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- Je suis SOS Médecins.
Votre frère a fait une overdose.
J'appelle le SAMU. - On a déjà appelé le SAMU !
- Le patient d'Alyson décompense.
- Notre SMUR est fermé.
Je t'ai dit d'y aller ?
On le met oĂą ?
- David, le copain d'Alyson.
Sirènes Musique de tension
- C'est fini.
- Ma jambe !
J'ai mal, c'est gonflé.
- Entrez.
Vous permettez que je regarde ?
- SOS Médecins est en grève ?
- Les flics ont fait un rapport pour cette nuit.
- Maintenant, comment on fait ?
- Sans lit, sans personnel, on peut pas.
- Nous, on est lĂ .
- 39,3. C'est un érysipèle.
Marie-Rose, en 106, j'ai un entrant.
Je le prends en direct.
- On prend personne.
Uniquement les urgences.
On respecte les règles fixées.
- J'ai besoin d'un avis ophtalmo en urgence.
- On va vous transférer.
- Putain, mais...
Avec mon oeil extérieur,
ça fonctionne pas du tout.
- Les urgences ferment à 20h précises.
Brouhaha mécontent
- Victor ! Victor ! Tu te calmes.
- Comment tu t'appelles ?
- Victor. - Victor ?
Allez Ă Avicenne,
ils sont ouverts, ils pourront s'en occuper.
- Essayez de dormir un peu.
- J'y arrive pas.
- T'as les clés du rez-de-chaussée ? - C'est condamné.
Ils doivent le réhabiliter. - Je sais.
Je laisse la lumière. Si besoin,
vous criez. - Merci.
- C'est le bordel, quand mĂŞme.
- On n'est pas si mal.
Générique
Musique lente
AllĂ´ ?
D'accord, oui.
- Ca va ?
- C'est Brun. Il rouvre le SMUR.
- Attention.
Musique rythmée
Arben !
- Ouais ?
- T'as eu la régulation du SAMU ? - J'ai pas la ligne.
- Merde, quel con.
On sort que sur notre secteur.
Tu sors pas sans qu'un hôpital se soit engagé à prendre le malade.
- Tiens.
- Excusez-moi.
On met ça où ? - Venez.
Prenez tout et venez avec moi.
On suit derrière ? - Ouais.
- Souleymane. - Oui.
- On vire le fauteuil, le tensiomètre. Vous dégagez tout.
Vous disposez les chaises.
Celle-lĂ , elle va lĂ .
Et le bureau...
Voilà , ça fera barrage. C'est mieux.
Vous m'écoutez une seconde.
Les malades vont venir de lĂ .
Ils vont patienter ici.
LĂ , si besoin. On prendra des chaises.
Ici...
Coup
Bim ! Premier tri.
C'est votre responsabilité.
S'ils ont une bonne raison, ils vont au desk IAO.
Sinon, retour Ă domicile.
Je veux plus voir tout le foutoir dans les couloirs.
Maintenant, on trie, on trie, on trie.
C'est clair pour tout le monde ?
- Clair ?
- Je vous laisse.
Musique électro lente
- Salut. - Salut.
Toi aussi, t'es lĂ ?
- On m'a demandé d'aider. Vous étiez débordés.
- Ah bon ?
- T'inquiète, maintenant, je suis là .
- Il se passe quoi ? - Salut.
- Salut. - Salut.
- Brun rouvre le SMUR.
Il a demandé l'aide d'autres services.
- Il rouvre des lits ?
- Administrativement, on peut pas.
- Les malades, on les met oĂą ?
- Les hĂ´pitaux les prendront.
- C'est pour ça qu'on est revenus.
Je remplace Arben et David fait le bed planner.
- Le bed planner ?
- Bed pour lit
et planner comme... - Comme planner, je sais.
- Comme je connais bien les établissements,
je me suis proposé pour essayer de trouver des lits dispos.
- C'est bien. - Oui, c'est bien.
- On fait le point sur les lits dispos.
- Lesquels ? Les lits ouverts ou fermés ?
- Si on pouvait ouvrir les lits, on l'aurait fait. LĂ ,
on trouve des solutions.
- Rouvrir le SMUR est ma décision.
On a pris 2 h pour transférer une hémorragie,
c'est terrible pour le patient et les soignants.
- Sans lit, ça marchera pas.
- On a un problème de place, on s'organise.
Pour pas que les malades arrivent à Poincaré.
Ceux qui arrivent
par leurs propres moyens, on les transférera grâce au SMUR.
- Imaginons que ça marche, on transfère où ?
On a pas de lits d'aval.
- On voit avec les hĂ´pitaux pour qu'ils prennent des patients.
- J'y crois pas.
- Tu crois en rien, en fait.
- C'est pas faux.
- En chirurgie, vous en ĂŞtes oĂą ?
- Ca ira. J'ai eu des confrères à Bondy, à Bobigny
et Ă Saint-Denis.
- C'est bien.
- Et Mme Royer, 82 ans ?
Admise pour fracture du col.
Hospitalisée en maternité, car aucun chir ortho.
Ils s'engagent Ă la prendre ?
- Je sais pas.
Je peux me renseigner.
- Et toi, secteur 1 ?
- J'ai 4 lits d'hospitalisation courte durée, tous pris.
- Tu peux en libérer ?
- Je viens de le dire.
J'ai pas de place en rééducation,
pas d'assistante sociale, pas de sortie possible
et pas de place en hospi de longue durée.
- Et nous, ça nous bloque.
Le secteur 1 doit rester de la courte durée.
Je peux faire le point avec toi.
On va trouver des solutions.
- Allez.
On peut finir ça ?
- Mme Jeanin, elle est oĂą ?
- Elle est lĂ .
- Bonjour, Mme Jeanin.
- Bonjour. Je suis sa fille.
- D'accord. Bonjour. - C'est mon mari.
Je suis le Dr Lévêque,
je m'occupe de vous. Vous avez mal au ventre ?
- Oui.
- Je vais regarder ça.
Ca vous fait mal quand j'appuie ? - Oui, bien sûr.
- Ca fait longtemps ?
- Deux jours.
- Vous êtes allée à la selle ?
- Ca fait trois jours qu'elle a pas été.
- Pardon ? - Ca fait trois jours
qu'elle a pas été.
- Trois jours, OK.
Trois jours sans selle ?
- Oui.
- Elle mange plus rien
depuis une semaine.
- Plus rien du tout ? - Pas autant que d'habitude.
L'examen clinique a l'air normal.
On va lui faire une radio
de l'abdomen et une prise de sang.
- Vous pensez la garder ? - Ca dépend des résultats.
- Bien sûr.
- Vous allez patienter en salle d'attente.
La pièce par laquelle vous êtes arrivés.
On viendra vous chercher.
OK ? Dorothée ? Tu peux me poser un garde-veine ?
- Ca marche. - Merci.
- C'est normal. - A tout Ă l'heure.
- A tout Ă l'heure.
- Je vais revenir un peu plus tard.
- Oui. - A tout Ă l'heure, je reviens.
Merci. - Bonjour.
...
- Bonjour.
Je vous ai apporté à manger et à boire.
- J'ai pas faim.
- Pourquoi ? Ca va pas ?
- J'ai mal au ventre.
AĂŻe !
- Ca vous fait mal ? - Oui.
- C'est lĂ ? - J'ai mal. Oui.
- Vous n'avez pas uriné ?
- J'ai envie, mais j'y arrive pas.
Je comprends pas.
- Vous avez pris des médicaments ?
- A part ce que vous m'avez donné ? - Oui.
- Non.
- Vous avez rien pris ? - Non.
- Des drogues ?
- Non.
- Ca vous est déjà arrivé ? - De me droguer ?
- Non, de pas pouvoir uriner.
- Non, jamais. Jamais.
- Je reviens.
Téléphone
Tu vois Moussa ?
- A l'hĂ´pital California ? - Oui.
- Il est en rétention urinaire. Téléphone
Je dois le sonder. A une main, je peux pas.
- SMUR Poincaré.
Oui ?
Excuse-moi. Quel âge ?
Oui.
11 rue du Belvédère.
OK, c'est noté.
On arrive.
Rachid ! - Oui ?
- On y va.
Désolé, je dois y aller.
On passe prendre Hugo.
- Vous, c'est bon. Excusez-moi. Laissez le passage libre.
Tiens.
Numéro de Sécurité sociale...
- Stella. - Vous mettez la date.
- Pardon.
J'ai besoin d'aide. - Maintenant ?
- C'est urgent. - Tu veux pas voir avec Lazare ?
- Excuse-moi, mais...
- T'as cinq minutes ?
- LĂ , maintenant ?
- Ouais.
OK, laisse tomber.
- Je veux savoir s'il vous reste des places en médecine interne.
- Voilà , faut juste répondre. C'est simple.
Euh...
- T'as vu Alyson ? - Non.
Aucun lit en médecine interne.
Vous pouvez me repasser le standard ?
- Tu peux m'aider ?
- Ouais, bien sûr.
- Viens avec moi.
- Oui, je suis toujours en ligne.
Passez-moi le service réanimation. Je vais essayer.
OK, je patiente.
C'est pas une légende.
- Il y a pas de légende ici, tout est vrai.
- Personne le sort jamais ?
- Certains disent avoir vu l'ombre de Brun le promener, la nuit.
- Sérieux ?
- Non, ça, c'est une légende.
Tu viens ?
AllĂ´ ?
- Oui, allĂ´ ? Oui, oui.
Oui, j'écoute.
- Il est lĂ . - Ouais, je l'ai vu.
Monte derrière, j'ai une tenue.
Salut, les gars.
- C'est parti. Allez.
- Ca va, Rachid ? - Ca va et toi ?
- On part sur quoi ?
- Homme, 65 ans,
pas de signe de vie depuis trois jours.
Ca bouge à l'arrière. - C'est ça, le SMUR.
- Eh ouais, mon pote.
- Vous avez rien en cardio, mĂŞme d'ici demain ?
OK.
Vous pouvez me passer la gériatrie ?
Merci.
- C'est par lĂ .
Tu peux m'aider ?
- On va oĂą lĂ ?
- Tu viens ?
Sérieux, on est où ?
- L'hĂ´pital California.
- Oui. Bonjour.
Urgences Poincaré. Vous avez des lits
de disponibles ?
- Oui, je patiente. Merci.
HĂ´pital California.
- L'ancien service des explorations fonctionnelles.
Il a fermé il y a cinq ans. On est sous l'internat.
Hier, j'y ai mis un malade.
Tu viens ?
- Ils t'ont donné une autorisation ?
- A ton avis ?
- Personne n'est au courant ?
- Si, Arben.
Et toi, maintenant.
Vous avez pas réussi ?
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
- Je l'ai hospitalisé pour un érysipèle.
Ce matin, il est en globe vésical.
J'ai besoin d'aide pour le sonder.
On a tout le matériel.
Il y a un problème ?
- Je... Je sais pas faire de sondage urinaire.
- Tu sais pas faire un sondage ?
- C'est un geste infirmier, les IDE font ça.
Sans IDE, c'est compliqué de s'occuper d'un malade.
- Je vais te guider.
- Tu sais pourquoi il est en rétention urinaire ?
- Une lithiase ?
- Il aurait des douleurs lombaires.
- Prostate ? - Trop jeune.
- Tu vas me le dire,
je suppose.
- C'est psy.
- Psy ? - Ouais.
Il a peur.
Ca se voit dans ses yeux.
Il a dĂ» avoir tellement peur, ici, seul dans ce trou Ă rat...
que c'est bloqué.
C'est tout.
...
- Bonjour. Dr Bascha.
- Bonjour. Adjudant-chef Gharbi. Homme de 65 ans
qui donne plus signe de vie.
- Qui vous a appelé ?
- Le voisin qui entendait le chien.
- Monsieur ?
Il a pas pu partir en laissant le chien ?
- Je pense pas. Il part jamais. C'est ouvert tous les jours.
- Merci.
Aboiements
- Encore un peu plus.
C'est bloqué.
- Donnez-moi ça.
VoilĂ .
Calme-toi. Calme-toi.
On se calme.
- Fais gaffe.
- Vous pouvez m'apporter de l'eau ?
- Vas-y ! - Dans un récipient.
Regarde, regarde.
Doucement, regarde.
Vas-y, tiens.
C'est bien.
Tu vois ? Viens, mon pépère.
Viens. Viens par lĂ .
C'est bon, je le prends. C'est bien.
Je tiens le chien. Venez !
- Rachid, t'y vas.
- Non, vas-y, toi. Vas-y, je suis lĂ .
- Envoie le scope.
Rachid ?
- Je vous attends lĂ .
- Non, tu viens. - Hein ?
- Rachid, viens !
- Je tiens le chien, t'inquiète.
- Non, mais...
Je dis pas ça pour le chien. - Viens.
- Fermez les yeux.
Respirez lentement.
Autour de vous, tout est noir.
Vous êtes dans l'obscurité.
Soudain,
une lumière commence à vous éblouir.
Vous voyez la lumière ?
- Oui.
- Vous pénétrez sur une pelouse.
Autour de vous,
il y a 80 000 personnes.
C'est la finale de la Coupe du monde.
L'arbitre siffle.
Vous donnez le coup d'envoi.
Vous dribblez un joueur, puis faites une passe.
- Vous faites une passe Ă Pedro Miguel Pauleta.
Il rentre dans la surface.
- Passement de jambes. Une, deux.
Le ballon revient vers vous.
- Vous subissez la pression du défenseur.
Pas le temps de contrĂ´ler.
Vous frappez directement.
Le gardien plonge, mais il est battu.
- But énorme
dans les dernières minutes.
Le stade explose.
Vous célébrez avec vos coéquipiers.
Avec les supporters, avec votre famille.
C'est historique, c'est la délivrance.
C'est le soulagement.
Vous ĂŞtes champion du monde.
- Vous pouvez sortir ?
- Oui.
- C'est bon, j'ai réussi !
Aboiements
- Monsieur ? - Il y a quelqu'un ?
Vas-y. - J'y vais.
Putain.
Ca va, monsieur ?
On est le SAMU, on va s'occuper de vous.
Le chien.
Prends le chien.
Il me faut le scope.
Merci.
Je prends votre tension.
Respiration difficile de l'homme
- Respirez doucement. On va vous mettre de l'oxygène.
- Serrez-moi la main.
VoilĂ , c'est bien.
Donnez votre doigt.
Ca va aller, d'accord ?
Merci. Allez.
Vous allez...
Attendez, voilĂ .
Respirez tout doucement.
Tout doucement. VoilĂ , c'est bien.
VoilĂ .
N'essayez pas de parler.
Faites oui ou non avec la tĂŞte.
Vous ĂŞtes fumeur ?
D'accord.
Vous avez mal Ă la poitrine ?
D'accord. - Sat Ă 78.
- On vous amène à l'hôpital. Vous avez besoin d'examens.
On doit vous y amener.
- Je veux mon chien.
- On a pas le choix. On a pas le choix.
Vous inquiétez pas. On va à Bondy.
- Otago ! Otago !
Mon chien ! Je veux mon chien.
- Prends le chien.
- Oui, on va partir
avec votre chien.
- Mon collègue s'occupe du chien.
D'accord ?
Ca va aller.
- Je vais m'en occuper.
- C'est un bon chien. - C'est mon chien.
- C'est un bon chien.
Il va venir avec nous.
Otago, c'est ça ?
- Vos papiers de sortie. Vous pouvez y aller.
Madame ?
Madame, vous m'entendez ?
Vous m'entendez, madame ?
Est-ce que ça va ?
- Oui.
- On s'est occupé de vous ?
- Oui, bien sûr.
- Vous savez oĂą vous ĂŞtes ?
- Oui, bien sûr.
- Vous êtes accompagnée ?
- Oui, bien sûr.
- OĂą est votre famille ?
- Euh...
Oui, bien sûr.
- Il a changé, Hugo.
Tu trouves pas ?
- Y a pas que Hugo.
Moi aussi, j'ai changé.
- N'importe quoi.
- Je peux vous voir ?
Tous les deux.
- Ouais.
- Bah oui.
- Elle est Ă qui, la vieille Alzheimer ?
La dame qui dort en secteur 2.
- Mme Jeanin. - C'est ta patiente ?
- Ouais.
- Elle est lĂ pour quoi ?
- Constipation, j'ai demandé un ASP.
- Viens avec moi. - Maintenant ?
- Oui, maintenant.
- Je reviens.
- Je vais terminer. - Merci.
- Elle est arrivée comment ?
- Ses enfants l'ont amenée.
- Ils sont en salle d'attente ? - Ouais.
- C'est Mme Jean-nin ? - Jeanin.
- JEAN, c'est Jean-nin.
- Moi, je dis Jeanin.
- On verra.
Les enfants de Mme Jean-nin ?
Les enfants de Mme Jean-nin ? S'il vous plaît ?
- Vous pouvez venir, s'il vous plaît ?
- Bonjour. Dr Brun.
- Bonjour. - Bonjour.
- Venez, faut que je vous parle.
J'ai vu votre mère. Elle n'a rien à faire ici.
Donnez-moi une bonne raison.
- Elle est fatiguée,
elle mange plus.
- Elle est ni déshydratée, ni dénutrie.
- Elle délire.
Elle sait plus oĂą elle est.
- Votre mère... C'est votre mère ?
- Ma mère. - Elle a une démence sénile.
Sinon elle est en bonne santé.
On va faire les examens, après vous la reprenez chez vous.
- Oui.
- Bon, je vous laisse.
- Au revoir.
- Je suis désolée.
- Stella.
Tu as enregistré Mme Jean-nin ?
- Euh, oui, j'imagine.
- C'est bon. Tu vois le couple ?
C'est les enfants. Leur but,
c'est de se débarrasser de leur vieille.
- De quoi ?
- De leur mère. Ils s'en débarrassent
pour les vacances.
Sois plus vigilante.
- Comment vous le savez ?
- Je le sais, c'est tout.
- Je fais comment pour dire non ?
- Je sais pas. Tu dis non. "Non."
Ca marche très bien.
Soupir
- C'est un gros con.
Tu l'aimes bien, mais y a pas d'autre mot.
C'est un gros con. - Je me mets Ă sa place,
c'est pas facile à gérer, c'est tout.
- Ca fait trois ans qu'il enchaîne les galères.
- Nous aussi, c'est pas une raison.
- Vous m'attendez pas pour manger ?
Je vous cherchais. - On t'a gardé une place.
- Il y a pas autre chose ?
C'est imbouffable. - Des carottes.
- Merci. - Passe-moi les pâtes.
- Ouais.
- C'est un truc de ouf.
On aide et on se fait engueuler.
- On parle de qui ?
- Il parle mal aux malades, aux familles,
Ă moi. Encore une fois,
je le défonce.
- Tu le défonces ? - Tu crois que j'ai peur ?
- Un peu, ouais. - Non.
Pas du tout. - Non, mais...
C'est un grand coeur. - Un grand coeur...
Euh... - Faut le dire vite.
- Si, si.
- T'as avancé sur les lits ?
- Non, j'ai une place depuis ce matin.
C'est infernal. - Désolée,
sans lit, on peut pas y arriver. Téléphone
AllĂ´ ?
- Elle fait une fixette sur les lits.
- On est sur une fixette, oui.
- Clairement.
- Douleur thoracique en déchocage.
- Chloé ?
Je te garde des pâtes ?
- Ouais, OK.
Merci.
- Je trouve qu'elle assure.
Avec sa main, c'est pas facile.
Brun, c'est beaucoup de bruits pour pas grand-chose.
- C'est bon ?
Aboiements
C'est bon, on est arrivés.
J'arrive. - Ouais.
C'est bon, monsieur.
Ils vont vous prendre en charge.
- Excuse-moi.
Je peux te parler ? - Ouais.
- Bonjour. SMUR 93. Mon patient est lĂ .
La régulation m'a assuré que vous aviez une place.
- Ils se sont trompés.
Regarde mon couloir.
Ouais, ça marche.
C'est pareil Ă gauche.
Pour moi, c'est retour Ă domicile.
- Vu son état ? C'est absurde.
- Je sais.
Téléphone
- Ca va aller.
Vous inquiétez pas, on va trouver une solution.
- Il se passe quoi ?
- Ils veulent pas le prendre.
Ils disent : "On est blindés, les couloirs aussi."
Ils nous souhaitent bon courage.
- Ouais, d'accord.
Tonalité
Téléphone - Fabrice.
Tu peux aller voir ? - Ouais.
C'est Arben.
- Colle-le-moi.
AllĂ´ ?
- J'entends rien, parle plus fort.
- Attends une seconde.
- Je le prends.
J'entends rien, parle fort. Ca capte mal.
- Je disais, on est Ă Bondy.
Ils veulent pas prendre le patient.
- Olivier, il désature !
- Chloé, vite. Il désature.
Excuse-moi.
Bah t'insistes.
Ils se sont engagés, ils assument.
C'est pas notre problème.
Tu leur déposes et tu reviens ici.
J'ai besoin de toi, de Rachid et d'Hugo.
J'ai besoin des camions.
- Ici, c'est pire. Ils sont pleins.
Il faut que je te laisse.
- On fait quoi ?
- Je sais pas.
- T'appelles qui ?
- Ils veulent pas de notre SMUR ? - Non.
Question de territoire.
Ils s'affrontent, c'est normal.
Faut se montrer ferme. Vibreur
- Je t'écoute.
- Ils veulent pas prendre mon patient.
- Ouais, je sais.
qu'on pouvait le prendre.
- Le prendre ?
- Ouais, au California.
C'est antibiothérapie et surveillance.
- Raconte.
décompensation respiratoire.
Il est stable.
Sat Ă 97, sous cinq litres d'O2.
Chloé ?
- OK, je prends.
- Je reviens.
- J'ai une place. Vous venez ?
- Comment ça ?
- Venez, allez !
- Pardon.
C'est bon, monsieur.
Allez, on y va.
- Dorothée. - Ouais ?
- T'as vu la famille de la petite dame ?
- Non, pas depuis ce matin.
- OK, bon merci.
Mme Jeanin.
Mme Jeanin.
J'ai vos résultats, tout est normal.
- Oui. - Vous allez rentrer chez vous.
C'est pour moi ? - Oui.
Musique dramatique
- Je reviens.
La famille de Mme Jeanin est partie.
- Je le savais, je le sentais.
- Ils ont peut-ĂŞtre eu une urgence. - Non.
Ils l'ont abandonnée pour les vacances.
On peut pas la garder.
Vois avec David ce qu'il a trouvé.
On sort un SMUR pour la transférer.
- Vas-y, donne-le-moi.
- Tiens.
- Allez, on fait vite.
C'est quoi, ce chien ?
- Le chien du monsieur.
- Vous auriez pu me prévenir.
- Je m'en occupe.
- Suivez-moi. Par lĂ .
- Attention à la montée.
VoilĂ .
- Rachid, tu peux m'aider ?
- Ouais.
Allez, on va vous soulever.
- J'ai des boulettes de viande et de l'eau.
Otago,
viens. Allez, viens.
C'est un délire, cet endroit.
On faisait des fĂŞtes ici.
- On lui fait un bilan bio.
- OK, euh...
Faut que je récupère le scope et l'obus.
- Tu peux pas les laisser ?
- Non, c'est le matos du SMUR.
- MĂŞme l'obus ?
- Ouais, t'as de l'oxygène là .
- Tu crois qu'il y en a ici ?
- Je croyais.
OK, je le récupère tout à l'heure.
D'accord ? - Merci.
Je vous dis Ă tout Ă l'heure.
Je récupère ça.
Allez.
Dans une heure...
Allez.
- Attention.
- Il est oĂą, mon chien ?
- Il est à côté, on lui a donné à manger et à boire.
Il va très bien.
La porte s'ouvre.
- Ca va pas ?
"Désolés, nous sommes partis.
"Merci de vous occuper d'elle."
- C'est ma petite vieille. Sa famille s'est barrée.
Ils l'ont abandonnée, c'est horrible.
- Je suis désolé.
- Faut que tu m'aides Ă lui trouver un lit.
- Elle est autonome ? - Non, elle est démente.
- C'est mort.
Personne va la prendre.
- A 20 h, Brun veut que tout soit vide.
Je me sens pas de la laisser sur un brancard.
Soupir
- Viens avec moi.
- On va oĂą ? - Viens avec moi.
- Si on veut tenir, faut un tour de garde.
Par exemple, 20 h - minuit, minuit - 4 h, 4 h - 8 h ?
- Moi, tout me va.
- Pareil.
- C'est chaud, votre truc.
Sans IDE, impossible.
Sans matos non plus.
- Tu nous aiderais ?
- Il m'a raconté. C'est irresponsable.
- Tu vas tout dire Ă Brun ? - Pardon ?
- Tu vas tout dire Ă Brun ? - J'ai entendu.
J'ai une patiente à transférer, elle a 89 ans.
Elle a une démence. Elle est abandonnée par sa famille.
Elle a un bilan normal, il y a pas de place.
- J'ai fait tous les hĂ´pitaux, il y a rien.
- Elle a besoin d'un lit en attendant une place.
- Tu veux la mettre en bas ?
- Ouais.
- Brun va demander oĂą elle est.
J'y ai pensé.
Je peux faire croire que j'ai une place.
On la transfère avec le SMUR jusqu'ici.
Ni vu ni connu.
- Ca fait un peu abusé, là , non ?
- Il va nous falloir du matériel.
Un scope, des pieds Ă perf,
des consommables.
- On les prend chez Simoni.
- Il va s'en rendre compte.
- J'ai une idée.
- Vous avez du monde ?
- On arrive au bout.
- On prend plus personne.
- Ouais, on sait.
- S'il vous plaît, votre attention !
Il est presque 20 h, on va fermer.
Mécontentement de la foule
Distribue la liste des urgences ouvertes.
- On a pas le choix.
- C'est un con.
- T'abuses, il a rien fait.
- Vous, on vous prend en charge. - OK, merci.
- Bonjour.
Leur blouse, ça fait faux ?
- Non, ça va.
- Allez, on va y aller.
Mettez-vous Ă votre place.
- De quoi ?
- C'est votre place ?
- On est de vrais médecins. On vient pas tourner.
On cherche celui en charge du matériel.
- Venez, suivez-moi.
Vincent, on se met en place.
La figu au départ, s'il vous plaît.
- Vous avez les scopes ici, il y a des respirateurs.
Des pousse-seringues,
il y en a plein. Des cathéters,
des aiguilles...
- Vous pouvez nous prêter ça ?
- Ecoutez, si on peut aider...
On l'a pas mal fait pendant le COVID.
- Vous avez plus de matériel que nous.
- Il y a des choses qui fonctionnent pas.
Faut les checker.
- On a l'habitude.
Nous aussi, on a des vieux trucs.
- Ouais.
- Vous avez des médecins ?
Rires
- Laura. - Oui ?
- OĂą est Martine ? - Juste lĂ .
- Martine. - Oui ?
- On en est oĂą ?
- Il y a quatre patients en cours.
Ca avance. - Rien d'autre ?
- Non, juste la dame d'Alyson. Je sais pas oĂą ils en sont.
C'est horrible de l'abandonner. - Ouais.
Tous les étés, c'est pareil.
Téléphone
...
Alors ?
- On prépare le transfert.
- David a trouvé une place. - Où ça ?
- Où ça ?
- A Saint-Denis.
- Il y a de la gériatrie ?
- Ouais. Non ?
- Si, si.
- Oui, évidemment.
- Ah bon ?
Qui prend le SMUR ?
- Moi et Alyson. - Ouais. C'est nous.
- Très bien. Je vous laisse.
Soupir
Musique triste
- Il est 20 h, le service est vide.
Vous avez réussi.
Bravo.
Musique triste
- Bien sûr,
bien sûr que ça tourne.
- Moi, je sais pas mal jouer.
- T'as ton chargeur ?
- Non. - Alyson.
T'aurais ton chargeur ? - Non, pas sur moi.
On est cinq, lĂ ?
- David, un chargeur ?
- Non.
Il y en a un lĂ .
- Je peux me charger ? - Ouais, débranche.
Tu peux prendre ça ?
Merci.
VoilĂ . - Merci.
Mayo ? - Ouais.
- Mayo ?
- Ouais.
Merci.
- Ca mange des frites, les chiens ?
- Ca m'étonnerait.
C'est des viandards, les chiens.
- Ca mange de tout. J'en connais un qui en mange.
- Ca dépend.
- De quoi ?
- Pardon ?
- T'as dit "ça dépend".
- J'ai oublié.
Vous parliez de quoi ?
- Hop là , chaud devant ! La dernière tournée.
La deuxième, la plus belle. - Magnifique.
- Comment ça se passe avec les gardes ?
- Ce serait mieux d'ĂŞtre Ă deux. Ca serait moins chiant.
- On est cinq.
- Je veux bien ĂŞtre seule.
- Non, je vais commencer. Il y a pas de souci.
Je commence. - Bonsoir.
- Bonsoir.
- Vous voulez vous asseoir ?
- Non, merci. Non.
Je suis venu vous remercier.
J'ai fait un pari, ce matin.
C'était pas gagné. Finalement,
les hôpitaux ont joué le jeu.
Je suis dur avec vous, la pression est grande.
C'est pas une excuse pour mal vous parler.
Le service est vide grâce à vous. Merci.
Larouchi va me relayer pour la nuit. Profitez-en,
allez dormir.
Aboiements
Bon.
Euh... Reposez-vous. A demain.
- Ouais, Ă demain. - Merci.
California Dreamin'
Musique lente
C'est fini,
allez... au lit !
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