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Zulu
Musique sombre
Tonnerre
Musique stressante
Elle halète.
Il halète.
Tu l'as sauvée.
Passez-moi une couverture !
Tonnerre
Il gémit.
Je t'avais interdit d'y aller !
Tu descends en cale ! Je veux plus te voir jusqu'à Marseille !
Quoi ?
Tu me trouves brutal ?
Non seulement je le sais, mais je m'en vante.
Allez !
Il halète.
Allez, tout le monde à son poste !
Mettez-la au sec avant qu'elle crève de froid.
Attends !
Musique sombre
Allez !
Vagues
Bien dormi ?
- Vous avez quelque chose qui m'appartient.
- Je n'avais jamais vu l'écriture de l'Empereur.
- Rendez-moi cette lettre.
Je crois pas, non.
- Que voulez-vous ?
- Une bonne raison de pas vous dénoncer.
Essayez l'argent.
Ça marche souvent.
Je n'en ai pas.
Mais j'ai des amis.
Si vous parlez de cette lettre,
ils vous retrouveront et ils vous tueront,
capitaine Danglars.
Musique sombre
Brouhaha
Monsieur ?
Je vous ai causé beaucoup d'ennuis.
Je ne sais comment vous remercier.
Vous venez de le faire.
Prenez soin de vous.
Mademoiselle... ?
Angèle.
Edmond.
Je n'oublierai jamais votre courage.
Mais oubliez mon nom.
Au revoir, Edmond.
Au revoir, Angèle.
Musique sombre
Morrel veut te voir.
Porte qui s'ouvre
- On venait de changer de quart, au large du Cap Corse.
La houle était forte. On était à 200 brasses de l'épave.
- Donnez-moi le journal de bord.
- On tapait dans les débris quand Dantès a voulu sortir la chaloupe.
Je lui ai interdit. C'était une folie.
- C'est vrai ? - Oui, monsieur.
- On l'aurait fait pour un de nos hommes. - C'était ma décision.
- J'ai pris mes responsabilités. - J'ai ordonné
qu'on vire de bord, et il a plongé.
Vous avez plongé ?
Il n'avait pas interdit de plonger.
Ça suffit.
Vous avez vu cette insolence ?
M. Morrel, je vous le dis, ce garçon est incontrôlable.
Je ne veux plus naviguer avec lui.
- Vous ne naviguerez plus avec lui. - Je t'avais prévenu.
- Parce que vous ne naviguerez plus pour moi.
Pardon ?
- Comment avez-vous pu la laisser se noyer ?
- Je... J'ai sauvé votre cargaison, M. Morrel.
- Dantès a sauvé mon honneur, Danglars.
- Capitaine. - Vous n'êtes plus capitaine.
Danglars soupire. Allez préparer vos affaires.
- Je fais régler votre solde. - On ne sait pas qui est cette femme.
- Je sais ce que vous avez fait. Et ça me suffit.
Il inspire profondément.
Musique sombre
Danglars ouvre, puis claque la porte.
Petit, viens ici.
Allez !
Que ça te serve de leçon.
Hein ?
Quand on est un homme, on ne se cache ni derrière son grade
ni sous une table.
Je vous présente
mon petit-fils, Maximilien.
Enchanté, Maximilien.
- Maximilien, je te présente le capitaine Dantès.
Bonjour, capitaine.
Alors, quel âge...
Musique calme
Capitaine ?
- Oui, tâchez de vous en montrer digne, Edmond.
Bien sûr, monsieur.
Bien sûr.
Hein ?
Petit rire
Hennissements
C'est bien.
Elle inspire. Edmond !
Elle halète.
J'arrive pas à y croire.
- Je dois te... Je dois te dire quelque chose.
Que tu m'aimes ?
Oui... ça. Mais...
- Non, y a pas de "mais". - Attends.
- Mais je... - Tu recommences.
(-Tu embrasses un futur capitaine.)
- Tu vas être... - Oui.
- Alors on va pouvoir se... - Oui. On va pouvoir.
Elle rit.
(Tu m'as manqué.)
(Tu m'as manqué. Tu m'as manqué.) Rire
À tout à l'heure.
Hennissement
Le cheval repart au galop.
Edmond !
- Juliette. Tu vas bien ? - Et toi ?
Oui.
- Ça va ? - C'est Edmond, le fils de Louis.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
- Où est papa ? Faut que je le voie. - À la maison.
À plus tard.
Tu peux sourire,
c'est une bonne nouvelle.
Tu fais une tête. Il rit.
C'est la joie.
Il inspire.
Je suis tellement fier de toi.
Capitaine.
Capitaine.
Tu as prévenu M. et Mme de Morcerf ?
- Pas encore. Je voulais te le dire en premier.
Tout va changer, papa.
Il faut leur annoncer.
- Tout ça, c'est grâce à eux. - Et à toi, aussi.
Je t'ai pas payé les études de marine.
Allez, va, mon fils.
Va présenter tes hommages.
Rires
Alors, un toast ! Je lève mon verre
au souvenir de ta mère, Edmond.
Car elle nous manque
et car elle a enfanté
le plus jeune capitaine de Marseille !
- Bravo ! - Applaudissez-le, il sera mal à l'aise.
Il rit.
Voilà, parfait.
Mais surtout
parce que Mathilde Dantès
fut la nourrice d'un futur pair de France
au destin héroïque,
un des plus beaux officiers d'Europe,
j'ai nommé Fernand de Morcerf, pour vous servir.
Rires Applaudissements
- Louis, venez trinquer avec nous. C'est l'occasion.
Merci, monsieur.
Plus tard, peut-être.
- Tu peux gronder Mercédès. Moi, elle ne m'écoute plus.
- Tu verras, elle sera en retard à son mariage.
- Ah, enfin ! - Ah.
Excusez mon retard,
ma tante. Bonjour, mon oncle.
Horace de Balios
n'en faisait qu'à sa tête. J'ai failli lui mettre une fessée.
Mais enfin, Mercédès.
Qui est ce monsieur ?
- C'est un cheval. Il est de très bonne famille.
- Bonjour, ma cousine. - Bonjour, mon cousin.
Edmond.
Mercédès.
- Tu es prête à faire la fête ? Edmond a une grande nouvelle.
Oui, oui.
Musique rythmée
Oui, je vais être capitaine.
Capitaine du Pharaon. C'est officiel.
- C'est vrai ? - Hm.
- Bravo. - Au capitaine !
Cris de joie
- Je l'ai ! - Ah ! À ta santé !
- Je suis heureux pour toi. - Moi aussi. Je suis heureux
- pour moi. À la vôtre. - Tu vas avoir un nouvel uniforme ?
Il acquiesce.
Et une nouvelle paye.
Il va pouvoir profiter de la vie,
s'offrir du bon temps.
On va lui expliquer.
Je vais pouvoir me marier, surtout.
Quoi ?
Tu seras mon témoin.
- N'y compte pas ! - Bah si !
- Le témoin d'un gâchis ! Mercédès, dis quelque chose.
- J'ai essayé, mais il est fou amoureux. - Ah, complètement fou.
- Et elle, elle est au courant ? Enfin, elle est d'accord ?
Oui. De ce qu'elle m'a dit,
- oui, oui. - Je sais.
C'est Juliette.
- Qui ? - La lingère au regard coquin.
Non ! Non, c'est pas Juliette.
Non, c'est une vraie femme,
très belle.
Pas seulement belle.
Hm.
- Mystérieuse et envoûtante. - Oui ! Non, non,
- si, oui. - Mais qui est-ce ?
C'est ta cousine.
Mercédès Herrera de Morcerf.
Toi ?
- Oui. - On va se marier.
Mais vous êtes complètement fous.
Et ta mère ne voudra jamais.
- Tu crois que maman peut me refuser quoi que ce soit ?
Puis tu la convaincras. T'as toujours été son neveu préféré.
Cris de mouettes
Chant religieux
Respiration tremblante
Musique sombre
Musique solennelle
Cérémonie en latin
AMEN !
La porte s'ouvre.
Je porte ici,
signé de M. de Villefort,
procureur du Roi,
un mandat d'arrêt pour le dénommé Edmond Dantès.
Exclamations
- Suivez-nous.
- Que se passe-t-il ?
- Non, laissez-le. - Y a forcément une explication.
- Venez. - Lâchez-moi.
- Attendez. - Fernand, fais quelque chose !
- Qu'y a-t-il ? Mon fils n'a rien fait.
Il s'agit forcément d'un malentendu.
- Où le conduisez-vous ? Je vous accompagne.
- Nous devons l'emmener seul, monsieur. - Lieutenant.
Lieutenant Fernand de Morcerf.
- Dites à vos amis de nous laisser passer.
C'est un ordre royal.
Exclamations
Je m'en occupe.
- Veuillez nous suivre, maintenant. - Edmond !
Je reviens, mon amour.
Musique sombre Exclamations
Respiration tremblante
Edmond Dantès, M. le procureur.
- Laissez-nous.
J'ai toujours admiré les marins comme vous, M. Dantès.
Je n'ai peur que de la mer.
C'est vrai, cet abîme sans fin.
Ces eaux noires.
Un monstre semble toujours prêt à sortir pour vous dévorer.
- Qu'est-ce qu'on me reproche ? Pourquoi m'arrête-t-on à mon mariage ?
- Vous vous connaissez un ennemi, M. Dantès ?
Un... un ennemi ?
Ou un jaloux.
Vous venez d'être nommé capitaine, vous allez épouser un beau parti...
Vous avez pu faire des envieux.
Je ne sais pas, non.
J'ai eu un différend récemment avec un membre d'équipage,
mais de quoi pourrait-il m'accuser ?
Je ne sais pas.
D'être un agent napoléonien, par exemple.
Pardon ?
Mais... ça n'a aucun sens.
- Nous avons trouvé cette bible dans votre cabine.
C'est bien votre bible ?
Il y a votre nom inscrit dessus.
- Oui, enfin, c'est pas encore un crime. Petit rire
C'est vrai.
Mais nous avons également trouvé à l'intérieur un ordre de mission
signé de la main même de Napoléon.
Et ça, c'est un crime.
Attendez.
Non, c'est la 1re fois que je vois cette lettre.
- Si vous n'avez pas d'ennemi, qui a pu la glisser là ?
- Au large du Cap Corse, j'ai sauvé une jeune femme de la noyade.
- Elle vous a remercié dans votre cabine ?
Non.
Danglars l'y a enfermée. Elle en est sortie à Marseille.
Vous pouvez vérifier.
Demandez au quartier-maître Gaspard Caderousse.
- Caderousse ? - Oui.
- Que savez-vous d'elle ?
Rien.
M. Dantès.
J'ai interrogé des dizaines de conspirateurs
et je pense que vous n'en êtes pas un.
Je veux bien aider un ami des Morcerf,
mais j'ai besoin que vous m'aidiez.
- Je vous jure que je ne sais rien d'elle.
Elle m'a dit s'appeler Angèle.
C'est tout.
Vous avez...
révélé le nom de cette jeune femme à quelqu'un ?
Non.
Musique sombre
Pas même à ce Caderousse ?
Non.
À personne. Sur l'honneur.
- Eh bien, voyez-vous, M. Dantès, je vous crois.
Je vais être néanmoins obligé de vous garder encore un peu,
le temps d'interroger le reste de l'équipage.
S'ils confirment votre témoignage, ce dont je ne doute pas,
je vous rendrai à votre fiancée, qui aura tout le loisir de me détester.
- Petit rire - Comptez sur elle.
Respiration tremblante
Fernand va te le ramener.
J'en peux plus, j'y vais.
Tu pourras rien faire de plus.
- Ça t'arrangerait qu'ils le libèrent pas.
- Comment peux-tu dire de telles horreurs ?
- Gérard, quoi qu'on t'ait dit sur Dantès, je m'en porte garant.
- Laissez-nous un instant, messieurs.
Fernand, je suis navré pour ton ami.
Je connais vos liens.
Mais tu ne sais pas tout.
Nous avons retrouvé sur lui un ordre de mission de l'Empereur.
Et ses équipiers affirment qu'il est un de ses partisans.
Je pense que tu mesures la gravité de ces accusations.
On l'a arrêté avant qu'il épouse Mercédès
et que l'irréparable ne soit commis,
mais si tu es prêt à te porter garant,
si tu penses que ces deux hommes mentent...
Si tu es prêt à prendre ce risque,
alors je le libérerai.
Tu n'as qu'un mot à dire.
Non.
Non ?
Il ne mérite pas...
Il ne mérite pas quoi ?
- Que le nom de notre famille soit souillé.
Si Dantès nous a trahis,
qu'il ait le sort des traîtres.
Je peux faire en sorte...
qu'aucun procès n'entache la réputation des Morcerf.
Je vais avoir besoin de ton témoignage.
Il soupire.
Tu comprends ce qui se passe ?
Alors tu fermes ta gueule.
Il inspire profondément.
- M. Dantès ? - Vous avez pu parler à M. le procureur ?
- Oui, monsieur. Il soupire.
Voilà une journée que j'oublierai pas.
Vous me ramenez pas chez moi ?
Non, en effet.
Allez.
Musique oppressante
- Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ?
Lâchez-moi.
Appelez le procureur. J'ai parlé avec le procureur !
Appelez-le. Appelez-le !
Je suis innocent ! J'ai rien fait ! Lâchez-moi.
Il gémit.
Il hurle de douleur.
Chut, chut, chut.
Il gémit.
Tu serais coupable, on t'aurait pendu. On t'emmène,
car tu sais des choses qu'on veut pas entendre.
Allez.
Arrêtez.
Arrêtez !
Il crie.
Lâchez-moi !
- Où est-il ?
Je n'ai rien pu faire.
Respiration tremblante Musique calme
Mercédès.
- Laisse-moi.
Ça ne servirait à rien.
- Mercédès... - Arrête.
S'il te plaît.
Elle sanglote.
- Que se passe-t-il, Victoria ?
- Tu n'es pas contente de me voir ? - Ta sœur est là.
Il soupire.
Mademoiselle de Villefort.
La clandestinité te va à merveille.
- Désolée de pas pouvoir te retourner le compliment.
- Cognac ? Désolé, je n'ai plus d'eau de mer.
Eh oui, c'est mon métier de tout savoir.
- Tu sais donc que Dantès est innocent.
Innocent... Ouais.
Qui est vraiment innocent ?
- Il n'a rien fait. Pourquoi l'as-tu arrêté ?
Mais pour te sauver la vie.
Ma vie ou ta réputation ?
Petit rire Il inspire.
- Nous faisons tous les deux de la politique.
En politique, on ne supprime pas un homme,
on supprime un obstacle.
- Je savais que tu exerçais ton métier avec cruauté,
mais j'espérais que tu le faisais avec honnêteté.
- Pourquoi ne te dénonces-tu pas à sa place ?
Mais je le ferai, Gérard.
Si tu refuses de le sauver, je le ferai.
Mais tu préfèreras qu'on ignore mon existence,
celle de Victoria,
ta maîtresse,
et de votre futur enfant.
Musique sombre Il inspire.
C'est bien ce que je pensais.
Elle gémit.
Quelqu'un marche.
Coups
Vivant ?
Vivant.
Il gémit.
- Coups - Vivant ?
Vivant !
Coups
Vivant ?
Vivant.
Il inspire.
Musique calme
Il expire.
Il inspire.
Soupir de contentement
Petit rire
Il inspire profondément.
- Prends large... Prends large de la côte...
Et qui connaît le chemin... Qui connaît exactement...
Il respire profondément.
Il halète.
Coup
Il sursaute.
Musique inquiétante
Coups Respiration tremblante
Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ?
Respiration tremblante
Y a quelqu'un. Y a quelqu'un.
Y a quelqu'un ?
Y a quelqu'un. Y a quelqu'un.
Il halète.
Y a quelqu'un.
- Qui es-tu ?
Euh, je... Dantès, Edmond Dantès.
- Quel âge as-tu ?
- Ta voix semble celle d'un jeune homme. - J'ai...
Il bégaie.
Je sais plus.
J'avais 22 ans... quand ils m'ont enfermé.
Le 16 mai 1815.
C'était il y a quatre ans.
Tu as 26 ans.
- Il expire. - Quatre ans ?
Et...
Et vous, qui êtes-vous ?
Un prisonnier.
Comme toi.
Depuis combien de temps ?
Chut !
- Coups - Quoi ?
- Ils arrivent. - Attendez.
Me laissez pas.
Qui êtes-vous ? Dites-moi au moins votre nom.
Votre nom !
Il halète.
Coups
34 ! Vivant ?
Musique de tension
Vivant.
Il halète.
Il gémit.
Il halète.
Il rit.
Il halète.
Il pleure.
Je t'attendais.
Halètements
Souffle du vent
- Vous pensez vraiment pouvoir sortir d'ici ?
J'ai creusé 30 m en six ans.
Pour contourner ta cellule et atteindre l'extérieur,
il faudra creuser deux fois plus longtemps.
12 ans ?
- Peut-être un peu moins, maintenant que nous serons deux.
Pourquoi ? Tu as d'autres projets ?
Non.
- Il inspire. - Je suis l'abbé Faria.
Musique de tension
Edmond Dantès.
Il souffle.
Il gémit.
Il souffle.
Tu n'avais jamais vu cette lettre ?
Non, jamais.
Il souffle.
Et vous ? Vous savez pourquoi vous êtes ici ?
- Oui. Il rit.
On voulait te faire taire. Moi, on voulait me faire parler.
Il parle en italien.
Je choisis les gens auxquels je me confie.
Tu ne connais pas l'italien ?
- Non. - L'anglais, l'arabe, le latin, le grec ?
Je ne connais que la mer.
Si tu veux, je t'apprendrai.
Avec de la patience et de la volonté, en...
en 6 ou 7 ans, tu sauras tout ce que je sais.
Il soupire.
L'histoire, la philosophie,
les mathématiques.
Ce sont...
Ce sont des armes
qui libèrent autant que celle-là.
Musique de tension
Hm.
Il halète.
Léger grondement
Il halète.
Il souffle.
Il halète.
Il souffle.
Quelle est la 1re chose que tu feras
si on arrive à sortir ?
Je retrouverai Mercédès.
- Que feras-tu si elle ne t'a pas attendu ?
Alors il ne me restera plus rien.
- Je vais te raconter une histoire, Edmond.
Il inspire.
Il y a 700 ans,
à Jérusalem, lors de la première croisade,
les chevaliers
chargés de protéger le tombeau du Christ créent l'ordre des Templiers.
Au premier jour,
ils ne sont que quelques-uns, mais ils ont une foi immense.
Grâce à leurs victoires,
l'ordre amasse une fortune...
considérable.
Il rit. Consi... Considérable.
Je te parle du plus grand trésor que la Terre ait jamais porté.
Et...
au fil du temps,
leur pouvoir, leur richesse, font des envieux.
Et le vendredi 13 octobre 1307, le roi de France, Philippe le Bel,
ordonne leur arrestation
et la saisie de leurs biens.
Mais personne n'a jamais trouvé le trésor.
Il se lève.
Sais-tu...
ce que ces chevaliers ont fait de cette immense fortune ?
- Non. - Rien !
Edmond, rien.
Trop occupés à se venger,
à punir ceux qui les avaient trahis,
ils sont morts les uns après les autres.
Enfin, presque tous.
Le dernier d'entre eux
était le cardinal Spada.
À la fin de sa vie, réfugié sur l'île de Monte-Cristo,
il a eu le temps de former un dernier chevalier.
Ce jeune homme s'appelait...
Giuseppe Faria.
(Je suis le dernier survivant, Edmond.)
Il inspire. Et je sais
où se trouve le trésor.
Dont la moitié
te revient aujourd'hui.
Mais que feras-tu de cette fortune ?
Musique rythmée
Feras-tu le bien
ou laisseras-tu ton cœur s'emplir de haine ?
Il halète.
Je vais vider le sac.
Edmond.
Hein ?
Il halète.
Elle est salée.
L'eau, elle est salée.
On y est presque. C'est une question de jours.
Dantès rit.
On y est, on y est.
Il halète.
Je reviens.
Grondement
Il halète.
Reculez !
Il tousse.
L'abbé ?
L'abbé ? L'abbé ?
Il halète.
Il gémit.
Il halète. Musique dramatique
Faria gémit.
Voilà.
- Edmond. - Non, non, ne parlez pas.
Je vais appeler à l'aide.
Non.
(En italien) C'est trop tard.
Ne sois pas triste.
Respiration difficile
Tu as été la seule consolation de ma vie.
Le Seigneur me l'a donnée...
un peu tard, mais il me l'a donnée.
Respiration difficile
Je ne suis pas fou, Edmond. Il pleure.
Je sais.
Le trésor existe.
Tu sais où le trouver.
Nous irons le chercher ensemble !
N'oublie pas.
Monte-Cristo. Respiration difficile
Monte-Cristo.
Mont...
L'abbé ?
L'abbé.
Il sanglote.
L'abbé ?
Ne me laisse pas.
Ne me laisse pas. Hein ?
Ne me laisse pas.
Il pleure.
- Coups - Vivant ?
Vivant !
Musique sombre
- Coups - Vivant ?
Numéro 17 ?
Oh, 17 !
L'abbé ?
Il gémit.
Oh, l'abbé ?
Oh ! Il est mort, lance le sac !
Il soupire.
Gémissements d'effort
C'est lequel ?
L'abbé.
Coups
Vivant ?
Vivant !
- Coups - Vivant ?
Respiration tremblante
Coups Vivant ?
Il gémit.
Il halète.
Debout.
Debout !
J'ai dit debout !
Musique dramatique
Alerte !
UN...
Alerte !
DEUX...
Alerte !
ET TROIS !
Musique de tension
Il halète.
Gazouillis d'oiseaux
Il gémit.
Musique calme
Il gémit.
Il halète.
Il inspire longuement.
Respiration haletante
Hé ! Tu n'as rien à faire ici.
Va-t'en !
Je suis venu voir Louis. Louis Dantès.
T'as connu Louis, toi ?
Oui.
On l'a enterré, ce pauvre Louis.
Il y a bien longtemps.
Musique sombre
Non, c'est pas possible.
- Il s'est laissé mourir de faim à la mort de son fils.
Il voulait le rejoindre.
Mais son...
Mais son fils n'est pas mort.
Je suis désolée.
Il halète.
Tu étais marin, toi aussi ?
- Oui. - Hm.
Je vais te donner à manger. Mais après tu disparais, hein ?
Et Mercé... Mercédès ?
Et Fernand de Morcerf ?
- Ça doit faire 7 ou 8 ans qu'ils ne sont pas venus.
Ils habitent à Paris depuis la naissance de leur fils.
Tu arrives trop tard.
Évite la mer de Ligure
et ses patrouilles incessantes.
Mets le cap sur la Sardaigne.
Tu pourras faire escale à Santa Teresa di Gallura.
L'île de Monte-Cristo se trouve
à l'ouest de l'Arcipelago Toscano.
Musique rythmée
Tu accosteras par la pointe sud.
Je sais que tu seras bouleversé par son austère beauté.
Je t'envie de la découvrir pour la première fois.
Voilà.
C'est là.
Le caveau de l'illustre famille Spada.
Le reste, Edmond,
c'est ton histoire.
Celle d'un homme qui a le monde
dans le creux de sa main.
Musique calme
Il halète.
Musique rythmée
Craquement
Il inspire.
Brouhaha
- Je t'en supplie, vas-y. - Arrête.
- Je te paye demain. - Non, non. Gaspard, dégage.
M. Caderousse est de mes amis.
Sur son lit de mort, Edmond Dantès m'a demandé de le partager
entre ceux qui comptaient pour lui.
Il pensait qu'il avait été dénoncé par un certain Danglars.
Mais il était convaincu que deux hommes lui étaient restés fidèles.
Il m'a dit :
"L'un se nomme Gaspard Caderousse,
"et le second, Fernand de Morcerf."
Gardez votre diamant.
Aucun de nous ne mérite quoi que ce soit.
Attendez, mon fils.
- Si je vous révèle ce que je sais, on saura que ça vient de moi.
Et ces personnes sont riches et puissantes.
Il n'y a rien à craindre,
je suis tenu par le secret de la confession.
Asseyez-vous.
Il inspire.
Il halète.
- Dantès avait raison pour Danglars. C'est lui qui l'a dénoncé.
- Mais Fernand de Morcerf ? Il était son ami.
Petit rire
- Peut-on être l'ami de celui dont on convoite la femme ?
Par amour pour Mercédès,
il a sacrifié Edmond.
Musique sombre
- Il vivra. Mais pour tout le monde, il sera mort.
Hm.
- Le seul qui aurait mérité l'affection de Dantès, c'est Morrel.
L'armateur ?
Il s'est battu pour le faire libérer.
Et lui aussi, la providence l'a bien peu remercié.
Après l'arrestation de Dantès,
il a dû reprendre Danglars comme capitaine.
Mais Danglars l'a trahi lui aussi.
Il a fait disparaître la moitié de sa flotte,
soi-disant volée par des pirates. Il soupire.
Ruiné, Morrel a dû vendre la compagnie.
Et devinez qui l'a rachetée pour une bouchée de pain ?
Danglars.
- Deux mois après, les bateaux sont réapparus.
Mais le procureur de Villefort n'a pas bougé.
Faut dire qu'ils partageaient un secret.
La petite Victoria, la maîtresse de Villefort,
elle était devenue Mme Danglars.
Musique dramatique
Elle est baronne, aujourd'hui.
Morrel, lui, est mort dans la misère.
Et vous, dans tout ça, M. Caderousse ?
Vous ?
- Que pouvais-je faire
face à un capitaine, un comte et un procureur ?
Si j'avais été plus courageux, j'aurais sûrement fini comme elle.
Elle ?
Angèle.
Angèle gémit.
Elle était allée voir son frère pour sauver Dantès.
Je vous ai débarrassé
de Dantès. À vous de me débarrasser d'elle.
Tu vois ? Moi aussi, j'ai des amis.
Respiration difficile
- Que s'est-il passé ?
Elle a été tuée ?
Elle aurait moins souffert.
Danglars avait d'autres projets pour elle.
Il l'a vendue aux frères Maillard, les maîtres du panier de Toulon.
La petite était jolie,
il en a obtenu un bon prix.
Tu savais tout et tu n'as rien fait.
J'ai honte, mon Père.
Un jour, je reviendrai.
Et je t'offrirai la chance de te racheter.
Musique sombre Il soupire.
Je ne viens plus pour te prier ou te chercher,
mais seulement pour t'avertir :
je vais faire ce que tu n'as pas su faire.
À partir de maintenant, c'est moi qui récompense et qui punis.
Brouhaha
Chuchotement inaudible
Vous voulez quelque chose ?
La porte grince.
Elle inspire.
- Qui êtes-vous ?
Il y a des années,
vous m'avez dit :
"Je n'oublierai pas votre courage, mais oubliez mon nom."
Musique calme
Eh bien, je n'ai oublié ni votre nom ni votre courage.
Elle inspire.
Dantès.
Je suis venu vous chercher, Angèle.
Pour moi, il est trop tard.
Mais vous pouvez sauver l'enfant.
L'enfant ?
Elle soupire.
Quand je suis arrivée ici,
je n'avais qu'une idée en tête :
me venger de mon frère.
Pendant des semaines, j'ai cherché un moyen de fuir.
Un jour, l'occasion s'est présentée. Je me suis enfuie.
Avec un client.
Un drapier de Paris.
Je savais que Gérard y avait été nommé.
Le portail grince.
J'ai retrouvé la trace de Victoria,
sa maîtresse.
Je voulais reprendre l'histoire là où elle s'était arrêtée.
Il faisait un froid glacial.
Ce soir-là... Elle inspire.
Gérard devait mourir.
Rien ne pouvait m'arrêter.
Je sens encore le métal du couteau dans ma main.
Mais rien ne s'est passé comme prévu.
Cris de femme
J'ai entendu un cri.
Le cri de Victoria.
Quand Gérard est sorti dans le jardin, il portait un coffre.
Je l'ai suivi.
Gémissement d'effort
Je me suis approchée quand... Pleurs de bébé
Quand j'ai entendu les cris étouffés d'un enfant.
Je ne pouvais pas le laisser.
Il avait encore le sang de sa mère sur le corps.
Entre la vengeance et la vie...
J'ai choisi la vie.
J'ai pris la fuite avec lui.
Je ne connaissais personne à Paris.
Alors je suis retournée auprès de mon drapier.
Mais les frères Maillard l'avaient retrouvé.
Et ils m'attendaient.
Elle inspire.
Angèle...
Qu'est devenu l'enfant ?
Chaussures qui claquent
Bonjour, André.
Angèle m'a fait venir te chercher.
Pourquoi ?
Elle va mourir.
Je vais te conduire à elle pour que tu puisses lui dire adieu.
Après, nous partirons.
Musique sombre
Nous prendrons...
tout le temps qu'il faut pour être prêts.
Prêts à faire quoi ?
À se venger, André.
Se venger des trois hommes qui ont volé sa vie,
la tienne
et la mienne.
- Je veux les tuer. - Ce serait trop facile.
Trop doux.
Non.
On doit leur arracher le cœur.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis le comte de Monte-Cristo.
- Le général de Morcerf a décidé aujourd'hui de quitter l'armée
pour consacrer sa vie à la politique, à la Chambre des pairs.
L'armée française perd un grand soldat,
mais la France gagne un grand homme.
Fernand de Morcerf
a combattu à la Moskova, à Leipzig,
en Turquie...
Partout, au péril de sa vie, il a défendu
une certaine idée du royaume de France.
Fernand a payé dans sa chair le prix de son engagement et le respect
de la parole donnée.
Il y a 10 ans, alors que l'allié de la France
Ali Pacha de Janina était assiégé par les troupes turques,
le colonel de Morcerf a joué le tout pour le tout.
À la tête d'un escadron de soldats valeureux,
il a réalisé une percée dans le dos des Ottomans
pour venir prêter main-forte à son allié.
Cet acte d'un courage insensé
n'aura malheureusement pas suffi, mais tous les Français le savent :
"On ne se bat pas dans l'espoir du succès !
"Non ! Non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile."
Applaudissements
Respiration difficile
Il inspire.
Respiration difficile
Ça va mieux ?
- Tu n'as pas été très attentionné avec Eugénie Danglars.
- Père. - Elle aura 2 millions de dot,
le jour de son mariage.
Fernand !
- Je dois donc faire attention à sa fortune.
Il soupire.
- Mieux vaut une médaille en moins et un zéro de plus.
Brouhaha
- Notre fils est un homme de son temps. C'est un romantique qui croit en...
Musique sombre
Il halète.
Rends la médaille !
Gémissements
Il crie.
Gémissements
Gémissements
Il halète.
Gémissements
Musique trépidante
Gémissements
Là !
Gémissements
Il halète.
Gémissement
Il halète.
Musique sombre
Ça suffit.
Il siffle.
Il soupire.
Si j'avais su l'honneur de votre visite, je m'y serais préparé.
Si j'avais su l'honneur de votre visite, je m'y serais préparé.
Musique de tension
Grognements
(En roumain) Dehors !
Grognement
Messieurs... Si j'avais su l'honneur de votre visite,
je m'y serais préparé.
Je suis désolé de vous accueillir dans une maison improvisée.
Je ne suis en France que depuis peu.
- Comte, je suis confus de vous importuner,
mais on ne vous remerciera jamais assez.
- Je suis certain qu'il en aurait fait autant pour moi.
Comte, je vous dois la vie.
- Je suis heureux de vous retrouver sur vos deux pieds.
- Je l'ai fait réparer, la crosse s'était fendue.
Il est à vous, maintenant.
- Je vous remercie infiniment, mais je ne peux accepter.
J'ai déjà une dette envers vous dont je ne sais comment m'acquitter.
Musique calme
Vous aimez les armes ?
S'il vous plaît.
C'est une de mes plus belles pièces.
Pistolet de style ottoman.
- Oui, mais la sous-garde en fer gravé de feuillage
indique que ce canon est plutôt de fabrication européenne.
De Venise, effectivement.
Vous êtes un connaisseur.
- Mon père a combattu contre le sultan Khursit
aux côtés d'Ali Pacha.
Morcerf.
Vous êtes le célèbre général de Morcerf ?
Je suis très impressionné.
Accepteriez-vous de l'essayer ?
- Malheureusement, je suis attendu à la Chambre.
- Une prochaine fois. - Ça ne prendra qu'un instant.
Musique calme
Il applaudit.
Vous méritez votre réputation,
général.
Changeons la cible pour vous, Albert.
- Faites-moi penser à ne jamais
vous provoquer en duel. Petit rire
- Merci de me laisser votre fils quelques heures.
J'ai hâte d'en savoir plus sur celui que la providence a mis sur mon chemin.
- Je participe à la chasse du baron Danglars, dimanche.
Joignez-vous à nous.
- Je ne pourrai pas, je dois accueillir le fils du prince Cavalcanti.
- Venez donc tous les deux. Il y aura assez de cerfs.
À bientôt.
À dimanche, j'espère.
Il gémit.
Tout va bien ?
Musique sombre
- J'ai gardé de mon séjour ottoman un petit souvenir de métal.
Chant en roumain
- Vous préférez le chant à la musique des armes ?
Suivez-moi.
Je vous prie de m'excuser.
Je ne voulais pas manquer de respect à... à votre épouse.
- Haydée n'est pas mon épouse. C'est ma filleule.
Après vous.
Haydée.
Quel prénom merveilleux.
- C'est un prénom assez commun en Grèce.
On pourrait le traduire par... pudeur ou... innocence.
Musique sombre
- Puis-je vous demander de me présenter Haydée ?
- Vous semblez être un jeune homme de confiance.
Aussi, je vous présenterai Haydée, mais vous devez me faire une promesse.
Je vous la fais d'avance.
Je ne plaisante pas.
Ne cherchez jamais à la séduire.
Vous me croyez donc dangereux ?
Non.
Mais elle l'est.
Si vous ne tenez pas votre promesse, elle brisera votre cœur
et le sien.
- Mais... - Elle n'est pas encore prête à aimer.
Le secret de sa voix est à chercher du côté de son passé.
Après l'assassinat de son père, elle a été vendue à une tribu valaque.
C'est là que je l'ai rencontrée et recueillie.
Vous savez, il y a des chagrins et des blessures
qui mettent des années à cicatriser.
Ils laissent comme un voile sur les âmes.
N'essayez jamais de lever ce voile, Albert.
Je vous le promets.
Bien.
Tu marcheras doucement, sans un regard pour nous.
Tu ne te retourneras que quand je t'appelle.
Haydée.
Albert de Morcerf, je vous présente Haydée.
Enchantée.
Enchantée.
Enchanté, mademoiselle.
- Et s'il ne cherche pas à me rencontrer ?
Il le fera.
Redresse-toi !
Se tenir droit, c'est survivre.
Cacher qu'on a grandi dans la misère, c'est survivre.
Tu comprends ? Pourquoi, André ?
- Car je suis le prince Andrea Cavalcanti.
- Cavalcanti, ça veut pas dire chèvre ? - Quoi ?
- N'aie pas l'air surpris. Tu m'entends dire "quoi" ?
Reprends.
Je suis le prince Andrea Cavalcanti.
- Vous n'avez pas d'accent, prince. Comment se fait-il ?
- Un professeur très sévère me l'a fait perdre à coups de bâton.
Insolence. Tes coudes.
Cher comte,
- je suis ravi de vous rencontrer. - Permettez-moi une confidence.
La vie française m'est encore inconnue, je vous prie de m'excuser
si mes manières vous paraissent trop slaves, napolitaines ou arabes.
Aboiements
- Voici le comte de Monte-Cristo et le prince Andrea Cavalcanti.
Musique sombre
- Messieurs. - Comte.
Prince.
- La rencontre avec ton père, aussi bouleversante soit-elle,
ne doit pas te détourner de ta cible : le baron Danglars.
Grâce aux bateaux volés, il a fait fortune dans l'esclavagisme.
- Votre réputation vous précède. - Ne te fie pas à son sourire.
Il est brutal. Non seulement il le sait, mais il s'en vante.
Puis-je vous faire un aveu ?
La vie française m'est encore inconnue, je vous prierai de m'excuser
si mes manières vous paraissent trop slaves, napolitaines ou arabes.
- Quand on est riche, on n'est jamais trop quoi que ce soit.
Sa fille est son point faible.
Prince.
Baron.
- Eugénie. - Le terrain est bien ?
- C'est parfait. - Alors allons-y.
À cheval, messieurs.
Musique de tension
Aboiements
Coup de feu
Aboiements
Musique sombre
Respiration difficile
À vous l'honneur, comte.
Je vous remercie,
mais j'ai fait il y a longtemps
le serment de ne tuer que pour me défendre.
- Laissez-moi donc prendre votre défense.
Il rit.
Parfait.
Prince.
Je vous en prie.
Applaudissements
Allons déjeuner.
Brouhaha
Eugénie ?
- Merci. Suzanne, je te présente le prince Andrea Cavalcanti,
le protégé italien de Monte-Cristo.
Il veille sur moi.
Mon père a peur que les beautés de Paris me fassent faire des bêtises.
Vous parlez un français parfait.
- Un professeur très sévère m'a fait perdre l'accent à coup de bâtons.
- Mais c'est affreux. - C'est faux, surtout.
- Ma mère est française. - Quel idiot.
- Je suis content que vous ayez pu vous joindre à nous.
- La main de votre protégé n'a pas tremblé.
L'animal n'a même pas souffert.
- Et c'est un spécialiste des exécutions qui vous parle.
Vous faites souvent tomber des têtes ?
- Beaucoup moins qu'avant. La mode est à l'indulgence.
- Excusez-moi de vous voler le comte, mais je tiens à lui présenter quelqu'un.
- Comte. - Messieurs.
Musique sombre
Conversation indistincte
Chérie.
Je te présente enfin le comte de Monte-Cristo.
Madame de Morcerf. Mes hommages.
Tout va bien ?
Oui, c'est...
Elle inspire.
C'est l'émotion de rencontrer l'homme sans qui je serais dans les larmes.
Monsieur, je vous dois la vie de mon fils,
et pour ce bienfait, je vous bénis.
Musique calme
- Vous me récompensez trop généreusement d'une action simple.
Mais je suis heureux de vous avoir épargné le chagrin.
- J'ai proposé au comte d'être notre invité,
mais il s'y est pour l'instant refusé.
Peut-être auras-tu plus de chance ?
- Me ferez-vous le plaisir et l'honneur d'être un jour notre invité ?
Certainement, madame.
- Permettez-moi de me retirer. Je m'en voudrais de vous accaparer.
- Mais... qu'est-ce qui se passe ?
Elle inspire.
Voulez-vous que j'appelle quelqu'un ?
Albert.
Que sais-tu de cet homme ?
Mère.
Vous vous méfiez toujours de mes nouvelles connaissances,
mais le comte m'a sauvé la vie.
Il est aussi riche qu'un roi.
Que devrais-je craindre de sa part ?
Tu as raison.
Mes terreurs sont folles.
Musique sombre
Il hurle de rage.
Elle se réveille brutalement.
Elle halète.
Monsieur le procureur du Roi,
c'est sur l'honneur, en ma qualité de lieutenant des armées royales,
que j'atteste ici que le nommé Edmond Dantès
a témoigné en ma présence et à de nombreuses reprises
d'une sympathie pour l'usurpateur
et de son désir de prendre les armes pour renverser la monarchie.
Ces mots m'accablent car Edmond Dantès fut mon ami,
mais je ne peux laisser ce crime impuni.
J'ai vu trop d'hommes mourir à cause de traîtres à la patrie.
- Ce n'est pas ainsi que vous trouverez le sommeil.
Je ne le cherchais pas.
Vous craignez vos cauchemars ?
Je crains de ne plus en avoir.
Ils m'aident à conserver mes blessures ouvertes.
Vous l'avez revue ?
Oui.
- Elle était aussi belle que dans vos souvenirs ?
- Je pensais que le chagrin l'aurait changée.
Il a dû être de courte durée.
Ses yeux n'étaient pas ceux d'une femme qui a trop pleuré.
Musique triste
- Elle retrouvera le goût des larmes quand on lui prendra son mari.
Chant au piano
Je passe.
200...
plus 500.
J'abandonne.
- Je t'inviterais pas à ma table si tu savais jouer.
Rire
Voilà.
Nous ne sommes plus que trois.
- Je vous laisse en tête-à-tête.
Deux paires.
Bravo.
Couleur.
Vous avez bien trop de cœurs.
Je fuis avant d'avoir ruiné mon père.
- Allez, venez, Albert. - Oui, c'est ça,
- allez donc voir ces dames. - Malheureux au jeu, heureux en amour.
Il rit.
J'aime beaucoup votre prince.
Il est charmant.
- Je le connais à peine, à vrai dire. Son père est une relation d'affaires.
Une bonne famille, sans aucun doute.
- Si par "bonne", vous entendez "riche", oui, c'est la seconde fortune d'Italie.
Hm...
La seconde ?
Vous connaissez donc la première ?
Ne me rendez pas immodeste.
Rires
Enfin des gens plus riches que moi.
- Sa famille rêve de le voir épouser une fille à Paris, mais...
si le fils est aussi volage que le père, méfiez-vous.
- Rassurez-vous,
je me méfie de tout le monde en général.
Et des étrangers, en particulier.
- Je suis moi-même étranger.
- Vous, comte, ça ne compte pas. Vous êtes comte.
Et en plus ça rime, t'as vu ?
Tu es un poète.
- Rires - À propos d'étranger,
L'Impartial a été racheté par un Anglais.
Absolument,
un certain Halifax. Un Lord, paraît-il.
- Il rachète les journaux pour propager de fausses nouvelles
et spéculer à la bourse.
C'est un brigand de la pire espèce.
- Vous ne semblez pas beaucoup aimer ce Lord.
Disons que j'aime beaucoup de monde,
mais je ne hais bien que certaines personnes.
- Haïr un Anglais, ce n'est pas un péché. C'est du bon sens.
Il rit.
Vous partez déjà ?
- Il est bientôt minuit. Notre carrosse va devenir citrouille.
Musique sombre
Albert.
Mademoiselle.
Vous alliez oublier votre éventail.
Merci, monsieur.
- Je compte sur vous ? - Pour ?
Vous joindre au dîner
que j'organise bientôt à Paris. J'ai trouvé un pied-à-terre.
Bien... Bien sûr.
Bien.
À bientôt.
Comte.
Madame de Morcerf.
Vous partez quand j'arrive.
N'y voyez aucun lien.
Je voulais vous demander pardon.
Me demander pardon ?
Pour mon vertige de l'autre jour.
Vous m'avez rappelé quelqu'un que j'ai bien connu et qui a disparu
dans des circonstances tragiques.
Elle inspire.
Pendant un instant, j'ai...
Ça recommence, je ne trouve plus mes mots.
Elle soupire.
- Je suis désolé de vous avoir rappelé à ce mauvais souvenir.
- Rassurez-vous, il s'est dissipé.
Tant mieux.
Je vous souhaite une bonne soirée.
Comte.
Elle soupire.
La calèche s'éloigne.
Albert.
"Haydée.
"Je ne suis pas censé vous écrire. Je ne vous écris donc pas.
Musique sombre
"Je ne dois pas vous rencontrer..."
- Je ne vous propose donc pas de me retrouver au Jardin des Plantes,
demain à 5 heures.
Ce lieu, où je ne serai pas demain,
renferme les plus mystérieuses fleurs de Paris.
Vous venez d'un pays qu'on surnomme le pays des nuages et du jasmin.
On peut compter sur le ciel de Paris pour les nuages,
j'aurai du jasmin à ma boutonnière.
Je ne vous dis donc pas à demain.
Et je ne vous dis pas que depuis que je vous ai vue,
votre voix et votre visage ne me quittent plus.
Albert.
Musique douce
Il ne va pas nous dénoncer ?
Il est très fidèle au comte,
mais il a un faible pour moi.
C'est une strelitzia.
Là d'où je viens, il y en avait sur un chemin qui mène à la mer.
On l'appelle aussi l'oiseau de paradis,
pasărea paradisului.
Pasărea paradisului ?
Bien.
Comment se fait-il que vous n'ayez pas de fiancée ?
Mais peut-être en avez-vous une ?
- Mon père voudrait que j'épouse la fille d'un baron.
Mais je...
Je cherche une chose que cette demoiselle n'aura jamais.
Ce... charme indéfini qui est à la femme ce que le parfum est à la fleur.
Ou ce que la saveur est au fruit. Rire
- J'ignore si les Parisiennes aiment être cueillies ou dégustées,
mais pas moi.
- C'est pas ce que je voulais dire. - Je vous taquinais.
Serez-vous au dîner du comte, samedi ?
Non. Je servirai d'alibi à ma mère
qui fuit les mondanités comme la peste.
Et vous ?
Je ne connais pas votre mère,
j'ignore quels sont ses goûts,
mais je partage ses dégoûts.
Petit rire
Ni lui ni sa mère ne viendront au dîner.
Mais Fernand de Morcerf sera bien présent.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu ne me parles pas d'Albert ?
Il n'y a rien à en dire.
Il est normal de douter.
D'avoir peur. Je le comprends.
Mais le moment venu, il faut que tu te souviennes...
Je n'ai pas besoin
que vous me rappeliez ce que son père a fait au mien.
Il y a déposé ses lèvres.
Musique sombre
Merci,
- très cher. - Bien sûr.
Chers amis.
Bonsoir, Victoria.
- Je m'attendais aussi à plus spectaculaire,
pas la peine de faire cette tête-là.
- Il y a sûrement des surprises à l'intérieur.
Le bébé pleure.
Hm...
Il soupire.
Il respire profondément.
- Vous semblez ne pas avoir beaucoup d'appétit.
- J'en avais avant le cochon et la volaille.
Rires
Cette maison est... magnifique.
Je vous sens malgré tout surpris.
Rien ne vous échappe.
Il inspire.
Je pensais qu'un homme tel que vous choisirait un quartier plus central,
comme... les Champs-Elysées ou Saint-Germain.
- J'ai justement acheté cette maison car on me l'a déconseillé.
Pourquoi ?
- Eh bien, on la dit hantée. Étonnement des convives
- Il s'y serait déroulé un crime... abominable, il y a des années.
- Prenez garde, on a ici le procureur du Roi.
C'est vrai.
Rires
Un enfant aurait été sacrifié.
Il inspire.
C'est affreux.
- Vous avez acheté cette maison malgré tout ?
Vous avez bien fait.
Ces histoires de fantômes sont des balivernes
inventées par des domestiques malintentionnés.
Ou des voisins jaloux.
- Détrompez-vous, procureur.
J'ai vécu en Asie et aux Indes,
et il est difficile d'en revenir sans savoir qu'il existe bel et bien
un monde...
invisible, peuplé d'esprits.
Quand j'ai visité cette maison, j'ai...
j'ai tout de suite su...
J'ai eu l'étrange conviction qu'un crime avait été commis ici.
Alors j'ai demandé
- à ce qu'on me laisse seul. - Mais...
vous n'aviez pas peur ?
- Si votre conscience est pure, les fantômes ne vous hantent pas.
Ils vous parlent.
- Et que vous ont-ils dit ? - Mais oui, que vous ont-ils dit ?
- Ce soir-là, je me suis installé ici.
Juste devant cette cheminée.
J'ai fumé un peu d'opium pour être plus réceptif.
Il n'y a rien de tel pour élargir le spectre de votre conscience.
Et dans la douceur de la fumée...
Musique inquiétante
Je me sentais comme... en suspension.
J'entends un coup dans les murs.
Puis un second.
Il frappe.
Je pose ma main.
Et j'entends des cris venant de l'étage. Je monte les escaliers.
Les cris deviennent... des râles.
Cela vient d'une pièce
au bout du couloir.
Respiration tremblante
Je pousse la porte et je me retrouve dans une chambre.
Au milieu, il y a un lit.
J'y pose la main.
Et je vois une femme se tordre de douleur.
Elle met au monde un enfant. Elle est seule, abandonnée.
Elle crie.
Et alors je sens une présence dans mon dos.
Tout à coup.
Il frappe la table. Victoria hurle.
Vous épouvantez ces dames.
Et vous nous régalez.
Continuez, je vous en conjure.
Reprenez-vous, vous nous gâchez la fête.
Je me retourne, tremblant.
Et à cet instant,
j'entends comme un murmure à mon oreille.
C'est la voix d'un enfant.
La voix d'un enfant qui me supplie
de le libérer.
Je finis par trouver une porte,
une porte dérobée que je n'avais pas vue.
Je la pousse.
Des escaliers... Ils mènent au jardin.
Et elle est revenue, la voix de l'enfant.
Il me disait qu'il était seul depuis si longtemps. Il pleurait.
Il appelle sa mère.
Il expire.
Ce soir-là, j'ai...
J'ai cherché, mais...
le jardin était trop grand.
- Qu'a... Qu'avez-vous fait ?
Pardon ?
Le jardin était trop grand...
Qu'avez-vous fait ?
Oui.
Il soupire.
Le lendemain matin, nous avons creusé.
Partout.
Nous avons arraché les pommiers, retourné le chemin...
Et rien.
Il inspire.
Alors j'ai fait venir un cochon truffier du Périgord.
Et alors ?
Il inspire.
Comme il n'a rien trouvé non plus,
nous l'avons mangé ce soir.
- Rires - Merveilleux !
- Je disais bien que ce n'était qu'une fable.
Une fable, exactement.
Du moins, c'est ce que j'ai cru. Jusqu'à hier.
Alors que nous plantions
les flambeaux pour la réception,
l'un d'eux s'est brisé net.
Nous avons creusé à cet endroit et...
nous avons découvert un coffre.
Et alors ?
Qu'y avait-il à l'intérieur ?
Je ne sais pas.
Comment ça ?
Rire
Je vous ai attendus... pour l'ouvrir.
Musique sombre
Et s'il y a un corps ?
Nous lui offrirons une sépulture.
Procureur, peut-être désirez-vous
l'ouvrir ?
- Je vous en supplie, n'ouvrez pas. - Ça suffit.
- Cri - Abracadabra !
Danglars rit.
Oh, je sais pas
ce qui est vrai dans cette histoire, mais vous êtes un magicien,
comte.
Il respire profondément.
- Comment c'est possible ? Il parlait comme s'il avait été présent.
Tous ces détails, c'était... J'ai cru devenir folle.
- Calme-toi, s'il te plaît.
- Où est le corps de notre enfant ? - Je ne sais pas.
- Tu l'avais bien déposé là ? - Oui.
- Tu m'as dit qu'il était mort ! Tu me l'as dit !
Bien sûr, il était mort.
- Alors où est-il ? - Je ne sais pas.
- Où est notre enfant ? - Je ne sais pas !
Tais-toi, tu es hystérique ! Je ne sais pas.
Elle inspire. Calme-toi.
Elle halète.
Je sais une chose.
C'est qu'avant huit jours,
je saurai qui est ce M. Monte-Cristo,
d'où il vient, où il va,
et pourquoi il parle devant nous des enfants qu'on enterre.
Musique sombre
Danglars est obsédé par l'argent.
Il ne se méfiera pas de celui
qui n'en demande pas. Morcerf me fait
confiance depuis que j'ai sauvé son fils.
Reste Villefort.
Villefort est procureur.
Il est suspicieux.
Et grâce à ce dîner, Victoria exigera des explications.
Alors pour la rassurer et se rassurer lui-même,
il va mener une enquête.
Et comme on en apprend toujours plus des bouches malintentionnées,
c'est l'ennemi du comte qu'il ira voir.
Lord Halifax.
- (Accent anglais) - Que voulez-vous savoir ?
Si je peux lui faire du tort, ce sera mon plaisir.
- Le comte est-il déjà venu à Paris ? Il prétend que non.
S'il était déjà venu, je le saurais.
- Mais alors, vous savez où il se trouvait, il y a 15 ans ?
- (En anglais) - Oui. En Inde.
Mais...
je dois dire,
à l'époque, il m'amusait encore.
Mais après...
Après, quoi ?
Un soir, je corrigeais un servant
qui l'avait bien cherché.
Mais...
Monte-Cristo s'était pris de passion pour ces sauvages,
avec leurs dieux païens, leur magie absurde.
Des croyances ridicules.
Alors il m'a provoqué en duel.
Pour un indigène ?
Mais oui ! Un indigène !
Pouvez-vous le croire ?
Il rit. Ah.
Il fait chaud, vous ne trouvez pas ? Quelle chaleur !
Qu'on m'apporte mon éventail, pour l'amour du ciel !
On étouffe ici !
Pas celui-là. Il râle.
Merci.
Il souffle.
Il renifle.
Hm. Et vous,
monsieur de Villefort ?
Que vous a-t-il fait ?
Rien.
Je ne sais pas si je dois le compter parmi mes amis ou mes ennemis.
- S'il était votre ennemi, vous le sauriez déjà.
Il a des défauts, mais il n'est pas homme à cacher ses intentions.
Hm.
Mais...
faites attention.
M. le procureur.
Musique sombre
S'il devient votre ami,
cela fera de vous mon ennemi.
Bien entendu.
Il rit.
Yes.
Merci, M. de Villefort, c'était très agréable
de discuter avec vous, mais j'ai beaucoup à faire.
Je vous remercie.
M. le procureur.
Victor.
Comte ?
- Fais préparer les chevaux, nous rentrons.
Maintenant que Villefort a baissé la garde,
nous pouvons préparer notre attaque.
Je pars dans le sud.
Je reviens pour la fête de Danglars pour les 20 ans de sa fille.
Je compte sur toi,
André, pour te rapprocher d'elle.
Et sur toi, Haydée, pour ensorceler Albert.
Il chuchote.
- Allez-y.
Elle rit. Bien.
- Il peut contenir jusqu'à 600 nègres, 700 en poussant un peu, mais...
je suis un humaniste.
Je l'ai baptisé L'Hercule.
- Ma mère disait que c'est la ligne des gens destinés à de grandes choses.
Et ça, c'est ta... ligne d'amour.
Et là, je lis que...
Il faut que je te dise quelque chose.
Musique sombre
Oui ?
Je voudrais t'aimer,
- mais je ne peux pas. - Je sais.
Tu ne m'offriras pas
les sentiments que tu as pour Suzanne.
Ce sera notre secret.
- Ce sera notre secret. Il sera bien gardé.
- Je sais ce que c'est que d'être double.
- Je sais ce que c'est qu'être double.
De ne pas pouvoir dire qui on est.
Je serai ton alibi.
Petit rire
Soupir
Brouhaha
L'heure est venue de te racheter.
Musique rythmée
Propos inaudibles
Je revis en rêve
chaque seconde de ces moments avec vous.
Je vais emporter dans ma nuit le souvenir de vos yeux,
et je ne veux parler à personne
pour ne pas gaspiller l'écho de vos paroles
qui tremble encore dans mon cœur.
Je garde près de moi votre partition.
Je l'aime pour l'image qu'elle me donne de vous,
mais aussi et surtout pour le souvenir qu'elle portera à jamais,
celui d'un moment de vie qui vaut une vie entière.
Musique sombre
Brouhaha
Hennissement
Brouhaha
- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.
Prince.
Ils rient.
- Eugénie. Cette fête est à ton image, vivante et joyeuse.
Merci, Andrea.
- Compterez-vous parmi vos invités le comte de Monte-Cristo ?
17.
17 ?
- Vous êtes le 17e à me poser la question.
- Et que répondez-vous à tout le monde ?
Qu'il n'y aura pas de 18e. Le voilà.
Musique sombre
- Excusez-moi.
Mademoiselle.
- Comte. Votre voyage s'est bien passé ? - À merveille.
- Je vous remercie. - Eugénie est impatiente
de vous revoir, mademoiselle.
Comte, me permettez-vous ?
Avec plaisir.
- Le comte sait-il que nous nous sommes vus ?
Je ne lui ai rien dit.
- Est-il capable d'avoir deviné ? - Dieu seul sait de quoi il est capable.
Ils sont beaux, non ?
Ils ont l'air si pressés de vivre.
On est toujours pressé d'être heureux.
Non ?
- Faites-moi l'honneur de votre bras.
J'ai envie de faire quelques pas.
Votre main tremble.
Vous semblez avoir froid.
- Nous avons, dans ma famille, les mains froides mais le cœur chaud.
Tenez. Voilà qui nous réchauffera.
Nos raisins sont moins bons qu'en Sicile
mais vous serez indulgent avec notre soleil du nord.
Je regrette.
Je vous prie de m'excuser, mais...
je ne bois jamais.
Vous mangerez bien quelque chose ?
Je vais à nouveau devoir décliner.
- M. le comte, il y a une coutume arabe qui fait amis éternellement
ceux qui ont partagé le pain et le sel sous le même toit.
Je la connais, madame.
Mais nous sommes à Paris et non à Tanger.
Ici, il n'y a pas plus d'amitié éternelle que de partage du pain et du sel.
- Mais enfin... Nous sommes amis, n'est-ce pas ?
Mais certainement.
Pourquoi ne le serions-nous pas ?
- Alors, à défaut de pain et de sel, partagez avec moi quelques souvenirs.
- Que désirez-vous savoir ?
- Est-il vrai que vous ayez tant vu,
tant voyagé,
tant souffert ?
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Vos yeux.
- Il y a en chaque voyageur l'envie de trouver ou de fuir quelque chose.
Vous l'avez trouvé ?
Je n'ai pas fini mon voyage.
Vous vivez seul ?
Je n'ai ni sœur, ni fils, ni père.
Je n'ai qu'Haydée qui, j'en suis sûr, me quittera bientôt.
- Comment pouvez-vous vivre ainsi,
sans rien qui vous rattache à la vie ?
J'ai aimé une jeune femme.
Que j'allais épouser.
Il y a des années.
Mais quand la guerre est venue et m'a enlevé loin d'elle...
Il soupire.
Musique triste
J'ai cru qu'elle m'aimerait assez pour m'attendre.
Pour me demeurer fidèle jusqu'au tombeau.
Mais quand je suis revenu,
elle était mariée.
J'avais peut-être le cœur plus faible que les autres.
J'ai souffert plus qu'ils ne l'auraient fait.
- Voilà tout. - Cet amour vous est resté au cœur ?
On aime vraiment qu'une fois.
Non ?
- L'avez-vous revue ?
Jamais.
Jamais ?
Jamais.
Elle respire profondément.
Elle déglutit.
- Lui avez-vous pardonné votre souffrance ?
- On ne peut pardonner qu'à ceux qui nous demandent pardon.
- Et si elle vous demandait pardon aujourd'hui ?
Fracas Brouhaha
Cri d'homme
Musique sombre
- Achetez L'Impartial ! La flotte Danglars dérobée à Marseille !
L'Impartial, mesdames et messieurs ! L'Impartial !
Achetez !
- Comment peut-on voler des bateaux dans un port en plein jour ?
Ils étaient assurés, au moins ?
À ton avis ?
L'action Danglars s'effondre en bourse.
Mais grâce au télégraphe de l'armée,
Danglars va vite apprendre qu'il ne s'est en réalité rien passé.
Vous deviez voler ses bateaux.
Tout vient à point à qui sait attendre.
Tu es sauvé. Tes bateaux n'ont rien.
- Quoi ? - L'Impartial a menti.
- Petit rire - "La flotte Danglars est toujours
"à flot amarrée au port de Marseille" !
Il rit.
Il soupire. Merci. Merci, mes amis.
- Danglars se souviendra de mes mots et il pensera...
- Que c'est un coup du nouveau patron de L'Impartial,
notre cher Lord Halifax.
Exactement.
Petit rire
- Monte-Cristo avait raison.
L'Anglais utilise son journal pour spéculer sur mon dos.
Faut publier un démenti.
Il halète.
Surtout pas.
Je ne comprends pas. Il faut...
Chut !
Vous entendez ?
Écoutez.
Le joli bruit.
Ce joli petit bruit.
Le bruit de l'argent qui tombe.
Je ne comprends pas non plus.
- Réfléchis. Il sait quelque chose que personne ne sait encore.
Imagine : tu joues au poker et tu connais le jeu de ton adversaire.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je relance.
Les actions sont au plus bas.
Si je les rachète, dans deux jours, j'aurai fait une énorme plus-value.
Mon plus beau coup.
Racheter tes actions ?
Combien faudrait-il ?
- 500 millions. - 500 millions ?
- 500 millions. Mais il faut le faire aujourd'hui.
Avant la clôture du marché et avant que cette raclure d'Halifax le fasse.
- Comment trouver 500 millions d'ici ce soir ?
Il inspire.
- En allant voir le plus grand ennemi de ce Lord Halifax.
Musique dramatique
Il inspire.
Je regrette, baron, mais...
la mer m'a toujours porté malheur.
Je ne rachèterai pas vos actions.
- Comte. - Cependant,
je ne refuse jamais d'aider un ami et de punir un ennemi.
Alors je vous prêterai cet argent et vous en ferez ce que bon vous semble.
Petit rire
Rire satisfait
- Et je peux vous garantir un taux d'intérêt de 20 %.
- Je vous prêterai de l'argent sans intérêt.
En Sicile, on dit :
"Tu ne t'enrichiras pas sur le dos d'un ami."
J'insiste.
J'ai fait rédiger une hypothèque sur l'ensemble de mes biens.
Alors, il n'y en a pas pour 500 millions, mais...
200 millions, ça, je le promets.
Non, baron, votre parole me suffit.
En France, on dit :
"Les bons comptes font les bons amis."
- Soit, alors. Par amitié, j'accepte vos garanties personnelles.
- Dans une semaine, je vous aurai remboursé.
- Nous allons faire rendre gorge à cet Halifax.
Une plainte est prête.
Je m'occuperai moi-même de requérir contre lui au procès.
- Il me tarde d'être au tribunal pour assister à cette exécution.
Musique sombre
- Lord Halifax, propriétaire de L'Impartial,
appelé à la barre aujourd'hui
pour répondre des charges de diffamation,
a dû quitter le pays précipitamment.
Exclamations
Mais il s'engage à ce que son représentant
soit devant cette cour à 14h.
Cloche
Cris de panique
M. le Juge, la comédie a assez duré.
On n'est pas sur les boulevards.
Brouhaha
- Je demande au représentant de M. Halifax de se faire connaître.
- Qu'est-ce que vous faites ? C'est pas encore fini.
- Je suis le représentant de Lord Halifax.
Cris de stupeur
Je suis devant vous
car L'Impartial est accusé d'avoir diffusé de fausses nouvelles.
Mais j'affirme ici
que les bateaux Danglars ont bel et bien disparu.
- N'importe quoi, ma flotte est à Marseille !
C'est une farce !
Brouhaha
- Quelle preuve avez-vous ? - Il vous suffira
de contacter la capitainerie de Marseille.
- Vous persistez donc dans vos affirmations ?
- Je persiste et je signe, monsieur le juge.
Mais je veux le faire sous mon vrai nom.
Vous en avez un faux ?
- On me connaît sous le nom d'Andrea Cavalcanti.
Après des années dans la rue, j'ai été recueilli par une grande
et riche famille de l'aristocratie italienne.
J'ai grandi comme voleur
et j'ai fini prince.
Ce n'est pas un métier plus honnête, mais beaucoup plus agréable.
Rires
C'est ici, à Paris, que j'ai enfin retrouvé mon vrai père.
Musique sombre
Je suis né le 3 novembre 1815.
À Auteuil.
Il inspire.
- M. le Juge, est-ce que...
l'accusé pourrait présenter des preuves de ce qu'il avance ?
- J'y viens, M. le procureur. Petit rire
Votre patience sera récompensée.
Je suis le bâtard d'un aristocrate français et de sa maîtresse !
Exclamations
Ma mère ignore que je suis vivant car... mon père
lui a affirmé que j'étais mort à la naissance.
Il m'a enveloppé dans un linge et m'a enterré vivant.
Exclamations
- Vous parlez, monsieur, d'une tentative d'infanticide.
C'est ce qui aurait dû se passer
si ma tante ne m'avait pas sorti de terre.
Qui vous accusez ?
Un homme respectable...
que vous connaissez tous.
Ses armes sont sur ce linge.
Exclamations
Mon père...
n'est autre que l'homme que j'ai face à moi.
Le procureur de Villefort.
Exclamations
Silence !
- Ou je fais évacuer la salle. - Calomnie !
Je vous poursuivrai !
M. Cavalcanti,
mesurez-vous la gravité de vos accusations ?
Je ne me contenterai pas d'un linge, même taché de sang.
- M. le procureur vous apportera la preuve de ce que j'affirme.
- Mais vous délirez ! - Père.
Il soupire.
N'obligez pas ma mère à venir témoigner.
Elle a, je crois, déjà assez souffert.
Respiration tremblante
Musique triste
Exclamations
Le procès est suspendu
le temps d'une enquête. Qu'on évacue la salle !
Et de un.
Allez, Victoria, venez ! Pardon.
Laissez-nous passer.
- Pourquoi ne m'as-tu pas dit la vérité ?
- Ton père me voulait comme gendre, mais...
ça ne se peut pas, ta mère est également la mienne.
N'oublie pas tes lignes de vie.
Sois heureuse, ma sœur.
Respiration tremblante
Comte !
Comte !
Cette histoire n'a aucun sens. On nage en plein délire.
Mes bateaux, hier, étaient encore à Marseille. Je...
Je vais avoir besoin d'un... d'un délai pour vous rembourser.
Si... Il inspire.
Vous n'avez plus rien, baron.
Tout ce qui était à vous est à moi.
La seule chose qui vous reste, ce sont ces vêtements.
Quittez Paris et peut-être que je ne laisserai pas votre femme
et votre fille mourir de faim.
Mais enfin, comte, je...
Vous me trouvez brutal, baron ?
(Non seulement je le sais,)
(mais je m'en vante.)
Respiration tremblante
Vous devriez raccompagner votre femme.
Elle est bien pâle.
Et de deux.
Musique sombre
Père !
De la part d'Angèle.
Il gémit.
Respiration tremblante
- Écartez-vous !
Non !
Coup de feu
Musique dramatique
Cris de panique
Respiration difficile
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Sanglot
Respiration difficile
Ne pleure pas.
Musique triste
Respiration tremblante
Elle sanglote.
On savait que ça finirait comme ça.
On le savait.
Haydée !
Il a désobéi.
Désobéi ?
Désobéi à quoi ?
Vous ne lui avez enseigné que la haine.
Vous avez mis cette dague dans sa main.
C'est ta peine qui parle.
Je l'aimais comme un fils.
Rire moqueur
Musique sombre
Moi aussi, vous m'aimez ?
Moi aussi, vous êtes prêt à me sacrifier pour votre vengeance ?
Ce n'est pas de la vengeance.
C'est de la justice.
N'oublie pas tes larmes, Haydée, les cris de ta mère
et le sang de ton père.
Et le nom de celui qui les a trahis.
N'oublie pas son nom !
Respiration tremblante
Elle hurle.
Elle pleure.
Il inspire.
Si vous m'aimez
comme je vous aime, ne cherchez pas à me revoir.
Vous êtes trop noble de cœur pour ne pas comprendre.
Je garde ma force pour lutter contre moi-même et boire mes larmes.
Soyez heureux loin de moi, vous le méritez.
Porte
Musique de tension
Albert ?
Il halète.
Albert.
Vous êtes fou.
Vous ne pouvez pas rester.
- Haydée, je ne vous connais que depuis peu...
Partez.
Fuyez-moi comme on fuit la peste.
- Je ferai votre malheur. - Mais fuyez avec moi.
Je vous le jure, Haydée,
au lieu du désespoir, c'est le bonheur que je vous promets.
- Vous ne me connaissez pas. Vous ne connaissez pas le comte.
Haydée...
- Si vous m'aimez comme je vous aime...
Respirations tremblantes
Dites-moi adieu.
Je vous en supplie.
Musique triste
Dites-le !
Je vais donc vous le dire
en attestant Dieu, qui lit au fond de mon cœur...
Je vous souhaite une vie heureuse sans mon souvenir.
Adieu, mon amour.
Ce regard.
Sans vous, ma vie est perdue.
Mon malheur, certain.
- Qu'allez-vous faire ?
- Mais rassurez-vous, je tiendrai ma promesse.
Mais par pitié, vous vivrez ?
Que vous importe ?
À vos yeux, je suis déjà mort.
Fuyons.
Haydée.
Si tu désires rejoindre la famille Morcerf,
Albert mérite de connaître
ton histoire.
Si tu restes silencieuse, je serai contraint de parler à ta place.
Faut-il vraiment que je parle
en ton nom ?
Comte, s'il vous plaît.
Haydée est la fille...
Arrêtez !
Je vais parler.
Musique lugubre
Mon père était un homme illustre connu sous le nom d'Ali Tebelin.
Pacha de Janina.
J'avais 10 ans
quand on l'a tué sous mes yeux et ceux de ma mère.
Il avait reçu un soldat français
qui était notre allié.
Percé par une dizaine de balles,
mon père
a trouvé la force de rester debout
et a tiré sur l'homme qui l'a vendu
en lui crevant un œil.
Je n'ai jamais revu ma mère.
Cet officier m'a vendue comme esclave
à une tribu valaque des Balkans.
- Il s'appelait... - Ça suffit.
Albert.
- Vous m'avez manipulé. - Je vous avais mis en garde.
- Vous m'avez utilisé. - Vous pourriez regretter vos paroles.
- Vous croyez me faire peur ? - Ne me provoquez pas.
Albert, je t'en prie.
Comte !
- Vous m'avez tout pris. Sauf mon nom, que vous avez sali.
Non !
Oh, comte, je vous en supplie.
Je prends votre gant pour jeté.
Je vous le rendrai roulé autour d'une balle demain.
Respiration tremblante
Porte
Vous n'avez aucune pitié ?
- En ont-ils eu pour Edmond Dantès ?
Regarde-moi.
Je ne suis plus que le bras armé de la sourde et aveugle fatalité.
Respiration tremblante
Il halète.
Fernand de Morcerf connaîtra ce que mon père a connu.
Elle halète.
Si vous tuez Albert,
vous ne pourrez plus dire : "Dieu est pour moi, avec moi."
Vous serez un assassin.
Respiration tremblante
- La Bible dit que les fils paieront pour les crimes de leurs pères.
Musique calme
Jacopo, suis-la.
Il charge son arme.
Laisse-nous, Jacopo.
Madame.
Que faites-vous ici ?
Edmond, tu ne tueras pas mon fils.
- Quel nom avez-vous prononcé ?
Le tien.
Ce n'est pas Mme de Morcerf
qui est devant toi, c'est Mercédès.
Je ne connais personne de ce nom.
Respiration tremblante
Je t'ai reconnu dès que je t'ai vu.
Et même sans te voir, j'aurais reconnu ta voix.
Ma raison luttait, mais mon cœur savait. Depuis, je te suis, je te regarde,
je cherche ce que tu veux à Morcerf.
Fernand, vous voulez dire, madame.
Puisque nous nous rappelons nos prénoms.
La coupable, c'est moi.
C'est moi qui ai manqué de force face à ton absence.
C'est moi qui ai manqué de foi à ta mort.
- Moi ! - Pourquoi ? Pourquoi étiez-vous seule ?
Pourquoi étais-je absent ? Pourquoi m'a-t-on arrêté ?
Pourquoi m'a-t-on donné pour mort ?
Je l'ignore.
Respiration tremblante
- J'imagine qu'il ne vous écrit plus de lettres d'amour,
mais vous reconnaîtrez aisément son écriture.
Voilà.
Regarde, Mercédès.
Voilà ce que ton mari a écrit
à Villefort il y a 20 ans.
Musique douce
Il inspire.
Il faut que je me venge, Mercédès. Il le faut.
Respiration tremblante
- Alors venge-toi, Edmond.
Mais sur les coupables.
Venge-toi de Fernand qui t'a trahi, venge-toi de moi, mais épargne Albert.
Si tu savais toutes les prières...
Elle sanglote.
Si tu savais toutes les larmes que j'ai versées...
- As-tu perdu ton père dans la solitude ?
As-tu vu l'être que tu aimais dans les bras de ton rival ?
- As-tu vu tout cela ? - Non.
Oui.
- Mais je vois l'homme que je n'ai jamais cessé d'aimer
prêt à devenir le meurtrier de mon fils.
- Que veux-tu ?
Tu veux que ton fils vive ?
Il vivra.
Elle inspire.
Merci.
Merci, Edmond.
Respiration tremblante
Elle rit.
Je te retrouve.
Tel que je t'ai toujours rêvé, tel que je t'ai toujours aimé.
Il faut nous dire adieu.
Adieu ?
Si je renonce à me faire justice,
je renonce à ce qui me tient en vie.
Le duel aura lieu demain.
Adieu, Mercédès.
Respiration tremblante
Musique calme
Monsieur Albert de Morcerf,
vous avez publiquement provoqué le comte de Monte-Cristo.
Le duel se fera à 20 pas, à mon commandement.
Priorité à l'offensé.
En position.
Allez, messieurs.
Feu !
Il inspire.
Respiration tremblante
Feu !
Hennissement
Portière
Elle halète.
- Je crois voir dans tes yeux une lueur de déception.
- Je ne vous pardonnerai jamais de lui avoir arraché la vie
et de m'avoir arraché le cœur.
Tu l'aimais, donc.
Si je l'aimais ?
Tout me poussait à le haïr, mais sait-on pourquoi on tombe amoureux ?
On a beau essayer de se raisonner, il est trop tard.
On a perdu l'équilibre.
Votre voix secrète vous souffle qu'il n'y a plus de hasard.
Mais au lieu d'écouter cette voix, c'est la vôtre que j'ai écoutée.
J'aurai fait son malheur et le mien !
Que vais-je faire de cet amour que je ne lui ai pas donné ?
De ces mots que je ne lui ai pas dits ?
- Sanglot - Vous les lui avez dits.
Musique rythmée
Et il les a entendus.
Soupirs de soulagement
Albert...
Respirations tremblantes
Comte !
Fuyez, maintenant.
Fuyez et ne laissez personne voler votre bonheur.
Musique sombre
Edmond !
Edmond !
Edmond, montre-toi !
Je t'attendais.
Tu montres enfin ton vrai visage.
J'ai cherché à connaître le tien.
Savoir qui tu étais.
Alors j'ai suivi tes traces.
Je suis allé partout où tu as été.
Je les ai tous rencontrés :
tes amis, tes frères d'armes, tes ennemis, tous...
Qui n'as-tu pas trahi ?
À qui es-tu resté fidèle ?
Partout, tu as montré ton vrai visage.
J'ai perdu
foi en l'Homme,
le jour où tu m'as trahi.
Tu aurais dû me tuer.
Il n'est jamais trop tard.
Musique rythmée
Gémissements
Gémissements de douleur
Gémissements
Cri de rage
Gémissements
Cri
Il gémit de douleur.
Tonnerre
Dantès gémit.
Tonnerre
Il gémit.
Grincement métallique
Il gémit.
Grincement métallique
Tonnerre Gémissements
Cri de rage
Gémissements
Musique lugubre
Gémissements
Il halète.
Gémissements
Cri de rage
Gémissements
Ils halètent.
Gémissements
Musique triste
Respiration tremblante
Gémissements
Respiration tremblante
Musique sombre
Il inspire.
Respiration difficile
Lève-toi.
Gémissements
Respiration difficile
- Regarde-moi.
Regarde-moi !
Il halète.
- Tue-moi.
- On trouve toujours grandeur aux morts.
On finit par leur pardonner.
Je veux pas qu'on te pardonne.
Musique calme
Mercédès, je suis venu te dire adieu
là où la vie nous a arrachés l'un à l'autre,
il y a 21 ans aujourd'hui.
Tant de choses se sont brisées en moi et autour de moi depuis,
que l'homme que tu as connu n'est plus.
Je t'avais promis de t'aimer jusqu'à ma mort
et encore longtemps après,
et je t'aimerai toujours,
mais il n'est plus en mon pouvoir de t'apporter le bonheur.
Je ne peux plus t'offrir que la consolation.
Ton fils sera heureux.
Albert et Haydée vivront l'histoire que nous n'avons pas pu vivre.
Bonheur à nos enfants
qui vont nous survivre et goûter la douceur de l'amour.
En t'écrivant, je vis mes derniers moments avec toi.
Tout, après, ne sera que souvenirs.
Je les emporterai avec moi sur la mer,
le seul endroit sur terre où tout est horizon
et où il n'y a pas de traces laissées par les hommes.
Vis et sois heureuse.
N'oublie jamais,
jusqu'au jour où la providence nous réunira peut-être à nouveau,
que toute la sagesse humaine est dans ces deux mots :
attendre
et espérer.
Edmond Dantès,
comte de Monte-Cristo.
Musique épique
Musique rythmée
Chant en roumain
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