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Janvier 1493
La famille du pape Alexandre VI s'est agrandie.
Nous aimons Cesare Borgia,
comme mon propre fils.
Car il est le sang de mon sang
ainsi que ses frères,
Juan,
Goffredo
et sa sœur, Lucrezia.
Il n'y a pas d'autres d'autres Borgia dans la nature.
Dans la nature peut-être
mais ici.
Ses adversaires se sont multipliés.
Le roi de France
a donné deux cent mille ducats à l'un de nous.
- À qui ? - Giuliano Della Rovere.
Si tu dis encore un mot contre ma sœur.
Je n'accepte pas d'être traité de cette manière !
Je suis un Orsini. Et un Borgia.
Cours !
Le jeu d'alliance commence, d'un côté.
Je serai vice-chancelier.
Votre nièce, Lucrezia, épousera mon cousin Giovanni
pour nous lier par le sang.
Comme de l'autre.
Nous ne pouvons pas vous renvoyer, sans un Borgia comme époux.
Excellente nouvelle. À qui avez-vous pensé ?
Dans le seul but de protéger le nom de...
Verbum incarnatum. Sa Sainteté Alexandre...
Laissons de côté ces formalités.
Votre Sainteté,
c'est un triste jour pour Naples,
pour toute l'Italie.
Le roi Ferrante est mort.
Une tragédie.
Il y a eu des émeutes ?
Le prince Alfonso d'Aragon,
aimé de notre peuple a maintenu le calme.
Pour l'instant.
Rédigeons une lettre de condoléances.
Comme témoignage de votre soutien,
Alfonso préférerait que vous couronniez le prince.
Quel est votre avis ?
Il n'y a qu'un seul avis.
La France,
le roi Charles par droit divin,
doit gouverner Naples.
L'Espagne pense qu'Alfonso doit succéder à son père.
Nous aussi.
Évidemment.
Maintenant, vous avez des enfants,
une fille mariée à Milan,
un fils à l'Espagne, et un autre fils bientôt
lié à la famille de Naples.
Sans oublier,
celui qui deviendra pape à son tour.
Les diocèses ne vous intéressent plus.
Vous voulez un empire.
Vous accusez le Saint-Père
en sa présence de privilégier les siens
et de placer ses ambitions au-dessus de Dieu ?
Silence.
Pardonnons l'exubérance du jeune cardinal.
Vous êtes d'accord sur un point,
notre décision doit être fondée
sur la loi et le droit divin.
Nous chercherons la preuve
de Charles et d'Alfonso, pour accéder au trône.
Nous vérifierons les détails et nous rendrons le verdict.
Quelle que soit votre décision, Charles partira en guerre
et passera par Rome pour baiser votre anneau
ou pour vous botter le cul.
Le consistoire est terminé !
Verbum incarnatum.
Père.
Della Rovere a bafoué votre autorité.
Faites-le arrêter.
Il va quitter Rome et se comporter en enfant.
Il rejoindra sa forteresse à Ostie puis la France
où il essaiera d'obtenir de l'aide du roi Charles...
Il continuera à intriguer.
Vous êtes en danger.
Vous devez être protégé jour et nuit.
Vivre dans la peur, c'est vivre loin de Dieu.
Trois mois !
Trois mois de repas pitoyable et de nuits sans sexe.
Je t'en prie.
Lucrezia, je partage ta colère.
Prouve-le !
Après l'incident à Saint Pierre,
j'ai reçu l'ordre sous peine d'exil,
de ne pas parler
de notre union.
Ni à mon cousin ni à toi.
J'ai le droit d'en parler.
Je vais voir le pape.
Je te l'interdis.
Je suis une femme,
vous ne dirigerez ni mes actes ni mon cœur.
Je veux faire l'amour avec mon mari.
Quoi ?
Je veux vivre comme une femme mariée avec Giovanni.
Tu dois rester intacte.
Vous me mariez et vous m'interdisez de faire l'amour,
mais vous ne me dites pas pourquoi.
Tu as foi en nous ?
Après m'avoir dit que vous étiez mon oncle ?
Je ne suis plus une petite fille.
On ne m'achète pas avec des breloques.
Quelle souffrance pour moi.
De voir ma femme porter un bâtard.
L'enfant du pape.
Voici la princesse Maria Enriques de Luna,
nièce du roi d'Espagne.
Saint-Père,
votre présence éblouit mon âme.
Il a épousé le plus beau joyau.
Où est mon fils ?
Je ne sais pas.
Je ne l'ai pas vu depuis que je suis à Rome.
Je vais le chercher.
Il te demande.
Tu étais où ?
Pourquoi tu n'étais pas avec ta femme ?
Ferdinand et Isabelle n'ont pas assisté au mariage.
Ils ne l'aiment pas autant que nous le pensions.
Ou tu n'étais pas à leur goût.
Qu'as-tu fait pour les mettre en colère ?
Rien.
Peu importe ! Et la garde pontificale ?
Tu es toujours capitaine général.
Et Virginio Orsini est préfet de Rome.
Alors il est mon supérieur !
Et moi le sien.
Prépare ton armée.
Tempère ton autorité, et cultive la compassion.
Tu as quelque chose à dire ?
Puis-je aller voir le Cardinal Farnèse à Orvieto ?
Que Dieu t'accompagne.
Tu crois que Virginio va apprécier que Juan
reprenne la tête de la garde ?
Virginio doit arrêter l'homme qui a agressé Giulia.
Comme tous les Orsini, il poursuit ses objectifs.
Mais Juan est...
Beaucoup de désertions ont eu lieu quand il commandait.
Il doit mûrir
et être guidé par un homme d'expérience.
Appelle Guidobaldo de Montefeltro.
Le duc d'Urbino sera commandant en second.
J'ai préféré quitter Rome.
J'ai besoin de réfléchir.
Nos ennemis cherchent à détruire la papauté.
Della Rovere ?
Et Colonna,
et Sforza.
Le Saint-Père a confié à Juan sa protection.
Juan,
qui la veille de son mariage avec la princesse royale
est allé voir des putains.
Quand la reine l'a appris, elle a refusé d'assister au mariage.
Ton père le sait ?
J'ai failli lui dire, mais...
Viens. Montre-moi ta forteresse.
Lucrezia, vous êtes malade ?
Mon cousin vous a contrariée ?
Mon père...
depuis le début de mon mariage,
il m'interdit de partager mon lit avec Giovanni.
Je ne veux pas contredire votre père,
mais, en tant que prêtre,
je crois que pour notre Sainte Mère l'Église
le sacrement du mariage est l'union divine entre un homme,
une femme, le Seigneur, et personne d'autre.
Mais si...
Giovanni ne considère pas le sacrement comme nous ?
Si la peur diminue ses ardeurs ?
Vous ferez ce que font les femmes pour sauver leur mariage.
Vous lui direz ce qu'il a envie d'entendre.
Que ce soit sincère
ou pas.
La forteresse d'Albornoz ! Un endroit redoutable.
Elle a été bâtie par ma famille pour protéger Rome.
Elle nous protégera de la France.
J'en ai la volonté, et les hommes.
Mais tu n'as pas d'argent.
Mon père te donnera de l'or.
C'est inutile.
J'ai écrit une lettre à ma sœur.
Elle convaincra le pape.
Mon frère m'a écrit d'Orvieto.
Il ne vit pas comme un cardinal, mais comme un misérable.
La forteresse des Farnèse est en piteux état.
- Je ne peux pas. - Pourquoi ?
Il ne faut pas remuer la vase.
Il me faut une raison incontestable.
Je ne suis pas une raison suffisante ?
Le nommer était un risque.
Lui envoyer de l'argent serait
aujourd'hui, une erreur stratégique.
Les enfants de Vannozza Catanei sont
les seuls à bénéficier de ta générosité ?
Mon bébé non plus n'aura droit à rien ?
J'aimerai notre enfant autant que les autres.
Dieu nous envoie les femmes pour nous humilier.
Ton fils, Juan, et le duc d'Urbino sont ici.
Guidobaldo,
la garde est prête à se battre ?
Oui, Votre Sainteté.
Nous avons confisqué au traître
Della Rovere, son archevêché.
Partez à Ostie. Emparez-vous du port.
Et saccagez son palais.
Si le pape envoie Juan conquérir Ostie, la victoire sera facile.
Si j'étais Juan, j'attaquerais frontalement.
Les ponts,
au-dessus des douves, sont ici et là.
Ici une tour de siège et là un bélier.
Ils grimperont sur les échelles
ici, ici et là.
À l'intérieur, on prend ces deux couloirs,
et on piège les hommes de Della Rovere.
On les tue.
Où as-tu appris l'art de la guerre ?
Au lieu d'étudier les enseignements du Christ
j'étudiais la stratégie de César.
Car même Jésus dit :
"Il faut rendre à César ce qui est à César.
Et à Dieu ce qui est à Dieu.
Mais il n'y a pas de place pour Dieu
sur un champ de bataille."
Ostie est à vous, Votre Sainteté.
Je te félicite.
Vous le félicitez ?
Cette attaque va envenimer nos relations avec le roi Charles.
Parce que Della Rovere a pris un bateau pour la France ?
Mais vous le saviez.
Où est votre loyauté envers Rome
si vous conspirez avec Della Rovere
pour qu'au-dessus du Vatican flotte le drapeau à fleur de lys.
Vous osez parler de loyauté,
vous qui bafouez les sacrements ?
Mon cousin n'a toujours pas consommé son mariage.
Je sais très bien où vous voulez en venir.
Vous voulez vous rétracter.
Ce ne sont pas nos intentions.
Je ne vous crois pas.
Nous sommes le pape.
Vous portez la tiare grâce à moi.
Cette dette est payée depuis longtemps.
J'aime ma famille de toute mon âme,
comme vous aimez la vôtre.
J'espérais que l'union de Lucrezia et de Giovanni...
Tant pis !
Je connais le double langage de la France
et aussi celui de l'Espagne.
Pourquoi tu es seule ?
Où est Adriana ?
Serviteur, s'il vous plaît !
On peut se passer de chaperon.
- Mais le pape. - Nous a donné son consentement.
Il permet qu'on consomme.
Je brûle de désir pour toi.
Va-t'en !
Qu'est-ce que tu as ?
Pourquoi tu ne peux pas ?
Je ne suis pas assez belle ?
Ta première femme était plus belle ?
Ça ne m'était jamais arrivé.
Saint-Père.
Shahzadeh.
Tu ne me félicites pas pour ma victoire ?
La forteresse est sur le point de s'écrouler.
Farnèse se plaint ?
Il voue une reconnaissance
au souverain pontife et à sa générosité, mais il...
veut reconstruire sa forteresse et sa fortune.
La position militaire est immense.
J'ai noté ses atouts stratégiques.
Orvieto servira à défendre Rome.
Farnèse devrait financer sa vanité.
Ta vie serait plus laborieuse si tu suivais tes conseils.
Informe-le que nous financerons son projet.
Votre Sainteté, je pars immédiatement.
Appelez Giulia.
Que je lui annonce la bonne nouvelle.
Tout en haut.
Les lances et les épées sont des armes anciennes !
Vous pouvez y aller !
Bouchez les trous avec des pierres.
Il est plus de minuit.
Repose-toi, on continuera demain.
Il faut se dépêcher.
Notre heure est venue.
Kyrie eléison
Parce nobis ab omni malo, Domine
Ab omni peccato.
Ab ira tua.
Comment va la dame ?
Je suis Alfonso d'Este.
Le fils d'Ercole, l'illustre duc de Ferrare.
Je suis venu voir la beauté de Rome.
Vous êtes plus belle que le Panthéon.
Partez.
Vous êtes sûr ?
Ne vous inquiétez pas. Nous nous reverrons bientôt.
Le voile de Sainte Véronique qui a essuyé le Seigneur
sur le chemin vers la croix.
Vous paierez dix ducats.
Cet argent aidera les pauvres.
Vous êtes congédiés par le pape Alexandre VI.
Souverain pontife,
la Senora Zongha
soumet au tribunal pontifical une requête relative
à un incident qui est survenu hier,
dans une taverne située Via dell'Orso.
Moi et mon mari, Gaetano
nous avons vécu dans la pauvreté.
Où est votre mari ?
Il est mort.
C'était un voleur et un assassin.
Je ne demande pas qu'on l'excuse.
Vivre de manière honnête,
c'était pas son fort.
Je vois.
Mais,
on lui avait promis cinq ducats
pour attaquer Giulia Farnèse.
Il a rempli son contrat
mais au lieu de le payer
Virginio Orsini lui a planté son épée dans le cœur.
Qui a engagé votre mari ?
Hier,
l'homme qui avait promis de le payer est venu à la taverne.
Je lui ai dit de me payer
et il m'a frappée.
Je veux un nom.
Migliorati.
Orsino Orsini Migliorati.
Il louche beaucoup.
Je veux mes cinq ducats, Votre Sainteté.
Une femme a failli mourir,
sa beauté a été mutilée et tu veux cinq ducats !
Sortez cette chienne.
Je veux cette merde d'Orsini devant moi.
Vivant.
Ton comportement était indécent,
sous le regard de notre Seigneur,
de ta belle-sœur et de ton mari.
Je n'ai rien fait.
Il est venu me parler.
Mère.
Mère, je suis perdu.
Le pape sait tout.
Relève-toi.
Je vais t'emmener voir tes oncles Orsini.
Ils t'aideront à disparaître de Rome.
Pas un mot à quiconque.
Orsino est coupable et vous avez couvert son crime.
J'ai mené une enquête.
Il l'a juré sur la Sainte Bible.
- Vous mentez. - Non.
Vrai ou faux, vous avez échoué.
Vous n'êtes plus préfet par ordre du pape.
Rendez votre chaîne.
Je suis le nouveau préfet.
Comment est-ce possible ? Orsino s'est échappé ?
Il te ridiculise toi, ton fils et la garde !
Fouillez la maison des Orsini.
Les Orsini ont quitté Rome
après la destitution de Virginio.
Ils sont à Bracciano.
Envoyer vos troupes ?
Pas question d'attaquer,
à moins d'être certains que Monoculus s'y est réfugié.
Demandez à Adriana.
Elle déteste son fils. Il ne lui a rien dit.
- Père, écoutez-moi. - Pas maintenant.
Je t'ai dit pas maintenant.
Fais quelque chose, tout de suite.
Sans réaction, tu paraîtras faible
aux yeux de Della Rovere, de la France et de l'Espagne.
On ne peut pas les attaquer, ils sont alliés à Naples.
On peut conquérir Bracciano.
C'est impossible, ils ont des soldats très aguerris.
C'est impossible d'obtenir une victoire.
Mon armée est forte. Je l'ai prouvé à Ostie.
Ta décision repose sur une politique ?
Ou sur une vendetta ?
De Montefeltro, votre avis ?
Avec une bonne stratégie,
on peut prendre Bracciano.
Pour une fois la politique
et la vengeance sont en adéquation.
Sa Sainteté ne veut pas un homme, il veut toute la ville.
- Migliorati n'est pas le problème ? - C'est un bouc-émissaire.
C'est toute la famille Orsini, la cause du mal.
Il faut attaquer comme à Ostie.
Virginio Orsini connaît la stratégie utilisée à Ostie.
Il n'y aura pas de surprise.
Qu'est-ce que tu suggères ?
Assiéger.
Pointez le canon vers le sud.
Si la France attaque par le fleuve.
Dépêchons-nous,
le pape vient inspecter nos travaux.
Les épées de ce côté.
Les hommes d'Orsini vont sortir de ce côté,
mais ils seront obligés de suivre une courbe
pour éviter les pentes de la colline.
Pendant ce temps,
cette aile ne sera pas protégée.
On serait plus fort si on se mettait
en position défensive plutôt qu'en attaque.
Vous êtes peut-être un très bon stratège,
mais vous n'êtes pas un Borgia.
On attaque.
Charles n'a pas intérêt à ce que tu envahisses la France.
Vous n'avez pas tout vu.
Je suis fier de toi.
Je te nomme gouverneur d'Orvieto.
Je me sens insulté.
J'ai été loyal.
C'est mon archevêché.
Tu en as un à Rome, un en Espagne.
Je fais quoi pendant que tu gouvernes ?
Je distribue des hosties, et je pardonne les péchés ?
Gouvernons tous les deux.
Tu ne considères personne comme ton égal.
Tu m'as utilisé pour servir tes intérêts.
Tu t'es conduit comme un bâtard.
J'ai fini.
Combien de morts ?
Deux unités et tous les chevaux.
- Où est le duc d'Urbino ? - Capturé.
Orsini demande cinquante mille ducats pour le libérer.
- Tu le paieras quand ? - Je ne le paierai pas.
Ce serait un aveu de faiblesse.
La guerre n'est pas un combat de rue.
Et Orsino, où est-il ?
Il s'est enfui.
Tu as échoué.
Comme commandant et comme fils.
Va au Diable.
- Je peux avoir l'âne ? - Tais-toi.
Juan sera le patriarche de la famille après ma mort.
Pars,
va voir le Cardinal de Médici et le Cardinal Grimani.
Florence et Venise doivent nous soutenir.
Fortifie les remparts, et ceux du Palais.
Creuse des douves autour du château Saint Ange.
Soyons prêts à combattre les Orsini et ensuite la France.
Et je souhaiterais un festin.
Il va y avoir un festin.
Et vous,
au lieu de vous préparer, vous lisez ?
Je n'irai peut-être pas, je suis fâchée contre le pape.
Vous avez plus de courage que beaucoup.
Comment est la vie conjugale ?
Vous êtes satisfaite de satisfaire le pape ?
Je vous pose la question parce que...
un matin, je vous ai vue.
Vos prières étaient si intenses.
Vos mains étaient tellement serrées
que vos doigts devenaient blancs,
vos yeux étaient fermés.
J'avais des pensées hérétiques.
C'est vrai ?
Lesquelles.
Non, je ne peux pas.
Vous êtes incontestablement une femme.
Je suis incontestablement un homme.
J'ai aussi des pensées hérétiques.
Laissez parler votre âme, je vous parlerai de la mienne.
Jurez-moi que vous ne le répéterez jamais ?
Je le jure.
- Et vous ? - Je le jure.
On dit qu'il y a une empreinte de Jésus
sur le voile de Sainte Véronique.
J'ai examiné la relique.
En fait, ce ne sont que des traces.
Et alors ?
Tout ça est faux.
Tout le monde ment.
Ce sont des contes de fées.
Sainte Véronique a fait preuve de compassion
alors que tout le monde l'avait abandonné.
Il montait au calvaire ou une effroyable mort l'attendait.
Même si elle n'a pas essuyé le front du Christ,
même si ce n'est pas réel,
nous devons lui être reconnaissants.
Elle nous enseigne la bonté.
Ne marchez pas si vite, mon époux.
Il ne faut pas être en retard.
J'espérais pouvoir partager avec vous...
Mon père me reproche ma lenteur,
je dois être à la hauteur de Cesare.
Permettez-moi de vous guider.
Deux pas à gauche et un petit saut.
Ne touchez pas ma femme
ou j'expédie votre âme au ciel.
Vous plaisantez ?
Absolument pas.
Battez-vous.
Rangez votre épée, Sforza.
Je ne permettrais pas ce manque de respect.
En tant que préfet de Rome, rangez votre épée !
Alessandro m'a écrit. Il est anéanti.
Tu as nommé Cesare gouverneur.
Mon frère ne souhaite que te servir.
Ça suffit !
Tu agis comme si la papauté
avait été inventée au profit d'Alessandro ?
Observe bien autour de toi.
Combien de cardinaux
sont loyaux quand d'autres contestent ton pouvoir ?
Est-ce le moment de rejeter ceux qui t'aiment.
Enfin !
J'ai de bonnes nouvelles de Giovanni de Médici.
La France part en guerre, Florence se battra à nos côtés.
Et Venise ?
Tu les as convaincus ?
Elle reste neutre.
Je devrais parler à l'ambassadeur.
J'ai une autre nouvelle.
Comme tu as refusé de payer la rançon de Guidobaldo
le peuple d'Urbino a décidé de la payer.
Le duc est libre, et il promet que ton cœur
battra dans sa main.
Il faut qu'on discute d'Orvieto.
S'il vous plaît, il faut que je vous parle.
C'est injuste.
- Mais nécessaire. - Et inutile !
Tu seras Cardinal-diacre de Santa Maria Nuova,
et tu seras ravi.
Si vous le souhaitez.
Votre Sainteté,
père,
j'ai une bonne nouvelle.
Je vais avoir un enfant.
À mon premier petit-enfant.
Félicitations, Votre Sainteté.
Della Rovere veut me voir mort.
Mais s'il veut porter cette tiare après moi...
Il ne doit pas se salir les mains,
mais laisser les Français vous tuer.
Je reste un étranger, pour les Italiens.
Je parle leur langue.
Je connais leur histoire, mieux qu'eux.
Là où il y a l'anarchie, je fais respecter la loi,
je veille à ce que les enfants mangent.
Mais pour eux, je ne suis rien.
Juste un Catalan.
Mais père,
vous pouvez inverser leur jugement,
leur prouver qu'ils ont tort.
Dans tous les pays, les gens détestent les étrangers.
Je ne leur reproche pas.
Tu sais pourquoi ?
Grâce à vous.
Toi, Juan, Lucrezia, Goffredo.
Vous êtes mes quatre royaumes.
Mes quatre joyaux.
Mes quatre alliés.
Jamais je ne te nuirai.
Tu comprends ?
Tu ne voulais pas suivre le même chemin que moi.
Cesse de croire
que je te désavantage par rapport à Juan.
En faisant de toi un prêtre,
j'ai voulu t'élever plus haut que lui.
Mets-la.
Un jour
tu me succéderas, tu seras pape.
J'ai décidé d'appuyer la requête
du prince Alfonso, pas celle du roi Charles.
Je veux que tu ailles à Naples, que tu me représentes.
- Pour couronner Alfonso. - Moi.
Tu es archevêque de Valence.
Si c'est toi qui procède à la cérémonie,
Alfonso aura mon consentement
et moi une porte de sortie, s'il perd la guerre.
Ce qui est probable, contre l'armée Française.
Mais pourquoi ?
Pourquoi ne pas faire ce qui est opportun
et choisir Charles ?
J'ai dit que j'allais réfléchir.
En fait, c'était une ruse.
Plus je lis, plus je prie,
plus je suis convaincu qu'Alfonso est l'héritier légitime.
Et que le couronnement est honnête et juste.
J'irai à Naples
pour le couronnement et pour le mariage de Goffredo.
Bien.
Tous mes enfants doivent y assister.
Juan t'accompagnera.
Fais la paix avec ton frère.
Je peux entrer ?
Je voudrais te parler.
Mon fils Orsino est...
Les mères agissent parfois de manière impulsive.
Quand Vannozza t'a enlevée à Subiaco,
elle avait ses raisons,
même si elle a désobéit aux ordres.
Je me suis retrouvée dans la même situation.
Je suis au service du Saint-Père.
J'aime Sa Sainteté,
mais ma responsabilité à ce moment précis
était de sauver mon fils.
Je pense que tu le comprends.
Je peux te faire confiance ?
Tu ne diras pas que je l'ai aidée à s'échapper ?
Cousine,
je serai aussi muette que le fils de Crésus.
À une condition.
Vous ne vous occuperez ni de mon mari,
ni d'Alfonso d'Este, ni des hommes que je veux.
Pardonne-moi, je viens de te dire.
Que je suis au service de Sa Sainteté
et sa parole est sacrée.
Doux Jésus.
Comment est-ce possible ?
Plus ton ventre grossit, plus mon désir augmente.
Pas maintenant, Gacet !
Si, maintenant !
Je n'en ai pas pour longtemps.
J'ai des informations concernant Orsino Migliorati
et Adriana de Mila.
Sa Sainteté, pitié.
Pitié.
Je vous ai été fidèle, une mère pour Lucrezia.
Nous venons de la même famille.
Cher cousin.
Saint-Père.
Ta charogne de fils s'est enfui à cause de toi.
Tu as été complice.
C'est vrai.
J'ai aidé mon fils.
Mon fils unique.
Le fils que j'ai renié pendant des années.
Je n'ai personne d'autre que toi.
En trente ans de dévotion, c'est ma première erreur,
je n'ai commis qu'une erreur.
Une de trop.
Qu'allez-vous faire de moi ?
Vous allez m'exécuter ?
On va t'escorter jusqu'à Carbognano
à cinquante kilomètres d'ici,
où tu resteras enfermée jusqu'à ta mort.
Je te bannis de Rome.
Tu ne respireras plus jamais l'air de cette ville.
Je préfère mourir.
Alors mon châtiment est juste.
Je te maudis, Rodrigo.
Toi et Giulia,
et le bâtard qui va naître.
Je vous maudis !
Quelle semaine !
Un couronnement et un mariage royal.
Je vous félicite doublement, Votre Majesté.
Nous sommes ravis que vous portiez la couronne de Naples.
Mais il y a une contrepartie à votre sacre.
La France va attaquer l'Italie très bientôt.
Sa Sainteté espère que Naples défendra les États pontificaux.
Notre armée sera prête.
Je te fais Prince de Tricarico.
Et toi, Cesare,
je vais t'offrir Molise
et aussi Terra di Lavoro.
Comme pour votre frère Goffredo,
Naples est aussi votre maison.
Tu es prince.
Et toi, Cardinal Borgia,
tu as manié le sacre comme un pape.
Sancia.
Si l'enfer existe, nous brûlerons ensemble.
Père.
Je ne pensais pas que tu rentrerais si vite.
Comment était le mariage ?
La mariée est jolie.
Père,
je vous ai déçu à Bracciano, mais j'ai racheté ma faute.
J'ai engagé un homme de main.
Rapide, discret, sans pitié.
Orsino Orsini Migliorati
a subi le châtiment qu'il méritait.
Tomaso,
ma bougie s'est éteinte.
Les Borgia te souhaitent bonne chance
en enfer.
Mon fils.
Orsino est parti.
Il est sorti de notre vie.
Tu n'es pas heureux ?
En notre nom des hommes sont morts au combat,
des familles se sont déchirées.
Ceux qui nous gênaient ont été réduits au silence.
Mais aujourd'hui, le sang qui a coulé,
s'est répandu sous notre porte.
Cette vengeance est
un meurtre.
Ça change tout.
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