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Original subtitles

Mars 1493

Les passions de Lucrezia Borgia ont connu l'échec.

Qu'est-ce que tu as ?

Je ne suis pas assez belle ?

Ça ne m'était jamais arrivé.

Sa gardienne n'est plus là.

J'ai des informations concernant Orsino Migliorati

et Adriana de Mila.

Le cœur de Lucrezia s'enflamme pour un nouveau soupirant.

Comment va la dame ?

Je suis Alfonso d'Este.

Les ambitions de Juan Borgia ont été couronnées de succès.

Nous te nommons capitaine général de la garde pontificale.

Ça te fait plaisir ?

Bien sûr. C'est mon rêve !

Les ambitions de Cesare Borgia ont connu l'échec.

Tais-toi.

Il s'est attiré de nombreux ennemis :

Marco Antonio Colonna.

Mon oncle sera bientôt de nouveau préfet.

Tu peux te branler avec quatre doigts ?

Alessandro Farnèse.

Tu t'es conduit comme un bâtard.

J'ai fini.

Les plans de Rodrigo Borgia ont été couronnés de succès.

J'ai décidé d'appuyer la requête

du prince Alfonso, pas celle du roi Charles.

Mais d'autres puissances guettent dans l'ombre...

Le roi Charles par droit divin,

doit gouverner Naples.

Mais il y a une contrepartie à votre sacre.

La France va attaquer l'Italie très bientôt.

Charles partira en guerre

et passera par Rome pour baiser votre anneau

ou pour vous botter le cul.

Ces putes de Milanais nous ont lâchés.

Sforza va ouvrir les portes pour lécher le cul des Français.

Et son frère, le vice-chancelier,

conseillera au roi d'abandonner le pape.

Où en est la flotte de Naples ?

Mon frère Federico attaque Gênes.

Qu'une partie de vos troupes reste près des Abruzzes.

Le prince Ferrando conduira l'autre moitié vers Milan

pour rejoindre les Florentins et repousser Sforza.

L'ordure de Colonna, s'est allié à la France.

Et Orsini stimulé par ta défaite à Bracciano le suivra.

Charles sera à mi-chemin de Rome sans tirer une flèche.

C'est abstrait, mais les morts seront réels.

Soyons prudents.

Je vais placer des hommes ici à Rome.

Je défendrai la Ville éternelle.

Bien sûr, mais avoir des hommes en plus...

Des hommes à vos ordres ?

La garde protège Rome.

Père,

je me suis rendu compte de mes erreurs.

Laissez-moi vous prouver que je suis valeureux.

S'il vous plaît.

Très bien.

Que Dieu vous aide dans l'épreuve.

Comment puis-je vous servir ?

Mets-toi à genoux et prie pour Rome.

Je peux combattre comme mon frère

en récitant mes prières.

Pour mourir tous les deux ?

Le Cardinal Orsini est arrivé.

Pour faire la paix,

Orsini revient pour signer un armistice.

Ce n'est pas un effort inutile ?

Les Français n'ont pas encore franchi le Mont Blanc.

Ça nous laisse une possibilité.

Lucrezia est mariée au comte de Pesaro.

Elle a besoin d'aide pour tenir sa maison.

Ce qu'on attend de vous est simple.

Donnez-lui tout ce qu'elle désire.

Encouragez-la à vivre ses passions,

à se mesurer à ses frères, à son père.

Vous me rapporterez tout ce qu'elle fait et dit.

Mais la comtesse ne vous parle pas librement ?

Je pensais que vous étiez amies.

Depuis qu'Adriana de Mila nous a quittés,

Lucrezia est distraite,

solitaire, enfermée dans le silence.

Ce n'est ni bon pour elle, ni pour sa famille.

Nous n'avons jamais eu cette conversation.

Regardez-moi dans les yeux

ou vous aurez une cicatrice pire que la mienne.

Et votre traversée depuis l'Espagne ?

Très calme.

Merci, Comtesse.

Je n'ai jamais eu de dame de compagnie.

C'est la première fois pour moi aussi.

Comme ça vous ne verrez pas mes erreurs.

Je me demande,

Pantisilea,

si je serai capable de vous faire confiance

pour vous dire mes pensées les plus intimes.

Comtesse, j'obéirai à vous seule.

Les Orsini ont signé un pacte avec l'armée de Naples.

Nous sommes résolus à repousser les Français.

Comme tous les bons chrétiens.

Cependant, je ne devrais pas être loyal,

car vous avez perdu ma confiance le jour où Juan a attaqué Bracciano.

Le meurtre d'Orsino conforte notre méfiance.

Virginio dit que vous n'avez rien à nous offrir.

Nous commandons, nous sommes encore le pape.

Pour combien de temps ?

L'Empereur est mort.

- Dans la bataille ? - Non, d'une opération.

De sa jambe, ils ont voulu l'amputer.

Que Dieu sauve l'âme de Frédéric le Pacifique.

Il a été appelé "le Pacifique"

parce qu'il a perdu toutes les batailles,

il était obligé de faire la paix.

Peut-être que son fils, Maximilien,

se montrera meilleur guerrier.

Maximilien est aussi égocentrique

que tous les Habsbourg.

Votre salut viendra d'une armée puissante.

Puisque nous combattons ensemble,

nommez un vrai soldat à la tête de vos troupes.

Et pas un inconscient comme votre fils.

J'ai besoin que tu aides ton frère.

Conseille-le. Ne sois pas son rival.

Vous êtes en retard.

Où sont les autres ?

Le lieutenant Baglioni ?

Les lieutenants Catalano et Cioffi ?

Cette poule mouillée de Pugliese ?

Ils sont partis, préfet.

Partis où ? Au paradis ?

Les hommes refusent de se battre pour vous.

De se battre pour moi ?

Vous ne vous battez pas pour moi,

vous vous battez pour le souverain pontife.

On se fout de savoir

lequel de ces trois trous du cul est le pape.

Merde !

Ces deux-là doivent mourir avant ce soir.

Cet homme masqué est le bras droit de mon frère.

Tu sais quoi sur lui ?

Rien.

Ni d'où il vient, ni sa formation,

ni la signification de son masque.

Personne ne sait rien.

Il est un mythe.

Je n'aime pas qu'il se mêle de nos affaires.

On a des nouvelles d'Alessandro ?

Que lisez-vous, Comtesse ?

La grande tragédie d'Iphigénie.

Que peuvent vous apprendre les Grecs ?

Ce sont des barbares.

Un roi sacrifie sa fille aux dieux

pour continuer à gouverner.

Iphigénie accepte son destin comme l'agneau sacrifié.

Mais sa sœur, Electre, commet un meurtre.

Où est votre sourire audacieux ?

Je rentre à Ferrare.

S'il vous plaît, laissez-nous.

Vous ne pouvez pas partir,

je vais m'ennuyer si vous ne me taquinez plus.

Mon père a décidé de s'allier à la France,

contre votre père et Naples.

Je suis un fils loyal et un citoyen fidèle.

Je dois m'en aller.

Ces palabres, c'est de la politique absurde.

C'est loin d'être absurde.

Les alliances changent constamment.

Et qui sait, peut-être que cet été

je me battrai aux côtés des Borgia.

Vous allez combattre ?

Évidemment.

De vous savoir en danger.

Je vais m'inquiéter.

Comme ça

vous ne m'oublierez pas.

Je refuse toutes les femmes et je vous choisis.

Votre courage me donne du courage.

Colonna s'est emparé du port d'Ostie.

Et le drapeau français flotte à la place du nôtre.

Si tu n'avais pas affaibli nos forces

on aurait pu garder le port.

Comment oses-tu me blâmer à cause de ces porcs ?

Des porcs ?

Ces hommes viennent des plus grandes familles.

Les plus grandes putains

qui ne connaissent rien à l'art de la guerre.

L'armée de Naples va défendre Rome.

Prions pour qu'elle arrive avant les Français.

Père.

Je vais former une force nouvelle, beaucoup plus efficace.

Je vais entraîner des hommes qui aiment se battre.

Pas des hommes qui n'aiment que la couture.

Des Allemands.

On les entraînera.

Je vais l'aider.

On va former un bataillon digne de notre ville

et du trône de Saint Pierre.

Je ne me battrai pas, je le conseillerai.

Ensemble, comme tous les frères devraient l'être.

Pendant que vous vous organisez,

je vais ordonner à Colonna de rendre Ostie.

S'il refuse ?

Il sera excommunié.

Je veux divorcer.

Je ne veux pas vivre comme ça.

D'abord tu veux coucher avec ton mari,

et maintenant tu veux divorcer.

Il y a une différence entre la ferveur et l'insolence.

Alors, renvoyez Giovanni Sforza à Pesaro.

Impossible, nous avons besoin de la famille Sforza.

Et si Milan fait alliance avec les Français contre vous ?

Ne parle pas de diplomatie avec moi,

n'essaie pas de me manipuler.

Dans ces deux domaines, je suis le maître.

Tu restes mariée.

Pas maintenant, laissez-moi.

Votre Sainteté, on a des nouvelles du nord.

Le pire est arrivé.

Les Français sont arrivés à Gênes avant les Napolitains,

et Charles a traversé les Alpes.

Achetons les Suisses.

Ils sont très bien payés.

Giacomo Galasi de Rapallo.

Mort.

Mort. Mort.

Qui est mort ?

Tous ceux du village.

On s'est rendus, mais les diables Suisses

ont tout brûlé, nos maisons, nos récoltes.

Notre nouvelle Cathédrale.

Ils ont anéanti tout ce qui vivait.

Ma famille,

mon fils.

Ils ont tranché sa petite gorge.

J'ai essayé d'arrêter le sang.

C'est comme ça que les Français font la guerre ?

Ils les massacrent alors qu'ils se rendent.

Où sont les règles de chevalerie ?

Charles est un roi chrétien ou musulman ?

Pourquoi êtes-vous en vie ?

Ils ont dit qu'ils m'épargnaient

pour que je raconte ce qu'il s'est passé.

Et ce qui va se passer

à Rome.

Entrez.

Entrez.

Vous êtes des privilégiés.

Vous allez entrer dans la garde pontificale.

Pour protéger le Saint-Père et le monde chrétien.

C'est un honneur.

On se fout de l'honneur !

Le pape Alexandre n'a rien fait pour nous,

les Allemands !

Il n'a pas rétabli l'ordre dans les rues ?

Il n'a pas créé des tribunaux de justice ?

Tous les Romains profitent de ses réformes...

Il a fait quoi pour nous ?

Rejoignez la garde, repoussez les envahisseurs,

et vous serez riches comme des banquiers florentins.

Voilà un Borgia en qui on peut avoir confiance.

On vous écoute, Votre Éminence.

Sachez

que le combat est plus noble que l'argent.

Peu importe pour les Français et les Suisses

que leurs victimes soient des Romains,

des Juifs ou des Allemands,

des riches ou des pauvres.

Vos maisons seront détruites,

vos boutiques incendiées.

Comme à Rapallo.

Vous pourriez rester sans bouger

si vos femmes et vos filles étaient violées

avant d'être égorgées sous vos yeux ?

Le peuple allemand est un peuple fier.

Vous êtes les descendants d'Alaric.

Faites honneur à vos ancêtres,

battez-vous pour vous-mêmes, pour vos familles

et pour ce qui est votre territoire maintenant,

la prestigieuse ville de Rome.

J'exige de lui parler.

Mon neveu, Marco Antonio,

a répondu à votre menace d'excommunication.

Vous n'avez pas été convié ?

Aucun Borgia ne condamnera l'âme d'un Colonna.

Si Marco Antonio veut jouer, parfait.

Voyons sa mise, nous ne bluffons pas.

Préparez la Chapelle Sixtine.

Que le Cardinal Piccolomini rencontre le roi Charles.

Le roi Charles s'en moque.

Et peut-être pas.

La reine Anne est une disciple de l'Église

et elle reconnaît notre autorité divine.

Elle aura du mal à être alliée à un excommunié.

Comment osez-vous ?

Dites à Marco Antonio de profiter de l'hiver

car il fera plus chaud, en enfer.

Ne me touchez pas.

Je n'arrive pas à dormir, je m'inquiète pour Alfonso.

Mais je n'ose pas lui écrire.

Je crains d'être accusée d'entente avec l'ennemi.

Les as gagnent, les cinq perdent.

J'ai perdu.

Je suis désespérée.

Je suis coincée avec une moitié d'homme comme mari,

et celui que je désire

est tellement loin.

Je vous comprends.

Moi-même avec votre frère,

mon mariage ne me rend pas heureuse.

Juan est parfois...

Nous sommes promises à une vie

de nuits solitaires et de jeux futiles.

Pour notre rang, l'amour est un luxe.

À moins que la chance ne me sourie,

et que mon mari meure.

Jorg, tes hommes doivent attaquer l'ennemi.

Il faut être au contact pour poignarder un soldat Suisse.

Thadeus, rappelle à ton unité

qu'une épée, ce n'est pas qu'une lame.

Quand deux épées se croisent, le pommeau doit frapper le visage.

Beau travail.

Les Français vont paniquer en vous affrontant.

Et ce soir, nous buvons.

Des nouvelles d'Espagne ou de l'empereur germanique ?

Non, Votre Sainteté.

Mais le roi Charles a envoyé son émissaire.

Nos ennemis se manifestent avant nos amis ?

C'est leur réponse à la visite du Cardinal Piccolomini ?

Charles a refusé de recevoir Piccolomini.

L'émissaire du pape

n'est plus le bienvenu à la Cour de France ?

On doit ça à Della Rovere.

Qui est cet émissaire ?

L'évêque Briçonnet.

Et nous l'avons empêché d'être cardinal.

Il nous insulte en l'envoyant.

Accordons-lui audience et oublions l'humiliation.

Saint-Père.

Le roi Charles demande

à rejoindre Naples en passant par les États pontificaux.

Une fois encore,

nous avons proclamé Alfonso d'Aragon,

héritier légitime de la couronne de Naples.

Nous lui refusons le passage.

Sa Majesté ne sera pas responsable

des dommages occasionnés.

Nous sommes Pierre ! Nous sommes le Vicaire du Christ !

Est-ce que Charles sauvera votre âme,

si vous êtes excommuniés, vous et votre roi ?

Foutez le camp !

Vous ne pouvez pas excommunier tout le monde.

Contacte l'Espagne et l'empereur.

Dis à Maximilien que nous souhaitons que son neveu,

le prince Ferdinand de Habsbourg,

devienne le parrain de mon futur enfant.

Et dis au roi Ferdinand

qu'à cause des troupes françaises,

sa nièce, Maria Enriques, est en danger.

Et que les Suisses vont la violer,

il entendra ses sous-vêtements arrachés jusqu'à Barcelone.

On sent l'angoisse dans les rues.

Rome va être envahie.

Pas si j'ai mon mot à dire.

Il faudra plus que des mots pour la sauver.

Il faut une stratégie.

Pour battre les Français,

il faut qu'ils s'engouffrent dans les États pontificaux

et qu'on coupe leurs approvisionnements.

Et ici, dans la forêt,

notre garde cachée les attaquerait de nuit.

Comme une horde d'ours allemands.

Un plan digne de Jules César.

Comment je peux savoir ?

J'ai perdu ma guerre.

À présent, je passe mon temps à bavarder.

Sa Sainteté va excommunier la famille Colonna ?

Seulement Marco Antonio.

Le pape veut pouvoir négocier avec le reste de la tribu.

Vous, les chrétiens, vous êtes des magiciens.

Quelle magie ?

Le rituel des cloches, du livre, des bougies.

D'abord les cloches sonnent

pour annoncer la mort.

L'excommunié est envoyé dans le néant.

Ensuite,

le Saint-Père ferme le livre de vie,

qui est fermé à tout jamais à l'excommunié.

Pour finir,

les douze bougies,

qui représentent la lumière de Dieu,

sont éteintes,

laissant l'âme de l'excommunié

dans l'obscurité du désespoir.

Quel spectacle.

À quoi sert la symbolique si la pratique ne change pas ?

Marco Antonio Colonna ne fait plus partie

de la communauté des croyants,

il sera rejeté.

Il est déjà rejeté.

Je ne vois toujours pas la signification.

Il renoncera aux terres que l'Église lui a données.

Ça ne signifie rien.

À moins de lui arracher les terres par la force.

C'est ce que je vais faire.

Et purifier Rome par un grand brasier.

Lucrezia souhaite la mort de son mari ?

C'était dans un moment de faiblesse.

C'est à cause de ses lectures, Electre, les meurtres.

Vous devez la servir et l'encourager dans ses désirs.

Même si ce sont des péchés ?

À plus forte raison.

Rodrigo avait deux autres filles.

L'une est morte et l'autre est vivante,

elle est plus âgée que Lucrezia.

Vanozza Catanei, à son époque,

a réussi à les éloigner.

Si vous n'obéissez pas, vous vous retrouverez au fond

de la cale d'un bateau pour la Terre de Feu.

Madame.

J'obéirai à vos ordres.

Parfait.

Vous connaissez l'arsenic ?

C'est le même parfum que l'amande.

L'aumône pour un pauvre.

Pourquoi tu m'amènes chez l'apothicaire ?

Pour régler vos problèmes.

De quoi tu parles ?

Je peux vous aider ?

- Nous devons tuer une bête. - Quelle sorte ?

Un cheval.

Un vieux cheval, pour soulager ses souffrances.

Quelle taille il a ?

Comme un homme.

Un moment.

Tu es folle.

C'est pour que vous soyez heureuse.

Vous apprenez ça en Espagne ?

Le meurtre est un péché.

Pardonnez-moi, Comtesse.

J'ai dû mal comprendre.

Je pensais que vous vouliez Alfonso d'Este.

Donnez-lui d'un trait, il ne souffrira pas.

- Nous n'allons pas... - Il ne souffrira pas ?

Comme s'il s'endormait.

Nous prenons ce breuvage.

Le pape m'a ordonné de revenir. C'est grâce à toi ?

Je regrette.

Je ne veux pas de mésentente entre nous.

Tu es mon meilleur ami.

Et toi, le mien.

Notre orgueil a été plus fort que notre sagesse.

Le professeur Decio nous aurait sermonnés.

Decio est mort.

Pise est aux mains des Français

ils ont pris Ferrare, et ont été acclamés en héros.

L'armée de Naples bat en retraite.

Et des paysans allemands défendent Rome.

Et Florence ?

Piero de Médici reste courageux.

Il est le digne fils de Laurent le Magnifique.

Entourez Votre Sainteté !

Giovanni de Médici.

Seul.

Saint-Père.

Mon frère Piero s'est enfui à Venise.

Le tombeau de mon père a été vandalisée.

Le moine Savonarole a manipulé le peuple.

Les Médici ont été bannis de Florence.

À tout jamais.

Tu es en sécurité à Rome.

Viens.

Et repose-toi.

Giulia n'aimait pas le premier portrait.

Tu le trouves ressemblant ?

Quand on a besoin d'argent,

la solution est d'en fabriquer plus.

Ce conflit va coûter très cher.

Vice-chancelier,

pourquoi êtes-vous revenu de Milan ?

Mon frère Ludovico a été élevé au rang de duc.

Galeazzo est mort.

Subitement ?

Della Rovere a insinué

au roi Charles que mon frère ne pouvait pas être duc,

en prétextant sa responsabilité dans la mort de Galeazzo.

Le duc a été empoisonné ?

Je ne connais pas la médecine. Seulement les hommes.

Je peux rallier le Cardinal Colonna à votre cause.

Comment ?

Nous avons excommunié son neveu.

Comme toujours.

Il suffit de donner quelque chose en échange.

Que demande Colonna ?

Chaque jour nous devons dire une prière supplémentaire

pour demander à notre Seigneur sa protection.

Le temps des prières n'est plus à l'ordre du jour.

Enlevons nos robes de cardinaux et prenons les armes,

avant d'être obligés de manger des crêpes.

Ton père n'acceptera jamais que tu portes une armure.

C'est vrai.

Quelle souffrance de savoir

que j'ai tout fait pour reconstruire la garde.

Et que c'est Juan qui combattra

alors que le pape m'oblige à prier.

Rome a besoin d'épées et de prières.

Tu es un cardinal, pas un soldat.

Notre combat, c'est de servir le Seigneur.

- La foi est puissante... - La foi ?

À quoi sert-elle quand on est massacré ?

La foi est réservée aux vainqueurs.

Tu blasphèmes.

La foi est une force puissante.

Garde la foi.

Tu reverras Florence bientôt.

Si je pensais ne plus revoir l'hippodrome d'Istanbul,

je boirais la Ciguë.

Sa Sainteté le pape Alexandre.

Si j'avais su que vous veniez...

Prince Djem, pouvez-vous nous laisser ?

Nous devons parler à notre fils.

Giovanni, Alessandro, restez.

Vous devez entendre.

Qu'on ne soit pas dérangé.

Prépare-toi à quitter Rome.

- Pour aller où ? - À Marino.

La forteresse des Colonna.

Pour conduire les Allemands au combat ?

Pourquoi alors ? Je ne comprends pas.

Le prix exigé pour garantir la paix avec les Colonna,

c'est ta liberté.

Ta protection sera assurée par Marco Antonio.

Je serai l'esclave de ce Colonna, de ce chien puant.

Non, je n'irai pas.

Le Saint-Père te l'ordonne.

Alors que ton père

voudrait que tu désobéisses.

Je ne reverrai jamais Rome.

Votre Sainteté.

Oui, Cardinal Farnèse ?

Rome sera toujours là, mon ami.

Comme une belle femme

qui attend.

Je ferai ce que vous attendez de moi.

Ta dévotion apaise mon cœur tourmenté.

Vous voulez me parler de Cesare.

Vous l'avez livré aux Colonna.

Il va mourir parmi des étrangers.

Je comprends les pressions que tu subis

mais c'est notre fils, notre petit garçon.

Souviens-toi comme il s'accrochait à toi avant de marcher ?

J'aime Cesare autant que toi.

Tu aimes Juan, Giulia, et les gens faux.

Tu as nommé Juan, préfet,

comme ton oncle Calixte avait nommé ton frère.

Tu reproduis les erreurs du passé.

Cesare est parti, mais il survivra.

Sa sécurité est assurée.

Par des menteurs et des assassins.

Les dangers montent dans Rome comme Lucifer de l'enfer.

Nous affrontons la tempête mais nous avons besoin de vous

pour aider Cesare et Juan.

Nous avons déjà perdu deux enfants.

Nous sommes inquiets pour Cesare, bien plus que pour nous.

Mais c'est un Borgia.

Il est parti volontairement

pour éviter un désastre.

Vous jouez avec nos vies.

Votre cœur peut être inquiet pour Cesare,

mais votre âme est morte.

Notre âme c'est Rome et nous sommes prêts à tout,

même à sacrifier notre fille pour sauver la ville.

Je ne voulais pas la frapper.

Peu m'importe mon père, je ramènerai Cesare.

Comment tu vas faire ?

Je vais voir si mon mari peut finalement m'être utile.

Mon frère, Cesare,

est prisonnier de la famille Colonna.

Ton cousin, le vice-chancelier, a manigancé tout ça.

Interviens auprès de lui pour le faire libérer.

Dès qu'il sera libre, je saurai te remercier.

Je vais voir Ascanio immédiatement.

Je ne te décevrai pas, ma bien-aimée,

je le jure.

Bienvenue à Marino.

Bel endroit pour une villégiature.

Descends !

Il est magnifique.

Bel animal.

Tu l'affectionnes ?

Il est arrivé premier du Palio.

Ordure !

Accompagnez notre invité !

Dites à mon père que je l'aime.

Il m'aime.

C'est le dernier message de Cesare.

Qu'est-ce que j'ai fait ?

Tu as fait ce que tu devais.

Je dois le faire pour toi.

Rome n'est plus sûre.

Je t'envoie chez ton frère à Orvieto.

Je ne veux pas te quitter.

Ce n'est pas un argument.

Della Rovere menace de te brûler comme sorcière.

De quel droit il me condamne ?

Ce Génois sodomite !

Tu ne seras pas partie très longtemps.

Je t'en supplie, pars avec moi.

Si je quitte Rome, je quitte mon pontificat.

Je dois rester

et comme un alchimiste, transformer le plomb en or.

Crois-moi, j'ai supplié Ascanio,

mais il refuse de libérer ton frère.

Tu as fait de ton mieux.

Ascanio a dit :

"Une vie doit être sacrifiée pour sauver toutes les autres".

On ne contrôle pas toujours

notre destin.

Calme-toi.

Viens près de moi.

Si seulement je pouvais attaquer Marino pour sauver Cesare.

Je le sais.

Et si je mourais dans l'attaque,

je partirais heureux

parce que ce serait pour toi.

Tu donnerais ta vie pour moi ?

Sans hésitation.

Mon père a besoin d'hommes.

Rome a besoin d'hommes.

Meurs pour Rome, tu mourras pour moi.

Rudolfo ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Je suis sous la protection du Saint-Père, le pape Alexandre !

Le philosophe florentin, Marsilio Ficino,

a écrit un pamphlet dans lequel il vous attaque :

"Charles a ébranlé le monde en acquiesçant."

Qu'est-ce qui se passe ?

Sur la route d'Orvieto,

Giulia a été arrêtée par les Français.

Quoi ?

Laissez-moi, tous les deux.

Attendez.

Attendez.

C'est à ça qu'ils veulent jouer ?

Très bien, très bien.

S'ils lui font mal !

Toi,

arrête Orsini et Colonna.

Ils seront nos otages.

Une fois encore vous êtes impulsif.

Vous êtes victime de votre désir pour cette créature.

Lui aussi, lui aussi.

Je ne vous permets pas.

Nous commandons. Pas besoin de votre permission.

Vous n'êtes qu'un chien, le Catalan !

Enfermez-les tous au château Saint Ange.

Dis à Juan de m'amener Briçonnet.

Je le veux en vie, et même moribond.

Gardes !

Ils sont morts.

Que faites-vous ici ?

- Je suis... - Un otage.

Lâchez-moi !

Vous serez emprisonné jusqu'à sa libération.

Si on lui fait du mal,

vous, Orsini, Colonna et Sforza, vous serez exécutés.

Même si c'est notre dernière décision en tant que pape.

Transmettez ce message à votre roi.

Nous verrons s'il tient à vous.

Alfonso d'Aragon, roi de Naples.

Saint-Père, j'ai échoué.

J'ai déçu mon peuple.

J'ai détruit nos espérances.

- Mon armée est en déroute. - Combien d'hommes il vous reste ?

Je ne sais pas.

- Ils sont dispersés. - Les Français arrivent quand ?

Dans quelques jours, une semaine au plus.

Préparons-nous à évacuer le Palais.

Replions-nous au château Saint Ange.

Les douves sont creusées, les tours sont fortifiées.

Rassemble tes hommes, il faut défendre Rome rue par rue.

Juan,

ne me déçois pas.

Il y a des rumeurs.

Ton frère Cesare est retenu en otage.

Peu importe.

Ce qui compte, c'est notre zèle à nous battre.

Ce sera sans nous, Borgia.

L'évêque Briçonnet,

nous a assuré qu'ils ne pilleront pas nos maisons.

Briçonnet a été arrêté.

Il a ajouté que si on ne se battait pas,

on toucherait deux fois plus d'or

du prochain pape.

Vous maudirez le jour où vous avez trahi Juan Borgia.

Pourritures, traîtres !

Que vais-je dire à mon père ?

Notre Père, qui êtes aux cieux.

Que votre nom soit sanctifié.

Que votre règne arrive.

Que votre volonté soit faite...

Pour faire œuvre de miséricorde

il faut visiter le prisonnier, le vêtir et rassasier l'affamé.

Alors qu'il en soit ainsi.

On y va.

Nous sommes prêtes à partir, Votre Sainteté.

Le danger nous oblige à nous cacher comme des souris ?

Nous serons en sécurité même si on partage le Château

avec Sforza, Colonna, Orsini et Briçonnet.

Quelqu'un a vu Juan ?

Quelqu'un a vu Giulia ?

Comment...

Je ne sais pas, soudainement,

on m'a amenée ici.

En menaçant de tuer Briçonnet, le roi a été abasourdi.

Libère les cardinaux.

Mais, Votre Sainteté, ils vont rejoindre Charles.

Ainsi soit-il. Au moins ils ne seront plus à Rome.

Mais merde ! Charles est presque dans Rome.

C'est un ordre.

Laissez-nous.

Mon cœur s'était arrêté.

Ils t'ont blessée ?

Ne t'inquiète pas.

Le général français m'a considérée comme sa reine.

Ce soir, nous nous réjouissons.

L'armée française sera dans Rome.

Elle sera accompagnée de Della Rovere,

de mes cousins Colonna et des Orsini.

Ton père, en grand unificateur,

a ramené la paix entre les Colonna et les Orsini.

Un miracle.

J'ai accepté de me soumettre

pour que les Colonna soutiennent le pape.

Tu pensais qu'un Colonna pouvait s'allier à un Borgia.

Il n'y a pas de poison. Regarde ?

La nourriture est sensuelle.

Le corps répond à toutes sortes d'excitations.

J'ai même parfois l'impression que je sens encore mon doigt.

Tu brûleras en enfer pour ça.

Ton père m'a excommunié, donc je brûlerai en enfer.

Tu vivras l'enfer sur terre.

Tu te souviens ?

Un jour, tu m'as dit : "Ne pointe pas ton doigt sur moi".

Je vais t'outrager plus brutalement,

pourriture de chien Catalan !

Et tu ne mérites aucun égard,

fils d'usurpateur, bâtard de pape !

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