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Original subtitles

Les bombes! Ils nous bombardent!

Rosetta!

Mon Dieu, elle va mourir. Arnaldo, va chercher de l'eau!

Cette eau, elle arrive?

Bois, mon trésor.

C'est fini, ils sont partis. Ouvre les yeux, regarde maman.

Ils sont partis. Bois.

Maman!

Tu vois, c'est fini.

Arrête de pleurer.

Je fermerai le magasin, je t'emmènerai loin de Rome.

Il n'y a plus de danger. Ils sont partis.

Si j'avais un fusil, je les tuerai tous. Assassins!

- Je relève le rideau? - Vas-y!

Il est coincé.

C'est passé. Remercions le Bon Dieu.

Cette fumée, juste à côté...

Qu'est-ce qu'ils ont fait?

Il y a de la fumée près de Tiburtino! Notre corniche s'est effondrée!

"Le roi a donné au gouverneur de Rome la somme d'un million de lire."

Qui, le pape?

"Sa majesté le roi à fait remettre au gouverneur de Rome..."

"Le peuple, disait hier le Comte Sforza dans un discours réconfortant,

"qui a touché le cœur des italiens,

"a supporté avec courage et dignité cette terrible épreuve."

"Le pape Pie XII a envoyé un télégramme au Président Roosevelt..."

Giovanni,

j'ai besoin de toi. Je vais partir avec ma fille.

Tu peux t'asseoir.

Elle a le cœur si faible. Elle a failli mourir.

- Où tu veux aller? - Loin de Rome!

Ces saligauds reviendront. Il ne respecte même pas le pape!

Tant mieux. La guerre finira plus vite.

Tu es fou! Et tous ces morts?

- Que fait Mussolini? - On va bien voir, ce fanatique.

Il faut qu'il parle.

Les femmes marchent toutes au baratin.

Sans les bombardements, on se porterait pas plus mal.

- On gagnait bien sa vie avant. - Évidemment.

Je te donnerai les clés du magasin.

Tu pourras surveiller le magasin et la maison aussi.

Si tu as confiance...

On fera un petit inventaire entre amis.

Buonanni me reprendra les marchandises périssables.

Ça m'embête que tu partes.

- Et toi, tu ne pars pas? - J'ai pas l'argent.

C'est une affaire de semaines, pas plus.

Va chez Covelli. Reviens dans 1h.

- Pourquoi 1h? - Dans 1h...

S'il arrivait quelque chose à Rosetta, je serais capable de tuer.

Tu tuerais qui?

Je te fais perdre ton temps.

Tu peux tout me demander.

Je sais. Tu étais un ami sincère de mon mari.

Pour ce salaud, je ne bougerais pas le petit doigt.

Tu serais faux comme les autres? Tu semblais être son frère.

Et toi qui était avec lui jour et nuit,

tu l'aimais?

Je l'avais épousé.

Sans jamais l'aimer.

- Tu me fais de la peine. - J'aurais aimé t'y voir!

Dormir dans une écurie manger une seule fois par jour.

Et puis il est arrivé et m'a dit: "je t'emmène à Rome."

C'est Rome que j'ai épousé, pas lui.

Comment c'est possible, rester toute une vie avec un vieux?

Ne m'y fais plus repenser.

Rassieds-toi.

Il me racontait un tas de choses sur toi.

- Qu'est-ce qu'il te racontait? - Tout.

Quoi?

Une fois, on était à la pèche.

Il me racontait comment tu étais faite.

Il se vantait. J'ai eu envie de la balancer à l'eau.

Ça faisait 2 ans que je n'allais plus avec lui.

Et avec qui tu allais?

Quand on une fille à élever, on a autre chose à penser.

Alors, t'en as jamais envie?

Ça, c'est mes affaires.

Qu'est-ce que tu fais?

C'est l'heure creuse, non?

Il ne vient jamais personne.

Tu peux fermer tout ce que tu voudras, tu ne me connais pas.

Tu m'aimes bien un peu quand même?

Et ta femme?

Celle-là...

Qu'une bombe lui tombe dessus, et je t'épouse.

Giovanni, reste tranquille.

Giovanni, je t'en prie...

- Tu t'es fait mal? - Va te faire foutre!

Où as-tu mal?

Un petit peu là...

Là?

Je ne veux pas que ma fille le sache.

Je ferais un malheur.

Tu ne vas pas regretter.

Pour moi il n'est rien arrivé.

Tout est comme avant.

Ça va, on se verra demain.

Je n'aime pas ces airs de propriétaire! Je n'appartiens à personne!

Encore merci.

N'oublie pas de changer la serrure.

- Je l'ai dit à Gaetano. - Très bien.

- S'il y a du neuf, je t'écrirai. - Pas moi.

Pour un seul mot, il me faut une page entière.

Mets seulement "bonjour".

Tu pourras venir un dimanche.

J'y ai pensé. Ciao.

Assieds-toi.

Ils chantent bien.

Fils de...

- Contre qui êtes-vous fâché? - Contre tous.

Moi non. Il n'y a qu'un seul à qui j'en veux.

- Mais qu'est-ce qu'ils chantent? - De la musique sérieuse.

De quoi leur flanquer le cafard.

C'est nous, les Italiens qui devrions avoir le cafard.

La pauvre n'a pas fermé l'œil de la nuit.

- Où sommes-nous? - Aucune idée.

- Une bombe sur la voie. - On va comment à Naples?

Il faudra 4 ou 5 heures pour réparer.

- On se fout de nous! - Remerciez le ciel que le train marche.

- Je ne remercie personne! - Ça vous regarde.

Regarde, le mont Forcella.

- Où est Sant'Eufemia? - Là-bas.

On peut descendre? On arrivera plus vite à pied.

- Est-ce qu'on peut descendre? - Je m'en fous.

Il faudra marcher longtemps. Tu y arriveras?

J'aime bien marcher, maman.

- Vous me passerez mes affaires? - Oui, bien sûr.

Le sac! Où est le sac?

Et cette guerre, elle finit quand?

Il croit que je le comprends.

Il dit qu'à Noël ce sera fini.

Encore six mois, c'est bien long.

C'est à eux qu'il faut le dire.

Regarde comment on fait.

Bien au milieu de ta tête. Ne raidis pas le cou, souple.

J'ai perdu l'habitude.

Au revoir.

- Ils sont plutôt gentils. - Oui, maman.

Quelle belle fille vous êtes. Vous plaisez à mes fils.

Fais ton baluchon. Prends-toi du pain et du fromage

et pour Luigi, du saucisson.

À quelle part-on demain?

Rosario, à quelle tu peux partir?

Quand elle veut, le mulet est prêt.

Je vous fais un prix pour tout. Y compris la chambre.

J'ai le choix?

De quoi vous plaignez-vous? Je ne me fais même pas payer d'avance.

On vous connait pas, après tout.

Soyez tranquille.

Ça, vous connaissez?

Jésus, Joseph, Marie! Je n'ai jamais vu autant d'argent.

Cette dame, c'est une banque.

Le Singe!

- Qu'est-ce que tu cherches? - Vous le savez bien.

Tu veux du pain, du vin?

Ne jouez pas au plus malin avec moi. Où sont vos fils?

Ils sont en Albanie.

Ils se battent pour le roi et Mussolini.

Regarde dedans.

C'est Vincenzo qui fait du vélo?

Mon pauvre mari n'a plus assez de forces.

C'est pour moi. Ça t'épate?

Vous avez tout du champion cycliste!

C'est qui?

Elles sont de Rome. Elles vont à Sant'Eufemia.

Je les héberge pour la nuit. On est Chrétiens, non?

Vos fils sont des déserteurs. Si on les attrape, on devra les fusiller.

Vous avez raison. Les déserteurs, il faut les fusiller.

Voilà du vin. Buvez.

Que dit-on à la capitale?

Il y pleut des bombes comme ça.

Vous verrez dans un mois, quand nous en aurons fini.

Pourquoi ne pas rester à Fondi?

Ici, vous trouverez à manger.

À Sant'Eufemia, il garde leur farine.

Je suis de là-bas, on me connait.

On pourrait vous héberger à la milice.

- Vous donneriez un coup de main... - A la cuisine.

Je ne suis pas une domestique.

Servir la milice est un honneur.

Et toi, tu viendrais?

Ou bien tu préfères vivre avec les chèvres?

Pour qui tu te prends?

- Tu veux que je te fasse changer de ton? - Toi, me faire changer de ton?

Espèce de crève la faim!

Essaye encore, et tu verras!

C'est des braves filles, des fascistes.

- Elle mériterait d'être fusillée - C'est des femmes, fais pas l'imbécile.

- Lâchez ce caillou. - Faites ce qu'il vous dit.

On pourrait la forcer à venir. C'est la guerre après tout.

- Fais-lui bien comprendre ça. - Elle a compris.

- Il va faire jour. - J'ai sommeil.

Ils vont revenir. Je n'ai pas fermé l'œil

Maman.

Habille-toi vite.

J'ai fait une bêtise en montrant tout cet argent.

Avec leur air de voleur...

Avec ça, on peut aller au bout du monde.

Dépêche-toi, mon trésor.

Tu n'es jamais monté sur un mulet.

Non, maman.

À ton âge, j'étais folle. Je les piquais pour les faire cavaler.

Où pourrait-on trouver deux mules pour aller à Sant'Eufemia?

Je ne sais pas. Les gens ne se déplacent plus.

Je paierai ce qu'il faut. La petite n'y arrivera pas à pied.

Moi, je vais à Forcella, chercher de l'huile.

Ils vont encore sur Rome. Au revoir.

- Tu n'as pas peur? - Non. Ici, je n'ai pas peur.

Il voulait vraiment nous tuer!

- Mais pourquoi, maman? - Va savoir!

Allons-y.

- Passons de l'autre côté. - Le pauvre...

Ne te tourmente pas pour ça, ma fille.

- Toi, c'est Paride. - Et toi, Cesira.

- Toujours aussi mal rasé. - On a pas autant d'argent qu'à Rome.

Tu as dû te faire un magot à Rome. Tu la reconnais?

Luisa!

- Avec un petit en route! - Il m'en a déjà fait 3.

- Asseyez-vous, madame - Viens t'asseoir.

C'est ma nièce.

On célèbre un triste anniversaire. Celui de mon mariage.

Je vous présente ma fille.

Tu sens cet air? Ça donne envie de parler patois.

Tu as compris?

Ça parle de quelqu'un qui ne reste jamais en place.

Chaque jour qui passe,

je cours portant mon cœur vers le grand marécage.

- Où est ma tante? - À Naples avec sa fille.

- Et Armando? - Il est mort.

Je suis née là.

J'ai loué la maison. J'attends des parents de Formia.

Il n'y a rien pour nous?

On est entassés avec tous ces réfugiés.

Ça tournait mal, alors je suis venu ici.

Paride, donne ton atelier. Tu travailleras chez toi.

- On est parents. - On est tous parents ici.

Je ne retourne pas à Rome. Ce matin, on a failli y passer.

- Un avion a tué un pauvre vieux. - Ici, pas de danger.

- On est entre amis ici. - Et puis les anglais vont arriver.

- Peu importe qui gagnera. - Mais qu'ils fassent vite.

Si les Allemands gagnent, je me tue.

Ils vous ont fait quoi, les Allemands?

À moi, personnellement, rien.

Laissons tomber la politique. Mange ma fille!

Et toi, joue.

Il connait tout. Il a un petit orchestre à Fondi.

Pour nous, il joue gratis. Allez, Achille!

"Vivere"!

- Vous avez un commerce? - Et un beau!

- De quoi? - D'alimentation.

Le monde ne changera jamais pour qui tient une épicerie.

Nous sommes collègues Filippo De Libero, épicier à Fondi.

Les gens devront toujours manger.

- Tant que les Russes ne viennent pas. - Pourquoi?

Les Russes et le commerce, ça fait deux.

Comptable, tu parles d'or

Et le pape, qu'en pense-t-il?

On a tous pleuré à son dernier discours.

Ces criminels tuent nos femmes et nos enfants.

Et nos bombes, elles ne tuent pas?

- Vous l'avez voulu la guerre. - J'ai voulu la guerre?

- Oui, même vous. - S'il n'y avait que moi.

Tu portes bien ton insigne.

Et alors?

Je le porte aussi. Ça veut pas dire que j'ai voulu la guerre. Joue.

Il peut jouer, ça changera rien. Il fallait y penser avant.

On dirait que t'es pas italien.

Être italien, c'est s'empiffrer du matin jusqu'au soir?

Des porcs, voilà ce que nous sommes!

Mais pourquoi fais-tu toujours le trouble fête?

- Il est pas méchant. - C'est vrai, il est pas méchant.

Il devrait remercier Dieu que je sois là pour gagner la croûte.

C'est un idéaliste.

Aussi, il se fait toujours avoir.

"Faccetta Nera."

Je peux t'aider pour le ravitaillement.

Autrefois, on trouvait de tout ici avec de l'argent.

Plus maintenant.

Tu peux avoir 50 kg de farine, du mais pour la polenta...

Des pois chiches, des haricots, des lentilles?

Combien?

Ici, les prix sont encore honnêtes.

Et puis du saindoux et de l'huile.

- Plus personne n'a d'huile. - Il m'en reste, maman.

Pas d'inquiétude. Ils passent tous les soirs.

- Elles ne se lavent pas? - Ces dames ne piochent pas la terre.

La vie était dure quand j'étais petite.

Votre terre était mauvaise. On y récoltait que des cailloux.

Papa.

Un sac contient 60 noix.

10 personnes en veulent une part égale. Quelle opération il faut faire?

Tu vas à l'école, tu devrais savoir.

Tu vois ce morceau de pain?

Je veux le partager entre toi et moi. Qu'est-ce que je fais?

Cancre!

C'est pas de sa faute.

L'école est fermée.

Quand l'oncle reviendra, il t'apprendra.

Tu peux toujours l'attendre, ou bien aller le chercher.

- Où ça? - En Russie.

- Les femmes russes gardent les étrangers. - Elles ont pas d'hommes là-bas?

Peppino s'échappera!

- Il a sa fille ici. - Il est parti avant sa naissance.

Tu veux des caroubes?

- C'était les chevaux qui mangeaient ça. - La guerre a tout changé.

Antonio, les fusées!

Les fusées!

C'est beau. Ça donne envie de prier.

Et bien prie, ma fille.

Je m'excuse pour ce matin. Je ne voulais pas vous offenser.

Je ne me frappe pas pour si peu.

- Ils font quoi? - Ils espionnent les Allemands.

- Ils nous voient? - Comme en plein jour.

On est plus en sécurité nulle part.

Dans le fond, ce n'est que justice.

Vous voyez le mal partout. Vous avez tant de péchés à racheter?

Qui n'en a pas?

Moi, je n'ai rien à me reprocher.

J'en ai peut-être commis un avant-hier...

Vous voyez.

Pas un péché à donner sa peau pour le payer.

Ces pauvres gosses, ont-ils mérité ça?

De vraies petites fesses de femme.

Michele!

Je suis désolé.

Ce n'est qu'une enfant.

Je voulais vous inviter à une promenade.

Essuie-toi bien.

Dites à la petite que je m'excuse.

N'y pensez plus. Repassez tout à l'heure.

Non, maman!

- Ne fais pas cette tête! - Je ne veux plus jamais le voir.

Il ne t'a pas vue. Il faisait trop sombre.

Il est un peu bizarre.

Son père lui a fait faire des études et le traite comme un idiot.

Il dit des choses justes.

Qu'est-ce que tu sais de la vie?

Réponds-moi comme lui et tu reçois une bonne paire de gifles.

Si tu l'avais vu courir!

Mais il ne faut pas le fâcher. Son père a de tout.

Du jambon, des pâtes, de tout.

Je suis arrivée la première!

Tu cours vite. C'est quoi, ce livre?

De l'histoire. C'est ça qui m'a fait recalé.

- Tu vas où à l'école? - Chez les sœurs

Tu n'apprendras jamais rien chez les sœurs

Michele dit qu'il ne faut plus m'envoyer chez les sœurs

L'école publique, c'est pas pour les chiens.

Je l'ai mise à l'école la plus chère.

Plus on a d'argent, plus on s'accroche aux bonnes sœurs et aux curés.

Qu'allez-vous lui mettre dans la tête?

J'ai parfois besoin de dire ce que je pense.

Vous n'allez jamais à l'église?

Moi?

Il y a trois ans, j'ai failli me faire prêtre.

Prêtre, vraiment?

Vraiment.

Pourquoi avoir renoncer?

Je n'avais pas la vocation.

En fait, j'ai renoncé parce que je l'avais.

- Laissez-moi! - Ne sois pas fâchée.

C'est la faute à ce que vous avez dit.

Rosetta est une sainte. Je ne suis pas digne d'être sa mère.

Vous êtes beaucoup mieux que ce que vous pensez.

Et qu'est-ce que je suis?

Une commerçante. Mais que le commerce n'a pas dégradé.

Le commerce est dégradant?

Vous êtes restée ce que vous étiez. Une paysanne.

Vous appelez ça un compliment?

- Pour moi, c'en est un. - Ah bon?

Les gens de la ville sont pourris jusqu'à la moelle.

Avec les paysans, on repartira à zéro après la guerre.

Qu'est-ce que tu veux dire?

C'est eux qui bâtiront le monde nouveau

une fois débarrassé de leur état d'esclaves.

Les paysans ne changeront pas comme ça.

Si j'ai gagné de l'argent, c'est parce que je suis comme eux.

Je suis méfiante de nature. Un trèfle à 4 feuilles!

Ça te portera bonheur.

Si seulement je pouvais être à Rome en ce moment.

Tu ne fumes pas non plus?

Tu as une petite amie?

Tu n'en as jamais eu?

Un homme normal ne peut pas se passer de femmes.

Si je n'étais pas capable d'un sacrifice, je serais comme les autres.

On peut se priver de tas de choses, mais sûrement pas d'amour.

Petite, viens ici!

Qu'est-ce qu'ils veulent ceux-là?

- Que voulez-vous? - Ravi de vous revoir, madame.

- Je demandais le raccourci pour Sella. - C'est tout droit.

Lui c'est le fils de Filipo, le professeur.

Un bien-pensant.

Il sera content de ce qui vient d'arriver.

Dis-lui. Je veux voir la tête qu'il fera.

Dis-le lui.

- On ferait mieux de partir. - C'est à peine croyable.

Le duce a été emprisonné.

Ne dites pas des choses stupides.

Ils l'ont coffré comme un voleur. Lui, le bâtisseur d'empire!

Vous allez voir ce qui va arriver.

20 années de gloire envolées en un jour, en une heure.

Le Duce aurait dû tous vous liquider!

On ne discute pas avec des gens comme vous!

Range ça!

Les Allemands règleront tout ça. Allons-y.

Si c'est vrai, je peux mourir. Je suis heureux. Tire!

N'aie pas peur, il ne tirera pas.

Les Allemands mèneront la racaille à coup de pieds au cul.

Ils vous feront lécher la terre. Lèche la terre!

Allons-y, chef. Remercie le ciel qu'on soit pas rancuniers.

Tu vois, ils s'en vont.

Tu crois que c'est vrai? Pour moi, c'est de la comédie.

- Regarde-les détaler. - Ils avaient l'air d'être là pour toujours!

Une nouvelle vie va commencer!

- On pourra retourner à Rome? - Tu seras libre d'aller où tu veux.

Je cours annoncer la nouvelle!

Tu sais de quoi ça à l'air? D'un grand bordel.

Excuse-moi, Rosetta.

Ça m'a fait plaisir d'apprendre qu'ils ont libéré le Duce.

Il a une femme et des enfants, lui aussi.

À vous, le Duce, comme homme, quelle impression il vous fait?

- Moi, il m'intimiderait. - Faire l'amour avec lui me glacerait.

Il n'y a qu'a éteindre la lumière.

Vous riez de quoi?

On parlait politique.

Mesdames, de quoi riez-vous donc?

Tu joues?

Entrez.

Des Anglais. Ils ont besoin de notre aide.

Ils ont débarqué d'un sous-marin pour une mission.

C'est pas nos affaires.

Ils demandent juste qu'on les cache quelques jours.

Les autres auront raison de protester après.

Ils protesteront pas. Ils te fusilleront.

Nous avons des devoirs envers nos familles.

Tu verras les dégâts si les Allemands les découvrent.

Ils amèneront tout le monde en Allemagne.

- Ils n'épargneront pas les enfants. - Ceux que tu n'as pas?

- Il ne faut pas être égoïste. - Tu as remis ton insigne?

Venez, messieurs.

On pourrait leur donner du pain.

Morte de faim, cette bécasse donnerait son pain.

Allons-y.

Qu'ils filent en vitesse, après.

Je savais que tu étais quelqu'un de bien.

- Gagné! - Il faut désinfecter.

J'ai l'habitude au magasin.

Merci.

Le vin doit être bon car c'est quelqu'un de gentil qui me l'a donné.

À l'Anglais.

À l'autre Anglais.

À Michele.

Une goutte pour Rosetta et à moi.

- A la victoire. - A un monde nouveau.

Beaucoup espèrent qu'il sortira de tout ça de grandes choses.

Il faut d'abord battre les Allemands.

Il est bon.

Buvons à la santé de Giovanni.

Vive Giovanni!

Qui est Giovanni?

Encore un peu, maman.

Tu vas te saouler. Moi, j'ai déjà les oreilles en feu.

- De bonnes choses ici. - Vous ne connaissez pas l'Italie.

Nous connaissons Léonard de Vinci, Michel ange...

Des morts.

Vous ne connaissez pas les vivants.

Regardez ces yeux.

Fais leur voir tes jolis yeux. Des étoiles.

- Belle. - Très belle.

En débarquant plus au nord, combien de ruines auraient été évitée?

Combien de beautés épargnées?

Les généraux ont leurs raisons.

Ils donnent leurs ordres sans connaître ces yeux-là.

Demande-leur s'il faudra passer l'hiver ici.

Ils en savent pas plus que nous.

Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité.

Où vont-ils dormir? Quite à danser, dansons.

Dans la montagne. On est d'attaque maintenant.

Il y a des grottes dans la région.

- Merci beaucoup. - De rien.

- Merci, madame. - Au revoir.

Wonderful eyes.

Je vais voir si la voie est libre.

Venez.

J'ai besoin de prendre l'air. Touche mon front.

Tu as drôlement chaud, maman.

Suivez la vallée, toujours tout droit.

Le vin me monte à la tête.

Qui est Giovanni?

Il pense encore à ça!

- Pourquoi veux-tu savoir? - Pour rien.

C'est un ami sur qui je peux compter.

- Tu l'aimes ce Giovanni? - Quoi... aimer?

Je ne pourrais pas aimer quelqu'un?

Une veuve n'a plus le droit d'aimer?

Il a une femme et deux enfants.

Ça te paraît juste de rester jusqu'à la mort

avec une personne que tu n'aimes pas.

Et coucher avec quelqu'un qui te déplaît tous les soirs de toute la vie.

Viens.

A dada sur son cheval...

Elle s'en va à l'école en mangeant de la scarole.

Bonne nuit, Michele.

Enfin Michele!

Les rats ne respectent rien.

Ils ont grignoté même la bible.

On est pas à l'église. Lis-nous simplement une belle histoire.

Lis-nous ce que tu voudras.

Il y a de belles histoires dans la bible.

Plus belles même que dans les romans.

Le récit de Jésus marchant sur les eaux. Non, la résurrection de Lazare.

Maman, viens ici, tu seras mieux.

Il faut que je prépare le dîner. Qui c'est ce petit?

Le fils d'un des nouveaux réfugiés. Sa maman est malade.

Tu fais toujours de ces trouvailles.

On est devenus de vrais chèvres. On mange de l'herbe.

- Excuse-moi Michele. - Ceux qui ont du blé, le garde.

Plutôt le laisser pourrir que le vendre.

Les paysans enterrent leur farine. On risque pas de la trouver.

On ne trouve plus de sel. On devrait s'entraider pourtant.

- On est tous italiens, non? - Si, tous italiens.

Lis Michele.

Il y avait un malade, Lazare de Bethanie, du village de Marie et de sa sœur..

Marie était celle qui avait oint le maître de parfum

et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux.

- Lazare était malade... - J'ai faim.

Les deux sœurs firent dire à Jésus:

Maître, celui que tu aimes est tombé malade.

En l'apprenant, Jésus dit:

Cette maladie n'aura pas pour fin la mort,

mais la glorification de Dieu

parce que le fils de l'homme sera glorifié.

Or Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare

- Il y a du pain? - Reste sage.

...Il resta 2 jours dans le lieu où il était.

- Achille! Tu as eu de huile? - Elle était trop chère.

Elle va augmenter. Il fallait acheter.

Une carte postale pour toi.

- Et une lettre pour Cesira. - Que dit radio?

Le débarquement aurait raté à cause d'une femme.

Mais l'offensive va pas tarder.

J'ai les oreilles qui sifflent. C'est bon signe.

Madame Cesira, ça approche.

Tu sais qui est revenu?

Le fils de Battisti. Il s'est sauvé de Grèce.

On reparlera de ça. Au revoir.

Continue, Michele.

Il resta encore deux jours dans le lieu où il était.

Il dit à ses disciples: retournons en Judée.

Ses disciples lui dire:

Maître, ils voulaient vous lapider et vous retournez là-bas?

Jésus répondit: N'y a t-il pas 12 h de jour...

Quand on marche le jour, on ne trébuche pas.

On voit la lumière de ce monde et quand on marche la nuit...

Ils ont voulu cambriolé la maison. Heureusement, Giovanni dormait là-bas.

Ça, c'est un homme.

On aurait pu être ruiné. La dote de la petite était dans l'armoire.

Savez-vous ce que vous êtes?

Vous êtes tous morts. Aussi morts que Lazare.

Avec votre farine, votre peur des voleurs,

même le Christ ne pourrait vous ressusciter.

Michele! Qu'est-ce que vous lui avez fait?

- Rien. - Personne ne l'écoutait.

Michele a raison.

Arrête! On peut savoir ce qu'on t'a fait?

Rien.

Tu nous a traité de morts.

Morts de faim si ça continue.

C'est moi qui suis mort.

A ton âge?

Toi, au moins, tu dis ce que tu as sur le cœur

- Je n'en ai plus le courage. - Tu es trop sincère.

Je ne suis pas sincère avec toi.

Oui, avec toi.

Va-t'en, sale bête!

Il faudra que je vienne nettoyer.

Cette grille était déjà cassée quand je suis partie.

Rentrons, il commence à pleuvoir.

Je t'aime, Cesira.

Avec tous ces malheurs, tu penses à ça?

Je devais te le dire.

Même si je ne devais plus te voir après.

Ces idiots sont venus voir la comédie.

Tu n'y penses pas à ces choses-là?

Tu as quelqu'un d'autre en tête.

J'ai ma fille, ça me suffit.

- On va rentrer chez nous. - Si tu veux, maman.

Ici, les bombardements se rapprochent trop.

C'est vrai.

Tu as maigri, tu as besoin de manger. A Rome, on se débrouillera.

Et ces petites jambes froides! Viens là, ma chérie.

- Pourquoi on ne voit plus Michele? - J'en sais rien.

- Il t'aime beaucoup. - Et après?

Il a raison, tu es si belle.

Il n'a que 25 ans!

Avec un homme plus jeune, ça ne colle jamais.

C'est le plus gentil d'ici.

La gentillesse, ça sert à rien en ce moment.

Tu sens ce courant d'air?

Tu sais ce qu'il est Michele? Un subversif.

C'est quoi?

Quelqu'un qui a bon cœur mais qui n'aime pas beaucoup travailler.

- Il faudra lui rendre son livre - Il me l'a offert.

Il ne ferait pas un mauvais mari.

Pas un seul vice.

Quelques années de plus, et c'était bon!

Maman!

Il faudra bien y penser un jour.

Écoutez-la rire!

Tiens, cache-le, il est frais.

Merci.

Attention, cache-le. Papa ne doit pas s'en apercevoir.

Tu me donnes de ton pain?

Tais-toi.

Donne m'en!

Evangelisti!

- Tu me vends du fromage? - Moi, c'est De Sanctis.

On m'a dit que tu t'appelais Evangilisti.

On appartient à la religion évangélique.

C'est à dire?

On observe les préceptes de l'évangile.

Tu ne vends pas de fromage?

Je n'en vends pas d'habitude.

- Qu'est-ce qu'elle a, cette brebis? - Elle va mettre bas.

- Il est petit! - Tu en veux deux?

- Combien? - 1000 chacun.

- C'est de l'or? - C'est mieux, c'est du fromage.

L'or, ça ne se mange pas.

Ces prix, c'est dans l'évangile?

Tu peux le laisser.

Pour ce prix, on avait une maison.

Laisse-les.

Si tu les prends tu vas m'en vouloir.

Et si j'accepte ton prix, c'est moi qui t'en voudrais.

L'évangile dit qu'il faut aimer son prochain.

- Tu es pire que les autres. - Calme-toi, ma sœur

Tu veux un agneau pour Pâques?

Non, tu ne m'auras plus.

C'est bon.

Bon.

C'est bon, hein?

- Où peut-on trouver de la farine? - Que veux-tu que je te dise?

Si Rosetta tombe malade j'irai la chercher avec un couteau.

Un de ces jours, on descendra voir les paysans avec des fusils.

- On leur fera comprendre. - Je me mettrais alors avec eux

Qu'est-ce que ça peut te faire?

Il peut pas comprendre, il a pas d'enfants.

- Qu'apprenez-vous à vos enfants? - Et toi? Retourne chez ta mère.

Elle a raison, retourne voir ta mère.

Je vous tirerai dessus!

- Tu ne devais pas partir? - Je pars bientôt.

- Où? - Dans le sud.

- Et maintenant, tu vas où? - Je t'accompagne à Fondi.

Si les Allemands te voient, ils te tireront dessus.

- Des amis peuvent nous ravitailler. - C'est trop dangereux.

- Il pourrait t'arriver quelque chose. - Tu me connais mal.

Si un Allemand me touche...

C'est la fin de tout! On leur laisse manger le blé!

Ils mangeaient le blé.

Vous, pas peur. Moi, pas Allemand.

- Vous êtes russe. - Russe, traitre.

Tu ressembles femme Ukraine. Yeux Ukraine, belle.

La route est sûre?

Vous pouvez aller.

Derniers jours pour les Allemands. Et pour moi aussi.

Ce qu'il est beau! C'est vraiment un Russe?

Un déserteur.

On nous a jamais dit que les Russes étaient si beaux.

Où peut-on acheter un peu de sucre, de farine?

Des conserves, du miel, du sucre? Ce qu'on peut trouver.

Tu n'iras pas raconter aux Allemands où je cache mes provisions?

Je te le jure.

Tu sais ce que je leur ai dit?

"Je n'ai rien." Et eux: "Ah non, tu n'as rien?"

Je peux vous donner mon lait. Je n'en ai plus besoin.

A qui le donner?

Mon petit Gaetano est mort. A qui le donner?

Vous le voulez?

Qui veut du lait?

Qui veut du lait?

Sauve-toi!

- Michele, d'où viens-tu? - De Sant' Eufemia.

- Une amie de la famille. - Entrez, madame.

Par ici.

De vieux amis.

Monsieur l'officier commande les batteries antiaériennes.

- Cesira, une amie de la famille. - Asseyez-vous.

Comment avez-vous eu ce pain?

Un échange avec un soldat. Vous savez, en temps de guerre...

Un échange.

C'est formellement interdit. Qui est le soldat?

- Je vais préparer le café. - Je vous aide.

- Je vais vous aider. - Mangez...

Michele, prends du gâteau.

- Quel est votre métier? - Professeur.

De quoi?

Lettres.

J'ai étudié la philosophie à Rome.

Vous comprenez pourquoi les Italiens prennent tout avec philosophie.

Non, je ne comprends pas.

Tout m'étonne chez vous. Vos différences de classe par exemple.

Certains ont tout, et vos paysans n'ont rien.

Ce n'est pas un de nos repas normal. Ma mère l'a préparé pour vous.

J'ai visité un peu la campagne, hier. Ils vivent comme des Nègres.

Vous ne les connaissez pas. Personne ne les y oblige.

C'est vous qui êtes l'élite de l'Italie! C'est votre responsabilité.

Vous ne me ferez pas taire avec un bon repas.

C'est difficile de l'amadouer. Il vient tous les samedi.

Mettez du poison dans sa soupe.

Il a bu toute la bouteille.

- Je m'excuse. - Mangez.

- Je peux prendre les restes. - Ce que vous voulez.

- C'est quoi? - Il le fait toujours chanter.

Je peux prendre du sucre?

Un peu de farine?

Vous et Michele?

Le café!

Voulez-vous me le moudre?

Vous avez la guerre dans le sang.

La guerre est une expérience irremplaçable

sans laquelle un homme ne peut pas se dire un homme.

Autant me les faire couper.

Ce genre de sentiment nous oblige à gaspiller des soldats en Italie.

Faux, vous étiez battus d'avance.

Ne vous faites pas d'illusion.

Mettez-vous bien une chose en tête.

Les Italiens paieront pour leurs erreurs. Payer, et payer encore!

Et vos enfants paieront après vous.

Que vous ont fait ils fait?

- Et la folle, dehors? - Ne l'écoutez pas!

Ce n'est qu'une femme.

Allons-nous abriter.

Cesira!

J'y vois plus rien!

Qu'est-ce que tu fais?

Si Rosetta nous voyait, on aurait bonne mine.

J'en ai marre de ces nattes.

Une coiffure comme toi, maman.

On va voir. C'est que tu as grandi.

Je pars dans les montagnes.

- Comment y vas-tu? - Je verrai.

Fais attention. Que vas-tu faire là-bas?

Il y a toujours quelque chose de bon à faire.

Ciao, Rosetta.

Tu viendras à Rome?

Qui le sait? Je t'enverrai des livres.

- Tu as notre adresse? - Je demanderai Cesira et sa fille.

Il y a des Allemands près de la meule! C'est des fuyards.

Alors nous aussi, dans quelques jours, on pourra partir. Allons voir!

Donnez-nous quelque chose à manger.

Donnez-nous à manger!

Vous donnez quoi? Nous aussi, on est arrivé à la fin.

Vite!

Ça devient sérieux. Va me chercher le grand pain.

On a besoin de quelqu'un qui vienne avec nous.

Pour nous indiquer un raccourci.

Pour passer de l'autre côté.

Toi, tu viens.

Je ne suis pas du coin. Je ne connais rien.

Toi, alors.

Je suis de Ceprano. Nous sommes tous des réfugiés.

De l'eau.

- De l'eau, vite. - Cours chercher de l'eau.

Dépêche-toi.

Cours, vite!

Donne-le moi dans la main. On est pas des chiens enragés!

- Tu nous accompagneras. - Pas mon fils!

Il ne connait pas les montagnes.

Il lit, il écrit, il étudie. Il ne sait rien faire d'autre.

Il vient ou je tire.

Prenez-moi. Je connais les montagnes.

Je vous mènerai de l'autre côté.

Je vais y aller.

Allons-y, il y a du chemin à faire.

Tu es trop vieux.

C'est lui qui viendra. C'est son devoir.

Ne vous inquiétez pas. Je serai de retour avant la nuit.

Au revoir, maman. Au revoir.

Michelino!

Il reviendra.

Sauve-toi!

Avance.

Les Américains sont là!

Michele a compris la situation. Il doit attendre à Fondi.

C'est ce qu'il a dû faire.

Il devait revenir cette nuit ou ce matin.

Il a du croire qu'une fois les Américains ici, on partirait.

Serafino, il a pas attendu une minute.

Allons-y, Filippo.

Je charge la mule.

On aura de ses nouvelles là-bas.

Dans quelques jours, vous serez à Rome.

Paride, Luisa veut te voir.

J'arrive.

- Reste avec elle. - Elle va mettre des jours pour accoucher.

Certains naissent et d'autres meurent.

Michele est trop intelligent pour se faire avoir par ces Allemands.

Allons-y, vite.

Cette fois, c'est fini!

Ce canon, il est allemand ou américain?

Les Allemands sont déjà à Teracina.

Si les alliés continuent à ce train, ils seront bientôt à Milan.

- Quand pourra-t-on rentrer à Rome? - C'est une question d'heures.

Il faut d'abord qu'ils nous libèrent.

Les Américains!

Mademoiselle!

Qu'est-ce qu'il veut?

Il veut prendre vos jambes en photo.

Et ta sœur!

Elle veut pas, désolé.

Impossible d'aller à Fondi. Ils peuvent bombarder à tout instant.

Il faut attendre que les Américains aillent plus loin.

Nous sommes du village d'à côté. Nous tournons à gauche.

- Bonne chance. - Que la Vierge vous protège.

Qu'est-ce qu'on fait?

Je veux savoir pour Michele.

Michele doit nous attendre à Fondi.

- Maman, allons-y! - Là-bas, c'est la boucherie.

Vous allez dans la gueule du loup. Je retourne à Sant' Efenia.

Ça jamais!

Filipo, je m'en vais.

Au revoir.

Appuie-toi sur moi, Maria.

Appuie-toi.

Donnez des nouvelles de Michele.

Serafino va se fourrer en plein sous les bombes.

Au revoir, Madame.

Ciao, Rosetta.

- Venez avec nous. - Non. Ciao.

Allez trésor, viens. Par Ceca, on arrivera plus vite à Rome.

Je ne t'amène pas à la mort! Lève-toi, bêtasse!

Michele n'est pas ton frère, ni ton père. Remue-toi ou je te claque!

Tu vas te remuer?

Vite, Rosetta! Il faut retourner à Rome!

Dépêche-toi!

Allons-y.

On arrivera jamais à Rome!

Tu veux manger un peu?

Oui.

- Qui c'était? - Les alliés, maman.

Viens, on va se mettre à l'ombre.

Misère, mes jambes!

Tu ne veux pas dormir un peu?

Couche-toi là.

- Je te l'enlève? - Non.

Rosetta, tu as vu? Il ne faut pas rester ici.

Ma fille chérie.

Tu peux marcher?

Oui.

Vous savez ce qu'ils ont fait ces sauvages que vous commandez?

Ce que ces bandits ont eu le courage de faire

sous les yeux de la Sainte Vierge?

Paix, paix.

Elle est belle votre paix! Vous avez détruit ma petite fille!

Mieux que si elle était morte.

Non, je ne suis pas folle! Regardez-la!

Et dites-moi si je suis folle!

Salauds! Assassins!

Laisse-moi t'aider.

Ça te fait mal?

Non.

Dis-moi quelques chose.

Que veux-tu que je dise?

On dirait que tu m'en veux.

Il ne faut pas être triste. Demain, on sera en sécurité.

On passe la nuit ici et demain on repart.

A quoi bon?

Tu me rends folle.

Toutes ces choses, elles aussi passeront.

Ne m'en parle plus.

Viens, ma chérie.

Les valises sont là-haut, on va nous les voler.

Viens.

Appuie-toi contre moi.

Vous avez dû avoir des histoires avec ces Africains.

Je vous dis que non.

Ce matin, à Vallecorsa ils ont saccagé la moitié du village.

Qu'ils touchent à ma sœur, et je fais un massacre.

J'ai une mitraillette.

- Vous pouvez nous déposer où? - Un peu plus loin que Fondi.

Ma mère peut vous héberger.

Je comptais aller par Caselina.

Laissez les Américains passer. Après, vous serez tranquille.

Vous aimez danser?

Il s'agit bien de danser...

Et cette demoiselle, elle aime danser?

Tu aimes danser?

Laissez-la. Elle n'a pas 13 ans.

Ma fiancée a 15 ans. Les filles sont précoces par ici.

Ce soir, nous fêtons la victoire.

Nous avons besoin de dormir.

J'ai pas envie de dormir. Je veux m'amuser.

Tu n'aimes pas chanter?

- Si, j'aime chanter. - Alors, chante!

Vas-y, chante!

La robe!

Qu'est-ce que c'est?

Qu'est-ce qu'il y a?

Elle est peut-être aller à Fondi chercher Michele.

Toute seule la nuit! Elle est sûrement à Fondi.

Combien d'ici à Fondi?

Je vais vous y mener. Il ne faut pas plus d'une demi-heure.

Pourquoi ne m'a-t-elle rien dit?

Allons à Fondi. Je connais Filipo l'épicier.

Je vais mettre mes chaussures.

Ils ont tué le fils de Filipo.

On a retrouvé son corps.

Michele.

C'était vraiment Michele?

Quelqu'un aurait vu les Allemands le tuer.

Sa mère est folle de chagrin.

Votre petite, elle est allée avec mon fils Florindo.

- Ils ont partis danser - Où ça?

- Dans un village à côté. - Qui lui a permis de faire ça?

Avec une fille de cette âge. Je lui flanquerai des coups de couteau!

Ça devait lui plaire! C'est pas lui qui l'a obligée!

Elle a la tête à l'envers.

Mais qu'est-ce que j'ai fait de mal?

Ils devraient pas tarder.

Pourquoi ne m'as-tu rien dit?

Tu dormais.

Vous aviez combiné votre coup d'avance, hier soir.

Qui t'a donné ça?

Florindo.

- Qu'est-ce que tu veux en faire? - Les mettre.

Les mettre?

Oui!

Tu n'as pas à me parler sur ce ton!

Tu ne les mettras pas ces bas!

Tu ne les mettras pas!

Je vais le démolir ce saligaud!

Et elle ne pleure même pas...

Petite imbécile.

Michele avait raison.

On se cache...

Et puis voilà comment ça tourne.

Tu ne veux pas savoir pour Michele?

Il est mort, Michele!

Maman!

Ma chérie...

Mon trésor.

Pardonne-moi.

Pardonne-moi.

Assez, Rosetta, assez.

Viens ici, trésor. Arrête, Rosetta, arrête.

Assez.

Arrête Rosetta.

Mon trésor.

Dors.

Mon trésor.

Dors.

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