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Tout a commencé dans le feu, le feu primordial.
Le feu de l'enfer, comme dans la gueule du dragon.
Comme dans un conte.
Mais si les contes ont quelque chose à nous apprendre,
ce n'est pas que le dragon existe, mais qu'il peut être vaincu.
Comme dans un conte, je vais commencer par il était une fois...
Il était une fois...
une petite station perdue au fin fond de l'espace,
près d'un enfer appelé Dante.
Si on daigne un jour se pencher sur notre histoire,
On dira probablement qu'elle a commencé avec l'arrivée de la navette de liaison n °2.
En réalité, tout était écrit depuis longtemps.
Depuis très longtemps. Depuis la nuit des temps sans doute.
Bienvenue sur Dante 01. J'espère que votre réveil s'est bien passé.
Rejoignez-nous dès que vous serez prête. Je me présente...
Inutile, vous êtes Charon, le chef de station.
Puisque vous êtes si bien renseignée, vous n'aurez aucun mal à trouver le centre de contrôle.
- Bonjour. - Bonjour.
C'est donc ça la fameuse nef des fous ?
C'est comme ça que vous les appelez à la compagnie ?
- Vous avez tort, ce sont plutôt des... - Des criminels, des malades mentaux,
Tous volontaires pour tester nos traitements.
Je les connais bien, j'ai étudié leurs dossiers avant de venir.
Qui peut se vanter de connaître les hommes ?
- Disons que ça fait partie de notre travail. - Vous vous connaissez ?
Qui ne connait pas notre mentor à tous ?
Vos travaux sur la psychobiologie criminelle font toujours autorité à la Neurinos.
Je m'appelle Elisa.
Qu'est-ce qui vous a valu d'être expédiée dans cette antichambre de l'enfer ?
J'ai été envoyée ici pour expérimenter de nouveaux traitement sur les détenus.
Je vais vous expliquer les règles de notre petit monde.
Les quartiers d'internement se situent dans les étages, juste au-dessous de nous.
Tiens, le nouveau venu.
Il va pas tarder à croiser ses petits camarades.
Grace au système de balise on les localise en permanence.
C'est ce cher Raspoutine qui semble décidé à prendre les choses en main.
Regardez, c'est lui là, Raspoutine.
Dieu a exaucé mes prières.
Dieu n'abandonne jamais ses enfants. Dieu...
Si vous arrêtiez un instant de délirer Raspoutine !
Cet homme, il est venu pour nous sauver.
Personne ne vous sauvera mon pauvre Raspoutine.
Si, Saint Georges, le tueur de dragon.
Y a pas de dragon dans le coin.
- Et puis qui vous a dit son nom ? - Dieu me l'a dit.
Regarde ! Homme de peu de foi !
Dieu...
Ce serait pas plutôt quelqu'un de là-haut ?
Vous n'auriez pas changé de nom pour Judas, Raspoutine ?
- Serviteur de Dieu. - C'est préférable pour vous.
Si vous aviez la malheureuse idée de nous trahir, vous risqueriez de le rejoindre plus vite que prévu votre dieu.
C'est quoi votre nom ?
Pas dans le genre loquace ? Tant mieux !
On a déjà beaucoup trop de bavards dans le coin.
Saint Georges ! Il s'appelle Saint Georges !
Quand vous avez une idée dans la tête...
Va pour Saint Georges.
Attila, vous avez récupéré les données que je vous avais demandé ?
T'en fais pas ma poule j'y travaille. Hé, y'a pas d'urgence, hein ?
Bon, ça suffit, n'oubliez pas que vous n'êtes qu'un prisonnier.
Arrête de jouer les petits chefs, Charon.
Vous voulez vraiment que je vous retire l'accès au réseau ?
Tu feras pas ça, t'as trop besoin de moi !
S'ils apprenaient que tu m'as filé le matos là-haut, t'en prendrais pour ton grade, non ?
Je veux savoir pourquoi ils nous envoient une navette à l'improviste.
Fouillez les dossiers de cette Elisa et surveillez aussi le nouveau.
Messieurs, notre nouvel arrivant.
Celui qui mange avec une telle élégance s'appelle Moloch.
Moloch !
Et l'autre, c'est Lazare.
Et lui il s'appelle comment ?
J'ai toujours pas réussi à entendre le son de sa voix.
Je vais vous expliquer les règles de base de notre petit monde.
Vous les respectez, on vous laissera tranquille.
Vous comprenez ?
Est-ce qu'il entend ce que je dis au moins ?
Vous entendez ce que je dis ?
C'est ici que j'écoute ce qu'ils disent au répondeur.
- Drôle de nom. - C'est le terme employé par les détenus.
Vous n'avez pas d'écran pour observer leur comportement ?
Inutile de vous rappeler que nous vivons en milieu confiné.
On est suspendu au moindre grincement, au moindre murmure.
S'il y avait une surveillance vidéo, nos patients ne se confieraient pas de la même manière.
Le répondeur est leur seul espace de liberté.
Les autres l'appellent Bouddha.
Beaucoup de victimes, il dit les avoir tués par compassion.
Il a encore des crises.
Mais rien à voir avec les colères effroyables du début.
Souvent il reste allongé à dormir, à méditer, comme il dit.
Tu veux pas voir le nouveau ?
Réponds, merde !
Nous ne savons pas grand-chose du nouveau arrivé avec vous dans la navette.
Il a été retrouvé couvert de sang dans un vaisseau long courrier à la dérive.
Il était seul à bord.
- Vous avez son identité ? - Même pas.
Les boites noires étaient tellement grillées qu'on a pas eu d'informations.
Pourquoi l'avoir amené ici ?
La Neurinos a estimé qu'il fallait expérimenter les nouveaux traitements dans l'espace.
Quels nouveaux traitements ?
On en parlera plus tard si vous le voulez bien.
Vous voyez ?
Regardez-moi ! Regardez-moi !
Ça c'est votre carte. Avec ça vous faites 3 repas par jour. Surtout vous la perdez pas.
Faut le dire à Moloch.
- 3 repas par jour ça lui suffit pas. - Il essayera de te la piquer ta carte.
Hein ma poule ? 3 repas par jour ça lui suffit pas !
Ça suffit maintenant !
Vous voulez leur donner un prétexte pour nous gazer ?
Assis, Moloch !
Il faut jamais les perdre de vue.
Ça c'est rien, la routine.
Quand César peut intervenir, ils se calment assez vite.
C'est vous qui lui avez confié la responsabilité du groupe ?
Non, les détenus n'acceptent pas qu'on leur impose quoi que ce soit.
Je préfère qu'ils s'organisent entre eux,
en veillant seulement à ce qu'ils ne s'entretuent pas.
Mais parfois nous intervenons trop tard, malheureusement.
Peut-être que si vous appliquiez les protocoles plus à la lettre, vous auriez moins de pertes.
La vie ne se limite pas aux protocoles.
J'te cherchais partout.
Alors c'est toi le nouveau ?
Comment tu t'appelles ?
Moi c'est Bouddha, et toi ?
Tu veux pas répondre ?
Tu souffres, hein ?
Tu sais...
Je connais le chemin de la délivrance.
Je peux te faire passer de l'autre côté si tu veux.
Là où il n'y a plus de souffrance.
Chaque fois c'est la même chose, Bouddha, chaque fois !
Dès qu'il y a un petit nouveau qui arrive, il trouve rien de mieux pour l'accueillir que de l'étrangler.
- Je voulais juste l'aider. - Ne dites pas n'importe quoi !
Ce qui vous excite c'est d'envoyer votre prochain ad patres, c'est pas de lui venir en aide.
Ici c'est pas vous qui décidez qui doit mourir, c'est clair ?
C'est clair...
- C'est clair ? - C'est clair...
C'est clair César, c'est clair.
Attrapez-le !
Qu'est-ce qu'il leur arrive encore ?
Bouddha, il a essayé d'étrangler le nouveau.
Cette fois ils vont lui régler son compte.
- On intervient. - Selon quelle procédure ?
Une descente. D'abord les gaz anesthésiants, 5 minutes pour les endormir.
Ensuite on a une heure pour faire nos prélèvements
et on emmène Bouddha en salle de soin.
Ça ne servira pas à grand-chose, il supporte mal les traitements.
Vous avez quelque chose de mieux à proposer ?
C'est peut-être l'occasion de tester mes nouveaux protocoles.
De quoi s'agit-il exactement ?
De la nanotechnologie.
Des programmes intelligents qui essayent de neutraliser les dysfonctionnements chromosomique
Vous pensez qu'il suffit de rafistoler un bout d'ADN pour résoudre les mystères de l'esprit humain ?
Ah oui, la fameuse libération par le verbe.
C'est comme ça que vous l'appelez votre thérapie.
Qu'est-ce que vous préférez ?
Chercher de nouvelles voies au risque de se tromper ou rester dans les chemins balisés ?
Ni l'un, ni l'autre, nous cherchons des solutions efficaces et exploitables.
C'est vraiment pas le moment de se lancer dans ce genre de querelles.
- On va essayer votre nouveau traitement. - Sans moi.
Bon...
CR, BR, ça y est, ils sont endormis, vous pouvez y aller.
- Et si les prisonniers se réveillent ? - Impossible, c'est jamais arrivé.
Faudrait qu'ils restent 10 minutes en apnée pour pas inhaler les gaz.
C'est drôle, je crois bien que c'est la 1ere fois que je viens dans cette salle sans Perséphone.
Faudrait peut-être lui réinjecter une dose d'anesthésiant, s'il se réveille on aura du mal à le maîtriser.
Bah non, les sangles là, c'est du costaud.
Bien !
- Qu'est-ce que vous attendez pour l'endormir ? - Attendez ! Attendez, il se calme !
Faut attendre un peu que le programme fasse son effet. Vous pouvez le ramener dans ses quartiers.
C'est toi ?
C'est toi qui m'as sauvé ?
Pourquoi ?
Je sais pas ce qu'ils m'ont fait là-haut...
mais avant que t'arrive,
j'avais l'impression d'avoir du feu dans les veines.
T'es qui au juste ?
Pourquoi tu dis jamais rien ?
T'en fais pas, va.
Ça viendra quand ça viendra.
Maintenant c'est à moi de m'occuper de toi.
Viens.
Comment s'est passée votre expérience ?
Comme si vous ne le saviez pas.
J'ai vu Bouddha réagir d'une façon très violente à votre traitement.
Réaction normale de défense.
Le programme quand il se déclenche rajoute des séquences correctrices à l'ADN.
Et les séquences rajoutées n'entrent pas en conflit avec les séquences existantes ?
C'est le risque.
Nous ne pouvons pas encore prédire avec exactitude la réponse des gènes sur les cobayes humains.
Sur les cobayes humains ?
C'est le contrat passé entre ces dingues et la Neurinos.
Je vous rappelle que ce sont des criminels de la pire espèce qui restent en vie à condition de jouer les cobayes.
Je ne vois pas en quoi ce mot vous choque ?
En tant que spécialiste du comportement humain,
même un criminel, je suis contre le mot cobaye.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Putain !
On raconte qu'aux portes de l'enfer est écrit...
"Vous qui entrez ici, perdez tout espoir."
Pourtant c'est là,
au milieu des parias, des réprouvés,
qu'est apparu le sens véritable de ma quête.
Moi, Perséphone,
qui ai voué ma vie à la guérison des âmes,
c'est dans le corps d'un de mes patients que j'ai vu naître la possibilité d'un salut.
Il émane de Saint Georges une force qui nous dépasse.
Je ne peux encore la comprendre,
mais je sais que nul sur cette station sera épargné.
- Je vous dérange ? - Un peu.
Je voulais m'assurez que tout allait bien, voir si vous n'avez besoin de rien.
Tout va très bien, merci.
Dites-moi,
votre première impression sur Perséphone...
- Telle que je me l'étais imaginée. - C'est-à-dire ?
Elle est là depuis trop longtemps, elle manque d'objectivité.
Ouais... peut-être...
Neurinos lui fait plus confiance, c'est ça ?
Vous avez prévu de repartir quand ?
Quand j'aurai recueilli assez de données significatives.
Pourquoi ? Ma présence vous dérange ?
Non pas du tout, bien au contraire.
Au revoir.
Hé Charon, tu es là ma poule ?
Bon ça y est, j'ai réussi à infiltrer l'ordinateur de bord de la navette.
Seulement y a un os. L'accès au dossier est hyper sécurisé.
Réservé exclusivement au personnel de la Neurinos.
Et alors ?
Vous n'allez pas me dire que vous ne pouvez pas contourner ce petit obstacle.
Bah ouais, c'est possible, c'est possible, mais pour ça...
- Il me faudrait ton mot de passe. - Le mot de passe vous l'avez pas ?
Vous me décevez.
Faudrait être un génie pour réussir à se débrouiller avec le mot de passe que tu m'as refilé.
Et bien voyons si vous êtes aussi génial que ça.
Vous tenez pas vos promesses Bouddha.
Vous tenez jamais vos promesses.
Vous êtes conscient, je ne peux plus vous faire confiance.
C'est vrai que je n'ai pas tenu ma parole.
Mais je sais maintenant que ça ne se reproduira plus.
Je crains qu'il ne soit un peu tard.
Personne ici n'a envie de mourir parce que vous êtes incapable de maîtriser vos pulsions.
C'était avant.
- Avant quoi ? - Avant qu'il me guérisse.
Lui ?
Il vous a guéri ? Vous êtes malade !
Je te l'ai déjà dit César, ce mec là est un ange envoyé par Dieu.
Guéri ou pas, j'ai pris ma décision et j'ai aucune envie que vous recommenciez vos idioties.
Messieurs, occupez-vous de lui.
- Ça concerne pas le prophète. - Bouddha a changé, il est guéri.
Tu ferais mieux de dégager ! Allez !
Chef !
Il n'a aucune blessure, il respire normalement.
C'est incroyable.
Je fais quand même une prise de sang ?
D'après les diagrammes il agonisait.
Et là, regardez son rythme cardiaque.
Si on appelle pas ça un miracle...
Absurde ! Sa blessure est superficielle, voilà tout !
La disparition de la blessure de Moloch coïncide avec l'intervention du nouveau.
Et moi je suis sûre qu'il y a une explication rationnelle à son rétablissement.
Mais César, je peux pas crever le mec qui m'a sauvé la vie.
Et vous Lazare, qu'est-ce que vous en pensez ?
Moi si tu me demandes de l'éliminer, je l'élimine, j'en ai rien à foutre de sa gueule.
C'est peut-être pas lui qui t'as guéri, peut-être que ta blessure était pas si grave que ça.
Ce Saint Georges est entrain de semer le désordre entre nous.
Les autres le regardent déjà comme si c'était le Messie.
Vous comprenez Moloch ?
Si nous n'intervenons pas, ils nous élimineront.
Qu'est-ce que t'as ?
Je me sens pas très bien depuis la dernière descente mais ça va.
Si nous l'arrêtons pas, on en a plus pour très longtemps.
Les autres le voudront comme chef.
C'est sûr qu'ils nous étrangleront pendant notre sommeil, ils vont se venger. Tu piges ?
Ils nous feront pas de cadeaux.
S'il est capable de guérir les gens, il est aussi capable de les tuer.
Vous le supprimerez en douceur.
Ici... personne te dérangera.
Je vais aller te chercher une couverture.
C'est ça, je veillerai dans le couloir.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
C'est la première fois que je te vois caler devant la bouffe.
Je sais pas.
J'me sens un peu patraque.
Bon, allez, assez perdu de temps ! On a à faire maintenant, viens !
Cadeau de César.
- Où est passée Perséphone ? - Salle d'écoute je crois.
Décidemment elle aime perdre son temps.
J'aime pas les voir traîner ensemble ces deux-là.
Qui est là ?
C'est toi ?
Le répondeur est occupé.
Mais c'est pas grave.
On va attendre notre tour.
Pourquoi on les voit pas ?
On les voit pas parce qu'ils se tiennent dans l'angle mort des caméras de surveillance.
Ben justement, c'est pas bon signe.
La...
La...
La... lumière...
- Arrête merde, oh ! - C'est toi qui dis ça ?
J'te rappelle que cette ordure a voulu te crever y'a pas longtemps.
César nous a pas demandé de le tuer lui !
Je serais vous patron, j'enverrais immédiatement le gaz.
C'est quoi c'te merde ?
Tu crois qu'il va venir te sauver ton messie maintenant ?
Qu'est-ce qui te prend Moloch ? Lâche-moi !
Je suis certain de l'avoir vu agoniser devant nous.
Il a reçu au moins 10 blessures mortelles.
Il avait pratiquement perdu tout son sang.
Cette fois vous ne pouvez pas le nier.
Il s'agit d'une résurrection.
Résurrection ou pas, je dois expérimenter de nouveaux traitements sur cet homme...
et je compte bien m'acquitter de ma tâche.
Comment expliquez-vous ses interventions miraculeuses sur les autres ?
Le caractère miraculeux de ces interventions n'est absolument pas prouvé.
- Vous le saviez, n'est-ce pas ? - Quoi ?
Que cet homme n'est pas ordinaire.
S'il était ordinaire, on ne l'aurait pas interné ici.
Arrêtez de jouer les idiotes.
La compagnie nous l'a expédié ici pour l'isoler.
Il présente des caractéristiques exceptionnelles.
Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous n'êtes concernée par cette affaire ni de près, ni de loin.
Qu'est-ce que vous allez faire de lui ? Le charcuter ?
Jusqu'à ce que vous ayez percé son mystère ?
Rien ne vous oblige à travailler pour la compagnie.
Ici c'est moi la responsable en psychogénétique,
et je vous interdis de vous livrer à la moindre manipulation sur cet homme.
J'ai dans ma cabine un courrier officiel qui me donne priorité sur vous.
Je m'en contrefous de votre courrier.
Qu'est-ce que vous en dites Charon ?
Nous en avons déjà discuté, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Me voilà dans l'obligation de vous suspendre de vos fonctions.
Les ordres sont formels.
Vous comprenez ce que nous risquons d'abattre ?
Pas vous, pas moi...
mais l'humanité...
Vous savez, moi l'humanité...
Ils vont commercialiser ses codes génétiques et ils vont l'éliminer.
Nous devons à tout prix le garder en vie.
Comprendre ce qu'il représente est essentiel.
Il faut l'empêcher, elle, de modifier son métabolisme.
Désolé, Perséphone, je ne peux rien pour vous.
Elle dit la vérité, la Neurinos lui a donné la priorité.
Nous repartirons dès que la navette sera prête.
Tout était prévu.
Allez, sortez.
Je fais ça pour votre bien.
C'est un triste chemin que demander de descendre l'escalier d'autrui.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Tu l'auras pas vu venir celle-là, hein ?
Soyez pas trop dure avec Perséphone.
J'avoue ne pas bien la comprendre.
Elle attache plus d'importance aux prisonniers qu'à ses résultats.
La sangle !
Lâche-la !
Lâche-la !
Charon, faites quelque chose.
Sois raisonnable, je vais t'ouvrir le sas.
Tu pourras rejoindre les autres.
Une urgence, on fonce !
Je t'ai ouvert le sas, tu peux la lâcher maintenant.
Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ?
Commencer par bien attacher ces foutues sangles !
Attendez ! Vous aviez dit qu'il était mort, ici on n'attache pas les morts !
- Salut ma poule ! - Ah, vous voilà, vous.
Je viens seulement t'informer que nous allons bientôt nous écraser sans la gueule de Dante.
Et brûler tous en enfer ! Comme des damnés que nous sommes !
Vous dites n'importe quoi.
Fais pas l'innocent Charon, je sais ce que vous mijotez.
Tes fichiers je les ai craqués depuis longtemps figure-toi !
Ton Elisa, ce qu'elle nous prépare avec sa nanotechnologie, c'est une belle saloperie !
J'ai bien vu qu'on va tous être contaminés de l'intérieur !
Infectés ! Comme de vulgaires programmes informatiques !
Tu sais ce qu'on fait en cas d'épidémie ? On brûle tout !
Moi, grâce à ton mot de passe, j'ai tout verrouillé !
C'est mon apocalypse, ma poule !
Là-haut, quelqu'un m'entend ?
Mais qu'est-ce qu'ils foutent, putain !?
- Vous m'aviez dit qu'il était mort. - Dégage !
Qu'est-ce que vous m'avez fait ?
J'ai vu... une lumière...
De quoi vous parlez ?
- Faut trouver le moyen de sortir de là ! - Ben, y en a un.
Couper le système et passer en pilotage manuel.
La... la lumière...
- La... - D'où venait-elle... cette lumière ?
Je sais pas, je sais pas...
- Ça veut dire qu'on va tous crever ! - Calmez-vous Lazare.
Gardez votre sang froid.
- J'ai pas d'ordres à recevoir de toi ! - C'est pas un ordre, c'est un conseil.
- Les choses ont vraiment changé ici. - Ça pour changer, elles ont changé !
- Et sérieusement ! - Qu'est-ce que vous dites ?
Tu peux pas t'empêcher de faire le petit chef, hein ?
- C'est quoi cette alerte ? - L'alerte c'est moi !
C'est moi qui l'ai déclenchée !
- Pour ça il t'aurait fallu du matériel. - Le chef m'a refilé tout le matos qu'il fallait.
Pour que je fasse la taupe dans les dossiers de la compagnie.
Il croyait m'avoir avec ses promesses débiles.
- Viens-en au fait ! - Au fait ? Au fait ?
Ne sois pas si pressé César, il nous reste un petit peu moins d'une heure à vivre
Et après... Boum... Boum...
Écoute...
J'ai déprogrammé la station pour qu'elle aille s'écraser sur Dante !
- T'es complètement cinglé ! - Ouais, comme toi, comme nous tous.
On est des ordures, non ?
Il faut pas qu'ils effacent nos mémoires, ils veulent...
Ils veulent nous défragmenter ! Dans le néant !
Je vous savais atteint, mais pas à ce point-là !
On va tous griller ! Tous !
Et toi là, le tueur de dragon...
Tu pourras pas nous ressusciter.
Je suis mort, t'entends ! Mort ! Depuis que j'ai mis les pieds sur cette station !
Je suis mort !
Attrapez-le !
Pourquoi on ne prend pas la navette dans laquelle je suis arrivée ?
Je vous rappelle qu'elle est prévue que pour deux personnes.
Faut à tout prix regagner la cabine de pilotage manuel, on a moins d'une heure !
D'après le plan il existe une trappe sur la dernière coursive.
Si on arrive à l'atteindre, on pourra relancer tout le système.
C'est de l'autre côté, chez les détenus ?
Oui...
- Vous l'avez trouvé ? - Non, par-là !
Vas-y, tire !
Il a peut-être dit ça pour nous faire peur.
Confier un ordinateur à Attila, autant donner des allumettes à un pyromane.
Ils le savaient là-haut !
Ils sont totalement inconscients !
Le moment est peut-être venu de retrouver ceux expédiés de l'autre côté.
J'ai l'impression que j'ai plus peur de la mort.
Attends, attends ! Il y a qu'une seule justice, la justice de Dieu.
- Regarde ! On est encore en vie. - Un gros tas de conneries, oui.
On va plonger dans le magma de cette putain de planète et c'est tout ce que vous trouvez à dire ?
La foi, Dieu, la lumière ? Enfin, bordel, on va crever !
Dans quelques minutes on sera morts ! Vous comprenez ça, putain ! Morts !
- Abandonne-toi à Dieu. - Dieu, je l'emmerde !
Si c'est ça sa création, si c'est nous ses créatures, il aurait mieux fait de nous laisser croupir dans le néant.
Et lui, qu'est-ce qu'il branle là avec ses miracles ?
Messieurs, notre station a quitté son orbite géostationnaire.
Notre seule chance de survie est d'accéder au panneau de contrôle qui se trouve sous vos quartiers.
On pourra modifier la trajectoire en activant les réacteurs de secours.
Je vous demande donc de coopérer avec nous.
Si vous approuvez, levez la main.
Votre consœur a refusé de nous accompagner.
- Et vous, vous n'avez pas peur ? - Peur ?
Nous aurions dû ouvrir le sas depuis bien longtemps
et ne jamais le refermer.
Je suis Charon, le directeur de cette station.
C'est le cinglé qu'a refilé le matos à Attila ! C'est lui qui nous a foutu dans cette merde !
Ça suffit maintenant ! Ça suffit ! Fermez-la !
Nous sommes venus pour réparer. Le panneau de contrôle est dans une partie condamnée.
- On peut y accéder que par les conduits de refroidissement. - Allez-y !
La trappe se trouve quelque part dans cette partie
Tais-toi !
Alors comme ça tu comptais te faire la malle sans prévenir les copains ?
Je pensais pas qu'un jour je reverrais une beauté dans ton genre.
- Vous n'êtes pas... - Non, non, je suis pas endormi, non.
Maintenant je tiens plus de 10 minutes en apnée.
- Lâchez-moi, vous me faites mal. - T'es pas en position de me donner des ordres, princesse !
- Tu comptais aller où comme ça ? - C'est la navette de liaison.
Elle est prévue pour deux passagers.
T'as endormi tout le monde pour être sûre de faire partie du voyage, hein ?
T'es une petite rusée toi, hein ? T'es comme moi.
- Le voyage va durer deux ans, dans deux ans vous êtes libre. - Deux ans ?
Deux ans là-dedans avec toi ?
Ça vaut plus que le coup d'essayer, non ?
Mais je te préviens, pas d'embrouilles !
Allez.
Après toi, princesse.
Réveillez-vous.
- Qui a déclenché les gaz ? - Vous ne vous en doutez pas ?
BR ! Allez vérifier la navette, allez !
CR, la trappe !
Allez !
C'est le seul passage vers la cabine, il y a au maximum 4 mètres à franchir.
C'est beaucoup trop loin.
Vous voyez bien que le circuit de refroidissement est en surchauffe.
Ils étaient ensemble dans la navette.
Attila a dû trafiquer les commandes,
la navette a piqué directement sur Dante.
De toutes façons, on ne va pas tarder à les rejoindre.
- Qu'est-ce qu'il y a à l'autre bout ? - La cabine de pilotage manuel.
Quelques petits mètres et on pourrait sortir la station de l'attraction de Dante.
- C'est une manœuvre compliquée ? - Très simple au contraire, il suffit d'entrer un code.
Vous arriverez jamais à vous faufiler là-dedans, c'est beaucoup trop étroit.
C'est plutôt fait pour une carrure comme la mienne.
Bon, c'est quoi le code ?
ETNA D10.
Vous avez bien réfléchi ?
J'ai pas encore le cerveau bouilli.
Sans doute, le sacrifice de César ne fut pas innocent.
Car si nous aspirons tous à la lumière,
il appartient à chacun de faire reculer les ténèbres.
Nous n'avons jamais su qui il était, ni d'où il venait.
Pourtant une chose est sûre...
C'est en nous que Saint Georges puisa la force pour terrasser le dragon.
Son destin ne pouvait s'achever qu'ici,
aux portes de l'enfer.
Tandis que s'ouvrait le passage jamais franchi par nul homme vivant.
Sous-titres : Arigon
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