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Il est un peu petit.
Celui-l� a une bonne taille mais je ne l'aime pas trop.
- C'est pour dessiner ? - Non, c'est pour �crire.
C'est pour un journal intime. C'est pour �a que je voudrais un truc marrant.
Je vais prendre le noir.
Et je voudrais des crayons de couleur.
�crire un journal intime, tu te rends compte ?
Et alors ?
Il y a encore des jeunes femmes romantiques � notre �poque.
Oh merde !
J'ai vu un mec super tout � l'heure.
Il bouffait un Wimpy.
Il s'en foutait partout.
Il doit habiter dans le coin.
- Hein ? - Je disais "ah d'accord".
Pourquoi ?
Je suppose que tu vas essayer de le retrouver ?
Pas du tout.
Je vois un mec que je trouve bien, c'est tout.
Il est marrant.
Quinze jours sans mec, �a commence � �tre dur !
J'aime bien les petits c�lins au r�veil.
Autrement, je me sens un peu triste le matin.
Tu ne veux pas mettre l'eau pour les p�tes ?
Sylvie va rentrer du boulot
Si on veut aller au cinoche, faut bouffer en vitesse.
- C'est mon tour de faire la bouffe ? - Eh oui !
Il n'y a plus de p�tes.
- Tu n'en as pas achet� hier ? - J'ai oubli�.
- Tu veux que j'y aille ? - Ouais, je pr�f�rerais.
J'aurais bien voulu finir mon collage.
Bon, j'y vais.
- Tu t'occupes du repas !? - Ouais.
Corinne !
Je vais aller faire les courses � ta place. C'est toujours toi qui fais tout.
- Qu'est-ce qu'il te prend ? - �a me fera du bien de faire un tour.
Tu ne veux pas que je vienne avec toi ?
Excusez-moi.
Il n'y a pas de mal.
- �a va ? - �a va.
Vous auriez pu m'aider.
Le coup du truc qui tombe !
Je veux bien ramasser un mouchoir. Pas des nouilles.
Dis donc, vous �tes une famille nombreuse !?
On est trois nanas.
Tu veux venir bouffer avec nous ?
- C'est moi qui fais la cuisine. - J'ai bouff� tout � l'heure.
Vous venez m'aider ?
Tiens, tu m'aides ?
- Sophie n'est pas l� ? - Elle est partie faire les courses.
Elle est en manque.
- Ah bon, encore les mecs ? - Ouais.
Elle a recommenc� � �crire dans son journal.
Elle �coute le m�me disque sans arr�t.
Les sympt�mes habituels.
Si �a commence � �tre dur, faut lui trouver quelqu'un vite fait.
En plus, elle oublie tout.
J'ai oubli� ma clef.
On va au cin�, ce soir ?
S�rement pas ! Il y a 500 t-shirts � trier.
J'ai invit� un mec � bouffer. Il n'a pas voulu venir.
Je te laisse finir. Je vais chercher les papiers de la bagnole.
Tu ne vas pas broyer du noir !? Il n'y a pas que l'amour, tu sais !?
Va faire un tour ! Bouge !
Le grand amour, ce n'est pas en restant ici et en �coutant des disques que tu vas le trouver.
Je me fous du grand amour !
Je veux trouver du boulot.
- Salut. - Salut.
- C'est l� qu'habite Sophie ? - Oui.
- Elle est l� ? - Oui.
Pardon.
- Qui c'est ? - Pamela, ma fille.
- T'as une fille ? - Ouais.
- T'as �t� mari�e ? - Ouais.
- Trois ans. - Ah bon.
- T'as divorc�, quoi !? - Ouais.
Sympa, ta copine que j'ai crois�e dans l'escalier.
Tu me files une Gauloise ?
Merci.
Tu peux peut-�tre m'aider, non ?
Je le pose o� ?
Merci, �a m'aide beaucoup.
Qualit� super. Prix extra !
30 balles les cinq. Ce n'est pas cher.
Vous n'allez pas tout me foutre en l'air, non ?
Sortez les tous, tant que vous y �tes !
Oh non !
- Quoi, maintenant ? - Ouais.
- Et le stand ? - Il y en a pour cinq minutes.
Si c'est juste cinq minutes, �a ne m'int�resse pas.
Dis donc, on va boire un caf�. Tu mates le stand ?
Je mate, je mate.
Comme tu dis, premier choix.
Emporte-le, si tu veux. C'est gratis.
Pourquoi tu remets ton t-shirt ?
- Tu ne veux pas venir ? - O� ?
L�, � c�t� de moi.
Pourquoi tu veux que je vienne ?
Pour m'embrasser.
- T'as pas envie de moi ? - Si.
J'ai ma moto qui est cass�e. Faut que j'aille au garage pour la faire r�parer.
C'est un piston qui claque.
�a ne peut pas attendre une heure, ton piston ?
J'ai un pote qui peut me faire une r�paration � l'�il.
On trouve plus facilement une nana qu'un garagiste
Sans vouloir te vexer.
- Tu n'es pas contente ? - Si.
Il faut que je m'habille. J'ai rencard avec ma copine au resto.
- C'est ta moto ? - Oui.
- Tu veux venir faire un tour ? - Non.
J'ai peur en moto.
- Je repasse te voir ? - Quand tu veux.
- T'es s�re que tu ne veux pas faire un tour ? - Non. Salut.
- Un peu d'�motion ! - Tu parles !
Je n'irai pas vite.
Il n'a pas l'air de se porter trop mal, ton piston.
Non, �a va.
Tu m'as bien eu.
- On se le fait sur cent m�tres ? - Hein ?
Un steak.
Et un poulet basquaise.
Non, il n'est pas bien.
Merde, t'es difficile. Franchement !
Il a des yeux pas mal.
Je pensais qu'il te plairait.
�a fait une semaine que je lui file du caf� gratis en pr�vision.
Et puis il n'y a pas que la gueule qui compte.
On ne peut pas choisir un mec comme �a.
- Celui-l�, tu le connais ? - O� �a ?
Premi�re fois que je vois.
Pas mal.
- Sophie, tu passes me prendre tout � l'heure ? - Ouais.
- Quelle journ�e ! Je n'ai pas arr�t�. - Qu'est-ce que t'as fait ?
Je n'ai rien vendu, alors j'ai fait le tour des stands.
Ce sont des balles � graver.
C'est une occase. J'en ai eu 400 pour 200 balles.
Dis donc, tu viens avec nous ? Je vais acheter une bagnole.
Oui, j'en ai marre de me faire trimbaler une fois toi, une fois elle.
J'ai envie d'avoir ma libert� de mouvement.
- Je suis pr�te, on y va ? - OK.
Tu vas voir le mec en bas. Il est pas mal. Moustachu mais bien.
- � ta place... non ? - "� ma place" !
Pourquoi tu ne le dragues pas ? Je ne suis pas nympho, quand m�me.
Moi, je ne peux pas. J'oserai jamais.
Faut oser.
Fais comme elle. Tu regardes le mec droit dans les yeux et attaques.
Au fait, j'ai trouv� du boulot.
Je vais faire des enqu�tes dans les bo�tes de sondage.
Il y a du jeu. Non, remarque, �a a l'air normal.
N'emp�che que les plaquettes de disques ont l'air vachement us�es.
C'est des freins � tambour.
Freins ou tambour, �a m'a quand m�me l'air vachement us�.
C'est d'accord.
400 ?
- 800 balles, comme on avait dit. - 800 balles, pour cette poubelle ?
�a ne va pas la t�te ? T'as vu � quelle allure elle roule ?
D�j� 400 balles, c'est bien pay� !
D'accord.
Mais parce que vous �tes des nanas.
Sympa, hein !?
Tu ne veux pas monter prendre un verre ?
C'est-�-dire que j'ai un copain qui m'attend l�.
Il peut venir aussi.
Ouais, mais on a rendez-vous et on est d�j� en retard.
C'est con.
Allez, au revoir.
Je ne sais pas comment tu fais avec les mecs.
Je n'aurais peut-�tre pas d� marchander.
- On va faire un tour � la campagne ? - Maintenant ?
Une nouvelle voiture, �a s'�trenne.
Merde !
Qu'est-ce qu'elle a ?
Y a de l'essence, non ?
400 balles, tu te rends compte ?
- Tu peux me rendre un peu d'argent du loyer ? - Mais s�rement pas !
- Quelle ordure ce type ! - Arr�te d'y penser !
- On va au cinoche ? - Avec quel fric ?
Tu ne veux quand m�me pas taper dans la cagnotte des vacances ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Tu ne vas pas encore me sortir ton couplet sur la moto ?
Oh que non !
Tiens, je t'ai amen� �a.
Qu'est-ce que c'est que �a ?
Oh c'est gentil.
Tu as vu le dernier ?
C'est pas mal.
Je n'aime pas tellement la bouche.
Elle n'est pas comme �a, ma bouche.
- Ton mari a t�l�phon�. - Ah bon ?
Il ne veut pas te laisser Pamela pour les vacances.
Comment �a ?
Il a dit que si tu ne lui dis pas exactement o� tu vas, pr�cis�ment...
Il ne veut pas que sa fille parte � l'aventure, tu comprends ?
Et merde ! Sa fille est quand m�me aussi la mienne, non ?
Et puis quoi, "� l'aventure" ?
On va au Maroc avec le bus de Sylvie.
Ah, si vous partez avec le bus de Sylvie...
- Vous risquez d'aller loin. - Il marche tr�s bien.
On peut m�me camper dedans.
- Il a dit qu'il allait t'envoyer une lettre. - Une lettre recommand�e ?
Comme d'habitude.
- C'est vraiment un salaud, ce mec ! - Hubert n'a pas tous les torts.
Si tu n'avais pas continu� � avoir des aventures pendant ton mariage !
Pour ce que je me marrais avec lui !
T'entends �a ?
Il n'y a pas de moutarde ?
C'est vrai qu'il y a des jours !
Ils font les charmants pour qu'on dise oui
et une fois qu'on a dit oui, c'est fini, on est prise au pi�ge.
J'ai un de ces mals de gorge !
Je n'ai plus de voix.
C'est bien pour les enqu�tes.
T'as vu tout ce qu'il faut que je me tape ?
Je n'ai vraiment pas la p�che pour aller bosser.
Je suis s�re que �a va s'arranger pour Pamela.
Maman !
Emmenez-la. La voiture est ouverte. J'arrive.
Pourquoi t'es venue ? C'est compl�tement idiot.
C'est compl�tement idiot de vouloir voir sa fille ?
Tu sais que �a n'arrange rien. �a fait du mal � tout le monde.
Arr�te de me culpabiliser. De toute fa�on, �a ne marchera pas.
- C'est malin. Maintenant, elle pleure. - Tu ne te demandes pas pourquoi ?
�a suffit. Ne commence pas ton num�ro, s'il te pla�t.
Laisse-la-moi au moins pour les vacances.
Pourquoi tu ne veux pas ?
On verra. Je verrai �a avec ta m�re.
Mais ne reviens plus comme �a.
Je vais voir ce que je peux faire.
Bon, faut que je me sauve.
Sophie, tu viens ?
Je vais faire un tour de p�riph, �a me calmera.
Ne te casse pas la gueule !
�a va arranger les choses, tiens !
La derni�re fois qu'elle a eu des emmerdes avec Hubert,
elle a fait quatre fois le tour.
Bonjour. Excusez-moi de vous d�ranger. Je fais des enqu�tes de marketing.
Est-ce que je peux entrer deux minutes ?
Ouais, entrez.
- C'est sur quoi, votre enqu�te ? - Sur le fromage.
Ce n'est pas moi qui choisis les sujets.
C'est grand, chez vous.
- Vous �tes architecte ? - Oui.
- Vous voulez boire quelque chose. - Je prendrais bien un petit caf�.
Le fromage � la fin d'un repas vous para�t-il indispensable, moyennement indispensable ou pas.
Elles sont toutes comme �a, vos questions ?
Je trouve que le fromage � la fin du repas est tr�s moyennement indispensable.
Vous devriez dire � vos patrons que je trouve leurs questions tr�s moyennement intelligentes.
Qu'est-ce que je marque, alors ?
Ce que vous voulez.
Mettez "moyen". Ils adorent �a.
Un bon fromage vous para�t-il aller n�cessairement de pair avec un grand vin ?
Vous voulez dire, est-ce je bois un Ch�teau-Lafitte 62 avec un camembert 64 ?
Le tout, c'est de ne pas se tromper d'ann�e.
Est-ce que vous sentez des pieds tr�s fort, moyennement fort ou pas fort du tout ?
C'est dans le questionnaire ?
Non.
Mais vous avez l'air de trouver mon questionnaire tellement con.
�a rend vraiment d�bile, toutes ces petites croix.
Ce qui me plairait, c'est un truc du genre...
Tu me trouves jolie, moyennement jolie ou pas du tout ?
Je vous trouve tr�s jolie.
- Ah bon. - Tr�s tr�s tr�s jolie.
Je suis vraiment d�sol�.
Pourquoi tu dis �a ? Ce n'est pas important.
C'est toujours comme �a la premi�re fois. Je suis intimid�.
�a finit par m'obs�der, tu vois ?
� chaque fois, j'ai tellement peur de...
�a n'aide pas.
Je voulais. J'avais vraiment envie de toi.
J'ai l'air s�r de moi mais je suis timide.
Je suis vachement contente.
Je voudrais qu'on se revoit.
Je suis s�re que �a sera mieux la prochaine fois.
�a t'arrive souvent quand tu fais tes enqu�tes, ce genre d'histoire ?
Tu ne veux pas qu'on se revoit ?
Si.
Quand tu veux.
Ce soit, tu veux venir bouffer chez moi ?
Ouais.
Tu vas continuer tes enqu�tes ?
Ouais.
Mais �a m'�tonnerait que �a soit aussi marrant.
"Marrant" !?
Tu peux venir � quelle heure ?
- Je ne sais pas. - 20h30, �a va ?
Ouais.
Bon, au revoir.
� tout � l'heure.
Antoine.
Je suis vachement contente.
Je suis amoureuse !
Elle s'est d�j� lav� les cheveux avant-hier.
- Je suis amoureuse. - Ouais, on avait entendu.
C'est marrant. Tu n'arr�tes pas de dire que tu veux qu'on te fasse l'amour,
et tu tombes amoureuse du premier type qui ne bande pas.
J'ai �t� vachement �mue par �a, justement.
Il a l'air compl�tement paum�.
J'aime bien quand les mecs ont l'air de gosses comme �a.
Tu parles ! T'aimes �a parce que c'est difficile.
Tu le d�sires parce que t'as envie qu'il te d�sire.
Le d�sir, c'est le d�sir du d�sir de l'autre.
Qu'est-ce que tu racontes ? N'importe quoi !
Ce n'est pas moi, c'est Lacan qui a �crit �a.
T'as �t� vex�e parce qu'il ne te d�sirait pas.
�a t'a �nerv�. Tu fais de la provoc.
Elle a raison. C'est inconscient, ma ch�rie. C'est comme �a.
Il faudrait peut-�tre ranger quand m�me avant qu'il n'arrive.
Cet appart est peut-�tre l'appart de l'appart de l'autre,
mais j'aimerais autant qu'il soit propre.
- Tu te maquilles ? - Ouais.
- Toujours quand tu es amoureuse. - Ouais, toujours.
Ben dis donc !
T'as vu ? On critique quelquefois mais on participe.
C'est vraiment chic, les bougies.
Vous n'avez pas peur que �a fasse un peu trop ?
Non, �a va bien avec ta robe.
Vous comptez rester sap�es comme �a ?
T'as vu le m�nage qu'on s'est tap�es, aujourd'hui ?
C'est bien, parce que tu verrais chez lui.
On se croirait dans un mus�e. Nickel et tout.
Merde, c'est lui.
Eh, n'y va pas. J'ai oubli� de changer tes draps.
Merde ! Attends, je vais ouvrir.
- Ah Salut. - Salut.
- Elle est l�, Sophie ? - Non, elle est sortie.
- Au revoir. - Au revoir.
Ce n'�tait pas lui.
Quand j'ouvre les yeux, je suis vraiment contente.
Mais tant qu'on ne me rappelle pas que la vie est pleine d'emmerdements...
Regarde. On est l�, tous les trois.
On pourrait rigoler, et puis �tre bien.
Et puis, au lieu de �a,
on t�che de r�parer les conneries qu'on a faites,
en faisant des nouvelles conneries.
Et puis, on s'enfonce.
J'aurais peut-�tre pas d� virer l'autre motard.
Je ne le comprends pas, Antoine.
Je lui ai pourtant bien fait comprendre que je m'en foutais.
Ils sont cons, les mecs.
Mais tu leur sautes dessus comme si c'�tait des chemisiers en solde.
Ce n'est pas comme �a que �a se passe d'habitude.
C'est vrai, �a. Les mecs aiment bien choisir.
Et pourquoi c'est eux qui choisiraient ?
J'en ai marre des habitudes. Moi aussi, j'ai envie de choisir.
O� tu vas ?
Ce qui �tait le plus agr�able, c'�tait le silence de l'appartement.
L'impression qu'Antoine pouvait me surprendre � tout moment,
en train de bousiller ses murs de merde, blancs,
avec de la peinture rouge.
J'attendais que la porte claque pour voir sa tronche.
Personne n'est venu.
- Bonjour, �a va ? - Ouais, �a va.
Il y a Sophie qui a �t� jouer les Marquise de S�vign�.
- Ah bon, o� �a ? - Chez le mec.
Elle veut qu'on lui fasse des d�clarations. C'est elle qui les fait la premi�re.
Votre femme est rentr�e ?
Non, elle a profit� de mon voyage pour aller voir sa s�ur. Elle rentre tout � l'heure.
- Tu rentres chez toi ? - Oui, il faut que je finisse les plans.
Je t'appelle en fin d'apr�s-midi. Tu peux garder la voiture.
- Tu as tout remis en ordre ? - Comment ?
- Tu as tout remis en ordre ? - Oui, oui.
Merde !
- Je vous dois combien ? - Cent francs.
C'est � quel nom ?
J'ai d�j� vu des appartements d�cor�s, mais comme �a, jamais.
- All� ? - All�, Antoine ?
Tu peux m'expliquer ?
Gis�le va �tre contente quand elle va rentrer. Tu es tomb� sur la t�te ou quoi ?
- Pourquoi, M. Margeron ? - Pourquoi je te demande �a ?
Tu te fous de moi ? Je vais te faire enfermer, mon vieux.
Je veux bien des graffitis dans le m�tro, mais pas chez moi.
- Qu'est-ce qu'il t'a pris ? - Mais...
Ne quitte pas, c'est Gis�le. Mon vieux, tu vas l'entendre.
Excusez-moi, est-ce qu'Antoine est l� ?
Antoine ?
All�, Antoine. Ne quitte pas, il y a quelqu'un pour toi.
All�, Antoine. C'est Sophie.
- O� t'es ? - Je suis chez moi.
Comment �a, chez toi ?
Ici, c'est chez moi.
Je ne savais pas. Il ne m'avait pas dit.
- All�, je n'entends plus rien. Qu'est-ce que tu dis ? - All�, Antoine.
Je crois que j'ai fait une petite b�tise.
Bien s�r, j'aime les nanas.
Mais avec elles, c'est toujours des probl�mes.
Je ne vois pas pourquoi tu dis �a.
Oh, ben dis donc !
Tu sais ce qu'elles disent, mes copines ?
Elles disent que t'es pas venu parce que c'est moi qui t'ai dragu�.
C'est vrai que �a bloque les mecs quand on les drague.
- T'as tout racont� � tes copines ? - Ouais, pourquoi ?
Comme �a.
Ne t'angoisse pas, va ! Je ne suis pas rentr�e dans les d�tails.
Tu n'as pas r�pondu � ma question.
- T'aimes pas �a, qu'on te drague ? - Moi ?
Je ne sais pas, si.
A priori, �a fait bizarre.
�a a �t� vachement rapide.
Quand on baise tout de suite, ce n'est pas excitant.
- T'as pas eu peur ? - Non, pourquoi ?
- C'est l� que t'habites ? - Ouais. Tiens.
C'�tait bien, moyennement bien, pas bien du tout ?
Pas bien du tout.
Je me fous de toi.
Et puis �a ne veut rien dire, bien ou pas bien.
Ce qui compte, c'est qu'on soit bien tous les deux.
C'est qu'on soit heureux.
En tous cas, �a a dur� longtemps.
- Tu ne sais pas de quoi j'ai envie ? - Non.
- D'un grand bol de cacao. - � cette heure-ci ?
Et pour toi, c'�tait bien aussi ?
- T'en veux ? - De quoi, du cacao ?
- Ouais. - Non, merci.
T'as tort. �a fait dormir.
C'est m�me pour �a que j'en prends le matin avant d'aller travailler.
T'as envie de dormir tout de suite ?
Non.
Je boufferais bien un truc. T'as rien � manger ?
Si, je n'ai pas grand-choses. Du saucisson, �a va ?
Ouais.
Et pour toi, c'�tait comment ?
Y'a bon, Banania.
�a veut dire quoi, �a ?
�a veut dire, y'a bon, Banania.
- All�. - Sophie ?
- Tu es rentr�e. - � l'instant. J'allais t'appeler.
Oui, il y a un probl�me. Je ne sais pas comment te dire �a.
- Quoi, maman est malade ? - Non, pas tout � fait.
Enfin, �a ne vaut pas mieux. On s'est engueul�s.
Elle dit que maintenant, on ne faisait plus rien d'amusant ensemble.
- Alors, elle fait la gr�ve de la faim. - Hein ?
Gr�ve de la faim. Comme dans les prisons.
- C'est s�rieux ? - Puisque je te le dis.
Elle ne veut plus voir personne. Elle veut que je l'emm�ne � Venise.
Elle dit que je ne l'emm�nait plus jamais nulle part.
Alors c'est �a, ou elle se laisse mourir de faim.
Ne fais pas cette t�te.
Ce n'est pas si dramatique.
- Elle est en haut ? - Oui.
Et je suis cocu, ma vieille.
Elle me fait le coup de la femme d�laiss�e et...
Pour que je sois dans mon tort, et toc, j'apprends qu'elle me trompe.
- Ton p�re n'est pas mont� avec toi ? - Non.
Une petite aventure de rien du tout. J'ai exag�r� pour l'agacer.
- Tu n'as pas une petite cigarette ? - Tu ne veux pas plut�t manger quelque chose ?
Mais je mange.
Regarde, j'ai ma petite cachette, l�.
C'�tait quoi, cette aventure ?
- Tellier. - Tellier ?
- Le gros Tellier ? - Oh, le gros !
Comment t'as fait ?
C'�tait pendant un week-end o� ton p�re avait un congr�s � Barbizon.
Il est venu ici, Tellier.
Pour m'emprunter un parapluie, soi-disant.
Tu n'aurais peut-�tre pas d� choisir un ami de la famille.
Je n'allais pas faire �a avec quelqu'un que je ne connais pas, tout de m�me.
�a a �t� mon seul amant en dehors de ton p�re.
Tu sais, je ne te le dis pas, parce que ce n'est pas mon r�le,
mais t'as bien raison de vivre comme tu vis.
Au moins, tu t'amuses.
Tu n'as eu qu'un seul amant ?
Ben oui, parce que j'aime ton p�re.
� quoi tu penses ?
� ma m�re.
Elle m'a dit aujourd'hui qu'elle n'avait eu qu'un seul amant.
C'est incroyable.
Pourtant, elle �tait belle.
M�me maintenant, elle est encore vachement bien.
C'est dingue.
Et alors ?
On peut tr�s bien aimer qu'une seule personne.
Je trouve �a super, moi.
Alors, va-t-en.
Pourquoi pas ?
On peut tr�s bien �tre fid�le.
Quand on n'aime plus quelqu'un, je trouve �a mieux de le quitter.
Tromper les gens, c'est d�gueulasse.
Pfff, �a veut dire quoi ?
Ma m�re aurait pu avoir des amants et continuer � aimer mon p�re quand m�me.
Tu crois qu'il se g�nait, lui ?
Ce qu'il faut, c'est aimer les gens autrement.
- T'es jaloux ? - Tu n'es pas jalouse, toi ?
Je ne veux appartenir � personne.
Je n'ai pas envie d'�tre prise au pi�ge.
Parfaitement.
Quand t'es amoureuse, tu supporterais de voir ton mec s'envoyer en l'air avec n'importe qui ?
S'il en a envie.
Je vais chercher une cigarette.
�a va ?
- Je peux prendre une clope ? - Ouais.
- Je peux me mettre l� ? - Ouais, vas-y.
- Pardon. - Attends, je ne vois plus.
On aurait mieux fait d'aller au cinoche.
Tiens.
T'es malade, non ?
Non, �a suffit.
Laisse-moi foutre ma... avec les bananes et tout.
- Alors, �a vient. - C'est pas comme �a qu'on fait les bananes.
Est-ce que je construit des baraques ? Laisse-moi foutre mes bouffes tranquille.
Je fais des baraques mais elles ne sont pas br�l�es.
Laisse-moi faire.
Ne les gaspille pas. C'est cher, les bananes.
- Alors, un peu de rhum. - T'es fou !
L�, tu les fais sauter.
J'y vais.
�a me fait moins rigoler.
Cette manie de toujours vouloir poss�der les gens est absurde.
Aucune mec n'est mon mec.
- Je te pr�pare des munitions. - Attention !
Merde !
C'est la chemise que j'ai mise ce matin.
Tu prends un coup de rhum. �a d�tache.
Une chemise toute neuve, encore.
Je te jure, Sylvie. �a va bien avec tes mouches sur le nez.
Ah, c'est marrant. Vraiment !
- Je peux t'aider ? - Non merci.
Corinne, d�fais-le.
Je suis pris entre deux feux.
Y'a bon, Banania ?
- Pourquoi tu dis �a ? - Pour rien.
Je vais me faire un tour de p�riph. �a se calmera.
- Elle est folle ? - Je ne sais pas.
En tous cas, �a ne valait pas la peine de faire toute cette histoire.
Bon, je m'en vais.
On a �t� cons.
Appelle-la demain. Ce sera plus gentil si elle est triste.
Bon, salut.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je d�place la VMC dans les salles de bain.
Je suis un peu charrette. Tu pourrais pas venir m'aider � tirer les plans de niveau ?
On y va.
Je remonte tout de suite.
J'ai horreur de faire des histoires comme �a.
C'�tait con.
�a m'a fait vachement plaisir que tu sois jalouse.
Je suis vachement jalouse.
Mais je tiens � toi.
C'est con, hein ?
C'est comme �a.
C'est la premi�re fois que tu me vois en jupe.
�a te va bien.
- Ouais, elle n'est pas mal. - Non, super !
Merci. T'as trouv� des trucs bien ?
Oh ma ch�re, une jupe ! Tu t'embourgeoises !
Dis, on voudrait aller chez lui. On se retrouve apr�s ?
- Quoi, vous ne bouffez pas avec moi ? - Non, on voulait �tre un peu tous les deux.
J'ai envie de baiser un peu.
- Allez dans le bus, vous serez peinards. - Dans le bus ?
Ouais, vous serez tranquilles.
- Vous voulez le passer, alors ? - Oh non.
O� est-ce qu'ils vont ?
- C'est vous le conducteur ? - Le conducteur de quoi ?
Si �a ne te fait rien, je n'aime pas qu'on lise mon journal.
C'est qui, le type qui baise mal ?
Ce n'est pas toi. C'est le journal d'il y a trois ans.
Quand j'�tais avec Hubert.
Pourquoi tu l'as �pous�, si c'�tait vraiment un emmerdeur ?
Je ne sais pas.
Pour partir de chez mes parents.
Et puis il avait de l'autorit�.
Et puis elle �tait amoureuse.
J'�tais vachement m�me, surtout.
Je croyais que sans lui, je n'�tais rien.
Apr�s, il a commenc� � s'en foutre. Je trouve qu'il m'aimait mal.
Alors, j'ai commenc� � le tromper.
Et puis apr�s, il a voulu qu'on fasse un gosse pour tout arranger.
Ils ont bon dos, les gosses. C'est toujours eux qui font les frais.
- Il savait que tu le trompais ? - Avec Sophie, on sait toujours tout.
Elle �crit sa vie priv�e dans un cahier.
En plus, �a l'excitait.
C'est moi que �a n'excitait pas.
� la fin m�me, �a me d�go�tait plut�t.
Je ne comprends pas un truc.
Comment on peut rester trois ans avec un mec quand il te d�go�te ?
Ben je simulais, c'est tout. Ce n'est pas difficile.
T'as jamais vu une nana simuler ?
Ben non.
T'as pas d� faire tellement attention.
Il faut sortir le dimanche.
�a vous arrive souvent, de simuler ?
Ben ouais, comme �a.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
- �a ne va pas ? - Non.
Quelle heure il est ?
Il est 7h50.
On se fait un petit-d�jeuner ?
Dis donc, t'as vu le nouveau trac� ?
Il a fait un mauvais contre-calque, alors.
On va refaire un tirage.
C'est moi qui vais me taper le sch�ma du VRD ?
Tu n'as pas dit pour mon voyage ?
Je pars � Lyon quelques jours chez ma m�re.
Je ne sais pas. Ce soir, probablement.
OK, � tout � l'heure.
Ouais, salut.
Il est cors�, hein ?
Tu vas � Lyon ?
Moi qui aime les c�lins matinaux, je suis servie.
Il me traite comme sa bonne.
"Mon cacao" par ci, "mon cacao" par l�.
- Pas de c�lins, mais faut faire la bouffe. - Il faut dire, la bouffe, ras-le-bol !
C'est pas parce qu'on te saute qu'il faut que tu sois un cordon bleu.
Hier soir, il n'a m�me pas fait la vaisselle.
- Ce matin, il n'a pas fait le lit. - J'ai remarqu�, ouais.
Hier soir, c'est moi qui ai fait la vaisselle.
C'est le coup de la simulation qui l'a coinc�.
Il croit que je fais semblant, avec lui.
Compl�tement parano, ce mec !
Dis donc, c'est � toi la moto gar�e dehors ?
- Ouais ? - Ils sont en train de l'embarquer.
�a va te co�ter vingt sacs.
Je n'ai pas vingt sacs. J'ai rendez-vous chez mes parents.
On a pens� que si on partait tous ensemble au Maroc,
�a arrangerait le coup pour Pamela.
On aura qu'� habiter des h�tels diff�rents, comme �a on ne sera pas sur vous tout le temps.
- Qu'est-ce que tu en penses ? - �a sera l'occasion de faire un voyage avec ta m�re.
J'ai t�l�phon� � Hubert. Il est d'accord.
Ah bon ?
Il suffit de savoir le prendre.
Nous, on descendra en avion.
Votre bus, euh...
Qu'est-ce qu'il y a ? �a n'a pas l'air de te s�duire, cette id�e.
Si.
Tiens. Pour ta moto, je te d�sapprouve, mais...
Tiens, pour la r�cup�rer. Allez !
Oh non, �coute.
Salut, poupa !
- Vous fumez ? - Non, merci.
C'est un roman que vous �crivez ?
Non, juste des impressions.
- Des impressions de voyage ? - Oui.
L'enchantement des lacs, le doux murmure des ruisseaux,
le soleil qui poudroie sur la plaine...
Enfin, tout ce qui me passe par la t�te.
Vous permettez ? Je sais, c'est indiscret.
Je vous pr�viens. �a parle de cul.
Son manque d'ind�cence m'agace.
Je voudrais qu'il me saute dessus par surprise et qu'il me bouscule.
Mais je ne peux pas lui demander �a.
On ne peut pas demander � quelqu'un de vous sauter dessus par surprise.
Je peux ajouter quelque chose ?
Sophie ?
Sophie ?
Oh, excusez-moi.
Je l'ai rencontr� dans le train.
Ce n'�tait pas ton tour de faire la bouffe ce soir ?
OK, j'avais compris.
Si Antoine pouvait faire l'amour comme lui.
Parce que tu penses � Antoine pendant que...
Tu me scies.
- Sophie ?
Merde, il m'avait demand� de lui amener une bi�re.
Merci.
Tu devrais mettre un pantalon parce que c'est la chambre de Corinne ici.
- De qui ? - De Corinne.
C'est bient�t Des chiffres et des lettres et c'est son �mission pr�f�r�e.
Oh, pardon.
Qui est celui-l� ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il se passe qu'ils commencent � me courir.
Je me coltine le repas pendant qu'ils occupent ma chambre.
Vraiment pas g�n�s !
Vous faites quoi dans la vie ?
Je suis professeur de yoga � l'institut oriental.
Ah bon, tu fais du yoga ?
Du ta�-chi-chuan, du yoga chinois.
Sous sa forme primitive,
c'est l'accord entre l'�quilibre et le geste.
- Ah bon ? - Ouais.
Je fais du foot aussi.
Je suis avant-centre.
C'est pour �a que vous �tes en forme physiquement !?
- Pourquoi vous dites �a ? - Je ne sais pas. Comme �a.
Vous avez l'air en forme.
Je prends soin de mon corps.
Je pense qu'il ne faut pas s�parer le mental du physique.
C'est comme si on s�parait le sexe de l'amour.
Il y a du rago�t mexicain.
Tu n'aimes pas �a ?
- Quoi, vous n'aimez pas les �pices ? - Si.
C'est la viande. Je suis v�g�tarien.
- Quatorze. - Cinquante-et-un.
C'est un penseur, son baiseur.
C'est le genre "y a pas de femmes frigides, y a que des hommes maladroits".
Bonsoir.
Vous pourriez baisser la musique un petit peu ?
Oui, je vais la baisser tout de suite. Excusez-moi.
Soyez un peu polie !
Chaque fois, il faut couper la musique.
Il commence � faire chier, celui-l�.
Il para�t que �a emp�che ses gosses de dormir.
Ils dorment o�, ses gosses ?
Sous la chambre de Sophie.
Vous pouvez remettre la musique ?
- Il m'�puise, ce mec. - C'est ce que tu voulais, non ?
Bon, je vais aller dormir.
- Tu n'as qu'� dormir dans le living. - Non, il est gentil.
Je ne vais pas le traiter comme un gadget.
- Salut, les ch�ries. - Salut.
J'ai �chapp� au c�lin du matin.
Sinon, il va encore s'incruster toute la journ�e.
Je lui offre le petit d�j, et zou, dehors !
Merde, je suis tellement combl�e que j'en ai ras-le-bol.
Il faut toujours quitter la table en ayant faim.
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Des pompes.
Il se met en forme.
Bonjour, �a va ?
Dites, �a d�range pas ? Je me fais couler un bain.
- Vous n'avez pas des sels pour le bain ? - Non.
- Dis donc, il est un peu gonfl�. - �a co�te dix balles, un t-shirt comme �a.
�a lui va bien, je trouve. Baraqu�, comme mec.
Sophie, tu viens avec moi dans le bain ?
Il m'�nerve !
Je vais lui dire non, hein ?
�coute ! �a ne fait pourtant pas dix minutes qu'elle est r�veill�e.
Sauf que c'est moi qui vais encore faire le m�nage.
Ben au revoir.
On se reverra ?
On s'embrasse ?
Comment ? C'est tout ?
On ne dirait pas qu'on a pass� la nuit ensemble.
C'est vrai, t'as raison.
Bon.
Ben salut.
Entre.
- Pourquoi tu ne veux pas rentrer ? - Non, je m'en vais.
Je suis d�sol�.
T'aurais d� me pr�venir.
Je marque oui. Un contrema�tre, �a r�pondrait oui.
J'allais quand m�me pas lui courir apr�s dans la rue, en peignoir, avec les cheveux tremp�s !?
Il aurait �t� trop content, tiens !
"Le fromage est-il une denr�e de luxe ?"
J'ai envie de marquer non. Ce n'est pas du luxe, hein ?
Et puis, � "indice des prix", j'ai marqu� beaucoup trop cher.
Qu'est-ce que je marque, sur celui-l�, comme profession ?
Marque "cadre sup�rieur". J'en ai pas. J'ai vu que des prolos.
Je marque "industriel".
Avenue Victor-Hugo ?
Marque ce que tu veux, je m'en fous.
H� ho, on fait �a pour te rendre service.
Si tu n'avais pas une vie si compliqu�e, d'abord !
On ne peut pas � la fois travailler et faire l'amour.
Un industriel, �a r�pond quoi ? "Le fromage, une fa�on d'amener le dessert", oui ou non ?
Je mets non.
Je vais lui expliquer. C'est trop con.
Il ne t'a pas dit qu'il partait en voyage � Lyon ?
Si, il m'avait dit. Mais je ne savais pas quelle date exactement.
�coutez, j'ai son adresse. Vous la voulez ?
- Oui, j'aimerais bien. - Je vais vous marquer �a.
Antoine.
Antoine, Sophie n'a plus de pain.
Excuse-moi.
Merci.
J'esp�re que ce ne sera pas trop petit.
D'habitude, Antoine dort seul.
Il y a juste ses pieds qui d�bordent un peu.
�a va aller bien. Je vous remercie.
Je suis ravie.
J'ai toujours peur qu'Antoine s'ennuit quand il vient me voir.
- Pousse-toi. - Je n'ai pas de place.
- Pourquoi tu rallumes ? - Parce que.
Je ne suis quand m�me pas venue � Lyon pour que tu fasses la gueule !
Tout le temps, tu fais la gueule ! Il y en a marre !
- Vraiment, ce n'est pas marrant ! - Non, je te dis non !
L�, �a va r�veiller ma m�re !
Merde, faut pas d�conner non plus !
Mais non. Pas maintenant, je te dis !
Mais pourquoi ?
�a va r�veiller ma m�re. Arr�te !
C'est vachement agr�able, je te jure ! Arr�te !
Merde, t'exag�res !
Je te connais, tu fais trop de bruit.
Ta m�re est partie. On peut faire du bruit.
T'as pas envie d'un petit d�jeuner ?
Je ne suis pas branch�...
- Ce n'est pas vrai. - Merde, tu ne penses qu'� �a !
T'as pas envie d'autres choses ? R�ver, faire une balade ?
Je n'ai pas envie de me balader � cette heure-ci.
Qu'est-ce que tu veux ? Du chocolat ? Que je te fasse couler un bain ?
Je voudrais la couverture. Je grelotte.
Tiens !
Eh, je voudrais un bain et du chocolat.
C'est toujours moi qui te d�sire.
Jamais tu ne fais un geste.
Peut-�tre que tu me d�sires trop.
�a m'inhibe.
Tu dis que tu d�sires les gens. �a para�t vachement sympathique.
En r�alit�, c'est pour qu'on s'occupe de toi.
T'es vachement �go�ste.
Bois ton cacao, tiens !
Ce que tu m'�nerves, avec ton petit d�j !
Tr�s amusant !
Un petit peu de ketchup.
Un peu de beurre ?
C'est parce que t'es con.
Antoine, tu viens t'occuper de moi ?
Antoine n'a pas voulu.
Il n'a rien voulu.
Sylvie va encore dire que le grand amour n'existe pas.
Corinne ? C'est toi, Corinne ?
- Salut. - Salut.
Tu n'es pas � Lyon ?
Ben non.
Bon, je vous laisse.
Je vais me reposer.
- �a va ? - Ouais, �a va.
Tu sais. Je m'en fous, de l'autre l�-bas.
�a ne s'est pas bien pass� � Lyon ?
Et qui c'est, celui-l� ?
Lui, c'est Olivier. C'est mon fianc�.
Il part avec nous au Maroc.
C'est Sylvie qui m'a pr�venu.
- J'avais envie de te parler. - Ah bon ?
Je pense simplement que quand tu vas revenir, ce serait bien qu'on se revoit.
Tu dis toujours que c'est toi qui vient me chercher.
Ben j'ai voulu essayer le contraire.
Je t'aime, merde !
Je te ram�ne � Paris.
Non, j'ai achet� une moto.
Ah bon ?
On va pouvoir faire la course.
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