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Original subtitles

Avril 1493

Charles partira en guerre

et c'est lui qui donnera sa sentence en passant à Rome.

Soit il baisera votre main,

soit il vous bottera le cul.

Le clan des Borgia est cerné.

Combien de morts ?

Deux unités et tous les chevaux.

Où sont les autres ?

Les hommes refusent de se battre pour vous.

Que vais-je dire à mon père ?

Les alliances se délitent.

Pourquoi tu ne peux pas ?

Je ne suis pas assez belle ?

Ça ne m'était jamais arrivé.

Je veux divorcer.

Ce qu'on attend de vous est simple.

Vous me rapporterez tout ce qu'elle fait et dit.

Sur la route d'Orvieto, Giulia a été arrêtée par les Français.

C'est à ça qu'ils veulent jouer ? Très bien !

Arrête Orsini et Colonna.

Ils seront nos otages.

Certains torts sont réparables.

Comment...

Je ne sais pas, soudainement,

on m'a amenée ici.

Libère les cardinaux.

D'autres, sont irréversibles.

Le prix exigé pour garantir la paix avec les Colonna,

c'est ta liberté.

Ta protection sera assurée par Marco Antonio.

Les Français arrivent quand ?

Dans quelques jours, une semaine au plus.

Préparons-nous à évacuer le Palais.

Oui, mais les règles de la guerre ne font plus loi.

Hadrien a construit le château Saint Ange comme un mausolée

pour les réfugiés romains.

Quand l'armée Française arrivera,

la forteresse pourrait redevenir un tombeau

en quelques jours.

Reste confiant.

Votre Sainteté,

l'armée de Naples avait des hommes courageux

qui pourrissent sur les champs de bataille.

Et leur roi a abdiqué, anéanti par ses ennemis.

Poussez.

C'est bien.

Maintenant, poussez.

Des serviettes propres.

C'est bien.

Saint-Père !

Le Collège des cardinaux, s'est fendu comme du bois.

Cesare est prisonnier, de Médici se cache.

Colonna, Orsini, Sforza

et Riario-Sansoni, se sont alliés à la France.

Della Rovere peut prendre le trône de Saint Pierre.

"Mené, Mené, Tékel et Parsin".

Comme Daniel, il faut interpréter.

Nos jours sont comptés !

Ajourner cette réunion afin que je puisse

rejoindre le roi Alfonso en exil.

Cardinal Carafa, qui dirigerait le Sacré Collège ?

Alors que si nous sommes dans cette situation

c'est pour défendre votre pays ?

Une question ?

Où est le préfet de Rome ?

Personne n'a plus vu Juan Borgia

depuis que les Allemands ont déserté.

Il est comme une bulle,

bien gonflé et puis

plus rien.

Soyez prudent, Éminence.

Ne dénigrez pas notre fils.

Voilà, on y est presque.

C'est une fille.

Nous trouverons un accord avec Charles de France.

Avec quoi ?

Avec quelle bricole,

Votre Sainteté pourrait appâter le roi.

Parfois, ce qui nous fait défaut peut s'avérer utile.

Ridicule.

Sans défense, Rome n'offre aucune résistance.

N'ayant plus rien à attaquer, Charles sera obligé de parler.

Parler ?

Sous ses ordres, des mercenaires suisses ont massacré

les habitants de Rapallo.

Rapallo n'est pas la Cité de Dieu.

Nous allons lui envoyer un émissaire,

pour lui dire de passer par Rome pour rejoindre Naples,

et réclamer le trône.

En échange, Cesare, doit être libéré.

Votre Sainteté !

Vous avez un bébé. Une fille.

Elle aura une longue vie à Rome,

libérée de la domination étrangère.

Regarde-la.

- Elle est magnifique. - Oui, c'est vrai.

Je voudrais l'appeler Laura.

Comme la muse de Pétrarque.

Laura.

Comment est l'enfant ?

Quand elle est née, elle était répugnante.

Et maintenant, elle est jolie.

Regarde comme elle rayonne.

Ta nouvelle sœur ou dame Giulia ?

Elle n'a que quelques années de plus que moi,

mais elle a déjà tout ce qu'elle désirait.

Mes rêves meurent avant de se réaliser.

L'homme que j'aime est à la guerre, avec mes frères.

Et moi, je suis cloîtrée dans un mariage sans amour.

Je préférerais un mariage sans amour, plutôt qu'être maltraitée.

Maltraitée ?

Je veux dire, abandonnée.

Juan est parti depuis bientôt deux semaines.

Sois patiente. Il va revenir.

Les aléas de la guerre jouent en ta faveur.

Voici des vêtements de paysans.

Et tu n'as pas de temps pour te laver.

Mille excuses.

On se reverra.

Mais ce sera la dernière.

Hier, j'ai vu dans le ciel deux armées qui s'affrontaient.

Un présage ?

Les nuages et le tonnerre.

Il est possible qu'à l'arrivée des Français, les cadavres soient réels.

Saint-Père, pour ta bénédiction à sa revendication

au trône de Naples, Charles a libéré Cesare.

C'est trop facile.

Pourquoi j'ai l'impression d'être le roi Priam

ouvrant les portes de Troie à un cheval de bois ?

Les Français arrivent.

Je viens d'accoucher.

La douleur est violente

mais il faut que tes doigts creusent un trou.

Je ne savais pas.

Tu sais combien d'opiacés j'ai avalé pour m'endormir ?

Je suis désolé.

Mon esprit est...

Je vais l'allaiter

puisque je suis réveillée.

Où est mon père ?

Où est ma famille ?

Cachée, au château Saint Ange.

Vous êtes resté pour voler ?

Je suis cérémoniaire, quand un pape meurt,

ses effets m'appartiennent.

Et vous croyez que la mort du pape est imminente ?

Vous êtes en danger ici.

Rejoignez votre famille.

Je m'en vais,

ma femme et mes enfants m'attendent.

Que Dieu nous protège.

Pleurez, mais il va falloir me payer.

Où sont les mercenaires ?

Señor de Haro, évêque Von Hohenzollern,

nous sommes heureux de vous voir.

Saint-Père,

je m'apprêtais à vous demander audience.

J'ai reçu une triste nouvelle.

Le Cardinal Mendoza est mort.

C'est une tragédie.

C'était un grand homme.

Mais il y a plus important...

La reine Isabelle vous demande de nommer l'évêque de Cisneros,

pour remplacer Mendoza à Grenade.

Et ?

Et ?

Qu'a ajouté Sa Majesté Très Catholique ?

Rien d'autre.

Notre Ville Sainte est frappée par la fleur de lys française,

et vous venez discuter de trivialités ?

Quand l'Espagne va-t-elle venir nous aider ?

Et le Saint-Empire Romain ?

Le roi va prendre une décision.

Alors que nous allons être vaincus !

La nomination de Cisneros sera envoyée à Barcelone,

quand Ferdinand enverra des troupes pour sauver Rome.

Mon fils...

Patience, mon fils.

Tenez mon fils.

Tu es là depuis quand ?

Où est ta robe de cardinal ?

- Quand as-tu mangé ? - Pitié, Alessandro.

Tu poses trop de questions.

J'ai mal à la tête.

Pourquoi tu n'es pas retourné chez toi ?

Ta famille est inquiète.

J'allais le faire.

Mais en voyant cette misère,

j'ai réalisé que ma place était ici.

Est-ce que tu me vois ?

Bien sûr que oui. Je te vois.

Regarde encore.

Est-ce que tu me vois ?

Je ne peux pas me présenter devant mon père, comme ça.

Viens.

Tu vas te laver, t'habiller et te nourrir.

On va créer, comme Pinturicchio, le portrait d'un prince.

Saint-Père, Yves d'Alègre,

généralissime du roi Charles.

Votre Sainteté.

La maternité vous a épanouie,

comme je l'avais dit.

J'ai distrait dame Giulia

lorsqu'elle était notre prisonnière.

Dites ce que vous avez à dire.

J'ai des directives de mon roi, Charles VIII de France.

Le roi vous ordonne d'aller au Palazzo San Marco.

Nous serons très heureux de recevoir Sa Majesté.

Il veut que ce soit vous, qui alliez à lui.

Et nous venons de dire

que nous le recevrons ici.

Vous avez entendu nos directives.

Disparaissez.

Tu as l'air d'avoir fait une grosse impression.

Tu crois ? Je n'ai rien remarqué.

Tu es restée prisonnière combien de nuits ?

Avec les problèmes que tu as, évite la jalousie.

Je suis là, avec notre enfant.

L'esprit d'un homme, dans un corps de femme.

L'esprit d'une femme qui regarde l'avenir.

Si les Français t'offrent l'exil, tu nous emmèneras Laura et moi ?

L'exil n'est pas une option.

Je sens tes os !

Tu parais plus mince.

Je vais vous chercher à manger.

Où est Juan ?

- Juan est parti... - En mission secrète.

Nous avons prié Dieu pour qu'Il te ramène à nous.

C'est à vous que je dois mon retour, pas à Dieu.

Père, je suis inquiet.

J'ai pu entrer dans le château sans problème.

Tu prendras en charge notre défense.

Mais avant...

Comment as-tu été traité par les Colonna ?

Avec le respect dû à un cardinal ?

Imaginez Père,

ils m'ont donné des lasagnes avec des épices,

une fois par jour.

Vos instructions étaient claires,

pas d'alcool pendant les gardes !

On n'a pas le droit à l'erreur !

Qu'est-ce que tu veux ?

Rien, Votre Éminence, mais...

Non, rien.

Excusez-moi.

Comment osez-vous ?

Mon mari est gouverneur, et il...

Il était gouverneur, maintenant il est prisonnier.

Je suis le commandant Briçonnet, fils de l'évêque de Saint Malo !

Il paraît que tu étais la putain du pape.

Je dois goûter à ta chatte !

Votre Sainteté.

Nous allons te confier une mission importante.

Avec la violence qui sévit,

les tombes n'en finissent plus de se creuser.

Tu vas aller voir le roi Charles,

et tu lui demanderas de retenir ses hommes.

Tu es sûr qu'il est le plus qualifié,

pour mener à bien cette mission ?

Gacet va t'accompagner.

Papa ? Vous vouliez me voir ?

Venez, Éminence, trouvons une stratégie.

Nous allons exaucer ton vœu,

ton divorce avec Giovanni Sforza.

Merci.

La procédure de divorce est complexe.

L'Église l'accorde dans deux circonstances,

l'impuissance de l'époux, ou l'infidélité de l'épouse.

L'impuissance. Mon mari est impuissant.

Je ne lui ai pas été infidèle.

Vous me rendez très heureuse.

Merci.

Madame. Votre mère est là.

Les hommes sont des porcs !

Tu es en sécurité ici.

Mes hommes m'ont dit que tu venais d'arriver.

Comment as-tu réussi...

à échapper aux Français ?

En ces temps difficiles, on cherche la sécurité.

Tu as raison de redouter le contact d'un homme.

Mais, je suis ton fils.

Laisse-moi te consoler.

Toi qui as séché mes larmes.

Je connais ta douleur.

Éminence, nous devons partir.

On va vous apprendre à obéir, sales chiens !

Giovanni Sforza, comte de Pesaro.

Mon amour.

Qu'est-ce que c'est ?

L'acte d'annulation.

Notre mariage est annulé ?

L'annulation est le seul remède.

Qui a besoin d'un remède ?

Elle est ma femme devant Dieu,

et le pape.

Dites au Saint-Père que je ne signerai pas.

Dans ce cas, il y aura une audience.

Pour quels motifs, une audience ?

L'impuissance.

Comment nous en sommes arrivés là ?

Toi, pas nous.

Tu es un raté,

en amour, à la guerre, comme homme, aussi.

Il n'y a pas de place pour toi dans la famille,

ni dans mon cœur.

J'ai demandé à recevoir le souverain pontife,

et c'est son bâtard que je reçois.

Et,

un Marrano.

Je les congédie ?

Cardinal Cesare Borgia.

Oui, Votre Majesté.

Il n'est pas aussi menaçant que vous le prétendiez.

Les apparences sont souvent trompeuses.

Pourquoi le pape n'est-il pas venu en personne ?

Les rues sont pleines d'armes et de sang.

Le pape estime qu'un souverain oint par Dieu,

devrait traiter la Ville éternelle avec plus de respect.

Il exige que la violence s'arrête.

Il exige ?

On me dit que votre père viole les lois sacrées,

et qu'il mène une vie dépravée.

J'ai réuni un conseil pour destituer le pape.

- Nous allons... - Votre Altesse,

ces cardinaux, qui attaquent Sa Sainteté,

sont les mêmes qui ont accepté des pots de vins,

pour son élection.

Sa vie dissolue est connue !

Jésus-Christ, notre Sauveur,

a été accusé par les Pharisiens,

qui étaient eux aussi corrompus.

Ne vous y trompez pas.

Une tiare n'est pas une couronne d'épines.

Rodrigo n'a aucune envie d'imiter le Christ.

Et vous Della Rovere ?

Votre Majesté, vous avez signé un traité avec le roi d'Angleterre.

Mais que va dire Henri VII,

que vont dire les autres princes chrétiens,

si la rumeur se répand que vous assiégez le Vicaire du Christ ?

Et que vous souhaitez le juger ?

Alors que sa tâche est de juger tous les hommes.

Que dira votre épouse, la reine Anne ?

Mon épouse,

est une fervente Catholique.

Elle a beau être jeune et avoir un teint de rose,

elle me rappelle qu'elle est duchesse de Bretagne,

et aurait pu épouser un Tudor.

Avant que je quitte Lyon, elle a dit :

"La reine suprême".

C'est ainsi qu'elle tient à se nommer.

"Vous ordonne, mon époux," pas mon roi.

"De préserver la dignité de Sa Sainteté.

Désobéissez à mes ordres et vous ne reverrez jamais mon lit".

Ces manières si fières

me rendent capable de tout pour la satisfaire.

C'est vraiment une folie

dont je ne guérirai pas, même pour toute l'Italie.

Alors, je change d'avis.

Je vais rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu,

et prêter serment d'obéissance à ce pape.

Sa Sainteté en sera...

Si mes conditions sont respectées.

Un : Sa Sainteté me rendra visite en personne.

Deux : le château Saint Ange sera placé sous mon autorité,

et trois : le Shahzadeh Djem

sera mon prisonnier.

Nous ne pouvons pas renoncer à Saint Ange.

Charles en ferait cadeau à Della Rovere,

et mon corps flotterait sur le Tibre,

décomposé, au lieu d'être déposé.

Si vous ne lui donnez pas, il s'en emparera.

Leurs canons détruiront la ville.

À mon avis, le plus important pour le roi c'est Djem.

Non pour le château, oui pour Djem.

Vous aviez promis qu'il serait protégé.

En guerre, il est difficile de tenir une promesse.

Tu dois lui rendre visite...

Il n'est plus au Palazzo San Marco,

il est au palais Apostolique.

Ce chien de Français dort dans mon lit ?

C'est lui qui viendra à moi.

Un point c'est tout.

Vous y êtes presque, mais l'un de vous va devoir céder.

J'ai une solution.

Vous vous rencontrerez, par hasard.

Vous vous promènerez dans le jardin.

Charles vous verra le premier.

Parfait. Comme il se doit.

Vous vous découvrirez, et vous vous inclinerez.

M'incliner ?

Ne vous inquiétez pas.

Le pape ne vous aura pas vu.

Vous en êtes sûr ?

Il vous aura vu, mais il fera comme si

de rien n'était.

Il se prosternera ?

Je ne baiserai pas la sandale de ce Catalan.

Vous ne serez pas obligé de le faire.

Charles s'agenouillera.

Le pape vous prendra la main.

La rencontre ayant eu lieu,

vous passerez la journée à le flatter.

L'évêque Briçonnet aspire à devenir cardinal.

Cette pensée l'obsède.

Briçonnet ?

Vous commencez notre entretien avec Briçonnet ?

Della Rovere est très influent.

Nous...

avons...

un vertige.

Il me faudrait du repos.

Quelle preuve avez-vous de mon impuissance ?

Le pape m'a interdit toute relation.

Vous avez tenté de forniquer. En désobéissant au pape.

Pourquoi tu as...

À cause de cet ordre, j'étais sous pression,

ce qui a affecté mes performances.

Donc, vous avez manqué à votre devoir conjugal.

Nous avons été interrompus, une fois.

Cette pression...

À cause des trente mille ducats ?

- Quels trente mille ducats ? - La dot de Lucrezia.

Si l'annulation est prononcée, vous devrez rembourser.

Je n'ai reçu qu'un tiers

et je devrais rembourser les deux tiers

que je n'ai jamais reçus ?

Laissez-moi encore essayer.

Peu importe l'argent, mais ma réputation !

Je vais être ridiculisé dans toute l'Italie.

On peut encore essayer.

En la présence d'observateurs, le pape,

ton cousin,

une cinquantaine de personnes avec nous...

Je ne pourrais jamais, je...

Cette audience est presque terminée.

Si vous voulez vous défendre, c'est maintenant.

Comment puis-je être impuissant ?

Ma première femme est morte en couches !

Nous avons un témoignage, votre épouse

vous trompait avec un palefrenier.

Et maintenant des insultes !

Il n'était pas question de parler de Briçonnet.

- C'est Della Rovere... - Ou Sforza...

Il jette sa ligne alors que nous méprisons le ver.

Vous avez augmenté la taille de l'hameçon qu'est Briçonnet.

Sforza et Della Rovere ne laisseront pas Charles fléchir.

Nous allons accorder ce titre à Briçonnet.

Nous ne serons pas le poisson, mais le pêcheur.

Guillaume, Cardinal Briçonnet,

évêque de Saint Malo.

Herr Burchard,

le Français vous a cambriolé.

Le voleur a donc été volé.

Et lui a violé votre mère.

In Nomine patris

et filii et spiritus sancti.

Votre Sainteté.

Vous revenez vers nous parce que nous avons fait la paix ?

Nous avons toujours été du côté de l'Église.

- Et Sforza ? - Il est à Milan.

Et Della Rovere ?

Il est avec le roi Charles.

En tant que frères en Christ, la Cité de Dieu est votre foyer.

Vous serez toujours les bienvenus.

Tu as une mère, Briçonnet ?

Alors tu sais pourquoi tu meurs !

Bonjour, mon frère.

Je n'avais pas entendu parler de ton retour.

Ni moi du tien.

Ça ne me surprend pas maintenant

que la paix est signée, et que le danger a disparu.

Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Tu crois ?

J'ai forgé une force allemande redoutable,

- et loyale à notre père. - C'était des fripouilles.

Je savais que si je quittais la ville,

ton incompétence les ferait fuir.

Tu oses critiquer mes...

J'ai sacrifié ma liberté pour notre famille,

pendant que tu te cachais en buvant du vin.

Va te faire foutre.

Ton existence est une insulte au nom des Borgia.

Et toi, tu en es digne ?

Bien plus que toi.

Alors viens.

On va voir qui est un vrai Borgia.

Où est passé ton garde du corps ?

Tu ne veux pas qu'il se batte pour toi ?

- Je n'ai pas besoin de protection. - Tu en es sûr ?

J'ai tué un homme, ce soir.

J'ai encore l'odeur de son sang.

Ça suffit !

Ce n'est pas le moment pour ça.

Toi, approche.

Votre Sainteté, j'ai...

Je suis allé former une garde pontificale.

Mon fils.

J'ai cru t'avoir perdu.

C'est magnifique, l'amour d'un père.

"Giovanni a signé le jugement de divorce.

Il a admis être impuissant.

Je suis libre de me marier.

Cette fois ce sera un vrai mariage,

car ma pureté est intacte.

Tous les autres, je les refuse,

car c'est toi que j'ai choisi."

Fais parvenir cette lettre à Ferrare.

- Sans que ma famille le sache. - Votre secret est bien gardé.

Entre.

Le roi de France est prêt à nous jurer obéissance ?

Pas tout à fait.

Quand je l'ai vu, il mangeait encore,

il n'avait pas chaussé ses bottes,

et pour la troisième fois,

j'ai dû lui répéter le cérémonial.

Vous lui avez demandé de renouveler

son vœu de loyauté devant le peuple de Rome.

Il a peut-être accepté, pour vous embarrasser.

Nous n'attendrons pas davantage.

Vous vous êtes perdu ?

Même avec Della Rovere ?

Mais peut-être que...

Son Éminence tourne en rond.

Pardonnez-moi notre retard, Saint-Père,

mais la mort du fils de Briçonnet a bouleversé ma cour.

Je crains que deux amendements

soient indispensables.

Des modifications ?

À votre initiative, Ferdinand d'Espagne a été nommé

"Majesté Très Catholique" par le pape Innocent.

Je tiens aussi à ce titre.

C'est impossible. Il ne peut y en avoir deux.

Ôtez à Ferdinand cet honneur.

Nous allons vous accorder

le titre de "Roi Très Chrétien".

Pour le second amendement.

Vous nous accompagnerez à Naples,

pour me sacrer souverain.

Vous nous éprouvez, nous allons faire de même.

D'où viennent ces demandes ?

Vous viendrez avec nous ou pas ?

Oui, si tel était notre choix,

mais non parce qu'il l'a demandé.

L'accord restera tel quel.

Salaud.

Le moment est venu, Votre Majesté.

Donnez l'ordre,

et j'éradique ce Borgia de la Terre !

Tuer un pape ?

Et faire de lui, un martyr et un saint ?

Si vous refusez de m'accompagner,

un homme de confiance le doit.

Vous exigez trop.

Il ne sera pas otage à nouveau.

Ceci est notre dernière entrevue.

Naples est très agréable au printemps.

J'accompagnerai le roi.

Non pas comme otage.

Nous nommons Cesare, Cardinal Borgia,

légat pontifical à la cour d'Avignon,

avec l'immunité que cela implique.

C'est moi le légat pontifical.

Le légat représente le pape.

Vous nous représentez ?

Votre Altesse.

C'est le flux et le reflux de la guerre.

Nous devons parfois renoncer à certains privilèges,

pour en gagner d'autres.

Votre Sainteté,

je suis venu pour vous rendre hommage,

et vous témoigner mon respect, comme l'a fait mon ancêtre impérial,

Charlemagne.

Mon frère ne peut pas redevenir otage !

Toi seule peux convaincre le pape.

Que puis-je faire ?

Si vous avez échoué,

par quelle magie je pourrai y parvenir ?

Tu es venue voir l'enfant ?

Je suis venue à mon tour,

pour te demander de parler au Saint-Père.

Tu as essayé de convaincre le pape ?

Je ne suis pas admise en sa présence.

Tu le demandes avec tant de gentillesse.

Je vais essayer.

La prochaine fois que je verrai le Saint-Père,

j'entonnerai les trompettes pour Cesare.

Encore un peu de vin ?

Si nous vous livrons aux Français

c'est parce qu'il n'y a pas d'autre possibilité.

La vérité ?

Vous m'avez trahi, mais vous trahissez aussi votre fils.

Attention.

Il est libre de s'exprimer.

Depuis mon arrivée à Rome,

j'étais un rouage dans la machine politique.

Mais Cesare, il est votre sang.

Je préférerais souffrir mille morts,

que livrer mon fils à mes ennemis.

Et où est votre fils ?

Certains diront que Cesare n'est plus votre fils.

Il sera toujours mon fils.

Vous aviez une fille sous votre toit, Lucrezia.

Ensuite, Laura est née.

Et depuis le séjour de Cesare à Marino,

vous en avez trois.

Quoi ?

J'ai...

C'est vrai ?

Tes cheveux sont si doux.

Comme ceux d'une femme.

Ça suffit, lâche-le !

Attention, mon frère !

J'ai l'impression que tu bandes.

Il m'a cassé le nez.

Tu l'as mérité.

Debout.

Tu ne parleras à personne de l'infortune de ton frère.

À personne.

Vous non plus, Djem.

Je me suis battu, croyez-moi, père.

J'ai lutté de toutes mes forces.

On reconnaît un véritable homme,

non pas aux souffrances qu'il endure

mais à ce qu'il apprend de ses souffrances.

Je te le jure,

comme père, comme Vicaire du Christ,

nous aurons, un jour, notre revanche.

Bonne nuit.

Notre enfant m'a rapprochée de tes autres bâtards.

Cela a dû être difficile pour toi,

d'envoyer Cesare à Naples, avec les Français.

J'en suis malade.

Ne le sois pas.

Tu as fait ce qui est juste.

En hommage Votre Altesse,

je vous offre ces deux chevaux cappadociens.

Vous êtes un grand écuyer, m'a-t-on dit.

Alors je vous suis reconnaissant.

Vous voyez, j'ai réussi à convaincre le pape.

Nous sommes à l'aube d'une amitié durable.

Venez près de nous, légat.

Je tiens à vous garder près de moi.

Je suis désolé, père.

Je me suis mal conduit, hier soir.

Diego Lopez de Haro.

Il a une supplique de l'Espagne.

La reine Isabelle est au désespoir.

Cisneros est son confesseur depuis des années.

Toutefois, il refuse de devenir cardinal,

car il pense en être indigne.

Cela nous est égal.

Charles nous a forcés à annuler un décret.

Il a détruit Rome, enlevé notre fils.

Et maintenant, il marche sur Naples !

Si seulement il était un roi puissant.

Mais ce n'est qu'un infirme !

Rien à voir avec Ferdinand.

Quant au peu d'intérêt de Cisneros pour la robe,

qu'il aille au Diable !

Une bulle papale pourrait l'obliger à devenir cardinal.

Le forcer à accepter ?

Pourquoi ferions-nous cela ?

Nous n'avons jamais entendu une chose pareille !

Si la bulle papale était émise,

la reine pourrait convaincre son mari

de s'allier contre la France.

Ses désirs sont des ordres.

"Maximilien, le succès de la France en Italie

diminue votre influence.

L'Espagne s'apprête à lutter au nom de Dieu.

Allez-vous laisser deux pays de moindre importance

festoyer à notre table ?

De nom, vous êtes Empereur Romain.

Arrêtez de vous tapir dans les Alpes, et devenez-le."

Que Maximilien reçoive cette lettre de tes mains,

et seulement de tes mains.

Verbum lncarnatum, Sa Sainteté le pape Alexandre VI

convoque en assemblée le Sacré Collège des Cardinaux.

Nous nous retrouvons, mes frères, pour nous séparer.

Vous partez pour Sienne.

Colonna pour Ferrare,

Orsini pour Venise,

Riario-Sansoni pour Florence.

Vous devez convaincre les ducs, les doges

et le clergé de chaque ville,

que nous devons nous unir pour sauver l'Italie.

Le roi d'Espagne se joindra à nous.

Et l'empereur Maximilien le fera sûrement aussi.

Nous allons fonder une Sainte Ligue

qui décimera les Français, et mettra Della Rovere à genoux.

Comme Constantin,

Justinien et Charlemagne,

la Lance de Longinus apporte la victoire

à celui qui la possède.

Vive le pape Alexandre.

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