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Original subtitles

(alarme)

- (Alice): T'avais pas fini de m'expliquer

pourquoi tu m'as donné ça la dernière fois.

- Lucien disait que notre fond judéo-chrétien

nous joue des tours.

Quelqu'un nous donne un cadeau, on se sent automatiquement lié.

Comme si inconsciemment,

il fallait qu'on le justifie, il fallait qu'on mérite le cadeau.

- Puis comment les gens

méritaient les cadeaux de Lucien?

- En écoutant. En étant ouvert au message.

- Quel genre de personnes entrait dans la secte?

(soupir)

Il faut qu'ils sentent que t'es profondément seule.

Que t'as pas la tâche, que t'es pas proche de ta famille.

De toute façon, eux autres, c'est ça qu'ils veulent.

Être ta nouvelle famille.

Puis toi, c'est justement ça que tu cherches.

De toute façon, s'il y a quoique ce soit, tu sors de là.

Karine va être standby.

Es-tu nerveuse?

- Non, ça va.

- On y va?

- Oui.

- Une chose est sûre.

La personne que vous envoyez là-bas,

il va falloir qu'elle croie au message au moins un peu.

Les parasites ou les imposteurs, on les reniflait tout de suite.

- Je crois à la bonté fondamentale des gens.

Moi, je crois que tout le monde sur la Terre

peut se réveiller un matin et faire des grandes choses.

Puis si ma participation à Rue des rêves peut servir

à en convaincre quelques-uns de suivre leurs passions

et d'investir en eux-mêmes, ce sera déjà ça de fait.

- Cinq épisodes plus tard,

il s'est fait mettre dehors du show.

- En tant que participante,

vous devez être au courant des raisons de son départ?

- Ils surveillaient pas les bagages des participants.

Puis le concept, c'était qu'on était huit

qui emménageaient dans le même appart.

Fait qu'on allait vivre ensemble.

Huit jeunes, début vingtaine.

Ils ont pas prévu que quelqu'un pourrait apporter de la drogue.

- Je peux vous assurer qu'on n'est pas

dans la business d'intoxiquer les gens.

Et puis ce qui pourrait avoir des qualités psychoactives

dans nos tisanes, c'est en quantité homéopathique.

Esti, ce show-là.

Un cauchemar.

C'était ma première gig de producteur.

Impossible à tourner, il fallait faire de la magie au montage,

puis au 5e jour de shoot, toutes les filles ont décidé

qu'elles aimaient pas la face d'un candidat.

- Mais je pensais que les filles

l'avaient accusé de les avoir droguées.

- Aucune preuve.

Vous êtes dans la police, vous le savez. Ça prend des preuves.

- Bonjour.

- Bonjour.

J'ai rempli un formulaire en ligne.

C'est ma première fois ici. Je m'appelle Fannie Brillant.

- Fannie Brillant...

Donc une séance d'intro avec atelier et soins corporels.

Et je vois que c'était déjà payé.

Voilà.

Les vestiaires sont là.

On demande à tout le monde

de prendre une douche avant d'enfiler la robe.

Tu peux garder tes sous-vêtements ou un maillot,

mais c'est important d'enlever tout le reste.

Je m'appelle Tiphaine, en passant.

C'est moi qui vais t'accompagner aujourd'hui.

- Si ça pouvait être juste lui.

Depuis le début, il était weird.

Il faisait des massages à tout le monde.

Il avait fait une sauce à spag pas mangeable.

On a toutes "feelé" tout croche après.

Puis il y a une fille qui a trouvé

un sac de papier vide dans la poubelle.

- Wow!

Tu brilles.

Regarde, Bastien.

Elle brille.

(petit rire)

- Mais vous pensiez pas que les allégations

étaient assez importantes pour impliquer la police?

Y a-t-il eu une enquête interne?

- On l'a sorti du show.

Pascal, c'est pas un mauvais gars.

Il est juste un peu trop tactile.

Il a un petit peu de misère à respecter la bulle des gens.

- Est-ce que vous lui parlez encore?

- Non. Mais je lui ai vendu un terrain dans le coin de Sorel,

un garage avec 3 acres de forêt.

- Merci.

Est-ce que je peux utiliser vos salles de bain?

Merci beaucoup.

(petit rire)

- Tu peux garder la tienne.

Hé, on dirait que Phélia t'a adoptée, hein?

- Hum hum.

- Disait-elle que tu brillais? - Oui, je pense.

- C'est drôle, ça.

- Pourquoi? - Ton nom de famille.

- Brillant, bien oui. Oui, c'est drôle.

Tu l'as appelée comment? Phélia?

- Qu'est-ce qui t'amène au Centre, Fannie Brillant?

- Heu... vos tisanes?

(petit rire)

J'avais comme...

besoin d'un break, genre.

Je me suis dit que tant qu'à faire ça

toute seule dans mon appart,

j'allais venir au spa.

- T'es à la bonne place pour ça.

- Qu'est-ce qu'il y a là-dedans?

- Tu fais bien de le demander. Tu vas vouloir la recette?

Dattes, épinards, basilic sacré, graines de lin,

du miel de nos ruches, gingembre,

jus de citron, jus de pomme frais.

Fannie... il faut que tu me dises quelque chose.

Veux-tu vraiment que ta vie change?

- Oui. C'est ça que je veux.

- Yes!

Je le savais.

Hé, sais-tu quoi?

Je le vois moi aussi. Tu brilles, Fannie.

Tu brilles!

Il va tellement t'aimer. Je le sais déjà.

- Ah, Tiphaine, attends-moi. J'ai oublié ma gourde.

(rires)

- C'est bon, ça. C'est très, très bon. Merci, merci beaucoup.

Merci.

Alors, on passe au suivant.

- Pureté.

- Oh, la pureté. C'est encore mieux. Hein?

Comment la retrouver cette pureté-là?

C'est bon, ça. C'est très bon, ça.

Alors si on refait un tour,

on avait simplicité, liberté...

tempête.

On a eu pureté...

C'est pas pire, hein, quand même!

Et toi, tu dois être Fannie.

Est-ce que t'as envie de te joindre à notre jeu?

- Bien oui. Oui, c'est quoi?

- On s'amuse à nommer notre enfance.

Tu donnes un nom à ton enfance,

comme si c'était... un concept étranger.

Une invention. Une bébitte.

(rires)

- OK.

Je dirais "Michael".

(petits rires)

- Michael.

Pourquoi "Michael"?

- Bien, c'est le nom de mon beau-père.

C'est lui qui m'a adoptée quand ma mère est morte.

J'avais 10 ans puis...

Bien, mettons que mononcle Michael savait pas trop

comment s'occuper d'un enfant.

Surtout pas d'une petite fille.

Excusez.

J'aurais pu choisir "malaise" ou "violence", mais...

je trouvais que "Michael", ça faisait plus doux.

J'aime pas beaucoup mon enfance.

- Elle est allée là.

Elle est entrée ici.

Elle a vu notre groupe.

Simplicité, liberté, tempête...

Elle a entendu nos petits bonheurs, nos petits malheurs.

Puis elle s'est dit qu'elle, sa vérité, c'était pas ça.

Elle s'est dit qu'elle, sa vérité,

elle portait un nom d'homme.

Michael.

Michael.

- (Tous): Michael. Michael. Michael. Michael.

- Dis-le aussi, toi.

- Michael. Dis-le-moi.

- Michael. - Michael!

Je t'entends pas. Dis-le-moi.

- Michael! Michael! - Michael! Michael!

- Michael, dis-le pour vrai! - Michael.

- Sais-tu c'est quoi le pire, Fannie?

Sais-tu c'est quoi le pire?

C'est...

Non.

C'est pas Fannie ton nom, toi.

C'est pas Fannie.

Tu permets?

Non. Toi, ton nom...

c'est Luna.

Oui.

Ah oui, Luna.

Comme la Lune.

Brillante Luna. Oui...

Sais-tu c'est quoi le pire, Luna?

C'est que Michael, ça vient de l'hébreu "mikael".

Ça veut dire "celui qui est comme Dieu".

Alors pour la petite Luna, Michael...

Michael, c'était comme un Dieu.

Un Dieu...

Un Dieu punitif, un Dieu tyrannique.

Violent même. Hein?

Ma fille, j'espère que tu sais qu'ici...

Ici, il y en a pas de Dieu.

Il y a juste de l'amour.

(reniflement)

Il y a juste de l'amour.

Viens.

Viens danser.

Ma petite Luna. Michael, c'était comme un Dieu.

- Regarde, Bastien.

Elle brille.

- J'espère que tu sais que...

ici, ma fille... il y en a pas de Dieu.

Il y a juste de l'amour.

De l'amour.

- Ça va?

- Il faut faire analyser ça.

Je me suis senti fucking weird après.

- Est-ce que ça va? - Oui, oui.

- Fred. T'as quelqu'un à la réception.

- Sergent-détective Frédéric Masson. Ça va être par ici.

- J'ai tout fait foirer?

- Bien non, voyons! Au contraire.

C'était une première rencontre.

En tout cas, ils t'oublieront pas, c'est sûr.

- Toi, de ton bord, as-tu trouvé de quoi?

- Non, j'ai rien de solide.

Mais... qu'est-ce que je voulais te demander?

Y avait-il un garage là-bas?

- Non, je pense pas. Pourquoi?

- T'es sûre? - Oui.

- Non, je t'en reparlerai.

Rentre chez vous, moi, je m'occupe de Dorcely.

- Nejma Ousmane.

28 ans.

Enseignante de 3e année à l'École Pleine-Étoile.

Jeudi dernier, un de mes élèves, Éloi Piché,

m'a remis un dessin qui m'a alertée sur une situation.

- C'est quoi le dessin?

- En fait, c'était un quizz.

Mais quand ils finissent avant les autres,

je les laisse dessiner au verso de la feuille.

Éloi...

c'est un petit comique.

Puis il a un talent vraiment spécial en dessin.

Il fait des petites bandes dessinées,

des superhéros un peu farfelus.

Sauf que dernièrement, ses dessins se faisaient plus rares.

C'est assez surprenant voir ce que ces enfants-là

ont pu voir sur Internet.

Même à 8 ans.

Mon réflexe, ç'a été de parler à Éloi directement.

Est-ce que c'est quelque chose

que t'as vu sur Internet, ça, Éloi?

Hum?

Lui, là, avec les lunettes...

est-ce que c'est toi?

- Est-ce qu'il vous a dit c'était qui l'autre personnage?

- Après ça, il s'est fermé comme une huître.

Éloi... il se met souvent dans le trouble.

Il a un bon TDAH, mais il est toujours de bonne humeur.

Pour qu'il s'éteigne comme ça, c'est... c'est pas normal.

- Est-ce que vous connaissez sa famille?

- Un peu.

Je sais qu'il a un grand frère beaucoup plus vieux,

à l'université, je pense.

Son père a eu un diagnostic de SLA.

Heu... Ils sont séparés, mais c'est des parents très présents.

Moi, j'ai jamais vraiment eu de misère avec,

mais je sais qu'il peut être très demandant.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça?

- Mon collègue de l'année passée.

Je suis pas au courant de toute l'histoire,

mais je sais qu'il y a eu un conflit avec les parents d'Éloi.

Ça s'est arrangé, mais mon collègue a pas fini l'année.

- Vous pensez qu'Éloi est en sécurité chez lui?

- J'ai envie de dire que oui.

Mais je... j'avoue que j'en ai aucune idée.

- Est-ce que vous en avez parlé à la direction de l'école?

- Vous êtes les premiers à qui j'en parle.

Merci.

- (Alice): Karine a eu l'air surprise

de voir Charline aussi fragile.

- Toi, qu'est-ce que t'en penses, toi?

- Moi, je pense que c'est bon

qu'ils l'aient vue émotive de même.

- As-tu une idée pourquoi elle est partie aussi subitement?

- Je sais pas, mais je sais que si elle y retourne,

ils vont lui donner ce qu'elle veut.

Ils savent qu'elle cherche, ils l'ont vue fragile.

Si elle y retourne, ce qu'ils vont comprendre,

c'est qu'elle est prête à embarquer.

Je connais pas assez bien Charline,

mais si elle est aussi bonne que je pense,

il y avait du vrai dans le personnage qu'elle a joué.

Pour que Karine la sente aussi ébranlée...

- Aïe aïe aïe. Je sais pas.

Je sais pas.

La place est tellement isolée. - Je sais.

- Impossible d'intervenir si jamais elle était en danger.

J'étais déjà pas chaud à l'idée

puis la façon qu'elle est partie...

En plus, tu me dis qu'elle est fragile.

- Non, j'ai dit qu'elle avait l'air fragile.

Ce qu'il faudrait, c'est être capable de la "miker"

pour écouter ce qui se passe là-bas,

avec une équipe prête à intervenir.

- Écoute, je vais lui en parler demain.

Mais je t'avertis tout de suite: t'es mieux d'avoir un plan B.

Je mettrai pas un autre de mes agents en danger.

(exclamation de douleur)

- C'est le risque de la job. Charline sera d'accord.

(murmure indistinct)

- C'est quand même bizarre.

- Pourquoi elle est pas allée - Qu'voir la directrice?

- Elle dit qu'elle y a pas pensé.

- Je serais pas surpris que ç'a rapport

avec le conflit de l'année d'avant.

Puis elle enseigne quand même à Pleine-Étoile.

- C'est quoi le rapport?

- Bien, l'École Pleine-Étoile, ça te dit rien?

École primaire privée. Ça coûte 15 000$ par année.

Le Ministre puis les vedettes envoient leurs enfants là.

- OK, donc il y a pas de viols chez les bourgeois?

- Non.

C'est pas du tout ce qu'on dit.

- Ce qu'il veut dire, c'est que c'est un endroit

qui est apprécié pour sa discrétion.

Tu sais, le genre de place

que les scandales disparaissent comme par magie.

elle contourne la politique et le clientélisme de la place.

- OK, Fred. C'est toi qui as le lead là-dessus.

C'est quoi le plan?

- Heu, t'as pas à te préoccuper de ça.

C'est son cas. Toi, t'en as assez dans ton assiette.

- Bon. Bien, moi, je vais vous laisser continuer.

J'ai donné rendez-vous aux parents d'Éloi à l'école.

- T'es prête? - Oui.

- J'aimerais ça vous dire que c'est pas dans ses habitudes,

mais malheureusement, se serait mentir.

Surtout depuis la maladie.

(fermeture de porte)

- Ouf!

Désolé.

(respiration essoufflante)

Le trafic était affreux.

Il est où Éloi?

C'est pas un peu exagéré, la police?

C'est un dessin, Maryse.

- C'est pas n'importe quel dessin quand même.

- C'est pas tant le dessin que la façon dont Éloi m'en a parlé.

Il m'a dit que c'était lui sur la chaise.

si c'est vraiment ça qu'il a voulu dessiner?

- Le but de la rencontre aujourd'hui,

c'est justement de démêler tout ça avec lui.

Avec Kellie, il va falloir le rencontrer, seul à seul.

- Allô, Éloi. Mon nom, c'est Kellie.

Et lui, c'est le sergent-détective Masson.

- Tu peux t'asseoir ici.

Tu peux m'appeler Fred aussi.

- T'es un policier?

- Hum!

- Je peux voir ton fusil?

- On s'est séparés il y a un an.

Un mois après notre séparation, François a eu son diagnostic.

Éloi a trouvé ça pas mal difficile tout ça.

Surtout que...

la condition de François évolue beaucoup.

- Comment tu trouves ça la séparation?

- Moi, ma fille, ce qu'elle aime le plus,

c'est d'avoir 2 chambres, 2 fois plus de jouets.

Est-ce que c'est bien différent chez ton père que chez ta mère?

- Chez papa, il y a plus de règlements.

J'ai des tâches aussi à cause qu'il est malade.

Mais... c'est correct. Ça me dérange pas.

- Trouves-tu ça difficile depuis qu'il a sa maladie?

- Philibert dit que je vais peut-être mourir plus tôt,

il faut que j'en profite puis que je sois gentil avec lui.

- Philibert, c'est ton demi-frère, ça?

Le vois-tu souvent?

- On n'a pas la même mère.

Puis lui, sa mère habite plus proche de son université.

- C'est quoi les tâches que ton père te demande de faire?

- La vaisselle.

Des fois, il faut que je coupe des légumes pour des recettes.

il te demande de l'aider à s'habiller, genre?,

- Non. Ça, il est encore capable de le faire tout seul.

Sauf des fois, il a de la misère avec ses boutons de chemise.

- Éloi, est-ce que tu le sais pourquoi on est ici aujourd'hui?

- C'est... à cause de mon dessin?

- Oui. Mais il faut que tu saches

que t'es pas dans le trouble.

C'est pas grave si t'as fait ce dessin-là.

- Oui, c'est grave.

- Pourquoi tu dis ça?

- Je voulais juste faire une blague.

Je voulais pas que la police vienne.

- C'était pour qui la blague?

Mme Nejma?

Tantôt, Mme Nejma nous a raconté

que tu lui avais dit que lui, c'était toi.

Et quand elle t'a demandé c'était qui lui,

tu ne voulais plus répondre?

Éloi, j'ai besoin que tu me dises la vérité.

Est-ce que c'est quelque chose qui t'est arrivé, ça?

Y a-t-il quelqu'un qui t'a touché comme ça?

- Je sais ce qu'on va faire.

Je vais écrire un nom puis toi, tu me fais un signe.

Un signe de la tête.

OK? Oui ou non.

- L'année passée, c'est là qu'il y a eu

la situation avec son enseignant, c'est ça?

- Je vois vraiment pas

c'est quoi le lien entre ça puis le dessin.

- Qu'est-ce qui est arrivé au juste l'an passé?

- Heu... Éloi a...

raconté à ses parents que son enseignant de l'année passée

l'avait frappé.

L'enseignant jurait que c'était faux,

puis on n'a jamais réussi...

- Éloi a menti.

Arrêtez de tourner autour du pot. Il nous l'a avoué.

Montrez-moi un enfant qui a jamais crié "Au loup!".

On venait de se séparer.

Ç'allait pas trop bien. Éloi était en réaction.

- M. Denis a séparé 2 enfants de la chicane.

Un des deux est tombé par terre, il s'est cogné la tête.

Tout le monde a ri.

L'enfant, c'était Éloi.

- Est-ce qu'on le sait c'était à propos de quoi la chicane?

- M. Denis avait un problème de violence verbale.

Il criait après nos enfants.

Rien comme son enseignante actuelle.

- Ça change rien au fait qu'il a menti.

Les conséquences auraient pu être

extrêmement graves pour son enseignant.

Mais pour l'amour du ciel...

c'est mieux d'être une menterie.

- Philibert Piché, 20 ans, étudiant en médecine dentaire.

Son demi-frère Éloi a dit qu'il l'a agressé sexuellement

le soir de sa fête de 8 ans.

C'est arrivé la nuit du 18 février de l'hiver passé.

Philibert s'est glissé dans sa chambre.

(coups à la porte)

Ils ont gamé un petit peu.

Après ça, Philibert lui a demandé de se mettre tout nu.

Il lui a fait une fellation.

En échange, Éloi l'a laissé le sodomiser.

- Câlisse!

- Puis toi, as-tu une idée pourquoi ça sort maintenant?

- Pas vraiment.

La travailleuse sociale dit que ç'a peut-être quelque chose

à voir avec la condition du père qui dégénère.

C'est arrivé aussi autour des dates

où ses parents lui ont annoncé qu'ils se séparaient.

Puis il venait de se mettre dans le trouble à l'école,

avec son prof.

Il a dit que son prof l'avait frappé.

Finalement, c'était pas vrai.

- Il pense peut-être que c'est de sa faute, la séparation.

C'est pas rare chez les victimes d'inceste

de toujours se sentir coupable de quelque chose.

Ou même d'avoir l'impression de mériter l'agression.

En tout cas, c'est pas simple.

- Bien là, il y a toute la question du mensonge aussi.

Le petit gars a faussement accusé son enseignant

de l'avoir frappé.

Qu'est-ce qu'on fait avec ça?

Puis qu'est-ce qui nous dit que c'est un pattern?

- Bien, voyons! On se pose vraiment encore la question?

- Bien... - Non, non, Charline.

Il faut toujours partir du principe qu'on croit la victime.

- Je le sais bien, mais c'est un enfant

puis il a inventé une agression dans la même année.

On fera pas semblant que c'est pas arrivé.

- Le père, en tout cas, pense que c'est ça.

- Entre ça puis penser que son grand frère

a agressé son petit frère...

(soupir)

Éloi a inventé une agression physique

à peu près dans les mêmes dates

où il a subi une agression sexuelle.

Fait que vous autres, vous pensez pas qu'il a peut-être

inventé la première pour refouler la deuxième?

- Ah... bon! Alors, on se reparle bientôt.

- Ça va?

- Oui. Toi?

- Fred, Alice. Ils sont arrivés.

- Fait que ton char ou mon char?

- Philibert, t'es ici aujourd'hui

parce que t'es un suspect dans notre enquête

sur l'agression sexuelle d'Éloi Piché.

Tu me confirmes que t'es ici de ton plein gré

sur une base volontaire?

- Tu comprends pourquoi t'es suspect dans notre enquête?

- Je comprends qu'Éloi a fait un dessin...

puis que sur ce dessin-là, il m'a identifié.

- C'est plus compliqué que ça.

- Est-ce que tu pourrais nous parler du soir de sa fête?

Celui de l'année passée.

- Soirée pizza.

On avait invité ma belle-mère.

Éloi était tout excité

parce qu'on venait de lui offrir un nouveau jeu vidéo.

On avait de la misère à le retenir à table pour le gâteau.

- Hum! Puis qui était là exactement?

- Ma belle-mère, Hélène, la mère d'Éloi.

Et mon fils aîné Philibert.

- Est-ce que vous vous souvenez si Philibert est entré

dans la chambre d'Éloi pendant la soirée?

- Hum... - Ça peut pas être moi.

Je suis parti tout de suite après le gâteau.

Mon père m'a demandé

d'aller reconduire Mme D'Amours à sa résidence.

Vous... vous pouvez vérifier avec eux.

- C'est quoi le nom de la résidence?

- Les Résidences Foisy, c'est une chaîne.

C'est proche de son université,

juste à côté de chez sa mère.

C'était plus simple qu'il aille la porter.

Moi, de toute façon, passé 8h00, je suis pas capable de conduire.

- Puis il est pas revenu après?

(soupir)

(sons extatiques de la console)

- Éloi, c'est dodo!

- OK.

Excuse, papa.

- Non, il y a personne qui est rentré après.

J'ai dormi dans le salon, je l'aurais su.

- Vous avez dormi dans le salon?

Je pensais que vous étiez séparés.

- Oui, mais comme j'ai dit...

avec la maladie...

c'est plus sécuritaire que je conduise pas la nuit.

On est en assez bons termes, moi puis Hélène.

Elle me laisse dormir sur le divan.

- Bon, tant mieux.

(notifications de texto)

Merci beaucoup.

- Oui, c'est bon. Je vais être là. Merci.

- Est-ce qu'on va voir la grand-mère?

- Je peux te rejoindre là-bas?

J'ai un détour à faire pour la petite.

- Correct. - Hé!

On est corrects, nous autres?

- Bien oui, pourquoi tu dis ça?

- Je sais pas, on dirait qu'il y a un malaise.

- Non, pas de malaise.

C'est juste qu'on a des grosses semaines.

(vrombissement de moteur)

(brouhaha des conversations)

- Marjorie? - Hum hum?

- La personne qui a porté plainte,

si tu me trouves son nom, ça change tout.

- Je t'avoue que je comprends pas trop

pourquoi tu veux me parler.

C'était pas clair au téléphone.

Ça fait 5 ans que je ne travaille plus là.

- Est-ce que tu connais le GICCS?

- Hum hum.

- Le nom de deux de tes anciens collègues

a "poppé" dans une de nos enquêtes.

- OK.

- Cédric Laramée puis Pierre-Luc Robidoux.

- OK.

Mais comme je te dis,

ça fait 5 ans que je ne travaille plus là,

fait que je sais vraiment pas ce...

- C'est ça, moi, ce qui m'intéresse, c'est la période

Il y a quelqu'un qui m'a dit que t'avais eu un rôle à jouer

dans leur départ de la Police fédérale.

- Il y a quelqu'un qui t'a dit ça?

Qu'est-ce qu'ils ont fait au juste?

- C'est un petit peu compliqué.

Mais leurs noms étaient dans le cellulaire d'une victime.

La personne à qui j'ai parlé m'a dit que...

leur départ était en lien

avec une histoire de harcèlement sexuel.

Si c'est vrai, ils deviennent les principaux suspects.

- Bon, regarde, je sais pas à qui tu parles,

mais les raisons de mon départ de la Police fédérale

sont confidentielles puis j'ai pas l'intention de changer ça.

Cédric puis Rémy, je les connais pas.

Je ne les ai jamais côtoyés depuis ce temps-là.

Puis je ne veux plus rien savoir de ça.

Fait que je suis désolée, mais je peux pas t'aider.

- L'a-t-elle appelé Rémy, elle?

(vrombissement de moteur)

(sonnerie)

Oui?

- C'est beau, t'as pas besoin de venir me rejoindre.

Mon affaire a été plus longue que prévu.

- Non, c'est pas grave. Bien, l'alibi du grand frère est bon.

Merci.

- On est rendus à penser qu'Éloi aurait menti?

- Ou bien, sa mémoire lui joue des tours..

À tout de suite.

- J'étais rassurée de savoir que vous l'aviez retrouvée.

Avec mon mari qui est mal en point, j'ai...

j'ai pas eu l'énergie pour aller la voir.

Est-ce qu'elle va bien?

- On se demandait...

vous auriez pas un objet ou quelque chose de symbolique

qu'on pourrait montrer à Camille

pour lui donner envie de revenir vous voir?

(échos de voix)

- Mme Demers?

- Est-ce que c'est toi, ma chouette?

- Prenez-vous des médicaments, Mme Demers?

- Hein? Non.

Il ne m'en reste plus.

Il aimait tellement ça aller en camping avec elle.

Regarde.

C'était leurs moments magiques.

(grincement de porte)

(haut-le-coeur)

- Envoye, osti.

(coups violents à la porte)

- Qu'est-ce qu'il y a...

- Tabarnac de deux watts, tu vas m'expliquer

comment ça se fait qu'il y a un enquêteur du GICCS

qui prend des photos de ma plaque!

- Je vais t'expliquer. - Qu'est-ce que tu lui as dit?

Qu'est-ce que t'as fait? - Attends, attends, attends!

C'est à cause de la fille.

J'ai pas pu m'empêcher de la revoir.

- Qui ça? - Alice.

- La plotte du secondaire.

Voyons, crisse, à quoi t'as pensé?

Esti, elle est dans les boeufs!

- Oui, mais elle m'a pas reconnu. J'ai changé de nom.

Puis anyways, je ne la vois plus.

C'est pas elle le problème, c'est son partner.

- Qu'est-ce qu'il sait exactement?

- Je sais pas.

- Bien, il va falloir qu'on sache.

- Ç'a l'air que Mme Demers est connue

des patrouilleurs dans le coin.

Elle avait oublié de renouveler sa prescription.

Puis d'habitude, c'est elle qui s'occupe du diabète de son mari.

Fait que les services sociaux sont avec elle.

Je pense pas qu'elle va être tenue responsable.

Hé... ça va, toi?

- Oui, oui. C'est juste weird.

Ma... ma mère faisait des blackouts de même

quand j'étais petite.

Ça faisait longtemps que j'avais pas vécu ça.

Anyway, je pense qu'on a ce qu'on cherchait.

(vrombissement du moteur)

(sonnerie de téléphone)

Allô, c'est Charline.

Je suis pas dispo. Laissez-moi un message.

(bip)

Écoute, on a du nouveau dans le dossier du petit Éloi..

J'aurais aimé ça te mettre à jour, fait que...

Écoute, j'espère que t'es correcte.

Rappelle-moi quand tu peux, OK? Bye!

(sonnerie de cellulaire)

- Allô?

- (Éloi): Ils veulent encore nous parler.

- Je sais.

- Est-ce que ça pourrait être le père?

C'est lui qui insiste depuis le début

pour dire que c'est un mensonge.

- (Fred): Oui, je le "feele" pas, moi.

- Non, ça "fitte" pas pantoute avec le profil.

- On n'a pas besoin de chercher des complications.

Le petit a menti. Donc c'est possible.

- Qu'est-ce que tu veux, Éloi?

On n'est pas supposés s'appeler.

- (Éloi): Es-tu encore fâché contre moi?

- Je peux pas te parler, OK?

Je peux juste pas.

- Je m'excuse.

- (Dorcely): Avez-vous des nouvelles de Charline,

vous autres?

- (Alice): Elle répond pas à mes appels.

- Karine m'a dit hier que Charline était ébranlée,

après la rencontre avec les parents de Camille Comtois.

- Bien oui, mais il y a personne qui s'attendait

à trouver un cadavre dans la chambre d'à côté.

- En tout cas, t'as l'air d'avoir des belles conversations

avec Karine.

(sonnette)

- (Céline Ferron): Une chose est sûre.

La personne que vous envoyez là-bas,

il va falloir qu'elle croie au message au moins un peu.

Les parasites, les imposteurs...

on les reniflait tout de suite.

- Vous aimez ça vous frotter contre les petites filles?

- Peu importe la marde dans laquelle vous vous êtes mis,

Rémy puis toi, je veux pas en faire partie.

C'est clair?

- T'as compromis toute l'opération.

Je t'enlève de l'enquête.

- Je t'ai rien demandé, moi! - Alice...

- S'il te plaît, mêle-toi de tes osties d'affaires!

Sous-titrage: MELS

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