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Dans le dernier quart du vingtième siècle...
le monde entier sembla atteint de maladie.
Les institutions civilisées, anciennes tant que nouvelles, s'effondrèrent...
comme si un désordre primordial s'imposait à nouveau.
Et les Hommes se demandaient... Pourquoi doit-il en être ainsi ?
C'est ici que tu descends.
- Mais on n'est pas arrivés ! - Je ne vais pas plus loin.
Le studio est au bout de l'allée. Tu n'as qu'à marcher !
- J'avais bien spécifié que... - Baisse d'un ton et casse-toi !
- Et le prix de la course ? - D'où tu sors, mec ?
Je transporte jamais de liquide. Tout est payé. Allez, fous le camp.
LE PILLAGE EST UNE INFRACTION GRAVE
LA CONCLUSION QUATERMASS
- Écartez-vous de mon chemin. - Sûrement pas.
D'accord.
- Vous l'avez eue. - C'est toi qu'on a eu, vieux con.
Qu'est-ce qu'il vaut ?
Je ne vaux pas d'être kidnappé, si c'est votre intention.
Ça, c'est nous qui décidons.
Prends-lui ses dents.
- Dis donc, c'est les siennes ! - Et puis ?
D'ac'.
Attention, les gars !
Cours-leur après !
Doucement.
- Ils sont partis ? - Mon chien les course.
- Ils faisaient ça par plaisir. - Bien sûr.
Pouvez-vous vous mettre debout ?
C'est bien.
- Où habitez-vous ? - Hein ?
Puppy ! Reviens ici !
Vous habitez dans le coin ?
Non, je cherchais les studios de télévision.
- Je dois passer dans une émission. - Moi aussi.
C'est peut-être la même ? Comment vous appelez-vous ?
Quatermass.
Je suis Joe Kapp.
Mais oui, bien sûr.
Ils m'ont parlé de vous. Comment allez-vous ?
TÉLÉVISION BRITANNIQUE STOPPEZ OU MORFLEZ
Qu'est-ce que vous voulez ?
Et voilà, mon cœur. Ça se verra pas.
- Merci. - Studio dans 5 minutes !
Ça va ?
- Vous m'avez sauvé la vie. - Pas vraiment, monsieur.
Je crois que si.
Je n'imaginais pas cela. Absolument pas.
Les choses vont mal.
On ne nous en parle pas.
Les gens préfèrent s'en désintéresser.
On appelle ça effondrement urbain et ce n'est la faute de personne.
Oui, mais cette sauvagerie.
Vous devriez voir Paris ou Rotterdam.
Ces petites rues de banlieue...
jonchées de cadavres.
Je ne l'aurais jamais cru avant de venir ici cette semaine.
Où habitez-vous ?
Bien à l'écart de tout ça.
Dans un cottage au bord d'un lac, dans l'ouest de l'Écosse.
C'est affreux. Affreux.
Ne restez pas.
Repartez tout de suite si vous voulez.
Je vous aiderai à attraper un train.
Vous voulez dire... que je plaque tout ça ?
Ils s'en foutent.
- Faites-en autant. - Non.
Je suis à la recherche de ma petite-fille.
- Avez-vous le conducteur à jour ? - Oui.
Professeur, docteur Kapp, veuillez me suivre.
Oui, bien sûr.
C'est elle... la fille de ma fille.
Ses parents ont été tués sur une autoroute.
Elle devait venir vivre avec moi, mais...
elle a fait une fugue.
- Avez-vous des enfants ? - Deux, beaucoup plus jeunes.
Elle n'avait que 16 ans.
Vous savez, ils n'établissent même pas de listes.
Il y a tellement de disparus qu'ils ont simplement abandonné.
Mais moi, je dois tout essayer. Absolument tout.
Si jamais il vous arrivait de...
Gardez-la, hein ?
Son nom est inscrit au dos... Hettie Carson.
- Je m'en souviendrai, monsieur. - J'ai peur que...
J'ai peur que ce soit devenu une obsession pour moi.
- Pardonnez-moi, Dr Kapp. - De rien, je serais comme vous.
Je ne vous ai pas questionné sur vos travaux.
- Paré à basculer en studio. - Baissez la musique.
Nous y sommes... le projet Mains tendues dans l'Espace...
va enfin aboutir.
Après de longs retards et maints désaccords...
des cosmonautes russes et des astronautes américains...
mettent le point final à leur entreprise commune...
sur une orbite à 36.000 kilomètres au-dessus de nos têtes.
Image sur Marshall ! Bien.
Dans quelques minutes, l'allumage sera commandé de concert...
par le Président du Soviet Suprême...
et le Président des États-Unis.
Image sur Houston. Bien, parfait.
Au centre de contrôle de la NASA...
tout est calme. Mais soyez sûrs qu'on s'affaire.
- Retour sur Marshall. - Retour en studio.
- Demandons la réaction... - Cinq, quatre...
C'est à vous dans un instant, studio.
Toby Gough à Londres.
Passez sur la 1. C'est à toi.
Merci, Chuck.
Ici, à Londres, nous sommes passionnés par ce projet.
Ça va, continuez.
Nous avons la chance de recevoir ce soir deux distingués experts.
Je demanderai d'abord l'avis du Dr Joseph Kapp, radioastronome.
Je me sens triste, car d'ici, je ne peux que regarder de ma chaise.
Vous aimeriez être là-haut ?
Avec tout l'équipement qu'ils ont ? Cela va de soi.
À présent, une figure fondatrice de la recherche spatiale...
le professeur Bernard Quatermass.
- Passez sur la 2. - La 2.
Après les cahots et les revers de votre carrière...
quel est présentement votre état d'esprit ?
J'ai honte.
Je ne pense pas nécessaire de...
Honte de penser que j'ai pu contribuer de quelque manière...
à cette bouffonnerie dégoûtante.
Bouffonnerie ?
C'est ce que j'ai dit.
Bien entendu, il s'agit d'une note de...
Vous avez demandé ce que je pense, vous allez m'écouter.
- Dr Kapp, voudriez-vous... - Pano. Pano sur Kapp.
Laissez-le parler.
Ce à quoi nous assistons, c'est un mariage.
Un mariage symbolique entre une démocratie corrompue...
et une monstrueuse tyrannie.
- Deux superpuissances malades. - Professeur Quatermass !
Malades politiquement, malades économiquement, malades socialement.
Et leurs miasmes sont trop puissants pour nous, les petits pays.
Si nous les attrapons, nous mourons ! Nous sommes en train de mourir.
Et ils nous narguent avec cet engin ?
Il porte également leurs maladies. Il n'est pas viable !
Voila une affirmation intéressante. Malheureusement, nous...
- Il sera réduit à néant ! - S'il vous plaît !
Plus tôt qu'on ne croit !
Restons-en là.
Vous êtes un homme très impulsif. Si vous aviez eu l'occasion...
Je vais vous dire ce que je suis. Je suis un vieil homme...
qui tente de retrouver une enfant.
Vous la voyez ?
Elle seule m'intéresse en ce moment.
C'est un visage humain...
la fille de ma propre fille. Je veux la revoir.
Et au Diable tout le reste !
Je crois qu'on n'est plus à l'antenne. On est coupés ?
Merci, monsieur.
Je crains que nous n'ayons perdu... hem...
Le côté anglais semblait s'engager dans des commentaires polémiques.
Quelque chose semble s'être détraqué dans nos communications.
Retour au centre de contrôle.
Houston, nous avons perdu le contact radio.
- Affirmatif, nous confirmons. - Ça cloche aussi chez eux.
Ah ! Nous avons de nouveau l'image.
Centre de contrôle à Space Lab... signes de dysfonctionnements à bord.
Nous recevez-vous ? Space Lab, veuillez répondre.
Répondez, vite ! Répondez !
- Ils ont perdu le contrôle. - Chuck, qu'est-ce qui se passe ?
Que disent-ils chez vous ?
Je n'ai plus le contact normal. Vous comprenez ?
- J'ai perdu tous les systèmes. - Quelque chose va très mal.
Space Lab, me recevez-vous ? Centre de contrôle à Space Lab.
Comment est-ce possible ?
Indication de dysfonctionnements en chaîne sur tous les systèmes de bord.
C'est un Russe.
Mon Dieu...
Excusez-moi, messieurs.
Partons.
MORT À SA MAJESTÉ LE ROI
V'là une bagnole !
Peaux de chat !
Véritables peaux de chat !
Véritables peaux de chat !
Vous ne vous attendiez pas à ça, n'est-ce pas ?
Hé ! Qu'est-ce que vous foutez ici ? Barrez-vous !
On veut pas de vous ici !
Foutez le camp !
La violence, partout.
Ici, ils peuvent s'en décharger un peu.
Le stade de Wembley.
- Naguère dédié aux sports inoffensifs. - Oui, j'ai lu quelque chose là-dessus.
- On l'appelle Terrain des tueries. - Et on les encourage ?
Pour les contenir. En tout cas, c'était l'idée.
Un flic privé.
Police contractuelle urbaine.
Vos papiers sont prêts ?
Laissez-nous passer, caporal.
Il y a un sniper par ici.
Vraiment ?
- Vous prenez le risque ? - Oui.
Alors, passez par là. Et ne traînez pas.
- Qui sont ces gens ? - Le Peuple de la Planète.
Ils ont des croyances étranges.
Magiques. Elles sont toujours magiques.
Il faisait osciller une espèce... de fil à plomb.
Pour produire la magie. Sinon quoi ?
En voilà d'autres, regardez. Là-haut.
- Au moins, ils n'ont pas l'air violents. - Ils le sont, à leur manière.
Envers la pensée humaine.
- Arrêtez-vous. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Il faut que je leur parle.
Professeur...
Bernard !
Soyez prudent !
Excusez-moi, je voulais seulement demander...
si quelqu'un a vu cette jeune fille ?
- Pourquoi ? - Vous l'avez vue ?
- Que voulez-vous savoir ? - Je suis son grand-père.
S'il vous plaît, je dois la retrouver.
Aidez-moi, s'il vous plaît. Son nom est inscrit au dos... Hettie.
J'ai mis le mien aussi.
Prenez-en, s'il vous plaît. Vous avez à peu près son âge. Prenez-en une.
Qui êtes-vous ?
Partons.
Une minute. Vous n'êtes pas des flics ?
- Non ! - Alors quoi ?
- Quel genre de vieillard es-tu ? - Eh bien, je suis...
J'étais un scientifique.
N'insistez pas.
Quelle sorte de scientifique ? Certains sont pires.
- Recherche spatiale. - Les fusées ?
Oui, c'est ça le pire !
Les fusées percent des trous dans la peau du monde.
Savais-tu ça ? Elles la déchirent !
- C'est ce que vous croyez ? - Venez.
Non, attendez.
Quel sens cela a-t-il d'être le Peuple de la Planète ?
En quoi croyez-vous ?
- Tu ne comprendrais pas. - Peut-être que si.
Nous allons là-bas, sur l'une d'entre elles.
Une autre planète ?
- Venez, ils sont fous. - Nous ne sommes pas fous !
Alors, dites-moi à quel endroit du Système solaire...
vous ne finirez pas en bloc de glace ou en grillade ?
- Ce n'est pas là. - Oh ! J'y renonce.
Parmi les étoiles !
D'accord, vous pourriez trouver une planète.
Le seul problème, c'est qu'il faudrait 100.000 ans pour l'atteindre.
Avec une de ses fusées.
Alors, de quelle manière ? Allez-y, je vous écoute.
Par la méditation ?
Par une téléportation occulte ?
J'aurais vraiment envie d'assister à ce décollage.
Leh... Leh... Leh...
Ne les plaignez pas.
Pourquoi ?
Elles sont belles, non ?
Vas-y, fiston. Dis-leur que je suis rentré.
- Où habitez-vous ? - Au pied de la colline.
- Qu'y avait-il à cet endroit ? - Un observatoire.
- Non, je veux dire avant. - Ça a toujours été.
Il l'a été et il le reste.
Bâti en 1756 par Doyle pour observer la Lune avec son télescope de 10 pouces.
Maintenant, on voit plus loin.
Jusqu'à 750 millions d'années-lumière environ.
DANGER... QUASARS
Pour effrayer les ignorants.
Évidemment, il avait été surnommé Doyle-dans-la-Lune.
La porte, bon sang ! J'ai pourtant bien dit...
Joe ! On ne t'attendait pas si tôt.
Tommy Roach... c'est lui le chef, comme vous l'avez remarqué.
- Tommy, je te présente... - Professeur Quatermass !
- Ravi de vous rencontrer, monsieur. - M. Roach...
- Vous avez vu, hier soir ? - Oui, nous avons tous vu.
Alison Thorpe. Frank Chen.
- Enchantée. - Ravi de vous rencontrer.
Nous épions la liaison satellite pour avoir une certitude.
Ces temps-ci, on ne sait jamais ce qu'on va capter.
- Combien de morts ? - Vingt-sept.
Mon Dieu...
- Une hypothèse ? - Aucune d'admissible.
Nous avons trouvé quelque chose. C'est peu, mais...
Frank...
Ça se trouvait quelque part entre les deux antennes.
- Une anomalie ? - Je ne crois pas.
Les anomalies me donnent des boutons. Et je n'ai pas eu d'éruption.
Il y en a eu une pendant votre émission.
- Antenne Toutou. - D'accord.
On les a baptisées antennes Toutou et Minou.
Il fallait bien leur donner un nom.
Donc, pendant que nous regardions l'émission à 02h57...
Minou était pointée dans une autre direction...
pour garder à l'œil le trou noir de Cygnus Z.
Tenez...
C'est là.
Le moment où l'image est apparue...
environ 14 secondes après les premiers signes de difficultés.
14,3 secondes.
Début d'une forte perturbation qui a duré 20 secondes au total.
Et dans cet intervalle...
Bon.
Qu'avez-vous trouvé ?
Après coup, pendant les contrôles de routine...
- C'est toi, Alison, qui l'a repéré. - Le tracé ? Oui.
Ah ! Oui. Une forte perturbation.
- Vous l'avez amplifiée ? - Non, c'est sa vraie grandeur.
Où veux-tu en venir, Tommy ?
Eh bien, il se trouve...
que Minou, l'autre antenne...
pointée dans une tout autre direction, l'a captée aussi.
Identique.
Ça sent mauvais, Joe.
Un défaut ?
Dans les deux traceurs ?
Alors, dans les récepteurs ? Ils sont tous vétustes.
Frank, j'ai rapporté cinq modules neufs. Enfin, pas si neufs que ça.
Mais c'est le mieux que j'ai pu trouver.
- Décharge-les et mets-les en place. - Bien.
Joe, ce n'est pas le moment. Cette coïncidence prime tout le reste.
Plus tard, Tommy.
Venez.
Je vais vous présenter ma famille.
- Le gouvernement vous subventionne ? - Des miettes.
Les générateurs de secours. Surchargés, comme tout le reste.
Le problème, c'est de trouver du carburant.
Est-ce que je m'adonne à des futilités pendant que Rome brûle ?
Non.
Bernard, je suis le dernier représentant de 200 générations de Juifs cultivés.
À la culture pas si parfaite, peut-être, mais au moins, ils ont essayé.
Parce qu'ils savaient que c'était le seul moyen...
de vaincre l'obscurantisme.
Maman ! Maman ! Papa est rentré !
- Maman, papa est rentré ! - C'est vrai ?
Bonjour, mon bébé. J'ai quelque chose pour toi.
Je te l'avais promis, pas vrai ?
Voilà.
Oh ! Joe !
Tout va bien, maintenant.
- Bonjour, ma chérie. - Bonjour.
- Comment vas-tu ? - Bien, merci.
Tu as été sage ?
Comment allez-vous ?
- Tu sais qui c'est ? - Oui.
- Soyez le bienvenu. - Merci.
Eh bien, rentrons.
Tu manges beaucoup.
Chut ! Debbie !
C'est parce que j'ai faim.
- Reprenez-en. - Merci, volontiers.
C'est bon, très bon.
Les vieux messieurs sont toujours aussi gloutons ?
Toujours !
Et c'est moi le plus glouton de tous.
Cette...
Cette cruche.
Oui...
- Vous ne l'avez pas faite vous-même ? - Non.
Maman l'a déterrée.
C'est un vase campaniforme.
Produit du peuple campaniforme. Il est vieux de 5.000 ans.
À quelque chose près.
Prenez-le.
- Il est parfait. - Pas tout à fait.
Il aurait dû être exposé dans un musée, mais...
ils ont brûlé le musée.
- Où l'avez-vous trouvé ? - Dans le champ là-bas.
Oh ! Pas en ramassant des pommes de terre.
Je suis spécialiste.
J'allais en faire mon sujet d'étude, mais...
Bon...
- Je m'y consacre encore un peu. - Durant son temps libre.
Il y a un cimetière néolithique par là ainsi qu'un cercle de pierre.
Allons voir.
Viens, Puppy ! Viens !
Les habitants du coin les appellent Courts-sur-Pattes.
Ils n'ont pas des allures d'athlète.
Ils sont plantés très profond. J'en ai analysé un.
Qu'avez-vous trouvé ?
Un jour, je ferai ça correctement.
Un jour...
C'est là-bas que j'ai fouillé... une tombe campaniforme.
Une douzaine de poteries comme celle que vous avez vue, mais brisées.
Quelques pointes de flèches et des boutons.
Ils utilisaient des boutons.
Maman ! Viens voir Puppy !
Il est en colère ! Viens vite !
Allons, Puppy, calme-toi.
Du calme, du calme. Bon chien. Bon chien.
- Que viennent-ils faire ici ? - Je l'ignore.
- Ils chantent ! - La-la-la...
Des ennuis ! Frank, va barricader la porte.
Tommy, viens voir. Tu es déjà passé par là.
Arrêtez !
Arrêtez !
Allez-vous-en ! Vous n'avez pas le droit d'entrer.
Repartez !
Fichez-moi le camp !
Non !
Clare, écarte-toi !
Joe, ce ne sont que des gosses !
Repartez ! Ils ne vous laisseront pas passer !
Prenez un autre chemin !
- C'est le chemin. - Repartez !
Allez, vous tous ! Allez-vous-en !
Joe, attends !
- Où allez-vous ? - Au Cercle de Pierre.
Laisse-les passer.
C'est tout droit.
N'approchez pas des instruments. Et ne touchez à rien !
Le Cercle de Pierre ? Pourquoi cet endroit ?
Le truc habituel.
Quelque part pour s'asseoir en attendant la fin du monde.
Avant, c'était Stonehenge ou Glastonbury.
Maintenant, c'est le Cercle de Pierre.
Ils l'ont découvert avec leurs pendules magiques...
en suivant sur la Terre des lignes magiques.
La dernière fois que j'y suis allé, c'était plein de touristes.
Je connais une comptine sur le Cercle de Pierre.
Oui, une comptine pour dormir.
Mais, oui, bien sûr...
Je me rappelle l'avoir apprise à...
Comment était-ce, déjà ?
Galipette, escampette...
Galipette, escampette, dans le Cercle de Pierre.
Si tu perds ton chapeau, jamais ne le retrouveras.
Remonte bien tes chausses...
- Il faut faire les gestes. - Oui, tu as raison.
Jusque sous ton menton et attache ton...
Manteau.
Ton manteau avec une épingle toute neuve.
Quand nous serons prêts, nous pourrons y aller.
Galipette, escampette... Pouf !
Galipette, escampette... Pouf !
Le Cercle de Pierre est encore plus ancien que Stonehenge.
Plus grossier et moins étendu, mais il a pu servir de modèle.
- Pour Stonehenge ? - C'est une théorie.
Il viendrait du peuple campaniforme.
Il y a 5.000 ans.
Regardez.
Ça, c'est le livre de maman, quand elle était petite.
Vraiment ?
Vas-y, trouve-la-moi.
Elle est dedans, quelque part. Je sais qu'elle y est.
Galipette, escampette, dans le Cercle de Pierre.
Le vieux monsieur m'a donné ça. C'est une dame.
Regardez ! C'est là !
Qui êtes-vous, nom de Dieu ? Dégagez !
Capitaine, nous pensions pouvoir aider ces gens.
La ferme ! Je croyais que vous apportiez les gaz.
Ils n'ont pas les gaz.
Repoussez-les en bas !
Ils vont forcer nos lignes. Bougez-vous !
Ils ne font rien de mal, ne les frappez pas !
Qu'est-ce que vous faites ?
Écoutez, je dois mater une émeute. Vous comprenez ça ?
Il est sérieux !
Joe !
Kickalong !
Kickalong ! Kickalong ! Kickalong !
Kickalong ! Kickalong !
Leh ! Leh ! Leh !
Repliez-vous vers le centre !
Reculez vers le centre !
Reculez ! Reculez !
Barrez-vous si vous tenez à la vie. Ils vont se ruer sur nous.
- Puis-je leur parler ? - Leur parler ?
D'accord, vous avez une minute.
Écoutez-moi ! Écoutez-moi !
- Je suis avec vous ! - Qu'est-ce que...
Laissez-le faire.
Je vous approuve !
Je vous approuve.
Je parle de ce que vous faites pour la planète.
Elle est empoisonnée.
Elle est malade !
Vous voulez partir sur une autre planète.
Là-haut ! Vers la Planète !
Non ! Ça ne se peut pas !
Si ! Si !
Vous allez vous emballer et ceux-là vous frapperont.
Non !
- Cette planète n'existe pas ! - Si !
Nous partons ! Nous partons sur la Planète !
Nous les abandonnons dans la fange qu'ils ont créée.
Ils ont tout bousillé, qu'ils se débrouillent !
Nous, nous en sortirons. Vite !
Vite ! Vite ! Vite !
Évacuez-le tant que c'est possible.
Vite, vous deux !
Je ne savais pas. Je ne savais pas !
Écartez-vous !
Je devais essayer.
Vous avez fait de votre mieux.
Grouillez-vous ! Faites-moi sortir !
Arrachez la porte ! Reculez !
- On va perdre tout l'appareillage ! - Attends, Tommy !
Une surcharge générale !
- C'est fini. - Quoi ?
Je ne peux pas le croire.
Allons-nous-en.
Mon Dieu, on entend la terre.
Ils ont dû être...
À combien estimez-vous leur nombre ?
Des centaines.
Ils ont réussi !
Ils sont partis !
Ils sont tous partis !
Ils sont partis ! Ils sont partis !
Pas absolument tous.
Regardez.
Apporte une couverture.
Clare...
Elle devait être à la limite.
Tout va bien.
- Tom ? - Vous êtes en sécurité.
Qu'est-il arrivé, Tom ?
Elle ne vous entend pas.
Des flics !
Ils n'auraient pas dû être ici. Ce n'était pas leur place.
Et ceux-là ? Je les connais.
Ils nous ont parlé sur la route. Ils posaient des questions.
Des hommes de science.
- Que font-ils ? - Ils ont ramassé quelqu'un !
- Qu'est-ce que vous faites ? - Elle est blessée.
- Laissez-la ! - Je veux trouver la cause.
- Vous la voulez pour votre science. - Je veux l'aider.
- Arrêtez de vouloir tout savoir ! - Rendez-la-nous.
Tom ?
- Qu'est-il arrivé à Tom ? - Il doit être parti.
- Elle ne peut ni voir, ni entendre. - Ne t'en mêle pas, toi !
Il est parti !
Ils sont tous partis !
- Tous partis ? - Oui !
Mais je suis restée.
Il y a eu la Lumière.
C'était la Merveilleuse Lumière.
La Merveilleuse Lumière...
Tu partiras bientôt.
Je ne vois plus !
Reste avec nous. Nous irons ensemble. Nous t'emmènerons.
Oui, nous veillerons sur toi.
Elle reviendra.
Elle nous emmènera aussi !
Vite... Vite...
Nous attendons. Ce ne sera pas long !
Nous quitterons toute la noirceur de ce monde !
Vite ! Vite ! Vite !
Clare !
Grimpez !
Vite !
Roulez !
Sortez-la de là ! Elle nous appartient !
- Laissez-la sortir ! - Descends !
Rendez-la-nous ! Elle est à nous !
Les hommes de science se mêlent toujours de tout !
Vous croyez tout savoir, mais vous ne savez rien !
Tenez-vous bien !
Vous m'avez retenu ! Vous m'avez fait perdre ma chance !
J'aurais pu aller sur la Planète !
Baissez la tête !
Qui est cette fille ? Qu'est-il arrivé ?
Clare, entre la première.
As-tu vu le Cercle de Pierre ?
Oui.
Écoutez-moi... nous ramenons une jeune fille qui est malade.
Débarrassez vos assiettes et mettez-les dans l'évier.
- Oui, maman. - Allez, faites vite.
- Je n'avais pas fini. - Peu importe, nous mangerons plus tard.
- Restez dans le jardin, d'accord ? - Oui, maman.
Par ici.
Pas de problème... Debbie couchera dans la chambre de Sarah.
Mais sa jambe !
Vous êtes en sécurité. Je sais ce qu'il faut faire.
Tu as assisté à ce qui est arrivé ?
Je pense que nous l'avons vu aussi.
- Vous ? - Une surcharge massive des antennes.
Les sécurités ont failli sauter. On aurait pu perdre tout l'équipement.
D'accord.
On remet tout en marche.
Mode heuristique, pour tester quelques hypothèses.
Beaucoup de données ont été effacées, rien que par la puissance.
Il nous faut seulement quelque chose sur quoi démarrer.
J'ai ce qu'il faut. Frank, reviens sur une sauvegarde.
Non, attends, j'ai une meilleure méthode.
- Les données de la nuit dernière ? - Dans une certaine mesure seulement.
- Pour comparaison ? - Oui, mais où est l'autre...
- Joe ? - Bernard, ils ont tout capté ici.
- Vous devriez retourner chez vous. - Non, ça va, je vais y arriver.
Je ne parle pas de ça.
Je pense que vous devriez.
J'y retournerai dès que je pourrai. Il y a beaucoup de travail à faire.
Le chandelier ?
Elle a sorti le chandelier.
Nous ne sommes pas très religieux, mais une fois de temps en temps...
Oui.
C'est ce soir.
Papa !
- Pourquoi maman ne dit rien ? - Quoi ?
Elle nous dit toujours tout. Mais pas cette fois.
- Est-ce que le vent souffle ? - Oui.
- Comme dans la comptine ? - Oui.
Bien !
Je crois que tout va bien, pour le moment.
Asseyez-vous, asseyez-vous.
- Galipette, escampette... - Chut !
À présent, mangeons.
Pour son bien.
Je devais le faire.
Voilà Annie !
Reviens, Puppy !
CHANCELLERIE DE LA COURONNE COMMISSAIRE DE DISTRICT
- Annie ? - Docteur Kapp !
Joe, vous les avez vus ? J'ai failli les écraser.
Ces gosses sont à moitié fous.
Joe, qu'est-ce qui se passe ?
Le téléphone est coupé. Et à la radio, on n'a que de la bouillie.
Ce matin, j'ai reçu un message sur ma ligne directe.
Je pense qu'on a besoin de votre aide...
et de votre beau matériel.
Joe !
Elle sûre de ça ? La configuration est anormale.
Annie, ces chiffres ?
J'ai fait de mon mieux, Joe. Je ne suis pas experte.
Fais tout de même l'essai. D'accord, Frank ?
Je croyais avoir tout vu.
Mais ça...
- Vous êtes Commissaire de District ? - Oui.
Cela rappelle l'époque de l'Empire.
Les robes du soir dans la jungle et la domestication des indigènes.
Oui, c'est bien notre rôle... domestiquer les indigènes.
Les nôtres.
- Joe, je reçois un signal. - Bien, voyons ça.
- C'est le satellite. - Il a du mal à passer.
Chuck !
- C'était bien Chuck Marshall ? - Oui.
Chuck ?
Avons-nous le contact ? J'essaie de joindre le Dr Joseph Kapp.
Chuck, ici Joe Kapp. Je vous reçois.
Bien, parfait.
Savez-vous où se trouve Bernard Quatermass ?
- Il est ici. - Quoi ? il est avec vous ?
Super ! Passez-le-moi !
Allô, Bernard ?
Salut, Chuck.
Écoute, il s'agit d'une chose urgente et tellement effrayante...
qu'elle exige une action immédiate.
- Tu en as entendu parler ? - Si j'en ai entendu parler ?
Je vais te montrer. Je veux que tu voies ça, Bernard.
Il me faut ton avis. Allez-y, lecture.
- Mais comment peut-il... - Je ne pense pas qu'il parle de...
Nous avons reçu ceci du Brésil, d'un endroit qui s'appelle...
Oh ! Comment déjà ? O Papoes.
Il y a une trentaine d'heures, pendant que nous étions...
si occupés par notre catastrophe spatiale...
le drame se jouait en réalité là-bas !
Un rassemblement de jeunes. Ils étaient 12 ou 13.000.
Personne ne sait combien parce qu'ils ont été anéantis.
Annihilés sans laisser de trace. Est-ce que tu me crois, Bernard ?
Oui, je te crois.
Bernard, est-ce quelque chose là-dedans te rappelle...
Est-ce quelque chose que tu reconnais ?
Que je reconnais ? Oui.
Vraiment ?
Dites-lui.
C'était hier, Chuck. Hier.
- Continue, vite ! - Il est arrivé la même chose ici.
- Maintenez le signal. - L'orbite est trop basse.
Chuck ! C'est arrivé ici aussi !
Ici, en Angleterre ! Au Cercle de Pierre !
Ça va aller. Chut ! Chut !
Je vous en prie !
Je vous en prie ! Chut...
Ça va aller ! Isabel !
Je veux conduire cette fille à Londres.
Elle est le seul élément concret que nous ayons, le seul spécimen.
La preuve que cela agit sur les tissus humains, et peut-être de quelle façon.
Je veux la placer sous surveillance d'experts dès aujourd'hui.
- Vous servir d'elle ? - Oui.
Annie...
Que valent vos insignes ? Pourrez-vous nous faire passer ?
Je ferai de mon mieux.
C'est ma couverture.
Attention, les enfants.
Maman !
Ma couverture... Elle a pris ma couverture.
Elle est malade, ma chérie.
- Je ne l'aimais pas. - Joe ?
Je vous contacterai ce soir, d'une façon ou d'une autre.
Faites attention.
- On approche de Londres. - Des privés ?
Vous souvenez-vous des bons vieux bobbies ?
Qu'est-ce qui a dérapé ? Que s'est-il passé ?
Est-ce à cause des jeunes ?
Professeur, qu'est-ce qui s'est emparé d'eux ?
Cette rage aveugle, dans tous les pays, comme un mal inévitable.
Quand j'étais jeune, c'était totalement différent.
On pouvait sortir au grand jour sans avoir peur.
Pas besoin de dissimuler son visage à cause des étrangers.
- Toutes ces années... - Des années affreuses.
Quelque chose a pu frayer son chemin...
Ils se sont attaqués aux objets avant de s'attaquer aux gens.
Et tout ce qu'on a trouvé comme explications, c'étaient des excuses.
C'était la faute du système ou les contradictions de la société.
- Et s'approcher. - Quoi ?
Toutes ces années ne seraient rien d'autre...
que la dernière étape lui permettant de venir assez près...
pour repérer, sonder, se diffuser.
Qu'avez-vous dit il y a un instant ?
Qu'est-ce qui s'est emparé d'eux ? Et s'il y avait un quelque chose ?
Quoi que cela puisse être.
Vous voulez dire... qui aurait causé tout ça ?
Une force immense se rapprochant au fil des décennies.
Des décennies pour nous.
Mais quelques secondes dans une échelle de temps inconcevable pour nous.
Je ne veux pas y croire. C'est encore pire.
Ne croyez pas.
Supposez seulement.
Alors, les organismes humains les plus vulnérables...
ceux formés le plus récemment, les plus jeunes...
Ils n'ont pas cessé de nous dire certaines choses.
Vous ne nous comprenez pas, disaient-ils...
comme s'ils l'avaient senti, au contraire de nous.
Et ensuite, ils sont devenus furieux, car nous en étions incapables.
Regardez.
Est-ce que ça ne se lit pas dans ses yeux ?
On pouvait tout voir ici, depuis toujours.
Cette étrangeté.
Et je n'ai pas su la déchiffrer.
- Qui est-ce ? - Une parente... ma petite-fille.
Bon Dieu, je suis trop vieux ! Mon esprit se dessèche.
Si je n'avais pas raté ceci...
Qu'est-ce que je rate d'autre en ce moment ?
Toute la colère du monde...
Retenez-la.
Isabel ?
- Où vas-tu avec tout ça ? - J'ai eu envie d'aller au tertre.
- Maintenant ? - J'ai pris tout mon matériel.
Ça fait longtemps que j'ai l'intention de commencer une fouille.
Écoute-moi, Clare...
Je veux que tu rentres pour être avec les filles.
Laisse tomber ça.
Ce n'est pas le moment, tu le sais.
D'accord ?
Je serai bientôt de retour.
- Où vas-tu ? - Sur l'un des postes extérieurs.
Il le faut. Ça ne prendra qu'une heure.
Je fais vite, c'est promis.
Vite...
Les Ricains se taisent cette fois.
Rien de grave, j'espère.
Je veux ma maman ! Je veux mon papa !
Il va bientôt rentrer. Il va rentrer.
Puppy, reviens ! Reviens !
LE PILLAGE EST UNE INFRACTION GRAVE LES CONTREVENANTS SERONT ABATTUS
VERS LA PLANÈTE... VITE !
Dernières nouvelles.
Un démenti officiel des rumeurs concernant le monument du Cercle de Pierre.
Une sorte d'orage électrique aurait causé des morts parmi les visiteurs.
Aucun phénomène météorologique de ce genre n'a été signalé.
Voici les coupures de courant pour demain... Est de l'Angleterre...
- Ils savent. - Ça ne va pas être facile.
Je compte sur vous.
Un barrage ! Préparez vos papiers.
Non, ce sont des Baaders !
Des gangs qui s'affrontent ! Accrochez-vous !
Oh ! Mon Dieu !
Les Brigades bleues ! Les pires !
Ils sont sur la voiture !
Accrochez-vous !
Accrochez-vous !
Dehors !
Clare !
Clare !
Les enfants ?
Les enfants !
Vous m'entendez maintenant ?
Ne coupez pas, monsieur. Non, s'il vous plaît, monsieur !
C'est à propos du désastre au Cercle de Pierre.
Oui, j'ai bien dit désastre.
Oui, j'ai entendu ces communiqués mais vous êtes au courant, évidemment !
Quatermass à l'appareil. Le professeur Bernard Quatermass.
Écoutez-moi bien... j'ai ici une survivante.
Nous avons réussi à la faire entrer en soins intensifs.
En tout cas, on essaie.
Docteur !
Allez-vous enfin nous autoriser à prendre des mesures efficaces ?
Il ne reste peut-être pas beaucoup de temps.
Il nous faut des examens approfondis de ces modifications tissulaires.
Un processus totalement inconnu... Comment ?
Quels rapports ? Combien y en a-t-il eu ?
Où ?
Que se passe-t-il ?
Selon mon opinion...
nos ancêtres ont essayé en dressant ces pierres...
de marquer des endroits qui étaient devenus redoutables.
- Quand, pour la première fois ? - Il y a 5.000 ans.
Mais la véritable balise de guidage, pour utiliser notre vocabulaire...
- se trouve bien plus profond. - Et à présent, ils s'en servent.
Aux quatre coins du monde. On en est à 87 cas.
Messieurs...
L'espèce humaine se fait moissonner.
Professeur Quatermass, je n'aime pas votre théorie du moissonneur.
Je ne l'accepte pas !
- Mais ces terribles évènements... - Terribles, c'est lui qui le dit.
Il y a eu d'innombrables milliers de morts.
- De morts ? - Précisez votre pensée, David.
Je crois que nous sommes en présence d'une chose...
à laquelle il ne comprend absolument rien.
- Mais vous, si ? - C'est capital, je l'admets.
C'est un processus extrêmement impressionnant.
Oui, Professeur, je crois comprendre. Je suis encore assez jeune.
Je commence tout juste à saisir ce que sentent les jeunes, par instinct.
Ce doit être...
- La Planète ? - Oui.
Centre de Contrôle de Houston... paré à la réception.
On y va ?
J'aimerais que vous ayez raison.
Début de retransmission en direct depuis la navette...
dans 10 secondes. Liaison en phonie seulement.
C'est un de mes vieux amis qui est là-haut... Chuck Marshall.
C'est leur meilleur élément.
Une transmission en direct ne présente-t-elle pas un risque ?
C'est le but, monsieur... se faire remarquer.
- Ils doivent arriver à portée. - Commandant à Centre de contrôle.
Temps écoulé depuis le décollage... 6 heures 40 minutes.
Distance à la Terre... 180.000 kilomètres.
Aucun contact visuel pour l'instant.
Mère Poule... Centre de contrôle à Mère Poule.
Bien sûr ! Une mère poule détourne l'attention de sur ses poussins.
La zone de cette coque d'énergie.
Nous devons en approcher. Vous pouvez émettre les signaux.
- C'est le moment ou jamais. - Bien reçu. On y va.
Guéorgui ?
Il se tient prêt avec sa boîte à malices.
À l'attention de ceux qui ont manqué le début...
nous n'allons pas lui parler en russe...
mais en langage mathématique.
Je vois clairement la Terre. Elle a vraiment l'air petite.
Difficile de croire qu'on peut viser un point précis à partir d'ici.
Hé ! On a quelque chose !
- Ils l'ont trouvé ! Mon Dieu ! - Attendez...
À moins que ce soit seulement un signe de...
Dysfonctionnement. Mon Dieu, Chuck...
Continuez, Mère Poule.
Nos ordinateurs disent que c'est une avarie de bord mineure.
Voulez-vous vérifier ?
Désolé, Centre de contrôle. La faute à Guéorgui.
Il n'est pas assez familiarisé avec les contrôles de type américain.
Mais je me demande si...
Nous recevons une espèce de...
Je ne sais fichtre pas ce que nous recevons.
Hé ! Guéorgui, tu as vu ça ? C'était à l'extérieur.
C'est incroyable !
C'est comme un colossal rayon laser, mais animé de pulsations !
Il peut venir de 10 kilomètres ou de 100 et il pointe directement vers la Terre !
Et dans l'autre direction, il se perd à l'infini.
J'essaie de le filmer.
Tu n'auras pas le temps.
Il a disparu !
Vingt secondes. Je me demande où ?
Dysfonctionnement ! Dysfonctionnement général des systèmes !
Mère Poule, me recevez-vous ?
Mère Poule, pouvez-vous m'entendre ?
Mère Poule, ici Centre de contrôle... nous recevez-vous ?
Mère Poule, nous rece...
Je pense...
qu'il ne savait même pas qu'ils étaient là.
Halte au feu !
Attendez ! Regardez ça !
Des Rouges et des Bleus qui marchent ensemble !
On va avec eux.
Galipette ! Escampette ! Au Cercle de Pierre !
Si tu perds ton chapeau, jamais ne le retrouveras.
Remonte bien tes chausses jusque sous ton menton...
et attache ton manteau avec une épingle toute neuve.
Quand tu seras prêt, nous pourrons y aller.
Galipette ! Escampette ! Pouf ! Pouf ! Pouf !
Galipette ! Escampette ! Pouf ! Pouf ! Pouf !
Galipette ! Escampette ! Au Cercle de Pierre !
VITE VITE VITE
- Le stade. - Hein ?
- Il faut le faire fermer. - Non, pas question.
Mais vous avez entendu.
Ils s'entassent par dizaines de milliers. Dieu seul sait comment...
Ça s'est toujours fait ! C'est devenu une institution.
Pas dans ces conditions !
Je reconnais que le sport a cessé d'avoir de l'importance.
Soyons franc... cette activité a été encouragée comme exutoire...
une effusion de sang anodine. Des centaines de morts sont acceptables.
C'est là que nous voulons en venir.
Ce stade peut contenir 100.000 personnes.
Laisseriez-vous entendre que Wembley serait un site archaïque ?
On l'appelait le Territoire sacré.
Je me demande ce qu'il y a en dessous.
Faites quelque chose, bon sang ! Arrêtez-les !
Là !
Écoutez.
Des tirs.
Il ne va rien faire.
Écoutez ce qu'ils chantent.
C'est la vieille comptine, la comptine pour enfants.
Galipette, escampette, dans le Cercle de Pierre.
Qu'il en finisse, bon sang.
Pensez-vous qu'il ait besoin de notre aide ?
- Par où je passe ? - Par ici ! Par ici !
Ils nous suivent.
Bloquez-les !
C'est un piège !
Annie !
Qu'est-ce que tu fais, papa ?
Hé ! Vous là-bas !
Qu'est-ce que vous foutez là ?
Venez ici !
En train de piller, hein ? Vous connaissez les sanctions ?
Non, attendez, je vous en prie !
- Voyez plutôt mes papiers. - À qui les avez-vous volés ?
Comment pouvais-je savoir ?
- Je veux aller voir le stade. - Mais, monsieur...
Il a été entièrement ravagé. On n'est pas censés...
C'est seulement de la poussière.
- Vous aviez déjà vu ça ? - Oui.
- Combien étaient-ils ? - Ici ?
- Le sait-on ? - Peut-être 70.000.
Qui peut le dire ?
Ils n'auraient pas dû être ici.
Ils ne venaient que pour la bagarre, pour s'écharper mutuellement.
Hier soir, c'étaient des gangs.
On nous avait placés en alerte et je me suis dit... C'est reparti.
Et...
ensuite...
Il n'y a pas que de la poussière.
On voit...
On voit d'autres sortes...
Oui, c'est exact.
Le soleil se lève.
Je devrai m'y habituer.
C'était la pire nuit de ma vie.
Le soleil...
Le soleil, il a...
changé.
Comme une vomissure.
Voici Pavel Grigoritch Gourov, de l'Académie Soviétique des Sciences.
M. Gourov désire faire une déclaration.
Dans le cadre de cette menace particulière...
la coopération entre l'Union soviétique et les États-Unis d'Amérique a cessé.
- Depuis l'échec de la mission habitée. - Et la coupure des communications.
Quelle est cette force qui nous attaque ?
La destruction massive d'individus en Union soviétique...
ainsi que dans les républiques démocratiques d'Europe de l'Est...
et aussi en d'autres endroits...
indique qu'elle n'est pas consciencieuse.
Qu'elle n'est pas consciente.
L'académicien Gourov a adopté mon point de vue.
Nous ne sommes pas face à un être intelligent...
mais à une machine d'une incroyable complexité.
- Qui n'en reste pas moins une machine. - Da, da.
Mais, Professeur, cette machine a dû être construite par quelqu'un ?
Bien sûr. Mais l'intelligence qui l'a fabriquée...
est bien au-delà de notre atteinte et de notre compréhension.
Elle est probablement éloignée de milliers d'années-lumière.
Ce qu'elle a envoyé, c'est... disons une sonde.
Tout comme nous envoyons des sondes vers d'autres planètes...
pour ramasser des échantillons du sol.
Celle-ci engin doit être programmée...
pour détecter et recueillir les protéines humaines vivantes.
Elle n'est pas efficace. Elle gaspille.
Aujourd'hui, le ciel sous lequel j'ai volé était devenu... malsain.
L'atmosphère est chargée de particules.
Des particules de tous ces gens qui...
Mon fils était commandant dans les Forces soviétiques, en Extrême-Orient.
Il avait pour mission d'empêcher ces rassemblements, mais...
Ils ont couru avec les autres. Même l'Armée rouge a été prise.
M. Gourov a pris un grand risque personnel pour venir ici.
Car maintenant, je suis d'accord avec lui. À Moscou, ils disent que c'est vivant.
Kolpakov l'a dit. Il est fou, mais tout le monde croit ce qu'il dit.
Le maréchal Kolpakov, un faucon extrémiste.
Il s'apprête à lancer un grand nombre de fusées.
Kolpakov veut tuer la chose. Mais il ne pourra pas la tuer !
- Il n'a aucune cible. - Comment pourrait-il ?
Sauf que s'il savait à l'avance où le rayon va frapper...
et s'il pouvait l'atteindre durant les 20 secondes où...
La Terre est en train de perdre sa jeunesse.
Elle peut en mourir.
- Mais le temps... en avons-nous ? - Aucun.
Je travaillerai avec lui.
Il me faut des installations.
Mais il n'y en aura pas assez. Donc, je veux du personnel.
Dites-nous qui vous voulez.
Eh bien, ils devront être en possession de leurs moyens...
et ils devront être vieux, comme nous.
Vieux ?
Oui.
Plus ils seront vieux, mieux ce sera.
Quand j'en ai marre de l'ordinateur, je reviens à ceci.
Je m'en suis toujours servi, depuis mon enfance.
On peut voir les problèmes par des images de l'esprit.
Et à présent, il faut avoir notre problème clair à l'esprit.
Cette chose attaque des endroits marqués dans les temps anciens...
mais seulement lorsqu'une grande foule y est réunie. Da ?
- Pas encore... - S'il vous plaît !
- Si ça vous aide. - Spasiba.
Elle doit détecter les foules comme un missile à tête chercheuse.
La chaleur corporelle ? Mais je pensais...
Non, j'ai pensé à ça car j'ai travaillé là-dessus.
Si c'était plutôt le son produit par les gens ? Le bruit ?
- Avons-nous éliminé cela ? - Non, nous nous en servons.
- J'ai donc raison. - Comme de tous les facteurs possibles.
Mais je suis sûr que l'agressivité, les hurlements, les danses...
servent d'excitant pour déclencher les sécrétions glandulaires...
L'odeur spécifique à l'espèce humaine.
Vous avez entendu pour le camp de Bovington ?
- Oui. - Mon Dieu...
Comme à Naples, et à Palm Springs.
Je ne dors jamais.
Je ne dors plus depuis... que je réfléchisse...
un bon nombre d'années.
Écoutez-les.
Ce ciel...
- Vous pensez toujours à des moissons ? - Oui.
Nous faisons peut-être erreur. Qui jetterait ainsi sa moisson ?
On a pris quelque chose, c'est forcé.
- Mais quoi ? - Une... trace.
La senteur même qui les trahit.
Peut-être un arôme...
qui enrichit le mode de vie d'êtres inconcevables.
Non, même pas.
Qui les distrait, simplement.
Mon Dieu, je ne me rappelle plus lequel de ces...
Là ! Le filtre numérique !
Qui est-ce ?
- Dievouchka ? La jeune fille ? - Ma petite-fille.
La fille de ma fille.
Disparue ?
Je pense.
Elle vous ressemblait.
Au secours !
- Il est évanoui ! C'était trop pour lui ! - Jack !
Aidez-le ! Aidez-le !
Faites vite !
- Il m'a inquiétée toute la journée. - C'est bien, Frances, calmez-vous.
- Ce n'est qu'un contretemps... - Un contretemps ?
Mais nous avons terminé !
C'est le benzaldéhyde.
L'image électrique d'une odeur.
Maintenant, nous pouvons commencer.
Cet endroit a été choisi !
Il est venu ici !
Kickalong, regarde !
Halte !
Tu habites ici ?
Oui.
Tout le monde est parti, sauf toi ?
On a déjà vu ça, pas vrai ?
Il en reste toujours un ou deux qui pleurnichent.
Oui, il a bien touché ce lieu.
Tout a été touché par le Doigt de Lumière !
Qu'est-ce que tu faisais ? À quoi tu t'occupais ?
- Tu essayais de réparer... - Non !
Homme de science, tout ça ne sert plus à rien.
Je dois m'en servir ! Il faut que j'émette !
- Émettre ? - Communiquer, transmettre n'importe qu...
- Communiquer ? - Il nous gênera.
Arrêtons-le !
Il faut trouver un moyen de nous faire comprendre...
montrer que nous sommes capables de comprendre.
Cassez tout !
Non ! Non !
Vite !
Vite ! Vite !
Une évacuation ? Vers où ?
- On dégage la zone, monsieur. - Pourquoi ?
Restez tranquille.
Non, je n'ai pas besoin de ça.
Dites-moi seulement dans quel but ?
- Eh bien, monsieur, parce que... - Où est-il ?
Où est Quatermass ?
Le professeur Quatermass lui-même a ordonné que vous soyez...
Quatermass ! Tout est prêt pour débuter maintenant ?
Oui, mettez en route.
Bernard ?
Est-ce que ça va ?
Que se passe-t-il ?
On m'a parlé d'une évacuation. Vous dégagez le secteur ?
Je regrette, Joe.
- On voulait me laisser sur la touche. - J'ai dû me passer de votre accord.
Je vais me servir de cet endroit. C'est le seul possible.
- Mais il a déjà été touché. - C'est ce que je veux dire.
Je ne vous suis pas.
Cela signifie qu'il y a une balise...
exactement ici, quelque part là-dessous.
Une balise repère installée il y a cinquante siècles.
Voilà pourquoi il a été touché, et pourquoi je vais l'utiliser.
Je me servirai de vos antennes.
Vous allez donc tenter d'envoyer un signal ?
Nous préparons un piège.
- Bernard, expliquez-moi. - Joe...
Quand on chasse une bête sauvage, on ne court pas après dans la campagne.
On l'amène vers soi. On l'appâte vers un piège.
- Une bête sauvage ? - Une machine sauvage, mangeuse d'Hommes.
Je vais émettre un simulacre de présence humaine.
Les mêmes sons, les mêmes odeurs...
le sang, les sécrétions...
les hormones, les phéromones.
De jeunes humains ?
Environ un million d'entre eux. Que pensez-vous de cet appât ?
Et le poison ?
Il y aura un poison.
- Une tasse de thé ? - Non.
Pourvu que ça fonctionne comme prévu.
À condition que tout tienne le coup.
Ce mécanisme de focalisation est très ingénieux.
Mais certains parmi nous ont émis des objections.
Où diable peut-il être ?
Quatermass, ce n'est pas à vous de faire ça.
Vous pouvez compter sur moi.
- Je n'avais pas l'intention de... - J'y arriverai.
D'ailleurs...
j'aurai de l'aide.
Bernard, regardez !
Une bombe focale.
Une explosion nucléaire de 35 kilotonnes...
qui le piquera seulement...
et enverra un choc en retour à travers la Galaxie.
Vous n'aurez qu'à appuyer dessus.
Comme ceci.
C'est le dispositif le plus simple qu'on ait pu installer.
Infaillible.
À présent, je vais l'armer.
Le rayon de l'explosion est bien réglé au minimum ?
Oui.
C'est-à-dire approximativement...
- Je sais ce que je fais. - J'aimerais vérifier.
Je suppose, Professeur, que ce monsieur n'est pas censé s'occuper de la manœuvre ?
Non.
Je devrais ! Que ce ne soit pas toujours à lui de tout faire !
Il va aller avec vous.
Excusez-moi.
Voilà.
Quatermass ?
Oui ?
Bien, Général.
Merci.
C'est l'heure.
D'abord, l'attroupement.
Une heure entière ?
Un million de jeunes ne peuvent pas arriver trop rapidement.
Vous pensez que ça compte ?
Cela pourrait.
Nous donnons une représentation.
Le piège est en place.
Notre Peuple de la Planète commence à arriver.
Moniteur ?
Bien...
Plus qu'une chose à faire.
On va la prendre, cette tasse de thé.
La baraque en bas... je l'ai tout juste retapée.
Elle n'a plus rien d'une maison.
Pourtant, c'était la nôtre.
Nous devions toujours aller au bord de la mer.
Un jour, quand les choses iraient mieux, disions-nous.
Vous savez, je peux leur rendre l'existence.
Pas par magie, ni par la foi, mais...
par la pensée.
Je porte Debbie jusqu'au bord de l'eau. Elle n'y était jamais allée.
Elle trempe ses orteils. Ce n'est pas froid, pas trop froid.
Et elle est ravie...
car elle avait peur de l'eau, et à présent, c'est fini.
Et elle voit les petites algues qui flottent, les couleurs et la lumière.
Clare arrive ensuite, tenant Sarah par la main. Elles marchent dans les vagues.
Je peux les toucher.
Oh ! Je sais ce qu'est le mal.
C'est lui, le mal.
Et s'il ne pouvait pas ?
- La foudre ne frappe jamais deux fois. - Cette foudre est programmée.
J'espère avoir deviné son programme.
Ils sont tous là, maintenant.
Ils sont un million...
qui t'attendent.
Un million de gosses.
Tu es venu hier, il y a 5.000 ans.
Tu as goûté...
tu as trouvé ça bon...
et tu reviens aujourd'hui.
Alors, viens maintenant.
Viens !
Voilà quelqu'un !
Il y en a d'autres !
Allez-vous-en !
Repartez !
Allez-vous-en !
Allez-vous-en d'ici !
Allez-vous-en !
Vous allez mourir ! C'est une bombe !
Hettie...
Le message a été reçu. Il n'est pas revenu.
Prions pour qu'il ne revienne jamais.
J'ai observé le ciel et la terre retrouver leur fraîcheur.
Ici, comme partout ailleurs dans le monde...
la campagne a récupéré sa beauté.
Les petits enfants peuvent jouer dans les champs...
et chanter à nouveau leurs chants innocents.
- Viens ! - Dépêche-toi.
Galipette, escampette, dans le Cercle de Pierre.
Si tu perds ton chapeau, jamais ne le retrouveras.
Remonte bien tes chausses jusque sous ton menton...
et attache ton manteau avec une épingle toute neuve.
Quand nous serons prêts, nous pourrons y aller.
Galipette, escampette... Pouf !
Galipette, escampette... Pouf !
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