All language subtitles for Wo 11 [11 fleurs] (2011)

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Original subtitles

1975, sud-ouest de la Chine

Un an avant la fin de la R�volution Culturelle

Dans la vie, tu observes toujours les autres.

Tu t'imagines �tre n� ailleurs.

Tu r�ves d'une autre vie.

Mais un jour tu t'aper�ois que c'est impossible.

Tu n'es que toi,

n� dans cette famille,

� cette �poque.

Tes r�ves ne changeront pas l'empreinte de ta vie.

Ta vie,

tu dois l'accepter et la respecter.

Vite, papa s'en va.

Maman.

Vas-y.

Dis au revoir.

Au revoir, papa.

Au revoir, maman.

- Nettoie le four en rentrant. - Oui.

On y va.

Papa, si le village avait une troupe d'op�ra,

tu travaillerais pas en ville la semaine.

- Tang. - Wang.

- Tu l'emm�nes au boulot ? - Il m'accompagne un bout.

Y a pas de troupe d'op�ra ici.

Alors...

pourquoi tu travailles pas � l'usine de maman ?

Je t'ai d�j� dit,

les adultes ne choisissent pas leur travail.

Papa, pourquoi je dois apprendre � peindre ?

Un peintre peut �tre ind�pendant.

Seul � la maison, tu peux peindre ce que tu veux.

Apr�s tu le vends. Et tu peux gagner ta vie.

Comme Xu Beihong,

Qi Baishi...

- Et De Vinci. - Oui. De Vinci.

Si tu deviens peintre,

tu pourras vivre librement.

Tu comprends ?

Bon. Je te laisse l�.

J'y vais.

- � vendredi, papa. - Au revoir.

Plus haut.

La Teigne ! Wei Jun !

J'arrive.

- Wang Han. - D�p�che-toi.

La Souris, tiens bon. J'y vais.

Reste, Wei Jun !

Pourquoi �a vient pas ?

�a va arriver.

Serre plus fort les cuisses.

J'ai pas encore fait.

D�p�che-toi.

Pousse fort.

�a y est ?

Tes jambes...

L'�cole commence.

Attendez-nous !

T'as fini ?

Nous avons h�rit� l'esprit r�volutionnaire

Nous aimons le pays Nous aimons le peuple

Nos foulards rouges

Flottent sur nos poitrines

C'est Juehong.

Tu crois qu'elle est m�re ?

Regarde ici, tu verras.

Juehong,

tu es en retard.

Bois un peu.

Tu ne te sens pas bien ?

Tu as un probl�me � la maison ?

Juehong,

tu peux tout me dire.

Tu peux te confier � moi.

Elle dit quoi, la prof ?

J'entends rien.

Elle dit quoi ? J'entends rien.

Elle nous a vus.

Elle arrive. Vite !

Wang Han, de la 6�me 3,

au bureau des professeurs.

Wang Han, de la 6�me 3, au bureau des professeurs.

C'est cet �l�ve.

Il est bien coordonn�. Ses mouvements sont justes.

Montre-nous.

D'abord, le mouvement des bras. Pr�t ? Commence.

Une glace ! Une glace !

D�p�chez vous !

Wang Han ! Mme Zhou t'appelle.

Madame.

Dis bien � ta m�re ce que je t'ai dit.

Une nouvelle chemise t'irait bien pour diriger la gym.

- Oui, madame. - Allez.

Au revoir, madame.

Une glace !

Une glace.

Wang Han.

D�p�chez vous. La Teigne, la Souris, Wei Jun.

T'as pas nettoy� le four.

Tu nettoies le four ?

Quel bon gar�on.

Laisse-moi faire.

- Tu es de retour ? - Oui.

Tu fais la cuisine ?

Tang.

- Deng, tu es de retour ? - Oui.

Maman.

Tu es seul, ce midi ?

Oui. Je me fais des nouilles.

Tu as fouill� dans l'armoire ?

Il veut une chemise. Moi aussi.

Tais-toi.

Maman, mes chemises sont vieilles.

Et alors ?

Je vais �tre chef de gym.

- Quoi ? - Chef de gym.

Chef de gym ?

Ah, la gym quotidienne ?

Oui.

C'est juste de la gym.

Les profs disent que je suis le meilleur.

Je vais guider la gym sur l'estrade.

Quel rapport avec la chemise ?

La prof l'a demand�e.

Ils en ach�tent tous une ?

Non, juste le chef.

Tang ?

Tu as pris de la viande � l'usine ?

Non.

J'ai eu un beau morceau.

C'est vrai.

Je te ferai go�ter.

C'est gentil, merci.

Ma petite, maman a achet� de la viande.

On en mange aussi quand papa est absent.

- Je veux une chemise. - Qui disait que j'�tais radine ?

Vous �tes en pleine croissance. Il faut manger de la viande.

Je veux une nouvelle chemise.

Pourquoi tu veux pas ?

Maman...

D�gage !

Je d�barrasse si tu ne manges pas.

Ne fais pas la t�te.

Tu as d�j� des chemises.

On n'a pas l'argent pour acheter ci et �a.

C'est d�j� bien d'avoir de la viande.

Arr�te de bouder.

Tu oses me faire la t�te ?

J'ai peu de temps. Je fais de la viande et tu ne manges pas.

Alors cr�ve de faim !

Pourquoi tu pleures ?

Si tu ne manges plus, au lit.

Viens ici !

Viens avec maman.

Si tu ne manges pas, � la sieste.

Tu l'as pos�e dans le trou.

Non, je l'ai lanc�e.

Tu l'as pos�e dedans. Dis-lui, Wei Jun.

- Wei Jun, dis-lui. - Je sais pas.

Je t'ai vu.

- Je l'ai lanc�e. - Tu l'as mise.

Tricheur !

Touche pas ! Rends-la-moi !

Donne-la-moi.

Donne.

Pourquoi personne joue ce soir ?

Ouais.

Il est tard. Je rentre.

Reste encore.

Je rentre aussi.

Partez pas.

Il est tard.

Vous �tes pas dr�les.

Debout, debout.

T'es debout ?

Habille-toi.

Debout. C'est l'heure.

Maman, il pleure.

Debout.

C'est encore pour ta chemise ?

C'est si important ?

Tu vas � l'�cole ?

�coute. Je vais en parler avec ta prof.

L�ve-toi. Allez.

Sois un homme.

Habille-toi.

Au petit d�j.

Je pense qu'il serait beau sur l'estrade

avec une nouvelle chemise.

Merci, Mme Zhou.

Nous, les parents,

devons suivre vos conseils.

Mais vous savez, les tickets de tissu sont rationn�s.

On doit les �conomiser

pour habiller les enfants au nouvel an.

C'est vrai.

Je m'excuse. Je n'y avais pas pens�.

C'est rien.

Je disais �a comme �a. � vous de voir selon vos moyens.

Bien. Je vous laisse travailler.

Merci d'�tre venue de l'usine.

Pr�ts ? Partez !

Un, deux, trois...

Wang Han, viens.

Bonjour, madame.

- Tu as fini tes devoirs ? - Oui.

Wang Han, viens voir un truc dr�le. Suis-moi. Vite.

- Ne rentre pas tard ! - Non.

Parlez plus bas.

J'ai le nez sur tes fesses.

T'as p�t�.

Non, c'est ma bouche.

Faites pas de bruit.

Regardez.

C'est mon fr�re.

Baisse toi.

Il l'enlace.

Prenez des cailloux.

- Quoi ? - Prenez des cailloux.

Un, deux, trois...

Stop !

Tu fais quoi ?

Il a failli nous voir.

S'il me voit, il me tue.

On lance sans toi.

Il l'embrasse.

Il a pas honte, ton fr�re ?

Un, deux, trois.

Sales mioches !

Wei Jun ?

Je vais te tuer.

Elle te pla�t ?

Essaye-la.

Montre-moi.

C'est grand.

Non, elle te va bien.

Maman, j'en veux une.

Sois gentille.

Ton fr�re en a une pour �tre un �l�ve mod�le.

Au nouvel an, tu en auras une belle.

Tu veux un bonbon ?

Mets ton pantalon.

Vite. Tu as vu l'heure ?

Tiens.

Maman, un autre.

Bon. Juste aujourd'hui.

Viens l�.

Mets-la dans le pantalon.

Remonte les manches.

C'est parfait.

Dans 2 ou 3 ans je la retoucherai pour ta s�ur.

Radine.

T'es gonfl� !

J'ai utilis� un an de tickets pour toi

Prends-en bien soin.

Enfin une nouvelle chemise. Tu seras trop beau sur l'estrade.

Oui.

C'est qu'une chemise.

T'en as, toi ?

J'en aurai une au nouvel an.

On en a tous au nouvel an !

Wang Han, tu me la pr�tes ?

Tu r�ves.

T'es pas chef de gym.

Casse-toi.

Wang Han, on va se mettre en place.

� toute !

Pierre, ciseaux.

Pierre, ciseaux.

Wang Han !

Je compte.

Un,

deux,

trois,

quatre,

cinq,

six,

sept,

huit,

neuf, dix.

C'est le premier mort

que je vois.

Nous aussi.

Ouais.

Il est vraiment mort ?

Ben oui.

Je l'ai regard� 5 minutes. Il a pas boug�.

Il peut �tre que mort.

Pourquoi y avait pas de sang ?

Il s'est noy�.

Il �tait tout gonfl�. Ses joues �taient plus grosses que toi.

Si tu continues, je te pousse.

�a suffit !

La Souris !

Compte jusqu'� 10.

Wang, t'es de retour ?

Venez, venez.

C'est qui, le noy� ?

Chen, du comit� r�volutionnaire. Vous le connaissiez ?

Chen Kunfang ?

Oui, c'est �a.

Il venait d'arriver.

- Qui a bien pu le tuer ? - Qui sait ?

Il a foment� la lutte arm�e des gardes rouges

contre les conservateurs.

- Il y a eu des morts. - Oui.

C'�tait un obsc�ne vicieux.

Pourquoi l'usine l'a pris ?

Je sais pas.

Il avait des appuis.

- Ah bon ? - C'est vrai ?

Ce type, vraiment...

Parlons d'autre chose.

Mon vieux. Chante-nous un air de Shanghai.

Allez, allez !

�a nous manque.

J'ai pas chant� depuis longtemps.

"Yan, l'entremetteuse".

Oui, vas-y.

J'ai des choses � vous dire

Madame, �coutez-moi bien

Je souhaite �tre l'entremetteuse de votre fille

Et lui proposer un bon mari...

Chantez pas �a.

C'est pas grave.

Chantons plut�t la r�volution.

T'en as pas assez de ces chansons ?

Franchement...

Wang. Toi, l'artiste, chante.

"Mao, soleil �ternel de la steppe".

Je connais pas toutes les paroles.

C'est une belle chanson.

Allez, le petit com�dien se lance.

Qu'est-ce que t'attends ?

Nuages blancs sur ciel bleu

Les chevaux courent sous les nuages

Les fouets virevoltent

Leurs bruits r�sonnent

Mille oiseaux s'envolent

Si vous me demandez

o� nous sommes

Je r�pondrai avec fiert�

C'est mon pays natal

Chez nous, on aime la paix

On aime notre pays natal

J'arr�te.

Sacr� Wang !

"Le Pr�sident Mao et le Parti guident notre chemin."

Comment tu peux oublier ces paroles ?

Wang, tu fais tout � moiti�.

Tu vois,

peindre des fleurs,

c'est diff�rent d'une nature morte.

Ces fleurs

sont vivantes.

On dirait qu'elles respirent.

Chacune d'entre elles

est diff�rente.

Comme nous, les Hommes.

Oui.

Comme nous, les Hommes.

Dans ce monde, nous sommes si nombreux.

Mais chacun d'entre nous

est diff�rent.

Pour peindre ces vies,

il faut bien les observer.

- Tu penses � quoi ? - � rien.

Tu m'as �cout� ?

Concentre toi.

Observe bien.

Wang Han, d�p�che toi.

Merci.

Tu peux y aller.

Ma petite, papa part.

Dis au revoir.

Au revoir, papa.

Au revoir.

Viens.

Attention, te salis pas.

Bonjour, monsieur.

Bonjour. T'as une nouvelle chemise ?

Oui.

Bonjour.

Le soir, fais des dessins ou des croquis.

Observe bien l'ombre cach�e de la lampe.

Sous l'emprise de la lumi�re,

que dissimulent les sommets les plus brillants ?

- L'obscurit�. - Oui.

C'est mon pays natal...

Bon.

Papa s'en va.

Au revoir, papa

D�p�che-toi, la Teigne.

On descend !

Attendez-moi ! - D�p�che-toi !

Fais pas peur � mon poisson !

Qu'est ce que tu fous ?

J'attrape des poissons !

C'est mon poisson.

Y a ton nom dessus ?

Oui. Mais tes petits yeux voient rien.

C'est toi qui vois rien.

C'est toi !

Chieur ! T'as touch� � mon poisson.

Je joue plus.

Arr�tez. C'est qu'un poisson.

Wei Jun.

Je vais te dire un secret sur l'assassin.

J'ai entendu les profs parler.

Oui. Ils disent que l'assassin vient de chez nous.

Pourquoi tu l'as dit ? C'est mon secret.

Pourquoi la police est venue voir Juehong ?

Juehong a tu� personne.

Juehong...

Wang Han, r�veille-toi.

R�veille-toi.

Appuie sur le Renzhong.

R�veille-toi.

R�veille-toi.

�a va aller.

L�ve-toi.

�a y est.

Soul�ve-le.

Qu'est-ce que j'ai eu ?

- T'es tomb� � l'eau. - Oui.

On t'a sauv� de la noyade.

Oui.

J'ai n'en compris. J'ai vu du noir et je suis tomb�.

Recommence pas.

Et ma chemise ?

- Ta chemise ? - Elle �tait l�.

Cherchons.

Ma chemise !

On sait pas o� elle est.

Vous �tes jaloux de ma chemise ?

- N'importe quoi ! - Jamais de la vie.

Ben oui.

C'est mon sac.

Elle est pas l�.

D�connez pas. Ma m�re va me tuer.

- On d�conne pas. - On l'a pas vue.

Ma chemise !

L�-bas.

C'est incroyable.

Comment c'est possible ?

Qui l'a lanc�e l�-bas ?

Personne.

C'est lui ou lui.

Mais pas moi.

C'est toi, la Souris ?

C'est pas moi. Je le jure sur la t�te du Pr�sident Mao.

Elle est trop l�g�re pour �tre lanc�e si loin.

Alors c'est toi, la Teigne.

Pourquoi moi ?

Le vent a d� l'emporter.

Le vent, mon cul !

Tu m'insultes ?

C'est vrai, quoi !

- Tu m'insultes ? - Pourquoi tu me frappes ?

Tar� !

C'est juste une chemise. Va la chercher.

Facile � dire. Vas-y toi-m�me.

Tu vois ? Il t'attaque maintenant.

Oui.

Tr�s bien.

- On se barre. - Parle pas Shangha�en.

On le laisse.

- Quel tar�. - Tar� toi-m�me !

- T'es minable. - Toi-m�me.

C'est toi, le minable.

- Pour une chemise pourrie... - Pourri toi-m�me.

Remboursez-mol ma chemise.

Discute pas avec lui.

Si tu cries, je te tue.

Pleure pas !

Sale m�me.

Pourquoi t'es venu ?

Je sais pourquoi.

Pour ta chemise ?

Sale m�me.

Je te l'emprunte.

Je t'en rendrai une neuve.

Rentre.

Non. Ma m�re vient de me la faire.

Si je la perds, elle me tue.

Dis-lui que ta chemise est partie � l'eau.

Je te donnerai de l'argent pour en acheter une.

Je veux pas de ton argent.

Pourquoi ?

Parce que je suis un m�chant ?

Tu connais l'herbe qui gu�rit les blessures ?

Va m'en cueillir.

Wang Han.

C'est bien toi.

Si tu reviens pas,

j'irai chez toi.

Compris ?

Vas-y.

Plus fort.

N'aie pas peur.

- Tu as quel �ge ? - 11 ans.

5 ans de moins que ma s�ur.

Tu connais Juehong ?

C'est ma petite s�ur.

Pourquoi ils veulent t'arr�ter ?

Je veux tout cramer ici.

Pourquoi ?

Tu comprendrais pas.

Ils vont t'arr�ter ?

Je mourrai peut-�tre avant.

Si on t'arr�te, on te fusille ?

Toi seul sais que je suis ici.

Si tu me tues,

maman et mes copains viendront.

Si tu rentres, tu parleras. On saura que je suis ici.

Je dirai rien si tu me rends ma chemise

Elle est pleine de sang.

Tu diras quoi, � ta m�re ?

Rentre.

Je te jure de t'en rendre une neuve.

Je t'en fais le serment.

Merci pour ta chemise.

Dis � personne que je suis ici.

Si tu parles, je te retrouverai.

Compris ?

Va-t'en.

Parle. Tu l'as perdue o� ?

La t�te que tu fais !

Pourquoi t'as pas perdu ta t�te ?

T'as pleur� pour l'avoir, et tu la perds en 2 jours.

O� est ton sac ?

Si ton p�re me laissait, je te casserais les jambes.

Pourquoi t'as pas perdu ton sac ?

Baisse la t�te.

Tu l'as perdue o� ?

Emport�e par la rivi�re.

Quoi ?

Emport�e par la rivi�re ? C'est tout ce que t'as trouv� ?

Reviens l�.

Emport�e par la rivi�re.

Va me la chercher.

Allez !

O� ?

En bas.

T'es fou de jouer dans la rivi�re.

Je te l'ai dit, le courant est fort. C'est dangereux.

T'aurais pu te noyer.

Je le dirai � papa. Viens !

T'es tomb� ou on t'a pouss� ?

T'�tais avec qui ?

R�ponds !

T'es muet ou quoi ?

Je te pr�viens, t'auras plus de v�tements neufs !

Tu viens ?

� la maison !

Tout le monde a peur � l'usine.

On a attrap� l'assassin ?

Non.

Il a tent� de br�ler l'usine.

La police l'a vu.

Mais il s'est �chapp�.

C'est le fils a�n� du vieux Xie.

Ah bon ?

C'est le fr�re de Juehong qui va � l'�cole ici.

Il a vraiment tu� Chen ?

Je sais pas.

Mais le vieux Xie ne va plus � l'usine.

La police le surveille.

Le vieux Xie est un type bien.

Cette affaire est louche.

Juehong, viens manger.

Allez, il faut te nourrir.

J'ai pas envie.

�a y est. Je t'ai trouv� !

T'as perdu.

Wangxin !

Sortez !

On a gagn� !

� la maison !

C'est l'heure d'aller au lit.

Restez un peu !

On jouera plus avec vous.

Ils sont partis. On joue � quoi ?

Papa dit que l'assassin

se cache dans le coin.

Faut pas rester tard.

Vous avez peur ? Trouillards.

Si je tombe sur lui, je le frappe.

Oublie. L'assassin est plus grand que toi.

Et alors ? Je suis gros.

Allez, on rejoue.

Je peux jouer ?

On joue pas avec toi.

Si je joue, je vous dis un secret.

�a d�pend du secret.

Je sais o� est l'assassin.

Tu mens pour jouer avec nous.

Mais non !

Je l'ai vu.

Si je parle, il me tue.

T'as des preuves ?

Si vous me croyez pas, on va le voir.

Maintenant ?

Il est tard. Faut rentrer.

Je savais que t'oserais pas.

Moi, j'y vais.

Si t'as peur, rentre.

Si t'as peur, t'es qu'un froussard.

Il va nous tuer ?

Pourquoi il nous tuerait ?

Il doit avoir faim.

Si on apporte � manger, il nous tuera pas.

J'y vais avec toi.

Il est o� ?

�a, vous verrez.

Et vous ?

J'y vais.

Moi aussi.

Bon. On y va tous.

- On lui apporte quoi ? - Vous avez quoi ?

- Des cacahou�tes. - Des bonbons.

�a va pas. Faut du pain.

Je vais en chercher.

D'accord.

On t'attend.

Il est o� ?

Chut ! Il va nous entendre.

Si on rentrait ?

On est arriv�s. C'est ici.

Vas-y.

Vas-y.

Pour de vrai ?

T'as dit que t'y allais. Vas-y.

Et si j'y vais pas ?

On joue plus avec toi.

J'y vais. Et vous ?

Nous, on t'attend ici.

Vas-y.

Bon, j'y vais.

Attendez-moi.

D�p�che-toi.

Partez pas.

Partez pas.

Y a un fant�me.

Un fant�me !

Tu m'emb�tes. Je joue plus avec toi.

Je joue plus.

Sale gosse, fais gaffe.

D�gage !

Ou je t'en colle une.

C'est le fils de Xie l'assassin ?

Sans doute.

Il a pas h�sit�. Apr�s avoir tu� Chen,

il lui a tranch� son truc.

Putain !

C'�tait pr�m�dit�, alors ?

Pour venger sa s�ur.

Les rumeurs sur Chen et elle sont vraies ?

Je sais pas. C'est ce qu'on dit.

Si c'est vrai, Chen est un salaud.

Le vieux Xie voulait que Chen le mute.

Qu'est-ce qui lui a pris de demander � un tel type ?

Va comprendre ces intellos.

Le vieux Xie...

Debout !

Bonjour, ma�tresse.

Bonjour. Asseyez-vous.

Avant le cours, Mme Zhou va vous parler.

Chers �l�ves,

un incident a eu lieu � l'usine.

Vos parents ont d� en parler.

Le fugitif court toujours,

peut-�tre pr�s de l'usine.

La police demande � tous d'�tre vigilants.

Quand vous allez ou quand vous rentrez de l'�cole,

ne tra�nez pas autour de l'usine.

Faites attention.

Compris ?

Compris.

Je vous laisse.

On fait quoi ? On le dit � Mme Zhou ?

Si on se tait, personne saura.

Mme Zhou dit qu'il a pas �t� arr�t�.

Si on le d�nonce pas, il viendra pas nous chercher.

C'est vraiment le fr�re de Juehong ?

Comment tu sais ?

Il me l'a dit.

Il conna�t m�me mon nom.

Il me retrouvera si je le d�nonce.

Il faisait peur.

Pas �tonnant que Juehong vient plus � l'�cole.

Y a un assassin dans sa famille.

Mme Zhou doit savoir que c'est son fr�re.

Quand m�me, on dira rien.

Jamais.

On dit rien, compris ?

Oui.

Si on parle pas, il viendra pas nous chercher.

Nous, on parlera pas. Mais la Souris ?

La Souris.

T'entends ? Toi, le rapporteur.

T'inqui�te. Motus et bouche cousue.

On te croit pas.

Si je parle, que ma famille se transforme en chien.

On fait un serment ?

Oui.

On promet pour 100 ans,

sinon qu'on se transforme en chien.

C'est cet enfant qui l'a vu.

Oui. C'est Wang Han.

Wang Han, montre au monsieur.

Arr�te-toi !

C'est pas moi !

Alors pourquoi tu cours ?

Stop.

T'es foutu. Viens ici !

Mets-toi ici.

- C'est pas moi. - Arr�te de mentir.

On a entendu Mme Zhou te f�liciter.

Oui !

Et maintenant ? L'assassin court toujours.

S'il sait que c'est nous, il se vengera.

Mme Zhou a dit qu'il sera arr�t�.

T�te de con ! Il s'est enfui.

Laisse tomber. L�che-le.

Pas question. On avait jur�. Les tra�tres, on les punit.

� poil. Mets-lui le piment !

Baisse son pantalon.

Le piment.

- Donne. - Tiens.

Sors ta main.

Bien fait ! Tra�tre.

Bien fait.

Son cul !

Gros cul.

R�gale toi.

Wang Han.

Si on retrouve pas l'assassin,

ta chemise, tu la reverras jamais.

Wang ?

C'est quoi, ce sang ?

Ta t�te saigne.

Qu'est-ce que t'as ?

Viens. Assieds-toi l�.

Parle. Tu m'inqui�tes.

Tu t'es battu ?

Me battre, � mon �ge ?

Qu'est ce qui t'est arriv� ?

Parle.

Les luttes

entre gardes rouges et conservateurs ont repris.

Ils ont attaqu� le Pr Hudao.

Le pauvre vieux.

Ils le frappaient encore apr�s lui avoir cass� la jambe.

Avec Laoxia, on en pouvait plus.

On est intervenus.

Mais ces salauds...

Pourquoi ils t'ont frapp� si fort ?

Regarde ta t�te.

Et Laoxia ?

Il a fui dans le Dongbei.

Il voulait que je parte aussi.

J'ai refus�.

J'ai pas peur.

Reste ici au lieu de chercher les emmerdes.

Chercher les emmerdes ?

Je suis pas fou !

Je suis qu'un petit com�dien.

J'ai jamais eu d'histoires.

Je me fous des conservateurs et des gardes rouges.

On va nous entendre. Tu veux mourir ?

�coute, j'en ai rien � foutre de ces factions !

Et ton boulot ?

Vu la situation,

j'y retourne pas.

L�ve la t�te.

Viens.

Je t'ai r�veill� ?

Papa �tait distrait.

Il est tomb�.

Tu es en vacances ?

�a tombe bien.

Je prends un peu de repos aussi.

On pourra dessiner.

D'accord ?

Tiens. Bois un coup.

Allez.

Non.

Tu es un homme.

Sois un homme. Une gorg�e.

Allez.

Bois.

�a pique.

Attention.

R�veille pas maman.

Tiens.

Passe-moi mon sac.

Laoxia sait que tu dessines.

Avant de partir,

il a laiss� �a pour toi.

C'est tr�s pr�cieux.

Tiens.

Te br�le pas.

Ces tr�sors,

Laoxia les collectionne depuis qu'il est jeune.

Regarde.

Ce sont de c�l�bres tableaux.

C'est tout ce qu'il a pu sauver.

Viens.

Regarde.

Donne.

Tu te souviens des impressionnistes ?

Les impressionnistes

ont voulu

sortir de l'atelier

et aller dans la nature.

Ils observent le changement de la lumi�re sur la terre.

Puis,

ils peignent ce qu'ils observent.

Tu t'en souviendras ?

�a, c'est un tableau tr�s connu.

Une �uvre de Monet.

Tu te souviens de Monet ?

Monet est un grand ma�tre impressionniste.

Regarde.

Tout est un peu flou.

Le petit matin dans la brume.

La grande grue, le bateau.

Regarde l'ombre du soleil sur l'eau.

Peu de touches, non ?

Regarde l'eau.

Comme si tout dansait.

Admire.

Xie.

Wang.

Bonjour.

Que faites-vous ici ?

On �tait sur la tombe de sa m�re.

Que vous est-il arriv� ?

Rien de grave.

Wang Han, dis bonjour.

Bonjour, monsieur.

Bonjour, Wang Han.

Qu'il est mignon.

- Vous �tes venus dessiner ? - Faire des croquis.

Des paysages.

Juehong, dis bonjour.

Monsieur.

Bonjour, Juehong.

Le climat montagneux est changeant.

Il va pleuvoir.

Il pleut.

Wang Han.

Couvrez-vous avec ma veste.

Passez devant.

Faites attention.

On arrive.

Wang.

Venez � la maison.

On va rentrer.

- Mais entrez un moment. - Bon, d'accord.

Venez vous abriter.

Rentrez vite.

Je vous en prie.

On n'entre pas. On est couverts de boue.

C'est rien. Restez tant qu'il pleut.

Essuie tes pieds.

Asseyez-vous.

�a va vous r�chauffer.

Merci.

Bois.

Juehong. Donne-lui une serviette.

Merci.

Il est tremp�.

Il va s'enrhumer.

Juehong, donne-lui des v�tements secs.

Non, on rentre d�s que la pluie s'arr�te.

Faut pas qu'il tombe malade.

Viens.

Bon, va te changer.

- Une cigarette ? - J'en ai.

C'est rare de vous avoir � la maison.

D�shabille-toi.

Wang.

Nous,

les intellos,

pourquoi on est envoy�s � la campagne ?

Avec mon dipl�me,

j'avais un bon travail � Shanghai.

Tu portes souvent la m�me � l'�cole.

C'est un peu grand.

Ici, � la campagne,

je ne sers plus � rien.

Tourne-toi.

10 ans ici,

c'est long dans une vie.

Je m'habitue pas � cette vie.

Je r�ve de rentrer � Shanghai.

Je dois avoir un mauvais Karma

pour m�riter tout �a.

Xie.

Ma femme est morte.

Les deux petits vont mal.

Je sais plus quoi faire.

Je suis comme un mort-vivant.

Vous seul acceptez de m'�couter.

Entre intellectuels.

Xie...

Pour vos enfants, tenez bon.

Ma pauvre fille,

j'ai pas pu la prot�ger.

Sa r�putation de femme est ruin�e.

Je veux l'emmener ailleurs,

mais je sais pas o� aller.

J'ai peur que son fr�re ne nous retrouve pas.

Parfois...

je pr�f�rerais qu'ils l'arr�tent.

Que c'est dur !

Xie.

C'est donc vrai ?

Chen l'a vraiment...?

Quel enfoir�.

Passe-moi le thermom�tre.

Il a combien ?

C'est remont� � 39,5.

Attrape une couette.

Fiston,

je te mets de l'alcool pour te rafra�chir.

Couvre-le.

Papa, j'ai chaud.

Il faut avoir chaud pour transpirer et aller mieux.

Sinon on l'emm�ne � l'h�pital.

Il vient de prendre des cachets. Attendons de voir.

C'est ta faute

s'il a pris froid sous la pluie.

Pourquoi aller peindre en montagne ?

C'est bon, arr�te.

Refroidis vite l'eau.

Tiens, mon ch�ri, bois.

Bois pour faire pipi et faire tomber la fi�vre.

Allez, glouglou.

Wang.

Qu'est ce qui se passe ?

C'est l'usine.

Il se r�veille !

Wang Han, t'as eu une grosse fi�vre.

Tu sais combien de jours t'as dormi ?

- 2 jours. - 3 jours !

T'as failli avoir une m�ningite.

La m�ningite, �a rend d�bile.

D�bile toi-m�me.

J'ai une super nouvelle.

Super importante.

L'assassin a �t� arr�t�.

Le jour o� il pleuvait.

Il a voulu br�ler l'usine.

Le feu a pris et l'assassin...

Tais-toi. C'est moi qui raconte.

C'�tait un grand feu.

Mais il a plu.

Et la pluie a �teint le feu.

Il a voulu remettre le feu,

mais ils l'ont attrap�.

Ils �taient nombreux. Ils l'ont eu que le soir.

T'as tout vu ?

Moi oui. Ils lui ont fait faire l'avion.

Il avait les mains comme �a et hurlait.

On te l'a racont�.

T'as vu que dalle. Il faisait noir et il pleuvait.

Si ! Il �tait comme �a !

Bon, on le joue.

Moi aussi.

Contre-r�volutionnaire. Assassin.

Je vous crame.

Contre-r�volutionnaire. Assassin.

Je vais tout cramer !

Tout cramer ? Tu r�ves !

Si tu bouges encore, je te fusille.

Tu veux nous cramer ?

Vas-y !

Je vais nous br�ler !

Allez, on l�che.

La Teigne !

La Teigne !

Vous regardez quoi ?

Pose-le.

D�gage !

Soutiens bien sa t�te.

Une bassine d'eau et des serviettes !

Tiens bon ! Afu !

- Des pansements ! - Vite !

Dors pas !

R�veille-toi, Afu !

Aidez-nous.

Vous croyez qu'Afu va mourir ?

Qui sait, avec tout ce sang ?

Avec qui ils se sont battus ?

Je sais. La copine d'Afu a embrass� un autre type.

Afu l'a su et ils se sont battus.

Tout �a pour une fille ?

Tu sais, les hommes se battent toujours � cause des filles.

M�me que le fr�re de Juehong a tu� pour elle.

C'est pas pareil.

Si on touche � ma s�ur,

je la vengerai, c'est s�r.

Mais Juehong, elle reviendra plus.

Pourquoi y a personne ?

Qu'est ce qui se passe ?

On va chercher la Teigne ?

- Wang Han, la Souris. - La Teigne, Wei Jun.

Les mecs !

Pr�parez-vous.

Vous l�,

cachez vous l�-bas.

Quand ils arrivent, vous sortez.

Planquez-vous l�-bas.

Venez !

Afu, par ici.

Vous, derri�re la porte.

Cassons-nous. Vite.

Ils se battent contre qui ?

Ils arrivent.

- Tire pas. - Pousse pas.

C'est les types qui ont frapp� Afu.

Ton fr�re.

Le drapeau rouge aux 5 �toiles vole au vent

Le chant r�volutionnaire retentit

Chantons notre ch�re patrie

Nous allons vers la prosp�rit� et la puissance

Chantons notre ch�re patrie

Nous allons vers la prosp�rit� et la puissance !

Fixe bien les pieds pour que je retombe pas.

Deng, l'usine a re�u un paquet pour Wang Han

depuis plusieurs jours.

Je l'ai apport�.

Attention.

Merci, Tang.

C'est pour Wang Han.

Bon, j'y vais.

Tang...

Entre.

Non. On boira un verre ce soir.

Pourquoi t'as rien dit ?

Faut pas cacher des choses aussi graves.

T'es s�r que c'est lui qui l'a envoy�e ?

Il m'a promis une nouvelle chemise.

Il est pas en prison ?

- Comment il l'a envoy�e ? - T'�nerve pas.

Un assassin a envoy� un colis � notre fils.

� part � la rivi�re,

tu l'as revu ailleurs ?

Non.

Il t'a dit quoi d'autre ?

Qu'il allait me tuer si je le disais.

Arr�te.

Peu importe qui l'a envoy�e.

Faut en savoir plus.

Comment ?

On a l'exp�diteur.

Prison n� 1.

Assieds-toi.

Asseyez-vous.

On l'a interrog�.

C'est bien lui.

Son p�re la lui a apport�e en prison.

Puis il nous a demand� de vous l'envoyer.

Son p�re ? Il est pas � Shanghai ?

On pensait qu'il �tait � Shanghai.

Ah bon ?

Non.

Son p�re et sa s�ur viennent souvent. Ils doivent habiter � c�t�.

On savait pas.

On pensait qu'ils �taient rentr�s � Shanghai.

�a doit �tre eux.

Le p�re s'appelle Xie Fulai, la petite, Juehong.

C'est une jolie jeune fille.

�a fait 6 mois.

Depuis que le fils est en prison, ils viennent souvent.

�a nous g�ne de les croiser.

Surtout le regard de la petite.

Quel malheur.

Et le verdict ?

La peine de mort. Dans quelques jours.

D�cid�ment, quel g�chis.

Le violeur aurait �t� condamn� � mort.

Le fils va perdre sa vie pour rien.

Mais...

c'est d�finitif ?

Il y a eu homicide.

M�me s'il avait une bonne raison.

L'usine est au courant ?

Votre directeur est venu pour les convaincre de partir.

Mais Xie veut voir son fils jusqu'� la fin.

Et la chemise ?

Celle-l� ?

Vous pouvez la garder.

Merci pour votre conscience politique.

Je vais en informer mes sup�rieurs.

Cette histoire de chemise n'a plus d'importance.

Vous pouvez partir.

Jeune homme, sois vigilant quand tu joues.

Si cela se reproduit, pr�viens tes parents.

Oui, monsieur.

Bon, voil�.

Merci.

Regardez.

Camarade.

Pour sortir,

il y a une autre porte ?

La porte de derri�re. Suivez-moi.

Mets du sel ici.

Wang.

Viens.

Je suis occup�.

Viens.

C'est la premi�re fois ?

� ma connaissance.

�a commence.

Il faudra le nourrir plus.

Ce gamin...

est pr�coce,

comme moi.

Arr�te.

Sheng Jianhe, contre-r�volutionnaire,

assassin, condamn� � mort. Ex�cution imm�diate.

Zhou Yong, contre-r�volutionnaire,

criminel, pilleur,

condamn� � mort. Ex�cution imm�diate.

Wang Han, viens ! On va voir les ex�cutions.

Doucement.

Oui.

Lan Hongjun, contre-r�volutionnaire, voleur,

assassin, condamn� � mort...

On voit plus le camion.

Ex�cution imm�diate.

On monte.

On y va.

Le camion est parti.

Rattrapons-le.

Allez.

Stop !

�coutez.

Xie Jueqiang, contre-r�volutionnaire, assassin...

C'est le fr�re de Juehong.

Ex�cution imm�diate.

Vite, on y va.

Je ne sais plus

si j'ai entendu les coups de feu.

Peu apr�s, la Chine a connu des bouleversements.

Tous ces souvenirs sont ancr�s en moi.

Cette ann�e-l�, j'avais 11 ans.

Cette ann�e 1976 le Premier ministre ZHOU Enlai

et le Pr�sident MAO Zedong disparaissent

et la R�volution Culturelle s'ach�ve.

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