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Original subtitles

[musique féérique]

[coups à la porte]

[rires de femme]

[femme] Merci, mon chéri. Merci, Élie.

Élie, viens vite ! Viens, viens vite !

[gémissement de satisfaction]

[musique romantique à la guitare]

Tu es pour moi le don, en même temps que la donatrice.

Et je te donne ma promesse de ne jamais te trahir…

Nous nous promettons de ne pas nous trahir…

[petit cri de douleur]

Tu es blessé ?

Viens vite.

- [femme] Ce sont des épines. - Ce n'est pas grave.

Je vais te faire un pansement.

- Bonjour, Féline. - Bonjour.

Ah, quel vilain temps !

Ça ne durera pas.

La porte était fermée là-bas. Sigismond n'est pas là ?

Ils sont enfermés tous les deux dans leur chambre.

Attendez…

- [homme] Bonjour, Élie. - Bonjour.

Tu as grandi, hein ? Regarde ça, tu vas jusqu'au plafond.

[musique de rock doux]

- [rasoir] - Monsieur Antonin

est arrivé. Il veut parler à Monsieur.

J'arrive.

Tiens. J'ai une surprise pour toi.

[petit ricanement] Regarde.

Tu vois, tu en as pour jouer jusqu'à la fin de l'année !

- [Sigismond] Bonjour, Tonin. - Bonjour.

Ça va ?

[Élie] Regarde, papa, j'ai beaucoup de papillons rouges et blancs.

Ils volent, les papillons…

Oui, j'ai fait imprimer une nouvelle étiquette.

Je voulais te la montrer.

Mais commençons par le commencement.

Qu'est-ce qu'il y a, tu tousses ?

Ah… Je ne me sens pas bien.

[Sigismond] Attends. Féline ! Un café bien chaud,

- et au lait. - [Antonin rit]

Regarde les papillons.

Non, ce ne sont pas des papillons, ce sont des étiquettes.

Je veux aller jouer sur la pelouse.

- [Sergine] Non, tu restes ici. - Je veux jouer dehors.

Bon, ne pleure pas, va jouer sur la pelouse.

[Élie] J'irai pas à la piscine.

Aujourd'hui, nous sommes mardi.

Jeudi de la semaine prochaine, tu seras… [toux sèche]

tu seras de retour. [forte toux sèche]

- Bonjour. - Ah, bonjour, Sergine.

Ne m'approche pas. Je suis malade.

[Sergine] Tu exagères, comme toujours.

[Sigismond] Antonin me demande de faire un voyage,

comme représentant en titre de son vin de Roussillon.

- Sigismond, commis-voyageur en limonade. - [Sigismond] Sergine…

[Antonin] Toulouse, Bordeaux, Poitiers, Nantes, Paris…

[Sergine] Paris, Fra Angelico, la Bataille d’Ucello…

Sigismond les verra pour la première fois sans moi.

[Sigismond] Mais comment ?

- Je t'emmène ! - [Sergine] Je reste avec Élie.

[Antonin] Sergine ne pense qu'aux génies du passé. Paris, pour moi,

c’est pas le Louvre, c'est la rue Saint-Denis,

le Bois de Boulogne… Ah, le Bois de Boulogne,

où tous les plaisirs sont offerts aux promeneurs, tu verras.

Où est Élie ?

[Féline] Il joue sur la pelouse.

- [cris d'enfant qui joue] - [chien qui aboie]

[Sigismond] Ton café était vraiment bon. Merci, Féline.

Merci, monsieur.

Ah ! Là… T'as vu ?

Tu veux un fruit ?

- Non, merci. - [Élie] Il faut manger des fruits.

- Et toi, Sigismond ? - Non merci, plutôt un café.

[Sigismond] On peut pas dire que tu aimes mon oncle.

Vin liquoreux du Roussillon, Antonin Pons.

L'homme du bocal.

[Sigismond rit doucement] Sergine…

Il arrive toujours au moment où il ne faut pas.

Fais attention.

Tu vas à Paris ?

- Sois bien sage, hein ! - Oui.

- Allez. - À bientôt.

- À bientôt. - [Sergine] Je t'écrirai à Paris.

[Sigismond] Écris à la poste restante ! Paris-Louvre !

[Élie] Papa, au revoir !

[musique douce et mélancolique]

[musique de valse]

J’ai la moule qui baille.

[en anglais] Tu viens avec moi ?

[en français] Quel œuf ! Merde !

Ouvrez, madame, s'il vous plaît.

[antiquaire] Mais c'est fermé, monsieur. C'est trop tard.

Merci, madame. Combien coûte cette longue-vue, madame ?

1 000 francs, monsieur.

L'instrument date de 1825,

et on peut voir à une distance de cinq kilomètres.

[vieille chanson en fond]

Elle a fait une belle touche, hein ?

[en anglais] Tais-toi, idiote.

[patron] Tu arrives rue Saint-Denis,

tu t'arrêtes à l'angle.

Tu regardes autour pour voir s'il n'y a pas de hiboux.

Regarde bien tout autour.

Maintenant, le manteau.

Ben enlève-le.

Bien. Tu dégages bien ton corps.

Plus que ça. Voilà.

La jambe.

L'autre.

Mets ton pied sur le petit mur.

Rentre le ventre, sors la poitrine.

Respire.

Bon. Maintenant, il y a un passant qui arrive.

Tu le suis. Non, non, du regard seulement.

Le racolage est interdit, rappelle-toi bien.

Bon, je vais faire le client.

Regarde-moi bien.

Eh bien, souris.

Dis-moi,

tu jouis facilement ?

Jamais.

- C'est bien vrai, ça ? - C’est vrai.

Faut pas, hein ?

Enfin, décide-toi.

Eh, 2 800 anciens…

- Combien ? - 150 nouveaux.

[voix de femme] Ça c'est bien passé ?

Très, très bien.

Oh là là, comme t'es bien lingée.

- Pas mal. - On y va ? Faire un levage ?

- Quoi faire ? - Lever un micheton ensemble.

[exclamation d'étonnement] Oui, si tu veux.

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je boulonne ici.

- Depuis quand ? - Depuis ce matin. Tu es jalouse ?

De qui ? De toi ?

Plie tes affaires et tire-toi.

[femme en robe] C'est ma place, ici.

Calme-toi.

[musique hippie des années 70]

[rires de femme]

Voilà, mes belles.

C'est 15 francs.

Oui.

- [femme] On y va ? - [Sigismond] C’est combien ?

- [femme] 200 francs. - [Sigismond] On y va.

[ricanement étouffé] À l’hôtel George V,

un appartement a été réservé hier par télégramme…

[concierge] 50 francs.

Le service 20 francs, non compris, monsieur.

[Sigismond] Comment tu t'appelles ?

Diana.

Je m'appelle Diana.

Je suis prête.

D'abord, deux jambes.

200 francs !

Il est faux, ce billet.

- Donnez-moi de la monnaie. - [ricanement] Bien, si tu veux.

[chanson : "I'm Not in love"]

Non.

Je ne veux pas qu'on me dérange ma coiffure.

Elle vaut plus que tes 200 francs.

Je t'emmène ?

- Combien ? - 200 francs.

Bien, tu me plais.

[musique slow sexy]

Ça plaît beaucoup aux hommes.

Il y en a toujours…

[livreur] Bonsoir, patron. Ça y est !

[le patron] Pour quelques francs.

Une copie pour moi.

Attends-moi un moment.

Une cigarette ?

Je ne fume pas, merci.

Oh… Si vous ne voulez pas fumer, Monsieur,

moi, je suis toujours gourmand d’une pipe.

Je n'ai pas froid aux lèvres, et toute occasion pour les chauffer plus

est tout à fait bonne.

[un homosexuel] C'est vrai, nous sommes de vrais mangeurs de feu.

[gémissement]

[applaudissements de la salle]

[conversations indistinctes]

- Vous descendez, monsieur ? - Oui.

[musique d'ascenseur]

La poste restante ferme tard.

Vous pouvez donc passer prendre votre courrier quand vous voulez.

[client] Merci.

[le clochard] Bonjour, mon gars. VIA LA, V-I-A-L-A.

- [postier] Voilà. - Merci !

Au revoir.

Sigismond Pons.

[postier] Pons.

60 centimes, s’il vous plaît.

Mais avancez, avancez, monsieur.

Laissez-lui le temps de lire l'adresse, madame.

Il en met bien du temps.

[Féline] Elle a couru à la Tour des Vents,

elle a monté la spirale,

elle s'est jetée du haut,

elle a expiré tout de suite.

[musique mélancolique au piano]

[voix de Sergine] Les personnes peintes que l’on tue ont le sourire, souvent.

Celles qui tuent ne l’ont jamais, tu vois.

[une prostituée] Eh, les filles, il y a des hommes ici !

Écarte-toi ! [sifflement] Dégage !

Allez hop ! [sifflement] Dégage !

[un client] Au revoir.

Au revoir, monsieur.

[vieille chanson en fond]

[patron] La pilule, ça n'a pas résolu

le problème de l’hygiène intime.

Le savon et la serviette,

ça nous protège toujours, comme au bon vieux temps.

Voilà un cadeau.

Merci. C'est en argent ?

Non, c’est en chromé mais c’est mieux.

Et rappelez-vous qu'on n’embrasse jamais un client.

Vous m’entendez ?

Donne-moi ça !

[exclamation de surprise]

Lâche !

- [prostituée] C'est ma boite ! - [autre prostituée] C'est la mienne !

- [prostituée] Au secours ! - [cris de terreur]

- [patron] Elle est folle ! - [prostituée] Au secours !

- Silence ! Habillez-vous, vite. - Salope ! [cris enragés]

Sinon, je vous fous à la porte !

[prostituée debout, en sanglotant] Rends-moi mon savon !

[musique mélancolique au piano]

Je suis fauchée.

- Tu vas partir ? - Non. Il faut encore que je bosse.

Tu me rends ce que tu me dois ?

- 50 balles, pas plus. - Merci.

[chanson : "Saturday Night's Alright"]

[Diana] Tu m’invites ?

- Un petit noir. - Deux cafés.

Merci.

- Bonjour. - Bonjour.

[femme en rouge] C'est de la glue, ce mec-là.

[femme au bar] Et elle… regarde-la.

[Sigismond] Une poupée ?

[musique douce]

[chanson : "Une femme"]

[Sigismond] C'est pour toi.

- [Diana] C'est pour manger ? - Oui, pour manger.

[Diana rigole]

Un client de retour aime payer très cher.

[cloche d'église qui sonne]

Aujourd'hui, c’est dimanche.

[chanson : "Une femme"]

[Diane gémit]

[conversations indistinctes]

Oh là là.

[chanson romantique en fond]

[patron] Ouvre !

[tambourine à la porte]

Ouvre !

C'est à toi, ça ?

Allez, viens !

Enlève ta jupe.

Enlève ta jupe !

C'est nouveau, ça.

Tu veux plaire à quelqu'un ?

Tu fais encore du sentiment, hein ?

Pas ici !

C’est pour qui ça, hein ?

- C'est pour qui ? - Je ne sais pas…

Ah ! Tu ne sais pas.

Tu ne sais pas.

Tu sauras, maintenant.

Un cognac.

Vous avez du feu ?

[client] Combien ?

- [fille] 200 francs. - [client] On y va ?

[chanson : "Où est-il donc ?"]

[Fréhel à la télé] Oui, je pense à ma jeunesse.

Je regarde ma vieille photo,

et je me dis que je suis devant une glace.

Je remets un de mes anciens disques,

du temps où j'avais tant de succès à la Scala, Boulevard de Strasbourg.

Je paraissais en scène dans un décor champêtre,

avec un projecteur rouge braqué sur mon visage pâle,

et je chantais…

[chanson : "Où est-il donc ?"]

[chanson : "Afric Simone"]

- [le nain] Con, va ! - Non mais ça va pas, non ?

[une prostituée] Vous êtes pas tout seul !

Enfin, quand même.

[Fréhel] ♪ Où sont-ils donc ? ♪

[cris de terreur]

[les filles] Au secours ! Imbécile !

[chanson : "Afric Simone"]

C'est pas vrai…

500 francs.

[musique : " Shine on You Crazy Diamond"]

[Diana] Adieu !

Diana !

[musique : " Shine on You Crazy Diamond"]

[ricanement]

[musique romantique en fond]

[Féline] Il y avait un beau soleil,

Élie est allé près de la piscine.

Il a voulu attraper son ballon, peut-être.

Il est tombé dans l'eau profonde et froide.

Il n'a pas crié,

ou bien, nous ne l'avons pas entendu.

Il était sans vie quand nous l'avons retiré de l'eau.

Madame n’a rien dit.

Elle ne pleurait pas.

Elle a couru à la Tour des Vents.

Elle a monté la spirale.

Elle s'est jetée du haut.

Elle a expiré tout de suite.

Le médecin et les gendarmes sont venus.

Ils ont dit qu'il n’y a rien à dire.

Je suis malheureuse

d'être la messagère du malheur.

Mais il n'y a que moi pour l'être.

Votre toute dévouée, Féline.

[musique : "Funeral for a Friend"]

[musique : "Funeral for a Friend"]

Et pourtant, je n’ai jamais tué

ni blessé personne,

je n'ai jamais volé, je ne suis pas un menteur,

et je ne me souviens pas avoir fait du mal à quelqu'un.

- [coups sur la vitre] - Bonsoir, chéri !

Tu veux un spécial ?

Un petit shampoing maison ?

Non ?

Tu n'aimes pas ?

Tiens, il fait une drôle de bougie !

Pourtant, tu t'es bien arrêté ici, non ?

Tu préfères te baguer le nœud ?

Mais c'est aussi cher.

Quel culot il a, de m'avoir agressée !

Une vraie pine de coucou ! Malpropre ! Lopaille !

[une autre prostituée] Mais il faut appeler la police !

Agace-cul mal formé !

[une autre prostituée] Ils nous font chier, ces mecs ! C'est pas vrai !

Qu'est-ce que c'est que ces paumés !

[musique mélancolique au piano]

[coup de feu]

[chanson : "A Glass Of Champagne"]

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