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Août 1492
Pour être élu pape,
il faut faire des promesses.
À ma naissance, Rodrigo a passé un pacte
irréversible avec Dieu.
Ma vie serait sans péché.
En échange,
Rodrigo deviendrait pape.
Rompre des liens.
Tu reconnaîtras nos enfants ?
Mon neveu Orsino est marié avec Giulia.
Je me défais de tout ce que je possède.
Et en forger d'autres.
Je serai vice-chancelier.
Lucrezia, épousera Giovanni pour nous lier par le sang.
Rodrigo Borgia peut savourer son triomphe.
Borgia, quatorze.
Je suis pape.
Je suis pape.
Il est désormais le pape Alexandre VI.
Évêque de Rome.
Roi des États pontificaux.
Les cloches sonnent pour Borgia !
J'ai eu une vision.
Je rentre au couvent.
Souverain pontife de l'Église universelle.
Vous avez conscience de ce que vous avez fait ?
Borgia porte la tiare
mais je gouverne.
Je t'investis de la papauté romaine,
pour que tu commandes Ă la ville et au monde.
Bienvenue à Spolète.
Au purgatoire, oui ! Qui ĂŞtes-vous ?
Agapito Geraldini.
Geraldini ?
Vous servez les Colonna ?
Je sers Sa Sainteté, le pape Alexandre.
Et à présent, vous.
Pour me servir Ă Rome ?
Non, Votre Excellence.
Nous devons rester à Spolète.
J'ai tout sacrifié pour que mon père réalise son rêve,
je devrais ĂŞtre Ă Saint Pierre.
Et lui m'envoie dans cette vallée encerclée de montagnes.
Je suis caché du monde.
Rome n'est qu'à cent quarante kilomètres.
La distance entre l'Espagne et Rome va ĂŞtre plus courte !
Le pape a déjà convoqué mon frère,
et je ne reverrai plus Pise.
Si Spolète est ton purgatoire, Pise est ton enfer.
Ici, c'est moins de souffrance que la torture, lĂ -bas.
Mais mon fils est Ă Pise.
Et en ce moment, mes hommes le cherchent.
Ils y parviendront.
Aucune horloge en Europe ne remonte le temps.
Tu rĂŞves.
- Je te croyais mon ami. - Les amis disent la vérité.
Les amants mentent.
Accepte la réalité telle qu'elle est,
et que ton fils repose en paix.
Je n'ai pas la preuve qu'il est mort !
Mes hommes vont le retrouver.
Et je serrerai mon fils contre moi.
Nous jurons sur l'âme de notre défunt oncle,
le pape Calixte,
et sur notre propre vie
que nous allons démolir
et reconstruire cette basilique.
Nous reconstruirons
et nous réformerons notre Sainte Mère l'Église.
Cher mari.
Tu as vu mon oncle recevoir sa tiare ?
Il est désormais évêque de Rome,
roi des États pontificaux
et souverain pontife de l'Église universelle.
Pourrais-je voir Sa Sainteté ?
Quand il le souhaitera.
Et ne lui parle pas de ton délire.
Mais enfin, il est pape.
Je devrais lui cacher l'apparition de Sainte Pétronille ?
Garde cette vision pour toi.
Prends le temps de prier
pour être sûre qu'elle te demande d'entrer au couvent.
Tu ne voudrais pas la décevoir, ou décevoir Sa Sainteté.
Je vais prier, maman.
Non pas pour y voir clair, mais pour voir le pape.
Vous deviez éloigner Bella de votre lit
et envoyer votre famille loin de Rome.
La réforme de l'Église doit commencer avec vous.
Montrez à vos détracteurs que vous avez changé.
Abandonner ceux que j'aime ?
Ceux que Rodrigo Borgia aimait.
C'est un homme qui n'existe plus aujourd'hui.
Nous sommes un nouvel homme.
OĂą est Della Rovere ?
Il a fui Ă Ostie.
Il a fui ?
Les Français l'ont abandonné parce qu'il n'a pas été élu.
Il pense que sa vie est en danger.
Ou il complote pour mettre la vie du pape en péril.
Gacet ? C'est toi ?
Nous avons promis.
Il n'y aura plus rien entre nous.
Nous... J'ai prononcé des vœux sacrés.
Tu es le souverain pontife,
tu as le pouvoir de rompre ces vœux.
Nous bâtissons une nouvelle Église, pure et honnête.
Nos actes doivent ĂŞtre en harmonie.
Le pape Innocent nous a légué
une ville corrompue et chaotique.
Bois un peu de vin.
Rome doit attirer
des artistes pour rivaliser avec Florence.
Comment les faire venir ici,
alors que nos murs sont pleins de sang, que l'air...
Tu as encore du vin...
Un tribunal va faire respecter nos lois.
La ville sera divisée en quatre quartiers,
avec un juge dans...
Et une fois par semaine, nous irons
entendre chaque plainte.
"Nous", oui.
Tu ne pourras réformer seul.
Tu n'es qu'un homme, mon Rodrigo.
C'est vrai.
Nous sommes seuls.
Aie confiance dans les tiens.
Ma famille.
Tes amis.
Si mon frère, Alessandro, était cardinal,
il te servirait avec loyauté.
Mon Dieu.
Je te ressers ?
Tu refuses un verre de vin ?
Je dois partir Ă Rome.
Le pape ne m'a pas convoqué.
Un messager est venu, quand tu dormais.
C'est un secret, mais tu es mon ami.
Sa Sainteté vient de me nommer cardinal,
en secret.
Félicitations. Sincèrement.
Cette charge devrait libérer ma famille
de la pauvreté, et de la dépendance.
Bien...
Cardinal Farnèse,
donnerais-tu un conseil, à un humble séminariste ?
Que dois-je faire ?
Pour ne pas devenir un fainéant ?
Tu n'es pas un humble séminariste.
Tu es évêque de Valence.
Fais le bien autour de toi.
Pendant que je ferai le bien ici,
tu vivras Ă Rome,
tu seras mes yeux, mes oreilles, mon espion.
Ton espion ?
Si je suis pris, je serai exécuté.
Tu m'enverras des lettres codées.
Nous sommes perplexe, Cardinal Riario-Sansoni.
Lors du conclave, avec le Cardinal Della Rovere,
vous en ĂŞtes venus aux mains.
La marque sur votre visage en témoigne.
Et pourtant vous le remplacez, vous parlez en son nom.
Dans toutes les familles, Votre Sainteté,
il y a des désaccords.
Mais en tant que chrétiens, nous pardonnons.
Toutefois, cette soudaine indisposition
de notre cher Giuliano, nous affecte profondément.
Nous prions pour lui.
En attendant...
Voici la liste des représentants pontificaux corrompus.
Nous les suspendons de leur charge.
Le souverain pontife va entendre le Cardinal...
À présent, Herr Burchard,
nous vous dispensons d'annoncer
le nom de chaque cardinal.
Nous reconnaissons notre frère Gianbattista Orsini.
Il peut,
vous pouvez parler librement.
Votre Sainteté, le mari de ma nièce est sur cette liste.
Pendant dix ans, il a excellé
dans sa profession de conservateur des monuments historiques.
Sa charge lui a permis de piller la ville.
Il disparaît !
ArrĂŞte de rire, Giovanni !
Ton frère est destitué de ses fonctions de préfet de Rome.
Aujourd'hui, s'achève l'anarchie
qui a dominé le Vatican, depuis la mort de Nicolas V.
Ă€ cette fin, le nouveau vice-chancelier,
est un homme qui partage notre zèle pour la réforme,
Ascanio Sforza.
Il partage aussi notre engagement Ă restaurer
la suprématie de Rome dans le monde.
Quelqu'un s'oppose à cette décision ?
Pour commencer,
chacun paiera un impĂ´t annuel pour financer
la reconstruction de la basilique.
Disposez, jusqu'Ă ce qu'on vous rappelle.
Grâce à moi il est pape, et voilà comment il me parle !
Il n'a aucune loyauté.
Il tient à la réforme.
C'est une aberration.
C'est uniquement pour donner des places aux Borgia.
En ce qui me concerne,
je ne paierai pas un impôt pour détruire notre basilique.
Je vais aller Ă Bracciano.
Il faut que je parle de ça avec ma famille.
Rome est un magasin de porcelaine
dans lequel nous avons laissé entrer
un taureau furieux.
Je vais rejoindre mes cousins Ă Ostie.
Vous avez tous les deux contrefaits,
et vendu plus de cinquante bulles papales.
Il était...
Pas un mot, pas un geste, Fra Domenico !
Vous avez reçu des pots-de-vin,
allant de cent, Ă deux mille ducats,
pour des dispenses papales frauduleuses.
Mon père était le médecin du pape et on m'a garanti...
Ton père est incompétent,
et vous, vous ne volerez plus jamais.
Comment va Cesare ?
Il est impatient de vous voir.
Lève-toi, Alessandro.
Tu es loyal envers qui ?
Envers vous, Saint-Père.
Peut-on l'ĂŞtre envers deux hommes ?
Si ces hommes...
Non, tu ne peux pas cher frère.
On ne peut pas.
Tu dois promettre, jeune Farnèse,
que ce que tu entendras
n'atteindra pas les murs de Spolète.
Tu le jures ?
Je le jure.
Tu as dit Ă quelqu'un que je te nommerai cardinal ?
Non, Votre Sainteté.
MĂŞme pas Ă Cesare ?
Approche, viens dans mes bras.
Pas en tant que pape, mais en tant que parent.
Je voudrais que la nouvelle basilique soit
plus grande et que son dĂ´me atteigne le paradis.
Mon oncle !
Ce n'est pas une façon de saluer le pape !
Un pape a besoin d'affection, comme tout le monde.
Regarde-toi.
Ce teint de pêche, ces rondeurs appétissantes.
J'étais inquiet.
J'ai eu peur de ne plus jamais pouvoir te toucher.
J'ai ressuscité soyez sans crainte.
Que Dieu soit Loué !
Tu ne m'embrasses pas ?
Viens voir tes appartements.
J'ai engagé le meilleur peintre d'Europe.
Tu poseras pour lui,
il te représentera en Sainte Catherine.
Moi, en Sainte ?
Je savais que vous comprendriez !
Par ici, ma chère enfant.
Citoyens de Spolète, je vous en prie,
l'évêque prie, en ce moment.
Béni sois-tu, Seigneur Jésus,
Dieu de toute la création.
Dans ta bonté, j'offre ce vin,
fruit de la vigne et du travail des hommes, Seigneur.
Je le bois comme ton sang.
La présence de ton corps et de ton sang,
ton âme et ta divinité éveilleront la vie, en moi.
Excellence.
Agapito.
Je ne suis pas encore prĂŞtre
et je n'ai pas le pouvoir
de changer le vin, comme le Christ.
Je procède par étape, en espérant trouver la voie.
Aucune nouvelle de mon fils ?
Non, Votre Excellence.
Mais des paysans demandent Ă vous voir.
Ils ont perdu leur bétail, à cause de la peste.
Donnez-leur un ducat.
Ces hommes veulent plus.
Ils demandent votre bénédiction, évêque Borgia.
Ma bénédiction ?
Faites-les entrer.
Comte Prospero, je suis venu,
pour vos dernières heures.
Vous n'ĂŞtes pas seul.
Le Seigneur vous accompagnera.
Vous vous trompez.
J'ai tellement été égoïste,
dépravé, immoral.
Donnez-moi l'absolution,
pour que je puisse entrer au paradis.
Je comprends.
Malheureusement, je ne suis pas prĂŞtre.
Il y a douze ans,
j'ai tué Pietro Margani.
Il méritait de mourir
des centaines de fois, ce fils de pute !
Pourtant, j'ai besoin de votre pardon.
Je ne peux vous l'accorder.
- Pourquoi ? - Vous n'avez aucun remords.
Sans remords, il n'y a pas d'absolution.
Je vous connais bien,
les putains d'hommes d'Église !
Je sais qu'il faut payer.
Je vais payer.
Je vais payer.
Vous ne pouvez acheter votre salut.
Comte Prospero ?
Il est mort.
Prenez l'or.
Lucrezia, comment ça va ?
Je suis contente d'ĂŞtre peinte en Sainte Catherine.
Si je ne me trompe pas, maître
vous me peignez demain ?
Je serai la Vierge Marie.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je ne suis ni ta mère, ni ton tuteur, ni ton frère
ni quelqu'un qui veut te voir nue.
Tu n'as rien Ă me cacher.
Tu peux tout me dire, car je n'attends rien de toi.
J'ai eu une vision.
Mais tu délirais, à cause de la fièvre.
J'ai eu une vision.
Une vision divine.
Depuis, je sais quel est mon destin.
Et quel est ton destin ?
C'est de devenir nonne.
Je dois épouser Don Gaspare de Procida.
Tu as tout ce qu'on peut désirer au monde,
la jeunesse, la fortune,
et un oncle qui te place au premier rang et tu veux plus.
Non. Je veux moins.
Je veux une vie de méditation.
Qu'est-ce que je fais, je ne lui en parle pas ?
Fais ce que je fais.
Dis à Rodrigo quel est ton plus cher désir.
Deux cent vingt meurtres,
entre la mort d'Innocent et notre élection ?
En onze jours !
C'est important, mais pas surprenant.
Chaque transition, engendre l'anarchie.
La garde était en congés ?
J'ai assuré la sécurité du conclave avant tout.
Nous étions enfermés derrière un mur de briques !
Les Napolitains attaquaient.
Ils ont été battus par des citoyens ordinaires !
Les gardes doivent mieux contrĂ´ler la violence.
Les pèlerins vont venir à Saint Pierre,
ce sont les serviteurs du Christ.
Et des revenus non négligeables.
Des Silésiens ont vu des chiens manger une tête d'humain.
Cette histoire a fait le tour de Florence,
et maintenant, elle va faire le tour du monde.
Nous voulons le responsable.
Identifier le coupable serait impossible.
Ce n'est pas compliqué,
identifiez la tĂŞte, et arrĂŞtez ses ennemis.
La tĂŞte avait beaucoup d'ennemis.
Prenez-en deux.
ArrĂŞtez deux fauteurs de troubles.
Sortez-les de leur lit.
Et quand on les aura arrêtés ?
Vous les exécuterez.
Leur mort parlera avec éloquence au peuple de Rome.
Vivre en sécurité et dans la peur,
l'ère des Borgia a sonné.
En repoussant les bandes qui sévissent,
la garde est la force la plus meurtrière.
Mais le responsable c'est Virginio Orsini, pas nous.
Vice-chancelier.
Votre Sainteté, vous avez un moment ?
En privé ?
Nous n'avons pas de secret pour ces hommes.
Comme vous voulez.
Franceschetto Cibo veut vendre quatre propriétés papales
que son père, lui a léguées.
Qui est le futur propriétaire ?
Encore lui.
Cibo est trop bête pour élaborer cette transaction.
Ça empeste Della Rovere.
Et ça met mon frère en danger.
Ces terres relient directement Naples Ă Milan
en passant par les États pontificaux.
Les Orsini ont une alliance avec Naples,
ils pourraient nous attaquer.
Lors du conclave, nous avons promis une neutralité
entre les états italiens.
Ă€ Orsini, vous avez promis de renoncer Ă Bella.
Ă€ Colonna, que votre famille quitterait Rome.
Vous promettez beaucoup, et vous accordez peu.
Vous voulez que je respecte une de mes promesses ?
Les fiançailles de Lucrezia, et de mon cousin Giovanni.
Si j'unis mon nom aux Borgia, Naples
et Della Rovere cesseront leurs agressions.
Les fiançailles auront lieu plus tard.
Dès que Giovanni pourra venir ici,
nous signerons cet engagement.
Inutile d'attendre.
Je vais le représenter.
Nous sommes réunis pour les fiançailles
de Lucrezia Borgia
et du comte Giovanni Sforza de Pesaro.
En tant que tuteur, nous offrons sa main en mariage.
- Vous l'acceptez ? - Oui.
Et vous, promettez-vous, au nom de Lucrezia,
de l'honorer et de lui obéir ?
Je le jure.
Mon oncle ?
Lucrezia a survécu à la fièvre, et toi,
Ă ton voyage en mer.
Nous en sommes heureux.
Votre Sainteté,
je suis heureux d'être près de vous.
J'ai de bonnes et de mauvaises nouvelles.
J'ai conquis le cœur de la nièce du roi,
Maria Enriques de Luna.
Parfait.
Mais pas celui de la reine Isabelle.
Elle ne m'a pas accordé sa main.
Mais c'était avant que vous deveniez pape.
Une bonne nouvelle calmera les objections de la reine.
Nous te nommons
capitaine général de la garde pontificale.
- Capitaine général ? - Ça te fait plaisir ?
Diriger une armée ?
Bien sûr. C'est mon rêve !
Je proteste.
J'occupe ce poste depuis dix ans.
Estimez-vous heureux.
La garde pontificale a besoin de sang neuf.
Mais pas d'inexpérience ?
La sécurité de Rome, dans les mains d'un amateur.
Nous étions aussi des amateurs.
Nous ne t'avons pas congédié.
Tu as payé à Franceschetto Cibo
quarante mille ducats pour quatre fiefs pontificaux ?
Je vois.
Voilà pourquoi vous me déshonorez ?
J'ai promis d'envoyer l'argent
sur le compte en banque de Cibo Ă Florence,
Ă la fin du mois.
Le bâtard d'un pape mort
n'a pas à vendre la propriété de l'Église.
Il lui a accordé ces terres légalement.
J'ai vu les actes.
Les actes ?
Tu oses opposer un tas de paperasses
Ă ton souverain pontife ?
La vente est annulée.
Si Votre Sainteté veut récupérer les propriétés.
Elle va devoir les reprendre
par la force.
Appelez la garde.
Envoyez le capitaine général, Juan Borgia combattre.
Je serai heureux de relever le défi.
Va au Diable.
Galeotto !
Tu es angoissé, mon frère ?
Tu le caches bien mal.
Je pense Ă mon avenir.
Je ferai tout pour rester dans les bonnes grâces du pape,
mais pour être sincère, qui mérite le plus ma loyauté ?
L'homme qui a gagné ma confiance,
ou celui qui m'impose, de me mettre Ă genoux ?
Ne t'inquiète pas.
L'important c'est que les deux croient en ta loyauté.
Tu n'es pas le seul Farnèse à avoir des secrets pour Rodrigo.
J'en ai pour le père et le fils.
Tu deviens un vrai Farnèse.
La visite du palais était intéressante.
- Djem a été un bon guide. - C'était un plaisir.
Je te présente dame Silvia, de la famille Ruffini.
Je ne l'ai pas vue Ă Rome depuis des lustres.
Madame.
Si vous avez besoin d'un guide plus chrétien
pendant votre séjour dans la Ville éternelle,
l'honneur sera pour moi.
Vous ĂŞtes prĂŞtre ?
Je cherche à gravir la hiérarchie de l'Église,
je ne suis pas encore prĂŞtre.
Ma réputation ne sera pas entachée à vos côtés.
Il sera prĂŞt pour la course du Palio.
Que dit Alessandro ?
Mon frère Juan est à Rome ?
Toute la ville fĂŞte son titre de duc.
Et de capitaine général.
Votre sœur va se marier avec le comte de Pesaro.
Et je ne serai pas invité au mariage.
Qu'est-ce que vous avez trouvé ?
Tu vas te marier avec Giovanni Sforza, comte de Pesaro.
Mais je suis déjà promise à Don Gaspare de Procida.
C'était le vice-chancelier, qui avait conclu cet accord.
Aujourd'hui, il est pape,
et il peut te donner un mari plus illustre.
"Illustre" ?
La famille Sforza est la plus noble d'Italie.
Et Giovanni est très beau.
- Il a quel âge ? - Vingt-huit ans.
Presque deux fois mon âge !
Il était marié, mais sa femme est morte
et il a beaucoup de chagrin.
Tu l'accepteras, tu l'apprécieras.
Avant mon mariage, je ne connaissais pas mon mari.
Je veux voir mon oncle.
Il n'en est pas question.
J'insiste.
Je t'enferme et ne compte pas sur l'aide de ta mère pour t'enfuir.
Sainte Pétronille,
je suis indigne mais aidez-moi.
Je vous en supplie, venez me voir.
En vain, je t'ai appelé, Seigneur.
Mes péchés sont grands,
mais mes remords le sont davantage.
Je ferai selon votre volonté, mais...
apparaissez encore une fois et je ne douterai plus.
Vous accordez vos bénédictions à mon frère
qui n'en a rien Ă foutre de vous !
Alors que moi, je vous donne ma vie.
J'ai perdu espoir de vous retrouver,
que je brûle dans mon enfer.
Je vous en prie, ne m'abandonnez pas.
Je vous attendrai.
Toute ma vie s'il le faut.
Vous vouliez nous voir, Borgia ?
Borgia ?
Capitaine général.
Le pape Alexandre,
tel Jupiter, est en colère.
Virginio Orsini a échoué.
Vous, lieutenant Sclafenatus,
vous êtes la preuve de son échec.
Pendant les manœuvres, vos hommes étaient incompétents.
Ces paroles sont dures, mais justes.
Naples et Milan peuvent entrer en guerre,
nous devons compter sur vos hommes...
- Votre Sainteté... - Lieutenant.
Vous interrompez le Saint-Père ?
Oui. Non.
Mea culpa.
C'est inadmissible.
Dans la nouvelle garde, une seule erreur sera acceptée.
Vous en avez déjà commis deux.
Un homme cruel te transpercerait la gorge.
Dernier avertissement.
Ou tu réussis, ou tu meurs.
Djem.
J'ai une question.
Quand tu étais à la guerre, à la tête de tes troupes,
si tes soldats se battaient mal,
tu les punissais comment ?
Je les castrais.
Ou ils combattaient avec bravoure
ou ils chantaient avec une voix de fausset.
Je ne sais pas si tu plaisantes.
Nous manquons de vin.
Je vais en chercher.
Maman !
Laisse-les travailler !
Il est tellement maladroit.
Viens.
Vas-y.
On est enfin seuls.
J'ai eu un renseignement
qui pourrait changer l'avenir de notre famille.
De quoi tu parles ?
Tes auberges ne te rapportent pas assez ?
Il ne s'agit pas de ça.
J'ai entendu des choses dans les auberges.
Tu vois,
les hommes aiment se vanter, surtout devant les filles.
Ils parlent de Rodrigo.
Marco Antonio Colonna,
plein de bière et d'orgueil,
a parlé d'un complot, pour détrôner le pape.
Della Rovere, Orsini, et le roi Ferrante
sont impliqués dans cette conspiration.
- Maman... - Écoute...
Maman, je t'en prie.
Détends-toi.
Marco Antonio Colonna est un con, et un lâche.
Allez viens !
Viens avec nous.
Les assoiffés attendent.
Heureusement que j'ai un autre fils.
Heureusement que j'ai Cesare.
Je ne veux pas me marier avec cette créature,
ce Giovanni Sforza.
Je ne veux pas le rencontrer.
Calme-toi.
Calme-toi et écoute-moi.
Est-ce que mon mariage m'empĂŞche d'obtenir ce que je veux ?
Réponds. Non !
Ce sera pareil pour toi.
Ce que je veux, c'est entrer au couvent.
J'ai voulu en parler Ă mon oncle,
mais Adriana m'a enfermée.
Adriana est un abcès que nous percerons.
BientĂ´t.
Mais en attendant ?
Fais ce qu'on te demande.
Reçois le comte de Pesaro.
Sainte Pétronille veut éprouver
ta détermination sur le chemin de la pureté.
Que dit-on sur moi ?
Que vous étiez vieux,
et triste.
Votre femme est morte en couches.
Notre bébé n'a pas survécu.
J'ai été malheureux.
Mais je ne suis pas vieux.
Je suis aussi surpris que vous d'ĂŞtre ici.
Je suis comte de Pesaro, mais par défaut.
Je suis un bâtard.
Mon père est mort sans héritier légitime,
j'ai hérité du titre, mais de rien d'autre.
Ma mère était la nièce du roi Ferrante, et mon père un Sforza.
Je suis le rejeton de deux familles qui se haĂŻssaient.
Mon histoire pourrait être le thème d'un drame,
mais en réalité, elle est ennuyeuse.
Votre femme vous manque toujours ?
J'avais trouvé en elle mon âme sœur.
Mais la douleur diminue chaque jour.
Parfois la tristesse m'envahit,
mais je ne suis plus abattu.
Je peux encore aimer.
Votre oncle m'a accordé une condotta.
Un contrat pour lever des troupes.
Cette activité sera très lucrative.
Et votre dot s'élève à trente mille ducats.
Notre mariage changera ma fortune,
et je ne peux refuser, mĂŞme si vous le demandiez.
J'espère que nous serons amoureux.
Je ferai tout pour vous rendre heureuse.
Si vous le permettez.
J'ai décodé la dernière lettre d'Alessandro.
Le mariage de votre sœur aura lieu demain.
Votre frère échoue
dans son rôle de capitaine général.
Les soldats se moquent et méprisent ses ordres.
Pas étonnant. Juan n'a rien d'un chef.
Rendez l'or qu'on a pris au comte Prospero.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Votre Excellence.
J'ai aussi une lettre de votre mère.
Elle parle d'une conspiration contre le pape fomentée par
Della Rovere, les Colonna, les Orsini et Naples.
Ils veulent attaquer la Ville éternelle.
Je dois les avertir.
Mais sans son autorisation, je marche vers la mort.
Non, vers la vie.
C'est le signe de Dieu, que vous attendiez.
Ce soir Giovanni doit me désirer.
Il te désirera.
Tu es belle.
Je ne veux pas ĂŞtre jolie, cousine.
Je veux ĂŞtre magnifique !
Quelle vanité.
Pourquoi doit-on se marier aussi vite ?
Parce que le Saint-Père l'exige.
Est-ce une reine, devant moi ?
Sortez.
Vous aussi, chère belle-mère.
Je suis tellement troublée.
Je veux le jour être l'épouse du Christ,
et la nuit dans les bras de Giovanni.
C'est incompatible. Tu dois choisir.
Je sais.
Je choisis Dieu.
Tu dois parler au Saint-Père de ta vocation.
Quand tu seras devant l'autel,
regarde le pape et dis-lui la vérité.
Si quelqu'un dans cette assemblée veut s'opposer à leur union,
qu'il parle maintenant,
ou se taise Ă jamais.
In Nomine patris et filii
et spiritus sancti.
Monsieur l'ambassadeur, les musulmans nous menacent.
Le roi Charles doit tout faire pour organiser une croisade.
C'est une entreprise difficile
d'envoyer nos armées, à Constantinople.
Nous ne contrĂ´lons plus les ports, Ă Rome.
Mais il y a toujours Naples.
Votre nièce est une magnifique mariée.
J'avais peur qu'il pleuve, aujourd'hui !
Elle est très belle.
Elle l'est plus que jamais.
Tous les yeux sont fixés sur elle.
Saint-Père, la tradition exige que seule la mariée,
les femmes doivent être séparées des hommes.
Herr Burchard, laissez le passé où il est.
Nous assistons Ă une nouvelle aube, Ă une renaissance !
Una rinascita !
Venez, Mesdames ! Joignez-vous aux festivités !
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Ma mère.
J'aurais aimé qu'elle soit là .
Votre Excellence, qu'est-ce que vous faites ?
Agapito, je ne vous l'ai pas dit,
je vous suis reconnaissant de m'avoir sauvé des flammes.
C'est pour ça qu'on m'a engagé.
Je ne suis pas un homme sur qui on écrit.
Des drames en vers ou des comédies.
Mais vous, vous allez inspirer les dramaturges,
les poètes et les philosophes.
Ils vont célébrer votre vie.
J'ai encore des progrès à faire.
J'ai pris ma décision.
Demain, je pars pour Rome.
J'ai discouru de théologie
avec les meilleurs esprits d'Italie.
Comment devenir proche de Dieu,
et savoir de quelle manière je dois agir
pour le servir, alors que mon ami n'approuverait pas.
Je connais une personne qui a essayé de tuer...
qui a tenté de tuer un bébé.
Je l'en ai empêché.
Je lui ai menti.
Il croit ĂŞtre un meurtrier.
Dieu sait qu'il n'en est rien.
J'ai sauvé son âme.
J'ai retrouvé le bébé.
Pourquoi ne pas lui dire ?
Parce qu'il n'est pas capable d'être père.
En reconnaissant son fils,
il mettrait leurs vies en danger.
Mon ami pense que son fils est mort.
Alors que son enfant est en sécurité.
Dieu est amour.
Un poème de Dante.
Dieu est amour,
indicible et parfait,
jaillit dans une âme pure,
comme la lumière dans un objet transparent.
Plus elle s'emplit d'amour,
plus elle en prodigue.
Plus nous sommes purs et ouverts,
plus le bonheur d'aimer est absolu.
Et plus il y a d'âmes qui résonnent à l'unisson,
plus l'intensité de leur amour est grande.
Comme un miroir,
chaque âme reflète celle de l'autre.
Nous te cherchions. Tes appartements t'attendent.
Mes appartements ?
Je croyais que le Palazzo devenait notre résidence.
Vous nous avez offert ce palais.
Giovanni te verra demain.
C'est ma nuit de noces.
Tu es trop jeune pour devenir une femme.
Ton époux attendra.
N'est-ce pas, cher Comte ?
Bonne nuit, ma douce femme.
Bonne nuit, mon cher mari.
Que penses-tu de ça ?
Toi, le fin stratège.
Pourquoi il ne nous laisse pas consommer notre mariage ?
Si votre lit reste vide, il peut dissoudre votre union.
Il attend une occasion de sceller une autre alliance.
Ou alors le pape veut baiser Lucrezia !
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