All language subtitles for Le Theoreme de Marguerite (2023)

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Ça va durer combien de temps ?

Pas longtemps, c'est juste une petite présentation de toi.

Tu sais, c'est pour le journal de l'école, hein, pas le Times.

Est-ce que tu peux te présenter très simplement ?

Je m'appelle Marguerite Hoffmann, j'ai 25 ans et je suis

en dernière année de thèse de mathématiques à l'ENS.

Et tu aimes ta vie à la Normale Sup ?

Oui, beaucoup.

Je voudrais devenir chercheuse ici.

L'ENS, c'est un peu ta seconde maison, en fait.

C'est pour ça que tu te balades toujours en chaussons ?

C'est confortable.

Tu travailles sur le théorème de Goldbach, c'est bien ça ?

La conjecture de Goldbach.

Je travaille pas exactement dessus, mais c'est en lien.

C'est l'un des problèmes non résolus les plus importants en mathématiques.

Personne ne l'a jamais encore prouvé.

Et tu penses en être capable ?

Je sais même pas si ça sera prouvé de mon vivant.

En dehors des maths, tu as d'autres passions ?

J'aime marcher, ça m'aide à réfléchir.

Et parfois, je joue au yams avec ma mère.

En quoi ce séminaire du 7 mars est si important ?

C'est la première fois que je vais présenter mes travaux devant des spécialistes.

Le retour sur mon travail va être crucial.

Ça peut déboucher sur des publications...

Qu'est-ce que tu aimes tant dans les mathématiques ?

Je pourrais pas vivre sans.

Ok.

C'est tout ?

Oui, oui, j'ai ce qu'il faut.

Merci.

Merci.

Salut.

Alors ?

Est-ce qu'on peut écrire tout nombre paire

comme la somme de deux nombres premiers ?

Tiens, par exemple, pour 98, quelles sont les solutions ?

C'est long tout ça !

Bon Marguerite, puisque vous êtes là,

pourriez-vous éclairer ces jeunes normaliens

qui commencent déjà à baisser dans mon estime ?

98 égale 19 plus 79, 31 plus 67, 37 plus 61.

C'est tout ?

Ben euh... oui, oui, ce sont les trois seules solutions.

C'est tout ce que vous avez à dire.

Vous êtes sûr ?

Ben oui.

En effet, c'est correct.

Mais, et vous savez qu'un mais annule tout ce qui a été dit précédemment.

Le fait que vous ayez trouvé trois solutions devrait vous étonner.

Ça devrait vous amener à vous poser d'autres questions sur la conjecture de Goldbach,

le nombre de solutions et pourquoi toutes ces solutions.

La recherche, ce n'est pas répondre à une question posée.

Ça, un ordinateur le ferait mieux que vous.

C'est s'interroger, se poser de nouvelles questions,

trouver les liens entre les phénomènes.

Pour exceller dans les mathématiques, pour repousser les limites, il faut créer,

faire un pas de côté, changer son point de vue, inventer de nouvelles méthodes.

Sinon, on n'évolue pas.

Bon, on va s'arrêter là pour aujourd'hui.

Je rappelle à la classe le séminaire de la semaine prochaine où vous retrouverez

justement Marguerite Hoffmann qui présente une partie

de ses travaux de thèse sur les nombres premiers.

Inutile de vous rappeler la nécessité de votre présence.

Merci.

Merci.

Vouliez vous faire répéter le séminaire, c'est ça ?

Oui.

Vous n'allez pas pouvoir, je dois accueillir un nouveau doctorant.

Vous dirigez une autre thèse en même temps que la mienne ?

Ce sont pas mes habitudes, mais exceptionnellement, oui.

C'est un doctorant d'Oxford.

D'ailleurs, ça devrait vous intéresser, il travaille sur le même sujet que vous.

Le même sujet ?

Oui.

Si je veux finir ma démonstration de Szeméredi pour le

colloque de Lausanne, à trois, nous ne serons pas de trop.

Vous l'avez fait l'interview ?

Oui, ce matin.

Oui, ce n'est pas compliqué.

C'est rare une mathématicienne de votre niveau.

C'est important de vous mettre en avant.

Concernant votre séminaire,

ce qui est primordial, c'est d'être le plus clair possible.

Juste les faits, votre raisonnement, l'épreuve.

Ça va aller.

Vous ne me décevrez pas.

Je ne suis pas inquiet.

Lucas Savelli, Marguerite Hoffman, mon autre doctorante.

Enchanté.

Je suis sûr que vous aurez bientôt l 'occasion de parler de vos recherches ensemble.

A bientôt, j'imagine.

A bientôt.

Marguerite, au séminaire !

Marguerite, au séminaire !

Marguerite, au séminaire !

Marguerite, au séminaire !

Eh, ça va les gars ?

Demain, c'est concert net à quelle heure ?

C'est à 14 heures.

Après, si je te préviens, on n'est pas les aérophones d'Oxford.

Eh bien, écoute, ça tombe bien parce que je ne suis pas Fred Wesley.

Bon allez, à plus.

A plus.

La mathématicienne en chaussons.

Je m'asseois avec toi ?

Oui.

Un ânagire tourne normalement dans un sens.

Et dans l'autre, il s'arrête et tourne à l'envers.

J'ai un pote à Oxford qui a fait sa thèse dessus.

C'est un personnage, Werner.

Très mathématicien à l'ancienne.

C'est quoi un mathématicien à l'ancienne ?

Bah, old school.

Il a dû beaucoup apprécier ton travail pour accepter de te suivre.

J'espère, vu que c'est lui qui m'a contacté.

C'est lui qui t'a contacté ?

J'ai été suivi par Frears à Oxford,

et Werner a lu une de mes publications sur Zemé Rady.

Et t'as lâché Frears comme ça ?

Ouais.

Je me disais, comme on bosse sur le même sujet,

qu'on pourrait échanger nos résultats pour être plus efficaces ?

Désolée, mais c'est pas comme ça que je travaille.

Ok, super.

Rendez-vous demain 9h à la bibli ?

Je plaisantais.

Bon appétit.

Merci.

Par la donnée de X1, X2, on se place sous les hypothèses du lemme du dénombrement

précédent pour les chaînes quasi-aléatoires.

Et toi, il n'y a plus la majorité.

Supposons que H contient, en plus, C fois le produit de X égale A...

Oui ?

Ça va ?

Pas trop stressée, ma fille chérie ?

Euh, je suis en pleine relecture, là.

Moi, je serais dans tous mes états.

Je devrais pas te le dire, hein, mais j'ai le trac pour toi.

C'est idiot.

Je suis pas toute seule, je suis avec Laurent Werner.

Je sais, je suis tellement fière de toi.

Tu dors bien ?

C'est important, hein, que tu dors bien.

Oui, oui.

C'est tellement dommage que je puisse pas venir.

Et en même temps, j'aurais été tellement intimidée de rencontrer Werner.

Bon, allez, je te laisse, hein.

Je te laisse travailler.

Bisous.

Je t'embrasse fort, ma fille chérie.

Est-ce que vous pourriez vérifier un ensemble de lemmes dans la section 4.1 ?

Pourquoi ?

Je voudrais être sûre qu'il n'y ait pas de faille.

Marguerite, vous l'avez relue cent fois, votre thèse.

Vous n'avez plus de recul.

Le mieux que vous puissiez faire, c'est de laisser décanter.

Mais justement, j'ai besoin de votre recul.

Je n'ai pas le temps.

Si ça peut vous rassurer, faites-le relire par Lucas.

D'accord.

Bonjour.

Je vais vous présenter mes travaux concernant

les progressions arithmétiques dans les ensembles finis d'entiers.

Je commence par le théorème

de Szeméredi,

publié dans les années 70.

Soit K, un entier, supérieur à 2, et delta, un réel, strictement positif.

Il existe un entier, N, qui dépend de K et de Delta, tel que pour tous sous-ensembles

d'entiers inférieurs à N, des cardinales supérieurs à delta n.

E contient une progression arithmétique de longueur K plus 1.

S'il vous plaît, introduire l'espérance dans le théorème de Szeméredi.

est d'une approche très originale, est-ce qu'on va pouvoir aller plus loin ?

Oui, bien sûr, j'y ai réfléchi.

J'aimerais bien trouver une borne supérieure à la taille minimale de N.

Excusez-moi, savez-vous une borne plus basse que N ?

Oui.

C'est dû au ranking.

N est une borne supérieure à la taille maximale de D, log 1 par delta,

la puissance de D que nous pouvons trouver ici.

J'ai pas compris ton calcul de la constante C.

Principalement, tu as l'étape combinatoire initiale, puis

on conclut avec la technologie des hypergraphes de Werner.

Le C dépend de quoi ?

De k et de delta.

J'obtiens la constante C via le lemme de régularité.

Et comment tu fais ?

Je l'applique aux hypergraphes de Werner.

Dans ce cas, tu as besoin de ton lemme multidimensionnel.

Tu peux pas chasser K, N et Delta simultanément.

En effet, c'est vide.

Ça invalide tout votre raisonnement.

Marguerite ?

Excusez-moi.

Allô ?

Alors, comment ça s'est passé ?

Euh... ça s'est bien passé.

Je suis tellement fière de toi.

Je peux pas trop te parler là, en fait.

Je peux te rappeler ?

Bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr.

Mais tu me rappelles, hein ?

Bisous.

Je t'embrasse fort, ma fille.

Entrez.

C'est catastrophique.

J'aurais jamais dû présenter mes recherches, c'est tout.

Je vous avais dit qu'il y avait un problème avec ces lemmes.

Marguerite, ne commencez pas à réécrire l'histoire.

Je vous avais conseillé de les faire vérifier par Lucas.

C'était pas à un autre élève de les relire, c'est vous qui dirigez ma thèse.

En fin de thèse, vous devez être autonome.

Vous auriez dû m'écouter, reconnaissez-le.

Bon, écoutez, on va arrêter là cette discussion stérile.

Nous savons tous les deux que cette erreur remet

complètement en question vos trois années de travail.

C'était sans doute un champ de recherche trop ambitieux.

Bon, mais maintenant, l'essentiel, c'est de vous reposer,

de reprendre vos esprits et surtout de réfléchir à un autre sujet de thèse.

Et sans doute avec un autre directeur.

Vous voulez plus diriger ma thèse ?

Vous pouvez pas me faire ça, pas maintenant.

Cessez de tout dramatiser.

Marguerite, vous savez ce qui vous manque pour être une grande chercheuse ?

C'est la maturité.

On ne quitte pas une démonstration en cours comme ça parce qu'on s'est trompé.

On reste digne, on assume ses erreurs, on ne fuit pas.

On prend sur soi.

Les mathématiques ne doivent souffrir d'aucun sentiment.

Vous allez continuer vos recherches avec Lucas ?

Oui, bien sûr.

Au revoir. Excusez-moi.

C'est Laurent Werner.

Je viens de trouver votre lettre de démission.

J'avoue que je ne comprends pas.

Bonjour.

Bonjour.

On peut dire que votre départ précipité a fait sensation.

Vous savez ménager vos effets.

Le directeur a même convoqué d'urgence une

réunion de crise sur le cas Marguerite Hoffmann.

Tout le monde trouve votre démission très regrettable.

Comme moi, le directeur insiste pour que vous repreniez une nouvelle thèse.

Avec vous ?

Marguerite, le professeur Blanchard serait très heureux de diriger votre thèse.

Vous serez en de très bonnes mains et avec quelqu'un de beaucoup plus disponible.

Je crois que vous ne m'avez pas comprise.

Je ne reviendrai pas sur ma décision.

Est-ce que vous avez conscience qu'en ne terminant pas votre thèse, l'école va vous

réclamer le remboursement de vos quatre années de salaire ?

Oui, 44 000 euros.

Avec un SMIC, c'est trois ans de travail.

Deux ans et huit mois pour être exact et le double pour le mettre de côté.

Ce que j'essaie de vous dire, c'est qu'il n'y a aucune raison objective d'arrêter.

Au contraire, il y a toutes les raisons.

Je ne ferai plus jamais de mathématiques.

Vous vous faites une vraie crise d'adolescence tardive.

Et votre mère, que pense-elle de tout ça ?

Elle me soutient.

La mission est simple.

Elle consiste à sonder les clientes pendant leurs achats dans les boutiques Minolga.

Ce qui est primordial, c'est de rester patiente, aimable.

Pour elle, vous faites partie du décor.

Donc, même si vous êtes employée par nous, vous représentez la marque Minolga.

Par exemple, à la question numéro 1 du questionnaire, vous répondriez Petit 1,

oui, je préfère un rouge à lèvres de couleur plus vive.

Petit 2, oui, un rouge à lèvres de couleur plus mat.

Petit 3, non, le rouge à lèvres avec sa couleur actuelle.

C'est fou ce sondage.

Oui, vous dites ?

Ce sondage ne marche pas.

Ah oui ?

Et on peut savoir pourquoi ?

Dans ce sondage, le non sera largement privilégié puisque

les oui sont dispersés dans les deux oui possibles.

Le résultat est donc biaisé.

Écoutez, vous n'êtes pas là pour remettre en question le sondage, mademoiselle.

Vous êtes là pour suivre une formation et pour l'appliquer.

OK ?

Oui, enfin, on n'est pas des machines.

On ne va pas appliquer bêtement un protocole s'il est biaisé.

Vos résultats ne seront pas représentatifs.

Je vous ai dit que ce n'était pas votre rôle de discuter de ça.

Nous, notre rôle, c'est d'appliquer bêtement un protocole débile.

Écoutez, si vous n'êtes pas contentes, la porte est juste là.

Bon courage, les girls.

Le sondage sur les rouges à lèvres,

il suffirait de reformuler l'intitulé pour qu 'il fonctionne.

Bon, vous aussi, là, vous pouvez aller rejoindre votre copine.

Ah, c'est pas mon amie.

On se connaît pas.

Oui, mais je n'en ai rien à foutre.

Vous sortez de ma salle.

Tu l'as bien retournée avec ton raisonnement, l'autre conne.

C'était tellement illogique.

Je ne comprends pas comment l'Institut de sondage

peut autant manipuler ses résultats.

Bienvenue au XXIème siècle, meuf.

Bon, il ne viendra jamais, là.

Tu prends le métro ?

D'accord.

Je m'étais promis de ne plus faire ce genre de

boulot à la con, mais ma collègue vient de se barrer.

Je suis grave en galère.

C'est combien le prix de la chambre ?

C'est 500 euros black, pourquoi ?

Tu penses que je pourrais m'installer dès ce soir ?

Ça va un peu vite, tout ça, quand même.

Je comprends.

T'as besoin de garantie.

Je peux te payer six mois d'avance.

3000 euros, si ça te convient.

On ne se connaît pas.

Tu pourrais me filer 3000 euros cash, comme ça ?

Si ça te rassure. De payer en une seule fois

ou en six mois le résultat est le même.

Tu n'as pas braqué une banque, au moins ?

Non.

Passer la vie à faire des maths, pour moi, ce serait engageant.

Rien que l'idée de faire une division, je suis en PLS.

Et toi, tu fais quoi ?

Moi, je suis danseuse.

J'ai eu l'appart par mon oncle.

Il est plombier.

Il a rendu plein de services dans l'immeuble.

Il n'y a rien qui est aux normes, ici.

Bonjour.

Bonjour.

Bienvenue.

La cuisine.

Le salon.

Et le ménage, ça se passe comment ?

C'est à tour de rôle ?

Ouais, ouais.

C'est d'ailleurs au tour de ma dernière coloc.

Et tu vois, elle s'est pas faite chier avant de partir.

Et voilà la chambre.

C'est parfait.

Je la prends.

Génial.

Et l'avance sur les 3000 euros, tu penses que tu pourrais me la faire maintenant?

Euh, oui.

C'est Marguerite, ma nouvelle coloc.

Bonjour.

Je ne veux plus de retard pour le loyer.

Pour info, je l'ai dit à votre oncle.

Non, mais là, tout est new.

New coloc, new deal.

Plus de galère, Mr Kong.

Monsieur Kong, s'il vous plaît.

Ils jouent à quoi ?

C'est du mahjong.

C'est comme le poker en Asie.

C'est pas vrai ?

Pas du tout.

C'est beaucoup plus compliqué.

Il y a beaucoup moins de hasards.

Bye bye.

A bientôt.

A bientôt.

Au revoir.

Les stocks, c'est primordial.

Faut bien suivre la méthode de classement, sinon c'est le bordel.

Nous, on classe tout par pointure.

Pas par modèle, ok ?

Je sais, ça peut paraître un peu... Ici, c'est comme ça.

Bonjour.

Franchement, tu verras, on n'est pas toujours appliqué.

Ce qu'on aime, c'est que les employés soient autonomes.

Donc, à partir du moment où tu fais correctement ton boulot

et que t'abuses pas sur les pauses, on te laisse tranquille.

Ok ?

Les switch blocks de BoxFresh, ce sont des sneakers haut de gamme pour

printemps-été présentant une fermeture à sangles et un logo brodé.

Elles combinent du daim et du cuir et sont équipées

d'une semelle interne respirante pour éviter les mauvaises odeurs.

T'apprends pas le catalogue par cœur, quand même ?

Si.

Oui ?

Je peux entrer ?

Ouais.

Je t'ai entendu avoir un orgasme cette nuit.

Ok.

Sorry.

C'est tellement mal isolé ici.

Tu prends vraiment autant de plaisir ?

Tu veux dire quoi par là ?

Ouais, je prends vraiment autant de plaisir.

Ouais, et toi ?

Je crois que j'ai jamais eu d'orgasme.

Sérieux ?

T'en as jamais eu ?

Non, en tout cas pas comme ça.

Mais t'as déjà eu des mecs ?

Ou des meufs ?

Oui.

J'ai deux relations.

Brèves, à chaque fois.

Je suis hétérosexuelle.

Ok.

J'ai toujours théorisé des maths.

Et de toute façon, j'ai jamais beaucoup attiré des hommes.

T'es jolie pourtant.

Je ne suis pas féminine.

Je suis sûre qu'il y a des mecs qui doivent te kiffer les filles dans ton genre.

C 'est quoi mon genre ?

Genre, première de la classe.

Et toi, tu les regardes les mecs ?

Si tu ne les regardes pas, comment tu peux savoir s'ils te matent ?

C'est ça.

Je peux vous conseiller ?

Je regarde.

Merci.

Allo ?

Oui, bonjour Marguerite, c'est Lucas Savelli de l'ENS.

J'ai appris que tu avais quitté l'école, j'espère que ça va.

C'est Laurent Werner qui m'a demandé de t'appeler.

Il aimerait qu'on consigne une publication

tous les trois et on a besoin de ton accord.

Pourquoi je consignerais quelque chose ?

Je n'ai plus rien à voir avec Werner.

Ton lème était irrécupérable.

Mais ton idée de constante, ça nous a aidé à changer notre façon de voir le problème.

On a développé une nouvelle méthode pour prouver l'existence

des progressions arithmétiques pour les nombreux premiers.

Et c'est ça qu'on va soumettre à Annals of Math.

On prend pour poids pseudo-aléatoire la fonction de von Mangoldt tronquée.

Mais tu te rends compte des tiroirs que ça ouvre ?

Si on arrive à prouver Szeméredi, ça veut dire

qu'on pourra peut-être un jour prouver Goldbach.

Elle a raccroché ?

Oui.

- Salut. - Salut.

Faut que t'arrêtes avec tes post-it, ça devient un peu anxiogène là.

Tes reproches collés partout, ça va deux minutes.

La coloc, c'est la cohabitation.

Personne n'est parfait, faut accepter de vivre

avec les défauts de l'autre, sinon ça va pas le faire.

Ok ?

Ok.

Tu fais quoi ce soir ?

Je vais joindre des potes danseurs dans un bar à côté.

Je peux venir ?

Euh, ouais.

Si tu veux.

Merci.

Oh, y a Chris à la soirée !

C'était un danseur de ouf.

Ça allait trop bien.

C'était trop cool !

C'est vrai que c'était bien.

C 'était trop cool !

On est trop faits pour danser ensemble.

Tu crois que je vois pas ton petit manège depuis tout à l'heure là ?

Tu te fous de ma gueule en plus ?

T'as vu comment tu chauffes ?

Ah sérieux ?

T'as pété un câble ?

Ok bon c'est bon, doucement, doucement les filles.

Non mais ça va hein !

Et Noah Noah, t'as beau faire la belle,

faire ce que tu veux, faire le show devant tout le monde là,

t'es bonne qu'à faire la pute dans les clips de rap.

Mais t'es qui toi ?

On se connaît ?

On s'est vus dans la boîte de nuit.

T'étais au Nouveau Casino ?

Oui.

Tu me suis ?

Oui d'accord.

Non enfin, je veux dire, t'es en train de me suivre là ?

Ça te dérange ?

Ça t'arrive souvent de suivre les gens comme ça dans la rue ?

Non, c'est la première fois.

Je sais pas, j'ai pas l'habitude qu'on m'aborde comme ça.

D'habitude, on t'aborde comment ?

On m'aborde pas trop.

Et admettons que je t'aborde, tu ferais quoi ?

Je commencerais par te demander ton prénom.

Je m'appelle Marguerite.

Ok cool. Moi c'est Yannis, enchanté.

Enchanté.

Tu veux boire quelque chose ?

J'ai pas soif, merci.

Je suis pas ton genre ?

Si.

Si, si, t'es charmante.

C'est juste que...

quand tu me fixes, ça me stresse un petit peu.

Désolée.

Tu veux pas qu'on discute un petit peu avant ?

Non, pas spécialement.

Allô ?

Marguerite, je comprends pas très bien ce qui se passe.

Laurent Werner m'a appelée et m'a dit que tu as quitté l'ENS.

C'est vrai Marguerite ?

T'as quitté l'ENS ?

Je te parle, c'est vrai ?

Je m'excuse.

T'avais pas le droit de tout abandonner.

Tu pouvais pas tout foutre en l'air, c'était dégueulasse.

Et puis c'est quoi cette histoire d'article que tu veux pas signer ?

Je vais pas te parler de ça.

C'est ta passion, les maths.

C'est toute ta vie.

Quand on a un don pareil, on n'a pas le droit d'abandonner.

On retrouve pas la fonction ?

Pourquoi vous avez appelé ma mère ?

Lucas, vous pouvez nous laisser s'il vous plaît ?

Vous n'aviez pas le droit de la mêler à ça.

Je voulais juste qu'elle vous convainque de signer cet article.

Pourquoi vous m'avez pas appelé directement ?

T'es trop dans l'affect.

J'ai cru qu'en passant par votre mère, ça simplifierait les choses.

Et je pensais qu'elle était au courant pour votre démission.

Marguerite,

je regrette vraiment que vous ayez arrêté les mathématiques.

Comment vous pouvez dire ça alors que vous m'avez écartée du jour au lendemain ?

Je ne vous ai pas écartée, je cherchais une solution pour vous sortir de cette impasse.

La vérité, c'est que vous vous êtes servi de moi pour vos recherches

et quand vous vous êtes rendu compte que j'avais pas le niveau que vous espériez.

vous m'avez jetée comme si je ne valais rien.

Vous voyez bien que vous prenez tout ça trop personnellement.

Oui, c'est ça.

Les mathématiques ne doivent souffrir d'aucun sentiment.

Vous pouvez la sortir votre publication.

C'est la dernière fois que nos deux noms seront associés.

Attendez !

Attendez !

Vous n'avez pas payé le loyer de ce mois -ci.

Quoi ?

Vous n'avez pas payé le loyer de ce mois-ci.

Désolée, Noah a dû oublier.

Oui, c'est ça.

Si je ne l'ai pas vendredi soir, vous dégagez.

Compris.

Vendredi soir.

Quand j'ai su qu'il y avait un stage de Zadig N' Diaye à Montpellier,

c'était tellement une occasion inespérée.

En plus, il fait une audition à la fin.

C'était 2500 balles.

Et tu venais juste de me les donner.

Alors, j'ai craqué comme ça sur un coup de tête.

Mais je vais tout rembourser.

Je te remets.

Ok.

Et pour le loyer, comment tu comptes réunir 1000 euros avant samedi ?

Monsieur Kong ?

Monsieur Kong ?

Quoi encore ?

Je vous propose de payer le loyer en jouant au Mahjong les 350 euros.

Alors, ça, on ne me l'a jamais fait.

Si je perds, on part dès demain matin.

Euh, à la fin de la semaine, peut-être.

Ok.

Vous savez quoi ?

Vous allez perdre vos 350 euros.

Et vous devez partir demain.

Euh, bonsoir.

Ben voilà.

Je viens de rencontrer une petite fille.

Elle s'appelle Marguerite.

Elle veut jouer.

Allez, allez, asseyez-vous.

Elle a 350 euros.

350 euros.

Elle veut jouer.

Ah, 350 euros.

Allez, on va jouer.

Allez.

Eh, ce soir, tu vas jouer.

Oh, merci.

Eh, Mahjong ?

Je vous trouve des parties, je prends 20% !

Marguerite, t'es incroyable.

Merci.

De rien.

Tu fais quoi ?

J'essaye une nouvelle méthode pour prouver l'existence

de progression arithmétique dans les noms premiers.

Ok.

T'appris comme ça ?

Au Mahjong, il y a des paires, des brelans et des carrés.

Comme pour les noms premiers inférieurs à N,

il n'y a qu'un nombre fini de tuiles de dominos.

Et je cherche le lien entre eux.

J'ai peut-être une piste pour démontrer Szemerédi.

Ok, génial.

J'allais te proposer d'aller boire une bière, mais je te laisse faire tes maths.

Merci.

Haftari.

Mahjong

C'est sympa ce quartier.

C'est vivant.

Ça doit te changer.

Ça fait combien de temps que t'étais pas venue à Paris ?

Ça remonte à ta première année, je crois.

C'est quoi ce jeu dans ta chambre ?

C'est un Mahjong.

Tu m'apprends ?

Je peux fumer à la fenêtre, ça te dérange pas ?

Il y a quelque chose qui a changé sur ton visage.

Toujours la 5B qui te stresse ?

Non.

J'ai réussi à les choper avec l'algèbre.

J'ai fait ça sous forme de jeu, ça marche super bien.

Et toi, ça se passe comment ton travail ?

J'ai été licenciée.

Ah mince.

Comment ça se fait ?

J'ai refusé d'obéir à un ordre illogique.

Mais j'ai retrouvé une autre activité beaucoup plus lucrative.

Tu fais quoi ?

Je joue au Mahjong, justement.

Et en quoi c'est lucratif ?

C'est un jeu d'argent.

Je gagne entre 2000 et 6000 euros par mois.

Pardon, je comprends pas.

En fait, tu joues où ?

Bah ici, dans le quartier.

Il y a plein de tables de jeu.

Mais euh...

C'est pas une activité illégale, ça ?

Si.

Mais pas plus que le poker.

C'est pas possible, Marguerite.

Tu peux pas gagner ta vie comme ça.

Et elle en dit quoi, ta copine Noah ?

Elle trouve ça très bien.

C'est moi qui paye le loyer.

Mais c'est pas à croire.

Non mais tu peux comprendre que j'ai peur pour toi ?

Enfin, que je puisse m'inquiéter après tout ce qui s'est passé ?

Tu t'es toujours inquiétée.

Et tu t'inquièteras toujours.

C'est pour ça que c'est plus facile de te mentir.

Ça va être de ma faute, maintenant.

C'est tellement plus facile d'admettre tous les torts.

Ouais, vaut mieux que j'y aille, maintenant.

Ça va ? Tu t'amuses bien ?

T'as fini tes bagages ?

Même pas.

Je crois que je vais finir au dernier moment.

J'ai trop hâte.

Et en même temps, ça me stresse grave.

C'est chelou.

Je crois que c'est l'audition à la fin qui m'angoisse.

Ça peut tellement tout changer pour moi.

Tu sais, Noah , la première fois que je t'ai vu danser, j'avais jamais vu ça.

Mais t'es trop chou, toi.

Ça commence à faire un papier peint plutôt classe, cette histoire.

Hum.

J'arrive toujours pas à comprendre à quoi ça peut servir, tout ça.

Quand on a pu prouver que la Terre était ronde et pas plate, ça a changé notre

ça a changé notre façon de voir le monde.

Ça nous a permis de tracer une limite entre ce que l'on sait et ce que l'on sait pas.

Les mathématiques, ça sert à ça.

À chercher la vérité.

Les nouvelles du monde mathématique, eh oui, cela bouge du côté de l'ENS.

Le professeur Laurent Werner vient de démontrer le théorème de Szemerédi.

Vous allez me dire que si c'est un théorème,

on sait déjà qu'il est vrai, donc cela ne change rien.

Eh bien si, cela change tout.

Une idée nouvelle révolutionne l'approche.

On se surprend même à espérer que cette méthode

puisse s'appliquer à d'autres problèmes.

Et entendre Laurent Werner, pourquoi pas à la célèbre conjecture de Goldbach.

Il ira présenter d'ailleurs ses travaux avec son assistant Lucas Savelli dans un colloque à Lausanne.

That was so cool.

Merci.

Désolée pour la gifle, c'était maladroit.

I'll see you at the café.

Bon, j'espère que tu n'es pas venue jusqu 'ici

juste pour t'excuser, ce n'était pas nécessaire.

Non, je voulais te parler de vos avancées avec Werner.

Quoi, là maintenant ?

Mais on s'en parle une autre fois.

Non, en fait, c'est urgent.

Est-ce que tu voudrais venir chez moi maintenant ?

Pardon ?

J'ai quelque chose à te montrer, mais c'est

chez moi et ça ne tient pas sur une ardoise.

Tu m'accompagnes ?

Tu es vraiment drôle.

Je plaisante jamais avec les mathématiques.

Mais non, tu plaisantes jamais tout court.

C'est justement pour ça que t'es drôle.

Je pense que c'est dans ton intérêt de me suivre.

Tu as fait tout ce chemin toute seule.

Ça t'a pris combien de temps pour prouver Szemerédi ?

Deux mois et dix jours.

Incroyable.

Oui, mais vous l'avez démontré avant moi.

Je t'ai fait venir parce que je travaille sur un autre projet maintenant.

C'est une nouvelle méthode ?

Ça n'a jamais été fait ?

Tu as vraiment une piste sérieuse pour Goldbach ?

Je voudrais présenter une partie de mes preuves au colloque de Lausanne.

T'es invitée ?

Non.

Mais toi, oui.

On pourrait travailler ensemble.

Je croyais que tu détestais travailler avec quelqu'un.

Sur Goldbach, je sais que je n'y arriverais pas toute seule.

Et pourquoi moi ?

Parce qu'avec toi, je sais que je peux résoudre ce problème.

Tu veux dire qu'il y a personne dans le monde

qui peut t'aider à résoudre ce problème ?

Pourquoi j'accepterais ?

Je pense pas que tu prendrais le risque

de passer à côté d'une avancée majeure et...

Parce que tu me trouves drôle.

Tellement drôle.

Mais je ne veux aucune ingérence de Werner.

Ce sera notre travail et nos découvertes.

C'est chaud quand même vis-à-vis de Werner.

Lucas, c'est un oui ou c'est un non ?

Il faut contrôler le nombre de solutions...

...avec la fonction singulière.

Il faut des composés en arcs majeurs et mineurs.

C'est obligatoire ce bruit ?

Je suis désolé, ça m'aide à réfléchir.

Tu n'as pas un truc qui t'aide à être concentrée ?

Si, le silence.

Ok, ça mérite d'être clair.

Problème résolu.

Il faut isoler le facteur avec la fonction de l'aire.

En fait.

Tu veux une blanquette de veau ou un pot-au-feu ?

Euh... la blanquette.

Tu veux une bière ?

Oui, merci.

Merci.

Il est grand cet appart ?

Tu vis toute seule ici ?

Non.

Ma colloc fait un stage de danse à Montpellier en ce moment.

Tu as reçu un texto ?

De qui ?

T'es toute seule cette nuit ? Très envie de toi.

Un certain Yanis.

Apparemment très impatient de te voir.

Merci.

Quoi ?

Marguerite Hoffman a donc une vie en dehors des maths.

C'est ton mec ?

Non, c'est juste rècréatif.

Comment on se passionne pour Goldbach à 11 ans ?

J'ai toujours aimé les maths.

Et les maths, ça vient de ton père ou de ta mère ?

Tu poses toujours autant de questions ?

Bah quoi, ça se fait, non ?

Toi, pourquoi tu poses jamais aucune question ?

C'est pas ça qui va faire avancer Goldbach.

D'accord, donc pour toi, ça sert à rien les rapports humains dans le travail.

Moi, je pense que c'est essentiel pour avancer.

Tu dois être certes bien travailler avec Verner.

Justement, si je bossais avec toi, c'est pas pour

me retrouver avec quelqu'un d'aussi rigide que lui.

Je pense surtout que t'es prêt à tout

pour réussir, peu importe avec qui tu travailles.

On s'y remet ?

Non, il est 2h du matin, je vais rentrer chez moi.

C'est ce qu'on appelle la vie en dehors des maths.

Et je reviendrai mercredi parce que demain, je bosse avec qui tu sais.

Merci pour la blanquette.

À mercredi, alors ?

Ouais, à mercredi.

Je peux t'aider ?

Écoute, je crois que ça va pas le faire, nous deux.

Pourquoi ?

Ça arrive de bloquer.

En fait, c'est toi qui me bloques.

Avec tes boules caisse, j'ai pas l'impression d'être un collaborateur,

j'ai l'impression d'être une mise en sonore.

Problème résolu.

Non, Marguerite.

T'es trop froide, t'es trop fermée.

J'arrive pas à travailler comme ça, moi, on est trop différents.

Tu as mangé chinois ?

Merci.

Ça vient de ma mère, les mathématiques.

Elle est prof de maths au collège.

J'ai commencé à l'aider à corriger ses copies

quand j'étais en primaire parce qu 'elle allait pas bien.

Mon père venait de la quitter.

À cette période, j'ai fait beaucoup d'insomnie.

J'étais très angoissée par l'infini, par l'idée que l'univers n'avait pas de fin.

Alors, à la bibliothèque, je lisais tous les livres de maths que je trouvais

pour résoudre des problèmes tangibles qui ont des solutions.

Et un jour, je ...

je suis tombée sur la pyramide de Goldbach.

Un problème irrésolu jusqu'ici,

avec cette infinité de nombres premiers.

C'était

un tel défi,

un problème

si complexe et magnifique.

J'ai su que je passerais ma vie à chercher à le résoudre.

Golbach c'était un moyen de mettre de l'ordre dans l'infini.

C'est ta mère qui t'a élevée ?

Oui.

Mon père est parti quand j'avais 9 ans.

On vivait à Berlin à l'époque.

Et quand il nous a quittés, ma mère a préféré revenir s'installer en France.

Tu le vois toujours ?

Non.

Il vit au Canada, on n'a aucun lien.

Et toi, ça vient de ton père ou de ta mère ?

Aucun des deux.

Mon père est conseiller financier et ma mère est antiquaire.

Ils n'ont jamais compris pourquoi je voulais faire de la recherche.

Une activité aussi peu lucrative.

Bonsoir, Marguerite.

Bonsoir.

C'est vous deux fiancés ?

Non, c'est un collègue.

Ah, c'est la meilleure joueuse de mahjong du quartier.

Tu joues au mahjong ?

Elle est très forte.

Oui, j'ai découvert ça après l'ENS.

Je joue dans des salles clandestines du quartier.

Le mahjong.

Tellement drôle.

Du coup, pour demain, est-ce qu'on travaille ensemble ?

Il est encore tôt.

Si on veut maintenant ?

Oui.

Si on essayait de faire ça...

Et comme ça, sinon...

Eh bien, comme ça.

Du coup, on peut faire ça.

Et ça.

Tout ?

Je déteste bloquer comme ça.

Il y avait un prof à Oxford qui pensait sur l'hypothèse de Riemann.

À chaque fois qu'il bloquait, il faisait de la muscu pour se défouler.

Il soulevait de la fonte.

Tant.

Il a toujours pas prouvé l'hypothèse de Rayman, mais il est devenu bodybuilder !

J'aime bien tes cheveux.

Ah bon ?

J'ai tellement du mal à les coiffer.

Non, j'aime bien ce désordre.

Moi j'ai les cheveux de ma mère raides de chaînes.

Mais ça te va bien quand tu les coiffes en arrière comme ça.

- Ça te donne un côté... - Première de la classe ?

Non.

Et si on utilise la distribution des nombres premiers

pour obtenir une borne inférieure ?

Oui mais pour que notre méthode marche...

Il faut majorer les fonctions de crible.

Exactement.

Le premier à l'appart.

Bonjour.

Je peux entrer une minute ?

J'espère que je ne vous dérange pas.

Je viens vous voir à la demande de votre mère.

Vous allez me demander en quoi ça me regarde.

Mais disons que devant son inquiétude,

je me suis senti une part de responsabilité

dans ce qu'on peut considérer comme votre dérive.

Marguerite,

je sais à quel point les mathématiques peuvent être fragilisantes.

En portant nous un côté obsessionnel,

qui peut devenir d'autant plus dangereux si on se perd dans les jeux d'argent.

Vous n'êtes pas le premier mathématicien à qui ça arrive.

Vous travaillez sur Goldbach.

Ça vous regarde pas.

J'ai longtemps été en rivalité avec un collègue de l'ENS.

Il travaillait lui aussi sur les nombres premiers.

On ne se supportait pas.

Je même étais assez soulagé quand il est parti enseigner à Yale.

Et cinq ans plus tard, il a obtenu la médaille Fields

en prouvant ce que je cherchais.

Alors je suis passé à un objectif encore plus ambitieux.

Goldbach.

Et depuis Szemerédi, je sais qu'il sera prouvé un jour.

Par moi.

Par un autre.

Il faut être solide pour travailler sur Goldbach.

C'est un problème labyrinthique dans lequel on peut errer longtemps,

jusqu'à se consumer totalement.

Faites attention à vous, Marguerite.

Et vous savez, en définitive, peu importe qui trouve,

l'essentiel, ce sont les avancées mathématiques.

Le reste, c'est de l'orgueil et c'est égal à zéro.

Mais il est sérieux de venir chez toi comme ça ?

Il voulait quoi ?

Il voulait voir sur quoi je travaille.

On manque de place ici.

Ça sera jamais sec avant demain, tu sais.

Je peux dormir ici ce soir ?

Tu peux prendre la chambre de Noah, le lit est fait.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Vous n'avez pas rendez-vous à 14h ?

Vous n'avez pas eu mon mail ?

Non.

Je notifiais l'arrêt de nos séances pour le colloque de Lausanne.

Nous l'avons suffisamment préparé.

Très bien.

En ce qui concerne votre thèse, il n'y a pas d'urgence.

Nous verrons après Lausanne.

Vous avez raison, rien presse.

Bonjour.

Salut, Noah.

Je te présente Lucas, avec qui je travaille.

Je rêve, ça devient n'importe quoi.

Tu aurais pu me demander avant de peindre le salon.

Bon Marguerite, je te parle !

Excuse-moi, je suis sur quelque chose de très important, là.

Et alors, tu crois que je n'étais pas sur un truc important, moi ?

Pardon, mais il faut absolument que je finisse.

Ça va ?

Tu le saurais si tu avais pris la peine d 'écouter mes messages.

Ma chambre putain !

Je me casse d'ici avant de vraiment péter un calme.

Je crois que j'ai trouvé le dernier mouvement.

Faut que tu vérifies, je vais prendre une douche.

T'avais raison.

On est en train de prouver tout un pan de Golbach.

Ça va pas ?

Ça tient pas ce qu'on a fait.

Y'a toujours le problème de parité.

On croit que ça marche, mais c'est un gouffre.

Pourquoi ?

Ça ouvre plein d'autres tiroirs.

Vérifier les conditions est encore plus dur que la progression arithmétique.

Si on trouve pas une nouvelle méthode,

c'est un nombre exponentiel de fenêtres à prouver encore.

C'est infini.

Je sais ce que tu veux dire, t'as raison.

Bon, c'est pas si grave, on a fini par s'avancer déjà.

Mais le colloque est dans deux semaines.

C'est foutu, on n'y arrivera jamais.

Si c'est pas pour cette année, ce sera pour l'année prochaine.

Cette année, c'est celle de Werner.

Hé, écoute. Je comprends que ça t'affecte,

mais ça remet pas en question tout le chemin qu'on a fait.

C'est juste que ça va prendre plus de temps.

Tout va bien.

Mais ça peut prendre des mois, voire des années pour prouver son mouvement.

Et Werner le voit peut-être avant nous.

Oh, mais Werner, Werner, Werner...

C'est pour lui ou c'est pour toi que tu veux prouver Golbach ?

Mais toi, tu t'en fous ?

T'as prouvé Szemerédi, tu vas à Lausanne pour ça.

Qu'est-ce qui me dit qu'après le colloque, tu voudras encore travailler avec moi

alors que t'auras des propositions du monde entier ?

Que t'iras pas à résoudre ce problème avec quelqu'un d'autre ?

En fait, t'es comme tous les mathématiciens, Lucas.

Tu veux être le meilleur quoi qu'il en coûte.

Mais t'as raison, je suis comme tous les autres, je vais te laisser, moi aussi.

Tu vois pas que c'est toi qui as un problème, en fait ?

T'es persuadée qu'on finira toujours par te trahir.

Tu peux pas envisager pour une fois que tu comptes vraiment pour quelqu'un ?

J'aurais jamais dû te demander de travailler avec moi.

Je suis pas faite pour travailler avec quelqu'un.

Tu crois vraiment ce que tu dis, là ?

Oui.

Ça veut dire quoi, là, qu'on arrête comme ça, maintenant ?

Oui.

Non mais Marguerite, là, tu veux dire quoi ?

J'aimerais que tu partes, maintenant.

- Marguerite... - Non, non.

Tu te souviens quand tu disais que j'étais prêt à tout pour réussir ?

T'avais raison, j'ai même été jusqu'à sacrifier

ma thèse avec Werner pour bosser avec toi.

Allez !

Payez, payez, payez.

Regarde !

C'est ce que j'attendais pour finir.

Allez !

C'est impossible.

J'ai compté.

C'est... c'est... c'est pas possible.

Vous ne pouvez pas avoir cette tuile, elle est déjà passée.

Qu'est-ce qui se passe ?

Non, non elle est déjà passée.

Si il y en a une de trop C'est impossible.

Il triche.

Il a triché.

C'est pas possible.

Regarde, je vais vous montrer, là.

Il a triché.

Il a triché.

C'est pas possible.

J'ai compté les tuiles.

Il a triché.

Non, monsieur, il a triché.

Monsieur Kong vient d'appeler. Qu'est-ce qui se passe ?

Bonjour,c'est pour Gare de Lyon.

Prenez soin d'elle ?

Merci.

Merci pour tout.

Eh, tu fais pas comme d'habitude. Cette fois tu donnes de tes nouvelles ?

Tiens.

Bon voyage.

Merci.

Maman,

je crois que j'ai rencontré quelqu'un d'important.

C'est étrange.

Je pense plus à lui qu'aux maths.

T'es amoureuse ?

Peut-être.

Tu sais, Marguerite...

Même si ça s'est mal fini avec ton père,

j'ai jamais oublié à quel point j'ai été heureuse avec lui.

Lucas, c'est Marguerite.

Je voulais te dire que hier, j'ai trouvé un dessin de la pyramide de Golbach

par terre dans ma chambre, et j'ai vu la pyramide à l'envers.

Il faut absolument que je te vois.

Je prends la voiture de ma mère et j'arrive.

Tu peux pas débarquer comme ça, quand ça te chante.

J'ai trouvé le dernier mouvement.

En fait, c'était juste une question de point de vue.

Il est magnifique.

Il faut absolument que je te le montre.

Tu viens ?

Si tu veux une salle de conférence avec un tableau, ce par-là ?

Ok.

On commence par une méthode du cercle avec des compositions en arcs majeurs et

mineurs pour contrôler le nombre de solutions.

Ok.

On introduit une somme pondérée par des poids de Gelberg.

À la façon de Goldstein-Pinsel d'Irim.

Exactement.

Ouais, c'est ça.

T'as trouvé un chemin.

Je t'aime.

sous titres par Umbi

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