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Original subtitles

(gazouillis d'oiseaux)

(bĂąillement)

- HĂ©! Kev! - HĂ©!

- HĂ©, c'est assez, lĂ !

(grognement)

- Il n'est plus petit, le flo, lĂ , hein?

Il n'est plus petit.

(cri)

Ju, es-tu correcte? - Va-t'en, OK?

Crisse. OK, tout le monde. Out.

- J'ai pas fait exprĂšs, je te le jure.

- Es-tu correcte, cocotte? - Out!

(démarrage de la voiture)

(gazouillis d'oiseaux)

(clapotis de la douche)

(soupir)

- Faut partir.

- Hein?

- Regarde, on n'a pas le choix. On redéménage.

- As-tu dormi? T'es saoul, c'est ça?

Regarde, on vient de déménager, là.

- Je sais que c'est de la marde, OK?

- Non, je veux pas.

Ou?

- La CĂŽte-Nord?

Tu te souviens de Baie-Comeau?

Il y a des hĂŽpitaux puis des CLSC Ă  Baie-Comeau.

Tu vas te trouver une job tout de suite.

- Puis notre fille, hein? Hum?

Tu te souviens qu'on a une fille?

Une petite fille que j'ai accouchée à Montréal,

pas Ă  fucking Baie-Comeau.

- Ju, je peux pas ĂȘtre Ă  cĂŽtĂ© de toi puis de la petite ici.

Je "tilte", lĂ . Je suis pas safe.

Puis Ă  chaque fois que j'essaie de me calmer,

il y a ma mĂšre qui se pointe.

- OK, bien, elle veut juste nous aider.

On va avoir besoin d'aide, Kev.

(petit rire)

Excuse, mais je vois pas ce qui est drĂŽle.

On va avoir besoin d'aide pour vrai.

- Oui, bien, rendue lĂ , demande Ă  ta mĂšre.

(petit rire)

- Ma mĂšre?

T'es sérieux, là?

Parce que je suis pas sûre si une crazy-ass bitch

en jaquette d'hÎpital, tu veux ça proche de ta fille.

Elle, si elle s'approche de ton bébé,

il y a des chances qu'elle va la kidnapper

parce qu'elle va ĂȘtre convaincue que c'est elle, le petit JĂ©sus.

Kev, je sais que tu l'as pas eu facile avec Suzanne,

mais si tu veux qu'on fasse un concours de parents fucked up,

tu vas perdre, mon homme.

- Excuse-moi. Je...

(soupir)

Je suis pas bien.

- OK, puis toi, ta solution miracle, c'est Baie-Comeau?

Wow! Baie-Comeau.

Pas de régler tes problÚmes, des affaires avec ton pÚre,

faire de la thérapie ou de "slacker" l'alcool.

Bien non, toi. Baie -fucking- Comeau.

- On serait juste nous autres lĂ -bas.

(soupir)

Je pourrais me trouver une job legit.

- OK, parce qu'il y a pas de job legit ici, à Montréal?

- Pas tant que je travaille.

- Bien, arrĂȘte de travailler.

- Si j'arrĂȘte lĂ , ça marchera pas.

C'est pas safe.

J'ai rien fait, Ju.

J'avais 6 mois pour faire quelque chose,

puis j'ai rien fait parce que chaque fois que j'arrive

pour dire Ă  quelqu'un que je veux arrĂȘter,

je me dis que cette personne-lĂ , elle peut me passer.

Fait que...

le seul monde Ă  qui j'ai dit Ă  date que j'arrĂȘtais,

c'est du monde safe.

- OK, bien, va parler au monde

Ă  qui faut que tu parles en premier.

Eux vont pouvoir passer le mot que tu veux arrĂȘter.

Santa le sait-il, lui?

OK, "checke".

Regroup, puis aprĂšs, tu l'appelles.

- Ca marchera pas.

Je sais trop d'affaires. Il me laissera pas partir.

Je connais son logbook au grand complet.

Moi, ĂȘtre lui, je me laisserais pas partir.

Puis toi...

t'es tombée en amour avec le gars qui fait de la collecte,

puis qui peut te gĂąter. Pas...

Ca fait chier que tu te ramasses avec un gars de 30 ans

qui a jamais eu de CV.

Tu mérites pas ça.

C'est un plan pour que tu te lĂšves un matin,

puis que tu crisses ton camp en disant

que t'as pas signé pour ça.

- Je m'en vais nulle part, OK?

Puis j'ai signé pour le gars

qui boit du lait au chocolat avec son burger, hum?

Je m'en fous du reste.

- OK.

(sonnerie de cellulaire)

(soupir)

(sonnerie de cellulaire)

Mon oncle?

Bien, medium, lĂ , pourquoi?

OK, mais c'est qui qui veut que je vienne?

C'est toi ou c'est lui?

Ouais, OK, c'est bon.

Ouais, ciao, Ă  demain.

Faut que j'aille Ă  la chasse.

(soupir)

(exclamation)

- Fait que c'est ici, la fameuse passe Ă  Birdie?

- Hé, hé, hé, pas trop fort. Pas trop fort.

- C'est vrai, c'est vrai, excuse-moi. Les oiseaux.

- Les oiseaux, tu vois,

ils se ramassaient en moton dans le fond du champ, lĂ -bas.

En 15 ans, ils se sont jamais aperçus

qu'on venait ici à chaque année pour les passer.

(rires)

C'est le fun que tu sois venu, boss.

- Merci.

- T'amĂšnes le reste, le grand? - Oui.

(effort)

C'est correct.

- Ca fait longtemps que tu vas Ă  la chasse

avec eux autres, mon Kevin?

(soupir)

- Pas tant. Cinq, six fois, max.

Là, ça faisait une couple d'années

Il me prĂȘte un gun cette annĂ©e.

Je dois ĂȘtre rendu assez grand pour Birdie.

(rire)

Regarde, parlant de gun,

je suis pas mal sûr que ça, c'est le tien.

- Ah, bien...

T'es sûr?

- Bien...

(gazouillis d'oiseaux)

(rire)

Moi, la chasse...

(rire)

Bel objet, par contre. - Oui.

(effort)

- Félicitations, en passant.

- Ah oui, félicitations, le jeune.

- Merci, les gars.

- Je vais te dire qu'une petite fille dans la famille,

ça fera pas de tort.

- Mets-en.

- Bien non, c'est pas eux autres qui ont méméré.

J'ai jasé avec Suzanne.

Moi, j'aurais pensé que tu serais encore à l'hÎpital

Ă  cause des...

(raclement de gorge)

... des circonstances.

- Bien, elle est dans un incubateur en ce moment.

Il y a pas grand-chose que je peux faire de plus.

- Hum.

- Il faudrait que je te parle de quelque chose.

- Oui, oui.

Je pense qu'ils t'attendent.

Hum.

- Ouais, OK.

- C'est moi ou c'est trop tranquille?

- Bien, quand mĂȘme.

- Peut-ĂȘtre parce qu'ils ont senti la marde

que j'avais dans mes shorts.

(pet, grognement)

(rires)

- HĂ©, je pense que je vois de quoi.

- Hein? - Quoi?

- Je vois un petit dindon ou une perdrix, je pense.

(rire)

Je fais quoi, lĂ ? Je lui tire ou? Dans la tĂȘte?

- Dans la tĂȘte, hĂ©, saint-simonac!

T'es pas un tueur d'élite,

tire dans le tas ou il y en a le plus.

Tu vas pogner quelque chose.

(soupir)

(déclic)

(bruissements d'ailes, gazouillis)

(rires)

- C'est l'idée à qui, ça, sacrament?

(rires)

- Chut toi-mĂȘme, lĂ !

T'es drÎle! Il est déjà parti, esti!

(rire)

- Conseil number one, le jeune:

toujours "checker" son arme avant de tirer.

- Oui, mais vous me dites que vous l'avez "loadée",

je vous fais confiance.

Conseil number two: jamais "truster"

ses partners de chasse.

- Tu les as cachées ou, les crisse de balles, là?

J'ai une famille Ă  nourrir. - "Checke" dans ton sac.

- Les as-tu mises dans ton sac?

- Pourquoi?

ArrĂȘte, osti! Qu'est-ce que tu fais lĂ , cĂąlice?

- Baisse le ton!

- De quoi, baisse le ton, crisse?

C'est Jean-Guy, esti! C'est de la famille, ça, crisse!

Qu'est-ce qu'il t'a fait?

- Il s'Ă©tait enflĂ© la tĂȘte. Je lui ai dit de dĂ©gonfler.

- Crisse, me niaises-tu, tabarnac?

T'aurais pu le "slacker" ou je sais pas, n'importe quoi,

pas tirer dessus, esti!

Tu l'as tué, tabarnac!

T'as fait ça devant le kid, en plus!

- Non, c'est beau, je suis correct, moi.

- Tu vois, il est correct!

- Il est correct? Tabarnac, man!

CĂąlice!

- On fait quoi avec? - Quoi, on fait quoi avec?

Cùlice! Pourquoi t'as fait ça, tabarnac?

- Je vais te dire de quoi

que tu vas pouvoir répéter à ta fille plus tard.

Quand tu vas ĂȘtre rendu lĂ .

On a 2 vies Ă  vivre.

La premiĂšre, ou on a le droit d'ĂȘtre innocent.

Puis la 2e vie, quand on le sait qu'on va mourir.

Moi, je suis dans ma deuxiĂšme.

Fait que je ne laisse plus rien passer.

J'ai pas le temps.

Toi, tu sais que la santé,

c'est pas bien, bien ma chum depuis une couple d'années.

Ca, il y a juste quelques personnes qui le savaient.

Stéphane, le docteur, la garde-malade...

ta mĂšre, la belle Suzanne, toi...

puis l'autre, notre Jean-Guy National.

Lui, quand il a appris que j'étais malade,

il s'est mis dans la tĂȘte qu'il pouvait prendre des initiatives.

Il l'a vu, à tous les soirs, à 9h00, j'étais couché.

Fait que... il s'est mis Ă  sortir.

A se péter la face.

Il s'est mĂȘme tĂ©tĂ© une place Ă  la table de poker chez Jayjay.

Il s'est mis à faire la mémÚre,

puis il a décidé de parler!

- Jean-Guy, ça? - Jean-Guy, Jayjay...

Name it.

Quand la porte est ouverte, le mot se passe.

Tout le monde parle.

Ca fait que moi,

j'ai reçu des calls de partners inquiets,

des brokers qui appellent pour se faire rassurer.

Faut que je me "watche" astheure.

Toi, tu le sais, je t'apprends rien.

Quand il y a de l'inquiétude, il y a de l'ambition.

- Ambition.

- Tu me connais, depuis le temps.

Ca fait des années que je travaille mon image.

C'est moi.

Moi, je suis la prescription dans l'Est.

C'est moi. Ils viennent tous me voir.

Les Irlandais, les Italiens, les bikers.

Je suis le king, cĂąlice!

La derniÚre fois que quelqu'un a essayé de s'en prendre à moi,

t'étais là, toi.

- Je pense pas que ton image est scrap Ă  cause de ça, quand mĂȘme.

A moins que, bizarrement, le mot se passe

que t'as tiré sur ton vieux chum, Jean-Guy.

- Il y a pas de mot qui va se passer.

Personne va savoir s'il est mort,

il est ou ou quand est-ce qu'il revient.

- Puis sa femme, elle?

- On lui dira que c'est des choses qui arrivent.

Il y a du monde qui disparaĂźt.

LĂ , pour ĂȘtre clair,

il y a rien que toi, moi puis Stéphane qui sommes au courant.

Ca meurt ici. OK?

Hein?

T'es un bon petit gars.

(grognement)

Ah...

Débarrasse-moi de ça.

(toux)

(toux)

Trouve les balles dans la braise.

(raclement de gorge)

(soupir)

Voyons, c'est bien long, prendre sa douche, Ă  lui.

- Je pensais bien que c'était moi le prochain.

- T'as passé proche.

Bon, je suis tanné, c'est trop long.

Tu me ramĂšnes Ă  la maison.

Aouch!

Tu te débarrasses du char.

- Nick, tu savais que je n'ai plus mon permis?

- Il va falloir que tu respectes les limites de vitesse.

(soupir)

(soupir)

(grognement)

- Steph?

Mon oncle?

(soupir)

(cris d'enfants indistincts)

(gémissement)

(ronflement)

(soupir)

(soupir)

(cris d'enfants indistincts)

- Je comprends pas pourquoi. - Pourquoi?

- A chaque fois que tu files pas,

tu finis toujours par te clencher 2 burgs avec 3 roteux.

- Non, de quoi tu parles? J'ai faim.

- "J'ai faim". Hé, man! Je le sais quand ça va pas.

"Checke-toi", t'as les sourcils mĂȘme, tu regardes au loin

puis tu manges la junk.

Envoye, "shoote"

- Non. - Non?

- Non. - Non?

- Non. Pas que j'ai pas de fun, je péterais une gueule.

- Dans cet état-là? Pas sûr.

Qu'est-ce que tu fais? - J'appelle Le Pit.

(cris)

- Relaxe, j'achĂšve!

(cris)

Le message est clair.

Paye tes cĂąlice de dettes!

Asti que ça fait du bien!

(rire du Pit)

Qu'est-ce que t'as? - Il y a pas rien.

C'est juste qu'en lançant le gars, j'ai pensé à hier.

- T'as fait une job hier? - Bien non.

J'ai vu une fille.

Une brune avec des grosses boules,

puis un piercing sur la langue, une pas pire cochonne.

Ani... Anikim, c'est ça.

- Attends, attends, attends. Anikim?

- Gros! J'étais dedans, puis à un moment donné,

elle m'a regardé dret dans les yeux.

Elle voulait que je la lance.

Comme le gars qu'on vient de lancer.

C'était comme...

comme dans les films de porn.

Tu ne sais plus si c'est de la porn ou bien de la lutte.

C'était ça.

- Fait que toi, tu l'as lancée.

- Bien, quiens! C'était hot.

- OK.

HĂ©, tu sais, la fille, lĂ ,

cheveux bruns, ton ex?

- Anikim? - Ouais.

C'est elle, la fille avec des gros jugs que t'as comme...

connue ou fourrée dans un GN?

- Oui.

- A-t-elle un tattoo de dauphin sur les cĂŽtes?

- Ouais. Elle voulait se le faire enlever, il me semble.

- Man, on est frĂšres de graines! - WĂŽ, wĂŽ, wĂŽ!

- Avoue qu'elle est cochonne, cette fille-lĂ .

- Ah, tabarnac, lĂ !

- C'est hot, man. Ta graine, ma graine, Ă  la mĂȘme place.

(rires)

En plus, je suis supposé la revoir.

- Ah!

- S'il y a des tricks que tu veux que je lui fasse...

- C'est sûr, il a été 3 ans avec.

Tu pourrais lui en donner une couple.

(rires)

(paroles entremĂȘlĂ©es)

- C'est assez. Ciao.

La Star! - Hé, hé!

- T'es pas supposĂ© d'arrĂȘter, toi?

- Oui, oui, oui. Je suis venu te voir.

J'ai besoin de tes talents d'archiviste pour une adresse.

- Toi, ça? - Bien oui, moi.

Qu'est-ce tu veux, on est rendu lĂ .

Je vieillis, les commotions, les tapes sur la gueule.

Ah, il faut que j'arrĂȘte.

(rire)

- OK, qui?

- Jean-Guy.

Notre Jean-Guy? Il doit de l'argent?

- Bien non. C'est...

Regarde, il répond pas au téléphone.

Je pense qu'il est sur une "shire".

Je veux juste aller voir chez eux. That's it.

- OK.

VoilĂ , amigo.

- Merci.

(fermeture de porte)

C'est beau, tu peux arrĂȘter ici. - Ici?

- Regarde, tu vois la maison avec des colonnes noires?

On arrĂȘte Ă  l'arbre, juste lĂ .

- Oui. - C'est lĂ .

Regarde ailleurs.

(petit rire)

Tiens.

OK, "checke", tu glisses l'enveloppe

dans la craque de la porte,

puis tu reviens le plus vite possible.

Cogne pas, sonne pas, puis essaie de pas te faire voir.

- Pourquoi moi?

- Ca te tente pas de sortir du char un peu?

- Hum, hum.

C'est qui, ça?

- Pas de tes affaires.

- Je vais y aller avec.

Etre sûr qu'il se fasse pas "jumper".

- Non, non, t'as pas besoin.

(fermeture de porte)

- HĂ©, gros!

(sifflement)

"Checke". "Checke", juste 2 secondes.

"Checke"!

(rire de Jean-Guy)

- Conseil number one, le jeune:

toujours "checker" son arme avant de tirer.

- Vous m'avez dit que vous l'aviez "loadée",

je vous fais confiance, moi.

- Conseil number two:

jamais "truster" ses partners de chasse.

- Vous ĂȘtes beaux!

Tu les as cachées ou, mes balles, mon vieux crisse?

J'ai une famille Ă  nourrir, moi. Dans le sac bleu?

(coup de feu)

(coup de feu)

(respiration tremblante)

(respiration haletante)

(coup de feu)

- ArrĂȘte, esti! Qu'est-ce que tu fais lĂ , cĂąlice?

- Baisse le ton. - De quoi, baisse le ton?

Crisse, c'est Jean-Guy, esti! C'est de la famille, ça, crisse!

Qu'est-ce qu'il t'a fait?

- Il s'Ă©tait enflĂ© la tĂȘte. Je lui ai dit de dĂ©gonfler.

- HĂ©, me niaises-tu, crisse?

T'aurais pu juste le "slacker" ou lui dire de cĂąlicer son camp,

pas tirer dessus!

T'as fait ça devant le kid, en plus!

- Ah, c'est beau, je suis correct, moi.

- Tu vois, il est correct.

- C'est fait.

- Fais juste me dire si elle a changé

ou bien si elle est pareille comme dans le temps.

- On est vraiment obligés de parler de ça? C'est dégueulasse!

Ca m'écoeure! C'est mon ex! - Passe.

(soupir)

Ah, elle est pas mal plus hot.

- Pour vrai?

- Man, j e pense que mĂȘme moi, je la fourrerais.

(rires)

- Commence pas, toi avec!

(rire)

(rire ironique)

(coups Ă  la porte)

- (Kevin): Chagnon!

(sonnette)

- Chagnon, ouvre la porte, je sais que t'es lĂ !

(coups Ă  la porte)

(sonnette)

Alright.

(fracas)

Chagnon!

Crime.

(grincement)

(embrasement)

(toux)

- Ah bien, ah bien!

C'était donc bien pas long.

- Bien, le gars était pas là.

Tasse-toi, c'est moi qui chauffe.

- Hein? Pourquoi?

- Parce que t'es pas un chauffeur.

C'est pas vrai que tu vas me chauffer.

T'aurais jamais dû faire ça. Tasse-toi.

- Bien voyons, ça sort d'ou, tout ça?

- Ouais?

- Ca sort de "je m'en cĂąlice". OK?

C'est moi qui décide, qui paye,

c'est mon char, puis c'est moi qui suis en tabarnac.

Fait qu'envoye, sors!

(signal de réception de texto)

(pleurs étouffés)

(démarrage du moteur)

(brouhaha)

Ah, ciboire!

- Qu'est-ce que tu fais?

AllĂŽ?

LĂ , tu vis pas dans ton char?

- Mais non, maman, je suis correct.

- Hum. Tu sais que tu peux toujours revenir Ă  la maison.

- C'est beau. Je viens de te dire que j'avais une place.

- Tu viens d'arriver ou tu repartais?

- Je sais pas.

- Si c'est parce que t'as peur de croiser Julie,

elle est pas lĂ .

Je viens de lui parler.

- OK, vous avez parlé de quoi?

- HĂ©, on peut-tu? - Non, on peut pas.

Pas lĂ , OK?

Vous vous ĂȘtes parlĂ© de quoi?

- PremiÚrement, on s'est pas tant parlé, parlé, là.

C'est plus moi.

Je l'ai appelée pour m'excuser, puis prendre de tes nouvelles.

Elle m'a dit que t'avais passé la nuit quelque part,

puis qu'elle sait pas ou.

- C'est tout? - Bien oui.

C'est correct pour toi ou...

Kevin! Je te parle.

Ta mĂšre, je t'ai mis au monde.

Bien oui, toi.

Kevin, dis quelque chose, puis tout de suite.

- Tu vas faire quoi?

- De quoi, je vais faire quoi? Je m'en vais en haut, lĂ .

- Non, si je prends ma retraite demain matin, maman,

je crisse tout ça là, la job, le cash, Santa, la gang, tout.

Toi, tu fais quoi?

- Je suis censée faire quelque chose, moi?

- Bien, je sais pas, c'est quoi le plan avec tes lockers?

- Mon entrepĂŽt, il roule tout seul.

- Tu ne t'en occupes plus?

- A part des petites affaires, des fois.

- Quel genre d'affaires?

- HĂ©, JE, lĂ , qu'est-ce que tu me veux, lĂ ?

Qu'est-ce que je t'ai fait?

- Quel genre de problĂšmes, maman?

(soupir)

- Des malpropres, du monde qui paye pas,

qui respecte pas les heures, qui fait trop de bruit.

- OK, puis qu'est-ce que tu fais dans ce temps-lĂ ?

- Voyons, crisse, tu le sais, je leur donne un avertissement,

sinon j'appelle le numéro que tu m'as donné.

- Il se passe quoi aprĂšs?

- Bien, soit qu'ils qui s'en vont ou bien ils payent.

- MĂȘme ceux que t'as mis dehors, lĂ , ils ont toujours payĂ©?

Hum? Pourquoi, tu penses?

- Ecoute-moi bien, ti-cul.

L'entrepĂŽt, c'est moi qui le gĂšre

depuis que ton pĂšre a remis les pieds en dedans.

C'est ça qui a payé pour ton linge, tes livres d'école,

ton karaté, ta sortie au zoo de secondaire 2, la maison,

ton dentiste, pour tout, calvaire!

C'est pas dur.

Tu comprends tout ça ou t'es trop pogné

dans ton esti de tĂȘte d'innocent?

- C'a peut-ĂȘtre bien payĂ© pour tout ça,

mais c'est qui qui les louait, les units,

les premiÚres années que papa était en dedans? Hein?

- Kevin Larose, as-tu déjà manqué de quelque chose?

(rire)

Regarde-moi dans les yeux, mon gros tabarnac.

As-tu déjà manqué de quelque chose?

Sais-tu il y a combien de monde que je peux appeler

si j'ai besoin de crisser un locataire dehors?

Le sais-tu?

Le sais-tu, il y a combien de monde

qui est prĂȘt Ă  rendre service,

puis aider cette pauvre madame-lĂ 

si elle demande de l'aide?

- Comme qui?

Papa? Mon oncle? Santa?

Puis tu penses que ça va prendre combien de temps

avant qu'ils se mettent Ă  blanchir de l'argent

dans la business, toi?

Deux semaines? Deux mois? Trois?

- Ma business, ç'a pris 10 ans, la rendre legit,

puis j'ai l'intention qu'elle reste comme ça.

Il y en a pas un asti qui va venir blanchir

son argent de marde dans mes affaires, OK?

J'ai une liste longue de mĂȘme de monde qui attend.

- Puis quand il y en a un autre

qui va dĂ©cider de crisser son camp ou d'arrĂȘter de payer

parce que le mot s'est passé

qu'il n'y a plus de conséquences, tu vas faire quoi?

Parce que le numéro que je t'ai donné en cas d'urgence,

il ne marchera plus, puis tu le sais, ça.

(soupirs)

"Checke".

J'en ai glissé un mot à Doreen.

Elle serait prĂȘte Ă  t'acheter l'entrepĂŽt demain matin.

- Ah!

Bien, tu diras Ă  Doreen, avec tout mon respect,

qu'elle peut bien manger de la marde, la vieille Barbie.

Puis avant de me demander de vendre ma business, lĂ ,

occupe-toi donc de régler tes bibittes.

Puis de parler Ă  Nico de ton projet de retraite.

- Nico, tout ce qu'il veut,

c'est de garder le gros bout du bĂąton.

C'est juste, si en partant,

je lui donne l'impression de prendre quelque chose

ou de faire un move, là, ça passera pas,

il va ĂȘtre pas mal plus en tabarnac.

- Bien, il sera en tabarnac!

A un moment donné, il va bien falloir qu'il comprenne

que c'est pas le nombril du monde.

- Maman, je te demande juste de collaborer un peu,

si on veut rester une famille.

- Je le vends pas, mon entrepĂŽt.

T'as fait de moi une grand-mĂšre,

tu feras pas de moi une retraitée en plus.

Je m'excuse.

C'est sorti tout croche.

(cris d'enfants indistincts)

- Esti de plan de marde.

Envoye!

(cris d'enfants indistincts)

- Esti.

Qu'est-ce que tu fais ici?

Hum?

A l'école de mon fils, en plus.

- OK, regarde, ça presse.

- C'est pas toi qui veux pas qu'on te voie avec la police?

Ca doit ĂȘtre important, ton affaire.

Voyons, cĂąlique! Qu'est-ce que t'as, man?

- Ce gun-lĂ , il a servi Ă  tuer Jean-Guy Poitras,

puis une chiée d'autres, je suis sûr.

- OK, cache ça, cùlice!

- Comment, "cache ça"? Prends-le!

- Non.

- Ce gun-lĂ , il a servi Ă  tuer du monde.

Toi, tu le veux pas. C'est une preuve.

- Ouais, c'est une preuve de marde.

- OK. Regarde, c'est Santa qui l'a passé.

- Penses-tu que je peux faire quelque chose avec ça, moi?

Je suis un constable tiret patrouilleur, pas un enquĂȘteur.

- Tu dois avoir un chum. Quelqu'un, je le sais-tu, moi?

Il y a bien quelqu'un qui va vouloir le prendre, ciboire!

- Je peux rien faire avec.

Je rentre ça à l'intérieur,

tu peux ĂȘtre sĂ»r que je me retrouve dans la loupe

des affaires internes.

Puis ça, on veut pas ça.

Fait que cache-le, garde-le, crisse-le au bout de tes bras,

moi, je m'en cĂąlice.

Je veux rien savoir de ça, OK? Hé!

- HĂ©, calme-toi, lĂ , c'est de l'argent, sacrament.

Pour qui tu me prends?

- Nick? C'est Rick.

(gémissement)

Nick, es-tu lĂ ?

Nick, je sais que t'es lĂ , lĂ .

Ecoute, je suis bien correct astheure, hein?

Je prends mon lithium Ă  tous les jours, puis je consulte.

Ah, puis je vais te le dire, ça te refait un alignement solide,

une balle dans le ventre, hein?

Hum...

(expiration)

Ecoute, sens-toi bien Ă  l'aise de dire non, lĂ ,

mais... mais écoute-moi jusqu'au bout avant, OK?

T'écoutes?

Bon, bien, pour faire ça short,

je me suis fait des contacts en dedans.

A force de parler de toi, d'ou on se connaĂźt, bien crisse,

ils ont bien vu que j'étais pas une gougoune.

Puis, tu sais...

ça se parle en dedans que t'es malade.

En tout cas, tout ça pour te faire une histoire courte,

puis te dire que I'm back, baby.

I'm back, back, back.

Rick "the Crooner" Larose est de retour, mon Nick!

Comme dans le temps.

Il y a 2, 3 gars qui m'ont dit

qu'on pourrait avoir une ligne directe

avec la douane de Woburn.

Oxy, Adderall, tout le kit.

Direct d'une pharmacie américaine.

Wouh, les States, baby!

(rire)

Puis tout ce qu'ils veulent,

c'est que tu sois prĂȘt Ă  lĂącher 35% de la load.

Au début, ils demandaient 50%, crisse, mais j'ai "dealé" 35%.

Fait que...

si tu me donnes le go, moi, je "calle" mes gars,

toi, tu parles aux roadies,

puis on se "deale" des arrangements vite fait,

mĂȘme pas le temps de crier "ciseau".

Hein?

(toux, halĂštement)

Tu peux pas dire non à ça, là.

Nick?

Nick!

(gazouillis d'oiseaux)

(vrombissement de moteur)

(soupir)

(soupir)

(soupir)

(soupir)

(cris d'enfants indistincts)

(gargarisme)

(cris d'enfants indistincts)

(coups Ă  la porte)

- C'est... C'est...

Je suis le gars Ă  Rick.

- Je sais t'es qui, je t'ai reconnu.

Qu'est-ce qu'il a fait?

Il est ou?

(exclamation)

- Non, non, non, non, non, c'est...

c'est pour vous.

- Qu'est-ce qu'il se passe?

- C'est le gun qui a tué votre mari.

C'est Santa.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça?

- Je trouvais pas ça juste de vous laisser dans le vide,

de pas savoir s'il allait revenir.

- Il est ou?

(tic-tac d'une horloge)

- Dans le bois.

- C'est toi qui l'as enterré?

(tic-tac d'une horloge)

- Avec Stéphane.

- Puis tu veux que j'aille voir la police Ă  ta place?

(sonnerie de cellulaire)

- Qu'est-ce que tu veux?

- Coudonc, ça va, toi, chose? - Non, ça va pas.

Ca va pas pantoute, man.

Mon plan, il a juste fait brasser de la marde,

comme d'habitude, puis...

- C'est pas grave, pense pas à ça.

Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire?

- Excuse, pour vrai.

(grognement)

- AllĂŽ?

- Sers ça.

- Kev? AllĂŽ?

- Good boy. Good boy.

(grognement)

(sonnerie de cellulaire)

(Il raccroche.)

- Kevin Larose.

Es-tu perdu?

(petit rire)

(respiration haletante)

- C'est la van de mon gars, ça?

(grognement)

- C'est un pas fiable.

Sous-titrage: MELS

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