée.
Je ne pourrais pas.
Je ne pourrais jamais tuer mon enfant.
Si tu ne le sais pas,
c'est que nous sommes des étrangers.
Ça suffit maintenant.
La vie continue.
Qui a tué mon fils ?
Dieu.
Dieu n'est pas aussi cruel.
Il a tué son fils.
Il peut tuer le vĂ´tre.
Le pape Alexandre, sixième du nom.
Nous avons souhaité vous voir
dans le lieu où nous avons reçu l'anneau du pêcheur,
parce que notre fils est mort.
Rien n'aurait pu nous arriver de plus tragique,
car nous aimions Juan, plus que tout au monde.
Une douleur immense est entrée dans notre âme.
La vie a perdu tout intérêt.
Dieu nous punit, me punit, pour mes péchés.
Juan n'a rien fait pour mériter ce destin.
Je donnerais sept tiares,
si je pouvais ramener mon fils Ă la vie, tel Lazare
qui sort de sa tombe.
Nous ne savons pas qui a commis ce meurtre
nous ne savons pas pourquoi,
mais nous pardonnons aux familles Sforza,
Colonna et Orsini, que nous aimons.
Que Dieu ait pitié du coupable.
Nous nous engageons
à placer les intérêts de l'Église au premier plan de nos actes.
À présent,
nous nous interdirons,
tout plaisir terrestre.
Nous procéderons aux réformes
que nous avons promises lors de notre accession
au trĂ´ne de Saint Pierre.
Nous le jurons.
Nous le jurons sur la Sainte Lance.
Mon amour.
Allez-vous-en.
Cet appartement sera plus beau qu'avant.
Il égalera la Domus Aurea de Néron.
Tu dois partir.
Partir ?
Quitte le palais, quitte Rome.
Je suis prĂŞtre.
Je vis seul.
Va au diable.
Et oĂą je vais aller ?
Je t'en prie.
Nous voulons nous marier.
J'aimerais te faire plaisir, mais c'est impossible.
Demain, tu pars en Espagne, tu entres au couvent.
Et tu veilleras sur tes neveux.
Je ne veux pas. Je veux épouser Pedro.
Les filles sont par nature désobéissantes,
mais toi, tu es soldat.
Oui, Votre Sainteté. Je vous obéirai.
Prie pour moi.
J'étais presque heureuse !
Le bonheur, ce n'est pas la luxure,
mais la fidélité à Dieu.
ArrĂŞtez de pleurer Juan.
Je ne le peux pas.
Peut-ĂŞtre en apprenant son secret,
une terrible tragédie.
Juan a commandité l'assassinat de Pedro Luis.
Comment peux-tu dire de tels mensonges ?
De Cordoba peut confirmer.
Je ne le dis pas pour vous faire du mal,
mais pour soulager votre tristesse.
J'annule l'audience ?
Nous enterrons le passé dans le sol riche de demain.
Tu vas escorter Goffredo et son épouse.
Et quand tu auras couronné Federico,
roi de Naples, tu quitteras l'Italie.
Tu n'es jamais allé à Valence,
depuis que tu es évêque.
Pars en Espagne et accomplis ton devoir.
Et si je vous disais, père,
que je ne veux plus être évêque,
que je ne veux plus ĂŞtre cardinal ?
Comme les sourds, je ne verrais que les mouvements de ta bouche.
Nous avons reçu des lettres de condoléances.
Et celle-ci est de mon cousin Giuliano
qui écrit d'Avignon
que la mort de Juan, le fait souffrir.
Dites Ă Giuliano de revenir.
Tout est pardonné.
Vous chassez votre propre sang,
et vous gardez vos ennemis ?
Ils ont été nos ennemis,
mais ils nous ont toujours parlé avec honnêteté.
Contrairement Ă nos fils.
Partez, Cardinal Borgia.
Que Dieu t'accompagne.
Je ne veux pas quitter Rome
et vivre avec notre mère.
Silvia t'aidera.
Et alors ?
Ton séjour au lac de Bolsena sera provisoire.
Tu as ma parole.
Comment vas-tu le faire changer d'avis ?
Je dois trouver de nouveaux alliés.
Tu as été mon ange gardien.
Je dois voler de mes propres ailes.
Alessandro a peut-être tué Juan ?
Ou Gacet ?
Aucun n'a de cheval blanc !
Il y a beaucoup de chevaux blancs.
- Les Colonna en ont cinq. - Les Allemands.
Ils détestaient Juan.
Qu'est-ce que c'est ?
L'héritage de votre frère.
Entre.
Excuse-moi de te réveiller.
Mais je dois te parler.
Je n'ai que toi.
Oui, mon adorable frère ?
"Adorable" ?
La nuit où Juan a été tué, j'avais bu,
je ne me souviens de rien.
Quels péchés j'ai pu commettre ?
Tu crois que je l'ai tué ?
Non, tu ne l'as pas tué.
Comment peux-tu le savoir ?
Tout le monde à Rome me soupçonne.
Sauf toi.
Pourquoi ?
Si tu sais quelque chose,
je t'en prie.
Libère-moi de ce supplice.
J'ai vu Juan, cette nuit-lĂ .
Après ta querelle avec lui.
Et il était vivant.
Il n'était ni grossier, ni sûr de lui,
ni même soûl.
Il était possédé.
Je viens de voir la mort.
Elle était si proche, qu'elle aurait pu m'embrasser.
Mon âme est lourde de tous ces péchés.
Quand je mourrai,
je souffrirai dans les flammes de l'enfer.
Qu'est-ce que tu as fait ?
À douze ans, père m'a envoyé en Espagne,
avec Pedro Luis.
Notre mère ne s'y est pas opposée.
J'étais en colère.
Je détestais l'Espagne.
Je détestais Pedro Luis.
Son courage et l'amour que les autres lui portaient.
Je n'aurais jamais pu exister dans ce monde,
tant qu'il vivrait.
Et il est mort.
Maria Enriques n'est pas morte en couches.
Pendant que le bateau était à quai, à Marseille,
j'ai dépêché un homme auprès du capitaine,
qui lui a donné cinq ducats pour l'étrangler.
Ne crains pas le Diable, parce que c'est toi.
J'essaie d'ĂŞtre meilleur, mais je me perds dans cette vie.
Je veux aimer moi aussi mais...
Dans mon cœur, il n'y a que toi.
Je vais tout dire au pape.
C'est inutile.
Dès l'aube, j'irai me prosterner devant lui,
et je confesserai mes crimes.
J'implorerai son pardon, je prierai pour mon salut.
Il ne devait pas aller au paradis.
Tu l'as poignardé neuf fois ?
Il ne mourait pas.
Alors tu l'as égorgé ?
Pedro est soldat, il sait comment tuer.
Il a coupé ses étriers pour dérouter les gens.
Tu es choqué parce que j'ai commis ce crime ?
J'ai voulu me consacrer à Dieu, mais Il a refusé.
J'ai suivi l'exemple de mon père et de mes frères.
Je suis une Borgia.
Je t'en prie, ne me hais pas.
J'ai des sentiments pour toi.
La haine n'en fait pas partie.
Tu as agi avec courage.
Avec plus de courage que moi.
Eve a eu plus de courage qu'Adam.
Quand le serpent lui a offert le fruit,
elle savait qu'il y avait mieux que le paradis.
Le monde murmure qu'on est amants.
Allons-nous leur donner raison ?
Ou les faire mentir ?
Encore un mensonge.
Toi aussi, tu mens ?!
La commission de réforme,
composée des cardinaux da Costa, Carafa, Pallavicini.
San Giorgio et moi-mĂŞme.
Votre Sainteté ! Sauvez-moi !
Il est sous notre protection.
Pose ton épée.
Je vous obéis,
mais c'est une ordure !
Demandez-lui !
Je n'ai rien fait.
Tu mens.
Au Saint-Père ?!
Un fils ne vit que pour glorifier le nom de son père.
Aussi médiocre que puisse être la vie de son père.
Mais s'il espère devenir un homme,
c'est Ă lui qu'il doit rendre gloire.
Il doit se faire un nom,
encore plus grand que celui de son père.
Un nom qui résonnera dans l'histoire.
Je suis Cesare Borgia !
Il y a beaucoup de rumeurs,
Cesare aurait tué Juan, Goffredo aussi.
Pedro Caldès aurait égorgé Juan,
parce qu'il a vu Lucrezia lui faire l'amour.
Ou c'est peut-ĂŞtre Lucrezia.
Elle aurait pu égorger son frère,
et Pedro, aidé par ses soldats,
aurait jeté le corps dans le fleuve.
On ne connaîtra jamais la vérité. Et c'est peut-être mieux.
Et Pantisilea, qui a disparu ?
Il paraît qu'elle est partie en Terre de Feu.
Elle a été fouettée à mort.
Les anciens avaient plusieurs dieux, cruels.
L'homme a été sage,
en les réunissant en un seul.
Et il a été fou en aimant Dieu,
et cette chose aussi brève,
et fragile que la vie.
Qu'elle soit comme avant,
et non pas comme on souhaiterait la voir.
Enterrez la statue, qu'elle disparaisse.
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