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Original subtitles

[musique enjouée]

C'est le double de la 204. Vous le déposez sur le lit ?

Merci.

[vrombissement]

[crescendo de musique techno]

[cris d'excitation]

[grognement]

[cris d'excitation]

- Monsieur le directeur ? - [grognement de panthère]

Cette fois, c'est tombé sur nous.

[brouhaha amusé]

La suite royale.

"Jennifer".

C'est l'autre !

[cris d'excitation]

On va tout niquer !

On va tout niquer !

Allez !

[grognement]

[cris d'excitation]

[musique dance]

HĂ©, les gars !

Regardez ce que j'ai trouvé.

Ton goûter, minou !

[grognement féroce]

[glapissement]

- [grognement féroce] - [éclaboussure]

- [grognement féroce] - [cris affolés]

[cris amusés]

Moi, je parie sur la panthère.

- Vas-y, la panthère ! Bouffe-le ! - [grognement féroce]

Mais bouffe-le !

[ensemble] Casteigne, assassin !

Casteigne, assassin !

Casteigne, assassin !

Casteigne, assassin !

Casteigne, assassin !

- Casteigne, assassin ! - Le voilĂ , les gars !

Le voilĂ  ! Allez !

Casteigne, assassin ! Casteigne, assassin !

Assassin !

Vous avez des enfants, Marcel ?

Non, monsieur. Pas encore. Mais on y pense avec ma femme.

N'y pensez plus.

Y a qu'au stade de spermatozoĂŻde qu'ils nous emmerdent pas.

[inspiration]

[musique d'ambiance]

[Casteigne] Plus d'1,2 milliard

de chiffre d'affaires pour le dernier exercice.

Ces deux dernières années, les dividendes ont augmenté de 43 %.

La valorisation boursière a doublé en 3 ans.

Les chiffres, nous les connaissons.

C'est un problème d'image, désormais.

La SPA, WWF, L214,

les animalistes, les végans... Tout le monde est contre nous.

Plusieurs stars ont appelé à boycotter nos hôtels.

Tout ça à cause d'une seule personne : votre fils.

Faudrait faire une étude.

Les excentricités de mon fils ont pu nous apporter une clientèle

plus jeune.

Votre fils est un influenceur.

Faudrait lui attribuer des stock-options.

Ou le nommer directeur marketing.

Un pool d'actionnaires s'est constitué.

Il pèse plus que vos 47,8 % du capital. Vous n'êtes plus majoritaire.

[musique sombre]

MĂŞme toi, Charles ?

Ma fille...

Tu sais, Anne-Charlotte, la dernière ?

Elle est bouddhiste. Antispéciste.

Depuis six mois.

Tu vois ?

[soupir]

[coups sur la porte]

[ronflements]

[ronflements]

Oh, putain !

- Putain, c'est qui, le con ? - Ton père. Vous, dehors.

AĂŻe !

J'ai dĂ» fermer ma gueule au conseil Ă  cause de toi.

Je veux plus de tes exploits dans mes hĂ´tels. Sinon...

Sinon, quoi ?

Sinon, je perds la présidence du groupe, petit con.

Et en quoi ça me concerne ?

Si je suis viré, tu peux oublier tes conneries.

Mais, euh...

Ça a pas de sens. Tu veux que j'arrête mes conneries, mais...

Je m'en fous si t'es viré. Parce que je pourrai plus les faire.

[musique intrigante]

Non ! Au contraire...

Il faut que j'en profite pendant que t'es encore président.

C'est logique.

[musique intrigante]

[gémissement]

[quelqu'un vomit]

[musique d'action]

[gémissement]

C'est pas la bonne poubelle.

[claquement]

[soupir]

Ce vernissage, ça fait six mois que je le prépare.

C'était important pour moi que tu sois là.

[Casteigne] Garde-moi des photos, je les accrocherai dans mes hĂ´tels.

Je cherche pas un sponsor. Je voulais ton soutien, pas ton argent.

Il a recommencé.

LĂ , je sais pas comment je vais m'en sortir.

Ce que j'ai mis 40 ans Ă  construire,

je vais le perdre à cause de ce petit crétin.

J'ai tout essayé avec lui.

Les écoles privées, les psys,

les précepteurs...

[soupir]

Si seulement

je pouvais le reprogrammer.

Tu vois ? Je sais pas...

Lui mettre une puce dans son cerveau en foutoir

pour faire un grand reset.

Tu devrais passer du temps avec lui.

Prends un mois, partez, vivez quelque chose ensemble.

Mais j'ai pas le temps.

Surtout en pleine rébellion d'actionnaires.

J'ai jamais pris plus de cinq jours d'affilée.

Oui, ça, j'avais remarqué.

Et il voudra jamais partir avec moi.

[Hélène] Qu'est-ce que t'en sais ?

C'est mon fils. Je le connais.

Je suis pas sûre que tu le connaisses si bien que ça.

Je suis un mauvais père, c'est ça ?

Tu l'as élevé tout seul. T'as fait ce que t'as pu.

Tu veux que je reste ce soir ?

Je crois pas que je sois de très bonne compagnie.

Ben, je vais rester, alors.

Ce serait dommage de rater ta pauvre tĂŞte.

On la voit jamais Ă  la une des magazines, celle-lĂ .

[petit rire]

[soupir]

[musique intrigante]

[vrombissement]

Allez, allez !

Ah non !

Élargis ! Élargis !

VoilĂ  !

[cris amusés]

Bien, bien ! Encore !

Non ! VoilĂ  !

[cri]

Coupez !

Y a rien ! Elle a rien dans le regard.

- On m'a refilé une tanche ! - Ça va, Christian ?

- Ça se passe bien ? - Ah... Chris !

Please.

Tu veux que je te dise, Jeff ? Tu diriges un groupe de merde.

C'est mon groupe de merde qui te fait vivre.

Oui, yes. I know.

C'est... Non, je parle de...

Les gars du marketing, c'est des guignols.

Soi-disant, leur mannequin va devenir une icĂ´ne.

Résultat : charisme...

steak haché.

Je peux pas te dire mieux.

[rire nerveux]

[inhalations]

Stanley Kubrick aurait refusé de faire son film

plutĂ´t que de se compromettre.

C'est pour ça que tu vas finir le boulot.

Parce que toi, t'es Christian Parmentier.

[cri horrifié]

Chris ! Nom de...

Chris Palmer, tu le sais ! Arrête avec ça.

Ce "Christian"...

Bon, alors...

C'est quoi, le concept, alors ?

- [soupir amusé] - Je te préviens, faut que ça claque.

Pas besoin de trucs foireux en ce moment.

Ben oui, mais...

Les agences, les pubards... "Et il faut

"que nos clientes se sentent comme des princesses."

Bla, bla, bla... Mais ! Lucky guy tu es.

J'ai eu une idée de génie.

35 caméras, dispersées dans toutes les pièces.

On va la suivre partout.

Comme ça, je vais choper toutes ses expressions.

Enfin, expressions.

It's a big word.

Meryl Streep, morte, aurait l'air plus vivante.

Je peux te dire que...

Nounours.

Oh, la vache ! Descends.

Descends, descends ! Allez !

[chuchotement]

T'es sûr, Chris ?

Of course!

- Veux-tu ? - Oui, oui.

[il chuchote] VoilĂ  !

Just watch.

[soupir]

Et...

action !

[musique majestueuse]

[musique cocasse]

Et... cut!

Yes!

Ah ! VoilĂ .

On a l'expression parfaite. On va monter tout ça

avec les jardins, les jets d'eau...

Ils vont tous dire après : "Ah ! Le nouvel espoir

- "du cinéma français." - Encore une qui te devra tout.

Sauf si elle t'accuse de harcèlement.

- [rire] - Ah oui ?

Ben, qu'elle vienne.

Objection, Votre Honneur !

Jeff...

Jeff, tu sais...

Quand on veut obtenir le meilleur de quelqu'un,

il faut surtout pas lui demander son avis.

Ah... T'es un génie, Chris.

[soupir]

Peut-ĂŞtre.

Maybe.

[musique intrigante]

Rodolphe !

Redescendez !

Redescendez !

Je veux voir cette robe arriver sur ce sol froid

comme un tapis volant.

- Christian ! - Understand? Allez !

- Christian ! - [cri]

Chris ! Merde ! C'est pas compliqué...

Ça te dirait de faire le film de ta vie ?

[musique dance]

- Comment tu t'appelles ? - Sofia.

Sofia ? Et toi ?

- Moi, c'est Tina. - Tina ? C'est plus joli.

Je parle du prénom.

- [véhicule à proximité] - [claquements métalliques]

HĂ©, l'autre...

Qu'est-ce qu'il fout, lui ?

HĂ©, vous bougez pas les filles. J'arrive.

Hé ! Ohé, l'éboueur !

Oh, l'éboueur ! La fourrière !

HĂ© !

HĂ© ! Oh, stop !

Oh, c'est ma caisse ! Mais il est con, lui !

[musique oppressante]

[gémissements]

[musique mystérieuse]

[clochette]

[chant du coq]

[clochette]

[grognement]

[braiment]

[chant du coq]

[clochette]

Louis, oh !

Que fais-tu encore sur ta paillasse ?

Tu vas faire attendre le vicomte.

- Qu'est-ce que tu racontes, toi ? - Vite, lève-toi.

- HĂ© ! T'as pas vu mon portable ? - Ton quoi ?

Louis ! Le temps presse.

Si Beauvillain vient te chercher,

il va te rosser jusqu'Ă  te pourfendre les os.

- Lâche-moi. T'es qui, toi ? - Silvain.

- T'es un pote Ă  Amaury ? - Amaury ? Non.

OK... On a fait une soirée déguisée ?

Debout !

- Non ! - C'est quoi, ça ?

T'attends quoi, broute-paillasse ?

[cri]

Que le vicomte se soulage dans ses hauts-de-chausses ?

Oh, ça va !

[Louis] T'es le videur ou quoi ?

- Mais lâche-moi ! - Non, non !

Monsieur Beauvillain,

il s'était juste rendormi. Il allait venir.

Est-ce que je te parle,

fiente de poule ?

Est-ce que je t'ai parlé ?

Sale raclure d'auge Ă  cochon !

Non ! Ah non !

Ah non ! Grâce !

[cris affolés]

[gémissements]

[il halète]

[gémissements]

[petit cri]

[gémissements]

- [cri rageur] - [gémissements]

- [grognement rageur] - [gémissements]

Non ! Miséricorde !

Hé, ça va ? Ça va ?

Non !

Non, non, non !

Non, non, non, non !

- Non ! - [bris de verre]

Et toi, valet de pisse ?

Euh... Hein ?

- À l'ouvrage. - Valet de ?

HĂ©, lĂ  !

[ambiance de hameau paysan]

- J'ai fait une fête chez des mormons ? - Dépêche-toi.

Il est de mauvaise humeur ce matin.

[il chuchote] Oh, putain.

C'est un escape game ?

C'est pour me vanner sur Insta ?

- Allez ! - Oui, oui.

[musique entraînante]

- Allez ! - Ho, ça va !

Allez, vas-y !

On se dépêche, allez !

Au secours !

Nous avons pensé

Ă  une poularde en julienne,

suivie de six petits pigeons

aux écrevisses de Seine.

Aux airelles, la poularde ?

Aux oignons blancs, M. le vicomte.

Les oignons blancs,

ça donne des vents, non, docteur ?

Ce n'est rien, M. le vicomte.

Le vent, c'est la respiration du croupion.

[rire affecté]

De Célestène, vous avez toujours le mot qui rassure.

[gémissement]

Je crois que ça vient.

À la selle ! À la selle !

- Valet de pisse, allons-y. - La selle de ?

Qu'est-ce que t'as aujourd'hui ?

[gémissement]

Mets le seau !

Foutriquet de burne de taupe...

[soupir]

[gémissements]

Et sinon, la famille, ça va ?

Doucement.

On vient de perdre la petite dernière.

[Beauvillain] La rougeole.

[le médecin] Ah, ces épidémies...

Quel fléau !

[soupir soulagé]

A y est...

Fini...

A pu...

Mais allez !

[soupir amusé]

- [rire] - Putain, c'est dégueulasse !

Doucement, malheureux !

Pas si vite !

Et l'analyse ?

[raclement de gorge]

[murmures enthousiastes]

Ah oui !

[rire]

Très bien.

La moulure de la chose

est parfaite.

[soupir de soulagement]

Le cylindre en son extrémité s'achève franchement,

sans matières filandreuses excessives.

Quant au fumet,

il est puissant, mais harmonieux.

Oh !

Sans aucune note fétide.

[rire satisfait]

Monsieur le vicomte est en parfaite santé.

Oh, bravo !

Mes compliments !

[acclamations]

Allez, allez !

Bravo !

Merci, merci !

Vous l'applaudissez pour un caca ?

Vous ĂŞtes des malades.

[musique sombre]

[cri]

[cris]

[grognements féroces]

C'est pas vrai !

[respiration haletante]

[cor de chasse]

[aboiements au loin]

TaĂŻaut, taĂŻaut ! Sus au valet de pisse !

Oh non ! Gentils...

Gentils, les toutous. Gentils !

Gentils !

Couchés, les toutous !

Gentils, gentils...

Aidez-moi, je vous en supplie.

[Louis] Aidez-moi.

[en pleurant] Je vous en supplie.

[gémissements]

Pour avoir quitté

ton service auprès de mon père et tenté de t'enfuir,

je te condamne à être embroché comme le goret que tu es.

Non, non, non !

Non, euh...

Je vous en supplie, mon père est très riche.

Hein ? Il vous donnera tout l'argent que vous voudrez.

Le père du valet de pisse est très riche.

[rires]

On peut dire qu'il en a reçu, du liquide.

[il rit]

ArrĂŞte !

Cesse tout de suite cette ignominie, Estienne.

[Isabeau] N'as-tu pas honte ?

Ce valet de pisse sert notre père depuis plus de 15 ans.

Tout comme son père avant lui.

15 ans ?

On ne tient pas un domaine par la faiblesse, petite sœur.

Retourne discuter dentelles et jupons

avec tes courtisanes.

Ta cruauté me révulse, Estienne.

- Qu'il meure ! - Qu'il vive !

- Je l'étripe. - Je le gracie.

Ă€ mort !

[vicomte] Mais que se passe-t-il, jarnicoton ?

Je ne parviens pas

Ă  faire ma sieste du matin.

[Isabeau] Père !

Estienne veut éventrer votre valet de pisse par plaisir.

Il a quitté votre service,

abandonnant son seau et son paravent.

Estienne...

N'as-tu pas d'autres choses Ă  faire

que de chasser Ă  courre un valet de pisse ?

Vous prenez encore son parti ?

Vous ĂŞtes toujours

de son côté.

Mais je ne prends le parti de personne.

C'est juste que depuis que votre mère n'est plus,

ce château manque cruellement

de douceur et de délicatesse.

Alors, oui !

Oui, je préfère

qu'on épargne ce valet et qu'on me laisse faire

ma sieste matinale.

[brouhaha de cris déçus]

Hmm.

[hennissement]

[Silvain] Ah ! Louis !

Oh ! Oh...

Ah, tu as la vie sauve ! C'est grâce à dame Isabeau.

Elle est ta bienfaitrice.

Tu peux l'adorer jusqu'Ă  la fin de tes jours.

[musique majestueuse]

[vrombissement]

[musique intrigante]

[brouhaha studieux]

C'est pas trop traumatisant ? Il a vraiment cru mourir, lĂ .

I hope!

Fallait frapper fort. Dès le début.

Hein ? Franchir la première étape. Soumission du sujet.

En lui faisant perdre tous ses repères habituels.

C'est dans tous les manuels de scénario. J'ai rien inventé.

Fish out of water.

Fish out of water.

- Hm. - "Fais-le sortir..." Assieds-toi.

Il faut sortir le poisson de l'eau.

Tu comprends ?

Comme ça, on arrive à l'étape suivante :

faire accepter à ton fils définitivement sa nouvelle condition.

Et alors, là ! Pâte à modeler.

LĂ  ! Un peu lĂ , un peu lĂ  ! On fait ce qu'on veut.

HĂ©, ho !

Tu te dégonfles pas ?

C'est pas dans mon logiciel.

[soupir]

Ah, Sandra ! Tu passeras me voir.

- J'ai ton contrat Ă  te faire signer. - Oui.

La pension alimentaire, admettons ! Mais...

Non, je lui laisse pas la maison de Berck.

PlutĂ´t crever.

Oui, mais elle veut tout, lĂ ...

C'est quand même elle qui s'est barrée. Merde !

- [gémissements] - C'est incroyable !

C'est pile Ă  cet endroit-lĂ .

Je l'ai bien senti. C'est quand je l'ai jeté par la fenêtre.

Alors, j'ai senti comme une décharge.

Et puis, maintenant, ça pince.

Regardez, c'est troublant. On dirait des vraies.

Pour l'odeur, vous faites comment ? Vous utilisez du spray ou...

Tu peux reposer, s'il te plaît ?

Alors, tu m'as trouvé comment ?

J'ai pas eu le temps de te regarder.

J'ai plein de chevaux à préparer.

T'aurais vu ! J'étais dans mon personnage.

J'ai donné tout son jus à la scène. On voyait que moi.

- J'imagine. - Pourtant, elle m'a pas aidé, l'autre.

Listen to me, tout le monde !

Please!

On m'apprend ce texte par cœur, et surtout, on suit la trame.

Hein ? But focus!

En fonction des réactions du gamin,

on stay...

You stay on the qui-vive.

You... Like an animal.

Chris, vous avez aimé ce que j'ai fait ?

Le mal-être du frère par rapport au père qui préfère la sœur.

Chut !

Look at me.

Le jour oĂą j'aimerai pas un truc, tu seras au courant.

Believe me.

Distribution.

Les villageoises, les villageois ! À la cuisine pour la séquence !

[grincement mécanique]

[Louis] Quoi ?

Attends, mais t'es sûr ?

Ah oui !

C'était la fête du hanneton y a quatre jours.

Le 12.

Donc, aujourd'hui, nous sommes le 16.

Le 16 mai 1702.

1702...

Attends,

mais c'est qui, le président ?

- Le quoi ? - Ben, le boss.

Le boss ?

Celui qui dirige le pays.

Ah !

C'est notre bon roi.

Le Roi-Soleil. Louis le Quatorzième. Tu me fais tourner en bourrique ?

Coquin, va !

Mais c'est hyper vieux, ça...

C'est carrément avant la guerre avec les super méchants.

- Les Anglais ! - Non, non...

Avec le petit moustachu.

Euh...

Comment... Les nazis !

Oh, la vache !

Il est vraiment con.

Euh...

Envoyez Beauvillain.

[Beauvillain] Ça va ?

C'est pas trop dur, branle-quenouille ?

Demeurer les bras ballants

en plein travail, ça ne te dérange pas ?

Ben, la cloche sonne pas.

Diable !

La cloche ne sonne pas. [soupir amusé]

Ben, quand la cloche ne sonne pas,

on se rend utile !

Alors, monsieur Louis, il prend un couteau,

et il se met Ă  la pluche !

Sinon, je vais lui sonner la cloche,

Ă  monsieur Louis.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

C'est ton prénom royal qui te monte à la tête ?

[rire forcé]

Eh bien, moi, j'ai envie de te rebaptiser.

Louis, roi des étrons.

[rires]

[Beauvillain] Hé ! Le voilà plus modeste, à présent.

[rire moqueur]

[Beauvillain] Allez !

Ă€ l'ouvrage !

Oui ! C'est bien, Silvain ! Toi, c'est bien.

C'est bien.

[soupir]

Je comprends pas.

Le dernier truc que je me rappelle, c'est que je sortais de boîte.

[Louis] Et je courais après le camion de la fourrière. Ils embarquaient

ma McLaren, ces cons.

- Je comprends rien à ce que tu dis. - Et après...

Qu'est-ce...

[il chuchote] Oh, putain !

Je suis con, mais bien sûr !

C'est ça ! Il m'est arrivé un truc comme dans Retour vers le futur.

- [rire] - T'es bĂŞte !

Pourquoi tu ris ? Tu connais le film ?

Le... fil ?

- Non ! Le film. - Le fil ?

Le film !

- Film ? - Retour vers le futur.

Retour vers le futur ?

Tu connais ?

Louis, ça n'a aucun sens.

Enfin ! Le futur,

c'est devant nous, alors que si on se retourne,

Louis, on va derrière.

Ă€ moins qu'on fasse un tour complet et on revient Ă  la mĂŞme place.

Oui...

- Tu vois ? - Oui, oui...

[soupir]

Bref ! J'ai dû être percuté

par une voiture, et ça m'a propulsé

dans le temps. Ici, dans le passé.

Et donc, si je me refais

percuter par une voiture,

je retournerai dans le futur. Dans mon présent à moi.

[rire] C'est ça !

[musique entraînante]

Louis !

Hé ! Ça va pas ?

Mais c'est votre brouette aussi ! C'est trop petit.

Ça peut pas marcher.

[claquement de sabots]

Ça, ça peut le faire.

ArrĂŞte-le, merde !

ArrĂŞte !

[Chris] Conducteur, charrette. Stoppe la charrette !

Je retourne chez moi !

Il s'est jeté sous moi. J'ai un contrat figurant.

Je suis pas cascadeur.

Louis !

Louis ! Louis !

Allez, Louis ! Reviens.

Reviens, Louis.

- [Tapotements] - Louis... HĂ©, Louis ?

Louis ?

[Soupir]

Allez, Louis !

Louis ?

[soupir]

Je... J'ai...

Je... J'ai...

[il soupire]

LĂ  ! J'ai pas les mots pour te...

On peut pas tout maîtriser.

Et surtout, avec des grands moyens comme ça.

C'est des films...

[Louis] Ah, ça fait mal...

Louis !

Louis ! [rire de Silvain]

Oh, tu es toujours parmi nous !

- Oh ! - Ah, c'est vrai...

Merde !

Mais parfois, ça se termine bien.

Show must go on!

- [rire] - [soupir]

- [musique douce] - [soupirs]

C'est bon, ça continue.

On va pouvoir faire nos 507 heures.

[chant du coq]

- [meuglement] - [tintement de clochette]

[gémissement]

[cri]

[clochette]

[couinement]

[cri de dégoût]

Hop !

[il souffle]

[gémissements]

On redescend doucement.

Jusqu'au niveau des roseaux.

- Il y aura une belle étendue d'eau. - Hm.

Ça revient là-bas.

[hurlements de loups]

[brouhaha]

C'est quoi ?

Tu te lances dans les stages de survie ?

Tu vas voir.

Viens.

Ça va ?

Oui.

- [Chris] La 27, tu zoomes sur Louis. - [musique majestueuse]

[Chris] Tu élargis, tu élargis.

VoilĂ  !

C'est bien, Daniel !

Reviens. VoilĂ  !

Reviens... Merci.

Viens.

Je te présente Chris Palmer,

mon ami qui réalise nos films institutionnels.

C'est un plan serré ?

Tu te fous de moi ou quoi ?

- [Hélène] Mais c'est Louis ? - Voilà !

[gémissement]

Tu lui fais faire un film ?

C'est ça, ton idée pour te rapprocher de lui ?

Tu chauffes.

- Qu'est-ce qu'il fait exactement ? - Chut !

Y a caca, lĂ . Merde !

A y est !

- [orage] - [pleurs]

Qu'est-ce qui vous arrive ?

C'est toi, mon petit valet ?

[soupir lascif]

Ne dis à personne que tu m'as vue dans cet état.

Oui, ne vous inquiétez pas.

Je peux vous aider, dame Isabeau ?

Personne ne peut rien pour moi.

Mon père veut me marier à un vieux noble du royaume,

aussi riche que laid et qui me répugne.

[soupir]

Je suis jeune, moi.

Je veux connaître l'amour.

Avec un homme de mon âge.

Fort.

Et plein d'énergie.

- Hm ? - Hm.

MĂŞme s'il n'est qu'un simple petit valet.

Hm, petit valet ?

Oui, attendez ! Non, mais...

C'est super ce qui vous arrive.

C'est un homme riche. C'est le rĂŞve de toutes les femmes.

- Non... - Si, si !

Un vieux, en plus, il sera vite mort.

Vous avez touché le pactole.

Allez, on se ressaisit. J'ai mon seau Ă  rincer.

Je vous laisse.

Ben, il a son...

son seau Ă  rincer.

Voilà ! Désolée, j'ai fait ce que j'ai pu.

D'habitude, ils résistent pas.

Non, mais...

Il va falloir être créatif.

Le gars a zéro sensibilité, zéro empathie.

Il a que dalle.

Tu l'as trop cassé ! Normalement, une fille comme ça,

il lui saute dessus. Je connais mon fils.

Donc, tous ces moyens, c'est pour en faire un cobaye ?

C'est ça, le grand reset que t'as imaginé ?

En faire un rat de laboratoire ?

Tu m'as dit de lui consacrer du temps. J'ai mis mes affaires entre parenthèses.

Je resterai ici le temps qu'il faudra.

Jusqu'à ce qu'il ait changé.

C'est ça, passer du temps avec lui ?

Tu sais, pour obtenir le meilleur de quelqu'un,

faut pas forcément son avis.

Please!

Allez vous engueuler ailleurs !

Je suis en train de créer, là.

Je suis face Ă  une impasse dramaturgique.

Faut que je relance le récit.

C'est pas... C'est un night...

Night... Un cauchemar !

- [hennissement] - Au secours !

- C'est pas vrai ! - Euh, cheval...

- Cheval... - Qu'est-ce qu'il fout,

- ce canasson ? - Une carotte !

- Il va dévoiler les caméras ! - [raclement de gorge]

Cheval ! Euh, cheval...

Euh...

- [cris affolés] - On envoie la fille des chevaux. Allez !

[Isabeau] Quelqu'un peut m'aider ?

- [hennissement] - [cris]

Désolé, je connais pas les chevaux.

J'ai juste fait du poney quand j'étais petit...

[Isabeau] Oh... Au secours ! Euh...

S'il vous plaît ! Quelqu'un peut m'aider ?

Allez, viens.

Sympa, la dentelle.

[musique intrigante]

HĂ© ! Toi, avec ta culotte !

Apocalypse Now, ce tournage.

Oh !

Attends !

Lâche-moi, putain !

[gémissements]

Sale porc, va !

[il halète]

Non, mais...

J'avais cru voir...

[soupir]

Putain, les habilleuses ! Listen to moi !

On vérifie tout, d'accord ?

Piercings,

tatouages, culottes, strings !

C'était un tanga, pas un string.

- Bon, j'en ai assez vu. - Qu'est-ce que tu fais ?

Les gens sont pas des choses.

On en dispose pas comme d'un hĂ´tel ou d'un terrain de golf.

Je vous laisse à votre télé-réalité à la con.

Hélène ! Il est en train de se passer quelque chose.

- Il veut s'excuser. - Louis ? Louis veut s'excuser ?

Il s'en veut.

Il veut demander pardon Ă  la jeune fille.

Sa famille va la rejeter, lui lancer de l'acide.

Ou carrément la brûler vive.

- Ça vous dit rien, une petite blonde ? - Non.

Enfin, pas blonde. Châtain clair.

Mignonne comme tout, avec du caractère. Non ?

[Chris] Dis-lui que Lison habite Ă  la sortie du hameau

avec son père, maréchal-ferrant.

Ils s'occupent tous deux des chevaux du vicomte.

Ah ! Mais tu parles de Lison ?

Oui, oui. C'est la fille de...

De... du maréchal-ferrant.

Elle habite Ă ...

à côté du vicomte... à côté du hameau.

- Du hameau ? - Oui. Elle s'occupe du vicomte.

- OK, super. Merci ! - Avec son père...

Je suis pas comédienne. Mon travail, c'est les chevaux.

Je sais pas jouer.

Ho ! T'inquiète pas, poussin.

Hein ? T'as juste à l'écouter. Il va s'excuser.

Tu acceptes ses excuses et c'est terminé.

Grouille-toi, il arrive.

[il frappe]

[elle chuchote] Attends.

Attends.

Laisse-le mariner encore un peu.

[il chuchote] Je comprends pas...

[elle chuchote] Vas-y.

[il chuchote] Il a dit : "Ă€ la sortie du hameau."

Y a pas d'autre maison, lĂ .

C'est pour quoi encore ?

Euh... Rien.

Rien...

Euh, rien...

Non, je venais juste

m'excuser pour tout Ă  l'heure.

Je voulais pas vous...

Vous voyez ? Genre, un...

Je suis pas ce genre de gars.

En fait, j'ai cru...

J'ai cru voir une...

Enfin, bref... J'espère que je vous ai pas déshonorée.

Peut-ĂŞtre qu'Ă  cause de vos traditions,

personne voudra se marier avec vous.

Ă€ cause de nos traditions, c'est vous qui allez devoir vous marier avec moi.

Et ce sera pas un cadeau.

Ah bon ?

Mais... Quand ?

Je plaisante.

Ah oui...

On va dire que c'est oublié.

Je garde quand même ça à portée de main.

[claquements répétés]

[raclement métallique]

[soupir]

[elle chuchote] Bien joué !

[soupir]

Eh ben, voilĂ  !

Il est capable d'un peu d'humanité.

Ça fait une base pour travailler, ça.

On a peut-ĂŞtre le cul sorti des ronces.

Maybe, maybe...

[musique majestueuse]

[soupir]

Je l'avais pas vu gentil comme ça depuis...

depuis...

Je l'avais pas vu gentil comme ça.

[vicomte] Cette tête de lit, elle l'a toujours détestée.

Elle vient de ma mère.

Et elle la veut ! Évidemment, pour me faire chier.

- Je vous propose des lasagnes. - C'est bourré de gluten.

- Et le poisson, c'est quoi ? - Du saumon.

Ouah ! C'est super gras, le saumon...

- Et vous avez de la crudité ? - Oui.

Sinon, j'ai du pâté de campagne.

Tu t'es pas trop mal débrouillée.

Moi, j'aurais un peu plus joué le côté femme outragée.

Mais pour une débutante, t'étais pas mal.

Oh ! Merci, maître.

De toute façon, je veux pas recommencer.

Prochaine étape :

le petit Louis, on le remet dans les bras d'Isabeau.

L'amour. [souffle enthousiaste]

Aimer quelqu'un plus que soi,

c'est la seule expérience pour un personnage

qui peut vraiment

le faire changer.

- Hm... - [Chris] Alien !

Hein ? Ripley.

Ripley, à la fin, avec le monstre à côté.

On dirait que "crac !"

- Crac ! - [cri apeuré]

Il bave, il est juste à côté.

Amoureux. Love.

Avec Sig...

Gourney... Avec Sego...

Avec la...

Ripley ! Elle ouvre... Pourquoi dans l'espace ?

L'espace de l'amour. [faux cris affolés]

VoilĂ .

[Hélène] Isabeau, c'est la fille

- qui était dans la paille ? - Oui, c'est elle, là.

On l'a castée

dans les goûts de Louis.

Dans ses goûts ? Vous êtes complètements idiots ?

[il bredouille]

Tout va bien. Elle a un très beau contrat d'actrice.

Et d'ailleurs, high level.

Thank you, Jeff.

Elle veut vraiment faire du cinéma.

Elle est so happy. "Ah !"

C'est pas Isabeau qui intéresse Louis. C'est Lisa.

Elle, lĂ  ? La fille des chevaux ? C'est pas du tout

- le genre de Louis. - [soupir]

Non, je l'ai jamais vu avec une blonde.

Et avec lui, un bonnet D chasse un C.

[il rit]

Pardon.

Vous avez pas vu son regard quand elle est partie ?

Moi, j'appelle ça

un coup de foudre. Un crush, si tu préfères.

Bon ! Alors, euh... [souffle]

Sue Ellen !

Vous aimez les comédies romantiques

Ă  l'eau de rose, chabada-bada.

Non ! Nous, on fait un film

qui est un film... un film de...

Un film de mecs ? Entre couilles.

Pardon, j'avais oublié.

[rire discret]

- Excusez-moi. - Chut...

[Chris fredonne]

[musique enjouée]

[Silvain] La fête des âmes sœurs !

Allez ! Elle a lieu tous les ans.

Tu adores ce genre de réjouissances.

- Ça te dit vraiment rien ? - Non.

[soupir agacé]

Cet accident de charrette t'a tourneboulé le ciboulot.

[rires]

Bonjour.

Tu vas voir, c'est la fête de l'année.

Le dicton dit

que celle que tu rencontreras lors de la fête des âmes sœurs

deviendra...

- Ton âme sœur ? - Oui !

[rire]

Madame valet de pisse.

D'accord, c'est une sorte de soirée Tinder.

- De quoi ? - Non, laisse tomber.

Mes parents se sont rencontrés à cette fête.

Et bien avant eux, mes grands-parents.

Et avant eux, mes arrière-grands-parents.

Waouh ! Grosse pression, alors.

Vaut mieux pas se bourrer la gueule et se taper un boudin.

J'adore le boudin.

[musique folklorique]

- C'est ça, ta super fête ? - [rire]

Des bouseux qui dansent sur du son préhistorique.

Allez ! Profites-en.

Aujourd'hui, Beauvillain peut pas nous taper.

Stop ! Stop ! Les gars, stop !

Stop ! Stop !

C'est pas possible ce que vous faites.

Vous avez rien d'autre en magasin ?

Ça vous dit de jouer un truc vraiment cool ?

- [Louis fredonne] - [mélodie à la flûte]

VoilĂ  !

OK, tu l'as, c'est bon ?

On est prĂŞts ?

[rire]

Ça va être chanmé. Trois, quatre !

["La Tribu de Dana"]

[Louis] Ça va être chanmé.

La chenille ! Chacun les épaules. On me suit !

La chenille ! Tout le monde avec moi !

[Louis chante]

[ils chantent en chœur]

La Tribu de Dana.

On voyage vraiment dans le temps.

Ça me rappelle ses six ans.

Sa mère était déjà partie dans son monastère au Népal et...

j'avais loué le groupe.

Pour son anniversaire, le temps de l'après-midi.

Il leur a fait jouer

durant deux heures non-stop La Tribu de Dana.

Les chanteurs, ils en pouvaient plus.

[Isabeau] Mon petit valet !

Je veux danser.

Je veux tous les plaisirs.

Ah, c'est super !

Je veux vraiment profiter de cette dernière journée.

Avant d'aller me noyer dans cette rivière

pour échapper à ce mariage forcé.

- Qu'est-ce que tu dis ? - Je dis que...

T'en es oĂą au niveau des cachets ?

Ah ! 23.

Faire père Noël pour les fêtes, je peux plus.

Surtout si t'aimes pas les enfants.

HĂ© ! Vous avez pas vu Lison ?

- [ensemble] Euh, non. - Non ?

[souffle]

Nous pourrions aller cueillir des mûres.

Vous avez vu Lison, la fille du maréchal-ferrant ? Non ?

Qu'est-ce qu'il fout, lui ?

- Qu'est-ce qui fout, lĂ  ? - Ben, Ă  ton avis ?

Je me tue Ă  vous le dire. Il a un crush sur Lisa, pas sur Isabeau.

C'est trop féminin pour vous ?

HĂ© ! T'as pas vu Lison ?

Kévin !

Tu me le remets sur Isabeau !

Allez, focus, les gars ! Focus !

Vous l'avez pas vue ? Tout le monde était censé être à la soirée.

[Silvain] Louis !

Tu n'aurais pas vu dame Isabeau ? Je l'ai trouvée fort triste.

- Je ne sais pas oĂą elle a pu aller. - Non. Je vais passer chez Lison.

- Lison ? - Hm.

Lison, je l'ai vue. Elle est à la rivière.

- C'est vrai ? - Oui.

Merci, gros !

Enfin... Je dis "gros", pas parce que t'es gros.

C'est une expression de mon époque. Ça veut dire "copain". Tu vois ?

- [soupir] - Bon, merci.

[soupir]

Je sens plus mes orteils.

Elle est froide au fond.

- Il arrive. - Ah !

Allez-y !

[Louis] Lison !

- Lison ! - [cri]

Oh, elle est froide !

Isabeau ? Qu'est-ce que... Attendez.

C'est pas vrai...

Au secours !

Allez...

Attention !

[gémissements]

Allez...

[respiration haletante]

[cri affecté]

[respirations haletantes]

Mon petit valet...

Tu m'as sauvé la vie.

Je suis tellement désespérée à cause de ce mariage forcé.

Mais il faut pas faire des trucs comme ça.

Je vous ai dit, il claquera vite, le vieux. Hein ?

Faut pas faire des choses comme ça.

[musique douce]

Oh non ! Non, pas au château.

Mon père nous verrait. Il serait furieux.

- Emmène-moi à l'écart. - Ah bon ?

J'ai pas trop le temps, moi.

VoilĂ .

- Là ! Comme ça. - [gémissement]

- Ça va ? - Oui.

J'ai un peu froid.

[Isabeau] Tu veux pas me réchauffer ?

[Louis] Non, désolé. J'ai un truc à faire.

Restez lĂ , bien au chaud. C'est mieux.

Hop lĂ  !

Mais merde !

Merde ! Merde ! Merde !

Je suis désolée, mais il a un problème.

Vous êtes sûr qu'il aime les filles ?

Non, c'est pas lui qui a un problème.

Tu fais chier, toi, Ă  la fin !

T'as qu'Ă  diriger puisque t'es si maligne !

Alors, messieurs-dames !

Voici la nouvelle réalisatrice. C'est elle qui va vous diriger.

ArrĂŞtez tous les deux. Chris, mollo.

Non, mais tout va bien, t'inquiète pas.

Préparez Lisa et amenez-la sur le plateau.

- Mais... - Vous me gĂŞnez, lĂ .

T'es pas Ă  la fĂŞte ?

Non. J'avais pas envie de sortir.

Ah oui ? C'est dommage.

Franchement, elle est bien, leur soirée.

Tu te prends trop la tĂŞte. On est vachement plus cool

au 21e siècle.

Oui...

Tu me crois pas non plus ?

Laisse tomber. Bonne soirée.

- Dis-lui que tu veux bien le croire. - Moi, je te crois.

Après tout, pourquoi pas ?

Vas-y. Raconte-moi ton époque.

C'est comme une petite boîte, toute plate, toute fine.

T'imagines pas comme c'est fin.

Toi, t'en as une. Et moi aussi.

Et si par exemple, tu vas lĂ -bas, Ă  l'autre bout du parc.

Non, carrément ! Si tu vas dans un autre village,

imagine, un autre château, et que moi, je reste ici.

Eh ben, grâce à ces petites boîtes, toi et moi, on peut se parler.

- Et on peut mĂŞme se voir. - Non ?

Si ! C'est fou, hein ?

Ces petites boîtes, ça s'appelle des téléphones portables.

- C'est ouf, hein ? - [rire]

- Tu peux prendre aussi des photos avec. - Des photos ?

Oui, pardon. Des photos, c'est...

Comment te dire ? C'est comme...

C'est comme des petites peintures, tu vois ?

Mais en beaucoup mieux faites.

Tu peux en avoir des milliers. J'ai toute ma vie dans mon portable.

Attends.

On pourrait s'envoyer des messages aussi ?

Comme avec des pigeons voyageurs ?

Oui, ça s'appelle des textos.

Des textos voyageurs.

- Des textos voyageurs. - [rire]

[rire] Exactement.

HĂ© ! Tiens, regarde.

Hop !

Tu vois, ça ? C'est le symbole

de ces petites boîtes, un peu comme leur blason.

Moi, je me souviens...

J'avais sept ou huit portables, je crois.

Je sais plus.

Y en avait un, c'était mon préféré, il était plaqué or.

Je l'avais fait faire Ă  DubaĂŻ.

J'étais le seul à Paris à l'avoir. Tous mes potes étaient dégoûtés.

[rire]

Tu viens pas ?

Et on vole. On fait le tour du monde avec.

- Dans les oiseaux de fer ? - Oui.

[petit rire]

On peut même boire du champagne. Ça, j'adorais ça.

C'est pas tout le monde. C'est ceux qui sont Ă  l'avant.

Les autres, à l'arrière, ils mangent des sandwichs pourris.

Et ils ont les genoux sous le menton.

C'est pas pratique.

Pourquoi il y a ces différences ?

Parce qu'Ă  l'avant, c'est ceux qui ont de l'argent.

Et à l'arrière, c'est les autres.

Et c'est qui, les autres ?

Les gens normaux.

Tu sais, ceux qui doivent travailler.

- Tu vois ce que je veux dire ? - Non, je vois pas.

Mais si, c'est... ceux qui ont une vie de merde. S'ils économisent,

ils peuvent prendre l'avion, c'est déjà pas mal.

Y a d'autres inventions pour ceux qui ont une vie de merde ?

Euh... Oui. Y a le métro.

Le métro, c'est pour voyager sous la terre.

Comme les taupes. [rire]

Moi, je l'ai jamais pris.

Mais mon pote Amaury m'a raconté. Apparemment, ça pue !

Vraiment ! Ça pue. Mais les gens sont habitués.

- Tu t'entends parler ? - Mais...

Toi qui ramasses la merde du vicomte, tu te prends pour qui ?

Oh...

T'as vraiment rien dans le crâne.

Tu sais quoi ? J'espère que demain,

le vicomte aura une grosse chiasse bien explosive.

Salut, valet de pisse.

Hop, hop, hop...

Ça se passe pas comme prévu, on dirait, là.

Hm ?

C'est pas si facile que ça, la télé-réalité à la con.

Sorry!

[rire moqueur]

[soupir]

[brouhaha]

Je suis désolée pour hier soir. Je me suis laissée emporter.

C'est pas grave. T'inquiète pas. On va arranger ça.

Avec une autre, alors. Parce que moi, j'arrĂŞte.

Je connais les gosses de riches par cœur.

Je les vois tous les jours au haras oĂą je travaille.

C'est vrai, c'est un sale gosse.

Mais je sens qu'il y a quelque chose Ă  sauver en lui.

Je te demande pas ce que Chris avait prévu avec Isabeau.

Jamais je te demanderai ça.

Mais si tu pouvais lui donner l'occasion

d'aimer quelqu'un un peu plus que lui-mĂŞme,

de révéler ce qu'il y a de meilleur au fond de lui...

Ça vaudrait pas le coup de sauver rien qu'un de ces petits cons ?

Bon, j'ai compris. T'as pas besoin de moi ?

It's okay.

J'aurais aimé que tu me le dises face to face.

- But j'ai parlé à mon agent… - Arrête, Christian !

Enfin, Chris... J'ai besoin de toi, évidemment.

Enfin ! Tout ce dispositif, lĂ ...

Cette démesure... Cette vision !

Oui, cette vision. Tout ça, c'est toi. Enfin, c'est un peu moi aussi.

D'accord, c'est toi. Mais j'ai aussi besoin d'Hélène.

Elle, c'est l'intime, la mécanique du cœur.

Vous vous complétez à merveille. J'ai besoin du meilleur de vous deux.

Pour le bien de Louis.

Mais c'est toi qui gardes les commandes. Évidemment, Chris !

You...

[soupir ému]

You touch my heart.

Pour le bien de Louis, alright.

[inspiration]

Et Hélène,

ce sera une sorte de consultante ?

Voilà, c'est ça. Une consultante, oui.

- Chacun sa place, tu comprends ? - Hm.

On va faire des grands trucs tous les deux.

Buddy!

So big!

- So good! - C'est ça.

Ça va, ça bavasse. On dérange pas ?

On the set! Right away!

[musique douce]

Je te maquille.

Je te déguise.

[il chuchote] VoilĂ  !

Tu sais ce que disait le contrat de Sandra ?

Qu'elle devait coucher avec lui autant qu'il voulait.

Je tiens ça de l'administratrice. Il pouvait tout lui faire.

- C'était marqué noir sur blanc. - T'as pas à décider pour moi.

Et j'aurai pas à faire ça. Hélène me l'a promis.

Tu l'as crue ? Ce que tu es naĂŻve, ma pauvre !

Tu vas te faire bouffer. Tu connais pas ce milieu.

Une nana comme toi, c'est de la chair à caméra.

Elle te manipule, la Hélène.

Ça te gêne pas de te faire manipuler.

Ah non ! Moi, c'est pas pareil.

Moi, c'est mon métier, ma vocation.

J'ai été formé pour.

C'est pour toi que je dis ça.

Moi, je m'en fous...

C'est pour te protéger.

Tu supportes pas que j'aie un plus gros rĂ´le que toi.

[musique sombre]

Ah, c'est comme ça ?

OK, d'accord.

Ah !

Bonne nuit, mon ami Louis.

Fais de beaux songes.

Dis, Silvain...

Oui ?

Comment vous faites, vous...

pour séduire une femme, à votre époque ?

Pourquoi ?

J'ai merdé avec Lison.

T'as merdé avec Lison ? Vous avez fait caca côte-à-côte ?

Ça arrive quand on est intime.

Ah, non...

Non, c'est pas ça.

Je lui ai dit des choses blessantes et j'aimerais me rattraper.

Tu veux battre ta coulpe en faisant le galant, c'est ça ?

Oui, oui. Peut-ĂŞtre, oui...

Comment vous faites, en 1700-je-sais-plus-combien ?

Ah !

Il faut...

Il faut que tu lui fasses la danse de l'ours.

La danse de l'ours ?

- La danse de l'ours. - D'accord...

C'est la danse que font faire les montreurs d'ours Ă  leur animal

quand ils vont de village en village. Les femmes adorent.

Elles s'amassent en petits groupes pour venir

voir la bĂŞte.

Et elles poussent des petits gémissements.

Des petits cris d'excitation.

[gémissements aigus]

Je te montre.

[soupir]

Il faut que tu t'imagines qu'on sort de l'hiver.

Et tu sors

de ta tanière. Pan ! Bam !

T'es un ours. [grognement féroce]

Tu vois ?

T'es un savoureux mélange de force

et de sensualité.

Et lĂ ... Danse de l'ours.

[gémissements d'effort]

Tu vois une ruche, t'as faim.

T'attrapes la ruche, tu presses le miel.

Bien.

C'est bon, le miel.

Et lĂ ... On reprend force.

[cris déterminés]

[murmure sensuel]

Tu vois ?

[souffle lascif]

Marquer l'odeur. [cri bestial]

- [soupir] - Force.

Sensualité.

Force. Sensualité.

[il chuchote] VoilĂ .

Et là, tu déclames ton poème.

- Y a un poème en plus ? - Bien sûr.

Un poème avec des rimes.

La danse de l'ours, ça suffit pas.

Sinon, les femmes,

elles préfèrent aller voir un vrai ours.

Oui...

Hm ?

Bonne nuit !

Lison ?

Lison !

Tous les jours je scande ton nom

Lison, Lison

Du soleil tu es mon rayon

♪ Lison, Lison ♪

♪ Ton petit minois est trop trognon ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Sans ton sourire je suis grognon ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Tu as fait fondre mon cœur de plomb ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Accorde-le-moi, ton pardon ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Lison, Lison ♪

♪ Je vais mourir si tu dis non ♪

[cri étranglé]

[rires des villageois]

- [braiment d'un âne] - [musique douce]

[soupir]

[soupir]

[Louis] Donne ta main.

Comme ça. Là !

Check. [rire]

- Qu'est-ce que c'est ? - Un check.

- Un check ? - Ça veut dire merci. Tu m'as sauvé.

La danse de l'ours. Mais c'était bien, non ?

- T'as vu comme elle a souri Ă  la fin ? - Oui.

Ah, je te jure... T'es un vrai pote, toi.

- C'est vrai ? - Oui, oui.

Bon ! Bonne nuit, frérot. Et merci.

Frérot.

[gémissements]

[soupir d'aise]

[musique douce]

[hululement]

[hurlement de loup au loin]

[musique intrigante]

[musique douce]

- [musique intrigante] - [il chuchote] Que faites-vous lĂ  ?

[il chuchote] Je regarde mon fils dormir.

- Vous pouvez pas ĂŞtre lĂ . - J'ai tous les droits et c'est mon fils.

- Je veux le voir. - Et s'il se réveille ?

Il se réveillera pas.

Quand il dort, il dort.

- Je connais mon fils. - Papa ?

Non, c'est pas papa.

- C'est pas moi. - Si, c'est toi.

Je te dis, c'est pas moi. Tu rĂŞves.

- Si ! - C'est pas moi.

- Allez, dors. - Si, c'est toi.

Non, j'ai des cheveux.

- Ça a pas de sens. - Mais si, c'est...

Ça va pas ?

Vous m'avez pas laissé le choix.

[il chuchote] Faut pas rester ici, M. Casteigne.

HĂ© !

[Silvain chuchote] Je m'occupe de lui.

[porte]

What the fuck, Jeff!

[Chris halète] Tu peux pas être ici.

Je me tue Ă  lui dire.

Toi, ferme ta gueule.

Tu vas tout gâcher. C'est pas ce que tu veux.

- Everything! Viens. - Attends. Mettez une compresse.

- Papa... - Merde, il se réveille. Mets-y un coup.

Non ! Ça va, maintenant...

Papa...

Mets-lui un coup ou t'es viré.

- [choc] - VoilĂ  !

- Ça va pas, non ? - Non, ça va ! Il va bien.

- Mais c'est un gamin. - Il va bien.

- C'est un gosse. - Oui, mais tout est faux.

- Ah bon ? - Oui.

[porte]

[il halète]

- [chant du coq] - [musique majestueuse]

J'ai un de ces mal de crâne ce matin.

J'ai rêvé de mon père aussi.

Le vieux valet de pisse ?

Non, tu sais... Mon père du futur.

Ah ?

[Louis] Il était là. Il me regardait dormir.

J'ai touché son bras. C'était sa voix, j'en suis sûr.

En même temps, je suis pas sûr que c'était lui.

Il me regardait gentiment, c'est bizarre.

Non !

Bon ! Tout le monde est prêt pour la prochaine séquence ?

So... action!

Oh... Zut, encore raté !

De peu, monsieur le vicomte. De peu, de peu...

Faites des moulinets. C'est très bon

- pour la circulation. - Et ça ouvre l'appétit.

- Ho, ho… - [claquements de sabots]

[Beauvillain] Monsieur le vicomte,

sieur Estienne et sa bande de boit-sans-soif

ont saccagé la plus belle chambre de l'hostellerie du bourg

et pris grand plaisir à faire dévorer un agneau par un loup

au beau milieu

de l'établissement.

Il a dû se régaler, le Estienne.

Une fois, nous, on a fait bouffer un wallaby par une panthère.

[Silvain] Un quoi par une quoi ?

Dois-je rappeler Ă  Monsieur le vicomte

qu'il s'agit de l'hostellerie

oĂą le roi aime Ă  venir s'encanailler

quand la reine n'est pas lĂ .

Et quand Sa Majesté l'apprendra,

il est fort Ă  parier qu'il exigera que votre fils

- soit sévèrement châtié. - Par tous les saints !

[soupir]

Que vais-je bien pouvoir faire de ce fils maudit ?

Hm...

[raclement de gorge]

[tintement d'horloge]

[porte]

Ah !

Mon bon valet de pisse !

Approche, approche.

[petit rire]

Euh...

Louis.

C'est bien, ça ?

- Oui. - Oui !

Louis, assieds-toi.

Et choisis les mets qu'il te sied.

Qu'ils te siéront...

Mange.

Mon bon Louis,

j'ai un petit service Ă  te demander.

Je souhaiterais

que tu te fasses passer pour mon fils Estienne

et que tu subisses à sa place le châtiment

qu'il doit endurer

en réparation de l'outrage fait au roi.

Quoi, comme châtiment ?

Trois fois rien.

Il s'agit juste de se faire supplicier en place publique.

Ben...

Supplicier, ça fait mal, non ?

Vous demanderiez pas Ă  quelqu'un d'autre ?

Sache que je ne serai pas un ingrat.

En échange de ton sacrifice,

je te libérerai de ta fonction de valet de pisse.

Et je t'offrirai mĂŞme un petit lopin de terre sur ce domaine.

Hm.

De surcroît,

tu auras le droit de prendre pour épouse la femme de ton choix.

Une blonde ?

Ou une brune ?

Ou une châtain clair ?

Une châtain clair ?

[musique douce]

Une châtain clair.

[musique intrigante]

[Chris] Retourne-toi, Lisa. Il te regarde.

[musique majestueuse]

[cris hostiles des villageois]

Au supplice !

Poussez-vous !

Poussez-vous !

Allez, vas-y.

[rires moqueurs]

[musique de suspense]

"Pour avoir fait offense au roi en souillant son hostellerie favorite,

"l'accusé Estienne de Panserepus,

"fils du vicomte Gaspard de Panserepus,

"est condamné

"Ă  la flagellation en place publique."

[cris enthousiastes]

[gémissement]

[cris hostiles des villageois]

[cris moqueurs]

Au nom du roi, que la flagellation cul nu

commence !

[cris enthousiastes]

Panpan cucul !

[ensemble] Panpan cucul !

- Panpan cucul ! Panpan cucul ! - [coups de fouet]

- [gémissements] - Panpan cucul ! Panpan cucul !

Panpan cucul !

Panpan cucul !

Panpan cucul !

Panpan cucul ! Panpan cucul !

Panpan cucul ! Panpan cucul !

Panpan cucul !

Panpan cucul !

Panpan cucul !

Jeff, tu regrettes pas de pas ĂŞtre sous la cagoule ?

C'est pas faute de te l'avoir proposé. [rire]

Moi, la fessée, j'ai toujours été contre.

- On éduque pas un enfant comme ça. - Ça va, Hélène !

Je paye des fortunes pour en recevoir des comme ça.

- Panpan cucul ! - [cris de douleur]

Panpan cucul !

Panpan cucul ! Panpan cucul !

Panpan cucul ! Panpan cucul !

[les cris des villageois s'estompent]

[on frappe]

Entrez.

[porte]

[grincement de porte]

- Approche. - Mets le paquet, Thibaut. Donne tout.

Assieds-toi.

Je reste debout, si ça vous dérange pas.

Je t'ai dit de t'asseoir.

[gémissement]

[il chuchote] Oh, putain...

[il souffle]

[claquement des chaussures au sol]

Il est pas lĂ , M. le vicomte ?

Tu lui veux quoi au vicomte ?

Il m'a promis de me signer une lettre,

comme quoi je suis libéré de mes fonctions et...

que je peux me marier avec qui je veux.

Il t'a promis ça, mon père ?

Oui.

Le problème, c'est qu'il est pas là.

Et comme moi, je t'ai rien promis, je signerai rien.

C'est pas juste.

Je me suis fait fouetter à votre place, ça fait hyper mal.

T'as cru pouvoir te taper la petite Lison ?

- [gémissements] - [musique sombre]

Elle est Ă  moi, la Lison.

Ă€ moi et rien qu'Ă  moi, t'entends ?

Je la prendrai, juste parce que tu la veux.

Et tu sais pourquoi ? Parce que t'es rien.

Valet de pisse tu es,

valet de pisse tu resteras !

Ouh.

- C'est dans le texte, ça ? - Non, non. Euh...

C'est de l'impro, mais alors, il est très fort.

Plus vrai que nature, mĂŞme.

[petit rire]

You know...

[accent américain] La réalisation commence dès le casting.

Tarantino.

Euh, non...

Dany Boo... Euh...

"Je voudrais épouser la petite Lison. Avoir une petite famille,

"une petite maison."

Et gna-gna-gna...

- [le bouchon saute] - [gémissements]

À ta santé,

valet de merde.

[il halète]

[musique intrigante]

Allez, Louis.

C'est le moment. Rebelle-toi.

Pense Ă  la petite Lison.

[musique douce]

[cri agacé]

Pourquoi ?

Pourquoi ? Pourqu...

Mais why?

Attendez.

C'est formidable, ça.

Ah oui ? Tu veux que je te remind ?

C'est pas du tout dans nos brainstormings, ça.

Il a perdu tout amour-propre. On dirait une serpillière, un slip sale.

Il s'est reconnu en Estienne. L'effet miroir a été total.

Il s'est dit qu'il méritait ce qui lui arrive.

Et ça nous avance à quoi ?

Ça veut dire qu'il commence à réfléchir sur lui-même.

Ça y est.

Il est en train de changer.

Oui, enfin... On est pas sûrs non plus de...

[tapotements]

Ça te gêne pas d'être amie avec un insignifiant valet de pisse ?

On peut pas réduire une personne à sa fortune ou à son rang.

C'est juste que si tu vis assez longtemps

pour voir les oiseaux de fer dont tu m'as parlé,

tu voyageras à l'arrière.

C'est tout.

Avec les gueux.

Hm.

[musique douce]

- Avance encore un peu. - À quoi tu joues ?

Ă€ ta gauche, lĂ . VoilĂ .

Attends.

Et ouvre les yeux.

- [rire] - Tadam !

Si madame... Enfin, si mademoiselle...

Enfin, si tu veux bien t'asseoir.

C'est délicieux.

Merci.

Silvain m'a appris pour les champignons.

- Tu savais pas ? - Non.

C'est fou ! Je savais pas qu'il y avait tout ça dans la nature.

Ils sont mignons, hein ?

J'aurais bien aimé que tu m'invites comme ça toi aussi.

Je t'ai emmenée dans les plus grands restos.

J'aurais voulu que tu m'invites chez toi,

que tu fasses tout toi-mĂŞme.

Ben, c'est encore possible.

Tu demanderas conseil Ă  ton fils.

Ils sont mignons tout plein, mais qu'est-ce qu'on se fait chier...

Typique ! Ventre mou du scénario.

Très dur à éviter. Même dans Star Wars, y a un moment,

on s'emmerde.

[musique enjouée]

J'ai encore un peu mal aux fesses quand on chevauche trop longtemps.

Accompagne plus les mouvements en t'appuyant sur tes cuisses.

J'essaye, mais...

C'est compliqué.

[grésillement]

T'as vu ?

[rire]

Il est bourré ou quoi ?

[crissements mécaniques] [musique intrigante]

Ouh, ouh, ouh...

[rire]

Il a dû manger des pommes fermentées.

Il s'est pris une sacrée cuite.

Ça répond plus. Je sais pas ce qui se passe.

[Chris] Lisa, trouve un truc. N'importe quoi. Qu'il regarde ailleurs !

Vite !

[musique majestueuse]

Super diversion, Lisa.

C'est super.

Pardon... Je t'ai brusquée ?

Euh...

[soupir]

Action, sentiments...

C'est tout ce que j'aime dans le cinéma.

[soupir]

C'est pas le mĂŞme homme, lĂ .

Elle est forte, la gamine. La gosse, elle est...

Dire que c'est moi qui l'ai révélée.

- Faut tout arrĂŞter. Tout de suite. - Pourquoi ?

Lisa peut tomber amoureuse de Louis.

Un Louis qui existe pas.

Ça va, c'était juste une galoche.

[Hélène] On est en train de les manipuler.

On a pas le droit de faire ça.

Je te fais un petit remember. Qui a insisté pour Lisa ?

Pas moi. Toi !

Ça va trop loin.

La création !

À un moment donné, il faut...

L'œuvre échappe à son créateur. Et ça, moi, je l'accepte !

Jean-François, il faut tout arrêter maintenant.

Jeff.

Out of question.

[Chris] L'évolution d'un personnage,

si elle ne s'incarne pas

dans une action concrète qui correspond à un choix moral,

ça ne sert à rien. Nothing!

On parle d'une jeune fille, lĂ .

Qui a des sentiments.

Tu fais chier avec tes trucs de gonzesses !

Bon ! Si t'arrĂŞtes pas tout maintenant, je pourrai plus te regarder en face.

Jeff, si t'arrĂŞtes maintenant,

c'est toi que tu pourras plus regarder en face.

"L'homme qui a refusé de sauver son fils."

[petit rire]

[Chris] Super titre ! HĂ©, les gars ! Stylo, stylo.

Idée. Allez, allez !

Allez !

Ha ! Ma maquette. Elle est folle ?

[soupir]

Bon ! Allez, allez. Euh...

Ultime étape : danger maximum.

C'est à ce moment-là que notre héros

doit risquer sa peau pour sauver celle qu'il aime.

Les dragons dans Game of Thrones qui...

Ah oui ! Mais j'ai pas les dragons.

Je critique pas du tout les moyens. On est gâtés.

- Mais idée ! J'ai. - Stop !

Hélène avait raison. C'est allé beaucoup trop loin.

On arrĂŞte tout.

T'as compris ? C'est fini.

Mais...

N'importe quoi... Non...

Non.

Non, c'est moi qui ai les commandes.

J'en ai rien Ă  foutre.

Le nouveau Louis qui est en train de naître,

c'est mon œuvre.

HĂ© ! Tout le monde.

Costumes, cascadeurs. Tout de suite !

Louis !

Louis ! Louis ! Une chose horrible est arrivée.

Quoi ? Qu'est-ce qui y a ?

Le vicomte a eu une envie trop pressante ?

Des Vikings ! Partout, des Vikings !

Une invasion viking.

Ils ont pris le domaine. Allons au château.

Attends. Des Vikings, vraiment ?

Oui ! Ça faisait longtemps qu'on en avait pas vu.

Ils ont des casques Ă  cornes et des grandes haches.

Ils sont blonds.

Et ils ont des barbes blondes aussi.

Ce sont des monstres sanguinaires, Louis.

- Allez ! - Attends, attends...

Des Vikings, tu dis ?

Ah oui !

[rire jaune]

On est pas censés fuir, plutôt ?

Des envahisseurs, on va pas vers eux.

On se sauve.

[renâclement]

- C'est vrai. - Oui.

Oui...

Lison est au château, Louis.

Quoi ? Fallait le dire plus tĂ´t.

Je l'ai omis.

[orage]

Allez, pousse !

[musique sombre]

[musique majestueuse]

Arnaldur le Désosseur, notre chef...

[cris de stupeur]

a décidé de prendre l'une de vos femmes pour épouse.

C'est un grand honneur

qu'il vous fait.

Désosseur.

- [brouhaha de stupeur] - [musique de suspense]

Elle.

[cris de stupeur]

[viking] Très bon choix, Désosseur.

Non, non ! Non...

- [grognement] - Louis ! EmpĂŞche-les !

Louis !

Louis...

C'est horrible. La pauvre Lison entre les sales pattes

de ce rustre.

Tu imagines

tout ce qu'il peut lui faire ? Faut pas que j'y pense.

Louis, s'il te plaît ! M'abandonne pas.

Louis, viens me chercher ! Aide-moi !

- Qu'est-ce qui fout ? - Louis !

[inhalations]

Louis !

Louis !

Louis, non ! Non, Louis !

[musique triste]

Louis, ne m'abandonne pas, s'il te plaît !

Louis !

Louis !

[orage]

Oh, putain...

Dernier acte de merde.

[soupir]

[soupir]

[renâclement de cheval]

[hennissement]

[il chuchote] Ça va...

- [musique intrigante] - [grésillements]

Toi qui as été témoin de notre premier baiser,

donne-moi la force dont j'ai besoin.

[Hennissement]

[Cheval au galop]

Chris ?

- [Cri enthousiaste] - [musique majestueuse]

[assistante] Chris, venez voir !

Vite !

Toi, t'as quoi d'autre après ?

Après, moi, j'anime un atelier en prison.

- On monte un Beckett aux Baumettes. - Ah ouais...

- Qu'est-ce qu'il fait ? - [cri]

[brouhaha de stupeur]

[cris de douleur]

Il est taré ou quoi ?

Vas-y, Louis !

Qu'est-ce qu'il fout ?

Il fait le héros.

- [cris de douleur] - Mais il fait pas semblant.

Mais oui ! Vas-y, vas-y !

Ça, c'est du happy end.

Vas-y ! Défonce-les !

Il est fou, ce mec !

Euh...

Il est en train de casser tout le matériel, là.

Ben...

Mais enfin !

Profite.

Profite. Tu compr...

C'est sublime.

[musique majestueuse]

Non, mais... En fait, je suis un gentil.

[gémissements]

[Lison] Louis !

[musique cocasse]

Je suis lĂ .

Ah oui, merde...

[brouhaha de cris affolés]

[soupir]

Ben, heureusement. Comme je suis un peu hémophile...

[viking] Vas-y, prends-la.

Pas taper. Pas taper...

[musique majestueuse]

[Hennissement]

[Chris] Messieurs-dames,

s'il vous plaît.

Les amis,

pour la première fois,

le cinéma aura changé la vie d'un homme.

Et ce miracle,

c'est moi qui l'ai accompli.

[soupir]

Orson Welles.

Stanley Kubrick.

And Chris Palmer.

[applaudissements]

[coups de klaxon]

[crissement de pneus]

J'ai tout arrêté, Hélène.

C'est toi qui as raison.

Je t'ai écoutée, c'est fini.

[vrombissement de moteurs]

[moniteur] Doucement ! Levez la tĂŞte. Jouez avec les commandes.

Tu changeras jamais.

[le véhicule d'Hélène démarre]

Louis, je peux tout t'expliquer.

- [sifflement] - [musique oppressante]

[musique intrigante]

[bip]

[bip]

[bip]

[Casteigne] Tu es resté dans le coma pendant trois mois.

Tu courais après le camion de la fourrière,

et une voiture t'a percuté.

- Je suis content que tu sois lĂ . - [bip]

[musique triste]

[brouhaha de cris d'enfants]

[elles rient]

HĂ© !

[musique d'ambiance au piano]

Comme monsieur, s'il vous plaît.

Merci.

[soupir]

J'ai quitté la présidence du groupe.

J'aurais dĂ» le faire avant.

Maintenant, j'ai du temps devant moi.

Et je suis tout seul.

Tu sais, papa...

Pendant ces trois mois,

je suis tombé amoureux d'une fille.

Elle s'appelait Lison.

Et elle s'occupait des chevaux

dans un château, à l'époque de Louis XIV.

C'est trop bizarre. J'ai des souvenirs tellement précis.

Je pouvais toucher les gens. Je pouvais sentir les odeurs.

Je pouvais la voir tous les jours, lui parler.

Maintenant, elle est plus lĂ .

Je crois que j'étais plus heureux dans le coma.

Hé, t'inquiète pour Hélène.

Elle va revenir, j'en suis sûr.

Et si c'est pas elle qui revient, tu peux toujours aller la voir.

[soupir]

[ambiance de trafic urbain]

Louis !

[hennissement]

[musique douce]

[musique enjouée]

[petit rire]

[vrombissement]

[variation majestueuse du thème de La Tribu de Dana]

["La Tribu de Dana", de Manau]

[cris enthousiastes]

Non, non, non !

[cris de terreur]

Vous êtes vraiment sûr, monsieur Palmer ?

Ça va pas le traumatiser ?

- Mais si ! Justement. - Ah...

C'est ça, le but.

Caméra 7, plan serré sur le gamin

au moment oĂą le chef lui mord l'orteil. Et...

mordage !

[cri féroce]

[musique enjouée]

Sous-titrage : TransPerfect Media France

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