All language subtitles for 1982 - The Ballad of Gregorio Cortez Fr

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Original subtitles

A L'AUBE DU XXE SIECLE,

PLUS DE 50 ANS APRES QUE LE TEXAS EUT GAGNE

SON INDEPENDANCE PAR LES ARMES, DEUX PEUPLES, AMERICAIN ET MEXICAIN,

VIVAIENT COTE A COTE DANS LE TUMULTE ET DANS LA PEUR.

LA MEME HISTOIRE VRAIE DE L'EPOQUE

A ETE RACONTEE DE DIFFERENTES FACONS.

Non, Lily... Tu ne peux plus rien pour lui.

Prends soin du bébé.

On s'occupe du reste.

Ce meurtre absurde me rend malade.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Bouge pas, mon pote.

Qu'est-ce que tu regardes ?

Il comprend pas l'anglais.

C'est bon, je vais lui parler en mexicain.

Il n'y a personne.

Il dira rien.

Hé !

Ecoutez ça, le Gouverneur offre une prime.

Les affaires vont bien.

Je viens de perdre 27,5 dollars.

J'en ai gagné 25,

mais pour le moment, je suis 225 dollars au-dessus du quota.

Ecoutez ça : "Un Mexicain en cavale vers le Rio Grande."

On pense qu'il a fait feu

et tué les shérifs Morris et Glover.

Il tente impudemment de rejoindre la frontière.

Beaucoup d'hommes bien décidés

sont à sa poursuite."

Allez, plus vite !

Il a sauté la clôture.

Va chercher la pince.

Passe-moi les rênes.

Excusez-moi !

Pourriez-vous me dire où est le ranger Rogers ?

Le ranger Rogers.

- Il doit être dans la cuisine. - Merci beaucoup.

Excusez-moi, je cherche le ranger Rogers.

Le "Capitaine Rogers", non ?

- Oui. - Il se trouve en face de vous.

Enchanté. Bill Blakely, du San Antonio Express.

Que puis-je pour vous ?

J'écris sur les Mexicains qui ont tué les shérifs Morris et Glover.

- Entrez. - Merci.

Enchanté.

Cookie, sers une tasse de café à M. Blakely.

Merci beaucoup.

Alors...

Quel est le rôle des rangers dans cette chasse ?

Si Dieu le veut, on sera ceux qui le captureront.

Et à quoi sert le train ?

Les Mexicains vont vers le sud, vers la frontière.

Les rails vont dans le même sens.

On communique avec notre groupe par télégramme.

Donc, dès que Cortez est en vue, on y va et on le cueille.

Ce pays est grand.

Les gars, on descend ! On va camper ici.

On va préparer des feux...

Donnez à boire aux chevaux.

Salut.

Bonjour.

Bill Blakely, du San Antonio Express.

- Et vous êtes ? - Lindsay Mark.

Vous êtes d'où ?

D'une petite ville au nord de San Angelo, au Texas.

Vous connaissez probablement pas.

Peu importe.

Vous voulez que je transmette un message chez vous ?

Non, je crois pas... Ils savent même pas où je suis.

Merci de m'avoir répondu.

Pas de problème.

Va lui chercher de l'eau.

Excusez-moi.

Bonjour. Bill Blakely.

Moi, c'est Jones.

Jones ?

- Comment allez-vous ? - Bien.

Mais je cracherais pas sur un whiskey.

Je comprends.

Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Il a pris ton cheval ?

Mon cheval et mon flingue.

Ca, c'est du pique-nique.

Tu devrais être mort.

Monte.

Excusez-moi, vous êtes Boone Choate ?

- Ca dépend de qui le demande. - Pardon. Bill Blakely.

Vous étiez avec Morris le jour de sa mort, non ?

Je suis du San Antonio Express.

Accepteriez-vous de me raconter votre version des faits ?

Je sais pas.

Je n'avais pas d'arme.

Ca aurait été différent si j'en avais eu une.

Vous étiez son interprète, c'est ça ?

Oui.

Je parle mexicain.

J'en ai côtoyé toute ma vie.

Vous étiez seul avec Morris et les Mexicains ?

Lors de la fusillade, oui.

Mais avant ça, Mike Trimmel nous accompagnait.

C'est un adjoint, c'est le neveu de Morris.

On l'a déposé

juste avant d'aller chez les Cortez, pour qu'il contrôle leur bétail.

Vous les soupçonniez de l'avoir volé ?

C'était plus que de la suspicion.

On avait parlé à un Mexicain qui leur avait échangé un cheval

un peu plus tôt.

On allait vérifier...

Demande-lui son nom.

Romaldo.

Demande à Romaldo s'il connaît Gregorio Cortez.

Il lui a pas dit que tu voulais lui parler, mais : "T'es recherché".

Demande-lui s'il a échangé un cheval récemment.

Il dit que non.

Je comprends "non", Boone.

Dis-lui qu'un autre type nous a dit le contraire.

Oui.

Il te dira rien.

Bien, tu lui hâblas qu'il est en état d'arrestation.

Mon gars, monte dans ce chariot.

Il aurait pu me descendre,

donc j'ai déguerpi à toute allure.

Je suis tombé sur Mike, qui allait vers la maison.

Mike !

Mike !

Le gang...

- Ils ont abattu le shérif. - Quoi ?

Ils l'ont eu.

Comment, ça ?

On doit aller chercher de l'aide. Il est mort.

- Comment, ça, "il est mort" ? - Il est mort ! Ils l'ont eu.

Ils lui ont tiré dessus trois fois.

On est partis chercher de l'aide.

Les autres sont arrivés chez les Cortez à la tombée de la nuit.

C'est là, Mike.

C'est là qu'il est mort.

Soit ils l'ont embarqué, soit ils l'ont enterré.

Je suis étonné qu'ils aient pas volé sa montre.

Curly, appelle le shérif Glover à Gonzales, on va le poursuivre.

Allez !

On a pisté leur chariot,

qui nous a conduits près du Mexique.

Vous avez trouvé Romaldo,

mais comment avez-vous fait pour Gregorio ?

Disons qu'on les a poussés à nous dire où il était parti.

Il est parti vers le nord pour se planquer avec Martin Roblero.

Donc Glover et moi, plus six autres gars,

on a pris le train pour Belmont le lendemain matin.

C'est une petite gare près de là où se cache le gang de Cortez.

Je t'ai eu.

Ecoutez-moi, les gars. On sera bientôt à Belmont.

On va arrêter chaque Mexicain de ce train

et faire pareil en arrivant en ville.

C'est la dernière ville.

Ils ne doivent pas savoir qu'on arrive.

Très bien.

Il ne doit pas filer.

Glover était proche de Morris.

Ca le rongeait vraiment.

Tu me dois un...deux dollars !

Et comment va Mme McKinley ?

La semaine dernière, ils ont dit qu'elle tenait le coup.

Maintenant, il paraît que...

c'est une vraie poulette.

Bon sang, ça n'a toujours aucun sens pour moi.

Boone ?

T'as dit que le Mexicain avait dégainé avant Morris ?

Il était derrière lui ?

Je l'ai pas vu devant... Paire de dix.

Morris était rapide.

L'un des plus rapides.

Il ne l'avait pas devant lui en venant vers nous,

donc il devait l'avoir dans le dos, à sa ceinture.

Dégainer un flingue de sa hanche

va bien plus vite que de derrière soi.

Je comprends toujours pas comment Morris s'est fait plomber.

Vous avez quoi ?

Pourquoi vous ne l'avez pas cherché ?

On le croyait mort.

Un homme mort, ça rampe pas vers les buissons.

Il ne s'agissait pas de le chercher ou non.

On voyait pas à deux mètres.

Ca me tue de l'imaginer tout seul, à l'agonie.

Tu connais les risques du métier.

Une maladresse et adios.

Ils paieront pour ça.

De Belmont, nous sommes allés chez Henry Schnabel.

On en a conclu que le gang de Cortez se planquait là.

Salut, Henry !

Shérif... Qu'est-ce qui vous amène ?

Le shérif Morris a été tué à Karnes.

On a entendu dire qu'ils s'étaient enfuis par ici.

Vous hébergez des Mexicains, pas vrai ?

Oui, la famille Roblero.

Qu'est-ce que tu leur veux ?

Ils bossent avec moi depuis cinq ans.

J'en ai pas après eux, Henry.

Ils en connaissent d'autres, de Karnes, les Cortez et leur chef.

Allez, Henry, allons leur parler.

J'ai pas encore mangé et je...

Tu seras de retour dans cinq minutes.

Allez, on y va !

Le temps d'arriver chez les Roblero, il faisait noir.

On faisait comme si tout allait bien.

Salut, Martin.

Puis Glover a contourné la maison

et l'enfer s'est déchaîné.

J'ai aperçu son cheval.

Glover gisait à quelques mètres de lui.

Mort.

Ils avaient l'avantage.

Ils nous ont vus arriver depuis la maison.

Plus tard, on a appris...

que la maison était pleine d'armes et de munitions.

Glover, on lui a tiré en plein coeur.

Et Schnabel, en pleine tête.

Quelques Mexicains ont été blessés,

mais les pires s'en sont tirés.

J'ai aussi entendu parler de pendaison.

On s'est un peu amusés, mais on l'a pas crevé.

On l'a laissé pendre un moment pour tenter de le faire parler.

On aurait pu le tuer.

La corde était solide.

- Et il a parlé ? - Non, il a rien lâché.

Le lendemain, on a ramené Glover et Schnabel en ville.

C'était très triste.

Mme Glover était là...

Très triste.

Prends soin du bébé.

On s'occupe du reste.

On a perdu trois des nôtres ces deux derniers jours.

Je sais pas ce qu'il vous faut de plus pour vous énerver.

Démarre.

Vous ne quittez pas beaucoup la ville, pas vrai ?

Pas récemment,

mais j'ai suivi Roosevelt et les Rough Riders à Cuba.

- Vraiment ? - Oui.

Ici, si ça rampe, ça mord,

si ça vole, ça pique,

et si ça grandit, ça frappe.

Des Mexicains !

Il y a un mort.

Remettez-le en scelle.

Vous deux, rassemblez les chevaux.

Joe !

Viens, occupe-toi de lui.

Appelez Boone Choate !

J'arrive !

- Boone ! - Oui.

Aucun des deux n'est Cortez, je vous le garantis.

Ils pourraient être du gang

et ces chevaux ont sans doute été volés.

Eh bien...

Deux Mexicains de moins à traquer.

Bref...

Après ça, on les a traqués pendant deux jours,

jusqu'au Pecos...

Où on les a perdus.

Puis on a divisé le groupe.

J'ai rejoint les rangers.

J'irai jusqu'au bout.

Merci beaucoup, je vais rentrer et relater votre histoire.

Je pourrai encore vous poser des questions ?

Pas de problème.

Pardon ?

Un homme disparaît pas comme ça.

Vous avez raison, c'est ce que je dis.

C'est ce qu'on dit tous les deux.

Il nous devance d'un poil.

Oui, on est juste derrière lui.

Je dois envoyer un mot au San Antonio.

Un instant, Monsieur.

Oui, je suis toujours là.

Monsieur le Juge, ce n'est pas facile.

On doit les pister.

Les pister !

Quoi ? J'ai dit...

Vous avez dit...

que tout le pays suit...

Ah ! Tout le pays suit l'affaire ?

Bien.

Bon sang, je sais bien qu'il vous faut des résultats.

Il m'en faut aussi.

Bien sûr que je fais de mon mieux.

Quoi ?

Une prime ?

Vous avez dit "prime" ?

De mille dollars ?

Très bien.

Faites passer le mot.

Aux Mexicains aussi, oui.

Ca les fera peut-être sortir.

J'ai dit... Non, rien.

Très bien, au revoir.

Quelle invention géniale...

Excusez-moi, vous êtes Frank Fly, le remplaçant de Glover ?

Dans le mille.

Bill Blakely, du San Antonio Express.

Vous êtes celui qui suit la traque ?

Oui, j'étais avec les rangers quand ils ont attrapé deux Mexicains.

J'envoie mon histoire puis j'aimerais vous parler, si possible.

Oui, mais dépêchez-vous. Je dois continuer la traque.

Oui, Monsieur.

- Vous êtes prêt, M. Blakely ? - Oui.

San Diego, Texas.

Edition spéciale.

"Un groupe de rangers...

"sont tombés sur...

"les hommes...

"suspectés du meurtre des shérifs Morris...

"et Glover."

Ils avaient peut-être volé des chevaux.

J'en sais rien.

Mais ils n'étaient pas du gang de Cortez, car il n'existe pas.

Comment, ça ?

Il n'y a pas de gang.

Il n'y a qu'un homme, seul.

Comment le savez-vous ?

Je le piste depuis une semaine.

Les traces ne mentent pas.

Il agit seul, c'est certain.

Si vous voulez vérifier, venez avec nous.

Pourquoi pas ?

C'est l'un d'eux ?

Non, il abreuve juste son bétail.

C'est plutôt un vaquero du coin.

Restons là et patientons.

Les gars, désolé de déranger votre rêverie,

mais on doit se remettre au boulot.

Voici M. Blakely,

journaliste au San Antonio.

Enchanté. Mike Trimmel.

Et Zach T. Porter.

Salut.

Emmanuel Tom, dit Peau.

- Peau ? - Peau-Rouge.

Enchanté.

Vous étiez un ami de Glover ?

On était proches, oui.

Comment vous vous êtes retrouvé là ?

Cette nuit-là, j'étais à la prison.

On jouait aux dominos avec le Juge Kennon.

Soudain, un type débarque et dit...

que Glover et Schnabel ont été abattus.

Le juge m'a nommé shérif.

J'ai rassemblé mes gars et un bon pisteur.

On est partis directement.

- Détache ce gosse. - Reste en dehors de ça.

Putain, relâche-le !

Détache-le.

D'accord, mais arrête de me pointer avec ton flingue.

Bien.

Libérez ces femmes et ces enfants !

- Jim, amène-toi et ausculte-le. - Frank !

C'est la bande des latinos qui ont tué Morris, Glover et Schnabel !

On essaie de savoir où sont les autres.

On dirait que ça fonctionne vachement bien !

- On fait de notre mieux. - T'es qui, toi ?

Mike Trimmel.

- T'es le neveu de Morris ? - Oui.

- C'est toi qui as fait ça ? - Oui.

Je m'appelle Frank Fly.

Je suis en charge de cette opération.

Boone, je te charge de les ramener en ville.

Tu diras au juge Kennon qu'on a commencé à pister.

Mike, tu viens avec nous.

Où est Glover ?

Il est sous le porche.

Je suis désolé, pour votre oncle.

J'ai cru comprendre qu'il était comme un père.

Vous voulez parler de ce qui s'est passé ? Bien.

Vous voulez parler de ma vie privée ? Non.

Très bien.

Quand Boone est arrivé après le meurtre,

pourquoi n'y êtes-vous pas retournés ?

Vous étiez armé, non ?

Je préférerais ne pas en parler.

Je peux comprendre.

Mais lors de tels événements,

les gens ont le droit de savoir ce qui s'est passé.

Et moi aussi.

Alors, étiez-vous armé ?

Ce n'est pas si simple.

J'étais à 500 mètres de la maison

quand Boone est arrivé en courant.

Ils ont abattu le shérif, Mike.

Quoi ?

- Ils sont toute une bande. - De quoi tu parles ?

Ils lui ont tiré dessus trois fois.

- Allons le chercher ! - C'est trop tard !

- Reste ici. - Il est mort !

Lâche mon cheval, bordel !

On peut pas le laisser là !

Ils sont trop nombreux. On reviendra.

C'est trop risqué.

On reviendra.

Et chez les Roblero ?

Comment Glover et Schnabel se sont-ils fait abattre ?

- C'était le bordel. - Comment, ça ?

Une grande confusion régnait, ce soir-là.

Les gens avaient bu ?

Si j'écris là-dessus, je ne citerai pas de noms.

Je sais que Glover buvait beaucoup et que Boone n'est pas en reste.

Je veux savoir ce qu'il s'est passé.

Oui, on avait bu.

Tiens, fais passer.

Mieux vaut l'avoir dans le coco que dans la bouteille.

On a arrêté de réfléchir juste avant d'arriver chez les Roblero.

On était partis depuis deux jours, on avait peu mangé et peu dormi.

Glover était sur les nerfs.

Passe-la-moi.

A Morris.

A Morris.

Bien, on va se les faire, ces fils de pute.

Tu bouges...

Tu bouges, enfoiré, et je t'explose la tête.

- Mike, c'est toi ? - Oui, j'en ai un en joue.

Merde, je crois que c'est Schnabel.

Quoi ?

Putain de merde.

Bordel.

On l'a descendu à bout portant.

Il est brûlé au visage, Mike.

Mon Dieu.

Aurait-ce pu être un de vos hommes ?

Ca aurait très bien pu être Mme Roblero, aussi.

Aurait-ce pu être l'un des vôtres ?

Oui.

Vous êtes à la recherche des Mexicains ?

Pardon ?

Je vous ai vus suivre les traces...

puis j'ai repensé au Mexicain qui est venu abreuver du bétail hier.

En vous voyant à sa poursuite,

je crois qu'on a peut-être bien merdé.

Je ne vous contredirai pas.

Tu as faim ?

Non, merci.

Bon appétit.

Du café ?

Je fais aussi du bon café.

De rien.

Tu parles anglais ?

Je parle pas mexicain.

Je cuisine pas très bien,

mais j'ai toujours vécu comme ça.

J'ai eu une cuisinière pendant trois mois.

Elle cuisinait très bien.

C'est bon de parler à quelqu'un...

Même si tu ne me comprends pas.

On penserait jamais pouvoir en avoir marre d'être avec soi-même.

Quand on fait ce que je fais depuis deux mois,

on finit par en avoir marre.

Doucement !

Doucement.

Tu vas être malade, à manger si vite.

Malade.

Tu piges rien de ce que je dis.

Barbara, c'était la meilleure.

Elle...

Je sais pas où elle est.

Je veux pas te gonfler.

Mais ça fait du bien d'avoir quelqu'un à qui parler.

Non...

T'en auras besoin...

T'as trouvé quoi ?

Cortez était là hier soir.

Il a passé la nuit ici.

Les rochers sont encore chauds.

Vers où va-t-il ?

Vers le sud, le long de cette crête.

Depuis combien de temps est-il parti ?

Deux heures.

Bien. Allons l'attraper.

Qu'est-ce que tu as ?

Merci pour tout.

Le voilà ! Allons-y !

Il est fait comme un rat.

Allumez des feux tous les six mètres et qu'ils brûlent toute la nuit.

On continue la traque à l'aube. Allez, on se bouge !

- On dirait bien qu'on le tient. - Oui.

C'est son cheval.

Peau, tu nous expliques ?

Il est parti hier soir.

- Hier soir... - Il y a une trace, là.

Il n'est pas resté.

On dirait bien qu'on l'a sous-estimé.

Fait chier.

Comment il a fait ?

- Il s'est enfui ? - Oui, M. Blakely.

Regarde les traces ici.

Vous, là-bas !

Couvrez l'autre côté des fourrés. Vérifiez qu'il n'y est pas.

T'entends ?

On aurait dû le traquer hier soir, je l'ai dit.

On m'a pas écouté. Qu'ils aillent au diable.

Il est sûrement au Mexique.

"Un groupe de rangers a retrouvé les hommes

suspectés du meurtre des shérifs Morris et Glover,

à environ 15 km au nord-ouest de Benavides ce matin.

Une lutte acharnée s'en est suivie.

L'un des suspects est mort, un autre a été gravement blessé puis capturé

et le dernier s'est échappé."

"...Permettra d'éradiquer un gang de Mexicains qui, depuis des années,

volent des chevaux dans cette partie du Texas,

et commettent bien d'autres crimes.

Tout le sud des Etats-Unis est prié de rester aux aguets..."

Ecoutez...

"Sa tête est mise à prix pour 1 000 dollars."

Mille dollars, ça fait beaucoup !

"La femme et les enfants du bandit, Gregorio Cortez,

sont en prison,

le temps qu'on enquête sur le meurtre

du shérif Morris, du comté de Karnes.

Le frère de Cortez est mort hier soir."

Colorado, tu m'en donnes une tasse ?

Bonjour, Capitaine Rogers. Comment allez-vous ?

Je lis l'histoire que vous avez envoyée avant-hier soir.

"Le Mexicain qui doit être Cortez

est cerné et ses chances de s'échapper semblent nulles.

Le capitaine Rogers et le shérif Fly mènent les opérations.

Il est minuit, la tension monte et nous avons bon espoir.

On devrait tenir Cortez d'ici quelques heures."

Continuez, c'est une bonne histoire.

- On ne l'a pas capturé. - C'est vrai.

Il y a plus de 600 hommes à ses trousses,

mais s'il passe la frontière,

je suis sûr qu'on blâmera les rangers du Texas.

C'est ça, la politique.

Je voulais vous demander...

Au Capitole, on dit que les rangers du Texas seront bientôt dissous,

qu'ils ne sont plus utiles.

L'avenir des rangers ne dépend pas de la capture de Cortez.

Néanmoins,

s'il a passé la frontière...

Mon Capitaine ?

Ce Mexicain a une question pour vous.

Il demande s'il y a vraiment 1 000 dollars de prime pour Cortez.

Oui, c'est vrai.

Il demande si vous avez l'argent ici.

Non.

Mais si tu nous aides à le capturer, l'argent est à toi.

Tu sais où il est ?

Il dit qu'il lui a remis ses armes.

Tu es Gregorio Cortez ?

T'es en état d'arrestation.

Le voilà !

Descendez !

Allez, faites-le sortir !

Il a tué trois hommes, votre Honneur.

Dont deux shérifs très respectés.

Ses prétendus aveux sont dans les journaux.

Ce n'est pas une bonne affaire.

C'est une affaire difficile, M. Abernethy.

Mais le tribunal aura besoin de vous.

Vu les réactions dans le comté...

Il se pourrait qu'il n'y ait pas de procès.

Il y en aura un, d'accord ?

Vois-le comme ça, Bertram :

Si les Mexicains obtiennent un jour le droit de vote,

tu seras l'homme le plus populaire de cet Etat.

Non !

Ces 11 derniers jours ont été éprouvants.

Je tiens à vous remercier,

Gonzales vous remercie.

C'est délicieux !

Si le capitaine McDonald s'était chargé de l'affaire,

on n'aurait pas gaspillé tout cet argent,

- comme on l'a fait. - C'est reparti...

On l'aurait abattu directement.

C'est pour ça que le Capitole veut supprimer les rangers.

Le Texas entre dans l'économie, il faut des procédures juridiques.

Tu vas faire quoi de ton oseille ?

Allez, on t'écoute !

C'est pas évident d'apprendre de nouveaux tours à un vieux chien.

Skillet, je te comprends, mais on est au début d'un nouveau siècle.

On doit faire respecter la loi autrement, faut t'y faire.

Les choses changent.

Vous avez tout ce que vous voulez ?

J'aimerais une serviette.

Et de la bière fraîche.

Blanc-bec,

t'es peut-être un excellent journaliste,

mais tu devrais vivre ici pour voir ce à quoi on fait face.

Poker indien.

Peau, vise le scalp que t'as loupé.

La ville vous effraierait plus que vos prairies ne m'effraient.

- J'en ai jamais vu, je sais pas. - C'est ce que je dis.

C'est l'horreur.

Mike, félicitations

pour ton étoile.

Portons un toast.

Au nouveau shérif de Karnes !

Tu sais quoi faire si t'es dans le besoin.

Non, je pars pour Beaumont.

Il n'y a pas de serviettes ?

En journée il bossera dans les champs de pétrole

et moi, aux tables de poker.

Le soir, on inversera les rôles.

A la fin, je m'occuperai des deux.

Vous devriez le voir jouer aux cartes.

Tu ferais mieux de le virer.

Je déteste me répéter,

mais si je peux faire quoi que ce soit pour vous...

Demandez-le-moi, je vous en prie !

Pas de serviettes.

Messieurs,

j'aimerais porter un toast.

A Gregorio Cortez,

qui a prolongé la vie des rangers du Texas.

Santé !

Levons nos verres au Texas.

Et à ses citoyens !

Très bien.

- Comment dit-on "avocat" ? - Aucune idée.

Vous voyez la Mexicaine qui était en bas ?

Pouvez-vous lui demander de monter et d'être mon interprète ?

- Bien sûr. - Merci beaucoup.

Bonjour, madame. Vous voulez bien entrer ?

Je suis B.R. Abernethy...

On m'a désigné pour représenter M. Cortez

dans cette affaire.

Mais il ne parle pas anglais,

et mon espagnol est plus que rudimentaire.

J'espérais que vous accepteriez d'être mon interprète.

- Avec plaisir. - Merci.

Il veut qu'on s'assoie.

Pouvez-vous me rappeler votre nom ?

Carlota Munoz.

- Madame Munoz ? - Oui.

Pouvez-vous demander à M. Cortez...

De m'expliquer en détail

ce qui est arrivé quand le shérif Morris

s'est rendu chez lui ?

Pourriez-vous lui dire que je ne l'ai pas encore rencontrée ?

Mais dès que nous aurons fini cet entretien, j'irai la voir et...

je ferai en sorte qu'elle ait tout ce dont elle a besoin.

De rien, monsieur.

Pouvez-vous lui demander de m'expliquer,

en détail,

ce qu'il s'est passé le jour où le shérif Morris

est allé le voir chez lui ?

Ils venaient de rentrer de deux semaines de travail.

C'était la fin d'après-midi.

Les enfants jouaient...

C'est bien !

Je ne les connais pas.

Demande-lui son nom.

Demande à Romaldo s'il connaît Gregorio Cortez.

Demande-lui s'il a échangé un cheval récemment.

Bien, tu lui hâblas qu'il est en état d'arrestation.

Il dit que personne ne peut l'arrêter.

Très bien...

Monte dans cette charrue.

Pourquoi ?

Pourquoi a-t-il répondu "non" au shérif

quand il a demandé s'il avait échangé un cheval ?

Il a dit qu'il n'avait pas échangé

un caballo.

Il avait échangé une yegua,

une jument.

Je vois.

En espagnol, on fait la différence entre...

cheval mâle et femelle.

Donc, c'était...

un malentendu.

L'interprète n'a pas compris le mot... Vous pouvez le répéter ?

Yegua.

Yegua.

Donc, il a dit au shérif qu'il n'avait pas échangé un cheval.

Pouvez-vous lui dire que c'est un détail très important ?

Le plus important, jusqu'à présent.

Que dit-il ?

Il demande si c'est...

Si ce malentendu

a tué son frère.

Oui, ils...

Ils n'ont pas compris ce qu'il a dit.

S'il vous plaît, continuez. Que s'est-il passé, ensuite ?

Il a conduit son frère chez un ami.

Il l'a laissé là.

Et où est-il allé ?

Il a marché vers le nord.

Il savait qu'on le chercherait dans le sud.

Il venait de leur raconter toute l'histoire

quand ils sont arrivés.

Savait-il de qui il s'agissait ?

Salut, Martin.

Ils ont pendu son filleul.

Il les a vus faire.

M. Abernethy,

vous pouvez vous adresser au jury.

Votre Honneur,

Messieurs les Jurés,

laissez-moi essayer

de remettre les faits narrés dans ce témoignage en contexte.

Messieurs, je me bercerais d'illusions

si je croyais que vous n'avez ni entendu les rumeurs

ni lu les gros titres

qui réclament la vie de cet homme.

Il n'est pas un criminel, mais un simple paysan.

Il a agi dans le respect des lois du Texas.

Selon nos lois, un homme peut...

s'opposer à une arrestation illégale,

et aller jusqu'à se défendre par des moyens causant la mort,

si on emploie les mêmes moyens contre lui.

Quand le shérif Morris

a demandé à M. Cortez s'il avait échangé un cheval,

M. Cortez lui a répondu

qu'il n'avait pas échangé un cheval, mais une jument.

L'interprète ne connaissait pas le mot employé pour "jument".

Donc, il a dit au shérif que Cortez n'avait pas échangé de cheval.

Mettez-vous à sa place, messieurs-dames.

Un homme qui parle une langue qui vous est étrangère arrive chez vous.

Vous ne le comprenez pas et il vous pose des questions.

Vous faites de votre mieux pour y répondre,

et soudain, il sort un revolver et descend votre frère,

le blessant mortellement.

Que feriez-vous ?

Sortiriez-vous votre arme

pour tirer, car vous essayez de protéger votre personne

ainsi que votre propriété, votre famille et votre frère ?

Ou resteriez-vous là et accepteriez-vous

ce qu'on vient de faire à votre frère ?

Je pense connaître votre réponse.

Je suis convaincu que tout honnête homme présent ici

peut répondre à cette question.

Il est évident que vous tireriez !

Et que vous vous battriez pour votre famille.

Et que vous prendriez la fuite.

Cet homme savait

que s'il était resté,

un groupe de rangers serait arrivé.

Pas assoiffé de justice,

mais de son sang.

Il a fui chez son ami, Martin Roblero,

qui vit à Gonzales.

Le soir, à la nuit tombée,

ils ont entendu du bruit.

Il s'est précipité dehors

et a aperçu l'énorme silhouette

d'un homme qui fonçait vers lui à cheval

en tirant des coups de feu.

Mr Cortez,

qui ne connaissait pas cet homme qui ne s'était pas annoncé,

a fait feu dans tous les sens

en même temps qu'il courait et trébuchait

sur le sol rocailleux.

Personne ne serait

capable de toucher quoi que ce soit volontairement,

en se déplaçant ainsi.

S'il a tué le shérif Glover, c'était pour se défendre.

M. Schnabel,

du meurtre duquel mon client est aussi accusé,

se trouvait de l'autre côté de la maison.

J'aimerais qu'on m'explique comment on pourrait tuer quelqu'un là-bas.

Peut-être qu'en tirant par-dessus la maison, la balle est retombée...

Messieurs, cet homme a connu

des peines indescriptibles.

Il a perdu son frère.

Sa famille, au moment où je vous parle, est en prison.

Ses enfants, sa femme...

Messieurs, relâchez sa famille.

Laissez-les se réunir.

Le seul crime de cet homme, c'est...

d'avoir été un trop bon dresseur.

Merci, Messieurs.

Votre Honneur.

Votre Honneur,

Messieurs les jurés,

chers membres du tribunal.

Mon respectable adversaire, M. Abernethy,

a cherché

à vous dresser un joli tableau.

Il a essayé de vous présenter

Gregorio Cortez comme une victime.

Mais il n'y avait que trois victimes.

Elles sont toutes mortes

entre les mains de Gregorio Cortez.

Qui est Gregorio Cortez, alors ?

C'est un tueur qui s'enfuit

dans les ténèbres.

Il a sorti une arme

et a tué notre shérif bien-aimé,

Dick Glover.

Ainsi que notre ami,

Henry Schnabel.

Et dans ses agissements

sournois et diaboliques,

il se déplaçait en cercles

et en décrivant des huit,

se moquant de la loi.

Il devait bien rire.

Mme Glover, vos procès ne font que commencer,

avec vos six petites orphelines.

Certaines nuits,

vous vous réveillerez

en plein cauchemar de solitude.

Vous irez vers l'autre côté du lit,

vers un peu de sécurité et d'amour.

Vers les bras de votre mari,

qui ne sera pas là.

Parce que Gregorio Cortez vous l'a arraché.

Et plus tard,

quand ces six jeunes orphelines sans défense

auront besoin d'un père...

De l'amour d'un père...

Quand cette enfant tombera, s'écorchera les genoux

et cherchera à s'asseoir sur ceux de son père,

il ne sera pas là.

Parce que Gregorio Cortez le lui a pris.

Dois-je vous demander

de rendre le seul verdict possible,

qui est : coupable de meurtre au premier degré ?

Faites disparaître Gregorio Cortez

de ce monde libre.

Et enfermez-le

jusqu'à ce qu'on le pende.

Le patron est là ?

Oui, il va y avoir du grabuge.

Il y en a déjà.

Oui, Monsieur.

Du calme !

Messieurs-dames, s'il vous plaît,

asseyez-vous.

Du calme !

Messieurs les jurés, avez-vous un verdict ?

Oui, votre Honneur.

Accusé, levez-vous.

"Nous, jury, déclarons l'accusé

coupable d'homicide involontaire

et fixons sa peine à 55 ans d'emprisonnement

dans la prison d'Etat du Texas."

Wayne ?

Wayne ?

Donnez-nous Cortez !

De quoi vous parlez, putain ?

Cortez est à nous.

Oh que non !

Il appartient à l'Etat du Texas.

Donnez-le-nous, maintenant !

Rentrez chez vous !

Il reste ici !

Vous allez vous attirer des ennuis !

On n'attendra pas la mort d'autres shérifs !

Non !

Putain, mais rentrez chez vous !

On ne veut plus de bla-bla.

Je parlerai tant que j'en aurai le droit.

J'ai prêté serment, bordel !

Carmen !

Gregorio !

Personne ne bouge !

Je ne veux pas tirer, mais je le ferai s'il le faut.

Reculez, avec ça.

Attendez une minute.

J'étais un ami de Dick Glover, tout comme vous.

On le sait.

Je vais te dire ce qu'on ressent.

C'est pareil pour nous tous.

Tout ce qu'on veut, c'est ce putain de latino.

Je vous accompagnerais bien, ce soir, tu le sais.

Assez de bla-bla, Frank. Tu vas nous laisser rentrer ?

C'est tout ce qu'on veut.

Putain, mais c'est quoi, votre problème ?

Vous voulez venger la mort de Glover ?

Pourquoi vous n'amenez pas un de ses amis ?

Plutôt qu'un de ses ennemis.

T'oserais pas sortir et dire ça.

Reculez.

QUATRE MOIS PLUS TARD, ON ANNULA LA CONDAMNATION DE GREGORIO CORTEZ.

CEPENDANT, IL COMPARUT ENCORE SIX FOIS AU TRIBUNAL.

IL FUT ACQUITTE DU MEURTRE DU SHERIF MORRIS ET DE HENRY SCHNABEL,

MAIS FUT CONDAMNE A PERPETUITE POUR CELUI DU SHERIF GLOVER.

IL FUT AUSSI INCULPE POUR LE VOL DU CHEVAL

SUR LEQUEL IL AVAIT PRIS LA FUITE.

EN 1913, GREGORIO CORTEZ FUT GRACIE

ET RELACHE PAR LE GOUVERNEUR DU TEXAS.

IL AVAIT PASSE 12 ANS EN PRISON ET MOURUT QUELQUES ANNEES PLUS TARD.

AUJOURD'HUI, ON CHANTE ENCORE "LA BALLADE DE GREGORIO CORTEZ"

PRES DE LA FRONTIERE.

Sous-titres : Aurore Delcuve

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