All language subtitles for Noel.Joyeux.2023.FRENCH.1080p.WEB.H264-FW

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Original subtitles

[musique classique]

[musique jazzy]

Tu le trouves comment ?

[mari] Pas terrible.

Il va paraître tout petit à côté de Marie, non ?

Tu l'aimes ?

Oui, très bien.

À ce soir.

Bon, avant de partir, vous rangez vos dessins là-bas,

vous videz vos gobelets,

reposez-vous bien et joyeux Noël.

[tous] Joyeux Noël, bonnes vacances.

Vous partez quelque part ?

- Non, Noël, c'est à la maison. - Ah oui ?

Bravo.

Ton train arrive à quelle heure ?

Maman, je suis désolé,

j'ai changé mon tour de garde. J'ai une soirée le 31.

Je serai pas là demain. Tu m'en veux pas ?

Non, j'aurais fait comme toi. Mais ton père va pas aimer.

C'est pas grave de zapper un Noël en 22 ans.

Je sais que c'est important, mais il va comprendre.

C'est surtout le premier Noël sans ta grand-mère.

C'est vrai, j'abuse.

Je l'appelle et je lui explique.

Non, surtout pas. Je m'en occupe.

Il parle déjà plus à ton frère.

Je veux passer une bonne soirée.

[musique douce]

[bips de détection d'obstacle]

Top !

Ça passe, ça passe.

Ça passe là !

Oui, ça passe, je sais. Imbécile, va.

Braque.

Voilà.

Tout droit.

Mangin me fatigue. Il déborde encore avec son 4x4.

En plus, t'as vu son sapin ?

Un arbre en plastique.

[épouse] Tu lui as dit ?

- Que son sapin était affreux ? - Qu'il te gênait pour te garer.

- J'ai eu Baptiste... - Regarde ce que j'ai trouvé.

- C'était le vin préféré de maman. - OK.

Attends, j'ai encore une chose.

J'ai eu Baptiste...

Ouh là.

[mari] Elle est belle, non ?

- Promo. - Très. Très, très.

Pour la façade.

Donc j'ai eu Baptiste au téléphone. Il viendra pas demain.

[mari] Pour le déjeuner ?

Il viendra pas du tout, il est de garde.

- C'était pas le 31 ? - Il a changé ses plans.

Il sera pas là à Noël ?

Je sais, tu es déçu, mais c'est plus un enfant.

Y a encore peu, on trouvait que Noël avait du sens.

On dirait que tu t'en fiches.

Absolument pas.

Agathe, Cyril et les enfants seront là.

[mari] Noël sans les enfants, ce serait le pompon.

Tu voudrais pas appeler Maxime ? Noël,

c'est l'occasion de se réconcilier avec son fils.

Je vais installer ma guirlande.

[musique intrigante]

Attends, bouge pas. Prends ça.

- Cyril. - [sonnerie]

- Allô ? - [épouse] Oui.

On vous attend pour déjeuner ou non ?

Ben non, Cyril t'a pas prévenue ?

On part pour l'île Maurice, c'était une surprise.

On décolle dans 3 heures.

Cyril, t'as pas prévenu les parents !

Désolé, Béatrice. C'est ma faute.

Je voulais prévenir personne

parce que je voulais pas flinguer la surprise.

Désolée, maman.

Déjà ton frère nous a lâchés hier.

Il était pas de garde le 31 ?

Vous arrivez à quelle heure ?

Allô ?

Oui.

- Vous dites joyeux Noël à Béa ? - [les enfants] Joyeux Noël.

Bisous, mes chéris.

Je les attends pour faire le sapin.

[Agathe] Bisous, maman.

Bisous. Bisous.

Quel salaud.

Faire Noël dans un avion.

Priver sa propre famille de réveillon, quel égoïste.

L'île Maurice, c'est un beau cadeau de Noël.

- Ils pouvaient pas partir demain ? - C'est deux fois plus cher.

Il a des oursins dans les poches.

Tu peux pas dire ça, il emmène sa famille au soleil.

Dans un vol low cost.

Rappelle-moi la dernière fois que tu m'as proposé un voyage.

Même en low cost.

On va être beaux, tous les deux, avec notre dinde.

Moi, ça me plaît d'être que tous les deux.

On va se faire un Noël romantique.

Chérie, Noël n'est pas romantique, c'est la fête de la famille.

Alors attention, Vincent, mais je te considère comme ma famille.

32 ans de mariage,

ça fait une famille légitime.

Tu vois ce que je veux dire. À Noël, on se retrouve tous ensemble.

C'est l'occasion de changer.

Tiens, tu sais quoi ?

Pas d'enfants, pas de dinde.

- Pas de dinde ? - Non.

- T'es sérieuse ? - Très.

Hop, congèle !

Et pas de sapin ? Noël sans Noël ?

T'as raison, pas de sapin.

[Béatrice] Qu'est-ce que tu fais ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Plus de Noël, plus de sapin.

C'est un autre Noël, mais c'est Noël quand même.

- Ouvre-moi la porte. - Laisse ce sapin ici.

Pas de dinde, pas de Noël. Pas de Noël, pas de sapin.

Mais tu vas le jeter, quel gâchis !

Je vais appeler la paroisse.

Il sera plus utile chez des gens qui fêtent Noël.

Porte, s'il te plaît.

[musique cocasse]

Il neige même pas.

[curé] Préserver l'esprit de Noël.

Donner un sens à Noël.

Voilà notre cadeau indispensable, parce que...

au fond, quel est le sens de Noël ?

Eh bien, c'est avant tout

le partage,

l'écoute, être ensemble, réunis...

C'est exactement ça.

[curé] Comme vous le savez,

beaucoup de gens sont isolés, le soir de Noël.

On n'y pense pas, mais pourquoi ne pas inviter une personne seule ?

Un voisin, une connaissance,

des gens qui n'ont personne et qui, grâce à vous, ce soir,

seront un peu comme votre famille.

[musique douce]

Tu veux pas rester seul avec moi, ce soir.

Ça n'a rien à voir.

Pourquoi tu écoutes le curé ?

C'est nouveau, ce côté bigot.

Inviter un vieux chez nous ?

Je veux pas passer ma soirée avec un vieux.

En l'écoutant, j'ai pensé à maman.

Si elle avait fini sa vie toute seule,

j'aurais adoré qu'une famille l'accueille, pas toi ?

Si, j'aurais adoré qu'une autre famille l'accueille.

[elle rit]

Mais je plaisante, pardon.

Recevoir quelqu'un d'isolé, c'est une belle idée.

Je vais pas te dire non, je serais un monstre.

Donc t'es d'accord ?

Je ne peux plus être en désaccord.

[Vincent] Voilà. Résidence les Acacias.

Y a une place devant, c'est pas beau ?

[Béatrice] Je te demande qu'une chose.

On ne ressort pas la dinde.

[Vincent] Tout ce que tu voudras.

On l'a mise au 2e étage, elle a une chambre ensoleillée.

Chambre 208. Vous pouvez prendre l'ascenseur.

Monsieur.

Très appétissant, votre menu de Noël.

Oui, notre chef se donne du mal.

Je vous écoute.

C'est un peu particulier, je vous explique.

Est-il possible d'accueillir un

ou une pensionnaire de votre établissement,

afin de lui proposer de passer le réveillon de Noël chez nous ce soir ?

Vous venez chercher un parent pour Noël ?

Non.

Non, justement, c'est pour inviter un vieux...

monsieur ou une vieille madame

à venir fêter Noël avec ma femme et moi, ce soir.

Disons que c'est pour proposer une soirée alternative.

- [sonnerie] - Le prêtre m'a parlé de ça.

Les Acacias, bonjour.

J'ai oublié de vous rappeler. Alors oui, je regarde tout de suite.

Oui, j'ai reçu votre mail.

Complètement.

Regardez qui est là.

Je vous souhaite un joyeux Noël.

À demain, Bernadette.

[réceptionniste] L'intégralité du repas peut être servie en version mixée,

ou moulinée, en cas de difficulté à mâcher.

[musique jazzy douce]

Mamie ? Mamie ?

Ah, ah ben...

Regardez qui voilà, Bernadette. C'est...

Voilà.

Contente de vous voir.

On faisait un tour en attendant. Joyeux Noël, Bernadette.

Il est là.

["Vive le vent" joué à l'accordéon]

[réceptionniste] Oh là là, j'ai pas une bonne nouvelle.

- J'ai plus de place. - Plus de place ?

Y a plus de lits. Faut trouver une autre pension.

Non.

On est complet !

Criez pas, je vous entends.

Parlez plus fort, s'il vous plaît.

Vous êtes monsieur...

Je suis M. Barand.

- Baron ? - Rand. Barand.

Ranbaron ?

Voilà, en fait, je...

Est-il possible d'accueillir un pensionnaire

pour qu'il fête Noël chez nous ?

Quand ça ?

Ce soir.

- Le 24 ? - Oui, le 24.

On a pensé que c'était un bon soir pour fêter Noël.

J'avais pas compris !

Vous voulez venir fêter Noël ici ?

Non.

Non, non...

Non, c'est-à-dire...

En fait, à la messe, le prêtre...

Mon père, je vous avais pas reconnu.

Je vais les chercher, ne bougez pas.

Eh ! Pour ceux qui veulent, il y a le prêtre.

Non.

Bonjour, notre hôtel des Tilleuls va vous répondre.

Veuillez rester en ligne.

Bonjour, notre hôtel des Tilleuls va vous répondre.

C'est plus facile d'adopter un gamin que d'accueillir un vieux.

[Béatrice] T'auras essayé, c'est le principal.

- Un bar à la truffe, ça te va ? - Oui.

Ça fait plaisir.

Direction les Tilleuls.

Hein ?

Ils ont trouvé quelqu'un. Je file, c'est après la zone artisanale.

Vite avant que ça ferme...

C'est pas un supermarché.

- Te trompe pas de produit. - Pardon ?

Choisis bien. Il y a personne âgée et personne âgée.

Si t'as le choix, prends quelqu'un d'éveillé, sympathique.

- Je vais pas faire un casting. - Bien sûr.

Par exemple, au niveau de l'hygiène...

Mais Béatrice ! Je vais pas à la SPA récupérer un chien.

Y a des vieux qui mordent, crois-moi.

Ramène pas un incontinent ou une vieille bique rouillée.

Je veux pas passer ma soirée avec un vieux qui sent l'urine.

Je leur dirai : "Donnez-moi ce que vous avez de mieux,

mais je ne prends ni fin de série, ni cheveux mauves."

[musique joyeuse]

[un chat miaule]

Bonsoir.

Y a quelqu'un ?

Bonsoir.

Oh, oh ?

Personne ?

Monsieur ?

Excusez-moi, monsieur ?

Il y a un responsable ?

[tous] Joyeux Noël !

[rires et applaudissements]

On voulait pas vous faire peur.

En entendant la voiture, on n'a pas pu résister.

Ils ont peu de visites, c'est important de rire.

Très, très.

Isabelle Frémaud, directrice des Tilleuls. M. Barand ?

Tout à fait, Vincent Barand.

Vous avez pas eu trop de mal à trouver ?

Un peu. Et puis, en arrivant, j'ai...

J'ai demandé à ce monsieur, mais il m'a pas répondu.

Adrien risquait pas de vous répondre.

- Il est muet ? - Non, il est triste.

Il est arrivé ici, il y a 2 ans, après la mort de sa femme.

On n'a jamais entendu le son de sa voix.

À nous. On fera les papiers pour l'autorisation de sortie après.

On va aller voir Monique.

C'est elle qui va venir avec vous. Venez.

Attention, Fernand,

- Georges triche. - Il triche tout le temps.

[Isabelle] Jeannine, votre café est en train de refroidir.

Voilà, je vous présente

Monique.

Monique, je vous présente M. Barand.

Vous passez

le réveillon de Noël chez lui.

Bonsoir, Monique.

On vous dit au revoir, bon réveillon.

Excusez-moi, je vous laisse faire connaissance.

Pourquoi c'est pas moi qui viens ?

- Vous restez pas avec votre maman ? - Non.

C'est trop compliqué.

[femme] Et on a de la route.

Pourquoi c'est pas moi qui viens ?

Dis-moi pourquoi.

On va réveillonner ailleurs.

Pourquoi c'est pas moi ?

Madame.

[pensionnaire] Pourquoi pas moi ?

Ferme-la.

- Pourquoi ? - Parce que.

Qui a envie de passer Noël avec toi ?

Ne commencez pas toutes les deux, c'est Noël.

C'est Noël.

Ils sont pas près

d'avoir leurs cadeaux, les enfants, avec ce père Noël.

[chanson de Noël]

Vous êtes bien installée ?

Si vous avez trop chaud ou froid, dites-le-moi.

Y a pas de neige, mais y a plein d'étoiles.

C'est une belle nuit.

- [sonnerie] - Excusez-moi. C'est ma fille.

Oui ?

Coucou, papa. On voulait te souhaiter un joyeux Noël.

Joyeux Noël.

Maman t'a dit pour la surprise ? On est désolés.

Oui. Noël dans un avion, c'est pas commun.

Surtout qu'on décolle toujours pas. Deux heures qu'on attend.

Il a pris un avion qui roule, c'est moins cher.

- Quoi ? - Non, rien.

Je te laisse, j'ai des infos.

Bisous, papa. Joyeux Noël encore. Bisous.

Bisous.

C'est ma fille. Elle est dans un avion, mais...

il vole pas.

Comme ça, il s'écrasera pas.

[musique gaie]

[Vincent] Entrez, Monique.

Donnez-moi votre sac et votre manteau. Voilà.

Vous voulez pas...

aller vous laver les mains ?

Non ? Bon.

Chérie !

- On est là, avec Monique. - [Béatrice] J'avais pas entendu.

Monique. Monique.

Je vous présente Béatrice, ma femme.

Enchantée.

On avait une Béatrice aux Tilleuls, 97 ans.

La doyenne. Une grosse dame très gentille.

Elle est partie au mois d'août.

Le Seigneur l'a rappelée ?

Non, c'est son fils qui l'a rappelée.

Elle était bien aux Tilleuls, mais son fils l'a mise aux Acacias,

c'était plus près de chez lui.

Elle est partie le lendemain.

Elle est retournée aux Tilleuls ?

Non, elle est morte d'un coup.

Sacrée Béatrice.

C'est joli chez vous.

Merci.

J'aime beaucoup cette bougie.

Ça sent bon.

[Béatrice] C'est de l'hibiscus.

[Vincent] On vous sert quoi ? Thé, eau pétillante ?

Ah non, un whisky.

[Vincent] Une petite goutte de whisky, ça réchauffe.

Non, pas une goutte, un whisky.

Ils sont beaux. Comment ils s'appellent ?

Alors...

Agathe, c'est l'aînée.

Ensuite, Maxime. Et le dernier, Baptiste.

Oh, on avait un Baptiste aux Tilleuls.

Il est parti en...

février.

94 ans. On l'appelait

"notre vieil arbre", il se tenait toujours debout.

Et un jour, le vieil arbre...

il est tombé. Raide.

Aïe. Sacré Baptiste.

Et les petits-enfants, c'est eux ?

Thibaut et Lucien.

On avait un Lucien aux Tilleuls.

Oh oui.

Un jour, à table, il est devenu tout rouge.

On rigolait, on croyait qu'il faisait le guignol.

Il était en train de s'étouffer avec un bout de viande.

Alors il s'est écroulé sur son assiette,

mort d'un coup.

Sacré Lucien.

Elle est charmante, non ?

Faut pas citer de prénom, mais sinon, elle est charmante.

Un prénom, un mort.

C'est touchant qu'elle raconte ses histoires.

C'est sinistre, surtout.

Donc à partir de maintenant, plus de prénoms.

Je veux pas compter les morts.

Vos photos dans le couloir sont magnifiques.

Ce sont tous nos Noëls.

J'aime beaucoup celle où vous êtes devant la mer.

Noël 2017, mon frère Thierry l'a prise.

[en chuchotant] Pas de prénom !

Qui ça ?

Quelqu'un.

Elle est très jolie.

- C'était à Saint-Malo. - Oh, Saint-Malo.

C'est là où est enterrée ma sœur Françoise.

Dix ans à se battre contre la maladie.

Mais au final, c'est toujours la maladie qui gagne.

Sacrée Françoise.

Oh ! Oh, ce qu'il est beau, ce sapin !

Ah ça, c'est vraiment Noël.

J'y crois pas. Chérie, il nous a piqué notre sapin.

Tu l'avais pas donné à la paroisse ?

Il a dû l'embarquer avant eux.

Pourquoi vous avez pas de sapin ?

[Béatrice] Mais oui, c'est vrai.

Pourquoi on n'a pas de sapin ?

On est que tous les deux, donc pas de sapin.

Finalement, vous n'êtes pas que tous les deux.

Vous avez pas vu la guirlande dehors ?

Forcément, d'ici, on la voit pas, mais...

dehors, c'est Noël.

On dîne dehors, si tu veux. Vous en pensez quoi, Monique ?

Ça sera mon premier Noël sans sapin.

Peut-être le dernier.

Je m'en occupe.

Tu vas le récupérer ?

Non, je vais en trouver un encore plus beau.

[musique aux airs de Noël]

Vous voulez de l'aide ?

Merci, je suis garé là-bas.

Tu manques pas d'air, toi.

Ah, pardon. Je pensais qu'il était abandonné.

Bien sûr, le soir de Noël, y a plein de sapins abandonnés.

Il est bon, lui.

Excusez-moi.

La mort me fait pas peur, je l'attends.

Si ça se trouve, je vais partir ce soir. Ou demain.

Demain, ce serait mieux.

Allez, on arrête avec la mort.

C'est Noël, c'est joyeux.

Allez, racontez-moi. Qu'est-ce que vous faisiez comme métier ?

Je travaillais dans les espaces verts.

Ah, bah c'est bien, ça.

Au cimetière de Bonchamps.

Ah.

Et vous, vous avez travaillé ?

Mais je travaille encore.

Je suis professeure d'arts plastiques au collège Paul Éluard.

C'est courageux, à votre âge.

Pourquoi ? Vous me donnez quel âge ?

Je sais pas, je veux pas vous vexer.

Là, c'est trop tard.

Je vais vous donner une technique.

Vous imaginez l'âge de quelqu'un et vous retirez 10 ans.

Comme ça, vous êtes sûre de pas vexer.

Ah, c'est astucieux, ça.

Alors attendez.

56.

C'est pas ça ?

Si, si. C'est exactement ça.

[Vincent] Coucou.

C'était le dernier. Je le mets où ?

Y a deux options.

Option 1.

[air de "Vive le vent"]

Option 2.

1.

2.

On part là-dessus.

Ça s'est bien passé ?

Vincent, quel âge tu me donnes ?

Pourquoi tu me demandes ça ?

J'ai pris un coup de vieux, cette année.

T'as rien dit, mais je le vois bien.

Réponds-moi franchement.

Ton âge, chérie.

Regarde, j'ai vieilli.

Évidemment qu'on vieillit.

Mais on vieillit ensemble et bien.

Et puis, vieille, c'est relatif.

Tu fais jeune par rapport à Monique.

Merci, tu sais me réconforter.

Tu sais quel âge elle m'a donné ?

66 ans.

66 ans.

Les vieux voient plus rien. Tu fais pas 66 ans.

- Tu fais à peine tes 58. - J'ai 56 ans.

Regarde, tu vas voir.

Monique, je peux vous poser une question ?

Quel âge vous me donnez ?

Ah, alors...

52.

Merci, mais vous me rajeunissez.

Pour votre épouse, je suis tombée pile, du premier coup.

Hein ? 56.

Tu vois, qu'est-ce que tu me racontes ?

Allez, on décore ce sapin ?

[air doux de Noël]

Oh, regardez, Monique. Comme il est beau, le petit renne.

Le beau petit renne.

Il est beau, hein ?

Comme il est beau.

Mets-toi à côté.

Finalement, c'est très bien,

le petit sapin nain.

On n'est pas obligés de...

de grimper pour la décoration.

Faut faire très attention

aux accidents domestiques.

À un Noël,

aux Tilleuls, André, qui était un type très costaud,

il a grimpé

sur une chaise...

Il est tombé, il s'est éclaté la gueule,

y avait du sang partout, c'est ça ?

[rire machiavélique]

Mais pas du tout, non.

Il a failli basculer,

mais quelqu'un l'a...

l'a rattrapé. Dites donc...

Vous êtes macabre, vous.

Oui, qu'est-ce qui te prend ?

Ça va, Monique ?

Monique ?

Un problème avec la boule ?

C'est pas les boules, c'est ton sapin.

Il est déprimant.

Non, c'est pas le sapin.

Ah, tu vois. C'est pas le sapin.

- [Monique] C'est Jeannette. - [Vincent] Jeannette ?

C'est ma meilleure amie. C'est Jeanne.

À chaque Noël, on faisait le sapin ensemble.

Et là, ça sera pas possible.

Elle est décédée ?

Mais non.

Non, mais elle est toute seule aux Tilleuls.

Je suis sa seule amie, elle a pas d'autre amie.

Alors voilà, ce sera le premier Noël...

qu'on passera pas ensemble.

Je... J'aurais pas dû la laisser,

- je m'en veux. - [Vincent] Vous inquiétez pas,

on va passer une jolie soirée de Noël tous les trois.

Vous savez quoi ? Vincent va vous ramener.

Vous allez retrouver Jeannette et passer Noël ensemble.

Vincent, Monique est malheureuse avec nous.

Attends.

[Béatrice] On a cru bon d'inviter Monique.

Eh ben, on s'est trompés, voilà.

Me dis pas que tu veux lui gâcher son Noël

et la séparer de sa meilleure amie.

C'est pas ça, l'esprit de Noël. Allez.

En voiture, Monique.

Là-bas, vous allez retrouver un beau sapin.

[Monique] Là-bas, il est en plastique.

On fait des merveilles avec le plastique, Monique.

Allez, chéri. Y a pas une minute à perdre.

Attendez.

Tenez, ce sont nos plus belles boules.

Une pour vous, une pour Jeannette.

En les accrochant, vous penserez à nous.

Chéri, tu feras une photo ? Voilà.

Merci, merci !

Merci à vous, Monique. Vous êtes une belle âme.

- Joyeux Noël. - Merci, au revoir.

Au revoir, bonne route.

- Coucou. - [pensionnaire] Ah, Monique est là !

- Passez de bonnes fêtes de Noël. - Merci.

T'es venu me chercher.

Il est venu me chercher !

- Il va m'emmener. - [Isabelle] Gisèle !

Florence, occupez-vous d'elle.

- Gisèle, non, non. - Tu vas m'emmener.

Déjà de retour ? Ça s'est mal passé ?

Pas du tout, au contraire.

Elle a eu le cafard, elle voulait retrouver son amie.

Monique et Jeanne, les inséparables.

Ils ont fait ça, prenez-en un, si vous voulez.

Merci.

Non, ça se mange pas. C'est du polystyrène.

Oui, c'est de la déco.

- J'ai cru que c'était de la meringue. - Eh non.

- Un verre d'eau peut-être ? - Non.

Une petite coupette ?

- Ma femme m'attend pour dîner. - Je comprends.

Joyeux Noël, M. Barand. À une prochaine fois.

Jacques ? Jacques, réveillez-vous.

J'avais 7 frères et sœurs.

À chaque Noël, je faisais à manger. C'était bien, mais c'est fini.

Alors forcément, quand Noël arrive,

je souffre un peu et je pense à eux.

Et pourtant, ils sont tous là.

Merci.

M. Vincent, je peux revenir chez vous ?

On peut emmener Jeanne ?

S'il vous plaît, dites oui.

C'est elle, Jeanne ?

Non, Jeanne, c'est moi.

On y va ?

[musique entraînante]

- C'est pas vrai ! - Qu'y a-t-il ?

Mon voisin fait garer ses invités devant chez nous.

Tenez, Monique. Allez-y, prenez pas froid.

Je vais me garer plus loin.

Qu'est-ce que vous faites ?

Il est mal garé. Vous êtes chez vous, non ?

Arrêtez ! Arrêtez !

[sonnette]

Bonsoir, vous êtes ?

Morte de froid.

On a ramené Jeannette pour faire la fête.

On en a deux pour le prix d'une. C'est Black Friday, à l'EHPAD ?

T'inquiète pas,

elle est adorable.

Ça pue le poisson.

Adorable. C'est du bar à la truffe.

Ça fait pas très Noël.

Quand je suis arrivée, y avait pas de sapin.

Ben, y en a toujours pas.

Je vois un bonsaï qui clignote, mais je vois pas de sapin.

On aurait dû aller en face.

Au moins, ils ont un sapin qui ressemble à quelque chose.

[Vincent] Jeanne ?

Vous ne retirez pas votre manteau ?

[Jeanne] Il faisait froid dans votre voiture.

Y a une mauvaise répartition de la chaleur.

Normal, c'est une entrée de gamme.

Allez, donnez-moi votre manteau.

Quelque chose vous ferait plaisir ?

Un massage des pieds.

Non, je pensais quelque chose à boire.

Je sais pas.

Allez.

On trinque.

Vous n'avez ni enfants ni petits-enfants ?

Ils sont dans le ciel.

Je savais pas.

Non, mais ils sont en avion. Ils sont pas morts.

Ah, d'accord.

Dieu merci.

Sauf si l'avion a un problème.

Un soir de Noël...

Ça m'a toujours fait rire, les consignes de sécurité.

Un gilet de sauvetage va vraiment vous sauver d'un crash ?

[Monique] Mais vous inquiétez pas.

Si l'avion s'était écrasé, vous le sauriez déjà. Non ?

Je prendrais bien la petite sœur.

Oui.

Merci.

[Béatrice s'éloigne]

[vibreur]

Pourquoi on change pas d'avion ?

On n'a toujours pas l'autorisation de débarquer.

- Monsieur, vous voulez quelque chose ? - Décoller.

Ça sonne dans le vide.

Ils ont dû décoller.

Non, ça sonnerait pas dans le vide.

S'ils avaient décollé, ils seraient en mode avion, d'où son nom d'ailleurs.

Vous savez quoi ? Faisons les cadeaux.

On les fait maintenant ou après dîner ?

Je vais d'abord aller aux toilettes.

[Vincent] Bien sûr, je vous accompagne.

[Jeanne] Je préfère y aller toute seule.

Viens, ma Jeannette. Je vais te montrer.

C'est la faute de ce con de Cyril, avec son vol low cost.

[Vincent] Détends-toi, chérie.

Si l'avion s'était écrasé, on le saurait.

T'as raison, ça me détend énormément.

Allez.

C'est Noël, on fait les cadeaux.

Quels cadeaux ?

J'ai un cadeau pour toi, figure-toi.

[Béatrice] Et pour elles ? Tu as des cadeaux ?

- Ah non, merde. - Alors on fait quoi ?

Elles nous regardent pendant qu'on s'offre nos cadeaux ?

Château Playmobil.

Croque-Carotte. Déguisement de Thor.

Ah bah Thor, pour Jeanne, ce serait pas mal.

Regarde.

On a qu'à remplacer par "Père Noël des vieilles".

De l'argent, c'est d'un vulgaire.

On va bien trouver quelque chose à leur offrir.

Cette lampe, tu l'aimes beaucoup ?

Je l'aime pas du tout.

Ce plateau, on s'en fiche.

Aide-moi, Béatrice.

Très bien. Tiens.

Duke Ellington pour Monique.

Elle doit aimer le jazz, non ?

- Ce coussin ? - Ta tablette ?

- Tes chaussures ? - Ton peignoir ?

- Ta liseuse ? - Ton pommard ?

- Ton tableau ? - Tu l'aimes pas ?

J'ai pas dit ça.

C'est vrai, tu l'as pas dit.

Avec toi, impossible de savoir si tu aimes.

Tu n'es pas vexant, mais ton indifférence devient blessante.

[discussion de Jeanne et Monique]

Au fait, on vous a pas montré vos chambres.

Montez.

Chérie, tu leur fais la visite ?

[en chuchotant] Gagne du temps, je trouve un cadeau.

[Jeanne] Les valises, s'il vous plaît.

Ah non, non, non. Ça, c'est notre chambre.

La plus grande, j'imagine.

Comme on vit ici, on a choisi la plus grande.

Pardon, excusez-moi.

Alors, il y a celle-ci.

Je vous en prie.

Ça ne vous plaît pas ?

Y a pas plus grand ?

Alors, sinon il y a celle-ci.

- Oh... - Je vous en prie.

Et au 2e, y a pas plus grand ?

Au 2e, c'est mon atelier. Et c'est pas chauffé.

Moi, je les trouve très bien, ces chambres.

T'es pas difficile, toi. On sait bien.

[musique cocasse]

[en chuchotant] Je vais la buter. Je sens que je vais la buter.

[Monique] Jeannette.

[en chuchotant] Qu'est-ce que tu fais ?

[en chuchotant] On n'a pas le droit au bonheur le soir de Noël ?

[en chuchotant] On fait rien de mal. Allez, viens.

[en chuchotant] C'est chic.

Qu'est-ce que tu fais ?

Perceuse ? Transat ?

Avec son parasol ?

Raquette ? T'en penses quoi ? C'est des beaux cadeaux ?

Je sais ! La bougie à l'hibiscus pour Monique. Elle l'adore.

Pour Jeanne, raquette ou perceuse ?

Je sais ! Le parfum que ta mère m'a offert.

Il est où, ce parfum ?

Elle est un peu quand même...

Elle est très bien, cette bougie. Très bonne idée, chérie.

- [chuchotant] On est bons, on est bons ! - [rire]

Qu'est-ce que t'as ?

On se démène pour trouver des cadeaux

pour deux vieilles qu'on reverra pas. On est cinglés.

Tu sais ce qu'on est ? On est des gens bien, Béatrice.

[musique groove]

- Comment vous trouvez ? - [Béatrice] C'est ma robe ?

- Elle lui va bien, non ? - Oui, très bien.

Et c'est mon châle. Et mon sautoir.

Vous avez fouillé dans mes affaires ?

On passe aux cadeaux ?

Fouiller, c'est un grand mot.

Ouvrir mon dressing et prendre mes affaires, c'est quoi ?

On passe aux cadeaux ?

Excusez-nous.

C'était pas une bonne idée. Je l'enlève.

Si, c'est une bonne idée.

Reste ici, Monique.

Ça vous dérange tant que ça ?

Monique a pas eu souvent l'occasion de s'habiller en dame.

Faut pas croire, pendant que certaines s'habillent chez Chanel,

d'autres sont en bottes et arrachent les mauvaises herbes au cimetière.

- [en chuchotant] Arrête. - Mais bon...

Tant pis.

On va se changer, si c'est ça que vous voulez.

Non, restez comme vous êtes.

Vous êtes sûre, Béatrice ?

Je peux garder vos perles ?

Tant que vous repartez pas avec.

Vous me prenez pour une voleuse ?

On passe aux cadeaux ?

Pas du tout.

Je plaisante.

J'aime plaisanter aussi.

Bonne nouvelle.

Alors, on va bien rigoler tous les quatre.

Ça, c'est pour vous, Monique.

Ça, c'est pour Jeanne.

Et ça,

c'est pour toi, chérie.

J'espère que t'as pas fait de folie.

On avait dit "trois fois rien".

Qu'y a-t-il, Monique ?

Non, mais c'est rien.

C'est Noël, alors ça m'émeut.

Ah oui, là, ça commence à ressembler à Noël.

Ouvrez votre cadeau.

- Jeanne, allez-y. - [Jeanne] Pas tous en même temps.

Chacun son tour, c'est plus marrant.

Comme vous voulez, allez-y.

Honneur au plus jeune. À vous, Vincent.

- C'est Béatrice, la cadette. - Ah bon ?

- J'aurais pas dit. - Moi, pareil.

Vous faites plus que votre âge.

[Monique] C'est normal.

Trois enfants, trois accouchements,

ça marque.

Allez, ouvre, chérie.

Oh, non.

Mais t'es fou.

- Ça, c'est Noël. - Ouah.

- Il te plaît ? - Mais il est super.

Mais on avait dit "une bricole".

- Et ça, qu'est-ce que c'est ? - Une bricole.

Je vais avoir l'air de quoi, moi ?

Chérie, on fait pas un concours.

Ouah, super. Ah, non.

Ah, j'adore. Merci, chérie.

Regarde, il est déçu.

Il fait semblant d'être content.

Le Concert by the Sea d'Erroll Garner. C'est un must.

Je sais que tu l'as déjà, mais c'est une réédition.

Le vendeur m'a dit que...

c'était un enregistrement remasterisé.

Ça vient de sortir.

Super. Super.

Il offre un sac de luxe et il a un disque.

Forcément, il est déçu, mais il fait mine de rien.

C'est ça, l'amour.

Arrêtez, je suis pas déçu. C'est mon pianiste préféré.

Et c'est pas un CD, c'est un triple CD.

On avait dit "une bricole".

Je l'adore, cette bricole.

Il reconnaît que c'est une bricole.

- Petit sapin, petit cadeau. - [rires]

[applaudissements venant de la stéréo]

[les applaudissements continuent]

[les applaudissements continuent]

C'est un disque d'applaudissements.

[notes au piano]

Ah, ça y est.

Il a enfin trouvé son piano.

Ça vaut combien un sac comme ça ? 5 000 balles ?

Ça en fait des disques.

Vous ouvrez vos cadeaux ?

Merci.

Ça sent bon, c'est de l'hibiscus.

C'est la même bougie que...

Ça vous plaît ?

Oui, beaucoup.

C'est Béatrice qui a eu l'idée.

Évidemment, c'est une bricole.

Allez, à vous, Jeanne.

J'ai un gros paquet, moi.

À mon avis, ça vient de vous.

J'ai plus confiance en vous qu'en votre femme pour les cadeaux.

Ouvrez, arrêtez vos sottises.

Oh !

Oh, c'est du rhum !

Monique, arrêtez !

[Béatrice] C'est du parfum !

J'avais pas vu que c'était du parfum.

La bouteille est trompeuse.

L'odeur aussi est trompeuse.

Il est pas périmé ?

Ça me rappelle les sanitaires en prison. Le produit

pour les mauvaises odeurs sentait comme ça.

Vous étiez en prison ?

Oui.

Vous êtes restée longtemps ?

30 ans.

Elle était gardienne de prison.

[rires des vieilles femmes]

Vous nous avez bien eus, là. Gardienne de prison.

Pour ça que vous êtes un peu...

Un peu ?

Un peu...

Un peu...

Brusque. C'est pas le mot, mais...

Insupportable.

Agressive.

Mal polie.

Non. C'est pas ce que je voulais dire. Un peu...

autoritaire.

J'aime l'ordre, c'est vrai.

C'est pas populaire, mais j'aime ça.

Mais votre génération de chochottes n'est pas habituée.

- Chochottes ? - Oui, chochottes.

Vous avez tout eu. Tout. Enfin, tout...

À part la guerre, la misère, le chômage...

Génération d'assistés.

Vous tombez mal.

Parce que j'ai commencé à travailler à 19 ans. 60 heures/semaine.

Pendant 30 ans, j'ai dirigé une PME qui fabriquait des lacets.

OK, boomer.

T'entends ça ?

Vos parents ont vécu sans savoir ce qu'ils mangeraient.

Et vos enfants, c'est pareil.

Vous, vous êtes déjà à la retraite.

Feignasse.

Je suis pas à la retraite.

J'ai passé la main, mais je suis encore sollicité.

Vous êtes au placard, quoi.

Faites gaffe. Prochaine étape,

l'EHPAD.

Je vous filerai ma chambre, plein sud.

[Jeanne rit]

Attention, il est très chaud.

Touche pas.

Drôle d'idée de servir du poisson à Noël.

C'est pas très joyeux.

[une porte s'ouvre et se referme]

[il hurle]

Et ça, tu trouves ça joyeux ? Hein ? C'est joyeux, ça ?

[Béatrice] Vincent, tu découpes ?

Vincent ?

Ouh, ouh ? Tu découpes ?

Oui.

[Monique ronfle doucement]

[Vincent] Ça va, chérie ?

[sonnerie]

Mon cœur, comment ça va ?

- [Maxime] Salut, joyeux Noël ! - Joyeux Noël.

- Il est quelle heure, chez toi ? - 15h.

- Ça va, vous ? - Nous, on s'éclate.

Ton père a fait venir des stripteaseuses.

- Tu racontes quoi ? T'es bourrée ? - Regarde.

Ça va, les filles ?

On dit "bonjour" à Max ?

Tu prends ton fils ?

Tu prends Max ?

Vincent ?

Je vais chercher du vin.

Laisse-le.

Oui, bon, écoute...

- Sinon, à part ça ? - Rien de spécial.

[elle ronfle]

[elle se racle la gorge]

[elle tente de l'appeler]

[elle respire difficilement]

[musique cocasse]

Monique...

[elle respire difficilement]

[elle rit]

[elle gémit]

[Béatrice crie]

Jeanne ! Jeanne !

Qu'est-ce qu'elle a ?

Mais arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez !

Arrêtez !

Qu'est-ce qui se passe ? Béatrice !

Arrête, tu vas la tuer, enfin ! Jeanne.

Oh, pardon. Ça va, chéri ?

[Maxime] Maman ? Bon, bah, bisous.

Joyeux Noël.

- Tu viens prendre le dessert ? - Je vais ranger, j'arrive.

Allez, on se laisse pas abattre.

Tarte aux coings maison, spécialité de Béa.

Et promis, Jeanne, y a pas d'arêtes dedans.

Allez.

Ça va mieux ?

Bon.

En tout cas, vous m'avez pas loupé.

Vous avez une sacrée force.

Jeanne a été sportive de haut niveau.

Lancer du poids.

Ah oui ?

Lancer du poids, elle a fait partie de l'équipe du Canada

aux JO en 1956.

À Melbourne.

T'arrêtes un peu, oui ?

Blessure la veille de la compétition.

Pas pu assister à la finale. Poignet cassé.

Mais elle a gardé son poids.

Même qu'il est dans sa chambre aux Tilleuls.

- Tu la fermes, oui ? - Oui, oui.

Elle dit n'importe quoi.

C'est vrai qu'elle perd un peu la tête.

Je sais que je suis naïf, mais franchement, les JO...

J'ai pas l'allure d'une sportive ?

[Vincent] Non, mais je vous imagine pas aux JO...

Le prenez pas mal, Jeanne.

C'est juste que...

En plus, lancer de poids...

Je sais pas ce qui est le plus ridicule...

Leur façon de crier...

[il crie]

Ou leur tenue... Vous faites quoi ?

Je vais vous montrer qui était Jeanne Barbisseau en 1956.

- Donnez-moi votre boule. - Quoi ?

Donnez-moi la boule, je vous dis !

[elle crie] Au feu !

Au feu ! Au feu !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Au feu !

Cauchemar, ça lui arrive tout le temps.

Vous faites quoi ?

Je m'échauffe.

Monique, ça va aller.

[elles hurlent]

[il hurle]

Oh là là, putain ! Elle m'a fait peur.

La maison brûlait. Vous mouriez tous...

Vos enfants, ils étaient calcinés. C'était affreux !

- C'était affreux ! - Ça suffit avec la mort !

Ça suffit avec les morts, Monique !

Jeanne !

[Monique] Ma Jeannette, tu remets ça ?

C'est pas raisonnable, Jeanne.

À quoi elle joue ?

- Elle veut battre son record. - Son quoi ?

Mon record personnel. 15,34 m.

Jeannette ! Jeannette !

Il me faut un mètre.

- S'il vous plaît ! - Il me faut un mètre !

S'il vous plaît !

[voix grave] Je vous demande de vous arrêter.

[rires]

Vous lancez votre poids, je mesure et on prend le dessert.

Ça vous va ? Chérie ?

Quoi donc ?

Jeanne lance son poids, je mesure la distance,

et on prend le dessert.

Sincèrement ?

Je pouvais pas rêver mieux pour Noël.

Allez, bonne nuit.

- Tu fais quoi ? - [Béatrice] Je vais me coucher.

[Vincent] Tu peux pas faire ça.

Si, c'est vraiment ce que je fais.

Tu vas pas me laisser tout seul ? Je veux pas rester avec elles.

- Fallait y penser avant. - Enfin, chérie...

C'était d'une charité exemplaire d'accueillir

ces dames chez nous. Elles s'amusent comme des folles.

Mais maintenant,

tu gères.

C'est ton Noël, chéri.

Ton Noël joyeux.

["Ce soir, c'est Noël", de Les Wampas]

Monique !

Hop, attrape pas froid !

[Monique crie] Ouais ! Coucou !

C'est parfait, ça !

[enfant] Venez vite, y a le père Noël !

Qu'est-ce qu'elles font ?

Elles sont dehors ! Elles vont crever !

Faut bien mourir de quelque chose.

Tiens. Allez.

- Vous allez mourir de froid. - Au retour de Jeannette !

Je vous emmène pas aux urgences pour vos JO d'Athènes !

Melbourne !

Attention, ça va aller très haut, très loin, très fort !

[Vincent] Non, non, non !

Non, je vous en supplie. Il faut arrêter, maintenant. Arrêtez.

Ça suffit !

Aïe !

[Mangin] Il se passe quoi ?

Tout va bien. Excusez-nous.

Non, non. J'appelle la police.

Appelle le président, si tu veux,

tête de cul !

Strike !

Ça suffit, on rentre.

Allez, rentrez.

- C'est le père Noël ! - On rentre.

Jeanne.

Ne marchez pas sur les boules, comment on va mesurer ?

- Monique, combien, à ton avis ? - 4 mètres.

- Vous avez un mètre ? - À vue d'œil, vous avez lancé à 3 m.

[Jeanne] Vous imaginez ?

Si on mesurait comme ça en compétition, à la louche ?

N'importe quoi !

Vous n'êtes pas en compétition.

Vous venez d'exploser une boule de Noël dans mon jardin.

- C'est différent. - [Monique crie]

On rentre. C'est bon, Monique.

Rentrez, vous allez attraper la mort.

Allez.

- Au feu ! - Oui, au feu ! Au feu !

[Monique] Au feu ! Au feu !

- Au feu ! - [elle soupire]

[musique cocasse]

Au feu.

Oh, merde.

[bips de détecteur de fumée]

Jeanne.

Oh, merde.

Monique ! Attendez.

Là, là, Béa. Là.

[Béatrice] Ça va, Monique ?

Je vais rester un peu avec elle.

D'accord.

[Vincent] Un petit coup de pelle

et on range. Eh ouais.

Ah, t'es vraiment le roi, tiens.

T'invites deux vieilles, eh bah, t'assumes.

Et toi,

t'as l'air con avec ta petite serpillère.

Le roi des idiots, c'est Vincent Barand.

Qu'est-ce que tu veux ?

C'est comme ça.

[il marmonne]

Toi qui voulais de la neige.

Ce 24 décembre aurait pu être merveilleux.

Un bon bar, accompagné d'un petit meursault 2009.

Ça se trouve, après le dîner...

un peu ivres et excités, on aurait fêté l'arrivée du petit Jésus.

Je vois.

Je te trouve très en beauté ce soir.

Vincent, j'apprécie totalement ton regain de libido,

mais c'est pas le meilleur moment.

- T'es pas drôle. - Pardon ?

- Mais non... - Mais non, mais quoi ?

Vas-y, je t'écoute.

Tu te trouves drôle, ce soir ?

À quel moment t'as été le plus drôle ? Je me souviens pas.

À la remise des cadeaux ?

Pendant l'incendie ? Quand t'as refusé de parler à Max ?

On va pas s'écharper à Noël.

Mais tu m'emmerdes avec ton Noël.

J'en peux plus de Noël.

Ras-le-bol de Noël !

[Vincent] Réveille pas le quartier !

Pourquoi pas ?

Tout le monde peut faire n'importe quoi, sauf moi !

Je suis bonne à servir et à sourire ?

Béatrice, calme-toi, c'est gênant.

Gênant ? Ah, tu trouves ça gênant ?

Monique me donne plus que mon âge, mais ça ne te gêne pas !

Jeanne me traite de pingre, mais ça ne te gêne pas !

Elles fouillent dans mes affaires,

mais ça ne te gêne pas.

T'es gêné quand ça t'arrange.

T'as raison.

J'ai fait n'importe quoi, mea culpa. Je plaide coupable.

Tu veux te confesser ? Appelle le prêtre.

On a voulu offrir de la joie, on a reçu de la merde.

On est gentils et on a deux salopes.

Dis donc, tu deviens grossier.

Grossier ?

Tu veux savoir ce qui est grossier ?

C'est qu'on ait pas fini ton poisson qui était délicieux.

C'est de t'avoir imposé ce Noël.

C'est mon attitude quand tu me montres tes tableaux et que je dis rien.

Ça, c'est terriblement grossier.

Alors écoute-moi, chérie. Tu vois ?

Celui-là, eh bah...

Je l'aime pas, il est pas beau.

J'aime pas la peinture, la couleur, le dessin...

Lui, très en dessous de ton talent. Il est facile, prévisible.

Aucune prise de risque.

Le nouveau ? Le nouveau, alors là...

Il est sans plus. Par contre...

les deux petits, là...

Le grand, au-dessus de la cheminée...

Ils ont du caractère, de la folie, ils sont magnifiques.

Ils te ressemblent.

[musique douce]

Comment va Monique ?

Elle dort.

[Béatrice] Vous avez l'air gelée, je vous fais couler un bain.

- Je suis désolé. - Désolé ?

Désolé de vous avoir gâché votre Noël.

Vous regrettez d'être venue ?

Qu'est-ce qui vous fait rire ?

Pourquoi vous avez invité deux dames chez vous ?

Au départ, j'en ai invité qu'une.

Vous aviez peur de vous retrouver en tête-à-tête avec votre femme ?

Je sais de quoi vous avez peur.

Vous avez peur de vieillir.

Et c'est normal d'avoir peur de ça à votre âge.

C'est un truc de vieux.

Vous avez pas peur, vous ?

C'est un truc de vieux, je vous dis. Je suis pas vieille.

Je suis très vieille, c'est différent.

À mon âge, on n'a même plus peur de mourir, alors vieillir...

Béatrice a peur de vieillir.

Pas moi.

Vous êtes sûr de ça ?

Elle se fait appeler Béa au lieu de mamie.

Je suis à l'aise avec papy.

C'est normal, vous êtes un homme.

Et ?

Pappy Boyington.

Papy fait de la résistance.

Nous, on a quoi ? Mamie Nova.

C'est toujours la même rengaine.

L'homme sauve la patrie. La femme fait la cuisine.

Papy Brossard a pas fait le débarquement.

[rires]

Votre femme n'a pas peur de vieillir.

Elle a peur de ne plus faire ce qu'on attend d'une femme.

Plaire.

Elle me plaît, à moi.

Vous lui dites ?

C'est lequel le voyou ?

Au milieu.

Qu'est-ce qu'il a pu faire pour que vous arrêtiez de lui parler ?

Il a refusé de reprendre l'usine ?

Il vote à gauche ?

Il a épousé un homme ?

Vous me prenez pour un vieux réac' alors que je suis très ouvert.

J'ai voté 3 fois Bayrou.

Il est pas venu à l'enterrement de sa grand-mère.

Il fait le tour du monde alors le tour de la famille...

Ça veut pas dire qu'il a pas été peiné,

qu'il pense pas à sa famille.

Méfiez-vous des brouilles.

Ça dure et un jour, on regrette.

Il a qu'à s'excuser, ça s'arrêtera.

Mais c'est votre boulot, d'arrêter les brouilles.

J'ai pas d'enfants, mais ça sert à ça d'être parent, non ?

Vous auriez pas dû faire gardienne de prison, mais psy.

J'en ai entendu des histoires, vous savez.

Et pas que des rigolotes.

Vous savez comment j'ai rencontré Monique ?

Elle est venue voir son fils en prison.

Il avait fait...

une très grosse bêtise.

Elle est venue le voir une seule fois

et elle lui a dit qu'elle ne viendrait plus jamais.

Elle était brouillée.

Quand j'ai retrouvé son fils pendu dans sa cellule

quelques jours plus tard,

c'est à moi qu'on a demandé d'annoncer la nouvelle à Monique.

Ensuite, on est devenues amies.

[musique douce]

T'as pas pris de coup de vieux, c'est moi.

C'est pas vraiment le Noël que t'avais imaginé.

Non, mais je suis pas déçu. Au contraire.

Moi non plus, je suis pas déçue.

Tu danses ?

[craquement]

[interphone]

Oui ?

[policier] On nous a signalé un tapage nocturne.

[en chuchotant] C'est la police.

- Madame ? - Oui, je vous ouvre.

[elle ouvre la porte]

[policière] Bonsoir.

Bonsoir. Entrez, je vous en prie.

Nous ne pouvons pas entrer.

Sauf si vous consentez. Vous consentez ? Parce que ça caille.

En cas de verbalisation, l'amende s'élève à 68 euros.

Payée dans les 45 jours. Sinon, c'est 180.

Mais c'est Noël, on a le droit de réveillonner chez soi ?

Y a eu un peu d'agitation,

mais rien de méchant.

[policière] Vous reconnaissez qu'il y a eu de l'agitation.

C'est pas bien, ça.

Grosse bêtise.

En plus, avec l'alcool...

- On a à peine bu. - [Béatrice] Vincent,

détends-toi, on n'est pas au volant. L'alcool est autorisé.

Oui, je sais, mais je dis juste que...

j'ai bu à peine un verre.

Vous permettez ?

[musique cocasse]

- Bonsoir, c'était vous, l'appel ? - Euh... oui.

Pour préserver la tranquillité du voisinage.

Vous avez bien fait, monsieur.

On a des voisins, on n'est pas tout seul.

C'est exactement ce que je pense.

Vous serez là, la semaine prochaine ?

Euh... oui.

- Très bien, on passera vous voir. - Pourquoi ?

Vérifier le permis de construire de votre véranda.

Magnifique, très bel ouvrage.

Mais trop proche du jardin de vos voisins.

Je veux être sûre que tout est en règle vis-à-vis de M. et Mme Barand.

Vous comprenez, vous qui êtes à cheval sur la loi

et le respect de ses voisins.

Ouais...

Je vous embête pas plus longtemps.

Très joyeux Noël.

[ensemble] Joyeux Noël.

Joyeux Noël.

- [Béatrice] Merci. - [policière] Bonne fin de soirée.

- Vous dormez pas, Monique ? - Qu'y a-t-il ?

Il est arrivé un malheur ?

- Non, pourquoi ? - La police.

Non, c'était à cause du voisin.

Où est Jeannette ?

Elle prend son bain.

Oh, mon Dieu.

Quoi ?

J'ai entendu aucun son dans la salle de bain.

[Vincent] Et alors ?

Pourvu qu'elle se soit pas blessée en glissant dans la baignoire.

[tout bas] Merde.

Jeanne ?

Jeanne ? Jeanne ?

Jeanne ?

Pardon.

[Monique] Mmh.

Il sent bon, ce thé. C'est quoi ?

- De la bergamote ? - [Béatrice] Mmh.

C'est pas en sachet ?

Aux Tilleuls, même le tilleul est en sachet.

Vous mangez rien ?

Faites pas cette tête, je pourrais être votre mère.

Elle est pas mal, cette soirée, finalement.

- Comme votre tarte. - Merci.

Ça change de la bûche.

De toute façon, j'aime pas la bûche.

Pourquoi t'en manges à chaque Noël ?

Ben, c'est la tradition.

On s'en fout de la tradition.

[Béatrice] Je vous ressers une part ?

Ah non, merci. C'est pas non plus la tarte de l'année.

Mais...

vous avez d'autres qualités que la pâtisserie.

La peinture.

Moi, c'est celui-là, là-bas.

C'est celui-là que je préfère.

Il est magnifique.

Il est lumineux. Il est plein de vie.

Comme ce Noël.

Si on allait dormir ?

Non. Non, non, non. On n'a pas fini.

Je vous en supplie, pas un jeu.

Pour une fois qu'on passe une soirée sans qu'on nous demande

de faire un tournoi de petits chevaux.

Non, mais c'est vrai.

Pourquoi les gens pensent que les vieilles personnes

ont les mêmes envies que les enfants ? Je ne connais

aucun vieux qui s'amuse avec une voiture ou une poupée.

Je connais des vieilles dames qui aiment se déguiser en princesse.

[Jeanne] Parce que ce sont des princesses.

[Vincent] Vous êtes prêtes ?

Allez.

[musique douce]

[déclics de photo en rafale]

Bon bah...

Jeanne.

Monique.

Si vous pleurez, je pleure.

Pourquoi pleurer ?

C'est toujours un peu triste de se dire adieu, non ?

Pourquoi "adieu" ? Méfiez-vous, on sait où vous habitez.

Ah non, on se reverra pas.

Enfin, je crois pas. C'est pas grave.

On va pas se raconter des histoires à notre âge.

Et puis, c'est mieux comme ça.

Je vais garder un souvenir unique de ce Noël.

Il va grandir, il va prendre de la place.

Merci, Vincent.

Merci, Béatrice.

Allez, on va pas chialer.

Au revoir.

Bon, on y va ?

C'est un peu tôt pour s'installer ici, non ?

Vincent.

Oui ?

Quand j'étais petite, j'étais en pension.

Et je retournais chez mes parents qu'un week-end par trimestre.

Ce week-end était extraordinaire.

Quand je repartais pour le pensionnat, c'était très dur.

Je savais que je reviendrais pas avant trois mois.

Avoir ce court moment de bonheur intense,

ça me rendait les retours encore plus douloureux.

Un jour, j'ai décidé de ne plus profiter de ces week-ends,

de les rendre tristes, quelconques.

Pour que le retour à la réalité soit moins dur.

Ne jamais être heureuse pour ne jamais être malheureuse,

j'en ai fait mon credo dans la vie.

C'était une erreur.

Alors je voulais vous dire...

c'est non.

Quoi, non ?

Quand vous m'avez demandé si je regrettais

d'être venue passer le réveillon de Noël chez vous, bah...

la réponse est non.

Il y a longtemps que j'avais pas osé passer un moment heureux.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Viens, on y va. - Où ça ?

À Melbourne.

Jeanne. Jeanne.

Vous avez pas le poignet cassé ?

Ce serait pas le moment pour votre record ?

Je parle pas de balancer des santons chez le voisin.

Je vous parle d'un exploit sportif.

Sur un vrai terrain avec un vrai public dans un vrai stade.

Allez, Jeanne. Allez, venez tous !

Venez, madame ! Allez ! Tout le monde debout.

Allez, messieurs, on y va ! Ça va se passer dehors, allez !

Sortez, venez ! Allez, allez !

Vous allez vivre un moment historique !

Allez, allez !

Venez, madame !

Venez ! C'est dehors que ça se passe.

Venez.

Je comprends pas, ils sortent tous dans le parc.

Pardon ?

Regardez là-bas. C'est Jeanne, vous la voyez ?

[Isabelle] Mais qu'est-ce qui se passe ici ?

Mais rentrez.

Mais qu'est-ce qui se passe ?

["Carol of the Bells", de Libera]

- [tous] Allez ! - [Adrien] Allez, Jeanne !

Allez, Jeannette !

Vas-y, Jeannette !

Allez, Jeanne !

[Gisèle] Vas-y, Jeannette !

[Adrien] Allez, Jeanne !

Jeannette, Jeannette !

Jeannette, Jeannette !

[ensemble] Jeannette, Jeannette !

[applaudissements]

- Bravo ! - Bravo !

Magnifique, Jeannette !

Super, Jeanne ! Magnifique !

[la musique continue]

Allô, Max ?

Salut, c'est papa.

Ça va ?

Oui, moi, ça va.

Je suis... Je suis avec maman, là.

Rien... On voulait te dire...

Enfin, on voulait te souhaiter un joyeux Noël.

Quelle heure il est pour toi ?

Tout se passe bien ? Vous vous amusez ?

["Funny Peculiar", de The Divine Comedy]

[musique enjouée]

[musique jazzy]

Sous-titrage TITRAFILM

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