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["There it is" - Barry White]
Vous me regardez en biais ?
[femme] Je vous regarde pas en biais !
Ah si, je m'excuse !
Vous me regardez en biais !
Ça vous a jamais traversé l'esprit, l'envie de vous faire payer ?
Par qui ?
Des hommes. Des hommes qui vous voudraient.
Moi, j'en veux pas, des hommes. Celui que j'ai, ça me suffit.
Ça me suffit jusque-là !
Eh ben, tant pis pour elle…
Vous savez pas ce que vous perdez !
D'abord, où c'est qui sont, vos hommes ? Moi, j'en vois pas la couleur d'un.
Viens avec moi…
J'ai un bon coin.
Ils savent tous que je suis là. Allez !
Allez, viens, on tapine !
En copines, on tapine !
Tu vas voir, c'est en or.
Y a qu'à faire des sourires. Tu sais faire des sourires ?
[femme] Évidemment que je sais en faire !
Tiens.
C'est là que je tisse ma toile.
Tu t'installes et t'attends.
C'est agréable d'être pute ?
Bonheur…
- Bonheur absolu… - Non, mais sans déconner…
- Du moment que je te le dis… - Je te connais pas, t'es sympa, mais…
"Est-ce que c'est agréable d'être pute ?"
Voilà ce qu'elle me demande, à moi…
Est-ce que j'ai l'air d'une femme qui souffre ?
T'as plutôt l'air d'une belle pétasse.
Marie Arbath, je m'appelle.
Prostituée de mon état.
Et j'ai pas honte de le dire : à l'horizon, aucun problème.
Heureuse dans ma tête,
heureuse dans mon cul…
et côté banque, plutôt garnie.
Moi, c'est Gilberte.
Une mère de famille comme y en a tant…
T'aimes la queue ?
Hein ?
Pourquoi tu me demandes ça ?
Je te signale que tu tapines, hein…
Si tu tapines, c'est que t'aimes la queue, va pas nous jouer les offusquées.
T'as pas envie d'un homme ?
- Si. - Eh ben alors, dis-le !
Mais je le dis !
Mais regarde-moi ça comme t'es fagotée !
On dirait que tu vas aux vêpres.
Une femme, faut que ça s'aère ! Hein ?
Faut que ça donne envie de musarder !
Tiens, justement, en voilà un…
Un quoi ?
Un homme.
Un fiancé.
Un fiancé de la nuit.
- Où est-ce que tu le vois, ton fiancé ? - Ta gueule.
Je le vois pas, mais je l'entends.
Toi aussi, tu l'entends.
Écoute le bruit de ses pas.
[pas approchant]
C'est vrai que c'est excitant…
Prépare-toi à frémir…
Mon Dieu, pourvu qu'il soit pas moche !
Un homme n'est jamais moche pour qui sait le regarder.
["Love is the Icon" - Barry White]
Bonsoir.
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir.
[Marie] T'aimes pas ça, les putains ?
Si.
Si, si.
[Marie] Ben alors, fais ton choix…
Ça vient.
Ça vient.
Ouais, ben, ça vient pas vite, moi, j'ai autre chose à faire.
Je paie ma baby-sitter pendant que tu te rinces les yeux.
Tiens, je te présente Mona.
Tu vas t'appeler Mona.
T'es son premier client.
Je compte sur toit pour l'honorer.
Vous êtes une occasionnelle ?
Allez, hop, tu emmènes ! Dès que ça mord, tu emmènes.
Faut pas laisser mollir.
Allez, viens, mon chéri, y a Mona qui t'emmène…
Mais par ici, tu l'emmènes ! Il est par là, l'hôtel ! Allez !
Tu demandes la clé du 12.
[Gilberte] Dis donc…
Combien je lui demande, moi ? Je connais pas le tarif.
Mais t'occupe pas du tarif. Ce qui compte, c'est l'émotion.
Je veux me faire payer ! Je veux pas me donner pour rien.
Ah, mais tu te donnes pas pour rien, tu te donnes pour le plaisir !
Allez, hop ! On t'attend.
L'étroitesse du point de vue,
le manque d'ambition du raisonnement,
pognon, pognon, mais il tombe tout seul, ton pognon !
Donne d'abord du bonheur, avant de compter tes sous !
Moi, ce que je vends, c'est de l'amour.
Du vrai.
Du pur.
De la grande musique, je leur fais entendre…
Venez vous faire déglinguer.
Je vous garantis, vous êtes plus le même quand vous m'avez connue.
C'est au sixième étage.
Je compte sur toi pour rester calme, l'immeuble est habité.
C'est le meilleur moment, quand on monte l'escalier.
Tu trouves pas ?
On a toujours l'impression que c'est la première fois.
Ah !
Arrête.
S'il te plaît, arrête !
Je te demande d'arrêter…
J'entends ton cœur qui bat…
Le mien aussi, il bat, d'ailleurs…
Très fort…
Tu sens comme on approche ?
Oui, je sens…
Tu la sens, la chaleur de mon lit que je vais ouvrir pour toi ?
Oui, je la sens…
Encore un petit étage et on est arrivés.
[cris indistincts]
Mais attends ! Attends !
On va pas le faire sans protection. Faut que je te mette ta protection…
Oh !
Ben dis donc, t'es excité, hein ?
- Ben ouais. - C'est moi qui te fais cet effet-là ?
- Ah ouais ! - Mais tu vas pas me gicler dessus, hein ?
[une femme crie]
Tu veux jouir dans mes mains ? [il gémit]
Mais c'est un petit peu dommage… [il gémit]
Y a des filles,
tout ce qu'elles touchent, ça se transforme en fontaine…
Je suis née avec un don.
C'est de faire jaillir la sève.
Même en automne, les feuilles repoussent.
C'est le printemps toute l'année.
Vous n'avez pas de problème cardiaque ?
J'ai toujours peur d'un cœur qui lâche…
Allez, venez, monsieur…
Encore un petit effort et on est arrivés…
Là-haut, j'ai des gâteaux. On va se faire un goûter.
Bon, ben, pour commencer, moi, je vais faire un gros pipi, hein…
Vous vous installez et je vais faire pipi. Hein ?
Vous n'êtes pas sourd ?
Vous entendez ?
Vous vous installez et je vais faire pipi.
Mais bien sûr qu'il entend !
Il entend parfaitement ! Allez…
Venez.
Je vous emmène.
Je sais que c'est pas très convenable, mais je vous emmène quand même !
C'est une faveur, vous savez…
Faites voir votre portefeuille, avant que je m'exécute…
Combien vous me donnez pour ma pudeur perdue ?
Mille ?
Deux mille ?
Vous me donnez des images,
moi, je vous joue de la musique.
[chuchote] Marie, je m'appelle.
Vous vous souviendrez ? Marie.
J'ai un défaut.
Je suis un petit peu cochonne.
[elle urine]
La prochaine fois, on fera l'amour.
Je te promets. Tu verras.
Et sois bien prudent en descendant, hein ?
Va pas nous faire une chute…
Voyez pas ça qu'il me pète un fémur ?
Moi, je vous aime bien, les vieux.
C'est du travail, mais je vous aime bien.
Non, mais c'est vrai, c'est émouvant, un homme qui a sa vie derrière lui…
toutes ses amours enfouies,
qui pense plus qu'à mourir… Hé !
Hop là… Attention à la marche…
Vous l'installez dans son fauteuil,
vous prenez quelques poses,
quelques…
jolies postures…
deux, trois paroles coquines glissées dans le fond de l'oreille
et hop là…
dans votre main, y a un oiseau qui se réveille…
Oui, ben dis donc, il se réveille pas, hein ?
Oui, mais je suis âgé !
- Oui, mais ça fait une heure… - Une heure que quoi ?
Ben, une heure que je t'émoustille…
C'est vexant, je te signale…
Moi, j'en ai marre, j'arrive à rien aujourd'hui…
- Mais moi non plus, j'arrive à rien ! - Oui, ben, je m'en aperçois, hein !
- Allez, hop, je te mets dans l'armoire ! - Comment ça, dans l'armoire ?
Dans l'armoire, je te dis, dans l'armoire !
Mais qu'est-ce que je vais y faire, dans l'armoire ?
- J'en veux pas, de ton armoire ! - Oui, ben, t'y vas quand même !
Allez, ouste !
Et sage, hein ?
Marie revient tout de suite…
[il gémit] Attends ! Merde !
On a oublié la capote.
On a oublié la capote !
[elle crie]
T'es complètement con ! Pourquoi tu m'as mordu ?
Pour que tu mettes ta capote.
- Oui, ben, t'as qu'à me la mettre ! - Oui. Attends, je te la mets…
- Oui… - Allez…
- Voilà. - Bon…
- Je peux te baiser, maintenant ? - Oui.
Vas-y, dépêche-toi.
[gémissements]
Ah ! Continue ! Continue !
C'est à mon tour, maintenant !
[elle gémit]
[elle crie]
[elle gémit]
[elle gémit]
Non, mais dis donc, tu jouis ?
[Marie] Ben, évidemment que je jouis…
Et c'est moi qui te fais jouir ?
[elle rit]
[Marie] Ben, faut croire…
C'est pas le pape.
Mais t'es une fille sublime…
Oui, ben, les commentaires, on les fera un autre jour !
Pour l'instant, tu te débines, y a quelqu'un qui m'attend.
- [client] Mais je t'ai même pas payé ! - Allez…
C'est moi qui devrais te payer !
Mon Dieu, pourvu qu'il soit pas mort…
[grincement]
Oh…
C'est gentil de revenir me voir…
Justement, je me sentais un peu triste…
Je me disais…
"Plus personne s'intéresse à moi…
"plus personne ne m'aime…"
Mais vous savez, je vous racole pas…
Si ça se trouve, vous passiez là par hasard…
Je voudrais…
Je voudrais remonter les escaliers…
["Come on" - Barry White]
Vous ne prenez pas vos fleurs ?
Des beaux salauds, hein, tes employeurs ! Tu pourras leur dire !
Merde, alors…
Hé !
Tu vas pas dormir là, tu vas te faire attaquer par un rat !
Ho ! Mon gars !
Faut pas rester là ! Va y avoir des rats !
Près des poubelles, y a des rats !
Reste pas près des poubelles !
Pourquoi tu vas pas te mettre dans la galerie ?
Y a des bons coins dans la galerie.
Vous auriez pas une petite pièce ?
[Marie] Comment ?
Vous auriez pas une petite pièce ?
Il veut une petite pièce, mais…
moi, j'ai pas de petites pièces, moi, j'ai… j'ai que des gros billets.
Une petite pièce…
Pour demain matin…
Pour boire un jus, manger quelque chose…
T'as mangé, aujourd'hui ?
Un sandwich.
[Marie] Et hier ?
Un sandwich.
Fallait que ça tombe sur moi…
[SDF] Allez, madame, une petite pièce, quoi…
Une petite pièce pour un vieux frère…
On va monter chez moi, je vais te faire chauffer un truc.
[SDF] Quoi ?
On va monter chez moi, je vais te faire chauffer un truc.
Allez, ouste !
Il doit me rester un bout de blanquette.
Ça te dirait, de la blanquette ?
[il expire]
Avec un bon coup de rouge ?
Merci beaucoup, madame.
Mais c'est pas le pain qu'il faut manger, c'est la viande…
Ouais, mais avec le pain, je peux le tremper dans la sauce…
Elle est bonne, votre sauce.
Et le pinard aussi, il est bon.
C'est du bon.
Mais tu veux pas…
enlever ou un deux manteaux ?
J'enlève jamais mes manteaux.
J'ai trop peur qu'on me les pique.
Y a des mecs, quand tu dors, tes manteaux, ils te les piquent.
Vous auriez pas un petit café ?
Je vais te le faire, ton café.
Merci beaucoup, madame.
Faudra pas oublier ma petite pièce, aussi, hein…
Merci, madame, c'était vraiment aimable. Très aimable.
Et où tu vas, maintenant ?
Ah, je vais me trouver une bonne planque…
Tu veux pas dormir là ?
Où ça ?
Ben, chez moi…
Hein ? Tu te mets dans un petit coin et puis… au moins, tu seras au chaud.
T'as qu'à te mettre près du radiateur…
Ben, c'est pas de refus, ça.
[ronflement]
[musique religieuse sombre]
Regarde…
Regarde…
C'est pour toi…
T'as pas envie d'amour ?
Je suis très douce, comme fille…
Il paraît que me baiser, c'est à devenir cinglé…
T'as pas envie de souffrir un peu ?
[SDF] Tu vas fermer ta gueule ?
Hein ?
[SDF] Je te demande si tu vas fermer ta gueule.
Oui, je vais la fermer.
[SDF] Retourne-toi sur le lit.
Comment ?
[SDF] En position levrette.
Oui.
Tout de suite.
Voilà.
Ça y est…
Bon, maintenant, tu bouges plus.
Non, je bouge plus.
Ta gueule.
Oui.
T'as une capote ?
Dans mon sac.
[musique religieuse intense]
Oh oui…
Viens…
Viens…
Viens…
[elle gémit]
[elle gémit]
[SDF] Demande.
Je demande.
[SDF] Qu'est-ce que tu demandes, exactement ?
Que tu me baises.
Je te baiserai tout à l'heure. Pour l'instant, je fume.
Je fume, je te dis !
Sans blague !
[SDF] Ça t'a pas plu, la baffe ?
Si. J'ai adoré ça.
Comment tu t'appelles ?
[chuchote] Marie.
Moi, je me souviens pas bien de mon nom…
Je crois que c'est Jeannot, mais je suis pas sûr…
Moi, je suis pas très sûre non plus…
mais je crois bien que je suis pute.
Viens te faire baiser, au lieu de causer.
Moi, j'ai envie de voir un peu de peau…
[musique religieuse]
[elle gémit]
[elle gémit]
Plus fort…
Encore !
[elle gémit]
Jeannot !
Jeannot !
Je t'aime…
Je t'aime !
[elle gémit]
Oui !
Oui !
[elle gémit]
[Jeannot] T'en veux encore ?
Non, merci…
Je préfère attendre un peu…
Va me chercher une bouteille.
[Marie] Une bouteille de quoi ?
De vin.
Pourquoi t'as mis ta chemise de nuit ?
Pour te donner envie de rester.
Pour que tu te sentes chez toi.
Tu veux pas être mon mac ?
Ton mac ?
Oui.
Puis moi, je t'appartiendrai.
Mais qu'est-ce que t'entends par "mac" ?
Ben…
tout ce que gagne, je te le donne.
Je me fais cinq mille par jour.
Si je me secoue, je peux doubler.
Monter jusqu'à la brique.
Et tu me donneras tout le pognon ?
Je te donnerai tout le pognon.
Et toi ? Si jamais t'en as besoin ?
Je t'en demanderai.
Et si je refuse de te le donner ?
Ben, tu seras un vrai mac.
Ouais, mais les macs, c'est des salauds. Et puis ils battent leur femme !
Toi, tu seras un mac gentil.
Un mac attentionné.
Qui emmène à la boxe.
Qui fait des petits cadeaux.
Qui pense aux anniversaires.
Ça me plaît pas beaucoup, ton histoire.
Faut que je réfléchisse.
Oui, c'est ça, réfléchis.
Pendant ce temps-là, je vais te montrer ce que c'est qu'une femme amoureuse…
[il expire]
Ça va t'aider à réfléchir…
[chuchote] Marie…
Oui…
Je t'aime…
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je t'aime.
Tu peux me le répéter ?
Hein ?
Je t'aime !
Excuse-moi, je comprends rien.
T'articules tellement mal !
Et maintenant, des croissants. Vite !
Des croissants chauds pour mon Jeannot !
Pendant ce temps-là, le café qui coule…
Je vais te servir comme un roi !
La vie sur un plateau !
Excusez-moi, mesdames.
J'ai… J'ai un homme dans mon lit.
- J'ai peur qu'il se débine. - Vous voulez des croissants ?
Oh mon Dieu, mais la pauvre petite ! Elle est blanche comme un linge !
Oh, moi, je me souviens, un jour, je m'étais tellement donnée…
Merci pour ce bonheur…
Merci pour ce cadeau…
Merci pour la chance que vous me donnez…
Même si c'est pas une chance…
On peut savoir ce qui se passe ?
Vous êtes Marie Arbath ?
Oui.
Prostituée ?
Oui.
Pourquoi vous êtes prostituée ?
Mais qu'est-ce qui se passe soudain ? On a plus le droit d'être pute ?
Personne m'a obligée, hein, si c'est ça que vous voulez savoir…
Je suis pute par vocation.
J'aime bien l'argent.
J'aime bien les hommes.
J'aime bien vendre du rêve.
["Practice what you preach" - Barry White]
[il rit]
Maquereau…
Ah !
[il rit]
Maquereau…
Plaisir des premiers pas dans l'air vif du matin…
Avoir le menton frais…
Laisser dans son sillage des effluves d'eau de toilette…
Tous les jours, un caleçon propre…
Des chaussures impeccables…
Ah, Marie, Marie…
Quel gentil petit bout de femme…
Vous connaissez ce monsieur ?
C'est à moi que vous demandez ça ?
Évidemment que je le connais, c'est mon homme.
Et son passé ? Vous le connaissez ?
Je m'en fous, de son passé.
Moi, c'est sa peau qui m'intéresse.
Chaque millimètre de sa peau.
Mais qu'est-ce que tu fais là ? T'as déjà fini ta promenade ?
Dès que je m'éloigne, c'est effrayant, tu m'envahis la tête.
Mais faut que tu t'habitues, que tu te enhardisses un peu…
Eh ben, j'y arrive pas !
Je savais que tu t'habillais…
je voulais te voir t'habiller.
Oh !
Mais Jeannot, faut que je travaille !
Travail, toujours travail…
Je vais quand même pas passer toutes mes journées dans les rues !
Bonjour, monsieur Jeannot ! Un petit café serré ?
Un petit café serré.
T'énerve pas, mon Jeannot…
Prends la vie comme elle vient.
Écoutez, mademoiselle…
J'ai une belle petite femme dont je suis amoureux,
mais si vous continuez à me présenter vos seins, qui sont d'ailleurs superbes,
moi, je réponds plus de rien. Je vous en supplie, fermez votre blouse !
Je vous demande pardon, monsieur.
C'est la direction qui nous oblige.
Où est-ce que vous m'emmenez ?
Vous m'emmenez déjeuner ?
J'ai pas le temps de déjeuner !
J'ai juste une demi-heure !
Une demi-heure ? Ça suffira.
[aspirateur]
Tu veux gagner combien ? Mille ? Deux mille ?
Mais je me fais pas payer !
Mais faut toujours se faire payer ! Une fille comme toi, ça se fait payer !
T'en veux pas, de mon argent ?
- J'ai pas dit ça. - Mais qu'est-ce que t'as dit, alors ?
[chuchote] Mais rien.
Rien du tout.
T'éprouves un peu de désir pour moi, quand même ?
Mais oui…
Oui…
[Jeannot] Tiens, là, par exemple…
Si je te caresse…
à l'intérieur de la culotte, hein…
quel effet ça te fait ?
J'aime.
Mais j'aime…
Bon, ben, les affaires reprennent.
Elle est bien, cette petite.
Sanguine, on va l'appeler, tiens.
Ça lui va bien, Sanguine.
Sanguine !
Mais je m'appelle pas Sanguine…
Moi, je t'appelle Sanguine. C'est un nom qui donne soif
et les noms qui donnent soif, ça fait marcher le commerce.
Quel commerce ?
[Jeannot] Quel commerce, quel commerce…
Elle me demande quel commerce…
Tiens, regarde ce que je t'apporte.
Tu peux compter, y a cinq mille balles.
C'est ce que tu vaux, ma petite chérie.
C'est ce que tu vaux, pour moi.
Et si j'avais plus…
je te donnerais plus…
Alors ?
Ça te fait quoi d'être une pute ?
Je te pose une question. Là, en ce moment, ça te fait quoi d'être une pute ?
Oh, me dis pas que tu y avais jamais pensé avant de me rencontrer…
Si ?
T'y avais jamais pensé ?
Mais là, en ce moment…
t'y penses ?
Hein ?
T'y penses, pas vrai ?
Toutes, elles y pensent. Évidemment qu'elles y pensent.
Ce qu'il faut, c'est les aider.
Je peux vous aider à traverser ?
Mais… je traverse très bien toute seule !
Ben oui, mais moi, je vous protège.
J'en impose aux voitures…
Voilà, ça devient un jeu d'enfant !
Tenez, regardez, vous êtes déjà de l'autre côté.
Merci beaucoup, monsieur.
Je vous en prie, madame.
Avouez que c'est amusant comme entrée en matière.
Oui. C'est très amusant.
- Bonjour. - Bonjour madame, bonjour monsieur.
[Jeannot] J'aimerais une chambre avec un grand lit, s'il vous plaît.
Oui, je regarde ce que nous avons de disponible.
[elle se racle la gorge]
[il tape sur le clavier]
[elle gémit]
Y a des mecs, dans la vie, ils naissent avec un don.
Moi, mon truc, c'est ma queue.
Elle m'obéit au doigt et à l'œil.
Je lui dis de me faire un carton et elle me fait un carton.
Et les femmes sont très sensibles à ce genre d'argument…
Hein, que tu es très sensible, chérie, à ce genre d'argument ?
Tu veux toujours de moi ?
Oh…
Il me demande si je veux toujours de lui…
Oh…
Il faut qu'on convienne d'un truc, tous les deux.
D'un truc très important.
Quel truc ?
Tu me dis "dehors" dès que t'en as marre.
OK ?
OK, Jeannot. OK.
Tu me dis "dehors" et puis, moi, je m'en vais.
Ouais, je te promets, Jeannot.
Mais pour l'instant, ça va.
J'aime pas ça, être maquereau.
- Mais t'es pas un maquereau… - J'aime pas ça, je te dis !
Discute pas quand je te parle.
Je suis un gentil maquereau ?
Un très gentil maquereau.
- Je t'ai pas encore mis de baffe ? - Non, tu m'as pas encore mis de baffe.
Eh ben là, je t'en mets une !
- Tu l'as pas venue venir, celle-là ? - Ben ça, non, je l'ai pas venue venir…
Faut que t'apprennes à sentir quand la baffe, elle va partir.
Hein ? Regarde.
Tu la sens, la baffe ?
- Heu… Oui, je la sens. - Eh ben alors, faut que tu l'évites !
Hein ? Esquive, rotation du buste.
Tiens, regarde.
Mets-m'en une.
Hop là ! Tu vois ? Mets-m'en une autre, mets-m'en une autre.
Allez, hop là ! Tu vois ? Tu me touches même pas.
Moi, je te touche, par contre. Hein ?
Et puis je t'en mets une derrière !
Esquive, putain, esquive…
Anticipe sur la baffe, hein, sinon, tu vas marquer.
Je te fais pas mal, au moins ?
Ah non, parce que sinon, j'arrête, hein… Tu me dis.
Ça va.
[chuchote] Oh… Mon amour…
Me dis pas que je te fais peur…
Peur, pas du tout.
Un mac, ça donne des baffes. Sinon, c'est pas un mac !
Tu veux pas que je te mette un peu de musique ?
Des fois, ça calme, un peu de musique…
Ben…
qu'est-ce t'as comme musique ?
Ben…
j'ai un beau Vivaldi…
ou sinon, du Barry White.
Bon, ben, Barry White…
["Whatever we had, we had" - Barry White]
Tu veux toujours que je sois ton mac ?
- Oh ! - Tu veux toujours que je sois ta pute ?
Abîme pas mon matos, ça peut toujours servir…
Ah ben, bravo ! De mieux en mieux ! C'est la grande tradition !
C'est dégueulasse de m'humilier devant une femme que j'aime.
- Mais c'est laquelle tu aimes ? - Ta gueule. Occupe-toi de tes couilles.
Qu'est-ce que t'as dit ? Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Il a rien dit du tout. - Ah !
Tiens ! Toi, tu gardes ton cul sur ta chaise !
Ton cul, il sait où il est, ton cul ?
- Ton instrument de travail ! - Vous pourriez être poli, non ?
En quel honneur ?
On est entre voyous, non ?
[Sanguine] Jeannot !
Mais vous êtes complètement cinglés ou quoi ?
- Et c'est qui, celle-là ? - Une autre !
- Une autre quoi ? - Une autre copine de ton copain.
Garde ton cul sur la chaise !
[le téléphone sonne au loin]
Je savais que ça te ferait plaisir d'aller au restaurant.
Mais toi, tu sais toujours ce qui me fait plaisir…
J'ai plein d'idées pour te faire plaisir.
Oh ! Me dis pas lesquelles, Jeannot, me dis pas lesquelles…
Y a beaucoup de choses qui vont changer.
Qui vont changer comment ?
Du tout au tout.
Ah bon ?
C'est bien gentil, tout ça,
notre belle petite association, ça fonctionne à merveille,
mais moi, y a des trucs, j'en ai ma claque.
Mais quoi, Jeannot ?
Qu'est-ce que j'ai fait qui t'a déplu ?
Hein ? J'ai fait quelque chose qui t'a déplu ?
D'abord, j'ai pas une pièce à moi.
Pas un endroit où je peux me poser.
Toute la journée, pendant que tu bosses, je me traîne en ville,
je vais de bistrot en bistrot.
Hein ? Je suis bien sapé, j'ai une belle montre,
mais je suis toujours dans la rue.
Eh ben, on va déménager, prendre quelque chose de plus spacieux…
Il suffisait de le dire, mon amour !
Mon amour ! Ça te ferait plaisir qu'on déménage ?
Oui, ça me ferait plaisir.
Ça m'arrangerait bien. Que je puisse aller et venir.
Je suis une pute amoureuse !
C'est interdit par le code pénal, ça, d'être une pute amoureuse ?
Hein ? Elle a pas le droit de se blottir contre quelqu'un, la pute,
quand sa journée est terminée ?
Moi, je sais rien faire d'autre, dans la vie, à part l'amour.
Je suis chaude, j'aime ça !
C'est de ma faute si je suis chaude ?
Hein ? Et je paye mes impôts, j'emmerde personne !
J'ai le droit de faire ce que je veux chez moi, y compris vivre avec un homme,
l'avoir dans la peau et même lui donner mon pognon si ça me chante !
Le pognon que je gagne avec mon cul !
Vous reconnaissez donc que monsieur Bourdelle Jean,
ici présent,
vit bien sous votre toit et que vous subvenez à ses besoins ?
Bon, ben voilà, c'est quand même mieux…
Pendant ce temps-là, je peux m'occuper.
["Love is the Icon" - Barry White]
Vous désirez boire quelque chose ?
Whisky ?
Champagne ?
Un thé ?
Hé ! Ça t'ennuierait de sortir Kiss Me ? J'ai l'impression qu'il a envie.
Ben, mon vieux, faut te dépêcher, moi, j'ai autre chose à faire,
y a mon casse-dalle qui s'impatiente !
- [Jeannot] Bonjour, M. Hervé ! - Comment ça va, mon brave ?
Comment va notre oiseau ?
Eh ben…
Cochon, où tu étais ?
Ça fait des mois que je t'ai pas vu !
Moi, je croyais que t'étais mort !
[client âgé] Mais non, mais non ! Mais pas du tout !
Au contraire !
Monsieur a eu son contentement ?
Faudrait enlever le body !
Hmm ?
Faudrait enlever le body !
Ses conditions de travail, depuis que je m'occupais d'elle,
étaient nettement meilleures, y avait pas de comparaison,
le standing avait changé.
Voilà le café de monsieur. Je vous ai mis vos sucrettes.
Regardez ça, mon vieux.
Regardez comme c'est beau…
On a le soufflé coupé.
Ah, monsieur va se régaler…
Je suis sûr que vous bandez.
Moi, monsieur ? Pas du tout.
Qu'est-ce que vous racontez ?
Vous bandez comme un âne !
Mais monsieur, c'est normal. Le spectacle est poivré.
Eh ben, alors, baisez-là !
Qu'est-ce que vous attendez ?
D'avoir mon âge ?
Mais je la baise, monsieur ! Je la baise régulièrement.
Oui, mais quand vous la baisez, moi, je ne suis pas là pour voir !
Moi, ce que je veux, c'est voir !
Voir cette merveille prendre son plaisir !
Je suis sûr qu'elle jouit comme une diva…
Mon garçon, s'il vous plaît…
Petite démonstration…
Fais plus jamais ça, t'as compris ? Plus jamais, hein ?
Mais il t'a pas touché, il t'a juste regardé !
Plus jamais, je te dis !
Plus jamais.
[cris d'enfants]
Tiens, Jeannot.
C'est ma clé.
C'est la clé de mon appart.
Je veux qu'elle soit dans ta poche.
Tu peux venir quand tu veux, sans prévenir ni frapper.
Tous les jours, je t'attendrai.
["Don't you want to know?" - Barry White]
Bon, ben, quand même, c'était le bon temps…
Moi, je me souviens d'une époque belle,
tendre,
toute en courbes féminines…
Marie…
Sanguine…
Mélissa, qui va pas tarder à arriver…
Pourquoi il faut toujours que ça s'arrête, les grands moments de bonheur ?
Ça dérange qui, le bonheur ?
Bon, ben, bien sûr, il fallait fournir…
On dit : "Un mac, ça travaille pas."
Si, ça lime.
Tenez, là, bon, par exemple,
j'ai un moment tranquille.
Je raccommode un soutif.
Mon rôti de veau mijote.
Dans cinq minutes, j'ai comme projet d'aller me taper une bière fraîche.
Bon, ben, y a rien à faire…
Va falloir encore limer.
Vous voyez pas que je suis occupé ?
Vous pouvez pas mettre un peignoir ?
D'abord, pourquoi vous me regardez ?
Qu'est-ce qu'elles ont toutes à me regarder ?
C'est elle, Mélissa.
Reconnaissez que je suis poursuivi.
Se dérober, se dérober…
On peut toujours se dérober.
Mais moi, quand je pense au chômage,
refuser du boulot, je trouve que c'est pas moral.
Surtout quand on aime son boulot.
[effort]
Mais pourquoi je me laisse faire ?
Mais pourquoi je me laisse faire ?
Vous reconnaissez également avoir donné à monsieur Bourdelle Jean
la somme de 109 000 francs,
pour l'achat d'une Fiat Cabrio,
intérieur cuir,
qu'il a ensuite offerte à mademoiselle Sarah Vézaian, ici présente ?
Je connais pas de mademoiselle… Vézaian.
Un cadeau ?
Un cadeau pour Sanguine.
Un gros ou un petit ?
Ah, faut trouver !
Oh, mais Jeannot, c'est excitant !
Qu'est-ce que ça peut bien être ?
Il est là, il t'attend.
C'est dans la bijouterie ?
Non. C'est pas dans la bijouterie.
Dans la bijouterie, y avait juste le porte-clés.
Oh, Jeannot !
C'est une voiture ?
Ben, je sais pas, moi, y a une clé.
Oh, Jeannot !
C'est laquelle ?
[crissement de pneus]
Moi, je veux te donner à tous les hommes…
Que tous, ils te possèdent…
Tu sais ce que c'est, un proxénète ?
Mais il peut pas être proxénète ! Quand je l'ai connu, il crevait de faim,
il était à moitié mort de froid, il avait même pas la force de tendre la main
pour mendier une pièce.
Vous lui avez tendu la vôtre ?
- [Marie] De quoi ? - De main.
Il avait rien, moi, j'avais tout. C'était normal qu'on partage !
Il s'en foutait que je sois une pute. Il le savait même pas.
Tout ce qu'il voulait, c'était du pain… Du pain et de la chaleur.
Tu vois, là, par exemple, t'es assise à un bar…
Bon, ben, c'est rien du tout !
Me dis pas que ça te fatigue…
T'as qu'à être belle et patienter.
Oui, mais j'ai l'air d'une pute.
[Jeannot] Non, t'as pas l'air d'une pute ! Qu'est-ce que tu vas chercher ?
Une étrangère un peu perdue, c'est tout.
Et qui sera très heureuse, moi, je le sens,
si, par hasard, un galant homme vient lui offrir un verre.
Faut faire des expériences dans la vie !
Tu t'en vas pas trop loin, hein ?
Je suis là ! Je suis là.
Tiens, regarde.
J'ai rendez-vous avec un client japonais.
[brouhaha]
je veux pas être pute, Jeannot.
[Jeannot] Oui, Sanguine.
T'as raison.
Même par amour pour toi.
Oui, Sanguine, t'as raison.
Va pas gâcher ta vie.
Je te dis au revoir, Jeannot.
[Jeannot] Je te dis au revoir, Sanguine.
Anicroche, rien de méchant…
À mon avis, elle tient pas huit jours…
Par contre, ce qui serait judicieux,
ce serait de trouver un fleuriste.
Jeannot !
Jeannot ! Jeannot !
Qu'est-ce que je vous avais dit ?
Je vais faire une nouvelle tentative, Jeannot.
Je vais voir si j'y arrive.
Laisse-moi encore une chance.
Attaque à deux mille balles. En-dessous, tu marches pas.
Oui, Jeannot, je te promets.
Les écoute pas, Marie… Leur dossier tient pas debout.
Tu me trouves un avocat, dans six mois, je suis dehors.
[cloche d'ascenseur]
[klaxon dehors]
Vous êtes monsieur Michel ?
[homme] Oui.
Sanguine.
C'est joli, ce petit ensemble…
C'est un truc italien ?
Non, c'est Simone Pérèle.
C'est bien ce qu'elle fait, Simone Pérèle.
C'est très bien.
Viens.
On va aller dans la salle de bains.
Tu vas te laver les mains.
Tu vois, ça, pour moi, c'est le comble de l'intimité.
Être dans une salle de bains, avec une femme en petite tenue.
Enlève tes bas et ton porte-jarretelles.
J'aime pas trop ça, le coup des bas et du porte-jarretelles.
Je préfère culotte et soutien-gorge, beaucoup plus intime…
Puis t'enlèves tes bijoux, aussi. Ça te protège, les bijoux.
Moi, je veux que tu sois fragile.
Qu'est-ce que c'est que ces larmes ? Tu pleures ?
[elle sanglote]
Non, mais elle pleure vraiment !
Oh… Mon petit, mais qu'est-ce qui se passe ? Hein ?
J'ai été indélicat ?
J'ai pas envie d'être pute.
T'as pas envie d'être pute ?
J'ai pas envie d'être pute. Je voudrais rentrer chez moi.
Je voudrais aller me coucher.
Oh, monsieur, s'il vous plaît, je vais vous rendre votre argent…
Y a quelqu'un qui t'oblige à faire le métier de pute ?
Non, personne.
Y a personne qui m'oblige.
Alors, pourquoi tu le fais, puisque ça te fait vomir ?
Réponds à ma question !
Je suis l'inspecteur Marvier.
Brigade de répression du proxénétisme.
Où est le mec qui t'oblige à te vendre ? Quel est son nom ? Je veux tout savoir.
Réponds !
Mademoiselle Vézaian,
pourriez-vous répéter devant mademoiselle Arbath,
qui n'a pas l'air de bien comprendre, les déclarations que vous nous avez faites
sur la nature de vos rapports avec monsieur Bourdelle ?
Non.
Non, je ne peux pas.
- [inspecteur] Et pourquoi donc ? - Je ne peux pas.
Je ne peux pas.
Relisez la déposition de mademoiselle Vézaian.
[homme] "Vézaian Sarah,
"40, montée des Fleurs, Lyon 4ème.
"Profession : manucure.
"À la question : 'Depuis combien de temps connaissez-vous monsieur Bourdelle ?',
"réponse : 'Depuis six mois.'
"À la question : 'Au bout de combien de temps
"'êtes-vous devenue la maîtresse de monsieur Bourdelle ?',
"réponse :
"'Le premier jour.'
"À la question : 'Avant de connaître monsieur Bourdelle…'"
[musique religieuse intense]
[quelqu'un en talons approche]
T'en connais un, toi, d'avocat ?
Évidemment que j'en connais un.
["Come on" - Barry White]
T'es sûre qu'il va venir, ton avocat ?
Il m'a dit qu'il viendrait, ça veut dire qu'il viendra !
T'as confiance dans un homme, toi, maintenant ?
Toi, je te signale que je suis avec toi, mais c'est pas parce que t'es ma copine !
Hein ?
D'abord, tu me colles !
J'ai pas besoin de toi et je suis capable de régler mes affaires toute seule !
- C'est pas la peine de t'énerver, hein… - Je m'énerve pas du tout ! Hein ?
Mon mec est en cabane, je reste parfaitement calme !
Tiens, remets-nous une tournée, toi, le pois chiche !
- [barman] C'est demandé gentiment ? - C'est demandé gentiment !
On pourrait peut-être s'adjoindre ?
Vous voyez pas qu'on est soucieuses ?
Nous aussi, on est soucieux !
Tout le monde se fait du souci en ce moment !
Dégage tes couilles et fais pas chier.
- Tiens, remets-nous deux whiskies. - Dégage tes couilles, je te dis !
Combien de fois faut te le dire ?
Moi, plus jamais un homme me touche !
Et d'abord, comment je fais pour vivre ?
Hein ?
Tu la connais, la réponse à cette question ?
Comment je fais pour vivre ?
Ça…
il va nous manquer, hein…
Il va pas nous manquer !
Il va me manquer. À moi !
Et toi, tu vas l'oublier. OK ?
Tu vas l'oublier !
Tu l'as jamais connu !
C'est moi qui l'ai connu !
C'est moi qui l'ai recueilli !
C'est moi qui lui ai tout donné !
Et c'est moi qui ai tout faux !
Et d'abord, qu'est-ce qu'il fout, cet avocat ?
Lui aussi, il se débine ?
Et si on foutait le camp ?
Pour quoi faire ?
Notre vie !
Sans lui ?
Mais moi, j'ai froid sans lui, tu comprends ?
J'ai froid !
Comment tu faisais avant ?
Avant quoi ?
Avant de le rencontrer !
Je l'attendais.
J'étais pute !
Et toutes les filles attendent l'homme, hein !
L'homme…
Nom de nom, l'enfoiré !
Et il est en taule !
Ben, il va y rester, maintenant !
Comme ça, il fera plus de mal !
Moi, il me faisait du bien !
Moi aussi.
Trop de bien !
Une femme, faut pas lui faire trop de bien, sinon, elle devient folle !
Comment t'as fait pour devenir pute ?
Hein ?
Réponds à ma question !
Comment t'as fait pour devenir pute ?
Moi, j'ai bien essayé, j'y suis pas arrivée !
Et si on allait dans une église ?
Une église ?
Pour quoi faire ?
T'as autre chose à proposer ?
Allez… Viens, discute pas.
On va prendre un peu l'air.
Tiens, voilà l'avocat…
Ben, t'arrives trop tard, mon gars.
On a plus besoin de toi.
On a eu besoin de toi et puis on a parlé…
et puis on vient de s'en apercevoir, on a plus besoin de toi.
Et je présente la fille qui m'a sauvé la vie.
Comment tu t'appelles, déjà ?
Sarah.
Sarah.
Sarah Vézaian.
Et en quoi elle t'a sauvé la vie ?
Je crois qu'elle m'a botté le cul !
Vous voulez pas que je vous prête mon châle ?
J'ai l'impression que vous avez froid.
Merci beaucoup, madame.
Oui, on a un petit peu froid…
Quand on a froid, faut se réchauffer.
Moi, je viens ici pour me réchauffer.
La solitude,
c'est trop terrible.
[brouhaha]
Moi, plus jamais je serai pute.
Qu'est-ce que tu vas devenir ?
Je vais me trouver un petit gars
et je vais lui faire deux gosses.
Un petit gars dans quel genre ?
N'importe quel genre.
Un bon petit gars !
Qui serait comme un frangin.
Et moi, je ferais la bouffe,
je torcherais les mômes,
et le soir, on regarderait les variétés à la télévision.
Ou bien alors, un bon feuilleton américain.
Moi, j'aime ça, les feuilletons américains.
C'est excitant, comme programme.
C'est très, très excitant.
Le problème, c'est de trouver le gars.
Y en a partout, des gars.
Des merveilles de petits durs,
avec un cœur qui demande qu'à fondre…
Tiens, regarde celui-là.
Celui qui vient d'entrer, là.
Il est en train de fouiller dans ses poches à la recherche d'une pièce,
pour se payer un petit café…
Il a pas l'air rutilant.
C'est tout à fait mon genre…
Excuse-moi, faut que je te laisse.
Y a mon destin qui est en train de se jouer.
T'as un problème avec tes poches ?
Ben, j'avais une pièce…
Je la gardais précieusement pour me taper un petit jus, pas moyen de la retrouver.
Ben, t'as pas une poche percée ?
- Si, justement, c'est ça qui m'emmerde… - Tiens.
La voilà, ta pièce.
On va pas s'emmerder pendant une heure à chercher une pièce…
- Des gens comme nous… - Vous croyez que je mendie ?
Mais personne prétend une chose pareille…
- J'ai jamais fait la manche. - Mais je te crois, mon bonhomme.
Je te crois.
Bon, j'ai pas de boulot, c'est vrai. Mais justement, j'en cherche.
Et quand je cherche quelque chose, en général, je trouve.
Café, s'il vous plaît.
Tu veux pas me faire deux gosses ?
Hein ?
Tu veux pas me faire deux gosses ?
Deux gosses, l'un après l'autre, ou deux gosses en même temps ?
Deux gosses, l'un après l'autre.
Un petit garçon, une petite fille.
Ça veut dire au moins deux ans de vie commune, cette affaire-là…
Ça veut dire beaucoup plus.
Oh, mais je te connais pas, moi. Si ça se trouve, t'es une pute.
Je suis une pute qui raccroche.
Et pourquoi tu raccroches ?
Parce que je suis fatiguée.
Non, je fais pas d'enfant à une pute, moi !
Deux ! C'est pas beaucoup, deux !
Merde ! Je te demande pas la smala !
Qui c'est qui va me les faire, si tu veux pas me les faire ?
Ben, y a plein de mecs qui seraient contents de te les faire !
Tiens, je demande au monsieur. Eh, monsieur ?
Voilà, je vous présente une copine. Elle veut deux gosses. Ça vous branche ?
Heu…
- Ouais, tout à fait. Absolument d'accord… - C'est toi que je veux.
Qu'est-ce que j'ai de plus qu'un autre ?
Tu me plais, t'es beau, t'es jeune…
T'as une gueule de printemps.
Sois sympa, j'ai besoin de toi !
Je me sens un peu perdue…
J'ai besoin qu'on me console,
qu'on me dise des choses gentilles…
Regardez.
Regardez, il est en train de s'attacher à moi…
Hein que tu t'attaches à moi ?
Ben, c'est-à-dire qu'elle est mignonne…
Il me dit que je suis mignonne !
Eh ! Tu sais pas la nouvelle ? Il me dit que je suis mignonne.
Ça marche à plein régime !
Je suis heureuse.
Je suis heureuse…
Tu restes pas à côté de lui ?
Tu l'abandonnes tout seul au bar ?
Tu voudrais pas que je fasse tout le boulot ?
Faut aussi qu'il se déclare, qu'il mérite son cadeau…
[brouhaha]
Salut.
Salut.
Je te présente ma copine.
Sarah, elle s'appelle.
On est comme les deux doigts de la main.
Et elle aussi, elle veut des gosses ?
Ben, c'est-à-dire que tu verras…
Une fois sur ta lancée…
[musique sombre]
Marie…
Marie !
Je veux bien m'appeler Marie si ça vous fait plaisir.
Mais vous n'êtes pas Marie. Pourquoi vous êtes là à m'attendre ?
Je vous attends pas, j'habite à côté. Je suis en train de prendre le frais.
À huit heures du matin ?
C'est l'heure où ils libèrent.
Ouais, qu'est-ce qu'il y a ? T'as oublié quelque chose ?
Y a une femme sur le banc, là.
Dégagez-moi cette place, je voudrais sortir en paix.
Qu'est-ce qu'elle a, cette femme ? Elle fait de mal à personne.
La place est à tout le monde, hein !
Je peux pas rentrer encore un peu ?
[maton] Mais…
[musique sombre]
Mais qu'est-ce qu'y a ? Ça va pas ?
Tu veux aller à l'infirmerie ?
Qu'est-ce qui se passe ? Un coup de main ?
C'est Bourdelle. Il est libre et il veut pas sortir.
Faut y aller, mon vieux ! C'est fini, les vacances.
Faut prendre le collier…
- Je peux pas rester encore un peu ? - Oui, mais ta place est prise.
Y a le nouveau qui arrive. On est en train de lui faire son lit.
[musique religieuse sombre]
[Jeannot] Ben, où elle est passée, elle ?
On peut savoir ce que vous voulez ?
J'ai l'air de quelqu'un qui veut quelque chose ?
En général, quand je sors de taule, y a personne qui m'attend.
Les femmes, je leur fais du mal, alors elles m'attendent pas.
Marie, elle est jamais venue me voir.
Elle m'a jamais écrit.
Moi, les lettres que je lui ai envoyées, La Poste les a retournées avec la mention
"n'habite plus à l'adresse indiquée".
Un homme qui sort de prison, il a besoin d'une femme.
C'est l'opposé de la prison, une femme, c'est doux, c'est chaud, ça s'ouvre…
Vous voulez pas du café chaud ?
Du café chaud ?
Oui, du café chaud !
C'est la maison en face, le petit portail en bois.
J'ai mis le chauffage au maximum. Dans mon grand lit, y a des draps frais.
Ça vous dit rien de vous reposer ?
Vous regardez mes cheveux blancs ?
Ça vous fait peur, quelques cheveux blancs ?
Je serai légère comme une plume, vous me sentirez à peine…
Quand je vous rendrai visite, je vous réveillerai même pas…
On se limite à un café. Juste un café dans ma cuisine !
Et après, je vous laisse partir !
Aïe ! Oh !
Oh, je vous en supplie, monsieur !
Je vous en supplie ! Vous allez pas me laisser tomber !
Ça fait tellement longtemps que j'attends !
Que vous attendez quoi ?
Un homme.
Un homme qui sortirait, qui aurait besoin de moi…
Je m'en occuperais comme d'un mari.
C'est comment, ton petit nom ?
Bérangère.
Elle est où, ta maison ?
Là.
Là…
C'est par là…
Viens.
Il est bon, mon café ?
Évidemment qu'il est bon. Sinon, je le boirais pas.
[pendule à coucou]
Merde, il m'a fait peur, ce con !
[musique religieuse sombre]
Excusez-moi, je suis un peu nerveux.
Moi aussi, je suis nerveuse…
Votre pantalon est plein de café…
Mon pantalon est plein de café…
On le donnera au pressing…
Y en a un dans le secteur ?
Oui…
y en a un.
[pendule à coucou]
C'est pas possible, ces trucs-là !
C'est pas possible !
Je vais te faire couler un bain…
Hein ?
Ça te ferait plaisir, un bain ?
Tout ce qui vient de toi, ça me fait plaisir.
Je peux pas aller plus loin, Marie.
J'ai plus de force.
Je suis arrivé au terminus.
Loriot Jean-François !
Loriot Jean-François !
Il en reste combien, de gus ?
[homme] Au moins une centaine.
Oh… Saloperie de vie…
Bon, alors, vous…
c'est quoi, votre nom ?
[homme] Loriot.
- Jean-François Loriot. - Loriot…
C'est un nom d'oiseau, ça…
[Loriot] Oui.
Une espèce de merle…
- [Loriot] Plus petit que le merle. - Jaune ?
Oui, jaune.
Sauf les ailes et la base du cou, qui sont noires.
[homme assis] Vous vous asseyez pas ?
Si.
Vous êtes timide ?
Inhibé ?
Maladroit ?
Je suis un mec au chômage et qui arrive en fin de droits.
J'ai deux gosses et une femme.
Elle travaille pas, votre femme ?
- [Loriot] Non, elle travaille pas. - Pourquoi elle travaille pas ?
Pour que ça fasse un chômeur de moins, c'est pour aider le gouvernement.
Asseyez-vous.
Je suis déjà assis, merde !
Voilà, ça, c'est debout. Ça, c'est assis. OK ?
On part sur ces bases-là ?
Vous êtes un fort en gueule ?
Je suis un fort en rien du tout.
Je me présente humblement. Je postule pour le job.
Quand vous étiez chez Jones et Jones,
comment ça se fait qu'au bout de huit jours, ils vous ont mis dehors ?
Et comment ça se fait que vous êtes au courant de ça ?
Je dois pas être au courant ?
Je dois engager n'importe qui ?
- Des traîne-savates ? Des mange-merde ? - [Loriot] Je suis pas un traîne-savates.
L'ordinateur me dit le contraire.
Liste noire, il me dit, l'ordinateur…
Liste noire, Loriot, avec son plumage jaune !
C'était un enculé, le mec chez Jones et Jones !
Moi, j'avais rien à foutre et il prétendait que je le faisais mal !
"Si vous êtes pas capable de rien faire, comment vous ferez quelque chose ?"
Voilà ce qu'il me disait !
Moi, je devenais dingue à regarder les autres. Personne voulait de mon aide !
- Vous étiez pas payé ? - [Loriot] Si.
Alors, qu'est-ce que ça pouvait vous foutre ?
Quand y a pas de boulot, y a pas de boulot !
Pourquoi embaucher ?
Pour toucher la prime. Eh oui, mon gars, c'est comme ça que ça fonctionne.
Tout le monde encule tout le monde.
Bon, qu'est-ce que t'as comme diplôme ?
Bac technique, BTS, DUT.
- Option GT 40 ? - [Loriot] Option GT 40.
T'as le VTO ?
Non, j'ai pas le VTO.
Désolé, je peux pas te prendre.
Putain, personne ne l'a, le VTO ! En plus, il vient d'être supprimé !
Eh ben, je le rétablis !
Moi, je cherche un mec qualifié, pas un branleur qui fout la merde.
Allez, hop, c'est fini, entretien terminé !
Tu m'en envoies un autre ?
Oui, ben moi, je reste là.
Je me considère comme engagé.
Ça y est, j'ai un boulot.
Permettez que j'appelle chez moi pour annoncer la bonne nouvelle ?
Ton téléphone est pas coupé ?
[musique sombre]
Ordure ! Salope ! Vieille viande !
Pourriture ambulante ! Moi, j'ai une femme belle comme le jour, je t'emmerde !
Et deux gosses, des soleils !
Quand j'ouvrirai la porte, ils me sauteront au cou.
Et elle, elle me regardera avec ses grands yeux tristes.
Comment je vais faire pour me présenter à eux en revenant les mains vides ?
Lundi, je suis en fin de droits, tu sais ce que c'est, toi ?
T'as plus le droit à rien !
T'as plus le droit à la dignité, t'as plus le droit à l'espoir !
Le seul truc que t'as le droit de faire, c'est taper dans la gueule des enculés !
[il crie]
[il crie]
[musique religieuse sombre]
Vous savez pas comment on fait pour faire la manche ?
- Vous l'avez jamais fait ? - Non, c'est la première fois.
Prenez votre bonnet !
Comment ça, mon bonnet ?
Comme ça ! Allez, je vous montre avec mon chapeau.
S'il vous plaît, messieurs, dames ! Merci, madame, merci beaucoup ! Merci !
Merci beaucoup ! Merci ! Merci, messieurs, dames !
Merci beaucoup ! Vous voyez ? C'est pas dur !
Dommage que j'aie pas le temps. J'ai un dîner et c'est moi qui invite.
Alors, ça la fout mal si je suis pas là !
- Vous m'en donnez pas un peu ? - De quoi ?
- Ben, des talbins. - Non, mon petit père ! Faut le gagner !
Remets-le, ton bonnet. Tu vas prendre froid.
Les gens, ils donnent qu'aux riches.
Ils donnent pas aux piteux.
[la porte claque]
[enfant] Papa !
J'ai essayé de mendier, j'y suis pas arrivé.
Pourquoi ?
Les gens, ils croyaient que je blaguais.
Ils croient toujours qu'on blague, ils ont l'humeur à rire.
Tu vois, moi aussi, quand ils sont venus couper l'électricité,
ben, j'ai cru que c'était une blague.
- Moi, je veux une glace ! - C'en était pas une ?
Peut-être c'en était une. En tout cas, je l'ai pas trouvée drôle.
Tu sais quoi ? Tu vas coucher les petits.
J'ai plein de trucs à faire.
Oh, allez, venez, les canards !
- Maman a du travail. - Tu vas te coucher ?
Allez, viens.
[propos inaudibles]
Faut qu'elle range, qu'elle prépare le dîner…
Allez, monte.
Monte, monte !
Allez, hop ! Grimpe.
[enfant] Papa !
[musique religieuse sombre]
Méfie-toi.
Ils sont cons, les mecs, en ce moment.
Ils les lâchent avec des élastiques.
Te fais pas de bile pour moi.
En période de crise, c'est la rigolade qui marche le mieux.
Le problème, c'est que je suis pas vraiment sûre de les faire rigoler, hein…
Faudrait que je boive un petit coup…
Moi aussi, je bois un coup.
Baiser.
Baiser.
Ce qui est important, c'est qu'on soit deux.
Nous deux et puis les petits.
Qu'on soit groupés.
Tu te sens groupé ?
Jamais je me suis senti aussi groupé.
[musique religieuse sombre]
Moi, ce que je demande, c'est ton amour.
Que ton amour, il reste intact.
Même si toi et moi, on connaît des moments difficiles…
Quand je regarde ton visage…
quand je pense à la chance que j'ai de regarder ton visage…
je me dis : "Quoi qu'il arrive, la vie, c'est un cadeau."
Mais qu'est-ce qu'y a ? Vous êtes dingue ?
Vous avez pas envie de coucher ?
Comment, qu'est-ce que vous dites ?
Vous avez pas envie de coucher ?
Avec qui ? Avec vous ?
Oui, avec moi.
J'ai un petit peu besoin de pognon.
J'en ai pas, du pognon !
Et quand j'en ai, je le garde, je le place, il me rapporte !
C'est combien ?
Pour quoi faire ?
Pour passer un moment. J'ai repéré votre manège.
Ben, ça dépend de la longueur du moment…
Disons… une demi-heure…
Alors, disons mille francs.
Quoi ?
[rire étouffé]
Et qu'est-ce tu fais pour mille francs ?
- Vous trouvez ça trop cher ? - Un petit peu que c'est cher !
C'est même exorbitant !
Tu me prends pour un touriste ?
Combien vous voulez mettre ?
Ben…
même pas la moitié et encore, ça dépend…
- Je me demande si c'est pas trop. - Bon, disons 500. Ça m'arrangerait, 500.
T'es une occasionnelle ?
T'as quelque chose contre les occasionnelles ?
Ben, c'est-à-dire qu'elles savent rien foutre.
Je parie que je peux t'en apprendre.
- Et même te faire rougir ! - Ah !
Je te donne 200 francs.
Ce sera mon dernier prix.
Peut-être tu veux que je te le fasse à l'œil aussi ?
- Je t'ai jamais demandé à l'œil… - Non, c'est moi qui te le propose !
- Et en quel honneur tu me le proposes ? - En l'honneur de que tu me plais !
- Ouais. - T'es tout à fait mon genre…
On sent que t'es un vrai dur. Moi, ça me plaît, les vrais durs…
Ouais, elle est folle, celle-là !
Allez, ça suffit. Je vous connais pas, moi, alors barrez-vous de là !
[elle crie]
Vous bousculez les femmes enceintes, maintenant ?
Mais non, je les bouscule pas ! J'ai un pastis avec une pute !
Qu'est-ce que t'as contre les putes ?
- [client] Mais rien ! Rien ! J'ai rien ! - Mais laisse, ce mec aime pas l'amour…
- [client] Mais… - Faut jamais dire du mal des putes.
Tu comprends ?
- Jamais ! - Non, mais j'en dis pas du mal !
T'as une gueule à en dire !
Allez, viens, je te ramène.
C'est fini, les conneries.
Pourquoi ils veulent plus de moi, les mecs ?
Avant, j'avais qu'à claquer dans les doigts…
J'arrête un peu, là.
J'ai une grosse contraction.
Bon, ben…
Viens, on va s'asseoir sur un banc.
Ça y est, c'est passé.
T'es sûre ?
Ouais, ouais.
Ça va.
Qu'est-ce que c'est que ce mec ?
Ben, justement, j'aimerais savoir.
C'est un copain à toi ?
Pas du tout, je le connais pas !
Alors, qu'est-ce qu'il fout là ?
Ben, demandez-lui ! Moi, il me parle pas.
Qu'est-ce tu fous là, mon gars ?
Hein ?
Il a l'air complètement nase.
Il frappe, j'ouvre la porte, et voilà le résultat.
Il s'assoit sur la chaise et il dit pas un mot.
T'as perdu quelque chose ?
Tu t'es gouré d'étage ?
Peut-être c'est un appartement dans lequel il a déjà vécu…
- Avant nous ? - Ben oui.
Il serait perdu dans ses souvenirs…
Ils ont pas l'air gais, tes souvenirs, hein, dis donc…
Peut-être il a besoin de manger…
Tu veux manger quelque chose ?
Un petit restant de blanquette…
Ah !
Ouh !
- Les mecs, je crois que ça y est. - Quoi ?
- Je suis en train de perdre mes eaux. - Ouais, moi, je vais me coucher.
Ah non, tu vas pas recommencer ce coup-là, toi ! Je suis pas d'accord !
- Ça va, c'est pas toi qui accouches ! - Mais c'est toi qui baises, mon vieux !
Alors, hop, un taxi !
À chaque naissance, c'est pareil.
- Il va se mettre sous la couette. - Moi, ça me fait peur, les accouchements.
Oui, eh ben, t'y vas quand même !
Tiens.
Bon travail.
On est censés se dire quelque chose ?
Pardon.
Pardon, Marie.
Pardon, les femmes.
["The Time is right" - Barry White]
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